All language subtitles for The Death and Life of John F. Donovan (2018) 1080p WEB-DL

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic Download
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian Download
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish Download
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Plutôt que l'amour, que l'argent, que la gloire, donnez-moi la vérité.

Henry David Thoreau

John, c'est moi !

John, allez ! Ouvre la porte ! J'ai ta boîte.

Oh, mon Dieu !

Ça sent bon ici !

Quand as-tu ouvert une fenêtre pour la dernière fois ?

John, où es-tu ? Je n'ai pas beaucoup de temps.

Il fait sombre ici.

As-tu demandé pour l'endroit où Sid Vicious est décédé ?

John ?

John, es-tu là ?

- Que disait la lettre ? - Chéri, je ne sais pas.

Comment ça ?

Tu as dit l'avoir rapportée à la réception.

Je n'ai pas dit ne pas savoir.

Tu viens de le faire. Tu as dit : "Je ne sais pas."

Rupert, la lettre n'était pas pour toi.

La réception a fait une erreur.

Et la retourner sans me la montrer était juste irrépressible ?

Rupert, ça suffit !

C'est ma première occasion

de le rencontrer après toutes ces années.

Chéri, je sais, mais tu as une grosse journée.

- Tu as ouvert la lettre ? - Oui.

Tu as vu que c'était pas pour moi...

Oui, je me suis déjà excusée.

... et tu l'as juste rapportée à la réception ?

- Oui. - Eh bien...

La réception n'aurait pas pu m'envoyer la mauvaise lettre

si elle n'en avait pas une pour moi.

Ils ont envoyé ma lettre à la mauvaise personne.

Alors, une lettre m'attend à l'hôtel.

Oui.

Oui, sûrement.

Prends-toi quelque chose à manger...

ce que tu veux,

et je les appelle tout de suite.

Écoute, nous irons à l'hôtel,

et je suis certaine qu'une lettre t'y attendra,

et que vous vous rencontrerez cet après-midi.

C'était écrit à l'encre verte ?

Quoi ?

C'était écrit à l'encre verte ?

Je ne me souviens pas.

Chéri, tout ira bien, d'accord ?

On nous a informés que l'acteur John Francis Donovan est décédé

à l'âge de 29 ans.

Il a gagné en importance dans l'industrie télévisuelle américaine,

d'abord en tant qu'Adam White dans Hellsome High...

J'ai oublié de travailler sur moi.

C'est n'importe quoi.

Pas de réseau. On est en quelle année, putain ?

Fait chier.

Hal, c'est moi.

Ne me fais pas ça. J'ai un vol pour Londres à 14h30.

Mon rendez-vous à Paris a été décalé, non ?

J'ai eu ton mail ce matin.

J'ai pas pu répondre, mon routeur déconnait.

Écoute-moi.

Je suis venue le saluer parce que je suis une femme civilisée.

Mais tu peux pas m'obliger à écrire un article.

Je m'en fous, envoie un autre journaliste,

reporte l'interview.

Robert Turner de mes deux ne va pas s'envoler !

Je m'en tape d'écorcher son nom, je le ferai pas.

J'ai même pas lu son bouquin débile.

Comment je peux interviewer quelqu'un si je n'ai pas lu...

Tu me vois écrire sur un acteur tendance

qui exhume son passé seulement pour booster sa carrière ?

Je vaux mieux que ça.

D'accord.

Oui, je n'ai plus rien à te dire.

Je vais le faire.

Une heure.

Si ce petit morveux se permet la moindre arrogance,

je ne réponds de rien.

Ouais. Salut, Hal.

C'est dingue qu'ils aient encore des téléphones publics en 2017.

C'est assez cohérent avec le reste de l'Europe de l'Est.

La production nous donne des portables pourris

qui déconnent tout le temps.

Je téléphone et je vous rejoins pour l'interview.

J'ai vraiment hâte.

Je vais m'installer...

pendant que vous téléphonez.

Un auteur et acteur anglo-américain

Sa mère s'est installée en Angleterre en 2006

"En septembre 2017, Turner publie un mémoire

"contenant toute sa correspondance avec Donovan.

"Donovan est mort d'une overdose."

Donovan et Turner ne se sont jamais rencontrés.

DE SON TEMPS AUJOURD'HUI, INTEMPOREL DEMAIN

LETTRES À UN JEUNE ACTEUR

Sélection de textes de Jonathan Francis Donovan

À LA MÉMOIRE DE MA MÈRE

Je vous en prie, prenez votre temps.

On ne vous nourrit pas, au Times ?

Simple curiosité, bien sûr. N'y voyez aucune arrogance.

L'acteur arrogant s'engouffre dans le café Art Nouveau,

échevelé, arborant une vieille veste de l'armée.

Je le sens bien.

J'avais oublié qu'on pouvait fumer ici.

Ce sera interdit dans quelques mois, hélas.

Le livre vous a plu ?

Comme vous le savez, je ne l'ai pas lu.

Je n'étais pas censée faire cette interview.

Mais puisque nous sommes là,

commençons, j'ai un avion à prendre.

Hier après-midi, quand on m'a dit que ce serait vous,

j'ai lu certains de vos articles.

Hier après-midi ?

Vous êtes polyvalente pour une journaliste politique.

Vous avez co-écrit un article sur l'apocalypse écologique.

Sur quoi, déjà ? La côte Ouest...

- La faille de Juan de Fuca. - C'est ça.

Un séisme de 9,2 va dévaster la côte Ouest.

Et c'est prévu pour quand, déjà ?

On a 50 ans de retard.

Ça pourrait être dans 20 ans,

et on n'aura pas commencé l'interview.

Vous n'enregistrez pas ?

S'il vous plaît ?

Je voudrais un très grand américano.

Vous prenez quelque chose ?

Un double expresso, s'il vous plaît.

Un double expresso déca pour ce triple idiot.

Merci.

Elle parla en langues étrangères et il fut en son pouvoir.

J'ai eu peur que vous ne parliez pas de vous à la troisième personne.

Maintenant, j'aimerais qu'on commence,

et j'aurai peut-être mon avion.

Si vous le ratez, cet appareil vous emmènera à Londres.

Vous voulez que j'écrive cet article ?

Oui ? Bien.

On se rappelle tous le scandale,

comment les lettres ont été rendues publiques, etc.

Pouvez-vous revenir au début,

quand tout a commencé avec John F. Donovan ?

En fait, on le sait.

Il a répondu à une de vos lettres.

Et une correspondance improbable a suivi.

C'est la version conte de fées.

On pourrait revenir...

À la fin du conte de fées ?

Si vous voulez.

C'était en 2006.

L'été de mes 11 ans.

Je sens encore l'odeur du crayon-feutre qu'il utilisait.

J'entends encore le stylo gratter le papier.

Nos lettres étaient manuscrites, pas d'ordi, pas de mails.

Pour John, tout s'est écroulé quand il a commencé à décoller.

Tout le monde remarquait le petit nouveau

et disait qu'il allait cartonner.

Mais pour nous,

qui l'avions suivi depuis le début,

c'était évident qu'il cartonnait déjà.

Vraiment.

MA VIE AVEC JOHN F. DONOVAN

Non, envoie-moi un récap de notre discussion.

T'as été super.

On choisira les photos ?

Tu crois vraiment au Père Noël.

Comment ça ?

T'es à Vanity Fair.

Tu dis que t'adores et t'arrêtes de faire chier.

- Rhonda ! - Oui, ma chérie.

Super, les bottes de foin. Merci, beauté.

- J'ai de l'huile partout. - Crois-moi, c'est vendeur.

Le look mineur de fond un peu salope, ça marche dans le Midwest.

Prada a livré le costume, et Mel l'a porté chez toi.

Miuccia te dit "merde",

et elle a baragouiné en italien, j'ai rien compris.

John ! La fin de saison était trop stylée.

Les caméras cachées, et tout. Trop bien.

C'est sympa.

Tu vas jouer Jack Harvest ?

C'est mon superhéros préféré !

Je croise les doigts, c'est pas sûr.

Je t'adore !

C'est tout pour aujourd'hui.

Je t'aime !

Je vois Chris la semaine prochaine.

Il sait que George te veut pour jouer Jack Harvest.

Ça se présente bien, mon chou.

C'est pas seulement pour moi.

Larry aurait adoré que tu viennes.

- Tu lui dois bien ça. - J'étais pas là.

J'adore Larry, mais je peux pas me cloner.

Tant mieux, sinon t'aurais toujours ta bite dans la bouche.

Merci pour cette image.

Comme si tu n'y avais jamais pensé.

C'est la première de la saison de Hellsome High.

J'ai vraiment une chance énorme.

Rupert !

Rupert ?

- Rupert ! - Pardon.

J'ai hâte de lire ce que tu as noté.

Je suis sûre que ce sera très complet.

Il était sur la planète gay !

Cedric, cette obsession pour la sexualité

de ton camarade m'inquiète vraiment.

Ris pas.

Vous citerez trois énumérations et quatre figures de style

dans la liste que je vous ai remise mardi.

S'il vous plaît, j'aimerais vous rappeler

que vous devez préparer vos exposés pour lundi.

N'oubliez pas de choisir un objet qui a une valeur émotionnelle

dans la vraie vie.

Ne me racontez pas votre week-end à Poudlard.

L'école a toujours été un refuge pour moi.

Au collège, j'ai découvert la méchanceté ordinaire des mecs.

Enfin, des garçons.

Pour survivre dans la jungle, il fallait devenir un animal.

Mais je préférais vivre dans ma tête et devant la télé.

Encore un petit Blanc qui survit au harcèlement.

Évidemment !

Non, pendant des années, je ne m'intéressais qu'à John

et à la série dans laquelle il jouait,

mon univers tournait autour de ça, à l'époque.

Avez-vous déjà confié cette obsession à quelqu'un ?

De quel genre d'interlocuteur vous parlez ?

Je ne sais pas, un professionnel.

Je n'ai pas vu... Comment s'appelle la série ?

Bref... continuez.

Vous vous appelez comment, déjà ?

- Pardon ? - J'ai oublié votre nom.

Audrey Newhouse.

Oui, désolé.

C'est pas un nom courant, Audrey.

Vous semblez penser que je viens parler d'une icône

ou d'une œuvre très respectable,

ou pour promouvoir un événement culturel.

Mais je pensais qu'on allait parler d'influence,

d'identité et de télé.

Si vous cherchez des idées artificielles

et des citations débiles pour vous moquer de moi,

vous allez être déçue.

Ça ne parle pas du métier, ça ne parle pas d'art.

Ça parle d'un homme qui a sauvé la vie d'un enfant.

Ça m'est égal que John n'ait pas eu de talent.

Ça m'est égal qu'il ait fait de la merde.

Ça m'est égal que son histoire,

aujourd'hui, vous paraisse consternante.

Je sais que je ne reconstruis pas Alep.

On est dans le même camp.

Et ce café est un déca, Audrey.

Bon, on avance.

Mon trésor,

je ne pouvais plus te voir souffrir.

Je devais comprendre.

Maman, j'ai 17 ans.

Plutôt 30.

J'ai raté quoi ? Je veux rien rater d'autre.

Tes chaussures. La mère est au courant.

Elle l'a vu utiliser ses pouvoirs secrets, elle l'a filmé.

Tu pourrais dire bonjour.

Quoi ? Bonjour.

Mme White est au courant ?

Bien sûr, les caméras cachées à la fin de la saison !

J'y crois pas ! T'as vu ce qu'il a fait ?

Il montre ses pouvoirs !

Regarde ! Regarde les clés ! Les effets spéciaux sont trop bien.

Tu as reçu un paquet.

Ça doit être une affiche, elle est sur ton lit.

D'accord.

Trésor,

qu'est-ce que tu es ?

Tu avais raison, maman.

Je suis différent.

Le générique de début arrive.

Ça y est.

J'y crois pas !

C'est un nouveau pouvoir !

C'est carrément dément !

Rupert, pas si fort. On a des voisins.

J'y crois pas, j'y crois pas. La vache !

Je suis trop content.

Maman, tu regardes ? Attends, c'est Hellsome High !

Je suis né pour voir ça.

Je suis sorti de toi pour ça !

Moins fort.

Mon père était parti quand j'avais 2 ans

et depuis, je vivais seul avec ma mère.

Notre départ des États-Unis avait précipité

une maturité impétueuse.

Ma mère et moi nous parlions à peine.

Mais depuis notre arrivée ici, je ne sortais plus de ma chambre.

Au collège, on se moquait de moi

parce que j'étais le nouveau, et en plus, j'étais acteur.

Mais de mon point de vue, tous mes rêves s'étaient évanouis.

Le seul qui avait survécu, c'était...

John.

C'est dur, bien sûr,

il a pas l'accent ou le caractère d'un Anglais.

Donc, on cherche des rôles d'Américain qui vit ici,

ou des personnages un peu à part.

Je te dirais pas que ça l'aide à digérer son arrivée ici.

Mais il va s'adapter.

J'ai abandonné beaucoup de choses en quittant pour l'Angleterre,

mais les lettres ont suivi.

Le soir où j'ai vu le pilote de la série dans laquelle il jouait,

j'ai écrit une lettre à John.

Et à ma grande surprise, il...

- Il a répondu. - Oui.

Et ce qui n'était au départ qu'un échange unique

se poursuivit pendant des années.

Jusqu'à sa mort, en fait.

"Le style, c'est de savoir qui on est."

Attendez une minute.

Et votre mère n'en savait rien ?

Comment cela a-t-il pu passer inaperçu ?

Elle n'a jamais vu aucune de ces lettres dans le courrier ?

Beaucoup de choses ont échappé à l'attention de ma mère à l'époque.

Elle était dépassée, elle n'était jamais à la maison.

Je m'occupais du courrier, de toute façon.

Vous les interceptiez.

Oui.

Pourquoi ? Vous n'étiez pas fier ?

Je l'étais, mais plus encore, j'avais peur.

Peur que cette chose si spéciale me soit enlevée.

C'était mon seul lien avec la vie dont je rêvais.

Alors, je l'ai protégé.

Jusqu'au jour où je quitterais cet endroit pour devenir un acteur.

Travailler avec John.

Je savais qu'il existait quelque part un monde

dans lequel John vivait sa vie.

Très, très loin de la mienne.

Amy et John avaient grandi ensemble.

Ils avaient toujours été amis.

Amy partait à New York pour réaliser son rêve d'être actrice,

et il l'a suivie.

Ça les étonnait qu'on les croie ensemble depuis toujours,

mais ils jouaient le jeu.

Et les choses se sont enchaînées.

Pour John, surtout.

Il évoquait souvent la solitude.

Je savais qu'il y avait des relations qu'il ne pouvait pas se permettre.

Comment ça, des relations qu'il ne pouvait pas

se permettre ?

Quand on a une vie comme la sienne,

toute chose et toute personne est un risque.

L'attention qu'on a tant désirée devient omniprésente

et on voudrait fuir.

John dormait souvent à l'hôtel.

Dans une des premières lettres, je lui ai demandé pourquoi.

Il a dit qu'il se sentait moins seul.

Ce qui est bizarre, l'hôtel étant synonyme de solitude.

Il a dit que le sentiment de solitude était relativisé par le fait

que les gens des chambres voisines étaient souvent seuls aussi.

C'est plutôt grand pour New York.

Tu sais, c'est modeste, c'est assez merdique,

mais c'est chez moi depuis un certain temps.

Ce n'est pas trop cher non plus.

Quand Amy et moi avons emménagé en ville,

nous vivions dans le Queens, près de Flushing.

Un vrai trou à rat.

On ne pouvait pas se payer l'électricité les premiers mois,

alors on devait éclairer le logement avec des chandelles.

- Merde ! - Oui.

Un des voisins se plaignait qu'il sentait de la fumée.

Quand les pompiers sont arrivés,

ils devaient penser qu'on sacrifiait des vierges.

Les vierges ne nous ont jamais intéressés.

Travailles-tu demain ? Es-tu en tournage ?

Je ne travaille pas en ce moment.

Je dois être sur le plateau de Hellsome à 7h00.

Une folle journée pleine de cascades.

Oui, oui.

Je prends une autre bière et je m'en vais.

Je dois commencer à étudier, de toute façon...

J'ai auditionné pour Hellsome...

Je ne peux pas.

Tu ne peux pas ?

Je dois me lever tôt demain.

Oui, tu devrais te reposer, de toute façon.

7h00 du matin, c'est tôt.

Oui, désolé.

C'est bon, je m'en vais.

Merci pour la bière.

Vous savez tout ça grâce aux lettres ?

Pas tout.

John n'écrivait jamais rien que je ne puisse pas comprendre.

Il parlait peu de sa vie privée.

Ni à moi, ni à d'autres.

Si certaines règles étaient violées, il disait que ça le détruirait.

Maman, tu te lèves ou tu te couches ?

Faith vient vendredi, si tu peux te libérer,

et je fais mon bœuf bourguignon que tu adores.

J'adore pas.

La 2.

Je déteste pas...

Depuis quand tu n'adores pas le bœuf bourguignon, Jonathan ?

Depuis que tu n'écoutes plus les gens.

Et s'il te plaît, m'appelle pas Jonathan.

Je ferai autre chose pour toi.

- Le bœuf, ça ira. - T'aimes pas "Jonathan" ?

C'est pas grave, je peux faire autre chose.

Je mangerai du bœuf.

Allez, raconte. Arrête tes conneries.

T'as pas fait 140 km en pleine nuit pour passer un moment avec moi.

Il s'appelle Will.

- Ah, je vois. - Will Jefford Jr.

Je l'ai connu cet été. On s'est vus deux ou trois fois.

D'accord.

Je sais pas... Je l'aime bien.

Il est mignon.

Quoi ?

J'aurais dû dire bandant ?

Il est bandant. Un mec aussi bandant, c'est rare.

Ferme ta gueule.

C'est quoi, le plan ?

Il y a pas de plan.

Combien de fois tu vas me montrer des photos avec ton sourire rêveur ?

- J'ai pas un sourire rêveur. - Si, tu fais ça...

Et Amy ?

Elle a l'habitude.

Et elle continue à jouer le jeu ?

Oui, moi aussi.

On a l'habitude, James.

- Ça va. - D'accord.

Vous avez toujours pas compris.

- Non ! - Dégage.

Jimmy ! Espèce de petite ordure.

Dégage. Tu sais comment ça finit.

T'es con, ou quoi ?

Will Jefford Jr.

Ce mec mourra au moins 4 minutes après moi.

Ta gueule.

T'as vu les secondes qu'il gagne en contractant les mots ?

C'est bluffant. Ça t'impressionne ?

- Il est intelligent. - C'est vrai ?

Je te le rends, mon prince.

Ou plutôt... "J'te l'rends", puisqu'on contracte.

John allait voir Jimmy à son garage pour leur rituel depuis des années.

C'est Jimmy qui me l'a dit.

Je crois c'était un des seuls trucs qui rendaient John heureux.

Salut ! Ça va ?

Même si on se l'est jamais écrit,

John et moi avions atteint un point de non-retour dans nos vies.

Inviter Will dans son monde était une façon inconsciente

de saboter presque tout ce qu'il avait construit.

Bien sûr, il ne le savait pas encore.

Et vous ?

- Comment ? - Et vous ?

Vous dites que John et vous aviez chacun

atteint un point de non-retour.

J'aimerais savoir ce que c'est quand on a 10 ans.

Ça peut être plein de choses. Mais c'est pas l'important.

Alors, c'est quoi, l'important, je vous prie, M. Turner ?

L'important, c'est qu'on dit

aux enfants qu'eux et leurs rêves

n'existent pas ou ne comptent pas, parce qu'ils sont jeunes.

Et la plupart des enfants croiront celui qui leur dit ça.

Moi, on me le répétait sans arrêt.

Mais j'ai décidé de ne pas le croire.

Bonjour, petite fille.

Rupert ! Que fais-tu là ?

Maman est en retard.

Tu t'es fait mal ?

Je suis tombé.

Je vois.

"Vous ne pouvez embarquer sans vos parents, jeune homme !

"Un autre navire part en Amérique dans trois jours."

Quelle cruauté !

Mais j'adore !

Tiens.

Vous jouez bien.

Arrête, je suis nulle.

Continue.

"Je sais que vous ne laissez personne embarquer sans billet."

"En effet, personne !"

Pardon, c'est tombé.

C'est pas grave.

C'est un collier de l'amitié ?

J'en ai eu un.

Non, sûrement pas. Ma mère a le même.

J'ai l'initiale de son prénom, et elle a la mienne.

Comme c'est beau !

Oui.

La fête est finie.

Tu étais où ? J'étais morte d'angoisse.

Tu étais en retard, Mme Kureishi m'a ramené.

Aucun problème, j'étais restée pour corriger des copies.

Merci, Mme Kureishi.

- Tu t'es fait mal ? - Je suis tombé.

Entre. J'arrive tout de suite.

À mon tour de me faire gronder, Rupert !

Non, pas du tout.

Ça ne m'a pas dérangée, j'habite tout près.

J'ai Rupert en cours d'anglais, l'après-midi...

Je sais qui vous êtes, Mme Kureishi.

Merci beaucoup de vous être occupée de Rupert.

Je veux savoir, Rupert. Qui t'a fait ça ?

Et arrête de lever les yeux au ciel.

- Tu sais pas ce qui s'est passé. - Je ne suis pas aveugle.

Ça changera quoi ?

Eh bien, c'est simple,

si tu me dis les noms des gamins, j'appelle leurs parents.

Maman, c'est pathétique ! Tu débarques.

Je suis petit, je suis nouveau, je suis acteur.

Un grand, qui a trois copines

et qui joue dans l'équipe de foot, s'acharne sur moi.

J'admire l'originalité.

Et Mme Kureishi dit que le mépris est l'arme suprême.

Elle devrait écrire un livre.

Elle aime ce qu'elle fait et c'est une adulte très fiable.

Si je suis pas assez cool pour t'aider,

débrouille-toi, d'accord ?

Quand on a des peurs, il faut les affronter.

Le père d'Alan Parrish a dit ça

et Alan a été aspiré par le jeu Jumanji.

Ce sera bientôt ton tour.

C'est toi qui dis qu'il faut affronter ses peurs ?

Tu es la première à t'enfuir.

Tu as fui papa et ton métier de comédienne.

Et le truc que tu m'as mis sur les lèvres goûte la pisse !

Sale gosse !

Ça alors ! T'es devenu représentant ?

- Je rigole. - On est en retard.

Quelle bonne surprise ! Je m'y attendais pas.

Faith, viens !

On avait un truc prévu, mais ça a été annulé.

Maman, pas dans le cou.

Je peux pas me retenir, tu sens si bon.

J'adore Swiss Army !

Amy, ça fait une éternité !

J'ai changé de parfum.

Non ! Depuis quand ?

Depuis la puberté.

Arrête et embrasse-moi.

Je t'ai déjà embrassée.

Je sais, mais j'en veux encore.

Viens là, toi.

Tu sens bon aussi.

Vous sentez bon.

C'est quoi, ton parfum, ce soir ?

L'Air du Temps.

Tu m'en as acheté, sur Canal Street ?

Ils vendent des parfums tournés.

On s'en fout, personne ne le sent.

Ma tante préférée.

- Merde ! - Tiens, des fantômes !

Adam White ?

Ne me jetez pas un sort !

Fais gaffe, il aime pas trop qu'on l'embrasse,

ou qu'on le touche.

Ravi de te voir, Anne.

Moi aussi, chéri.

- Tu sens bon ! - Merci.

Amy, quel beau manteau !

En route vers la réussite !

T'avais dit qu'ils venaient pas.

Je parie qu'il l'a fait exprès, pour se faire remarquer.

Qui l'a déjà vu arriver à l'heure ?

C'est l'histoire de sa vie, et celle de son père.

Je vais ouvrir le vin.

C'est parti.

Fee, fi, fo, fum,

je flaire le sang d'un bœuf bourguignon !

À la demande générale,

la recette d'Ina Garten du bœuf bourguignon

revisitée par Grace.

John n'en mange pas, ce n'est plus assez chic pour lui.

Mais les autres, servez-vous,

j'apporte le gratin de pommes de terre.

Et je te réchauffe un petit truc.

Je t'ai dit de rien faire de spécial.

T'en fais pas, c'est rien du tout.

Juste des spaghettis bolognaise, avec des brocolis

et des lardons.

Je t'en faisais quand tu jouais au hockey.

Faith ? Tu peux me dire s'il faut rajouter du sel ?

Je ne sale jamais assez.

Je suis passé devant le stade de ta fac, l'autre jour.

Et je me demandais...

Tu penses encore au hockey, tu as des regrets ?

Excellente question. Examinons-la.

Tu regrettes d'être devenu riche et célèbre ?

J'imagine que oui.

Oui, alors que tu pourrais avoir un traumatisme crânien.

Pat, on te l'a dit cent fois, il s'est blessé.

T'étais un grand joueur. Tu as une nature de sportif.

J'ai rien dit, maman.

Faith ?

Il faut du sel.

- Juste un peu. - J'en étais sûre.

Il faut encore un peu de vin ?

Ça va ? Non, je vais en chercher.

Alors, la grande nouvelle ?

Tu vas me faire rater ma sauce.

C'est pas officiel...

Il va jouer Jack Harvest.

Jimmy, merde.

Ça intéresse qui ?

La terre entière.

Ça porte malheur de le dire.

Non, putain, t'assures comme une bête !

Jack Harvest, c'est qui ?

Je parie que c'est un célèbre démocrate,

qu'ils font un documentaire sur sa vie.

C'est un personnage de comics,

un genre de superhéros.

Je vois.

C'est formidable !

Ces films-là marchent bien en ce moment, non ?

Mais ça durera pas, si ?

Et ça se passe bien ?

Il se passe rien. J'ai pas encore le rôle.

- Le réalisateur t'adore. - Il m'a choisi.

Le studio sera sûrement d'accord.

- On attend... - La terre entière, grave.

Ils vont négocier.

Rien n'est fait.

Tu vas l'avoir, c'est plié, c'est bon.

J'ai raté la sauce, c'est trop liquide.

Mais c'est bon.

Don ne savait pas que l'amant de Sissy

était caché dans le placard.

Il rentre tôt, gonflé à bloc,

à l'idée de partir au ski.

Il ouvre la porte du placard pour prendre ses affaires

et partir au ski.

Sissy se souvient encore de la tête qu'il a faite.

Et son petit copain est parti en slalomant.

La vache !

Ça me rappelle quand t'as chopé ton salopard de mari

dans la cabane avec cette fille.

J'ai jamais eu confiance en lui,

mais là, je me suis dit que j'avais vraiment eu raison.

C'est dingue.

Je vais boire un peu d'eau.

Bonne idée.

Maman, si tu lâchais Jimmy

et que tu aidais tante Faith à apporter de l'eau ?

Jonathan, ne me prends pas de haut.

Je ne te prends pas de haut, Grace.

Si.

Qui veut de l'eau ?

De l'eau ? Tu te crois à l'église ?

Anne, un verre d'eau ?

Oui, merci.

T'es peut-être la seule à vouloir boire.

Je crois qu'on a assez bu.

On est adultes.

D'accord, alors...

tout le monde veut du whisky, sauf Anne et John.

Nul. Et Amy.

Nul.

C'est mieux que tu boives pas, avec ton traitement.

Malin.

On va arrêter là.

Pourquoi ?

Il reste du whisky, Jimmy.

Merci du soutien, Patrick.

Je t'emmerde !

J'ai une idée ! Pourquoi vous restez pas dormir ?

J'ai des roulés à la cannelle au congélo pour demain.

Je crois qu'on va y aller.

C'est une soirée hôtel ?

Tu sais, Pat,

John adore aller à l'hôtel, de temps en temps.

Vous venez pas d'acheter un appartement

à un milliard de dollars ?

Si, mais tu sais, des fois, il a besoin de tranquillité.

Pour quoi faire ?

Attention, Amy.

Tel père tel fils.

Ça suffit, maman.

Grace, je vais y aller.

Tu peux faire attention aux gens ? À ta sœur, à Jimmy,

à moi.

À tout sauf ce whisky de merde !

Je suis pas une gamine !

Je passe ma vie à t'accorder mon attention.

À part toi, tout le monde aime mon bœuf bourguignon.

Tout le monde aime mon café.

Alors, arrête de faire ton snob et assieds-toi.

Tu te ridiculises.

Bon, doucement.

Détends-toi, Brad Pitt.

Ferme ta gueule !

C'est toi qui vas fermer ta gueule !

Bon Dieu, comment tu parles à tes aînés ?

Tu me dis pas de fermer ma gueule,

et tu parles pas à ta mère sur ce ton.

Après ce que tu lui as fait subir.

Les cachets, les factures, les médecins, les psys,

les bagarres à l'école.

Toi et ton hockey de merde,

sans parler de ton ordure de père.

Ta gueule !

Ce n'est pas mon genre de croire à la synchronicité,

à la destinée, aux horoscopes ou à ce genre de conneries.

Ah non ?

Mais ce soir-là,

quelque chose dans l'univers...

a manifestement fait tilt.

Que voulez-vous dire, exactement ?

Ce genre de synchronicité n'est pas une coïncidence.

J'ignorais tout de la vie de John

et je n'aurais pas deviné que nos erreurs mutuelles

coïncideraient de façon si spectaculaire.

Putain, c'est le keum de la série qui déchire !

Oh, mon Dieu !

Un café latte ?

Mon cœur va exploser.

Non, je te le promets.

Merci.

Tu me reconnais pas, en fait ?

C'était il y a longtemps. Avant l'été dernier.

Bien avant.

Je viens de Pleasant Gap.

Près du campus de University Park.

Tu déconnes ?

C'était ta fac, non ?

Tu jouais avec les Raging Badgers.

Moi, j'ai suivi tes exploits.

Je lisais des trucs sur toi dans les journaux.

Jusqu'à ce que tu exploses.

En fait, c'est un peu toi qui m'as donné envie d'être acteur.

J'ai cassé avec mon copain. Enfin, mon ex, maintenant.

Ça s'est mal passé.

Je pensais pas te revoir un jour.

C'est marrant.

Ouais, c'est marrant.

Pourquoi tu me l'as pas dit ?

Je sais pas, j'ai pensé...

Je sais pas...

Que tu m'avais oublié

ou que tu voudrais que je t'aie oublié.

Je sais pas.

Ça va, ta mère ?

Elle venait te voir jouer.

Elle riait vraiment super fort.

C'était marrant.

Elle va bien.

Et ton frère ? Jimmy, c'est ça ?

Jimmy ?

Je peux pas.

Je peux pas continuer, là.

Écoute, Will...

T'es sympa, mais...

T'es vraiment sympa, mais...

je peux pas.

C'est pas bien, ça va mal finir.

Je peux pas me le permettre.

T'es adorable.

Toi aussi.

T'es sympa, mais...

Merci pour le café.

Je ne comprenais pas ses règles, mais maintenant, c'est clair.

Comment peut-on vivre constamment dans le mensonge ?

Il faut forcément s'échapper.

Arrive un moment où le masque

se fissure, non ?

Je suis désolée, M. Turner...

Je rentre d'Islamabad. Je serai au Nigeria dans huit jours.

Toute cette conversation me semble

très loin de mon monde.

C'est dur à supporter ?

Oui, très dur.

Je suis... Comment le dire gentiment ?

J'ai beaucoup de respect pour vous, sincèrement,

et j'aimerais tellement m'apitoyer sur le sort de M. Donovan.

Je trouve que ce sont des petits problèmes de riches.

Que faites-vous à Prague ?

Je vis ici et à Londres.

Non, pardon, je voulais dire... Vous êtes d'où ?

Vous ne venez pas du Congo, de la RDC ?

Je crois que j'ai lu ça, hier.

C'est dur de savoir qui interviewe qui.

Je suis née à Bukavu. Mais on s'éloigne du sujet.

Non, on arrête le pipeau.

Vous pensez qu'on vient pas de la même planète ?

C'est faux.

Pourquoi vous lutteriez pour la vérité,

et moi, pour que dalle ?

Je vois que vous l'avez mal pris.

Vous croyez que les histoires ne voyagent pas ?

L'histoire d'un gamin.

Vous n'êtes plus un gamin...

Alors, me traitez pas comme un enfant.

C'est une histoire qui raconte l'intolérance

d'une industrie si effrayée de perdre un public

qu'elle juge ignorant et obtus,

qu'elle le maintient dans cet état depuis des décennies.

Ça parle de nous.

Quelle société veut-on ?

À quoi aspire-t-on ? En quoi c'est abstrait ou indigne ?

Je ne voulais pas vous contrarier.

Non, vous risquez votre vie pour la vérité,

et nous, on se la joue avec nos problèmes de riches.

L'idée qu'être privilégié détermine ce qu'on peut dire,

et qu'il faut avoir une vie pourrie pour pouvoir compatir,

c'est un fléau, putain !

Moi, je viens de là.

Ici.

Vous et moi, nous voulons changer les choses,

avoir un impact sur les peurs des gens,

sur l'ignorance, le sectarisme,

le sexisme, le racisme, l'homophobie, etc.

Vous pensiez avoir le monopole de ces combats ?

On en était où ?

On en était où ?

Alors...

Vas-y, Rupert. On est tout ouïe.

J'ai commencé à me documenter sur John F. Donovan il y a cinq ans.

Et j'ai découvert qu'on avait beaucoup de choses en commun.

Par exemple,

le fait qu'on ait des relations compliquées avec nos pères,

et qu'on ait rêvé d'être acteur dès l'enfance.

Je lui ai écrit une lettre.

J'étais fou de penser qu'il me répondrait,

mais il l'a fait.

Parce que vous êtes tous les deux homos.

Cedric, deuxième avertissement.

Il a répondu.

Et c'est l'objet dont j'ai choisi de parler.

Depuis presque six ans,

John F. Donovan et moi, nous nous écrivons

une ou deux fois par mois.

Il me raconte tout sur ses tournages, sur le 7e art,

et m'explique sa complexité.

Il raconte ses avant-premières, ses "press junkets"...

C'est une conférence de presse avec plein de journalistes.

Comment il a connu sa femme Amy,

ses difficultés avec sa mère,

et ce qu'elle pense de sa carrière.

Mais c'était avant qu'il ne soit vraiment célèbre.

Il n'a jamais arrêté d'écrire.

Je n'ai que 11 ans,

mais plus tard, je serai comme lui et on tournera ensemble.

John, que je préfère appeler "J",

cite souvent Gore Vidal, grand auteur, critique et essayiste.

"Le style, c'est savoir qui on est."

John sait parfaitement qui il est

et je sais qui je suis.

Je suis acteur,

et je suis l'ami de John F. Donovan.

Gros bobards.

Ça suffit. Tu sors.

Madame, reconnaissez-le,

c'est des gros bobards.

C'est pas des bobards, ducon.

Arrêtez ces grossièretés !

Espèce de petite menteuse.

J'ai ses lettres ici, tête de con. T'es juste jaloux.

Ta gueule, salope.

Dehors, vite.

En fait, je crois qu'elle te dit d'aller te faire foutre !

Rupert, tu restes ici.

Cedric, je te punirai demain.

Je ne tolérerai pas l'incivilité dans ma classe.

Allons !

On s'active.

Rupert, approche. Viens.

Tu sais, je vais te mettre une mauvaise note.

- C'était pas bien ? - Si, excellent.

Ça aurait été parfait pour ta rédaction de septembre.

Tu as un vrai talent d'écriture.

Mais j'ai été très claire quant aux critères de l'exercice.

- Une histoire vraie. - John est vrai.

Oui, tu as raison.

Mais tu as inventé cette histoire.

Pas du tout.

Tu sais que j'apprécie ta créativité.

Mme Kureishi, c'est vrai !

- Rupert. - Je le jure !

J'ai les lettres,

mais ça a sonné et j'ai pas pu les montrer.

Je peux les voir ?

Alors ?

Merde.

Trop bien, les lettres ! Merci beaucoup.

Magnifique !

Papa, tu m'écoutes, ou pas ?

Un instant.

Papa !

Jésus, Marie, Joseph !

Qui es-tu ?

Salut, Phil !

Comment ça va ? T'as passé un bon week-end ?

- Ouais ! - Ouais ?

Gil, comment ça va ?

Content de te voir.

Je pense qu'on a terminé.

D'accord, parfait.

Je ne sais pas ce qui se passe.

Ils se seraient rencontrés dans un bar.

Ça fait des mois qu'ils sont ensemble.

Quoi ?

- Ça fait longtemps que ça dure. - Mon Dieu !

Tu l'as rencontré ! C'est le blond qui est venu sur le plateau.

Il paraît qu'il y a un article en ligne.

- Ah oui ? - Oui, je ne l'ai pas encore lue...

Voilà, Johnny.

"Je suis content. C'est vraiment un super rôle."

Vous n'avez pas le droit de lire les lettres.

T'en fais pas, mon pote.

On respectera ta vie privée.

Et mes droits fondamentaux. Merci.

Tu veux qu'on te les emballe ?

Pardon, monsieur...

Mon fils a été arrêté ?

Liz, je peux te parler une seconde ?

Je vais à la cantine.

Oui, le truc, c'est que...

Moi aussi, il me faut un café. Viens.

Il se passe quoi, là ?

Quoi ?

Ça doit être du spam.

En plus, t'étais pas avec Will Jefford Jr, ce week-end.

Si ?

Tu as réussi à me décevoir tellement en une seule soirée

que ça force l'admiration, Rupert Turner.

Je suis bluffant.

Tu mens à tes profs.

Tu m'obliges à quitter mon boulot pour venir au poste de police

après qu'on t'a arrêté en flagrant délit d'effraction.

Ça va pas, Rupert ?

Pardon, maman.

Non, c'est trop facile.

Je veux une explication tout de suite.

J'ai une correspondance avec John F. Donovan.

L'acteur de la série ?

Oui, je lui écris depuis cinq ans.

Il a répondu à la première lettre, celle qu'on a écrite ensemble.

- Il a répondu ? - Oui.

Tu me l'as jamais dit !

Il t'écrivait quoi ?

Rien, des trucs sur les films, sa famille et ses amis.

Son jeu.

- Combien de lettres ? - Beaucoup.

C'est-à-dire ? 5, 10, 20, combien ?

Une centaine environ.

Quoi ? Putain, c'est pas vrai !

Qu'est-ce qui te prend ? Tu me détestes à ce point ?

Pourquoi tu m'as menti ?

- J'ai jamais menti. - Arrête.

T'es un menteur, comme ton père.

J'ai rien dit, c'est tout.

Pardon pour mon manque de vocabulaire.

Tu as menti pendant des années.

Je refuse d'être traitée comme une étrangère, je suis ta mère.

T'es sûre ?

Tu m'as jamais rien demandé.

Tu me demandes jamais rien sur mon jeu ou mes auditions.

Arrête tes conneries, c'est la honte.

C'est la honte qu'on ait quitté l'Amérique pour venir ici.

Pour quoi ? Pour qui ?

Papa n'a même pas le temps de me voir.

Alors, ça sert à quoi d'être en Angleterre ?

À part que te mentir à toi-même sur ta nouvelle super vie

que tu m'imposes loin de mes amis, de ma vie, et de mon collège.

Parce que tu t'es aperçue que tu avais tout raté.

Alors, non, j'ai jamais parlé des lettres

parce que t'aurais sûrement flippé et tu m'aurais interdit

d'écrire à la seule personne qui semble s'intéresser à moi

dans cette vie pourrie d'une banalité à pleurer,

et que j'ai hâte de quitter.

Loin de toi, loin de cet appartement,

loin de tes petits rêves et de ta médiocrité.

Tu peux dire adieu à ton audition à Londres.

Ça alors, quelle surprise !

Je dois tout rater, comme toi.

Rupert, tais-toi !

C'est sûrement Scotland Yard.

Depuis quand votre fils écrit à John F. Donovan ?

Il écrit souvent ? Il écrit quoi ?

Merde !

Tom, il se passe une histoire très bizarre à Harrow.

Comment une star de la télé et un enfant de 11 ans

sont mêlés à un incident obligeant la police à intervenir ?

Pouvez-vous nous éclairer ?

T'es sûr de l'âge, Mike ? 11 ans, c'est des conneries.

Vas-y, Rhys. C'est Richard qui l'a écrit.

La vache ! Ça m'en bouche un coin.

J'ai 18 ans, j'ai des besoins, j'ai besoin de toi.

J'ai des visions sans arrêt.

Celles que t'avais quand je t'ai guérie ?

Sarah... C'est normal.

Quand je t'ai sauvée, nos âmes se sont liées,

je sais pas pourquoi...

Merde !

Quoi ?

T'as eu un week-end chargé, Johnny !

T'es à fond, hein ?

Ouais.

- Billy ! - Ça va, mec ?

On répète.

Pardon, Mlle Jones.

Ce mec est vraiment un abruti.

Adam. Et Diego ?

Il pose des questions. Il est au courant.

On enverra Bella visiter ses rêves et effacer sa mémoire.

Putain ! Ça va pas s'arrêter ?

On va voir le médecin du plateau ?

Allons à l'hosto, ce sera discret.

T'as écrit ces lettres ?

- Parle plus fort. - Pardon.

C'est quoi, cette histoire de lettres ?

Quelles lettres ?

T'écris des lettres à un gosse ?

C'est mignon...

Répétez, on a le temps.

Ils font les réglages. Vous avez 20 minutes...

Merci.

Il a dit quoi ? J'ai rien entendu.

Entertainment Weekly

People Magazine

De Barbara : "Pas de bêtises. Je t'attends dehors."

Tu me lis le texto de Barbara ?

J'ai trop mal aux yeux. Fort, mais pas trop fort.

"Des lettres à un enfant et des rapports sexuels à risque

"lèvent le voile sur le grand secret de JFD."

On devrait répéter.

"L'affaire a été révélée après qu'une bagarre de collégiens a dégénéré

"à Harrow, près de Londres, en Angleterre.

"Rupert Turner, 11 ans, s'est introduit dans une maison

"pour y reprendre des lettres qu'un camarade lui aurait volées.

"Des lettres qui auraient été écrites par John F. Donovan.

"Ceci survient peu après l'annonce

"de son implication dans une affaire de prostitués masculins,

"avec l'acteur Will Jefford Jr.

"Aucun lien avec les lettres..."

T'as des cachets ?

- Quoi ? - Des cachets.

Du clonazepam, du xanax.

T'as pas...

du lithium, par hasard ?

- Quoi ? - Des cachets.

Il me faut des cachets, putain. T'en as ?

J'ai que des trucs naturels.

Fait chier.

Tu veux du Rescue ?

Sur 10, tu me mets quelle note ? Dis-moi.

Ces abrutis disent que tu me mettras pas plus de 5.

Billy, t'es vraiment pénible, là.

Dis, c'est quoi, ces conneries avec le gamin anglais ?

T'écris à un gosse ? Wow ! Week-end occupé, hein ?

Ça va ?

Tu chômes pas, Johnny ! Ça m'en bouche un coin.

Tu veux savoir ce que j'ai fait ce week-end, connard ?

Tu crois que j'ai envie de te le dire ?

Putain, tu me touches pas !

Oh, mon Dieu !

Johnny, je suis désolé.

Putain, tu m'appelles Johnny ?

Tu me prends pour qui, putain ?

Putain, mais t'es qui ?

Viens, Brian. Johnny pète un câble. Tais-toi.

Je croyais qu'on était amis.

Non, on est pas amis !

On est pas amis, putain !

Je viens ici, je dis mon texte, mais tu sais pas qui je suis.

Tu connais ni ma vie, ni mon passé, ni mes secrets, putain !

Et je dois te raconter mon week-end

parce que sinon, tu vas aller raconter

que je suis un connard prétentieux.

"Il est comme nous, ce connard, il chie tous les matins !"

C'est vrai, Billy. Évidemment qu'il chie.

Et il est si reconnaissant, si sympathique,

et surtout, il est tellement heureux

qu'il va tout te dire sur son putain de week-end !

Merde !

Ensuite ?

Le mot "correspondant", je crois.

- Celui-là, c'est mon préféré. - Il est bien.

Il est si bien que je veux entendre la question.

Alors, avez-vous un correspondant ?

Un enfant, en plus. Faites votre boulot.

Correspondez-vous avec un enfant en Angleterre ?

Et pourquoi pas ?

Pourquoi pas l'Angleterre ? Il parle anglais, moi aussi.

On est faits l'un pour l'autre. Continuez !

Échangez-vous des lettres

avec un enfant acteur, en Angleterre ?

Est-ce qu'on s'écrit depuis des années ?

C'était dans l'article que j'ai lu, je les lis tous.

Vous avez intérêt !

Oui, sinon comment je saurais ce que je fais ?

Et j'en fais, des trucs !

C'est terrible.

Oui, c'était pas super.

Et ensuite, il a écrit pour s'excuser, ou s'expliquer ?

Bien sûr que oui.

Mais qu'il m'ait ignoré, ce n'était pas le plus douloureux.

J'ai compris qu'il n'avait pas le choix.

Même si c'était douloureux.

Mais les conséquences,

avec les garçons et ma prof, allaient être horribles.

Vous allez rater votre avion ?

On peut finir par mail si vous préférez.

Non, ne vous en faites pas. Ça va.

Combien je vous dois pour ce sourire ?

- Je vous emmerde. - Appelez une ambulance.

Pardon, excusez-moi. Y a-t-il un médecin dans l'avion ?

Ce comportement est inhabituel, peut-être un début d'AVC.

Audrey, ça sent le brûlé ?

Ça va ?

- Allez, au travail. - Au travail.

Que s'est-il passé, ensuite ?

Vous allez à la maison de retraite, aujourd'hui.

Et j'ai lu dans ton agenda que tu dois porter l'uniforme.

Alors, je vais t'aider.

Ça va être sympa.

Sympa et salutaire.

Tu vas faire une bonne action

et ça te changera un peu de toute cette folie.

Tes pieds.

Il a dit qu'il avait pas écrit les lettres.

Ils vont me fracasser.

Tout le monde va se moquer de moi.

Je veux rester ici avec toi.

S'il te plaît, ne me fais pas ça.

Ne me laisse pas tomber.

Tu n'écriras plus jamais à cet homme.

C'est compris ? Que ce soit vrai ou non...

C'est vrai.

Tu vois ce qu'il te fait ?

Il t'a lâché sans hésiter et il le refera s'il le faut.

Ça se passe toujours comme ça dans ce milieu.

Je sais que tu aimes ce métier.

Mais il faut redescendre sur terre.

Pense à tes notes.

Tu peux avoir une copine, ou un copain.

Tu dois oublier tout ça.

L'audition d'aujourd'hui pouvait tout changer.

Pour une fois, c'était un film américain.

Tu passeras des auditions à la fin de l'année, cet été.

Si tu disparais un moment, tu ne reviens plus jamais.

Comme toi.

C'est vrai.

Ce serait super

si tu me le rappelais pas sans arrêt.

Je sais que tu penses que je n'ai pas d'ambition,

et que je ne suis pas forte.

T'es content ?

Mais si un gamin se moque de toi ou te fait du mal,

ou si un adulte te ridiculise,

moi,

je serai la rabat-joie de service, minuscule,

qui viendra te protéger, d'accord ?

J'ai jamais eu peur de rater ma carrière ou de perdre ton père.

Mais j'aurai toujours peur qu'on te fasse du mal.

Pas aujourd'hui, pas demain,

sûrement pas avant très longtemps,

mais un jour,

tu comprendras.

Bonjour, Olga. Allô, Catherine.

Timothy, Rodrigue, Kamal.

Celeste, jolie robe.

Cedric, requin géant.

Il manque quelqu'un ?

Où est Rupert ?

Rupert Donovan a disparu !

Cedric ! Premier avertissement.

Non !

Sarah !

C'est pas vrai...

Que se passe-t-il ?

Non, tout va bien.

Je peux entrer ?

D'accord, pourquoi pas ?

Rupert a déposé ça au collège, ce matin.

Quoi ?

"Mme Kureishi, ne vous inquiétez pas, je suis à Londres pour une audition."

Je lui ai interdit d'aller à cette audition.

Mme Turner,

je suis certaine que vous lui avez défendu...

Ça va, je suis pas idiote, d'accord ?

Ça va aller, n'est-ce pas ? Il a un portable ?

- Appelez-le. - Il en voulait un.

Mais c'est un petit garçon.

Par contre, il connaît Londres.

Il va voir son père tous les mois, tout seul.

Enfin, il y est allé souvent.

J'ai une conférence à Bracknell cet après-midi,

je vais appeler son père,

il le remettra dans le train pour Harrow.

Bon.

Merci, Mme Kureishi.

Je vous en prie.

Je vais y aller.

- Mme Turner ? - Oui ?

Oui ?

Je regarde Rupert,

et il a un avenir tellement brillant qui l'attend.

Vous voyez...

Ce n'est pas le cas de la majorité de mes élèves.

Disons que je vois un avenir pour eux,

mais je vois rarement

une destinée.

C'est pour cette raison, je crois, que je suis venue,

au lieu de téléphoner.

Je sais que mon fils est différent. Je ne suis pas aveugle.

Rupert doit avoir tellement honte de moi.

Il doit raconter des tas de trucs sur moi,

se foutre de moi avec tous ses copains.

Rupert est un enfant très seul.

Il ne se confie pas tellement.

Avant, il se confiait.

Je parcourais leurs devoirs écrits, l'autre soir,

et j'ai vu que vous n'aviez pas signé sa rédaction,

celle sur les modèles.

Rupert a échangé des lettres avec un type de 30 ans

pendant cinq ans sans qu'on le sache,

je comprends qu'il n'ait pas tenu à me faire lire sa rédaction.

Je ne vois pas pourquoi.

Bonne journée.

Choisir sa mère ou son père comme modèle

manque sans doute d'originalité.

Mais la personne que je connais et admire le plus,

c'est ma mère, Sam Turner.

Ces dernières années, on s'est éloignés l'un de l'autre,

mais vous me direz, c'est la vie.

Sam a été enceinte de moi,

mon père l'a quittée pour une autre peu après

et s'est installé en Angleterre.

Donc, elle m'a élevé seule.

Et pendant un moment, ça a bien fonctionné.

Mon fils Rupert avait un rendez-vous à 13h30.

Je m'occupais d'elle et je l'appelais même "mon amour",

ça me donnait l'impression d'être un adulte.

Mais en vérité,

c'était seulement ma meilleure amie.

Elle m'appelait Larry au lieu de Rupert,

et on regardait des films ensemble.

Je crois qu'on a vu Le Jardin secret un milliard de fois.

Elle a arrêté le théâtre et j'ai commencé à auditionner.

Je pensais qu'elle serait fière que je fasse une chose

à laquelle elle avait aspiré.

Au fil des années, Sam a été déçue de voir ses rêves s'évanouir,

et nous sommes arrivés ici en quête d'autres rêves.

Pardon, mon fils est là...

C'est dur pour moi,

mais je comprends pourquoi elle voulait être quelqu'un d'autre.

C'est seulement dur de l'admettre.

Je sais que j'ai instauré cette distance entre nous.

Parfois, je voudrais que nos problèmes

et le mur invisible entre nous disparaissent.

Qu'on se retrouve tous les deux,

sans devoir s'inquiéter de rien,

sans orgueil et sans mensonges.

Alors, je lui dirais la vérité.

Je lui dirais à quel point je l'aime.

Maman !

- Pardon ! - Pardon.

- Je suis bête ! - T'es pas en colère ?

- Je suis bête. - Non, t'es pas bête.

Ta prof est venue, je savais que j'avais eu tort.

Après, j'ai lu ta rédaction.

C'est vrai ?

Je voulais pas te faire de mal

et je suis désolée que tu me trouves bornée.

T'es pas bornée. Pardon.

On va le faire.

Toi, mon Rupy, tu seras acteur.

Je serai là pour te soutenir, d'accord ?

J'imagine que tu t'y attendais, non ?

Barbara, c'est une blague.

On a vécu tant de choses ensemble.

J'ai besoin de toi et...

Dis-le.

Moi, j'ai besoin de toi ?

J'ai besoin de personne.

J'évite soigneusement d'avoir besoin des gens depuis 40 ans.

John, mon grand,

regarde autour de toi.

Regarde les tableaux aux murs, le tapis.

La chaise dans laquelle tu es assis.

J'ai choisi cette vie.

Elle aurait pu être différente,

complètement différente.

J'aurais pu tout avoir.

Si tu savais combien de fois j'ai refusé de travailler

avec des acteurs extraordinaires,

des artistes.

J'aurais pu m'associer à des agences prestigieuses.

Je n'en doute pas.

J'ai pas fini.

J'ai choisi cette vie.

Pas par manque d'ambition, j'aime l'argent

et tout ce qu'il apporte, j'aime ça.

Mais j'ai choisi cette vie, car c'est celle que je peux vivre,

celle où je suis fière de bien faire mon travail.

Je pourrais pas gérer des carrières d'hommes d'affaires.

Pas par manque d'estime ou de respect.

Je peux les croiser, les côtoyer.

Mais je peux pas être eux.

Je suis pas une menteuse.

Et si tu deviens quelqu'un comme ça,

si tu engages des mannequins pour être vu dans les restaurants,

ou à des soirées caritatives...

Si tu deviens quelqu'un qui méprise les autres,

qui dit aux gamins qu'ils existent pas,

je te suivrai pas dans cette voie.

C'est une impasse, je le sais.

Je suis pas idiote,

je sais que tu en es capable, j'en suis sûre.

Si c'est ce que tu veux.

Mais je ferai pas ça avec toi.

J'ai vu trop d'amis se perdre dans cette spirale,

ce trou noir de l'esbroufe

qui est seulement un gaspillage de talent.

Et le temps ne se rattrape jamais.

J'ai fini.

J'ai Eileen O'Neal sur la ligne 1.

Tu trouveras un autre agent. C'est mieux pour toi.

Je dirai à tout le monde que tu m'as virée.

Passe-la-moi, Melanie.

Et si je veux pas changer ?

Parles-en à ton psy.

Eileen, comment tu vas ?

Je sais, je voulais t'appeler.

Je suis débordée. Ça va très bien.

Les enfants, ça va ?

À Disneyworld ?

Non, je vais bien.

Non, ça va.

Merde, j'aurais dû appeler.

C'est pas grave.

Ils sont venus en car,

je les ramène demain pour l'anniversaire de mon frère.

C'est top.

Je peux passer plus tard.

S'ils dorment chez toi, on peut aller boire une bière.

J'ai besoin de parler.

Avec moi ?

Oui.

Non, tu dis rien.

Écoute, je crois

que tout ça...

John, je t'aime bien,

mais tout ça, toute cette histoire,

ce truc des photos,

c'est un peu... je sais pas.

Tu as honte, c'est ça ?

Non.

Mais toi, oui.

J'aurais voulu que tu m'appelles.

C'était pas le moment.

C'est pas grave.

Connor a besoin de toi !

Une seconde, maman.

Désolé, j'arrive.

Fais ce que tu dois faire.

Je suis jeune.

Je sais ce que je veux

et qui je suis.

Être l'amoureux secret de quelqu'un,

ça fait pas partie de mes projets.

D'accord ?

Je te laisserais bien entrer, mais...

Je comprends.

Je suis désolé.

J'ai envoyé mon livre à Will, mais je n'ai jamais eu de nouvelles.

John parlait de lui avec affection dans ses lettres,

mais personne ne sait vraiment ce qu'il est devenu.

Il paraît qu'il est rentré et qu'il fait tout sauf l'acteur.

Barbara Haggermaker a dit dans une interview

pour un article sur les femmes de pouvoir

que son grand échec n'était pas d'avoir viré John.

Non ?

C'était de ne pas l'avoir connu.

Quand sa maladie, son passé, quand tout a été révélé,

beaucoup de gens ont ressenti ça.

Mais doit-on connaître un artiste ?

Que doit-il révéler sur lui ?

Pourquoi c'est important pour nous ?

Derek O'Brien décroche le rôle de Harvest chez Disney.

Et John, qu'est-il devenu ?

Il a simplement disparu.

Ils ont vendu l'appartement.

Je crois qu'il a repris

la vie qu'il menait encore peu de temps avant.

Hellsome High a expédié Adam White en voyage spirituel en Afrique

au milieu de la sixième saison.

Je me souviens de cet épisode.

Ça s'appelait Le Départ.

C'était adapté.

Le type que John avait agressé sur le plateau a porté plainte.

Il y a eu un accord à l'amiable et ça s'est arrêté là.

Il vous a écrit pendant ces mois de...

C'était quoi, vous savez ?

Ces mois d'isolement, de dépendance, de dépression ?

Aucune idée, il n'a pas écrit à cette période.

J'aurais aimé être là pour John.

Je vivais loin, et on n'était pas dans le même monde.

La vie a continué.

John avait gardé cette habitude

de manger dans la cuisine d'un resto qu'il aimait bien,

et d'où il m'avait si souvent écrit.

Il n'avait pas coupé tous les ponts.

Après l'épisode de Londres,

ma mère m'a permis de reprendre les auditions.

Une série de hasards heureux et une audition

m'avaient valu d'être rappelé à New York.

Bien sûr, j'étais ravi,

mais surtout parce que, comme nous l'avions prévu,

je verrais John pour la première fois.

En cinq ans de correspondance.

Mais ce n'est pas Hellsome High ?

C'est bien vous, non ?

Pardon, je sais que ce n'est pas votre nom.

Non... c'est un lycée.

- Je m'appelle... - John F. Donovan.

Je ne suis pas si vieux.

Ça doit vous énerver, mais...

mon petit-fils est un de vos grands fans.

J'étais avec lui dans Canal Street, l'autre jour,

il a vu l'affiche de votre série, et il ne tenait plus en place.

Il est resté planté là pendant cinq minutes.

Il veut être comme vous, quand il sera grand.

Pouvoirs magiques compris, bien sûr.

Ah bon ?

Je vous assure.

Je ne vous dérange pas plus.

Non, vous ne me dérangez pas. Restez.

Vous êtes bien aimable.

Vous vous installez là pour être un peu tranquille

et un vieux fou débarque en braillant.

Non, vraiment, c'est...

On attend votre prochaine aventure extraordinaire.

Je ne sais pas, monsieur.

Quoi ?

Je ne sais plus.

J'ai l'impression... Désolé...

J'ai l'impression...

Parlez-moi.

J'ai l'impression

que j'ai tout gâché.

Vous comprenez ?

J'arrête pas de me dire...

Et si je n'avais rien à faire là ?

Si j'avais volé la place d'un autre ?

Dites quelque chose.

Moquez-vous de moi.

Oh là là !

Qui suis-je pour recueillir ces confessions ?

Je sais.

Navré, vous devriez partir, je n'aurais pas dû vous déranger.

À mon avis,

les choses sont simples.

Les gens, par contre,

ont une mystérieuse propension

à les rendre compliquées.

Vous savez déjà que vous vous êtes trompé,

ce qui vous distingue de la plupart des gens.

Personnellement, je vous regarde,

et tout ce que je vois,

c'est un jeune homme dont mon petit-fils apprécie le travail.

Comment vous avez choisi de réparer vos erreurs

est votre affaire et celle de Dieu.

Mais la question, c'est...

Comment pourriez-vous avoir volé une place

qui a été créée exprès pour vous ?

Pardon, mais je ne vous ai jamais vu ici.

Vous me voyez maintenant.

Fichtre, je crois que je devrais y aller.

Rentrez chez vous.

Vous êtes trop jeune pour manger seul dans des cuisines miteuses.

Maman !

Qu'est-ce que tu fais ici ?

Je dois dire que c'est vraiment

la soirée idéale.

Alors, Amy va bien ?

C'est parce que tu as rencontré quelqu'un ?

Quelqu'un d'autre ?

Non !

Tu vas pas me faire ça. Arrête.

- Pardon. - Tu pars pas déjà !

En pleine partie. Tu rigoles ?

Il faut que j'y aille. Pardon.

Désolé.

Désolé.

Je sais pas...

Putain, je suis pas doué pour ça.

Tu sais, John,

je lis des tas de choses sur toi.

Tout le monde me passe des articles. Je lis tout.

Je vois tout ce que tu fais,

toutes les émissions, ton travail, tout.

Je suis ta carrière et...

Il y a un truc que tu as dit...

Maman, qu'est-ce que t'as lu ?

Tu l'as dit plusieurs fois.

Tu as dit que...

Tu as dit qu'on...

qu'on ne venait pas de la même planète.

Moi, je viens de cette planète.

Et toi,

tu viens

de moi.

Et je sais que...

Je ne pense pas qu'une mère soit censée être l'amie de son fils,

mais je te connais.

Et j'ai été la première.

Alors, on joue aux cartes, d'accord ?

Maman ?

Tu pourrais me faire couler un bain

et me demander d'épeler des mots, comme avant ?

Si tu en as envie.

Je peux dormir ici ?

Mon chéri, tu peux rester toute ta vie.

Trop marrant !

Arrête !

Tu devrais essayer.

Arrête de sauter sur ce lit.

Tu vas le casser, tu vas tout casser, et tu vas te casser un os.

Qui peut se sécher les cheveux dans cette lumière bleue ?

Tu veux rentrer en Angleterre ?

- Maman ? - Oui ?

Tu crois que John a répondu à ma lettre ?

La réception a promis d'appeler.

Vois le côté positif, chéri.

C'est la pleine lune.

C'est sûrement un signe.

J'imagine.

Ce sera dur d'éviter la fumette entre mère et fils sur mon Myspace.

Celui-là a l'air pas mal.

Prandrial ?

C'est quoi, ce truc ? Préprandial.

C'est facile.

P-R-É-P-R-A-N-D-I-A-L.

"Qui se produit avant le repas."

Quel nerd !

C'est ça ?

Pardon. Quoi ?

Ça s'écrit comme ça, c'est bon ?

Chéri, comment tu vas ?

Je vais bien.

T'es sûr ?

Je vais bien.

Il y a quelques trucs qui vont changer, c'est tout.

Ça fait un peu peur, mais tu sais, tu n'as qu'à...

tu n'as qu'à être toi-même.

Le truc horrible !

Ta gueule, petit con !

Putain, ça va pas ? Connard !

- Attention, les garçons ! - Monte le son.

- Crève. - J'adore cette chanson.

- Vas-y. - Sérieux ?

Je connais.

C'est une super chanson !

Je crois que...

Mon histoire s'arrête à peu près là, Audrey.

C'est vrai ?

D'après ce que m'a dit Grace Donovan,

c'est la dernière fois qu'elle et Jimmy,

et quiconque à leur connaissance, ont vu John.

Dans ce cas, si je peux poser une dernière question,

comment avez-vous su ?

Oui ?

Oui, apportez-la.

Pardon.

Si mon fils voit la lettre maintenant,

ça va le rendre dingue.

Ça vient de M. Donovan ?

Non, je ne pense pas, Mme Turner.

Un jeune homme l'a déposée

en disant seulement de la remettre à Rupert Turner.

Je suis navrée.

- Désolée. - Merci.

Bonne journée.

"Cher Rupert,

"Je n'ai pas dormi depuis longtemps, peut-être plusieurs mois.

"Il faudra que je trouve du temps pour dormir et pour réfléchir.

"Tu sais, je me suis donné à fond dans ma vie.

"Je me suis occupé de mon métier, de ma carrière, de ma réputation.

"Je me suis occupé de mes amis et de ma famille.

"Et j'étais tellement occupé que j'ai oublié de travailler sur moi.

"Au moment où les garçons sont devenus des hommes,

"je suis devenu célèbre.

"Rupert,

"je te souhaite de vivre une vie

"pleine de succès et d'accomplissements.

"Mais surtout, je te souhaite de vivre.

"Vivre avant de mentir.

"Tout se résume à ça, fatalement.

"Certains mensonges sont les plus belles interprétations d'un artiste.

"Et certains mensonges sont

"d'une pure beauté.

"Mais tu es trop pur pour mentir maintenant.

"Parce que je connais tes rêves,

"parce que je connais tes désirs,

"je connais aussi la déception,

"la solitude que tu éprouveras inévitablement.

"Rupert,

"je ne peux imaginer un jeune homme plus impressionnant que toi.

"Je ne peux rêver d'un confident plus attentionné,

"un ami plus singulier.

"Je me disais

"que la plus grande réussite de notre amitié,

"c'est que personne

"ne la comprendra vraiment

"jusqu'à ce que tu en décides autrement.

"Je trouverai un moyen de te rejoindre, promis.

"Bientôt, je referai surface."

John, c'est moi.

"Mais pour l'instant,

"je dois dormir,

"je veux dormir et tout recommencer.

"Ton ami.

"John."

Je ne vous le cacherai pas, après tout ça,

je suis un peu curieuse de savoir si...

S'il s'est suicidé ?

On ne le saura jamais vraiment.

Je ne sais rien d'autre que ce qu'il m'a écrit.

Peut-être que...

il s'est suicidé parce qu'il avait plongé

dans un désespoir profond, etc.

C'est un peu facile, non ?

Soit il voulait vraiment dormir

et il a fait une erreur très grave.

Dans sa dernière lettre, il a l'air plein d'espoir.

Et vous comprendrez que, pour des raisons évidentes,

c'est la version que j'ai choisi de croire.

Très bien, Rupert.

Merci.

Je suis désolé de ce mauvais départ.

Ne vous en faites pas.

Je m'occupe de l'addition.

- On vient me chercher. - Allez-y.

- Bonne chance. - J'ai juste une scène.

Non, je ne parle pas d'aujourd'hui.

Je veux dire...

dans votre carrière,

votre vie.

J'espère que vous aurez ce que vous voulez.

J'ai déjà ce que je veux.

Tant mieux.

À bientôt.

Adaptation : Isabelle Audinot

Sous-titrage : ECLAIR

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.