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ST'
501
Monsieur, ça n 'est pas raisonnable.
As -tu remis toutes les invitations, au moins ? Toutes, monsieur, toutes. Ah, c
'est bien, c 'est bien, je suis content.
Tu sais... Je suis allé jusqu 'à Ferney, jusqu 'à la maison de Voltaire. 28
kilomètres aller -retour.
J 'ai dépassé des voitures, même dans les côtes. Tu te rends compte ? Je suis
guéri, François. Je suis guéri. Entrez à l 'intérieur de l 'établissement,
monsieur. Vous êtes dans le soir. Mais c 'est dur, François. Je suis un homme d
'eau. Tu comprends ? Un homme d 'eau, François. Je suis guéri.
Je suis guéri.
Oh, la cité, François.
Oh, d 'argent.
à Genève, hier, si t 'avais vu cette fille.
Superbe. Une petite femme, tu sais, mais alors, comme ça. Et j 'ai été brillant.
Quatre fois, et voilà.
Je suis guéri.
Une nuit d 'amour, c 'est une journée d 'écriture qui s 'en va.
Et ton roman, comment va -t -il ? Écoute, si je n 'ai pas terminé mon
trois mois, je me tue. Voilà.
Alors, il n 'y a pas d 'écrivain plus rapide que toi, plus prolite.
Regarde tout ce que tu as publié en dix ans.
Tu vas bientôt dépasser Balzac.
Sous mon invitation ? Oui.
Il ne faudra parler de ce dîner ni avant ni après.
Bien sûr.
François, pourquoi un visage de femme a -t -il cette puissance ?
On est ivre, on devient fou.
On voudra mourir.
Oh, quelle fumée ! Quelqu 'un pour ouvrir la fenêtre ? Viens, je vais me
mal. Laissez -moi faire, cher ami. Laissez -moi faire.
C 'est un homme monotone.
Se déshabiller pour faire ce petit mouvement ridicule. C 'est quoi ?
J 'en vais d 'ennuis d 'avant.
Tu as vu là -bas ? C 'est une femme.
Oui. C 'est vrai, oui.
Yes.
Une bourgeoise, infernale, de l 'espèce des jalouses.
Je les ai en horreur, mais comment s 'embrasser ?
Tu la connais ? Peut -être, je ne sais pas.
Moi, c 'est une ombre.
C 'est ça, c 'est une ombre.
T 'as déjà mangé de l 'homme, toi ? Ah, non.
Ah bon ? Non.
Mais... manger de la femme.
Oh ! Non.
C 'est délicat.
C 'est savoureux.
goûter de l 'homme.
Quel salaud !
Alors, des vrais mots plutôt ? Devinez.
Sans rien.
Au fond, on est bien plus la différence qui sépare l 'homme de la femme.
Ouah, pour la petite différence.
Il s
'appelle
Gisèle.
Comme c 'est bon, comme c 'est doux et comme c 'est simple de vivre avec toi.
Tu es ma seule, ma grande et mon absorbante passion.
C 'est à moi que tu parles ? C
'est à la scène, mon amour.
Je t 'aime, Thomas.
Je t 'aime, je t 'aime.
Tu es mon grand, mon seul, mon meilleur amant.
C 'est à moi que tu parles.
Je parlais au soleil, bien sûr.
Au soleil, mon amour.
J 'aime la scène parce qu 'elle te ressemble.
À toi.
À la femme.
Elle est lente.
Capricieuse.
perfide et impénétrable, mais parfois aussi claire et bienveillante.
Mon uniforme, garçon, s 'il vous plaît.
Oui, jeune homme.
Tiens.
J 'ai déjà essayé l 'éther.
De l 'éther, moi, monsieur ? Déjà, rien que le cidre me fait mal.
Prends plutôt du vin.
Je ne peux pas non plus.
D 'ailleurs, le docteur d 'Aranbert l 'a interdit.
Le vieil ivrogne interdit le vin, c 'est la meilleure, alors.
Écoute, tous les médecins sont des imbéciles.
Malheureusement, c 'est comme les femmes.
Comment s 'en passer ?
Pas raison de plus.
Et c 'est l 'éther.
C 'est la seule chose qui me soulage quand j 'ai la migraine.
Tu sais, cette douleur -là.
Tiens, approche. Je n 'ai pas la douleur, non, monsieur.
Il y a un monsieur.
Madame, je vous en prie.
Madame, c 'est inutile, madame.
Monsieur sort de rentrée.
Je vous poursuis, monsieur.
C 'est indécent, c 'est terrible.
J 'ai fait ce que j 'ai pu, elle a tout cassé.
Elle a le diable au corps.
Elle a même giflé, monsieur.
Le diable au corps, oui.
Mais un bien joli corps.
Il s 'est évaporé.
L 'odeur de son corps.
Ses refus, ses consentements.
Elle m 'excite jusqu 'au délire.
Et ses yeux au moment de l 'amour.
Si bleus.
Ces pupilles, des pupilles énormes.
Tu sais, juste à ce moment -là, des pupilles nerveuses.
Mais c 'est pas ça, l 'amour.
Moi, qu 'on appelle amour, c 'est corps à corps furieux dans lesquels je me
jette comme pour oublier.
Oublier quoi, monsieur ?
J 'ai jamais aimé.
Aussi.
Mon chéri, vraiment tu ne viens pas avec nous ? Non, je préfère rester ici.
Bien.
Alors couvre -toi, parce que tu vas prendre froid.
Bonsoir, Monsieur Courbet.
Bonsoir, Monsieur Courbet.
Toujours fidèle au poste, on dirait.
Mais bon anniversaire, monsieur.
Monsieur ? De mot passant.
Qui de mot passant ? Ce sont les premiers.
Ce sont les premiers ? Il faut faire aveu, alors.
C 'est fait.
J 'appelais les grands bois témoins de mes amours.
Les vallons et les flots.
Et je courais toujours.
La mer en rugissant bondissait sur la plage.
Bondissait sur la plage. Mais ces lourds grondements et les bruits de l 'orage
retentissaient moins haut que les voix de mon cœur.
Rien ne peut contenir cet immense bonheur.
J 'ai déjà pris tout ça.
Vous voulez m 'aider ? Tenez.
Non, c 'est moi.
J 'appelais les grands voix, témoins de mes amours, les vallons et les flots, et
je courais toujours.
La mer, en rugissant, bondissait sur la plage.
Mais ces lourds grondements et les bruits de l 'orage retentissaient moins
que les voix de mon cœur.
Rien ne peut contenir cet immense bonheur, car le ciel est trop bas... L
! C 'est l 'auteur !
Votre patron est du 32.
C 'est fini.
Ma cure est finie. Je suis guéri.
Je suis...
Vous avez dû prendre trop de soleil, monsieur.
Le soleil, c 'est ça ? Oui.
Le soleil.
Comme Hervé.
Hervé, mets ton chapeau, mon chéri, au soleil.
Toujours au soleil. Comme Hervé.
quelques pages depuis une semaine.
Rien.
Rien.
Les mots les plus simples qui disparaissent de mon cerveau.
Rien.
C 'est les migraines qui arrivent comme ça brutalement.
Les yeux.
Pourtant, tu vois, j 'ai toute l 'histoire dans la tête, là, là.
Bon, je vais finir mon poème.
Bien. Au revoir.
Comment il s 'appelle, le père ? Il s 'appelle...
François ! Mais
je me sens déjà mieux.
J 'en étais sûr, je vais guérir.
C 'est la mer, François, tu comprends ? La mer.
Qu 'est -ce qu 'ils veulent ? Tu les connais ? Ce sont des journalistes,
sûrement. Celui -là s 'en est.
Qui les a prévenus de notre arrivée ? Vous l 'avez dit à Raymond.
Excusez -moi, monsieur de Maupassant, on parle de vous pour la Légion d 'honneur
à Paris.
La Légion d 'honneur, moi ? On ne me l 'offre pas, je la refuserai.
Je ne vais jamais décorer, moi, jamais.
Jamais ? Non, jamais.
Jamais candidat à aucune académie.
Ni jamais marié non plus d 'ailleurs.
Vous êtes aussi contre le mariage ? Absolument.
Situation tellement anormale.
Pour moi.
Contenter d 'une seule femme toute ma vie.
Ce serait aussi peu naturel que je ne vivais que de salade.
Vous permettez, oui.
Mais, pour les femmes.
Encore plus pour elles que pour nous.
Mais, vous venez comme la société protège les maris.
La loi, l 'opinion publique, mais... C 'est une honte.
Notez bien tout ça dans votre journal et publiez -le.
Pour faire... Quel journal ? Le Gaulois.
Le Gaulois.
Très bien.
Oui, des belles amies ? Prémont ! Prémont ! Est -ce que vous nous
permettez une photo ? Rangez -moi ça, s 'il vous plaît.
Mais pourquoi ? Parce que... Parce que... Parce que... Parce que je ne veux
J 'ai pour règle absolue de ne jamais laisser publier mon portrait.
Monsieur, monsieur, monsieur.
Il n 'y a pas d 'exception ? Aucune.
C 'est mon œuvre qui appartient au public, pas à notre figure.
Et si l 'on y contrevenait ? Ce sera au risque du contrevenant.
Je ne comprends pas. C 'est une superstition.
Vous savez bien, les sorciers plantent des épingles dans les photos.
Détruisez votre épreuve !
Idiote, tu m 'entends ? Il me faut cet argent ! Pour le dépenser avec des
d 'auberge ? Non.
Fais peur, monsieur.
Ça avait l 'air passionnant.
Vous, monsieur.
Un de vos comtes.
Lequel ? Mouche.
Ah, la petite femme.
Celle de la grenouillère.
Ce ne sont tout de même pas 160 livres de muscles qui vont vous faire peur.
Allez -vous, monsieur.
Il a perdu son petit.
Si tu l 'as perdu, tu vas le retrouver.
C 'est une fausse couche.
C 'est pas vous autres.
C 'est bien vrai, ça, c 'est vrai.
C 'est vrai, mon chien. C 'est vrai ? Oui, c 'est vrai.
Allez, mon chien.
Ça m 'étonne pas, monsieur.
Quand je vous vois, perdu dans vos pensées, je dis que j 'aimerais bien me
trouver là.
assisté à la naissance de votre œuvre.
Une œuvre ? Ça fait trois semaines que je n 'ai pas écrit une ligne.
T 'aimes vraiment ça ? Moi, je déteste ce que j 'écris.
Ne dites pas ça, monsieur.
D 'une telle perfection, ça restera comme des chefs -d 'œuvre qui montreront
'humanité toutes ses parties faibles.
Ses parties faibles, oui. C 'est important, t 'as raison.
Puis dire que j 'aurais montré des parties faibles à l 'humanité.
259, monsieur.
Tu les as comptés ? Les femmes que j 'ai eues ? Non, je ne suis pas les femmes.
Non, pas les femmes.
Les contes.
259 contes.
7 romans.
3 volumes de voyages, 3 pièces de théâtre.
Un recueil de verres.
Ça fait 29 volumes.
Et des biens remplis, monsieur.
Eh bien, note aussi les femmes, maintenant, tu veux ?
Tu
veux m 'empoisonner ? J 'ai salé comme d 'habitude.
Non. C 'est trop.
Appelle -moi M. Lecomte. Ça fait 100 fois que je te le répète.
Ça fait 100 fois que je te le répète.
M. Lecomte.
Ne te moques pas, s 'il te plaît.
Je ne me moque pas, M. Lecomte. Dis -le mieux que ça.
Quoi donc, M. Lecomte ?
François ! François !
Excusez -moi, là.
Mais où ? Là.
Où ?
De
l 'éther, François, vite.
Donne -moi de l 'éther.
Regarde pas, Thierry.
C 'est calme, hein ? Tu seras bien, lui.
Guy, tu me fais enfermer.
Mais c 'est toi qui es fou ! C 'est toi le fou de la famille ! C 'est toi !
C 'est la maçonne d 'avant.
Moi, ça m 'intéresse beaucoup, au contraire.
On te demande pourquoi.
Pourquoi ? Les médecins vont bien dans les hôpitaux pour voir des malades. Eh
bien, moi, je vais dans les salons.
Et je vais en faire pour mes livres.
Ma grande amie Gisèle Deltoque, la patronne.
Très heureuse de vous connaître, Guy m 'a beaucoup parlé de vous.
Bonsoir. Mon mari, il a délaissé Emilienne d 'Alençon pour ce soir.
C 'est un grand honneur qu 'il nous fait.
Monsieur Émile Zola, mais je n 'ai pas besoin de vous présenter.
Bonsoir. Le docteur Blanche, l 'aliéniste.
Ton fils, qui est peintre.
Un de ses amis, le petit Proust.
Bonsoir.
Guy, tu connais la princesse de Polignac ? Oui, bien sûr.
Bonsoir. Bonsoir, Guy.
Gisèle Destocq.
Bonsoir.
Bonsoir.
Vous le connaissiez ? Non, c 'est la première fois que j 'ai le privilège de
rencontrer M.
Demopassant. Deux, deux.
Enfin. Il est bien né au château de Miroménile.
Le château de Miroménile.
Je me suis laissé dire qu 'il était né à Fécamp, chez sa grand -mère.
Une maison de pêcheurs.
Ce fameux château, sa mère l 'a simplement loué pour domicilier sa
Il suffit de le regarder, d 'ailleurs.
C 'est l 'image même du maquignon normand.
On murmure aussi qu 'il est le fils de Flaubert.
Flaubert ? Ah,
voici notre auteur.
Guide maupassant.
Son excellence, l 'ambassadeur du Mexique, sa femme, la comtesse Funk.
Bonsoir.
Une énorme admiration pour votre œuvre. Merci. Bonsoir.
Pardonnez -moi, j 'ai mal compris votre prénom.
Madeleine. Madeleine.
Non, merci, je ne vois jamais.
Mais alors, tu ne me reconnais pas ? Pardon ? Tu ne me reconnais pas !
Excusez -moi, non, je ne vois pas, non.
Mais enfin, Guigui ! Tibonne, la négresse.
Tu sais, celle qui mange de l 'homme.
Alors, les deux, déjà accompli ? Attention, ma chérie.
Bel ami est à moi, toi.
Mon Dieu ! Mon Dieu !
Ne me dites pas mon Dieu comme ça.
Je ne crois pas en Dieu.
Même s 'il existait, je crois que je l 'aurais en horreur.
Il n 'y aura donc pas de prêtre à ton lit de mort ? Bon, pourquoi pas ? La
religion ne nous gêne pas.
Pourquoi scandaliser son entourage ? Mais c 'est de la lâcheté, Guy.
De la lâcheté ? Mais oui.
Si tu es vraiment libre -penseur, tu dois refuser la présence d 'un prêtre.
Toi, Zola, ton rationalisme se perdra.
C 'est l 'ancien pavillon de la princesse de Lamballe, à Passy. Je l 'ai
pour une bouchée de pain.
Je vais en faire une clinique psychiatrique.
Intéressant.
Passionnant.
Tu ne viens pas.
Va donc et pique -nous.
Alors, Miller, ça va ?
Sûre, tu veux toute la nuit ? Mais oui, oui, j 'ai pas changé d 'avis. Attends
moins une seconde, alors.
Ben alors, qu 'est -ce que tu fais ? Es -tu à l 'aise, mon chat ?
Tu vas bien au moins enlever ton chapeau.
Ouais,
toi tu gardes tes balles et tes chaussures.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? Tu ne te plais pas ? Tu n 'es pas...
On ne t 'appelait pas mouche.
Tu me reconnais ? Dis.
Oh, bien sûr que je te reconnais.
Tu veux rigoler ?
Viens, j 'ai froid.
T
'inquiète
pas, c 'est la voisine.
La cloison est tellement mince comme du carton.
On entend tout.
avoir fait un enfant.
Tu l 'avais perdu.
Ils se sont rattrapés depuis.
On en fait un finalement.
C 'est moi qui le voulais encore.
Quel âge a -t -il ? Dix ans maintenant.
Bien forcé.
Tu crois pas qu 'il me verse une rente ? Non,
c 'est rien, Guigui, ça tue, c 'est rien.
C 'est rien.
C 'est pour ça que je suis tombée. Ne pleure pas, Jeannot.
Ne pleure pas.
Il couche avec moi quand il n 'y a personne.
Mais quand le client veut rester toute la nuit comme toi.
Je voudrais bien t 'y voir, moi, à dormir toute une nuit sur une chaise.
Dis -donc, tu me fais la nuit quand même.
Tu vas signer ce papier ? Il me faut cet argent, tu m 'entends ? Il me le faut !
Pour tes putains ! Tu n 'auras rien ! Tu signeras ! Maman ! Maman
! Ils
sont
rouges.
Tu travailles trop, peut -être ?
Ta pupille droite est toujours dilatée.
Rien de très nouveau.
Fous -moi la paix, écoute.
On est tous pareils.
L 'incapable.
Merci.
devient fou, n 'est -ce pas ?
C
'est le roman que tu écris ? Oui.
L 'Angélus.
Un peu...
Et le rossignol qui chante au clair de lune, près de sa femelle qui couvre, ne
savent pas l 'éternel massacre de ce lieu qui les a créés, de ce Dieu qui les
créés.
Le mouton qui... Le mouton qui...
Hein ? Ben voilà.
Je ne peux pas continuer.
Je ne trouve plus mes mots.
Ma pensée s 'envahe.
Mon cerveau se vide.
C 'est comme de l 'eau dans une écumoire.
Allez, d 'un verre.
Sérieusement.
Je sais que je deviens fou.
Il faudra m 'avertir à temps.
Travaillez, travaillez ! Est -ce que tu dirais qu 'il a du talent ?
Oui.
Monsieur ? Monsieur, c 'est un télégramme.
Mais qui, monsieur ? Mais elle, François, elle.
C 'est elle.
Vite, ma gamme, mon chapeau, je sors, vite.
Allez, François, mais reste pas implanté là, dépêche -toi, donne -moi mes
affaires, je te dis, je sors. Mais monsieur, c 'est que vous êtes sali, là.
Comment ? Ah, oui.
Dommage que ce soit l 'encre qui me sorte de la tête.
Ils n 'ont pas les idées.
Allez, dépêche -toi.
Je vais chercher une voiture. Non, non, j 'irai à pied par la croisette. Allez,
file.
C 'est incroyable, ça.
Aggravation de l 'état de M.
de Maupassant.
Son prochain internement dans une maison de santé.
Ah,
c 'est une honte, alors.
On vit vraiment une époque de salauds et de rastas.
J 'y pense.
Le Gaulois, ma mère y est abonné, elle va le dire.
Tu te trouves amaigri.
Ce monde d 'avant -mère ne te prescrit rien ? Mais si.
Régime, des oeufs, des oeufs. Il me dit de manger des oeufs. Des oeufs ? Oui,
alors je mange des oeufs.
Attends, dis donc, tu n 'es plus le Gaulois ? Non, je ne suis pas réabonné.
Je suis le Figaro.
Oh, et puis tu sais maintenant, je ne m 'intéresse plus guère aux cancans de la
capitale.
Oui, tu fais bien.
Ce mécile raconte n 'importe quoi.
Depuis que je suis à Cannes, mon dégoût pour le monde a encore grandi.
Tous ces cactages de salons.
Finalement, un homme libre devrait absolument fuir les relations mondaines.
La bêtise est si contagieuse.
Je crois qu 'on ne l 'attrape rien qu 'à fréquenter ses semblables.
Il n 'y a pas que la bêtise qui s 'attrape.
Tu ferais bien de te tenir un petit peu à l 'écart des putains.
Non, non.
Tu es un homme sensuel.
C 'est mon tempérament.
Après tout, c 'est toi qui m 'as fait.
Oui, mais tu n 'es pas sensuel.
Tu es charnel.
Les femmes, tu les prends comme on choisit une côtelette à l 'étal d 'un
boucher.
Ça doit être d 'un monotone.
Je suis sûre que tu fais l 'amour comme un ministre signe son courrier, comme
ça, ça n 'a rien à voir.
D 'ailleurs, je me suis toujours demandé comment tu pouvais penser autant de mal
des femmes dans la vie et en parler si bien dans les livres.
Mais dommage.
Alors, vous vous êtes bien conduit ? Vous pouvez être fier de moi.
Oui,
j 'arrive.
Bonjour, Guigui.
Mes cochons.
Bonjour. Non, toi, je t 'ai déjà vu. Et alors ? Bonjour, Léna.
Trois absinthes, mon chat.
Elle est un peu gratte, mais... Elle tient ses promesses ? Là -bas.
Il n 'en a pas bientôt assez. Ah, m 'en parle pas. C 'est insupportable. Mon
chef de bureau est un salaud.
Il m 'empêche d 'écrire mes poèmes. Hier encore, il est entré dans mon bureau et
il me dit... Monsieur, mon frère, vous pouvez être payé par l 'État au service
de l 'État. Mais monsieur, je fais mon travail.
Oh, nul, nul. Qu 'est -ce que vous faites là ? Je s 'écris.
Non, ils n 'ont pas les lettres de service. Je vous interdis de faire autre
chose que... De l 'administration.
Voilà. De l 'administration.
Il a claqué la porte ? Oui, il a claqué la porte.
Qu 'est -ce que tu écrivais ? Une nouvelle, mais...
longue.
Sur la guerre.
Flaubert m 'a promis de médier à la faire publier.
Oui.
Ça s 'appellera peut -être... Boule de Suif.
Pourquoi Boule de Suif ? Oh ! L 'histoire d 'une putain !
serveuse là -bas.
Je m 'appelle Ernest. Et toi ? Ne réponds pas, c 'est une gougnotte.
Marie -Louise.
C 'est toi que je t 'ai dit, ne lui parle pas.
Je parlerai si j 'ai envie.
Viens à notre table, Marie -Louise.
J 'aime tes yeux.
Toi, laisse tomber.
Écoute, fiche -nous la paix. Je ne suis pas ta femme.
Tu vas la laisser tranquille, oui.
Elle n 'est pas pour toi.
Ou bien tu finiras la scène avec une pierre au cou.
Ça suffit.
Maintenant, tu files.
Bon, allez, viens.
Bonne chance, mes amoureux.
Revenez vers 5 heures.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Tu n 'avais pas
fermé ? Mais si, monsieur, j 'avais cru pourtant.
Vous voulez que j 'aille te voir ?
Vous savez que vous nous avez beaucoup manqué à Paris, monsieur l 'écrivain.
et bien moi, le monde de Paris ne me manque pas.
C 'est gentil, ça.
Pardon, comtesse.
Les femmes du monde ne me font plus rire. Elles ont toutes le même esprit.
Fait au moule comme le riz à la crème.
Voilà.
En somme, te voilà redevenu un bon sauvage.
C 'est vrai.
À force de vivre dans la solitude, j 'ai presque perdu l 'usage de la parole.
Et quant aux autres usages... Enfin,
on s 'accoutume à tout.
Les autres usages... Mais nous sommes venus réveillonner avec vous, belle
Et ton travail ? Toujours aussi acharné à noir sur
le papier ?
Je mélancolise.
Ces parfums, l 'odeur de la mer, cela vous fait chavirer la tête.
Mais vous voilà devenus les meilleurs amis du monde, on dirait.
Tu ne t 'ennuies pas ? M 'ennuyer, moi ?
C 'est plutôt à toi qu 'il faut demander ça.
C 'est vrai.
Ma lucidité, mes cœurs.
Je prouve du dégoût pour tout ce que je faisais autrefois avec un certain
plaisir.
C 'est devenu monotone.
Même la beauté.
Surtout la beauté.
N 'est qu 'un instrument de supplice aux mains de la femme.
Dis plutôt des femmes.
Pourquoi tu ne m 'as pas écrit ? Non, pas toi.
Toutes ces chaînes.
Insupportables.
Je n 'ai pas trompé, j 'étais prévenu.
Je ne me plains de rien.
Vous voulez des sous ? Ah non, non.
Monsieur, je sais que la dame en gris...
Mais
on dirait... Ah, mais je la connais, c 'est la... Kitta.
Alors ?
Viens, Guigui.
Je vais te montrer.
Ça te fera peut -être de l 'effet.
Oh !
Mais qu 'est
-ce
qui se passe ?
Vous partez comme ça, sans même me le dire ? J 'allais te réveiller.
Tu dormais si profondément.
Non. Mais c 'est pas possible.
Pas déjà.
Tu pourrais pas me prévenir ? Non, ça me va pas.
Oh, écoutez, Guy, soyez soutenable.
C 'est mieux comme ça, Guy.
Décharge les bagages, François !
De toute façon, je dois rentrer.
Non, tu n 'es pas bien. Nous n 'aurions pas dû venir.
Chargez les bagages.
François.
On se reverra.
On se reverra.
Peut -être.
Peut -être pas.
Ils font mes lettres.
Je te ressemble au fond.
Pour moi, c 'est l 'amour au rien.
Après, je jette.
Comme toi.
C 'est logique.
Pas celle -là, en tout cas.
Mais elle est si précieuse.
Cette Flaubert.
Vous vous plaignez du cul des femmes qui est monotone.
Il y a un remède bien simple.
C 'est de ne pas vous en servir.
Trop de canotage, trop d 'exercice.
Votre santé se trouvera bien de suivre cette vocation.
Voilà un conseil que tu n 'as pas suivi.
Dans le fond, tu ne m 'as jamais aimé.
Toi non plus.
Qu 'est -ce que c 'est, les hommes ? Dis donc, elle fait même une petite
différence, non ? Si c 'est ce que tu veux dire, c 'est vrai que
je ne vous aime pas.
Avec vous, j 'ai toujours l 'impression d 'avoir un bec de gaz dans le ventre.
Je ne t 'engage en rien.
Tes yeux.
Tu es inquiet ? Tu sais très bien que je ne crains pas la mort.
Je serais même capable de me tuer par plaisanterie.
Je sais.
Si je n 'avais pas de vieille maman, tiens.
Quand vous irez mieux, je compte sur vous à Paris.
Je n 'irai plus jamais mieux.
Mon Dieu, quel désespoir.
Mais ce sont des choses qui arrivent.
Soigne -toi surtout.
Tu as une tête à faire peur.
Ce n 'est pas possible, j 'ai télégraphié mon retour.
Juste une nuit.
Et puis dans ton état ? Rien que... Encore une
nuit.
Mais qu 'est -ce que t 'as, François ? Rien, monsieur, rien.
On n 'en sait rien.
Tu fais une tête ! C 'est ces femmes, monsieur.
C 'est ces femmes.
Et quoi, ces femmes ? Rien, rien ! Ce sont ces femmes, là, toutes ces femmes !
Je sais pas, monsieur ! Toutes ces femmes ! Allez, ma canne, mon chapeau,
Vous sortez maintenant, monsieur ? Allez, vite, ma canne, mon chapeau !
Dites à madame que monsieur de Montpassant est là. C 'est que madame n
pas, elle. Alors je vais l 'attendre. Non, non.
Madame est partie pour Paris. Hier soir, elle a pris le train.
Le train ? Pour Paris ? Elle n 'est sur qu 'un message pour moi.
Elle n 'a pas dit au moins quelque chose ? Si, si, monsieur de Montpassant.
Madame m 'a chargé de vous dire de ne plus chercher à la voir.
Elle ne vous recevra plus.
Plus jamais, monsieur de Montpassant.
bien qu 'elle aille au diable. Au diable !
François
! François ! François, il n 'y a plus d 'éther ! François ! François !
Ils sont vides ! Regarde ! Ils sont tous vides ! François !
François... Rentrez, monsieur, rentrez. Vous allez vous faire mal.
Rentrez. Je vais vous en chercher tout de suite. Non, non, ne me laisse pas.
Ne me laisse pas. Ne me laisse pas, François.
Mes goûts n 'ont guère changé, tu sais.
Oui, mais mieux nous lire ça que le catéchisme.
Oh, avoue que c 'est un meilleur livre pour apprendre la vie, la souffrance, le
plaisir, la vie, quoi.
Je t 'ai attendu hier soir pour le réveillon.
Je serai avec toi pour le premier de l 'an.
Pardonne -moi.
J 'ai eu deux visites imprévues hier.
Des parisiens.
C 'était très important pour mon travail.
Des parisiens ? C 'est à moi que tu veux faire croire que c 'était des parisiens
? Mais t 'es sûr, maman ? T 'es sûr ? Des gens dont j 'ai besoin.
Besoin ? Oui. Je me demande vraiment de quoi tu peux avoir besoin. Tu as le
génie.
Tu as la renommée. De quoi as -tu besoin ?
De
repos.
De repos.
Si tu savais.
Oh, le soleil !
Comment vont tes yeux ? Pas plus mal.
J 'ai toujours cette bizarrerie de la pupille droite.
Et les bizarreries de cette famille.
Reprends.
C 'est le soleil !
Mais tu penses à Hervé.
Mais tu sais très bien que son installation, c 'est la version
Il est mort fou.
Il est mort fou.
Il est mort fou. Il est mort fou.
C 'était le soleil, Hervé.
Le soleil.
Il avait passé une après -midi entière dans le soleil. Je sais.
Je sais.
Je connais cette histoire par cœur.
Jusqu 'à demain.
Il voudrait mieux lui cacher ses balles de revolver. Si je les cache, il va me
chercher.
Dites, docteur, si je peux me permettre, j 'aurais voulu... Savoir ce que j 'en
pense ? Oui. C 'est ça ? Oui.
Ça va pas très fort, mon pauvre François.
Pas très fort.
Ça nous donne quelque chose à voir.
Tu prends rien, toi ? On m 'a interdit l 'alcool.
Qui ça ? Vous, docteur.
Ah oui ? C 'est vrai, tu as raison.
Tu vois, l 'alcool, c 'est mauvais pour tout.
Tu fais bien de ne pas en boire.
Pourtant, il y en a qui disent aussi que ça conserve.
Justement, mon vieux.
Justement.
Docteur, c 'est vrai qu 'il doit son double.
C 'est pas le genre de choses qu 'on invente, tu sais.
À la rigueur, une fois, pour amuser les amis, mais jamais au point de tirer au
revolver.
Encore heureux qu 'il ait visé son double.
Cela s 'appelle l 'autoscopie.
Beaucoup d 'écrivains ont eu ça.
Musset, Goethe.
Ils voyaient leur double.
L 'oncle de Guy aussi, d 'après ce que sa mère m 'a dit.
Cette famille, en somme.
Alors, d 'après vous, il devient fou.
Vraiment fou.
Fou au point qu 'on devra l 'enfermer.
C 'est moi qui vais vous rassembler.
Si tu veux.
Un premier de l 'an.
L 'année commence mal.
Le seul ennui, c 'est que tes vers ont au moins 50 ans de retard.
Vous voyez partir les rondelles et le fuit à tir d 'aile, mais revient
fidèle à son nid.
Lamartine a écrit des choses comme ça.
Tu me fais rire, Flambelle.
Dis -moi, quand tu allais au nage, que tu écrivais ? Je t 'en souviens ?
Duchesnier, ma chérie.
Quand l 'homme que j 'aimais le plus... Le saumon des morts, mon maître,
Flaubert, c 'est moi qui ai fait sa toilette, c 'est moi qui
ai fermé ses yeux, ses beaux yeux.
J 'essayais de me représenter tout le travail fourni par ce
cerveau, par cette tête incomparable.
Mes yeux me font mal ce matin.
J 'ai comme le brouillard.
Si je ne devais pas aller chez ma mère.
Mais il le faut.
Sinon, elle va me croire malade.
Écoute, chez elle, tu me prépareras du thé et des oeufs.
Rien d 'autre.
Et tu resteras près de moi pendant tout le déjeuner.
Oui.
Ne me quitte pas, François.
Ne me quitte pas.
Tu as travaillé, mon chéri ? Je piétine.
C 'est le problème de finir, n 'est -ce pas ? C 'est ta faiblesse, ça.
Tu vois, l 'autre soir, je relisais Fort comme la mort.
Eh bien, décidément... Oui, je sais, maman. Tu n 'aimes pas la fin de Fort
la mort.
Merci, je sais.
Pourtant, l 'accident, c 'est l 'imprévisible.
Justement. Justement, je n 'aime pas l 'imprévisible. Je ne crois pas à l
'imprévisible.
Mais c 'est le hasard.
C 'est... la fatalité.
Enfin, maman, comment peux -tu dire ça ? C 'est tout le sens de mon livre.
Mais je te ferai remarquer que c 'est mon plus grand succès de librairie.
C 'est à moi que tu dis ça.
Quelle importance.
Le succès de l 'ivrairie n 'a rien à voir avec l 'art.
Et il n 'y a que l 'art qui compte.
Et l 'art n 'aime pas le hasard.
D 'ailleurs, Flaubert... Oui, je sais.
Flaubert me l 'aurait dit.
Veux -tu un peu de vin ?
Pas une goutte de vin.
Quel malade exemplaire.
D 'Arambert, ma dernière.
D 'Arambert.
D 'Arambert, il ferait mieux de se l 'appliquer à lui -même, son régime.
C 'est jour de fête. Il faut savoir faire des entorses au régime.
Écoutez, ma tante, n 'insistez pas.
Je ne bois pas, je ne bois pas, je ne bois pas.
Je ne bois pas.
Ne pleure pas. Ne pleure pas. C 'est pas grave.
Sois sale.
Arrête. C 'est rien du tout.
Qui ? Qui ? Non, je te dis, qui ? Non.
C
'est
toi qui m 'as changé mes barres, hein ? Tu m 'as changé mes barres, hein, salaud
? Ma
gorge.
T 'as vu, François ? Regarde.
Je l 'ai coupée. J 'ai voulu me tuer. C 'est la preuve. Regarde. Je suis fou.
Je suis fou.
Merci. Je suis fou.
Je suis fou ! Je suis fou ! Je suis fou ! Lâchez -moi ! Je suis immortel
! Lâchez -moi ! Je suis original ! Je suis original ! Ça
recommencera et il y aura d 'autres tentatives.
Il faut l 'interner.
Visuellement, peut -être.
C 'est à vous de prendre la décision.
Mais Hervé n 'est pas... Guy n 'est pas fou.
Il est violent.
Comme son père, d 'ailleurs.
Et puis, il a les yeux malades.
Ses yeux sont malades, oui.
Mais ce n 'est qu 'un symptôme.
Mais vous n 'avez jamais rien compris à mon fils d 'Arenbert.
Guy est un nerveux.
Et ce sont les nerveux qui ont fondé les religions. Ce sont les nerveux qui nous
ont donné des chefs -d 'oeuvre. Il fera d 'autres tentatives. Et on ne l
'enfermera pas.
Pas Guy.
On ne l 'enfermera pas comme on a enfermé Hervé.
Bien.
Je vous aurais prévenu, François n 'arrivera pas toujours à temps.
Alors, alors pas au même endroit, pas au même endroit qu 'un V.
Il y a la maison de santé du docteur Blanche à Paris.
C 'est un ami, il connaît.
Il ne pourra pas être mieux soigné.
Si je lui télégraphie, un infirmier sera là après -demain.
Alors surtout pas un mot au jour d 'aujourd 'hui.
Et puis... Et puis il y a autre chose.
Il faut absolument que François reste auprès de lui parce que...
Oh, je compte sur vous, dame Amber, s 'il vous plaît, parce que c 'est très
important, François.
C 'est très important.
Non, pas la gare, le port.
Il faut l 'emmener au port.
Je vous présente le docteur Murio, qui s 'occupera personnellement de vos soins.
Nous vous avons préparé l 'appartement 15, au pavillon des hommes.
Oui, Raymond.
Oui, une belle amie.
Mais c 'est quoi qui est fou ? Mais c 'est quoi ce putain de famille ? Il
fou. Il était fou.
Calme -vous.
C 'est lui le fou.
C 'est lui. C 'est lui le fou.
La syphilis tertiaire entraîne cette désorganisation des facultés
intellectuelles.
Délire, mélancolie, hypochondrie.
Un cas typique.
Les hallucinations deviennent de plus en plus fréquentes.
Est -ce qu 'il va guérir ? Guérir ?
C 'est vrai que j 'ai écrit des livres ? Oui, monsieur.
Hein ? Oui.
Oui, monsieur.
Et des bons livres.
Oh, allez, François.
On va pleurer.
Tu sais...
Il y passera tout ça.
Gisèle. Gisèle ? Elle s 'appelle Jeanne, je crois.
Mademoiselle ! Vous vous appelez bien Jeanne, n 'est -ce pas ?
Oui.
Je ne vous ai jamais appelé Gisèle.
Vous ne vous êtes jamais appelée Gisèle ? Non. Merci, mademoiselle. Je ne vous
ai jamais appelée Gisèle, monsieur.
Jamais.
Jamais.
Et de qui parlez -vous, monsieur ? Vous, qui venez de passer, là.
Alors,
monsieur.
Vous faites une erreur, monsieur.
C 'est la femme du docteur Murillo.
Qu 'est -ce que c 'est que cette histoire, Murillo ? C 'est... Enfin,
On me cache quelque chose.
Monsieur !
M.
Rançois. M.
Rançois. Est -ce que je suis moi ? Est -ce que je suis moi ? Alors, est -ce que
je suis moi ? Cette maison... Elle
vient de déviroler partout.
Je n 'ai pas la vérole, moi.
Je suis un pèse.
Dis -leur.
T 'as pissé aujourd 'hui ? Non, je ne pisserai pas.
Donnez -lui à boire.
Le nom d 'un Robert, non ? Je ne peux pas.
Je ne peux pas.
C 'est son anniversaire, dans trois jours.
Votre présence pourrait ramener un peu de lucidité dans son cerveau.
Non, ce n 'est pas possible.
Je ne peux pas.
Pourquoi moi ? Je ne peux pas me demander de passer à son père.
C 'était un 8 ? Un 8.
Je
compte
sur vous.
C 'est pour ce soir.
C 'est pour ce soir.
Il faudra en parler ni avant, ni après.
Je ne
veux
plus le voir.
C 'est fini.
Moi, je vais garder le souvenir de mon fils vivant.
Il est mort le 1er janvier.
Finalement, je suis malade.
Je ne vois plus.
Non, je ne pisserai pas.
Pas ce soir.
Non, ça fait dormir.
Moi, je ne veux pas dormir.
Mon urine, c 'est de la pierre précieuse. C 'est du diamant. Il faut la
dans un coffre -fort.
Ne me doute pas.
Je suis le fils de Dieu.
Jésus -Christ a couché avec ma mère.
Je suis le fils de Dieu.
Fils de Dieu.
Lâchez ça !
Elles sont sales, ces chaussures. Elles sont sales.
Elles vont venir, hein ? Oui.
Oui, bien sûr, monsieur.
Je l 'ai cherché pour le sondage, monsieur.
Ah oui ? Oui, c 'est une bonne idée.
Prends -le au temps.
Hein ?
Comment a -t -elle pu s 'en procurer une si grande quantité ? Elle a les nerfs
malades depuis si longtemps.
Elle en prend régulièrement.
Elle aura constitué une réserve.
Depuis que Guy est interné, elle a des accès de fureur terribles.
Des ciseaux ! Des ciseaux,
vite !
... ... ... ...
Maman.
Ah, comme je suis heureux.
Hervé.
Ok, papa.
Au revoir, ensemble.
Ensemble, les quatre.
Dis -moi, mon grand, ça me gêne un peu de te demander ça, mais tu ne pourrais
pas me mettre un peu... Tu sais que ta mère ne me donne rien, alors...
bien que... C 'était joli.
Petite blonde, intempérament, c 'est bon.
À mon âge, ça devient difficile, tu comprends, alors... Mais dis -moi, as
changé à inviter Dieu ? Bien sûr.
Il est en retard, comme d 'habitude.
Monsieur Gustave Flaubert, mais vous n 'auriez pas dû m 'attendre.
Je vais me mettre à l 'aise.
Lola.
Tu ne m 'as toujours pas trouvé de nom pour mon bateau.
Je l 'appelle le Nana.
Nana ? Pourquoi Nana ? Pour que tout le monde puisse monter dessus.
Dépêche -toi de terminer ton roman, mon boisson. Tout le monde a faim.
Il faut que je termine, Angélus.
Le mouton qui... Le mouton qui...
Non, j 'en peux plus.
Ma vie est une horreur.
Guy ! Guy ! Guy !
Merci.
ni le désespoir, ce sont des choses qui arrivent. On n 'ira plus jamais mieux.
Sois une poisse.
Tu es une petite affaire. Sois une poisse.
Sois une poisse.
Sois une poisse.
Sois une poisse.
Sois une poisse.
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