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Ça fait très longtemps que j 'avais envie de faire ce film.
D 'ailleurs, je me suis toujours demandé pourquoi le plus grand écrivain italien
de ce siècle était pratiquement inconnu dans mon pays.
C 'est parce qu 'il était communiste, monsieur Elliot.
Peut -être.
Monsieur Elliot, pourquoi vous avez choisi Vino Pisani, qui est plutôt connu
comme étant un scène de théâtre, pour réaliser ce film ? John DeVita, qui est
producteur, pourra peut -être mieux vous répondre.
Eh bien, je crois que Dino Pisani est le seul qui soit assez génial ou assez
cinglé pour accepter qu 'un Américain joue pavès.
Monsieur Pisani, vous connaissez la réputation de monsieur Elliot.
On sait que c 'est un comédien exigeant et vous -même, vous n 'avez pas la
réputation d 'un metteur en scène facile.
À votre avis, lequel des deux va manger l 'autre ? Personne ne mangera personne.
Je crois qu 'ensemble, nous allons bâtir un monument dédié au génie de César et
Pavès. Et c 'est peut -être bien lui qui va nous manger.
Monsieur, est -ce que vous pouvez nous dire comment vous avez découvert Cesare
Pavese ? Un jour, chez un copain libraire, j 'ai vu le journal de Pavese,
je l 'ai feuilleté, je ne sais pas pourquoi, et j 'ai lu au dos de la
qu 'il avait commencé à tenir son journal à 28 ans et qu 'il s 'était
mort à 42 ans, alors qu 'il était en pleine gloire.
Et j 'ai passé deux jours et deux nuits à lire, et à lire, et à lire, et à lire,
sans arrêt.
Sans arrêt parce que, parce que tout au long de ma lecture, Je savais que la
dernière ligne de la dernière page, le dernier mot, arriverait à peine une
seconde avant qu 'il ne se donne la mort.
Et voilà ce qu 'il a écrit.
La chose qu 'on redoute le plus en secret finit toujours par arriver.
Quand j 'y pensais, ça avait l 'air facile.
Tout ça me dégoûte.
Je n 'écrirai plus un mot.
Alors il a versé de l 'eau dans un verre, il y a mis sept sachets de
il les a regardés fondre.
Et il a avalé.
Et il est mort.
En silence.
Vous avez l 'air conditionnel en cette voiture ?
Elle dit que c 'est déjà un maximum.
T 'as bien dormi ? Trop bien.
T 'as essayé des brillages, c 'est pas vrai ? Non, c 'est ton père.
Il t 'a pas réveillé avec sa machine ? Maintenant, il commence à 5h du matin.
Pourquoi tu lui achètes pas une électronique ? Il en a déjà une, il s
pas. C 'est une machine qui fait pas de bruit, c 'est pas une vraie machine.
Tu restes combien de temps ? Juste une semaine.
On doit faire une télé avec le spectacle le 25.
En direct avec du public.
T 'as envie de le revoir ? Ça serait une bonne excuse pour venir à Paris. Allez.
Ça va te faire tes droits d 'auteur. Tu parles.
J 'arrive.
Laisse -le.
Il veut son café.
Jane, t 'as un synonyme pour dévotion ? Ferveur. C 'est ça.
Tu dis à ta mère de m 'apporter du café, tu veux ? Tu veux dire à ton père qu
'il me lâche un peu ?
Ça avance.
Hé, attention, tu vas arroser le petit déjeuner du pape. Le quoi ? J 'ai un
filon des magazines qu 'on trouve dans les avions.
J 'ai des lecteurs dans le monde entier.
Ça, c 'est les menus préférés de Jean -Paul II.
Toi, t 'écris pour le Vatican ? Oui. Tu te rends compte ? Oui, enfin, je fais
surtout des articles sur la bouffe et sur le vin.
L 'idée, c 'est de faire oublier aux gens qui sont dans un avion.
Tu sais, le plus drôle, c 'est qu 'ils les mettent juste à côté des sacs pour
venir. Appétissant, non ?
J 'ai eu les résultats du labo après les derniers tests et c 'est très
rassurant. Les globules blancs ont remonté.
Alexandre le Grand, c 'est lui qui a inventé le schnitzel kebab.
Et il en était fou, il ne mangeait que ça. N 'importe quoi.
La cuisine byzantine, c 'est lui. Il l 'a répandue dans le monde entier.
Les Romains, vous savez ce qu 'ils mangeaient les Romains ? Des pétines de
truie. C 'est Bruno.
Dis -lui bonjour pour moi.
Allô ? Il fait beau ? Je t 'appelle, j 'ai une très bonne nouvelle à t
'annoncer. C 'est la Suzy ? C 'est toi ? Ils ont téléphoné.
C 'est toi qui a le rôle.
Ils veulent que tu sois à Rome le 28.
Ils m 'ont dit, t 'as trois jours, mais peut -être quand même. Ça, c 'est pas
sûr.
Maman, j 'ai le rôle.
Hé, je te l 'avais pas dit que ça allait marcher ? Je le savais, moi.
Je t 'embrasse.
Moi aussi, je t 'embrasse.
Je viens d 'avoir une idée géniale. Je vais aller à Rome.
Mais qu 'est -ce que tu vas faire à Rome ? Tu vas dîner avec le pape ? Mais
pourquoi t 'as mis le champagne dans le freezer ? Maintenant, c 'est un bloc de
glace.
Hein ?
Qu 'est -ce que t 'en dis ? Ta mère dit que je devrais aller à Rome avec toi.
Mais t 'es folle ou quoi ? Pourquoi tu veux aller à Rome, toi ? Tu devineras
jamais. Oh, allez, t 'en fais pas.
Je vais tout organiser.
Fallait vraiment que tu te trimballes avec ce truc.
Et tu te voyais avec ça.
Je te préviens, tu débrouilles tout ça, d 'accord ?
Sous -titrage ST'
501
Excusez -moi une minute.
Suzanne, au téléphone.
Bon, Sam aussi a appelé de New York.
Il a dit que ce n 'était pas important. Il espérait appeler pour vous demain à
la ville.
Pour le dentiste, j 'ai recoupé le rendez -vous d 'une semaine.
Il peut passer moi les clés de la voiture. Il faut encore que j 'aille.
Son nom m 'aveste.
Demande à la billeuse.
J 'ai téléphoné hier soir. C 'était toujours occupé.
J 'ai appelé aussi.
Non, j 'étais là.
Je n 'ai pas bougé.
Bien sûr, j 'étais seul.
Non, écoute, Suzanne, tu ne vas pas recommencer avec ça.
Écoute, je suis sur le plateau, là.
Oui ? Oui ? Écoute, on va tourner, alors c 'est difficile de se parler. Tu
comprends ? Oui,
je sais.
Oui, je sais.
Je suis en arrêt de te mettre dans des états pareils.
Dans la salle de bain ? Oui.
Elle était nue ? Oui.
Qu 'est -ce qu 'il a dit ? Il a tout de même dû dire quelque chose.
Qu 'est -ce qu 'il a dit ? Il a rien dit.
Suzanne, Suzanne.
Suzanne, calme -toi.
Écoute, Suzanne, écoute -moi. Il a 7 ans, il a vu une femme nue. Bon, enfin,
'est tout de même pas la fin du monde. Est -ce qu 'il l 'a touchée ? Il a fait
une érection, Steve ! Bon, alors d 'accord, mais enfin, tu vas même pas l
'emmener chez le docteur pour ça.
Tu la fous à la porte et tu oublies tout ça. De toute façon, elle était nulle.
Ça n 'a aucune espèce d 'importance.
D 'ailleurs, elle ne m 'a jamais rien montré à moi.
Ok, bon, écoute, on m 'attend sur le plateau. Il faut que je te quitte.
Je te rappelle.
Moi aussi, je te rappelle.
Mon
fils
a couché avec sa nurse.
Vous imaginez ça ?
Il a 7 ans.
Il faut qu 'on parle.
Trouve -moi plus de flics, je te mettrai plus de voitures.
J 'ai 20 minutes.
Excusez -moi, vous cherchez quelqu 'un ? Monsieur Elliott, je veux le voir. OK,
juste une minute.
Michael, je peux venir un moment ?
Je suis
notre
journaliste.
Vous allez me lâcher, oui ? Vous allez entendre parler de moi ! Je vous avais
pas dit que vous aviez affaire ! Ça ne va pas se passer comme ça.
Mais qu 'est -ce qui vous prend ? Ce n 'est pas un chien.
C 'est un journaliste. Il est venu faire une interview.
Journaliste, je vous signale que c 'est mon père.
Vous savez, j 'avais vraiment envie de jouer dans ce film.
J 'avais très envie de jouer Gabriela, mais je ne peux pas travailler avec des
gens comme vous. Vous me dégoûtez.
Votre rôle, je n 'en ai plus rien à foutre. Vous pouvez vous le mettre au
Une minute.
Une minute.
Restez là.
Qu 'est -ce que vous croyez ? J 'ai pas que ça à foutre.
Moi aussi je suis en train de travailler ici, figurez -vous.
Alors c 'est pas le moment. Et les journalistes, il y a autant vous dire qu
me font chier.
Et vous aussi vous me faites chier. Vous vous prenez pour qui ? Et vous, vous
vous prenez pour quoi ?
Attendez ! Non, allez, ça va, arrêtez.
Je vais la faire, son interview.
Non, écoutez, bon, ça va.
Je vais la faire, son interview. Je vais la faire, ça va ? Arrêtez de pleurer.
Excusez -moi.
C 'est idiot.
Je m 'excuse, pardon.
C 'est moi, là.
Non, ne me regardez pas comme ça.
Ça va mieux ? Ça va ? Attendez.
C 'est ridicule.
Tout le monde nous regarde.
On s 'en fout.
On s 'en fout.
OK ? Alors, le chauffeur de taxi me regarde dans le rétroviseur.
Il me dit, excusez -moi, vous êtes Steve Elliott, l 'acteur ? Alors, je lui dis,
oui, c 'est moi.
Alors, il dit, vous connaissez Jerry Lewis ?
Je lui dis, oui, je connais Jerry Lewis.
Alors, il se retourne et il me fait un grand sourire et il dit, vous savez quoi
? J 'ai sauté sa secrétaire.
J 'ai fait tomber du taxi.
Tu sais pourquoi ? Parce que tu l 'avais sauté aussi.
Qu 'est -ce qui te fait croire ça ? Parce que je l 'ai sauté aussi. Tout le
monde a sauté la secrétaire de Jerry Lewis.
Bon, il faut que je te laisse.
Faut que tu dormes.
Je t 'embrasse.
Je te rappelle demain.
Ciao.
Tu sais ce qu 'il m 'a dit que c 'était son sport favori ? La pêche.
Il a dû se foutre de ma gueule.
Je le trouve très sympathique, ce type. Pas toi ? Moi, je trouve qu 'il est
horrible.
Bon, t 'es couché maintenant, hein ? Il suffit.
Dis.
Je crois que t 'as un problème avec ton magnétophone.
Oh, merde.
Bonjour. Tu t 'es fait remarquer hier.
Regarde ça.
Il aime les gens qui ont du caractère.
C 'est quoi, ça ? Anglaise, française, italienne, je n 'en sais rien.
Tu connais Pavese ? Il est le meilleur, le plus grand poète italien.
On a besoin d 'argent américain pour tourner la vie de Pavese.
Il est très bien, Elliot, je n 'ai rien contre, mais c 'est comme si on prenait
Mastroianni pour la vie de Minguei.
Il verra la mort et il aura les trois yeux.
C 'est de traduire ça.
La mort viendra et elle aura tes yeux.
D 'accord, mais ce n 'est pas le même saveur.
À plus tard, alors.
Ciao.
Oh, Paolo.
Merci.
Bonjour.
Ah, salut Eugène.
Ça va ? Viens voir les décors.
OK. Comment ça va ? Bien, merci.
J 'aime bien ton père.
Il a l 'air intéressant.
Il est toujours comme ça.
Oh, ça lui prend du moment.
Ah oui.
Tu sais... Gabriela est une fille comme toi.
Elle est très belle, elle a du caractère.
Et un jour, elle rencontre Pavese dans un bar.
Mais lui, il ne sait pas danser, il ne sait pas bouger.
Il sait seulement écrire.
Et dès qu 'il la voit, il tombe amoureux.
Et quand il veut faire l 'amour, il ne peut pas.
Mais ce qui est important...
c 'est que tu es la dernière femme qu 'il a aimée trois jours avant sa mort.
C 'était la confiance.
T 'imagines un film avec Jessica Pampers au lieu de Jessica Lange ? Pampers
-Lange.
Mais à combien vous avez tourné ? Mais... Je ne sais pas. Ah, tant.
Et même trop.
... ... ...
...
C 'est avancé.
Où es -tu ? Tu me regardes depuis tout à l 'heure.
Je m 'appelle Pavel.
Je suis écrivain.
Tu écris des histoires ? Oui, des histoires sur mes semblables.
Tu écriras mon histoire ? Oui.
Je l 'inventerai.
Je voudrais te revoir.
Je n 'en sais rien.
Les gens de la ville, je les aime pas trop.
Ils parlent trop bien.
C
'était
très bon. Je suis dans ma caravane.
J 'ai fait au moins deux kilomètres à pied. C 'est ça ! Ça va, mec ? Je ne
savais pas que tu venais. Non, personne ne savait. Steve ! Ce con de taxi va
larguer au bout de la vie à tiens.
Steve, c 'est gouré de numéro.
Eh, mais il fallait le dire, j 'aurais envoyé une voiture à l 'aéroport. Je
en âge. C 'est pas grave.
Regardez, enfin, Steve.
Il y a tellement de gens qui vont nous embrasser tous les deux. J 'aurais dit
coeur de... We are the world.
Olga et Kossam.
Bonjour.
Bien, chérie.
Bon, il faut que je sois à l 'aéroport à 6 heures.
Je dois être absolument demain à Los Angeles.
Tu repars aujourd 'hui ? C 'est le seul truc. Je trouve que j 'aille plus vite
qu 'il y a le décalage horaire.
Elle est belle, la maison.
Suzanne va adorer.
Qu 'est -ce qui se passe, Sam ? Rien du tout.
Rien ? Tu veux vraiment me faire croire que tu as fait tout ce voyage pour voir
si cette maison allait plaire à Suzanne ? Tu te fous de moi ? Ça se voit bien,
le film ? T 'es content ?
Très bien.
Et Leroche, tu as vu quelque chose ? Tu es content ? Bon, tu vas te décider à
nous dire ce qui se passe ? Bon, le projet de la Warner va se faire
J 'aurais dit que tu étais parti pour trois mois, que tu tournais un film en
Italie sur la vie d 'un intellectuel communiste avec un réalisateur inconnu.
Ils sont prêts à payer ton délit.
Salut, Suzanne.
Oui, attends une seconde.
Sam, si tu veux rester mon agent, ou mon ami, tu refais jamais ce coup -là.
Qu 'est -ce qu 'il y a, chérie ? Oui ? Oui, mais je te l 'avise.
Je crois que j 'ai resté un jour ou deux.
Tu as vu tes deux acteurs qui se lancent dans un grand roman d 'amour ?
Bonne soirée.
Pas de message ?
Pas du tout.
J 'avais envie qu 'on prenne un verre ensemble.
On peut boire quelque chose ici ? Je crois que c 'est fermé à cette heure
Il y a à boire dans ma chambre.
On va trouver un bar ouvert.
Tu viens avec moi ? Ok.
C 'est le journal de Pabès.
C 'est magnifique.
Il parle de la création, de son mal de vivre.
Tu lis ses mots et tu dis, oui, c 'est ça.
Ah, c 'est ça, c 'est exactement ça.
C 'est ça.
Et tu as l 'impression de souffrir avec lui.
Il est tellement exigeant.
Il est... si seul.
Il n 'est pas heureux, mais il continue d 'espérer.
Et avec les femmes, c 'est pareil. Il tombe toujours amoureux. Il tombe
des femmes.
Et chaque fois, il les perd. Toutes celles qui l 'approchent, il va les
Il est tard.
T 'es fatigué ? Je ne suis pas sommeil.
Je ne dors jamais.
Je juge de temps en temps sur le plateau.
J 'adore marcher la nuit dans les rues. Je fais ça tout le temps. À New York, à
Londres.
Quand est -ce que tu t 'en vas ? Après -demain.
Tu sais où Pavès s 'est suicidé ? Dans un hôtel qui s 'appelait Hôtel Romain.
Exactement comme celui -là.
Alors, qu 'est -ce qui se passe ? Ça va, il est dans sa loge. Il est dans sa
loge. Il est dans sa loge. Il y a un problème ? Non, il n 'y a aucun
pas d 'affolement, tout est OK.
Tout est OK ? Il est 3h, on se laisse à 7h et tout est OK ? Dis non, va lui
parler. Pas question, moi je ne bouge pas d 'ici.
Bon, toi tu vas le chercher. Pour l 'instant, il voudrait voir Jane.
Quoi ? Steve voudrait te voir.
Moi ? Oui.
Pourquoi ? Il voudrait parler avec toi.
Il est dans sa loge, tu le sais ? Non. Bon, viens, je te montre.
Tu veux que je me coupe en deux ? Bon, écoute, on m 'appelle.
Oui, je t 'embrasse.
Salut.
Tu veux un verre ?
Oh
!
Regarde ce que John m 'a offert.
Viens voir.
Au revoir.
Non, tu me fais mal.
Steve. Steve.
C 'était bien, c 'était très très bien.
Mais t 'avais la braguette ouverte.
Je te jure que ça se voyait.
Pendant toute la prise.
Très bien.
On va la refaire.
Pourquoi tu veux la refaire ? T 'es en train de perdre le pavés.
Je perds pas pavés.
Je le perds pas, pavés.
Il me colle à la peau, pavés. Putain, tu vois rien ou quoi ? T 'attendais pas à
ça, hein ? Non.
Non.
T 'es là ? Ça va ? Tu veux dîner avec nous ce soir ? OK.
T 'es sûre ?
Oui, je suis sûre.
D 'accord.
On t 'attend dehors.
Putain, j 'ai encore perdu mes chaussures.
Steve, tu fais chier.
Il y a le De Niro qui tourne un nouveau film ? Ouais, ils ont fini la semaine
dernière.
Bon, où tu veux dîner ce soir ? Tu veux dîner à la maison ? Mais peut -être qu
'elle veut passer à son hôtel. Tu veux qu 'on passe à ton hôtel ? Non, non, ça
ira.
Ils se sont séparés quand ils étaient petits.
On vivait à Londres, lui, il travaillait à la BBC.
Et ma mère l 'a quitté. Elle a ouvert une galerie d 'art à Paris.
Elle m 'a inscrite dans une école bilingue. Elle voulait que je puisse
anglais avec lui.
On se voyait rarement.
Puis quand on se voyait, c 'était triste.
C 'était comme si ça le déchirait de nous avoir perdus.
C 'est là qu 'il a commencé à boire ? Oui.
Puis un jour, il est venu à Paris.
Et alors, ils se sont mis ensemble, c 'est ça ?
Oui, c 'est étrange.
Ils ont recommencé tous les deux à zéro. C 'est comme s 'ils n 'avaient rien
trouvé nulle part ailleurs.
Ils sont comme ça, en fait.
Des enchantés.
Je trouve très bien ton père.
Ah, c 'est un malade.
Mais à elle, elle tient le coup.
Ça compense ? C 'est pour ça qu 'ils se sont mariés ? Non, ils se sont mariés
parce qu 'ils étaient beaux.
Tu veux rester avec moi ce soir ?
Elle
ne
parle que l 'italien. C
'est ce que je dis.
Mais elle est très gentille.
Elle travaille chez Beltrami, alors on m 'a ouvert le magasin à 10 heures du
soir, elle ne m 'a pas fait payer, alors je voudrais une augmentation.
Mais qu 'est -ce qui se passe ? Vous n 'avez rien mangé ? Quand même, on est
chez Alfredo. C 'est ici qu 'on a inventé les fettuccini, vous savez ça ?
Parfait.
Bon, vous voulez quoi ? Gelato.
Gelato ? Gelato grande.
Grande. Grande gelato.
Pronto ? Et un peu de vino.
Signore, per favore.
Perfecto. Grande, grande gelato. Alors, deux gelati, un gelato, un gelato grande
et un gelato muy grande.
T 'es défoncé ? Non.
Moi non plus.
Qui est là ? Qui
est là ?
C
'était quoi ? Il y avait quelqu 'un ? Je ne sais pas.
Ça va mieux ? Non.
Ça doit être l 'herbe. Elle est très forte et je crois qu 'on a un peu trop
fumé.
Jeanne, calme -toi.
Jeanne.
Reste là.
Ne bouge pas.
OK ? Je reviens tout de suite.
Tiens, bois ça.
Excuse -moi.
Je vais regarder la télé dans le salon.
C 'est vrai, Rocky ? Oui, c 'est comme ça. Plus.
C 'est vrai, oui, j 'en veux plus.
Mais tu n 'auras jamais assez.
Que penses -tu, Rocky ? Ça ne m 'est jamais arrivé.
Avanti, tu as une arme, maintenant.
Tu veux l 'utiliser ou non ? L 'aider, majeur. Oui, l 'aider, majeur.
Avanti, fais voir que tu n 'as pas peur de mourir.
Sous -titrage ST'
501
Sous -titrage
ST'
501
A l 'Italie, departure to Tripoli, flight 880, boarding number 22.
Bonjour. Coucou. Tu dormais déjà ? Oh, oui, oh, mais oui.
On va au lit.
Allez, juste, il faut dire bonsoir à tout le monde. Bonne nuit à Michael.
Bye -bye.
Bonne nuit à Dino et à John et à Sam. Bonne nuit.
Bonne nuit, Brian.
Olga, Olga, excusez.
Dante, Fachi et Manu.
Bon, bonsoir tout le monde. Mon avion part aux aurores. Bonne nuit, John.
Bonsoir. Bonne nuit, Michael.
À bientôt, Suzanne.
Bonne nuit. Bonsoir, Sam.
Papa et moi, on vient dans 10 minutes, OK ? Le temps de vous coucher. À
Steve. Euh, chérie ? Chérie ? Dis -leur que j 'arrive.
Sam ! Sam ! Qu 'est -ce qui t 'emmène à l 'aéroport ? Ah, j 'ai un taxi
qui va me prendre. Je vais déranger personne.
C 'est un bon voyage, hein ? Tu m 'en veux pas ? Va te faire foutre.
T 'inquiète pas. Je vais leur expliquer que ça va être un très grand film. Si,
même avec toi dedans.
Suzanne, viens t 'asseoir. Je prends de mon verre. J 'ai écrit là -bas tout à l
'heure.
Je ne sais pas ce que c 'est, Suzanne, mais peut -être que c 'est le décalage
horaire.
En tout cas, je te trouve très, très bandante.
Oh, non, non, fais pas ce numéro.
Je sais que tu ne croiras pas ce que je te dis, mais je suis ravi que tu sois
venue.
Oh, cet enfoiré de mec, il a tout fait pour que je reste à New York.
Suzanne, tu es fantastique.
Merci. Tu devrais retravailler.
Je vais faire un remake des Tendres la nuit.
Tu joueras Zelda, tu seras génial.
Hé, si Suzanne reprenait sa carrière d 'actrice...
Ce serait pas pour faire un remake.
De toute façon, jamais elle partagera la vedette. Même avec toi ? Surtout pas
avec moi.
D 'ailleurs, je courrais pas le risque.
C 'est elle, la star.
C 'est pas moi.
Il est d 'une merveilleuse lucidité quand il a un verre dans le nez.
Et après trois ou quatre verres, il lui vient des flashs de génie.
Juste avant de s 'endormir.
Allô ?
J 'avais envie de t 'entendre.
Il est trop tard ? Non, non, non, ça va.
T 'es pas seule.
T 'as couché avec lui ? Quoi ? Juste pour
savoir.
Arrête.
De toute façon, je sais que t 'as couché avec lui.
Je m 'y attendais.
Pourquoi tu dis ça ?
Tu lui as parlé de moi ? Oui.
Qu 'est -ce que tu lui as raconté ? Ça, c 'est la meilleure.
En plus, tu lui as parlé de moi.
Et qu 'est -ce que tu lui as dit ?
Tu veux la revoir ? Je sais pas.
Putain, je peux plus dormir.
Je te remercie.
C 'est qui
? Jane Steiner.
Elle joue Gabriela.
Je hais ce mec, je hais ce film et je hais l 'Italie.
On a fait 23 prises.
Il déplaçait sa caméra continuellement. Vous savez ce que c 'est, toi, de faire
23 prises ? 23 ? 23 ! Salut, dis -nous.
Martini ou scotch ? Les deux, s 'il te plaît.
Joue Suzanne.
J 'ai fait tirer toutes les prises.
T 'as très bien fait.
Dans le tas, il y en aura peut -être une de bonne, on sait pas.
Bon, écoute, Yves aime beaucoup ce film de Seymour Hady.
C 'est pas quelqu 'un de facile.
Il est un peu énervé, en ce moment.
C 'est peut -être le temps. C 'est pas le temps, Suzanne, c 'est toi. Il a
besoin d 'être seul. Chaque fois que t 'arrives sur un tournage, vous passez 24
heures sur 24 à vous bagarrer. C 'est chiant.
Il a besoin de moi, Michael.
C 'est pour ça que je suis venue.
On a fait 23 prises.
Tu sais ce que ça veut dire, 23 prises ? Dino, tu sais, j 'ai envie de refaire
la scène.
Non, je pense à ce plan -là. Je crois que le problème, c 'est moi.
Je n 'étais pas là.
Je n 'étais pas dans le coup. Qu 'est -ce que tu en penses ? Non, je trouvais
bien.
Tu as trouvé ça bien, toi ? Oui.
Je déteste qu 'on se foute de ma gueule.
Vous croyez qu 'il est pas content ? Je crois qu 'il est pas content.
Allô ? C 'est Jean.
Bonjour, ça va ? Oui, une seconde.
Paris.
Allô ? C 'est pas le moment, là.
Je suis désolée. Je suis désolée.
Suzanne, j 'ai 200 dollars placés sur toi.
Alors, bats -toi.
Je t 'avais dit que t 'étais jamais parié sur ta femme.
Non, t 'es trop raide, Suzanne. Descends -toi.
Non, t 'es pas concentré, là.
Suzanne, on dirait que tu le fais exprès.
Elle joue beaucoup mieux que ça, d 'habitude. C 'est une tactique, je suis
Allez, vas -y.
Non, attends.
Non, t 'es pas concentré, là.
Tu vas la fermer ? Oh, Suzanne, c 'est qu 'un jeu, calme -toi.
Eh, bien tendu.
Tu veux jouer ? Non.
Ah oui, c 'est ça, j 'oubliais.
Quand monsieur joue au tennis, il préfère avoir sa doublure, comme ça il
de pas avoir l 'air d 'un con.
Ben oui, c 'est une bonne idée, ça. Pourquoi on l 'appelle pas la doublure ?
Comme ça, il pourra aussi supporter ton caractère de merde.
C 'est ça.
Et puis pendant que tu y es, envoie -le dans ma chambre.
Comme ça, il pourra aussi me baiser à ta place.
Ah, ça m 'arrangerait, ça.
Je voudrais savoir ce qu 'il a, Michael, ce qu 'on finira par me rendre cinglé !
Je
sais, Michael.
Si, je sais très bien ce que je fais. Je veux avoir un week -end tranquille.
Bon, je vais laisser la voiture à l 'aéroport. Les clés sont à l 'endroit
habituel et lundi matin, je serai à l 'heure sur le plateau.
Allez, salut.
Bonjour, vous êtes bien chez Jane et moi, Tarzan.
Actuellement, nous sommes dans la jungle.
Laissez -nous un message en parlant bien fort.
Pour tout ce qui est professionnel, téléphonez au 42 52 56 28 pour essayer
théâtre pendant la journée. Gros bisous, parlez après le bout.
Ça va ? Comment tu m 'as trouvé ? Qu 'est -ce que tu fais ici ?
Je sais pas.
Salut.
C 'est Bruno Schlosser. C 'est notre metteur en scène.
C 'est bien ce que vous faites.
Moi aussi, je veux me dire ce que vous faites.
On va bouffer, non ? Oui.
Ils dînent avec nous ? Oui, tu viens dîner avec nous ? Oui.
Ah non, je dois repartir.
Faites -vous un peu le vin, là ? C 'est moi qui goûte.
Oui, très bon.
Très fruité.
Très bon.
Très bon.
Il commence à me plaire, là.
Tu pourrais peut -être me prendre dans la troupe, non ? Pourquoi est -ce que
vous êtes venu à Paris ? Vous êtes venu spécialement pour elle ? Oui.
C 'est gentil, ça.
Arrête tes conneries, Bruno.
On t 'a demandé quelque chose à toi ? Écoutez, j 'ai pas envie de cacher votre
soirée, Bruno.
Je vais vous laisser.
C 'est une bonne idée, ça. Allez, casse -toi, connard.
Non, me touche pas, me touche pas.
J 'ai passé une soirée très sympathique.
Ça serait vraiment bête de la foutre en l 'air.
Alors on va en rester là, OK ?
Merci. Au revoir.
Désolé.
C 'est ça, oui.
Bonne nuit, hein.
Je vais voir le film.
C 'est comment, la maison ? Calme. On ne peut plus calme. Suzanne est repartie à
New York avec les enfants.
Tu racontes ? Elle est partie de sa femme.
Elle a dit qu 'en ce moment, elle avait besoin d 'être seule.
Tu crois qu 'elle se doute de quelque chose ? Je ne sais pas.
Je veux vous dire un grand merci à nos camarades de la technique.
T 'as vu, il y a tes parents qui sont là. Ah, c 'est pas vrai.
Ils m 'ont pas prévenu ? Ah si, ils m 'ont téléphoné. Ils m 'ont dit de te le
dire.
Faites votre choix, moi.
Appelle -toi.
Comment ça ? T 'appelles. Tu prends un téléphone et t 'appelles.
Et si je tombe sur ta femme ? Tu raccroches.
Mesdames, je crois que je vais prendre à Montblanc.
Une tarte aux amours.
Tu sais, en fait, on est parmi seulement à cause de ta pièce.
On est venus pour faire un scanner.
Et si on nous dit qu 'il n 'y a plus rien à faire, on envoie tout balader et
rentre dans notre maison de Tosca.
Je ne sais pas si je peux la faire comme ça.
C 'est ça qui compte.
Mais arrête.
C 'est ça la vie.
Tu es en train de te tricoter des souvenirs, c 'est merveilleux.
Allô ? Oui, une seconde.
Jane.
Allô ? Où tu es ?
Tu peux revenir ?
Il y a un billet qui t 'attendra à l 'aéroport.
Depuis combien de temps t 'as pas été amoureux, toi ? Je sais pas.
Cinq minutes ? Un an ? C 'est drôle. Moi, je suis toujours amoureux, mais c
les autres qui m 'aiment pas.
Jane chercha Steve du regard, mais ne vit que Michael.
La déception pouvait se lire sur son visage.
Sentant des espoirs les plus secrets s 'évanouir, Michael se mit à dévorer sans
s 'en rendre compte les fleurs qu 'on lui avait achetées.
Il est par là -bas. T 'es autorisé à courir.
On descend en Amsterdam Avenue.
On était six. Il y avait trois garçons, trois filles.
Et moi, je me dis, enfin, ce soir, je vais baiser. Pour la première fois, je
vais baiser.
Bon, alors, tout le monde est de bonne humeur. Tout le monde se sent bien.
Et on revient à la maison.
Et on monte au deuxième étage. On est chez moi, pom, pom, pom.
Et je me dis, ça va être le pied de ma vie.
Bon, alors, on sort le vin, on sort les drogues, tout.
Oui, bon, on était jeunes. Ça remonte à 68, ça.
Bon, et on baisse la lumière.
On monte la musique.
Et j 'entre dans ma chambre avec un monstre. T 'as pas idée. Et je me dis,
vais mourir. Je vais mourir.
Alors, on est dans ma chambre. Bon, il y a moi, il y a le monstre. Et à côté, il
y a un couple sur le canapé. Et sur mon tapis péruvien, il y a les deux autres.
Alors, t 'en fais quatre dans le living et nous deux dans la chambre.
Bon, et on enlève nos fringues. Enfin, plutôt, j 'enlève les miennes. Et on
dirait qu 'elle s 'est habillée carrément au supermarché du coin de la
Enfin, bon, elle a encore sa robe. Et moi, je vais chercher le vin. Je
Et là, je réfléchis à la meilleure manière de m 'y prendre. Et puis, j
Et là, elle commence à me parler de sa famille. J 'en avais rien à tirer. Je
voulais découvrir l 'amour.
Bonsoir.
Olga ! Pourquoi j 'ai pas de dessert ?
On dirait un indien.
Je t 'aime.
Allô ? Non, tu ne me réveilles pas.
Qu 'est -ce qui se passe ? Suzanne, je... Suzanne.
Fatiguée. Ferme les yeux.
J 'ai gagné.
J 'ai triché. J 'ai pas triché.
J 'ai triché.
J 'ai pas triché. J 'ai triché.
T 'as triché sur un croissant.
C 'était mon cinquième, celui -là.
Non, t 'as triché sur un croissant.
T 'as triché sur un croissant.
Et ça, c 'est quoi, ça ? T 'en as caché un ? Non,
faut que tu le manges, le croissant, là.
Non, y a rien à perdre. Faut que tu le manges.
Michael.
Donne -moi mes lunettes.
Mais ça va pas, il est 8h30, il faut y aller.
Ça fait ? Merci, non.
Ça te plaît, ce que tu fais, Michael ? Quoi ? Tu veux dire être l 'esclave de
Steve ? Mais j 'adore, ça a toujours été le rêve de ma vie, d 'être un esclave.
Est -ce que j 'aime ce que je fais ?
Je me fais un tas de pognon, je voyage, je vis dans des maisons de riches.
Les gens célèbres se mettent à genoux devant moi.
Tu sais ce que je faisais avant d 'être l 'esclave de Steve ? Je découpais de la
viande à la boucherie cachère de mon père sur Flatbush Avenue.
C 'était à Brooklyn.
Et maintenant, regarde -moi.
Il y a quelqu 'un qui voudrait essayer de me faire croire que c 'est qu 'un
rêve, tout ça ? Il est en train de te raconter l 'histoire de sa vie ?
La vieille boucherie cachère.
Et la fille d 'Ottawa.
Non, jusqu 'ici, il n 'a pas parlé de la fille d 'Ottawa.
Tu sais que ce type me hait.
Il vole mes chaussures et il les enterre dans des coins bizarres. Il me tient.
Il fait trop de choses sur moi.
Il sait aussi comment bouge la lune.
Michael,
je suis pieds nus. J 'ai perdu mes chaussures.
Très bien.
Je croyais que vous étiez un couple libre.
Oui, c 'est ça.
Sauf qu 'en ce moment, je suis très couple et qu 'elle est très libre.
Ça change, non ? Ça change.
Madame, s 'il vous plaît.
Je t 'attends.
Non, non, tu es gentille.
J 'en ai pour un bon moment.
Desidera qualcosa?
No, merci.
Vieni.
Son ancora caldi, li abbiamo appena accolti. Merci.
Qu 'est -ce que c 'est ? Regarde.
Et c 'est là.
Alors ? Comment tu me trouves ? Je te trouve très belle.
Viens, je vais te montrer quelque chose.
Si ça ne va pas bien.
Elle m 'a appelé cette nuit, elle était hystérique.
Elle a hurlé pendant trois heures.
Merde. Je ne supporte plus que je ne sois pas avec elle.
Je crois qu 'elle sait quelque chose.
C 'est pour toi.
Pour moi ? Je l 'ai acheté pour toi.
Tu me l 'as acheté, Michael, t 'es fou.
Tout le monde est fou cette semaine.
Tu perds.
Quoi ? Je voudrais que tu comprennes quelque chose.
Je t 'aime bien, je n 'ai pas envie de te voir souffrir.
Mais je crois que Steve ne quittera jamais sa femme.
Je sais, Michael.
Je ne sais pas,
je ne sens
pas. On va la refaire.
Très bien, on va la refaire.
Tu sais pourquoi on voudrait que l 'amour ne s 'arrête jamais, qu 'il dure
la vie ? Parce que si la vie est une souffrance, l 'amour est un anesthésique
qui pourrait avoir envie de se réveiller au beau milieu d 'une opération.
Alors, tu veux l 'épouser ?
Les seules femmes qu 'il faudrait épouser sont celles dont on se méfie
trop pour oser les épouser.
Qu 'est -ce que tu fais là ? Qu 'est -ce que tu fais là, toi ? Je m 'embêtais.
J 'avais envie de te voir. Elle est folle.
Qu 'est -ce qui se passe ? Qu 'est -ce que je fais, moi ?
Qu
'est -ce que ça veut dire ? Qu 'est -ce qu 'elle fait ici ?
Non, c 'est rien. Non, elle m 'a fait une petite blague. C 'est pas grave.
Ah oui ? Ces petites blagues, à moi, elles me font chier, tu vois.
Tu peux nous le répéter ? Elles me font chier.
Je vais te dire, vous me faites chier tous les deux avec vos enfantillages et
vos histoires de fête.
J 'ai un film à faire.
J 'ai pas le temps pour vos conneries.
Alors tu me viens en place et tu finis ta scène.
Et toi, la petite pisseuse, tu t 'en vas.
Bon, écoute, j 'en sais rien.
Je crois que tu ne pourras pas lui dire des choses.
Tu m 'emmerdes.
Oui, je t 'emmerde. Et Jen aussi, elle t 'emmerde. Et quand on aura retrouvé ton
sens de l 'humour, tu n 'auras qu 'à nous suivre.
C 'est une petite pisseuse. C 'est une petite pisseuse.
Pisseuse, pisseuse.
C 'est une petite pisseuse.
Non,
non, excusez -moi. Je voulais juste une photo.
Non, non.
Quoi ? Tu vas voir.
Qu 'est -ce qu 'il fait ? Il est con ce mec !
Tu me cliques toujours.
Putain, mais ils vont nous casser encore longtemps.
Tu
sais
que ton producteur est en état de choc profond.
Il n 'arrête pas de regarder la photo que les journaux ont publiée ce matin.
Tu t 'es marré au moins ? Il y en a pour 60 000 dollars.
C 'est cher pour un pare -chocs.
Elle est assurée, non ? J 'ai appelé New York, j 'ai prévenu Sam. Ils vont faire
tout ce qu 'ils peuvent pour essayer d 'étouffer l 'affaire. Oh, fais pas
c 'est pas une affaire d 'État, Michael.
Vous ayez une bagnole, il y a d 'autres froissés. C 'est pas grave, c 'est pas
la première fois quand même.
Mais il s 'agit pas de ça, on s 'en fout de la bagnole. Elle est sur toutes les
photos avec toi, Steve.
Toutes les photos. Oui, et après ?
Et après, tu vas foutre ton mariage en l 'air. Voilà, après. Mais de quoi tu te
mêles ? Ça te regarde pas ? Je fais ce que je veux, qu 'est -ce que tu m
'emmerdes ? Tu me vires cette bagnole de merde, d 'accord ? Je veux plus la voir
ici. Je te paye pour ça. Je te paye pas pour écouter tes conseils à la con.
Il faut que tu sois au studio aux alentours de 3 heures.
Il leur faut déjeuner ? Il reste de la dinde dans le frigo. Et plus de
Ok. Tu veux de la salade ? Oui.
C 'est la cassette préférée de mon fils.
Il l 'a vue cent fois, moi.
Il est mignon. Il est sûr qu 'il va aller dans la nuit. Tu crois que je
avoir un enfant ? Peut -être.
Peut -être pas.
Peut -être.
Je te l 'ai dit, non ? Moi, je crois à ça, à la famille.
Finalement, je crois que les gens sont faits pour vivre ensemble, en couple.
Comme les loups. Et les pingouins ?
Je ne m 'attendais vraiment pas à te rencontrer, tu sais.
Ça a été une telle surprise.
Je suis plutôt fermé avec les gens, moi, tu sais.
Suzanne raconte que la première fois qu 'elle m 'a vue, j 'avais l 'air
tellement distant qu 'elle s 'est demandé si je n 'étais pas pédé.
Elle a toujours été très directe.
Quelqu 'un de compliqué, très exigeant.
Elle est très forte.
Ah oui ? Et être la femme d 'un acteur, ça lui fait quoi ?
Eh bien, elle est très jalouse.
Tu pourrais la quitter ? Peut -être.
Peut -être pas.
Peut -être.
Si tu la quittes un jour, un jour tu me quitteras aussi.
Madame, il y a quelqu 'un pour vous.
C 'est bien ici.
Peut -être un peu grand, non ? Mais qu 'est -ce que
tu fais là ? J 'avais envie de te dire bonjour, c 'est tout.
Tu veux boire quelque chose ? Non, merci.
Et sinon, je veux dire, qu 'est -ce que tu fais toute la journée ?
Et... Ça marche, enfin.
T 'es heureuse, quoi.
Ça va.
Eh ben, c 'est bien.
T 'es pas rasé, ou quoi ? Non.
Dis donc, tu sais pas où j 'ai passé ma chemise grise à rayures ? Tu sais, celle
que j 'ai achetée à Bruxelles ?
Celle que tu dis toujours, elle me va formidable.
Je l 'ai perdue.
Alors je l 'ai cherchée partout, il n 'y a pas moyen de mettre la main dessus.
Ça a l 'air de rien, mais... Je me suis réveillé trois nuits de suite en me
disant, mais où est -ce que j 'ai bien pu foutre cette chemise grise à rayures
Je ne sais pas ce qui m 'arrive en ce moment, je perds tout.
Ce n 'est pas compliqué, je ne retrouve rien.
Elle est chopée, la piscine ?
Non.
Tant pis.
Salut.
Bruno, attends.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? Attends quoi ? Tu ne vas pas partir comme ça.
Pourquoi tu es venu ? Je suis venu te chercher. Tu viens ? Non.
Salut !
Tu dors pas ? On a fait cinq bornes depuis les termes de Caligula, tout à
Caracalla, un pays.
Caligula, c 'est un collage. Je m 'en fous. Je déteste ce jogging. Tu parles
tu conduisais.
Je viens de le dire. J 'ai horreur du jogging.
Qu 'est -ce que t 'as ? Ça va pas ?
Je t 'en prie, non.
Où tu vas ? Je dois passer un coup de fil. À qui ? À n 'importe qui.
Quoi ? Je t 'ai attendue ici toute la journée.
Je suis désolé, on a bossé jusqu 'à minuit.
Tu aurais pu me téléphoner, je ne sais pas, moi. Je ne vais quand même pas
passer toutes mes journées comme ça, attendre que tu reviennes.
Je crois que je vais repartir.
Excuse -moi, Jen, je suis désolé.
C 'était une scène difficile.
J 'avais autre chose en tête. Autre chose, c 'est ça.
Bon, si tu veux absolument tout foutre en l 'air sous prétexte que je t 'ai pas
appelé du studio dans la journée, alors vas -y, fais -le.
Vas -y, fais -le.
Mais ce serait con.
Ce serait vraiment con.
Tu veux pas qu 'on le fasse sur la table ? Non.
Pas sur la table.
Alors, elle s 'approche et me presse contre le mur.
Il est glacé contre mes épaules.
Elle glisse le long de mon corps, de ma poitrine. C 'est très lent.
Et elle se met à genoux.
Regardez sa culotte.
Non. Si, tu la gardes. Oui, oui, ok.
Elle l 'a fait glisser lentement le long de mes jambes et elle
commence à me caresser.
Elle me caresse très doucement.
Je voudrais qu 'elle aille plus vite.
Et puis je sens ces seins contre moi.
Comment ils sont ? Ils sont tout petits.
Mais non ! Ils sont très gros.
Ils sont très doux. D 'accord.
Qu 'est -ce que tu préfères ? Elle pose sa main sur ma cuisse.
Mon corps devient lourd.
Je sens son souffle qui s 'approche. Chaud, c 'est chaud.
Elle descend entre mes jambes et...
Je me laisse aller.
Ça dure.
Ça dure.
Je voudrais que ça s 'arrête jamais.
Mercredi 5 octobre.
Il a plu et puis le soleil est revenu. Mais c 'est déjà l 'automne.
Je vais avoir 26 ans et je t 'aime.
Pour la première fois de ma vie, je passe mes journées à attendre le soir.
Tu pars à l 'aube.
Le ciel est encore sombre.
Je te vois disparaître comme dans un brouillard.
C 'est à ce moment -là que je m 'endors.
Nos nuits sont longues.
Tu ne dors jamais.
Quelquefois tu interromps un mot, un geste, et tu glisses dans un sommeil si
profond qu 'il me fait penser à la mort.
Puis brusquement, comme au bord d 'un précipice, tu échappes à une chute sans
fin.
Alors tu ouvres les yeux et tu me regardes.
J 'aime cette nécessité qui m 'a poussée vers toi, qui m 'a emportée de Paris à
Rome.
Je suis montée dans l 'avion avec un air mystérieux, puis sans un mot, Je me
suis glissée contre toi, et la chambre s 'est refermée sur nous.
J 'aime t 'écrire de cette maison un peu étrange.
Je voudrais y rester des heures à me pencher à l 'intérieur de toi, pour y
comme dans mon reflet ce que je suis ou ce que je crois être.
C 'est si paisible en moi, et ça bouillonne.
J 'ai la fièvre.
Viens vite.
Dépêche -toi.
J 'entend tes pas dans tous les escaliers.
Allô ? Oh, mon bébé, ça va bien ? Oui.
Non, non, tu lui dis que papa l 'a acheté pour tous les deux.
Il doit te le prêter.
Oui, mon amour.
Oui, Susan.
C 'est quoi, quel script ? J 'en sais rien, je suis pas au courant.
James ! James ! James !
Elle est ici, elle est dans la maison.
Quoi ? Putain ! Suzanne est ici, elle est dans la cuisine avec Steve. Allez,
habille -toi, grouille ! Oh non ! Habille -toi, grouille !
Comment ça se fait que t 'arrives si tôt ? Y a pas de vol venant de New York,
à cette heure -ci ? Je suis venue en Concorde.
J 'ai changé à Paris.
T 'as l 'air tendu.
Non, non, non.
Tu veux un peu de sucre ? Tu veux prendre le café dans le jardin
? C 'est comme tu veux.
Ça m 'est égal.
Merci.
Tu l 'aimes ? Oui.
Tu crois vraiment qu 'on peut aimer plusieurs personnes à la fois ? J 'en
sûr.
Moi je crois qu 'aimer plusieurs personnes à la fois, c 'est les trahir
Si tu crois que tu n 'aimes qu 'une personne à la fois, c 'est toi que tu
trahis.
Je pouvais rien faire.
Tu sais... Quand c 'est aussi faux que ça, tu peux pas lutter.
Ça s 'impose à toi.
Ça t 'envahit.
Ça te submerge.
Tu deviens aveugle et sourd à tout le reste.
Y a plus que ça qui compte, ça efface tout.
Alors, t 'es amoureux ? Oui.
Tu peux vivre avec elle.
Je n 'en sais rien.
Je vais repartir.
J 'ai une seule question.
Depuis quand est -ce que tu as arrêté de m 'aimer ? C 'est ça que je veux
savoir.
Alors dis -moi la vérité.
Est -ce que tu vas me quitter ?
Allô ? C 'est ta mère. Elle va pas très bien.
Alors si tu pouvais venir quelques jours.
C 'est grave ? Ah non, non, non. Non, elle est... Elle est juste un peu
fatiguée.
T 'es sûre, hein ? Je serai là demain.
Non, ça va aller.
Pourquoi j 'ai laissé partir ? Tu peux me le dire ?
Tu peux me le dire, pourquoi je suis aussi con ? Bon, attends, attends, qu
-ce que tu veux que je te dise, là ? Tu veux que je te dise que t 'es con ? Ok,
t 'es con. Non, choisis un autre moment. Tu veux ? Arrête ! J 'en ai plein le
cul de vous tous, avec vos sales petits souris, les hypocrites.
Ce qui vous intéresse, c 'est seulement que je sois debout sur mes pieds pour
travailler, hein ? Faut finir le film, puis faut en commencer un autre, faut
tenir le coup, jusqu 'au suivant.
Mais ce qui se passe là -dedans, hein ? Tout le monde s 'en fout ! Tout le monde
s 'en fout de ce que je sens !
Tout le monde s 'en fout de ma canne ! Donne -moi les clés.
Quel heure il est ? Six heures et demie.
Écoutez, je ne peux pas me permettre de perdre cent mille dollars par jour.
Pas question.
Tu ne vas tout de même pas me dire que toi, tu ne sais pas où il est.
Que je le sache ou pas, ça ne change absolument rien.
Susan, il faut que tu me sortes de là.
J 'ai besoin de lui parler. Putain, mais lâche -la cinq minutes. Elle ne sait
pas où il est, OK ? Et toi, tu le sais ? Oh, merde, ça suffit !
Il n 'a aucune envie de parler à qui que ce soit. Il a besoin d 'une seule
chose, c 'est de repos. Il a besoin de repos ? Moi aussi j 'ai besoin de repos.
Je commence à en avoir marre de vous tous.
Vous voyez rien à rien à part la baise, les films et le pognon.
Vous voulez que je vous dise ? Faites tout ce que vous voulez, faites -le
arrêter, puis foutez -lui un procès au cul pendant que vous y êtes. Faites tout
ce que vous voulez, foutez la merde, mais tant qu 'il ne sera pas prêt, il ne
tournera pas. Elle a raison.
Oui, j 'ai raison.
Regarde comme c 'est beau.
L 'ombre va tomber et puis d 'un coup la maison va être contre le soleil juste
avant qu 'il se couche.
Et puis ce sera la nuit.
Tu te souviens une année le chien qu 'on avait qui s 'était sauvé ? Chico.
C 'était pas sauvé.
On l 'a abandonné.
Je savais.
Julien ! Regarde qui est là ! Sandro !
Julien.
Sandro ! Tu changes pas.
Ah oui, comment tu vas ? Ah, je suis content de te voir.
Regarde, Nicolas.
Et celle -là, hein ? Allez, viens, on va les prendre à terre.
La vérité, j 'en ai marre d 'écouter des mensonges.
Des mensonges, il faut en dire, quand on est médecin.
Oui, mais pas toi.
Elle est perdue.
Elle ne peut pas s 'en sortir.
Ça peut prendre six mois, ou un mois, ou un an.
Personne ne peut savoir.
Ce soir -là, on a traîné plus de trois heures à table.
Harry avait acheté des langoustes et du vin blanc.
Julia n 'arrêtait pas de parler.
Elle avait l 'air gaie.
Elle n 'avait jamais été aussi belle.
Mais en même temps, je la sentais ailleurs.
Elle m 'a regardée à plusieurs reprises avec cette espèce de complicité qu 'on
avait toujours eue.
C 'était ma mère, et je réalisais que plus personne jamais ne l 'écouterait
la même vraie attention.
Je ne voulais pas qu 'elle me laisse seule.
On a le droit de mourir.
On a le droit de saisir une dernière étincelle de vie et de faire de sa mort
poème.
La chose qu 'on redoute le plus en secret finit toujours par arriver.
Il suffit d 'un peu de courage.
Quand j 'y pensais, ça avait l 'air facile.
Il faut de l 'humilité, pas de l 'orgueil.
Tout ça me dégoûte.
À cette parole, un acte.
Je n 'écrirai plus un mot.
Coupé. Sandro va arriver.
C 'est pas fait pour être docteur, celui -là.
T 'es trop sensible.
Tu veux que ça s 'arrête ? Tu veux que ce soit maintenant ?
Ma mère va mourir.
Elle s 'est battue, tu sais, pendant trois ans, sans lâcher.
Pendant trois ans, on n 'a pas arrêté de lui dire de se bagarrer, de tenir le
coup, de garder l 'espoir.
Mais maintenant, je sens qu 'elle en a assez, elle n 'en peut plus.
Steve est parti le lendemain matin.
J 'ai regardé la voiture disparaître et je suis rentrée dans la maison.
Je ne m 'étais jamais sentie aussi seule.
J 'ai laissé toutes les fenêtres grandes ouvertes.
Vers minuit, le vent du nord s 'est levé et le ciel s 'est rempli d 'étoiles.
Alors tout d 'un coup, j 'ai compris que la force de Julia était en moi.
Je savais que désormais... J 'allais pouvoir affronter la vie comme elle
affronté la mort.
Cette année -là, je suis restée à la maison et j 'ai écrit jusqu 'à l 'hiver.
Le parfum de ma mère flottait encore dans sa chambre.
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