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Teigne !
Quand je suis all� au s�minaire seul mon fr�re m'a dit au revoir.
MON FR�RE EST FILS UNIQUE
Eoque intraverunt Menelaus
Ulixes, Diomedes, Thessandre.
Les Ach�ens lutt�rent dix ans pour Troie.
Ep�ios fabriqua un �norme cheval de bois.
- Avec M�n�las et Ulysse... - Bravo, Benassi.
On sait que tu es bon �l�ve. Allez, va t'asseoir.
Manrico �tait le seul qui venait parfois.
Je te donne une photo de ma copine.
- Elle fera peut-�tre le miracle. - Quel miracle ?
Garde-la.
Qui te rendra normal.
- La religion est un leurre. - Et J�sus, alors ?
Un r�volutionnaire qui emb�tait les Romains et a donc d� payer le prix.
Et la Bible, alors ? Et Dieu qui a cr�� Adam ?
C'est des conneries. L'homme descend du singe.
Va-t'en, tant que c'est encore possible.
Mais c'est � toi de voir.
Mon fr�re m'a donn� une photo de sa petite amie
et j'ai commis un p�ch�.
C'est une actrice.
Elle s'appelle Marisa Allasio.
C'est un p�ch� capital. Qu'est-ce que je dois faire ?
C'est la premi�re fois ?
Dis six Je vous salue Marie.
- Vous me donnez l'absolution ? - Bien s�r.
- Je vais s�rement recommencer. - Mais non, pas n�cessairement.
Si ! Je ne veux pas d'absolution.
- On en reparlera demain. - La puret� est capitale pour un pr�tre.
Punissez-moi.
Il arrive qu'on fasse un p�ch�. Reviens dans quelques jours.
Vers l'�le lointaine de Cuba
se dirigent des navires sovi�tiques avec des missiles nucl�aires � bord.
La Troisi�me Guerre mondiale peut �clater. Je vous invite � prier.
- Comment peuvent-ils �tre communistes ? - Prie, Benassi.
- Ils ne comprennent pas ? - Ne pose pas de questions.
Dieu, fais-moi mourir de pneumonie.
Mais convertis Khrouchtchev et les communistes.
Tu te branles ?
Et alors ?
� l'avenir, je m'en chargerai pour toi.
Tu pourras dire que c'est moi, Antonio Benassi, dit la Teigne.
J'ai une crise de conscience. Qu'est-ce que je dois faire ?
Tu ouvres � poil aux �trangers ?
- Tu es un �tranger ? - Comment tu savais que c'�tait moi ?
Il ne manquait plus que �a, hein ?
Embrasse-moi.
- Qu'est-ce que c'est que ce truc ? - C'est pour joindre les deux bouts.
Avec le salaire de ton p�re on mange la moiti� du mois
du pain, de l'eau et du sucre.
Marisa Allasio a accompli son miracle.
- Maman t'a offert �a ? - Je l'ai emprunt�e. Tu veux essayer ?
Mets donc les baguettes o� je pense.
- Qu'est-ce que tu fais l� ? - Je dors ici.
- Et moi, alors ? - Dans le couloir, sur le canap�-lit.
Dans le couloir ? Je suis le canard boiteux ?
Je veux dormir dans la chambre de Manrico.
Papa, je veux dormir avec Manrico.
Le voil� ! Et maintenant ?
Un pr�tre aurait pu �tre pratique.
Je veux entrer au lyc�e classique.
J'�tais premier en latin.
Deviens plut�t g�om�tre.
- Je ne veux pas. - Pourquoi ?
Je n'arrive pas � me mettre les chiffres dans la t�te.
Avec un seize de moyenne tu peux aller au lyc�e classique.
Sinon, tu iras au coll�ge technique. Maintenant, je vais me changer.
Papa, �coute.
Si j'allais plut�t travailler avec toi ?
� l'usine ? Tu es devenu fou ?
- Pour �tre des v�tres. - Qui ?
- Les prol�taires. - Va voir ta m�re !
Merci pour cet accueil chaleureux !
Calme-toi !
C'�tait ainsi, chez moi. Mais j'avais Mario.
- Qu'est-ce que c'�tait ? - Le cimeti�re militaire am�ricain.
- Les soldats morts � Anzio. - Les pauvres !
S'ils avaient foutu la paix au fascisme, ils auraient une famille, maintenant.
Ces zoulous vont nous apprendre la d�mocratie ?
Et qu'est-ce qu'ils savent construire, � part des gratte-ciel ? Rien.
Mais le fascisme a construit Asmara et Tripoli en plein d�sert.
� Asmara, on se serait cru � Rome.
- J'aimerais y aller. - � Asmara ?
Non, � Rome. J'aime ce qui est �ternel.
Vise un peu les belles nanas !
Elles ne sont pas �ternelles.
Je vois bien.
J'ai �t� re�u avec seize de moyenne.
Bien, tu as fait la moiti� de ton devoir.
Je peux m'inscrire au lyc�e.
C'est ton p�re qui te l'avait promis.
Mais tu le savais.
La d�cision d'un seul parent ne compte pas pour la loi.
- C'est une loi conne. - Ne jure pas.
Viens ici. Pas de grossi�ret�s !
Compris ? Viens ici.
- Tu vas me taper ? - C'est s�r !
Pourquoi elle y va et pas moi ?
Une femme �pouse un homme qui la fait vivre.
S�rement pas.
- Elle se marie pas. - Elle sera concertiste.
Et moi, latiniste.
Manrico ne va pas � l'universit�. Alors, pourquoi tu y irais ?
Et pourquoi Violetta va au lyc�e ?
- Arr�te ! La musique est un gagne-pain. - R�fl�chis un peu !
Ne crie pas comme �a.
Tu as finis ?
- Va-t'en ! - Je t'entends de loin.
Ramasse les sacs de maman.
Regardez-moi �a !
Monte sur le porte-bagages, maman.
On n'a plus la paix depuis son retour.
- Rentre � la maison. - Va te faire voir !
- Rentre � la maison. - Fiche le camp.
- Je vais te casser la figure. - D�gage !
Je peux plus te voir. Fiche le camp !
- Tu parles encore ? - Ferme-la, salaud !
Je ne supportais plus cette maison.
Ma m�re votait pour le parti des maisons.
La n�tre tombait en ruine.
Il y avait une maison sur le bulletin et elle avait vot� pour ce parti
dans l'espoir d'avoir une maison neuve.
Vous m'emmenez ?
La route de G�nes s'arr�te ici ?
Merde, et maintenant ?
Putain, o� je vais ?
Je voulais aller � G�nes
et de l�, m'embarquer pour l'Afrique pour aider les plus d�munis.
Mais la route c�ti�re s'arr�tait � Ostie,
cinq cents kilom�tres avant.
J'avais bien dit qu'ils le rel�cheraient.
Les carabiniers m'ont ramen�.
Essayez de vous entendre.
J'ai beaucoup de patience et d'espoir.
Qu'est-ce qu'on t'a fait ? -Des injustices.
Quelles injustices ?
- Tu aurais d� le dire � ta m�re. - C'est la pire de tous.
Ne parle pas comme �a de ta m�re.
Elle donnerait son �me pour vous.
Pour eux deux, oui.
De qui tu es le fils ?
On ne devait rien lui dire.
Qu'est-ce qu'on lui a fait ?
Je veux aussi savoir des choses. Mais il faut qu'on la ferme !
Arr�te. Tu vas la faire pleurer.
Elle me fait aussi pleurer.
- �a suffit ! - Ne me touche pas !
- Le morveux est rentr�. - Je m'en vais.
Alors, va-t'en.
Il est habit� du d�mon.
Notre fils est poss�d�.
Approchez, mesdames ! Des nappes et des draps superbes.
Brod�s dans les couleurs qui rappellent l'honneur de la patrie.
Ces souillures ne partent pas au lavage.
- Ils vous plaisent ? - C'est joli, madame. Je suis l�.
C'est du tergal, pas du coton.
�a ne se froisse pas, inutile de repasser.
Mais il ne faut pas fumer au lit. Vous fumez ? Votre mari, apr�s l'amour ?
Ils sont pour vous.
Votre mari fume, il vous faut autre chose.
Mario, je peux te poser une question ?
Si les Italiens les aimaient autant
alors pourquoi ils ont fini comme �a ?
Laisse tomber.
Les plus beaux draps en tergal,
brod�s dans nos couleurs. Regardez, madame.
L�che la p�dale d'embrayage, regarde dans le r�troviseur.
La premi�re r�gle, c'est l'honneur.
Ne trahir ni ton ami ni ta patrie ni l'id�e. Change de vitesse.
Ralentis et passe en seconde.
Pourquoi il ne faut pas trahir l'id�e ?
Parce que l'id�e, c'est l'id�e.
Compris ?
Bonjour, Maria !
Tu n'as pas faim ?
- Tu te rappelles la Teigne ? - Bien s�r.
Une poign�e de main ? Fais-moi la bise.
- Qu'il est beau ! - Il mange avec nous.
- Non, merci. - Il va nous regarder.
Heureusement que tu n'avais pas faim !
C'est d�licieux, madame.
Vous �tes combien, chez toi ?
Moi, mon fr�re et ma s�ur. On a �t� �lev�s � l'ancienne.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? - � coups de pied et de gifles.
De nos jours, �a ne se fait plus. On a �t� bien �lev�s.
- Mais on t'appelle la "Teigne". - Petit, je tabassais tout le monde.
Un vrai fasciste.
Un fasciste-n� qui tape. Tu devrais t'inscrire au parti.
Le Duce a invent� l'architecture nationaliste. Tu sais ce que �a veut dire ?
- Qu'il avait toujours raison ? - Bravo.
Regarde-moi �a.
En combien de jours on a b�ti Sabaudia ?
- C'est �crit 253 jours. - Huit mois et demi.
Il en faut neuf pour faire un �tre humain. Enfin... humain, peut-�tre.
Et si c'est un p�d� ?
Regarde ce balcon.
Il faisait ses discours de l�.
Les gens applaudissaient et brandissaient des drapeaux.
Et en 1944, � l'arriv�e des Am�ricains, il n'y avait plus de fascistes.
- Ils avaient tous disparus. - Bande d'enfoir�s.
L'Italien aime serrer la main du vainqueur.
Dis-moi une chose :
Qui a pris aux riches au profit des pauvres ?
Qui a jamais fait �a ?
Personne d'autre que le duce.
- Vraiment ? - Absolument.
Dux.
Soudain, Latina ne me semblait pas si mal
ni Aprilia, Ardea, Pomezia.
J'�tais reconnaissant � l'homme qui les avait construites.
C'est vrai que tu es communiste ?
Tu es d�bile ?
Je te tue !
Regarde-toi !
Ma famille �tait comme �a.
Mais je savais que je n'�tais plus seul.
- Comment tu en es venu l� ? - En bus.
Petit rigolo.
- Qui t'a envoy� ? - Je veux m'inscrire.
Je ne te crois pas. On ne devient pas fasciste comme �a.
Je travaille pour Mario Nastri, le forain.
- Fallait le dire. - Est-ce que je sais !
Remplis �a.
Il faut comprendre que nous, les meilleurs
oi aristoi... �coute.
...on doit se m�fier.
Le fascisme a sombr� � cause des tra�tres.
Des millions de tra�tres italiens.
Je sais. Qu'est-ce que je dois faire ?
Parle-moi de tes raisons personnelles.
- �coutez, secr�taire... ou camarade ? - Secr�taire.
Je veux racheter l'honneur perdu de la patrie.
- Inscrivez-moi. - Sous r�serve.
Je te tiens � l'�il.
Qu'est-ce que je fais ? Une action ?
Va jouer avec mon neveu. J'ai du travail.
Je suis pr�t � faire certaines choses.
Va donc jouer au baby-foot.
J'ob�is.
- Je dois jouer. - Avec des tirs au but ?
- Sans. - Je viens de m'entra�ner.
Car la foi est la vie
et qui n'a pas le courage de professer la foi
et de la vivre
montre de toute �vidence...
- O� sont mes cl�s ? - Tu l'entends ?
Il �coute les discours fascistes et il s'est m�me inscrit.
- J'ai un rendez-vous. - Dis quelque chose.
- Je finirai par cogner. - Vas-y.
- Qu'est-ce que tu veux ? - Ouvre.
On lui fera entendre raison, sinon...
- Tu es vraiment con. - Pourquoi ?
- Donne-moi ta carte. - C'est ma d�cision.
Belle d�cision ! Tu sais ce que �a veut dire, MSI ?
Mussolini est immortel.
O� on en serait, sans lui ?
Il y aurait eu moins de morts � la guerre.
Laisse tomber la politique. Compris ?
Vous seuls avez une conscience politique ?
Qui, vous ? Parle au singulier.
Tu veux qu'on parle de Staline et de ses crimes ?
Tu sais que dalle, exterminateur de Juifs.
L'extermination des Juifs, c'est invent�.
- Tu te rends compte de ce que tu dis ? - Les films d'Hollywood, c'est tout bidon.
Dehors, ou je te tue !
Cr�tin.
Sale petit merdeux...
Je sortirai ces id�es de merde de ta t�te.
Je te lave le cerveau.
�a suffit ?
Alors ?
- Esp�ce de d�bile ! - S�che-toi.
Tu sais bien que �a me fait mal au nez.
- Tiens, lave-moi �a. - Lave-le toi-m�me.
Putain !
Les Benassi habitent ici ?
Tu cherches Violetta ?
Non, je suis une camarade de Manrico.
Il n'est pas l�.
Je peux l'attendre ?
Oui.
Je peux l'attendre � l'int�rieur ?
- Je viens pour les tracts. - Des tracts ?
Excuse-moi.
- C'est son lit ? - Non, c'est mon canap�-lit.
Ma s�ur et lui dorment � c�t�.
Je suis mieux loti
parce que c'est plus tranquille.
- Qui joue du violoncelle ? - Ma s�ur.
N'y touche pas, ou elle sera furieuse.
Ils n'y sont pas ? J'en �tais s�r.
Mon fr�re s'en est servi comme pr�texte
et tu as march�.
Apparemment, je voulais marcher.
C'est sympa, ici.
C'est nul.
Ton fr�re m'a dit que tu aimais le latin.
Alors, pourquoi tu fais de la g�om�trie ?
Bonne question.
Le voil�.
Une de tes copines cherche des tracts.
- On y va ? - Oui, d'accord.
Et maman ?
Elle est pas l�.
Quand est-ce qu'elle rentre ?
- Et si on restait ici ? - Ici ?
Je t'offre un vermouth.
Ou plut�t un caf�. Tu fais du caf� ?
�coute...
J'ai un entretien important � l'usine. Si �a se passe bien, on m'embauche.
Il y a encore des points � discuter,
alors, reste une demi-heure avec elle.
- Non, j'ai du travail. - Allez, une demi-heure.
�a se voit, qu'elle m'a �reint� ?
Quelle barbe !
Je dois aller � un rendez-vous
et je reviens dans une demi-heure.
- Je vais avec toi. - Non, reste ici.
- Pourquoi faire ? - Reste avec la Teigne.
Une demi-heure.
Promis.
- Tu ne viens pas de Latina, hein ? - Non, je suis � moiti� fran�aise.
� moiti� fran�aise ?
Ma m�re vient aussi du nord, mais de l'Italie.
Comment tu as atterri � Latina ?
Mon p�re est ing�nieur � la centrale.
Tu fais aussi de la politique ?
- Je suis de l'autre bord. - C'est-�-dire ?
- Que je suis fasciste. - Fasciste ?
Oui, je suis fasciste. Pas aussi original que Manrico.
Tu plaisantes !
Je vais te montrer ma carte.
Tiens, tu me crois maintenant ?
Antonio Benassi, Teigne. Je t'expliquerai.
Vous, les communistes, vous sentez la supr�matie de...
Laisse tomber.
Tu dis que tu es fran�aise. Dis quelque chose.
Une vraie Fran�aise.
Tu es un vrai fasciste ? -Fier de l'�tre.
Bravo.
Et maintenant ?
Vous ne savez m�me pas comment �a se passe chez nous.
On organise des d�bats sur...
Alors, tu es vraiment fran�aise ?
On ferait mieux de sortir. Si ma m�re te trouve ici...
C'est aussi mieux pour toi.
- On finira par se disputer. - S�rement.
Maman, oui c'est la Teigne.
Manrico est rentr� ? Non...
Il n'est pas encore rentr�.
Ton fr�re est...
- Il est toujours comme �a ? - Comment ?
- On peut pas compter sur lui. - Pire.
Pas seulement les rendez-vous, mais...
Je dois �tre folle de l'aimer.
O� tu vas ? Francesca ?
Tu es aussi cingl�e que toutes les autres filles.
On t'appelle Teigne parce que tu es mauvais. Je m'en vais.
Je m'en fiche.
Manrico fut embauch� � l'usine et s'acheta un bleu de travail
et une Fiat 850 � cr�dit.
Tu as fini la version ?
- Fais voir. - Tu n'y comprends rien.
Tu es dr�lement cal�, hein ?
- Mon petit fr�re. - Arr�te !
Je l'ai fait pour Francesca.
Je retourne � l'usine.
- Vas-y. - J'ai mes cl�s ?
J'ai fait ta version.
C'�tait super facile.
On dirait que �a parle de Manrico.
"Retors, volage, ardent, d�nu� de sagesse."
Pratiquement mon fr�re.
Tu vois bien qu'un fasciste sait mieux se conduire ?
Combien vous en avez assassin� apr�s la guerre ?
Tu recommences ?
C'�tait des innocents.
- C'�tait des assassins. - C'�tait en temps de paix.
Vous avez commenc� la guerre et aussi la dictature.
Vous n'en avez pas le courage.
Pas moyen de discuter avec toi.
C'est trop facile ! D'abord vous tuez, vous torturez...
Tu sais ce qu'�tait la Decima MAS ? La prison de la Via Tasso ?
Elle me pla�t.
Tu danses ?
Je suis un homme complet.
Je vais � Turin le mois prochain.
Mon p�re est mut� � Turin.
- O� �a ? - � Turin.
- Que dit Manrico ? - Il viendra le week-end.
Et toi, qu'est-ce que tu dis ?
S'il ne vient pas, moi je viendrai.
J'aimerais que chaque ouvrier et ouvri�re monte ici, � c�t� de moi,
pour raconter comment on se sent apr�s une semaine de 50 heures.
On veut nous transformer en machines.
Nous devons parler, communiquer.
Nous avons besoin de rapports vraiment humains.
Je me tourne vers les m�res.
Dites � vos enfants que l'usine est laide et fait mal.
Nous ne pouvons pas le tol�rer. Nous devons nous lib�rer.
Ils nous traitent comme des esclaves.
Manrico �tait courageux d'une mani�re naturelle.
Tout le monde l'aimait.
On voyait que les femmes l'adoraient toutes,
surtout l'une d'elles.
On doit �tre anti-am�ricains.
�a ne sert � rien.
L'important, c'est le marquage.
Compris ? Entre-temps, on se fait avoir.
Comme ce gar�on a l'air triste.
- Il est triste. - Il a une fille qui le fait souffrir ?
Au contraire, personne ne le fait souffrir.
- Du respect. - La porte est trop basse.
Tu comprends la grandeur de cette devise ?
Eia alala. Qu'est-ce que �a veut dire ?
Rien. Et tout le monde le suit.
Grandiose !
Il ne vient m�me pas te dire au revoir ?
Qui sait quand il te reverra.
Il faut t'int�resser � quelqu'un d'autre.
Tu veux draguer la copine de ton fr�re ?
Tu es folle ?
Tu pr�f�res un communiste � un fasciste ?
J'aime Manrico parce que c'est Manrico.
Tu vois comme il est. Il est impr�visible.
C'est faux que tu ne me plais pas.
J'adore me disputer avec toi.
C'est ton p�re ?
Vive l'Italie !
Le prol�tariat triomphera !
Lib�rez la Russie !
Qu'est-ce que tu fous, merde ?
C'est pas une nuit en taule qui va me faire peur.
J'ai seulement d�fendu une id�e.
Va te faire voir ! Un casse-couilles suffit bien.
Quelle famille d'emmerdeurs !
On n'a pas peur de la taule !
Vive les chemises noires !
Dans ce putain de pays, on peut pas crier "Lib�rez la Russie !"
Va pas te remettre en gr�ve � l'�cole.
Tu es folle ?
C'est clair ?
Manrico peut faire la gr�ve et pas moi ?
- Lui, il peut et pas toi. - Tu parles d'une d�mocratie !
La princesse Ruspoli championne de ball-trap.
Borghese, Torlonia, Ruspoli...
Pourquoi c'est notre putain de journal ?
Nous sommes des aristocrates.
- Tu t'es regard� ? - Frimousse noire,
belle Abyssine, esp�re et attends.
� Rome, on allait exprimer nos id�es dans des d�bats de gauche.
Les Romains d�terminaient la strat�gie.
- Quartasponda. - Teigne. On attend depuis deux heures.
On a rassembl� le mat�riel :
Des �ufs, de la peinture et de la merde pour faire leur f�te � ces connards.
Vite, ils sortent !
Europe, Nation, Socialisation !
Qui c'est, ces types ?
Des �crivains, journalistes, cin�astes, une bande de p�d�s.
On va les enfiler.
Arr�te, on est assez loin.
Dis-moi, o� sont les chefs ?
Dans certains cas, les chefs ne viennent pas.
Tu t'es bien amus� ? Viens, on va prendre un cappuccino.
Violetta, c'est la Teigne.
Je suis � Rome. Je ne suis pas rentr� cette nuit.
On avait remarqu�.
Je reste encore quelques jours ici.
Je d�clenche une guerre civile.
La guerre civile, je comprends.
Je dois parler � un gros bonnet, Michelini ou Almirante.
- All� ? - Bon, salut.
Tu parles � l'un des fondateurs de la R�publique Sociale.
J'en ai rien � foutre.
Je veux parler � un vrai chef. Qui est le chef ici ?
Qui est le dirigeant ?
- D'o� sort ce cr�tin ? - Il est ici depuis une semaine.
Dis-lui de se calmer.
- Calme-toi. - On croirait entendre un maffieux.
Un peu de respect.
- Emmenez-le avec vous. - Sors avec nous.
Tu parles quand m�me comme un maffieux.
Maffieux !
Le d�bat est clos, Benassi.
R�veille-toi. On est presque arriv�s.
- Tu sais ce que c'est, ton probl�me ? - Je veux pas savoir.
Je te dis quand m�me : faut que tu baises.
Comme si c'�tait facile.
Je rentre, on est content, on m'embrasse...
On doit �tre content de ce taudis ?
Ou que tu te bagarres ? Cette fois, on t'a rendu les coups.
- Le monde est plein d'injustice. - C'est �a.
En fait, c'est ce que je combats.
Par l'action, pas par des bavardages, comme Manrico et Violetta.
Tu dois me rendre un service.
- Je dois la fermer ? - Non, s�rieusement.
Tu dois tabasser Peppe di Bari.
Qu'est-ce que Peppe lui avait fait ? Elle le savait.
Tu es Peppe di Bari ?
Un fasciste dans la famille,
�a sert toujours, comme un m�decin.
Ne dis pas que c'�tait un fasciste.
J'agis en tant que fr�re.
Dans le sac de Violetta, ma m�re a trouv� un objet myst�rieux.
Une sorte de ventouse pour �viter les grossesses. C'�tait grave.
"J'aime mon petit ami."
Il manquait plus que �a !
Regarde. Il a mon �ge.
- Qui aurait cru que Violetta... - Je vais parler � cet enfoir�.
Imaginez que les masses aient acc�s � la culture, au savoir.
Alors d'apr�s vous, d'apr�s toi, plus de culture pour les classes modestes
entra�ne plus de bien-�tre ?
Certainement, mais il faut changer le mod�le social.
- Remplacer le parlement... - Par la chambre des corporations ?
C'est une id�e fasciste.
N'�coutez pas ce provocateur r�ac.
Je pose une question pour comprendre.
C'est lui, le professeur ?
La famille est au complet ? O� est maman ?
- � la maison, en larmes. Viens... - Je ne vais pas � la maison.
- Suis-moi. - Je ne vais pas � la maison.
Tout le monde quitte cette putain de ville.
Allons, du calme.
- Vous avez quelque chose � dire ? - Sortez avec moi !
- Bas les pattes ! - Laisse faire ton p�re.
Il est arm�.
Voici mon arme.
- Ceci. - Putain, la honte !
Vos parents sont d'honn�tes gens.
Mettez-vous � sa place.
Tu descends ici ?
Commet �a s'ouvre ?
Tes amis vont br�ler ma voiture.
Qui t'a dit �a ?
Celestini, la syndicaliste.
Tu fricotes aussi avec les femmes du syndicat ?
Tu te contentes de celles de ton parti ?
Francesca t'�crit toujours.
- La pauvre. - Tu m'as entendu ?
On me menace et toi, tu penses � elle ?
Pense plut�t � moi !
Tu sais de qui �a vient ? Ton ami Nastri.
Quoi ? Il me l'aurait dit.
Qu'est-ce que tu aurais fait ?
Tu me l'aurais dit ?
- Je te l'aurais dit. - Pourquoi ?
Comment �a, pourquoi ?
- Parce que tu es mon fr�re ? - Tu parles !
- Mais de qui tu tiens �a, putain ? - Ils font bien.
- Doucement ! - Puisqu'elle va cramer.
Vous allez br�ler la voiture de mon fr�re ?
Pour la d�monstration. Il va trop loin.
- C'est un ouvrier. - Tu parles d'un ouvrier !
- Les ouvriers se cr�vent le cul. - Lui, il est fanatique.
Il a pas fini de la rembourser.
C'est son tour. C'est �a, la d�mocratie.
Mais on se fout de la d�mocratie, hein ?
Depuis quand on est d�mocrates ?
Tu frappes le secr�taire � la jeunesse ?
Bon d'accord, mais pas la voiture de Manrico.
Alors on br�le les autres.
Les autres non plus.
Tu d�cides de tout, maintenant ?
Fous le camp !
Tu as de la chance d'�tre vieux. Je frappe pas les vieux.
Ce soir-l�, la police arr�ta Mario.
Ils trouv�rent de tout dans son coffre et ils l'emmen�rent au poste.
La police l'a arr�t�.
Tu y as �chapp� par miracle.
Mais quel genre de type j'ai �pous� ?
Qu'est-ce qu'il a dans la t�te ?
Il m'a plu parce qu'il m'attendrissait.
Il a eu une pleur�sie pendant la guerre.
Sa voiture �tait bourr�e d'armes.
Qui sait comment �a va finir ?
Je vais jeter tous les trucs qu'il garde dans la cave de ma m�re.
La maison pourrait sauter et elle avec.
Quel genre de trucs ?
Rien.
Pourquoi tu es en sueur ? Je vais te donner un maillot sec.
C'est pas la peine.
Enl�ve aussi ton pantalon.
J'ai grandi entour�e d'hommes. Faut pas te sentir g�n�.
C'est pas �a. Mais il est sec.
- Tu te sens g�n� devant une femme ? - Non.
Tu ressembles un peu � mon p�re.
Je vais te montrer sa photo.
Regarde, son front.
Il m'adorait.
Allonge-toi sur le lit pour te reposer.
Tu trembles de froid ou de peur ?
Je ne tremble pas.
Je vais te r�chauffer.
�a va ?
- Pourquoi tu ris ? - Pour rien, je suis heureuse.
F�licitations d'avoir �t� re�u, g�om�tre !
- Et cette voiture ? - Tu veux conduire ?
- � qui elle est ? - Je l'ai achet�e pour toi.
Elle te pla�t ?
- D�braye deux fois. - Non, c'est une 600.
Instinctivement, je savais que les le�ons de Bella
me serviraient m�me apr�s les ann�es 60.
En mai 68, la r�volution d�ferla sur Paris.
Puis sur la Chine et la Tch�coslovaquie. Elle n'arriva jamais � Latina.
J'ai pass� l'ann�e dans la cuisine
� manger la soupe de ma m�re.
Violetta avait son premier concert � Rome dans le conservatoire occup�.
Merci aux camarades du conservatoire de Rome.
- Comment �a va ? - Bien.
- Fais-toi voir. - Comment tu me trouves ?
- Un peu pire. - Je suis en pleine forme.
- Tu as un peu grossi. - Moi ?
Si, je t'assure.
O� c'est ? C'est toutes tes copines ?
Ce concert est � la fois art et solidarit�.
Car l'art seul, c'est de la masturbation.
Et la solidarit� seule est une aum�ne, la charit�.
L'art, arrach� au peuple,
c'est comme branler une verge �norme des deux mains.
Les camarades vont jouer du Beethoven
pour montrer que m�me le plus grand
est immortel mais non pas immuable.
Moi-m�me et le camarade Montagna
nous avons d�-fascis� les paroles de l'Hymne � la Joie.
Me permettez-vous d'�tre sentimental ?
Quelques mots sur la camarade Benassi.
C'est ma s�ur.
Quand j'�tais petit et qu'elle jouait, �a me faisait pleurer.
Maintenant, �coutons le grand sourd,
le grand handicap�, Beethoven !
- Touchez pas � l'immortel. - Bande de cr�tins !
Touchez pas � Beethoven !
Duce, Duce, Duce !
Qu'est-ce que vous foutez, merde ?
Qu'est-ce que tu veux ?
Qu'est-ce que vous venez foutre ?
Vous avez rien � cirer de Beethoven, non ?
Je vous ai demand� ce que vous en avez � foutre.
�a ne se reproduira plus, hein ?
Quoi ?
�a.
Non.
Jure-le.
Non, je ne le jure pas.
Comment �a, non ?
- Fous-toi pas de ma gueule. - Je me fous pas de ta gueule.
C'est vrai que j'ai grossi. Tu sais pourquoi ?
Je suis enceinte.
Tu as compris ? Je suis enceinte !
- De combien ? - Trois mois.
Il y a de quoi �tre en rogne. Trois mois ? Tu aurais pas pu...
Je le sais depuis hier.
- Et Manrico ? - Je lui ai dit hier. Il n'en veut pas.
Je vais le garder quand m�me.
Qu'est-ce que tu fais ?
Remets tes chaussures.
Tu es enceinte. Tu vas attraper un rhume.
Enl�ve aussi tes chaussures.
Heureusement, ma m�re m'a inculqu� de bons principes,
comme de porter un tricot contre le froid.
Il faut aussi que je tombe malade ?
Bravo.
Je fais la r�volution et vous bronzez.
Quoi ?
Pourquoi vous me regardez comme �a ?
Je suis tellement content.
Je savais que tu n'�tais pas un fasciste, mais, toi, tu ne le savais pas.
Je l'ai fait pour la musique.
Mais, d'avoir � regarder ce cr�tin avec ses cartons...
C'est pas mon truc.
Je sais.
Ce sont les contradictions au sein du peuple.
On aime le peuple, m�me si c'est une bande de tar�s.
On doit f�ter que tu n'es plus un fasciste.
Je dois faire un tas d'os ?
- Quoi ? - Un tas d'os.
Pas facile de les remettre � leur place.
Fais attention avec elle.
Il faut prot�ger l'avenir.
Tu m'as beaucoup fait pleurer.
�a ne se fait pas.
On se voyait tous les jours et tout � coup, tu as disparu.
C'est que j'ai chang�.
Mais je me fiche de la politique.
Il y a pas que �a.
Qu'est-ce que tu esp�rais ?
Tu es mari�e.
Je suis amoureux d'une autre.
O� tu vas ?
- Je le savais. - Qu'est-ce que tu as ?
Tu fumes, maintenant ?
Rien qu'une apr�s le d�ner.
Et tu viens de d�ner ?
Comment va Mario ?
Il est sorti de prison.
Je lui ai tout racont�.
Sur nous ?
Comment il l'a pris ?
S'il te voit, il te tuera.
Cette fille est aussi amoureuse de toi ?
Si elle est amoureuse de moi ?
Bella t'a appel�.
La femme de Nastri a encore t�l�phon�.
Tu ne l'as pas salu�e dans la rue.
Maman, qu'est-ce que tu regardes ?
Tout est en ordre, Benassi.
Non, si vous le mettez ici, le dossier sera enterr�.
- Vous m'apprenez mon travail ? - On attend depuis toute une vie.
Vous savez ce que �a veut dire ?
Voil� les feuilles de paye de mon mari.
C'est �crit en petites lettres sur la fiche de paye
qu'ils retiennent une somme mensuelle pour construire des maisons.
On paie depuis 25 ans, o� sont les maisons ?
O� sont-elles ?
Les cl�s des maisons neuves sont ici.
- O� est la cl� des Benassi ? - Elle n'y est pas.
On ne vous en a pas attribu�.
- Pourquoi ? - �a prend du temps.
Mais il vous faut combien de temps ?
La seule fois o� j'ai vot�, c'�tait pour le parti des maisons.
Dis-lui. Aide-moi donc.
Fallait demander � Manrico.
- Calmez-vous. - Je suis calme.
J'ai d�cid� de prendre ma carte.
Il n'y a pas de carte de membre.
- Pourquoi pas ? - Ce n'est pas un parti.
- Alors c'est quoi ? - Un mouvement.
Alors �crivez : Benassi est au mouvement.
Vous me l'avez dit, �a suffit.
Je peux m'asseoir ici Je dois lire �a ?
La r�volution ?
- Ici ? - Asseyez-vous.
J'ai presque fini.
J'ai �tudi� et j'ai lu un tas de livres.
Oui, c'est bien. Je suis content.
Ce qui me pla�t,
c'est qu'on dit pas ce que tu dois faire et qu'on d�cide tous ensemble.
C'est la principale diff�rence.
On est tous �gaux.
Tout le monde peut prendre la parole et si son id�e est bonne...
- Tous au m�me niveau. - Absolument.
Levez la main. Qui est pour l'action ?
Je suis pour.
- Pour ? - Pour.
La lutte est dure et nous n'avons pas peur.
- Je vais le faire. - J'ai de l'exp�rience.
- Montre-moi. - Fais-moi confiance.
Qui t'a donn� �a ?
Elle va t'exploser dans les mains.
- Ses amis. - Mes ex-amis.
- J'y vais. - Apr�s, chacun part de son c�t�.
Comment tu vas l'allumer ?
Les allumettes...
Camarades, venez jouer.
- D�p�che-toi. - Il y a personne.
Bouchez-vous les oreilles.
Filons !
O� vous �tes ?
- Comment tu vas ? - Bien, et toi ?
Ne te sauve pas ! J'ai deux mots � te dire.
- J'ai rien � te dire. - Moi, si.
Je paie encore ta voiture ! Arr�te.
Viens un peu ici.
�a, c'est pour ce que je t'ai appris.
�a, c'est pour m'avoir fait cocu.
Et �a, pour t'avoir trait� comme un fils.
Tu es un fils, mais un fils de pute !
Fais pas l'imb�cile !
D�conne pas.
Je t'ai m�me pas touch�.
Putain, Mario !
C'�tait la pire nuit de ma vie.
J'ai couru jusqu'� la plage.
Je savais que tu �tais l�.
Tu es au courant ?
Je ne l'ai pas tu�.
Il �tait fou de rage. On s'est battus.
Il m'a battu comme pl�tre.
Et tout � coup...
...je ne sais pas comment...
Pauvre Mario.
Allez...
...c'est rien.
Tu trembles.
Pourquoi tu trembles ?
Manrico avait la t�te ailleurs.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Monsieur le directeur ?
On a abattu Marotti, le directeur de l'usine.
Qu'est-ce que tu dis ?
Il est mort ?
Il est bless� � la jambe.
Il avait une serviette pleine d'argent.
Il faut que je m'en aille.
Qu'est-ce que tu fiches encore ici ?
Tu attends qu'on vienne te cueillir ?
Pour aller o� ? Je connais personne.
Je vais t'envoyer chez des amis.
Je te donne de l'argent de la caisse.
Quelle caisse ?
Qu'est-ce que vous fabriquez ?
Vous �tes impliqu�s dans l'attentat ?
C'est toi qui as tir� ?
Qu'est-ce que tu dis ?
Qu'est-ce que tu dis ?
Tu peux rester tant que tu voudras.
Ici, tu es en s�curit�.
Le fr�re de Manrico est l�.
- �a va ? - Viens, entre.
Je me suis cach� pendant presque un an.
Je me prenais trop au s�rieux en fugitif.
Mario �tait mort d'un infarctus et personne ne me recherchait.
Manrico avait oubli� de me le dire.
Jusqu'� ce qu'il m'envoie quelqu'un.
Tonton Teigne !
Pas teigne-tonton, mais Tonton Teigne.
Le fr�re de papa. Il me ressemble ?
Pas un petit peu ? Non.
On s'est s�par�s quelques mois.
Et on s'est remis ensemble.
Je n'arrive pas � le quitter.
D�s que je le vois, �a repart.
Qu'est-ce qu'il fait, maintenant ? Il est dans un groupuscule ?
J'en sais rien.
- On l'a d�nonc� pour vol. - Il fait carri�re !
J'ai rompu avec mes parents. Ils me ha�ssent
et Amedeo aussi, vu que c'est l'enfant d'un ouvrier.
Tu peux rester un peu chez moi.
� Turin ?
C'est bien le dernier endroit o� aller.
Son p�re n'est jamais l�.
- Je m'en fous ! - Qu'est-ce qui te prend ?
Conduis-moi � la gare, parce que j'en ai d�j� assez.
J'ai dit � Amedeo que son oncle l'emm�nerait au man�ge.
Tu lui as dit �a ?
C'est le r�le du p�re et de la m�re.
Il faut demander � papa et � maman. Tonton Teigne a sa vie � lui.
- M�me si c'est une vie de merde. - Ne hurle pas comme �a.
Laisse-moi descendre.
Arr�te-toi.
Il para�t qu'on s'am�liore avec l'�ge.
Mais je prenais simplement de l'�ge.
Manrico �tait d�j� depuis deux ans dans le Nord pour faire la r�volution.
Jusqu'au jour o�...
All� Teigne ? C'est Manrico.
Comment tu vas ? �a fait une paie.
Sur l'armoire, il y a un sac plein de fric.
Prends de quoi payer ton voyage et apporte-le-moi � Turin.
Qui c'est ?
Tu me reconnais pas ? Je viens d'arriver.
- O� ? - � Turin.
- Manrico t'a rien dit ? - Je l'ai pas vu depuis deux ans.
Vous vous �tes encore disput�s ?
C'est encore moi.
Il a pas vu le petit depuis deux ans ?
- Arr�te. - Je le vois tout � l'heure.
Il vient au Bar del Peso.
Ces deux l�, ils sont amoureux.
Le sac ?
J'ai pris de l'argent pour le retour.
Et un sandwich et un caf�.
Comment vont papa et maman ?
Ben quoi ?
Avec ce fric, je veux acheter une maison
pour moi, Francesca et le petit.
Tous ensemble ?
Pourquoi tu ris ? Je parle s�rieusement.
- Pourquoi tu me racontes �a ? - Je te demande rien.
Fais enfin la r�volution.
Tu crois vraiment que la classe ouvri�re vous suivra ?
Papa fait partie de la classe ouvri�re.
Tu l'imagines avec un pistolet ?
Mais c'est vos affaires. En fait, tu as raison.
Il faut pas prendre la vie au s�rieux comme je fais toujours.
- Qu'est-ce que tu radotes ? - Je sais pas.
Je t'ai pas assez cass� la figure ?
Je t'en foutrais bien un l�.
Arr�te, salaud !
Un peu de respect.
Bas les pattes !
Tu es un salaud.
Une esp�ce de salaud.
Tu m'as manqu�.
C'est Francesca.
- Tu l'as appel�e ? - Je lui ai dit qu'on �tait ici.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je m'en vais.
Arr�tez, police !
Francesca fut arr�t�e et soup�onn�e de complicit�.
On me laissa partir apr�s quelques jours.
On est arriv�s.
�a va bien ?
La maison de p�p� et de m�m� est toute cass�e.
J'avais tellement peur que tu sois mort, comme Manrico.
Allez.
On va s'asseoir pr�s de m�m�.
On va aller voir � la cuisine si on trouve un biscuit.
Il ressemble � son papa.
- J'esp�re que non. - Et � toi.
Encore pire.
Quel salaud !
Violetta...
Allez.
�a suffit.
C'est bien madame Biancopane ?
Pardon, j'appelle du bureau d'attribution.
Vous attendez... Oui, excusez l'heure.
Il y a des maisons et on va les prendre. Elles sont pr�tes.
J'ai tous les dossiers sous les yeux.
Les noms de famille. �a dure des mois.
Comment �a, vous en avez r�v� ?
Vous voyez ? Mais maintenant,
vous devez r�veiller les enfants.
On va aller tous ensemble les occuper.
On a les cl�s, mais il vaut mieux qu'on les occupe.
Violetta, comment va maman ?
R�veille-la. J'ai une bonne nouvelle.
Del Vecchio...
...Caruso...
Du calme ! Il y a de la place pour tout le monde.
C'est notre maison !
Je n'ai encore jamais eu de balcon.
Je mettais les fleurs dans la baignoire.
Manrico t'aurait apport� des roses.
MON FR�RE EST FILS UNIQUE
Traduction : Annette Esk�nazi
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