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Original subtitles

- Qu'est-ce que c'est ? - Deux sous.

Je les ai trouv�s l�.

Ils sont � moi.

Tout ce qui est ici est � moi. Donne.

Vous �tes encore l� ? Vous avez d�j� eu votre d�.

Disparaissez. Et si on se recroise, ne me saluez surtout pas.

Dehors !

Quel parfum ! On dirait un maquereau !

Tu vas te salir.

Tu sors de quel lit, ce matin ?

Mendiant !

C'est toujours mieux que maquereau !

Apr�s 40 ans d'activit�, la boulangerie Ferramonti ferme.

J'en ai termin� avec la farine.

Je vais me d�barrasser de tout,

n�goce et famille en m�me temps.

Je veux m�me oublier que j'ai trois enfants.

Je vous ai entretenus depuis la naissance,

et qu'avez-vous fait pour moi ?

Mario, combien tu m'as vol� � ce jour ?

Rien. Tu m'as toujours donn� l'argent.

Pour t'�viter la prison.

J'ai pay� plus de 10000 lires pour tes dettes de jeux

et tes magouilles.

Ta part d'h�ritage, tu l'as d�j� eue.

La voil�. Fais ce que tu veux, maintenant.

Vole, cr�ve...

tu n'es plus mon fils.

Qu'est-ce que tu attends ? Va-t'en !

Je m'en vais. Mais avant, je veux te montrer quelque chose.

Regarde.

Je les ai gagn�s en une seule journ�e,

sans me salir de farine et sans tricher sur le poids.

Y a longtemps que j'ai pas cass� la figure...

T'avise pas de me toucher avec tes mains sales.

Qu'attendez-vous pour le laisser seul ?

Bien s�r, toi, t'as d�j� vol� ta part, maquereau !

T'es vraiment digne de cette clique !

Ecoutez-le, ce fils de seigneur !

Depuis que t'es mari�e � ce Cispadan,

tu craches encore plus de venin.

Et toi, Pippo...

Tu ne m'as jamais vol� d'argent.

O� aurais-tu trouv� le courage ?

Te donner de l'argent, c'est comme mettre une cravate � un cochon !

Tu n'as jamais eu confiance en moi. Tu as eu tort.

Je suis le seul qui te ressemble, ici.

Y a que nos culs qui se ressemblent.

Sache que je me suis engag� pour acheter une quincaillerie.

Il faut des ann�es pour apprendre un m�tier.

Et il faut la cervelle et les couilles que tu n'as pas.

J'y arriverai.

Ta farine, je lui pisse dessus !

R�p�te voir !

Pardon.

Soyons clairs.

Voici ta part, chapitre clos.

Tu la veux ?

On est d'accord.

En crevant, je te laisserai un sac plein de merde !

Il ne te restera plus que �a !

A ton tour, ma ch�re fille.

Si tu lui donnes de l'argent, je veux ma dot !

Tu as voulu te marier avec ce gratte-papier ?

Profites-en, c'est lui, ta dot !

Pas un de mes sous ne finira aux mains d'un Cispadan !

Il me d�teste parce que je repr�sente la nouvelle Italie.

Quelle Italie ? Rome est aux cur�s !

Ils ne compteront plus.

Quant � toi, petite charogne,

si tu m'avais montr� un tant soit peu d'affection,

un brin d'attention, tout aurait �t� diff�rent.

M'as-tu jamais dit: "Papa, je t'aime" ?

Dis-le-moi, toi.

On te prendra tout. Les maisons et le reste.

On se reverra au tribunal.

L'H�RITAGE

Je vous pisse tous au cul,

fils de pute !

M. Carelli, je ne me retire pas.

Votre nom vous a valu ma confiance,

mais vous vous r�tractez.

Je me suis mal exprim�. Il faut juste m'aider.

Au milieu des pelles et des clous, je suis perdu.

Vous ne pouvez pas me faire �a.

On vend parce qu'on ne peut plus g�rer l'affaire.

Mon mari est malade.

Je m'y perds, dans cette ferraille. Vous devez me former.

Il y aurait une solution.

Laquelle ?

Je pourrais vous aider quelques heures le matin.

Je pourrais descendre et vous former. C'est facile.

Vous avez parfaitement compris mon probl�me.

Si vous voulez que je signe le contrat, je suis pr�t.

D'ailleurs, voil�...

3000 lires, et le reste chaque mois.

Vous verrez, vous serez satisfait...

- Je vous dis que c'est celui-ci. - Non.

Alors, je ne l'ai pas.

Change de m�tier, �a vaut mieux !

Vieux couillon !

En deux semaines, j'ai rien appris.

Il n'y a pas d'urgence, vous apprendrez.

Pourquoi vous riez ?

Vous vous mettez dans des �tats !

Il faut �tre patient, en commerce. Vous ne ressemblez pas � votre p�re.

Mon p�re est un salaud.

Je ne veux plus entendre parler de lui.

Plus jamais. Il m'a d�truit.

Moi qui ne lui avais pas vol� un sou.

En prime, il s'est d�barrass� de moi avec 3000 lires !

3000 lires, alors qu'il poss�de une fortune !

Et gr�ce � qui ? Qui a donn� son sang ?

Il m'a trait� comme ma soeur, cette salet�, qui d'abord se sauve,

et puis fait un proc�s pour sa dot. Et mon fr�re, ce salaud...

Mon p�re, je veux le voir mort.

Il doit mourir, j'ai pas de piti�.

Je deviendrai fou, sans �a,

il faut que je me venge. Un de ces jours...

Je vous en prie !

Vous voulez que je meure de honte.

Si vous m'estimez un peu, �pargnez-moi ce genre de sc�nes.

�a n'arrivera plus, je vous le jure.

Je ne sais pas ce qui vous passe par la t�te.

Voil�, aujourd'hui, �a fait 10 lires et 3 cents.

Si j'�tais vous, je ne me plaindrais pas.

Tu parles !

Rome est un grand chantier et je vends clous, vis et boulons !

La ville me raille. Moi, je compte pour du beurre.

Pour les commandes, il faut des relations.

Si vous vouliez, vous pourriez en avoir.

Moi ?

Oui, vous.

Votre beau-fr�re travaille au minist�re des Travaux publics.

C'est l� qu'on d�cide de tout. Peut-�tre dans son bureau m�me.

Jamais de la vie !

Plut�t vendre aux curetons que de lui demander l'aum�ne.

Cette esp�ce de "nouvel italien" !

Vous alors !

Ouvrez les yeux, Rome est en mutation.

La ville s'�tend comme le pain l�ve.

Souciez-vous de vendre, le reste ne compte pas.

�a ne compte pas ! Facile � dire.

Vous voulez vous enrichir ?

Chargez des pelles et des pics et allez � Ponte Mollo.

Pour quoi faire ?

Le Tibre va d�border. Comment d�blaie-t-on la boue ?

Avec des pelles et des auges.

Vous avez raison. Attendez, vous revenez demain ?

On avait dit deux semaines. Elles sont pass�es.

Vous me laissez seul ?

Vous y arriverez, j'en suis s�re.

Ir�ne !

- Vous oubliez votre sac. - Merci.

Tu as pr�venu Ir�ne ?

M. Pippo est venu demander ta main. Il veut se marier rapidement.

Tu as compris ?

Il est malin ! Il a pay� le magasin 3000 lires,

et maintenant, il les demande en dot.

Comme �a, il aura gratuitement femme et magasin !

Pippo est un gar�on en or. Il n'a pas voulu �tre boulanger,

mais il n'a jamais caus� d'ennuis � son p�re. Suffit avec l'argent !

Il est ponctuel, �a oui.

Souviens-toi qu'il doit d'abord �ponger sa dette

et trouver un toit, puis on en reparlera.

Bonjour.

On vous attendait.

Votre col est d�boutonn�.

Ecoutez...

O� vas-tu ? Reste l�.

Je vais pr�venir mon p�re.

- Reste l�. - Ce sont des affaires d'hommes.

Un instant.

Je vous en prie.

Monsieur Pippo est l�.

- Tu es �mu ? - Evidemment !

Je t'ai fait attendre.

Comme tu es belle !

Ecoutez...

Accompagnez Ir�ne, mon mari n'a pas pu se lever.

- Il se sent mal ? - Comme toujours. Merci.

Allons-y.

La t�te des miens quand ils sauront qu'on s'est mari�s !

Mais le plus tard sera le mieux.

Qu'y a-t-il ?

Promets-moi de ne pas te f�cher.

D'accord, je te le promets.

J'ai invit� ta famille.

Ma famille ?

Mon p�re aussi ?

Oui. Et aussi ton fr�re, ta soeur et son mari.

Je veux �tre en paix avec tout le monde.

Tu n'aurais pas d� faire �a.

Arr�tez avec cette haine, vous avez le m�me sang.

Teta et son mari sont des gens bien.

Tu connais Teta ?

Tu es devenue amie avec ces deux voleurs ?

Je les ai rencontr�s deux fois, par hasard, dans une boutique.

Tu leur as parl� ?

J'ai trouv� une soeur en Teta, tu dois me croire.

Et puis ?

On s'est revues quatre ou cinq fois.

Tu as tort de lui en vouloir. Fais la paix avec ta famille.

On a les m�mes int�r�ts.

J'esp�re que mon p�re ne viendra pas.

C'est �vident. Il est incapable de pardonner.

Une id�e splendide, de se marier le soir. Bravo !

Merci. C'est une id�e d'Ir�ne.

Vas-y.

Tu t'es lav� le cou, au moins ?

Garce !

- F�licitations ! - Merci.

F�licitations !

Je le savais. Tu as vu qu'il n'est pas venu ?

Mario non plus.

On deviendra riches, je le sens.

Avec toi � mes c�t�s, je me sens s�r de moi.

On vendra des clous m�me au pape.

Je veux reclouer tous les crucifix de Rome !

Tu ne te d�shabilles pas ?

J'ai dit quelque chose de mal ?

L'argent, toujours l'argent.

Tu as raison, excuse-moi.

Tu l'as brod� toi-m�me ?

Il est magnifique.

Tu es dou�e.

Je t'en prie, laisse-moi, je dois me d�shabiller.

Viens ici. Maintenant, on est mari et femme.

Et pour toute la vie. Viens.

Eteins la lumi�re.

Non, laissons-la allum�e, c'est plus beau.

Allez, viens.

Ne regarde pas, alors.

Je ne te comprends pas, toi.

On ne vous explique jamais rien, � vous les femmes.

Puis le moment arrive et...

Tu es une princesse.

Je suis n� sous une bonne �toile.

J'ai appris que mon p�re avait d�cid� de tout vendre.

D'apr�s Teta, il le fait pour ne rien nous laisser.

Mais nous, on s'en fout.

Je te l'ai dit, on deviendra riches. Je le sens.

Tr�s riches.

Viens, maintenant.

Je ne te ferai pas mal.

Tu comprends, il faut fr�quenter ce milieu.

- On se croirait � la cour ! - Le monde !

Je te comprends. A ta place... Mais �a ne me plairait pas.

On ne voit pas bien, d'ici.

- Et par ici ? - Par l�, c'est mieux.

- On monte ? - Bien s�r.

C'est �a, la cavalerie du roi ? Celle du pape �tait mieux.

Le cavalier est romain.

Il n'a pas de poigne, d'autorit�.

Un incapable, comme tous les Romains.

Mais cette ville pleine de ruines et de chats,

qui l'a faite capitale ? Vous !

De quoi te plains-tu ? C'est gr�ce � nous et au Tibre

qu'il pleuvra des millions sur tous les Romains.

Le Tibre ?

Si la Chambre des d�put�s approuve le financement

pour les lev�es, le dragage et l'am�nagement du lit du fleuve,

il y aura du travail pour tous, sois tranquille.

En ce moment, je travaille au bureau des adjudications pour le Tibre,

une t�che de responsabilit�.

Et ils d�penseront des millions ?

J'allais chasser les grenouilles dans le Tibre.

Grenouilles !

Tu penses qu'on aurait une chance d'obtenir des adjudications ?

J'en parlais avec Pippo.

Il voudrait partager les gains avec vous.

Il tient beaucoup � toi

et ton mari l'a conquis.

Sois tranquille, d�s que je sais quelque chose, je t'en parle.

Regarde.

Quoi ?

Mon connard de fr�re, sa ma�tresse

et son cocu de mari au milieu des autorit�s.

Je suis seule, ce soir. Viens, je t'attends.

Il a une relation avec elle ?

Oui. La roulure.

Son mari est un intrigant qui touche un peu � tout.

Il fait des affaires avec Mario, et lui se fait sa femme.

Les gens adorent dire du mal. Et puis, quand on est jeune...

Mario, tu as vu ? Je te l'avais dit, j'avais raison.

J'ai entendu.

Les actions Banco Romano sont � la baisse.

Heureusement, j'ai vendu les miennes

d�s que tu m'as pr�venu.

J'ai vu Mme Lovisotti l'autre jour, chez ta cousine.

On dit qu'ils vont approuver les financements pour le Tibre.

C'est du tout cuit.

Une belle victoire pour le Banco Italico.

Gr�ce � tes conseils, je vais gagner plein d'argent.

Il faudra qu'il pleuve beaucoup, alors.

- Il pleut ? - J'ai re�u une goutte.

Ben voyons. �a nous change...

Tiens bien le parapluie, je suis tremp�e.

Tombez, eaux du ciel, tombez !

Inondez Rome, ses pelouses et toutes ses rues.

Emportez le pont, emportez-moi, emportez tout !

Il vont les construire, ces lev�es !

Ma�tre Stefano !

Bonjour, M. Pippo.

Bonjour. Voil�, une petite signature.

Bien s�r. Ici ?

A c�t� de la croix.

- Tout a �t� livr� ? - Parfait, M. Pippo.

Au revoir.

J'ai pu respecter les d�lais et on a fait du profit.

Tu te contentes de peu, il me semble.

Tu m'as toujours parl� de patience !

Paolo attend l'argent qu'on lui a promis.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Rien, pourquoi ?

Comme �a. Tu es vraiment belle, tu sais ?

Qu'est-ce que tu as ?

Rien. Arr�te !

Qu'est-ce qui t'arrive, depuis quelque temps ?

Parfois, je ne te comprends pas.

C'est bien �a, le probl�me.

Regarde !

Mon p�re.

C'est encore un bel homme.

C'est un connard !

Que disent les gens ?

A propos de ?

Mes idiots d'enfants !

Qu'ont-ils encore combin� ?

Votre fille et M. Pippo ont fait fortune.

Gr�ce � votre belle-fille.

J'ai entendu �a.

Quoi d'autre ?

Ils font des frais. Ils ont r�nov� leur maison

et on les invite dans la haute.

Ils font du l�che-cul au lieu de travailler.

Tu as des renseignements sur l'autre d�bauch� ?

Il court toujours les jupons et s'enrichit.

On parle de millions.

Des millions !

Foutaises !

C'est pour me faire enrager ? Qu'ils cr�vent !

Pas aujourd'hui.

Tu as vu combien de Romains ?

- Elle doit avoir 20 ans. - Non, plus !

A la nouvelle loi �lectorale !

- Elle passera ? - Et comment !

Arr�te de manger.

Tu n'as pas honte ?

Comment �a va ?

Je suis ravie de vous voir ici.

Merci pour l'invitation.

- Non, apr�s. - Apr�s ?

Je vous vole Mme Ferramonti, vous me pardonnez ?

Je veux te pr�senter une amie ch�re.

Flaviana Barbati, Ir�ne Ferramonti.

- Tr�s heureuse. - Enchant�e.

On m'a beaucoup parl� de vous.

- Vraiment ? - Trouvons un endroit calme.

Je vous ai remarqu�e, au Pincio.

Vous portiez une robe de velours bleu.

J'avoue que j'ai �t� un peu jalouse.

De moi ? Je ne connais m�me pas Mario.

Il me l'a dit. Je n'y croyais pas.

Quel Palais de justice ?

On ne construira jamais rien dans ces bourbiers !

Je suis d'accord.

- Un vrai pied de nez au pape ! - C'est vrai.

Le pape est contre le progr�s ?

Si on ne d�vie pas le cours du Tibre,

le Palais de justice sera toujours inond�.

Oui, on doit construire des lev�es. Et tr�s hautes.

Pour moi, l'id�e que le Tibre

passe loin de Rome, comme un ennemi, me fait rire.

Pour nous, Romains, on touche pas au Tibre !

Notre arriv�e, � nous autres "Italiens",

c'est la fin de la Rome catholique.

Je vous en prie...

Nouvelles taxes, magouilles...

Le peuple en a marre de payer pour tout le monde.

Alors, c'est la mafia du Parlement qui s'en occupera !

- Ir�ne, on s'en va. - Si tu veux.

Vous l'emmenez d�j� ? Ne soyez pas �go�ste.

Il est tr�s tard.

Restons encore un peu.

Sois gentil, je m'amuse beaucoup.

Je ne vous cache pas que j'esp�rais voir mon beau-fr�re

et lui parler.

C'�tait l'occasion

de faire la paix avec les siens. Mon mari et ma belle-soeur

seraient d'accord.

Il est parti pour affaires, mais je vais m'en occuper.

Je tiens � vous aider.

S�rieusement ?

T'as vu l'heure ?

Pourquoi tu t'es sauv� ? Tu m'as laiss�e seule !

Paolo et Teta �taient l�.

Tu sais que je me sens mal � l'aise avec ces arrogants de merde !

Cette Flaviana... Tu t'es fait une sacr�e amie !

Tu es jaloux d'elle ?

Tu ne dois pas fr�quenter la ma�tresse de mon fr�re !

Tu te trompes, comme toujours.

Tu ignores que Teta et Mario se sont d�j� r�concili�s.

Ton fr�re a des amis importants.

Ils ont fait une croix sur le pass� et se sont mis d'accord.

C'est pas possible.

Eh si.

Elle ne m'a rien dit.

Mario aurait pr�sent� Paolo � un certain politicien

qui donnera un coup de pouce � sa carri�re.

Leur parole suffira, tu comprends ?

Flaviana m'a confi�

que Mario voulait faire la paix avec toi, il a des remords.

Il voudrait vraiment te rencontrer.

Oui, mais...

et moi ?

Que dois-je faire ?

Ir�ne, qu'en penses-tu ?

Il y a un probl�me ?

Il me faut ta permission pour rentrer ?

O� je l'ai mis ?

- Qui est sorti ? - Quoi ?

- On a ferm� la porte ! - Quoi ?

J'ai entendu la porte se fermer !

C'est votre belle-fille, Mme Ir�ne Elle vient prendre de vos nouvelles.

D�sol� !

Je ne suis pas encore mort ! Vous attendrez longtemps !

C'est ton mari qui a apport� ce vin ?

Ros� des monts Eugan�ens.

Ton couillon de mari conna�t nos vins ?

�a y est.

Il est l�.

Je suis tr�s contente que tu sois venu.

Tu es tr�s gentille.

Viens.

On joue aux statues de cire ?

Il a fait une de ces t�tes, quand je lui ai dit de venir !

Tu avais peur ?

Ne l'�coute pas. Je le savais, mais je n'�tais pas seul.

On aurait pu le faire avant.

Tu as raison.

On va mieux se conna�tre, ch�re belle-soeur.

Tu connais ma r�putation de mauvais sujet.

Je trinque aux succ�s commerciaux de Pippo.

Il est quasiment acquis que ton nom

figurera sur la liste des fournisseurs de l'Etat.

F�licitations.

Et on ne se limitera pas aux pelles !

Sans moi, t'aurais fait que dalle !

Je trinque � tous les Ferramonti, sauf un !

A Ir�ne aussi.

Nous devons tous lui �tre reconnaissants.

C'est gr�ce � toi si nous sommes ici comme une vraie famille.

Je veux te prouver ma reconnaissance.

Il y a une semaine, j'ai achet� 100000 lires d'actions.

J'ai d� en verser 10000, avanc�es par la banque.

Aujourd'hui, j'ai mis � ton nom 10000 lires en actions.

Elles m'ont co�t� 1000 lires.

A mon nom ?

Et 10000 pour Teta.

Les actions ont grimp� de 10% en une semaine.

Si tu les vends aujourd'hui, tu gagnes 1000 lires.

Et toi aussi.

Et toi ?

Moi, 8000. Ce qu'il te faut pour acheter deux magasins.

Alors vends-les !

C'est �a ! Non, demain elles monteront encore.

Trinquons donc � notre r�conciliation.

Tous ensemble pour le progr�s !

C'est bon de bien s'entendre.

J'en oublie les int�r�ts qui nous ont divis�s.

Tu sais que Paolo a �t� propos� pour la croix du m�rite ?

F�licitations.

Et papa qui ne le croyait bon qu'� tailler les crayons !

Il n'a rien compris.

Je ne veux pas faire le fonctionnaire � vie, moi.

- Je te montre la maison. - Volontiers.

Voil� la salle � manger.

La cuisine et la pi�ce de la bonne.

- Elle est grande. - Viens.

Et ici, c'est la chambre � coucher.

Elle est belle.

Sans Ir�ne, on n'en serait pas l�.

Je n'aurais pas voulu serrer la main � Teta.

A Paolo non plus: Ce fonctionnaire du roi !

Mais ils ont �t� tr�s gentils. J'ai eu des commandes gr�ce � eux.

Pelles, pics, auges et ainsi de suite.

De petites affaires, mais l'avenir est prometteur.

Les femmes ont toujours d�termin� la r�ussite d'un homme.

Tu n'as pas chang�. Tu comptes toujours sur elles.

Je suis devenu s�rieux, tu sais...

Moi, je suis un commer�ant s�rieux.

La parole de Pippo Ferramonti vaut de l'or, d�sormais.

Et cela aussi gr�ce � Ir�ne

Mais ta 8�me merveille...

Elle ne parle pas ? Jamais un mot ?

Je vous �coute et je suis heureuse.

Je ne voulais pas porter ton nom sans que tu m'aies accept�e

au m�me titre qu'une soeur.

J'y suis arriv�e, j'esp�re.

C'est beau, ce que tu viens de dire. On est faits pour s'entendre.

Je dois me sauver, maintenant. J'ai un rendez-vous.

Tu m'accompagnes ?

Merci.

Au revoir. A bient�t.

Tu vois souvent les Barbati pour tes affaires, non ?

Je les vois ce soir pour parler affaires.

Le bonjour � Flaviana de ma part.

Voil� cinq jours que je ne l'ai pas vue.

Ne nous oublie pas.

A bient�t.

Merci.

Bonjour.

Vous d�sirez ?

Rien, merci.

Qui est-ce ?

Mario.

Je suis seule.

Je sais.

Tu n'as pas peur de recevoir ton beau-fr�re, j'esp�re.

Entre.

D�sol�e, je ne t'attendais pas.

C'est une belle surprise, au moins ?

Voil�, j'ai vendu tes actions.

Merci.

C'est une belle somme.

En effet, le gain a d�pass� mes pr�visions.

Disons que j'ai choisi le bon moment.

Comment te remercier ?

Si tu veux vraiment me remercier...

Que dois-je faire ?

Tu te souviens quand je t'ai dit:

"On est faits pour s'entendre" ?

Il faut faire un pacte.

C'est-�-dire ?

On doit s'associer.

A quelles fins ?

Je veux encore te prouver mon amiti�.

Je veux devenir ton banquier personnel.

- Tu t'occupes d�j� de Flaviana. - Qu'importe !

Avec toi, je peux gagner bien plus.

Tu es une femme avis�e, tu sauras y faire.

Contente-toi de ce que tu as, ne cherche pas ailleurs.

J'ai d�j� trouv� ce que je cherche.

Ecoute-moi bien, Ir�ne

Je ne t'ai jamais crue ing�nue et timide.

J'ai compris ta force quand tu as �pous� Pippo sans dot.

Tu lui as impos� ta vie dispendieuse

et tu as attir� les Furlin pour avoir une cour � toi.

Regarde-moi dans les yeux.

Je suis l� parce tu l'as voulu. Tu as besoin de moi.

Assez ! Je t'interdis de continuer !

Tu vas m'�couter jusqu'au bout.

Tu as un projet et un but.

Utilise les autres si tu veux, mais pas moi.

Je veux �tre

en tout ton alli� ou ton ennemi.

Tu as tout: Beaut�, sagesse, habilet�.

Compar�s aux tiens, mes d�sirs sont ceux d'un enfant.

Je ne serai pas un obstacle � tes desseins.

Et si tu m'�coutes,

je ferai de toi une femme riche et respectable.

D'accord.

J'accepte.

Nous serons associ�s.

Mais un jour, tu pourrais le regretter.

Tu le crois vraiment ?

Je ne saurais le dire, la vie est pleine d'impr�vus.

Tu pourrais me d�cevoir.

- Mets-moi � l'�preuve. - Et comment ?

Impose d�s maintenant tes conditions.

- Tu pars ? - Oui. Au revoir.

Tiens. Voil� 1000 lires.

Tu me rendras des comptes chaque mois.

- Tu veux un re�u ? - Ne plaisante pas.

Ne t'en fais pas. Tu seras contente de moi.

Je te remercie. Je pars presque heureux.

Presque ?

Pourquoi ?

Je peux encore attendre.

Je ne comprends pas.

Tu as tr�s bien compris.

Aujourd'hui, tu ne m'accorderas rien d'autre ? Pas m�me un baiser ?

Non, jamais. Va-t'en, je ne veux pas.

Jamais ? C'est pourtant notre destin�e.

Non, laisse-moi, va-t'en !

- Un baiser. - Je vais crier.

Tu crois qu'on pourra rester longtemps de glace, toi et moi ?

Je ne te demande rien d'affreux.

Juste un baiser pour sceller notre pacte.

Et puis tu partiras ?

Je le jure.

Maintenant, pars.

Va-t'en !

Tu es fou !

Je n'ai aucun regret.

J'ai toujours aim� d�fier les r�gles, braver l'interdit.

Et puis je ne suis qu'un demi-fr�re.

Je ne pouvais pas renoncer � toi.

Si j'�tais parti, qu'aurais-tu pens� ?

- C'est donc vrai. - Qu'il n'est pas mon p�re ?

On le dit, mais lui ne veut pas l'avouer.

C'est pour �a qu'il payait toutes mes dettes de jeux.

Tu es peut-�tre son pr�f�r�.

Il ne faut pas croire les "on dit".

Les gens, que savent-ils de ce qu'on est ?

Mes parents m'auraient dit folle s'ils m'avaient connue

pour ce que j'�tais vraiment.

D�s mon enfance j'ai pens�...

Quoi donc ?

Rien.

Que je voulais...

Faire l'amour !

...�tre riche.

Tu le seras.

Non, nous le serons.

- Il est frais ? - Evidemment !

Mais d�p�chez-vous, autrement on va �tre tremp�s !

Ferramonti l'usurier !

Usurier, te me pr�tes un sou ?

C'est fini, oui ?

Si je vous chope !

C'est � cette heure qu'on rentre ? Tout est froid.

On dirait le Jugement dernier. On va tous mourir noy�s.

C'est quoi, �a ?

T'es devenue folle ?

Bonjour, papa. Joyeux anniversaire.

C'est qui, celle-l� ?

Ir�ne Ferramonti.

Je suis heureuse de pouvoir enfin vous parler.

C'est votre f�te.

Je ne f�te pas les anniversaires.

Je vous le souhaite quand m�me.

Pourquoi donc ?

Parce que vous comptez pour moi.

C'est �a ! Allez, va-t'en.

- C'est quoi, �a ? - C'est elle.

On a jamais vu un homme comme vous, seul comme un chien.

Sp�cialement aujourd'hui.

C'est un jour comme un autre.

Peut-�tre. Mais qui peut se passer d'affection ?

D'affection ?

Qu'est-ce que tu me veux ?

Je ne veux rien de vous.

Rassurez-vous.

Je ne suis exigeante qu'avec moi-m�me.

- Pourquoi l'as-tu laiss�e entrer ? - J'ai insist�.

Je tiens � vous.

Je pense souvent � vous.

A moi ou � mon argent ?

Il y a des choses qui valent plus que l'argent.

Vous vous chiez tous dessus � l'id�e que je me remarie !

Vous vous trompez, papa.

Je ne suis pas ton p�re !

Pourquoi es-tu venue ?

Que veux-tu ? Dis-le moi !

Vous voir serein. Rester pr�s de vous, vous aider.

M'aider ?

Tu vis et couches avec mon idiot de fils et tu veux m'aider ?

Tu as d'autres chats � fouetter !

Et gare � toi, princesse...

Tes simagr�es et tes courbettes ne m'impressionnent pas.

Tiens.

Votre marchand de vin m'a dit que c'�tait le meilleur.

Je reviendrai apr�s-demain � la m�me heure.

Voil� comme l'on doit cuisiner !

Dix ans que tu m'empoisonnes !

La propri�t� s'�tend jusqu'aux pins, l�-bas.

On respire un air pur, ici.

Laisse-moi...

- On va direct aux caves ! - D'accord.

On vous attend l�-bas.

Tu t'es fait mal ?

Voil�, assieds-toi ici.

- C'est la cheville ? Celle-ci ? - Oui.

�a fait tr�s mal ? Tu verras, ce n'est pas grave.

�a va d�j� mieux, n'est-ce pas ?

Je t'en prie, Mario... Je dois te parler.

Je suis inqui�te. Ton p�re veut se remarier.

On dit que la solitude lui p�se.

Il convoite la fille d'un de ses amis.

Comment le sais-tu ?

Tu l'as surveill� sans me le dire ?

Je ne t'ai rien cach�. Que vas-tu penser ?

M�fie-toi, je n'aime pas qu'on se fiche de moi.

Comment peux-tu penser une chose pareille ?

Je croyais que tu me f�liciterais.

C'est dans notre int�r�t d'�tre en accord avec lui.

Tu veux qu'on nous le prenne ?

Mais ce n'est pas encore fait.

Il faut me faire confiance.

Je dois te prouver ma loyaut� ?

Demain matin je rencontrerai ton p�re pour la premi�re fois.

Comment as-tu fait ?

Ne pose pas de questions. Fais-moi confiance.

Bienvenue, M. Le patron.

- J'ai le cul en compote ! - S'il te pla�t !

C'est magnifique.

Je vous en prie...

Vous vous ennuyez ?

Alors, crache le morceau.

J'ai des nouvelles de papa qui ne nous r�jouiront pas.

Il est enfin malade ?

- Non, il veut se marier. - Quoi ?

- Pourquoi tu ris ? - �a me fait rire.

Il n'y a pas de quoi �tre gai. Pensez aux risques.

Il peut tomber sur n'importe qui.

C'est notre devoir de le d�fendre.

Et si on y r�fl�chit bien,

il pourrait encore avoir des enfants.

C'est terrible ! Qui te l'a dit ?

Mario, tout � l'heure. Il y aurait une solution.

- C'est une id�e d�Ir�ne - Parle !

Lui trouver une femme � notre convenance.

Il n'est pas ais� � convaincre. Et comment l'approcher ?

Nous, on ne peut pas.

Moi encore moins.

- Alors ? - Il n'y a que ta femme.

Bien s�r.

Elle ne s'est pas disput�e avec lui. Elle peut y arriver.

Si vous insistez.

- Bien oblig�s. - Evidemment !

Comment t'y prendras-tu pour l'approcher ?

Je ne sais pas. Ce ne sera pas facile.

Pour y parvenir, je dois �tre libre de mes d�cisions.

Vous ferez la paix, c'est promis.

J'ai d�j� r�ussi avec vous, non ?

Vous n'avez pas mang� ?

Je n'avais pas envie.

Vous allez bien ? Vous pourriez avoir besoin de moi.

Va � la messe !

Enfin !

Aujourd'hui, tu as presque deux heures de retard.

D�sol�e, j'�tais occup�e au magasin.

Vous voulez bien me donner un baiser, papa ?

Tu sens toujours bon.

Tu as vu ?

Avec toi, le soleil appara�t. Le temps s'est arrang�.

Qu'est-ce que c'est ?

Regardez.

Dis donc !

Vous savez quoi ?

Je ferai de vous un autre homme.

Je ne suis pas facile � changer.

J'ai d�j� chang� Pippo.

Pippo �tait un idiot, et il l'est toujours.

Ne parlez pas comme �a de lui.

J'aimerais en dire du bien aussi.

Vous me chagrinez, vous savez.

Mais ce n'est pas votre faute, la solitude rend injuste.

C'est leur faute, si je vis comme un l�preux !

Ils ne vous veulent que du bien.

L'argent, voil� ce qu'ils veulent.

�a me d�go�te que tu aies �pous� Pippo.

Mais ce qui me fait plaisir,

c'est qu'ainsi

nous sommes devenus parents.

N'esp�re pas un instant pouvoir amener ces trois serpents chez moi !

Si vous continuez, je m'en vais.

Je ne disais pas �a pour toi, tu es ici chez toi.

Tu peux venir quand tu veux. En v�rit�, j'ai besoin de quelqu'un.

Quelqu'un qui s'occupe de moi.

Je ne pourrais pas tout faire.

J'ai d�j� un mari et le magasin.

Il vous faut une femme qui vive ici.

Une femme qui vous aime, une �pouse.

Je suis trop vieux pour �a.

Ce serait bien, de trouver une femme

qui me r�chauffe la vie et surtout le lit.

Et si possible, jeune. J'aime encore �a, tu sais ?

Je peux vous pr�parer un caf� ?

Il est d�j� pr�t.

Je ne t'attendais plus.

Pourquoi es-tu rest�e si tard, ce soir ?

Tu le savais. Tu �tais d'accord.

Tu crois que c'est facile de lui faire oublier cette femme ?

J'en ai marre des Ferramonti. �a suffit !

On a parl� de toi. C'est ton p�re qui a commenc�.

Il t'estime, au fond.

Il dit que tu t'es fait tout seul, comme lui.

C'est bon signe. Je vais le convaincre de te rencontrer, un de ces jours.

Tu le manoeuvres bien.

Et s'il venait � savoir qu'on est amants ?

Cette situation est tr�s lourde pour moi.

Ir�ne, moi...

�a ne m'�tait jamais arriv�.

D�sormais...

Il n'y a que toi. Les autres femmes ne m'int�ressent plus.

Il faut que Flavia reste ta ma�tresse et mon amie.

On n'a pas droit � l'erreur.

Si on est prudents, on r�ussira.

On est complices, d�sormais.

Que j'aime ce mot !

Merci.

Tu es extraordinaire.

Non, il faut que je parte. Il peut �tre � la fen�tre.

Laisse-moi partir, il pourrait comprendre.

Je m'en fiche, je veux faire l'amour ici, chez lui.

C'est la seule fa�on de le supporter entre nous.

Tu feras ma perte si je n'arrive pas � me passer de toi.

Que fais-tu l� ?

- J'avais pas les cl�s. - Tu aurais pu sonner.

T'as vu ? T'�tais chez papa ?

- Tu es saoul. - Tu �tais chez papa ?

Elle �tait chez papa.

Tu me fais honte.

Pourquoi, j'ai fait quelque chose de mal ?

Ir�ne, attends...

Pardon pour cette attente. C'est moi qui fais tout, ici.

Mais plus pour longtemps, tu verras.

L'ann�e prochaine, je me pr�sente aux �lections.

Un vieux r�ve. Ce sera aussi gr�ce � toi.

J'ai m�me le soutien de Barbati.

C'est parfait.

Je te parlais donc de mes doutes...

On avait trouv� une femme parfaite pour le vieux,

mais Mme Ir�ne a refus� de nous aider.

C'�tait son id�e, pourtant. Et si elle avait une autre strat�gie

pour avantager Pippo � notre d�triment ?

Certes, c'est une femme qui sait bien prot�ger ses int�r�ts.

Et ces fameuses adjudications ?

Je m'y suis int�ress�, mais l'�tat de Pippo...

J'ai d� prendre d'autres d�cisions.

Et alors ?

Attribu�es � d'autres.

Flaviana est pass�e me voir.

Quand �a ?

Tu ne savais pas ? Elle s'est enquise d�Ir�ne

Elles ne doivent plus se voir. Elles sont f�ch�es ?

Pourquoi, qu'a-t-elle dit ?

Je ne sais plus, elle n'a pas arr�t�.

Flaviana trouve � redire sur tout, mais au fond...

Et si elle �tait jalouse ?

De qui ?

Ir�ne Vous vous voyez souvent, non ?

J'essaie de l'aider � sauver Pippo.

Son affaire p�riclite.

Bien, c'est noble de ta part.

Tu sais, les gens... C'est facile de d�truire une femme.

Et Ir�ne tient beaucoup � sa respectabilit�.

Qu'est-ce que tu fais ?

Quelle �l�gance !

C'est une nouvelle tenue ?

T'es absente depuis samedi.

Tu sais que papa m'a demand� de rester chez lui.

Il n'est pas bien, ces derniers temps.

Et puis, tu rentres toujours ivre.

Mais le pire, c'est que tu es devenu la ris�e du quartier.

Qu'est-ce que tu veux ?

Tu as le courage de me le demander ?

Tu te rends compte de l'�tat du magasin ?

On n'est pas dans une phase florissante.

Raison de plus pour t'int�resser aux adjudications.

Tu les as compl�tement ignor�es.

C'est Barbati qui les a eues.

Et nous, on a gard� les dettes !

J'ai d� verser plus de 1000 lires en un mois.

Tu as accompli ce miracle ?

Oui, c'est vraiment un miracle.

Je ne sais pas faire de miracles, moi.

A qui le m�rite, alors ?

A qui ?

- A ton fr�re. - Bien.

Dis-lui que je regrette de pas avoir l�ch� Furlin ou ma garce de soeur.

S'ils te m�prisent, ce sera ta faute.

Et moi, j'en ai assez de t'aider, marre !

Prouve-moi que tu veux changer ou pends-toi, je ne t'arr�terai pas.

Tu crois pouvoir me traiter comme �a longtemps ?

Ces derniers temps, j'ai souffert tous les maux du monde.

Qu'est-ce que tu fous ici ?

Va-t'en...

Va au diable ! Je me fous de l'argent !

Va-t'en !

Ir�ne, qu'est-ce qui se passe ?

Qu'est-ce que tu as ?

Tout va mal.

Calme-toi. Que s'est-il pass� ? Tu ne vas pas chez papa, ce soir ?

Il m'a fait dire de ne pas venir.

Il me pr�viendra

quand je pourrai y retourner.

J'ignore pourquoi.

J'imagine que c'est un coup de Teta.

Tu l'as sous-estim�e, c'est une vraie vip�re.

Elle est capable de tout, crois-moi.

Elle peut avoir parl� au vieux.

Et de quoi ?

A ton avis ?

Elle et Paolo nous suspectent.

Il fallait �tre plus malins, feindre davantage, les voir souvent.

Pr�senter � papa la femme qu'ils avaient trouv�e.

Il vaudrait mieux nous �loigner pendant quelque temps.

C'est trop dangereux.

Je dois me r�concilier avec Pippo.

Mais moi...

je ne tiens pas, loin de toi.

Il le faut, h�las.

J'enrage.

Tout avait l'air d'aller si bien, jusqu'ici.

Tu venais me chercher, le soir.

Papa le savait et il �tait content.

Oui, content...

Mais il n'a jamais voulu me voir.

D�shabille-toi.

Qui vient d'entrer ?

- Que fais-tu l� ? - Tu ne m'attendais pas, hein ?

Je voulais te rendre tes cl�s.

Tu seras plus tranquille, comme �a.

Je n'ai pas envie de discuter.

Tu te d�shabilles ou l'inverse ?

Pas de sc�ne de m�nage, tu es mal plac�e.

Tu l'es autant que moi. Je sais qui est dans ton lit.

D�sol�e pour toi, Ir�ne, tu n'as rien compris.

Tu devrais les conna�tre mieux que moi, les Ferramonti.

Adieu.

Princesse !

Tu es revenue.

Comment �a se fait ?

Allez, viens.

Non, pas chez moi. Je veux aller chez mon p�re.

Chez ton connard de beau-p�re. Je veux lui montrer

� quoi sa belle-fille m'a r�duit !

A quoi son ang�lique belle-fille m'a r�duit !

Tra�n�e !

Moi, je vais au bistrot...

Mais toi, tu vas o� ?

O� diable vas-tu ?

- Tais-toi ou je m'en vais. - Va-t'en !

Attends un moment.

Ne me laisse pas ici. Aide-moi.

Attends, je deviens fou. Tu me crois ?

Elle te pla�t, ta chambre ?

Elle est magnifique. Tu as tout chang�.

Pourquoi tu ris ?

C'est � cause de l'habit neuf ?

Je ris de moi-m�me.

Du moment o� vous m'avez interdit de venir,

je me suis tortur�e des jours durant

pour comprendre en quoi je vous avais offens�.

Folle ! D'o� te viennent ces id�es ?

Au contraire,

j'ai beaucoup pens� � toi.

Tu voulais faire de moi un autre homme ?

J'ai l'impression que tu es sur le bon chemin.

Et moi, que puis-je faire pour toi ?

Que voulez-vous faire de plus ?

Je suis heureuse comme �a.

Tu sais qu'aujourd'hui j'ai pr�t� 100 lires � quelqu'un

sans demander de garanties ?

Excuse-moi, je me suis endormi.

C'est pr�t. Vous venez ?

J'arrive.

Mon �paule.

- Montrez-moi. - C'est rien.

- Allez... - C'est rien, je te dis.

Je suis g�n�.

Pour quelle raison ?

Pas toi ?

C'est ici ?

Un peu plus haut.

Ici ?

L� derri�re, aussi.

�a va mieux.

Pardon.

Pars. Je t'en prie, excuse-moi.

De quoi, mon Dieu ? De m'aimer ?

- Vous �tes un p�re, pour moi. - Laisse-moi seul.

Elle ne voit plus personne, cette salet� !

Ma veste !

Maison, magasin et chez papa !

Je parie que le vieux a d�j� fait la paix avec Pippo.

Il ne manquerait plus que �a !

Apr�s tout ce qu'on a fait pour lui.

Au fait, Ir�ne m'a fait parvenir tout l'argent qu'elle me devait.

Je ne suis pas Mario, moi. On ne m'amadoue pas comme �a.

Mais papa, oui ! J'ai fait les comptes.

35000, la maison de Trastevere. 15000, celle de la rue Pellegrino.

1000 lires la propri�t� � la campagne...

Et les titres, les d�p�ts et l'or.

Si Ir�ne l'embobine, il laisse tout � Pippo et on est foutus.

Je ne peux pas me permettre ce genre de scandale.

C'est d�j� les chars du carnaval ?

Tu aimerais te d�guiser ?

Je ne sais pas. M�me petite, je ne le faisais pas.

L'id�e ne m'attire pas beaucoup.

Ne vous couchez pas trop tard.

Je finis ces comptes.

Je vais me coucher.

Bonne nuit.

Entrez.

Pardon.

Je ne voulais pas...

J'ai pens� que c'�tait normal que tu t'amuses au carnaval.

Tu es jeune, ne reste pas moisir ici. Va faire la f�te.

Je n'ai pas de costume.

Ce n'est pas un probl�me.

Je vais t'en acheter un.

Vous m'accompagnerez au bal ?

Tu voudrais danser avec un ours comme moi ?

Demande � Mario de t'accompagner.

Il saura faire �a, au moins.

Bonne nuit.

Ir�ne, tu es pr�te ?

Tu es n�e � la cour de Napol�on.

Je ne sais pas si j'oserai me montrer � tes amies.

Et pourquoi ?

Tu es si belle

que tu les feras toutes enrager.

Allons-y, ou nous serons en retard.

Un instant. Enl�ve d'abord ta cape.

Attends...

Pas maintenant.

J'arrive au bon moment.

Continuez...

Faites comme si je n'�tais pas l�.

J�sus, quelle tenue !

Le costume, c'est mon id�e.

C'est �a, �tre un homme de go�t.

Non mais quel accoutrement !

Vous �tes tomb�s sur la t�te ?

Papa m'a demand� de l'accompagner au bal.

Viens.

Pourquoi ?

Vous vous sauvez comme �a ?

Vous le savez, moi, j'accepte tout.

Je veux que vous vous amusiez, toi, papa, Mario...

Mais moi aussi.

Moi aussi je te veux.

Tu faisais comment ? Comme �a ?

Laisse-la tranquille !

Je ne te l'ab�me pas,

ta jolie femme masqu�e.

Va te coucher.

Je ne ab�me pas... mon �pouse.

Comment te sens-tu ?

Bien.

C'est pass�.

Ecoute,

avant d'aller au bal, je dois passer voir papa.

Pour te faire admirer par le vieux. Je l'imaginais bien.

Je lui ai promis.

On pourra aller chez toi, apr�s. J'ai envie de dormir avec toi.

Ils viendront ?

Bien s�r qu'ils viendront.

Ils sont peut-�tre � c�t�.

Regarde, les Barbati.

Elle adore s'amuser, Flaviana.

Oui, elle aime danser.

Elle n'est pas venue.

Elle viendra. Mon maquereau de fr�re l'am�nera s�rement.

Il n'a jamais rat� un seul bal !

S'il est malin, il ne se montrera pas avec elle.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Je suis fatigu�e, papa.

Viens, assieds-toi.

Dis-moi, qu'est-ce qui t'arrive ?

Je suis triste, papa.

Pourquoi ?

Tu en as assez de rester avec moi ?

Avec vous, je me sens prot�g�e.

Il y a tant de m�chancet� tout autour.

- Que veux-tu dire ? - J'ai envie de partir.

Partir ?

Que deviendrais-je, sans toi ?

J'ai enfin trouv� le bonheur

au cr�puscule de ma vie,

je refuse d'y renoncer.

Je vais te montrer quelque chose.

A l'int�rieur de ce coffre-fort, il y a une lettre qui te concerne.

Moi ?

Mes derni�res volont�s.

Un testament.

Quand je mourrai...

Je vous prie. Ne parlez pas de ces choses-l�.

J'ai l'intention de vivre encore longtemps.

Mais j'ai tenu � prendre mes dispositions.

Mon testament dit que je te laisse tout.

Vous avez trois enfants !

Je n'ai personne. Je n'ai que toi.

Mais tu dois me promettre que tu profiteras de l'argent.

Tu dois faire tout ce que je n'ai jamais fait.

- Moi, je... - Amuse-toi !

Que vas-tu faire de tant d'argent ?

Et maintenant...

Va, je ne veux plus te voir triste. Compris ?

Mon Dieu !

Mais elle est folle ?

Laisse-la s'enfoncer.

- C'est qui ? - Ir�ne Ferramonti.

Embrasse-moi.

Viens.

Pardon, Mario.

Pourquoi cette all�gresse ?

J'esp�rais avoir la premi�re danse.

Laisse-moi faire � ma guise.

C'est une soir�e sp�ciale.

- Pourquoi ? - Je te le dirai... ou pas.

Que me caches-tu ?

Que t'a dit mon p�re ?

Rien. Il m'a juste compliment�e sur mon costume.

- Comment �a va ? - Bien.

Depuis le temps ! C'est ma faute... Je suis si occup�e !

Pippo, la maison, le magasin...

- Et surtout papa. - C'est �a.

Mais nous aussi... les affaires, la politique...

Mario a d� te raconter.

Bien s�r. Il me dit tout. Teta n'est pas l� ?

Elle te cherchait. La voil�.

Je me demandais si c'�tait toi ou Messaline !

Tu fais tourner la t�te � tout le monde !

Entre !

C'est la seule mani�re de te parler, salet� !

Tu devais pas nous r�concilier avec papa ?

Je ne veux plus vous voir, compris ?

Sorci�re, je parie que tu le montes contre nous.

Tu veux partager le g�teau avec Pippo, Mario ou les deux ?

Suffit ! Je ne veux plus t'entendre.

Va-t'en, alors. Va danser !

Demain, je vais chez mon p�re et je lui dis tout:

Mario et toi, tes manigances, tes vues sur l'h�ritage...

Qu'en penses-tu ?

Tu peux �ter ton masque, il ne te sert plus !

Il ne te croira jamais.

J'ai les preuves de ta relation avec Mario.

Tu iras m�me en prison.

Plie bagage, c'est fini pour toi.

Tu peux dire adieu � l'h�ritage Ferramonti !

- Partons ! - Mais...

Emm�ne-moi !

Ce n'est pas possible...

Je me suis sacrifi�e, j'ai tout accept�...

Je n'abandonne pas.

Comment te le dire ? Je me fiche de mon p�re,

de l'h�ritage, de tout... Qu'ils aillent au diable. Partons.

Je ne rends pas les armes. Ils n'y arriveront pas.

Je sais quoi faire.

Non, ce soir tu pars avec moi.

Je ne te partage plus avec personne.

Tu as compris ?

Que veux-tu ?

Laisse-moi !

Je ne t'aime pas.

J'ai �pous� ton fr�re pour l'argent de ton p�re.

Je vous ai r�unis pour mieux vous tromper.

Je ne peux m�me pas me vanter d'avoir brav� des obstacles.

Vous ne savez m�me pas ha�r.

Si tu m'avais fait

le centi�me, le milli�me de ce que je t'ai fait,

je t'aurais d�j� an�anti.

Et tu me proposes de fuir avec toi.

Tu as raison.

Je devrais te ha�r,

mais j'en suis incapable.

Adieu.

Quel idiot je fais.

Je ne suis bien qu'ici.

Tu veux vraiment passer le carnaval ici ?

Oui, avec vous.

Tu sais,

on a frapp� � la porte, tout � l'heure.

J'ai ouvert, mais il n'y avait personne.

Juste une lettre.

Une lettre pour moi.

Je te la montre.

Lis-la.

Alors, je vais la lire.

Tu es un vieil idiot.

Ir�ne couche avec Mario et Pippo boit pour ne pas voir.

Mario n'a plus un centime.

M�fie-toi Ir�ne

si tu ne veux pas te ruiner.

Elle n'en veut

qu'� ton argent.

Mon Dieu !

Que les gens sont m�chants !

Ils sont capables de diffamer, de calomnier, juste par convoitise.

Et peut-�tre que vous y croyez.

C'est �a ?

Viens ici, parlons un peu.

Ecoute,

je veux seulement savoir...

si c'est vrai que tu l'as fait.

Tu as couch� avec Mario ?

Mon Dieu !

Vous l'avez cru ?

Je t'en prie, dis-moi si c'est vrai ou pas.

Je ne veux plus vous voir, je m'en vais.

Vous ne me verrez jamais plus !

Ne dis pas �a, m�me pour plaisanter.

Excuse-moi. Maudite lettre !

Calme-toi.

Toute ma vie, j'ai accumul� l'argent,

et je n'ai r�colt� que chagrins.

Je vais peut-�tre tout laisser aux cur�s,

aux pauvres et aux bonnes soeurs !

Dieu merci, cela me soulagerait.

Je n'ai jamais accord� d'importance � l'argent.

Seules les personnes comptent,

les sentiments.

Pour moi,

il n'y a que toi.

Je te le jure...

J'ai toujours essay� de te voir comme une fille.

Je ne me permettais pas de... Mais quand...

Tu veux toujours de moi ?

Oui.

Depuis la premi�re fois que tu es venue.

Tu veux une petite trompette ?

Esp�ce de cingl� !

- Quoi ? - Rien.

Tu ris...

Quel idiot je fais.

J'ai dilapid� les ann�es et voil� que je compte les minutes.

Quelles minutes ? Toute une vie t'attend.

J'ai fait un dr�le de r�ve.

Raconte-moi.

J'aimerais bien savoir ce que �a veut dire.

Si par hasard...

Enfin, j'ouvrais la porte...

Cette porte, l�-bas, mais elle �tait en verre.

J'entrais et je voyais mes trois enfants assis

sur ces chaises.

Immobiles.

Ils �taient couverts de glace.

Moi, je me tenais ici.

Et tout � coup, je me suis vu

couvert de glace, comme eux.

J'�tais l� ?

Tu n'es pas dans les cauchemars.

Tu es un r�ve.

Dieu du ciel,

quelle journ�e merveilleuse !

Tu veux te promener en carrosse ?

Si tu en as envie.

Mon Dieu que tu es belle !

Si tu savais de quoi j'ai envie, moi.

Viens.

Il faut �tre forts. Avoir du courage.

Tu n'as pas perdu ton p�re, toi.

Ir�ne a raison. On doit �tre forts.

Il nous faut maintenant penser aux lourds int�r�ts

qui bient�t nous �choiront.

C'est urgent.

Pippo, viens voir ton pauvre vieux.

Courage.

Je sais qu'il n'a pas laiss� de testament.

Si nous agissons promptement et d'un commun accord,

nous �conomiserons les frais de succession sur les d�p�ts.

Il s'agit de 2358000 lires.

Pour les biens immobiliers, la maison � Trastevere,

les titres et tout le reste,

nous verrons plus tard.

Tu es bien inform�.

Mais il y a une chose que tu ignores.

Papa m'a l�gu� tous ses biens.

Comment ?

C'est quoi, cette histoire ? Que veux-tu dire ?

L'argent est � moi.

Papa m'a donn� une lettre. Tout y figure.

Charogne !

Tu nous as tous tromp�s. M�me moi.

Je savais que tu �tais dou�e, mais l�, tu t'es surpass�e.

Tes manigances ne serviront � rien.

Que veux-tu ?

Rien.

Rassure-toi.

Je ne veux rien de toi.

C'est mieux ainsi, crois-moi.

- Mon erreur � �t� de t'aimer. - Tu as fini ?

Non, et tu dois m'�couter.

Je ne t'en veux pas, tu sais.

Tu es comme �a.

On t'a faite comme tu es.

Et moi...

tu m'as plu telle que tu �tais.

Mais � pr�sent...

qu'est-ce que je fais, moi ?

Tu t'es m�prise sur moi.

Tu sais pas o� m�ne l'argent ?

Tu seras toujours plus avide et d�sesp�r�e.

Je devrais te tuer.

Mais je te fais un cadeau.

Le plus beau que tu aies jamais eu.

L�che !

Ce suicide te co�tera cher.

Cette mort te poursuivra

toute ta vie.

Personne ne te croira, au tribunal.

Gagne qui a le monde avec lui.

Tu as r�ussi !

Le proc�s eut lieu.

Les chasseurs de scandale eurent leur festin.

Je me noyai dans l'hostilit�, Nul ne me d�fendit, pas un seul mot.

On me d�peignit dans cette salle d'audience

comme une femme monstrueuse.

Qui pouvait se douter que Mario s'�tait suicid� ?

Et aux yeux de tous,

j'avais m�me empoisonn� le vieux.

Je m'attendais � tomber sous le coup d'un mandat d'arr�t.

Je ne compris pas pourquoi les Furlin m'�pargn�rent �a.

A leur place, je l'aurais fait.

La sentence d�finitive

fut prononc�e le 5 d�cembre 1885.

Le document me d�clarant h�riti�re fut d�clar� nul.

Pippo �tait mort � l'asile en criant mon nom.

Le tribunal nomma comme h�ritiers universels

le d�put� Furlin et sa femme Teta:

Deux respectables m�diocrit�s.

Furlin avait eu raison:

"Gagne qui a le monde avec lui."

Adaptation: Fosco Perinti

Sous-titrage: C.M.C. - Paris

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