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Original subtitles

1967 Trois mois avant la guerre des Six Jours

Marwan.

Manal.

J'�tais morte d'inqui�tude.

Tu es en retard.

Mon amour, ton passeport est pr�t.

Tu t'appelleras Rachel.

Rachel Ashkenazi.

C'est un nom tr�s juif.

La guerre va �clater.

Les sionistes veulent J�rusalem.

Tu dois trouver cet homme.

Le g�n�ral Yehuda Edelman.

C'est le cerveau des sionistes. Il nous faut ses secrets.

Il doit avoir beaucoup de secrets.

Yehuda est notre ennemi.

Il nous a vol� nos terres. C'est un assassin.

Il faut s'emparer de ses plans.

Manal.

Si n�cessaire, tu l'�limines.

La Palestine a besoin de nous.

Marwan...

Tu vas me manquer.

D�s que nous aurons accompli cette mission

et vaincu les sionistes,

nous nous marierons.

� J�rusalem.

Vous permettez ?

Merci.

Yehuda.

Je sais qui vous �tes, g�n�ral.

"Vous �tes occup�, g�n�ral ?"

"Vous �tes occup�, g�n�ral ?"

Il y a un changement dans le texte, Tala.

Encore ?

J'ai chang� une phrase. C'est presque rien.

En h�breu : "Ani harimon shelcha."

En arabe, �a veut dire

"Je suis votre grenade."

Tala est pr�te ?

Oui, elle est pr�te.

O� est Salam ? Il est en retard.

Bonjour.

Atef te cherche. Il est d'une humeur de chien.

Normal. �a va, mes cheveux ?

Parfait.

Je suis l�.

Le bureau est pr�t ? Les accessoires ?

Oui.

Alors pr�pare-moi un caf�.

Avec du sucre ?

Sans sucre.

- Bonjour, mon oncle. - Bonjour.

Tu veux un caf� ?

Non. On tourne.

Ne sois pas en retard sur le plateau.

Entendu.

On va d'abord an�antir l'aviation �gyptienne.

Une fois l'aviation �limin�e,

on �crasera les forces terrestres.

La Jordanie tombera...

Qu'est-ce que tu fabriques ?

Pose �a. On s'en occupera apr�s.

Continue, Karim. Vas-y.

Action !

La Jordanie tombera.

Et en quelques jours, J�rusalem sera � nous.

Oui ?

Vous �tes occup�, g�n�ral ?

Entrez, entrez.

Je vous pr�sente Rachel, une amie.

- Bonjour. - Bonjour.

Elle vient d'ouvrir le meilleur restaurant fran�ais de Tel Aviv.

Nous allons faire une pause.

Ces Arabes sont des idiots.

J�rusalem sera � nous.

D�sol�, je vous ennuie.

Non.

Lorsque je vous �coute,

mon c�ur "vibrant".

"Vibrant" ?

- C'est comme �a qu'on dit ? - Bassam ?

Salam, va l'aider.

Salam est notre nouvel assistant.

Il parle parfaitement l'h�breu.

Parle.

"Vibre".

- C'est �a. - Merci, Salam. Tr�s bien.

Continuez.

Mon c�ur vibre.

- Vous �tes une bombe. - Merci.

- Non, attendez. - Quoi ?

- �a ne va pas. - Pourquoi ?

Il ne peut pas la traiter de "bombe".

C'est grossier.

Il peut dire "s�duisante",

"magnifique"

ou "craquante", mais pas "une bombe".

J'ai �crit �a volontairement. On laisse.

Atef ?

Salam, on laisse "bombe".

Continue, Karim.

Vous �tes une bombe.

Merci.

Je vous ai apport� une petite douceur.

Merci.

Non, �a ne va pas.

Le jeune homme a raison. Il veut que je l'aime.

Pourquoi me vexer ?

Il y a un double sens, Tala.

Karim, joue ce qui est �crit.

Je ne le sens pas.

C'est insultant.

Atef.

Nabil.

Bassam, qu'en penses-tu ?

Je suis d'accord avec Tala.

Choisis parmi les exemples donn�s par Salam.

Vraiment, Bassam ?

Je ne travaille pas comme �a.

On continue, allez.

Dis : "Vous �tes magnifique, ce soir".

- N'est-ce pas, Salam ? - C'est bien.

On a de grandes actrices palestiniennes. Et on prend une diva fran�aise

qui parle � peine l'arabe ? C'est honteux.

Mon oncle ?

Tu permets ?

Qu'est-ce qu'il fait ici ?

Est-ce que je vais bient�t �tre pay� ?

- Tu es fauch� ? - Pas tout � fait.

�coute.

On t'a engag� pour nous aider avec l'h�breu,

pas pour modifier le dialogue.

Tu m'as demand� de corriger les erreurs.

Oui, mais pr�viens-moi avant de le faire.

- D�brouille-toi avec �a. - Merci, mon oncle.

Salam ?

Tu veux bien m'aider ?

Comment tu prononces ce mot ?

Tu �cris la prononciation en fran�ais ?

Oui. J'apprends mon texte comme �a.

- Incroyable. - Je sais.

Je peux faire un selfie avec toi ?

La lumi�re vient de l�.

Alors ?

Une bombe.

Vos papiers.

Si je dis � une fille qu'elle est une bombe, �a se fait

ou c'est insultant ?

Si un homme dit � une femme qu'elle est une bombe...

Sortez du v�hicule.

Vous avez entendu ?

Descendez !

"Une bombe", c'est une expression.

On discutait du sens du mot.

- Je parlais des femmes. - Tais-toi.

C'est qu'un mot...

Quelqu'un t'a demand� de parler ? Ferme-la.

S'il prononce un mot de plus, jette-le dehors.

Que faisais-tu en Cisjordanie ?

R�ponds !

Je travaille sur un feuilleton, � Ramallah.

Comment s'appelle le feuilleton ?

Tel Aviv on Fire.

Tu es acteur ?

Non, je travaille sur les dialogues.

Tenez.

- O� tu as trouv� �a ? - Dans sa voiture.

Des noms d'installations militaires, d'officiers...

C'est le sc�nario du prochain �pisode.

C'est de la t�l�vision.

Ce sont mes notes.

Tu as �crit �a ?

Oui, bien s�r.

C'est toi, le sc�nariste ?

Oui.

Comment s'appelle l'espionne qui a un restaurant ?

Rachel.

Et son amant ?

Lequel ?

L'Arabe, le terroriste.

Marwan.

Et l'officier isra�lien ?

Yehuda Edelman, le g�n�ral.

Yehuda Edelman, oui.

David !

Tu m'as amen� une vedette !

Cet Arabe est le sc�nariste de Tel Aviv on Fire.

Tu as d�j� vu ?

Une fois. C'est antis�mite.

Avec un nom pareil, tu t'attendais � un feuilleton sioniste ?

Tu devrais regarder, �a te ferait progresser en arabe.

Pas vrai ?

Oui.

Ma femme regarde ton feuilleton.

C'est pour les femmes.

On a beaucoup de fans.

Surtout des femmes.

La mienne ne rate pas un �pisode. Dieu seul sait pourquoi.

Alors ? �a finit comment ?

C'est un secret. Il faut pr�server le suspense.

Je ne peux rien dire.

Il n'y a pas de secrets ici.

Qu'est-ce qui se passe, � la fin ? Qui elle choisit ?

Yehuda ou Marwan ?

Je ne peux vraiment rien dire...

�coute.

Tu habites � J�rusalem et tu travailles � Ramallah.

Tu dois passer par mon check point deux fois par jour.

Raconte-moi la fin.

Je peux vous poser une question ?

C'est bon, laisse.

Vas-y.

Quelle fin vous aimeriez ?

Moi ?

Facile, elle l'�pouse.

Marwan ?

Bien s�r que non. Yehuda.

�videmment.

C'est exactement ce que j'ai pr�vu.

Mais c'est top secret.

C'est bon. David, il peut y aller.

Je peux r�cup�rer...

Non, je le garde.

Allez.

Bonsoir, maman.

Elle fait du bon travail ?

Elle progresse.

Il lui fait confiance ?

Un peu trop.

J'ai �crit une r�plique.

"Vous �tes magnifique ce soir."

C'est bien.

Vous avez un bel appartement.

Merci.

Vous vous plaisez � Tel Aviv ?

Beaucoup.

Qui vous appelle � une heure si tardive ?

C'est chez elle ?

Assi, pousse-toi ! Tu me caches l'�cran.

Mais taisez-vous !

C'est sans importance.

Je suis avec vous maintenant.

�a y est ? C'est fini ?

Depuis quand tu t'int�resses � notre feuilleton ?

J'ai rencontr� le sc�nariste.

Quel sc�nariste ?

Le type qui �crit Tel Aviv on Fire.

J'ai le sc�nario de demain.

- Vraiment ? - Comment tu l'as eu ?

- Par le sc�nariste. - Quel sc�nariste ?

Le sc�nariste que j'ai rencontr� ! Il s'appelle Salam.

- Qu'est-ce qui va se passer ? - Fais voir.

Marwan va d�couvrir le micro ?

J'en sais rien. J'ai pas vu de micro.

C'est forc�ment dedans. Cherche bien.

Pourquoi vous aimez tellement ce feuilleton ?

C'est antis�mite.

Il n'y a pas que la politique. C'est un feuilleton romantique.

Tu ne peux pas comprendre.

Romantique, tu parles ! Quoi, par exemple ?

Tout. Rachel et Marwan.

- Marwan ? - Oui.

T'es folle ? C'est un terroriste.

Il est beau.

Il est viril.

C'est un gentleman.

- C'est romantique pour toi ? - Bien s�r !

Laisse, maman. Il ne peut pas comprendre.

- Et Rachel et Yehuda ? - Quoi ?

C'est pas romantique ?

Il ne se passera rien entre eux.

C'est un feuilleton arabe.

C'est ce qu'on verra.

- Tu crois �a ? - Fais-moi confiance.

Pourquoi elle tomberait amoureuse de lui ?

Il n'y a que l'arm�e qui l'int�resse.

Je vous dis que �a arrivera.

Je vous le garantis.

Arr�te de raconter n'importe quoi. Et le micro ?

Vous verrez demain.

O� est le reste ?

Quand je serai pay�. J'ai un travail maintenant.

Je te donne une semaine. J'en ai marre de toi.

Compte sur moi.

Merci.

Mariam.

Salam.

Tu travailles ici ?

Non, je travaille � la t�l�vision, sur Tel Aviv on Fire.

J'adore ce feuilleton.

- Tu le regardes ? - Non.

J'avais compris que tu r�parais des t�l�s.

Non, je suis responsable des dialogues en h�breu.

C'est fait pour toi.

C'est Salam, notre voisin.

Celui qui p�che dans la mer Morte ?

Il n'y a pas de poissons dans la mer Morte.

Tu as appris quelque chose.

- On va manger ? - Allez.

Tu vis toujours � Tel Aviv ?

Non, je suis m�decin dans un h�pital � J�rusalem.

Vraiment ?

- F�licitations. - Merci.

Passe le bonjour � ta m�re.

J'y manquerai pas.

Dis...

C'est le feuilleton de ton oncle ?

Oui.

Je m'en doutais.

Salam Abbas, arr�te-toi.

Arr�te-toi.

Coupe le moteur.

Sors de la voiture.

Lentement.

Sors de la voiture.

Les mains en l'air.

Les mains en l'air.

Soul�ve ta chemise et tourne-toi.

Laissez-le.

Allez faire votre boulot.

Viens. Faut qu'on se parle.

- Pourquoi ? - Pourquoi ?

Ton sc�nario est nul.

�a ne va pas du tout.

Tu n'y connais rien � l'arm�e.

Il faut croire que non.

C'est s�r que non.

Yehuda est un g�n�ral de Tsahal.

Pas un bouffon d'Arabe.

C'est quoi, cet uniforme ? On dirait un g�n�ral irakien.

Il est isra�lien.

Il doit �tre viril, romantique, un gentleman.

Il doit lui raconter ses exploits, l'emmener faire un tour en char.

En char ?

C'est un exemple ! Tant que c'est romantique.

Qu'il lui apprenne � tirer ! �a, c'est romantique.

Il ne doit pas �tre ennuyeux.

Crois-moi, les femmes n'aiment pas les hommes ennuyeux.

C'est une r�gle d'or.

C'est possible.

Tiens, j'ai tout r��crit.

- Vous l'avez r��crit ? - Oui.

Dis-moi ce que tu en penses.

Pas maintenant. Tout le monde nous regarde.

Tu as raison.

Viens dans mon bureau.

Viens.

Ici, c'est mieux.

Lis.

C'est bien.

Tu as d�j� fini ?

Je lis vite. C'est bien.

Qu'est-ce qui te pla�t ?

Les voix.

C'est quoi, les voix ?

�a sonne vrai. C'est vivant.

Tu le penses vraiment ?

Oui. C'est tr�s r�aliste.

�videmment. Je sais comment parle un officier.

J'entends la voix, puis j'�cris.

Pour Rachel, je me suis inspir� de ma s�ur.

Tr�s bien.

- Je dois aller travailler. - D'accord.

Non, garde-le. C'est pour toi.

Attends, avant que tu partes...

Yaniv !

Viens avec moi.

Yaniv, arr�te tout et viens voir.

Prends-nous en photo.

Souris !

Parfait.

Tu sais pas photographier horizontalement ?

Montre-moi ce que tu sais faire.

Je ne peux pas.

Mon oncle, je peux te parler ?

Je t'�coute.

J'ai une id�e pour l'histoire d'amour.

Tu n'es pas le seul. Retourne travailler.

C'est une bonne id�e. Elle rend Yehuda plus int�ressant.

Tu sais quelle est la diff�rence entre n'importe qui et un sc�nariste ?

Un sc�nariste s'assied et �crit.

D'accord, j'ai compris.

Sc�ne 12, ext�rieur, un pique-nique dans le d�sert

- O� as-tu fait ton service ? - O� ?

En cuisine. C'est l� que j'ai appris � cuisiner.

Vraiment ?

Tu ne cuisinais pas chez toi ?

Mon p�re est un rescap� de la Shoah.

L'atmosph�re � la maison �tait trop d�primante.

Je comprends.

J'ai promis � mes parents qu'il n'y aurait plus jamais de Shoah.

Alors je suis entr� � Tsahal.

Attendez.

�a suffit, franchement.

C'est quoi, ces dialogues d�biles ?

C'est absurde.

Pourquoi ?

L'arm�e et la Shoah ? C'est une blague ?

Une espionne doit gagner sa confiance.

Je suis une actrice c�l�bre.

Mon personnage doit �tre complexe.

Elle a raison. Mon pass� aussi est plus clair.

�a donne plus de corps aux personnages, non ?

Non !

Je suis la seule � ne pas vouloir de propagande sioniste ?

Nabil, dis quelque chose.

Je pense...

qu'il faut en discuter avec Bassam.

- O� est Bassam ? - Dans le bureau.

Dix minutes de pause.

Allons-y.

Bassam, c'est ton histoire.

C'est la seule raison de ma pr�sence ici.

C'est pour Tala qu'on est tous ici.

Pas moi.

Les investisseurs la veulent. C'est une star.

C'est vrai ? Alors ce sera sans moi !

Arr�te tout.

Je suis d�sol�. J'ai besoin de ce boulot.

Je ne dirai plus un mot.

Tu ne feras plus le caf�.

Wafa nous quitte.

Il nous faut un rempla�ant imm�diatement.

�coute.

Tu parles bien l'h�breu,

tu comprends la mentalit� isra�lienne

et tu as l'oreille pour les dialogues.

On veut que tu travailles avec nous,

pour �crire le r�le de Yehuda.

Vraiment ?

Tala croit en toi.

Et je suis pr�t � te donner une chance.

Si �a marche, tu auras une prime.

Ne t'inqui�te pas, tu auras tout ce dont tu as besoin.

Rentre chez toi maintenant.

Tu commences demain. C'est ta chance.

D'accord ?

Tout � fait.

Prends �a et �tudie-le bien.

Tu y trouveras les r�les de Rachel, Marwan et Yehuda.

Tu peux lire en diagonale. C'est pas du Shakespeare.

- Bonne chance. - Merci.

Bonjour, chef.

�a fait longtemps.

Vous avez l'air en pleine forme.

Salam, je n'ai pas le temps. Qu'est-ce que tu veux ?

Simplement les figues

et un paquet de chewing-gum.

Je travaille � Ramallah. C'est pour �a que je ne viens plus.

35 shekels.

Vous n'auriez pas le num�ro de Mariam ?

Elle me l'a donn�, mais je l'ai perdu.

Mariam ?

Quoi, papa ?

Salam.

- Bonjour. - Salut.

Je suis mont� en grade. Je suis sc�nariste.

Sc�nariste ?

Salam, tu n'as jamais rien �crit.

Tu ne tiens pas en place 5 minutes.

Tu peux � peine r�diger ton CV.

Ils aiment mon travail. Ils disent que j'ai l'oreille.

L'oreille ?

J'�coute ce que disent les gens et j'�cris.

Tant mieux pour toi.

Merci.

Tu me redonnes ton num�ro ? Je l'ai perdu.

Je ne t'ai jamais donn� mon num�ro.

Papa, j'y vais.

Au revoir, ma fille.

Prends des figues. On dit que c'est le fruit de l'amour.

C'est la tomate, le fruit de l'amour.

Tu veux autre chose ?

Non. Merci.

Mariam, attends.

On peut se parler ?

Viens.

Tu te souviens de ce que tu m'as dit ?

Qu'avec moi, tu te sentais comme dans la mer Morte

et que tu voulais la M�diterran�e ?

Tu sais combien de temps �a m'a pris pour m'en remettre ?

Longtemps, Salam. Longtemps.

- On �tait des gamins. - Tu �tais un gamin.

Laisse tomber.

Je suis contente que �a marche pour toi.

Tel Aviv on Fire

Tu veux du th� ?

Pourquoi pas ?

C'est quoi ?

C'est la bible du feuilleton.

L'histoire, les personnages...

Je dois apprendre tout �a.

�claire un peu plus, tu vas te tuer les yeux.

T'inqui�te pas.

La guerre est in�vitable.

L'ambassadeur de Jordanie joue aux cartes avec l'agent de la CIA.

C'est pour toi, Nabil.

Je m'occupe des plans de Marwan � la fronti�re.

Rachel est dans le bureau de Yehuda.

Elle flirte avec lui.

Elle veut savoir o� il cache ses cl�s.

C'est une sc�ne excellente pour d�buter.

Si tu as des questions...

Bien s�r.

Il faut toujours que je mange pour �crire.

L'inspiration monte de mon estomac � mon cerveau.

De l'houmous ?

Non. Je ne mange pas de houmous.

Ma femme l'a fait. Tu vas t'en l�cher les doigts.

C'est un traumatisme d'enfance.

Une longue histoire.

- Tu sais comment t'en d�barrasser ? - Non.

�cris.

�cris tout ce dont tu te souviens.

Je vais prendre un caf�.

Salut, maman. J'ai besoin d'un conseil.

Non, rien � voir. J'ai dit que je le paierais.

C'est � propos de Rachel et Yehuda.

�coute.

Rachel lui rend visite dans son bureau...

Il est dans son bureau

et elle flirte avec lui.

Toi qui connais le feuilleton,

qu'est-ce qu'elle lui dit ?

J'ai besoin d'une phrase pour me lancer.

Attends.

C'est quoi, "comme d'habitude" ? Quelle habitude ?

"Tu illumines ma vie."

Jolie phrase.

"J'aime le son de ta voix."

"Tu es fort..."

Quoi d'autre ?

"Je ne sais pas, mon ch�ri, je ne suis pas sc�nariste..."

Hanin, bonjour.

Je suis content que tu sois chez toi. C'est Salam.

C'est vrai que �a fait longtemps.

Ils se sont disput�s et elle veut faire la paix.

Qu'est-ce qu'elle lui dit ?

Rien ?

All� ? Oui, Nabil.

O� tu es ?

Je suis all� prendre un caf�.

On r�p�te � 14 h, ne sois pas en retard. Bassam te cherchait.

C'est bon, j'ai compris.

Quand va-t-on se fiancer ?

On en parlera plus tard. Embrasse-moi.

Khaled, pas dans un lieu public.

Hiyam, je t'aime. Dis-moi quoi faire.

C'est agr�able. Tr�s agr�able.

Allons-y.

Je peux parler avec le commandant Assi Tzur ?

Il n'est pas l�. Avance.

Je peux peut-�tre l'attendre ?

Non. Soit tu passes, soit tu repars.

C'est vraiment...

Recule.

Yossi !

Yossi ! Je le connais.

Laisse-le passer.

Viens avec moi.

Je voudrais parler au commandant Tzur.

Vous avez vu votre sc�ne sur la Shoah ?

Qu'est-ce que tu veux ?

J'ai besoin d'un conseil.

Au sujet du g�n�ral.

Vous connaissez l'arm�e.

Je vous paierai.

Quoi ? Tu essaies de m'acheter ?

Bien s�r que non.

Je veux pas d'argent.

De l'houmous...

Apporte-moi un bon houmous arabe demain

et j'y r�fl�chirai.

J'ai un d�lai � respecter.

Un d�lai, vraiment ?

Il est 12 h 17. Vas-y.

O� je peux trouver du bon houmous par ici ?

Continue tout droit.

- Il est bon, ce houmous ? - Oui.

Vraiment bon ?

Comment �a ?

C'est de l'houmous.

C'est pour un ami. Il est difficile.

Il n'est pas d'ici ?

Il est isra�lien ?

Non, il est fran�ais.

Bien. Il sent bon.

Il y a du citron.

Tant mieux. � propos de Yehuda...

On doit d'abord parler du mariage.

Quel mariage ?

Le mariage � la fin, entre Yehuda et Rachel.

C'est une super id�e, mais on a le temps de voir venir...

On n'a pas le temps. C'est mon prix.

Je veux ce mariage, point final.

D'accord.

Quoi ?

Cache ta joie.

C'est une excellente id�e.

En toute honn�tet�, Salam,

ton feuilleton...

�a ne vole pas bien haut. Mais avec une fin pareille,

une Arabe et un Juif qui se marient, �a fera un carton.

C'est s�r.

C'est une prise de position. Finis les check points, les conflits...

Je pourrai m'�chapper d'ici. �a fera plaisir � ma femme.

Alors ?

C'est possible ?

Bien s�r.

March� conclu ?

Oui. Vous aurez votre mariage.

Tr�s bien, on y va. De quoi tu as besoin ?

Voil� le contexte.

Elle flirte avec lui.

Elle veut la cl� du tiroir de son bureau,

o� il range ses plans secrets.

Des plans dans un tiroir ? On est au Moyen-�ge ?

C'est plus simple pour les spectateurs.

Quels spectateurs ?

Des millions. Des Isra�liens aussi.

D'accord, la cl�.

Le tout est de savoir o� il la cache.

O� est-ce qu'il peut cacher sa cl� ?

O� est la cl� du bureau ?

Il doit la garder sur lui, sur une cha�ne autour du cou.

C'est plus s�r.

J'adore cette id�e.

C'est d�bile, mais c'est toi qui veux une cl�.

Rachel lui rend visite.

Pourquoi ? Parce qu'il ne l'a pas rappel�e.

Elle entre dans le bureau, Yehuda est l�...

Il a l'air tendu, fatigu�.

Elle lui dit...

"Qu'est-ce qui se passe, mon g�n�ral ?"

Il est content de la voir,

mais il lui dit...

La tension. Cette tension me tue.

"Mon peuple a besoin de moi,

"les temps sont durs."

Et la cl� ?

Attends ! On y arrive.

Alors elle lui dit...

elle lui dit :

"Tu as l'air tendu. Je vais te faire un massage."

Un massage...

Elle passe derri�re lui...

C'est �a.

Un massage.

C'est la cl� de ton c�ur ?

C'est la cl� de tout.

La sc�ne de la cl� est g�niale.

Mon oncle, j'ai lu toute l'histoire.

Parlons de la fin.

Quelle fin ?

- Le dernier �pisode. - La fin est excellente.

Je l'ai piqu�e dans le Faucon Maltais.

- Tu l'as vu ? - Non.

Tu dois le voir.

Un chef d'�uvre.

Humphrey Bogart

et Mary Astor

tombent amoureux.

Mais Mary Astor

a tu� l'associ� de Bogart.

Humphrey Bogart l'arr�te

et la livre � la police.

Elle lui dit : "Pourquoi, mon amour ?

"Je t'aime".

Il lui r�pond : "Je t'aime aussi.

"Mais le devoir passe avant l'amour".

Tu fais le lien ?

Pas vraiment.

Rachel et Yehuda sont amoureux.

Elle veut s'enfuir avec lui,

mais elle est face � un dilemme.

Son dilemme ressemble � celui de Humphrey Bogart.

Elle fait passer le devoir avant l'amour.

Alors elle se fait sauter avec lui.

J'ai vol� cette fin � Hollywood. Tu comprends ?

Pardon, mais c'est cousu de fil blanc. On a d�j� vu �a.

On ne change pas une bonne fin. N'est-ce pas ?

- Dieu nous en garde. - Pourquoi ne pas cr�er la surprise ?

La surprise ?

Que se passerait-il si Rachel �pousait Yehuda ?

L'effet serait plus dramatique.

Pas vrai, Nabil ?

Rachel et Yehuda ensemble ?

Ce serait comme de nouveaux accords d'Oslo.

Oslo ?

La grande illusion qui n'a rien chang�.

Nabil va t'expliquer.

D�sol�, je dois prendre cet appel.

On fait quelle sc�ne ?

Quelle sc�ne ? La guerre a �clat�.

C'est une grande sc�ne pour Yehuda.

Une sc�ne compliqu�e.

Rachel et Yehuda boivent et parlent d'amour.

Tu as d�j� �t� amoureux ?

Moi ?

- Oui, une fois. - Une seule fois ?

Et ? Tu t'es mari� ?

Non. �a n'a pas march�.

Dommage.

� quoi on voit qu'un homme et une femme sont amoureux ?

Ils s'enlacent et s'embrassent.

Ils s'�coutent.

N'oublie jamais �a.

Tu peux me rendre un service ?

Quoi ?

Cette photo...

prends-la

et pose-la devant la cam�ra.

Une surprise pour ma femme.

- �a ne d�pend pas de moi. - C'est un service.

Pas un ordre.

Je la donnerai � quelqu'un sur le plateau.

Fais de ton mieux. Merci.

Top model.

La sc�ne.

La sc�ne.

Elle est seule dans le restaurant,

il vient la voir...

J'ai une id�e.

J'ai travaill� comme barman. Regarde.

Ne m'interromps pas.

Je r�fl�chis.

�coute.

Yehuda d�borde d'�motion, �a doit se finir par un baiser.

Leur premier baiser.

Un baiser qui va changer la vie de Rachel pour toujours.

�cris.

Yehuda entre dans le restaurant,

brandit une bouteille de champagne et lui dit :

"C'est le plus grand jour de ma vie et je veux que tu sois avec moi.

"Rachel, tu es la plus belle femme que j'aie jamais vue."

"Tu es la plus belle femme que j'aie jamais vue."

Pardon ?

Tu m'as parl� ?

Non.

C'est quoi, cette photo ?

C'est rien. Je l'ai trouv�e dans les accessoires.

Je l'ai pos�e ici pour m'inspirer.

Moi aussi, j'ai une photo qui m'inspire.

Celle d'un ch�que. Mon dernier salaire.

Sc�ne...

"Quand j'�tais jeune...

"j'�tais agit�..."

Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Tu as des probl�mes, Assi ? - Non.

Qu'est-ce qu'on f�te ?

C'est un grand jour.

Le premier baiser de Yehuda et Rachel.

C'est pas trop t�t. Je commen�ais � d�sesp�rer.

La guerre a �clat�.

Bonsoir, Oum Samer.

Comment allez-vous ?

Quand j'�tais jeune, j'�tais agit�...

Vous pourriez vous pousser ?

Je ne tenais pas en place 5 minutes.

Mais � tes c�t�s,

je pourrais rester l'�ternit�.

Yehuda...

Tu ne me crois pas ?

Bien s�r que si.

Je connais le sc�nariste.

Tu es un soldat et les soldats ne mentent pas.

Portez-vous bien.

Elle conna�t le sc�nariste.

Dis-moi

ce que nous f�tons.

J�rusalem sera � nous.

Et les habitants ?

Les Arabes de J�rusalem ?

Notre arm�e est la plus forte du monde.

Nous installerons des check points, contr�l�s par nos meilleurs hommes.

Mon amour,

c'est une victoire.

Profitons-en.

Tu vas voir.

Tu appelles �a un baiser ?

Quel est le probl�me ?

C'est un baiser arabe.

Vous avez lu les journaux ?

Regardez !

"Tel Aviv on Fire � la botte des Isra�liens...

"La t�l�vision palestinienne estampill�e kascher."

"La morale se perd � Tel Aviv."

Les investisseurs sont fous furieux. � cause de quoi ?

D'un petit baiser.

Ils se touchent � peine !

Mon oncle, qu'est-ce qui t'inqui�te ?

C'est viral sur Facebook. Qui lit les journaux ?

Les investisseurs lisent les journaux.

Et ils r�clament le retour de Marwan.

On a du houmous ?

Tu n'aimes pas �a. Je n'en fais pas.

Il m'en faut pour le travail.

Bonjour.

Ce n'est pas encore ouvert.

Vous avez du houmous ?

J'ai quelques vieilles conserves.

Parfait.

Pourquoi tu as g�ch� le baiser ?

Je parlais d'un vrai baiser,

qui la changerait pour la vie.

Je fais des promesses � ma femme et tu me donnes un baiser arabe ?

C'est quoi ?

Comme �a, sans la langue.

C'est plus dramatique. �a montre son conflit int�rieur.

Arr�te de te foutre de moi.

Quand je te donne une sc�ne, ne change pas une virgule.

- Pig� ? - Tiens, ton houmous.

C'est quoi ?

Qu'est-ce que tu m'apportes ?

Il y a une �picerie dans mon quartier.

Le type a au moins 90 ans.

Il n'ouvre que 2 h par semaine.

Parfait.

Quel parfum, quelle saveur !

Une saveur d'autrefois.

Au boulot ! Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?

La sc�ne o� elle lui vole la cl�.

Quoi ?

Arr�te. Encore cette histoire de cl� ?

Pour qu'elle reste avec lui, il lui faut une victoire.

Si tu le dis...

- Quoi ? - Commandant.

J'en fais quoi ? Il n'a pas de papiers.

Pas maintenant. Tu vois bien que je suis occup�.

Garde-le. Je viendrai tout � l'heure.

Allez.

Tu disais ?

La cl�.

Yehuda sort de son bureau.

Laisse-moi me concentrer.

Yehuda sort de son bureau,

Rachel reste seule.

Elle regarde ses m�dailles.

Tais-toi. J'ai trouv�.

�coute.

Elle doit lui apporter un dessert de son restaurant, un truc sucr�.

Et ses m�dailles ?

Quelles m�dailles ? Ils sont chez lui.

Des m�dailles !

Elle lui apporte un dessert et lui dit :

"Je t'ai apport� une douceur aussi douce que toi."

Il lui r�pond : "Rachel...

"Tu me g�tes trop. Tu vas me faire grossir."

Il lui caresse la joue et lui dit :

"Tout le monde est amoureux de toi.

"Pourquoi m'as-tu choisi ?"

Et elle lui dit :

"Parce que tu es beau".

Il r�pond :

"Non, ce n'est pas la raison".

"Pourquoi pas ? Toute femme voudrait un beau g�n�ral au profil parfait,

"aux cheveux noirs."

Il lui dit :

"Parce qu'on est voisins. C'est pratique".

Elle lui r�pond : "Je pourrais venir de n'importe o�,

"d'un endroit...

"que tu ne soup�onnes m�me pas,

"mes sentiments seraient les m�mes."

Pas mal.

Ensuite, ils s'enlacent.

Et elle met sa main couverte de farine

sur sa poitrine.

C'est bien.

- Sur la cl�. - C'est malin.

C'est une espionne professionnelle.

Bien.

Je comprends l'id�e.

Elle veut prendre l'empreinte de la cl�

pour en faire un double.

Attends une seconde.

Elle entre, elle s'assoit...

Qu'est-ce que tu disais ?

- Quoi ? - Tu disais quoi ?

Elle pourrait utiliser de la p�te au lieu de la farine.

L'empreinte de la cl� sera plus nette.

Oui, super.

J'y penserai.

�coute. Demain, elle va voir Marwan.

Passer un moment avec lui.

D'accord, mais pas trop longtemps.

Je n'aime pas ce terroriste.

Pour nous, c'est un combattant de la libert�.

- Un combattant de la libert� ? - Oui.

Je te croyais plus malin que les autres.

Je pensais �a de toi aussi.

Je connais ce Marwan.

Je connais tous les Marwan. C'est mon boulot.

On les conna�t mieux que toi.

Reviens demain. J'aurai une sc�ne avec Marwan.

Non, c'est bon. Je me d�brouillerai.

- Salut. - Quoi ?

Je me d�brouillerai sans toi.

"Je pourrais venir de n'importe o�,

"d'un endroit que tu ne soup�onnes m�me pas..."

J'adore.

C'est magnifique, j'adore. Merci beaucoup.

Je commence � entendre les voix des personnages.

Tu sais quoi ?

Tu devrais aller � Paris.

Mais je ne parle pas fran�ais.

Tu as une bonne oreille.

Tu apprendras vite.

Tu sais ce qu'il y a de plus beau � Paris ?

Les gens, l'atmosph�re, le climat...

Il n'y a pas d'occupation.

D'accord, j'irai � Paris.

Salam, on peut se parler ?

�coute...

c'est au sujet de mon personnage.

Yehuda est un g�n�ral isra�lien.

Il ne devrait pas �tre dur ?

Il est toujours tendre et sympathique.

�a ne te pla�t pas ?

J'ai pass� 7 ans en prison en Isra�l.

Ils ne sont pas franchement sympas.

Tu as raison.

Je vais travailler sur ton c�t� m�chant.

- G�nial, merci. - De rien.

Ils veulent une s�paration radicale.

Mais les spectateurs regardent pour Rachel et Yehuda.

C'est provisoire.

Mais il n'y aura plus d'histoire.

Ils veulent qu'on montre le c�t� cruel de Yehuda.

Facile. Il n'a qu'� tirer sur quelques enfants.

Pas mal.

Non, je rigole.

Pas moi.

Il sera accus� de meurtre et jet� en prison.

Comme �a, elle arr�tera de le voir.

Son r�le est important, mais...

- Trop compliqu�. - Tu veux faire simple ?

On la tue.

Comme �a, ils seront s�par�s.

C'est la star du feuilleton.

Si on la tue,

on n'aura plus de fin.

Si, il y a une fin.

Sa cousine vient � son enterrement. Une jolie cousine.

Elle est plus jeune, moins ch�re,

moins capricieuse et on a une nouvelle vedette.

On ne tuera pas Rachel.

- Je peux dire quelque chose ? - Oui, bien s�r.

Une nouvelle histoire d'amour est une excellente solution.

On peut se concentrer deux minutes ?

Tr�s bien.

Comment peut-on les s�parer sans d�truire l'histoire ?

- Ni le c�t� dramatique. - Et sans tuer personne.

J'ai une id�e.

Non ! C'est impossible !

- Que se passe-t-il ? - Elle a un cancer.

Qui ?

Rachel !

Pas maintenant.

Je ne veux pas que tu me voies malade.

Qu'est-ce qu'il y a ? Qui est mort ?

Personne. C'est la t�l�vision.

Tu m'aimes toujours ?

Ou pr�f�res-tu...

chercher d'autres poissons dans la mer ?

Viens voir !

Rachel a un cancer.

Quel cancer ?

Elle va mourir.

Tu ne m'as pas dit qu'ils se mariaient � la fin ?

Bonjour.

Que veux-tu ?

Je veux vous rendre le houmous.

Je ne rembourse pas.

Je ne veux pas d'argent.

Il est p�rim�. Jette-le.

Au revoir.

Salam Abbas, le sc�nariste ?

C'est moi.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Vous faites erreur.

Qu'est-ce que vous voulez ?

C'est un malentendu.

Ne me tuez pas. J'ai rien fait !

Que va faire Rachel ?

J'en sais rien, je vous jure.

Tu n'en sais rien ?

Assi ?

Sc�nariste de mes deux.

Tu crois pouvoir �crire ce que tu veux ?

Combien de fois tu m'as promis un mariage ?

Sept fois ? Dix fois ?

On a conclu un march�.

Et soudain, elle a un cancer ?

Tu veux vraiment me tirer dessus ?

Et ta prise de position ?

Ton happy end ?

�a d�pend de toi.

�coute, elle n'est pas mourante.

D'accord ?

� la t�l�, on peut tout gu�rir. Un cancer, c'est comme un mal de dents.

On pleure un peu et �a passe.

Laisse-moi faire mon boulot.

Tu pourras la gu�rir ?

Oui.

- Elle ne va pas mourir ? - Non.

- Et il y aura un mariage ? - Oui.

C'est bon.

Prends ton portefeuille.

Mais je garde �a.

Tu vois ta carte d'identit� ?

Je la garde.

C'est ma garantie.

Un mariage contre ta carte d'identit�.

Mais c'est ma carte.

En effet.

Salam Abbas,

tu es sous mon contr�le.

Tu feras ce que je te dis.

Tu ne pourras pas entrer � J�rusalem en mon absence.

Compris ?

Oui, j'ai compris.

Tu l'auras le jour du mariage.

Maintenant,

fais ce que tu as � faire.

Et fais passer ma photo � la t�l�vision.

C'est un ordre.

David, lib�re-le.

Tu es en retard. �a va ?

Un petit contretemps.

Tiens.

On t'a t�l�phon�.

O� est Tala ? Je dois lui parler.

Elle n'est pas l�. J'essaie de joindre son agent.

Pourquoi ?

C'est la chimioth�rapie. Elle ne veut pas perdre ses cheveux.

Qui a parl� de chimio ?

Moi. C'est fort visuellement.

On faisait de la chimio en 67 ?

Oui, j'ai v�rifi�.

Pourquoi tu as fait �a, Atef ? Pourquoi ?

Je reviens.

Essaie encore de la joindre.

C'est Salam. Tu peux parler ?

Tu m'envoies des messages ?

Comment �a ?

"Un poisson dans la mer...

"Je pourrais �tre de n'importe o�,

"mes sentiments seraient les m�mes."

C'est vrai.

C'est toi qui as �crit �a ?

C'est moi.

Tu as tenu en place plus de 5 minutes ?

Beaucoup plus.

On d�ne ensemble ?

Ce soir...

20 h, �a te va ?

Ma�ssa ?

- Tu peux venir aux costumes ? - Bien s�r.

Je reviens.

- C'est pour une grande occasion ? - Un d�ner.

Je veux remplacer Tala.

Tala va revenir.

Je sais. Mais si jamais elle ne revient pas ?

- Tu penseras � moi ? - D'accord.

Essaie �a.

Entre.

Joli costume.

Je l'ai emprunt� � Marwan.

Pour moi ?

J'ai un rendez-vous.

Bien s�r.

Tu es une bombe.

Entre.

Assieds-toi.

Fais comme chez toi.

J'allais t'envoyer un message.

Je rentre � Paris demain.

Pourquoi ?

J'ai mieux � faire

que de mourir d'un cancer en Palestine.

Personne ne va mourir.

Tu n'as pas de cancer.

C'�tait une erreur de diagnostic.

Le cancer est une violation de contrat.

Je m'en fous.

Mon avocat s'en occupera.

Tu sais ce qui me d�range ?

Quoi ?

Je t'�cris des sc�nes superbes

et quelqu'un d'autre va les jouer.

Je t'�coute.

Au lieu d'un cancer...

un mariage.

La vie et non la mort.

Qui va se marier ?

Rachel et Yehuda.

Non.

Pas question.

Pas si tu restes une espionne. R�fl�chis.

Tu avances vers l'autel.

Tu as le sourire aux l�vres, mais le c�ur bris�.

La musique est isra�lienne,

mais dans ta t�te, tu entends une danse palestinienne.

Tu es un ange �blouissant envahi par le chagrin...

Je peux lire la sc�ne ?

Je ne l'ai pas encore �crite.

Quoi ?

Elle n'est pas encore �crite.

Mais elle est l�, non ?

Alors �cris-la.

Tu peux utiliser mon ordinateur.

Pas maintenant.

J'ai un rendez-vous.

Quoi ?

Tu ne feras jamais carri�re

si tu n'en fais pas ta priorit�.

Mais c'est un rendez-vous vraiment important.

Demain.

Demain, je prends l'avion.

Sauf si je lis la sc�ne ce soir.

Je dois t�l�phoner.

Fais �a.

Les filles, j'ai fini pour aujourd'hui.

Mariam ? Salut, c'est Salam.

J'avais reconnu ton num�ro.

J'ai une urgence au boulot. On peut se voir demain ?

Je dois rester pour terminer une sc�ne.

O� es-tu ? Avec qui ?

Je suis...

Je suis chez Tala.

D'accord. Salut.

Mariam.

Bonne nuit.

Bonjour, c'est Mariam. Laissez un message.

Tu �cris encore...

�a sent bon.

C'est la derni�re ?

C'est de la po�sie.

Vraiment ?

Vraiment.

La mari�e arrive.

Yehuda l'attend l�-bas.

Elle regarde l'assistance et ne voit que des uniformes.

Elle est oppress�e,

elle pense � la guerre...

C'est insupportable. Elle �touffe.

Elle approche de Yehuda...

- �a va ? - Tr�s bien. Continue.

Tous ces uniformes autour d'elle l'�touffent,

elle s'�vanouit et s'�croule.

Tala,

c'est un moment crucial pour toi.

Gros plan sur le visage de Tala.

Toutes les h�sitations, les sentiments contradictoires,

les �motions...

En fond sonore, on n'entend que les battements de son c�ur.

- Je veux une belle robe de mari�e. - On verra.

Bassam, ce sera spectaculaire ?

Absolument.

Atef, il faut cacher les crucifix.

Un mariage juif dans une �glise ?

On n'aura qu'� mettre des �toiles de David par-dessus.

Exactement. Bravo.

Tout est parfait. On fera comme tu as dit,

avec un petit changement.

Elle s'�croule

et il la rel�ve,

alors qu'elle tient toujours son bouquet de mari�e.

Et qu'est-ce qu'il y a dans ce bouquet ?

Un bouton !

Et boum !

Non, mon oncle ! �a g�che toute la sc�ne.

Mais mon petit,

de nos jours, il n'y a plus de Rom�o et Juliette.

- �a suffit. - Mais, mon oncle...

Tout le monde au travail. Allez.

Que fais-tu ici ?

Rien. Je r�fl�chis.

Le mariage offre une 2e saison.

�a suffit, Salam.

Rentre chez toi.

Va te reposer.

Tu ne veux pas de 2e saison ?

Moi non,

les investisseurs non plus.

�a suffit !

Je peux leur parler ?

Mon petit Salam.

Quand on devient �crivain,

on a une responsabilit� envers son peuple.

Ce feuilleton ne vient pas de nulle part.

J'ai combattu en 67 pour la libert� de notre pays.

Nous avions une �me mais nous l'avons perdue

apr�s Oslo.

Je fais ce feuilleton pour toi et ta g�n�ration.

Pour vous rendre tout ce que nous avons perdu.

Je parle d'histoire.

En quoi cette histoire nous a aid�s ?

Que nous a-t-elle apport� ?

Il n'y a rien entre les bombes et la soumission ?

Je comprends ma responsabilit�,

mais il faut �voluer, faire vivre le feuilleton.

Si Rachel continue d'espionner, on continue de travailler.

On fera ce que tu veux � la 2e saison.

- Les investisseurs n'accepteront pas. - On s'en fiche !

- Ils ne vivent pas ici, nous si. - Non.

Ne redis jamais �a.

Donne-moi cette chance.

Laisse-moi y r�fl�chir.

Merci, mon oncle.

Bonjour, c'est Mariam. Laissez-moi un message.

Bonjour. Rappelle-moi. Je ne veux pas te perdre � nouveau.

Salut.

Carte d'identit�.

Elle est chez votre commandant, Assi.

On ne passe pas sans papiers.

Demandez � Assi. Je dois rentrer chez moi, c'est urgent.

Fais demi-tour.

Allez, demi-tour !

Tu vois, l�-bas ?

Je ne vois rien.

Au-del� de la mer.

C'est Jaffa.

Je mourrais pour revoir Jaffa.

La Palestine me manque.

Salam, �a va ?

Salam, r�veille-toi.

- Quelle heure est-il ? - 7 h 30.

Tu as pass� la nuit ici ?

Le check point �tait ferm�, alors je suis venu ici.

Allez, l�ve-toi.

Tiens.

Merci.

Change-toi.

Tu crois que j'ai raison ?

La bombe est un clich� et un mariage est mieux ?

Tu veux une r�ponse pratique ou artistique ?

La r�ponse pratique,

c'est que je tiens � mon salaire

et qu'un mariage permettrait une 2e saison.

La r�ponse artistique...

Je ne veux pas que l'histoire s'ach�ve en 67.

C'�tait une ann�e tragique.

Je veux qu'on introduise de nouveaux personnages,

que l'histoire se poursuive

encore et encore,

comme dans les s�ries am�ricaines.

Pour toujours.

Comme la Palestine.

Nabil, tu es un po�te.

N'exag�re pas.

- Bonjour. - Nabila, entre.

Tiens.

Comment vas-tu ?

Bien.

- C'est de Marwan ? - Oui, ouvre.

Des figues ?

Je ne comprends pas.

Marwan pense que la figue est le fruit de l'amour.

Il se trompe.

C'est la tomate.

Tu entends ?

Il a retenu la le�on.

Il n'est pas parfait,

mais il fait des efforts.

L'essentiel,

c'est qu'il m'aime.

- Salut. - Tu es matinale.

Je dois terminer la robe de mari�e.

Tu as �crit la sc�ne sur le fruit de l'amour ?

Oui. J'ai lu �a quelque part.

La tomate ! �a m'a plu.

J'adore tes dialogues.

J'esp�re pouvoir les jouer, un jour. Je suis actrice.

- Tu ne le sais peut-�tre pas... - Je sais.

Merci.

Passe-moi Marwan.

- Rachel est pr�te. - Parfait.

Mais elle s'appelle Manal.

� Tel Aviv, on l'appelle Rachel.

Prends garde que le faux nom ne devienne pas le vrai.

Manal, mon amour.

Ton heure est proche.

Je serai toujours avec toi.

Vous �tes s�r, pour le mariage ?

Nous avons perdu la guerre,

mais pas notre amour

ni notre �me.

Cet Arabe mijote quelque chose.

C'est bon, j'ai compris. Retournez au boulot.

Ma robe de mari�e.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Elle est magnifique.

Si seulement Marwan �tait � tes c�t�s...

Mais le destin de la Palestine passe avant tout.

Nabila,

je peux te confier quelque chose ?

Bien s�r. Qu'y a-t-il ?

Viens t'asseoir et dis-moi.

J'aime Yehuda.

C'est mal ?

Je croyais que tu aimais Marwan.

Oui, je l'aime aussi.

As-tu oubli�

le massacre de Deir Yassin ?

Non.

Bien s�r que non.

Tr�s bien. Tiens.

Prends �a.

C'est un d�tonateur.

Cache-le dans ton bouquet de fleurs.

Le moment venu,

appuie sur ce bouton.

Et tout sera fini.

Coupez !

C'est tr�s intense.

C'est aussi la fin de ma carri�re de sc�nariste.

Pourquoi ?

Peu importe. C'est une longue histoire.

Salamush.

C'�tait comment ?

G�nial.

- Je suis une grande fan. - Merci.

Sa sc�ne est incroyable.

Tu peux soulever mon voile ?

Je veux savoir ce que �a fait de se marier.

- C'est beau. - Merci.

C'est un g�nie.

Je l'emm�ne � Paris.

Vraiment ?

Non. Ce n'est qu'une id�e.

Tala, on est pr�ts pour ton gros plan.

- J'arrive. - Allez.

On se voit plus tard ?

O� on va ?

Je viens ici quand j'ai besoin de r�fl�chir.

Au moins, j'ai la paix.

Arr�te tes b�tises.

Tu pars quand � Paris ?

- Tu veux venir ? - Vraiment ?

Et je ferai quoi, l�-bas ?

Ma vie est ici, mon travail, ma famille.

J'aime vivre ici.

Je n'ai rien � l'�tranger.

Mais le monde est grand ! Il n'y a pas que Paris.

Il y a Rome, Tokyo,

l'Australie... des endroits incroyables.

- Tu sais, le plus beau ? - Quoi ?

Il n'y a pas d'occupation.

Tu cherches encore une nouvelle mer.

Non. Je veux que tu viennes avec moi.

Alors reste.

D'accord, je reste.

C'�tait un baiser arabe ?

Je vais v�rifier.

C'est trop.

Je ne peux plus respirer.

�a ne va pas, mon amour ?

Tous ces uniformes...

�a m'oppresse.

C'est trop,

je n'en peux plus.

Je ne comprends pas.

Tu ne comprendras jamais.

O� est pass�e l'autre photo ?

- Je l'ai jet�e. - O� ?

Regarde dans ce carton.

Mon oncle ?

C'est bon ?

Tu veux un mariage mais tu n'as pas confiance.

C'est le protocole.

Viens t'asseoir.

C'est le meilleur houmous palestinien.

Du vrai, pas de l'houmous en bo�te.

En bo�te ?

Quel cr�tin mangerait de l'houmous en bo�te ?

Au d�but de la premi�re Intifada,

l'arm�e a pris le contr�le de Shuafat.

On n'a pas pu sortir de la maison pendant un mois.

On n'avait rien � manger

� part de l'houmous en bo�te.

J'avais 6 ans.

Un mois, c'�tait une �ternit�.

Depuis, je n'en ai plus jamais mang�.

Pourquoi t'es pas venu au check point ?

Je d�teste autant �a que le houmous en bo�te.

On d�teste tous les check points.

Tu n'es pas oblig� de faire �a.

Arr�te de ressasser tes conneries d'Arabe.

Pourquoi tu m'as fait venir ici ?

Notre march� ne tient plus ? J'ai toujours ta carte d'identit�.

Regarde autour de toi.

Ce mariage est absurde.

C'est une illusion.

C'est aussi absurde aujourd'hui qu'en 67.

La r�alit� doit changer pour que ce mariage ait lieu.

J'ai une autre id�e.

C'est quoi ?

- Tenez. - Merci.

Tu sais

� quoi on reconna�t deux personnes qui s'aiment ?

� quoi ?

Elles s'�coutent.

Quoi ? Je ne vois pas le rapport.

J'ai une nouvelle proposition.

Mange. Je vais t'expliquer.

Embrasse-moi, mon amour.

L'heure est venue.

Le rabbin !

Chers amis.

Nous sommes r�unis ici, aujourd'hui,

pour c�l�brer votre mariage

et votre arrestation.

Assi, c'est toi ?

Ensemble, en prison.

C'est l� votre place.

Quoi ?

Non !

Nous...

nous savons tout.

Quant � toi...

tu es la honte du peuple juif.

Je ne comprends pas. Je l'aime.

- Rachel, dis-leur. - Mon amour !

Ce n'est qu'une illusion.

Vous pouvez vous marier.

En enfer !

- Rachel ! - Yehuda.

Mon amour !

Je n'en reviens pas !

- Tu �tais au courant ? - Non.

Mon Assi, tu passes � la t�l� !

- Papa, �a t'a plu ? - Oui.

On te paie pour �crire ?

On me paie, oui.

Je ne regarde pas la t�l�vision

mais cet acteur, je le connais.

Il a jou� dans quoi ?

Vous passez au check point de Ramallah ?

Tu plaisantes ?

Vous ne le verrez plus.

Salam l'a promu.

Vous permettez ?

Merci.

Ephraim.

Vous ne m'avez pas dit votre nom.

Avital.

Saison 2

"La lutte continue"

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