All language subtitles for Ma.Guerre.2018.FRA.1080p.AMZN.WEB-DL.DDP.5.1.H264-DDR[EtHD]_track3_fre

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

[stridulations d'insectes et cris d'oiseaux]

- [Père John, en anglais]:

[pleurs]

- [Tous]: ♪♪ Amazing Grace

♪ How sweet the sound... ♪

[en anglais]

- [Père John]:

♪ ♪

[gazouillis d'oiseaux]

Tu ne tueras point, c'est aussi simple que ça. Non, non.

[rires des soldats]

- Shoukran.

- Shoukran lak.

- Shoukran.

[Il parle en langue étrangère.]

- [Thierry]: C'est pas parce qu'il y a pas de combat

que la guerre s'est arrêtée.

[chant des oiseaux]

[coups de feu]

- Ah, il serait mort!

Ouais, il en a un dans le coeur en plus!

Dire que j'ai déjà touché quelqu'un là pour vrai!

- [Julien]: T'as trouvé ça ouù, ça, cette cible-là?

- C'est moi qui l'ai faite.

J'ai trouvé une espèce de cible...

Il y avait pas le drapeau de l'EÉtat islamique,

ça fait que là, j'avais juste la forme ici.

Moi, j'ai rajouté des points précis pour viser dans le fond.

Il faut pas le dire à personne, ce qu'on fait là.

- Pourquoi?

- On n'est pas supposés de tirer

des cibles qui ressemblent à un humain.

[grognement]

[coup de feu, avec écho]

♪ ♪

[cliquetis de clavier]

C'est vraiment facile.

Quelqu'un en 5 minutes peut

tout avoir l'information qu'il veut.

Tu t'en vas sur Facebook, tu fais une petite recherche.

Un qui est vraiment connu, les Lions de Rojava...

- Qu'est-ce qu'ils font exactement, eux, ce groupe-là?

- Dans le fond, eux autres,

c'est comme la partie de recrutement pour les Occidentaux

qui veulent aller combattre l'EÉtat islamique.

C'est comme une agence de voyages de combattants,

si on peut dire comme ça.

Par exemple, ici, ça, c'est leur nouvelle page.

Tac, tu leur envoies un message en anglais.

J'ai eu des entrevues avec les médias, blablabla.

Je me présente, pis ici, ils nous répondent...

Pas plus compliqué que ça.

Assez fantastique, hein?

CÇa, c'est un gars qui est mort il y a quelques jours, lui.

Pis là, il était passé en entrevue à un moment donné

pis là, ils mettent son vidéo, mais...

- [Julien]: Si je comprends bien, si tu "scrolles",

on va voir plein d'autres combattants

qui font exactement la même chose que toi?

- Oui, c'est ça.

- Pis toi, c'est eux que tu vas rejoindre.

- Oui, c'est ça, exactement,

je vais être comme un gars comme lui, là,

à part que je serai pas mort.

Comme ici, ça, c'est du monde qui sont morts là-bas,

ils appellent ça des martyrs.

Pis là, on voit qu'ils sont très pro-Kurdes,

les combattants étrangers là-bas.

Ils rentrent vraiment dans cette gimmick-là,

si je peux dire ça de même.

Pis souvent, il suffit de regarder

qui a "liké" les photos.

Poc! Et on peut trouver un combattant étranger là-dedans

en deux minutes au pire, là.

Comme ça, c'est une Canadienne.

Elle vient de revenir, elle a fait, je pense, 3, 4 mois.

Là, je suis même pas ami, rien, avec elle,

je vais juste voir son compte comme ça

pis on voit, elle met plein d'affaires,

elle met des photos d'elle avec d'autres.

Je veux dire, moi, je trouve ça surprenant quand même

que ça soit à ce point-là ouvert.

On la voit ici.

[rires]

- On voit qu'il y a comme

une espèce d'engouement quand même autour de ça.

C'est une guerre qui se joue beaucoup sur les médias sociaux.

On est dans une nouvelle époque,

c'est des outils complètement nouveaux

qu'on commence à apprivoiser:

les médias sociaux, le sociofinancement.

- Du sociofinancement pour aller faire une guerre.

- Ouais, carrément.

- Sa guerre personnelle.

- J'avais des doutes

quand j'ai parti ma campagne de financement.

Je me suis dit que c'est quand même un documentaire.

Je vais être un documentariste,

mais je vais être aussi un combattant.

Là, je demande du sociofinancement pour ça.

Est-ce que ça se peut qu'il y en ait

qui voient ça comme un problème?

Je pensais que oui, mais finalement, non,

j'ai eu aucun problème, ç'a été super facile.

Il y a un contributeur qui a augmenté sa mise.

Il donnait 75$, pis là,

il augmente ça à 100$.

Là, je suis rendu à 1529$ d'accumulés.

[crissement de freins]

Là, j'attends mes munitions.

Salut, salut!

Bon, ben, merci! Bye!

Tabarnane! Je suis équipé pour faire la guerre!

[respiration forte]

Joyeux Noeël!

Regardez ça, c'est toutes des balles, ça.

Ah, elles sont quand même en bel état,

quand même des belles balles.

C'est ça que les talibans nous tiraient dessus.

Je m'en rappelle, je voyais des douilles comme ça.

Ce qui est drôle, c'est que probablement ces munitions-là,

la même usine envoie des munitions

qui passent par la Turquie

quand elles s'en vont entre les mains de l'EÉtat islamique.

C'est exactement ces munitions-là,

comme en Afghanistan, je me suis fait tirer dessus,

c'est la même couleur, même tout,

qu'ils vont me tirer dessus.

Prêt pour le prochain champ de tir.

Ma mission, je peux dire ça,

je l'ai appelée "opération Spartacus".

- Pourquoi Spartacus?

- Parce que Spartacus était

un gladiateur dans l'Empire romain

qui s'est soulevé, qui a pris d'autres gladiateurs avec lui

pis qui a fait un soulèvement

pour libérer d'autres gladiateurs, d'autres esclaves,

pis ç'a fini par monter une armée.

- Pis à date, est-ce que t'as réussi

à recruter d'autres gladiateurs?

- Beaucoup de personnes me disent:

"On aimerait ça se joindre à toi."

Mais évidemment, là, ils disaient: "Oh, on est sérieux."

Mais là, récemment, j'ai dit:

"OK, c'est le temps de passer à l'action voir qui est sérieux.

"Le flights'en viendrait

"à peu près de telle date à telle date.

"Qui est prêt?"

Pis là, évidemment: "Oh, moi, je peux pas.

"Moi, je suis pas prêt financièrement."

C'est une chose de dire:

"Moi, je suis contre l'EÉtat islamique,

"faut faire quelque chose."

C'est une chose de dire: "Je veux y aller."

Pis c'est une chose d'embarquer dans l'avion, d'y aller,

d'atterrir dans un pays

qui parle même pas la même langue que toi

pis faire confiance à du monde qui va venir te chercher

pour aller dans une armée que tu connais pas,

que peut-être tu sais mme pas ils sont ouù sur la carte,

puis aller combattre sans être payé,

pis toi-même, tu paies pour te rendre là-bas.

Qui est prêt à faire ça? Pas beaucoup.

- Mais t'as vérifié, c'est légal d'aller combattre à l'étranger?

- Ouais, c'est ça, c'est parfaitement légal.

Le contre-terrorisme est venu me parler, j'ai contacté la GRC.

C'est parfaitement légal.

[cliquetis du fusil]

- Oui, on s'installe.

- Attention.

- On est prêts dans 5, 4, 3...

- Hanna Bohman, bienvenue aux Francs-Tireurs.

- Yeah.

[rire]

- [Julien]:

[froissement de plastique]

Shit!

[chuintement de la lentille]

[vrombissement de moteurs d'avion]

[Le capitaine parle en langue étrangère.]

[hésitation]

[♪ Un homme chante l'Adhanau loin. ♪]

[conversation indistincte]

[Une femme parle en kurde.]

[toux]

[Hanna se racle la gorge]

[rire de Hanna]

[bips de Skype]

- Salut! - Salut! Salut!

- CÇa va? - Oui, toi?

- Oui, ça va.

- Là, t'es ouù, là?

- Là, je suis sur la Côte-Nord présentement, chez mes parents.

- OK, OK, pis là, ils savent qu'est-ce que tu veux faire?

- Oui, ils savent, mais ma mère tripe pas tant, là, mais bon.

Pis c'est ça, dans le fond,

on partirait à la fin du mois avec un de mes chums

pis on viendrait te rejoindre éventuellement

si on est capables de venir te rejoindre.

CÇ'a coupé.

- C'est de mon bord, ç'a planté de mon bord.

- Ah, OK, OK.

- Pose tes questions, vas-y.

- Ouais, moi, c'est plus des questions

genre au niveau logistique pis...

- Si t'as des garrots, apporte ton kit médical à toi

parce qu'ils ont pas de garrots ici.

Fais attention par contre parce que les douanes pis le kit...

Essaie d'éviter, genre,

l'EÉgypte, Jordanie, ces affaires-là.

Des fois, t'auras pas de problème de sécurité,

c'est juste qu'ils vont trouver ça bizarre

que, genre, t'aies du kit de soldat

pis ça se peut, genre, qu'ils te confisquent tes affaires.

- OK, j'aurais pu passer par Istanbul, mais...

- Passe pas par la Turquie.

- OK.

- La Turquie aime pas les Kurdes.

Pour résumer, là.

Probablement que t'auras pas de problème,

c'est juste qu'ils vont tout te saisir tes affaires

pis tu vas arriver tout nu.

- Ah, OK, c'est bon.

- Fait que Turquie, mets une grosse croix là-dessus.

Je te... ben, ouais. Pis ouais, c'est ça.

Toi, tu veux t'en venir avec qui dans le fond?

- Un de mes chums avec qui j'ai fait mon DP1 à Gagetown,

dans le fond.

- OK, pis dans le fond,

vous sentez que vous avez manqué l'Afghanistan

pis ça vous tente de vous faire du fun?

- J'ai manqué l'Afghanistan en 2012,

c'est une expérience de vie

que j'aurais voulu vivre en Afghanistan.

- Ben, tu vas vivres de quoi d'assez spécial ici.

C'est encore mieux que l'Afghanistan dans un sens

parce que l'Afghanistan, t'es un soldat,

t'es pris par la main jusqu'au front,

pis là, tu fais ta job de soldat.

Mais ici, il faut vraiment que tu sois débrouillard, là.

T'es comme, tu sais, un voyage backpacken Europe, là.

- Ouais.

- CÇa va ressembler à ça,

version de temps en temps, tu vas tirer sur du monde.

C'est bon, regarde, si t'as rien d'autre, ça va être correct,

je vais attendre ta photo de passeport.

- Parfait, je vais t'envoyer tout ça, là, d'ici,

pis on va sûrement partir d'alentour là,

pis après ça, ben, je vais aller à la chasse en fin de semaine,

pis après ça, on va aller à la chasse ailleurs.

- AÀ la chasse ailleurs. C'est bon, ça.

[conversation indistincte]

[ils parlent, indistinct]

- Inch'Allah.

[efforts]

[ils parlent, indistinct]

- [Wali]:

[bips de l'appareil photo, déclics]

- Le front est à peu près

à une dizaine de kilomètres à notre droite, ici.

CÇa, ici, cette route-là, elle était occupée

il y a quelques mois par l'EÉtat islamique.

L'EÉtat islamique tirait ici,

donc il y avait pas moyen de passer comme ça,

comme on fait en ce moment.

Il y a des civils qui se faisaient tuer

il y a quelques mois ici, là,

parce que l'EÉtat islamique tirait à travers la rue, ici.

Il y avait les forces irakiennes et kurdes

qui étaient à notre gauche, l,

pis l'EÉtat islamique qui était à droite de la route.

Pis après ça, évidemment,

à mesure que l'EÉtat islamique était repoussé plusieurs fois,

la ligne de front, la ligne de fortification

est tout le temps repoussée un petit peu plus loin.

Là, on est vraiment dans la zone

ouù c'est pas le Kurdistan tout à fait,

c'est pas l'Irak tout à fait.

Ouais, mais c'est encore sous contrôle plutt kurde,

mais il y a beaucoup plus d'Arabes ici, là.

C'est une zone floue.

- He hasn't heard, apparently.

[grognement de Wali]

- OK, il va falloir faire le ménage, je pense.

Fudge!

[tintement de canette]

Ah!

[Il parle en kurde.]

[rire]

- Hello! - Salam alaykoum, hello!

- OK!

[en kurde]

[en anglais]

[Ils parlent en kurde.]

[en anglais]

[en kurde]

[en anglais]

- No, euh...

[en kurde]

[en anglais]

[en kurde]

- Ils te demandent si tu crois en Jésus?

- Oui, c'est ça. Issa,c'est Jésus.

[en kurde]

[Ils parlent en kurde.]

- Wali. - Wali.

[en anglais]

- Wali!

[rires]

[Ils parlent en kurde.]

[bêlement de mouton]

Je sais pas si c'est le général.

Alaykoum.

[Ils parlent en kurde.]

[Il parle en kurde.]

- Hum?

- OK. Spas.

[vrombissement de moteurs d'avions]

[en kurde]

[imitations d'explosions]

Ah!

[sifflement]

[en anglais]

- [Rebazy]:

[rire]

[Wali parle, indistinct]

[vrombissement de moteurs d'avions]

[sifflement au loin]

[ils parlent, indistinct]

[stridulation d'insectes]

[rires de femmes]

- Hi!

[raclement de gorge de Hanna]

[♪ Des femmes chantent au loin. ♪]

[raclement de gorge]

[claquements de langue]

[raclement de gorge]

[Des hommes parlent au loin.]

[pas s'approchant]

[ils parlent, indistinct]

- [Wali]: Crime, c'est un temps parfait pour faire des attaques,

on est tellement ben!

- [Julien]: Là, c'est des frappes aériennes?

- Ouais, c'est presque toutes des frappes aériennes.

[en kurde]

[en anglais]

- J'ai vu de quoi.

- T'as vu de quoi?

- Ouais, définitivement.

- Qu'est-ce que t'as vu?

- Une personne courir, mais elle est loin.

[en kurde]

- Moi, je m'en vais en avant, là, c'est parti.

Allez, allez, allez!

- Wali!

- Apparemment, ils ont trouvé quelque chose

qui pourrait être une bombe dans ce coin-là, l-bas.

- Qui t'a dit ça? - Rebaz.

- Il est ouù, lui?

- Il est avec le général.

Je pense qu'ils sont sur la butte, là-bas.

- Pis nous, on est avancés comme des épais?

- Ben là, on est dans le no man's land, dans le fond, là.

Les positions kurdes sont plus là-bas.

On voit les grues, là...

pas des grues, mais des pelles mécaniques

qui sont en train d'établir la nouvelle ligne de front là-bas.

Là, l'EÉtat islamique, il est là-bas.

Mais ça, c'est une zone pas neutre,

mais une zone ouù personne...

c'est comme un no man's land

entre les 2 belligérants dans le fond.

- [Homme à la radio, en anglais]:

Ils vont engager avec la Dushka. Ils vont tirer, là.

- CÇa, c'est en verre? En vrai plastique?

- Non, en vrai plastique.

Pour les déplacements en véhicule pis...

- Tout dans le look?

- Non, c'est pour...

- Non, non, j'ai compris.

- Des fois, les...

- Je sais, je sais.

- CÇa m'a servi dans les véhicules.

- Non, non, mais ça évite de se péter la tête.

- Justement, je vais l'enlever un petit peu,

ça va faire du bien.

- Hier, on était là et on s'est fait prendre

à partie derrière la...

- La butte?

- Derrière la butte, là, voil.

Et puis on revient pour leur rendre la pareille.

Si tout va bien.

- Inch'Allah.

- Inch'Allah.

Et si Allah est pas là, on fera tout à sa place.

Ici, c'est des grands enfants.

Ces grands enfants, c'est un pays merveilleux

ouù tout est possible, et tout est autorisé

et rien n'est interdit.

- Et toi, t'es à l'aise de faire la guerre?

- Ah, mais moi, ouais,

plus c'est le bordel, plus je suis content.

[en kurde]

[explosion]

- CÇa, c'est... voilà.

Donc, la technique, ici, c'est de se regrouper.

[rire]

Et ça n'inquiète personne! CÇa n'inquiète personne...

[cri en kurde, sifflement]

[explosion]

On attend qu'ils viennent nous rentrer dedans.

- C'est peut-être une bonne chose qu'on soit partis

parce qu'on était vraiment à cet endroit-l tantôt.

C'est un peu n'importe quoi, là!

[explosion]

[coups de feu]

Je pense pas qu'ils viennent de la butte.

Moi, je pense qu'ils viennent de là-bas.

Parce que j'ai vu des impacts dans le sable, là,

plus les mortiers.

Moi, d'après moi, ils sont vraiment là-bas.

En tout cas, si c'était moi qui décidais,

on irait prendre les buttes qu'il y a là-bas.

Ils ont peut-être des observateurs là-bas.

[Ils parlent en kurde.]

[klaxon de voiture]

- Ils envoient un soldat à Peshmerga à l'intérieur

pour sortir dans le trou,

et là, c'était pas dangereux...

AÀ plusieurs reprises, je leur ai dit:

"Je sais ce qui est dangereux, je sais ce qui ne l'est pas."

- C'était bien, en Syrie?

C'était quel coin? Qamichli, proche de Sinjar un peu?

- Non, j'étais pas sur Sinjar, j'étais sur l'ouest de Rojava.

- Ah, Serikani. - Serikani, ouais.

On est remontés après sur Til Temir.

Et voilà, donc l, voilà, il y a eu du sport.

- C'était bien.

- Il y a eu du sport.

Il y en a un qui y a laissé sa vie.

Quand tu vois les mecs autour de toi faire n'importe quoi...

- Mais que... Les Occidentaux ou les Kurdes?

- Non, les Kurdes marcher au milieu de la rue

pendant que ça tire à droite, gauche,

de nuit ou de jour, c'est pareil.

Les mecs au téléphone ou qui se marrent ou quoi.

Tu te dis: "Wow!

"On va se prendre un truc énorme sur la tronche

"parce que les mecs font n'importe quoi."

- C'est leur pays, ils font ce qu'ils veulent.

- Ouais, mais c'est notre fric.

- Oui, enfin, dans tous les cas, ton argent,

il partira quelque part et ça te plaira pas forcément.

- Là, en l'occurrence,

ce sont quand même nos pays qui font 90% du travail.

- Dans du support, c'est pas la même chose.

- Du travail!

- L'aviation, mais c'est pas...

Si vraiment, ils faisaient du travail, ils seraient sur place,

ils seraient au sol et ils feraient le boulot.

- 90% du travail, je maintiens, est fait par l'aviation.

- Quand il y a une offensive,

le premier village, c'est juste des bleus.

- L'un des villages un petit peu plus loin, là,

il s'est pris 70 tonnes de bombes en une nuit...

enfin, en 2 jours, en 2 nuits.

- Le problème quand t'essaies de filmer des explosions,

surtout des frappes, t'attends, pis là...

[imitation d'explosions]

Tu te prépares pour voir, mais il y en a pas.

CÇa arrête. - Trop tard!

- Là, 10 minutes plus tard, tu t'en vas... Ah, câline!

- Tu penses aux gens et aux animaux qui sont en dessous?

- Ah, les animaux, là...

- Les vaches, regarde toutes les vaches, le massacre...

- Un village en ruines.

- Un massacre de vaches et de moutons.

- Il y avait un petit chien qui traînait là.

Il restait genre une petite cabine,

il était là-dedans, dans un petit trou, il était là...

- C'est marrant, mais ça me fait plus quelque chose

que si c'était des humains.

- Ah, les animaux, ça m'affecte au bout.

- C'est affolant. - Je comprends.

- Les animaux, là...

- En fin de compte, il y a que des humanistes ici.

- Ouais, c'est ça.

- Ouais, c'est ça, des humanistes pacifistes.

- Foutez-vous bien de ma gueule. - Non, c'est vrai.

Je suis un humaniste dans le sens

ouù je défendrais d'abord et avant tout l'innocent,

l'innocent avec un grand "I".

- Qui aurait cru que des fantassins

parleraient d'humanisme?

- Non, mais je pense qu'on tient notre futur prix Nobel.

- Mais là, après, on va retrouver

un petit enfant qui traîne dans la rue,

tu vas le recueillir et là, on est bons.

- On rigole!

- Et toi, t'es venu pourquoi alors?

- Je ne suis plus militaire, mais je me sens encore soldat.

Là, je me suis dit: "OK, je fais ça, pis après ça, je me calme."

Mais j'ai dit ça plusieurs fois...

- Le voyage et l'aventure!

- Mais ce qui nous explique toujours pas pourquoi t'es là.

- Ben, c'est ça, je suis un soldat,

mais aussi, j'ai fait du multimédia aussi,

fait que le vidéo, je suis bon là-dedans,

j'ai un peu d'expérience, fait que je me suis dit: regarde...

- Un témoignage sur le terrain...

- C'est ça, pis je me suis dit: "Je vais faire ça.

"Je vais avoir beaucoup plus d'impact

"avec une caméra qu'avec un fusil."

Mon arme à droite, ma caméra à gauche.

- Ouais, ben, te trompe pas, par contre!

[rire]

- Il y a des jours, ça peut être gnant.

- Te trompe pas!

- Et toi, Thierry?

- Tout simplement, je préfère être acteur

que spectateur dans ma vie.

- Ah, bien dit!

- C'est pas la peine de s'offusquer devant sa télé:

ça, c'est les méchants, pis ça, c'est les gentils.

Non, il faut se prendre en main

et il faut venir sur place

pour voir exactement de quoi il en retourne.

Et c'est aussi simple que ça,

et puis, en plus, ça me déplaît pas.

La vie ici me convient,

c'est celle que j'ai vécue pratiquement toute ma vie,

donc je joins l'utile à l'agréable, voil.

[♪ Un homme chante au loin. ]

[chant d'oiseaux]

- D'aller combattre l'EÉtat islamique,

ça, c'est la motivation, disons, commune à tous.

- C'est la motivation ou c'est l'excuse?

C'est la motivation ou c'est l'excuse pour venir?

C'est différent.

Je viens pas ici pour sauter sur une mine

ou prendre une bombe sur la gueule,

même si ça arrive,

mais c'est pas... non, ç'a rien à voir.

C'est une...

C'est, je pourrais dire, une hygiène de vie,

mais quelque chose dont j'ai besoin, voilà.

Moi, ce qui m'importe,

c'est de... de vivre une autre vie, voilà.

J'ai vu trop de copains à l'armée,

qui ont quitté l'armée trop tôt

pour suivre leur copine

et pis, ben, 30 ans après,

ils ont une vie de merde et ils ont tout loupé.

[Ils parlent en kurde.]

[véhicule s'approchant]

[coups de feu au loin]

[en anglais]

[rire]

[coup de feu, klaxon]

[vibration des lèvres]

Oh!

[chant d'oiseaux]

[toux d'Hanna]

[raclement de gorge]

[raclement de gorge]

- [Julien]: Comment ça se passe, tu dirais,

en général, les journées ici?

- Ce que j'ai trouvé le plus gros défi,

c'est l'adaptation à la façon de fonctionner.

Donc, toi, en tant qu'Occidental,

t'arrives ici pis t'es ici pour 3 mois, 3,5 mois,

tu veux tout de suite commencer:

go, go, go, je veux aller au combat;

go, go, goje veux faire des patrouilles;

go, go, go,je veux mon arme.

Tu veux aller filmer sur une zone de front en particulier,

tu veux aller là quelques jours.

Donc, tu demandes ça, mais des fois, ça prend plusieurs étapes.

Donc, la première étape, t'essaies de juste parler,

d'être poli, de rien demander,

pis là, peut-être qu'il va s'en aller,

pis après ça, il faut que t'essaies

de le raccrocher le lendemain.

Tu lui demandes encore,

t'essaies poliment de lui demander,

ça se peut qu'il dise:

"Oui, demain, je vais parler à quelqu'un."

C'est lent, il faut que tu prennes un thé,

après ça, tu lui parles la journée d'après,

donc tout est beaucoup plus lent.

En fait, quand on est ici,

comme combattant étranger, autant ils sont reconnaissants,

même si tu fais rien, même si t'es juste là,

ils t'apprécient pour être ici,

mais en même temps, ils comprennent pas.

CÇa arrive très souvent qu'ils me disent:

"Regarde, pourquoi t'es ici?

"Merci, mais le Canada, c'est bon.

"Ici, c'est pas bon, il y a des guerres.

"C'est difficile, l'emploi, à cause des guerres, etc.

"Mais moi, je veux aller au Canada,

"pis toi, tu peux rester ici", il dit, en blague, là, tu sais.

- [Julien]:

[bips de l'appareil photo]

[Ils parlent en arabe.]

[pleurs d'un enfant]

[en arabe]

[en anglais]

[bips d'appareil photo, déclic]

[en arabe]

- [Wali]: Salam alaykoum.

- Yes.

[en anglais]

- Shoukran.

[en arabe]

[en anglais]

Je vais leur donner un petit quelque chose à manger.

Ils ont pas... Hum!

Je vais rapporter au moins un pain, là.

Salam alaykoum.

[en kurde]

[Un homme parle kurde.]

- Nah!

- Ils veulent pas leur donner de la nourriture.

- [Julien, en anglais]:

[Un homme rit au loin.]

[petit rire]

[halètement de Hanna]

[vrombissement de moteurs d'avion]

- [Homme]: Oh, Obama!

[imitation du sifflement de balle]

[imitation du sifflement de balle]

[klaxon]

- [Kevin]:

[coups de sifflet]

- Wouh!

[coups de sifflet]

- Who?

- Ouais, ben, voilà!

Ah, si j'ai compris, donc, il veut se marier avec une...

- Une Kurde.

- Ah, ben, ouais, tu m'étonnes!

C'est le rendez-vous des cas sociaux

et des psychopathes et des mythomanes.

- Et toi, tu fais partie de quelle catégorie?

- Une catégorie à part,

il y a aucune case dans laquelle me mettre.

Je fais partie des esprits libres et indépendants.

[en arabe]

[pleurs d'un bébé]

[pleurs]

[soupir]

[paroles indistinctes]

[babil des enfants en arabe]

[gazouillis des oiseaux]

- [Wali]: Je pense que ça, c'en est une, une attaque.

Let's see if...

[rire de Wali]

Oh!

[en anglais]

[rire de Wali]

- Hum, hum.

[cris indistincts]

[plainte en arabe]

[sanglots de l'homme]

Hum.

[stridulations d'insectes]

- [Julien]:

[stridulations d'insectes]

[en kurde]

[en anglais]

[Elle parle en kurde.]

- [Homme]:

Oh ho!

[rires]

[rire d'Hanna]

[Les soldats parlent en kurde.]

- [Homme]: Hum, hum!

[raclement de gorge]

[grincement de la lentille, déclic]

[rire]

[bip de l'appareil photo]

- [Julien]:

- Hum, hum.

- Hum, hum.

- [Rebazy]:

- [Wali]:

- C'est là que j'ai entendu des tirs,

des balles passer au-dessus de ma tête.

[sifflement de balles]

Je regarde ça, je fais comme:

"Tu sais, ça peut être la fin, là."

Je me faisais carrément tirer dessus.

Pis là, tu me vois, je regarde:

"Voyons, c'est ouù qu'ils tirent?"

As-tu entendu? Je suis inconscient toujours comme ça.

Je me faisais chicaner en Afghanistan par mes boss,

car je faisais tout le temps des affaires de même.

Mais c'est pas bon, je le sais, mais je le fais pareil.

- Est-ce que de monter le film,

ça fait en sorte que tu continues

d'être au Kurdistan dans ta tête?

- Ouais, un peu, ouais, je suis tellement habitué,

c'est comme si j'étais pas revenu dans le fond.

- T'es rendu ouù dans ton montage à peu près?

- Au tiers. Au tiers...

[Rebazy sur le vidéo, indistinct]

- Rebaz, est-ce que t'as eu des nouvelles de lui?

- Non, il est disparu de la carte complètement.

J'ai aucune idée ouù il est rendu, qu'est-ce qu'il fait,

s'il est en vie même à la limite.

EÉtrangement. Il sait comment me rejoindre en plus.

Je veux dire, on s'est pas quittés en froid,

ça allait super bien, tout va bien,

pis là, il disparaît de la carte.

Très étrange.

C'est un ancien, tu sais,

il avait des problèmes personnels beaucoup,

fait que peut-être qu'il avait encore des démons, tu sais.

- Ouù est-ce qu'il est rendu? Aucune idée.

- Pis toi, tes démons? - Pas de démons.

Je sens pas que je suis affecté pour vrai par ça.

- Peut-être que ça dépend aux yeux de qui, en fait.

- Ouais, c'est ça, ben, il y a du monde qui pourrait dire:

"Ah, ben là, vu que t'es comme..."

J'avais déjà dit ça quelqu'un:

"C'est peut-être moi le plus fucké de la gang

"parce que j'ai pas changé avec les guerres."

J'ai fait plusieurs guerres, tu sais,

pis j'ai pas changé, je trouve.

Fait que c'est qui qui est le plus bizarre?

C'est qui qui est le plus fucké?

Celui qui reste normal malgré tout cela?

J'ai déjà eu des rêves, de temps en temps,

que je rêve à une situation l-bas,

mais je suis pas comme troublé, c'est pas un cauchemar,

c'est juste que je rêve à ça, je rêve à des scènes.

Mais je me réveille pas en sueurs,

pis c'est juste comme si j'avais rêvé de n'importe quoi.

Comprends-tu? Pis ça arrive pas souvent.

Je fais pas d'insomnie, je suis pas alcoolique,

je prends pas de drogue, j'ai pas de problèmes financiers.

Le seul problème que j'ai eu peut-être plus personnel

parce que je ne suis plus avec ma copine,

mais ça, ça serait arrivé

avec ou sans le Kurdistan, honnêtement.

Fait que je me sens vraiment pas affecté.

J'étais prêt pour être tout seul,

être tranquille dans ma maison.

- Pis toi, un an plus tard, t'as envie d'y retourner?

- Oui, absolument, c'est une question d'argent, en fait.

Si je peux me financer, je ne veux juste plus perdre d'argent

parce que là, je commence à en perdre trop.

Tu sais, ça fait un an,

plus qu'un an que je n'ai plus de salaire.

C'est une question de logistique,

je ne peux plus faire des projets de même tout le temps,

je vais juste faire faillite,

fait que c'est juste une question de financement.

Si je peux y aller pis filmer ça en plus,

pis montrer cette réalité-là de l-bas,

ça serait une suite pis ça serait formidable.

Tu sais, je serais content, j'aimerais ça.

- Est-ce que c'est quelque chose qui t'intéresse,

d'être combattant étranger...

- AÀ vie? Oui, c'est comme un devoir.

C'est comme un fermier

qui va combattre des fois pour son pays,

il retourne à sa ferme pis il revient, il combat.

C'est un citoyen-soldat, je me vois un peu comme ça.

[grésillement de la vidéo]

- [Julien]:

- Hum, hum.

- Hum, hum.

- Hum, hum.

- [Julien, en français]:

[rire]

- La fameuse grosse offensive de Mossoul!

Ben, déjà, quand elle aura lieu, elle aura commencé...

Moi, j'aimerais bien y aller, mais c'est un doux rêve.

Non, non, il faut pas fantasmer non plus, on n'ira pas.

On n'ira pas...

J'aimerais, mais c'est pas un fantasme,

c'est un doux rêve.

C'est un doux rêve, non, non, mais c'est pas... faut pas...

- Pourquoi tu penses que c'est un doux rêve?

- Parce qu'on n'est pas concernés, c'est pas pour nous.

C'est pour l'armée irakienne et les milices chiites,

je fais partie ni de l'un ni de l'autre.

- [Julien, en anglais]:

[♪ Un homme chante en langue étrangère dans la vidéo. ♪]

[souffle du vent dans la vidéo]

[souffle du vent]

- [Père John]:

- [Rebazy]: ♪♪ Moving along♪

- [Wali]: Now I'm disappointed.

- ♪ Driving in Baghdadi's wonderland♪

♪ Eating lunch next to blown-up villages♪

♪ Getting Kurdied on all the rice ♪

♪ Dodging all the incoming mortar rounds♪

♪ Don't know if it's good or really nice♪

♪ Oh, Allah, are you listening?♪

♪ This is so fucking sick♪

♪ Singing a song and we're driving along♪

♪ Driving back ♪

♪ to Kurdish wonderland♪♪

All right!

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.