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"Il gisait, seul et abandonné de tous.
"Une odeur de sang flottait, âcre et pénétrante.
"Celle de son propre sang.
"Malgré ses humbles origines,
"il avait laissé son empreinte."
Quelles fadaises !
M. Fulton, vous tombez à pic.
Quand arrive ma prochaine livraison ?
Je vous paie grassement pour ne manquer de rien.
La dernière livraison a pas été payée.
J'ai de petits soucis de trésorerie.
Mais ne craignez rien, M. Fulton. Je trouverai de l'argent...
quelque part.
Le directeur veut vous voir.
Le directeur ?
Pourquoi ?
Vous vouliez me voir ?
Patrick Thomas Nash.
Matricule HMN2473.
Vous êtes devant une commission pénale
qui va revoir la durée de la peine infligée
à certains détenus, dont vous faites partie.
J'ai été jugé par un magistrat nommé par la Reine.
Silence !
Vous ne pouvez pas allonger ma peine.
Vous parlerez quand Lord Campbell vous y autorisera.
Bien, monsieur.
Pardon.
Asseyez-vous.
Nous n'allongerons pas votre peine. Nous songeons à la raccourcir.
La surpopulation croissante
pousse le Ministère à reconsidérer le sort des détenus
ayant moins d'un an à effectuer.
Avez-vous tiré des leçons de cette incarcération ?
Tout à fait, monsieur.
J'ai changé.
Sur quel plan ?
J'ai trouvé la foi.
Je lis la Bible chaque jour, l'Ancien et le Nouveau Testament.
J'ai aussi arrêté de boire.
Très bien. Ravi de l'entendre.
Je pense que l'on pourrait...
Puis-je parler, Lord Campbell ?
Si ma peine devait être réduite,
quand serais-je libéré ?
Je vous paierai, M. Fulton, le temps de me retourner.
Une dette, c'est sacré. En attendant,
vous pourriez m'appeler un fiacre ?
Tu commences tard.
C'est plus tranquille
depuis que je suis l'assistante de l'inspecteur Blake.
Comment va-t-il ?
C'est un parfait gentleman.
Toutes les femmes au bureau sont folles de lui.
Ca se comprend. Il est très séduisant, non ?
Quoi ?
Tu sais très bien quoi.
C'est une simple observation.
Tu ne le trouves pas séduisant ?
- Tu te soucies de mon avis ? - Non.
On discute, et tu as parlé de lui.
J'ai rendez-vous avec Mme Parker à propos du bail.
A plus tard.
Ca explique ta mauvaise humeur.
Je ne suis pas de mauvaise humeur. Je n'aime pas négocier avec elle.
Nous ne pouvons pas dépenser plus.
Et si tu trouvais un homme gentil à épouser ?
Un homme gentil et séduisant.
Je te taquine, Lizzie.
Ne me taquine pas. Tu sais que je n'aime pas ça.
Quelle agréable surprise !
Comment avez-vous fait ?
La fortune sourit aux esprits prévoyants.
- Qui avez-vous soudoyé ? - Personne.
C'est une initiative du Ministère.
J'avais les poches vides, ça tombait bien.
En parlant d'argent...
Vous n'en avez plus.
Tous vos comptes,
légaux et presque légaux, sont vides.
Où est parti cet argent ?
En frais d'avocats, en pots-de-vin à des gardes,
et je vous rappelle que vous n'avez pris que deux ans.
Le juge n'était pas donné.
Il ne me reste rien du tout ?
Non.
Et votre licence a été annulée. Vous ne pouvez plus exercer.
Je ne supporte pas le négatif, Clarence.
J'ai besoin d'espoir.
Et d'argent.
Je dois quitter la pension fournie par la prison.
Elle est remplie de malfrats.
De détenus récemment libérés ?
Précisément.
Je dois gagner de l'argent.
Et pour ça,
il me faut un bureau.
Non, elle ne voudra jamais.
Miss Scarlet, madame.
Miss Scarlet, quelle joie de vous revoir !
Voulez-vous prendre le thé avec nous ?
Avec plaisir.
Merci.
Je vous présente le Dr Francis Timpson,
un des plus éminents médecins de Londres.
Dr Timpson, Miss Scarlet. Une amie de la famille.
Enchanté.
Vous êtes médecin ?
J'espère que vous allez bien, Mme Parker ?
Je suis en pleine santé !
Le Dr Timpson me rend une visite de courtoisie.
J'avoue avoir totalement oublié notre rendez-vous, Miss Scarlet.
Je perds toute notion du temps en compagnie de ce cher docteur.
Nos conversations nous absorbent.
Comme deux vieilles lavandières qui papotent !
J'ai des patients à voir à l'hôpital.
Je suis resté beaucoup plus longtemps que prévu,
même si cela fut plus qu'agréable.
Francis.
Cecilia. Je vous dis à ce soir.
Bonne journée, Miss Scarlet.
N'est-il point absolument charmant ?
Et si généreux de son temps pour son travail caritatif !
Comment l'avez-vous rencontré ?
Il a pris la parole devant notre Société culturelle.
Une merveilleuse conférence sur les progrès de la cardiologie.
Quelle intelligence !
Eh bien...
Le bail ?
Il faut le renouveler.
Le moment est déjà venu ?
Oui.
Gardons le même loyer que l'an dernier.
Pas de hausse ?
Sauf si vous insistez.
Bonjour, Eliza.
Patrick !
Que faites-vous ici ?
Je suis un homme libre.
Je vois ça.
Qui avez-vous soudoyé ?
Je n'ai soudoyé personne.
Tenez.
Cadeau d'un codétenu. Fabrication artisanale.
Ca ne paie pas de mine, mais c'est plutôt bon.
Je vous crois sur parole.
Heureuse de vous revoir, Patrick.
Tant mieux, j'ai un service à vous demander.
Vous voulez utiliser mon bureau ?
Je voulais votre permission d'abord.
Ca alors !
M. Patrick Nash aurait-il changé ?
Visiblement, non.
Quelques jours, c'est tout.
Quelques semaines. Un mois, tout au plus.
Si j'accepte...
Et rien n'est moins sûr.
Vous devrez suivre trois règles.
Primo, ne me mêlez pas à ce que vous faites.
Secundo, ne mêlez pas Clarence à ce que vous faites.
Et tertio,
je vous donne une semaine.
Peut-on rediscuter de la 3e règle le moment venu ?
- Non. - Marché conclu.
Je ne vous causerai aucun problème, Eliza.
Vous avez ma parole.
Barnabus ! Qu'est-ce que tu fais ?
Un de mes assistants devait débarrasser ce monsieur
de toutes ses possessions.
Il a oublié l'alliance.
Tu sais ce que je dis toujours ?
Que le monde court à sa perte ?
Ca aussi, mais...
"Pour qu'une chose soit faite, demande à quelqu'un d'occupé."
Autant le faire soi-même.
Voici une tourte au mouton. Ca te va ?
C'est plus que parfait, ma chère.
Tout est bien qui finit bien !
Et j'espère
que ce ne sera pas
la seule chose qui finira bien aujourd'hui !
Barnabus, qu'est-ce qui te prend ?
J'ai une excellente nouvelle.
Comme tu le sais,
ma promotion s'accompagne d'une hausse de salaire.
J'ai donc cherché un logement plus confortable.
Je nous ai trouvé une maisonnette à Aldgate.
Mais la date du mariage n'est pas encore fixée.
Simple prévoyance, mon trésor.
Ca sera notre nid douillet quand nous serons mariés.
J'ai pris rendez-vous pour que tu la visites demain.
Allez ! J'ai une tourte au mouton à manger.
Tu veux de la compagnie ?
Sans façon, vraiment.
Rends-moi ça !
Le temps de te remettre à flot, Patrick.
M. Nash ?
Lord Campbell ?
Puis-je vous dire un mot ?
Votre libération n'est pas due à des inepties sur la surpopulation,
mais parce que j'ai le bras long.
Je vois.
Merci, Lord Campbell.
Je n'étais pas mû par la bonté.
J'avais une bonne raison.
Vous dirigiez la meilleure agence de détective londonienne.
Vous savez agir,
sans poser de questions.
Quel rapport avec ma libération ?
J'ai la malchance d'avoir un frère cadet sur les bras
qui, pour être franc, est un véritable boulet.
Bertie aime dépenser l'argent des autres.
Cet imbécile a laissé derrière lui une traînée de dettes,
notamment à un individu du nom de Dylan Cooper.
Votre frère doit de l'argent à Dylan Cooper ?
Voilà qui est imprudent.
Tout à fait.
Donc, comme vous l'imaginez,
les jours de Bertie sont comptés.
Je pourrais m'en laver les mains, mais...
les liens du sang, ce n'est pas rien.
Je veux que vous le retrouviez.
J'ai perdu ma licence de détective privé.
Depuis quand vous souciez-vous de respecter la loi ?
Vous êtes un escroc, Nash.
Ne prétendons pas le contraire.
Vous trouverez mon frère
et vous le mettrez dans un bateau pour l'Australie
qui appareille vendredi matin à 10 h.
Et si je refuse ?
Vous serez renvoyé en prison.
Je blâmerai une erreur administrative
pour votre libération anticipée.
Le fait que vous ayez soudoyé des gardiens
pour améliorer votre quotidien
sera pris en compte. En conséquence,
votre peine sera allongée.
Je vous paierai, bien sûr.
Disons... 50 livres.
Quand j'aurai la preuve que vous avez retrouvé Bertie,
je vous donnerai votre argent et le billet pour sa traversée.
La ville est grande, Lord Campbell.
Quelque jours ne suffiront pas.
Alors mettez-vous au travail.
La maison est tout à fait correcte, la rue aussi.
Mais ça ne m'a pas plu. A cause des courants d'air.
- Des courants d'air ? - Des courants d'air.
Je ne pourrais pas y vivre.
Et qu'en pense M. Potts ?
Il est déçu, bien sûr, mais il se remettra.
Quoi ?
Il me fait un peu pitié.
Il veut l'endroit parfait pour vous deux,
et cette maison semble bien.
Je connais la rue, elle est très recherchée.
Je déteste les courants d'air.
Ma mère est pareille. Elle ne pourrait pas venir.
Elle ne vient jamais ici. C'est toi qui vas chez elle.
Pourquoi tant de hâte ? On n'a pas de date pour le mariage.
Et pourquoi donc ?
Ivy.
C'est me laisser qui t'inquiète ?
Ne t'en fais pas, tout ira bien.
Tu reviendras quand tu veux. Tu seras toujours chez toi, ici.
Je suis très occupée.
Je n'ai pas le temps de visiter des maisons.
Ivy...
- Tu vas être en retard au bureau. - Je suis déjà en retard.
C'est un reproche ?
Allez, file.
Barnabus va arriver pour son petit déjeuner.
A 7 h et demie tapantes.
File.
Bonjour, M. Nash !
On a failli s'inquiéter,
mais on s'est dit que vous rattrapiez le temps perdu.
Si seulement !
Tout va bien ?
Non, Clarence.
Loin de là.
Depuis quelques jours, j'enquête...
et je suis dans une impasse.
Je vous rappelle que votre licence a été annulée, donc...
Inutile de me le rappeler !
J'ai besoin d'aide.
Je ferais tout pour vous aider...
Merci, Clarence.
- Je ferais tout, mais je ne peux... - Merci infiniment.
On recherche un homme.
Albert Campbell, dit Bertie. Des dettes de jeu jusqu'au cou.
Vous avez promis de ne pas me mêler à ce que vous faites.
Si je ne le retrouve pas, on me renverra en prison.
C'est ce que vous voulez ?
Continuez.
Ce riche imbécile a des dettes partout,
notamment dans une salle de jeu appartenant au fameux Dylan Cooper.
Du gang Cooper ?
Quel imbécile !
Il faut savoir si Cooper l'a capturé.
Si oui, il est mort.
Inutile de chercher un mort.
Mais je ne peux pas aller demander ça à Cooper.
Ce type ne peut pas me sentir.
A cause de votre liaison avec sa femme ?
Sa maîtresse, et c'était avant qu'il la rencontre.
Sinon, je serais déjà mort.
Quelqu'un doit aller y jouer
et poser des questions.
A qui pensiez-vous ?
Vous savez jouer au poker ?
Il y a deux secrets, au poker.
L'un, c'est comprendre les chiffres, les probabilités.
L'autre, c'est le bluff. Cacher la qualité de son jeu.
Retournons au bureau. Quel boucan !
Eliza ne doit rien savoir.
C'est son deuxième commandement.
Je n'aime pas lui mentir.
Vous ne mentez pas. Vous différez la vérité.
Il faut cacher la qualité de son jeu
à son adversaire.
Le contraire de ce que vous faites.
Vous avez gagné !
Je suis impressionné.
Vous maîtrisez déjà la science du jeu,
mais vous devez travailler la technique.
Vous devez garder une expression neutre.
Un visage "impénétrable".
C'est capital, dans un jeu d'argent.
Je vous donnerai de l'argent pour aller à la salle de jeu.
Mais vous n'en avez pas.
Non...
Je vais la mettre au clou.
J'irai chez le prêteur sur gages près du bureau.
Je l'ai achetée avec ma première paye.
Je n'ai pas mangé ce mois-là, mais je n'ai rien regretté.
Je n'avais jamais rien possédé d'aussi raffiné.
Je n'avais jamais rien possédé tout court.
Avant de voir Dylan Cooper,
vous devez vous exercer à être impénétrable.
C'est mon jour de chance.
M. Cooper, un type qu'on connaît pas voudrait jouer.
Comme ça, vous voulez jouer ?
Oui, s'il vous plaît. Je veux dire, oui, je veux.
Vous avez un nom ?
Charles Windermere.
Et il fait quoi, Charles Windermere ?
Je suis notaire à Notting Hill, je...
Votre vie m'intéresse pas.
J'aime pas que des inconnus se pointent ici,
mais vous avez pas l'air méchant. Vous avez de l'argent ?
Asseyez-vous.
Distribuez.
Mme Parker ?
Miss Scarlet.
L'argent du bail !
Mille excuses. Je comptais passer cet après-midi,
mais j'ai été débordée de travail.
Voici le règlement.
Merci.
Tout va bien, Mme Parker ?
Voulez-vous vous asseoir ?
Ca ne me regarde pas,
mais vous semblez un peu abattue.
C'est vrai, je suis...
un peu abattue.
J'avoue être venue sous un faux prétexte.
En fait...
j'ai besoin de parler,
mais je crains le jugement des dames de mon cercle.
Alors que vous, Miss Scarlet,
vous ne pouvez juger personne, vu la vie que vous menez.
Et de quoi souhaitiez-vous parler ?
Francis...
Le Dr Timpson, que vous avez croisé l'autre jour...
Nous nous apprécions de plus en plus depuis quelques mois.
Je n'ai pas été l'objet d'une telle tendresse
depuis le décès de mon mari.
L'autre soir, il m'a demandée en mariage.
J'ai accepté.
Mais qu'est-ce qui vous tracasse ?
Le Dr Timpson devait passer me voir le lendemain de sa demande,
mais il n'est pas venu.
J'ai envoyé un message chez lui, sans résultat.
J'ai écrit à l'hôpital Ste-Agathe, où il travaille,
mais toujours pas de réponse.
Et maintenant...
je crains qu'il ne lui soit arrivé malheur
ou, pire...
qu'il n'ait changé d'avis.
Je suis sûre qu'il y a une explication.
Il me semble être un homme d'une grande bonté.
D'une extrême bonté !
Il oeuvre sans relâche à l'hôpital
et trouve le temps de faire oeuvre de bienfaisance.
J'ai été si frappée par son dévouement
que je lui ai fait un don de mille livres.
Un don de mille livres ?
Il était à court de contributions.
J'étais ravie de l'aider.
Mme Parker.
Peut-être devrais-je aller à Ste-Agathe demain matin
pour voir le Dr Timpson ?
Je vérifierai qu'il va bien.
Cela vous tranquillisera.
Est-ce une bonne idée ?
Je le pense.
Bien joué !
Une dernière partie,
pour qu'on puisse se refaire ?
Vous pouvez essayer.
Vous jouez les arrogants ? Vous avez bien raison.
J'espérais croiser ici quelqu'un que je connais.
Un habitué.
Ah ouais ? Qui c'est ?
Bertie Campbell.
C'est un pote à vous ?
Une connaissance, disons. Il me doit de l'argent.
Vous le connaissez ?
Si je le connais ?
La partie est terminée.
Pas vous.
Vous êtes qui ?
Je l'ai dit. Charles Windermere, notaire...
Non.
Si vous mentez encore une fois...
je vous flanque une balle dans chaque rotule.
Je répète...
Vous êtes qui ?
Je suis votre pire cauchemar, M. Cooper.
Je suis un inspecteur de Scotland Yard en civil.
A l'extérieur, j'ai une escouade de vingt hommes
qui sont prêts à enfoncer la porte
si je ne suis pas sorti d'ici dans... neuf minutes.
Vous pouvez me croire ou non.
A vous de voir.
Mais vous me direz où est Bertie Campbell,
sinon vos hommes et vous
passeront la nuit en cellule à Scotland Yard
pendant que mes enquêteurs, eux, passeront ce tripot au peigne fin.
Et qui sait ce qu'ils pourraient trouver ?
Alors,
je vous le demande une dernière fois, Dylan.
Où est Bertie Campbell ?
Alors ?
Partons tout de suite.
- Vous en savez plus ? - Oh oui.
Comment ?
J'ai été impénétrable !
En route !
Pardon, je cherche le Dr Timpson.
Deuxième porte à gauche.
Merci.
Savez-vous quand le Dr Timpson sera de retour ?
- Que faites-vous ici ? - Que faites-vous ici ?
Je cherche le Dr Timpson.
Moi aussi.
Je suis le Dr Timpson.
Ce n'est pas lui que j'ai vu chez Mme Parker.
Il a au moins 20 ans de plus.
Ce n'est pas le cadet de mon client, Lord Campbell.
Vous ne devriez pas avoir de client, votre licence a été annulée.
Vous voulez retourner en prison ?
C'est pour éviter ça que j'ai Lord Campbell pour client.
Et pour l'hôpital ?
Dylan Cooper m'a dit
qu'il jouait les médecins pour abuser des dames fortunées.
Vous travaillez avec Dylan Cooper ? Celui du...
Du gang Cooper, oui.
Mais non, je ne travaille pas avec lui.
Campbell doit de l'argent à Cooper, donc Cooper le cherche.
J'ai demandé à un camarade de se renseigner.
Quel camarade ?
Et si nous unissions nos forces ?
On trouve Campbell, Mme Parker récupère son argent,
il prend son bateau et tout le monde est content.
Le camarade dont vous parlez...
c'est Clarence, n'est-ce pas ?
Je vous ai interdit de le mêler à ça.
Sacrebleu.
Eliza !
Laissez-moi tomber, comme les autres.
Cessez de chercher à m'apitoyer !
J'avais besoin de l'aide de Clarence.
Si je ne retrouve pas cet imbécile, la prison m'attend.
Je suis fauché, je vis dans un trou à rats
et mon seul bien de valeur est au clou.
Je n'ai jamais été aussi bas.
Comment savez-vous que Campbell aura l'argent sur lui ?
Il a roulé beaucoup de gens, il est plein aux as.
Très bien.
- Je vous aide, à une condition. - Laquelle ?
Si on le trouve et qu'il n'a pas l'argent de Mme Parker,
on le livre à la police. C'est à prendre ou à laisser.
- Peut-on en rediscuter plus tard ? - Non.
Marché conclu.
Voilà ce que l'on sait.
Bertie Campbell se planque.
J'ai cherché partout. Chou blanc.
J'ai une hypothèse.
Il a payé quelqu'un pour l'aider à disparaître.
J'ai entendu parler de cette prestation.
Seule une poignée de personnes la fournissent.
Vous savez qui ?
Mais je sais qui pourrait le savoir.
Je connais cette prestation.
Il fut un temps où je la proposais moi-même,
mais c'est trop fatigant, trop risqué.
Je suis un vieil homme qui roule sur l'or.
Je préfère me la couler douce.
Vous ne connaissez pas ce Bertie Campbell ?
Pas personnellement. Je me renseignerai.
Je demanderai aux Solomon.
Aux Solomon ?
Solomon est le nom d'une affaire, pas le mien.
Nous sommes sept Solomon en ville.
Ca va prendre longtemps ? Le temps presse.
L'un est porté sur la bouteille,
ça dépend de son état d'ébriété.
Il y a un Solomon qui a une maîtresse à Lyme Regis,
ça pourrait poser problème, mais...
Donnez-moi trois heures.
Que fais-tu ?
Rien.
Je travaille.
Je ne t'attendais pas.
Tu n'es pas venu déjeuner ce matin non plus.
J'étais occupé, c'est tout.
Diriger trois morgues, ce n'est pas de la petite bière.
Je sais que tu es déçu, pour la maison.
Mais nous en trouverons une autre.
Une qui nous plaît à tous les deux.
En attendant, restons comme nous sommes.
Nous sommes heureux, non ?
Non, ma chère, je ne suis pas heureux.
Pas du tout.
Dans cette enveloppe se trouve une lettre.
Elle te libère de toutes tes obligations envers moi.
C'est-à-dire ?
Depuis un certain temps,
je perçois un déséquilibre dans ce que nous ressentons.
Il est clair que mon affection pour toi
dépasse de loin ton affection pour moi.
Barnabus...
Nous sommes fiancés depuis plus de deux ans.
Si je veux voir le révérend Harvey pour fixer la date du mariage,
tu changes de sujet ou tu dis : "On verra ça plus tard."
Tout ce qui touche à notre mariage semble te mettre mal à l'aise.
Mal à l'aise !
Il est donc temps pour moi de voir la vérité en face.
Ne dis pas ça...
Tu ne m'aimes pas, Ivy !
Pas comme moi, je t'aime.
Je ne te reproche rien.
Tu es belle,
remplie d'intelligence et de bonté.
Tu es celle dont je n'osais rêver.
Mais je ne suis pas idiot.
Je sais qu'une femme comme toi
ne pourrait jamais être mienne.
Donc je te laisse partir. Je te libère.
Et je fais ça, Ivy, parce que je t'aime.
Plus que tu ne le sauras jamais.
Le délai approche. Si je ne retrouve pas cet imbécile,
je retourne en prison.
Solomon sera bientôt de retour,
croyez-moi.
Je me méfie d'un homme qui vend des paons empaillés.
C'est un poulet, Patrick.
Non ?
Miss Scarlet, M. Nash.
Puis-je vous présenter mon ami et associé Solomon ?
Pour éviter les confusions, appelez-le Solomon IV.
Solomon IV ?
Il y a une hiérarchie entre les Solomon.
Je suis le numéro deux, lui, le quatre.
J'ai donc autorité sur lui.
Il est obligé de me dire ce que nous voulons savoir.
Qui est Solomon Ier ?
Je fais tout
pour traiter avec lui aussi peu que possible.
Il a la folie des grandeurs.
Vous avez caché Bertie Campbell. Où est-il actuellement ?
Le Rookery.
Cette nuit, en tout cas.
Demain, à la première heure,
je le mettrai dans un train pour le nord du pays.
Le Rookery est un vrai coupe-gorge. Il nous faut une adresse précise.
Où, dans le Rookery ?
Pas dans le Rookery.
Sous le Rookery.
Ces tunnels courent jusqu'à la Tamise.
Ils devaient servir d'égouts, mais n'ont jamais été terminés.
Ils servent aux malfrats et aux contrebandiers
à transporter des marchandises volées.
Leur zèle est admirable.
Dommage que ça empeste, ici.
Selon Solomon, Campbell est au bout du cinquième tunnel.
Il y a un signe, sur le mur.
C'est le cinquième tunnel, et on est au bout.
S comme Solomon.
L'alcôve secrète devrait être derrière.
Patrick.
Si tout était aussi facile, dans la vie !
Debout. Debout, j'ai dit !
Il s'enfuit !
Vous avez rencontré notre estimé collègue, Clarence.
Sa peur des rats l'a ralenti.
Vous travaillez pour mon frère.
Depuis quand se soucie-t-il de mon sort ?
Il vous veut hors de cette ville, et hors de sa vie.
Je n'irai pas en Australie, comme un bagnard.
C'est pourtant ce que vous ferez,
et vous remettrez à Miss Scarlet l'argent volé à Mme Parker.
Je ne l'ai pas volé.
Elle me l'a donné.
Pour une oeuvre de bienfaisance fictive.
Je n'ai plus cet argent.
Je l'ai perdu aux cartes.
Il ment.
J'ai donné le reste à ce Solomon, qui m'a trahi, je suppose ?
L'argent !
Je n'ai pas cet argent. Vous perdez votre temps.
Ne nous précipitons pas.
S'il n'a pas l'argent de Mme Parker, on le livre à la police.
Quoi ?
- Silence ! - Silence !
C'est notre accord, Patrick.
- C'est ce qu'il faut faire. - Je vais retourner en prison.
Je sais...
Je regrette.
Cet homme a abusé d'une dame âgée.
S'il ne peut pas la rembourser, il doit être poursuivi.
Vous entendez ?
Des grattements.
Prenons une décision et partons d'ici.
On vous livre à Scotland Yard.
Attachez-le.
On n'est pas arrivés par ici.
C'est le bon chemin ?
Je vous l'ai dit, le Rookery est un labyrinthe.
Arrêtez de lambiner.
Hâtons-nous, la nuit tombe.
Et c'est embêtant ?
Il ne faut pas être ici de nuit.
Je me suis tordu la cheville, je dois me reposer.
Votre cheville va très bien. Avancez.
Une courte halte, s'il vous plaît.
Je vais l'aider.
Il ment, Patrick. Ne l'écoutez pas.
C'est vous qui voulez le livrer à la police.
Pour une très bonne raison.
Police !
- Police ! - Il fait quoi ?
Ce sont tous des policiers en civil !
Fermez-la.
- La police ! - Ordures !
Dégagez !
Patrick.
Sale menteur...
Prenez ça, je le rattrape. Fuyez !
Alors ?
J'ai cherché partout.
Y compris dans les tunnels.
C'est fini, alors.
Un whisky ?
Où est Clarence ?
Je l'ai renvoyé chez lui.
C'était un peu trop, pour lui.
Ca déménage, pas vrai ?
Désolée que ça se termine ainsi, Patrick.
Ma pension est pire que ma cellule,
retourner en prison n'est peut-être pas si mal.
Au fait de toucher le fond.
Ca ne peut que s'améliorer.
- Bonjour, Eliza. - Clarence.
Où est le reçu de la montre de M. Nash ?
Le reçu était ici, sur mon bureau.
Là où était M. Nash à mon arrivée, hier soir.
Vous m'avez trahie, Patrick.
Vous avez retrouvé Bertie Campbell hier soir, pas vrai ?
Vous l'avez amené chez son frère pour être payé ?
Et récupérer votre montre
chez le prêteur sur gages ?
Et vous allez le faire embarquer sur ce navire ?
Non.
C'était mon plan, hier soir, mais j'ai changé d'avis.
Je ne pouvais pas faire ça.
Je ne pouvais pas vous décevoir à nouveau.
Il est à vous.
Mais dans ce cas, vous irez en prison.
Le seul endroit où j'irai, c'est en Australie.
Avec le paiement de Lord Campbell en poche.
Vous allez embarquer à sa place ?
Je vais repartir de zéro.
Je ne peux plus être détective ici, mais en Australie...
Là-bas,
tout est possible.
Et maintenant, j'ai un bateau à prendre.
Au revoir, Eliza.
Emmenez madame où elle voudra.
Patrick.
Vous me manquerez.
Vous me manquerez aussi.
Enormément.
Mais je reviendrai.
Probablement.
Ivy !
Bonjour, Barnabus.
J'ai reçu ton message.
Une affaire urgente, apparemment.
Si ça concerne ce dont je parlais...
Nous avons de la compagnie.
Révérend Harvey ?
M. Potts.
Que faites-vous ici ?
Il est aux mains de la police ?
Il a volé de nombreuses personnes,
dont plusieurs dames comme vous.
Riches, vieilles et stupides ?
Mme Parker.
C'est exactement ce que je suis.
Je vous laisse.
Vous savez où me trouver si vous avez envie de parler.
Je serai la source de ragots
pour la Société culturelle des dames de Bloomsbury
pendant longtemps.
J'y suis censée déjeuner
aujourd'hui même.
Comment oserais-je m'y montrer ?
Laissez-les à leurs ragots.
Elles se lasseront et médiront de quelqu'un d'autre.
Vous vous en remettrez.
Elles sont indignes de vous.
Merci, Miss Scarlet.
Je n'oublierai pas votre gentillesse.
Madame ?
Préparez la voiture.
Je ne veux pas être en retard à mon déjeuner.
Bien, madame.
M. Potts.
Heureuse de vous voir.
Bonjour, Miss Scarlet.
Et je dois dire que le plaisir est partagé.
Assieds-toi, Lizzie. Nous avons quelque chose à te dire.
La date du mariage est fixée.
On se marie à la fin du mois, le 31.
Félicitations, c'est merveilleux !
Il y a autre chose.
Tu avais raison.
Je ne veux pas te quitter ou quitter cette maison.
Donc, après le mariage, Barnabus a accepté d'emménager ici.
Ici ?
Un an ou un peu plus.
Un an ou un peu plus ?
Qu'en dis-tu ?
Je pense que c'est...
une excellente idée.
J'en étais sûr !
Il faut fêter ça !
Comme par magie !
Ce n'était pas de la magie, elle était derrière le sofa.
Délicieux.
Pour Miss Scarlet...
Ne buvez pas trop vite !
Pour ma future épouse...
Merci, M. Potts.
Une petite goutte pour moi.
A notre foyer !
Que cet an à venir...
ou un peu plus...
soit tout bonnement merveilleux.
Merveilleux !
Merveilleux.
Adaptation : Yves Tixier
Sous-titrage : IMAGINE
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