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...
-J'aime bien, ça. -Ouais ?
Propos indistincts.
T'es belle. Elle rit.
-Toi aussi, t'es belle.
...
-Sale gouinasse !
-Oui ?
Joseph... -C'est difficile à suivre,
deux voix pour une seule personne. -Tu as raison.
En se dédoublant, Nathalie Sarraute est à la fois
la personne qui raconte ses souvenirs
et sa conscience, qui l'aide à retrouver ses souvenirs.
On va faire un exercice,
et ça va être plus clair. Ecrivez le souvenir
de la 1re fois où vous vous êtes baigné dans la mer.
-C'est impossible, de se rappeler la 1re fois.
-Margot, fais un effort.
Il y a des premières fois qu'on n'oublie pas.
Rires. -Très drôle.
Revenons à Nathalie Sarraute.
Allez-y.
Laissez votre conscience
vous poser des questions
et écrivez vos réponses au fur et à mesure.
Vibreur.
Je pensais avoir mis mon portable sur silencieux.
...
Mathieu, je suis en cours.
Violette ?
Quoi ?
OK, j'arrive.
Je prends un taxi, j'arrive.
Margot ? -Oui.
-Préviens votre CPE, je dois partir.
-Ca va ? -Oui, tout va bien.
Margot, tu y vas ? -Oui.
Mathieu !
Dis-moi qu'elle n'a rien.
-Ils lui font un scan. -Que s'est-il passé ?
-Les pompiers l'ont trouvée inconsciente sur les quais.
-Inconsciente ?
Elle s'est réveillée ? -Oui.
-Tu as parlé à un docteur ? -Rapidement, oui.
...
Ca fait bonbonnière, tous ces rideaux.
-Bonbonnière ?
C'est très beau, avec les plantes.
Quand même...
Serre tropicale,
je veux bien, mais bonbonnière... -Bonbonnière tropicale.
-T'es con. -Ouais.
-Coucou. -Salut.
Bien, ta promenade ? -Oui, j'ai fait un grand tour.
C'est beau, comme ville. Il y a des églises partout.
-On appelle Rouen
"la ville aux 100 clochers".
-Pour aller jusqu'à la piscine, j'ai mis 12 minutes.
-Ca, c'est ma fille ! -En allant vite ou tranquillement ?
-Ca, c'est ma femme.
-Pour toi, c'est une bonne demi-heure.
-Vous êtes tous ligués contre moi.
Comment tu trouves
mes rideaux ? -C'est cool.
-Tu vois, c'est cool.
Toi, tu es encore inquiet pour ton boulot.
-Un petit peu.
...
Notification.
...
-(Pauvre con...)
...
-C'est bon ? -Le chèque.
-Nickel. -Merci.
-A lundi. -A lundi.
-BONJOUR. -Bonjour.
Propos indistincts.
-C'est bon. -Parfait. A lundi.
-Bonjour, madame. -Bonjour, coach.
-Toujours en brochette, vous trois. -Alors, ces vacances ?
-Très bonnes, Maxime.
J'ai décidé de te passer au 200 m, cette année.
-Je préfère le 100. -Je sais.
Il fallait être explosif
au départ.
Valentin, tu as réfléchi ? -Oui, j'arrête de suivre
et je passe devant. -Très bien. A lundi.
Alors, ce safari ? -C'était incroyable.
Les paysages sont magnifiques. -Tu n'as pas croisé de piscines ?
-Non, mais je me rattraperai. -Bien.
-Bonne journée.
-Bonjour. -Bonjour.
-Bonjour.
-Tu dois être Violette. Bravo pour ton parcours.
-Merci. Je suis contente que vous m'ayez acceptée.
-Ici, les règles sont simples : donner le meilleur de toi-même,
être assidue, suivre mon programme à la lettre,
veiller à la bonne image du club. -Comptez sur moi.
-A lundi. -A lundi.
-Au revoir. -Merci.
-Elle ressemble au Joker, la coach.
J'espère que ça va coller, Violette, avec sa coach.
Elle a pas l'air commode. -Elle est exigeante,
comme toutes les ex-championnes. Je la sens bien, moi.
Je suis sûr que Violette va progresser, avec elle.
Alors, tu dis quoi ? Modulable, selon tes désirs, comme moi.
-C'est super.
Contrairement à toi avec mes rideaux, ça me plaît.
Tu pourrais en faire une pour la chambre.
-On verra.
...
-Tu veux pas venir avec moi ?
-Pas question d'arriver au lycée avec toi.
Dis pas que t'es ma mère.
-Quel esprit de famille !
Sois à l'heure. Convocation 10h30 pour les 1re.
-Oui, t'inquiète.
...
-Tu me pistonnes, l'an prochain ? -Oui. En plus, pour serrer,
y a pas mieux.
Les sauveteurs en mer, elles kiffent.
-T'as dû progresser en bouche-à-bouche.
-Tu veux retenter ? -Jamais.
Une fois, ça m'a suffi. -Salut.
On s'est croisés à la piscine. -Regarde comment elle est bonne.
-Je la connais.
-Si tu étais au lycée depuis longtemps,
tu saurais que ces deux-là sont des fils de pute.
Et la meuf à côté, c'est un peu la reine du lycée
et de la piscine. -Je vois le genre.
-Théo. -Violette. Tu es en quelle classe ?
-En première, option sport. Toi ? -Pareil.
-Cool. -Ouais.
C'est comment, les profs, ici ? -Ca va.
Ils sont cool.
...
Non, attends.
Pardon. C'est pris. Merci.
-Tu pécho,
da Silva ?
-Jalouse, princesse ?
-Elle préfère les meufs.
-Qu'est-ce qui te prend ? -Tu t'assumes pas ?
-C'est pas la question. -Assumer quoi ?
T'es lesbienne ?
...
Excuse-moi pour tout à l'heure.
Je voulais pas te mettre mal à l'aise.
-C'est raté, surtout avec ces 2 connes
qui ont jamais vu une lesbienne. -Oui, ce sont 2 connes.
Mais...
tu es sûre de préférer les filles ?
Je déconne !
Viens.
-On démarre par un 8 fois 100 m. Un crawl à 4 nages, 10 de récup.
Jeanne, Kenza,
Marissa, en 3.
Tout le monde à l'eau, c'est parti !
Et du nerf, s'il vous plaît !
...
-5 km au 1er entraînement, je suis mort.
-Elle devient tarée, la Turpin.
-Elle est pas là pour se la couler douce
mais pour former une future championne.
-Je suis à vélo aussi. On rentre ensemble ?
-Ca aurait été avec plaisir, mais j'ai un "date".
-Avec une fille ? -Ben oui.
-Mais ça m'arrive quand à moi, ça ?
Kiffe bien.
...
-Bonjour. -Bonjour.
-Salut. -On a rendez-vous.
-Oui, vas-y, assieds-toi.
Même si c'est moi qui t'ai proposé de venir,
je suis stressée. -Pareil.
C'est la 1re fois que je rencontre quelqu'un en vrai.
-Je m'appelle Lisa.
-Violette.
-Je vous sers quoi ? -Un diabolo grenadine,
s'il vous plaît.
Albatros, c'est en réf à Baudelaire ?
-Non, c'est parce que
les albatros ont de grandes ailes et ils peuvent aller loin.
Et moi, mon rêve, c'est de voyager, tout ça.
Et toi, Flamant Rose ? C'est la Camargue ?
-Non, même pas. J'y avais pas pensé.
Je viens de la baie de Somme.
Je fais des compètes de natation.
Il y a une des meilleures coachs ici.
Tu aimes le sport, toi ?
-Nous, on est plutôt échecs. C'est le sport familial.
-C'est stylé.
-C'est ce que pensent
certains joueurs qui aiment se la jouer tradi, genre mon frère.
D'ailleurs, il faut que je te dise un truc.
Si jamais on se revoit,
il faut que tu me jures de ne le dire à personne.
-Tu es quand même inscrite sur un site de rencontres.
-Avec un pseudo,
sans mettre de photos, voilà.
Si j'avais eu un doute en te voyant arriver,
j'aurais dit qu'on n'avait pas rendez-vous.
-Une meuf de ma classe a capté direct que j'étais lesbienne.
-En même temps, tu le caches pas trop.
Mais ça te va bien.
Tu es dans quel lycée ? -Jeanne-d'Arc.
Merci.
-Tu as de la chance.
-T'es où, toi ? -Moi, je suis à Notre-Dame.
C'est strict. -Je connais pas.
On frappe.
-Tu voulais nous voir ?
-Qu'est-ce qui se passe ? -Asseyez-vous.
J'ai quelque chose à vous dire.
Papa...
maman...
Je voulais vous expliquer, enfin, vous dire...
-On t'écoute, chérie...
-C'est moi qui stresse, là. -Attendez...
(OK...)
Papa, maman,
voilà, je suis lesbienne.
Vous dites rien ? -Ben...
-On a eu peur que tu nous annonces quelque chose de grave.
-C'est pas grave ? -Ben non, c'est pas grave.
Pourquoi ça le serait ?
Et on s'en doutait un peu aussi.
-On laissait venir.
-On n'a jamais envisagé ça comme un problème.
Ca n'en sera jamais un.
-Vous auriez pu m'en parler. Ca m'aurait fait gagner du temps.
-C'est pas sûr.
Et puis, on pouvait se tromper. -Comment tu as compris ?
-J'ai toujours senti un malaise,
et je comprenais pas pourquoi.
Un jour, j'ai vu deux filles à Amiens.
Elles étaient en couple.
Et là, j'ai compris. -D'un seul coup ?
-Oui, une révélation.
Après, j'ai lu plein de sites.
Il y avait plein de filles comme moi.
-Violette,
tu sais ce que je pense des réseaux.
-Tu fais gaffe avec ça.
Il y a plein de faux profils, sur ces sites.
-Les pervers, je les capte direct. -Au moindre problème,
promets de nous prévenir. -OK.
-Non, pas OK.
Promets.
-C'est promis.
Vous êtes pas déçus ?
-Ben...
On va réfléchir à la mettre dans une famille d'accueil, non ?
-Oui, et du coup, je pourrai récupérer ta chambre
pour faire mon bureau. -Ah oui, bonne idée.
-Allez...
-Un petit câlin familial... -Un gros câlin...
-Merci.
-Quel bébé à sa maman... -Oh oui.
Tu aimes ça, les câlins. -C'est bon, j'ai compris.
Allez, c'est bon.
Dehors. -Ca y est, tu nous sors ?
...
Tonalité.
...
*-Bonjour, vous êtes sur la messagerie de Lisa.
*Laissez un message après le bip. Bip.
-Je viens de faire un truc de ouf.
C'est notre rencontre qui m'a donné la force.
Rappelle-moi, je te raconte. Bisous.
-Hé, petite mouche...
Petite mouche...
C'est toi, l'élu. Tu rinceras mon maillot après l'entraînement.
-Et tu me prendras une serviette la prochaine fois.
-Tu veux pas qu'il te la repasse ? -La fille de prof qui la ramène.
Allez...
-Tu vois une fille ? -Presque un mec !
Avec des doigts pour faire gratte-gratte.
-Vous êtes des bolos.
-Allez, on se dépêche !
Allez, un peu de nerf !
-Les garçons, on se dépêche !
-On enlève la serviette.
Pour ceux et celles qui ont changé de spécialité,
démarrez tranquillement, ne prenez pas les anciens réflexes.
On va adapter les échauffements. Tranquillement, on repart.
Allez !
Et relance, et relance, et relance ! Excellent !
Bien au fond !
Etire le mouvement, allonge !
...
-Chérie ? -Oui, chéri.
-Ca bosse ?
-Oui.
-Tu as croisé le voisin déjà ? -Non. Enfin, je sais pas. Lequel ?
-Un con qui croit que la rue est à lui.
Il m'a demandé de pas me garer devant chez lui.
-Il y a des cons partout.
Comment s'est passée ta 1re journée ?
-Franchement, super.
Le pont de Tancarville est impressionnant.
L'équipe est cool, compétente. C'est un beau chantier.
-Je t'avais dit que ça se passerait bien.
-Et ta journée ? -Très bien.
-Je vais prendre une douche.
-Merci.
-Et toi, ma chérie ? -Non, merci.
-Ca va ? -Oui.
-Maman... -Volontiers.
Merci.
-Vous auriez enfin pu en profiter.
Je ne comprends pas que tu acceptes.
-Parce qu'être
président d'honneur de la Grande Armada,
ça ne se refuse pas.
-Même le maire voulait un ancien amiral.
-Alors, félicitations. -Félicitations.
-Alban est toujours aussi ponctuel, à ce que je vois.
-Là, je suis responsable.
Je l'ai envoyé chercher un merveilleux pour le déjeuner.
-Bonjour, tout le monde. -Bonjour.
-Merci, mon chéri.
-Bonjour. -Comment allez-vous ?
-Alors, aujourd'hui, champagne.
-On fête quoi ?
Je n'ai plus le temps pour le bateau, avec la fac.
-Avec la faculté et avec les filles, je suppose.
-Une femme dans chaque port, comme les marins.
-J'espère que ma petite-fille est plus sérieuse que lui.
-Elle passe beaucoup de temps avec Malo, qui est dans son lycée.
Ils jouent ensemble aux échecs. -Bien.
-Et ses parents ? -Papa... Elle n'a que 17 ans.
-Et elle est très sérieuse. -Oui.
-Ma chérie, ce déjeuner était parfait. Merci.
Il frappe.
-Lisa ? Ho ! Allez, dépêche-toi,
sinon, dans 5 minutes, ils t'auront mariée avec Malo.
Chasse d'eau.
-J'en ai marre qu'on se mêle de ma vie.
-Hé, ho, t'as tes règles ou quoi ?
...
Notification.
...
-J'avais peur que tu zappes l'entraînement.
-Ca doit être les deux bolos qui ont fait la vidéo.
Tu as vu les commentaires ? -Oui. Vite, on est à la bourre.
On va se faire tuer par Turpin.
Propos indistincts.
...
-Allez !
Alors, départ, deux de front, allure course.
Je veux voir votre envie de gagner. 50 pompes à celui qui perd.
Alors, Omar, Médéric,
Théo, Valentin, Kenza, Violette.
Pour les autres, je vous laisse choisir les binômes.
Je donnerai les départs. 10 secondes entre chaque.
Je veux voir le mental pour arracher une victoire !
Prêts ? Coup de sifflet.
...
Allez ! Allez !
Coup de sifflet.
Allez, on accélère !
-Allez !
-26'4 ! -27'0 ! 28'6 ! 29'7 !
-30.
-32'7 ! -31'16.
-34'1 ! -32.
-36 !
-Violette ?
Que fais-tu là ? -Tu m'as dit que tu sortais à 17h.
-Je te présente Malo, un ami et partenaire d'échecs.
Violette, ma cousine.
-Je vais au club.
Tu me rejoins ? -OK.
-Salut. -Salut.
-Viens.
-C'est quoi, ton délire de cousine ?
-Désolée. Ca parle trop vite, ici.
-C'est ton mec, lui ? -Mais non.
C'est juste un copain. Tu n'as pas à être jalouse.
-Pardon, je suis un peu parano.
On peut se voir après tes échecs ?
-Je t'envoie un message.
A toute. -A toute.
Je me suis dit que c'était mieux que je te la montre.
C'est pour ça que je suis venue. Et pour te voir aussi.
-C'est vraiment dégueulasse de faire ça.
Tu sais qui a posté la vidéo ?
-C'est des mecs de la piscine. Ils font semblant de rien.
Si je les accuse, ils me mettront encore plus la honte.
Elle frappe.
-Tu voulais me voir ? -Oui.
Pour parler de la vidéo de ta fille.
-Quelle vidéo de ma fille ?
-Viens voir.
On a un système d'alerte
pour le problème du harcèlement au lycée,
et cette vidéo prend de l'ampleur.
-C'est les commentaires, ça ? -Hm.
-"On éradik kan les lèche-moulasses ?"
"En Afghanistan, ce serait vite fait, bien fait."
"Elle habite où, la broutelachatte ?"
-("Lâchez-la.")
"C'est haram, ces saloperies."
-Le rectorat a mis en place une ligne directe
pour tout signalement.
Tu veux que je m'en charge ?
-Merci.
Pourquoi elle nous a rien dit ?
-Ils essaient tous de s'en sortir seuls, en vain.
-On doit porter plainte ?
-Si on veut empêcher les choses de s'emballer, oui.
-OK.
Je...
Je vais en discuter avec son père. Merci.
...
Tu avais promis qu'au moindre problème,
tu nous en parlerais.
-Je me fous de ce qu'on raconte.
-Personne n'est assez fort pour ça.
-Tu sais qui t'a piégée ?
-Je pense que c'est Bousson et Lemaître.
Je les ai taclés quand ils emmerdaient un mec.
-Je les signale,
mais toi, tu restes à l'écart.
-OK.
-Faut tout le temps qu'on sache où tu es.
-Ca va se tasser.
Demain, ce sera quelqu'un d'autre. -Ca, tu sais pas.
Il y a des tarés.
-Je veux que tu supprimes ton compte.
-Envoyez-moi dans le désert, aussi. -N'exagère pas.
C'est provisoire, c'est pour te protéger.
Violette...
Elle claque la porte.
-Allez, mettez les sacs.
Vous aurez le temps de vous parler dans le bus.
Ca va, les garçons ? -Ca va.
-Merci. Bonjour.
-C'est une compétition, Kenza. Tu as besoin de tout ça ?
-Avant, pendant et après, on doit être les plus soignés,
non ? -Oui, monte.
Bonjour. -Bonjour.
-Ca se fait pas, j'ai plus 12 ans. On va pas en faire un plat.
-On peut pas rester sans rien dire.
-Vous serez contents, quand elle me laissera pas
aller à la compète à cause de vous. -Ca n'a rien à voir.
-Bonjour. -Salut.
-Bonjour.
Allez, on accélère.
-Bonjour. -Bonjour, Violette.
-Salut, ça va ? -Ca va, et toi ?
-Bonjour. -Bonjour.
-On peut vous parler ? -Bien sûr.
-Une vidéo malveillante sur Violette est sur les réseaux.
Elle a été faite à la piscine.
Vous saviez ? -Non, je suis désolée.
Je ne peux pas tolérer ça. -On voulait juste vous informer.
-Ils me foutent le seum. -Ils s'inquiètent pour toi.
-Il y en a deux qui sont avec leurs parents ?
-Oui, ils sont avec eux.
Il rit.
-Ca va, je te dérange pas ? Tu veux que je fasse un groupe ?
-C'est ta meuf ?
-Non. Tu sauras jamais. -Ah, d'accord.
Kenza...
Tu veux ?
J'ai abricot ou abricot.
-Non, merci.
-Tu veux ma photo ?
Tu la posteras avec la vidéo de merde.
-Tu me vois vraiment faire ça ?
Les meufs qui assument, j'aime.
-Tu me kiffes ou quoi ?
-T'es pas ma came,
mais j'ai rien contre une fille. -Quoi ?
-C'est nul de se limiter. Mec ou meuf, je prends.
-OK...
Je comprends plus rien aux filles.
Elle rit.
Quoi ? C'est vrai.
-Oui, je te la passe.
Violette !
-Ouais.
-Papi.
-Oui, papi.
Oui, j'ai gagné.
Bien sûr qu'ils sont fiers.
Jamais j'aurais...
-Juste derrière...
Propos indistincts.
-On dirait que cette vidéo a jamais existé.
Si c'est pas de la résilience...
-Elle est amoureuse. -Quoi ? Déjà ?
-Je pense.
(Attends, bouge pas.)
-OK, cool.
Je te repasse papa ?
D'accord.
Bon, ben OK.
Bisous, bisous.
-Bisous. -Ciao. Bisous. Je t'aime.
-Violette... Viens voir.
Tu connais "Le Blé en herbe", de Colette ?
-Prof de français, sors de ce corps.
-On n'a jamais aussi bien parlé des premières amours.
-1923 ? C'est la Préhistoire, ça.
Et d'ailleurs, pourquoi devrais-je le lire ?
-(Parce que je pense que tu es amoureuse.)
-OK. Bon, allez. Bonne nuit, les parents.
Bonne nuit, papa.
-Bonne nuit, chérie.
-Il est là, au cas où. -Ouais, ouais.
-Raté.
-Elle est cool et elle nage bien.
*-Elle est jolie, cette Kenza ?
-T'inquiète. Je pense tout le temps à toi.
J'ai envie de te voir. Demain ?
*-Non, le dimanche, on va chez mes grands-parents.
-Ca me soûle, on se voit jamais.
*-Moi aussi, j'ai envie de te voir.
*Le jeudi après-midi, j'ai pas cours. Tu peux ?
-Oui, je vais m'arranger. Je viens chez toi ?
-Ben non, c'est impossible.
*-OK. Chez moi, alors.
*C'est loin, jeudi.
-Ca va être bien, on va être que toutes les deux.
-Bon, je te laisse. Bisous.
-Tu dis que tu es discriminé parce que tu es noir,
mais tu m'as traitée de rousse.
-Et t'es pas rousse ?
-Et toi, t'es pas noir ?
-Le discriminé peut devenir le discriminant.
-Mais madame,
c'est toujours les musulmans qui prennent le plus cher.
-T'es parano.
-Tais-toi.
-Non, stop.
-Vous êtes sérieuse ? -Ca m'intéresse pas.
C'est un débat. On se respecte.
Nous avons évoqué
la discrimination physique, religieuse.
En voyez-vous d'autres ?
-Les femmes ? -Oui.
-Elles sont moins bien payées que les hommes.
-Elles sont moins intelligentes. -T'as vu tes notes ?
-Non, s'il vous plaît,
soyez gentils, vraiment.
Donc, physique, religieuse, homme/femme.
Quoi encore ?
-Les "homosessuels". Rires.
-Alors, en effet, Maxime,
certaines personnes peuvent être rejetées
en fonction de leur orientation sexuelle.
Pour quelle raison, à ton avis ? -J'ai pas d'avis.
Mais ça me dérangerait pas de voir 2 filles dans le même lit.
-Nous remercions Maxime
pour son intervention. Quelqu'un d'autre ?
-Madame, c'est vrai. Le pire, c'est les pédés.
Deux mecs ensemble,
c'est pas normal !
-D'abord, merci de dire
"les gays", Sylvain.
Et ensuite,
quand tu dis "C'est pas normal", c'est par rapport à qui ?
-Ben... par rapport aux gens, je sais pas.
-Aux gens ?
Donc, si on suit ton raisonnement, si on est dans ta logique,
on aboutit à la conclusion
que les homosexuels ne sont pas des gens.
-Réponds, frère.
-Je ne t'entends plus, Sylvain.
Il chuchote. -(Ta gueule.)
-Maxime, tu veux l'aider ?
-On a étudié ton cas, avec ta reum.
Tu es un escargot embrouillé avec son clito.
-T'es vraiment con. -Tu touches le fond, Maxime.
Pour un nageur, c'est nul.
-Je dis ça, je dis rien. -Alors, ferme ta gueule !
Alors ? Gratte-gratte ?
-Encore une fois, qui a commencé ?
Si ça se reproduit, ça ne sera pas un avertissement
mais une semaine de renvoi. Compris ?
Allez, sortez.
-On est quittes. -Dans tes rêves, petite pute.
-On n'est guère plus avancés.
Les parents de Maxime peuvent
porter plainte.
-C'est Violette, la victime.
-C'est ça qui me désole. C'est vous qui deviez porter plainte.
-Que fais-tu là ? -Je t'attendais.
Il m'a insultée. -Je sais.
Tu dois jamais te laisser insulter. Enfin, vas-y mollo,
la prochaine fois.
Tu as dû lui faire très mal. -T'es top, des fois.
-Seulement des fois ? Bon, allez, j'y vais.
A ce soir. -A ce soir.
-Tu as fait le changement sur le scoot ?
-Je l'ai débridé. Il monte à 120. -Hé, Kenza,
si tu cherches Maxime, il est dedans.
Elle a quoi ?
-Je sais pas, mais elle a un bon cul.
-Mais un cul noir, quand même. Ils rient.
-Bon, on y va, tu m'as soûlée.
Allez, viens. -Bisous, BG.
-Ciao. -Salut, Alban.
T'es sérieux ?
-Arrête de faire la gueule. -C'est bon, lâche-moi.
-Ca va pas être dur, elle a pas tous ses neurones, cette meuf.
-Il t'a pécho aussi.
-Je l'ai pécho, nuance. A peine un mois.
Alors que toi, même pas une seconde.
-Ne dis pas ça
avant d'avoir essayé la bête.
-Comment tu le supportes ?
-C'est le mec le plus sympa que je connaisse.
-T'en connais peu.
-Lève les coudes, Valentin !
Oui, allonge les bras, Valentin, c'est bien.
56'2, 57'1.
Faut que tes mains soient alignées avec les bras.
C'est bien, les gars.
C'est l'an dernier qu'il fallait faire des chronos comme ça, Maxime.
Bon, les filles, moins de 1'10.
...
Tire bien, Kenza !
...
Allez.
1'07, 1'08.
Excellent, les filles.
On se rapproche des chronos de qualif.
Mais Kenza, un peu plus et t'étais derrière.
-Vous me connaissez trop pour dire ça.
-On parie ?
-On verra ça aux qualifications.
-Vous présenterez combien de filles ?
-Celles en dessous de 1'03. -1'03 ?
-Personne n'y arrive. -Ben je présenterai personne.
-Elle a déjà fait ça ? -Non, je crois pas.
Mais elle est capable de tout. -Oui, de ouf.
Ma daronne l'appelle le Joker. -Je kiffe.
...
-Tu as écrit "Je t'aime" ?
C'est la 1re fois que je vais aussi loin avec quelqu'un.
-Moi, j'ai déjà eu un copain.
-T'es déjà sortie avec des garçons ?
-Non, juste avec Malo.
-Le mec des échecs ? Elle rit.
-T'inquiète, c'est juste un copain, maintenant.
-J'ai jamais eu envie d'essayer avec un mec.
Ca me dégoûterait.
-Si j'aimais les garçons, par rapport à mes parents,
ma vie serait plus simple.
-C'est pas à eux de décider. -Tu les connais pas, toi.
J'ai pas envie de penser à eux quand je suis avec toi.
...
-C'est la 1re que j'ai gagnée. J'étais encore chez les poussins.
-Tu as passé toute ta vie dans l'eau.
-Oui, un peu.
Mon premier cours, j'avais 6 ans.
Et quand on m'a mise à l'eau, je savais déjà nager.
On l'explique pas trop, mais c'est arrivé à des champions.
-Tu vas finir aux JO. -Je sais pas.
Déjà, faut que je passe les qualifs pour intégrer l'équipe de France.
-Moi aussi, j'aimerais avoir quelque chose qui donne
un peu de sens à ma vie.
-Tiens, je te l'offre.
-Ta 1re médaille ? -Oui, prends. Tu penseras à moi.
-T'es sûre ? -Oui.
-Ben merci.
-C'était pas trop dur, hier soir ? -Hier, c'était long.
-Tu viens faire une partie ? -Non, je finis ma bière et je pars.
-OK.
On y va, les gars ?
-Combien je te dois ?
Je prends tout.
-Tiens.
Tu pars direct ? -Oui.
A plus. -Ciao, bonne soirée.
...
-Sale gouinasse ! -Non !
-Et toi, viens là.
-Je ne le connaissais pas, ce type.
-Il était seul ?
-Il a gueulé "Sale gouinasse" puis j'ai vu son poing.
Si tu avais vu ses yeux. Il voulait me rayer de la carte.
Tu te rends compte ?
On frappe.
-Oui.
-Bonjour.
Je suis le Dr Pelta. -Bonjour.
-On va faire quelques vérifications.
Peux-tu me donner ton nom et ta date de naissance ?
-Violette Saugier, 10 mai 2004.
-OK.
Regarde à droite.
A gauche...
En haut...
Ca ne tire pas ? -Non.
-Super. Tu peux lever tes deux bras ?
OK...
Les jambes ?
Pas de douleurs ?
Super. Faut se reposer,
maintenant, hein ?
Vous me suivez ?
-A tout de suite, mon ange. -A tout de suite.
-Alors, aucun déficit moteur à redouter.
Et je suis optimiste
sur ses capacités cognitives. -Elle est stressée, là.
-Oui, elle est en état de choc.
Il faudrait qu'elle soit suivie psychologiquement.
-On y va ?
-On y va.
-Il a les deux bras bien serrés, tu peux regarder.
Bien en avant !
Va chercher plus loin !
Moins haut, là, respire.
Va chercher moins haut. Reste horizontal, Théo.
Par le bassin !
-C'était cool de la voir,
même si c'était pas très long. -Et pour les cours,
on s'en occupe. -C'est gentil. Attendez.
Vous savez pourquoi elle séchait les cours ?
-Non, sinon, on vous le dirait.
-Elle devait être avec sa copine.
-Elle s'appelle comment ? -Aucune idée.
On traîne tout le temps ensemble, mais elle ne me dit pas tout.
-Elle pense que c'est Maxime et Valentin
qui l'ont filmée à la piscine.
-Ils étaient en cours avec moi au moment de l'agression.
Je compte sur vous. Venez la voir
dès qu'elle rentre à la maison. -Pas de souci.
-Au revoir.
-C'est pas le cul noir
que tu reluquais ? -Ah oui.
Elle va se faire croquer. -Hé !
Violette s'est fait tabasser à cause de vos conneries !
-Tu nous accuses de quoi ?
La vidéo, c'est pas nous.
-Ses parents ont porté plainte.
-Contre nous ? -On n'a rien fait. Dégage,
avec ton petit chien. -Quoi ?
-Oh là là ! -T'es mort.
-Reste assis. Vous deux, dégagez.
-C'est pas un bar à chicha. -Ta gueule !
Pauvre con ! -On se casse.
-Bar de friqués !
-Je lui ai mis dans la gueule. -Le verre était à moitié vide.
...
Vibreur.
...
-Tu réponds pas depuis hier.
*Ma gueule t'a fait flipper ? -J'étais inquiète.
*-Donc, tu m'as appelée
et t'es passée me voir ?
Moi aussi, j'étais inquiète pour toi.
*-Mes parents ne doivent pas apprendre, pour nous.
Comment tu te sens ? *-Je sors de l'hôpital aujourd'hui.
Tu me retrouves chez moi ? *-Je peux pas.
*Ca ferait trop d'histoires.
Je peux pas assumer, Violette.
Faut qu'on arrête.
-Ca veut dire quoi ? Tu veux qu'on arrête de se voir ?
*-C'est trop compliqué pour moi.
-Dis plutôt que j'étais une expérience
pour te foutre de la gueule d'une lesbienne.
*-C'est à cause de ma vie, de ma famille, de mes parents.
-Tu as honte de moi. *-Arrête, s'il te plaît.
-Je suis pas assez bien ?
-Je dois te laisser. Prends soin de toi.
...
-E4, C5.
"Une position paradoxale pour les noirs,
"car ils perdent un coup de développement.
"Mais...
"les blancs sont empêchés de réaliser le centre parfait..."
-On arrête. Désolée, je suis crevée.
-T'es chiante. Tu me dis de venir,
alors qu'on aurait pu s'entraîner à la salle.
-C'est parce que j'ai plein de devoirs à faire.
-Ah, Malo !
Toujours fidèle au poste ? -Bonjour, madame. J'allais partir.
-Tu ne me déranges pas.
-C'est gentil. Bonne soirée.
-A bientôt, jeune homme.
Qu'est-ce qu'il est sympathique, ce Malo.
-C'est juste un copain.
-Il vient souvent à la maison, pour un simple copain.
Si tu veux que je t'accompagne chez le gynéco
pour un 1er rendez-vous, parle-m'en, ma chérie.
On frappe.
-Comment tu te sens ?
-Seule.
Quand j'ai fait mon coming out,
j'ai cru que tout allait être possible.
Je suis juste bonne à donner envie à des mecs de me tuer.
-Arrête avec ça.
Violette...
Comment il a su que tu étais lesbienne ?
Tu étais avec ta petite amie ?
-Quelle petite amie ?
-Tu n'as pas séché les cours pour rester seule.
-Crois ce que tu veux.
-Le Dr Pelta nous a donné
les coordonnées d'un psy spécialisé dans les chocs post-traumatiques.
Elle a l'air super. Je t'ai pris rendez-vous mardi à 17h30.
-J'irai pas.
-Il faut que tu parles.
Il faut que tu te libères pour reprendre une vie normale.
-C'est quoi que tu comprends pas ? Ma vie sera plus jamais normale.
-Tu as des amis, tu vas au lycée. Tu es championne de natation.
-J'irai plus jamais à la piscine.
-Et t'as rien mangé.
-J'ai pas faim.
Je suis sérieuse, pour la piscine.
-Je sais.
Repose-toi, chérie.
Elle pleure.
...
J'y vais, je reviens à l'heure du déjeuner.
Elle est fatiguée, mais ça va.
-A son âge, on récupère vite. Il n'y a pas de traumatisme.
-Mais c'est moralement.
Ca ne va pas.
Elle veut pas retourner à la piscine.
-Elle dit ça pour l'instant. Je l'accompagnerai.
-Si elle refuse ? -Je l'obligerai.
Quand on tombe de cheval, il faut remonter tout de suite.
-Tu as des talents de psy ?
Ta fille en est au point de ne pas assumer qui elle est,
et toi, tu veux l'obliger ?
-Je refuse qu'elle gâche son avenir.
-Ah, c'est elle qui gâche tout ?
-Je refuse qu'un salopard gâche son talent.
-Laissons-lui du temps. -Y en a pas.
Les qualifs arrivent, elle va réussir, ça va.
-Tu sais ce qu'elle a ?
Elle a le moral d'une petite fille qui vient de se prendre un mur.
-Si tu la prends pour une gamine, elle y arrivera pas.
-Ca va être de ma faute. -Elle reprend l'entraînement.
-Tu lui annonces ? -Oui.
-Tu sais où est le club d'échecs ? -L'escalier à droite.
-Sois plus discret. Je veux pas que Lisa sache que je suis venue.
-Elle s'appelle donc Lisa. -Je cherche son nom de famille.
-On cherche le nom de famille d'une meuf qui t'a larguée ?
-Et qui s'est foutue de moi. Elle doit sortir avec son Malo.
-Elle aurait fait un coup monté ?
T'es parano.
-Pourquoi mon agresseur lui a rien fait ?
-Ca, je sais pas.
On s'est posé la question, avec Kenza.
-Si je trouve son nom, je me venge.
C'est elle. Lisa Le Goff.
-Elle est mignonne.
Quoi ? -Putain, c'est lui.
C'est ce connard
qui m'a frappée.
-Alban Le Goff ?
-Oui. Alban Le Goff.
Elle prend une photo.
-Attends, ils ont le même nom.
Ca va aller ?
-Oui.
Merci.
-On s'appelle, hein ? Tu promets ?
-Mange, chérie.
-Ca passe pas.
-Faut pas que tu perdes de muscle.
-Je ne retournerai plus à la piscine.
-Ton but a toujours été
d'intégrer l'école de l'équipe de France.
Pour ça, on a passé notre vie autour des bassins.
Tu peux pas baisser les bras. -Je m'en fous, maintenant.
-Tu es déstabilisée, mais ça va passer.
Ta vie est devant toi.
-Tu as déjà regardé sur Internet comment on traite les homos ?
Je me suis fait fracasser, et toi, tu penses à mes médailles ?
C'est fini !
-Ne dis pas ça.
Tu retourneras à la piscine. Tu me diras merci, un jour.
La porte claque.
Tu sais très bien que j'ai raison. -Tu as tort.
Et c'est trop tard pour rattraper le coup.
-Vous faites chier.
Sonnerie de téléphone.
...
*-Enfin, tu réponds ! -Vous sortez tard, non ?
*-Grave, on est morts. Le Joker nous a imposé
*une heure de muscu. *-Elle nous veut
*à bloc pour les qualifs.
*-Par contre, faut que tu reviennes.
-Je vous laisse, mon père m'appelle.
*-Vas-y. *-OK.
...
-On y va ?
Après quelques longueurs, tu te sentiras mieux.
(Violette...)
C'est juste toi et moi.
Hors entraînement, y aura personne à cette heure-là.
-Tu peux vérifier que j'ai pris tous mes maillots ?
-Qu'est-ce que tu as fait ?
-Je me mettrai plus jamais en maillot.
Les gens me trouvent dégueulasse, et moi aussi.
Désolée, papa, mais je peux plus.
Je connais le nom du type qui m'a agressée.
-OK.
...
-12,4 % en un trimestre. Prends-en de la graine.
Sonnerie de téléphone.
...
-Pourquoi tu réponds ? C'est de la pub.
...
-Constantin Le Goff, que puis-je pour vous ?
Oui. C'est mon fils.
De quoi s'agit-il ?
Ne quittez pas, je vous le passe.
Alban...
-C'est qui ?
-Ton fils est convoqué au commissariat.
-Oui, c'est moi.
J'ai cours jusqu'à 19h. Pourquoi ?
OK, je passerai ce soir. Au revoir.
-On peut savoir ce qu'ils te veulent ?
-Qu'est-ce que tu as fait ?
-Ils n'ont pas voulu me dire, mais j'ai rien fait.
J'ai dû griller un feu.
-Si c'est le cas, je confisque le scooter.
-Et puis quoi encore ?
-Tu fais quoi, là ? -Les flics
me convoquent.
C'est ta lèche-clito qui m'a balancé.
-Quoi ? -Fais pas semblant.
Tu lui as dit que c'était moi. -Je l'ai pas revue.
Bien fait pour ta gueule.
-T'as pas compris.
Ecoute-moi. Si je tombe, tu tombes.
Les parents vont t'enfermer
dans un asile pour dégénérés sexuels.
-Ca existe pas. -Ils trouveront, t'inquiète.
Et je les aiderai.
-Ca va bien se passer,
j'en suis sûre.
Peut-être que revenir au lycée te donnera envie de renager.
-Papa et toi, vous êtes pareils. Vous m'obligerez pas à nager.
-Allez, une chose après l'autre.
Tu viens, hein !
-Ca va ?
-Ca fait plaisir de te voir.
-Meuf, on est là. -Je sais.
-Le sourire a changé de sens. -Tu nous as manqué.
-Ho, les gars !
-Je voudrais m'excuser. -Trop court.
-On le paye cash.
Plus de portable ni d'argent de poche.
On va se faire virer,
et la juge nous convoque. -Ouin ouin.
-J'ai rien contre les homos.
Je me suis laissé engrainer par Maxime.
-Violette t'avait dit d'arrêter de faire le mouton.
Fallait l'écouter. Casse-toi.
-Pendant ton absence, il y a eu une bagarre.
Un première contre un terminale.
Non, je te jure...
...
-Ca va pas ! -T'as peur ?
-Je t'ai balancé aux flics.
Si tu me touches, ils sauront que c'est toi.
-Tu vas leur dire que tu t'es trompée de personne.
-Compte là-dessus. -Je vais balancer à mes parents
que ma soeur est gouine. Je te raconte pas le massacre.
...
-Violette... -Ne me touche pas !
-Tu fais quoi ?
-Ton frère est venu jusque chez moi pour m'intimider.
-Il t'a fait du mal ?
-Non, pas cette fois.
-(Je suis désolée.) -Me touche pas ! Recule.
Tu lui as dit où j'habite ? -Non, j'aurais jamais fait ça.
Il est trop fort pour obtenir
ce qu'il veut.
Petite,
je m'entendais bien avec lui.
On avait une super relation.
Un jour, je lui ai dit que j'aimais les filles.
Il l'a super mal pris
et il a commencé à me menacer,
à me menacer physiquement et...
Du coup, j'ai fait comme si ça m'était passé.
Et l'autre jour, quand il nous a vues nous embrasser,
il a compris que je mentais.
Ca lui a fait péter un plomb.
Dans ma famille, tu fais honte
quand tu es pas conforme, que tu rentres pas dans une norme.
Il faut que personne sache
qu'il y a une tache chez les Le Goff.
-Je vais t'aider.
Si je retire ma plainte, ton frère dira rien.
-Faut pas que tu retires ta plainte.
C'est un connard, il doit payer pour ce qu'il t'a fait.
-Et s'il parle ?
-Ben je...
Je jurerai qu'il ment.
Ce sera ma parole contre la sienne.
J'ai tout fait pour que mes parents se doutent de rien.
Je me suis servie de Malo
comme prétexte.
Tu me crois ?
(Tu m'as manqué.)
*-Vous êtes sur la messagerie... -Qu'est-ce qu'elle fout ?
*-Je rappellerai peut-être.
Tonalité.
-Rappelle. -C'est ce que je fais.
Quelqu'un entre. C'est elle.
-Qu'est-ce que tu foutais ? Il sert à quoi, ton téléphone ?
-Je suis désolée.
J'étais avec Lisa, ma petite amie.
-C'est elle qui t'a fait retirer ta plainte ?
Le commissariat nous a appelés.
-Je vais tout vous expliquer.
Je changerai pas ma déposition : je me suis trompée de type, point.
-Ca veut dire que tu laisses un homophobe s'en tirer.
-C'est pas le plus important.
-Explique-nous, et on verra.
-Déjà, vous allez être contents, je reprends l'entraînement.
C'est Lisa qui me l'a offert. On l'a acheté ensemble.
-C'est une bonne nouvelle, mais ça fait pas tout.
-Je suis désolée. -Oui, tu peux.
-Vous vouliez me voir ?
-Oui. Juste te dire deux trois choses avant l'entraînement.
Je suis désolée de ce qui t'est arrivé
et je suis heureuse que tu sois revenue.
Dès que j'ai su
que Maxime et Valentin avaient fait la vidéo,
je les ai suspendus.
-Merci. -Alors, maintenant,
tu dois tout donner.
Je crois en toi. Et avec Kenza,
vous pouvez aller loin, être toutes les deux qualifiées.
Ca va être du boulot, mais c'est à votre portée.
D'accord ? Alors, à toi de jouer.
-OK.
-Allez.
Allez.
Allonge, Kenza.
Et gaine, Kenza.
Hé, Violette...
Violette, vas-y tranquille. Vas-y tranquille.
Là, on travaille. Tu vas retrouver ta puissance.
Sois précise dans les mouvements. Tu cherches loin.
Tu récupères toute la puissance ici.
D'accord ? Allez, vas-y.
Calme, calme.
Voilà, et on gaine, Kenza. On gaine.
Va chercher devant. Colle les mains.
-Maman... -Hm...
-Je peux te montrer un truc ? -Je dois finir un dossier
pour demain, mais dis-moi en deux mots.
-Si tu es occupée, on en parlera plus tard.
-Dis-moi, je t'écoute.
-Je voulais te montrer un article sur le travail en Californie.
-Si tu veux travailler,
je te prends en stage à la banque avec moi.
-C'est la Californie qui m'intéresse.
Là-bas, tu peux tout faire, comme tante Judith avec ses croissants.
-Ma soeur était la DRH du plus gros labo européen,
elle finit boulangère, une réussite qui lui va bien.
...
-Allez, les filles ! Allez !
Vas-y, palme, Vio ! Palme !
Vas-y, vas-y, vas-y !
Reste, reste, reste !
1'46, bien !
-Lisa, à table !
-Bon, moi, je suis affamé.
-Alban, attends que tout le monde soit servi.
-Quelle histoire !
Elle t'accuse et elle retire sa plainte.
-Normal, puisque je lui ai rien fait.
Je la connais même pas.
-C'est de la diffamation.
Elle risque de changer d'avis. On devrait porter plainte.
-100 % d'accord.
C'est pas que moi qui suis concerné.
C'est le nom Le Goff.
-Je m'en occupe.
-Vous voyez pas qu'il vous mène en bateau ?
Il ment.
-Qu'est-ce que tu racontes ?
-Je t'ai vu la frapper et l'insulter.
-Frapper une fille ?
-Il lui a fait du mal juste parce qu'elle est lesbienne.
-Ta soeur dit vrai ?
-Demande-le-lui.
Si elle dit vrai, c'est qu'elle y était.
Vas-y, dis-nous. Pourquoi tu étais là-bas ?
Je suis sûr que ça va les intéresser.
-Moi aussi, je suis homo, et Violette, c'est ma copine.
-Tu dis n'importe quoi. -Non, maman.
-Sors de table.
Monte dans ta chambre immédiatement.
Et toi,
tu apprends quoi, à la fac ?
Agression à caractère homophobe.
75 000 euros d'amende. 5 ans d'emprisonnement.
-Mais vous aussi, vous détestez les pédés et les gouines.
Alors, ne me faites pas la morale !
Elle sanglote. On frappe.
Quelqu'un entre.
-Tu vas me mettre dehors ?
-Ma petite fille...
(Allez, viens là.)
Elle sanglote. (Allez...)
...
(Allez, allez.)
Allez. Elle pleure.
...
Allez... -T'es pas fâchée ?
-Mais non.
C'est contre moi que je suis fâchée.
Jamais j'aurais dû
laisser ma soeur s'occuper de toi petite.
-Qu'est-ce que tante Judith a à voir là-dedans ?
-Tu as eu envie de lui ressembler. Mais on ne choisit pas
sa sexualité
pour ressembler à quelqu'un.
-Tu crois que j'ai choisi d'être homosexuelle,
qu'un jour je me suis dit : "Je vais devenir lesbienne
"pour ressembler à Judith" ?
-Pas comme ça.
-Mais, maman...
Homo, hétéro, je savais même pas ce que ça voulait dire,
quand j'ai compris que j'étais amoureuse de ma copine en 5e.
J'avais envie de la voir tout le temps,
j'étais jalouse quand elle parlait à quelqu'un d'autre.
-Toutes les jeunes filles ont des meilleures amies.
Je sais que Malo et toi, vous êtes amoureux.
-Arrête, maman ! T'as pas choisi d'aimer les hommes,
ni moi d'aimer les femmes.
On n'y peut rien.
-Papa et moi, on va t'aider.
-J'ai pas besoin d'aide.
J'ai juste besoin que tu m'aimes comme je suis.
-Mais enfin, Lisa... Je t'aime !
Mais tu n'es pas comme ça. Tu n'es pas homosexuelle.
C'est une passade.
Tu verras, tout va rentrer dans l'ordre.
-Tu es prête pour le grand jour ? -Hm.
J'ai bien dormi, je suis en pleine forme.
-On est fiers de toi.
-Tu as fait le plus dur, là.
-C'est grâce à Lisa. -C'est d'abord grâce à toi.
Lisa y est certainement pour quelque chose.
-Merci.
-Appareil photo...
-Il est beau, ton père, comme ça. -Elle lui va bien, la chemise.
C'est toi qui l'as achetée ? -Evidemment. Et moi ?
-Ravissante, comme d'habitude.
-Mademoiselle... -Merci.
-Ah, j'ai quelque chose, là. Viens voir.
-"Courage universel est une oeuvre s'occupant des personnes attirées
"par des personnes du même sexe
"pour leur apprendre à vivre dans la chasteté."
Et puis quoi encore ?
On doit être convaincus par leurs méthodes avant de décider.
Le numéro ?
-Je regarde.
J'arrive pas à cliquer sur ce lien. Attends. On va trouver.
Là, j'ai un site qui propose des conversions médicales.
-"Plusieurs méthodes prétendent guérir de l'homosexualité.
"La thérapie par la parole, les traitements hormonaux,
"les électrochocs."
C'est pas possible.
"Les séances d'exorcisme pour les catholiques intégristes."
C'est pas possible.
"Ces pratiques sont encore autorisées
"en Finlande, Italie, Belgique, Roumanie, Bulgarie, Grèce
"et au Luxembourg."
...
Réponds, s'il te plaît.
S'il te plaît, réponds-moi.
Allez, Judith.
*-Lisa ? -(Oui.)
*-Que t'arrive-t-il ? C'est la nuit, ici.
-Je suis désolée de te déranger, mais je vais pas bien.
*-Qu'est-ce qui se passe ?
-Je vais pas bien du tout, il faut que je te parle.
*-Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
-Je sais plus quoi faire. Je suis perdue.
*-Tu es où ? Parle.
-A la maison, mais ça se passe mal.
-Alban, tu veux pas venir avec nous ?
-Non, j'ai invité Dimitri pour bosser ce week-end.
-Prenez soin de la maison.
Ah, ma chérie, mange vite quelque chose, on est prêts.
-Vous m'emmenez pas faire des injections d'hormones,
des électrochocs ou de l'exorcisme ?
-Jamais on ferait ça.
-On sait ce qui est bon pour toi.
-Non, vous voulez juste que je sois comme vous.
-Fais attention !
-Lisa, tu es méconnaissable. -Pour une fois, je suis moi-même.
De toute façon, au mois d'août, je pars vivre chez tante Judith.
-Quoi ? Ma soeur est folle, et tu es encore mineure.
-Tu crois qu'ils vont te laisser partir aux US ?
-Ils vont le faire grâce à toi,
sinon Violette va te balancer aux flics,
et là, fini, tes études de droit,
parce que tu iras en taule.
-Lisa...
La porte claque.
Brouhaha.
...
-C'est pas demain, c'est maintenant.
Vous en êtes capables. OK ? Allez, go !
Allez, on y va !
Brouhaha.
-Prêtes, les filles ? -Ca va. Prêtes.
-Allez-y, je vous rejoins.
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