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Original subtitles

Certains événements surviennent

avec une telle intensité

qu'ils résonnent à travers le temps,

créant comme un écho.

L'histoire du Titanic se ressent de façon très personnelle,

presque comme un récit biblique.

Ce bateau géant, tous ces gens sur l'océan, la nuit,

l'iceberg, les alertes...

Comment aurions-nous vécu cette nuit fatidique ?

LES FANTÔMES DU TITANIC

Jim voulait retourner voir le Titanic. Il me l'avait dit.

Cette expédition ferait suite à son film.

Et il m'avait invité en passant.

Mais je n'avais pas sérieusement envisagé d'y aller.

Vous parlez anglais ?

Je cherche ma chambre... ma cabine.

Mais il m'a dit : ''Non, je veux vraiment

''que tu viennes, que tu ressentes par toi-même,

que tout ça pénètre en toi !''

J'étais obligé !

Le Keldysh, le plus grand des laboratoires flottants

concentre son activité autour de ses MlR

et leurs explorations au fond de l'océan.

Un travail pris très au sérieux.

Tout est contrôlé, re-contrôlé...

comme pour une mission spatiale.

Je suis Lewis Abernathy, explorateur sous-marin.

Je fais du stop pour descendre sur le Titanic depuis 10 ans.

C'est quoi, Lew ?

Des modèles, gluants,

et les ponts A, B, C. On commence par où ?

Énormes ! Des rusticles de cette taille !

Je suis Lori Johnston,

microbiologiste. J'étudie les micro-organismes.

Il a sombré en partant en spirale... Tout a été éjecté.

Je suis Charles Pellegrino,

un des historiens et des biologistes de l'expédition.

On a tort de voir ça avec des yeux du 21e siècle...

Je suis Don Lynch, historien du Titanic.

J'ai étudié les récits des rescapés,

les témoins directs.

Je m'appelle Ken Marshall.

J'étudie le Titanic depuis plus de 30 ans.

Avec les années, je suis devenu l'historien du visuel du bateau :

sa structure, son aspect.

Une expédition extraordinaire

tant par ses technologies ultra-innovantes,

son ingénierie inédite, que par ses systèmes caméra...

Les robots étaient stupéfiants :

à la pointe de la technologie.

Essayez de maintenir la lumière vers l'intérieur.

J'explorerai ces cabines.

Il n'y a pas de script.

Qui sait sur quoi on tombera ?

La chose cruciale, quand on filme sous la mer, c'est l'éclairage.

Vous viendrez d'en haut éclairer toute cette zone.

Un autre bateau était de l'expédition : l'EAS.

Il transportait un gigantesque chandelier, La Méduse.

Il devait être descendu au-dessus de l'épave

pour l'éclairer

comme un clair de lune.

On n'avait pas de manuel d'instructions.

Jamais personne n'avait combiné tant d'éléments pour plonger

à ces profondeurs.

On repoussait les limites de la technologie.

C'était inquiétant, vu le destin du bateau à explorer !

C'est ici que tout est arrivé.

On pourrait être n'importe où, mais c'est spécial

de savoir que l'épave gît ici même.

Pourquoi ce naufrage ?

Pourquoi pas le Lusitania ou le Morocastle ?

- Ou l'Atlantic. - D'excellents navires.

Tous. Et pourquoi celui-ci ?

Regardez ce qu'on a ici :

le plus gros des paquebots, sa 1ère croisière,

son propriétaire est à bord,

son constructeur, aussi.

Il heurte un iceberg et coule si lentement

que le drame va prendre des heures.

Rien de tel avec les autres naufrages.

C'est une tragédie grecque devenue réalité !

Quelle trahison ! Un si beau bateau

dont la construction a coûté tant d'énergie !

C'était le top de la technologie

et de l'architecture navale.

Et tout ça est emporté, volé

4 jours après avoir quitté l'Angleterre.

C'est aussi ce qui doit fasciner :

une chose pareille n'est jamais arrivée.

Ni avant, ni depuis.

Le navire repose au fond de la mer

comme un mémorial éternel. On peut visiter ce mémorial,

on peut témoigner de ce drame.

Si on veut l'explorer,

c'est maintenant. Dans 5 ans, il peut n'en rien rester.

Il y a 5 ans, la technologie n'existait pas. On a dû l'inventer.

Lundi 20 août 2001.

Demain, nous descendrons à 4000 m dans l'enfer des ténèbres glacées

et nous verrons de nos yeux le Titanic

brisé au fond de la mer.

Comment se préparer à pareille expérience ?

Première plongée.

J.B. et Bill prennent le MIR 2, Vince et moi, le MIR 1 .

Les pilotes seront Genya pour le MIR 2,

Anatoly pour le MIR 1 .

Voilà la check-list :

Dernières volontés, testament,

les assurances doivent être payées,

écrivez un dernier mot à votre famille...

C'est à ça qu'on pense !

- Prochain arrêt : le Titanic ! - Bonne chasse !

Rock and roll !

L'heure de vérité !

A plus, au soleil !

Pénétrer dans un submersible à 3 places,

descendre à 4000 mètres

au fond de l'Atlantique Nord,

c'est un peu plus d'aventure que je n'en avais souhaité...

L'oxygène ?

Bien. N'oublie pas de brancher !

On doit avoir le mal de mer, assis là-dessus !

Les couleurs changent.

On descend vite.

Ça indique le taux d'oxygène ?

Oui, il est à 21 .

21 , c'est bon ? Mais si ça descend à 19 ?

C'est quoi, le niveau à surveiller ?

19, c'est bien aussi.

Mais si ça chute en dessous ?

Les batteries, ça va ? Elles se traînent, c'est normal ?

Oui, c'est normal.

En cas d'urgence, si tout tombe en panne,

il paraît qu'on peut désengager,

larguer la batterie principale...

On a plein de possibilités.

J'espère qu'on ne larguera pas la batterie,

parce que ça coûte très cher.

Combien ?

250 000 $.

Tu acceptes les chèques ?

2000 mètres ?

C'est très profond !

Un problème ?

Ça va ?

- C'est commode. - Je le cale.

- Ça ne bouge plus. - D'accord.

MIR 1 , ici MIR 2...

Quelle est votre profondeur ?

MIR 2, ici MIR 1 .

Profondeur :

3353 mètres.

Rendez-vous au fond ! Terminé.

Je vois le fond. C'est le fond !

- Tu vois ? - Oui, à peine.

Le fond de l'océan...

Regardez-moi ça !

On dirait la face cachée de la lune.

Il ne s'agissait pas de confier son destin

à ces petits sous-marins et d'aller au fond de la mer

sous 3000 tonnes de pression,

mais bien d'aller

là où nous allions.

On verra de plus en plus de débris. En voilà un.

C'est de la porcelaine. Tu vois ?

On est dessus.

Tu veux voir le Titanic au sonar ? Tu vas adorer.

Il est devant nous, l'ami !

50 mètres, droit devant.

Bill, c'est la proue.

Regarde !

Le voilà !

Quelle vision !

La Méduse l'éclaire.

Regardez-moi ça !

Là, on en prend la mesure !

C'était le Titanic, le paquebot légendaire

qui gît dans sa tombe du fond de l'Atlantique Nord.

On l'approche avec un respect incroyable !

L'ancre de proue...

Le bâbord, en bon état.

Incroyable !

Regarde ça !

Il est enseveli jusqu'à l'ancre.

C'est fabuleux de flotter au-dessus.

On tendrait la main, on le toucherait !

On est tout près du treuil de l'ancre.

Regarde par là.

Je n'imaginais pas qu'on serait si près du Titanic.

Le voyage dans un submersible MlR

est comme une projection astrale.

On flotte dans l'éther,

c'est une sorte d'expérience fantomatique.

Voilà la trappe n°1 .

Regarde, la trappe de chargement.

Ça s'enfonce comme dans un puits sans fond.

Voilà la porte du nid de pie.

Ils montaient à l'intérieur du mât

pour déboucher au nid de pie.

C'est là que Fleet se tenait

quand il a vu l'iceberg.

lceberg droit devant !

Je vois le treuil électrique bâbord.

C'est quoi ?

C'est une barrière. Fermée.

Les officiers barraient les ponts aux passagers de 3e classe.

J'aurais vite sauté par-dessus !

Voilà la passerelle de commandement,

le télémoteur,

le gouvernail du navire.

Essayez d'imaginer la passerelle, cette nuit-là :

Le Second, William Murdoch, est de quart,

Hitchens est au gouvernail.

Murdoch n'a qu'une seconde pour décider.

lceberg droit devant !

Il peut passer à gauche ou à droite.

A tribord, toutes ! Vite !

Barre à tribord toute, commandant !

Murdoch découvre soudain le mur de l'iceberg.

Il sait qu'il a beaucoup de passagers,

trop peu de canots, et que le bateau est en péril.

L'histoire est devant nous. Nous touchons la légende.

Ténèbres...

Que je m'étende

Prenez ma main

Et que je dorme

C'est comme une faille chutant dans l'abîme...

Dans la froideur

De votre ombre

Dans le silence

De vos entrailles

MIR 2, nous allons remonter.

Ils remontent ?

Dégageons, avant d'éteindre les lumières.

Le Titanic a été gentil avec nous.

Au revoir, Titanic !

Tenez bon, on vous sort de là.

Encore quelques minutes.

- Bonjour, Bill. - Bonjour, Sergueï.

Bienvenue sur le Keldysh.

Quel voyage !

A la proue, il est enfoui, c'est trompeur.

Mais quand on voit la paroi qui chute dans le néant,

même avec les phares du MIR,

on se dit : ce truc est vraiment énorme !

Quel travail passionnant !

Nous explorions le Titanic

avec une technologie inédite, des caméras incroyables...

- Tu connaissais les sous-marins ? - A Disney Land.

- C'est différent. - Très !

Bonne chance !

A plus !

Ces plongées sont importantes.

Je veux qu'on récolte le maximum d'informations

visuelles et historiques que ces yeux pourront traiter.

Entre ces historiens et ces scientifiques,

quelle camaraderie !

Je hurlais comme une fillette !

Je pleurais comme un bébé.

Les robots étaient fascinants.

A l'origine, on les appelait Robot 1 et 2.

Puis on les a baptisés Jake et Elwood.

Je suis Mike Cameron, le créateur des robots ROV.

Ces véhicules sont comme des petites créatures.

Ils ont un cerveau : un ordinateur de bord,

des yeux : deux caméras à l'avant...

et un caractère très vivant.

La vraie révolution, c'est leur bobine de fibre optique

qui déroule son fil d'araignée.

On entre explorer ces salles, et on ressort.

S'ils fonctionnaient comme prévu,

nous pourrions visiter le bateau entier.

Ils partent pour le Titanic. 3 ans de travail !

MlR 1, Jake sort de sa cage.

Le voilà, il est dehors !

Nous étions totalement absorbés par l'écran. Très vite,

j'ai oublié où j'étais.

Le ROV était inconsciemment devenu nos yeux.

C'est superbe : une croisière à 4000 m de profondeur !

Jeff, tu veilles. Nous lançons le robot 1 Elwood.

Autorisation de vol...

Mise en marche liaison caméra.

Nous sommes parés à voler.

Elwood sort !

Très cool !

T'es en forme, Elwood !

Qu'il continue. Rendez-vous au grand escalier.

On te rejoint au centre du grand escalier.

Bien reçu.

Le grand escalier du Titanic était à mes yeux

son plus bel élément...

avec le dôme en fer ouvragé qui était magnifique.

Heureusement, cet escalier a été brisé et éjecté.

Cela facilite l'accès à l'intérieur du navire.

Position d'Elwood ?

Juste au-dessus de vous, paré à descendre.

On le voit.

On vous voit.

Avancez lentement.

On avance lentement.

Ça se pilote vraiment comme un hélico.

Nous savions que l'escalier avait disparu,

mais qu'allions-nous trouver dans le navire ?

Le 1 descend encore.

Tu traverses le niveau du pont B.

Tu cherches dans le pont C. N'y pénètre pas.

- Attendons ordre. - Voilà le pont D.

Il est devant le pont D.

Jeff, tu vas tenter de pénétrer sur le pont D.

Bien reçu.

Préparez-vous à descendre.

Je vais vers la poupe ?

- Qu'ils avancent lentement. - Avancez lentement.

On avance lentement.

Dis-leur d'avancer très... très lentement.

Avancez très... très lentement.

Très lentement.

On avance très lentement.

Je crois qu'on va vers le tribord.

On est devant un lustre.

Il devait avoir 4 ou 5 ampoules.

Passons à droite.

Passe à droite, Jeff. On va vers les salons.

Bien reçu.

Incroyable, il avance comme un champion !

Impec ! On a déroulé combien ?

Près de 65 mètres.

Avancez jusqu'à cette porte.

On est à l'intérieur du Titanic !

Qu'ils ralentissent.

- Qu'ils hument le parfum des roses. - Bien reçu.

Je n'arrive pas à croire qu'on soit dedans !

J'attends qu'on dise ''Coupez !'' pour retrouver ma loge.

Je ne peux pas sortir pour retrouver ma loge. Ma loge !

Je veux appeler mon agent !

C'est un peu étroit, ici.

On dirait les grottes de Carlsbad.

Il est accroché ? C'est bouché, devant ?

À gauche.

On vire.

Il est trop près du fond.

Monte un peu, tu es trop près du fond.

Bien reçu.

Dur pour les nerfs !

- C'est quoi ? - Ce sont les vitrages.

Les vitrages...

de la salle à manger !

Vers les vitrages.

Regarde ! Incroyable !

- Très lentement... - Ce sont des vitraux.

Essayez de pointer votre phare dessus.

Fabuleux, non ?

- Éteignez votre phare. - On éteint.

Qu'on ait une belle image.

Qu'on fasse une belle photo de ces vitraux.

Regardez-moi ça !

Que c'est beau ! Et quasiment intact !

Le verre, les petits panneaux ne se sont pas brisés, eux !

La salle à manger de la 1ère classe était somptueuse.

On y voyait John Astor et sa femme Madeline, en voyage de noces.

Elle fut veuve avant d'arriver à destination.

On est loin du Kansas.

On dirait que t'as un pote !

Sam passait nous dire bonjour.

Il nous fait visiter.

ll nous dit de le suivre.

On est en plein rêve, là-dedans.

L'art déployé, la beauté délicate !

Des mains ont créé ces vitrages,

des yeux ont regardé ces vitrages...

Et soudain, on prend conscience qu'on est à 4000 m sous la mer !

Regarde l'ouvrage sur ce bois !

C'est du bois, Genya, rien que du bois sculpté !

Ces choses créées par l'homme, dans des ténèbres abyssales

où elles ne devraient pas être ! Elles n'ont rien à y faire.

Incroyable ! Qui aurait pensé les trouver encore là ?

C'est un rêve devenu réalité.

Pour l'Histoire, c'est dans ces salons

qu'Elizabeth Lines surprit un échange

entre le cap. Smith et Bruce lsmay, le propriétaire du Titanic,

durant lequel lsmay demanda que le Titanic

arrive à New York un jour plus tôt.

Nous battrons le record et arriverons à New York mardi !

Voici l'entrée tribord de la 1ère classe.

N'est-ce pas magnifique ?

Le temps passé semble l'avoir embelli encore.

L'accès principal à la 1ère classe se situait au pont D.

Il y avait deux grandes portes à bâbord et à tribord.

Grâce aux yeux du ROV,

on voit les grilles d'intérieur en fer forgé

inconnues des historiens avant cette expédition.

A présent, on sait ce que cachaient ces portes.

Ils embarquaient de cette façon.

Ils passaient cette porte, puis la porte intérieure.

Dans ce vestibule, il y avait un grand buffet

pour ranger les services de porcelaine.

Un vaisselier. L'eau a attaqué le bois,

mais les tasses et les soucoupes y sont encore intactes.

Je me servirais bien !

On peut ?

Voilà les ascenseurs...

leurs cages...

Regardez...

C'est écrit ''Elevator'', à l'américaine,

car le navire appartenait à une société US.

On pourrait les appeler !

Quand tu es face aux ascenseurs, n'oublie pas

de te retourner pour chercher la signalétique :

des lettres en cuivre indiquant les ponts A, B, C ou D

à la sortie des ascenseurs.

Ces panneaux ont dû tomber, mais qui sait ?

Ça serait superbe de filmer des lettres qui tiennent encore.

Ken adore cette mission.

Je crois que je ne fais ce film que pour Ken Marshall !

Et voilà... bingo ! Dis-leur !

Le ''A'' avait dû tomber récemment.

Ce ''A'' en cuivre était plus lourd que les autres lettres.

Je vois où on est : c'était la cabine D 35.

Notre exploration était très méthodique

sinon l'épave nous aurait vite désorientés.

C'était angoissant.

Cabine D 33 : celle d'Henry Sleeper Harper et Madame.

Au-dessus des restes de la penderie,

le chapeau melon d'Henry Harper.

Dire qu'on sait à qui il appartenait !

Ça ressemble à du verre. Peut-être un miroir. Voyons ça.

- Ça y ressemble beaucoup ! - On va pouvoir se regarder !

La A 11 était occupée par Edith Russell.

Avant de monter dans un canot,

elle retourna verrouiller ses 19 malles

car elle se méfiait des stewards !

Jim cherchait la Suite de Molly Brown.

Nous l'avions assez bien repérée.

Il cherchait une fenêtre de proue.

Le ROV est assez étroit pour passer.

Il y avait encore des tessons de verre en bas.

De quoi couper la fibre optique : du suicide !

- Ken dit qu'on peut. - C'est un pari !

Ne faites pas ça, vous allez tendre la longe sur le verre !

Ça y est, il entre !

Les jeux sont faits !

Finalement, ce n'était pas une si mauvaise idée.

Le lit n'est pas en cuivre mais en bois.

C'est lugubre.

Molly Brown avait parlé d'un lit en cuivre,

mais je n'en vois pas.

C'était un personnage.

Enrichie par ses mines dans l'Ouest,

elle désespérait d'entrer dans la haute société.

La tragédie du Titanic en a fait une légende.

Je dois pisser. Je ne vais pas pouvoir tenir.

Pas de problème.

Le stress m'a toujours fait pisser.

J'aurais préféré m'isoler, mais à 4 000 m de fond...

Faut ce qu'il faut !

Je vais me retourner.

Éclairez le pont A.

Regarde, Tolya...

Un lit en cuivre !

Molly en avait peut-être un,

mais lequel est-ce ?

On a fait plus grand que le Titanic,

mais je doute qu'on en ait construit de plus luxueux.

Même après 90 ans passés au fond de l'océan,

sa beauté saisit encore !

On y est.

Dis-leur, on est dans la Promenade.

Jake est dans la Promenade.

On a visité une des deux suites de millionnaires du pont B.

Pont B. Ils l'appelaient ''La Promenade Privée''.

Ce qu'il y avait de plus beau, de plus cher.

En avril 1912, la traversée coûtait 3 000 dollars.

Ça doit être une des décorations.

Oui, en style Tudor.

On est dans la chambre.

Jake est dans la chambre.

La Suite de Bruce Ismay,

le gars qui a abandonné le navire avec 1500 personnes encore à bord.

C'est beau, ça !

Nous sommes dans le salon, devant la cheminée.

Le feston de pierre est encore là.

Petites touches d'élégance...

On sent presque la main qui a travaillé.

Bruce lsmay dirigeait la White Star Line.

Il avait refusé qu'il y ait 48 canots.

Il n'en voulait que le minimum autorisé par la loi.

La baignoire du cap. Smith...

Le cap. Smith !

Le capitaine du Titanic prenait ses bains là-dedans.

Ses petites fesses roses se posaient là !

C'était ''le capitaine des millionnaires''

car il était adoré des passagers de 1ère classe.

30 ans de mer, états de service parfaits,

cette traversée devait le couronner.

Il menait le plus beau bateau du monde

pour son premier voyage sur l'océan, puis se retirerait.

En archéologie, on connaît ces fantômes de l'imagination.

Et moi, j'imaginais Thomas Andrews sur le pont...

Il dirigeait et présidait les chantiers navals Harland & Wolfe.

Il avait dessiné et construit le Titanic

qu'il connaissait comme personne.

Il avait prévu des bossoirs

pour amener à la mer les canots de sauvetage.

Ils pivotaient, en hissaient un second, et le descendaient.

Il a lui-même inscrit sur son carnet

le nombre de canots qu'il voulait pour le navire qu'il avait conçu.

Ça a été refusé !

Il a dû se contenter du minimum réglementaire.

Proche du bateau, de son équipage,

il était du bord pour améliorer, assurer les choses.

S'il pouvait voir ces submersibles

envoyer ces incroyables robots à l'intérieur de sa création !

Par la droite, pour éviter le métal.

Il ressort, les amis !

Doucement...

Nous avons exploré trois cales avant et des quartiers

qui n'avaient jamais été photographiés.

On est au niveau du pont D ?

- Je crois. - Oui, on dirait.

Et voilà l'autre moitié.

Tout doux...

Voilà l'escalier. On devrait déboucher dessus.

On a pénétré dans la 3e classe, la grande salle de proue.

On ne pouvait y trouver beaucoup de détails

car ce n'était pas une salle richement décorée.

Le bar au fond... Un petit robinet à bière...

Des pieds de table toujours en place...

Les pieds des tables, des bancs sur le parquet...

C'était bien de voir ça.

Voilà une très grande table.

Ils y jouaient aux cartes.

C'est ici qu'on donnait les fêtes pour la 3e classe, le dimanche soir.

C'était poignant d'être où ces gens avaient vécu leurs dernières joies.

Une belle voiture neuve avait été arrimée dans la cale.

Des modèles dynamiques avaient permis d'imaginer son état actuel.

On passe du pont F

au pont G.

La trappe de la soute. Comme prévu.

C'est ouvert.

La voiture devait avoir perdu toute forme.

Seuls quelques éléments devaient rester identifiables.

C'était le pont G ? On a passé la trappe ?

On est sur l'entrepont ?

Exact. Plus haut, vous verrez la voiture.

Plus haut, on verra ce qu'on pourra !

La lumière se reflète, là-bas.

- C'est peut-être la voiture. - C'est elle.

- Je crois que c'est la voiture ! - Oui, c'est elle.

C'est trop facile.

Je crois qu'on se trompe. On voit des voitures !

- Ça rutile... - Mon Dieu !

Tu penses comme moi ?

C'est une aile.

Crois ce que tu veux, c'est un pneu et une aile !

Et un phare.

On voit des voitures !

Le mieux, tant qu'on y est, c'est de regarder partout.

Voilà une voiture !

Non, une malle.

En osier.

C'est un pneu ?

Il y avait quelques belles structures,

et dues à l'homme,

mais rien de clairement identifiable comme étant une voiture.

On devrait pouvoir continuer vers les autres quartiers.

Tu es bon ?

- C'est dément ! - Mec, c'est trop cool !

Compte les portes à droite, pour t'y repérer.

Deux portes côte à côte ?

La première doit mener au mess des chauffeurs.

Tu veux y entrer ?

C'est le mess.

Table après table,

on imagine comment c'était.

On imagine exactement à quoi ce lieu pouvait ressembler.

Les chauffeurs étaient isolés du reste du bord,

leur tâche était si salissante !

A la proue, deux escaliers en colimaçon

les menaient au fin fond du bateau, dans les chambres de chauffe.

Ils descendaient en spirale vers ce Léviathan affamé

et rejoignaient les centaines d'hommes

qui le gavaient de charbon.

C'est terrifiant.

Après de longues heures de labeur,

ils remontaient dans leur petit monde caché

sous la proue du bateau. Ils mangeaient, dormaient

en attendant de recommencer.

Même ici, on sentait la patte de Thomas Andrews.

Au sommet d'un des escaliers, on a trouvé une fontaine.

Cette petite gentillesse a dû être grandement appréciée.

Accès réservé à l'équipage

On a un plan

qui illustre très bien ce qui est arrivé cette nuit-là.

Le Titanic était divisé en 16 compartiments étanches,

séparés par 15 cloisons étanches.

Ces traits blancs.

On ne faisait pas plus insubmersible, à l'époque.

Le pire, c'était une collision à une jonction :

ça aurait inondé deux compartiments.

Le bateau se serait enfoncé, mais sans sombrer.

Il était aussi conçu

pour tenir en cas d'inondation de 3 sur 5 des premiers compartiments.

Même les 4 premiers pouvaient être inondés

dans un accident.

C'était leur pire scénario ?

Heurter un récif...

Ça aurait pris jusque-là, mais il serait resté à flot.

Toutes ces mesures de sécurité combinées,

on le pensait insubmersible.

Sans prévoir ce qui est arrivé :

le Titanic a été percé par l'iceberg sur tout son tribord.

Il a été crevé tout du long. Tout a rompu.

Ça a touché un compartiment après l'autre,

puis cette soute, la chambre de chauffe n°6,

jusqu'à 60 cm dans la soute à charbon de la chambre n°5.

Le navire s'est enfoncé, et alors qu'il allait se stabiliser,

le haut de cette cloison a été atteint.

Ça a inondé l'escalier, le pont, puis le compartiment suivant.

C'était une certitude mathématique :

il n'y avait aucune possibilité

que le navire s'en sorte.

Où s'est-il brisé, exactement ?

Il s'est cassé en deux

exactement ici.

À la hauteur de la 3e cheminée.

La coque présente ici une faiblesse de structure.

Au-dessus des machines.

Car un large conduit éclairait et ventilait les moteurs alternatifs.

Mon Dieu...

Quel fracas, quelle vision !

Qu'est-ce que ça a dû être !

Quel coup mortel porté à ce grand bateau !

Imaginez le tourbillon créé par un tel plongeon !

C'est ça qui me tue,

de voir la poupe comme ça...

Tu imagines un poisson qui nageait à ce moment-là ?

Et tout d'un coup...

Et qu'a fait le poisson ?

''Ouaouh !''

Le mieux, c'est de filmer les moteurs alternatifs du tribord.

Il pourrait se placer ici, et monter.

C'est bien.

Je perds parfois de bonnes choses quand Victor reste ici.

Mais Victor ne peut pas nous faire face.

Car son phare aveugle la caméra.

Il doit être plus haut et éclairer en dessous.

Ou comme ceci. Peut-être ici.

Dans ce genre.

Si l'eau est claire, ça fera un très bon plan.

Les ouvriers des machines...

C'était eux, le Titanic.

Ils le voyaient mourir.

En main, ils n'avaient pas un cognac, mais des outils

pour tenter de stopper l'hémorragie.

C'est la machine bâbord.

Regarde...

La taille de ce truc !

Continue ton pano, je vais contourner par là.

Ça rend bien l'échelle,

ce petit robot au pied de ce sphinx géant !

La poupe, là où elle s'est ouverte en deux,

montre deux moteurs alternatifs hauts de quatre étages.

Ils ressemblent vraiment à deux sphinx jumeaux

gardiens d'un tombeau interdit.

Pour les historiens, le Titanic

évoque les vies perdues.

La scientifique que je suis

y cherche la vie qui s'y maintient.

Le Titanic est très vivant.

Les rusticles sont des bactéries,

des organismes microscopiques, des germes

qui se nourrissent de l'acier et de l'intérieur du bateau.

Sur une rambarde,

je me dis que les bactéries

détruisent le Titanic et le rendent à la nature.

Puis je me demande qui a touché cette rambarde en dernier.

Helen Kandee, une de mes préférées,

avait écrit un des premiers best-sellers du siècle.

Elle y racontait

qu'une femme pouvait réussir sans l'aide d'un homme.

Et voilà qu'elle voyageait en 1ère sur le Titanic.

Un matin, au point du jour, le dernier pour le Titanic,

elle est allée à l'extrême pointe de la proue

saluer seule le soleil levant.

Elle a écrit sur la puissance et la beauté de ce bateau.

Elle le sentait plus fort que la nature,

peut-être plus fort que Dieu même.

Puis elle s'est sentie abattue,

comme si elle avait eu une pensée sacrilège...

C'est bon ! C'est quoi ?

Choux, betteraves, patates, bouillon.

Pour tous, bortsch !

Anatoly a écrit une chanson

sur le ciel bleu qu'on voit

quand on remonte à la surface et qu'on ouvre.

Elle dit bien les choses :

on n'imagine pas qu'il puisse nous manquer.

Et pourtant !

Difficile de se balader sur le Keldysh sans penser au Titanic,

sans établir certains parallèles...

lmaginez que les techniciens aient quitté leur poste

quand le Titanic a été plongé dans l'obscurité,

n'aurait-ce pas été la panique totale ?

Je suis devenu très lié aux techniciens du bord.

On ne parlait pas beaucoup

mais notre lien était quand même très fort.

Dis-moi, si on filait à l'allure maxi

et que soudain, la passerelle disait : ''Iceberg !''

ou ''Chalut piloté par un ivrogne droit devant !''

et qu'ils déclenchaient l'alerte,

que ferais-tu ?

L'allure...

Toutes machines stoppées.

Notre dernière plongée vers le Titanic

a révélé des organismes intéressants.

À l'intérieur. Il a presque des ailes.

Tu vois ces ailes qui volent ?

La créature la plus étrange qu'on ait vue en bas,

nous l'avons nommée ''L'aile de chauve-souris''.

À ma connaissance, personne ne l'a identifiée.

Plusieurs créatures de ces fonds semblent inconnues de la science.

Le Titanic, du fait de l'intérêt qu'il suscite,

nous a permis de mener un grand nombre de recherches.

On a vu flotter des nuages gélatineux de bactéries

et des structures en forme de doigts pendre des plafonds.

Sinuant entre les reliefs du bois, on voit ici des vers,

miroitants, étranges, parfois presque transparents.

Ils apprécient particulièrement le bois d'acajou.

Restons avec lui.

Même les poissons queue-de-rats ne sont pas pareils ici.

On dirait que ceux-ci n'existent qu'à l'intérieur de l'épave.

Dans la cage d'ascenseur.

Il sait où il va !

C'est incroyable !

Je ne pensais pas voir les chaudières aujourd'hui,

ni qu'on approcherait la proue sous cet angle.

On est vraiment très près !

Il y a un tuyau au-dessus de vous. Attention !

- C'est prudent, d'être si près ? - Tu es inquiet ?

En cas de drame, ton film vaudra des millions.

Super, ça me fera une belle jambe !

Je vois un truc très brillant droit devant.

Ce sont les sifflets, Genya. De la cheminée.

Mon Dieu... Juste en dessous de moi !

Regarde !

C'est quoi, Genya ?

Un panneau de fermeture de trappe.

On n'en avait jamais vu.

J'en avais vu avant.

C'est le n°1 . Il a été éjecté quand le bateau a touché le fond.

Et il a atterri ici, devant le bateau.

Mon Dieu !

Voilà une carafe en verre.

- Regarde ! - Incroyable !

Incroyable, elle est intacte !

C'est une carafe en cristal de la 1ère classe.

J'étais très calme, je descendais,

et j'ai vu par mon hublot un soulier de femme

parfaitement préservé. Et il était lacé !

Je me suis dit :

c'est la tombe de quelqu'un, et sa seule épitaphe !

Nous arrivons au bossoir.

Bossoir 1 .

Le canot 1 dans lequel Sir Cosmo et Lady Duff Gordon ont fui

avec dix personnes. Il aurait pu en embarquer vingt-cinq de plus !

En mer, c'est ''Les femmes et les enfants d'abord''

quand on évacue.

Je n'autoriserai

que les femmes et les enfants !

A bâbord, l'officier Lightoller appliqua strictement la règle.

Seuls des femmes et des enfants montèrent,

avec un minimum de marins pour naviguer.

- Papa ! - N'aie pas peur.

De l'autre côté, Murdoch

descendait vite les canots, avec hommes, femmes, enfants,

1ère, 3e classe, il s'en fichait.

- Je peux monter ? - Bien sûr.

Amenez à la mer !

Les deux tiers des survivants doivent la vie à Murdoch.

Gauche et droite ensemble !

La Promenade du pont A avec le ROV

semblait très familière :

un long pont majestueux, semi-ouvert,

l'extrémité avant fermée de larges baies vitrées.

C'est par là que sont passés

John Jacob et Madeline Astor pour descendre dans leur canot.

Elle était enceinte de cinq mois, aussi demanda-t-il :

- Puis-je accompagner ma femme ? - Non, les femmes et les enfants !

Chérie, prends-les.

Il lui donna rendez-vous à New York...

Monsieur, écartez-vous.

Je pensais à ma famille qui savait que je plongeais...

Il y a une part de risque. Un risque calculé.

Mais si je m'imagine sur le pont, à devoir dire

''Je t'aime'', en faisant bonne figure,

et ''Monte dans le canot, papa te rejoint vite.''

quelle torture !

Faire croire à sa famille que ça va...

que tout va bien... Et on doit rester impavide...

Exactement !

Je pense qu'on en revient au tempérament personnel de chacun.

Pour moi, depuis l'adolescence,

tout tourne autour de cette question :

aurais-je été à la hauteur ?

Aurais-je eu la trempe de ces hommes, leur noblesse,

leur courage ?

Comme on romance beaucoup l'histoire du Titanic,

un moment très romanesque, en fait,

on veut être comme ces hommes qui ont prouvé leur dignité.

Mais on ne peut pas savoir ce qu'on ferait dans un moment pareil

avant de l'avoir vécu.

Absolument.

Tu vois les portes, l'entrée de la 1ère classe ?

L'orchestre jouait ici, dans ce petit espace ouvert.

Une fois au complet, ils jouaient du ragtime.

Quel héroïsme, cet orchestre qui a continué de jouer

en sachant que tous sauf eux allaient aux canots !

Quel apaisement que cette musique pour ceux qui étaient à bord !

Ça doit être la pièce du télégraphe Marconi.

Chacun sait le rôle important

que le sans-fil de Marconi a joué ce soir-là.

Le chef opérateur Marconi, Jack Phillips,

et son adjoint Harold Bride

ont travaillé en tandem jusqu'à la fin.

Essaie ''S.O.S.''. C'est le nouveau signal.

Notre dernière occasion de l'essayer !

Dans les derniers moments, l'électricité répondait mal.

Bride était dans la cabine,

il tentait de compenser la perte de courant.

A notre grand étonnement,

les aiguilles sont encore visibles sur ces régulateurs de tension,

sur la dernière position où cet homme les a mises.

On y devine sa main.

Ramez !

Ramez ensemble !

Des canots partaient à moitié vides.

Retournez au bateau !

Il faut y retourner.

Il faut se sauver. Ramez !

Avec le Titanic,

Dieu vous donnait deux heures pour décider de votre destin :

Que seriez-vous ?

Un héros, ou un lâche ?

Nous pouvons faire un dernier poker.

Cinq cartes...

Lutteriez-vous pour survivre, ou resteriez-vous

docilement avec les relégués de la 3e classe

en attendant patiemment qu'on vous ouvre les grilles ?

Que feriez-vous ? Quels gestes ?

Heureusement, peu d'entre nous connaîtrons cette épreuve.

D'autres femmes, d'autres enfants ? N'importe qui !

Vite, vite !

C'est Bruce lsmay le grand responsable.

Mais il a survécu. D'autres, non.

Qui a dû se sentir le plus fautif ?

lsmay, qui a limité le nombre de canots ?

Ou Thomas Andrews, qui l'a laissé faire ?

C'était indescriptible,

un vrai chaos, au départ des derniers canots.

Revenez !

Les femmes et les enfants seulement !

Pour le canot 1 1 , ils ont même refusé les adultes.

Les femmes devaient décider ou non de se séparer de leurs enfants.

On n'acceptait qu'eux car il y avait trop de monde pour les canots.

Des femmes ont refusé de laisser leurs enfants,

de rester derrière, de les laisser partir.

Total, le canot était bondé. Mais ils ont survécu.

Ils étaient bien 70 à bord, mais la mer était plate.

Elle devait arriver haut.

Le canot dépassait de ça.

Il suffisait de sortir la main pour tracer un sillage.

Murdoch tenta de dégager un canot

alors que le navire était en train de sombrer.

Reculez !

Amenez au bossoir !

Ils voulurent amener le canot grâce au bossoir,

mais c'était trop tard.

Le bossoir 1 est demeuré dans cette position

tel un monument silencieux à l'héroïsme de Murdoch.

Les canots partis,

des passagers de 3e classe sont retournés à leurs cabines.

Condamnés, ils ont noblement affronté leur destin.

Ça a dû être dur pour les rescapés

de savoir qu'ils auraient pu retourner

sauver des gens à la mer après que le navire avait été englouti.

Ça aurait été du suicide, pas moins.

1500 personnes étaient à la mer, hurlant à l'aide.

C'est cinquante ou cent personnes qui auraient pris d'assaut

un canot en même temps !

Ils sont à l'abri,

et ils n'y retournent pas ? Ils n'y pensent pas ?

Je ne peux pas croire...

A l'abri, dans un canot au milieu de l'Atlantique Nord ?

Avec le Titanic, on est toujours à se mesurer :

''Qu'aurais-je fait si j'avais été là ?''

L'héroïsme, la force de caractère,

c'est individuel, pas collectif.

Ça ne changera jamais.

Lors d'une autre plongée, Jim choisit la 1e classe du pont D.

Par les phares du MlR 2, il éclaira les vitrages de l'extérieur.

Genya, tu es prêt ? Voilà la lumière.

Joli !

Parfait !

Depuis le 14 avril 1912,

jamais des yeux n'avaient revu rayonner ces beaux vitrages...

Les consoles de toilettes s'étaient brisées.

Mais l'une d'elles était debout.

Quelqu'un avait bu, reposé son verre

et quitté sa cabine.

90 ans plus tard, le verre et la carafe étaient là.

Au milieu de ces destructions, soudain cet objet parfait...

- Il nous relie à ces gens. - Vraiment !

On voit les choses là où les gens les ont laissées.

Les lampes encore branchées...

Les flacons de médicaments encore en place...

Des vivants les ont touchés, rendant ces images vivantes.

On continue de regarder.

Je veux plus de courant. Allez, réponds !

On a un problème.

Une alerte de batterie déchargée. Ça ne va pas du tout.

On va le perdre ?

- On s'est crashé ? - C'est mort !

Récupération !

Descendez les flotteurs au plus vite !

La batterie expire.

On ne va pas survivre.

Prenez-nous en visuel, on n'a plus de jus.

Cherche le plafond. Jim, cherche le plafond !

On est mort dans l'eau. Sans batterie !

On vous regarde. On reste sur vous.

Il était en train de fondre.

Les batteries fondaient.

Trop bizarre ! Genre : ''Houston, on a un problème !''

Ils avançaient magnifiquement jusqu'au moment où on a eu

un bogue total du système.

Je me suis demandé s'il fallait

le sauver ou accepter de le perdre et garder l'autre.

Je crois savoir comment le ramener.

Il n'est pas très loin de l'escalier.

La première chose, c'est de mettre du lest dessus.

Un poids, avec un peu de Velcro dessus.

Je vais lui accrocher le poids par en dessous,

il coulera au plancher et on pourra le remorquer.

C'est le seul moyen.

Dis-moi si je vais trop vite.

Nous devions sauver Elwood.

Pas seulement pour son coût.

Curieusement, c'était devenu un membre de l'équipage !

Où es-tu, mon petit robot ?

En haut !

Salut, Elwood !

On a essayé d'attacher un poids pour le dégager du plafond.

Maintenant, si je peux avancer...

C'était quoi ?

Un truc est tombé.

On le bouscule. On ne l'aura peut-être pas du premier coup.

Je prépare la manœuvre de séparation.

Il est là.

Il est là. Nous l'avons.

Il faut qu'on sorte de là, à tout prix.

Sinon, on ne rentre pas à la maison.

Je sors.

On l'a perdu.

Il va bientôt passer devant nous. On enregistre !

Le voilà !

Disons-lui adieu !

2 heures sans contact radio avec Jim.

On n'entend que : ''Dites adieu à Jake !''

Qu'est-il arrivé ?

Il a heurté sa longe.

Le câble a rompu.

J'imagine ce que Jim pouvait ressentir...

Il avait perdu un robot,

et il perdait le second !

On aura eu le cas du plafond, et le cas du cerf-volant !

Les deux cas de perte possible de ces trucs.

C'est là qu'on a vu que la longe passait près du sous-marin.

Genya a saisi les manettes qui contrôlent les bras articulés.

Il a attrapé la longe et l'a enroulée autour de la pince.

Ça fait peur ! Tu vois ce qu'il fait ?

S'il casse avant de l'avoir ramené...

Je ne peux pas voir ça !

Tu me fais peur, Genya !

L'enroulement a pris 35 minutes. Le même mouvement, encore et encore.

35 minutes !

Et on y est encore !

- Je le croyais au fond. - Stoppez tout ! On l'a !

Ensuite, il s'est agi de coller du Velcro

sur le haut du robot avec les bras articulés

pour pouvoir le hisser.

Tu l'as !

Genya manœuvrait, quand soudain le Velcro a ripé.

Pendant un instant, le robot s'est remis à flotter sans attache.

La longe ne le retenait plus.

Il file ! Bloque-le par tous les moyens !

Pour Genya, le conducteur machine le plus adroit du monde,

ces bras étaient les siens !

Il a amené l'engin à lui

et l'a tenu serré.

Je vais me faire des cheveux blancs !

Il l'a rentré au garage !

On le tient ! Oui !

Garage verrouillé.

Genya mérite une augmentation.

Tu nous dois tous une bière !

Une bière ? Une brasserie !

C'était absolument incroyable !

L'équipe ROV était bonne pour le chômage !

- Incroyable, non ? - Je n'avais jamais vu ça.

Je crois que j'ai pris un an !

On était là, à le voir disparaître dans le grand escalier...

Il montait...

Genya a tout rembobiné. Comme un gosse qui ramène un poisson.

Super boulot !

Le sauvetage progressait. On l'avait lesté,

et on a eu un problème.

On l'a vu avec son poids dessus...

A-t-il pu bouger ?

Passons un crochet métallique, un hameçon, dans son grillage,

et remorquons-le comme ça.

Au moins, il est dégagé.

Si tu l'accroches, tu devrais sentir une secousse à droite.

Allez, petit !

On est dedans !

On est dedans. Bon...

Je vais attendre une minute.

Respirer un peu.

Très bon ! Excellent !

C'est pas fini !

Il n'y a rien devant.

Je le pousse un peu. On l'a dégagé.

Le crochet est ressorti.

Et je crois qu'on a fait tomber le poids.

De toute façon, il serait tombé.

On a droit à un autre essai ?

Un truc me tombe dessus. Ça y est, c'est passé.

On remonte.

C'est parti pour le massacre !

Pas au centre ! Ça plierait le crochet.

Pas mal !

Pousse-le un peu, ensuite recule à fond. A droite.

- C'est décroché ? - Négatif.

- Pas mal. - On s'en va. Voyons s'il suit.

Je dévie bizarrement.

Ça doit vouloir dire que je l'ai. Je continue !

Je le dirige.

La porte est là. Dis-lui qu'on y est.

MIR 1 , on voit la porte. On stabilise.

- Voilà la lumière. - Dis-leur qu'on les voit.

MIR 2, on voit votre lumière. Restez en position.

Voilà la sortie.

On est accrochés !

On est arrêtés,

piégés.

On a heurté un mur.

On est accrochés. C'est solide.

Rien à faire !

On l'a perdu.

Je ne sais quoi faire.

Rien n'a changé, mais essayons à nouveau.

Je vais remonter,

reprendre de l'élan

et charger à nouveau.

On est revenus à la case départ.

On est partis !

Va vers la lumière, Jake.

Va vers la lumière !

Allez, petit, allez !

Qu'ils éclairent en bas.

MIR 2, basculez votre phare vers le bas.

Bien reçu. Phare en bas.

Je ressens les chocs.

Je le tiens toujours.

Ils viennent par ici.

Qu'ils nous prennent en visuel pour repérer Elwood.

Voyez-vous Elwood ?

Il le tient !

Il a l'air bien. C'est tout beau.

Voyez-vous Elwood ?

Nous le voyons !

On a réussi, les amis !

Du beau travail.

De tout le monde.

Elwood est sain et sauf.

A ma montre, il est 18h16.

Nous sommes le 11 septembre 2001 .

A plus !

Que s'est-il passé ?

La pire attaque terroriste de l'Histoire !

Nous ne pensions qu'à notre affaire

d'une importance capitale...

Les tours ont été frappées par deux avions détournés.

Cet horrible événement nous a violemment ramenés à la réalité.

Le lendemain matin du 11 septembre,

je trouvais cette expédition soudain bien triviale.

Elle ne représentait plus aucun enjeu.

Puis, l'émotion nous fit établir des parallèles :

nous comprenions ce qu'était d'être témoins

d'une tragédie...

Le choc, l'hébétude,

l'incrédulité, dès lors que l'impensable se produit.

Il arrive que la vie s'asseye sur nos têtes.

J'ai déjà été K.O.

Mais il faut se relever et continuer !

C'est comme ça qu'on est grands !

On a tous décidé de poursuivre l'expédition.

Une fois remis du choc initial,

le Titanic est redevenu important,

moins pour lui-même

que comme symbole d'un drame annoncé

et de la bonne façon d'affronter la mort.

Archie Frost était dans la chambre des machines.

Il avait à peine 20 ans.

Il avait travaillé à la construction du bateau.

A un moment, Andrews est descendu leur dire :

''Le bateau n'en a plus pour longtemps.

Si vous restez ici, vous mourrez.''

Archie Frost dit :

''Nous resterons ici autant qu'il le faudra.''

Voilà les héros du quotidien : ces machinistes

qui ont maintenu le courant des générateurs pour le télégraphe,

qui ont calmé les gens.

Ces héros ordinaires se tiennent juste à côté de vous.

Quand on voit la poupe

où 1500 personnes sont mortes,

c'est indescriptible...

On ne peut réprimer son émotion.

Les gens ont été emportés dans les hauts fonds.

Mais il n'en reste rien.

L'océan a dissous toute trace d'existence humaine.

MlR 2, en position pour poser la plaque...

Paré pour la plaque.

Les 1 500 âmes perdues ici nous parlent encore

pour nous rappeler que l'impensable peut arriver

si on manque de vigilance, d'humilité, de compassion.

Adieu !

Nous étions en mer depuis longtemps.

Je commençais à penser au retour.

Le jour où nous sommes partis,

la poupe était tel un arc-en-ciel.

Il y avait comme un halo au-dessus de l'épave du Titanic

qui lui conférait un aspect métaphysique...

On quitte le Titanic, mais il ne vous quitte jamais.

Il est toujours là. Bien des fois, je ferme les yeux

et je m'y retrouve soudain,

à flotter au-dessus de son épave.

Et je suis comme un fantôme du Titanic.

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