All language subtitles for Julien Duvivier - The impostor

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Original subtitles

L'IMPOSTEUR

14 Juin 1940

Messieurs.

- Bonjour, mon p�re. - Bonjour.

- Alors ? - Les Allemands sont � Paris.

Comment ?

Que nous est-il arriv� ?

Cl�ment.

Soyez courageux.

On vous a refus� le sursis pour votre ex�cution.

Vous pourrez marcher ?

Pourquoi pas ?

Votre guillotine a l'air un peu d�pass�e.

A ce train, on sera morts avant lui.

Hier, des paras sont tomb�s sur un enterrement. La famille a d� fuir

et abandonner le cercueil.

Qu'ils s'amusent !

Vous m'avez, moi.

Vous ne voulez pas prier, Cl�ment ?

Pour un policier tu� dans une bagarre ?

Vous avez avou�.

On �tait plein de gr�vistes devant l'usine.

J'ai dit avoir cogn� un des flics.

Avez-vous �t� bon dans votre vie ?

Quelle vie ?

Dieu ne promet � personne qu'elle sera facile.

Il le prouve aujourd'hui.

Personne n'est aussi dur que vous le semblez.

N'aimez-vous pas votre pays et l'humanit� ?

L'humanit� ! Vous y avez vu du bon ?

Partout o� je l'ai cherch�.

Dieu est en chacun.

Il est en vous.

N'avez-vous jamais trouv� que la vie �tait belle

et que la terre �tait bonne ?

- Il vous reste une place ? - Grimpez.

Merci.

- Vous allez o� ? - Dans le Sud.

Vers le sud, c'est tout.

J'ai perdu ma compagnie ou c'est le contraire.

Moi, �a a commenc� � Sedan.

On nous a envoy�s vider une casemate.

A notre retour, plus de r�giment !

Mon unit� �tait en Belgique.

Et puis les ordres: "Repliez-vous."

L'an dernier, j'ai vu le d�fil� sur les Champs-�lys�es.

La meilleure arm�e du monde !

Sauf que tous nos tanks �taient l� !

Quelle racl�e...

Pas un seul avion en Champagne. Tous en Belgique.

En Belgique, on nous a dit l'inverse.

- O� sont les Allemands ? - A Tours.

Ils seront � Bordeaux avant nous. D'ici peu, la France n'existera plus.

Je te dis qu'on a des troupes quelque part !

T'as pas re�u assez d'ordres ?

Je veux me battre.

Ca peut pas �tre vrai. On va se r�veiller.

Tu m'�tonnes !

On refait Dunkerque, on dirait.

Je resterai pas sur le carreau !

Johnny, attends !

Terminus, les gars.

O� on va, sergent ?

Excusez-moi, sergent. O� on va ?

- En Espagne, puis en Afrique. - Pourquoi en Afrique ?

- Le gouvernement y va. - En Afrique ?

Pourquoi en Afrique ? Ils ont des avions ou des tanks ?

Et la flotte fran�aise ? On va se r�organiser et revenir.

- Des intellos ! - Je ne sais pas quoi faire, sergent.

- Tu as une clope ? - Oui.

- C'est la derni�re. - Prenez.

Merci.

- On est � Bordeaux ? - Non. C'est Saint-Jean-de-Luz, ici.

- T'as une allumette ? - Non.

Allons au caf�. On en trouvera bien.

- O� dois-je me pr�senter ? - J'en sais rien.

Je suis jamais venu ici et personne nous dit rien.

- Vous pouvez me donner un ordre ? - Allume ta cigarette.

Au moins, j'ai trouv� un sergent. Je m'appelle Jean-Michel Monge.

- Vous en voulez ? - Oui.

Servez-lui en un aussi.

Merci.

Un fermier me l'a donn�. Il a vu que j'�tais fermier aussi.

- O� est ta ferme ? - En Normandie.

Ma famille y est encore si les Boches ne leur ont rien fait.

C'est �a qui te tracasse.

La radio ! On va savoir o� on en est.

Ils vont nous parler de cette superbe retraite !

Vous �coutez la radio du gouvernement fran�ais.

Y a la radio. Venez !

Les gars, la radio !

Vous allez entendre un important message du mar�chal P�tain,

chef de l'�tat.

C'est plus Raynaud qui gouverne ?

T'�tais o� ? P�tain est aux commandes depuis hier.

P�tain ? Ah ! Il va nous sauver.

Fran�ais !

� l'appel de M. le pr�sident de la R�publique,

j'assume � partir d'aujourd'hui

la direction du gouvernement de la France.

S�r de l'affection de notre admirable arm�e,

qui lutte avec un h�ro�sme

digne de ses longues traditions militaires

contre un ennemi sup�rieur en nombre et en armes,

s�r que par sa magnifique r�sistance,

elle a rempli son devoir vis-�-vis de nos alli�s,

s�r de l'appui des anciens combattants

que j'ai eu la fiert� de commander,

s�r de la confiance du peuple entier, je fais � la France le don

de ma personne pour att�nuer son malheur.

C'est le coeur serr� que je vous dis aujourd'hui

qu'il faut cesser le combat.

Je me suis adress� cette nuit � l'adversaire

pour lui demander s'il est pr�t

� rechercher avec nous, entre soldats,

apr�s la lutte et dans l'honneur,

les moyens de mettre un terme aux hostilit�s.

Un autre.

Que tous les Fran�ais s'unissent autour du gouvernement

que je pr�side pendant ces dures �preuves

et fassent taire leur angoisse

pour n'�couter que leur foi dans le destin

de la patrie.

- Ca veut dire quoi ? - C'est fini.

- L'armistice. - Impossible !

On a un trait� avec l'Angleterre: Pas de paix s�par�e.

C'�tait pas P�tain. C'�tait un Allemand.

Si, c'�tait P�tain !

- Combien ? - 1,60.

L'armistice ? Je ne comprends pas.

On abandonne. Fini l'arm�e et ses ordres.

C'est chacun pour soi.

Il demande un armistice, mais on l'aura pas.

Ils nous tomberont dessus avant.

Mais non ! Les tanks, �a vole pas.

Qui les arr�tera ? Toi ? Demain, on sera tous prisonniers.

- Je peux vous emmener en Espagne. - Pour pourrir en taule ? Non, merci !

J'y crois pas.

Attends, qu'est-ce qu'il a dit ?

- Vous levez l'ancre bient�t ? - On a mis la vapeur.

- Vous allez o� ? - Dakar.

Vous m'emmenez ?

Vous �tes d�j� pas mal. Je sais pas ce que vous allez manger.

Pas grave.

Au revoir, le fermier.

Vous allez � Dakar ?

Un peu ! Tu laboureras pour les Boches.

Pour les Boches ? Ca, non ! Vous avez raison, sergent.

Comment �a, non, j'ai raison ?

C'est le chemin le plus court pour la Normandie. Je viens.

Il n'y a plus de place en bas.

Vous trouverez un coin l�-haut.

Bande d'imb�ciles !

Voil� vos munitions.

C'est pas les bonnes ? Dommage !

O� est la bouffe ? A Dieppe.

Comment on va � Dieppe ? On y va pas ! Les Allemands y sont.

Tu sais ce qu'on dit, dans le cin�ma ?

- T'as une id�e ? - Je suis banquier.

Banquier ? T'as ta propre banque ?

Je suis guichetier

� la banque Dufresne, � Lyon. On ne pr�te pas aux artistes.

Qui est ce lieutenant ?

Il est mont� � bord comme nous.

- Toi, t'es alsacien. - Oui, de Strasbourg.

- C'est fini, plus besoin de fusil. - On sait jamais.

- Pourquoi il nous dit quoi faire ? - Les officiers aiment �a.

- Il va trouver � manger. - Tu vas le laisser te commander ?

Je laisse personne me commander.

Qu'est-ce que j'ai sommeil !

Moi, le g�n�ral de Gaulle,

j'entreprends ici, en Angleterre, cette t�che nationale.

J'invite les forces fran�aises de terre, de mer, de l'air...

J'invite les soldats fran�ais, o� qu'ils se trouvent,

� prolonger le combat.

On �tudie l'Afrique, sergent ?

Dakar n'est pas si loin !

Par o� iriez-vous, si vous �tiez le capitaine ?

- Par l�. - Vous seriez vite pris.

Vous voulez vous �chapper, non ?

- M'�chapper ? - Ca grouille de U- Boots,

voil� pourquoi on zigzague. On y sera dans une semaine.

Vous �tes le seul homme � bord avec qui je n'ai pas discut�.

- Je m'appelle Varenne. - Je sais.

Vous,

- c'est Lafarge, je crois. - Merci. Oui.

Vous �tiez du 33e d'infanterie.

Vous avez pass� un sale moment, en Champagne.

Oui.

- Ca chauffe autrement en Afrique. - Je sais � quoi �a ressemble.

Ah bon ? Le 33e n'est jamais all� en Afrique.

Gamin, je me suis retrouv� dans un bataillon africain.

Le Maroc ?

C'est du s�rieux, comme unit� !

Vous �tiez un dur.

C'est vrai.

C'est la fin de nos programmes.

L'Afrique �quatoriale rejoint De Gaulle.

C'est qui, De Gaulle ?

Un de nos g�n�raux, il est � Londres.

Il dit que si on a les colonies avec nous,

rien n'est perdu ! Vous vous rendez compte ?

Malheureusement, on va � Dakar, pas en Afrique �quatoriale

- Peut-�tre que Dakar aussi. - Ils ont refus�.

On a parl� au lieutenant ?

Un soldat de carri�re qui accepte l'armistice !

Permettez que je parle en mon nom.

Oui, je suis soldat de carri�re. Je d�fends mon pays.

De Gaulle garde les armes. J'en suis content.

Je suis l� car j'�tais s�r que les colonies feraient pareil.

Mais nous allons � Dakar !

- Je le sais, mais... - Continuez, soldat.

Dites le fond de votre pens�e.

Je sais ce que je pense. Mais vous ?

Qui se battra ?

Qu'en pensez-vous ?

Je veux faire pour le mieux.

Et vous, sergent ?

Je vais prendre le temps de d�cider.

Et vous ?

Je n'ai pas mis cet uniforme pour que les Boches pi�tinent mes vignes.

- Tu veux revoir ta ferme ? - Oui !

Je me battrai s'il y a de l'espoir. M�me s'il n'y en a pas !

Bouteau ?

Je suis d'accord, mais on va � Dakar.

Tu restes calme avec les Boches qui d�filent dans Paris !

Calme ?

Donne-moi une brochette de ces pantins et tu verras si je suis calme.

Parfait. Alors nous n'irons pas � Dakar.

- Mais... - Allons en Afrique �quatoriale

Parlons au capitaine.

Capitaine, vous devez changer de cap.

Ah bon ?

N'allez pas � Dakar.

La Sierra Leone n'est pas loin.

Les Anglais tiennent Freetown.

- On pourra rejoindre De Gaulle. - Nous n'allons pas � Freetown.

- Oui, mais vous pourriez... - Je ne changerai pas de cap.

C'est d�j� fait.

- Vous voulez dire... - J'ai une bonne radio.

Les munitions qu'on transporte n'iront pas aux Allemands.

On va � Pointe-Noire, en Afrique �quatoriale

- Satisfaits ? - Oui. Merci, capitaine.

- Buvez un verre. - Merci.

Derri�re vous.

POINTE- NOIRE Afrique �quatoriale fran�aise

C'est la plus grosse ville du coin ?

Non. Il y a Brazzaville, la capitale,

� environ 1000 km en amont.

- Ca, c'est le Congo Belge ? - Non, c'est Cabinda.

- Quoi ? - Territoire portugais.

Dis donc !

- Tu connais pas mal le coin. - Cinq voyages.

- On trouve du travail � Cabinda ? - T'as 1000 francs ?

- Pourquoi ? - Imp�t de capitation.

Ils te les rendent quand tu pars.

- D�cid� pour la vie civile ? - Vous voulez m'en emp�cher ?

- J'esp�rais vous avoir avec nous. - Je vais y r�fl�chir encore un peu.

Moi qui avais chaud sur le pont !

- Caporal Cochery. - Bonjour.

Voici Hafner... et Monge.

Bouteau �tienne. Appelez-moi Freddie.

Ravi de vous avoir avec nous. Il fait chaud, hein ?

Le bureau de recrutement est � Brazzaville.

- Le train part dans 30 mn. - O� peut-on manger ?

- Au caf� de la gare. - On n'a pas un sou.

- C'est une cantine. - Ah !

En vous engageant demain, vous recevrez une avance.

Formidable !

- Vous venez ? - Je ne vais pas vous laisser tomber.

Parfait !

Il vient avec nous.

- Votre patriotisme a pris le dessus. - C'est vrai.

�coute, j'ai une id�e.

Pour la derni�re fois: Pas de cartes !

Qui parle de cartes ? Tu ne parles que de cartes.

Je suis d�sol�. Alors, cette id�e ?

Voil�.

Et si on montait une affaire ?

- Un th��tre ? - Des produits de beaut�.

C'est la guerre, tu sais.

Apr�s la guerre, idiot ! Il faut pr�voir, �tre intelligents.

- O� ? - Ici.

- Ici ? - Un march� vierge.

Des produits de beaut�: Cr�mes, savons, parfums.

- Y en a pour des millions. - T'as pris chaud.

Tu crois ? T'as senti ces belles indig�nes ?

Avec elles, on ramasserait le paquet.

Ce serait une b�n�diction pour l'homme.

- Alors ? - Eh bien...

C'est normal. R�fl�chis-y.

Comme tu l'as dit, rien ne presse. En attendant, on tape le carton ?

Non. Ca, j'ai pas besoin d'y r�fl�chir.

C'est un paquet de cartes neuf, jamais touch� par la main humaine.

- Heu... - Ah, parfait !

Si M. Dufresne savait, je mourrais de honte.

C'est le renvoi imm�diat.

Ne te fais pas de souci. Je suis une tombe.

Je distribue.

Voil�.

- Dix... Deux mille, c'est bien �a ? - Merci.

Veuillez signer ici.

- Bonne chance. - Merci.

- On doit attendre, sergent. - Je veux un verre.

Attendez. Cochery paye sa tourn�e.

J'ai trop soif, j'y vais.

Douches fra�ches et habits tropicaux vous attendent au QG.

Varenne commandera jusqu'� nouvel ordre.

J'ai � faire ici.

Apr�s la douche, vous aurez quartier libre jusqu'� 16 h.

Ne sortez pas seuls en ville.

Lafarge prendra le commandement.

Je ne connais pas Brazzaville.

Menier restera avec vous jusqu'� votre retour au QG. Rompez.

Pour faire des achats,

Menier vous montrera les boutiques de Potopoto.

A vos ordres.

Ne vous perdez pas, sergent.

J'essayerai.

- On entre l� ? - C'est aussi bien qu'ailleurs.

Bonjour.

- O� est l'entr�e ? - L�.

Regardez. Il cultive des l�gumes.

- C'est bien ! - Oui, monsieur.

- Tu fais quoi ? - Je go�te la terre.

Elle est bonne.

Pardon ?

La terre est bonne, comme en Normandie.

- Vous saviez pas qu'on faisait �a ? - Non.

Mes salutations, messieurs. George Mortemart, guide.

A votre service � peu de frais.

M�fiez-vous de ce vieil escroc so�lard.

Comme c'est impoli !

- Ignorez-le. - Il a des pois !

Je vois que vous n'�tes pas d'ici.

Vous aurez besoin de protection contre ces marchands.

Laissez-moi veiller sur vos int�r�ts

et vous b�n�ficierez de mes 45 ans en Afrique.

J'ai �tudi� les coutumes locales. Regardez.

C'est vrai. J'ai �tudi� � la Sorbonne.

- N'ennuyez pas le sergent. - Fichez le camp.

Restez dans le coin, j'ai � vous parler plus tard.

Tr�s bien ! Puisqu'on ne veut pas de moi...

Bonjour, monsieur. Des achats � faire ?

Mon assistant va vous aider. Toba !

- Des articles militaires ? - Vous avez des habits civils ?

Oui, par ici, s'il vous pla�t.

Que puis-je pour vous ?

- C'est comment sur l'autre rive ? - Au Congo belge ?

Pire qu'ici, dans les plantations de caoutchouc.

Mais c'est plus facile quand on ach�te son contrat.

- Pourquoi ? - Parce que l�, c'est vous le chef.

Vous donnez des ordres jusqu'� avoir assez

pour revenir � la civilisation et vivre en gentleman.

Le prix du contrat ?

L'�quivalent de 6 mois de paye dans l'arm�e.

Souhaitez-vous que je me renseigne ?

- Dans quelques mois, peut-�tre. - Je ne serai pas loin.

Voici de beaux habits civils.

- Je n'en veux pas. - Vous vouliez...

J'ai chang� d'avis. Donnez-moi pareil que ce qu'ils ont achet�.

Je ne sais pas plus que vous o� vous irez.

On parle d'en envoyer en Libye.

Vous voil� !

Il y a du nouveau, nous partons demain.

- D�j� ? - O� allons-nous ?

Sur le front africain ?

Vers le nord, pour une mission militaire.

- On rejoint les Anglais ? - Nous allons vers le lac Tchad.

- Ca y est. - On part tous ?

Tous ensemble.

Qu'en dites-vous, adjudant ?

Formidable, monsieur.

- Vous avez dit quoi ? - Adjudant. Vous avez �t� promu.

Ce sera une belle croisi�re: 10 jours sur le Congo.

C'est un village indig�ne abandonn�.

Allez, les gars. Au travail !

On s'arr�te ?

- Cochery doit cirer ses pompes. - Ca y est, les gars.

- Comment �a ? - On est arriv�s.

- Les Boches sont pas plus au nord ? - On va construire un a�rodrome.

Je me suis enr�l� pour me battre.

L'heure viendra, Hafner.

Je leur ai dit, � Brazzaville, de m'envoyer au combat.

Vous �tes op�rateur radio.

On a besoin de vous ici.

Les Allemands ont tu� mon grand-p�re pendant la guerre de 1870.

En 1916, ils ont abattu mon p�re � Verdun.

En octobre, un obus est tomb� sur ma maison. Mes enfants y �taient.

En France, je n'ai pas pu me battre.

Et on m'�vince encore.

Il faut apprendre � accepter les ordres.

- Mais... - Ce sera tout.

D�chargez le mat�riel. Matowa vous montrera o� le mettre.

Ne faites pas cette t�te, ce n'est pas si grave.

Dans 10 jours, ce poste fonctionnera.

Nous devrons finir la piste au plus t�t.

Vous �tes sur un sol fran�ais.

Il ne ressemble pas beaucoup � celui que vous connaissez,

mais regardez ce ciel.

Ils voient le m�me bleu au pays.

Plus vite les avions alli�s se poseront ici,

plus vite l'ennemi lib�rera le ciel de Notre-Dame.

Au travail.

Que se passe-t-il ?

Allons, du nerf !

La mienne aura un joli toit en tuiles.

T'auras la m�me que tout le monde.

- C'est quoi, �a ? - Des cannibales.

Des cannibales...

- Tu fais quoi ? - Des plantations.

La terre est bonne. Dans deux mois, on aura des l�gumes

- si le foss� retient les fourmis. - Verses-y du k�ros�ne.

Bonne id�e !

Il te faut un truc qui te rappelle chez toi.

J'ai m�me encore mieux. Venez voir.

Voil� mes souvenirs.

Voici ma femme et nos deux enfants,

S�bastien et Alice.

S�bastien aide sa m�re � la ferme, si les Allemands ne l'ont pas emmen�.

L�, c'est Jeanne-Marie. Ma belle-s�ur.

Voil� le ticket de bus de mon voyage � Paris, il y a 3 ans.

J'�tais bien content de rentrer !

- Et �a, c'est quoi ? - Ma feuille d'imp�ts de l'an dernier.

- Encore mieux ! - Vous avez pay� beaucoup ?

Non, je n'ai pas pay� grand-chose, l'an dernier.

C'est ma fille, Alice, qui a pris cette photo.

C'est le chemin qui va de mon champ au village.

Je m'assieds pour me reposer sous cet arbre.

Je vois le toit de ma maison

et je sais que dans 5 mn, je serai � la maison.

Mon p�re s'asseyait au m�me endroit.

Bien s�r, l�-dessus, pas facile de voir comme c'est joli.

C'est tout ce qui me reste.

Je n'ai rien de plus cher au monde.

Des souvenirs. Je n'ai pas de souvenirs.

Mais je vis ma vie quand m�me.

Allons-y.

Du b�uf bouilli avec du riz.

J'avais peur qu'on ait le riz et le b�uf d'hier.

Ou le riz sans b�uf d'avant-hier.

Ou le b�uf sans riz de dimanche.

Passons le chef en cour martiale et coupons-le en c�telettes.

Dans deux mois, on aura des l�gumes frais.

- Dans deux mois ? - Oui.

L'a�rodrome sera s�rement termin� avant.

- On ne sera pas forc�ment d�plac�s. - On nous a laiss� entendre...

Je me fiche de ce qu'on vous a laiss� entendre.

- Vous n'oubliez rien ? - Quoi ?

Votre r�gle: � table, ni discipline ni r�primande.

- Rien qu'une grande famille heureuse. - Je ne r�primande personne.

J'essaye juste de vous avertir.

Ne vous attendez pas � partir...

d�s la fin du chantier.

Qu'est-ce que vous avez ?

- J'ai la t�te qui tourne. - Ca m'arrive tout le temps, ici.

Vous devriez prendre de la quinine et vous allonger.

Oui, peut-�tre.

Asseyez-vous.

- Lafarge, prenez le commandement. - Je ne pr�f�re pas.

- Vous savez ob�ir aux ordres ? - Je n'aime pas en donner.

- Bien dit ! - Peu importe la mani�re

tant que vous faites ce qu'il faut. J'en sais assez sur vous.

- Quoi ? - Vos �tats de service.

Au dernier appel, il manquait 2/3 de votre r�giment.

Vous avez refus� de vous replier.

Ah, �a...

Donc je ne m'inqui�te pas.

Qu'ils fassent leur travail, c'est tout.

Et sinon, je m'occuperai de leur cas.

- Tiens donc ! - Restons courtois.

- Rapport dans mes quartiers ce soir. - Bien.

Garde-�-vous !

Pr�sentez armes !

Je dois repartir. Au revoir.

- Bonne chance. - Au revoir.

- Merci pour les clopes. - On voudrait des revues.

- Oui, des revues s�rieuses. - Exactement ! Avec plein de filles.

Quand reviendrez-vous ?

Qui sait ?

Je pars pour une grande offensive en Libye.

- Au revoir ! - A bient�t.

- Bon vol. - Bonne chance.

Au revoir, les gars.

Une grande offensive en Libye...

Nom d'une tortue ! Ils changent jamais de disque ?

C'est peut-�tre le seul.

Huit jours et huit nuits.

- Toujours pareil. - C'est de la musique.

Vous entendez ? Ca, de la musique !

C'est pas du Beethoven, mais c'est brut, comme eux.

Si �a continue, ce sera moi, la brute !

Je vais bient�t me balancer d'arbre en arbre.

Il y en a qui se battent.

Les Italiens sont repouss�s vers la mer en Albanie.

Les Alli�s manquent d'hommes en Egypte.

Et nous, on est assis l� � regarder la pluie, oubli�s.

Je me demande s'il pleut Normandie.

Au printemps, il pleut parfois comme �a.

Si vous voyiez la pluie tomber sur Lyon !

La plus belle pluie est � Paris.

Ah, Paris !

Les rues anim�es, la foule qui se faufile entre les voitures,

les cin�mas, les filles... Ca, c'est la vie !

Pour un jeune, peut-�tre, mais quand on vieillit,

rien de tel que la campagne.

J'y prendrai ma retraite.

Dans 22 ans, un mois et six jours, j'aurai une pension de la banque.

Le samedi, j'emmenais ma fianc�e danser en bo�te de nuit.

J'ai essay�, une fois. J'ai d�test�.

- Pas d'air frais. - Je d�teste l'air frais.

Une piste de danse enfum�e � couper l'air au couteau,

une fille tout contre soi et un groupe qui balance. Voil� de la musique !

- Toi, t'es pas mari�. - Je suis fianc�, mais pas mari�.

Les gens du spectacle s'encombrent pas de conventions.

Ma fianc�e travaille, elle aussi.

C'est une voyante, une diseuse de bonne aventure.

- Vous voulez la voir ? - Bien s�r.

Elle a de ces...

Et c'est une romantique, surtout au printemps.

Je sais pas pourquoi, mais au printemps, elle devient folle.

Moi, j'adore l'�t�.

On pique-nique � la rivi�re avec ma m�re et ma fianc�e.

Nous, on attend l'automne. La moisson.

L'odeur du raisin fra�chement foul�

est parfois assez forte pour vous enivrer.

Je pr�f�re la p�riode de No�l.

Tout le monde est content, � No�l, surtout les enfants.

Le sol est recouvert de neige et on entend les cloches...

Vous allez arr�ter ?

Vous allez vous plaindre encore longtemps ?

C'est vous qui devriez changer de disque.

- Quoi ? - On se plaint pas.

C'est des souvenirs.

Vous et vos souvenirs, encore et toujours !

Le pass� est mort et enterr�.

Qu'il reste o� il est !

Je me demande ce qui lui prend.

Il se sent peut-�tre exclu.

Un jour, il m'a dit qu'il n'avait pas de souvenirs comme les n�tres.

C'est presque une chance.

- Qu'est-ce que tu veux ? - Ne vous f�chez pas.

- Je vous... - Quoi ?

- Je vous apporte une chose. - Quoi ?

- Ma belle-s�ur. - Ta quoi ?

Jeanne-Marie. Elle vous pla�t et vous lui plairiez.

Je vous en fais cadeau.

Fiche le camp.

Je vous l'ai d�coup�e.

Laisse-moi.

Faites comme si vous �tiez amis. Ca vous fera des souvenirs.

Dehors !

T'as bousill� ta photo, andouille.

C'est pas grave.

T'as dit que t'avais rien de plus cher.

C'est pour �a.

Bonne nuit.

Bonne nuit.

Oui, major. Je les entends.

C'est de l'artillerie lourde.

Ils pilonnent nos positions � l'ouest.

Ils sont arriv�s en parachutes.

- Ils nous encerclent. - Lieutenant.

Ils tirent sur la porte de la grange.

- R�veillez-vous, c'est un r�ve. - Ils nous isolent.

- Vous n'�tes pas en France. - Non.

Ils volent la France.

Ce ne sont pas des coups de feu.

Laissez-moi, je les entends.

Ils nous ont suivis en Afrique.

- Hafner ! - Qu'ils viennent.

Hafner, Bouteau, Cochery !

- Que se passe-t-il ? - Le lieutenant d�lire. Venez !

Bande de salauds !

Je vous attends.

Il nous tire dessus. A terre !

Je vous aurai tous.

Monge, planque-toi !

- Occupez-vous de Varenne. - Ma jambe.

Mets-le sur mon dos.

Voil�.

- Je vais mourir ? - Tais-toi donc !

Tu passeras encore plein de No�ls en Normandie.

Vous adoreriez ces r�veillons.

Les enfants laissent leurs souliers devant le feu

et apr�s la messe de minuit,

ils les retrouvent plein de bonnes choses.

Il y a des cadeaux partout.

On faisait du chocolat chaud et...

- Ne bouge pas. - Et aussi du g�teau.

C'est la sp�cialit� de ma m�re.

Apr�s tout �a, promettez-moi que vous viendrez passer...

Vous viendrez passer No�l en Normandie.

Mais bien s�r.

Vous verrez. On a une grande chemin�e.

Joyeux No�l

Tu t'en sors tr�s bien. Pas vrai ?

On abat pas un Normand si facilement !

- Qui a construit �a ? - D'apr�s toi ?

- Ca te pla�t ? - Je...

- Des cadeaux pour tout le monde. - Et du vin !

Des cigarettes et du chocolat !

- Il faut qu'il s'asseye. - Tiens, bois.

Rapprochez-moi du feu, il est si beau.

Du chocolat chaud, du g�teau et une belle flamb�e.

- Comme � la maison ! - Oui.

Et il ne fait que 40 degr�s dehors !

Pas de No�l sans feu de chemin�e.

Avec un peu de neige, ce serait mieux.

De la neige ? On s'en fiche !

Messieurs, il me semble que l'heure est venue

de donner � cette veill�e un tour plus s�rieux.

Vous le savez, je suis plut�t discret,

mais �tant donn� que l'on m'a impos� cette obligation � l'unanimit�,

je vais, pour mon plus grand plaisir,

- remplir mon devoir. - De quoi il parle ?

- Vous allez voir. - Adjudant Lafarge,

nous, soussign�s...

Ou plut�t, nous, ici pr�sents,

souhaitons exprimer

notre reconnaissance pour vos services.

Si certains d'entre nous ont commenc� par vous d�tester,

nous avons fini, et je parle au nom de tous,

par admirer votre courage,

votre infatigable z�le, votre inspiration face � l'adversit�,

vos gestes d'amiti�, votre camaraderie

et votre...

Comment dire ?

Ca va, tu as tout dit.

Peut-�tre.

Voici donc, adjudant Lafarge,

en gage de notre gratitude,

quelques cadeaux dont vous appr�cierez l'intention.

- Un discours. - Je ne parle pas comme Bouteau.

Tant mieux. Un discours comme le sien suffit.

Je ne sais pas quoi dire. On ne m'a jamais rien offert.

- �coutez-le. - Vraiment.

- Tenez, j'esp�re que �a vous plaira. - Merci.

- Des pommes ! - J'en ai pas vu depuis la France.

Y en a � Brazzaville, minuscules et � 10 francs pi�ce.

- Monge est une riche h�riti�re ! - Suivant.

- C'est quoi ? - Des chaussons.

Il m'en fallait !

Et brod�s main.

Il les a faits lui-m�me. Il est tr�s dou�.

Je les ai fait envoyer de Brazzaville.

- Je vais en faire quoi ? - La porter. La guerre finira un jour.

- Il a raison. - C'est vrai.

C'est un porte-bonheur.

Un tr�fle.

Un peu de chance ne me ferait pas de mal.

Merci.

Alors, adjudant ?

Ca fait quoi, toutes ces r�compenses ?

Du bien. Et vous, comment vous sentez-vous ?

C'est le No�l parfait.

On allait vous en apporter. Ravis que vous soyez l�.

Merci.

- La radio, Hafner. - A vos ordres.

- Je vous sers du chocolat. - Qui veut du g�teau ?

Que vous est-il arriv� ?

- A moi ? - Oui.

- J'�tais... - Il a honte de vous le dire.

Pourquoi ?

Un soldat qui se tire dessus tout seul ne s'en vante pas.

Tout seul ?

- Oui. J'�tais... - En nettoyant son fusil, ce ballot...

- Et voil� ! - Voil� toute l'histoire.

Je suis vraiment ballot � me faire tirer dessus.

Je vois.

Merci, Lafarge.

C'est �trange d'�couter notre hymne ici.

Il est jou� � l'Albert Hall, � Londres.

Il est 22 h ici, mais minuit l�-bas.

- Le monde est petit. - Quel hymne superbe.

Le plus bel appel aux armes qu'on ait mis en musique.

Celui d'une nation qui ne demande qu'une chose: La paix.

Non, pas la paix. On l'a eue. O� nous a-t-elle men�s ?

Cette chanson est un cri pour la libert�.

La libert�...

Mon p�re a perdu ses deux jambes pour elle, en 1914.

L'an dernier, j'ai perdu deux amis au combat.

Mon p�re est prisonnier de guerre en Allemagne.

Toute ma famille est morte pour la libert�.

Ce qui vaut la peine d'�tre v�cu m�rite qu'on donne sa vie.

N'est-ce pas, Lafarge ?

Je n'avais jamais rien eu qui m�rite que je donne ma vie, avant.

Une bonne nouvelle de Brazzaville.

"Gros convoi motoris� pour Fort-Lamy passera par De Gaulle-Ville.

"Passez le commandement au lieutenant Menessier et joignez-vous au convoi."

Youpla boum ! On va faire sauter des Allemands !

On va enfin les voir face � face.

- Le 1er Allemand est � 3000 km. - Et alors ? On arrive !

Soyez pr�ts au petit matin.

Vive le g�n�ral De Gaulle !

Un passage vous concerne personnellement.

"Suite au rapport du lieutenant Varenne,

"l'adjudant Lafarge est promu second lieutenant

"et prendra le commandement de la 4e compagnie avec Varenne."

Je n'ai rien fait pour m�riter �a.

Vous allez refuser ?

Si c'est un ordre...

Tant mieux.

Vous n'auriez pas dit �a il y a quatre mois.

Peut-�tre.

A votre arriv�e, je ne vous faisais pas confiance

et c'�tait r�ciproque, n'est-ce pas ?

C'est vrai.

Vous �tiez m�prisant, m�fiant et indiff�rent.

Puis vous avez chang�,

comme beaucoup d'hommes qui tombent amoureux.

- Amoureux, moi ? - Oui.

Amoureux de la France.

A 6500 km de distance.

Permettez-moi de vous f�liciter.

C'est une belle femme, notre France,

et si vous �tes honn�te avec elle, elle ne vous laissera jamais tomber.

La route de Fort-Crampel est dure, mais vous y serez � minuit.

Je vois.

Vous ferez une �tape � Fort-Lamy avant d'aller en 1�re ligne.

C'est l� que �a barde.

- Longue route ! - Plus de 3000 km.

Puisque vous prenez le commandement, voici la clef de la ville.

Elle ouvre la vanne du puits !

Le monde est devenu fou, je te le dis.

Tu veux te battre pour ta femme, ta ferme, tes enfants,

et on te donne que des moustiques.

Et moi qui n'ai que ma peau � d�fendre, ce qui est bien peu,

je pars faire la guerre !

Reposez armes !

Au revoir, le fermier.

Je ne vous reverrai peut-�tre pas.

Je veux te dire un truc.

T'es le seul ami que j'ai eu dans ce monde de fou.

T'es un chic type.

- Au revoir, Monge. - Fais gaffe � toi.

Et prends soin des l�gumes.

Salue Jeanne-Marie pour moi !

BRAZZAVILLE Cinq semaines plus tard

Ici, Radio Brazzaville, radio officielle de la France libre.

Apr�s cinq semaines de combats,

Le QG du colonel Leclerc annonce la victoire

sur l'oasis de Koufra.

Le 28 f�vrier dans l'apr�s-midi,

les Italiens ont lev� le drapeau blanc.

Le colonel Leclerc, sans escorte,

est entr� dans le fort. Son ultimatum :

Une reddition sans conditions.

30 mn plus tard, les Italiens fra�chement ras�s et habill�s

ont parad� en uniforme

devant nos hommes d�braill�s

et affaiblis par la fi�vre et les privations.

Cette glorieuse campagne

men�e par un petit groupe d'hommes d�termin�s

a �t� men�e avec un unique canon

fix� sur un camion et constamment d�plac�

pour donner � l'ennemi l'impression d'une attaque massive.

L'histoire reconna�tra le courage de ces hommes

dont les noms s'ajouteront � une longue liste:

Le sergent Pierre Verrier, le caporal Jacques Delattre

et le lieutenant Maurice Lafarge.

De v�ritables h�ros, de v�ritables Fran�ais !

Je vous l'ai dit, je ne peux rien faire.

Je dois le trouver !

On ne dit rien sur nos hommes en temps de guerre.

La radio a parl� de Lafarge...

Il n'y a pas qu'un Lafarge.

C'est lui. Londres dit qu'il est ici.

Aidez-moi � le trouver.

D�sol�.

Mes hommages, mademoiselle. Bonjour.

Joseph Mortemart,

guide et conseiller

� votre service pour un co�t insignifiant.

Je suis un �rudit. J'ai �tudi� � la Sorbonne.

Il est �vident que vous �tes en d�tresse.

Que vous faut-il ? Un passeport ? Un visa ?

Vous cherchez quelqu'un ?

Un mari ? Un amant ? Un ami ?

Ca alors, vous �tes entiers !

Cochery ! Bouteau !

Pas de quoi grimper aux arbres.

Je vois pas des h�ros tous les jours.

Tu veux un autographe ?

Ils ont voulu nous garder � Fort-Lamy,

mais on a insist� pour revenir ici. On voulait te voir.

C'est gentil, mais o� est Hafner ?

Il est tomb� sous la 1�re balle.

Sans s'�tre battu ?

- Et Varenne ? - A l'h�pital de Fort-Lamy.

Il est rafistol�, mais �a ira si la colle tient.

Voici le lieutenant Varenne.

- Lieutenant Varenne. - Oui ?

On m'a dit, pour Lafarge.

O� est-il, maintenant ?

A De Gaulle-Ville, dans la jungle.

C'est vraiment dommage.

Je voulais le voir.

Pourquoi ? C'est un ami ?

Oui, un tr�s bon ami.

Merci, monsieur.

Champagne, messieurs ! Un cadeau du colonel De Boivin.

Du vrai champagne ? Un discours s'impose.

Non, pas de discours. Ton dernier a suffi.

Pas de discours, mais j'ai une grande nouvelle.

Il y avait un petit mot avec le champagne.

"D�cret:

"QG principal, le 15 mars 1941.

"La croix de guerre est d�cern�e � Maurice Lucien Pierre Lafarge.

"De plus, il est promu au rang de lieutenant."

F�licitations !

- Il va �tre invivable. - Attendez, ce n'est pas tout.

"Il sera d�cor� le 1er juin � De Gaulle-Ville.

- "Colonel De Boivin." - Le 1er juin.

- Dans deux semaines, ici m�me. - Ce sera un grand jour.

Ce n'est pas juste, vous �tiez tous l�.

A toi la m�daille et � nous la gloire !

- C'est vrai. - Allez, buvons.

A la sant� de notre nouveau lieutenant.

Buvons plut�t � l'amiti�.

- A Hafner. - A Varenne.

- La Normandie. - La France.

- Les Anglais. - La Russie.

Sans oublier ceux qui nous approvisionnent.

A la sant� de l'Am�rique !

Alors, Menessier, le champagne �tait bon ?

- Oui. - Tout est pr�t ?

Il ne manque que vous.

Commencez la c�r�monie.

"Maurice Lucien Pierre Lafarge,

"officier m�ritant et int�gre engag� au 1er jour de la guerre,

"qui a montr� son courage au combat

"et qui, le 22 mai 1940,

"aux pires heures de la France, pendant la retraite de Champagne,

"a donn� l'ordre d'une man�uvre audacieuse

"retenant l'ennemi par une action remarquable

"et sauvant la vie de ses hommes, est cit� pour sa bravoure

"et se voit remettre la croix de guerre

"ainsi qu'une promotion."

Cette m�daille n'est pas pour moi, mais pour Lafarge

qui s'est battu en France. C'est lui qu'ils d�corent.

Ce n'est pas moi. Ce n'est pas pour Koufra.

Lieutenant !

Les gars tapent sur le bar et vous r�clament.

- Ils veulent boire � votre sant�. - Non, merci.

Quoi ?

Venez, on est fiers de vous. Vous �tes un h�ros.

Koufra r�cemment et en France il y a un an.

Vous n'en aviez rien dit.

On en croyait pas nos oreilles.

- Monge, je ne suis pas Lafarge. - Pardon ?

L'homme qui a gagn� cette m�daille en France est mort.

- Mort ? - Un obus allemand.

Je lui ai vol� ses papiers, son nom, son uniforme, son pass�...

Je suis un fugitif condamn� par la justice, un meurtrier.

J'ai tu� un homme, tu comprends. Je l'ai tu�.

Mais j'ai saisi cette chance de recouvrer ma libert�.

Et maintenant...

Qu'allez-vous faire ?

- Payer l'addition. - Vous d�noncer ?

Non, je ne veux pas mourir guillotin�.

Je n'ai pas peur de mourir, mais je mourrai � ma fa�on.

C'est tout.

Alors ?

Qu'est-ce que tu penses de ton Lafarge ?

Merci.

Bon sang ! Une femme !

- Debout, mollusque, une femme ! - Noire ?

Je te r�veillerais pour une femme noire ?

Elle est blanche !

- Elle vient voir qui ? - Moi, j'esp�re.

O� est mon peigne ?

Si tu ne me revois jamais, ne me cherche pas.

Attends-moi !

Bienvenue, belle dame. Je suis votre h�te,

�tienne Bouteau.

- Vous me cherchiez ? - Non, le lieutenant Lafarge.

- Je suis... - En tant que guide,

je vous montrerai les beaut�s de ce petit paradis et les...

Lafarge, vous dites ?

Je le craignais.

- Veuillez me suivre de pr�s. - Merci.

Le lieutenant dort.

- Nous pourrions faire une promenade. - S'il vous pla�t.

D'accord.

Debout, lieutenant.

L'objet de vos r�ves en chair et en os.

C'est pour quoi ?

Je cherche le lieutenant Lafarge.

C'est moi.

Excusez-moi.

J'�tais pourtant s�re...

- Un parent ? - Non.

Mon fianc�. La guerre nous a s�par�s.

Il a voulu que je quitte la France et je me suis enfuie en Angleterre.

L�, j'ai perdu sa trace. Personne ne savait rien.

Puis des soldats de la France libre

m'ont dit que Maurice s'�tait engag� en Afrique.

Et ensuite ?

J'ai voyag� sur un cargo de TNT.

Une travers�e horrible.

A Brazzaville, rien.

Ca a �t� pareil: Des semaines d'attente et de fausses pistes.

Jusqu'� ce que j'entende parler de vous � Koufra.

J'ai rencontr� un pauvre vieux qui sait tout...

Veuillez m'excuser. Je vais m'en aller.

Cette femme est incroyable.

Elle est in�puisable.

Elle ne veut ni manger

ni dormir.

Elle court �� et l� sans se soucier de la chaleur.

Je me demande comment elle n'est pas morte...

Et comment moi, je ne suis pas mort !

Je suis presque mort d'�puisement et de soif.

Et de soif...

- "Et de soif." - De soif, oui, j'ai compris.

Il y a une chose qui ne colle pas...

Maurice a �t� d�cor�.

Ici !

J'ai lu sa citation dans le journal.

- Qui �tes-vous ? - Maurice Lafarge.

Il ne peut y avoir deux Maurice Lafarge.

Le v�tre est mort.

Quand ? O� ?

En juin 1940, sur une route de France, sous les bombes allemandes.

Il est mort dans mes bras.

- Comment avez-vous eu ses papiers ? - Je les ai pris.

Pourquoi ?

C'�tait tout ce dont j'avais besoin.

Un nom.

Et vous acceptez sa d�coration et sa promotion.

Je n'ai rien demand�. Je n'en veux pas.

- Vous avez accept�. - Quoi ?

Sans rien dire !

Je vais tout dire.

Tout.

Allez-y.

Allez leur raconter qui je suis !

Ce sera mieux comme �a.

Et d�p�chez-vous.

Allez-y, je vous dis !

Je peux vous aider, mademoiselle ?

C'est un imposteur.

- Il doit �tre d�nonc�, je le ferai. - Vous faites erreur.

Nous avons �t� chass�s, il y a un an.

Venir ici �tait le seul chemin pour rentrer.

Il a �t� long et difficile.

Tout nous �tait �tranger. Ce monde nouveau,

cruel et mortel, nous devions l'affronter

ou mourir.

Nous serions morts, sans lui.

Il �tait plus fort que nous.

Il a veill� sur nous comme un p�re.

- Cet homme ? - Oui.

Si on �tait d�courag�s, il �tait joyeux.

Si on �tait malades, il nous soignait.

Si nos fardeaux nous pesaient, il nous aidait.

Si un danger survenait, il l'affrontait en premier.

Mais c'est un imposteur.

Il s'est battu en h�ros � Koufra.

Accepterait-il ce qu'un homme s'est battu pour gagner il y a un an ?

- Pourquoi il n'a rien dit ? - Il n'a pas compris.

Il croyait qu'on le d�corait pour Koufra.

- Je n'en crois rien. - C'est la v�rit�. �coutez-moi.

Il ne souffrirait pas de cette vengeance,

il ne craint pas la mort.

Vous ne feriez de mal qu'� nous et � notre cause.

Dispute d'amoureux.

Ne lui en voulez pas, il n'est pas lui-m�me depuis sa m�daille.

La fi�vre, vous comprenez...

- O� est le QG principal ? - A Fort-Lamy.

- Est-ce loin ? - Tout est loin ici, mademoiselle.

- O� allons-nous ? - A Fort-Lamy.

Messieurs,

nous sommes le 18 juillet.

Il y a un an naissait la France libre.

C'est son anniversaire

et on m'a choisi pour le discours !

Inutile de vous dire ce que nous avons accompli.

Nous avons perdu bien des hommes,

des hommes que nous aimions,

mais nous ne les oublierons pas.

Je veux aussi souhaiter la bienvenue � des nouveaux parmi nous.

Voici Colombat qui est entr� � Damas avec le g�n�ral Catroux.

Et Baudouin

qui s'est distingu� � Tobrouk.

Pour finir, Varenne et Lafarge

dont vous connaissez tous les exploits � Koufra.

Messieurs, c'est ma tourn�e !

On ne s'est pas revus depuis qu'ils vous ont recoll�.

J'aimerais vous remercier.

- Je m'en vais. - Faites-moi une faveur.

- Oui. - Je vous ai pris un rendez-vous.

- Blonde ou brune ? - Pas de ce genre-l�.

C'est un vieil ami � vous.

Clauzel.

- Jamais entendu parler. - Lui, il vous conna�t.

Le monde grouille de gens qui m'ont connu ou qui le croient.

Il �tait en Champagne avec vous. Il sait tout de vous.

Et en me voyant, il dira: "D�sol�, je me suis tromp�."

J'ai promis que je vous r�unirais.

Laissez tomber, croyez-moi. Ca ne servirait � rien.

Attendez.

Vous m'avez sauv� la vie, vous me devez bien �a.

D'accord, allons-y.

- O� ? - Au caf� Toinette.

Il n'est pas officier, il ne vient pas ici.

J'�tais trop impatient.

- O� est-il ? - Alors ?

D�sol�, c'est une erreur.

- Je vous l'avais dit, non ? - Vous comprenez, Lafarge �tait

un tr�s bon ami � moi...

- Mes excuses. - Ce n'est pas grave.

A demain, Varenne.

- Pardon. - Ce n'est rien.

D�sol� de vous d�ranger, mais je n'ai plus de quinine.

En voici.

Que faites-vous ici ?

Pourquoi n'avez-vous rien dit ?

Je n'ai pas d'autre endroit o� aller.

Personne ne m'attend nulle part.

Avez-vous parl� ?

- Non. - Pourquoi ?

Maurice Lafarge est vraiment mort ?

Oui, je vous l'ai dit.

- Le Lafarge qui �tait en Champagne ? - Oui.

Voici ses papiers.

Je veux vous dire quelque chose.

Il n'est pas mort dans mes bras. Je ne le connaissais pas.

Il est mort � c�t� de moi et j'ai vol� ses papiers.

J'en suis bien content.

Oui.

Le jour o� j'ai vol� ces papiers, j'ai commenc� � vivre.

Je n'avais jamais rien eu, avant.

On m'avait toujours chass� de partout.

J'ai grandi � l'orphelinat. R�volte et faim, c'�tait toute ma vie.

Un jour, je suis entr� dans un restaurant.

J'avais tellement faim, j'ai mang� tout ce qui �tait au menu.

Je n'avais pas d'argent.

On m'a envoy� en maison de redressement

et �a a �t� la m�me histoire: La r�volte, la faim...

Et ensuite, le bataillon africain.

La chaleur, la transpiration, le sang.

Encore de la r�volte.

Jusqu'au jour o� un d�nomm� Cl�ment a tu� un autre homme.

C'�tait moi, ce Cl�ment.

On m'a mis en prison.

Je me suis �vad�.

J'�tais encore seul, seul comme toujours.

Mais depuis que j'ai pris ces papiers,

je n'ai plus jamais �t� seul.

Je suis devenu un autre homme

qui a des amis,

un pays...

et m�me des souvenirs dans le c�ur.

J'ai appris le sens d'une poign�e de main.

J'ai appris beaucoup de choses.

Il y a un an, quelqu'un m'a dit une chose tr�s �trange.

Il a dit que la terre �tait bonne.

Je n'avais pas compris.

Maintenant, je comprends.

J'ai �t� seule, comme vous.

J'ai connu Maurice pour le perdre apr�s deux mois.

Ces deux mois ont rempli toute ma vie.

Je l'aimais plus que tout au monde.

Je devrais vous ha�r d'avoir vol� les honneurs qui lui revenaient,

mais les h�ros sont vite oubli�s. C'est humain.

Gr�ce � vous, son nom vit encore.

Vous partez au front ?

- Oui, bient�t. - Bonne chance.

- C'est quoi, ce truc que tu joues ? - Du Chopin.

- T'es oblig� de jouer �a ? - Tu n'aimes pas ?

Si, mais j'aime la musique qui a du ressort.

Ah, tu veux du ressort ? Ca te pla�t, �a ?

D'accord, reprends ton Chopin.

Un double whisky.

- Quoi de neuf ? - On s'en va dans quelques jours.

Oui... B�uf bouilli et riz.

Et le 7 e part pour la Libye demain.

- Et alors ? - On a un ami dans cette unit�.

Il s'appelle Clauzel.

Il s'en va.

Bonsoir, Clauzel.

Bonsoir.

Que prendrez-vous ?

Un whisky.

- Il vous reste une place ? - Grimpez.

La route poussi�reuse...

Pr�s de Tours...

Le camion...

L'avion allemand...

- Qu'est-ce qu'il a dit ? - Rien, il est...

- Je ne peux pas le croire. - C'est pourtant vrai.

Il a vol� ses papiers ?

J'en suis s�r. Je m'en souviens tr�s bien.

Quand je suis revenu � moi, il lui faisait les poches.

Puis il a pris son uniforme.

J'�tais trop faible pour bouger ou m�me pour penser.

J'ai perdu connaissance.

Qu'en dites-vous ?

Nous sommes en guerre, Clauzel.

Nous avons besoin d'hommes courageux.

On aura tout le temps pour la justice ensuite.

C'est ce que vous voulez ?

Oui.

Merci, monsieur.

Restez.

Que puis-je pour vous ?

- J'ai une chose � vous dire. - On parlera devant un verre.

Je n'ai pas soif.

Moi si, comme un chameau � un seul estomac !

Je dois vous dire une chose.

- Je n'ai pas envie de l'entendre. - Vous n'avez pas le choix.

- C'est un ordre, lieutenant ? - Oui. Vous voulez bien �crire ?

- �crire ? - Oui.

Je soussign�...

d�clare par la pr�sente...

que je ne suis pas Maurice Lafarge.

Votre nom ?

O� �tes-vous n� ?

Vous n'allez pas r�pondre ?

Vous �tes accus� d'avoir d�pouill� le corps de Maurice Lafarge

sur une route entre Tours et Bordeaux

le 14 juin 1940,

d'avoir usurp� le nom d'un mort, ses biens,

ses papiers et ses d�corations. Coupable ou non coupable ?

Coupable.

Quelque chose � dire pour votre d�fense ?

Non, rien.

Asseyez-vous.

�coutons la partie plaignante.

Vous avez entendu l'accus�. Il reconna�t qu'il est coupable.

Il nous cache son nom, son pass�. Qui est-il ?

On ne peut que deviner.

Mais nous savons ceci:

Il s'est cach� sous un uniforme,

embl�me de loyaut� et de sacrifice.

Ceci est l'acte d'un tra�tre !

Il a accept� les d�corations et les honneurs destin�s � un autre.

Ceci est le crime d'un imposteur !

Souvenez-vous du h�ros dans le ravin sous le ciel troubl� de France

et n'autorisez pas qu'il soit d�pouill� de ses r�compenses

par un homme d�pourvu d'honneur,

indigne d'�tre un soldat

et indigne m�me de porter le nom d'homme !

La d�fense.

La partie plaignante a demand� qui �tait cet homme.

Je peux r�pondre � cette question.

Il appartient � cette arm�e de h�ros anonymes

qui ont combattu pour un monde meilleur.

Ils ont accouru des extr�mit�s du monde

� l'appel de cette voix:

"La France a perdu une bataille, pas la guerre."

Ces hommes ne cherchaient pas l'aventure ou la fuite.

S'ils ont pris les armes,

c'est parce qu'ils le voulaient !

Aux pires heures de la France,

terrass�s par l'ennemi sup�rieur en armes,

ils ont refus� la d�faite.

C'�taient des hommes simples,

ouvriers, employ�s de banque,

p�cheurs, fermiers, �tudiants...

De bons et honn�tes Fran�ais de tous bords.

Ils auraient pu rester en France, nourris par l'ennemi,

mais ils ont choisi.

Ils se sont embarqu�s pour cette aventure

sans pouvoir y gagner plus que la libert�.

Sous un soleil meurtrier, fi�vreux, affam�s, d�shydrat�s,

ils ont confront� leurs faibles forces � celles de l'ennemi.

Des hommes priv�s d'avions, de tanks et de mitrailleuses,

souvent sans autre arme que leurs poings,

ont travers� un d�sert sans routes,

avec parfois pour seules chaussures celles vol�es aux morts ennemis.

Ils ont arr�t� l'agresseur en Syrie, en �rythr�e,

partout o� il apparaissait, tenant bon jusqu'� l'arriv�e des Alli�s.

Ils ont p�ri sur tous les fronts,

avec au fond des yeux le r�ve de rues paisibles,

de fleurs sur des rebords de fen�tre.

Messieurs,

l'homme que nous jugeons est l'un d'eux

et pas des moindres.

Je le connais depuis le d�but.

S'il a �t� vil, il a revu le jour par la peine et les sacrifices.

Il s'est pli� � la discipline.

Il a inspir� amour et courage � ses camarades

et a gagn� des �loges au front.

On nous dit qu'il a vol� un uniforme, mais l'a-t-il bafou� ?

Non.

Il l'a honor�.

Il s'est battu et continuera

pour que la France et ses enfants soient libres !

C'est vrai.

Un homme est mort sur une route,

mais revit en celui qui fait honneur � son nom.

Le h�ros de Champagne restera li� au h�ros de Koufra.

Ensemble, ils portent ce glorieux nom:

Lafarge.

"D'apr�s les dispositions du code militaire fran�ais,

"l'homme qui usurpe l'identit� du sergent Maurice Lafarge

"et qui refuse de d�voiler sa r�elle identit�

"a �t� condamn� par la cour martiale de Fort-Lamy

"� �tre d�grad� devant le r�giment sur la place publique.

"On lui arrachera ses galons d'officier

"et il sera d�grad� au rang de simple soldat.

"Il d�filera ensuite devant ses camarades

"et le r�giment que sa conduite a d�shonor�."

Au nom du peuple fran�ais

et en application de la sentence de la cour martiale,

vous �tes d�clar� indigne de porter les armes.

Vous allez donc �tre d�pouill� des insignes

de votre rang et de vos d�corations.

Pr�sentez armes !

Commencez la c�r�monie.

Adjudant, ex�cutez la sentence.

Reposez armes !

Demi-tour � droite.

En avant, marche.

Je ne peux pas changer la loi martiale.

Demain, vous serez envoy� sur le front le plus dangereux.

Oui, colonel.

Je ne m'inqui�te pas de votre future conduite,

mais je veux que vous repreniez votre propre nom.

Je ne peux pas, monsieur.

Choisissez le nom qui vous plaira.

Peu importe le nom.

Comme vous voudrez.

Bonne chance.

Vous voulez vraiment me serrer la main ?

- Pourquoi pas ? - Je suis un meurtrier.

Vous �tes l'homme qui m'a rejoint en ao�t 1940,

l'homme qui s'est battu � Koufra

et qui y a gagn� une citation qu'il n'a jamais eue,

par m�garde.

Au revoir.

Merci, monsieur.

Quatre hommes ont demand� la faveur d'�tre envoy�s au front avec vous.

J'aurais difficilement pu refuser.

Je vous f�licite d'avoir de tels amis.

Merci, monsieur.

Avant la derni�re oasis du Fezzan Mars 1942

Feu !

Si �a barde, salue Jeanne-Marie pour moi.

Lafarge, restez � terre.

Lafarge, couchez-vous !

Au revoir, mon vieil ami.

Dormez bien.

Sous-titres: H�lo�se Chouraki

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