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Dans le secret des bibliothèques, derrière les reliures sévères et
précieuses, se cachent bien des mystères.
Les plus doux de ces mystères nous viennent des grands écrivains eux
Loin, bien loin de leurs œuvres officiellement reconnues, Nombre d
célèbres, sous leur nom ou un pseudonyme, se divertirent à écrire des
les jeux de l 'amour et de la beauté s 'épanouirent.
Ces récits, la série Rose est allée les découvrir pour vous, publics, sensibles
et avertis.
Nous allons pour vous tourner les pages de ces livres secrets dont les années n
'ont pas effacé le parfum.
La série Rose s 'ouvre.
À vous.
qu 'une vie femme plus sage ni plus belle que Lucrèce en cette ville.
Chacun l 'aimait, chacun la jugeait digne.
La cité, elle était le joyau.
Mais je suis étranger à la ville.
Quelle est cette haute et puissante dame ? Chut, c 'est ma maîtresse, Dame
Lucrèce Collignon, la femme du bourgmestre. Et pourquoi elle se rend à
en un tel appareil ? Elle est si vertueuse et si pudique que ni l 'homme
jeter un oeil sur ses charmants.
Même en sa couche, son époux, qui n 'a le droit de la visiter qu 'au fait de
carillonner, la trouve toujours lassée jusqu 'au col.
Il me semble que toi, tu n 'as pas de ces pédales -là. Pourquoi les femmes
? Pour un éminent voyageur et un pauvre étudiant qui s 'est instruit auprès des
plus grands docteurs de l 'université.
Et que nous ont appris tous ces braillards ? L 'art de mirer les urines,
mille façons de soigner les coliques, la goutte et la gravelle, et tous les
secrets que les filles brûlent de connaître.
Le servant homme.
Ce n 'est qu 'un aperçu de mon talent.
Sais -tu que j 'ai aussi un remède souverain contre le mal d 'enfant ?
Ne dites jamais cela, mademoiselle.
Et pourquoi donc ? Parce que, justement, il s 'est lamenté de ne pas en avoir.
Monsieur Collignon et sa dame ont consulté des docteurs, des matrones et
prêtres, mais rien n 'y fait.
Le ventre de la maîtresse demeure aussi vide que la pension du membre.
Il faut vraiment que je voie ta maîtresse.
Avez -vous aussi un remède contre ce bâtiment -là ? Absolument.
Je ne vous crois pas.
Songe, mon enfant, que le divin Paracels a prophété que ce qui peut guérir l
'homme peut également le blesser.
Et que ce qui l 'a blessé peut également le guérir donc.
Si je puis éviter le mal d 'enfant bougresse, je suis aussi capable de
fécondes les plus stériles.
Si tu m 'aides à parvenir à ta maîtresse, je te promets... Trois
Noël superflu.
Mon maître ? Hein ? Quoi ? Si j 'osais.
Eh bien, Rose.
Ou alors, tais -toi.
Eh bien, qu 'attends -tu ? J 'ai rencontré un illustre docteur qui
rendre le bonheur.
Que dis -tu ? La vérité.
Il a reçu l 'enseignement des médecins les plus illustres de notre temps.
Tant à Montpellier, Qu 'à Paris, ou... Salernes, il connaît la
médecine d 'Avicenne, celle de... d 'Avicenne, celle de Galien,
celle de Radette, et aussi celle de Montagna et de Messuy.
On n 'avait point dit qu 'un homme aussi savant résidait dans notre ville.
C 'est qu 'il vient d 'arriver, mon maître.
Et tu dis que... un moyen.
même si elles sont stériles, le diable d 'homme.
Je viens visiter ton maître, le très estimable messire Colas Collignon.
Eh bien, ma fille ? Eh bien ? Madame, j 'ai
failli trébucher.
Cocardo, si vous ne refermez pas la bouche, vous allez gober une mouche.
Cesse de claboder et conduis -moi à ton maître.
Allez ! Je n 'ose y croire. Et pourtant c 'est vrai, monseigneur.
Le remède qui permet d 'avoir géniture a été utilisé avec succès par le grand
moghol en personne et par bien d 'autres grands de ce monde qui ont eu le
courage de l 'essayer.
Infailliblement. Il vous donnera un héritier. Dans un délai de dix mois, je
fais père. Père ! Je vous aime !
Voir un poupon suspendu au sein de Lucrèce, le regarder boire le sein de
sa mère, l 'adorable spectacle ! Mais
vous m 'avez parlé de courage.
Oui, monseigneur.
Car ce remède, s 'il réussit à tout coup, n 'est pas sans danger.
Qu 'est -ce à dire ? Il faut d 'abord que je vous conte une histoire.
Albert Dex rapporte qu 'au cours de la première croisade, il était recommandé
aux croisés qui s 'étaient fait piquer par des serpents de s 'accoupler
immédiatement avec une vierge. Grand Dieu, mais pourquoi faire ? Afin que le
poison soit absorbé par cette... pure créature.
Vous voulez dire que c 'était la Vierge qui... à la place du croisé ?
Exactement.
La médecine que je vous propose obéit au même principe, mais à rebours.
Tant il est vrai que dans la nature, tout va par deux.
Le mâle et le bien, le verso et le recto, le mâle et la femelle, simila,
similibus. Quelle sagesse ! Mais...
Dans ce cas, si ma femme absorbe votre médecine et que je...
Avec elle, je risque de...
Mais c 'est épouvantable.
Oui, et non.
Vous voulez dire qu 'il y a un moyen d 'échapper à ce sort funeste ? Peut
Mais dites, dites, je suis tout oreille.
Alors ?
Entendez -moi bien, le remède s 'appelle mandragore, herbe de circé,
atopa mandragora, et l 'on prétend que cette herbe fabuleuse ne pousse qu
'au pied des gibets, où la dernière émission de semences dépendues lui donne
vie.
Enfin, je suis votre mari.
Un petit peu, puisque je ne suis toujours pas mère.
Et si je vous disais que j 'ai trouvé le moyen de vous donner cette joie ? Il s
'agit encore de vos misérables gesticulations.
Oh, non, justement.
Qu 'est -ce que ça dit ? Mamie ! Je croirais que lorsque je sentirais un
bouger dans mon giron.
J 'ai reçu ce matin la visite d 'un homme admirable et savant.
qui se fait fort de vous administrer une médecine qui saura vous rendre grosse.
Mais cessez donc, je n 'ai pas encore avalé la drogue de votre médicastre.
Cette médecine, je dois l 'avouer, cette médecine a un petit travers.
Car dans notre monde, le bien ne va pas sans un peu de mal.
Cessez d 'ergoter tout ce qui vaut.
Et bien voilà, ce remède infaillible...
pourrait n 'être pas sans danger pour votre humble serviteur. Je n 'entends
à ce que vous dites.
Si vous buvez la drogue et que je prends le déduit avec vous, je peux en mourir
tant cette médecine est puissante.
Qu 'on me servira d 'être mère si je n 'ai plus d 'époux.
Or, si je ne paillarde pas avec vous... Quelle émulation.
Vous ne sauriez être grosse.
Méchante médecine dont vous m 'entretenez, sire.
Mais rassurez -vous, ma chère, il existe peut -être un moyen de vous épargner le
chagrin de perdre un mari aimé, tout en ayant le bonheur d 'être mère.
Je n 'en ai pas pu dormir de la nuit.
Jamais je ne pourrai ainsi faire le sacrifice de ma vertu.
Mais puisque nous lui bondons les yeux, afin qu 'il ne puisse voir ce que je
devrais être le seul autorisé à découvrir.
Est -ce qu 'il venait vraiment à en mourir ? Je sais que le procédé est
ennuyeux. Humiliant. Oui, assurément, assurément.
Mais nous pourrions choisir un homme de peu pour qui, si elle survenait, la mort
apparaîtrait comme une délivrance.
Recevoir dans ma couche un inconnu ? Un rustre, n 'importe quel pitot ? Ce ne
sera qu 'un mauvais moment à passer.
Oh, pour l 'amour de moi, pour l 'amour de notre futur enfant.
Dieu du ciel, c 'est vous.
Comme convenu.
Eh bien, l 'avez -vous convaincu ? Je le pense, oui.
Mais jusqu 'au dernier moment, je douterais de son consentement.
C 'est que, voyez -vous, nous avons si peur de commettre des péchés.
Apaisez votre conscience.
Le premier devoir d 'un époux n 'est -il pas de bénir son mariage en donnant un
enfant à sa femme ? L 'Église ne peut s 'offenser d 'une tentative qui n 'a pour
but que la fructification de votre union.
Quant au péché d 'adultère, réfléchissez.
Votre moitié n 'acceptant pas cet inconnu dans sa couche par plaisir, et
-même n 'y songeant pas, vous ne tomberez assurément pas dans le cas de
Mais le maraud, qui le trouvera ? Laissez -moi le soin.
On dirait une poupée.
Tu ne crois pas c 'est bien dire.
Regarde bien cette rotondité.
Et là, cette fourche. Tu sens ? Ça suffit comme ça.
Pour vous gosser de moi.
Que non.
En tout cas, le jus de la mandragore est un puissant filtre qui rendra Lucrèce
folle d 'amour.
Je pourrais tout dire à mon maître.
Et renoncer avec les trois deniers.
Quatre. Mouchard.
Je vais t 'en donner, moi, pour tes quatre deniers.
Et après, tu iras porter cette drogue à ta maîtresse.
Il faut qu 'elle la boive une heure avant son coucher.
C 'est donc vous.
Messire Calimac vous a bien instruit de la délicatesse de votre mission.
Que dire de plus qui ne soit inconvenant ?
Mon ami le voici.
Il n 'est pas gentilhomme, mais il est propre.
Et ses manières me paraissent honnêtes.
Croyez -vous vraiment que cela me tient à cœur ? Il doit en avoir le moins
possible.
Laissez -moi. N 'ajoutez pas à ma condition.
Abandonnez -moi à mon infâme devoir.
Et bien qu 'attendez -vous ? Venez ! Et quoi ? Devrais -je aussi vous dévêtir ?
Je vous en prie, mamie, consentez.
Vous n 'aurez qu 'à penser à moi.
J 'en ai la chair de poule.
Épouse, soyez courageuse, comme je vous suis reconnaissant.
Oh non, par pitié, par pitié, éloignez -vous.
Je ne veux pas que vous assistiez à mon déshonneur.
Allez -vous -en vite, que l 'on en finisse.
Oh ! Oh !
Oh !
Faudra bien noter cette chemise. Vous croyez ? J 'en suis certain.
Mais jamais je n 'ai...
Bien, chère Marie, juste une petite crampe.
Êtes -vous certaine de n 'avoir pas besoin de moi ? Non, non, non.
Oui ! Bien certaine ? Oui ! Non !
Je crois qu 'en cet ouvrage, vous ne pouvez pas me servir.
Bien, messieurs, vous venez en refais, mais vous attendez point.
Auriez -vous des reproches à me faire ? Mes caresses ne rendraient -elles pas
votre chair plus sensible et mieux préparée au travail de l 'amour ? Je ne
dis pas, mais notre traité ne prévoyait pas que... Mon bon
maître Ambroise Paré disait toujours qu 'une femme doit être titillée et
aiguillonnée jusqu 'à ce que la matrice lui frétille avant d 'être...
en faculté de vous.
Vous m 'avez abusé. Je suis Calimac, belle Lucrèce, et je suis prêt à mourir
pour mieux vous aimer.
Jésus -Marie -Joseph, mais ils n 'en auront jamais fini.
Tu m 'as épatoué.
Ce qui n 'avait pas tout à fait fini.
Je vous en prie, laissez -moi, Maron.
Mais que faites -vous là ? Allez attendre Mme Lucrèce dans la rue.
Quelle nuit ! Quelle nuit ! Le
congrès, amoureux, a -t -il bien eu
lieu ? Hélas, interminablement. Et le rustre ? Enfuit.
Le monstre est resté jusqu 'à l 'aube. Mais pouvais -je le chasser alors que sa
vie était peut -être déjà en danger ? Dieu et son âme !
Vous avez été un mari admirable et vous serez un père comblé.
J 'ai fait tout ce que je pouvais pour vous y conduire.
Oh oui, oh combien.
Mais je ne peux m 'empêcher de penser à ce pauvre garçon qui s 'est sacrifié à
ma place.
Ne vous tourmentez pas ainsi.
De là -haut, il vous a déjà accordé son pardon.
Et plutôt que de vous lamenter, faites célébrer à son intention une messe d
'action de grâce.
Oh merci, merci.
Quel bon compagnon vous faites.
J 'y cours de ce pas.
Permettez -vous cependant d 'aller présenter mes hommages à madame votre
et lui porter quelques paroles de consolation. Mais je vous en prie, cette
maison est désormais la vôtre.
Eh bien, messire, que faites -vous ici dans ma chambre ? Oh, ma
princesse, mon alouette, ma prime verre.
Jamais nuit ne fut plus douce.
Voulez -vous bien vous taire, insolent ? Mais Lucrèce, cette nuit, nous deux...
Il est follet.
Et que me comptez -vous à propos de cette nuit ? Tu te moques ? Cette
Cette nuit, un ange m 'est apparu.
Il m 'a choisi entre toutes les femmes pour me combler. Mais c 'était moi !
Allons, ne blâtez mes poings.
Ce bel ange que j 'ai connu m 'a dit que j 'avais trouvé grâce devant Dieu, que
j 'allais être mère.
Mais je t 'aime ! Toi, misérable !
Qui lui a tout raconté ? Ma maîtresse m 'a récompensé bien plus que tu ne
pourrais le faire.
Allons, hors d 'ici, messieurs l 'imposteur.
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