All language subtitles for V2 La.Femme.la.plus.riche.du.monde.2025

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional) Download
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German Download
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew Download
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian Download
ja Japanese Download
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish Download
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal) Download
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian Download
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American) Download
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Messieurs, si vous avez besoin d'un renseignement ?

Capitaine Marchand, brigade financière.

Allez-y.

Qu'est-ce que vous faites ? Qu'est-ce que vous voulez ?

Vous êtes tous les deux en garde à vue.

C'est une perquisition.

Vous allez nous suivre.

Monsieur bonjour. Vous pouvez venir.

J'ai travaillé 12 ans chez monsieur et madame Farrère.

Je suis arrivé par une agence spécialisée.

Et là, on m'a posé une question sur la cuisson des asperges.

J'ai su répondre.

20 minutes à feu frissonnant.

Monsieur a apprécié que je vienne de Provence, que j'aie fait l'armée...

"Vous êtes un homme de la terre", il m'a dit.

Moi, j'avais jamais connu ça.

Dès qu'une lampe était cassée, il fallait la faire réparer, mais en Angleterre.

Je me suis dit que je ne tiendrais pas trois jours dans une baraque comme ça.

On dit ça et puis on reste.

C'est quoi encore ces fleurs ?

Des lys.

Toujours sinistres ces bouquets.

C'est le menu pour ce soir.

Monsieur Chirac adore la tête de veau.

Bonjour Jérôme.

Bonjour madame, comment allez-vous ce matin ?

Comme hier.

Et comme demain, je le crains.

Toujours votre migraine ?

Entre autres. Une douleur chasse une autre.

Bonjour monsieur.

Bonjour Jérôme.

Jérôme, avec ce bouquet, je ne vois pas Guy,

si vous pouviez enlever tout ça.

On se croirait à l'aéroport de Honolulu.

Tu as bien dormi ?

Oui.

Tu ne m'en veux pas d'avoir organisé ce dîner ridicule ?

Mais non, et puis ça n'est pas qu'une perte de temps.

Le ministre était ravi d'être assis à ta droite.

On est bien obligés de les inviter au moins une fois,

ne serait-ce que par courtoisie.

Pierre avait parfaitement réussi la daube de bœuf.

C'est vrai.

Tout le monde était ravi.

Mais est-ce qu'on pourra compter sur lui ?

Jérôme, c'est le même thé que d'habitude ?

Oui, madame.

Vous êtes sûr ?

Je ne veux pas avoir ces brûlures d'estomac.

C'est bien le même.

Madame, l'ordre du jour.

À 10h, votre kinésithérapeute.

11h, monsieur de Véret.

À midi, conseil d'administration.

13h15, déjeuner à la cantine de l'entreprise avec madame Jean-Marc.

14h30, rendez-vous avec médecins du monde.

15h30, retour ici pour cette interview avec ce magazine Selfish.

Et 16h, séance photo.

C'est quoi ce Selfish ?

C'est une revue. Tu n'as pas oublié ?

Frédérique y tient. Pour ton image.

Je n'ai pas d'image.

Elle pense que c'est une bonne chose.

Si j'avais dû faire des bonnes choses, je serais devenue infirmière.

Ce qu'il faut, je crois,

c'est sortir chaque année de nouvelles gammes de produits.

Nous renouveler toujours en fonction

des études de marché que nous faisons sur les modes et les tendances.

Nous ne suivons pas les tendances, nous les lançons.

Il faut veiller à ce que, dès l'extérieur,

la marque ne donne pas l'impression de se reposer sur ses acquis,

sans se réinventer, sans se remettre en question.

Merci, Jean-Marc.

Mais au-delà de ces bonnes intentions,

je ne suis pas favorable à certains de ces nouveaux produits.

Notre clientèle sait ce qu'elle achète chez nous.

Et si nous communiquons sur 100 nouveaux cosmétiques par an,

que deviennent nos classiques ?

On pensera qu'on avance sans boussole.

Au gré du vent.

On ne peut pas entrer dans le XXIe siècle avec les recettes du XXe.

Mon père disait qu'il préférait effectuer 100 contrôles qualité pour un produit,

plutôt que d'en avoir 100 nouveaux contrôlés une seule fois.

Le luxe et la beauté, ce sont nos critères.

Et c'est une tradition solide.

Mais il nous faut conquérir des nouveaux territoires.

On doit avoir une politique de développement plus offensive.

Oui, il y a le Moyen-Orient.

Toutes ces femmes d'émirs maquillées

comme des charrettes siciliennes et cachées sous un voile.

Mon père disait aussi qu'il ne faut pas consulter sans cesse ses autres actionnaires.

C'est une question de confiance, bien sûr,

mais qui doit être partagée.

Vous restez le capitaine à la tête de la flotte.

Absolument. Les investissements que j'ai fait cette année

pour la boîte seront vos bénéfices de demain.

Vous voulez faire des affaires, nous ferons des affaires.

Michelle, vous pourriez me préparer un sac avec les nouveaux produits ?

- Oui, madame, il est déjà prêt. - Merci.

Alors demain, on passe l'après-midi ensemble ?

Mais pour faire quoi ?

Un ciné, une expo, les boutiques.

Ce qui te fera plaisir.

Ah, j'adorerais ma chérie,

mais on avait dit qu'on était ensemble demain ?

Oui.

Ben, j'ai oublié.

Merci, Michelle.

C'est très snob comme revue.

Mais j'ai pas du tout envie de faire ça.

J'ai mal au dos.

Mais c'est l'occasion de raconter un peu qui tu es.

Tes goûts, tes aspirations.

Si les gens voient que tu es un être humain,

ils auront une autre idée de la femme la plus riche du monde.

Je n'ai pas à me justifier d'être qui je suis.

Non, bien sûr que non.

Mais en France, les gens détestent les riches.

Puis, avec la gauche au pouvoir...

On ne s'en sort pas si mal.

Avec Mitterrand Président, c'était un économiste déplorable,

mais on n'a pas fini devant le peloton d'exécution.

Tu n'es pas en train de m'inviter à ta dépression ?

C'est qui ce photographe ?

Il a un nom, un prénom ?

Pierre-alain Fantin.

Ah, lui !

Il fait des très belles photos.

Il a une réputation épouvantable

Qui en a une bonne ?

Moi, je le trouve charmant.

Tout le monde sait qu'il a plumé cette pauvre Adelaide Brunière

qui il l'a même poussée dans l'escalier.

Cette vieille rumeur.

C'est ça ta trouvaille ?

Je pense que c'est une bonne idée.

C'est ton amant ?

Je suis mariée.

Je n'ai pas d'amant.

Oh, si les femmes mariées n'ont pas d'amants, qui en a alors ?

Vous êtes la femme la plus riche du monde.

Ça vous évoque quoi ?

Riche, le mot n'est pas très joli.

Fortuné, c'est mieux.

La fortune, ça va avec la chance.

La richesse s'hérite, forcément.

Mais être riche, c'est ne plus s'appartenir complètement.

À partir d'un certain chiffre, les gens déraillent.

Il faut beaucoup de talent pour être riche.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je ne suis pas la reine d'Angleterre.

Je travaille, je suis une femme d'affaires passionnée

et j'espère un peu compétente.

Où s'arrête le pouvoir de l'argent ?

Là où commence le goût de la vie.

Merci, madame.

Et où va-t-on faire les photos ?

C'est le choix de Pierre-Alain. Il a un oeil imparable.

Je suis très heureuse de vous rencontrer.

Ah !

Vous ne vous souvenez pas de moi ?

Vous nous êtes déjà vus ?

Oui, il y a quelques années chez les Lazareff.

Oui, mais vous ne parliez qu'à Malraux.

Je n'osais pas vous aborder.

Vous paraissiez si inaccessible.

Si belle, si mystérieuse.

Vous faisiez penser à certaines stars de cinéma.

Oui, on m'a dit ça, déjà.

Ça ne vous embête pas de mettre un autre pantalon ?

Vous voulez que je me change ?

Celui-là est très élégant, mais pardon, il est un peu banal.

Un peu bourgeois.

Je veux que cette photographie raconte parfaitement la femme que vous êtes.

Qui a eu un destin,

mais pour qui tout n'est peut-être pas fini.

Dans le sens où elle a des choses à accomplir.

Bref, ce que je veux voir, c'est une héroïne.

Alors ?

On va rester sur un pantalon, ça permettra des poses plus variées.

Trop femme d'action, ça.

Femme d'action, c'est pas si mal.

Pourquoi vous lui hurlez ?

Je ne sais pas, on m'a dit que vous étiez sourde.

Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ?

Non, on dirait un pantalon de majordome, ça.

Celui-ci ?

Voilà, ça c'est bien.

Alors mettez une chemise,

quelque chose d'un peu masculin, sans être Lesbos.

- Celle-là ? - Formidable.

Là, vous allez être sublime, divine, exceptionnelle.

Je ne suis pas très sensible à la flatterie.

Ouais, c'est bien, là.

Vous avez l'air de dire :

vous ne m'aurez pas.

J'ai mis une chemise d'homme parce que je vous emmerde.

Et je ne porte pas de bijoux.

Justement parce que je suis riche.

Je peux vous décoiffer ?

Vos cheveux, c'est pas possible.

Qu'est-ce qu'ils ont, mes cheveux ?

Ils sont morts, c'est mort, c'est mou, ça ne bouge pas, ça ne respire pas.

J'ai vu des poupées bas de gamme au rayon jouet des Galeries Lafayette

dont les cheveux étaient plus vivants. Regardez-moi ça.

Qui a fait ça ? Qui est l'assassin ?

Alexandre Zouari...

Ah, ben tout s'explique.

La zouari.

La tueuse.

Et qu'est-ce que vous faisiez à votre âge au rayon jouets ?

Je ne draguais pas, rassurez-vous.

Touchez pas vos cheveux.

Touchez pas cet animal mort.

Ne faites pas la gamine.

Vous... vous me faites rire.

- Elle est magnifique, non ? - Oui.

J'ai bien fait d'insister.

Oui.

Vous aussi, un jour, je vous prendrai en photo, Frédérique.

Regardez-moi.

Vous êtes jolie sans vos lunettes.

Sans elles, je ne vois rien.

On s'en fout, ce qui compte, c'est qu'on vous voit, vous.

Merci.

Vous me libérez, déjà ?

Il faut insister.

C'est un état de grâce.

Merci pour vos conseils, M. Fantin.

Et quand verrai-je les photos ?

C'est moi qui les choisis.

Vous les découvrirez dans la revue.

Bon.

On se reverra, peut-être.

Je trouve qu'on devrait.

- Au revoir, Frédérique. - Au revoir.

Je suis dans l'annuaire.

Mon mari est juif,

mais ma famille l'a acceptée sans réticence.

Comme je dis souvent, je l'ai connu en chaussettes.

Très jeune.

Et je l'ai attendu.

Oui, j'ai fait un mariage d'amour qui n'était pas exactement

ce que ma famille avait imaginé pour moi.

Ils l'ont accepté.

On a trouvé un beau duplex juste en face.

On n'avait qu'à traverser la rue pour se voir.

C'était très gai.

Je crois pouvoir dire qu'on était une famille unie,

complice même.

Jean Marc et mon père s'aimaient beaucoup.

Beaucoup.

Qu'est-ce qu'elle est belle.

Oui, madame, on m'a fait acheter une centaine

pour tous ses amis et nous tous dans la maison.

Regarde.

Oui, mais c'est pas en couleur.

Très belle photo.

Moi, j'adore. Elle est superbe.

T'as vu, c'était une bonne idée.

Je suis ravie.

Bonjour, Marianne. Bonjour.

- Bonjour. - Bonjour.

Jérôme, on en était où de notre liste ?

Baronne Philippine de Rothschild, madame.

Je crois qu'elle à Mouton pour les vendanges.

Alors après, deux exemplaires pour le professeur Bernard.

Il en mettra un dans sa salle d'attente.

Voilà, il faut envoyer ça maintenant.

La poste est fermée, madame. Dimanche.

Faites-la ouvrir.

Jean-Marc, qu'en pensez-vous ?

Le rédactionnel a l'air bien.

Quel enthousiasme.

Faites attention à ne pas me le corner, j'ai peur de ne pas en avoir assez.

Tu es contente ?

Je suis enfin sortie du musée Grévin.

Le gigot est prêt.

Madame est servie.

Allons déjeuner.

Non, je ne donne pas un copec.

Attends, ils accrochent des merdes toute l'année à Beaubourg.

Il faudrait que je paie pour être vu ?

Et Guéran Hermès.

Il ne peut pas mettre quelques billes ?

Eh bien, appelle-le, oui, maintenant, oui.

Oh là là, salut.

Attends, il faudrait que je paie pour les petits fours.

Excuse-moi, je rêve.

On se demande vraiment à quoi servent nos impôts.

Oui.

J'ai cours. Je suis à la bourre. Je fonce.

T'es trop studieux, Raphaël.

Moi, à ton âge, j'avais déjà écrit deux romans.

Et Aragon...

Te comparer à Radiguier, qui, lui, est mort avant.

T'est beau.

Mais la beauté n'est pas une promesse de bonheur.

Tu sais ce que mon oncle Jacques m'a dit

quand j'avais 18 ans ?

Pierre-Alain, t'es tellement beau qu'on aura vite fait de t'enculer.

Un visionnaire.

À ce soir.

Je suis désolé, madame et monsieur vont avoir un peu de retard.

Alors, ils comprendront si vous leur proposez un nouveau rendez-vous.

Oh non, attendez, je suis là, j'attends.

Bon, alors suivez-moi.

Comment vous appelez-vous ?

Jérôme.

Jérôme ?

C'est un peu cintré, non, pour une tenue de majordome ?

Pardon ?

C'est ça.

Fais l'innocente, va.

On va venir vous chercher.

Décidément, je ne m'y fais pas.

Y a-t-il rien de plus sinistre que le bon goût ?

Vous savez pourquoi vous êtes belle sur mes photographies ?

Parce que moi, je ne photographie pas les gens, je les emporte, je les embrasse.

Que des gens soient célèbres ou non, je m'en fiche.

C'est comme un gros appétit sexuel, une grosse faim.

Je déteste tout ce qui est faux.

Vous n'êtes pas obligé de me passer vos grosses pattes sous le nez, comme ça,

même si elles sont parfaitement manucurées.

Je fais mon service, monsieur.

C'est ça.

Moi, je mène la guerre aux mensonges.

C'est pourquoi je ne photographie jamais vos amis les politiques.

Parce qu'avec eux, tout est comédie, simulacre.

Ce n'est pas de leur faute. Même quand on est sincère,

il faut la jouer, la sincérité de la main sur le cœur.

Autrement, les gens ne vous croient pas.

J'aime beaucoup.

Vous changez le plan en or.

On disait ça de votre père, aussi, je crois.

En affaires, mon père était un immense artiste,

il créait comme il respirait, il osait tout,

rien ne le faisait reculer.

Mon père non plus, rien ne le faisait reculer.

Il me battait,

il me giflait, pour un oui, pour un non, du soir au matin.

Il me pendait par les pieds, il me cognait la tête contre le parquet.

Quelle horreur.

Et votre mère, qu'est-ce qu'elle faisait ?

Elle regardait ailleurs.

Mais arrête de glapir, Guy.

Je glapis ?

Oui, c'est exact, vous glapissez.

C'est parce que, pardon, je trouve cette photo sinistre.

La photo, tu n'y connais rien.

J'ai été ministre des Affaires Culturelles.

Deux mois et demi !

Et je suis membre de l'Institut.

Et puis toi non plus, tu n'y connais rien.

Mais je suis bonne élève.

Quand je vois ces photos, je me dis qu'il y a un monde, un univers différent,

que j'ignorais.

Je la prends.

Mais je vous demande de ne pas me refuser ce que je vais vous demander.

Combien vous faut-il pour la publication de votre catalogue d'exposition,

au centre Pompidou ?

250 000 francs.

Tu vas payer 250 000 francs, cette épave ?

Pour moi, ce visage est aussi beau et classique

que ceux des dieux de L'Olympe, Guy.

Tout le monde me demande de l'argent.

Ça me changera des ministres, des médecins et des chercheurs

qui promettent de sauver la planète et je ne dois rien venir.

Et puis, qu'est-ce que c'est que ces sommes pour nous ?

La place d'une femme riche

n'est pas sur une chaise longue à attendre la mort.

Moi, je veux être au contact avec le monde.

J'en ai besoin.

Je veux que vous soyez reconnu.

Mais si je peux me permettre, Pierre-Alain,

pour votre exposition, pas de dessert.

Perdez quelques kilos, 4 ou 5.

Et pesez-vous tous les jours,

à la même heure.

Soyez sortable.

C'est passionnant de parler sur le talent d'un artiste.

Un risque à courir.

Et voilà.

Ça me gêne.

Croyez-moi, c'est un meilleur placement que certains de vos tableaux.

Degas, un mauvais placement ?

Surtout quand c'est un faux.

Un faux ?

Bon, enfin, évidemment, regardez, ça, c'est pas son trait.

Le sien est beaucoup plus diffus.

Même le pigment, ce n'est pas le sien.

Non, ce n'est pas parce qu'on a de l'argent qu'il faut acheter n'importe quoi.

Regardez cette pendule, elle est absurde.

Et ces petits bronzes, là.

Et ça.

Allez, hop, au grenier.

Ces deux fauteuils, là, ils ne sont pas anciens, ils sont vieux !

Cette maison n'a pas l'éclat que vous méritez, Marianne.

Moi, quand je rentre dans un endroit qui est mal décoré, c'est plus fort que moi,

j'ai des crises d'étouffement, c'est comme une allergie.

- Des étouffements, vraiment ? - Oui.

J'en ai, moi aussi.

C'est vrai ?

Encore quelque chose que nous partageons.

Décidément, on est comme deux frères et sœurs, vous et moi.

Mon grand-père, Isaac Spielman,

rabbin à Thionville, puis à Annecy,

a toujours refusé de quitter la France pendant ces années sombres.

Il voulait rester proche de sa communauté,

partager leurs souffrances.

Il a pu sauver 700 d'entre eux

en les informant d'une rafle qui était imminente.

Puis, déporté en avril 1943, avec ma grand-mère,

il n'est pas revenu d'Auschwitz.

Mais aujourd'hui,

cette cérémonie pour la bar mitzvah

de son arrière-petit-fils,

témoigne à quel point il est encore présent

parmi nous et dans nos mémoires.

Voilà. Je vous remercie.

Tu ne vas pas rester vissé sur ta chaise toute la journée, si ?

C'est la bonne place pour vérifier que personne ne vole rien.

Le discours de Jean-Marc était bien, non ?

Je l'ai trouvé émouvant.

Oui.

- Madame Jean-Marc. - Regarde Frédérique.

Elle est radieuse.

C'est le zèle des convertis.

On dit que vous écrivez un livre, sur la Bible ?

C'est plutôt un livre sur les relations entre les juifs et les chrétiens.

J'essaye modestement de...

d'éclairer ceux qui, comme nous, ont fait un mariage mixte.

Et c'est Alain Decaux qui va faire la préface ?

C'est pas un peu rasoir, la Bible ?

Pas du tout.

C'est très beau. Je revissais le livre de Job,

qui était donc l'homme le plus riche et le plus puissant d'Israël,

et Dieu lui a tout pris, tout enlevé.

Eh bien, il a fini sa vie sur un tas de fumier, heureux.

Il disait : « Dieu me l'a donné, Dieu me l'a ôté. »

Fabrice, avez-vous cette enveloppe ?

Charles !

Voilà.

Et pourquoi ?

Assez de privations, ton premier million.

À ton âge, mon père m'avait donné ça.

Mais ne le dépense pas n'importe comment.

Merci, Marianne.

Tu plaisantes.

Mais pourquoi donc ?

Il sera peut-être un jour à la tête de la boîte.

c'est bien qu'il commence dès maintenant à gérer son argent.

Et puis c'est un bon test, c'est amusant.

S'il le dilapide on sera fixés.

Et t'en avais fait quoi, toi de ton premier million ?

Ah mais je l'ai toujours.

Jean-Marc, ne me dites pas que vous aussi vous êtes choqués.

Mais Marianne, ce n'est pas possible.

Ça n'a aucun sens.

Un million à son âge, tu lui donneras quoi à son mariage ?

Non, je ne suis pas d'accord.

Tu sais très bien qu'on essaie de l'élever dans une certaine rigueur.

Il a que 1000 francs d'argent de poche par mois et il prend le bus.

L'argent, ça se mérite.

Parce que toi, tu as été contrainte de gagner ta vie ?

Il y aurait un travail qui m'aurait échappé ?

Ne le prend pas mal, mais c'est non.

Mais c'est pas juste.

Écoutez la voix d'un enfant.

Tu as des parents puritains, mon pauvre chéri ?

C'est pas à toi de décider.

T'es sûre, Frédérique ?

Certaine.

J'admirais profondément Marianne,

c'est une femme remarquable, intelligente, singulière,

nous avons échangé des milliers de lettres.

Elle écrit comme elle parle, avec une élégance nette.

Ce qu'elle m'a donné n'est rien à côté de ce qu'elle m'a appris.

Notre amitié était belle.

Elle avait une couleur, le bleu, comme un Matisse.

Allez ! Oh là là, rien dans la tête, rien dans les bras.

Allons-y !

Terminus, tout le monde descend.

Station Palais-Royal, musée du Louvre.

Ça me donne envie de chanter la marche nuptiale.

Carrément !

Alors ?

- Ça vous plaît ? - C'est magnifique !

Alors !

Arrêtez !

Je vais vous rouler une pelle !

Si j'ai envie !

- Devant la plèbe ! - Arrêtez, non !

Allez, virez-moi cette croûtasse, c'est atroce.

- Vous l'enlevez ? - Ah oui, bon débarras.

Ne mettez pas le masque africain devant le Rousseau, c'est redondant.

Créez du contraste, mettez-le devant le Turner.

Soyez créatifs.

Vous êtes nul en contraste.

Voilà, vous n'avez rien à faire là, la bonicherie.

Dehors !

- Allez ! - "Heraus" !

Voilà.

Jérôme, apportez-nous du champagne au lieu de rester les bras ballants.

Grosse flemmarde.

Ah, on a bien travaillé, non ?

Une collection "stargast", une fantaisiste, une âme.

Et beaucoup de travail.

Et un peu d'argent aussi.

Je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler.

Qu'est-ce que c'est que cette horreur ?

C'est Frédérique ?

Oui, à 13 ou 14 ans, je crois.

C'est une photo que Guy aime beaucoup.

Enfin, vous n'allez pas tomber dans les photos de vacances et de communion.

Oui, mais je ne peux tout de même pas priver Guy des photos de sa fille.

Famille, je vous aime.

Madame.

Merci, Jérôme.

Madame...

Vous méritez mieux que Guy.

Tout ce qu'il fait est étroit, prudent.

Vous êtes une reine, lui c'est un bourgeois.

Que voulez-vous que je fasse ? Que je me remarie ?

Et pourquoi pas ?

Tchin !

C'est gai !

C'est frais maintenant.

Tout cela vous reviendra un jour.

Ah ?

Le masque africain, les tableaux, les lampes.

Cette collection, vous l'avez faite avec moi.

C'est normal qu'elle vous revienne.

Vous savez qu'on s'embrasse pour moins que ça

dans les bosquets voisins.

Ne plaisantez pas, je suis sincère.

Grâce à vous, c'est comme si je revivais.

Je ne suis plus malade, j'avais toujours quelque chose.

C'est comme si je sortais de mon sarcophage.

Guy !

On disait du bien de toi.

Comment me trouves-tu ?

Comme la maison.

Nouvelle.

C'est un phallus ?

Oui.

Vous ferez attention en le stiquant, Guy.

C'est une pièce de collection, ce n'est pas un sextoy.

Oui ?

Ça va, monsieur ?

Ma foutue goutte.

Faites-moi couler un bain.

Qu'est-ce que ça devient,

votre frère, qui cherche un hôtel ?

Il y avait quelques trucs en Bretagne,

près de Quimper, mais avec son CV, les gens sont méfiants.

Vous auriez pu suivre le même chemin que lui ?

C'était pas loin, oui.

Qu'est-ce qu'il vous reste de cette époque ?

Une gourmette.

Un tatouage ?

Je mets laquelle ?

La bleue ou la rouge ?

Mets la rouge.

Merci Amidou, va ouvrir.

Ouf, c'est trop haut.

Je vais vous donner de quoi faire mettre un ascenseur.

Un ascenseur ? Vous me gâtez trop.

Non, c'est égoïste. Sans ça, je ne pourrais jamais revenir.

Attention, ce n'est plus du mécénat ça, c'est illégal.

S'il fallait la prendre au sérieux, la loi.

C'est un pigeonnier.

Alors, je vous ai apporté mon pain grillé et mes fromages,

de la mimolette vieillie et mon chèvre, très crémeux.

Magnifique.

Amidou, où est-ce que tu vas les mettre ?

Au frigo.

Et voilà, l'andouille. Au frais !

Sur le rebord de la fenêtre !

Oh, domestique, c'est un monde d'ignorance !

Savamment entretenu au fil des siècles.

Leurs cerveaux se sont atrophiés !

Vous ne savez rien, vous ne vous intéressez à rien !

Résultat, qu'est-ce qui se passe ?

On passe les plats, on les lave et puis on les repasse.

- Vous vivez seul ici ? - Non.

Ah non.

Oh non.

C'est un peu étroit.

Il n'y a rien de libre dans les appartements mitoyens.

Ça, c'est mon rêve de m'agrandir.

Abattez une cloison.

Moi, je veux faire plus que ces femmes-là.

Je crois qu'elles n'ont pas compris qui vous étiez.

C'est vrai ? Vous croyez en moi ?

Vous avez tous les dons.

La littérature, l'image.

Vous ne m'avez pas lu !

Vous peignez aussi.

Un jour, je soumets un de mes dessins à Dali.

Il me dit : "jeune homme, votre trait est trop épais,

comme l'est peut-être votre queue."

Mais ces femmes que vous avez connues, vous les avez aimées ?

Oui.

Ah, vous voulez savoir si je les ai baisées ? Non.

Non, mais il y a plusieurs sortes d'amour.

Il se crée un lien plus rare, plus fort, plus précieux.

Les pattes à la Sylvana Mangano.

Ah, merci beaucoup, Amadou.

- Amidou. - Oh, pardon.

- Oh, c'est pas grave. - Amidou.

Vous avez eu un regard réprobateur

tout à l'heure quand je me suis adressé à Amidou.

Oui, je vous ai trouvé dur.

Je déteste les gens

qui traitent leurs employés avec égard,

comme si c'était des inférieurs.

Moi, je leur parle, je leur rentre dedans

comme si c'était des membres de la famille.

Je vous regarde

et je n'arrive pas à voir la femme d'affaires en vous.

Détrempez-vous. Pour moi, c'est une passion.

Je la dois à mon père, que j'adorais.

Les affaires, c'est comme un grand jeu, une grande devinette.

Mais il faut une vision,

un oeil sur ce qui va se passer demain.

Moi, je sais exactement où est mon argent,

où il va et ce que j'en fais.

L'entreprise, c'est vraiment ce qui a de plus important pour vous.

C'est important pour tous les pays,

pour tous les gens qui y travaillent.

88 000 dans le monde, je ne peux pas les trahir.

Nous sommes les meilleurs.

Je ne peux pas cracher dessus, ça serait une folie.

Et Frédérique, comment va-t-elle ?

Elle a fait un disque, où elle joue du bac.

Un disque ?

Ah, mais il est introuvable.

Nous les avons tous rachetés.

Elle s'invente une vocation, elle fait ce qu'elle peut.

Elle a un nom qui est lourd à porter.

Vous savez que j'ai appris très récemment que mon père était juif ?

Fantin, c'est pour Fanztein.

Ah bon ?

C'est horrible, ça.

C'est fou, quand même,

parce qu'on passe notre jeunesse à se construire sur quelque chose,

et puis patatras, d'un coup, on se rend compte que c'est du vent.

Je comprends.

Enfin, vous, vous êtes à l'abri.

Pourquoi ? Comment vous me voyez ?

Bon, enfin, vous n'êtes pas assise

sur un petit tas de misérables secrets.

Vous avez de la hauteur.

Vous savez ce que disent les Américains ?

"You feel lonely at the top". (Tu te sens seul au sommet)

Abandonnez tout espoir, vous êtes déjà entré.

- Salut Pierre-Alain. - Ça va ?

Betsy !

J'ai eu peur de ne pas te retrouver.

Je ne te voyais plus.

J'ai pensé à toi.

Tu me gâtes.

Je te présente Marianne.

Enchantée, madame.

Vous êtes magnifique.

Tu veux me rendre jalouse ?

C'est Marianne qui a acheté ta photo.

Ma photo ?

Je ne veux même pas la voir. Je suis affreuse.

Il vous l'a vendue combien ?

Non, non, ne me dites pas.

Hé, voleur.

Betsy, c'est une femme qui a choisi sa vie.

Elle était mariée avec un médecin sur le parc Monceau.

Elle avait des relations, des enfants, des tailleurs Chanel.

Et puis elle a tout plaqué du jour au lendemain.

Et vous, madame, vous faites quoi dans la vie ?

Moi, je suis dans les cosmétiques.

Et vous ne regrettez rien ?

Non.

C'est ma liberté.

C'est mon luxe.

Betsy, tu veux bien nous chanter une chanson de ton répertoire,

- s'il te plaît ? - Oui, si tu veux.

Mais, je la vois fatiguée.

Merci, chérie.

♫ J'habite un pays étrange ♫

♫ De vapeur et de fumée ♫

♫ J'y dérobe la part des anges ♫

♫ jusqu'à sombrer ♫

♫ Pour que nul ne me dérange ♫

♫ je joue les folles alliées ♫

♫ Je me roule dans la fange ♫

♫ mais je voudrais ♫

♫ Je voudrais que me reviennent ♫

♫ des jours passés ♫

♫ L'odeur d'ivresses anciennes ♫

♫ et de baisers ♫

♫ Mais ces parfums se consument ♫

♫ dans le tabac ♫

♫ dans l'alcool qui les embrume ♫

♫ à chaque fois ♫

J'étais inquiet.

T'as pas dormi, là.

Tu t'es amusée au moins ?

Mais ne me regarde pas comme ça !

Je fais ce que je veux.

Avec Pierre-Alain, je m'amuse.

On vole, on frise.

Jérôme, je peux avoir des oeufs au jambon.

Je prendrai dans ma chambre.

Bien, madame.

On dit beaucoup de mal des gens riches.

Qui sont plus durs.

Plus égoïstes.

C'est vrai qu'ils lâchent pas comme ça leur argent.

C'est pour ça qu'ils restent riches.

Mais au fond,

ils sont pas plus armés que nous pour l'existence.

Et même,

ils cherchent, ils essaient de vivre ce que tout le monde vit.

Ils sont sur une autre planète.

Ah, les voilà !

Elle est là, ma petite chérie !

Comment ça va ?

Mieux, puisque vous êtes là.

Alors, je vous présente Raphaël Dalloz.

- Bonjour, Raphaël. - Bonjour, Marianne.

- Bienvenue. - Merci.

Alors, les vacances avec Guy et Frédérique,

c'est un peu comme une retraite chez les carmélites.

Vous priez, vous ?

Guy oui, et puis il fait des patiences sur son lit,

et Frédérique ramasse des coquillages sur la plage avec son fils,

et des tas de bestioles.

Oh, quelle horreur !

- Bonjour. - Bonjour.

Frédérique, ça me fait tellement plaisir de vous revoir.

Justement, Marianne me disait que vous passez de magnifiques vacances.

Je vous présente Raphaël Dalloz.

Bonjour.

Bonjour.

Bonjour.

Ça dérange pas ta mère que tu passes tes vacances avec son ex ?

Ce salaud a quand même planté ma mère pour cette bonne femme.

Quand je pense que tu as failli être le fils Spielman.

Viens, on va se baigner.

Je vais mettre mon maillot.

Non, pas besoin, Guy et Marianne se baignent nus.

- La chatte à l'air ! - Non ?

Oui !

Ne bouge pas.

T'est magnifique dans cette lumière.

Je t'interdis de bouger. Si tu bouges, je te tue.

Ne me regarde pas.

On adore.

Je t'aime.

Eh ben dis donc, ça nous change de Bach.

Nous n'allons pas trop loin tout de même.

Ramez, ramez, chérie.

Vous êtes sur la Volga

"Ne tuez pas les goélands qui planent sur les..."

Ce matin, elle avait mal au dos.

- Et voilà ! - On tourne en rond.

Tu sais, une fois, on pourrait passer des vacances ailleurs.

Le monde est vaste.

Pourquoi ?

T'aimes plus ici ?

On ne leur manquerait pas beaucoup.

Comprenez-moi, Marianne, c'était pas de l'ennui.

J'ai besoin de créer, c'est tout.

Et là, j'ai envie de peindre.

Je n'ai rien.

Pas de pinceau, je n'ai pas de toile.

Je suis désespéré. Qu'est-ce qu'on peut faire ?

Eh bien, on va envoyer le jet.

C'est vrai ?

Oh, merci, ma grosse !

Merci, merci, merci.

Oh, merci, merci.

Ah, Pierre-Alain, il faut vous couper les ongles, vous griffez.

Avec l'eau de mer, sa pique.

C'est une brute.

Oui, c'est vrai, je suis une brute.

Je suis une brute quand j'aime, il faut que je morde.

Je ne peux pas m'empêcher, il faut que je mange tout cru.

Scrabble.

Ah, ce qu'elle est bonne !

Viens te baigner.

- Vous devriez venir nager, elle est délicieuse. - Je pars.

Alors, il faut vous mettre de la crème dans le dos, mon bon Jérôme.

Vous allez attraper d'affreux coups de soleil.

Regardez-moi ça.

Vous êtes tout rouge.

Vous aussi, Guy.

Bon, allez, ça va.

- C'est vrai ? - Bien sûr.

Je ne lui ressemble pas.

Vous me voyez comme ça ?

Une version Guernica de vous.

Frédérique, non plus, vous n'arrivez pas à dormir ?

On va se tenir compagnie.

Vous avez toujours été comme ça ?

On va mieux quand on ose.

C'est splendide.

Rien ni personne ne dérange le regard.

Sauf quand Jérôme fait le service.

Notre chambre est merveilleuse.

Vous nous la réservez pour les 20 prochaines années.

Elle est à vous.

J'aime bien quand vous êtes décoiffée comme ça.

C'est libre, ça respire.

Vous savez ce qu'on va faire, Marianne, comme un jeu.

Je vais vous aider à déverrouiller tout ce qui est fermé en vous.

C'est vous qui avez la clé.

J'aimerais porter un toast

à Marianne et à Guy qui nous accueillent si généreusement

Raphaël et moi, les deux sodomites.

On a l'impression d'être adoptés,

de faire partie de la famille.

À Guy et à Marianne.

Vous pourriez vous faire tatouer, non ?

- Me faire tatouer ? - Oui.

- Moi ? - Un dragon.

Ou une rose sauvage.

Comme vous.

Pleine d'épines qui partirait de l'épaule jusque dans le creux du cou.

Non ? Comme au Japon, les Yakuza.

Oui, ce serait joli.

Et vous, Jean-Marc, vous n'avez jamais songé à vous faire tatouer ?

Je ne sais pas, par exemple, les initiales d'un amour de jeunesse ?

Encore faudrait-il pour ça s'en souvenir ?

Catherine.

Elle s'appelle Catherine, non, ta maman ?

Oui.

Non ? ça ne vous dis rien, Catherine ?

Côté du Cap-Ferret ?

Et puis, pfut !

Disparu, le prétendant.

Elle a appris votre mariage par le carnet du Figaro.

On peut s'apercevoir qu'on s'est trompé.

J'espère que votre mère va bien.

Oui, elle va bien, oui.

Bon, Pierre-Alain, taisez-vous.

Racontez-nous plutôt votre déjeuner avec Mitterrand.

Vous avez vu le président ?

Oui.

C'est un vieux magot, mais malin.

Vous savez ce que je lui ai dit ? Je lui ai lu son avenir.

Je lui ai dit qu'il était tout rose.

Je l'aime beaucoup.

Jeunes, nous étions inséparables.

Mais nous n'avions pas une seule idée commune

sur la manière de gouverner un pays.

Ah oui, je sais ça.

Et puis, il y a eu Vichy.

Ah, vos folles années.

Que de souvenirs merveilleux pour vous deux !

Euh, encore ces vieilles lunes.

Vous connaissez mal cette période.

Personne n'ignore que mon père a reçu la médaille de la résistance.

Et que Mendès-France l'a pris dans son gouvernement.

C'est une forme de réponse, il me semble.

Pierre-Alain plaisante, Frédérique.

On est obligés de trouver ça drôle ?

Enfin, Guy, tu ne vas pas prendre ça au sérieux.

Tu ne vois pas qu'il se moque de toi ?

Ah, vous me taquinez. C'est affectueux, en somme.

Absolument.

Jérôme, elle est où ?

Oui, je suis là, monsieur.

Vous pouvez me resservir un peu de champagne, s'il vous plaît ?

J'aimerais porter un deuxième toast à la République.

Une et indivisible et au brassage social.

Alors, je vous le dis, Jérôme, Raphaël ne serait pas contre

que vous lui tailliez une petite pipe.

Comme ça, vite fait.

Alors, promis, je ne regarde pas.

Oui, c'est ça. Oui.

Qu'est-ce que je dois dire, monsieur ?

Monsieur Fantin a une crise.

Elle va passer.

Vous êtes incorrigible, Pierre-Alain.

Frédérique !

- Tu vas un peu loin, là, non ? - Ils adorent ça.

Ah non, j'ai jamais vu ça.

Une telle grossièreté

et ses allusions graveleuses à longueur de temps devant Charles.

Je parle même pas de la bande-son de ses ébats sexuels.

Je reconnais pas ma maison.

Oh là là, on va pas en faire toute une histoire.

Et puis c'est pas ta maison, c'est la mienne.

Et ce qu'il a osé dire à mon père ?

Avoue que l'air était irrespirable.

Dis-lui n'importe quoi.

Dis-lui qu'on est obligé de partir, qu'on rentre à Paris.

C'est impossible, c'est très grossier.

Et puis je n'en ai aucune envie. Je m'amuse, moi, ici.

Il est hors de question que je passe une seconde de plus avec ce Picassette.

Mais tu n'es pas obligée de rester, ma chérie.

Vous êtes tout rouge.

Vous pouvez mettre de la crème.

Nous avons ça en magasin.

C'est divin.

Où sont les autres ?

Frédérique, vous en veut beaucoup pour hier.

Ça va, un peu d'humour, merde !

Qu'est-ce qu'il vous a pris ?

Pourquoi ça vous tient tellement à cœur, cette histoire ?

Mon père est juif, je vous rappelle.

Mais il avait aussi la maleste.

Je peux vous dire quelque chose ?

Bien sûr.

C'est une réflexion d'une de mes plus vieilles amies.

Séduite par Fantin,

ruinée par Fantin.

Vous ruiner, vous.

Mission impossible.

En fait, elle n'a peut être tout à fait tort, cette cruche.

Je suis un escroc.

Un imposteur,

un voleur, un menteur professionnel.

Vous êtes sévère.

Je ne suis ni un héritier, ni un gigolo.

Je suis un savant mélange des deux.

Je suis l'homme qu'on aimerait haïr.

Alors, qu'est-ce que je fais ici ?

Marianne,

pourquoi m'avez-vous invité ?

Je suis curieuse.

Je veux savoir jusqu'où ça peut nous mener.

Jusqu'à ce que les chiens méchants vous mordent.

Il recommence avec son chien, mais ce n'est pas vrai.

Il me mord.

C'est terrible.

La dernière fois, il a fait ça en arrivant chez Lip.

C'est vrai, j'ai léché les couilles de Jean Dormaisson.

Pas facile à trouver.

Ah, assis.

Oui, tiens.

Viens là. Voilà.

Vous vous rendez compte de ce que j'endure ?

C'est l'heure de mon nonos.

Qu'il est bête.

Je fais des grandes photos et des petits livres,

et ce n'est pas une question de format.

La précocité, c'est une malédiction.

Parfois, on en meurt.

On attendait trop de moi,

et j'attendais trop de moi.

Je me suis éparpillé.

C'était une façon de fuir.

Mais on peut voir sa vie comme une œuvre.

Tiens, il y en a encore.

En 20 ans, M. Fantin est passé du petit Mozart des lettres

à une sorte de Minou Drouet quadragénaire.

"Fantin, une imposture", c'est le titre.

Les faveurs d'Aragon ou Mauriac

s'adressaient plus à la frimousse de l'auteur

qu'à ses qualités stylistiques.

Fantin, l'ex-égérie des années 70,

est devenue une caricature de Dorian Gray.

il porte sur son visage défraîchi,

très agréable, la trace de tous ses péchés.

Et mes photos, c'est pareil.

Aucune valeur sur le marché de l'art.

Un débouché possible pour Fantin.

le carnet mondain du point de vue image du monde.

Merde ! Moi, j'arrête tout là !Assez, j'arrête là.

Oh, que vous êtes bête !

Peu importe ce qui est écrit dans ce torchon,

ce qui compte c'est qu'on parle de vous.

Tous les artistes ont toujours pris plein dans la gueule.

Et vous êtes un artiste,

un vrai artiste, donc un incompris.

- Qu'en savez-vous ? - Je vais vous le prouver.

J'ai l'impression d'être une imposture.

Je vais vous faire un contrat de 10 ans pour vos créations.

- Un contrat ? - Oui.

2 millions par an, ça vous semble une somme raisonnable

pour que vous ne vous consacriez qu'à vos oeuvres.

Raisonnable ?

Mais enfin, c'est une pluie d'or, Marianne.

Je fais ce que je veux de mon argent.

Après tout, ma fortune je l'ai faite sur de la mousse.

Mon père, avant de mourir, m'a dit :

« Tu as le monde entier pour toi. »

Vous aussi, vous l'aurez.

Les gens ne vous connaissent pas.

Ils vous divinisent ou ils vous traînent dans la boue.

Au fond, c'est la même chose.

La lutte ne me fait pas peur.

Je suis une lutteuse. Ça m'exciterait plutôt.

Je ne souhaite à personne d'être mon ennemi.

Je vous interdis de parler de mon père.

De le salir.

Enfin, il n'y a pas de mal à reconnaître que votre papa était nazi.

Vous n'avez pas connu cette époque.

La France était par terre.

Les gens ont cru que Pétain allait les sortir de là.

Mon père était bien trop pris par ses affaires

pour s'occuper de celles de la cagoule.

Il n'a jamais été à la cagoule.

Il l'a financé, Marianne. Financé.

Et déjà avant la guerre.

Il y a des erreurs de jeunesse.

Il avait 61 ans, le papa.

Et puis votre entreprise était, et est toujours d'ailleurs,

une pépinière à fachos.

Il y a aussi beaucoup d'israélites.

C'était un homme plein d'espérance.

Un optimiste. Un visionnaire.

Il a créé un monde !

C'était un homme remarquable, pris dans des temps difficiles.

Mais Guy, à la libération,

tout le monde croyait que vous étiez résistant.

Alors vous épousez la fille, le papa est blanchi,

et puis l'argent continue de rentrer.

Ça coule, ça coule, ça déborde.

C'est bon, là. Stop.

Si cet argent est sale, pourquoi l'acceptez-vous ?

C'est la vérité qui vous gène.

Alors, regardez-la en face, elle vous foutra la paix.

Ou alors, restez avec vos badernes

et tous ceux qui vous lèchent le cul.

Moi, je vous aime.

Alors, je vous parle avec franchise.

Vous finirez sans moi.

Je ne veux plus vous voir.

- J'ai du Bordeaux. - Hein ?

- De la part de madame du Haut-Médoc. - Merci.

- Je le dépose là ? - Oui.

Vous voulez un jus de fruits ?

Oui.

Je peux me laver les mains ?

Oui, allez-y.

Qu'est-ce que c'est que ça ?

De la part de madame Farrère.

Oui.

Parfois, un pichet de Côte-du-Rhône est moins décevant qu'un grand Bordeaux.

Ne cassez pas ce verre.

Il a appartenu à la princesse Mathilde.

Dites à Marianne que si je reviens,

c'est quand je l'aurai choisi.

Comment va-t-elle ?

Elle ne sort pas beaucoup.

Voulez-vous partager notre modeste repas ?

Je préviens, il n'y a que du froid.

À part moi.

Non, ça ira.

Oui, bien sûr, vous avez votre casse-croûte.

Votre petite gamelle.

Oui, je me casse.

Au revoir, Jérôme.

Pierre se demande s'il peut servir Madame, mais la cuisson...

Il n'a pas appelé ?

Non.

Tu es malheureuse.

Tu crois ?

Je suis seule avec ça.

Je suis là.

Je ne suis pas armée pour ça.

Faut qu'il taille les buis, là.

Oui.

Pardon, Raphaël. Bonsoir.

Bonsoir, Marianne.

Pierre-Alain n'est pas là ?

Non, il est sorti.

Asseyez-vous, je vous en prie.

Il t'a pas dit où il allait ?

Tu l'as pas vu ce matin ?

C'est sûr qu'il est pas là ?

Dans le bureau ?

Il est pas là, je vous assure.

Il ne me dit pas toujours où il va.

Parfois, il disparaît jusqu'au lendemain.

C'est un garçon tourmenté.

Mais toi, tu l'apaises.

Peut-être.

Les temps ont changé.

Je ne croyais pas que deux hommes pouvaient être heureux ensemble.

Vous m'avez attendu.

Toute la journée.

Oui.

Je suis là.

Et vous êtes là.

Il faut croire que vous me manquiez.

Moi aussi je vous attendais.

En disparaissant.

Je me sentais piégé.

Vous avez versé sur moi un torrent de bienfaits.

Ce n'est pas un piège, ça ?

Pourquoi inventer des difficultés ?

La vie est assez compliquée comme ça, non ?

Vous avez un côté fêlé, vous savez ?

Soyez simple.

Moi, j'ai une ambition pour vous.

Je souhaiterais que notre amitié s'inscrive dans l'histoire.

Un jour, peut-être, vous ferez une fondation.

Et là, je souhaiterais qu'elle porte nos deux noms.

C'est ça qui serait beau.

Vous l'entendez ?

Quoi ?

Les gouttes...

les sentant tomber alors qu'il ne pleut plus,

une à une.

Quand je me souviendrai de ce moment,

je saurai que la pluie s'est arrêtée de tomber.

Rien que pour nous deux.

Si on me reproche de donner trop d'argent à Pierre-Alain Fantin,

je me dis que c'est une bonne blague que la vie m'a faite.

Ou que moi j'ai faite à la vie.

Je ne sais pas ce qu'est l'amour,

je voulais juste que ça continue.

David Steiner, quand Guy Farrère s'engage dans La Terre Française,

un journal pro-vichy créé par les nazis,

il n'a que 20 ans.

Et alors ?

Il a écrit 64 articles qu'ils ont tout fait pour dissimuler, faire disparaître.

Et c'est grâce à un petit bibliothécaire de Versailles

qu'on peut finalement les lire aujourd'hui.

Et ils sont d'une gravité accablante.

Quand il écrit :

"Un juif sera plus facilement avare qu'un chrétien".

"Les jeunes doivent être partout les agents du maréchal".

Ou encore :

"Pour l'éternité, leur race est souillée par le sang du juste".

"Ils seront maudits de tous".

"La dénonciation est un devoir car elle sert véritablement à la collectivité".

Combien de gens ont suivi son conseil ?

En encourageant la délation,

combien ont-ils de morts sur la conscience ?

Guy Farrère est un personnage public, officiel.

Plus grosse fortune de France.

Ministre sous De Gaulle, sous Pompidou.

Ami intime de François Mitterrand, sénateur.

Selon Serge Klarsfeld,

il pourrait se voir retirer son visa pour les États-Unis.

Et sur TF1 ?

Toi, je t'avais dit à l'époque de leur acheter TF1.

Mais d'où ils ont exhumé ces vieux trucs ?

Je croyais que ça avait été pilonné.

On est les plus riches de France.

On est aussi les plus gros annonceurs.

Eh bien messieurs, vous n'aurez plus rien.

C'est fini. Quick, rideau. Plus un sou.

Et puis tout de même, nous sommes les meilleurs amis du président.

Qu'est-ce qu'il croit pouvoir faire contre nous, ce fouille-merde ?

Je vais céder ma place.

Jean-Marc doit reprendre les rênes.

Non, non, non.

Mais si, Marianne, si, il le faut.

Pour l'entreprise, c'est une question de survie.

On attend que ça se tasse. On est trop bouleversés, là.

C'est le bazar.

C'est bien ce que je dis.

C'est pour ça que je dois quitter la boîte.

Je ne veux pas qu'on parle de ça.

Et même si on en parlait, ce qui n'est pas le cas,

ça ne sera sûrement pas Spielman.

En plus, je suis sûre qu'il est derrière tout ça.

Jean-Marc, ne me dis pas de sottises.

Si je ne démissionne pas, demain,

quand la bourse ouvre, les actions sont en chute libre.

Si tout s'effondre, faites-moi signe.

Il y aura peut-être un petit stock de crème à récupérer.

Trouvons quelqu'un d'autre, je t'en supplie.

Sur un milliard de candidats, c'est le dernier que je choisirais.

Jean-Marc, c'est la seule option.

Qu'est-ce que tu lui reproches ?

C'est un sentiment. Je ne le sens pas.

Il n'est pas doué pour les affaires.

Il achèterait un cimetière,

les gens arrêteraient de mourir.

Vous avez pensé à moi ?

Avec lui, ça ne sort pas de chez nous.

Tu préfères que les autres prennent la marque, alors ?

Tu imagines l'œuvre de ton père sortant de la famille ?

C'est ça que tu veux ?

Merci.

"Des belles pour la belle. Pierre-Alain."

Jérôme, êtes-vous mon ami ?

Je n'oserait pas dire ça, madame.

Je vais vous parler librement.

En ce moment, j'ai toujours envie de pleurer.

Mais c'est drôle, je ne suis pas triste.

J'ai envie de pleurer par fatigue.

Comme les enfants quand ils n'ont pas dormi.

Vous voyez ?

Je ne sais pas si j'arriverai à supporter tout ça.

Si, vous y arriverez.

Peu de gens y arriveraient, mais vous...

Vous, oui.

J'espère que vous avez raison.

Vous ne voulez toujours pas que je vous apporte les journaux ?

Non, ça sent le pourri.

Des ouï-dires, des calomnies.

Les journalistes sont des mange-merdes.

Les fleurs, elles se fichent de tout ça.

Elles vivent en silence.

D'aujourd'hui à demain.

Elles sont belles, ces roses.

Elles sont belles, ces roses.

Mais il y a tout le reste.

Mon père m'a demandé de toujours protéger notre entreprise.

Chaque jour, j'essaie de répondre à son désir car il est toujours près de moi.

Ce qui s'écrit ça et là me répugne.

J'exige que nous suspendions nos annonces dans les médias

qui relaient encore ces malveillances contre le groupe.

Posez la question aux patrons des journaux et télé qui est pour moi ?

Celui qui n'est pas pour moi est contre moi

et devra assumer les conséquences de cette position.

Si on nous parle de censure ?

Il ne s'agit pas de censure.

Il n'est pas censé de se taire sur ce qui n'existe pas.

Je m'occupe de ça.

Très bien. Au revoir.

Au revoir.

Je ne te vois plus.

Tu sais très bien pourquoi.

Tu savais ?

Qu'est-ce que tu savais ?

- Tu les avais lus, ces textes ? - Jamais.

Ou j'ai oublié. C'est la même chose.

J'avais 20 ans, en 40.

J'ai toujours regretté ces écrits.

Vous les regrettiez en silence ?

Surtout ceux qui concernent la communauté juive.

Dites les juifs.

Je n'en connaissais pas.

Dans le catholicisme de mon enfance,

c'était eux qui avaient tué le Christ.

J'étais habité par cette idée.

Ce n'est pas moi qui parlais.

C'était un milieu, une époque.

Et puis, rendez-moi cette justice, en 1942,

j'ai rejoint Mitterrand et j'ai opté pour la résistance.

On peut avoir porté la francisque,

la jeter aux orties

et devenir président de la République.

Est-ce que tu peux comprendre, ma chérie,

que la vérité change,

que ça arrive deux ou trois fois dans une vie ?

On peut devenir un autre, non ?

Mais je suis censée faire quoi, moi, de tout ça ?

Je fais comment ?

Quel héritage.

On me l'a beaucoup reproché.

Certains n'ont pas compris,

mais j'ai accepté.

Je suis devenu la caution de l'entreprise.

J'ai ainsi assuré sa survie.

Il faut admettre qu'il y ait des amendements,

des corrections dans un itinéraire, dans une vie.

J'ai pensé à l'avenir.

J'ai pensé à mon fils.

L'idée de dynastie est universelle.

Elle doit être plus forte que les circonstances.

Elle existe depuis toujours dans toutes les cultures.

J'ai toujours su que Frédérique et son chapeau de mari voulaient me mettre à l'écart,

m'effacer.

Ils sautent sur l'occasion.

C'est comme si tout s'effondrait autour de moi.

Le travail d'une vie,

le travail de mon père.

Qu'est-ce qu'ils en savent, tous ?

C'est comme un secret qu'ils ignorent.

Une entreprise, c'est un corps, c'est une âme.

La vie, ce sont des choix affectifs.

Les affaires aussi, mais c'est beaucoup plus vaste.

Arrêtez ! Qu'est-ce que vous faites ? Regardez.

Cochonne !

S'il vous plaît, vous pouvez nettoyer ça et nous apporter l'addition.

Merci.

Je peux prendre votre main.

Quand je ferme les yeux, je crois que je suis dans mon lit.

Venez vous reposer là.

Je vous aime.

Je vous aime.

Ah Jean-Marc, ça marche pas.

Ils ne l'ont toujours pas réparé cette machine ?

Vous avez mis une pièce ?

C'est-à-dire ?

Faut mettre une pièce dans la fente là.

Tiens, c'est nouveau ça.

Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?

Un jus de cranberry.

Ah, merci.

Marianne,

peu importe ce que Guy a pu écrire dans le passé,

c'est un homme bien.

Merci, Jean-Marc.

Tu m'excuseras auprès de ton fils, j'ai mangé le dernier Eskimo.

Tu ne devrais pas manger autant de sucreries ?

Tu n'es pas mon médecin.

Tu as parlé avec Jean-Marc ?

Jean-Marc il joue ses propres pions.

C'est à dire ?

Tu sais bien, toi aussi tu joues tes pions.

Et moi, les miens.

Et c'est quoi tes pions ?

Tout le monde joue, ma chérie, c'est la vie.

Tu n'as jamais aimé Jean-Marc ?

Non.

C'est juste que...

Et puis, après tu as raison, mais pas pour ce que tu crois.

Et qu'est-ce que je crois ?

Ça m'a beaucoup blessée le jour où tu m'as dit

que je n'aimais pas Jean-Marc parce qu'il est juif.

J'ai été entouré d'israéliens toute ma vie.

Tu t'en es rendu compte.

Mais tu ne t'ennuies pas avec lui ?

Tu avoueras qu'il manque un peu de consistance, ton Jean-Marc.

Il est rusé, certes,

mais il n'a pas d'idées.

Tu es très injuste.

T'aurais pu l'aimer.

T'as bien réussi à aimer papa.

Ah mais j'aime ton père.

C'est juste que je ne supporte pas d'être enfermée dans un rôle.

Il suffit d'un femme qui dépend d'un homme,

qui se sent seule quand il n'est plus là ou quand il meurt.

Il le sait d'ailleurs. Quand nous sommes allés chercher mon alliance,

je lui ai dit : "surtout pas trop serré".

Tu peux me laisser travailler maintenant ?

Je ne comprends pas.

Je ne comprends plus, vous allez me rendre dingue.

Je ne demande rien et puis un jour c'est oui, un jour c'est non.

Heureusement que je note tout ce que vous me promettez dans un carnet.

J'ai pas rêvé, vous m'avez bien proposé

d'être au conseil d'administration de la boîte.

Non, ça je n'en ai jamais parlé.

Enfin, vous déraillez, vous oubliez tout.

Et ce contrat d'assurance, là ? Il est rédigé.

Il n'y a plus qu'à le signer.

Les assureurs me disent que ce n'est pas judicieux en ces termes.

En quoi ? Ces gens-là sont assis sur votre argent.

Madame Farrère serait soumise à d'énormes prélèvements fiscaux.

Bon, écoutez d'abord, monsieur, je sais à peine qui vous êtes.

Qui êtes-vous ? D'où sortez-vous ?

Si elle casse cette assurance vie pour que vous en bénéficiez, c'est 60%.

Mais ce n'est que du pognon. Et moi j'en ai besoin, Marianne,

pour mener à bien certains projets.

Si vous avez besoin de ces sommes, pourquoi ne pas faire un prêt ?

Avec les revenus que vous sont acquis, il vous sera accordé sans problème.

Mais ce n'est pas une question d'argent.

Je m'en fou, moi, de l'argent. Oh là là.

J'en avais avant de rencontrer Marianne.

Et vous me l'avez promis. Promis !

C'est comme les bijoux chez le notaire. Vous avez dit qu'ils me reviendraient.

Je n'ai pas inventé ça.

Vous avez même menacé de me balancer par la fenêtre si je refusais.

On ne peut pas promettre ça à quelqu'un et puis trahir sa confiance.

Peut-on parler d'autre chose que d'argent ?

Vous m'épuisez.

Enfin, c'est vous qui en parlez sans arrêt. Vous jouez avec moi.

C'est la carotte qui fait avancer l'âne.

Bon, écoutez, maintenant ça suffit, vous allez signer.

- Allez, on signe. - Allez-y, allez !

Ah, mais vous me faites mal.

- Allez, mais signez. - Mais Pierre-Alain, arrêtez, vous, vous...

Vous m'avez fait mal.

Ou alors, est que plus rien n'a de valeur, eh ?

On ne peut plus rien saisir. C'est que du vent.

Tant pis pour les impôts.

Finissons-en.

Merci, Marianne. Vous venez d'aider grandement

un ami qui a besoin d'un atelier.

Un ami ?

Oui.

Qui avez-vous ?

Autour de vous. Qui sont vos amis ?

Citez-moi un. Une. Allez-y.

Eh bien, il n'y a personne. Voilà.

- Avant de me rencontrer... - Oh, je suis fatiguée.

J'ai envie de prendre le large.

Partons.

Allons à Saint-Tropez. À Saint-Joseph.

À Saint-Moritz.

N'importe quel saint.

Singapour.

Je suis très fatigué.

Vous restez pas déjeuner, M. Fantin ?

Pas faim.

Oh, je rigole.

Qu'est-ce qu'il a, M. Jérôme ?

Il n'aime pas trop la façon dont vous parlez à madame.

Vous écoutez aux portes ? Ça c'est mal.

C'est une dispute de couple.

Il y a de l'amour là-dedans.

Vous engueulez jamais avec Bobonne ?

Madame n'est pas votre épouse et je vous laisserai pas lui faire de mal.

Oh, chevaleresque, macho.

Eh bien, je relève le défi.

Allez-y, faites-moi mal.

Tu vois là ?

Lâche ou je te pète un bras. Tu comprends ?

On ne me touche pas !

Je suis un enfant battu !

Même les bonniches sont tarés dans cette baraque.

Connard !

Vous dites qu'elle a été combien de fois chez le notaire ?

Trois fois.

Et il était toujours là, bien sûr.

Oui.

Vous avez entendu autre chose ?

On parlait aussi de tableaux.

Quel âge avez-vous, Jérôme, maintenant ?

J'ai 38 ans, monsieur.

Tu es beau, toujours.

Tu aurais pu être acteur de cinéma.

Ne sois pas gêné.

Tu rougis ?

Non.

Oui, il y a longtemps, je ne rougis plus, hélas.

Jérôme,

si un jour tu sors de ce musée,

si nous sommes morts, Marianne et moi,

tu ne seras pas trop perdu ?

Je ne suis pas manchot.

je n'ai pas peur de la vie.

Donc, on a percé le couloir entre

les deux murs porteurs. des deux immeubles,

et on a installé des poutres pour soutenir l'ensemble.

Je ne veux pas qu'on sente qu'il s'agissait de deux immeubles séparés.

L'appartement doit naturellement se prolonger de l'autre.

On passe de la petite galerie à l'atelier,

jusqu'à la piscine, dans un seul mouvement.

Oui, bien sûr, ce sera le cas.

C'est pour ça qu'on mets le même parquet dans tous les espaces.

Vous aurez forcément cette impression.

Vous pouvez vous mettre torse nu si vous avez trop chaud.

Dites.

J'ai eu Daniel Féou.

Et Bosguérard est à vendre.

Non. Alors attendez.

C'est merveilleux, j'ai l'impression de jouer aux Lego.

Bonjour, Pierre Alain.

je vous laisse.

Monsieur.

Je vois que vous vous agrandissez.

Oui, l'appartement d'à côté s'est libéré. Je fais abattre ce mur.

Bientôt vous aurez tout le pâté de maisons.

Mais vous viendrez barboter dans la piscine.

Je ne vous attendais pas, Guy.

Attention.

J'aime Raphaël.

Je ne suis pas partant pour un adultère, ni un plan à trois.

Je pars ce soir à Saint-Joseph avec Marianne.

Vous ne m'avez pas invité.

C'est un voyage de vieux amoureux.

Vous viendrez la prochaine fois.

Je veux vous parler, Pierre-Alain.

Quand Marianne ne sera plus là, vous serez seul.

Tout le monde voudra votre chute.

Pourquoi ?

Tout le monde m'adore.

Écoutez-moi.

J'ai vu la comptable et le notaire.

Nous avons recensé toutes les assurances que Marianne vous a données.

Vous êtes fou de vous faire donner des sommes pareilles.

Je ne demande rien.

Mais bien sûr que si. Je vous le répète.

C'est une folie.

Les assurances ? Quelles assurances ?

Je n'étais même pas au courant, vous me l'apprenez.

Ne jouez pas les ravis de la crèche avec moi.

Qu'est-ce que vous comptez faire ?

Mais ces travaux, c'est somptuaire.

Et il y a ma fille. Elle apprendra tout ça. Je la connais.

Vous aurez un procès pour captation d'héritage.

Oui, peut-être. Et alors ?

Mais il n'y a pas que Frédérique.

Il y a l'entreprise. Tout ça est lié, inextricablement.

Vous ne connaissez rien à ce monde.

C'est un nœud de vipères.

Ils vous sauteront au cou. Ils vous dévoreront.

Bon, qu'est-ce que vous voulez, Guy ?

Vous venez chez moi comme ça ! Vous débarquez comme un croque-mort !

Vous me menacez !

C'est insupportable !

Croyez-le ou non, je cherche à vous protéger.

Juste contre vous-même.

Ne jouez pas une partie que vous ne pourriez que perdre.

Attends, excuse-moi.

Quoi ?

- Excuse-moi. - Qu'est-ce qu'il y a ?

Touche mon coeur.

j'ai des palpitations. Sens mon pouls.

Tout va bien, ça va.

Tu veux bien me faire un massage cardiaque ?

Respire, ça va aller.

- Je vais te chercher un verre d'eau. - Non, non, ne vas pas.

Ne me laisse pas.

Je vais l'appeler.

Attends.

- Si, si. Je vais... - Non, non, non.

Je l'appelle.

Guy, qu'est-ce que c'est cette histoire ?

Comment t'as osé lui dire ça ?

Je reste plus ici, je m'en vais.

- Lâche-moi ! - Marianne, écoute-moi !

Mais c'est mon argent ! Tu m'entends ?

Celui de mon père et le mien !

T'en as pas eu assez ?

Qui a payé ta carrière politique, tes belles chaussures et tes cigares ?

Marianne ! Marianne !

Salaud ! Salaud !

Madame !

Ma chérie.

Quel histoire.

- Marc. - Ça va, Guy ?.

Qu'est-ce que je fais en Afrique ?

On est en France.

Ça va aller maintenant.

Il ne va pas mourir.

Qui ?

Mon père !

C'est mon père qui est tombé, c'est Guy.

Et non, il ne va pas mourir.

Oui, Guy.

Mais où on va, là ? Je ne veux pas rester seule.

Tu n'es pas seule, je suis là.

Non, mais lâchez-moi.

Lâchez-moi.

Lâchez-moi, je vous dis.

Il y a un diagnostic pour madame ?

Oui, syndrome confusionnel dû à une chute accidentelle et à la prise dentalgique.

Elle a pris trop d'antidouleurs.

Ça va, Jérôme ?

Vous avez l'air crevé. Vos yeux sont fatigués.

C'est qu'ils en ont trop vu depuis quelque temps.

Qu'est-ce qu'il se passe ?

Le personnel.

Ils demandent tous des augmentations.

Mais moi, j'ai rien demandé, elle m'a augmenté,

parce qu'il n'y a pas de raison, elle l'a dit.

Des augmentations de combien ?

Du simple au double.

Le chef Pierre, il est passé à 30 000 francs.

Et elle en dit quoi ?

Elle, elle dit oui à tout.

Et Raspoutine ?

Fantin, il la harcèle.

Il n'en a jamais assez.

Ça contamine tout le monde, c'est comme la grippe.

Vous devriez parler à la comptable.

"Béni sois‑Tu, Éternel, notre Dieu",

"Roi de l’univers qui fais sortir le pain de la terre".

- Amen. - Amen.

- "Bon sabbat". - "Bon sabbat".

Je suis allé au cinéma hier soir.

J'ai vu Titanic.

Ça va ma chérie ?

Oui.

T'es sûre ?

Eh oui.

Qu'est-ce qu'il t'a dit l'autre majordome ?

Ce qui se passe là-bas est obscène.

Vous êtes comme un fils pour moi.

Ça ne vous ennuie pas trop de dormir sur ce lit de camp ?

Ça me rappelle l'armée.

Vous avez mal ?

Je ne vais pas être là très longtemps, Jérôme.

Ne dites pas ça, monsieur.

Il faudra que vous preniez soin de Marianne

quand elle sera seule.

Vous pouvez compter sur moi.

De quel droit tu annules mon déjeuner avec Bernadette Chirac ?

Je ne voulais pas t'exposer trop tôt dans un truc officiel.

Tu appelles ma secrétaire pour lui donner tes instructions ?

- Pour te protéger. - Non. Tu veux m'effacer !

Tu ne sais pas ce que tu dis. Tu perds la tête.

Ça t'arrangerait bien que je la perde.

Ça, ce n'est pas gentil.

Tu veux savoir ce que je dépense, si je fais des chèques à qui je l'ai fait.

Mais ça ne te regarde pas.

Reste à ta place.

J'ai bien compris ton manège.

Mais je ne me laisserai pas faire.

Chez nous, on ne parlait pas d'argent,

on ne prononçait même pas ce mot « argent ».

On m'a appris à ne m'épater de rien.

On m'a transmis des valeurs d'humilité et de discrétion.

Alors l'irruption d'un mercenaire dans cet univers, le mien,

un type arrogant, vulgaire, qui ne respecte rien.

Chez nous, on étale ni ses richesses ni ses états d'âme.

Ce n'est pas un dandy,

c'est un rustre, c'est une brute.

C'est plus fort que lui, il a le goût du sang, il faut qu'il attaque.

Et moi, je défends ma famille.

Ne te lance pas dans une guerre contre Marianne,

pas de mon vivant.

Qu'elle ait raison ou tort,

il faut la laisser faire ce qu'elle veut.

Elle s'aveugle. Elle s'égare, mais elle revit.

Il lui apporte quelque chose qu'on a été incapables de lui donner.

Mais je ne veux pas que tu réagisses avec passion,

avec colère.

Comment ça s'appelait, ce café Rue Royale, en face de la société ?

Le Weber ?

Ça n'existe plus, non ?

Depuis longtemps.

Pendant des années,

quand je passais devant, je pensais :

"J'en aurais avalé des cafés crème,

en attendant qu'elle m'épouse".

Pourquoi tu repenses à ça ?

Je ne rentrerais pas tard.

Hum?

Vous verrez,

vous revivrez quand il sera mort.

Ma petite chérie.

Madame.

C'est le plus sobre.

Simplement le prénom "Guy" gravé.

Il n'y rien de pire que ces faire part...

Les gens aimaient beaucoup Guy.

Il n'avait que des amis, dans tous les milieux.

Ça va provoquer beaucoup d’émotion.

Vous êtes là ?

Tu ne m'embrasses pas ?

Nous sommes en famille. Vous pouvez nous laisser ?

Pierre-Alain reste à mes côtés.

La maison est assez grande pour tous ceux qui veulent pleurer ton père.

Je ne supporte pas sa présence.

Si vous voulez, Marianne, je pars.

Certainement pas.

Alors je reste.

Tu veux me priver de mon meilleur ami ?

Tu n'imagines pas diriger ma vie ?

Je voulais partager un peu de mon chagrin avec toi.

Mon chagrin, respecte-le !

Je le partage avec qui je veux,

avec qui m'aime vraiment.

Quelle disposition vas-tu prendre pour l'enterrement ?

Je vais me conformer à ce que ton père voulait.

Il a laissé des instructions précises.

Être enterré dans l'intimité.

Je serai à vos côtés, Marianne.

Enfin, si j'arrive à entrer dans l'église sans prendre feu.

Le bonheur de Marianne, vous vous en fichez.

Ce que vous voulez c'est vous venger.

Me venger de quoi ?

De ne pas être comme elle.

Je n'ai aucune envie d'être comme elle.

Et puis, taisez-vous, nous sommes en deuil.

Votre petit plan a très bien fonctionné, mais maintenant c'est fini.

Si vous le dites.

Jérôme, j'ai envie de vous embrasser

pour tout ce que vous avez fait pour Guy.

Vous êtes facile en vrai.

Mon papa.

Mon ami.

Merci à toi d'avoir été comme ça.

merci de m'avoir protégé et d'avoir su écouter mes désirs,

peu importe les polémiques de ces derniers temps,

et ceux qui ont voulu te salir,

je m'en soucie comme un poisson d'une pomme.

Les moments avec toi passaient trop vite.

Tu es passé trop vite.

Ce que tu vas me manquer.

Bravo !

Vous ne vous êtes pas exprimée au cimetière ?

Il faut laisser les morts tranquilles.

Ils ont beaucoup à faire.

Vous êtes croyante ?

J'ai la foi de mon enfance.

C'est peut-être un manque d'imagination.

Et voilà.

Vous étiez passé où ?

Faire une emplette.

Pierre Alain, vous êtes fou.

Un jour comme aujourd'hui ?

Surtout un jour comme aujourd'hui.

Madame ?

Jérôme, je voudrais que vous restiez à mon service.

Que vous soyez responsable du premier étage.

Particulièrement du bureau de Guy.

Je veux que rien ne bouge,

ni ses livres, ni ses objets.

Que l'encre de ses stylos ne sèche pas.

Que personne ne s'asseye dans son fauteuil.

Vous êtes marié depuis combien de temps, Jérôme ?

Je ne suis pas marié, madame.

Moi, j'étais mariée depuis...

Et puis voilà, c'est un effondrement.

Quand on prend un repas,

même quand on ne se dit rien,

que votre mari est là, il y a les gestes,

les mains.

Mais vous savez, il n'avait pas besoin de parler.

Il vous regardait.

Et ça suffisait pour dire oui ou non.

Son regard.

Bonjour Jérôme.

On pensera à me faire le plein.

Ce n'est pas mon travail.

Un peu de botanique.

C'est très bon pour les plantes.

La prochaine fois, je ferai caca.

Je chie gros.

Je suis très anal.

C'est ma décision.

Vous êtes sûre de vous ?

Ça va pas être une procédure trop compliquée ?

Le notaire aurait dû vous le dire, c'est une adoption simple.

L'affaire de quelques mois.

Et tant pis pour ce que les autres en disent.

Je suis vierge de toute filiation.

Mes parents, je les ai répudiés, chassés de ma vie.

C'est pourquoi cette folie, je veux la faire avec vous.

Il faut me prendre comme je suis.

Comme un vieil enfant et fier de l'être.

Oh, mon gros bébé.

Pierre-Alain Farrère.

Vous l'avez entendu le dire, lui ?

Oui.

C'est ce qu'il voulait depuis le début, c'est ce qu'il veut.

Cet homme, c'est le mal.

Qui à part le diable pourrait envisager une chose aussi perverse, aussi amorale ?

C'est monstrueux.

Il semble que ce soit madame qui ait suggéré l'idée.

Vous n'avez pas fini d'en voir avec lui.

C'est un salopard comme j'en ai rarement vu.

Et je sais les reconnaître.

Qu'est-ce qu'il y a de si urgent

pour que tu m'obliges à annuler un rendez-vous ?

Je veux que tu fermes définitivement ta porte à Fantin.

Arrête avec ça, ta jalousie est grotesque.

Tant que mon père était vivant, je n'ai rien dit.

Et parce que je suis veuve, je ne peux être que dépendante ?

Maintenant, je ne laisserai plus faire.

J'irai en justice s'il le faut.

Mais tu ne peux pas faire ça !

Je ferai ce que j'ai à faire.

Mais comment peux-tu ?

T'as eu quoi dans ta vie qui ne vienne pas de moi ?

J'irai jusqu'au bout.

C'est de ma faute.

Je t'ai gâtée et pourrie.

Est-ce que tu m'as aimée ?

C'est trop tard. On ne peut plus te sauver de toi-même.

Je suis navrée.

Navrée que tu sois pas de taille pour ce milieu.

Il faut grandir.

Tu peux écrire des livres, jouer du piano, OK.

Mais ce monde, Frédérique, non.

Tu n'as pas la carrure.

Elle n'osera jamais.

Elle est trop consciente du nom qu'elle porte.

Elle ne peut pas se donner en spectacle devant le corps de justice.

Elle n'était pas là.

Elle ne mets pas souvent le née dehors.

Elle vit comme une pomme de terre dans une cave.

Le tribunal sera assailli par les journalistes.

Il faut que tu te prépares au spectacle.

Si tu brises l'omerta de la famille, tu compromets la marque.

Elles voudront te culpabiliser, te salir.

Marianne est entourée de tueurs.

J'étais quoi pour elle ?

Un accessoire sur la photo de famille ?

Elle était même pas méchante, elle était absente.

Non, absente, c'est pas juste, elle était indifférente.

C'est pire.

Je peux la perdre ?

Ouais.

Je tiendrai ?

Je serai là.

Il faudra que tu donnes une image de toi moins austère.

Il faut que tu souffres et que les gens le voient.

Ça m'a échappé des mains.

Ce n'est rien, j'aurais dû le faire moi- même.

Je ne l'aimais pas.

Je suis désolée, madame.

Madame, on a apporté cette lettre pour vous.

Chère Marianne,

j'ai porté plainte contre X pour abus de faiblesse sur ta personne.

Récemment, tu m'as reproché de ne pas aimer tes amis.

Là ne serait pas le problème s'il s'agissait d'une vraie relation amicale.

Mais tel n'est pas le cas,

compte tenu de ce que j'ai pu constater personnellement

au sujet de comp...

La voilà. Et je n'arrive pas à la faire rentrer.

Tu vas attraper la mort.

Tu es là ?

Tu es repentante ?

Allez, rentre.

Tu vas attraper froid.

Non, c'est ça qui est bon.

Sentir la pluie sur son visage.

Les gouttes sur ta peau glissent le long de ton dos.

Petite fille, j'adorais ça déjà.

Mais c'est un peu fortiche pour toi, non ?

Je vous aime bien, Jérôme.

J'aime votre sourire.

Vous vous donnez beaucoup de mal.

Ce que je fais pour vous, je vous le dois.

Vous avez fait de moi ce que je suis devenu.

Vous m'avez donné un cadre, une éducation et des valeurs.

Ça fait longtemps que tout ça n'existe plus.

Est-ce que ça a existé un jour ?

Vous n'aviez pas l'idée d'un hôtel en Bretagne ?

Si.

Avec mon frangin, oui.

On verra la mer depuis les chambres ?

Oui.

Donnez-moi mon chéquier.

Donnez-moi mon chéquier !

Vous avez vu comme nous sommes entrés ?

Ce silence.

Une apparition.

Vous êtes une sorte de Garbo, mais accessible.

Vous êtes là,

en majesté,

souriante, sereine, sympathique.

Et puis surtout, vous faites taire toutes ces conneries de vous recluse.

Vous la séquestrez, alors pas de Poitiers, mais de Neuilly.

Oui, c'est ça.

Une royauté avec son page.

Son vieux page, ma reine.

Et puis surtout, on les emmerde.

On vous emmerde !

Votre table est prête.

Merci.

Regardez-nous.

Vous trouvez qu'on est assorti ?

Je ne sais pas, mais en tout cas, on s'est trouvés.

Vérifier ma bonne santé mentale.

C'est terrible de devoir en passer par là.

Ça n'a pas de sens de me soumettre à ces examens.

J'ai toute ma tête et de la mémoire à revendre.

Vous ne sentez pas ?

Quoi donc ?

L'air de cette pièce.

Il est chargé de souvenirs.

Ça me transporte parfois.

Comme une décharge de souvenirs.

Parfois, je cligne des yeux une seconde et j'ai des flashs qui me reviennent.

Frédérique qui jouait du piano, là.

Elle était mignonne.

Ça ne nous arrive jamais ?

Frédérique, tu soudoies les médecins.

On me ment sur les IRM que je ne veux pas passer.

Ceci est un dernier avertissement.

Je n'ose même pas imaginer le risque d'une fuite

qui est chaque jour plus importante devant des interlocuteurs

qui ne serait qu'une procédure

basée sur ma soi-disant déficience mentale et intellectuelle est en cours.

Si tu ne renonces pas à ta plainte,

j'engagerai une procédure en révocation

pour ingratitude des donations que j'ai consenties.

Accordez-moi une minute, Frédérique.

Je ne parle pas avec vous.

Je ne veux blesser personne.

il y a assez d'argent pour tout le monde.

Je me demande ce que vous me faites dire, Frédérique.

On peut trouver un arrangement.

Pourquoi faire éclater un scandale ?

Le scandale, c'est votre ADN, non ?

Le seul arrangement possible, c'est que vous sortiez de la vie de Marianne.

J'ai toutes ces lettres.

Elle m'a autorisé à les publier.

Les gens découvriraient une autre vérité.

La seule chose que cela prouvera, c'est qu'elle est sous votre emprise.

On ne peut pas avoir une influence sur Marianne.

Elle a beaucoup trop de personnalité.

Il n'y a jamais rien de vrai ou de sincère dans ce que vous dites ?

C'est fascinant.

Cet argent, vous devez le rendre et vous allez le rendre

puisque maintenant, c'est entre les mains de la justice.

À la charge du receveur...

Entrez, Jérôme.

Étiez-vous au courant que les droits d'enregistrement...

Ce ne sont pas les questions qu'il faut apprendre par cœur, ce sont les réponses.

En jaune, vous avez les questions et en rose, les réponses.

Ah, d'accord.

Eh bien, posez-moi cette question-là.

Alors, avez-vous acquis en septembre 1998

une œuvre d'Odilon Redon, dont la propriété reviendra de droit à M. Fantin

après votre décès ?

Cette donation a-t-elle fait l'objet d'une déclaration fiscale ?

À l'époque,

mon notaire a dit que...

Dans le respect.

Dans le respect des usages.

Et de la loi à procéder

aux déclarations afférentes auprès des organismes concernés.

Ouf !

On continue ?

Je ne peux pas tomber dans leurs sales pattes, Jérôme.

Connaissez-vous le montant total de vos dons à Pierre-Alain Fantin ?

Lesquels ?

Tous. Le total, depuis que vous le connaissez.

Je l'ignore complètement.

Vous l'avez payé, Madame Farrère.

Pas plus que d'autres. Mais eux, ils se taisent. Lui, non.

Vous ne pensez pas que M. Fantin a pu abuser de votre amitié ?

Mais enfin !

Je vais bien répondre à vos questions d'épicier,

mais quant aux moyens financiers,

ce genre de questions ne me vient pas à l'esprit.

Vous êtes têtu ou vous ne comprenez pas vite.

Un milliard d'euros, c'est beaucoup.

Pour vous ?

Pour tout le monde. Pour moi, oui.

Eh bien, travaillez plus, M. le capitaine.

Le chauffeur, il est partant ?

Oui.

Et le jardinier ?

Non.

Il refuse de témoigner contre elle.

Ça c'est dommage.

J'ai raison ?

Faire tout ça ?

Je voudrais que tu m'encourages.

Ou alors je me couche, je laisse tout tomber ?

On n'a pas fait tout ça pour en arriver là.

Elle ne peut pas t'avoir aux sentiments.

Des sentiments qu'elle n'éprouve même pas.

Pourquoi faites-vous tout ça contre Lilou ? Je ne comprends pas.

Ça fait quoi qu'elle distribue son argent ?

Elle t'a déjà tout donné.

Tu es plus riche qu'elle !

Ce n'est pas une question d'argent, mon cœur.

Ne t'inquiète pas.

Dieu n'aime que les fins heureuses.

Si ce n'est pas heureux, c'est que ce n'est pas la fin.

C'est bien que tu sois revenue au CA.

Merci pour les actionnaires.

Merci pour l'entreprise.

Et merci pour la famille. Ça m'a émue.

Tu n'as pas à m'émouvoir. Je n'ai pas à t'émouvoir.

Ce que je fais, tu sais très bien que je ne le fais pas contre toi.

Je le fais contre lui.

S'attaquer à Pierre-Alain, c'est s'attaquer à moi.

Non, il n'est pas trop tard M. Jérôme.

Je ne crois pas que le moment soit bien choisi, monsieur.

C'est toujours un plaisir de vous voir, Jérôme,

mais laissez-moi vous donner un petit conseil relationnel.

À l'avenir, vous me direz bonjour, monsieur, comment allez-vous ?

Puis vous irez prévenir madame de ma présence.

Madame est couchée dans sa chambre.

Oui, comment je vais ?

Bonjour, monsieur, comment allez-vous ?

Très bien, merci. Dans sa chambre, dites- vous, parfait.

Auriez-vous la gentillesse de mettre un peu d'essence à ma mobylette ?

Je vous ai déjà dit que ce n'était pas mon travail, monsieur.

Ton tas de boue, tu peux te le foutre au cul.

Je vous entend !

Alors ?

Vous allez faire dodo, ma petite chérie ?

Vous ne deviez pas venir ce soir.

Et votre soirée ?

Rasoir, je suis parti avant pour vous voir.

J'ai sommeil.

J'ai eu une grosse journée au bureau, j'ai une terrible migraine.

Je dormais presque.

Je suis rentré trop tard dans votre vie pour ne pas rattraper le temps perdu.

Vous vous rendez compte que je vais exposer à Francfort ?

Grâce à vous !

J'en suis très heureuse.

Mais pas maintenant. Demain.

Demain soir, si vous voulez.

Je me sentirai mieux.

Ah, j'ai pas pris mon Leica, c'est dommage.

Le petit coucher de la reine.

- Vous êtes un enfant. - J'espère bien.

Ah, j'ai repéré un petit dessin de Goya.

Une encre très belle, très noire. Très belle occasion.

34 par 40, pour vous ou pour moi.

Il me reste un petit peu de place à côté du Fragonard, dans la salle de bain.

Demain !

Vous m'en parlerez demain.

Je ne dors pas avec mon chéquier sous mon oreiller.

Ah bon ?

C'est vrai ?

Il est où le chéquier ?

Il est où ? Il est là ?

Il est où ?

Où qu'il est ?

Chéquier !

Il est où ?

Je vais le trouver.

Oh !

Euh !

À demain.

À demain.

Vous croyez aux signes, Jérôme ?

Pas vraiment.

Mais une éclipse de soleil, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire...

qu'il reviendra ?

Vous n'aimez pas M. Fantin, n'est-ce pas ?

Non. C'est une crapule.

Mais vous ne le dénonceriez pas à la police ?

Madame.

On vous a regrettée hier soir.

La chorale était magnifique.

Une chorale ?

C'était plein.

J'étais assis à côté du fils de Frédérique.

Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vu.

Il étais bien. Grand, élégant.

Merci beaucoup.

Ça va.

Oui, monsieur, ça va très bien, merci.

On ne vous demande pas de vos nouvelles, Jérôme.

Ah, pardon.

♪ Fantin, vous a pris 120 millions pour les mettre dans la nouvelle fondation. ♪

♪ Ce qui m'embête le plus, c'est que les Spielman nous dénoncent. ♪

♪Vous croyez Frédérique capable de faire ça ? ♪

♪ Je ne sais pas jusqu'où elle est capable d'aller. ♪

♪ Elle est prête à tuer Marianne. ♪

♪ Ce compte-là, on va le mettre à Singapour. ♪

♪ Alors, le deuxième chèque, c'est le ministre du budget. ♪

♪ Il faut aussi l'aider. ♪

♪ Mais si jamais Frédérique arrivait à vous mettre sous tutelle, ♪

♪si vous signez ça, le juge sera obligé de me désigner comme tuteur. ♪

♪ Ça me permettrait d'acheter le bateau de mes rêves. ♪

♪ Plus jeune, Frédérique était jalouse. ♪

♪ Mais elle m'a aimé. ♪

♪ Je me méfie de Jérôme. ♪

♪ Jérôme ? ♪

♪ Le troisième chèque, c'est pour le président. ♪

On reprend.

Monsieur le président, je vous ai soutenu pour votre élection avec plaisir.

Je continuerai à vous aider personnellement.

J'ai des problèmes graves avec Mme Frédérique Spielman

qui peuvent avoir des conséquences pour mon entreprise.

Donc, pour l'économie du pays.

Marianne, nous sommes d'accord ?

Oui, oui, oui.

Comprenez que les temps ont changé.

Plus personne ne s'intéresse aux tragédies des rois.

Fini.

On vit à l'ère des victimes.

Notre boulot, c'est de faire de vous une victime.

Si tout se passe bien, que restera-t-il de la plainte de Frédérique ?

Et un café pour mademoiselle.

Ne dites rien, je ne suis pas déclaré.

Ça, on ne peut pas s’en passer.

♪ Il ne faudrait pas que ça passe par Pierre-Alain ce que je vais vous dire. ♪

♪ J’ai eu l'Élysée. ♪

♪ Et l'Élysée m'a dit que le procureur ♪

♪ allait annoncer que la demande de Frédérique était irrecevable. ♪

♪ Donc, affaire classée. Voilà. ♪

Et ces bandes, c'est à nous que vous nous les donnés ?

Pourquoi ?

Qu'est-ce que vous voulez ?

De l'argent ?

Non, mais je ne fais pas ça pour obtenir quoi que ce soit.

Vous savez que ce genre de pratiques est considéré comme un délit ?

C'est ce que vous m'avez demandé, non ?

On vous a rien demandé, Jérôme.

Vous vous rendez compte que vous risquiez d'agir

contre les intérêts de Mme Farrère ?

Non, moi je veux la protéger.

Je ne pouvais pas rester sans rien faire.

Mais je vous fais confiance.

Quelle que soit l'utilisation que vous faites de ces bandes,

moi j'accepterai les conséquences.

Je veux juste que M. Fantin

et que tous ceux qui abusent d'elle se retrouvent devant des tribunaux,

par la peau des fesses.

Elle, elle sera intouchable.

Je m'en fous, je prends tout sur moi.

Ça veut rien dire, ça.

Enfin, tu sais ce que tu fais, c'est de la bombe, ces écoutes.

Ça va nous péter à la gueule.

T'as peur.

Écoute-moi, tu pourras pas revenir en arrière.

Si tu veux divorcer, divorce.

Ne dis pas de conneries, Frédérique.

Je suis avec toi, mais réfléchis.

Qu'est-ce que sera la vie de Marianne après ça ?

Et celle de l'entreprise, la mémoire de ton père ?

Le remugle politique, le foutoir que ça va faire.

On sera là, à poil !

Les impôts, les comptes offshore, la honte, les journaux.

Et l'avenir de notre fils.

Eh bien, ça lavera tout.

On paiera et on repartira à zéro.

Ça va papa ?

Madame Spielman.

Vous êtes tous les deux en garde à vue.

De quel droit ?

En raison d'une plainte déposée contre vous pour un abus de faiblesse.

Sur la personne de Madame Marianne Farrère.

Merci.

Tu peux aller en cours. J'ai prévenu Marianne pour le dîner.

Non, non, j'y vais pas, je viens avec vous.

On vous suit.

D'où vient cette initiative ?

Le président est-il au courant ?

On fait quoi, madame ?

Je ne sais pas.

Comment expliquez-vous l'hostilité de Madame Spielman à votre égard ?

Frédérique Spielman croit que je lui ai volé sa place,

mais cette place n'existait pas.

Et tout cet argent, colossal.

Pourquoi autant ?

Et pourquoi, à un moment donné, ne pas s'arrêter ?

C'était comme un roman sans fin,

comme un absolu.

Et vous n'avez jamais eu l'idée de céder ses bandes à M. Fantin ?

Non.

Je ne suis pas un maître chanteur.

Vous risquez un an de prison, vous le savez ?

Mon hôtel, je ne l'ai jamais ouvert.

Je n'ai pas touché d'argent, rien.

Ce n'est pas vrai ce qu'on a dit.

Je n'ai pas trouvé d'autre place.

Toutes les portes se sont fermées.

J'étais devenu le mouchard de la maison.

Plus personne n'a confiance en moi.

Et il n'y a rien qui me répugne plus que ça, rien.

Notre histoire passionne la France entière.

Vous avez réussi à éviter les chiens ?

Oui, j'en aurais bien tué un ou deux,

puisque selon vous je suis un assassin.

Sur une des bandes magnétiques de votre valet félon,

vous dites que vous avez peur que je vous tue.

Moi j'ai dit ça ?

Et ça vous a choqué ?

Non.

C'est encore plus romanesque.

Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

Un voyage ?

Très loin, loin de la Meute.

Au Chili, non ? Ou en Mongolie extérieure ?

Il parait qu'ils ont une architecture stalinienne magnifique.

Ah non, je sais ce qu'on va faire.

On va créer une bourse

pour tous ces jeunes qui veulent faire des choses mais qui sont empêchés

par une bourgeoisie en costume cravate

parce qu'ils sont pédés, noirs, arabes, blancs, que sais-je.

Ça fait beaucoup de monde.

Oui.

Mais on n'a besoin de personne.

Vous et moi.

Vous avez l'air fatigué, mon chéri.

J'ai pris quelques claques.

C'est une histoire de fous, non ?

On oubliera tout ça ?

Justice. Lors des réquisitions

au tribunal correctionnel de Paris.

Le procureur a requis ce matin une peine

de deux ans de prison ferme à l'encontre

du photographe Pierre-Alain Fantin.

Les conseils de Frédéric Spielman

lui réclament 120 millions d'euros de dommages et intérêts,

ainsi que la restitution d'une partie de ses biens immobiliers

à l'héritière Windler, Madame Marianne Farrère.

Ils peuvent garder leur sale fric.

On dit souvent "'il est mort sans le sou" comme si c'était une catastrophe.

Contrairement, je trouve que c'est un très bon timing.

J'ai le vertige, Raphaël.

Je suis là.

Je ne veux pas aller en prison.

J'ai quelque chose à te dire.

- Les communicants sont là. - Pas besoin.

Regarde toujours un peu au-dessus de la tête des gens.

Tu m'aideras ?

Bien sûr.

On t'aidera.

On t'aime.

Méfie-toi de tout le monde.

Même de nous.

J'apprendrai.

Merci.

Je vais procéder à la lecture du document.

Les points principaux seulement.

Marchons.

Madame Marianne Farrère s'engage à accepter une mise sous tutelle,

ce qui ne l'autorise plus librement à disposer de ses biens

et de son argent à sa guise.

Plus loin ?

C'est M. Charles Spielman

qui est désigné tuteur de Mme Farrère et administrateur général de ses sociétés.

Voyons ce qui concerne M. Fantin.

Cet accord stipule que M. Pierre-Alain Fantin

conservera la totalité des dons faits par Mme Farrère,

et ce, pour un montant de 700 millions d'euros.

À condition qu'il n'existe plus aucune communication directe ou indirecte

entre Mme Farrère et M. Fantin.

Cet accord met fin à toute poursuite judiciaire

de la part de Mme Frédérique Spielman,

tant vis-à-vis de Mme Farrère que de M. Fantin.

Signons.

Attends !

Qu'est-ce qu'il y a ? Tu viens me demander pardon ?

Non. Ce que j'ai fait, je…

Ce que tu as fait, tu l'as fait pour toi.

Maintenant, tu as trouvé ce que tu cherchais ?

J'ai juste envie qu'on se revoie. C'est tout.

Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

Que je t'aime ?

Mais je ne sais pas si je t'aime.

J'en sais rien.

Marianne Farrère et Frédéric Spielman se sont rapprochés

pour mettre un terme aux conflits qui ont perturbé leur vie familiale

et ont décidé de se tourner vers l'avenir.

La décision que Frédérique et moi avons prise,

est pour moi une source d'espérance.

Cette entante nous fait enfin retrouver l'harmonie familiale.

Madame Marianne Farrère et Madame Frédérique Spielman

n'entendent pas faire d'autres commentaires

et souhaitent désormais vivre en toute sérénité.

Tu as parlé à Marianne ?

Non.

Seulement des tiers.

Des voix que je ne connais pas.

Ça fait barrage,

comme si elle était morte et qu'on ne le disait pas.

C'est pas grave.

On peut vivre avec les morts.

Ah !

Ça va ma Lilou ?

Approche-toi.

Vous me laissez ?

Bonjour.

Ça va ?

Bien et toi ?

Assieds-toi.

Je suis contente de te voir.

Mais qu'est-ce que tu fais là ?

J'ai des papiers à te faire signer.

Oui, plus tard, tu m'expliqueras.

Où as-tu trouvé une chemise comme ça ?

Elle est très blanche.

C'est du lin ?

Tu vas rester quelques jours ?

Non, je peux pas.

Je suis juste venu t'embrasser.

Je dois aller à Dubaï.

Ah bon ?

Parce que toutes les chambres sont libres.

Madame ?

Je vais me baigner un petit peu.

Excuse-moi, ça t'ennuie pas si je pars m'allonger ?

Quinze minutes ?

C'est les médicaments, avec cette chaleur.

Tu te sens pas bien ?

T'inquiète pas pour moi, je suis increvable.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.