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Original subtitles

C'est pas de la mauvaise foi. Je peux pas le sentir.

Je sais.

Pas parce qu'il a pris mon poste.

Charlie, au risque de me répéter, ce n'était pas votre poste.

- Vous étiez... - Inspecteur par intérim, je sais.

- Ca n'a rien Ă  voir. - Vraiment ?

J'ai le droit d'avoir quelqu'un dans le nez.

Surtout quand il me pique mon poste.

Bonjour, inspecteur.

Bonjour.

Tout est prĂȘt ?

Oui, inspecteur Blake.

Allons-y.

Police, ouvrez !

Allez-y.

Attendez.

Autant vérifier d'abord.

Dispersez-vous.

Deux hommes par piĂšce.

En tout cas, moi, je le trouve impressionnant.

Ca m'étonne pas.

Il a passé deux ans à Hong Kong. Il parle mandarin.

Ca nous fait une belle jambe.

Et il a servi partout dans le monde...

ArrĂȘte.

- Qu'y a-t-il ? - Rien.

Je veux juste que tu la fermes.

On a fouillé la pension. On n'a trouvé personne qui...

Attendez ici.

Police ! Pas un geste.

Miss Scarlet.

Inspecteur Blake.

Je peux tout expliquer.

Posez les scellés et faites venir le photographe.

A vos ordres.

Puis-je expliquer ?

En ĂȘtes-vous capable ?

Avant tout, gardez un esprit ouvert.

Je vais vous aider à élucider ce meurtre.

Miss Scarlet.

Depuis notre récente rencontre,

j'ai dit clairement ne pas avoir besoin de votre aide.

Croyez-vous ?

Le corps est au deuxiÚme stade de la rigidité cadavérique, donc...

La mort a eu lieu entre 2 et 6 h du matin, je sais.

Et l'absence de blessures défensives ?

Une attaque soudaine, je le sais aussi.

Mais j'ignore pourquoi je vous ai trouvée avec un mort.

C'est... compliqué.

Je vous arrĂȘte pour meurtre.

D'accord. Pas si compliqué que ça.

Je connais son nom.

Le nom du défunt.

Mais pas vous.

Je m'en doutais. Je sais aussi qui l'a poignardé.

Je suis prĂȘte Ă  vous le dire,

mais si vous voulez m'emmener Ă  Scotland Yard,

me mettre en cellule

et attendre qu'une salle d'audition se libĂšre, ne vous gĂȘnez pas.

Commencez par le début. N'omettez aucun détail.

Tout a commencé il y a un mois.

Avant que vous ne soyez en poste.

Tout allait bien, Ă  l'agence.

On me confiait des affaires aussi nombreuses qu'intéressantes.

Tout allait mĂȘme extrĂȘmement bien.

J'ai donc pu réembaucher un ancien collaborateur,

un comptable versé dans le droit civil et pénal,

le trÚs estimé Clarence Pettigrew.

Outre nos clients privés, nous secondions aussi Scotland Yard,

grĂące Ă  mes liens avec le brigadier Phelps.

Miss Scarlet, Clarence !

Je ne vous dérange pas ?

J'aurais besoin de votre aide pour une affaire mystérieuse.

Elle est taillée sur mesure pour vos remarquables talents.

ArrĂȘtez tout de suite.

Le brigadier Phelps n'a jamais été aussi poli de sa vie.

MĂȘme avec sa propre mĂšre.

Et quant au trÚs estimé Clarence Pettigrew,

il a fait 18 mois de prison pour escroquerie.

Chacun mérite une seconde chance.

Je le crois aussi.

Alors recommencez, mais cette fois, en disant la vérité

et sans vous mettre en valeur.

Quelle accusation indigne !

Entendu. Mais je tiens Ă  signaler

que nous avons bien reçu la visite du brigadier Phelps.

MĂȘme si j'ai peut-ĂȘtre exagĂ©rĂ© sa bonne humeur.

Fermez-la et écoutez. J'ai pas envie de m'attarder ici.

J'ai cinq hommes malades, du boulot par-dessus la tĂȘte,

et j'ai pas dormi de la semaine, vu que ma femme a encore accouché.

Puis-je vous féliciter ?

Si vous voulez une baffe.

Tenez, si ça vous tente.

Vous souhaitez nous engager ?

Pour moi, c'est des balivernes. Ca mĂšnera Ă  rien.

Mais c'est ça de moins sur mon bureau.

Lord Spencer Bowden, quatriĂšme comte du Cheshire.

Il a disparu il y a 12 ans, accusé d'avoir tué sa maßtresse.

Je m'en souviens. Ca a fait scandale.

Tous les journaux en ont parlé.

C'était sa bonne, non ? Il l'a poignardée en plein coeur.

Des mandats d'arrĂȘt ont Ă©tĂ© lancĂ©s en vain.

Avec sa fortune, c'est facile de disparaĂźtre.

Il a été vu à Edimbourg, en Cornouailles,

et mĂȘme aux Antilles et au Canada, mais rien de concluant.

Il y a du nouveau ?

Il a été aperçu de nouveau. A Londres, cette fois.

Pour rester introuvable aussi longtemps,

il doit utiliser des comptes à l'étranger.

Je me renseigne.

Je rends visite à notre témoin, Amelia Bowden.

Son épouse ?

Sa fille.

J'espérais plutÎt une visite de la police.

Mon agence a été engagée par Scotland Yard.

Nous respectons les normes les plus élevées de la profession.

Vous ne ferez pas pire.

Cela fait 12 ans

qu'Edith a été tuée, et la police n'a toujours pas retrouvé mon pÚre.

Edith était votre bonne ?

Vous connaissez cette histoire immorale.

Tout le monde la connaĂźt.

Vous croyez votre pĂšre coupable ?

Oui.

Il a fait tant de mal Ă  tant de personnes.

Ses actes ont causé la mort de ma mÚre.

Dieu ait son Ăąme.

Pardonnez-moi.

Vous n'avez pas Ă  demander pardon, Miss Bowden.

Vous avez récemment déclaré à la police avoir vu votre pÚre.

C'était dimanche matin.

Je sortais pour aller assister Ă  un sermon Ă  Saint-Luc

quand je l'ai vu de l'autre cÎté de la rue.

Nos regards se sont croisés.

J'ai été submergée par la colÚre,

et, je l'avoue, par une dose de crainte.

Je suis rentrée pour regagner ma contenance.

Quand j'ai regardĂ© par la fenĂȘtre du salon, il Ă©tait parti.

C'Ă©tait lui, vous ĂȘtes sĂ»re ?

C'est mon pÚre, Miss Scarlet. J'en suis sûre.

Avez-vous été en contact, durant son absence ?

J'ai reçu des lettres demandant de l'argent,

mais c'étaient des escrocs se faisant passer pour mon pÚre.

Sa notoriété est largement répandue.

Tout autant que le déshonneur qu'il nous a infligé.

Il a fait de nous des parias.

Il a détruit notre nom, notre réputation.

Vous devez le retrouver

avant qu'il ne cause d'autres souffrances.

Il y a du hachis Parmentier pour le dĂźner.

TrĂšs bien. Je vais parler tout seule.

"Comment vas-tu, Ivy ?"

"EpuisĂ©e. Je n'ai pas arrĂȘtĂ©. Mais merci de ta sollicitude."

Pardon.

J'étais distraite.

J'avais compris. Hachis Parmentier ?

Tu peux cuisiner autre chose.

C'est parfait, merci.

J'oubliais. Elle est arrivée aujourd'hui.

Postée de New York.

Tu ne la lis pas ?

Si. En privé.

TrĂšs bien.

Je ne vois pas le rapport.

- Vous avez exigé tous les détails. - Liés à l'affaire.

Mais cette lettre ?

Elle était de votre prédécesseur, l'inspecteur Wellington.

On lui a proposé un poste permanent à la police de New York,

avec le grade de commissaire,

ce qu'on ne lui aurait pas proposé à Londres.

C'était une excellente nouvelle.

Pourquoi vous écrit-il ?

Nous sommes...

de vieux amis.

J'étais donc contente pour lui. Plus que contente, ravie !

Je ne vous crois pas.

C'est un vieil ami, et j'étais ravie.

Je ne crois pas que vous puissiez m'aider.

Vous gagnez du temps.

Je ne sais pas pourquoi.

Mais je le saurai.

Je vous embarque.

On commencera par entrave Ă  la justice.

Le défunt s'appelle Jonathan Harbourne.

Il habite au 215, Cable Street.

Vous y trouverez la preuve de son identité.

215, Cable Street ?

Brigadier Fitzroy.

Chef ?

- Allez Ă  cette adresse. - A vos ordres.

Prenez Irwin et Phelps, et tenez-moi au courant.

Compris, chef.

Lizzie.

J'aimerais savoir quoi dire pour te consoler.

Il n'y a rien Ă  dire.

Il ne reviendra pas.

Tu te souviens de ce que disait ton pĂšre ?

On pleure quand tout espoir est perdu.

Tu as de l'espoir, Lizzie.

Tu as toute la vie devant toi.

Il disait aussi :

"ArrĂȘte de pleurer ou tu seras privĂ©e de souper."

Tu n'en étais jamais privée !

Lizzie !

Clarence ? Vous aviez pris la journée.

C'est vrai que c'était prévu,

mais parfois, il faut savoir changer ses plans !

Tout va bien ?

J'ai appris, pour l'inspecteur Wellington.

Je ne voulais pas que vous soyez seule au bureau.

Ivy vous a parlé.

Clarence, je vais trĂšs bien.

Vous dites cela,

mais nous savons tous deux qu'il n'en est rien.

J'ai longuement réfléchi,

et j'ai conclu qu'à ce moment précis,

avoir de la compagnie pourrait vous réconforter.

Une compagnie discrĂšte, ou mĂȘme muette.

Je ne sais jamais quoi dire sur les affaires du coeur.

MĂȘme lĂ , je suis un peu dĂ©passĂ©.

Eh bien,

dans ce cas, merci, Clarence.

Et je voulais vous parler.

Seigneur.

Pas de cela.

Ca concerne le brigadier Phelps.

Il nous a confié l'affaire Bowden, mais il est là par intérim.

Comme l'inspecteur Wellington ne reviendra pas,

je pense que Charlie Phelps

sera remplacé par un candidat permanent.

Il pourrait nous retirer l'affaire ?

Tout Ă  fait.

Qui pourrait savoir qui va remplacer Phelps ?

J'ai ma petite idée.

Comment avez-vous le droit d'utiliser ce bureau ?

Je n'ai pas vraiment le droit. Le directeur n'est pas au courant.

J'ai un petit arrangement financier avec un gardien.

Vous soudoyez un gardien ?

C'est passible de prison.

Comment allez-vous, Eliza ?

J'ai besoin de votre cerveau.

Mon cerveau est Ă  votre disposition.

Vous le savez.

L'inspecteur Wellington va rester Ă  New York.

J'ai appris ça.

J'aimerais savoir qui sera nommé officiellement à sa place.

Je doute que ce soit Phelps.

Votre instinct ne se trompe pas.

On parle beaucoup d'un inspecteur de Bristol

du nom d'Alexander Blake.

On en sait peu à son sujet, mais il a une excellente réputation.

Travailleur, honnĂȘte, il a tous les dĂ©fauts.

C'est un ancien officier de l'armée.

Il a bourlingué dans tout l'Empire. Et il y a autre chose.

Ca va vous déplaire.

Poursuivez.

Il n'engage pas de détectives privés.

Il a fait chuter le crime Ă  Bristol uniquement avec ses hommes.

La ville a fait des économies.

Pas étonnant qu'il plaise. Cependant...

si quelqu'un peut le faire changer d'avis...

Je ferai mon possible.

Merci de vos lumiĂšres, Patrick.

Il vous a demandé de le rejoindre à New York, pas vrai ?

Votre inspecteur.

Mais cela aurait été en tant qu'épouse.

L'Ă©pouse d'un commissaire ne peut ĂȘtre dĂ©tective.

Vous auriez dĂ» abandonner tout ce que vous avez construit.

Si vous ĂȘtes si malin, que faites-vous en prison ?

Je me le demande chaque jour.

J'ai envoyé le brigadier Fitzroy chez le mort.

Court-il un risque en s'y rendant ?

Pas que je sache.

Vous parliez du lien entre le départ de l'inspecteur Wellington

et cette affaire.

J'ai été engagée par le brigadier Phelps

pour localiser un fugitif, Lord Bowden.

Vous avez remplacé le brigadier Phelps.

Pour confirmer le contrat,

je suis passée vous voir.

Vous devez vous en souvenir.

Ca, je m'en souviens.

- Bonjour, Eliza ! - Bonjour.

- Vous allez bien ? - TrĂšs bien, merci.

Qu'est-ce qui vous amĂšne ?

Je viens voir l'inspecteur Blake. Il commence aujourd'hui ?

C'est exact. Avant que vous n'entriez...

Oliver, écoutez.

L'inspecteur Wellington me manquera.

Il me manquera beaucoup. Comme à vous, j'en suis sûre.

Mais il a pris sa décision, respectons-la.

Merci pour votre gentillesse, mais je vais trĂšs bien.

Je voulais dire que M. Blake est dans un autre bureau.

Il est au premier étage.

Eh bien...

Merci.

Inspecteur Blake ?

Félicitations pour cette nomination.

C'est tout à fait mérité.

Vous ĂȘtes ?

Miss Eliza Scarlet.

Je viens vous informer sur l'affaire Bowden.

Scotland Yard m'a engagée suite à sa réapparition.

Vous travaillez pour un détective ?

Je possÚde une agence de détectives.

Le moment est opportun

pour exposer l'historique de ma relation de travail

avec vos prédécesseurs.

Voici des rapports d'enquĂȘtes, des lettres de rĂ©fĂ©rence,

ainsi que des coupures de journaux

à propos des affaires que j'ai aidé à élucider.

Vous perdez votre temps. Je n'engage pas de détectives.

Puis-je présenter mes avancées sur l'affaire Bowden ?

Inutile. Mes hommes s'en chargeront.

Si vous avez un contrat,

vous serez dédommagée pour le travail accompli.

Bonne journée.

Il faut du temps

pour comprendre les difficultés que pose cette ville.

Pourquoi ne pas faire appel Ă  des gens qui la connaissent ?

C'est une observation judicieuse, j'en tiendrai compte.

Si je change d'avis, je vous le ferai savoir.

Vous dites ça pour que je parte.

Oui.

Miss... ?

Scarlet, comme je l'ai dit.

Miss Scarlet, j'ai découvert, à mes dépens,

que les détectives étaient inférieurs aux policiers.

Je m'en méfie,

je n'en utilise jamais, je n'ai aucun besoin.

Je ne veux pas ĂȘtre impoli.

On s'y tromperait.

Fermez la porte en partant.

Pour une premiÚre visite, ce n'était pas idéal.

Sauf si vous vouliez m'irriter et m'insulter.

Je ne vous ai pas insulté !

Ca devait ĂȘtre une autre femme dĂ©tective, alors.

Vous avez une raison pour me raconter ça,

étant donné que j'étais là.

J'ai mis fin Ă  votre contrat, donc vous cherchiez un indice

qui me prouve ma méprise et me pousse à vous réengager.

C'est à peu prÚs ça.

Poursuivez.

Le lendemain de notre rencontre, j'ai revu Amelia Bowden,

qui m'a parlé du cambriolage.

C'est arrivé quand ?

Hier soir. A mon retour, la maison avait été mise à sac.

J'ai attendu la police toute la matinée,

mais personne n'est venu.

Qu'est-ce qui a été volé ?

De l'argenterie,

des bijoux, des oeuvres d'art, tout a disparu.

Il a mĂȘme pris l'alliance de ma mĂšre.

"Il" ?

Mon pĂšre.

C'est pour ça qu'il est revenu.

Il n'a plus d'argent

et il en est réduit à dépouiller sa chair et son sang.

Vous ĂȘtes sure que c'Ă©tait lui ?

Il y a un coffre-fort dans son ancien bureau.

Il a été ouvert avec la combinaison.

Vous étiez sortie. Vos domestiques étaient présents ?

Je n'ai plus qu'une bonne, désormais.

Et elle refuse d'habiter ici.

Elle est superstitieuse.

Mon pĂšre a commis un meurtre

dans la chambre de bonne.

La liste des objets volés.

De l'argenterie, des bijoux, un tableau de Gainsborough.

Retournons au bureau.

Réfléchissons à la suite. Il nous faut un plan.

Un plan, c'est ce que je préfÚre.

Moi aussi, Clarence. Ca, et un pense-bĂȘte.

Oh, oui. Ca aussi.

Ce pauvre Bowden a besoin d'argent rapidement.

On pourrait aller voir

des prĂȘteurs sur gages peu regardants.

Il ne ferait pas ça. Il a besoin de beaucoup d'argent.

Il toucherait au mieux un cinquiĂšme de la valeur.

Mais il y a des endroits oĂč il obtiendrait beaucoup plus.

Vous connaissez un de ces endroits ?

Peut-ĂȘtre, mais...

Ce n'est pas le genre d'endroits que je fréquente.

Tout ira bien. Ca ne doit pas ĂȘtre si terrible.

Un client de M. Nash m'a parlé de cet endroit.

J'ignorais que c'était aussi... authentique.

Il faut donner un message codé pour entrer.

Je crois m'en souvenir.

Vous croyez ?

Bonsoir.

Je suis un ami de Wang Zhenglin.

J'ai un cadeau pour sa fille.

Pas pour sa fille. Pour sa soeur.

Pour sa tante ?

Ca devrait suffire pour toute la famille.

TrĂšs seyant. On y va ?

C'est une vente aux enchÚres pour spécialistes.

Pas de questions posées aux acheteurs ou aux vendeurs,

et la clientĂšle a de gros moyens.

A la place de Lord Bowden, c'est ici que je viendrais.

MĂȘme masquĂ©, c'est risquĂ© pour lui de venir en personne.

Sauf s'il est aux abois. Vous avez une photographie ?

Non, aucune récente. Il a disparu depuis 12 ans.

Ca change du bureau, pas vrai ? Je m'amuse plus que je ne pensais.

Bonsoir, mesdames et messieurs.

Merci d'assister Ă  ce qui est peut-ĂȘtre

notre vente la plus fascinante depuis longtemps.

Commençons par le lot numéro 1.

Le lot 14 est mis Ă  prix Ă  120 livres.

Qui dit mieux ?

Adjugé à 120 livres.

C'était le 14e lot.

Toujours rien.

Et si Lord Bowden ne connaĂźt pas cet endroit ?

On pourrait interroger le commissaire-priseur,

pour voir ce qu'il sait.

Excellente idée, Clarence.

Je sais. Merci, Eliza.

Passons au lot 15.

Un magnifique service à découper de Robert Kane en argent massif,

un ensemble de bijoux

et un tableau authentifié

de M. Thomas Gainsborough.

Lady Bowden a parlé d'un Gainsborough volé,

ça doit ĂȘtre ça.

Vu la nature exceptionnelle de ces piĂšces,

la mise Ă  prix est Ă  600 livres.

600.

Merci, monsieur. Qui dit mieux ?

605.

Il se trahira peut-ĂȘtre.

610.

615.

- Clarence. - C'est lui ?

Je ne sais pas, mais il me dit quelque chose,

mĂȘme avec son masque.

Son visage...

Qui dit mieux ?

Impossible de mettre le doigt dessus.

640.

- Vous avez vu ? - Vu quoi ?

Il est mĂȘlĂ© Ă  ça, je le sens.

Regardez ses réactions.

700.

700. Qui dit mieux ?

700 livres.

Qui dit mieux ?

Une fois...

Deux fois...

750 !

Vous ĂȘtes folle ?

Vous voyez ?

Une offre généreuse de la dame au fond.

750.

Est-ce que j'entends 760 ?

Puis-je poser une question ?

Que se passe-t-il si vous gagnez ?

L'enchĂšre est Ă  750 livres, la dame au fond de la salle.

750, une fois...

Deux fois...

Adjugé à la dame au fond de la salle.

Vous n'avez pas 750 livres sur vous ?

Pas vraiment.

Police !

ArrĂȘtez !

Qui ĂȘtes-vous, bon sang ?

Je vous retourne la question.

Non, s'il vous plaĂźt !

Je peux tout expliquer...

Vous vous méprenez. Je travaille pour Scotland Yard.

Je n'ai rien Ă  faire ici.

Dans le panier Ă  salade.

- Emmenez-les Ă  Scotland Yard. - A vos ordres.

Mais enfin !

- Chef ! - Oui ?

Miss Scarlet.

Que faites-vous ici ?

La mĂȘme chose que vous, sans nul doute.

Mais j'ai des informations cruciales.

Lesquelles ?

Je n'ai pas trĂšs envie de le dire.

Sauf si vous honorez notre accord et réengagez mon agence.

- C'est du chantage. - C'est de bonne guerre.

Ca ne marchera pas.

L'homme qui vendait les biens volés.

Ce n'était pas Lord Bowden.

Vous l'avez vu ?

Peut-ĂȘtre bien que oui, peut-ĂȘtre bien que non.

L'homme que j'ai vu s'enfuir n'est pas lĂ -dedans.

Vous ĂȘtes sĂ»re ?

Certaine.

Je l'ai reconnu, mais impossible de me souvenir d'oĂč.

Vous ĂȘtes tenace, je le concĂšde.

MĂȘme vos compliments ressemblent Ă  des insultes.

C'est un vrai talent.

Puis-je poser une question ?

Pourquoi je n'engage pas de détectives ?

J'ai eu de mauvaises expériences au fil des années.

J'ai engagé une agence

qui travaillait pour les criminels que je traquais.

Une autre m'a caché des indices pour gonfler ses honoraires.

La liste est longue,

et en résumé, je n'ai aucun respect envers votre profession.

Il y a des exceptions dans chaque métier.

Vous, par exemple ?

Vous savez peu de choses sur moi.

J'en sais assez.

Qu'avez-vous déduit de nos deux entrevues ?

Vous ĂȘtes ambitieuse et dĂ©terminĂ©e.

Votre parcours le prouve.

Vous pensez que la fin justifie les moyens,

donc vous déformez la vérité pour atteindre votre but.

Et Ă  chaque fois que vous mentez,

vous vous trahissez par un tic évident.

Je n'ai pas de tic.

Vous froncez les sourcils avant de parler.

Comme perdue dans vos pensées.

Comme si vous cherchiez le bon mot,

alors que vous savez ce que vous allez dire.

Intéressant.

Erroné,

mais intéressant.

Autre chose ?

Les poches de votre robe.

Elles servent de béquille psychologique.

Debout les mains dans les poches, comme un homme,

vous projetez une assurance que vous ne ressentez pas forcément.

Puis-je vous rendre la pareille ?

Allez-y.

Vous vous ĂȘtes installĂ© au premier Ă©tage

pour mieux affirmer votre domination.

Il faut monter pour vous voir.

Ma domination ?

M. Darwin serait impressionné.

Malheureusement, vous vous trompez. Je suis lĂ  pour la vue.

On voit la Tamise et Saint-Paul.

Vous avez une impressionnante collection de classiques.

Dickens, Hardy, TolstoĂŻ.

Les volumes sont comme neufs. Vous n'y revenez pas souvent.

Vous lisez par devoir, pas par plaisir.

A une exception. "L'Ile au trésor".

Lu et relu.

Cela suggÚre un désir caché d'aventure et d'évasion.

Il n'est pas Ă  moi.

Vous ai-je offensé ? Je n'ai rien dit de...

Regardez à nouveau les photos de délinquants.

L'homme que j'ai vu n'y est pas.

Alors, nous en avons terminé.

Bonne soirée, Miss Scarlet.

AprÚs avoir été ainsi congédiée,

je suis retournée à mon bureau consulter le dossier Bowden.

J'étais sûre d'avoir raté quelque chose,

et j'avais raison.

L'homme que nous tentions d'identifier

gßt à l'étage, poignardé en plein coeur.

Jonathan Harbourne.

Il ne pouvait pas ĂȘtre dans vos photos de dĂ©linquants.

Il n'a pas de casier. Mais je sais d'oĂč je le connais.

Il est dans le dossier.

Harbourne était le valet de chambre de Lord Bowden.

Le brigadier Fitzroy le confirmera Ă  son retour.

Il y a des clichés et des lettres des deux hommes chez Harbourne.

Mais vous aimeriez sûrement savoir qui est l'assassin ?

Vous me suivez ?

Venez !

AprĂšs le meurtre de la bonne, Lord Bowden a fui,

emportant sa fortune avec lui.

Son épouse et sa fille

ont dĂ» renvoyer les domestiques.

Notamment Jonathan Harbourne.

Comment avez-vous su qu'il était là ?

Mon collĂšgue Clarence

était à la vente aux enchÚres au moment de votre descente.

Entendu, entendu.

Il a réussi à s'éclipser.

Une fois dehors,

il a vu Jonathan Harbourne s'enfuir.

Il l'a suivi jusqu'Ă  l'adresse sur Cable Street

que je vous ai donnée.

Une fouille a révélé l'existence de cette pension abandonnée.

Sûrement une planque, en cas de besoin.

Ca nous a menés ici,

oĂč nous l'avons trouvĂ© mort.

Le couteau...

Vous l'avez remarqué, il est en argent massif.

Le poinçon indique :

"Londres, 1836,

"Robert Kane."

Un orfĂšvre de renom.

Vous reconnaissez ce poinçon ?

Il est sur l'argenterie volée chez les Bowden.

Qui n'a pas été vendue, grùce à votre descente.

L'argenterie, les bijoux, tout a été rendu à sa propriétaire.

Amelia Bowden.

Elle avait demandé à Harbourne de la cambrioler.

Il aurait été payé avec le fruit de la vente.

Ils ont dĂ» se brouiller, peut-ĂȘtre qu'il la faisait chanter.

mais c'est Amelia Bowden

qui l'a poignardé.

Son pĂšre n'a rien Ă  voir lĂ -dedans.

Elle s'est servie de lui pour cacher sa propre implication.

Clarence est parti d'ici juste avant votre arrivée.

Il a engagé deux hommes

au physique plus imposant que le nĂŽtre

pour appréhender Miss Bowden et l'amener à Scotland Yard.

Ils y sont peut-ĂȘtre dĂ©jĂ .

Nous devrions y aller.

Vous avez une voiture ?

Amelia Bowden est effectivement Ă  Scotland Yard,

mais sans votre M. Pettigrew.

Je l'ai arrĂȘtĂ©e Ă  6 h ce matin,

deux heures avant de venir ici.

Quoi ?

A mon tour de vous expliquer.

AprĂšs la descente,

la question était : qui interroger en premier ?

Comme vous le savez, certains hommes sont imperméables à la menace.

On peut passer des heures Ă  parler Ă  un mur.

Mais d'autres vendraient leurs propres enfants

pour éviter la prison.

Je n'ai rien Ă  faire ici.

Lui.

Pour faire parler les gens,

le mieux est de ne pas dire grand-chose.

Je ne sais rien au sujet de Lord Bowden.

Les vendeurs lors de ces enchĂšres sont anonymes.

On leur donne des numéros, bien sûr...

Donc, tout ce que je sais,

c'est que vous cherchez le numéro 15.

J'aimerais vous aider, mais je n'en sais pas plus.

Je pourrais demander Ă  certaines personnes.

Je me renseigne et je reviens la semaine prochaine.

Dans quelques jours ?

Demain soir ?

C'est trĂšs aimable.

D'accord, mais pas ici.

Je suis un homme mort

si on sait que je suis un mouchard.

M. Grint m'a donné rendez-vous le lendemain soir dans un pub

oĂč la biĂšre est Ă  coup sĂ»r coupĂ©e d'eau.

Vous avez vu l'homme en question ? C'était bien lui ?

OĂč l'avez-vous trouvĂ© ?

C'est lui qui m'a contacté.

Pour savoir quand a lieu la prochaine vente.

Il a d'autres choses Ă  vendre.

- Je lui dit dans un mois. - Il a donné son nom ?

Non, mais...

on a été interrompus par une dame.

Un accent distingué, riche.

Elle a dit qu'elle l'avait suivi.

Elle était trÚs en colÚre.

Ils ne voulaient pas parler devant moi,

alors, ils sont sortis.

Mais je les ai suivis.

Et ?

Ils se disputaient.

Elle disait qu'il avait volé ses biens

et qu'il devait les rendre.

Que leur accord ne tenait plus.

L'homme s'est esclaffé.

Il a dit qu'il les vendrait quand mĂȘme.

Mais que cette fois, il...

Il garderait l'argent pour lui

et qu'elle ne pourrait rien y faire.

Décrivez-moi cette femme.

C'était Amelia Bowden.

Ca confirmait mon autre piste.

Que votre M. Pettigrew a dû découvrir.

Qu'elle a renouvelé sa police d'assurance

en triplant la valeur initiale ?

Grùce à la descente de police, elle a récupéré ses biens,

mais Harbourne était mécontent que le projet capote.

Il a de nouveau volé les biens pour les revendre,

mais il comptait garder tout l'argent.

Et Miss Bowden s'est vengée.

On a débarqué chez elle à l'aube.

Selon sa bonne, elle était rentrée tard

et dans un état d'agitation.

Chef ?

Des gants ensanglantés ont été découverts.

Elle a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e et emmenĂ©e Ă  Scotland Yard.

Et pour la pension ? Elle en a parlé ?

Elle n'a pas dit un mot.

Un fiacre stationne prĂšs de chez elle.

Un cocher l'a chargée, cette nuit.

Il nous a donné cette adresse.

Miss Bowden savait que Harbourne s'en servait de planque.

Elle est venue ici Ă  sa recherche, et vous savez le reste.

Vous avez fermé la porte du grenier pour me retarder ?

Je voulais donner de l'avance Ă  Clarence,

mais c'était en pure perte.

Pas tout Ă  fait.

J'ignorais l'identité de Harbourne.

Vous l'auriez vite découverte.

Peut-ĂȘtre.

Et maintenant ? Vous m'inculpez d'entrave Ă  la justice ?

Je ne vous inculpe pas... pour cette fois.

Cet angle d'abord. La lumiĂšre est suffisante ?

Les dĂ©tails de l'arme doivent ĂȘtre clairs.

Voulez-vous nous laisser ?

Ivy ?

Ivy ?

Je vous vois plus souvent que quand j'étais libre.

Vous n'avez pas nulle part oĂč aller ?

Malheureusement, non.

Je devais jouer au poker avec un drĂŽle de type de l'aile D.

J'ai bien fait d'annuler.

Je ne sais pas quel crime il a commis.

J'ai entendu parler de l'affaire Bowden.

C'est ce qui vous tracasse ?

Il y aura d'autres affaires.

Vous vous en sortirez, comme toujours.

S'en sortir, ça ne m'intéresse pas.

S'en sortir, ça ne me suffit plus.

Il faut que ça vaille la peine.

Quoi ?

Tout, Patrick.

Si je dois rester seule toute ma vie,

je dois exceller dans mon métier et avoir du succÚs.

Sinon, pourquoi avoir fait tout ça ?

Je sais ce que vous allez dire.

Vraiment ?

Beaucoup de gens mariés se sentent seuls, eux aussi.

Je n'allais pas dire ça, mais c'est exact.

Le chemin vers le succĂšs

est plus gratifiant que la destination.

Je n'allais pas dire ça non plus, mais je le regrette.

Je dois me rappeler que nul n'est satisfait de son sort.

Je devrais prendre des notes.

Qu'alliez-vous dire, alors ?

Que vous devriez viser des objectifs plus immédiats.

Comme ?

Se soûler et jouer au poker.

C'est ça, votre conseil ?

Vous gagnerez peut-ĂȘtre.

Seulement si je mélange.

Vous insinuez que je triche ?

Tout Ă  fait, Patrick.

Adaptation : Yves Tixier

Sous-titrage : IMAGINE

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