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Tu me fais mal, Michael.
Tu es froide.
Frigide. Incapable d'aimer.
La seule chose que mon argent ne peut acheter,
tu peux me le procurer : L'amour.
Tu ne veux pas l'amour.
Tu ignores même ce que c'est.
Plus on vivra ensemble, plus je te haïrai.
Tu es froide, tellement froide l
Tu es froide.
Froide comme la glace.
On me l'a déjà dit.
Je vais bien, pas besoin d'un verre.
Ton défunt mari était bien prévoyant.
Tu en auras besoin.
La mort elle-même ne l'a pas pris au dépourvu.
Tu pourrais être une veuve riche.
"Pourrais" ?
Il savait ce qu'il voulait.
Dans la mort, sa volonté reste ferme.
Plus que son avocat, j'étais un ami de Michael.
Il me parlait de ses problèmes de couple.
Je ne comprends pas. En quoi suis-je concernée ?
Ses biens se chiffrent en millions.
Tu pourrais en être la seule bénéficiaire.
Tu comprendras en écoutant son testament.
Michael a enregistré ses conditions.
Inhabituel mais légal.
Il me semble que tu devrais l'entendre toi-même.
Bonjour, chérie.
Tu es une femme splendide et très appréciée.
Tes attributs physiques et mentaux t'ouvrent toutes les portes.
Désormais, la fortune te permettra de réaliser tes voeux les plus chers.
Mais même ainsi,
tu finiras vite par te flétrir, par vieillir.
La poussière s'accumulera entre tes cuisses.
Espèce de salopard.
Ne sois pas dure avec moi.
Même de mon caveau, je t'aime.
A ton tour, tu dois apprendre à aimer,
librement et passionnément.
C'est là ma seule condition
pour que tu hérites de tous mes biens.
Pour commencer, tu découvriras l'amour de soi.
Oui, la masturbation.
Tu progresseras comme un enfant qui apprend.
Après avoir joui de ton propre corps,
tu comprendras qu'un inconnu peut y prendre plaisir.
Tu te masturberas devant un étranger pour l'attiser.
Je te laisse le soin d'organiser l'innocente rencontre.
Ensuite, tu toucheras et goûteras,
et une autre femme te touchera, te goûtera.
Un pervers. Un véritable pervers.
Tu apprendras à aimer la main, la langue d'une femme.
Tu t'offriras à une autre femme.
Non, je refuse de me laisser avilir
par la perversité d'une bête inhumée.
Seigneur !
Puisque tu as commencé, va jusqu'au bout.
Tu en sauras alors suffisamment
pour t'initier au pouvoir qu'une femme exerce
sur les hommes.
Tu enflammeras, tu embraseras,
non pas un homme mais plusieurs.
Tu leur refuseras ce corps promis.
Ta dernière épreuve sera de désirer un homme comme je te désirais.
Un désir qui confine à la douleur.
Tu ramperas vers lui.
Cette envie, ce besoin sexuel te consumera.
L'actrice professionnelle que tu es
s'affranchira vite de ces formalités.
Adieu, ma chérie.
Je t'aimais.
Le choix t'appartient.
Ce testament ne peut être révoqué.
Si tu refuses, tu hériteras d'une partie de ses biens.
Le reste reviendra à une association caritative qui,
autant te le dire,
est habituée à se battre pour obtenir ce qu'on lui conteste.
Et je doute que tu veuilles d'une telle publicité.
Laisse-les faire et tu vaudras moins que lui encore.
Rentre et penses-y.
Et masturbe-toi !
A toi de voir. Tu l'as sûrement fait pour moins que ça.
Je ne suis pas frigide.
Michael était méchant et cruel.
Il prenait plaisir à la douleur.
Je ne le déteste même pas.
Je te méprise, toi, son complice.
Et je me méprise,
pour avoir la faiblesse de me plier aux volontés malsaines d'un mort.
Je vais le faire, bien sûr.
Tu veux me regarder ?
Si je ne me trompe pas,
c'est la deuxième étape.
Allô ?
Marshall ?
Ici Monique.
Je me suis masturbée.
Ecoute.
J'arrive au terme de l'étape 1.
Tu veux venir le constater ?
Non, je ne suis pas ivre.
Si je le fais, c'est uniquement pour cette carcasse putride.
Ouvre grand ta bouche.
Alors, ta queue de juriste se dresse ?
Tu bandes ?
Je viens d'enfoncer ton visage dans le duvet de mes cuisses.
Je suis bouillante, trésor.
J'aimerais que tu sois ici.
Allô ?
Sur quelle ligne ?
Elle est ici ?
Bien, envoyez-la-moi.
Entre.
Entre, je t'en prie.
Tu sembles avoir réussi l'épreuve de cette nuit
avec brio.
Ton visage s'en trouve resplendissant.
C'est la couleur de la honte,
pas l'épanouissement sexuel, crois-moi.
Je connais la masturbation.
Si tu étais passé hier, tu aurais eu un aperçu fidèle de mon ardeur,
non de ma froideur.
Monique, baiser avec moi ne t'aurait rien apporté.
Avant toute chose, je suis avocat.
Un excellent avocat.
Si tu veux hériter des biens de ton mari,
tu dois respecter ses volontés à la lettre.
Est-ce clair ?
Tu es plutôt direct.
Ce sont ses cendres, j'imagine.
Je les emporte.
Et puisque tu y sembles indifférent,
je vais trouver quelqu'un qui s'intéresse à ce que je me fais.
Sunshine Boutique, s'il vous plaît.
J'y crois pas !
Je vous sens d'ici.
Encore une de ces journées à la con !
Sale pervers !
Vieux dégueulasse !
Après ce que tu viens de vivre,
je suis sûre que le club te plaira.
Dire que mon gros con de mari me croit à l'abri
dans un club pour femmes !
Et ce connard fini paie même l'addition !
Je ne veux qu'un massage.
Et un bon bain.
La semaine dernière, j'ai eu envie de sucer une bite.
Pas celle de mon mari. L'horreur !
Je suis allée au club et j'ai croisé un beau mec.
21, 22 ans... Un culturiste.
Il était timide, presque gêné.
Il m'a laissée faire, je ne me suis pas privée.
Tout en m'activant, je me disais que mon mari payait
pour que je suce ce gamin.
Ça me plaisait encore plus.
Le plus drôle, c'est que j'ai vu la facture.
Le club évoque un "régime liquide" !
La seule règle absolue de cet endroit,
ne pas se mêler des affaires des autres.
Ce lieu a pour objectif de satisfaire les femmes.
Bonjour, Holly.
Je suis enchantée que tu nous amènes une amie.
Si vous le voulez bien,
je passe au sauna.
Vois-tu, ma chérie,
dans ce club, nous pensons à tout.
Il n'est pas un désir que nous ne sachions satisfaire.
Je suis ravie d'être venue.
Pas un seul désir.
Viens, Monique, changeons-nous.
Toutes les masseuses en font autant ?
La tienne, je ne sais pas. Aujourd'hui, je veux un homme.
Je choisis le régime liquide. Tout le programme.
Je lui dis quoi, si j'en veux plus ?
Demande, simplement.
Tu apprendras à aimer la main, la langue d'une femme.
Tu t'offriras à une autre femme.
Ensuite, tu toucheras et goûteras,
et une autre femme te touchera, te goûtera.
J'apprécie ta franchise et ce récit imagé
de ton épanouissement sexuel.
Mais ta défloration et ta conduite perverse
ne m'intéressent en rien.
Ma défloration ?
Ma conduite perverse ?
Moralisateur de merde !
Je n'ai pas écrit ce testament.
Ni ces saloperies de règles.
Ou plutôt ces règles de salope.
C'est toi, toi et mon dégénéré de mari
qui avez imaginé ce jeu vicieux.
Et tu sais quoi ? J'irai jusqu'au bout.
J'espère juste qu'ensuite, j'aurai encore la force
de me purifier dans l'eau.
Monique.
Arrêtons tout.
Avec du temps, je révoquerai le testament.
Du temps et de l'argent. Mon argent.
Ce jeu peut se retourner contre toi.
Tu risques d'être blessée. Physiquement.
Si une disposition incite une personne
à commettre un acte préjudiciable ou illégal,
elle est révocable.
Et si une disposition peut être révoquée,
je dois pouvoir annuler l'ensemble du testament.
Je ne veux rien de toi.
Pas même ta bite de juriste.
Maintenant, si tu te soucies de mon bien-être,
accompagne-moi. J'ai rendez-vous avec mon viol.
Fait chier.
Encore une nuit à la con.
Si vous êtes en panne, vous pouvez téléphoner, c'est tout.
On n'aguiche pas, ici. J'ai assez de problèmes comme ça.
Il a raison, on n'a rien à faire ici.
Si tu n'es pas à l'aise, va-t'en.
Je peux ?
Vous m'entendez ? On ne tapine pas, ici.
Il faut être tapineuse, pour tapiner.
Je ne le suis pas, et ces messieurs n'ont pas l'air intéressés.
On veut faire de l'esprit ?
- Vous cherchez une tapineuse ? - Sûrement pas.
Je dépense mon fric pour la picole, pas pour la baise.
Et merde.
Tes bières sont plus chères que n'importe où dans le coin.
Et jamais un coup à l'oeil.
Je vous ai prévenue. Dehors.
Attends un peu.
Elle me dérange pas.
Elle te dérange, Sidecar ?
Ce qui me dérange, c'est le prix de la bière, dans ce bar de luxe.
Et vous, les gars ?
Pas de problème, qu'elle reste.
Tu sais quoi ? Laisse-la rester.
Elle sent bon.
Je veux pas d'ennuis. Sinon, dehors, le petit cul.
Marché conclu.
Donnez-moi un verre de votre meilleur vin.
On a deux vins.
On a du rouge, et on a du blanc.
Vous voulez quoi ?
Un verre de rouge.
Génial...
Laissez la bouteille, pour mes amis.
- Vous m'accompagnez ? - C'est pas de refus.
C'est rare qu'une fille m'offre un verre.
Vu la bouteille, et comme vous n'êtes que deux,
je vous accompagne avec plaisir.
Invitez aussi vos amis.
Les mecs, la petite dame nous paie un coup.
C'est nous. Nous voilà.
Allez, les hommes, venez goûter au sein maternel.
Range-moi ce triste petit sein.
Tu sais qu'ils préfèrent les miens.
Garçon ! Personne ne nous sert, ici ?
Il faut lever la voix pour avoir un verre ?
Sidecar ?
Ramène ton cul.
Je suis assise sur ton cadeau.
C'est une vraie dame, elle.
En plus, elle sent bon.
T'en tireras rien de plus.
Et encore, seulement si elle mouille sa culotte.
Sidecar, tu m'accompagnes derrière ?
J'ai gardé ton dîner bien au chaud.
Va le réchauffer chez toi.
Les mites s'y sont installées.
Mes cuisses vous donnent du plaisir, à vous tous,
depuis bien longtemps.
Comment je pourrais refuser une fille comme ça ?
Bordel, Bingo,
cette traînée ne te laissera ni la sentir, ni la toucher.
Oh, que si. Elle me l'a déjà dit.
Elle a dit quoi ?
Elle a dit qu'elle sentait bon de partout,
et que si son odeur me plaisait,
je pourrais la sentir de l'intérieur.
J'ai frissonné quand elle a dit ça.
Elle m'a dit que je pourrais la sentir
et que si ça me tentait, je pourrais même y goûter.
Sale enfoiré de Bingo, t'es qu'un menteur.
Si, elle l'a dit !
"Elle l'a dit !"
Dans ce cas, nom de Dieu, tu attends quoi ?
D'accord, j'y vais.
Il fait quoi, cet abruti ?
Sidecar,
va voir ce qu'il fait.
Une semaine sans me baiser,
voilà ce qu'ils vont gagner.
Ils se contenteront de mater.
Bingo !
C'est moi qui gagne !
On n'aime pas les filles comme toi, ici.
Vire ton cul d'ici avant que je te foute dehors.
Monique, on s'en va.
Ça pourrait devenir moche.
Qui tu traites de moche ?
Bordel, Sidecar, j'ai dit pas de ça ici.
Casse-toi, ducon.
Allez, montre-lui !
Allez, on va picoler gratos !
A l'oeil !
Je vais te montrer ce que c'est qu'une vraie dame.
C'est terminé.
Je suis satisfait.
L'héritage est à toi.
Je ne suis pas satisfaite. Et toi non plus.
Remets une pièce dans ce foutu juke-box.
Que fais-tu ?
Rien d'important.
Endors-toi.
Allez, dis-moi ce que tu fais.
Je me débarrasse de mes vieux souvenirs.
Je dis adieu à un enfoiré.
De quoi parles-tu ?
Je dis adieu à Michael.
Adieu, Michael.
Fais de beaux rêves.
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