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Original subtitles

A Barnabus,

pour sa promotion bien méritée.

Administrateur, vous vous rendez compte ?

Félicitations.

- Bravo, M. Potts. - Félicitations.

Merci Ă  tous.

Pas une...

mais cinq autres morgues à gérer.

Trois, ma chÚre, pas cinq. Je crois l'avoir mentionné.

Merci de nous inviter, M. Potts.

Et le menu a l'air délicieux, en particulier le chateaubriand.

Avec plaisir.

N'hésitez pas à choisir tout ce qui vous fait envie,

dans la limite de trois shillings chacun.

Ce vin est onéreux.

TĂąchez de le savourer plutĂŽt que...

La chose la plus excitante de ma semaine

a Ă©tĂ© de repĂȘcher une araignĂ©e dans l'Ă©vier.

J'attendais ce dĂźner, alors s'il te plaĂźt,

laisse-moi en profiter.

Avec les compliments de ces messieurs de la table six.

Pour moi ?

Ils sont du syndicat des détectives privés.

Le président et le vice-président.

Ce ne sera pas ajouté à ma note, n'est-ce pas ?

- Vous m'excusez un instant ? - Bien sûr.

Messieurs, merci pour votre gentillesse.

Je vous en prie, Miss Scarlet.

Permettez-moi de me présenter, je suis Edmund Fletcher.

Je suis le président du syndicat des détectives privés,

et voici notre vice-président...

Archibald Spilsbury.

Je vous en prie.

Merci.

Ceci est un heureux hasard.

Nous parlions de vous ce matin.

Vraiment ?

Miss Scarlet.

Nous aimerions beaucoup que vous rejoigniez nos rangs.

Ce serait un honneur.

Votre soutien me serait précieux.

Il y a une petite question que nous devons aborder

avant votre adhésion.

Il s'agit

du nouvel inspecteur de Scotland Yard.

L'inspecteur Blake ?

Il est déterminé

à s'en tenir à l'idée ridicule

de ne pas faire appel à des détectives.

Nous devons agir.

Heureusement, nous avons un atout dans notre manche.

Vous, Miss Scarlet.

Désolée, je ne comprends pas.

L'inspecteur Blake

a refusé

de nous voir pour discuter de sa politique erronée,

mais nous pensons

que vous l'avez déjà croisé plusieurs fois.

Le rĂŽle d'un inspecteur est de plus en plus politique

et exige une réputation irréprochable.

Et pourtant, l'inspecteur Blake s'est retrouvé seul avec vous

Ă  plusieurs reprises.

Vous n'étiez pas là par hasard.

Accusez-le de comportement obscĂšne.

Peut-ĂȘtre vous a-t-il proposĂ© des faveurs

en échange d'un emploi ?

Ou a-t-il tenté d'abuser de vos charmes ?

Faites cela

et vous bénéficierez de tous les avantages du syndicat.

Pardonnez-moi si je trinque avec de l'eau.

Je suis hélas abstinent sur ordre d'un médecin déterminé

Ă  me priver de tout plaisir.

Qu'en dites-vous,

Miss Scarlet ?

Marché conclu ?

Certainement pas.

Bonjour.

Merci.

Tu devrais ĂȘtre prĂȘte pour l'Ă©cole.

J'aime pas y aller, papa. Les filles sont méchantes.

Si tu vas à l'école, je te promets qu'on dßnera ensemble ce soir

et que je te raconterai toute ma journée

et toutes mes arrestations de méchants.

Promis ?

Promis.

Bonjour, mon trésor.

Tu arrives Ă  point. Le petit dĂ©jeuner est prĂȘt.

C'est mon premier jour en tant qu'administrateur.

On doit faire un état des lieux à la morgue d'Aldgate.

Je ne pourrai pas prendre de petit déjeuner.

Je l'ai préparé !

Ma manche est trouée, tu pourras la raccommoder ?

Encore ? Qu'as-tu fait ?

Tu t'inquiéterais.

M. Potts.

Miss Scarlet.

Je n'ai vraiment pas le temps de manger.

TrĂšs bien. Alors, file.

Mesdames.

Prends ton petit déjeuner.

Pas le temps non plus.

Tu seras lĂ  pour le dĂźner ?

Lizzy ?

Bonjour, inspecteur.

Il est d'usage de frapper.

Mais j'ai frappé.

Vous auriez dĂ» attendre.

Je dois vous parler du syndicat des détectives privés.

Vous avertir.

Ils sont loin d'ĂȘtre satisfaits de votre politique

sur les détectives privés.

Ils vous envoient ?

Rien n'est moins vrai,

mais...

le syndicat a de l'argent et de l'influence.

Il ne reculera devant rien pour vous nuire.

Pourquoi me dites-vous ça ?

J'ai trouvé normal de vous avertir.

Vous venez m'informer par pure bonté d'ùme ?

- Vous ne voulez rien en échange ? - Absolument rien.

Bien sûr...

ça m'arrange d'ĂȘtre en bons termes avec un inspecteur.

Nous y voilĂ .

Si vous voulez tout savoir,

ils m'ont profondément offensée.

Le président et son laquais m'ont demandé...

de porter certaines accusations contre vous.

Quel genre d'accusations ?

Je suis ravi

d'enfin vous rencontrer, inspecteur.

J'ai essayé plusieurs fois de faire votre connaissance.

Mais, hélas, vous étiez indisponible.

Nous avons tous deux servi dans le corps des Royal Engineers.

Les meilleures années de ma vie,

malgré...

les blessures de guerre.

Vous aussi avez servi en Afrique.

Je ne suis pas venu en ancien combattant.

Je suis venu pour clarifier quelque chose.

Je dirigerai ma division comme je l'entends,

et aucune tentative de chantage

n'aura d'effet sur mes décisions.

J'espÚre avoir été clair, M. Fletcher.

Je vois.

La femme détective vous a rendu visite.

J'espĂšre que le sujet est clos.

Je crains que non.

Mettez-vous Ă  ma place.

Je suis le président du syndicat

depuis 17 ans !

Durant lesquels j'ai bénéficié du soutien total

de tous nos membres.

Deux mille, pas moins.

Et surtout...

mon devoir

est d'assurer la prospérité de leurs agences.

Si je manque Ă  ce devoir,

je paraĂźtrai faible.

Je ne peux pas me permettre de paraĂźtre faible, inspecteur.

Je compatis de tout coeur.

Vous avez une fille, n'est-ce pas ?

Si,

par malheur, vous perdiez votre emploi,

elle en subirait les conséquences également.

Et en tant que pÚre, vous devez sûrement vous inquiéter

de son bien-ĂȘtre.

TrĂšs bien.

Je vais engager un détective privé dÚs demain.

Je m'en réjouis.

Je vais vous conseiller une liste...

Inutile.

J'ai quelqu'un en tĂȘte.

La femme détective.

Je regrette, mais Miss Scarlet

n'est pas membre du syndicat.

Je sais.

C'est regrettable.

Miss Scarlet.

Inspecteur Blake.

Vous ĂȘtes en avance.

TrĂšs.

J'ai reçu votre télégramme hier soir, me voici.

Quelle est l'affaire ?

Vérifier les antécédents de candidates ?

Pour un tout nouveau secrétariat.

Nous cherchons des femmes expérimentées et fiables.

Certains dossiers sont sensibles.

Notre secrétariat à Bristol fonctionne trÚs bien.

Voici la liste des candidates.

Elles seront lĂ  Ă  11 h.

Ce n'est pas tout Ă  fait ce Ă  quoi je m'attendais.

Je pensais qu'il s'agissait d'une enquĂȘte.

Ce bureau sera essentiel Ă  Scotland Yard.

Ca libérera mes hommes des tùches administratives.

Vous froncez les sourcils ?

Nullement.

Je ne fronce pas les sourcils. Je réfléchis.

C'est la mission que je vous propose.

Vous pouvez la refuser. A vous de voir.

Je m'appelle Cynthia Quinn.

J'ai 24 ans. J'ai travaillé dans trois bureaux,

pour deux avocats et un expert-comptable

qui n'hésiteront pas à me recommander.

Vous avez déjà travaillé dans l'administration ?

En effet.

Vous maßtrisez la sténographie ?

Tout Ă  fait.

Vous avez déjà travaillé à plein temps ?

A plusieurs reprises.

Je vois ici que vos postes précédents...

OĂč mets-je les autres ?

Quelles autres ?

Il y en a tellement.

Et d'autres arriveront demain, et aprĂšs-demain.

La vérification de leurs antécédents va prendre des heures.

Je croyais que tu voulais que l'inspecteur Blake t'engage.

Absolument.

Et je fais de mon mieux

pour respecter ses rÚgles et établir une relation professionnelle.

Mais je ne peux m'empĂȘcher de trouver cette tĂąche...

indigne de moi.

Indigne de toi ?

Tu sais ce que j'ai fait, aujourd'hui ?

Du repassage, une lessive, et encore du repassage.

Interroger, derriĂšre un beau bureau de Scotland Yard,

des femmes intelligentes et ambitieuses, il y a pire.

Tu devrais ĂȘtre fiĂšre de les aider Ă  faire quelque chose de leur vie.

Tu ne parles plus de trouver un mari et fonder un foyer ?

J'ai le droit de changer d'avis.

Je ne te reconnais plus.

Tout va bien ?

Oui.

Non.

Je ne sais plus.

Barnabus a un nouveau poste.

Ce que tu fais est toujours différent.

Mais pour moi, tous les jours se ressemblent.

Te voilĂ  inquiĂšte.

C'est pour ça qu'il faut garder les choses pour soi.

J'ai un dßner à préparer.

Comment te remonter le moral ?

J'ai trouvé. Je vais préparer le dßner.

Pas si tu veux me remonter le moral.

Bonjour, Miss Scarlet.

Brigadier Fitzroy, comment allez-vous ?

TrĂšs bien, merci.

Vous ĂȘtes occupĂ©e.

Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas.

Vous voulez m'aider Ă  interroger de jolies demoiselles ?

Non, ce n'est pas...

Je voulais simplement...

Monsieur. Un message de l'inspecteur Blake.

Je dois le retrouver au 25, Girton Street.

Je connais cette adresse.

Le syndicat des détectives privés.

Un corps a été découvert.

Qui ?

L'employé l'a trouvé mort à quelle heure ?

A 8 h ce matin, inspecteur.

Merci.

Continuez à recueillir les dépositions.

Inspecteur.

Vous voilĂ  enfin...

Pourquoi avoir amené Miss Scarlet ?

J'ai vu la victime récemment.

Je m'adressais au brigadier Fitzroy.

Miss Scarlet pourrait nous aider. Elle a vu le défunt récemment.

Nous verrons cela plus tard.

Voici son agenda. Convoquez ceux qu'il a vus hier.

Dites au légiste de rechercher du poison.

A vos ordres.

Du poison ?

Ca expliquerait l'odeur douceĂątre.

Oui, je sais.

Aucun signe de traumatisme, à part cette piqûre.

Mais il n'y a pas de seringue.

Je sais.

ChĂąteau LemaĂźtre.

Des goûts de luxe pour un homme qui ne buvait pas.

Vous l'ignoriez, n'est-ce pas ?

Si vous ne remplissez pas la mission pour laquelle je vous paie,

votre contrat sera résilié.

Compris ?

TrĂšs bien.

- Vous savez oĂč me trouver. - Je n'aurai pas besoin de vous.

Bonjour, Arthur.

Bonjour, Ivy.

- Comme d'habitude ? - Je suis si prévisible que ça ?

A demain.

Merci.

Elle s'est perdue.

Vous ĂȘtes lĂ  pour l'entretien ?

Miss Kingston.

La boucherie, c'est à cÎté.

Merci d'ĂȘtre venue.

Ca a été un plaisir.

Vous ĂȘtes libre ?

Oui.

Je n'ai plus d'entretiens avant demain.

C'est bientĂŽt fini. Dieu merci.

AprÚs tout, c'est rémunéré.

Ce n'est pas la question, Clarence.

J'espérais éblouir l'inspecteur.

- L'éblouir ? - Oui !

Lui montrer ma valeur, pour de futures collaborations.

Pour éblouir quelqu'un, rien de tel qu'un audit bien présenté.

Les chiffres ont quelque chose de poétique.

Je m'égare.

La plupart des candidates d'hier n'ont rien Ă  se reprocher,

mais il y en a une qui a attiré mon attention.

Cynthia Quinn.

Cynthia Quinn ?

C'est l'une des premiÚres que j'ai interrogées.

La meilleure jusqu'à présent.

Son parcours présente quelques irrégularités.

Ses trois anciennes sociétés semblent toutes légitimes,

inscrites au registre du commerce,

mais aprĂšs enquĂȘte,

j'ai découvert qu'elles étaient factices.

Comment cela ?

Elles sont enregistrées, mais n'existent pas vraiment.

Mes recherches m'ont mené à une agence

de détectives privés.

Le bureau d'investigation Malone.

Il ne figurait pas sur la liste de ses anciens employeurs.

Vous ĂȘtes donc le vice-prĂ©sident ?

Et je le suis depuis dix ans.

J'avoue que pendant tout ce temps, je n'avais rien vu d'aussi choquant.

M. Fletcher était mon supérieur,

mais aussi mon ami.

Quand l'avez-vous vu pour la derniĂšre fois ?

Hier soir, dans son bureau. Il voulait ĂȘtre réélu prĂ©sident.

- Nous discutions de sa campagne. - De sa campagne ?

Le mot est peut-ĂȘtre un peu fort.

Nous votons tous les quatre ans. C'était une formalité pour Edmund.

Il gagnait Ă  chaque fois, quel que soit l'adversaire.

D'aprĂšs son agenda, vous ĂȘtes le dernier Ă  l'avoir vu.

A-t-il mentionné un rendez-vous ?

Je ne crois pas.

J'ai quitté son bureau à 20h30.

Il rentrait chez lui.

Une bouteille de vin était cassée par terre.

Je crois qu'il ne buvait pas.

Pas depuis des années.

Il a contracté en Afrique une maladie tropicale

provoquant un tremblement des mains.

L'alcool semblait l'aggraver.

La bouteille aurait-elle pu ĂȘtre destinĂ©e Ă  un visiteur ?

C'est possible, il était généreux.

Qui aurait pu lui vouloir du mal ?

Un meurtre ?

Vous étiez détective, M. Spilsbury.

Je dois tout envisager.

Edmund était apprécié.

Il a recruté plus de 2 000 membres. C'est un grand homme.

C'était...

un grand homme.

Il briguait un nouveau mandat.

Un vote aura lieu ?

C'Ă©tait prĂ©vu demain soir, mais ça peut ĂȘtre reportĂ©.

Etant président suppléant, c'est à moi d'en décider.

Vous ĂȘtes prĂ©sident supplĂ©ant ?

Vous vous présentez ?

Uniquement en mémoire d'Edmund,

pour perpétuer son héritage.

N'y voyez rien d'autre, inspecteur.

C'était mon plus vieil ami.

On a servi ensemble en Afrique.

Il m'a sauvé la vie.

Les autres candidats ?

- Qui d'autre se présente ? - Il n'y en a qu'un.

Vous devriez lui parler.

C'est un homme qui n'a pas mùché ses mots

pour critiquer les mandats d'Edmund.

De qui s'agit-il ?

Thomas K. Malone.

Il a récupéré les locaux de M. Nash.

C'est un négociateur coriace, un homme d'affaires avisé.

C'est un serpent que j'ai eu le malheur de croiser en France.

Si Cynthia Quinn travaille pour lui, il veut l'infiltrer Ă  Scotland Yard

pour accéder à des informations classifiées.

C'est terrible, évidemment.

Mais M. Nash a utilisĂ© le mĂȘme procĂ©dĂ© Ă  Bose Street.

Ca ne me surprend pas.

Autre chose sur Malone ?

En fait, oui.

Comme son agence prospĂšre,

il a décidé de briguer le mandat

de président du syndicat.

Entrez, Miss Scarlet.

J'espĂšre qu'il s'agit de la mission pour laquelle je vous paie.

L'une des candidates a des liens avec une agence de détectives.

Voilà pourquoi je me passe de détectives.

Je connais cette agence.

Du moins, son propriétaire.

Un soi-disant gentleman américain qui s'appelle Thomas K. Malone.

Malone ?

Egalement...

Candidat à l'élection du président du syndicat.

Oui, je sais.

J'allais justement le voir.

Je vous accompagne.

Certainement pas.

Soyez raisonnable.

Je le suis tout Ă  fait. Vous ne venez pas.

Au lieu de vous le dire, j'aurais pu aller le voir...

Essayez-vous de faire vos preuves en vue d'un futur engagement ?

Je rejette cette insinuation.

J'essaie de vous aider.

Malone est un menteur invétéré.

Ca fait partie du métier.

Oui, mais je connais bien cet homme.

Vous aurez la vérité plus vite si je démasque ses mensonges.

J'ajouterai que je vous offre mon aide

Ă  titre gratuit.

Est-ce un soupir d'irritation ou d'acceptation ?

Les deux.

TrĂšs bien.

Si vous m'accompagnez, j'insiste sur trois points.

J'accepte.

Puis-je au moins les citer ?

Vous pouvez, mais j'accepte.

Ne parlez que si je vous y autorise. Restez impassible.

N'agissez que sous mes ordres.

Vous avez ma parole. J'ai hĂąte de vous voir Ă  l'oeuvre.

N'essayez pas de me charmer pour vos propres intĂ©rĂȘts.

Ce n'est pas mon genre.

Si vous le dites.

M. Malone ?

Non. Il vient de partir.

Vraiment ? Et vous ĂȘtes ?

Qui ĂȘtes-vous ?

Inspecteur Blake, de Scotland Yard.

C'est lui.

Thomas K. Malone.

Taisez-vous, Miss Scarlet.

Eliza Scarlet !

Ca alors ! Nous sommes de vieux amis.

Les amis ne s'attachent pas aux tuyaux sales d'un sous-sol.

Pardon.

Continuez.

Discutons à l'intérieur.

Votre arrivée à Londres ?

Il y a environ six mois.

J'ai quitté Boston pour m'installer ici.

Dans vos anciens locaux, je crois.

Nash et Fils.

Il n'a pas de fils. Ce vieux renard est rusé,

mais il m'a fait un bon prix.

Quand avez-vous rejoint le syndicat des détectives privés ?

Peu aprĂšs m'ĂȘtre installĂ©, pour les affaires.

J'ai perdu mon temps et mon argent.

Cent livres par an, pour rien.

Un verre ?

Moi, si. J'ai fini ma journée.

Enfin, je croyais.

Je vous envoie ma facture ?

Essayez toujours.

Laissez-moi deviner.

C'est au sujet de Fletcher.

Il meurt subitement.

Je suis son rival, vous me soupçonnez.

Entre autres choses.

Si je l'avais tué, je nierais.

Si je ne l'avais pas tué, c'est le cas, je nierais aussi.

Le vin est le seul bon souvenir de mon séjour en France.

Vous m'avez bien eu.

Ils ne m'ont libéré qu'aprÚs deux semaines.

Si vous voulez des excuses, vous attendrez longtemps.

OĂč Ă©tiez-vous hier soir ?

Ici. Je peaufinais mon discours électoral.

Sachez que j'ai des témoins.

Tout mon personnel.

Je n'aimais pas Edmund Fletcher.

Il ne pensait qu'Ă  se remplir les poches.

Le syndicat a besoin de quelqu'un de sérieux.

De quelqu'un d'intĂšgre et de visionnaire.

Comme vous ?

Le comitĂ© est prĂȘt Ă  accueillir une nouvelle tĂȘte.

Si j'avais été président,

j'aurais convaincu votre ami de faire appel à des détectives.

Elle travaille avec vous ?

Pas avec lui.

Pour lui.

M. Malone, puisque vous ĂȘtes visionnaire et intĂšgre,

parlez-moi de Cynthia Quinn.

Une de vos employées.

Cynthia ? Et alors ?

Cynthia Quinn...

Elle a postulé pour un poste de secrétaire à Scotland Yard.

C'est un pays libre, ça la regarde.

Nous perdons notre temps, vous et moi.

Vous savez Ă  qui vous devriez parler ?

Archibald Spilsbury.

Dix-sept ans de vice-présidence à gérer les erreurs de Fletcher

en attendant qu'il démissionne.

Si vous voulez mon avis,

il en a eu assez d'attendre.

Vous avez vu la bouteille ?

ChĂąteau LemaĂźtre. Le mĂȘme vin trouvĂ©...

Sur les lieux du crime.

- Ca ne peut pas ĂȘtre... - Une coĂŻncidence.

Il a peut-ĂȘtre raison pour Spilsbury.

- Vous allez... - Oui.

OĂč va-t-on ?

J'ai d'autres pistes Ă  suivre. Allez oĂč vous voulez.

Je vous rejoins Ă  Scotland Yard et nous planifierons la suite.

Il n'y a pas de "nous". J'ai été trÚs clair.

C'est de la vanité ? C'est ça ?

Ce serait risqué de me laisser résoudre votre affaire.

Si c'est ça, c'est mesquin.

Si j'étais mesquin, je vous reprocherais d'avoir ignoré

toutes mes demandes pendant notre entretien avec Malone.

Je ne retourne pas Ă  Scotland Yard.

AprĂšs un rendez-vous, je rentrerai chez moi.

Chez vous ?

J'ai une vie en dehors du travail.

Comme vous.

Quelle soirée merveilleuse.

Rien de tel qu'une excellente compagnie,

un bon verre de vin et une intense partie de gin rami.

Oui, il n'y a rien de mieux pour la santé.

Je n'exagĂšre pas quand je dis que trois morgues, c'est...

Trois fois plus de travail. Oui, tu l'as dit.

Tout va bien, ma chĂšre ?

T'aurais-je contrariée ?

La journée a été longue, c'est tout.

Pour nous tous.

Ne parlons plus du travail.

N'est-ce pas, Miss Scarlet ?

Cela dit...

ce serait dommage.

Par un étrange hasard,

nous avons parlé de vous, Miss Scarlet.

J'ai fait une remarque des plus humoristiques.

En effet, quand l'inspecteur Blake est passé

prendre les résultats de l'autopsie de M. Fletcher,

le président du syndicat des détectives privés,

qui nous a offert une bouteille de champagne

au restaurant,

et que vous avez aspergé de vin.

J'ai donc dit Ă  l'inspecteur :

"Je m'étonne que Miss Scarlet ne soit pas suspecte."

C'était un trait d'humour.

Oui.

J'avais compris.

L'autopsie a-t-elle déterminé le poison utilisé ?

En effet. L'information est confidentielle.

Je travaille avec l'inspecteur sur cette affaire.

Nous soupçonnions plusieurs poisons, vous ne feriez que confirmer.

Je ne peux pas...

De la strychnine ?

Non.

Du cyanure d'hydrogĂšne ?

ArrĂȘtez, vous deux !

Dis-lui, qu'on en finisse !

Physostigma venenosum,

la fĂšve de Calabar.

Je n'en dirai pas plus !

La marque de piqûre sur sa main venait bien d'une seringue ?

Bien sûr.

Excellent.

C'est ton tour.

Je sais que c'est mon tour.

Bonjour, Clarence.

Bonjour.

J'ai des nouvelles.

Le poison qui a tué M. Fletcher

est rare et sophistiqué.

Ajouté à un aliment,

il prend des heures, voire des jours, pour faire effet.

Le coeur lĂąche,

avec toutes les apparences d'une mort naturelle, cependant...

M. Fletcher a été tué par une injection intraveineuse.

Il est mort subitement. La question est donc...

Pourquoi parler d'une affaire qui ne concerne que Scotland Yard ?

Pourquoi prendre la peine de chercher un poison rare et lent

si c'est pour l'injecter dans le corps de la victime ?

La piqûre est visible

et le meurtre facile à détecter.

J'ai fait quelques recherches.

La fÚve de Calabar dont est tiré ce poison

pousse en Afrique de l'Ouest

oĂč Fletcher et Spilsbury ont servi dans l'armĂ©e.

Intrigant, n'est-ce pas ?

Oui, mais ça ne change rien au fait que ce n'est pas notre enquĂȘte.

C'est l'occasion de faire nos preuves.

J'admire votre ténacité,

mais enquĂȘter de notre cĂŽtĂ© risque aussi

de nous mettre l'inspecteur Ă  dos.

Le risque en vaut la chandelle.

Nous sommes d'accord.

Je vais enquĂȘter davantage sur M. Spilsbury.

Nulle seringue n'a été trouvée.

S'il est impliqué, il a dû la cacher quelque part.

Pendant ce temps-lĂ , j'ai une mission pour vous.

Seigneur...

Ce poison est difficile Ă  trouver.

Allez voir ce trafiquant

de produits exotiques sur le marché noir.

"Exotique" étant un euphémisme pour "dangereux" ?

Il est loin d'ĂȘtre dangereux.

M. Gibson ?

- Qui le demande ? - Pardon.

Mais c'est urgent.

Je ne traite qu'avec les gens que je connais.

Je suis un associé de Miss Scarlet,

que vous avez rencontrée à plusieurs reprises.

Connais pas.

Nous recherchons une liste

de fournisseurs d'un poison particulier.

Le physostigma venenosum.

La fĂšve de Calabar.

Je vends des oeuvres d'art avec toutes les garanties,

pas des poisons.

Miss Scarlet dit que vous avez diversifié votre activité.

Vous proposez désormais une gamme plus éclectique de produits.

Elle dit aussi que vous ĂȘtes trĂšs prudent

et m'a conseillé de vous offrir une compensation...

d'ordre financier.

Je pourrai peut-ĂȘtre vous renseigner,

si le prix est correct.

Payez mon secrétaire.

Votre secrétaire ?

Une nouvelle recrue

pour assurer le bon déroulement de ma diversification.

Qui pourrait fournir ce poison particulier ?

Je n'en sais rien.

Je viens de payer pour cette information.

Oui, et l'information est que je n'en sais rien.

Remboursez-moi !

Pas de remboursement.

Voyez ça avec mon secrétaire, en sortant.

M. Spilsbury ?

J'ai un revolver et je n'ai pas peur de m'en servir.

C'est vrai ?

Non.

Que faites-vous lĂ  ?

La mĂȘme chose que vous.

Vous ĂȘtes entrĂ©e par effraction.

Moi, j'ai un mandat. Vous saisissez la différence ?

Si vous me laissiez vous aider, je n'en serais pas lĂ .

A l'aide ! Au secours !

Ca vient d'en bas.

Attendez ici.

A l'aide ! Au secours !

Malone.

Ce n'est pas la premiÚre fois que je vous trouve ligoté.

Vous devriez repenser vos méthodes.

C'est la faute de Spilsbury.

Il m'a invité pour discuter de son retrait des élections.

On a pris un verre.

Sans crier gare, il m'a assommé.

J'ai repris conscience ici.

Il voulait m'évincer du vote de ce soir.

Si vous n'y allez pas, il sera élu président par défaut.

Cet homme est fourbe.

OĂč a lieu ce vote ?

Merci.

Merci Ă  tous.

J'espĂšre me montrer digne de votre confiance,

en mémoire de mon cher ami

et collĂšgue,

Edmund Fletcher.

Que Dieu ait son Ăąme.

Allons-y.

Bonjour, messieurs.

Que voulez-vous ?

C'est votre local commercial, trĂšs astucieux.

Une façade des plus banales

qui cache une caverne d'Ali Baba...

Que voulez-vous ?

Je me suis renseigné sur vous, je voudrais votre confirmation.

De quoi parlez-vous ?

Le marché noir vous connaßt sous le nom d'Archibald Gibson,

mais vous ĂȘtes Stanley Grimsdyke, de Northampton.

- Et alors ? - Votre femme vit lĂ -bas.

Elle vous croit mort.

- Un accident de bateau, c'est ça ? - Vous avez vu Gladys ?

Pas encore, mais j'en ai l'intention.

Elle est facile Ă  trouver.

La seule bouchĂšre du Sud de l'Angleterre.

Elle peut vous découper une vache d'une main, paraßt-il.

Peut-ĂȘtre pourriez-vous vous creuser la tĂȘte

et me donner la liste des revendeurs que je vous ai achetée hier.

Sinon, Mme Gibson découvrira qu'elle n'est plus veuve.

Je suis sûr qu'elle sera ravie de retrouver son mari bien-aimé.

Vous avez une plume ?

Bonjour...

L'inspecteur Blake est lĂ  ?

Miss Scarlet.

Quelle agréable surprise.

Bonjour, inspecteur Blake.

Voulez-vous entrer ?

Oui.

Merci.

Combien de fois t'ai-je dit de ne jamais ouvrir ?

120, papa.

Mme Bambury va te servir ton petit déjeuner.

Sois sage et je te lirai la suite ce soir.

Pardon de vous déranger chez vous, inspecteur Blake,

mais cette information ne pouvait pas attendre.

On m'a dit à votre bureau que vous étiez en retard.

J'ignorais que vous aviez des enfants.

Une seule.

- Comment s'appelle-t-elle ? - Sophia.

Elle a quel Ăąge ?

Quelle information ?

Mon assistant a retrouvé un homme qui revend des poisons rares,

dont la fĂšve de Calabar.

Je sais que vous m'avez répété ne pas avoir besoin de mon aide,

mais sachez qu'une fois engagée dans une affaire,

je la mĂšne Ă  son terme.

Quoi qu'il arrive.

Vous ĂȘtes tenace, je vous l'accorde.

- Spilsbury n'est pas le meurtrier. - Je suis d'accord.

Il a admis avoir agressĂ© Malone, mais ça s'arrĂȘte lĂ .

Je sais qui a acheté le poison.

Il faudra vous appliquer.

Bien sûr.

Ceci est une agence haut de gamme.

Commencez dĂšs que possible.

Que se passe-t-il ?

J'ai déjà fait ma déposition.

Cynthia Quinn,

je vous arrĂȘte pour le meurtre d'Edmund Fletcher.

On a fouillé chez vous

et on a trouvé une seringue cachée sous votre lit.

Elle contient des résidus du poison qui a tué Fletcher.

Je le jure, je ne l'ai pas tué.

Je le connaissais depuis toute petite.

Il a servi avec mon pĂšre.

A sa mort, M. Fletcher a aidé ma mÚre comme il a pu.

Je n'aurais jamais fait ça.

Pourquoi acheter le poison ?

Je travaillais pour M. Fletcher.

Je lui rendais des petits services.

Suivre quelqu'un par-ci, faire un rapport par-lĂ .

Un jour, il m'a demandé de me faire employer chez Malone.

Il le détestait.

Il l'appelait "le parvenu américain".

Il était terrifié à l'idée que Malone le détrÎne.

Il gagnait bien sa vie en tant que président,

grĂące Ă  tous les pots-de-vin.

Vous deviez trouver de quoi discréditer Malone ?

Malone est la pire des fouines,

mais il n'y avait pas grand-chose Ă  signaler.

A part le fait qu'il boit une bouteille de vin par jour.

La bouteille qu'on a trouvée était pour Malone ?

Le poison aussi ?

J'ai pris la bouteille dans le placard de Malone,

et le poison, comme M. Fletcher me l'avait demandé.

Il comptait injecter le poison Ă  travers le bouchon.

Malone serait mort en quelques jours

de causes apparemment naturelles.

Que s'est-il passé ?

M. Fletcher avait les mains qui tremblaient.

Au moment de piquer le bouchon,

sa main a glissé.

Cet idiot s'est piquĂ© lui-mĂȘme.

C'était horrible.

Vous avez pris la seringue ?

Pour qu'on ne remonte pas jusqu'Ă  moi.

Pourquoi avoir postulé à Scotland Yard ?

C'est Malone.

Il m'aurait payé pour tout rapport sur des affaires confidentielles.

C'est un bon moyen de trouver du travail.

Vous ĂȘtes une acharnĂ©e, Miss Quinn.

Quand on a grandi comme moi, on est prĂȘt Ă  tout pour s'en sortir.

Son histoire est convaincante.

Vous la croyez ?

Elle n'avait aucun mobile et Fletcher la payait bien.

Pour une femme comme elle, tout est question d'argent.

Bon travail.

"Mais" ?

Pas de "mais".

Ma phrase était complÚte.

Merci.

J'ai une surprise.

Pour votre fille.

"Alice au pays des merveilles".

C'était mon préféré quand j'étais petite.

Il n'y a pas de pirates, mais c'est une grande aventure.

Merci.

Elle peine Ă  s'adapter Ă  son nouvel environnement,

sa nouvelle maison, sa nouvelle école.

Sa nounou l'a frappée ce matin.

Elle est maintenant chez notre voisine, Mme Bambury.

Puis-je vous demander...

oĂč est sa mĂšre ?

Ma femme

est décédée il y a quelques années.

Je suis navrée.

Je sais ce que c'est, que de perdre sa mĂšre si jeune.

Le secrétariat n'attend que vous.

Vous avez sélectionné la meilleure candidate ?

Bien sûr.

Au nom de Scotland Yard, je vous souhaite la bienvenue

dans notre nouveau secrétariat.

J'espĂšre que vous aimerez y travailler.

Nous vous demandons de travailler dur,

dans la discrétion et la confiance.

Je me réjouis de travailler avec vous.

Encore une fois,

soyez les bienvenues Ă  Scotland Yard !

Adaptation : Eric Bigot

Sous-titrage : IMAGINE

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