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LA BELLE ET LE CLOCHARD
Silencieux les flocons tombent la nuit
Au lit les enfants sont endormis
Et le monde est paisible et doux
Et le monde est un peu moins fou
L'esprit d'amour, l'enfant qui naît...
Je peux ouvrir les yeux ?
Dépêche-toi !
Ferme les yeux.
- C'est quoi ? - Ferme les yeux.
Ne triche pas.
Ouvre les yeux.
Formidable.
J'ai besoin d'un nouveau chapeau ?
Mauvaise pioche.
Une écharpe ?
Te ferais-je fermer les yeux pour une écharpe ?
Quel était le rêve de ta vie ?
À part m'épouser, bien sûr.
Quelle modestie !
Je ne sais pas...
Un petit chien !
Alors darling, qu'en penses-tu ?
Jim chéri,
elle est parfaite, cette petite Lady.
Bienvenue dans la famille.
Là, ce sera bien.
Fais de beaux rêves.
Encore un détail...
Ça fera l'affaire.
Petite coquine.
Dors bien, Lady.
Bonne nuit, Lady.
Jim.
Bon, viens là.
Allez, dors.
Mais...
Comment tu as fait ?
Bon, Lady...
Alors. Regarde.
Tu vas dormir là.
Tu vois papa ?
Comme ça.
Tu vois ?
Allez, Jim.
Regarde-la, laisse-la rester.
D'accord.
Seulement pour une nuit, Lady.
Attaque. Attaque !
Encore une belle journée.
Je les réveille.
Pas besoin de réveil, avec toi.
Bonjour, Lady.
D'accord, je me lève.
C'est ton grand jour.
Allez, Lady, on te prépare.
Tu vas être bien propre.
Ça fait du bien ?
Maintenant, c'est officiel.
Tu le montres à Jacqueline et César ?
Ça y est !
J'ai mon...
collier.
Mais...
Si tu veux pas d'ennuis, et tu es spécialiste,
tu ferais mieux...
J'espère que c'est clair !
César !
César ? Vous êtes là ?
César !
César ! Venez voir !
C'est quoi ce raffut ?
Le rat est revenu...
Le rat ?
- Où il est ? - Non...
- Du calme. - C'est bon...
Mon flair légendaire va retrouver...
Il n'est plus là.
Dites...
Faut pas se précipiter.
J'ai quelque chose à vous dire.
Où est Jacqueline ?
Elle...
travaille.
Qu'est-ce qui se passe là-bas ?
De quoi ils parlent ?
Ne gigote pas, Jacqueline chérie.
Encore quelques secondes...
C'est terminé !
Qu'en penses-tu ?
Bellissima, hein ?
D'accord, tu peux y aller,
va jouer avec tes amis.
5 minutes, pas plus.
Maman va chercher une toile.
5 minutes !
Il y a tellement à faire...
Attendez-moi ! Que se passe-t-il ?
Courir avec ce tricot, c'est une grosse erreur.
L'erreur, c'est de l'avoir enfilé.
- Tu fuis de la bouche. - Les amis...
Il s'est passé une chose inouïe, vous n'allez pas le croire.
- J'ai... - Votre collier !
J'ai mon collier, ça y est.
Il est magnifique.
Je vous l'avais dit.
Vous aviez raison.
Je suis un membre officiel de la famille, pour toujours.
Vous le méritez.
Ce qui irait très bien avec,
c'est un petit diadème...
Là, je m'éclipse.
Je vais retrouver le rat.
Vous devriez m'aider au lieu de parler chiffon.
À vos ordres, inspecteur César.
Il ne trouvera pas grand-chose.
Pas exprès, en tout cas.
J'ai trouvé le portail.
Jackounette ! Jacqueline !
Où est mon petit modèle ?
Qui est la plus grande magicienne du monde ?
Je dois y aller.
Félicitation pour votre collier.
Mazette, vous avez une sacrée belle famille.
C'est vrai.
On ne peut pas être plus heureux.
On est bien.
Et on va être encore plus heureux.
Dégagez la voie ! Dégagez !
- Au boulot. - Oui, monsieur.
Encore une belle journée.
Interdit de dormir ici !
Ça commence bien.
Salut, Spot !
Viens là, chien galeux !
Ras le bol de te chasser, vagabond !
Au boulot !
Allons faucher un petit-déj.
Salut, p'tit gars.
À plus tard.
Trop facile.
Bonjour.
Comment osez-vous ?
Vous devriez avoir honte !
Madame !
J'aurais des remords si j'avais pas si faim.
Je vois le genre, abandonnés dans un carton.
Je connais le truc. Du balai. Un repas, ça se mérite.
J'ai faim.
Bien trop mignon, prends ta vraie voix.
S'il vous plaît.
C'est ta vraie voix ?
Bon, je capitule.
J'ai beau flairer l'arnaque, je respecte l'effort.
Mais dans 6 mois, ta voix va muer et ce sera mort.
C'était trop facile.
Oh non, mon agent de la fourrière préféré.
Y a plein d'autres chiens, je te signale.
On est là !
FOURRIÈRE
C'est Peg et Bull, on a à te parler.
Bon sang...
Je les ai pas vus.
Comme si tu nous avais pas vus !
Au secours ! On s'est fait prendre !
LES CHIENS NON IDENTIFIÉS SERONT MIS À LA FOURRIÈRE
Monsieur.
Je mets des affiches, c'est tout.
J'ai déjà ramassé pas mal de bêtes féroces,
mais je cherche toujours un clébard.
- Je peux afficher ça ? - Non.
- Ça vous coûtera rien. - Non.
Un regard fou, des crocs acérés...
C'est bien un chien ?
Bon, raconte.
On a dévalisé la boucherie.
Encore ?
Il a avalé 3 kg de bœuf, 4 côtes d'agneau
et un pâté entier !
J'ai tout dégobillé.
Le plus beau jour de ma vie.
La boucherie, ça se fait en solo.
Pour pas être pris, faut vous séparer.
Ça va pas la tête ?
On préfère la taule à deux que la rue tout seuls.
Tout seuls ? Tu veux dire libres.
Vous êtes en cage.
Moi je suis libre de vivre ma vie, sans attaches.
- On sait. - Tu radotes.
T'es libre de nous tirer de là, aussi.
Je me frotte plus à ce type-là.
Mais t'adores te payer sa tête.
Désolé, je peux rien pour vous.
Allez, fais sauter le verrou, paf !
Paf, paf...
D'accord, je vais le faire. Criez pas.
Il va y arriver.
Il arrive.
Je suis patraque.
- Qu'est-ce qu'il fabrique ? - Moi, je vois rien.
C'est quoi, ça ?
Le clébard que je cherchais.
T'es malade ?
Il est malade.
Vomis et mange ton vomis, ça ira mieux.
Je te tiens.
Ils pensaient que j'y arriverais pas.
Encore !
Terminée, la vie de gangster.
Ou alors, on retourne chez le boucher.
J'ai un p'tit creux.
Reviens ici !
Pardon.
Chaud devant !
Salut. Vous êtes jumelles ?
Je suis son mari, mon pote.
Dégagez !
Félicitations !
Reviens ici !
Attrapez-le !
Arrêtez-le !
Viens là, sale chien galeux...
C'est pas l'heure de ma promenade ?
Regarde les petits chaussons.
Il y aura des hurlements, des pleurs, du vomi...
Sans parler du bébé.
Les félicitations s'imposent.
Au futur papa.
Santé.
Bizarre.
Merci.
Ce n'est pas un hochet.
Ça te plaît ?
C'est adorable !
Jamais elle ne rentrera là-dedans.
Où est ma nièce préférée ?
S'il vous plaît. Tenez.
Où se cache-t-elle ?
La voilà.
Tante Sarah ! Vous êtes venue !
Bien sûr.
Pour toi.
- Il ne fallait pas. - Je sais.
C'est une faïence italienne.
Ce sera superbe, ici.
Jim n'a pas les moyens, avec son salaire de...
Musicien ?
Si tu le dis.
Merci.
Le bébé va adorer.
- C'est hors de prix. - Descends.
Vilain chien.
Elle doit être dressée.
D'habitude, elle est très sage.
Tu confonds avec les chats.
On s'arrête ?
Tu parles d'un chauffeur de cavale !
Très bien, je descends là.
Les quartiers chics !
C'est une idée fixe, ma parole !
Faut que je la mette en veilleuse.
"Vilain chien" ?
Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?
Hé ! César !
César !
Oui ?
Il se passe quelque chose d'étrange.
J'ai besoin de me confier à un ami.
Il y a du monde à la maison
et des jouets, mais pas pour moi.
Personne ne m'a brossée, aujourd'hui.
J'ai les poils emmêlés.
Et mon goûter était froid. Froid !
Dis donc, quel enfer.
Ça fait une éternité que Darling ne m'a pas gratté le ventre.
D'ailleurs, le sien grossit à vue d'œil.
Elle doit être ballonnée, trop de friandises. Classique.
Jim Chéri a l'air normal, mais...
quand même, je sens qu'il a peur.
C'est pas si normal que ça. Je ne sais pas.
C'est mauvais signe.
Votre voix...
Vous n'êtes pas César.
En effet, mais...
Vous avez tout entendu ?
- Où est votre collier ? - Longue histoire.
Où est César ?
Sûrement quelque part...
Qu'est-ce que vous faites là ?
Sortez d'ici.
Je vais prévenir mes humains.
Pas les humains.
Je m'en irais bien, mais je ne peux pas.
Je suis dans la mouise et tu peux m'aider.
- Je vais aboyer. - Non, je vais t'expliquer.
- Je te rejoins. - Ici ?
Vous avez perdu la tête ?
- Je vais aboyer. - Ne fais pas ça.
- J'aboie. - Absolument pas.
Arrête.
Arrête !
Ne me donnez pas d'ordre.
Mais...
Hé, attends !
D'accord.
Je t'ai entendue. Ta réaction est normale.
Je t'en prie !
Tais-toi et je te dis la vérité sur le bébé.
Le... quoi ?
Oh non !
Tout va bien, Lady ?
C'est votre chien qui aboie ?
- Quoi ? - C'est votre chien qui aboie ?
Oui,
elle est à moi.
Rien vu d'autre ?
Je recherche une bête féroce.
Un ours ?
Pire. Un chien errant.
Un mâle gris, 70 cm.
- Galeux, crasseux, dangereux. - Ne dis rien.
Tu as vu un chien errant ?
Je t'en supplie.
D'accord.
Tout va bien.
Vous êtes sûr ?
Il est galeux, crasseux...
- Dangereux ? - Dangereux, oui.
Je vois.
Nous avons des soucis avec un rat, en ce moment.
Un rongeur ?
Il vient dans le jardin, gâte notre nourriture.
Chez les voisins aussi.
Je ne m'occupe pas des nuisibles.
Ils trimballent des maladies.
Bien sûr.
Eh bien alors, merci...
pour...
je ne sais quoi.
Le dévouement.
Merci. Ça a failli être sympa. Salut.
Pas si vite.
C'était quoi, cette allusion au bébé ?
Là, tu veux que je t'aide ?
Vous voulez que j'aboie ?
D'accord. Comment dire...
Tes humains t'adorent, n'est-ce pas ?
- Je crois, oui. - Tu profites de la baignoire, du lit.
"Notre" lit.
Ici, c'est tes toilettes de 140 m².
Beurk.
On me promène, pour ça.
- Dis adieu à tout ça. - Quoi ?
Tu vas être remplacée.
Remplacée, moi ?
J'aimerais bien voir ça. Tu peux partir.
Lady !
Ça va ?
- Ne l'approche pas, bâtard ! - C'est quoi, ça ?
J'arrive. J'appelle la police !
Tu peux partir, maintenant.
Merci pour ton aide.
Tu m'as demandé de t'aider.
Ça te défrise peut-être, mais les humains, ça me connaît.
Et les humains, ils ne sont pas loyaux.
Plus vite tu te débrouilleras seule,
vraiment toute seule, mieux ce sera.
C'est extrêmement déprimant, et faux.
Ce sera tout, au revoir.
Soyez prudents, tous les deux.
Je flaire un intrus.
C'est lui, César.
C'est mon enquête.
Oh non, l'inspecteur César, au secours.
Il était moins une.
- Un peu de respect. - Calmos, la Terreur.
Merci de me soutenir. Il allait partir.
N'est-ce pas, vagabond ?
Vagabond ?
Ah, je vois.
Je m'en vais parce que je suis libre de partir.
Je vous laisse derrière vos clôtures.
Et n'oubliez pas :
quand le bébé emménage,
le clébard déménage.
Je te pique ça, tiens.
Je vous ai permis de le voler !
Remplacée par un bébé ? Ça n'a pas de sens.
- Aucun. - Impossible.
Ça apporte les chaussons ?
- Bof. - Balivernes.
Ou le journal ?
- Jamais. - Absurde.
Ça apporte la plénitude et un sens à la vie ?
Eh bien...
C'est bien ce que je dis.
Docteur, je voulais vous dire...
Merci mille fois.
C'est fou. Vous l'avez vue ?
C'est fou, elle est parfaite.
Vous avez déjà vu plus beau bébé ?
Depuis 38 ans que je mets des bébés au monde,
votre bébé est le plus beau de tous.
- C'est vrai ? - Bonne nuit.
- Je vous raccompagne. - Non merci.
Darling, tu as entendu ?
Je n'en reviens pas.
Bon courage.
Oh mon petit, n'aie pas peur
Ta bonne étoile est là-haut
Petit ange de neige
Il faut fermer tes grands yeux
Petit ange des neiges
Il faut fermer tes grands yeux
Mon amour te protège
Pas maintenant. C'est la chambre du bébé.
Le bébé...
C'est bien, César. Tu en veux ?
Un pour moi, un pour César.
C'est bon ?
L'armée britannique tout entière est à ses ordres.
Quelles grandes aventures l'attendent ?
On y va.
Un, deux, trois...
Et voilà, Jacqueline.
C'est bien, ma fille.
Bisous. C'est qui, ma star ?
Moi aussi, je t'aime.
Quoi ?
Le bébé dort.
Quand le bébé emménage, le clébard déménage.
J'arrive.
Tante Sarah !
La voilà !
Ne vous gênez pas pour moi.
Le portrait de sa maman.
Radieuse.
Et toi...
Un mois après, une taille de guêpe. Bravo.
Merci.
Et vous... n'avez pas changé.
Merci, tante Sarah,
d'être venue garder Lady.
Lady ?
Garder le chien ? Je pensais garder Lou.
La sœur de Jim a insisté pour qu'on l'emmène.
Ah oui...
Merci pour votre aide.
Nous aurions préféré embêter quelqu'un d'autre !
Merci encore.
Au revoir, Lady.
Sois sage.
Je ne l'ai pas prise dans les bras !
Viens, chéri.
Au revoir !
Au revoir.
Vous allez revenir ?
À la revoyure !
Garder le chien. C'est une plaisanterie.
Je n'ai pas la tenue adéquate.
Ils ont emmené le bébé ?
Quoi ?
Des chats.
Quel taudis !
Oui, il faut revoir tout ça.
Quelle honte !
Il y a des règles, ici. Oh punaise...
Assieds-toi là bien gentiment Quelle chance qu'on passe par là
On vient faire du ménage Pour arranger tout ça
Ça chatouille.
On va changer tout le décor Si ça ne te dérange pas
Si tu n'aimes pas le résultat
On ne fait pas ça.
C'est dommage, c'est comme ça
Non, s'il vous plaît, c'est fragile.
C'est dommage, c'est comme ça
Bon, ça suffit.
On devrait recouvrir ce canapé Cette statuette est démodée
Lady !
Tais-toi !
Ces tables doivent être rénovées Ces rideaux manquent d'éclat
Si tu n'aimes pas notre agencement
C'est dommage, c'est comme ça
Je vais le dire !
Lady ! Tais-toi !
Ta langue au chat ?
Serais-tu fâchée ?
On t'a fait une déco plus branchée
Et les soupçons se porteront sur toi
Tu verras, quel dommage
Hé, c'est à moi.
Oui, et alors ?
C'est mieux
Ça rend la pièce plus agréable
Des fleurs ? Franchement !
Et que faire de ce joli coucou ?
N'est-il pas à ton goût ?
On doit changer tout ça
Quand notre travail sera fait Alors on s'en ira
Si ça tourne mal On sera plus là
C'est dommage, c'est comme ça
Ce vase prend trop d'espace
Descendez !
Il n'est pas à sa place
Il ne faudrait pas qu'il se casse
Mes bébés.
Pardon. Bonjour.
- Bonjour, madame. - Bonjour.
Bienvenue. Ignorez Polly.
Puis-je vous aider ?
J'espère, oui.
Comment s'appelle ce joli petit ange ?
Elle s'appelle Lady mais c'est loin d'en être une.
Ah non ?
Je dois l'empêcher de nous terroriser.
Ah oui.
Je vous propose
un harnais de dressage.
Elle est impossible à dresser.
Eh bien alors,
un jouet à mâcher ?
Vous trouvez judicieux de la récompenser ?
Et ça ?
Non. Est-ce vraiment indispensable ?
Oh oui.
Très bien.
Allons-y.
Viens là, ma belle.
Je sais.
Sois gentille.
- Elle n'en veut pas. - Moi, si.
Je sais, excuse-moi.
Tenez-la !
Rattrapez-la !
Mes oiseaux !
Mais enfin, rattrapez-la !
Vous vendez des oiseaux ?
Allez, on y va !
Regarde où tu vas !
Attention !
C'est un cauchemar.
Évidemment.
Un cul-de-sac.
Cette impasse est à moi.
Bonjour. Mais vous n'y habitez pas.
Si, j'y habite.
Sincèrement désolée.
Finalement, c'est un bel espace de vie.
Écarte-toi de mes affaires, voleuse.
Voleuse ? Je n'ai jamais rien volé, merci bien.
Je ne vais pas m'y mettre pour ces déchets.
C'est ce que je mange.
Ça ?
Tu te payes ma tête ?
Beaucoup s'y sont cassé les crocs.
Je vous laisse, je vous dérange.
Non, tu restes là.
- Arrête ! - Quoi ?
Ne bouge plus.
Manquait plus que le Clochard.
Pas de mouvements brusques.
C'est un prédateur.
Oui, toutou.
Un prédateur.
Du calme.
Pas toi.
- Elle ! - Quoi ?
- Quoi ? - Qui ?
Te fie pas à ses grandes oreilles.
Pourquoi elle porte une muselière ?
Pourquoi ce chien-chien exaspérant viendrait chez toi ?
Exaspérant ?
Je me suis posé la question.
Gare à la rage.
Quel garage ?
Tu vois ce que c'est, la rage ?
Quand on a la rage,
on a l'air dangereux,
contagieux, terrifiant,
prêt à faire un massacre.
J'ai la... rage !
Seigneur !
J'ai l'air dangereuse !
Tout doux...
Contagieuse !
Ça peut être subtil...
La rage, la rage, la rage !
... ou pas.
- Là, c'est grave. - Elle s'attaque à ta réserve.
- Ah bon ? - Oui, tu y vas.
Ah oui, c'est vrai.
Je mets ma rage partout !
Même sur les saucisses ?
Oh oui !
- Quoi ? - Surtout sur les saucisses.
On fait quoi ?
Va-t'en ! Sauve ta peau !
- Et mes saucisses ? - Laisse-les.
- Elle attaque ! - Elle m'a eu.
Désolé, chacun pour soi !
Je me sens... vivante.
La rage !
Je me souviens, tu m'as traité de vagabond.
Maintenant, c'est toi la vagabonde.
C'est étrange.
On y est ? Bébé emménage, le clébard déménage ?
Non, pas du tout.
Ce n'est pas ce que vous croyez.
Je t'ai sauvé la vie, au fait.
Moi, je vous ai gagné
un repas gratuit, nous sommes quittes.
Tordu, ce remerciement. T'as bien la rage.
Très drôle.
En échange de ce tas d'ordures,
vous m'aidez à retirer cet attirail ?
D'accord.
Je vais essayer.
J'ai un ami qui peut t'aider.
Il est assez rigide, comme toi.
Je regrette déjà.
C'est lui, votre ami ?
Ne dis pas de bêtises.
C'est lui.
- Bien sûr. - Viens.
Accroche la muselière à ses dents.
- Il est censé la sectionner ? - Fais-le.
Comme ça ?
Je ne vois pas l'intérêt.
Je t'aide, ou pas ?
- Recule pour la bloquer. - Dépêchez-vous.
Moi, je détache ça.
Mon oreille...
Arrête de bouger.
Ma patte !
Désolé.
Je suis très à l'aise.
À trois, on tire très fort.
- Prête ? - Oui.
Un...
Deux...
C'est moi qui compte.
Deux,
trois.
Ça a marché.
Oui. Merci pour votre aide.
Merci à toi... Pas de quoi.
Merci à vous aussi.
Salut, bébé.
Salue le bébé.
Quoi ?
Laisse tomber.
Bon, eh bien au revoir.
Au revoir.
Tu as l'air perdue.
Je suis capable de retrouver mon chemin, merci.
Pas la peine que je te dise que c'est pas par là.
Enfin, si tu rentres chez toi.
Je sais, je jetais un coup d'œil.
Maintenant, je rentre.
C'est pas par là non plus.
D'accord, je suis perdue.
Vous continuez à vous moquer de moi ou vous m'aidez ?
J'ai le choix ? Idéalement...
Montrez-moi le chemin, d'accord ?
Par là. Mais y a des règles, ici.
N° 1, regarder des deux côtés.
- Venez ! - N° 2, les voitures.
C'est lourd et ça fait mal !
Il n'y pas de raccourci ?
C'est la route touristique.
J'aimerais rentrer.
Pourquoi ?
Je vous l'ai dit : c'est un malentendu.
Jim et Darling doivent être morts d'inquiétude.
Bien sûr.
Pourquoi ce regard ?
Je vois pas d'avis de recherche de chien...
Vous pensez connaître les humains, mais pas les miens.
Ils ne me laisseraient pas à la rue.
Pas délibérément.
D'accord, si tu veux.
Mais tu es dans la rue, sans collier,
sans laisse, tu sens un chouïa la poubelle...
- Hé ho ! - Donc, pour le type de la fourrière...
Je cherche un chien errant.
Teigneux, imprévisible...
... tu es un chien errant.
Alors on reste sur la route touristique.
Viens. Ça pourrait te plaire.
Petites oreilles tombantes ?
- Exactement. - Je le connais.
Un danger public.
Il dort dans ma gare de triage.
- Montrez-moi. - Venez.
Il faut traverser le fleuve.
Là-dessus ?
T'as jamais navigué ?
Je n'avais jamais vu de bateau.
Comment embarquons-nous ?
Viens.
Voilà. Il suffit de sauter.
Jamais de la vie.
C'est facile.
Je te montre.
Aucun danger. Attention à la flaque, là.
Oui... mais non.
Tu sais nager, non ?
Bienvenue à bord.
Vos billets.
Bon voyage.
Billet, s'il vous plaît.
Quelle jolie demoiselle !
Et ces oreilles, splendides.
Mazette !
Tout le monde à bord !
Pas mal ! Je t'ai sous-estimée.
Consultez-moi, avant de risquer votre vie inutilement.
Tu ne veux pas que je meure ?
Je n'ai pas dit ça.
Tu veux que je meure ?
Je n'ai pas dit ça non plus.
- Je te crois pas, beauté. - Lady.
Enchanté, Lady.
Moi de même...
Je ne vous ai pas demandé votre nom.
J'en ai plein :
Copain, Poilu, Spot, Bandit,
Ouste, Sors de la poubelle...
Pas besoin d'un nom.
Je suis libre, moi.
Libre de vivre ma vie, sans attaches.
Mon toit, c'est le ciel. Je marche où je veux.
Comme je veux.
Vous êtes fou.
Et encore, t'as rien vu.
Un p'tit concert ?
D'accord.
Ils sont fabuleux.
Le chanteur est encore meilleur, vise un peu.
- Autodidacte. - Non !
Je manque de technique,
mais l'essentiel, c'est moins la tonalité que le...
Volume ?
Le volume, ça aide.
Il faut se faire entendre.
Ça, c'est votre spécialité.
C'est bien la seule.
Dis donc !
En tout cas, vous osez.
Vivre dans la rue, c'est pas si mal.
Et on profite de la vue.
Je crois que ça suffit.
Y a plein de trucs à faire dans le vaste monde.
J'imagine.
Quel joli parc !
Plein d'os y sont enterrés.
Des chiens sont morts ici ?
Non, c'est là qu'on enterrait nos os.
À gauche, la plus vieille bouche d'incendie.
- Un monument très visité. - Pourquoi ?
T'es sérieuse ? Une bouche d'incendie...
- Les chiens adorent. - Dégoûtant.
Là, je me suis pris le bec avec un putois.
Vous sentez ça ?
C'était y a des années, j'étais chiot.
C'est quoi, tout ça ?
Ça ?
J'adore, c'est le coin des restaus.
Le coin des restaus ?
Y a des restes de cuisine française, chinoise, de la viande...
De tout !
Ils les donnent ?
Pas à n'importe qui.
À moi, oui.
D'accord, tentons notre chance.
On ne va pas chez toi ?
Si.
Chez moi...
Ça va ?
Je...
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je ne suis pas sûre que ce soit encore chez moi.
Ça va bien se passer.
Non, vous aviez raison.
Bébé emménage, le clébard déménage.
Exactement ce qui s'est passé.
Tu dois penser que ça me fait plaisir, mais...
pas du tout.
Allez, on va manger un bout.
Je connais l'endroit idéal.
Chez Tony. Mon restaurant préféré.
Ça sent divinement bon. On entre comme ça ?
J'ai ma petite entrée privée. Viens.
Attendez-moi.
J'ai si faim que je mangerais une chaussure.
J'ai testé. Bof.
Cache-toi là. C'est moi qui régale.
Salut, Bandito. Tu tombes mal.
On est complets.
C'est qui, ça ?
Je vais voir.
Joe !
Les clients attendent !
Désolé, patron.
C'est la panique !
Je sais bien.
Tu te fiches de moi ?
Il fallait le dire !
Elle est trop bien pour toi, Bandito.
Une belle petite cocker.
Joe !
- Écoute... - C'est fait.
Des os ? Qu'est-ce qui te prend ?
Ce soir, Bandito a droit au meilleur de la maison.
Le meilleur, c'est parti.
Un instant, je vous prie.
Ils vont où ?
Je n'en sais rien.
- Vite. - J'apporte quoi ?
Une bougie, des gressins...
Tu l'allumes ?
Allume-la !
J'ai que deux mains.
Notre meilleure table.
Et voilà,
votre table est prête.
Un conseil :
prenez le speciale.
Bandito veut deux spaghettis speciale.
Avec supplément boulettes.
Farceur, Tony.
Les chiens, ça parle pas.
Moi, il me parle.
Deux speciale, c'est parti.
La vie de la rue...
J'exige toujours une table,
une nappe, une bougie, un menu...
Non, c'est en ton honneur.
Pour notre ami Bandito
et sa jolie nouvelle amie.
Buon appetito.
Ils n'avaient plus de speciale.
J'ai cru qu'ils allaient s'asseoir avec nous.
lls nous embêteront plus.
Et les revoilà.
Nuit, belle nuit
Sous un ciel d'Italie
On t'appelle
bella notte
Et sous les cieux
Des étoiles plein les yeux
On t'appelle bella notte
Deux par deux
comme des amoureux
Vivez l'enchantement
Si c'est l'amour qui vous appelle
De tout cœur, répondez-lui
Nuit, belle nuit
Dans les cieux, c'est écrit
Quelle belle
bella notte
Viens, j'ai quelque chose à te montrer.
Lady... le vaste monde.
Vaste monde... Lady.
Vous allez très bien vous entendre.
Je dors dans la gare de triage. De temps en temps,
je viens ici, pour la vue.
On voit mieux dans la journée,
mais j'aime venir la nuit, au grand air, sous les étoiles.
Je les vois depuis mon jardin, mais là,
là c'est grandiose.
À toi.
Je ne sais pas si j'y arriverai.
Bien sûr que si.
Je n'ai jamais hurlé à la lune.
- Quoi ? - Quoi !
Bon, écoute,
tu dois aller chercher le loup qui sommeille en toi.
Vas-y.
Attends, je crois qu'il dort profondément.
C'était... super.
C'était pour de bon, ou tu t'échauffais ?
Je n'ai jamais fait ça de ma vie.
Je suis plus douée pour la rage.
Je réessaie.
Voilà ! Ça fait du bien ?
Ça fait un bien fou.
Y a plus qu'à travailler le...
Le volume, c'est ça ?
Exactement.
Je n'avais jamais vu la ville d'aussi haut.
Est-ce qu'on voit ma...
ma maison ?
Tout ne va pas si mal.
Tu es là, au grand air, tu hurles à la lune...
Hier, ta vision du monde se limitait à une clôture.
Je sais.
Je sais.
Mais il y avait beaucoup de choses derrière cette clôture.
Une vie pleine d'amour, de sens.
Je vivais quelque chose d'unique.
On était une famille.
J'aurai beau hurler, je m'en veux de les avoir abandonnés.
Ce n'est pas toi qui les as abandonnés.
C'est eux. Je sais que c'est douloureux...
Ah bon ? Comment tu le sais ?
Je le sais.
Tu le sais vraiment.
Toi aussi tu avais un foyer, n'est-ce pas ?
Oui.
Il y a longtemps.
J'avais un foyer.
J'avais une famille.
C'était la belle vie.
Ils m'aimaient.
Moi aussi, je les aimais.
Et un jour, tout a changé.
J'ai attendu au même endroit
toute la journée
et toute la nuit.
Je suis navrée.
Je ne savais pas.
Laisse tomber.
C'est le métier qui entre.
Les humains ne sont pas doués pour la loyauté.
Contrairement à nous, les chiens.
Et si j'étais encore avec eux, je t'aurais pas rencontrée.
On n'aurait pas partagé cette superbe journée.
Et cette nuit.
Chaque jour pourrait être une aventure. Ensemble, sans laisse,
sans clôture...
Aucune loyauté à avoir.
Il doit être par là.
Je t'ai trouvé !
Il m'a trouvé.
Viens vite !
Reviens ici !
Tu m'échapperas pas !
Pas cette fois.
Vite ! Par ici !
On se sépare. Va par là.
Non, c'est de la folie. Restons ensemble.
Il me cherche. On s'en sortira mieux seuls.
Crois-moi, tu te trompes.
Va-t'en.
- Vous le voyez ? - Pas encore.
On se sépare, on va le piéger.
Tenez-vous prêt.
Comptez sur moi.
Viens, mon grand.
T'es tout seul, sale cabot.
Sors de là.
T'es pas fatigué ?
Magnez-vous, je ferme.
J'ai presque fini.
On y va.
Attendez !
Fermez la porte !
Arrête de cavaler !
Stop !
Il vient vers vous.
Je le vois pas.
Viens, mon grand.
Sors de là.
Mince.
Il arrive !
Je le tiens.
- Le laissez pas filer. - Ça risque pas.
Voilà, doucement.
Qu'est-ce que vous faites ?
Allez viens !
Attrapez-la !
Fonce !
T'as été géniale ! On a réussi !
Arrête de pleurnicher.
Lady, je vais...
Je suis désolé, Lady.
T'es perdue, beauté ?
Elle a peur, on dirait.
N'aie pas peur, ma jolie.
On est tous amis, ici.
Arko ! C'est une façon de traiter notre invitée ?
T'es mieux élevé que ça.
C'est ta première fois ? C'est rare, les chiens de bonne famille.
On dirait même qu'elle a pris un bain.
C'était quand, déjà, mon dernier bain ?
C'est la fourrière, ici ?
T'es pas habituée à ce genre de piaule.
En janvier, ça me revient.
T'en fais pas. Y a deux sortes de chiens, ici.
Ceux qu'on adopte, comme toi,
et nous autres.
Pourquoi ne vous adopterait-on pas ?
Chérie, on vit dans la rue.
Des chiens errants.
Y a même des criminels.
Soi-disant.
Écoutez, le bateau repasse !
Comment t'as atterri ici ?
Un ami et moi avons eu des ennuis, nous avons été séparés.
Attends,
un ami ?
Un bon ami, ou un "ami" ?
J'ai voulu l'aider, mais...
lui n'a pas pu m'aider.
Pas pu, ou pas voulu ?
Comment il s'appelle ?
Il a toutes sortes de noms.
J'ai une petite idée...
Bandit, Spot ?
Ou Sors de la poubelle ?
Vous deviez vous séparer
ou il a dit : "Tu t'en sortiras mieux seule" ?
Mais... comment vous savez tout ça ?
Celui qu'on connaît...
C'est un loup solitaire.
Il joue en solo.
Il se traîne
Mais on l'aime
Il traîne les cœurs
après lui
Il se traîne
Mais quand même
On le suivrait jusqu'au bout de la vie
On le traque
Il s'échappe
C'est un rôdeur
Un tocard
Mais je craque
pour ce zouave
Même s'il se traîne un air de chien bâtard
Écoutez
On ne sait jamais quand on le voit
Vers quelle galère il se trimballe
Il vous emmène et on y va
Il vous prend dans sa cavale
Mauvaise graine
C'est un rôdeur
Au moindre bruit il s'enfuit
Mais il me traîne
par un bout de cœur
Je le suivrais au bout de la vie
Écoute, chérie
On le suivrait au bout de la vie
On essaie de t'aider
On le suivrait au bout de la vie
Un clochard.
Allez viens, c'est ton heure.
C'est Freddy.
Il rentre chez lui ?
Où l'emmènent-ils ?
Là d'où on ne revient pas.
Allez viens, c'est ton heure.
Lady ! Ça va ?
- Pardon. - Quelle joie de te revoir.
Tu as dû avoir peur !
La rue n'est pas pour eux.
Ne t'en fais pas, on rentre à la maison.
On rentre.
Heureusement, tu n'as rien.
Te voilà chez toi.
Notre famille n'est rien sans toi.
Chez moi.
Ma pauvre chérie.
Dire que tu as erré dans les rues toute seule.
Quelle horreur...
Vous revoilà. J'ai tout rangé au mieux.
Vous l'avez retrouvée !
Dieu merci, elle n'a rien.
Tu n'aurais pas dû te sauver, tout le monde s'est inquiété.
Ne t'en fais pas,
tante Sarah veut dire qu'elle est désolée.
D'ailleurs, elle s'en va.
Il se trouve que j'ai un rendez-vous très important.
Vous savez,
à votre place, je réfléchirais bien
avant de la laisser s'approcher du bébé.
- La prochaine fois... - Il n'y en aura pas.
Pardon ?
Comment osez-vous ?
Tante Sarah a bien fait d'évoquer ta présence auprès du bébé.
N'aie pas peur, viens.
Viens, Lady.
Je te présente Lou.
Le nouveau membre de la famille.
Vas-y.
N'est-ce pas merveilleux ? Tout est rentré dans la norme.
Dit le chien déguisé en dame.
Bonté divine, cesse de baver. J'ai déjà pris mon bain.
Vous m'avez manqué.
Et avec Jim Chéri et Darling, ça va ?
Je ne suis plus le centre de leur univers
mais notre univers s'est agrandi, voilà tout.
Lou est arrivée.
Ce doit être éreintant !
On est contents que vous soyez rentrée,
loin de ce sale chien errant.
Oui, vous aviez vu juste à son sujet.
Mais il y a eu de bons moments.
Les chiens errants sont comme nous,
il n'ont pas la chance d'avoir un foyer, c'est tout.
C'est rudement bien que vous ayez retrouvé le vôtre.
Ce doit être terrible de vivre dans la rue.
Toujours en quête du prochain repas, sans clôture pour se sentir en sécurité.
Un mode de vie extrêmement étrange, à mes yeux.
Jacky !
Jacqueline !
Qui va divertir la cour du roi ?
Le devoir m'appelle. Croisez les coussinets pour moi.
Ça va être compliqué.
Un peu de respect. Je suis petite mais j'en impose.
Content de vous retrouver.
Tiens tiens, qui voilà ?
C'est bien lui ?
Il est déprimé, c'est pas le Clochard.
Salut.
Vous portez un collier ?
Finalement, on a été adoptés.
Vous voilà !
Vous avez faim, j'espère.
Tenez.
Un petit en-cas avant le dîner.
Quoi ?
Gardez de la place.
Restez là.
T'y crois, toi ?
Le boucher lui donne des os !
Attendez.
Vous ? Adoptés ?
Je vous voyais pas en famille.
Dans un sens, on a toujours été en famille.
Tous les deux.
C'est quoi, cette mode de vivre avec des humains !
T'énerve pas. Qu'est-ce qui te chiffonne ?
Rien à voir avec la fille de la fourrière, par hasard ?
Qui, Lady ?
Vous la connaissez ? Non, j'y pense plus.
Ça va impec !
T'es sûr ? T'as l'air au fond du trou.
Mais non, t'as tout faux.
Il pète la forme.
Il a ce qu'il a toujours voulu et il a raison sur tout.
On parle bien du même ?
Oui. Libre de vivre sa vie, sans attaches.
Sans attaches...
- J'ai tout gâché, hein ? - Tu peux le dire.
Je pige rien.
Laisse tomber.
C'est trop tard.
Sa famille est revenue la chercher.
Comme elle l'a fait pour toi ?
Oh non...
Je vais me racheter.
Je sais pas si c'est possible, mais il faut que j'essaie.
- On comprend. - Pas moi !
Dis-lui ce que tu ressens.
Explique, qu'est-ce qui se passe ?
Je pique ça, d'accord ?
Non, pas d'accord. Au voleur !
Ça alors, le Clochard.
J'ai un p'tit cadeau.
Tiens.
Je l'ai choisi pour toi.
Ça aussi, tu l'as volé ?
On me l'a offert.
Je l'ai emprunté. On me l'a offert...
Oui, je l'ai volé.
Écoute...
Dans la gare,
je suis désolé de t'avoir...
J'aurais jamais dû partir.
Tu l'as dit toi-même :
personne n'est loyal, alors à quoi bon l'être ?
J'aurais dû te croire.
Non.
Il ne fallait pas me croire.
Tout ce que j'ai dit sur tout ça, sur la liberté,
c'était pas vrai.
Être libre sans toi,
maintenant,
c'est seulement
être seul.
Écoute,
je suis qu'un chien des rues, personne tient à moi...
Ne dis pas ça.
Je tiens à toi, moi.
Tu m'as manqué.
Toi aussi.
Il m'arrive de sortir la nuit pour hurler à la lune.
Rien ne nous empêche de continuer.
On peut hurler à loisir, choisir la liberté.
Vivre d'autres aventures. Il n'est pas trop tard.
Si ?
Je regrette, mais si, c'est trop tard.
Ma place est ici,
avec Jim, Darling et Lou, ma famille.
Ils comptent sur moi.
Je leur suis loyale.
Oui, tu...
tu as raison.
Tu le mérites, Lady.
Toi aussi, tu le mérites.
Tu mérites de connaître l'amour.
Je regrette que ça ne puisse pas être avec moi.
Lady !
Rentre !
Je vais y aller.
Va retrouver ta famille.
Ne reste pas sous la pluie.
Lou !
Le clébard que je cherche était avec elle.
Il va venir ici, et elle le sait !
Je vais l'isoler.
C'est pour ça qu'elle aboie.
Du calme.
Je crois plutôt qu'elle est marquée par son séjour en fourrière.
Visiblement, ça n'a servi à rien.
Ce ne sera pas long.
Qu'est-ce qu'elle a ?
Il est tard.
Vous avez de la chance, nous allions nous coucher.
C'est une chance, oui. La sécurité n'attend pas.
Lady ! C'est moi !
Dieu soit loué, tu es revenu !
Qu'est-ce qui se passe ?
Il y a un rat dans la chambre de Lou, je suis enfermée.
- Je m'en occupe. - C'est vrai ?
Sois prudent, l'homme de la fourrière est là.
T'en fais pas, je me débrouille.
Dépêche-toi !
Je cherche ce chien depuis des heures.
Il va venir ici, j'en suis sûr.
C'est toujours le même chien errant ?
Absolument.
Il court toujours ?
Ça donne sur le jardin ?
Je vous en prie, entrez.
Une seconde.
Désolé.
Vous êtes sûr qu'il est par ici ?
Oui. Pour votre sécurité, je vais l'attendre.
Préparez du café.
Jim, tu as entendu ?
Tout de suite.
Et pas de café sans gâteau.
Qu'est-ce qui se passe, là-haut ?
Je le tenais.
À deux doigts des barreaux.
N'oubliez pas, il est galeux,
crasseux,
dangereux.
Lâche-moi !
Non ! T'approche pas du bébé !
Dans la gare...
Tu n'as rien.
C'est Lou ?
Lou ?
Éloigne-toi d'elle !
Reste là. Recule.
Il est là !
Prends la petite.
- Ça va ? - Je ne sais pas.
Pas bouger.
Il est là ! Le chien est là !
Vous avez eu de la chance, c'est un danger public.
Attention. Vous le tenez bien ?
Vous en faites pas, je le lâche pas.
Bizarre, je ne l'avais jamais vu. Comment il est entré ?
Les chiens peuvent être dangereux.
C'est notre lutte quotidienne, dans mon métier.
Oui.
À vrai dire, je ne vous prenais pas très au sérieux.
J'ai l'habitude.
Mais soyez tranquille,
sa cavale est terminée.
Nos règles sont strictes quand les chiens attaquent les humains.
Merci pour votre aide.
Bonsoir.
Tu as entendu le chahut ?
Tu crois qu'il visait la petite ?
Il m'inspirait pas confiance
mais je le pensais pas capable de faire ça.
Lady, excuse-moi.
Tu nous alertais contre ce chien...
Quoi ?
Viens voir !
Quoi ?
C'est quoi ?
Un rat.
- Il est où ? - La fourrière l'a emmené.
- Je dois les arrêter ! - Qu'y a-t-il ?
C'était le rat !
Nous serions-nous trompés sur son compte ?
Pas Lady, en tout cas. Nous devons l'aider.
Je ne peux pas courir en kilt !
Fais un effort.
Qu'est-ce qui lui prend ?
Rattrapons-la.
Il faut arrêter le fourgon !
- Je ne suis pas bâtie pour courir ! - Courage, petite.
Mes petites pattes !
Tout le monde me prenait pour un fou.
Je suis plus si fou que ça, hein ?
Allez ! Accrochez-vous !
Nom d'un chihuahua, je suis nue !
Non, plus rapide.
Quelle mouche l'a piquée ? Pourquoi ce chien errant ?
Lou va très bien.
A-t-on vu ce chien l'attaquer ?
Oui !
Non ?
- Où sont-ils allés ? - Je n'ai rien vu.
N'ayez crainte, le Saint-Hubert est un limier hors pair.
Ne recommence pas !
Vous y arriverez, nous croyons en vous.
C'est une perte de temps.
Silence ! Je ne m'entends pas renifler.
À vous de jouer.
Allez, vénérable limier.
Vous allez y arriver.
Je tiens quelque chose.
Du poisson. Diantre !
Navré, je me suis trompé.
Le vénérable limier se fait vieux,
son flair laisse à désirer.
César, tu vas m'écouter.
Regarde-moi bien.
Je ne t'ai pas écouté radoter
sur le vénérable limier depuis que je suis minuscule
pour te voir renoncer au moment crucial !
Si j'arrive à galoper toute nue sur ces petites pattes,
tu peux flairer un chien dans un fourgon.
Alors exécution.
Oui, chef.
Donne-toi à fond, limier !
Allez !
Peau de banane... poubelle...
- Vous y arriverez. - Crotte de chat.
Flairez !
J'ai réussi ?
J'ai réussi !
Par ici, venez.
C'est reparti !
Il est là ! Vous avez réussi !
Le vénérable limier a encore frappé.
Je n'ai jamais douté de toi !
Par ici !
Qu'est-ce que tu fais ?
Allez !
On va te sortir de là.
Non, c'est trop dangereux !
Tu es folle ? Qu'est-ce que tu fabriques ?
Doucement !
Moins vite !
Doucement !
Vite !
Mes pattes font le maximum.
Désolé, Lady.
Il va nous semer !
Lady, non !
Allez, ça va aller.
Lève-toi.
Allez, je t'en prie.
Réveille-toi.
Je t'en supplie.
Ne me laisse pas.
On a encore tant à voir, à vivre.
Réveille-toi.
Je t'en prie !
Pas mal, beauté.
On doit encore travailler ton volume.
D'accord.
Il n'a rien.
Je vais défaillir !
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Elle est blessée ?
- C'est fini. - Je suis désolée.
Tout va bien.
Jim, il saigne.
Il s'est blessé en protégeant Lou contre ce rat.
- Et le fourgon ? - Toi, je t'embarque.
Calme-toi.
Relâchez-le.
Même à pied,
je te traînerai à la fourrière.
Il faut faire quelque chose.
Arrêtez. Vous ne pouvez pas faire ça.
Quoi ? Il a attaqué votre petite !
Non, il la protégeait.
Les chiens sans foyer doivent être mis en fourrière.
Il a un foyer.
C'est un chien errant.
Non, pas du tout.
Il a un foyer.
Quoi ?
C'est notre chien.
Il rentre avec nous.
- Viens. - Allez, bonhomme.
- Viens. - Allez, bonhomme.
Allez, viens.
N'aie pas peur.
Viens.
C'est bien.
Voilà. C'est mieux.
C'est fini.
Merci d'avoir aidé Lou.
Bon chien.
Je sais de quoi tu as besoin pour Noël.
De dignité.
Tatie Jacqueline, viens jouer avec nous !
Mais qui voilà ?
Voilà une jolie tenue.
Merci, César.
Ils viennent de la fourrière.
Sally a aimé l'histoire de l'ami de Lady.
J'avais des réserves mais comme dit Lady,
"Notre univers s'est agrandi".
Et, je dois l'avouer,
ils sont
extrêmement doux.
Bonjour, les enfants. Je suis votre oncle César.
Bonjour, oncle César.
Je vous raconte l'histoire du vénérable limier ?
Quand j'ai retrouvé l'homme de la fourrière ?
J'ai sauvé un pauvre chien errant au cœur d'or.
Oui, raconte-nous, oncle César.
Oui, raconte-nous.
Approchez, les jeunes.
L'histoire du véritable limier.
Non, de l'érable limier.
Il est pour qui, celui-ci ?
Dis donc !
Dis donc !
Mon grand, te voilà officiellement chez toi.
Dis donc...
Bienvenue dans la famille.
Qu'en dis-tu, Lady ?
Tu es contente ?
Ouvre celui de Lou.
Le beau collier !
On croirait un chien de bonne famille.
Qui l'eût cru ?
Tu restes mon Clochard.
Alors, quel effet ça fait ?
Eh bien en fait, c'est...
Trop serré ? Ça gratte ?
Faut que je m'y habitue.
J'allais dire que je me sens...
chez moi.
Silencieux les flocons tombent la nuit
Au lit les enfants sont endormis
Et le monde est paisible et doux
Et le monde est un peu moins fou
L'esprit d'amour,
l'enfant qui naît
Sont des trésors
qu'il faut garder
Que la paix soit
éternelle
Comme les étoiles au ciel
Sous-titres : Maï Boiron
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