All language subtitles for La maison du bonheur (2006) VOF 1080p BluRay DTS-HD MA 5.1 x265-k7

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Original subtitles

Musique rythmée

...

...

...

...

Rires

... ...

- Oh !

... ...

Un portable sonne.

- Tu réponds pas ?

- C'est bientôt demi-tarif.

C'est rien, c'est ma femme. Elle rappellera.

J'ai un forfait heures creuses, il faut que ça serve !

- M. Muffa, on sait que vous êtes là. Il y a votre cabriolet.

- Foutez-moi le camp ! Vous n'aurez rien !

- On n'est pas des huissiers, on est de la banque de prêt.

On vient pour trouver une solution.

- Avant les huissiers, justement.

Son portable sonne.

Heures pleines ? - Oui.

*Répondeur

- Charles, d'accord, on est hors forfait, mais envoie un SMS.

On t'attend pour dîner, alors dépêche-toi !

Chérie, je vous ai préparé des jus. Je peux entrer ?

- Non. C'est bon, maman, on n'a pas soif.

- Mais c'est sans alcool !

Bon. Si vous avez soif, vous m'appelez.

- Oui. Merci, maman.

- Charles...

- Il faut rendre des choses, comme la voiture.

- Ah non, pas mon cabriolet ! Prenez le frigo.

- Non. Pas mon frigo américain.

On rend la télé.

- Le plasma ? Ça va pas !

- Vous êtes surendetté. Soyez raisonnable.

- Prenez le baromètre, on s'en sert..

..jamais. - Ça suffira pas.

- Bon. Rends ton diamant.

- Non. Pas mon diamant ! D'accord pour le frigo.

- Le frigo et le reste. Vous n'avez pas le choix.

- On étale la dette de la voiture sur 15 ans au lieu de 7.

Allez.

Vous signez là.

- Attends. Le taux est de 12% ..

..au lieu de 6. - C'est en fonction du nombre d'années.

- Je signe pas.

Vous croyez qu'on n'est pas assez endettés ?

- Bon. On va laisser le taux à 6% .

- On ne peut pas faire ça.

- On aurait pu leur faire à 6% dès le départ.

On ne va pas y passer la nuit.

- Surveille ton travail. On va avoir des ennuis.

- Merci beaucoup.

- T'as vu l'heure ?

- C'est pour toi.

- C'est quoi, cette horreur ?

- Un surendetté me l'a donné. - C'est une pendule qu'il fallait.

- Ça va, je suis là.

- Ta fille est enceinte. - Quoi ?

- Elle est enfermée avec son copain.

Ce n'est plus Eric mais Mickaël.

T'imagines ce qu'ils peuvent faire ?

- Non ! Ils révisent..

..leur bac. - Ah oui ?

On entend des gémissements.

Ils révisent ?

C'est bon. Il s'en va.

- Je vois pas ce qu'elle lui trouve.

- J'aimerais qu'il lui plaise.

C'est quand même le troisième en quatre mois.

Oh non, Charles.

Ce n'est pas les relevés de banque ?

- Si, mais ça me détend. Sinon j'arrive pas à dormir.

On tape.

- Maman ? - Oui ?

- Il n'y a plus de métro. Tu peux lui prêter 30 euros..

..pour le taxi ? - Oui. Prends dans la veste de papa.

- Merci.

Au revoir, monsieur.

- Au revoir.

30 euros ? Mais il va jusqu'où en taxi, l'autre ?

- Elle a l'air heureuse.

Ce qui compte, c'est qu'Elisabeth soit heureuse.

Et qu'elle ne tombe pas enceinte ! Viens.

Voilà. Nous aimons beaucoup Mickaël.

Tu as enfin trouvé quelqu'un de formidable.

- Vous l'avez à peine vu !

- On a une bonne première impression.

Mais il ne faut pas se précipiter, tu es jeune.

Ce serait bête de tomber enceinte.

- On peut parler contraception.

- Contraception ? Faut pas qu'elle couche.

- Vous êtes pas bien tous les deux ?

Eh ! J'ai dix-sept ans ! OK ?

Rassurez-vous, je n'ai pas couché encore.

Je sais qu'il ne faut pas coucher trop vite, qu'on peut faire des trucs.

Je les connais, toutes les gâteries pour éviter la pénétration.

- Bonne nuit, trésor.

- Bonne nuit. - Attention, j'éteins.

Un, deux, trois.

- Elle a grandi. On n'a rien vu.

Mon bébé est devenu une femme qui plaît aux hommes.

Peut-être qu'on l'a eue trop jeune.

- C'est quoi, ces 1850 euros, là ?

- Comment ?

- Là, dans notre compte commun,..

..en débit. C'est énorme ! Qu'est-ce que c'est ?

- Donne-le-moi, je m'en occuperai. Ça doit être..

..une erreur. - Non. C'est un débit réel.

Ça n'est pas ton numéro de carte, ça ?

- Je sais pas !

Moi aussi, je mets de l'argent sur ce compte.

Alors, pas de questions.

- On a des secrets ? Dis-moi ce que c'est ou ça peut aller mal !

- C'est ton cadeau pour nos 15 ans de mariage.

- C'est un cadeau pour moi ! C'est adorable.

Je m'excuse.

- Sois plus proche de moi et moins de tes sous.

- Ne me dis pas que ça fait 18 ans que tu penses ça ?

- Non. T'étais pas comme ça. Ça t'a changé..

..de t'occuper des gens ruinés.

- De surendettés, c'est pire. Ils ont moins que rien.

- Mais nous ? On a moins que rien, nous ?

On travaille tous les 2 et on profite pas.

Regarde-toi. Tu es devenu radin.

- Oh !

Radin ? Moi, radin ?

J'ai... Oh !

J'ai...

J'allais te faire un superbe cadeau.

- Ça m'étonnerait.

- Pourquoi ?

- Le jour où tu dépenseras pour un cadeau,..

..il faudra sabrer le champagne.

- Quoi ? - Excuse-moi,..

..sabrer le mousseux !

- Je t'ai offert des trucs chers !

- Lesquels ?

- Ta voiture ! 78 000 francs !

- C'est toi qui roules avec et elle a plus de 14 ans, ma voiture !

- Je l'ai payée !

- Eh bien voilà.

Voilà !

C'est devenu ça, notre vie.

Je traduis quoi, en ce moment ?

- Un livre en italien.

- Un livre sur quoi ?

- Sur l'Italie ?

- Bonne nuit !

- Bonjour. - Bonjour.

Boum !

- Jean-Yves ?

- Appelez le SAMU !

- De l'air, de l'air !

- Vous avez appelé quelqu'un ?

Tu te rends compte ? La veille de son départ en retraite !

- Ah oui ! Horrible !

- Tu travailles toute ta vie comme un con, et la veille..

..de pouvoir en profiter, fini !

- Quelle horreur !

- C'est là.

*-Oui ?

- Jacques Kurtz et Charles Boulin, de Crédilem.

On a rendez-vous avec Mr. Titchmann. *-Il n'est pas là.

- C'est rien, on va l'attendre. On a le temps.

C'est là !

- Je te rejoins. Je demande un truc.

- D'accord.

- T'as répondu quoi ? Attends. Oui ?

- Je voudrais un renseignement sur une maison.

- Elle est vendue. Je plaisante. Je rappelle.

- Je n'ai pas le temps.

- Vous avez 2 minutes ?

Elle a un grand jardin,..

..250 mètres carrés avec possibilité d'agrandir.

Les travaux datent de 2000.

C'est un rêve, cette maison. Là, par là..

..à 15mn d'ici. Au bord de la banlieue ouest.

Vous quittez à 18h, à 18h15 vous êtes à la campagne.

15mn, quand ça roule mal.

- Si près de Paris !

- On vient de la rentrer. Elle va partir comme ça !

Même pas besoin d'annonce.

- Et son prix ?

- Vous avez quel budget ?

- Je n'en ai pas. C'est pour savoir.

- Ah... 550 000.

- Euros ?

- Non... Evidemment !

- C'est cher !

- Le terrain fait 3/4 d'hectare !

Le prix au mètre carré n'a jamais été aussi bas. C'est à débattre.

- Non. Je repasserai.

- Allons la visiter et faites une proposition.

La proposition, ça coûte pas cher.

- Non. J'ai rendez-vous.

- Il n'y en a que pour 1/2 heure.

Ça dit quelle heure ? - 1 1h10.

- C'est parti !

Musique rythmée

...

...

Alors ? - 1 1h22.

- A peine 12 minutes.

- En roulant bien bien !

- J'adore la banlieue ouest !

- On est au nord, ici ?

- Non. On est à l'ouest. La belle banlieue ouest.

Ici, c'est très recherché !

- Non. Regardez.

- C'est un coin recherché,..

..même si c'est légèrement au nord de l'ouest.

- Ce n'est pas plutôt au sud du nord ?

- Détrompez-vous. Avec des maisons pareilles,..

..la banlieue ouest va s'étendre du nord au sud,..

..puis à l'est pour ne faire qu'une banlieue ouest autour de Paris !

- Vous dites n'importe quoi !

- Non !

Il est beau le jardin, non ?

Musique douce Chant d'oiseaux

... ...

Comme c'est lumineux !

J'en ai mal aux yeux.

Parquet Louis XV.

Regardez cette véranda !

Rien que ça, ça vaut cher.

- Oui. Elle est très belle. - Oui.

La cuisine.

Elle servait surtout au personnel de maison.

Allez. On continue ?

La chambre de maître.

La douche est à agrandir un peu.

- Les travaux ne datent pas de 2000. - Oh, pas de beaucoup plus.

- Il y a de gros travaux à faire.

- Maximum 50 000 euros pour le tout, et j'ai l'habitude !

- 50 plus 550 000, ça commence à chiffrer !

- Enlevez le prix des travaux, faites-moi une proposition à 500.

La vieille dame est pressée de vendre.

- Il faut que ma femme visite.

- Non ! Faites-lui la surprise.

Dans 3 mois, les travaux terminés,..

..vous l'emmenez dans la maison de campagne.

Elle sera folle de joie !

- Je vais y réfléchir.

- J'ai 20 ans de métier, c'est rare comme occasion.

- Je propose 480 000.

- C'est parti.

(Il chuchote) - 480 000 euros !

On sonne.

Bonjour. Charles Boulin, Crédilem.

- Il faut que vous remboursiez,..

..ou vous serez interdit bancaire.

- Ça chauffe.

Désolé. Vous avez commencé sans moi ?

- Tu étais où ? - J'ai trouvé une maison.

- Toi ? Acheter une maison ?

- Regarde ça !

- Elle a l'air belle. - Elle peut, au prix qu'elle coûte.

- Le jardin ! C'est le genre de maison qu'on cherche.

- Tu cherches une maison de campagne ?

- Non. Pour habiter. On a vendu notre appart.

Elle vaut combien ?

- 550 000 euros, plus les travaux.

L'agent dit qu'elle partira à 500.

J'ai fait une proposition à 480. Si c'est refusé,..

..je monte à 500.

- Je vous dérange ?

- Vous êtes mal placé pour faire le mariolle !

Et tu crois qu'il en a d'autres ? - Sûrement.

Vas-y, c'est en bas. Draquart, il s'appelle.

Je finis avec monsieur et on termine à l'heure.

- D'accord.

- A tout de suite.

Alors, M. Titchmann, on enclenche la procédure ?

- Vous partez à 18h, 18h45, vous êtes chez vous.

A la campagne ! 45 minutes quand ça roule mal.

- Elle est jolie, mais c'est loin de Paris.

- Je n'ai rien d'autre.

J'en aurai à la fin du mois.

- Merci.

S'il y en a une comme celle de mon ami, appelez-moi.

- Prenez-la pour vous.

- Comment ça ?

- Surenchérissez et elle est à vous.

- Non. On travaille ensemble.

- Vous l'inviterez à dîner.

Des occasions pareilles, c'est rare. Venez la visiter.

- Non !

- Après vous déciderez...

Et puis, il n'est pas obligé de savoir que c'est vous.

- Alors ?

- Il n'a pas. Il me rappelle au cas où.

- Ça te contrarie ?

- Non. Pourquoi ?

- Si ça pose problème, tant pis.

Surtout pour une maison de campagne.

- Non, M. Boulin. Si je ne pouvais prêter qu'à vous,..

..pas un seul découvert en 15 ans, un bon salaire,..

..une courbe de revenus régulière, des comptes d'une beauté !

- Merci.

- Si je peux me permettre, avec des clients..

..comme vous, je n'aurai pas d'ulcère, actuellement.

Combien vous faut-il ?

- 530 000 euros sur 25 ans.

- Ah oui...

Eh bien, c'est d'accord.

- Tu veux partir où, cet été ?

- Je ne sais pas. Oh ! Mais je ne le crois pas.

Tu penses aux vacances ?

- J'irais bien me mettre au vert, dans 3 mois.

- Pourquoi pas. Faut voir.

- Cet été je pars de mon côté. - Oui, c'est ça. On en reparlera.

Bien tenté !

- Tu as raison, ça suffit d'être économe.

- On peut..

..tout acheter ?

- Si c'est pas trop cher...

- Evidemment.

- C'est radin, ce que j'ai dit ?

- Je sais pas. Tu en penses quoi ?

- Comment ça ?

- L'important n'est pas de dire ce qui me fait plaisir.

- Je ressens l'envie de te faire plaisir.

- C'est à moi.

- Je sais. Je vais le lire.

- Ah bon ? C'est formidable.

Tu ne manges pas ?

- Non. Je suis pressé. A ce soir.

- A ce soir, chéri.

Il est mignon !

- Justement, je vous cherchais.

- On peut démarrer les travaux, maintenant ?

- M. Boulin, je n'ai pas une bonne nouvelle.

Elle n'est plus à vendre. - Quoi ?

- Elle est vendue, mais pas à vous.

Je n'y suis pour rien. J'en ai d'autres.

- Je m'en fous !

- Oui. Mais les écrits restent.

Le nouvel acquéreur m'a fait un chèque.

- Je lui rachète son offre.

- C'est impossible. Mais vous n'en avez visité qu'une,..

..il y en a d'autres. - Je veux celle-là.

- La suivante, vous la bloquerez vite.

- Non ! Non ! Non !

- Salut, Charles.

Ça va pas ?

- J'ai perdu ma maison.

- Ah oui ?!

C'est embêtant, oui.

Merde !

- C'est toi ?

- Ecoute, avec Nicole, c'est la maison qu'on recherche.

Toi, tu veux une maison de campagne. Tu as le temps, et tu économises.

- C'est pas vrai ?

- Tu l'avais pas bloquée. Tu n'avais rien versé.

Elle aurait pu partir autrement. Tant mieux si c'est pour moi.

Tu viens quand tu veux,..

..pour dîner...

- Va retirer ton offre, c'est ma maison.

- Arrête ça, Charles. D'accord ?

- Jacques... - Quoi ? Tu veux me frapper ?

Non mais, Charles ? Qu'est-ce que tu fais ?

- Oui !

550 000 euros. Quel salaud !

''Mme Pérignon, 26 rue Mirabeau.'' Oui.

S'il vous plaît ! Combien je vous dois ?

- 1,90 euro.

- Pour un café ? Je l'ai pris au bar.

- Assis, c'est 2,50.

- Mieux vaut être assis pour entendre ça !

Je n'ai pas pris de lait, rien.

- Je ne fais pas les prix.

- J'allais vous laisser un pourboire.

- Au revoir.

- Adieu. Vous avez perdu un client.

- Moi, je préfère vous la vendre à vous.

- Merci, je savais que vous aviez du cœur.

- Il faudra rajouter un petit peu.

- ''Un petit peu'' ?

- Un petit 50 000 en plus.

- Francs ? - Non. Euros.

On est passé aux euros. Ça fait un moment !

- Plutôt 30 000 ?

- 40 000, d'accord.

Mais sans la condition suspensive d'obtention de crédit.

A mon âge, on a besoin d'être rassurée.

- Oui. D'accord.

- Vous travaillez dans quoi ? - Dans une banque de prêt.

- Une banque ? Mais c'est formidable !

On peut remonter d'un petit 10 000 ?

- 40 000, c'est bon.

- Ah, voilà M. Draquart.

- Bonjour, madame Pérignon.

Vous êtes têtu, vous !

- On vient de tomber d'accord à 590 000.

- Il faut que je vous engage.

- Le patron veut te voir.

- Maintenant ? - Oui.

- C'est vrai que vous avez volé la sacoche de Kurtz ?

- On a eu un petit différent d'ordre personnel,..

..mais ça y est, c'est réglé.

- C'est quoi, cette histoire des 6% au lieu des 12 habituels ?

- On vous a dit ça ?

- C'est vrai ou pas ?

- Je fais parfois des... des...

Je fais parfois un geste pour les clients surendettés,..

..ça les fidélise !

- A quoi ça sert de les fidéliser ?

C'est pour les pots-de-vin ?

- J'ai jamais rien accepté.

- Même pas un baromètre plaqué or ?

Qui vous a autorisé à visiter des maisons..

..pendant vos heures de bureau ?

- Je suis désolé de ce qui t'arrive.

Je pensais pas qu'il allait te virer.

Je sais pas quoi te dire.

T'aurais dû..

..me la laisser, la maison.

- Je croyais être ton ami !

- Ah d'accord !

Ami ? Avec celui qui veut une fiche quand on l'invite..

..et qui râle pour participer aux cadeaux !

D'accord ?

Si tu changes d'avis pour la maison, appelle-moi.

Oh !

- Je suis déçue que tu sois avec Antoine.

Puis Internet comme lieu de rencontre !

J'aimais bien Mickaël, il était dans ta classe.

C'est bien, une relation qui dure.

- Elle dure longtemps à chaque fois !

On n'a pas la même notion du temps. Pour moi, tout va plus vite.

- Un peu trop vite, même ! - Alors, mesdames ?

- C'est cool !

- Bon. Allez.

- Merci.

- Elle est belle mais ça n'est pas possible. On y va.

- Quoi ? Attends !

Toi aussi, tu gagnes de l'argent.

Je ne vois pas pourquoi tu ne te fais pas plaisir.

- C'est trop pour ton père. - C'est lui qui veut !

- Si c'est lui qui veut, faut profiter. C'est pas si fréquent.

- Son prix, déjà ?

- C'est ennuyeux, ce qui vous arrive.

Solde de tout compte, c'est moche. Très moche.

- Je suis venu pour vous parler d'un changement de prix.

C'est plus 530 000, mais 640 qu'il me faut.

- Mais on ne peut plus accepter votre crédit.

- Ah bon ?

- C'est pas moi mais la hiérarchie.

On ne peut pas prêter à un chômeur.

- Je trouverai du travail.

- C'est pas fait. Faute lourde, vous n'avez pas les Assedic.

Il va falloir retrouver rapidement, sinon..

..vous perdrez 10% de la promesse de vente.

- 64 000 euros ! Prenez mon appartement en garantie.

- Faute de mieux, faisons comme ça.

Attention, M. Boulin, car au moindre problème,..

..la banque vendra votre appartement.

- Au pire, je revendrai la maison de campagne.

- Frangin, tu m'épates. Elle est belle. Une fois rénovée, elle sera magnifique.

- Je ne vais pas faire trop de travaux.

Ça vaut combien, une petite rénovation pas chère ?

- C'est tout toi !

- Quoi ?

- Il faut compter environ 1000 à 1500 du mètre carré.

- Mais vous êtes malade ! Ça fait plus de 400 000 euros de travaux !

- C'est le prix moyen. Beaucoup payent le double.

- Ça n'est pas abusé. Moi, j'ai payé ça.

- Cet architecte ne va pas t'arnaquer toi et pas moi.

- Dites ! Ne m'insultez pas.

- Excusez-le, il est un peu radin !

- Radin ? Je viens de payer 590 000 euros !

On m'a dit maximum 50 000 euros.

- Qui, ''on'' ?

- L'agent immobilier.

- Un agent ? Mais ça dit n'importe quoi !

- Ah bon ?

- Un architecte ? Ça dit n'importe quoi pour l'argent !

- Quand même, passer de 50 à 400 000 euros !

- Il n'y a pas de règle de prix pour les travaux,..

..pas de référence, c'est à la tête du client !

Il vous a pris pour une poire !

Il ne faut surtout pas prendre d'architecte.

- Il ne faut pas d'architecte ?

- Surtout pas !

Ou alors pour perdre de l'argent, alors là, oui...

Je veux bien suivre vos travaux.

Ça vous coûtera 5% au lieu des 10 de l'architecte.

Vous en aurez pour 50, 70 000 en tout.

- 50 ou 70 000, il faudrait savoir !

- Oui, mais ça dépend des matériaux que vous utilisez.

Et puis surtout, de l'équipe.

Moi, je vous mets ma meilleure équipe.

Mouloud Mami et Pirelli. Des gars comme ça !

- Mouloud Mami et Pirelli ?

- Il faut les payer à l'américaine. - A l'américaine ?

Ah...

- Bonsoir. Bonne journée ?

Tu fais une drôle de tête. Ça va pas ?

- Epouvantable journée !

Bonsoir, chérie.

Bonsoir, Mickaël.

- C'est Antoine. C'est fini avec Mickaël.

- Excusez-moi.

- Je peux avoir 30 euros pour aller au ciné ?

Merci.

- Bonsoir.

- Bonsoir.

- J'ai tourné. Quelqu'un s'est garé sur notre place de parking.

Une petite mini machin...

- Mon amour...

C'est moi, la mini.

Tu nous as dit de profiter, j'ai acheté une voiture.

Et j'ai pris un Crédilem sur 5 ans. Ils vont être ravis à ton bureau.

Qu'est-ce qu'il y a ? Ça a l'air de te contrarier.

- Il faut la rendre. Tu n'as pas fait trop de kilomètres ?

- Bon...

Charles, tu ne vas pas recommencer ?

- Non. Garde-la. - Ah. Bravo.

Merci, mon cœur.

On va fêter ça au restaurant ?

- Oh... oui.

- Vous aurez du mal à trouver après une faute pareille.

On vous proposera des entretiens et vous avez les annonces.

Vous n'êtes plus tout jeune.

- A 37 ans ?

- Il y a une erreur de frappe, c'est noté 57.

- Je fais 57 ans ?

- Hein ? - Vous trouvez que je fais 57 ans ?

- Non. Je ne vous avais pas regardé. Vous demandez le RMI ?

- Non. J'ai juste besoin d'un travail et vite.

- Comme tout le monde ici, M. Boulin.

- Allez.

M. Mami et M. Pirelli.

Ils vont donc travailler pour vous.

- Mais ils sont que deux ?

- Oui. Ils savent tout faire.

Mami : la maçonnerie et la plomberie,..

..et Pirelli : le gros œuvre et la peinture.

Moi, je supervise du bureau.

- On commence par quoi ?

- Vous voulez quoi..

..comme travaux ? - Mais... les plans ?

- C'est quand on est perdu qu'il faut des plans.

Je m'excuse... Les plans, c'est une invention d'architectes..

..pour justifier les grosses factures.

- Avec nous,..

..pas de soucis. - On est doués.

- Bon. Allons-y.

Alors ici, je voudrais savoir si c'est possible de...

Musique rythmée

...

Vous en pensez quoi ? - Très bien.

...

Tout est lancé, il faudrait...

- Il faudrait quoi ?

- La petite avance. - Ah oui.

- Merci.

...

...

...

- Mouloud, je vais reculer la camionnette pour tout décharger.

Tu me guides ? - Oui.

- Tu me dis stop quand je suis arrivé. - D'accord.

Vas-y. Tout droit.

Par là. Un peu. Oui...

Vas-y. Continue.

C'est bon.

Recule. Encore.

Recule.

Fracas

...

- Stop !

- Putain...

Ah, Mouloud !

- Je dois te dire un truc ennuyeux.

- Oh ! C'est pas bon signe, ça.

- Je veux arrêter Crédilem.

- Mais c'est génial !

Ça c'est une belle décision. Bravo, mon amour !

A ton nouveau boulot !

- Ça ne t'inquiète pas ?

- Madame. - Merci.

- Monsieur...

- Tu trouves avant de quitter Crédilem.

Et plus jamais de travail..

..au service contentieux, même avec un très bon salaire.

Promis ?

- Promis.

- Monsieur ? - Oui ? Merci.

Voilà.

Ta... dam

Ta... dam

- Deux ?! Mais tu es fou !

- C'est trois fois rien.

- Allez, ouvre. - Oui.

- Elle te plaît ?

- Elle est magnifique !

Oh ! Mon amour.

Je suis désolé..

..pour le relevé de compte. - C'est pas grave.

- Votre code, monsieur.

- Merci.

- Tu m'en as parlé ?

- Oui. Je t'en ai parlé car je l'ai lu.

- Merde. Tu ne l'as pas écouté, le CD ?

- Non. Je connais pas.

Merci.

- Tu es déçue ?

- Tu n'as pas changé. Tu ne changeras jamais.

- C'est des petits cadeaux mais il y en a un gros qui arrive.

Une grosse surprise !

- Quoi ?

- Excusez-moi. On a un problème avec votre carte.

Elle ne passe pas. - Faites-le en 2 fois.

- Désolé mais ça ne marche pas.

- Je vais donner la mienne.

- Non, non. S'il vous plaît ! Non. C'est nul !

- Comment on fait ?

Merci. Voilà.

Je n'ai pas regardé le prix.

Et le livre que..

..j'ai traduit, tu l'as lu ?

- Oui. Le début.

Mon amour ! Mon amour !

Il va m'entendre, ce banquier !

- Vous avez bouffé toutes vos économies..

..plus un découvert de 26 123 euros.

- Les travaux coûtent plus cher.

- Vous avez un encours de carte d'environ 9000 euros,..

..plus ce chèque que je vais devoir rejeter et qui parachève..

..votre route vers l'interdit bancaire.

- Interdit bancaire ? - Oui.

Plus de carte Bleue ni de chéquier.

Bon. Vous avez trouvé un nouveau travail ?

- Pas encore. - Mes supérieurs sont prêts..

..à saisir votre appartement. - Non !

- Je sais, mais mettez-vous à ma place, M. Boulin.

Ecoutez. Alors...

Je ferme les yeux sur ce chèque, je ne vous compte que 50% des agios,..

..et je vous donne 30 jours pour clarifier votre situation.

Donnez-moi votre chéquier et votre carte Bleue en attendant.

- Je ne les ai pas.

- Ne rendez pas la situation..

..plus minable qu'elle ne l'est.

Un portable sonne.

- Allô ?

- Allô ? M. Boulin ?

Dites, il faut absolument nous donner un nouvel acompte.

Perceuse

...

Sinon Mouloud fait suspendre..

..les travaux.

Comment ?

Bon, d'accord. Très bien. Alors à tout de suite.

Il vient.

Il arrive !

Au boulot !

Aide-moi au lieu de rire.

Je vais le faire.

- Ça n'avance pas du tout !

Non !

Non !

- Non quoi ?

- Mon Louis XV en blanc !

- On essuie. C'est de la peinture du mur qui s'est renversée.

- Vous étalez !

Ne marchez pas dedans ! Il y en a partout.

Et les bâches sur le sol ?

- A cause du vent, on les a mises aux fenêtres.

- Les bâches du sol aux fenêtres, la peinture du mur au sol !

Et les fenêtres sont où ?

- Avec les portes dans le jardin.

- Pourquoi elles ne sont pas posées ?

- Elles le sont. Dehors.

- Mais pourquoi ?

- Avant, elles étaient dans l'escalier, mais on ne pouvait pas passer.

Mais le gars qui vous a livré, il va vous les poser.

- Pourquoi ça n'est pas fait ?

- Il a eu un accident. Il s'est pris une porte.

- Comment ? Elles sont pas posées.

- Il se l'est prise dans l'escalier en voulant la poser dehors.

- C'est la merde. Vous me foutez dans la merde.

Personne n'achètera cette maison.

Mettez-vous à bosser !

- Je vais m'en occuper.

Je vais les booster.

- Quels cons !

Que va-t-il se passer si la banque saisit mon appart ?

- Ça va s'arranger.

Ça va s'arranger.

Il faut le vendre avant que la banque agisse.

Je connais leurs enchères, ça se vend une misère.

- Vendre mon appartement. Vendre mon appartement...

Non. Je ne peux pas faire ça à ma femme.

- Pourquoi ? Si vous le vendez pour habiter près de Paris, ça devient..

..un hôtel particulier refait à neuf.

Au contraire. Elle va être folle de joie !

Allez. Signons tout de suite un mandat.

Et je vous le vends, moi, votre appartement.

Et en plus de le rembourser,..

..vous allez gagner de l'argent. Je lance les visites.

- Non. C'est impossible. Ma femme travaille à l'appartement.

- Ben oui... A l'appartement...

Vous avez de la famille en province ?

- Oui. Pourquoi ?

- Votre femme les connaît ?

- Elle les a vus à notre mariage, mais on est en froid.

- Vous allez vous réconcilier.

- Anne ? - Charles, c'est toi ?

- Oui. J'arrive.

- Bonjour. - Qu'est-ce que tu fais là ?

- Tu ne m'avais pas dit..

..que vous faisiez plus équipe. - J'ai oublié.

- Tu restes dîner, Jacques ?

- Je ne pense pas, non.

- A bientôt.

A tout à l'heure.

Charles. A tout à l'heure. - Oui. A tout à l'heure.

Fous le camp !

- Oh là. Je suis là pour t'aider.

Lâche-moi ! Je suis là officiellement, Crédilem m'envoie.

Il y a une mise en contentieux pour des impayés dont un crédit voiture.

Ça te parle ? - Tais-toi.

- Anne n'est pas au courant ?

Laisse-moi la maison et je fais traîner ton dossier.

- Dégage !

- Oh !

Tu lances une procédure pénible que tu connais.

Ça va. Je m'en vais.

Appelle-moi avant l'arrivée des huissiers.

- Ils sont bien, tes travaux.

- Dans quelle situation tu t'es mis !

- Aujourd'hui, je suis dans une merde noire mais je me sens mieux.

- Dis ça à Anne. Faut qu'elle le sache.

- Non. D'abord, je m'en sors et après je lui parle.

- Tu n'as plus d'économies ?

- Tout est parti dans les travaux. Tout !

Une fois fini, je revends la maison et je m'en sors,..

..mais d'ici là, j'aurai besoin de 60, 70 000 euros.

Si tu peux 70, c'est mieux.

- Je ne peux pas te prêter.

- Tu n'as plus rien ?

- Pourquoi je te prêterais ?

- Je ne comprends pas ?

- Tu m'as prêté de l'argent quand je n'avais pas de boulot ?

- C'est pas pareil.

- En quoi ?

- Tu étais étudiant, tu passais ta vie à t'amuser.

C'était pour te rendre service.

- A mon tour de te rendre service.

- Non... Attends, Alexis !

- Je vous aiderais..

..si vous vous retrouvez à la rue.

Tu me comprends ?

- Oui...

- M. Boulin ? - M. Muffa, ça va ?

- Dites. Pourquoi vous avez remis mon crédit à 12% ?

- Ça n'est pas moi. J'ai été licencié à cause de ce pourcentage.

- Merde !

- Ils l'ont remis à 12% ?

- Oui.

Les huissiers viennent mardi, mon compte est bloqué, je suis mort.

- Essayez l'insolvabilité.

- L'insolvabilité ?

- Si vous réussissez à devenir insolvable,..

..Crédilem ne peut plus rien faire.

- C'est possible, ça ?

- C'est la faille dans les contrats. Ils ne le disent pas,..

..mais je connais bien.

Je peux regarder votre dossier.

- Ça c'est gentil.

Je peux peut-être vous aider, aussi. J'ai un cousin qui cherche quelqu'un.

- Pour faire quoi ?

- Mais vous êtes trop diplômé pour surveiller des entrepôts.

- J'ai besoin d'un travail, vite.

- Lui aussi. L'ancien vigile s'est fait tirer dessus.

- Il faut une arme ? - Non. Il y a le chien.

Moi, j'ai peur des chiens.

- Un chien ? Un gentil ?

- Ah non ! Faut pas, non.

Aboiement

- Couché !

- Tenez-le !

- Attention !

Courez pas !

Courez !

- Rappelez-le !

- Moi aussi, j'ai peur !

- Bonjour, Charles.

- Tonton Jean-Pierre et tata Suzanne.

- Bonjour, Charles.

- Entrez.

Comment ça va ? - Bien.

- Quelle belle surprise !

Anne, chérie. Viens voir qui est là.

- On visite l'appartement ? - Oui. Bien sûr.

- Bonjour. Qu'est-ce que c'est ?

- Ma petite nièce !

- Tu les reconnais ? Tonton Jean-Pierre et tata Suzanne.

Jean-Pierre et Suzanne.

- Ah...

Jean-Pierre !

Quelle joie de vous revoir, Suzanne.

- Venez, je vous fais visiter l'appartement.

- C'est parti.

- Non. Tu vas les ennuyer. Allons boire en terrasse.

- Ah ! C'est quoi, l'exposition ? - L'exposition ?

- De la terrasse.

- Nord-ouest, je crois.

- Oui. Nord-ouest.

- Merde.

- On peut boire un verre ici.

- Comme tu veux, Jeanne. - Anne.

C'est pas grave, ça fait tellement longtemps !

Vous étiez à quelle table,..

..au mariage ?

- Euh... La table de gauche.

- A gauche. - Voilà.

- On peut regarder l'album des photos du mariage.

- Ah non.

- Tata déteste se voir en photo.

- Elle n'aime pas ça.

- Je déteste !

- Et là, non...

- Là. Tenez, c'est nous là.

Voilà, voilà.

- Non, mais...

Elle est floue aussi !

C'est fou de ne pas avoir de photos de vous.

- Il y a un concierge ?

- Oui.

- Vous étiez tellement beaux, à votre mariage.

Vous n'avez pas changé.

A part que vous vivez dans un appart de 128 m²,..

..avec 3 chambres, double living, cuisine américaine, 52 m²..

..de terrasse, un chauffage par le sol et une place de parking.

- C'est magnifique, cette terrasse.

- Merci.

- Et rare. Ça n'a pas de prix.

- Combien vous avez acheté ?

- 5 millions de francs. - Non. Un peu plus de 3 millions.

C'étaient des chambres, on a tout refait.

- On a fait 2 millions de francs de travaux.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Si.

- Ecoute. Toujours à en rajouter. Non. A peine 500 000.

On a tout fait.

- Pas du tout !

- Si. D'ailleurs il faudrait refaire la plomberie.

- Elle va bien, la plomberie.

Elle va très bien.

- Si tu le dis...

- Elles sont élevées, les charges ?

- Non. Mais l'impôt foncier douille.

- Le cœur de Paris, c'est prestigieux.

- Sans les putes, ça serait bien.

- Des putes ?

- Oui.

- Non. Oui, mais pas trop.

- Bon.

Je refais un tour et après je vous fais une proposition.

- Une proposition ? - Pour dîner chez eux.

- On aimerait vous avoir à dîner.

- Avec plaisir.

- D'accord.

- Elle est bizarre, ta tante.

- Oui. Elle a toujours été comme ça.

- Toi aussi, t'es bizarre. - Non.

- Bon...

Merci. Allez, je vous laisse.

J'y vais, elle est descendue.

- Sans dire au revoir ?

- Elle m'a dit de vous embrasser.

Tu la connais. Elle supporte mal les séparations.

Au revoir, mes neveux.

Au revoir.

C'est bon, elle adore. Allez...

Je claque la porte.

- Au revoir. - Au revoir.

- On ne va pas dîner chez eux. - Non.

- Ça y est ! J'ai mon papier.

Merci, M. Boulin.

Musique jazz

Viens...

M. Boulin... Il a un énorme problème de crédit.

...

- Ça vous dérange pas... Je...

...

- Celle-là, elle est mignonne...

- Non, je peux pas.

...

...

- 30% , c'est le taux d'endettement maximum...

Ici, il y a 12% ...

...

- Voilà, madame. 680...

Faites vos jeux.

Merci, madame. Pour les employés.

- Monsieur. Vous jouez trop, c'est trop.

...

Bonsoir.

- Vous voyez, ça booste. Du coup, on travaille tard le soir.

- Pour dîner, je peux le faire.

- On s'y met après.

- On s'y remet. - Oui. On s'y remet.

- Il y a intérêt.

Laissez pas allumé.

Merde !

Ça s'allume dans l'escalier quand j'éteins l'entrée ?

- Ah oui.

- C'est celui-là ?

- Vas-y.

- Je les ai couplés. C'est bien, non ?

- C'est quoi, ce bordel ?

Où on éteint l'entrée ? - Je sais pas.

Ah !

C'est celui-là.

- Et celui-là, il commande quoi ? Rien ?

- Si. Je l'ai branché, mais alors sur quoi...

- Tu es rentré à quelle heure hier ? Je ne t'ai pas entendu.

- J'ai travaillé très tard.

- Trop tard pour quelqu'un qui veut changer de boulot.

- Tant que je n'ai pas trouvé autre chose.

- Aujourd'hui, tu ne travailles pas ?

- J'ai rendez-vous juste à côté, j'ai un surendetté.

Je vais y aller, tu as raison.

Je prends la voiture.

- Nous sommes réunis ce jour pour l'acquisition..

..d'un appartement de 128 m²,..

..loi Carrez, situé au 37 de la rue St-Eloi à Paris, dans le Ier,..

..6e étage, agrémenté d'une terrasse de 50 m² de plain-pied,..

..au prix de 710 000 euros net vendeur.

- Moins mes 10% de commission.

- Effectivement. Moins vos 10% .

- Ce qui fait 71 000 euros.

- C'est ça.

- Vous pouvez lire plus vite ?

- Nous signons, vous lirez chez vous.

- Très bien. - Ça m'arrange.

De toute façon, on est d'accord sur tout.

- Merci.

- M. Boulin, j'attire votre attention..

..sur le fait que vous n'aurez qu'un jour..

..pour déménager à la maison de campagne.

- Hôtel particulier.

- Oui. Soit. Ça risque d'être un peu juste.

Les travaux seront terminés ?

- Les travaux ? Ils sont presque terminés.

- Une équipe du tonnerre.

- Dans 1 mois 1/2, tout est fini.

- Au pire. - Dans ce cas.

- Désolé, je n'ai pas le temps de vous recevoir.

- 710 000, sans condition suspensive, ça couvre tous les frais.

- Vous n'avez plus besoin de prêt. Je suis content pour vous.

- C'est ça. Je veux ma carte.

- Désolé, pas avant la vente.

- Prêtez-moi 20 000, j'en ai besoin jusqu'à la vente.

- Voici donc votre bague.

Musique douce

...

On sonne.

...

- Tu as oublié tes clés !

- M. Boulin ?

- Je ne vous attendais plus.

- Je sais mais... - Bon, venez vite, vite.

Tout ça part, les tableaux...

- Oui. D'accord.

- Ici aussi. Vous ne notez pas ? - Si.

- Toute la pièce, là, ça part. Le canapé. - D'accord.

- La chambre.

Tout ça. Allez.

Ici, le bureau aussi. - D'accord.

- Bureau. Venez. Toutes les penderies, là.

Tout ça.

- On met en cartons ? - Oui, oui. Allez !

Ici, tout. - L'électroménager ?

- Evidemment... Bon. - Oui, je me dépêche.

- Venez le 23 juin, le concierge aura les clés.

Au revoir.

- Il faut 500 euros d'arrhes,..

..et que je calcule le cubage. - 35 mètres cubes.

- Vous êtes sûr ?

- Oui. Allez, ma femme arrive.

- Ah ! C'est une séparation.

- Non, une surprise. - Séparation surprise !

- Charles ?

- Allez. Au revoir.

- Madame. - Bonjour.

Qui est-ce ?

Qui est-ce ?

- Le calendrier des pompiers. - En mai ?

- Oui. Pour le commander. - Ils ne sont plus en pompier ?

- Ah oui. J'ai bien fait de ne rien acheter.

Attends... Attends. Viens.

Ferme les yeux.

S'il te plaît. Ferme les yeux.

- Bon...

- Tu n'ouvres pas !

Attention. C'est bon, ouvre.

- Qu'est-ce que c'est ? - Pour toi.

- Ah bon ?

- Bon anniversaire, mon amour.

- C'est magnifique. Tu es fou.

- Il faut bien que je me rattrape.

- Ça a dû te coûter une fortune.

Allez. Rapporte-la.

- Je comprends pas ?

- Ne dépense pas pour me prouver ton amour.

Je t'aime comme ça, radin ou pas.

Je ne m'attendais pas à ça comme surprise.

Je m'en veux de ne pas t'avoir fait confiance.

- C'est rien. Et la surprise, c'est pas ça.

Il y en a une autre.

- Ah bon ?

- C'est bientôt fini, ce boucan !

J'en peux plus, de ces voisins bruyants.

- Ils font du bruit ? - Oui. Ça n'arrête pas.

- Je suis là tout le temps, je n'ai rien remarqué.

- Tu t'habitues à la nuisance sonore, c'est pire.

- Peut-être...

- J'ai envie de déménager d'ici.

- Quoi ?

- Ah oui...

J'adorerais vivre dans une maison avec un jardin. Pas toi ?

- Mais Charles !

C'est toute notre vie, cet endroit !

C'est... c'est notre histoire, notre famille...

Je revois mon père qui m'aidait à décorer.

Elisabeth est née ici, elle a grandi ici.

Ses premiers pas, c'était là, sur la terrasse.

J'ai fait mes plus belles traductions ici !

C'est 20 ans de notre vie, Charles. Cet endroit, c'est nous.

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je ne me sens pas bien.

- Tu veux t'allonger ?

- Peut-être qu'il y a de l'amiante. - De l'amiante ?

- Oui. Ou un dérivé, je ne sais pas.

Je me sens pas bien... - Viens.

Charles !

- Prenez ces 2 cachets, ça va vous détendre, vous allez bien dormir.

- Docteur.

- Merci. Tenez.

Je vais vous mettre en arrêt maladie.

- Je peux pas être en arrêt. Je suis déjà arrêté !

- Ce qui compte, c'est de bien récupérer,..

..en restant ici, tranquille,..

..bien au calme, sans quitter votre appartement.

Prenez-en un 3e.

Tenez.

Est-ce qu'il a subi récemment un traumatisme ? Comme un décès.

- Non. Non, on était en train de fêter notre anniversaire..

..et il s'est mis à s'énerver contre les voisins..

..et il s'est effondré.

Peut-être qu'il m'a offert un cadeau trop cher.

- Ne vous inquiétez pas, c'est rien.

Du surmenage ? Il lui faut du repos et de la tranquillité.

Et bientôt ça ira mieux.

Musique douce

...

- Oh ! J'adore !

Et là, c'est beau ! Et la véranda !

Oh ! J'adore, j'adore !

- Oh !

...

- Oh... putain...

Oh, putain !

- C'était un rêve, cette maison !

Par là, à 1h10 d'ici, en pleine... belle, belle banlieue !

Excusez-moi.

M. Boulin, quelle surprise ! Comment ça va, à la campagne ?

- C'est pas aujourd'hui, la réception de chantier ?

- Oui. Effectivement.

- Ils sont finis, les travaux, non ? - Oui... sûrement.

- Vous ne les suivez pas ?

- Si, si. En fait je vous attendais pour vous emmener à la réception.

- Allons-y. - C'est parti.

Je reviens dans 1 heure, 1h30, si ça roule mal.

Ils vont ranger.

Mouloud ?

Pirelli ? - Oui, oui.

- Alors !

Non ! Non ! Non !

- Oh ! Ça va ?

- Mon sol ! Où est mon parquet Louis XV ?

Pas possible. C'est pas chez moi, ici.

- C'est votre adresse ?

- Mouloud, non !

- On lui dit petit à petit que c'est chez lui.

- Votre meilleure équipe ! - C'est la meilleure !

- Vous m'avez foutu dans ce merdier. Je vais dire quoi à Anne ?

- Ne vous énervez pas !

J'appelle 2 ou 3 ouvriers supplémentaires,..

..pour aider à accélérer les petites finitions.

- Les petites finitions !

Les petites finitions...

J'ai soif... j'ai soif.

- Tenez, un coup de rouge.

- Non, non. Pas celui-là, de... de l'eau.

- Tout de suite.

- Merci. Attendez.

Il y a une baignoire, là. Pourquoi ?

- Pour les bains.

- Je sais à quoi ça sert !

Qu'est-ce que fout une baignoire dans mon salon ?

- Non. C'est parce que... Regardez...

Là, il manque un bout de mur. Et là, il y aura une porte.

- Les murs de la salle de bain ne sont pas faits ?

- Si.

- Non, puisqu'on est dans le salon et qu'on vous voit.

Hein ?

- Ah oui.

- Il est où, le maçon ?

- Dans la baignoire.

- Vous ? Mais vous êtes plombier.

- Plombier-maçonnier.

- Plombier-maçonnier ! On ne pourra pas déménager aujourd'hui.

- Déménager, ça va aller. C'est emménager qui va être difficile.

- Ah ? Quelqu'un déménage.

- C'est pas les vieux ?

- Regarde. Ils ont exactement le même canapé que nous.

- Tiens ! On dirait ma couette.

- Ils auraient la même couette ? Les vieux du 5e ?

- Mon vélo ! - Merde, nos meubles !

Arrêtez ! Arrêtez !

Non ! Laissez ça, c'est à moi.

Posez ça, s'il vous plaît.

Non. Arrêtez ! Arrêtez !

- Qu'y a-t-il ? - Vous faites une erreur,..

..vous vous trompez.

- Ma chambre est vide.

- Boulin, dernier étage. Il n'y en a qu'un.

- Faites voir.

C'est la signature de mon mari. L'adresse de livraison ?

- En haut du bordereau.

- Quoi ? Mais c'est pas possible...

Je comprends mieux ses problèmes d'argent.

Il a une double vie. - Désolé, madame.

Arrête 2 secondes.

Arrête, je te dis.

Madame. Qu'est-ce qu'on fait ?

Madame ?

Qu'est-ce qu'on fait ?

- Il a rencontré quelqu'un ?

- J'en sais rien, moi.

- Je viens.

- Expliquez-moi pourquoi ça pend ?

- Mais quoi ?

- Mais là. Les câbles !

- Ah oui. On voulait vous demander,..

..vous les voulez cachés ou comme ça, apparents ?

- Vous vous moquez ! Evidemment cachés !

- Ah merde... Mais c'est sûr ?

- Bien sûr, c'est sûr ! Les câbles, c'est caché.

On klaxonne.

C'est les meubles.

Merde ! Ma femme.

Cachez-vous comme ça, ça fait propre.

- Merci. C'est agréable.

- C'est un chantier urgent.

Ici, c'est encore plus en retard. - Draquart ?

- Hein ? - Venez avec moi !

- Je vous ai trouvé 3 ouvriers dès demain.

- Expliquez à Anne pourquoi c'est pas fini.

- Une femme sur un chantier, c'est pas bon.

- Surprise !

- Surprise ? Il est là, ton oncle ?

- C'est pas mon oncle, mais un agent immobilier.

- Jean-Pierre Draquart, de l'agence Draquart.

- Bienvenue chez nous !

- Qu'est-ce que tu fais ? Pose-moi.

Me dis pas que tu as acheté cette ruine comme maison de campagne ?

- Non. Pas de campagne.

Une maison pour vivre.

- Hein ?

- Je vais vous montrer l'étage.

- Attends. C'est ça, la grosse surprise que tu me prépares depuis des mois ?

- Fini, vous aurez une vie de rêve.

- Mais vous êtes malades ! Tu es complètement fou, Charles.

Je ne vivrai pas ici. C'est délabré.

- Non. Ça n'est pas délabré.

- Si. C'est délabré. Comme toi. Tout est délabré chez toi ! On rentre.

- En camion ? - Oui. Allez, viens.

- Anne. Attends !

- Une femme sur un chantier, ça n'est jamais bon.

- Chérie !

J'ai vendu Paris pour acheter ici.

- Quoi ?

- Ne t'énerve pas, s'il te plaît.

- Tu as vendu notre appartement ?

- A tata Suzanne, qui n'est pas ma tante.

- C'est pas ta tante ?

- Oui. - Sans rien me dire ?

- C'était une surprise.

- Mais pourquoi ?

- Ça devait être fini, c'est pour ça, ça surprend.

- C'est qui, ceux-là ? Tes cousins ?

- Madame.

- C'est des ouvriers moins chers.

- Justement, ça serait bien,..

..si on touchait notre acompte.

- C'est pas le moment !

- C'est quoi, ce cauchemar. Je vais te quitter.

Je te quitte. Arrête.

Il faut que je me protège.

- Excusez-moi ? On peut tout rentrer ?

- Non. Laissez tout. On s'en va.

- Anne !

- Vous voyez que c'est une séparation.

- Draquart ! Ma femme me quitte.

Il faut la convaincre de rester ici.

Ou je ne vous paye pas. - Non !

- Mon amour !

- Restez ! Vous verrez..

..c'est formidable la vie à la campagne à 15mn de Paris.

Mes ouvriers sont discrets..

..et efficaces.

- Il est tombé !

- M. Draquart, ça va ?

Il gémit.

- Ma camionnette !

Mouloud ! Il ne faut pas sceller un garde-corps avec du plâtre.

- C'est un alliage ciment-plâtre solide.

- C'est solide ? - Il s'est trop appuyé dessus.

- Ça s'appelle un garde-corps ! Ça sert à s'appuyer !

- Pas sur celui-là.

- Pas celui-là ? Et pourquoi ?

Il gémit.

J'appelle les pompiers.

- Il s'est jeté, il ne faut pas parler d'accident. On est payés au noir.

- Oui, oui. Il... il s'est jeté.

- Boulin : 9, impasse des Peupliers, Argenteuil, banlieue ouest.

Oui. Argenteuil c'est au nord, mais là, c'est l'ouest du nord.

Si. C'est la banlieue ouest. Je vous dis que c'est l'ouest !

Pardon. Je ne panique pas. Je ne panique pas.

Qu'est-ce qu'il faut faire ?

D'accord. On voit s'il respire, on l'allonge sur le côté.

Sur son côté ou sur le côté de la camionnette ?

Sur son côté à lui, bien sûr.

Faites vite !

- Ne le colle pas contre le mur.

- Faut pas le bouger.

C'est pas Draquart.

Vous ne l'avez pas laissé ?

- Le garde-corps, il vaudrait mieux qu'il n'ait pas bougé..

..pour ne pas se retrouver au tribunal.

- On n'a pas pu l'attraper.

- Il n'est pas mort, il gémit.

Il gémit.

M. Draquart ?

M. Draquart ? - Oh oh !

- Ça va ?

- Il faut le descendre.

- On attend les pompiers. - Non.

- On se met derrière ta camionnette.

Tu démarres, il bascule, on l'attrape.

- Allons-y. - Ça va pas !

- Qui ne tente rien n'a rien.

- Je vous interdis. Non. Revenez ici. Arrêtez ça !

Attention ! Vous allez basculer.

- Allez ! Accélère. Fonce !

- Attendez !

- Mais freine !

- Oh, Mouloud !

Il gémit.

- Monsieur. Si vous m'entendez, serrez ma main. Il n'y a rien.

- Il sera vite sur pied ?

- Votre ami est dans le coma. - Et mes travaux ?

- Ne restez pas là.

- Comment je vais faire ?

M. Draquart ?

- Elles sont là. Entre.

- Chérie ?

Chérie ?

Attends. - Laisse-moi !

Je veux divorcer.

- Non ! Anne, attends.

- Papa, arrête.

- On peut se parler ? - Pas maintenant.

Laisse-lui un peu de temps.

- Laisse-lui une chance de changer d'avis.

- Il ne faut pas vous en faire. Elle va revenir.

- Qu'est-ce que t'en sais qu'elle va revenir, toi ?

- C'est juste une surprise.

On divorce pas après 15 ans pour une surprise ratée ?

- Qu'est-ce que vous voulez ?

Les bonnes femmes, c'est pas fiable.

- Ne dis pas n'importe quoi. La sienne, elle l'est.

Elle est fiable, belle et elle reviendra.

- Elle est belle, elle ne reviendra pas.

Les belles femmes, on n'a que des emmerdes avec.

- Elle reviendra.

- Toi, tu n'en as jamais ramené une, même moche.

- Toutes les femmes, elles m'adorent.

- Comment ? Avec ton regard salace !

- Salace, mon regard ?

C'est quoi, ça ?

- Salace. Nom féminin : s-a-l-l-a-s-s-e.

On voit dans ton regard que tu penses qu'à des trucs cochons.

- Tu vois ça dans mon regard ?

- Toi. Tu ne rates pas le porno sur le câble ?

- Comment tu le sais ? - Ça se voit, je te dis.

- Il a raison ! J'ai les yeux complètement salaces !

- Plisse-les.

Voilà. Comme ça, t'es beau.

- Sortez. Sortez. Foutez-moi le camp !

Laissez-moi !

Laissez-moi...

Anne ?

Anne ?

- Quoi ? - Je ne veux pas divorcer.

Je veux que tu viennes chez nous. - Non, Charles.

Il n'y a plus de chez nous.

Tu l'as vendu.

- C'est vous ? - Bonjour, tata.

- Je ne suis pas ''tata''.

- Je peux entrer ? - Pour quoi faire ?

- J'ai à vous parler. C'est important.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

- Je veux racheter l'appartement. Je l'ai vendu cher,..

..je le rachète au même prix. Tant pis.

- Votre histoire de ''tata'' c'était tordu, mais alors là !

- Votre prix sera le mien.

- Mais je ne veux pas le vendre. - 50 000 de plus.

- Non. Je l'adore, cet appartement.

- 100 000. - Non.

Non et non. Au revoir, M. Boulin.

- 2 fois le prix que je vous l'ai vendu.

- Sortez de chez moi.

- Allez, tata.

- Sortez !

- Non. Vous n'êtes pas obligé de me payer.

D'abord on vous sort d'affaire, après on verra.

- Merci. - Je vous en prie. Au revoir.

Allez-y. Bonjour.

- Une seconde, j'ai un Crédilem.

- Attendez. Faites la queue. - Elle est trop longue.

- Je suis désolé, faites la queue. Par rapport aux gens. Désolé.

- C'est ça ou on la rate.

- C'est pas pour ça qu'il faut mal manger.

Tu vas trop vite en tout, toi.

- Prenez une salade, madame.

- Oui.

- Vous êtes ensemble ?

- Quoi ?

Ça va pas ! C'est ma meilleure amie.

- Quoi ?

- Rien.

- Ma mère croit qu'on couche ensemble.

- Sur place ?

- Tu fais quoi, là ?

- C'est alimentaire.

- Ça y est. Tu as attaqué tes Crédilem.

- J'ai monté une association de défense des surendettés..

..à l'ANPE.

- On s'active, Boulin.

- On ne va pas jeter 18 ans d'amour ?

- Un Big Mac, une salade et une grande frite.

Et toi ? - Un menu Mc Chicken.

- Pareil. - Et 2 Mc Chicken.

- J'ai été nul. Pardon.

- Et un Sunday caramel, s'il te plaît.

- Je vais récupérer l'appartement. Elle va finir par craquer.

- Charles. Non. Tu m'as trop menti, je...

- J'avais peur que tu me quittes.

C'est une surprise qui a tourné au cauchemar.

- Mais qu'est-ce que tu fous ? Tu dors ?

- C'est ta faute.

- Laisse-moi te raconter, après tu te décideras et je l'accepterai.

S'il te plaît.

- Ils vont divorcer, tes parents ?

Elisabeth ? - Hein ?

- Tiens, ma puce.

- Bonne nuit. - Bonne nuit.

- Je suis tellement heureux.

- Attends. Tu dors où tu veux mais pas ici.

- Mon amour... - Non. Il n'y a pas de mon amour.

On tape.

- M. Boulin, on s'en va.

Excusez. Si vous pouviez nous donner l'argent.

- Je ne peux pas vous payer pour l'instant.

- Ça va pas être possible. Si vous ne payez pas, je reviens pas.

- S'il vous plaît. - Bon.

Prenez ça en attendant. - Pas mon cadeau.

- Si mon mari ne paye pas, ça couvrira largement.

- Ça ne m'arrange pas trop.

Ne traînez pas.

- Ça fait mal, hein ?

Paroles diffuses

- Tous les sacs vont dans la benne.

Viens avec moi, toi.

Coups de marteau, perceuse

...

- Il y a un problème avec le lavabo. - On va voir ça.

- Bonjour. - Bonjour.

- Alors ?

- Regardez.

Voilà.

- On se lavera plus tard. Elle est où, la cuisine ?

- Elle est pas finie.

- Ça m'étonne !

- Voilà... Pardon.

- T'as bien dormi ? - Ça va. Merci.

C'est froid. - Il n'y a pas de gaz.

Je vais le mettre au micro-ondes. - Oui.

- Charles ?

- Je me suis rempli un verre.

- Et ?

- Si tu regardais par ici, tu verrais..

..que l'eau est marron.

- Elle a un goût ou ça va ?

- Tu en penses quoi ?

- Au secours !

Au secours ! Au secours !

Musique rythmée

...

Faites quelque chose !

- C'est quoi ?

- Le robinet a sauté, je vais tout refaire.

- De mieux en mieux. Viens, ma chérie.

- Ça coule partout.

- Voilà.

- Coupez l'eau !

- Pirelli, vas-y. Moi, regarde.

- T'es le roi de l'excuse pour ne rien faire, toi !

- C'est un robinet rouge, en bas de l'escalier.

- Oui, oui...

- Laissez, je vais le faire.

- C'est coupé ?

- C'est pire ! Fermez dans le sens des aiguilles d'une montre.

- Il a une montre à quartz.

- Dans l'autre sens !

- Ça baisse.

- C'est monté à l'envers, alors...

- Pas vrai !

- Non. Serrez à fond.

Non. Serrez, là. Non. Serrez à fond.

Ça coule ! Serrez !

Serrez !

- Il n'y a rien à faire, ça tourne dans le vide.

- Comment ça se fait, il est neuf.

- Je n'en sais rien. C'est de la camelote allemande.

Quand on choisit le moins cher, voilà le résultat.

- Changez-le. Il est garanti ?

- Bien sûr, mais s'ils l'ont pas en stock...

- Comment ça ?

- C'est fabriqué sur commande. Avec la livraison, il faut 2 mois.

- Deux mois.

- Deux mois minimum. Ça vient d'Allemagne de l'Est.

- Ça existe plus !

- Ça existe plus ?

- Non !

- Ben non.

- Quand la société fait faillite, on s'arrange avec les stocks.

Si c'est l'Allemagne de l'Est qui n'existe plus, alors là !

- On est pas dans la merde !

- Toute l'Allemagne de l'Est a disparu ? - Oui.

- Je ne savais pas, moi.

C'est coupé.

Ou on remplace avec du Zlabi. - Slabi ?

- Zlabi. - Avec un Z.

- Je m'en fous. Qu'est-ce que c'est ?

- C'est marocain.

- Des robinets marocains ?

- C'est solide. Et si le Maroc disparaît, j'ai du stock à l'atelier.

- C'est solide. Pourquoi vous m'en avez pas mis en 1er ?

- Vous n'avez pas demandé. - Vous ne l'avez pas dit.

- C'est dans le catalogue.

- Vous auriez dû me le dire au lieu de me vendre votre saloperie.

- Si vous n'êtes pas content, vous nous payez et on part.

C'est pas ça qui va payer des études aux gosses.

- Quand on aura des gosses !

Coups de marteau

...

- Monsieur !

Monsieur !

- C'est Mouloud.

- Vous pouvez taper moins fort ? C'est fatigant.

- Si je tape moins fort, ça durera plus longtemps.

- Au lieu de taper fort et espacé, tapez moins fort et rapproché.

D'accord ?

- J'ai pas compris.

- Au lieu de taper...

Fort... et euh... rapproché.

Vous n'avez qu'à taper... plus fort..

..et moins rapproché.

Euh... Le gaz ça ne marche toujours pas.

- C'est normal, je ne l'ai pas raccordé.

- Ah...

- Je vais regarder ça, pour votre plaisir.

- Merci, beaux yeux.

- ''Beaux yeux'' ?

- Je vais à l'appartement.

- Embrasse ta tante, alors.

- Je lui propose 3 fois le prix.

- Tu ne vas pas le racheter 3 fois le prix !

Tu l'as vendu, on passe à autre chose.

- Je veux le récupérer.

- Quitte à s'endetter à payer 3 fois le prix,..

..autant acheter 3 fois plus grand, tu ne crois pas ?

- T'es sérieuse ?

- J'ai pas l'air ?

Boum !

- Mouloud !

- Elisabeth !

- Je suis là. - Ça va ?

- J'ai trouvé le gaz.

Bourdonnement

Hein ?

...

Je vais tout refaire.

...

Hein ?

- Les gens dans le coma entendent ce qu'on dit.

Salopard !

Ordure, fumier, sale con.

J'ai tout perdu. Je suis perdu.

Je ne sais plus quoi faire.

Vite ! Un docteur ! Je l'ai sorti du coma !

- Mais calmez-vous !

Ça fait 15 jours que je suis sorti du coma.

Je faisais une sieste, vous m'avez réveillé.

- On m'a rien dit.

- Qui allait vous prévenir ? Vous êtes ma 1re visite.

Les bons agents immobiliers n'ont pas d'amis.

- J'ai besoin de votre aide.

- Pour ? - Me sauver la vie.

- J'ai du mal avec la mienne.

- Ça m'est égal d'avoir perdu mon argent, mais je ne veux pas perdre ma femme.

- Je vais lui dire que tout est de ma faute.

- Vous allez faire mieux.

- M. Draquart ?

- J'ai une bonne nouvelle. - J'écoute.

- Boulin revend sa maison de campagne,..

..il a besoin d'argent, il la vend 600 000.

A mon avis, il la cédera à 550.

- C'est génial ! - Non.

Ce qui est génial, c'est ça. Voilà.

Il a tout refait, c'est fini, c'est magnifique.

Il y en a pour 200 000 de travaux.

- Il va m'offrir les travaux, ce con.

- J'en ai peur !

- Il ne viendra pas ?

- Il ne m'aurait pas signé une procuration.

C'est une loque, il ne sort plus.

- Il ne l'a pas volé !

- Voilà votre pièce d'identité. - Merci.

- Reprenons. Vous achetez cette maison 556 000 euros en l'état,..

..à l'aide d'un crédit, sous condition..

..suspensive d'obtention.

- Avec les travaux, elle vaut le double.

- Je sais.

On tape.

- Il y a un M. Perec..

..qui veut vous voir.

- Merde. - Quoi ?

- Faites-le patienter.

- C'est un client qui a vu la maison.

- Qu'est-ce qu'il veut ? - Je n'en sais rien.

- M. Draquart, avez-vous reçu ma proposition ?

- Non. Laquelle ?

- Je vous ai faxé une offre de 550, je la prends en l'état.

- Moi aussi, moi aussi. 556 000.

- Qui est-ce ?

- Un acheteur. - Comment ça, un acheteur.

L'acheteur !

- 600, on signe tout de suite.

- C'est un malade. Dites-lui non !

- Pourquoi ? Ça monte ma commission à 60.

- Je vous les donne, les 60 000.

Et je l'achète à 556.

- 630 000 euros.

- 650 000. Allez. Faites-les sortir.

- Ecoutez. S'il vous plaît.

- Soyez gentil, ma femme la veut,..

..je vous en offre 655 000 avec une condition suspensive.

- Sans. Sans condition suspensive.

Je l'achète à 650 sans condition suspensive et en l'état.

- Chéri !

- Non. 650, il faut qu'on emprunte,..

..on ne peut pas.

- On signe, on attend. On reporte ?

- Alexis !

- J'appelle ma banque...

- Non. On signe.

On signe tout de suite.

- C'est bon. - Désolé.

- Elle est à vous.

- Yes ! Yes ! Yes !

Oh, le salaud !

- C'est pas du tout fini. T'as acheté une maison pas finie !

Faut porter plainte.

- J'ai acheté en l'état.

La vache !

Oh là là...

Cris de peur

Ne bouge pas, Nicole. Reste là.

Ne touche à rien.

Ah...

Viens voir !

- Jacques ?

Il gémit.

- Tu l'as racheté ? Tu as réussi à le racheter ?

C'est génial. Combien ça t'a coûté ?

- On s'en fout. - Dis-moi !

- Je m'en rappelle plus. Regarde.

Tu ne verrais pas un canapé ici ? - Oui.

Oui. Mais alors avec un tableau au-dessus.

- Juste derrière toi. Devine ? - Là ?

Mon bureau.

Oh non. Rassure-moi. - Oui ?

- Tu n'as pas engagé ton Mouloud et compagnie ?

- Non !

Musique rythmée

...

...

...

- Mami, chef de sentier maçonnerie et plomberie, et Pirelli et...

Mami. Mami chef de chantier, maçonnerie et plomberie..

..et sous ses ordres, Pirelli. Quoi ? Ça vous fait rire ? Bande de cons !

- Elisabeth, on rentre ''à camion''.

Ils pouffent de rire.

- Il y a pour plus de 50 000.

- Il n'y a pas plus de 3 carreaux à changer.

- Non... C'est pas ça...

Eclats de rire

- Vous êtes le maçon, je croyais que vous étiez plombier.

- Non. Ça vient, ça vient.

Mais je... ça vient... ça vient...

Eclat de rire

Ça vient, ça vient ! Attends... Je te jure ! Ça...

Rires

Attends. Coupez pas, coupez pas ! J'y suis.

...

Coupez pas. Coupez pas. Coupez pas. Coupez pas.

Coupez pas. On n'en fait plus après. Coupez pas !

- Il est où, le maçon ?

Il est où, le maçon ?

Il est où, le maçon ?

- Non ! Dans la bai... baignoire. Une dernière ! On y était presque.

- Pourquoi y a pas de bâche ? - A cause des courants d'air.

Je reprends.

Ils pouffent de rire.

- Pourquoi y a pas de bâche ?

Elles sont où, les fenêtres ?

...

- C'est pas la question !

Vous les voulez comme ça, tout... tout apparents ?

- Alors on attend, on attend.

Et je te dis ma réponse.

...

- Plisse les yeux pour voir.

Comme ça t'es beau.

...

...

On y était !

...

Sans le regarder, il sent. Il veut plus le voir !

...

- J'ai sa tête qui tombe dans le coin de l'œil.

...

Sous-titrage : C.M.C.

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