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Pourtant, je serai mort.
Je suis loin d 'être un saint.
Mais je n 'irai pas en enfer.
Car l 'enfer, j 'en viens un.
Ils ont fait de la Vendée un enfer.
Cet été -là, je ne vois rien venir.
La révolution promet un monde meilleur.
On ne parle plus que de liberté et d 'égalité.
J 'ai combattu, moi, pour la liberté.
En Amérique.
Pendant la guerre d 'indépendance.
Je m 'appelle François Athanas Taret de la Contrie.
J 'ai fait toute ma carrière comme officier dans la marine royale.
Sur les mers du monde.
Dans le feu des batailles.
La révolution fait servirer ma vie.
Je n 'ai que 30 ans et plus d 'avenir.
Tu vois ce que tu as autour du cou ? C 'est l 'arc -en -ciel, Michel.
Ça veut dire que tu es sous bonne garde.
Tu feras un grand chevalier.
Bon sang de sœur et mentir, hein mon fils ? Pauvre ami, il n 'en reste rien
votre chevalerie.
Voyez -vous cela ? Non, quoi ? Cette quenouille, accrochée à notre porte,
savez ce que ça signifie ? La récompense des lâches, de ceux qui n 'osent pas
prendre les armes contre cette révolution.
de ceux qui préfèrent aller à la chasse et courir les jupons.
Je pars à Nantes demain.
Viendrez -vous ?
Des béquelles.
Et une quenouille.
Voilà les seuls trophées que le chevalier Charette laissera à l
Les paysans commencent à déchanter.
Après les belles promesses, la révolution agite les menaces.
Les prêtres qui refusent de jurer fidélité à la constitution sont traqués.
Ils doivent se cacher pour dire la messe.
Je regarde, impuissant, notre monde s 'effondrer.
Et ce n 'est que le début.
La République à peine proclamée envoie notre roi Louis XVI sur les chevaux.
Sa décapitation provoque une onde de choc dans toute l 'Europe.
La France révolutionnaire est débordée sur tous les fronts. Elle a besoin de
Sherakan.
C 'est l 'étincelle qui met le feu aux poudres.
La Convention nationale a décrété la levée de 300 000 hommes pour combattre à
frontière de l 'Est contre les ennemis de la liberté.
Pourquoi j 'irai mourir contre des ennemis que je ne connais même pas ? C
plus contre Nord que de verser son sang pour la patrie.
Les citoyens conscrits seront désignés par tirage au sort.
On a besoin de bras, on a besoin de gants !
La République n 'a que faire des moiteaux quand l 'armée des
tyrans menace de fouler au pied la liberté.
Sous -titrage Société Radio
-Canada
Exanté.
J 'appelle le citoyen, Germain Goulard.
Un instant, citoyen, c 'est mon fils.
Il est officier municipal.
Il est techno, mon fils.
Chacun apporte sa pierre à la République.
Il faut des soldats.
Et des hommes de loi.
Silence ! Assez ! Puissants, poursuivre.
Appelle le citoyen, Jacques Maupillier.
Des milliers de paysans en colère se rassemblent pour prendre les armes et
défendre ce qu 'ils donnent de plus cher.
Leur fils, leur roi, leur roi.
Sur
leur
poitrine, Ils portent le sacré cœur de Jésus comme une protection, un signe de
ralliement. Ces gars -là sont coriaces.
Mais face aux soldats de la République, les Bleuls comme ils les surnomment, ils
ont besoin d 'officiers pour les commander.
Je savais bien que tôt ou tard, ils viendraient me chercher.
Mais je n 'étais pas prêt.
C 'est pour ça qu 'ils vous réclament.
Parce qu 'ils ont besoin d 'un chef.
Un chef qui connaît l 'art de la guerre. Mais je suis un marin, moi.
Alors la guerre sur Terre, c 'est surtout contre des armées qui tiennent
l 'Europe entière.
Elles ne font qu 'une bouchée d 'une bande de laboureurs et de sabotiers.
C 'est pure folie.
Allez, suivez -moi ! Il est où ? Fouillez -vous de la pièce !
Surtout, il est partout ! Où se cache -t -il ? Il n 'est pas là.
Il est à la chasse.
Merci.
Il ira bien par le trouver, madame.
Aucun courage, ce cul -blanc ! Ne s 'arrêtez tant l 'âge ! Traitez -vous de
lâche, monsieur.
Dans ma famille, on paie l 'impôt du sang depuis des siècles.
C 'est un devoir et un honneur.
On doit s 'en acquitter avec panache.
Je veux être cet homme -là.
Je veux être l 'homme du panache.
Quoi ? Je serai votre chef.
Et que les choses soient claires.
Quand j 'ordonne, on m 'obéit.
J 'attends de vous loyauter et fidéliter.
Si vous voulez vous battre, vous devez être prêts à tous les sacrifices.
Même celui de votre vie.
Je fais le serment devant vous.
Ici, à fond de clause, de ne revenir que morts ou victorieux.
Jurez -vous de me suivre jusqu 'au bout ? Oui !
Fidèles
l 'un à l 'autre.
Pour Dieu et pour le roi.
Allez, le roi ! Les
paysans
viennent de partout pour combattre à mes côtés.
Parmi mes plus fidèles, il y a Jean -Baptiste René de Coetus, ancien
dans l 'armée royale.
J 'en fais mon bras droit.
Et le petit, prudent de la roberie, une tête brûlée, celui qu 'on fit le
commandement de la cavalerie.
L 'abbé Rémeau, mon confesseur, mon confident, et l 'aumônier de mon armée.
Et puis, il y a mes amazones.
Je ne suis d 'abord qu 'un chef de bande parmi d 'autres.
Au sud de la Loire, une grande armée se constitue.
Elle prend le nom d 'armée catholique et royale.
Ce sont nos frères d 'armes.
Mais pour la République, nous ne sommes que des brigands.
Les Bleus comptent près de 4000 hommes autour du chalon.
Nous sommes en infériorité de soldats, en infériorité d 'armement, bref,
en infériorité tout courant.
Sauf en courage.
On ne tarde de charger sa brocler et d 'embroucher les pâteaux.
On verra ce qu 'il restera de notre courage quand les Bleus cracheront la
poudre. Qu 'importe, l 'arme à la main et la foi chevillée au corps, Dieu nous
guidera. Oui, toi.
Tu portes bien mal ton nom.
La foi, ce n 'est pas une fuirasse contre la mitraille.
Général, la foi ne sauvera peut -être pas nos corps, mais nos âmes à coup sûr.
Eh bien, l 'abbé, menez donc ces âmes demain à l 'aube avant la bataille.
Cotus, vous formerez la ligne et attendrez mon commandement. À vos
Prudent.
Tu prendras la tête de la cavalerie et chargeras mon signal.
À vos ordres, mon général.
Et moi ? Quelle sera ma place ? Messieurs, je
vous présente ma voisine.
La comtesse Adélaïde de la Rochefoucauld.
Je viens me battre.
Vous battre ? Allons, je vous fais intrépide, mais... Ne serez pas galant
'amener une dame au massacre.
Parce que c 'est cela qui nous attend. Dieu sait ce qui nous attend.
Alors gardez votre galanterie pour des jours meilleurs.
Soyons sérieux, les Bleus se gossent déjà d 'affronter des paysans en sabots.
Que vont -ils dire en voyant des soldats en jupons ? Madame, je salue votre
courage, mais je doute fort que vos beaux atours vous soient d 'une
utilité dans le feu de la bataille.
Je suis parée de bien d 'autres atours pour présenter mes hommages aux Bleus.
Nous avons besoin de caldars.
Soit.
Et vous resterez derrière les lignes. Ma place est au plus près du feu.
Que cela vous plaise ou non.
Ce matin -là, les Bleus nous font face avec leurs canons.
Pour mes hommes, c 'est le baptême du feu.
Le choc est terrible.
Les paysans détalent aux premières détonations.
Ceux qui restent sont taillés en pièces.
Je suis un marin.
C 'est ma première guerre sur Terre.
Et la plaine n 'engloutit pas les cadavres.
Pourquoi j 'ai l 'air, maintenant ?
Les armées d 'Anjou et du Poitou nous traitaient déjà avec assez de mépris,
? Ce n 'est pas l 'honneur de charrette qui est enjeu, mais le succès de notre
cause.
Nous manquons d 'hommes, il nous faut plus de soldats. Il faut unir nos forces
celles de l 'armée catholique et royale. Pour les autres généraux, je ne suis qu
'un petit cadet de marine.
Surtout renforcer notre cavalerie et charger sans publier cette fois.
Je te l 'ai déjà dit, on ne combat pas des canons avec des fours !
Confuser la guerre telle que les Bleus nous l 'imposent.
Ils ne sont pas du pays.
Nous aussi.
Le Bocas sera notre forteresse.
Les haies seront nos herses et l 'ennemi s 'y heurtera.
Faisons -le quitter les grands routes.
Attirons -le dans les semains creux. Laissons -le s 'embourber dans les
ornières.
Restons à l 'affût, en embuscade.
Montrons -nous partout et nulle part.
Invisibles, imprévisibles. Fondons sur la proie comme un faucon pour briser
leurs lignes.
On accroche.
On prend le butin et on met les voiles. Comme des pirates.
Comme des corsaires.
Nous fervons le roi.
Avez -vous des pièces d 'artillerie et des ravitaillements ? Et eux,
qu 'est -ce qu 'on en fait ? Qu 'on découpe ces chiens en lambeaux pour
nos frères ! Et plus ils ne font pas de quartier, eux ! Vous n 'y pensez pas ?
Un gentilhomme ne massacre
pas ses prisonniers.
Prêtez serment de ne plus jamais porter les armes contre la Vendée.
Vous aurez la vie sauve.
Rentrez dans vos foyers et dites à vos généraux que la République ne connaîtra
pas de répit tant que vous tétinerez la foi de nos pères.
On leur rase le crâne afin de les reconnaître en cas de parjure.
Monsieur, votre clémence vous honore.
Il ne sera pas toujours ainsi.
Si tu restes en l 'ornée.
Je reste en Vendée.
Pour combattre à vos côtés.
C 'est qui, toi ? Je m 'appelle Pfeiffer.
72e Régiment d 'infanterie.
Laissez -moi servir sous votre commandement.
Vous ne le regretterez pas.
L 'avenir nous dira si j 'ai bien fait de t 'épargner.
Pfeiffer.
C 'est la pleine lune, mes amis ! À la Vosge, à la
Vosge ! Eh, capitaine ! Messieurs, ce canon vous va ravir ! C 'est que le
premier ! J 'espère bien !
Messieurs, dames.
Ouais, tu l 'as trop vu, toi.
À mon avis, toi, un
bonnet, t 'as failli y passer aujourd 'hui, toi.
Si t 'étais qu 'à moi, je t 'aurais saillé comme un pourcent.
J 'en ai beau jeu.
Vaut mieux être debout, c 'est que le vogue ! On laisse cela casser ! On va
sabourer la gueule ! À charrer ! À charrer ! Mes
fils, mes fils, mes fils.
Remercions surtout le ciel pour cette victoire.
Rendons grâce.
Allons, l 'abbé.
Il y a un temps pour tout. Ce soir, je veux que la joie règne dans mon camp.
Buvons ! Buvons toute la nuit et dansons !
Ouais, grâce à de bons confessions ! Mon frère ! Ma petite Marianne ! J 'ai
appris tes victoires, Pornik, mon Jeanne, le jeu ! Ah, le plus dur reste à
! Mais ce soir, l 'heure est à la fête, ma sœur !
Ça, c 'est une vraie beauté ! Oh, mon ami, c 'est sa sœur
! Et elle, qui est -elle ? Ah, notre amazone ! C 'est du genou de Dieu,
Marc !
Vous m 'accorderiez cette danse, madame ? Je suis d 'accord.
Je vous ai vu à l 'œuvre pendant l 'assaut.
Je ne vous connaissais pas cette fougue.
Alors comme ça, je vous en prie.
Toujours. C 'est la République qui nous a surpris. J 'espère rien à perdre.
Ah oui ? Moi, j 'ai encore beaucoup à perdre.
Vous, notamment.
Je ne vous appartiens pas, je te valierai.
Qui est -elle ? Elle ? Je te laisse me créer ! L 'irlandaise ! Une irlandaise ?
Non, une angevine ! Mais elle a épousé un noble irlandais ! A du moment qu
épouse notre cause ! Rappelons qu 'elle manie aussi bien l 'épée que leur chien
!
Vous
avez appris que vous commandez une armée ? Je vais me battre avec vous.
Vous aussi, vous voulez embrasser les causes perdues ? J 'embrasse ce qu 'il
plaît.
Alors embrassons la victoire.
À la victoire !
Au
printemps
1793.
Toute la Vendée s 'embrase.
Nous volons de victoire en victoire.
Les torrents de volontaires se déversent dans les campagnes.
Les grandes villes de l 'Ouest tombent les unes après les autres.
Saumur, Solé, Angers.
Je me prends à rêver.
Hélas, l 'élan de nos victoires vient se briser contre les remparts de Nantes.
L 'assaut tourne au désastre.
Nantes a tenu.
Soit.
Mais Paris a tremblé.
La République veut en finir.
Et appelle à nous exterminer.
Nous, qu 'elle nomme la race rebelle.
Elle emploie les grands moyens.
Et nous envoie l 'armée de Mayence.
15 000 soldats d 'élite, lourdement armés.
Le choc a lieu le 19 septembre, sur les collines de Torfoum.
Nota ! Choc ! Général Kleber, les Vendéens nous ont cédé les hauteurs.
ces brigands ne connaissent rien à l 'art de la guerre.
La rate résiste encore dans la plaine.
Je pense qu 'il prépare un nouvel assaut.
Allez rejoindre l 'armée.
Pas de quartier.
Pas de prisonniers.
Mes amis, nous sommes les derniers remparts d 'une royauté de mille ans.
Et contre nous souffle la tempête de l 'histoire.
L 'armée qui nous fait face est, dit -on, la meilleure du monde.
Mais tes soldats, nous pouvons les vaincre !
Car notre cause est juste et votre cœur est pur.
Si vous fuyez, tout est perdu.
Si vous êtes unis, si vous ne faites qu 'un, ensemble, nous sommes
une famille.
Ensemble, nous sommes unis -les.
Ensemble, nous sommes immortels.
Ce sera sur cette terre de torpours, sur cette terre gorgée du sang de l
'ennemi, que les liches refleuriront.
C 'est ici que nous
allons vaincre ou mourir.
AAAAAAAH
par l 'armée de Monsanto.
Enfer, mais d 'où sortent -ils, ceux -là ? Diable, ces brigands ont appris à se
battre ! Général, reformons les rangs ! Il faut sonner la retraite.
Ne fuyez pas devant la clavelle ! Général, la bataille est perdue.
Limitons les pertes.
Victoire inespérée.
Malheureusement, le gros de l 'armée de Mayence a pu se retirer en bon ordre.
Au lieu de pousser notre avantage, nous divisons nos forces.
Au moment où nous pourrions renverser l 'histoire.
Et nous allons payer cher.
A peine un mois plus tard, les Bleus prennent une revanche écrasante à
Les autres généraux vendéens comptent alors sur une aide extérieure. Ils
décident à la hâte d 'aller prendre un port en Bretagne pour encourager un
débarquement des Anglais.
Une marée humaine traverse la Loire dans un élan de panique.
C 'est le début d 'un long exode vers l 'inconnu.
C 'est une folie.
Moi, je reste en Vendée.
Elle aussi.
On dit de moi que je suis un traître, que j 'aurais dû embarquer dans cet
Mais je sais que l 'histoire se jouera ici, sur la terre de nos pères.
Après plusieurs semaines d 'espoir, leur expédition vire au cauchemar.
Affamés, ravagés par les maladies, nos frères sont massacrés dans les marais de
Savenay.
La grande armée catholique et royale est anéantie.
Désormais, je suis seul face à l 'ennemi.
Ils envoient à Nantes un nouveau bourreau pour la Vendée.
Jean -Baptiste Carrier.
Un charognard.
La loi nous encourage à rendre justice sans faiblir.
Et si les moyens manquent, nous en trouverons.
Si la guillotine ne suffit point, nous éliminerons les ennemis de la liberté à
la mitraille.
Et s 'il faut économiser la poudre, nous les noierons dans la Loire.
J 'ai plein pouvoir pour faire appliquer les lois qui prévoient la prompte
extermination des brigands.
Les brigands, ceux qui les soutiennent.
Et tous ceux qui ne pourront justifier de leur ardeur patriotique. Les tièdes,
les modérés, les défaitistes.
C 'est avec leur sang que l 'on s 'y mettra la République.
Annonce la guillotine tourne à plein régime.
Pour accélérer la cadence, il noie dans la Loire.
Femme, vieillard, enfant.
En un hiver, des milliers d 'innocents périssent dans ce fleuve que Carrier
surnomme la baignoire nationale.
La terreur s 'acharne sur mes proches.
La femme de Quetus.
Les parents de Prudent.
Jusqu 'à mes petites cousines dont la plus jeune n 'a que 17 ans.
Ils passeront tous sur les savons.
La guerre est perdue.
Et pourtant, la Vendée n 'a encore rien vu.
Elle entre dans son grand martyr.
La République veut maintenant nous exterminer jusque dans nos foyers.
Elle nous appelle la race maudite.
Le plan du général Thurot est adopté.
Faire sillonner la Vendée par douze colonnes incendiaires, avec ordre de
brûler sur leur passage.
Nous les appelons les colonnes d 'Infernal.
Des milliers de soldats s 'abattent sur nos villages.
Partout, ils portent le fer.
Les hommes sont cloués aux portes des granges. Les femmes sont violées,
égorgées.
Certaines brûlées vives ou jetées dans les puits.
Les enfants sont tués à la baïonnette dans le sein de leur mère.
Sous -titrage FR ?
Leurs colonnes n 'ont pas eu l 'effet escompté.
Les survivants n 'ont plus rien à perdre.
Par milliers, ils me rejoignent. La rage au cœur.
La Vendée renaît de ses cendres.
Dans le labyrinthe des chemins creux, nous poursuivons notre guerre d
'embuscade.
Nous arrachons même quelques victoires.
Les Bleus, comme nous, sont à bout de souffle.
Ces hommes ont attaqué et incendié hier le camp de la Rouillère.
Après avoir incendié toute la Vendée, voilà qu 'elle nous incendie à son tour.
Charette nous tient tête depuis des mois.
Avec à peine 3000 hommes, aucune artillerie, il est partout.
Nulle part et partout.
Faut en finir avec Charette.
La terreur a échoué.
Pire. Elle l 'a renforcée. Je ne pensais tout de même pas que la clémence
produirait de meilleurs effets.
Et si nous tentions plutôt le compromis ? Négocier avec ces brigands ? Tu n 'y
penses pas, citoyen ? Ce que tu appelles compromis, pas de rapport à la
compromission. Pas si cela vise à endormir l 'ennemi.
Il est temps de refaire nos forces, pour mieux attaquer demain.
Contrairement à ce que dit l 'adage, si vous voulez la guerre, il faut préparer
la paix.
Que proposes -tu, citoyen Reuel ?
L 'amnistie pour les brigands, et puis un traité de paix, mais à nos
conditions. Les Vendéens n 'ont qu 'une hâte, regagner leur foyer et cultiver
leur terre.
Ils accepteront. Charette n 'acceptera jamais.
Il a fait vœu de se battre jusqu 'à la mort.
Pas si nous lui laissons croire qu 'il est en position de force.
Penses -tu que la Convention appuierait tes initiatives ? Pas officiellement,
sans doute.
Mais officieusement, peut -être.
Si la Vendée dépose les armes, la Convention sera fermée les yeux sur
principes. Il faut trouver un intermédiaire.
Quelqu 'un de proche.
Charette se méfie de tout le monde.
Il n 'a pas tort.
On n 'est jamais trahis que par les siens.
N 'est -ce pas, citoyen bureau de la bâtardière ? Je sais qui peut nous mener
Charette.
dans mon fils.
Général, je suis le citoyen bureau de la bâtardière. Je viens parlementer avec
vous de la part du député Ruel.
Bureau de la bâtardière.
Un homme.
La République accepte tous les hommes de bonne volonté, quels qu 'ils soient.
Le sang a déjà trop coulé, vous ne trouvez pas ? Notre sang.
Notre sang plus que le vôtre.
Ce que je crois, c 'est surtout que vous n 'avez pas le choix.
Vous venez gagner du temps.
La République veut la paix. Ne laissez pas passer cette chance.
La paix.
La paix.
Ils veulent la paix.
À quel prix ? Je ne connais pas vos conditions, mais je devine déjà qu
sont inacceptables.
L 'amnistie, le libre exercice du culte.
Le droit de conserver vos armées, la restitution de tous vos biens.
Contre quoi on échange ? La République ne pose qu 'une seule condition.
Que la Vendée reconnaisse sa légitimité.
Sa légitimité ? Faisons quelques pas ensemble, Général.
J 'ai une offre à vous faire.
Une offre que vous seuls pouvez entendre.
Je n 'aime pas les mettre bas de son curé.
La République est capable de tout promettre, même ce qu 'elle n 'a pas.
Ainsi, nous avons notre accord, mon général.
Vous avez ma parole.
Et j 'ai la vôtre.
L 'accord sera véritablement conclu quand la parole sera tenue.
Je vais transmettre votre réponse au député Ruel.
Je suis sûr qu 'il sera heureux d 'annoncer à la Convention que la paix
bientôt faite en Vendée. L 'avenir nous le dira.
À quoi penses -tu ?
Que la vie se joue de moi.
Elle m 'arrache, mon fils.
Le traité de paix accorde au territoire pacifié de Vendée l 'entière liberté du
culte catholique, des indemnités financières pour habitats détruits par
guerre,
l 'exemption des services dans les armées de la République et le retrait
de toutes les troupes républicaines cantonnées en Vendée.
En essence, je crois qu 'il n 'y a plus ni moins qu 'un État dans l 'État, que
nous, c 'est donc assez fréquent.
En échange de quoi, l 'ensemble des citoyens de Vendée reconnaît de
façon pleine et entière la nouvelle forme de gouvernement de la France, la
République une et indivisible, telle que proclamée le 20 septembre
1792.
Voici l 'ensemble des clauses approuvées par la Convention nationale.
à massacrer femmes, vieillards et enfants.
La paix mérite que nous oublions le passé.
Vive la paix ! Vive la paix ! Vive la paix ! Vive la paix ! Vive la paix !
la paix !
Au lendemain des accords de la jaunée, une grande fête de la pacification est
organisée à Nantes.
Nantes.
Le bastion républicain qui a vu la Loire charrier d 'innombrables cadavres
devient le symbole de la paix.
Il y a un an, pour eux,
J 'étais le général des brigands.
Maintenant, il m 'appelle le roi de la Vendée.
Est -il vraiment nécessaire de passer par cette maudite place ? C 'est bon de
rappeler comment la République châtie les brigands.
Puis ça leur battra l 'envie de reprendre les armes.
Est -ce que j 'ai affaire à un vrai républicain ? Est -ce que j 'ai affaire
véritable homme de paix ? La paix est faite puisque vous acceptez la
N 'est -ce pas, citoyen ? La paix durera tant que la république
tiendra ses promesses.
Les jours deviennent des semaines.
Les semaines, des mois.
Toute la Vendée est figée dans une paix de tubes.
Cette condition doit rester confidentielle.
Vous pouvez encore changer.
Je suis
le chevalier Athanas,
charrette de la Comté.
Je suis un simple officier de marine, au service de sa majesté le roi de France.
Et toi, qui es -tu ? Je m 'appelle Louis.
Certains disent que je suis Louis XVI, roi de France et de Navarre.
Mais certains disent aussi que je suis mort.
Général, les choix ont repris ce combat.
L 'armée des émigrés va débarquer du jour au lendemain avec l 'aide de la
britannique.
Toute la Bretagne va se soulever.
Général, reprenons les armes.
J 'attends des nouvelles du député Ruel.
Général, pourquoi encore s 'accroche -t -il à la parole de ce fourbe ? Le temps
presse et nous en perdons pour je ne sais quelle chimère.
Cette chimère, comme tu dis.
Je vais vous dire de quoi il s 'agit.
Plutôt de qui ?
Du roi de
France, Louis XVII.
C 'est leur parole qui nous sera remise, ou faute de quoi la paix sera en plus.
La République n 'est pas si folle.
Elle tuera l 'enfant roi comme elle a déjà tué toute la famille royale.
Othamol, quittera -t -on de vous quand on apprendra que vous avez été dupé ?
Pénicule trêve, nous savons tous.
Quand l 'armée des émigrés aura débarqué, la reprise de la guerre sera
inévitable.
En attendant, s 'il y a fait la moindre chance que cette libération advienne,
elle faudrait être tentée.
La vie du roi de France vaut plus que la réputation d 'un petit gentilhomme de
province.
Que me vaut l 'honneur de cette visite, Travaux ? Je viens, conformément à nos
accords, vérifier qu 'aucun rassemblement de combattants ne s 'opère
'ancien territoire insurgé.
Nous sommes en paix, n 'est -ce pas ? Je doute que la paix soit le sentiment que
vous inspire le débarquement imminent de vos amis émigrés. Parce que vous, c
'est un sentiment de paix qui vous anime quand vous déployez des troupes en
Vendée ? Allons, Travaux.
Dites -moi pourquoi vous êtes venus.
Je vais mettre le député Albert Ruel.
Encore, il donne des nouvelles.
J 'espère pour vous qu 'elles sont bonnes.
Monsieur, dites à vos supérieurs que la paix est rompue.
Définitivement.
Dans le cas citoyen, nous nous reverrons bientôt.
Au son d 'honneur.
Piper, fais sonner le rappel des troupes immédiatement.
Oui, 17 est mort.
Au début de l 'été 1795, le frère de Louis XVI, héritier du trône de France,
'écrit en personne.
Il reconnaît mes faits d 'armes et me nomme lieutenant général du royaume.
Ma légitimité est désormais totale.
Cette guerre ne finira jamais.
Ils ont laissé mourir le petit roi, les accords sont caducs.
Je verserai pour la cause jusqu 'à la dernière goutte de mon sang. Toujours le
sang. Toujours le sang.
La Vendée seule ne peut pas lutter. Tu veux donc nous conduire à la mort ? Mais
la Vendée n 'est plus seule.
Parmi les émigrés à débarquer à Quibron, le comte d 'Artois sera bientôt parmi
nous. Moi, je ne fais pas confiance aux princes.
Ils sont généralement aux paroles, bien à l 'abri, au fond de leur exil, mais
ils sont économes de leur sang.
Faut pas me verser d 'illusions comme toi avec Louis XVII.
J 'ai besoin de toi.
Ma femme est morte.
Et mes filles, regarde.
Je ne veux pas qu 'elles deviennent orphelines.
Tu voudrais que ta femme soit morte en vain ? Que tes filles grandissent sous
régime qui a massacré nos familles ? Tu voudrais qu 'on ait fait tout ça pour
rien ? Très vite, maman.
Quoi bon ? Quoi bon vivre dans le déshonneur ?
Je préfère mourir les armes à la main. C 'est peut -être lourd l 'estime, mais
ce n 'est pas le bien.
La République a fait d 'importantes concessions à la jeunesse.
La République est trop bonne.
Concession, mon cul ! On nous a endormis avec de belles promesses, c 'est tout.
Mais la paix n 'est -elle pas possible ? Républicains ou royalistes, nous avons
tous la même patrie.
Tu les comprends maintenant.
Je suis peut -être trop vieux. Non, non, non.
C 'est un monde nouveau qui est déjà vieux.
Nous sommes une jeunesse, mon ami.
Nous sommes la jeunesse du monde.
Au début de l 'automne, je concentre mes forces sur la côte.
Je compte sur l 'arrivée imminente du comte d 'Artois, le second frère du roi.
Sa venue est notre ultime espoir de reconquérir leur royaume.
Le prince prendra un trop grand risque à débarquer. Et pour nous, le risque est
moindre.
Un prince digne de son titre se doit de montrer les noms.
Ceci est un cadeau du prince.
Un cadeau ?
Vous ne le faites jamais.
C 'est bien à propos le jour où ils m 'abandonnent.
Allez dire à vos chefs que vous venez de m 'apporter mon arrêt de mort.
Aujourd 'hui, je commande 15 000 hommes.
15 000.
À cause de demain, il m 'en restera 1 500.
Vous ne me laissez le choix que de fuir.
Vous cherchez une mort glorieuse.
Dicleur aussi que... T 'arrêtes, tu périras les armes à la main.
Je n 'avais pas le choix.
Tu avais le choix du pardon.
La Quiberon, les Bleus, n 'ont montré aucune pitié.
Aucune.
Ils ont massacré tous les prisonniers malgré les promesses de grâce.
Ils les ont massacrés.
Il faut qu 'ils sachent que désormais, je rends coup pour coup.
Ce sera le boy.
C 'est important.
En tant qu 'ami, je l 'accepte.
Et en tant que prêtre, je le refuse.
Nous ne sommes pas comme eux.
Cette offre de paix a été approuvée et signée par nous.
Avec votre consentement, elle sera remise au général Hoff.
C 'est tout ? La poursuite de la guerre est devenue suicidaire.
Cette offre est la seule issue pour soutenir notre cause et garder notre
honneur. Vous osez vous présenter devant moi ? Avec ce torchon !
Et me parler d 'honneur.
Mais ces gens -là n 'ont pas de parole, ils vous tromperont.
Ils vous tromperont comme ils m 'ont trompé.
À ceux qui veulent rentrer chez eux, je leur prédis qu 'au lieu de mourir, les
armes à la main, ils se feront égorger dans leur lit.
Comme des lâches.
Général, s 'il vous plaît.
Les hommes sont épuisés.
Pourquoi leur imposer un sacrifice inutile ?
Je me demande comment des combattants aussi braves et valeureux peuvent
choisir la voie du déshonneur. Du déshonneur ? Athanase,
vos mots dépassent votre pensée. Je vais vous dire le fond de ma pensée.
Vous perdez en une seule journée toute la gloire acquise pendant trois
années de guerre !
Je vous prouverai la première occasion que je n 'ai pas changé mon général.
Ils sont grands, tu ne tarderas pas.
Je vous
remercie.
C 'est moi qui l 'envoyais à la mort.
Les amis, je vous délivre du serment de Fonclos que ceux qui
veulent cesser le combat le fassent sans remords.
Vous garderez votre honneur et mon estime.
Moi, j 'irai jusqu 'où ? Je lui dois.
Ma petite armée résiste encore, une armée d 'ombre qui hante les forêts et
marais.
Depuis le début, nous nous faisons massacrer, parce qu 'ils nous
citoyens, nous embourbent ! Nous frappons les bleus avec la rage du
On perd du terrain chaque jour ! Mais mon armée fond jour après jour.
Les blessés sont légion. Amenez -nous des bandages.
Les soutiens se font rares.
Nous
devons
maintenant survivre comme des bêtes.
J 'ai destiné à arborer ce grand panache blanc.
L 'ennemi vous identifie trop facilement sur le champ de bataille.
Retirez -le.
C 'est hors de question, tu le sais bien.
Un officier de marine n 'abdique pas l 'honneur d 'être une cible.
Je n 'abandonnerai aucun de mes soldats. Mais quels soldats ? Ils vous ont déjà
tous abandonnés et ceux qui restent ne pensent qu 'à rentrer chez eux.
Même les rois d 'Europe acceptent maintenant de traiter avec la République
française. Ils ont tué mon fils.
Je n 'oublie pas, je ne pardonne pas.
Si vous posez les armes, il faudra marcher sur mon cœur.
Je compte négocier ma reddition auprès du général Gratien.
Je ne ferai rien pour m 'opposer à votre décision, lieutenant.
Mais avertis, mon ami.
Les Bleus ne te feront pas traitement de taverne.
Moi aussi, j 'en ai marre.
Quand on a retrouvé nos bons prêtres, on n 'a plus de raison de se battre.
Arrête, citoyen !
Anjou ! Ne pleure pas, mon ami.
Ne pleure pas.
Dieu prendra soin de nos familles.
Économisez la poudre.
Attendez.
Pas grand -sœur ! Pas grand -sœur ! L
'ennemi se serre dans l 'une des forêts des environs.
Il disparaît, moindre uniforme à l 'horizon.
Charette, encore charette, toujours charette.
Un seul homme ne peut pas tenir tête à toute la République.
Je lui ai porté un rude coup il y a trois jours à la Végaudière.
Après une belle charge, les brigands ont pris la fuite, voyant que la victoire
nous souriait.
Ils ont laissé une trentaine de morts sur le champ de bataille.
Chaque jour, ses fidèles l 'abandonnent.
Ils ont presque tous déposé les armes.
Tant que Charrette en personne ne se rendra pas, la banderette aura une
Mais Charrette ne se rendra jamais.
Nos offres d 'amnistie et d 'exil sont sans effet sur lui. Ce diable d 'homme
est donc increvable.
Il faut pourtant qu 'il crève.
Cette capture n 'est qu 'une question de temps.
Mais je crois que ce temps sera bref.
Charrette ne peut plus nous échapper. C 'est une bête aux abois.
localisé, nous n 'en serons la grande battue.
Et nous serons la lalie.
Et comment comptez -vous le localiser ? Eh bien, nous ferons comme lui. Nous
allons ruser.
Ce serait trop simple.
Charrette est un revenard.
Il se méfie de tout le monde, même de son nombre.
Vos soldats finiront poignardés au détour d 'un sentier. Il peut tout
harceler.
Ne laissez pas souffler votre proie.
Crevez vos chevaux, mais capturez Charrette. Tels sont les ordres du
Hoche et j 'entends les appliquer à la lettre.
La grande chasse à l 'homme a commencé.
Je ne peux plus quitter les forêts.
Je suis traqué jour et nuit.
Je suis l 'homme le plus recherché de France.
Nous serons bientôt tous cernés, mon général.
Je sais.
Demain, dès l 'aube, ils attaqueront.
Alors c 'est fin ? Pour nous, oui.
Mais pas pendant le combat, il est éternel.
Rien ne pourra clamer les facets.
Comme cette flamme -là devant moi.
Elle semble vacillée, mais en réalité, en réalité, elle éclaira encore des
hommes pendant des siècles.
Je suivrai la petite lumière jusqu 'à la mort.
C 'est un moment.
C 'est le dernier que je te donne.
Adieu mon amant.
Adieu.
Restez dignes ! Bon sang !
Si vous fuyez, tout est perdu.
Mon cœur bat encore.
Demande à ces morts.
Je ne veux pas partir sans avoir agréé mes dettes.
La seconde, c 'est de m 'acquitter de mes dettes envers Dieu.
Je veux recevoir l 'absolution par l 'un de nos bons prêtres.
Comment on ira sur la place ? Le cortège battra Ruchorge. Il y a un balcon.
Tu viens d 'être ta soeur.
Je prierai pour toi.
Soldat.
J 'ai une dernière volonté.
Je voudrais pouvoir me râler avant l 'éviction.
Impossible, citoyen.
Aucun prisonnier ne peut avoir une lame.
Il pourrait se donner la mort.
Seule la République... Que la République soit sûre, ma religion m 'interdit le
suicide.
Ce que je veux, c 'est mon indignement, c 'est tout.
Point de coquetterie, citoyen.
La fausse commune, c 'est pas un bal.
Ploton ! Général !
J
'ai une ultime faveur à vous demander.
Le droit de commander le feu moi -même.
Il y a bien longtemps que vous et moi nous ont pris des règlements.
Je vous demande cette faveur d 'officier à
officier.
Visez le cœur.
C 'est là qu 'on fera pas de mal.
À mon commandement ! Aujourd 'hui,
je meurs debout.
Je veux voir la mort en face.
Je m 'en vais vous rejoindre.
Vous que j 'ai commandé.
Bonjour ! Vous que j 'ai aimé.
Vous qui êtes mort sur le bord du chemin.
Sans nom.
Sans sépulture.
Que restera -t -il de nous ?
C 'est peut -être ici que notre histoire commence.
Rien ne se perd.
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