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Dans le Paris des républiques, l 'accordéon nostalgique a semé bien des
dont il reste des échos.
Dans nos cœurs, il y a des rengaines dont les rimes incertaines se prenaient
pour du Verlaine, du Bruand ou du Capot.
Le chanteur des rues qui brame à votre bon cœur, messieurs, dames, Paris sera
toujours Paname et tout ça ne vaut pas l 'amour.
Lorsque les télés s 'allument, pauvres fantômes des brumes, s 'en revient un
succès posthume, nous hantés au fond des cours.
Et allez donc, en voilà ritournelle, de la chanson gnan gnan et
chauvin et vieux jeu.
Réveille un peu le piano à bretelles, à chaque fois qu 'on l 'entend, on a les
larmes aux yeux.
Paris c 'est plusieurs villages, et chacun a son village, le septième a son
langage, et la vastoche a le sien.
On y cause en argomuche, et Pantin se dit pantruche, mais ni le montant, ni le
muche, et le temps n 'y change rien.
Moi j 'aime bien la place des fêtes, et les choses sont bien faites, pas loin du
tabac buvette, y 'a l 'église et la mairie.
Moi, je rigole quand je pense à ceux qui partent en vacances en Bretagne ou en
Provence. Rien de beau, l 'heure de Paris.
Et allez donc, on va la retourner.
De la chanson gna gna et chaudine et vieux cheveux.
Réveille un peu le piano à bretelles.
On se croirait au printemps et le ciel est toujours bleu.
On sait bien de par le monde que Paris c 'est une blonde, et les visiteurs
abondent, il en vient de tout pays.
La tour Eiffel les étonne, le musée Grévin les passionne, et la Seine enfin
donne la traite, c 'est qui pleurit.
Dans la lumière irisée, ils s 'en vont l 'âme grisée, le long des champs élisés,
et comprennent que Paris...
Restera quoi qu 'il advienne, la capitale souveraine, La seule, l 'unique
reine, par le cœur et par l 'esprit.
Et allez -donc, en voilà une tournelle, De la chanson guérillant et
chauvin et vieux jeu, Réveille un peu le piano à bord de trêve,
Dans le genre exaltant, on ne pourrait pas faire mieux.
Aujourd 'hui, j 'aimerais que toutes les deux, on invente d 'autres animaux.
Un peu des animaux comme, tu sais, des animaux quelquefois le soir, comme ça,
dans son lit, on rêve à des animaux bizarres.
Voilà. Tiens, j 'ai une autre idée. Si on fabriquait la maison de ces animaux.
Tiens, tous les deux, on va essayer de dessiner, on va dessiner, on va
la maison de ces animaux.
Tu veux ? Tiens, lève tes mains.
Tu peux prendre une couleur, la couleur que tu veux. Il y a du vert, orange,
bleu, rouge.
Dessiner une maison avec... Qu 'est -ce qu 'on pourrait mettre dans cette maison
? Est -ce qu 'il y aurait un fenêtre pour aller à cette maison ?
Des fenêtres ?
Vous avez rendez -vous à 3h ?
P9 vous attend devant chez moi ? Oh merde, oui c 'est vrai, j 'ai
oublié. On a tellement de boulot, j 'arrête pas de carréler. C 'était quoi
exactement ? Rougerie.
Ah ouais, rougerie.
Rougerie.
Euh... Voilà, rougerie.
C 'était un studio ou un deux -pièces, c 'est ça ? 1600.
Ça, on ne trouvera pas. On peut en visiter un aujourd 'hui.
Ça fait bien quelque chose, là, à Nières.
Enfin, c 'était à Nières. Vous vous foutez de ma gueule, c 'était à la
à 1700 !
Non, 1700, c 'est l 'ancien prix. C 'est 1900 maintenant. C 'est à la tour Frist
en I2.
Et les charges ne sont pas comprises, bien entendu. Vous le prenez ? Je ne
pas, je vais voir.
C 'est à quel étage ? C 'est chauffé comment ? Il y a le téléphone, une
quoi. Je n 'en sais rien, moi. Alors, il faut voir.
Bon, ben, allons -y.
Je vous préviens, vous m 'emmenez, puis vous m 'emmenez ici.
Vous m 'emmenez ? Ah oui, oui. Moi, de sortie, dans Paris, je prends pas ma
voiture.
On prendra notre chemin pour rentrer à la République.
On s 'est un peu plantés, là.
Bon, descendez -là.
On revient au parking.
Eh ! Réflexion faite, je suis allé d 'avis, j 'ai plus envie de le visiter.
S 'il aimerait prendre des loulous dans leur état de place, on pourrait utiliser
l 'entrain jouissant pendant le cours de la vocation qu 'une réparation de
quelque nature que ce soit.
Le septième mois, sur la seffraie, tout y a jouissance, réparation éventuelle,
entretien, la réparation de tous les robinets, canalisation, dos de gaz,
vidange... Écoutez, je vais faire lire ce bail à mon avocat et je vous l
d 'ici deux jours.
Monsieur, je pense que vous avez vu les personnes qui attendent dans le couloir.
Alors, si vous voulez, cet appartement, vous signez le bail que je viens de vous
lire. Sinon, vous êtes libre.
Monsieur Rougely, madame la duc.
Monsieur, pardon.
S 'il vous plaît, le bruit.
Excusez -moi, je suis un peu en retard.
Non, mais c 'est rien. On a du mal à se garer dans le quartier.
Bon, ben voilà, vous êtes chez vous. Vous voyez, c 'est très grand.
Vous avez un grand, grand balcon.
Ça, ça part.
Vous me réglez en chèque ou en liquide ? Réglez ? Réglez quoi ? On ne vous a pas
prévenu chez Mouchot ? C 'est ma commission.
Quelle commission ? Je ne suis pas parti par une agence.
J 'ai traité directement les choses de mon choix.
Justement, moi, je travaille avec lui. Vous voyez, j 'ai les clés.
Je fais l 'état des lieux.
Mais ce n 'est pas possible.
Comment ce n 'est pas possible ? Vous ne le prenez plus ? Si, je le prends, bien
sûr.
J 'ai déjà donné des rendez -vous. Les meubles arrivent demain.
De toute façon, moi, j 'ai signé.
Justement, c 'est dans le contrat.
Elle est de combien, votre commission ? Un mois de loyer sans charge.
Je téléphone à mon show. Non, non, non.
Comment non ? Non, mais en novembre, pas en décembre.
Oui, ça arrive.
Non, les plaies, je les remplirai.
Merci.
On vous laisse la moquer.
Bon, si vous voulez, maintenant, on va voir la cuisine.
Dans la cuisine, il y a un trou dans le mur. Où ça ? Là.
Mais ça va être préparé très rapidement, ça.
Oui,
non ! Oui, non ! Oui !
Catherine
? Catherine ? Oh, Cricri ! Bonjour, papa.
Ça va ? Bien.
Très bien.
Tu vas bien, ma chérie ? Qu 'est -ce que tu fais là ? Tu aurais pu te valer au
cinéma ? Non, je fais demain avec ma responsable.
Qu 'est -ce que vous allez voir ? Le mystère du temps plein d 'eau. Il y a
de gens qui se tuent. C 'est super.
C 'est sûr ? Oui.
Et maman, elle n 'est pas là ? Non, elle a été sur le docteur avec Julien. Il a
peut -être la varicelle.
Oh. Oui.
Il va y avoir plein de boutons, là.
Oui, il ne pourra pas se baigner, pas se gratter. C 'est bien fait pour lui.
J 'ai 17 en maths sur mon carnet de notes.
Très contente.
Combien ? 17 en maths.
Ah oui.
Il y a une jette, ça ? Attends, il faut que je finisse ma valise.
Il faut qu 'on se voit très vite.
J 'ai un scénario extraordinaire. C 'est tout à fait pour vous.
C 'est une histoire d 'amour.
Ça se passe entre un homme, une femme et puis dans l 'autre sens aussi. C 'est
très insolite.
Bernard, c 'est Catherine.
Je suis bloquée chez le médecin avec Julien.
Il a peut -être la varicelle.
J 'espère que tu sauras plier ta veste.
On dîne à la maison ce soir.
Vous êtes la secrétaire de Roger Larran.
Vous pouvez laisser un message à M. Larran, s 'il vous plaît, de la part de
Bernard Rougerie.
Oui, vous nous dites que je suis au Sahara.
Oui, au Sahara, oui.
Chaud, chaud, oui. Très, très chaud. Très chaud.
Vous le dites, s 'il vous plaît.
Merci.
Par quand, papa ? Je ne sais pas.
Je pars demain.
Tu pars tout le temps.
Tu sais, quand on veut travailler, il faut que tu sois tranquille.
Il est con, ton patron.
Tu fais tout le temps travailler.
C 'est pas mon patron, c 'est moi.
Tu sais, en ce moment, maman, elle soigne une petite fille qui ne veut pas
parler.
Elle ne veut pas parler ? Non, elle ne dit rien du tout. Mais ce n 'est pas
comme toi.
Tu me donnes mon argent de poche ? Oui, je vais te donner.
Où est cette personne ?
Ah salut, dis donc il n 'y a que l 'essence interdite quand on se gare,
Alors, voyons un peu le décor.
Oh, c 'est tout petit.
Tu fais combien pour ça ? 1600.
Je sais.
On remarque que la moquette est jolie. C 'est original.
C 'est de trouver mieux.
Tiens, je t 'ai apporté un disque.
Tony Robbins.
Tu te souviens ? Saint Thomas.
J 'ai piqué chez mon ancienne femme.
Je crois que ça lui manquera pas.
On a beau dire, les femmes, ça comprend rien au jazz.
Tu leur mets du Charlie Parker, elles disent que c 'est trop aigu.
Elles disent ça, les femmes.
Le Charlie Parker.
Je l 'ai où ? N 'importe où.
De toute façon, je n 'ai pas de télé, pas de radio, rien.
Je l 'ai pris pour travailler, rien d 'autre.
Pour être coupé de tout.
C 'est peut -être que je t 'aime.
Oui, aide -moi à faire vie.
Alors, mesdames, n 'oubliez pas qu 'aujourd 'hui... Qu 'est -ce que c 'est
Un supermarché en bas.
Ah bon ? C 'est bien cet appartement.
C 'est chouette, c 'est vivant.
C 'est pas celui -là. Qu 'est
-ce qui se passe avec ton scénario ? Je sais pas, je suis
bloqué.
Ça n 'avance plus.
Tiens tout.
Tiens -le, tape -le.
Moi, ça tournait au printemps. Tu comprends si dans un mois je prends le
scénario ? Vas -y.
Je suis dans la merde.
Bon. Et c 'est qu 'est -ce que c 'est ton film ? Ben attends, j 'ai la
version là. Tiens.
Tu veux la lire tout de suite ? Non, non, non, non, non, non, non, non, non.
préfère que tu me dis le principe, le moteur d 'histoire.
T 'as le temps ou bien le drape ? Frère, oui.
Ben, c 'est un type qui à vos jours décide de tout laisser tomber. Sa femme,
enfants, son boulot. Non, mais attends, attends, attends.
Quel type ? D 'où il sort ? C 'est quoi son boulot ? Un industriel parisien.
Une entreprise pas énorme, enfin, qui marche bien. Enfin, il a de l 'argent.
Et un jour, il décide de partir pour le Midi.
Pas à Nice, une ville plus petite, enfin, un peu plus minable.
Et là, il rencontre une fille, un peu minable aussi.
Il est recherché.
Il s 'échappe.
C 'est l 'histoire de leur fuite à tous les deux, avec les rapports qui
évoluent. Il couche ou il couche pas ? Justement, c 'est ce qui m 'emmerde.
Tu as donné un texte ? Oh ben non.
Je ne sais pas, je vais ouvrir. Non, non, non, non, non, non, non, fais pas
non.
Bonjour.
Bonjour. Excusez -nous de vous déranger, mais on habite dans l 'immeuble et on
voulait vous avertir qu 'on a créé un comité de défense des locataires. Alors,
il y a une réunion ce soir, si vous voulez venir.
Ils ont créé un comité de défense des locataires, c 'est de la reine.
Bah, viens.
Mademoiselle, venez nous expliquer tout ça. Bonjour.
Bon, c 'est pas compliqué.
Plus on prend, mieux ça voudra. Monsieur et moi, nous n 'habitons pas ici.
Nous venons pour travailler.
Les associations de locataires, vous savez, c 'est... On fait une réunion
les soirs à 9h.
Oui, mais je vous dis, monsieur et moi, nous ne sommes pas des locataires. Nous,
on est ici pour travailler. De toute façon, vous faites la noyette. Vous êtes
égales de vous faire voler. Oui, mais à part le temps.
C 'est pas égal, mais on n 'a pas le temps.
Écoutez, la réunion, ça prend deux heures, vous savez.
Vraiment désolé. Il faut qu 'on fasse le lit.
Bon, Marcel, là, je crois qu 'il n 'y a pas d 'espoir.
Enfin, la réunion, c 'est chez moi, au sixième droit. Je m 'appelle Marcel
Bonfit, c 'est mon nom.
Bonfit. Marcel, viens.
T 'as vu, il y a un trou dans le mur de la cuisine.
Ah oui, oui.
Et si jamais je travaille avec toi,
je crois que je peux demander combien de trois briques ? Quatre ? On peut
aller jusqu 'à cinq.
Ouais ?
Cinq.
Bon, écoute, voilà, je vais me faire faire un contrat de quatre briques, et
la cinquième, je la prends au noir, comme ça, ma femme ne le saura pas.
Parce que les femmes, c 'est gourmand, c 'est rapace.
Plus rapace que les hommes, on a beau dire.
D 'ailleurs, t 'as qu 'à voir dans tous les contes de fées, c 'est toujours le
prince qui épouse la bergère, jamais le contraire. Ça veut dire quelque chose,
quand même.
Et Catherine, dans tout ça, ça ne fait rien que tu dormes ici ? Non, rien, non,
pourquoi ? D 'habitude, tu ne t 'arrêtes pas comme ça, quand même.
Non, mais je ne sais pas.
Je vais vous aller tranquille.
Je ne sais pas, c 'est ce film qui me semble le plus difficile. Je ne sais
c 'est quelque chose de niquel.
Je ne sais pas, je vais vous aller tranquille.
Plus tard, ça me servira un bureau.
Ça marche en soirée de Catherine ? Évidemment, ça va très bien.
Ça continue, tu vas faire comme Sim, non ? Je ne peux écrire que dans les
chambres de terre.
Non, attends, on ne prend pas l 'ascenseur.
Pourquoi ? Il faut descendre ça, il faut prendre les clés de service.
Tu n 'as pas oublié tes clés, là ? Non.
Et toi, ça va ? Oui,
ça va. Toujours les putes ? Toujours les...
Ouais, c 'est dur.
Qu 'est -ce que ça me coûte cher. Les clandés, surtout, c 'est vraiment le
maximum. Non, je crois que je vais redescendre vers le trottoir.
Et voilà. Non, je vais juste au pressing.
Oh, le pressing.
Le vestiaire anglais où l 'on lave même le spleen.
C 'était pas raconté l 'autre jour.
C 'est prenant un clandé.
Je dis, allô, c 'est moi le client difficile.
C 'est ça qu 'on m 'appelle.
Il y a une voix inconnue qui me répond difficile ou pas. Il n 'y a personne.
C 'était les flics.
Là, je suis garé de l 'autre côté. Salut.
Au revoir, mademoiselle.
Salut.
C 'est bien d 'avoir un réunion. Tout à l 'heure. Salut.
Tiens.
Tu veux que je prenne l 'autre ? Non, non.
Il pleut, non ?
C 'est quoi votre travail ? Je suis en train d 'écrire un film.
C 'est sur quoi ? Vous devez le savoir.
C 'est bien vous qui avez fait la mort en direct ? Oui.
C 'est pas mal.
J 'ai pas beaucoup aimé la fin.
Vous avez jetons, si vous le faites, pour deux machines.
Qu 'est -ce que vous lui trouvez à ma fin ? C 'est un compromis.
Pour moi.
C 'est trop apiade.
Il y a une sorte d 'amertume dans le récit.
Tout d 'un coup, on a l 'impression qu 'on veut l 'effacer, la nier.
C 'est un sorti, vous l 'avez votre main ? Vous avez une heure spéciale pour ça,
vous ?
Pour la réunion des locataires. À quoi ? Ça vous intéresse ? Vous me parlez
comme ça.
Vous allez bien ce soir, vous verrez bien.
Plein de télé ici.
J 'ai vu que vous aviez la télévision.
Oui, mais il n 'y a qu 'une chaîne qui marche.
En plus, c 'est un opéra.
Vous croyez que je peux le... C 'est la
traviata.
Je vais dîner. Vous n 'avez pas faim, vous ? Oui.
C 'est beau, hein ? Fermi.
Il est formidable.
Vous connaissez pas un petit restaurant dans le quartier ? Si.
Il faudra m 'inviter parce que j 'ai peur.
Si vous voulez.
Vous lutterez votre linge là ? Oui.
Je reviendrai après, j 'ai la réunion à 9h.
Quel est la plus belle scène d 'amour du cinéma mondial ? Le silence, le darman.
Non. Pourtant.
Alors, ça pourrait être... Lorraine Marcal et Humphrey Bogart dans... Dans
? J 'ai oublié le titre.
Vous savez, là où il dit... Si tu as besoin de moi... C 'est pas mal, mais c
'est pas ça.
C 'est beau, hein
?
Oui, c 'est beau.
C 'est vrai, déjà, la lecture du bail, au propriétaire, tout lui est permis. Il
n 'y a à nous rien.
Vous y allez, vous aussi ? Oui, c 'est là, non ? Oui, c 'est
là.
Entrez, on a laissé en verre pour ne pas réveiller les enfants.
Bon, vous pouvez vous pousser un peu sur le divan, là ? Et c 'est à la place de
Mme Bonfit, ici. Ah, Gui, tu restes, c 'est le bras dans la cuisine.
Attendez, je vais y aller.
C 'est pas la peine, il n 'y en a plus. Ne vous dérangez pas, ça va très bien
comme ça. Vous étiez assis toute la journée. Non, mais allez -y, on va faire
petite place.
Allez -y, c 'est pas gentil, c 'est le mariage.
On peut continuer ? Oui, oui, écoutez, essayez de ne
pas parler tout à la fois, sinon on sera encore là demain matin.
Je vais noter les taux de parole.
Bon, alors moi, ce que je n 'ai pas digéré, c 'est les...
60 000 francs pour le vernissage des stores.
6 millions anciens ne nous a pas demandé notre avis.
Vous êtes sûr qu 'il a le droit de nous facturer tout ça, M. Mouchon ? Oui,
surtout que les stores, c 'est quand même de l 'entretien extérieur. Oui,
je suis dans le bail.
En fait, il peut tout nous faire payer.
Réparation, entretien, tout.
Oui, mais pas l 'amélioration.
Mais non, je lis là. Cette énumération est en général et non limitative.
Enfin, si on est ici, c 'est bien pour mettre ce genre de bail hors la loi. D
'accord, mais comment ? Silence.
Vous savez tout.
Silence, s 'il vous plaît.
Vous avez tous remarqué que le mois dernier, les charges ont doublé sans
justification.
Bon, alors je sais bien qu 'il y a un décompte qui était posé chez la
Je ne sais pas si vous avez été voir. Moi, je n 'ai rien compris.
Non, on dirait que c 'est fait exprès.
Il faut adapter le total au nombre de millièmes correspondant à votre
appartement et qui ne figurent pas sur le bail, le nombre de millièmes.
Déduire la surface du parking et la compte versée chaque mois.
Oui, c 'est ça. Il y a un calcul à faire. Oui, mais s 'il faut être
Le parking, c 'est ça aussi, c 'est un scandale. Enfin, moi, je paye tous les
mois pour ça. pour un entretien et tout.
C 'est sûr qu 'il y a des abus. On a téléphoné au comité national des
qui est une sorte de syndicat des locataires et ce qu 'ils nous ont
'est carrément d 'aller chez Mousseau vérifier tous les comptes, épucher
les factures et alors on a pris rendez -vous chez Mousseau pour mercredi 15h.
C 'est drôlement bien fait. C 'est pas sûr, il ne faut pas partir perdant. Ça
risque pas de nous retomber dessus ? Avec des arguments pareils, on ne fera
jamais rien.
De toute façon, qu 'est -ce qu 'on risque ? Bon, écoutez, il faut encore
autres volontaires.
Nous, on ne peut pas, on travaille.
Moi, j 'ai un cours mercredi, alors si on avait pu déplacer... Non, parce que
comme c 'est mon cours de mercredi, j 'aurais pu... Moi, je peux me libérer.
Mme Jouffroy, encore une personne.
Mme Descombes, allez ! Je suis trop vieille.
Et en plus, ce n 'est pas une affaire de femme.
Bon, on dirait que si, puisque ma femme, elle y va, vous pouvez toujours m
'inscrire.
C 'est laquelle, votre femme ? Damien.
Il y a quelqu 'un qui veut venir prendre un dernier verre, là ? J 'ai une petite
poire de l 'Ardèche.
Non, non, non, non, on ne peut pas. Moi, j 'ai un cours à 8h.
Chut,
chut, chut. Parce qu 'il y en a qui vont se faire l 'âme. C 'est mouchot, là. C
'est déjà fait.
Je n 'ai pas de téléphone. Vous pouvez me permettre de donner un coup de fil
chez vous ? Bien sûr, entrez.
C 'est là.
Vous prendrez bien un café ? Non, je ne vais pas vous déranger. Oh, je vous en
prie. Vous savez, c 'est du Nes.
Alors, comme ça, les voisins ? Je suis bien content.
Les gens, avant, ils avaient un chien.
Et à chaque fois qu 'il sortait le soir, il le laissait tout seul. Alors, la
pauvreté, il pleurait jusqu 'à les 2h du matin.
Quand on a des animaux, c 'est comme ça. Ne vous inquiétez pas, je ne la bois
jamais.
Ça ne la plonge pas, c 'est des vins mouchous.
Ah, Europe, tu es souvent occupée.
C 'est comme une souris d 'amitié, ça.
Allô ?
Je voulais parler à M. Mouchot, s 'il vous plaît.
Bernard Rougerie.
Au sujet de M.
Baraduc.
Hein ? Bon, ben, je rappellerai.
C 'est ça. Merci.
Asseyez -vous.
Il est jamais là. Ça fait quatre lettres que j 'envoie pour l 'histoire des
stores, là. Parce que moi, les six millions, enfin, ils me restent là.
Il était temps qu 'on commence à faire quelque chose.
Vous vous rendez compte ? Ce trimestre, on a payé 1 500 francs de charges en
plus. Atourment, ils appellent ça.
Je suis en train d 'écrire un film. Ça ne vous ennuie pas que mon personnage
principal s 'appelle comme vous, Geoffroy ? Ah ouais, s 'il n 'est pas
Non, il est très bien.
Antoine Geoffroy.
Vous permettez que je n 'en écoute les points de ma femme ?
Et meilleur que Martinique.
Martinique, on the rock, non ?
Bonjour.
Bonjour. On a un problème.
Quoi ? Ah, c 'est tout le... Mon film.
Ouais.
C 'est sur quoi ? Je le savais.
Excusez -moi.
Ça va être drôle, ça.
Non.
Non, pas vraiment.
C 'est du boulot.
Oui, voilà.
On n 'est plus que quatre.
Quatre pour vérifier les charges.
Daniel, la femme de Geoffroy, n 'a pas pu se libérer.
Alors, si vous pouviez venir, vous, ça prend deux, trois heures, pas plus. Ça
nous dépannera.
Maintenant,
on est deux moitiés.
Bon ? Bon.
Régionique, super acclam.
Vous n 'entendez pas, vous ?
Moi, où je l 'entends le mieux, c 'est là, dans la salle de bain.
Moi, je ne suis pas là tout le temps.
Oui, ça ne vous fait pas possible de venir ? Parce qu 'il faudrait qu 'on
maintenant. On a pris rendez -vous à 3 heures.
Je ne sais pas.
Je suis justement en train de travailler.
Bon, ça ne fait rien. Ça me fait travailler l 'idée.
Voilà.
Il ne faut jamais poser les lunettes comme ça. Ça raille les verres.
C 'est la première ? Ce qui est bien quand on est chômeur, c 'est qu 'on n 'a
pas d 'horaire. Vous avez vu ? L 'information ne peut pas être exacte et
être énorme.
Emilien Amaury.
Au vieil époque formidable.
On ne fume pas, s 'il vous plaît.
C 'est M. Bricard qui va vous recevoir.
N 'oubliez pas de mettre vos noms en majuscule.
On est chez les flics.
Je n 'ai pas de stylo.
Je vous mettais quoi pour motif de la visite ? Prendre le thé chez M.
Mouchot. C 'est du fruit
à lèvres à la fraise pour séduire Bricard.
Et ici, on peut fumer ?
Moi, je n 'y comprends rien.
C 'est pas vrai.
C 'est bizarre.
Les trois derniers mois, 462 en Toulouse et 123 à Thubonéon.
Les trimestres d 'avant, 520 en Toulouse.
Et la porte du parking, en deux ans, elle a été endommagée huit fois par les
camions du supermarché.
Chaque fois qu 'ils vous ont compté la réparation, en tout, plus de 15 000
francs. Mais elle est assurée, cette porte.
Oui, les camions aussi.
Dans l 'assurance, elles remboursent la réparation. Où sont les remboursements ?
Dans la poche de mon chou. C 'est de l 'escroquerie. On pourrait placer comme
ça.
Allô ?
Ah oui, cher ami. Je reste tout de suite.
C 'est incroyable, le truc de la gardienne. Pourquoi il fallait nous
oui, il nous compte tout, hein, mouche ouvrière.
Le loyer de la loge, les charges sociales, et même sa lessive.
Alors qu 'est -ce qu 'on paye quand on paye un loyer ? Bénéfice net.
Comment ça ? Ben si.
Il faut bien se dire que tout ça, c 'est en plus du loyer.
C 'est comme si le restaurant n 'avait pas à voir avec l 'addition, tout le
moyen de payer le...
Les jeux du couvert, le gaz, le pressing pour la toque du chef, les hormones du
poulet. On va essayer de tout ça y compris dans le foyer.
C 'est pas le 2.
Tu veux déjeuner ? C 'était un moment.
Ça fait rien, je travaillais, je prenais des notes. Excuse -moi, j 'ai fini à
6ème. Le consultant, toi aussi, où est -ce que j 'ai des lignes ? Dans ton
manteau.
Alors, tu es allé ? Je ne sais pas si je vais le faire.
Je ne sens pas, je ne sens pas.
Je vois bien ce que tu veux faire, seulement.
Moi, pour ça, je n 'ai pas de temps.
Si j 'avais du talent, je ferais des romans.
Eh bien, oui.
Alors, tu comprends, moi, je suis bon pour adapter un bouquin, rafistoler un
truc, oui, mais à ce moment -là, c 'est beaucoup plus que ça.
Arrête ton numéro, je connais depuis dix ans. Si tu veux m 'aider de le faire,
je sais que tu peux le faire.
Je vais ouvrir, ça va te donner le temps de changer d 'avis.
Ça va ? Patrice, maintenant, je vais vous inviter à dîner.
Ah, c 'est gentil, ça, ce soir.
Oh, mais monsieur peut venir aussi.
Oh, chère madame, c 'est avec grand plaisir. Malheureusement, ce soir, il y
nocturne à la Samaritaine.
Ah bon ? Eh oui.
Mais vous pouvez venir, vous.
Mais il faut que je travaille et... Voilà, pas tard.
Vers 8h30, ça va ? À tout à l 'heure.
Bonsoir. Chère madame.
C 'est quoi ton aventure à la sémaritaine ? Qu 'est -ce que tu veux
? Écoute, pour ton truc, d 'abord, crois pas que ça serait mieux si ça se
passait en province.
À Paris, t 'es noyé.
En province, les choses sont plus... Je sais pas, plus... plus cernées, plus
cernées. En plus, t 'es foutu dans un milieu chiant.
Ton truc, c 'est chiant.
Si c 'est un petit industriel de province...
Un peu étriqué, c 'est beaucoup plus intéressant, parce que ça te donne tout
arrière -plan, comment t 'as les voisins, la réputation, la peur du
tout ça, c 'est moins snob, c 'est plus... c 'est plus, comment dire, c
plus vital.
Moi, je vois ça à Saint -Etienne.
Je vois ça à Saint -Etienne. C 'est Saint -Etienne.
Saint -Etienne.
C 'est Saint -Etienne.
Regarde, il est encore en table.
Je viens de voir M.
Peuset. Tu sais le type du 5e?
Pour la réunion, il se dégonfle.
T 'as
toujours
pas trouvé de boulot ?
J 'espère que j 'ai bien fait de prendre un small. Ça va jamais, ces feuilles
indiennes.
C 'est pas mal.
On voit pas que j 'ai des énormes nibards.
Non.
C 'est drôle, hein.
Il y a un truc.
Depuis que j 'ai arrêté de travailler, je me sens sale.
Je mets dix fois plus de temps à faire le ménage, à m 'arranger.
Avant, je m 'en fichais complètement.
C 'est marrant, non ? J 'ai rencontré un type très beau.
Qui est -ce, alors ? Il a loué un appartement dans l 'immeuble pour écrire
scénario. C 'est Bernard -Rogerif, c 'est le type qui a fait la mort en
Ouais, ouais, je vois. C 'était pas mal.
Ouais.
Un peu gentil.
C 'est mieux fait rire ici.
Mais ça n 'a rien à voir.
Et alors, qu 'est -ce que tu lui trouves ? Il est bizarre.
Il le sait pas.
T 'as mis de la cannelle dans la tarte ? Ouais.
J 'ai l 'idée, je savais plus si c 'était toi ou papa qui aimait pas ça.
Moi, j 'aurais pas dû en reprendre.
Mais elle est tellement bonne.
J 'ai du temps maintenant pour faire la cuisine.
T 'as un bon rhume aussi.
Merci. J 'espère que tu te soignes au moins.
On y va.
On fera la visite après. On va boire un café d 'abord.
Tu continues à te verser ta pension ? Oui.
Ils l 'ont même indexée.
Avant, j 'avais 880 francs. Maintenant, j 'en ai 920 par mois.
920.
Tu sais, je peux rien te donner en ce moment.
Mais j 'ai besoin de rien.
Bah si.
Du sucre. Prendre un canard.
C 'est pas Joël ? Non.
Il est parti, Joël.
Ses parents ont déménagé.
J 'en garde plus de quatre maintenant, les enfants.
Je sais même pas si ça va durer.
Il paraît qu 'ils vont construire une crèche l 'année prochaine.
Enfin.
Ça fait cinq ans qu 'ils disent ça.
Oh !
Regarde ce que j 'ai trouvé l 'autre jour.
C 'est des photos.
De vieilles photos.
Oh, c 'est drôle.
Celle -là, elle est bien jolie.
Il faut mieux l 'éteindre.
C 'est Rémi qui l 'avait prise.
Tu avais l 'air chafouine.
Tu étais encore gentille en ce temps -là.
Anne allait voir sa mère tous les dimanches.
Depuis la mort de son père, tué sur un chantier dans un accident du travail.
Comme beaucoup d 'habitants du 19ème, elle avait été relogée en banlieue par
promoteurs qui dépeuplent Paris et qui construisent des bureaux plutôt que des
espaces verts ou des terrains de jeu.
Ça rapporte davantage.
Anne avait un peu peur de ses visites, malgré ou plutôt à cause de la douceur
sa mère.
Il y avait de longs moments où elle ne savait plus quoi lui dire.
Alors elle lui faisait des petits cadeaux maladroits, juste pour lui faire
comprendre qu 'elle l 'aimait encore.
Très bien.
Je peux parler avec Frédéric un peu ? Frédéric, viens mon chéri, la dame
voudrait te parler.
T 'as pas trop le temps.
Je vais lui parler seule.
Pourquoi ?
On a besoin de faire connaissance, tous les deux.
Qu 'est -ce que vous allez lui faire ? Oh, juste un peu parler, tous les deux.
On ne vous enterre rien, vous savez. Il est tellement timide.
D 'ailleurs, vous savez, moi, j 'ai été un petit peu comme ça.
Il pleure facilement.
Je suis un petit peu inquiète.
Si il y a quoi que ce soit, je vous appelle.
Vous êtes à côté.
D 'accord.
Maintenant, mon chéri, je suis à côté.
Tu n 'as pas peur, hein ? Je suis là.
Ah, bonjour.
Bonjour, regardez ce que j 'ai reçu, une lettre d 'expulsion.
C 'est M. Rougerie, oui, lui aussi.
Entrez.
C 'est bizarre, je crois qu 'il doit sûrement y avoir un droit aussi.
Ouais, ouais.
D 'accord.
D 'accord, je vous appelle alors. Salut Marcel, à ce soir.
Vous voulez faire ça aussi ? Ben oui.
On doit l 'avoir tous les cinq. On est bons pour coucher tous les ponts.
Vous voulez un verre de vin ? Je veux bien, merci.
Vous n 'avez pas lu la lettre ? Déclare qu 'à cette date, sortir des lieux,
faire place nette. C 'est normal.
On a été vérifier les charges.
Pour nous, c 'est une attaque, alors il se défend.
Il n 'a pas le droit de nous expulser comme ça. Il a tous les droits.
Vous savez, c 'est de l 'intimidation.
Qu 'est -ce que vous comptez faire ? Attention.
Vous téléphoniez à qui ? À nous -mêmes.
Ce qui serait bien, c 'est qu 'on se voit ce soir pour écrire un mousseau.
Écrire un mousseau ? Mais j 'ai pas que ta mère, moi, écrire... Oh, c 'est rien.
Désolé.
Non, c 'est pas pour moi. Moi, je m 'en fous. J 'ai tellement de boulot sur moi.
Écoutez, le village, je connais ça.
J 'ai évidemment mon boulot. Et puis, t 'as un copain d 'arrêt. Ce qui est sûr,
dans ces cas -là, c 'est qu 'on ne peut pas se paniquer.
Je ne panique pas.
Mais toutes ces histoires d 'avocat, d 'huissier, de paperasse, d 'éranger...
Écoutez, écoutez.
Si vous voulez, on peut dire à mon chou que vous n 'étiez pas dans le coup.
Alors que vous nous aidez.
Il apparaît à l 'évident qu 'il s 'agit d 'une mesure de rétorsion dénuée de
tout fondement légitime.
Nous pensons donc, M. Mouchot, que votre décision est à recours.
Il faut le toucher un peu plus. Nous pensons, nous osons croire, nous osons
croire, M. Mouchot, que... Nous osons croire, nous osons donc croire. Nous
croire que votre décision est à recours.
Que elle arrive.
C 'est trop mal, ça.
Je me salue.
On ne dit pas la vie de quelqu 'un, on prend la vie de quelqu 'un. De toute
façon, on a déjà dit plus haut.
Il y a un mot, je l 'ai sur le bout de la langue.
L 'initiative ? Oui, l 'initiative, ce n 'est pas le mot, mais c 'est bien ça.
Nous nous osons en croire.
Que votre initiative est un mouvement d 'humeur que vous allez bien
reconsidérer.
Reconsidérer. Nous nous osons en croire.
Alors Bézard, on arrive après la bagarre. J 'avais ma réunion de
Vous avez vu le journal ? 77 expulsions rue de Cotentin.
On parle de nous aussi.
Enfin de vous surtout.
C 'est le copain que j 'avais.
C 'est encore un coup de mouchon.
Il a eu des problèmes avec leur association alors il a décidé de les
faut les contacter.
C 'est déjà fait, j 'ai pris rendez -vous demain.
Mais pas chez eux, à Montparnasse.
C 'est qui le petit pot à boire ? C 'est Boucher. C 'est le président de l
'association d 'issue. Il va nous présenter aux gens de la rue du Cozonta.
Ils sont bien organisés, hein ? Des affiches, c 'est pas comme sinon.
Des livres faits par des enfants.
Il sait jouer les plus douces mélodies pour endormir sa nouvelle amie quand la
nuit tombe.
Ça ne vous empêche pas de travailler toutes ces démarches -là ? Non, parce
depuis deux jours, je n 'arrive pas à écrire.
On y va ? Oui.
Ce n 'est pas là, c 'est au cinquième.
Monsieur, c 'est vous, il vous a appelé. Vous pourrez vous voir là -bas.
Merci.
Ça doit être celui -là.
Monsieur Boucher ? Oui.
Pardon. Qu 'est -ce qui se passe ? C 'est un suicide.
C 'est une de nos amies qui a avalé des choses qu 'on vend sans ordonnance
dans les pharmacies. 200 cachets.
Elle est morte.
Elle a laissé une lettre avec un PS où elle explique qu 'elle veut ni le flanc
ni couronne, ni son patron, M.
Deguay, le raciste obsèque, du leader et du Muguet, ce qu 'on en trouve.
Voilà ce qu 'elle nous a dit.
Alors on l 'emmène, la police est venue.
Peut -être qu 'on se voit l 'autre jour, non ? Ça n 'arrête pas les choses, il
faut continuer.
Les autres sont dans la salle de réunion, ils nous attendent.
Il faut continuer.
Allez -y.
Il y a ceux de la rue du Cotentin.
Ceux de la rue du Cotentin, Fabre, Jarry, qui sont dans la salle de
nous attendent.
Vous, il faudrait que vous prépariez un dossier précis, avec vos arguments.
Avec l 'historique de votre situation.
Pour la conférence de presse qu 'on prépare pour le 8.
Elle aura lieu le 8.
On ne peut pas t 'aider ? Non, non, ce n 'est pas la peine. Là, je prépare les
formalités.
Vous êtes ceux de la repinale ? Oui.
Bon, ben, je vais vous présenter.
Qui c 'est ? Je ne sais pas.
Voilà.
M. Jarry et M.
Favre. Les gens de la rue Pinel.
C 'est bien vous, Bernard Rougerie ? Oui.
J 'ai lu l 'article dans François.
C 'est bien d 'avoir des gens connus avec nous.
Ah oui ? On va vous faire parler à la conférence de presse.
C 'est bien cet endroit.
Il devrait y avoir ça dans tous les immeubles. Ah, mais il y a une loi qui
existe, mais personne ne l 'applique.
Nous, ce local, on l 'a annexé. On a beaucoup de mal à intéresser la presse.
Même celle de gauche.
Nos problèmes sont moins violents que ceux des HLM. Au moins en apparence.
C 'est des achalandes de luxe, on a un peu le cul entre deux chaises.
Mais c 'est politisé, votre association ? Pas tellement, il y a un peu de tout.
S 'ils l 'avaient politisé, ils auraient perdu au moins la moitié de l
'emballage. Il y a ça, le problème.
Moi aussi, je me rends compte que dès qu 'on se tasse sur le terrain, les gens,
ils se retrasent.
De toute façon, dès qu 'on bouge, les propriétaires vous font passer pour des
dangereux gauchistes.
Vous êtes combien, vous ? 29.
Enfin, il y en a que 12 qui ont payé.
Vous êtes nombreux, hein.
Et tous les moyens sont bons. Tracte, affichage, porte -à -porte.
C 'est pas d 'hiver ? Non.
Parking. Vous avez gagné un procès contre Mouchot.
Oui, il y a trois ans. Il avait compris dans les charges la pose du chauffage,
la finition de l 'immeuble. On l 'attend toujours d 'être remboursé. Comment
peut -il vous expulser puisque vous avez gagné ? Il a introduit dans le bail une
nouvelle clause qui tournait le jugement.
C 'est qu 'ils n 'ont pas voulu signer d 'or.
Ce n 'est pas possible, ça.
Je ne sais pas, moi. Il faut faire appel.
Les polyvalents ? Oui, les cadres du nom sur polyvalents. Ça, ça a déjà été
fait. L 'enquête a été arrêtée. Ben voyons.
Il est propriétaire ou assureur ou gérant de plus de 800 immeubles dans
Et en plus, il fait partie du conseil d 'administration de plusieurs sociétés
financières. Avec ça ? Vous croyez qu 'une petite conférence de presse, ça va
'impressionner ? Mais c 'est important de parler de tout ça.
Les gens n 'ont pas conscience de leurs droits et de leurs forces.
Alors ils cessent de faire.
Ça, c 'est un début. Après, on verra.
Je te foutrai une bombe.
Deux cents comprimés.
Vous vous rendez compte le temps qu 'il faut pour avoir les deux cents comprimés
sans s 'arrêter, l 'un après l 'autre, avec une gorgée d 'eau entre chaque ?
C 'est un truc qu 'on fait dans sa salle de bain devant la glace.
On doit crever, quoi.
C 'est peut -être dans l 'estomac, c 'est de l 'oignon vivou, mire.
Il y a du manger pour la partie.
On ne pourrait pas montrer ça aussi.
C 'est du vrai... On devient fou, ici.
On va essayer par là.
Il y a un film que je sache de faire sur Marius Jacob.
C 'est un cambrioleur anarchiste à la fin du siècle dernier.
Tout ce qu 'il fallait, il le donnait aux anars.
Il a été envoyé au bagne et là, il s 'est évadé douze fois, je crois.
Mais ce qui m 'intéresse, c 'est après sa libération du bagne, les derniers
jours de sa vie.
Il vendait de la toile sieste sur les marchés, dans le Nord.
Et un jour, il tombe amoureux de la femme de ses amis.
Il va le trouver et il lui dit, je voudrais passer une nuit avec ta femme.
Comme il s 'aimait bien tous les trois, ça a marché.
La jeune femme vient chez lui le lendemain.
Il la raccompagne et il se tue en lui laissant une lettre.
J 'ai eu une vie bien remplie.
J 'ai eu le bonheur de la clore par une telle apothéose que je m 'estime comblé
par le destin.
J 'ai vécu, je peux mourir.
Linge lavé, rincé, séché, mais pas repassé, excusez.
Post -scriptum, j 'ai mis deux bouteilles au frais à votre santé.
Ah ça, Marielle Jacobs.
Dites -moi, le restaurant où vous m 'aviez emmené, il est ouvert tous les
? Ah non.
Aujourd 'hui, c 'est moi qui vous invite.
Chez moi.
C 'est ça comment ? Dégage.
Oh ! Hé ! Qui t 'a fait un couscous, là ? On a Musard qui est célibataire les
jours froids, ça vous dit ? Ben... Oh non, venez, sinon moi je vais manger du
couscous pendant trois jours, là. Hein ? Allez, vendu, on y va.
Ah va ? Plus là, t 'en emmerdes pas, on aura de petits dios.
Allô ? Catherine, ça va ? J 'ai parti les papiers pour l 'assurance.
Comment t 'as oublié ? Merde, c 'est pas possible ! Quand est -ce que tu feras
une fois une chose correctement ? Hein ? Oui, mais non, écoute, les bras m
'entendent.
Oui.
Allô ? Fais -le.
Oh, le couvette. Vous ne voyez pas qu 'il t 'échalote ? Je me tape les diapos,
ça ne va pas être triste.
Alors,
ces diapos.
Le couvette, vous ne le mettez pas sur l 'écran.
Il y a à voir, il y a le poids.
Bernard, vous allez voir, vous qui êtes dans le cinéma, il y en a qui sont pas
mal.
Bon, on va y aller, on va y aller.
Alors,
ça, c 'est la mire.
C 'est pour régler. C 'est joli, quand même.
Ah, merde.
Je suis pour être sensible.
Alors, ça, c 'est un carnaque. C 'était cet été, là. C 'est des alignements de
carnaque, bien connus.
Là, on ne voit pas bien que ça liait parce que je n 'étais pas dans l 'acte.
Ça, on voit bien que ça liait.
Ça, c 'est la pointe du vent.
Mais V -A -N, pas vent.
C 'est presque du vent. Ça vient du van, c 'est un truc breton.
Ça, c 'est la pointe du rat.
Oh là là, qu 'est -ce qu 'il fait froid. Tu te souviens, mon chéri ? On a eu un
temps de chien. Au mois d 'août, l 'année dernière, on était partis en
Même temps de chien. C 'est dingue.
Ça,
c 'est la pointe des Espagnols.
D 'ailleurs, je suis assez calé dans les pointes.
Ça, c 'est nos vérins.
C 'est juste pas très bien rangé. Ah, t 'es mille pages ? Oui, c 'est le patron
de mille pages.
La voiture.
C 'est ma R16 qu 'on voit dans le coin. Je suis assez Renault. Je suis Renault à
mort.
On va dire ça parce que moi, j 'ai un cousin qui était Renault à mort aussi.
s 'est tué en voiture.
C 'est pas drôle. C 'est pas drôle.
Elle est à l 'envers.
Au point noir.
Ça,
c 'est la Tunisie, ça. C 'est une photo des dernières années.
Tu as
gagné.
Tu as gagné.
Elle a été sage.
Elle a été sage, mais on ne peut pas passer. Tu as gagné.
Marcel.
Elle veut que tu viennes faire l 'éléphant.
Tu nous le feras, après ? Faut que je fasse tout ici.
Moi, je trouve qu 'il n 'y a rien de bon au filet, moi, en ce moment. Il n 'y a
que des conneries.
Il y a du quoi à avancer, pour vous ? Un bon fil, il faut que ce soit bon de A à
Z, quoi. Il faut que ce soit distrayant.
Surtout quand on pète un front après le boulot. J 'ai pas envie de m 'ennuyer. J
'ai envie de se rigoler.
Je suis sûr qu 'il ne va jamais au cinéma, je crois.
C 'est déjà un type qui dit qu 'il n 'y a toujours rien à voir.
Je prends n 'importe quel journal, moi. Je vois au moins un 20 qui m 'intéresse,
là, à voir.
C 'est comme quand je dis 20.
Allô ? Ah, salut Mathias.
Ah non, non, non, pas ce soir.
Je suis avec un voisin pour l 'immeuble.
Je te rappelle demain ? Oui.
Non, pas encore.
Peut -être.
Allez, à demain.
C 'est un copain que j 'ai rencontré quand je travaillais.
Que vous faisiez, vous? C 'était bien.
J 'étais documentaliste chez Flammarion.
Je m 'occupais des iconographies.
Vous vous souvenez?
Comment? Vous vous en virez?
Ah oui, oui, ils m 'ont virée. Enfin, il y a eu une compression de personnel.
Comme d 'habitude, c 'est les premières consultées. C 'est les plus jeunes.
C 'est pas gay tout ça.
Hein ? C 'est pas gay tout ça.
Vous êtes gêné, hein ? Pourquoi je suis gêné
? Je sais pas.
On est là...
Putain, vous pourriez m 'aider, dites quelque chose.
Que vous, chérie, si je dis rien. Oh, là, je serais vachement emmerdée.
Bon, on va marcher.
On n 'est peut -être pas obligés de faire le tour du passé de maison
dans le même sens.
C 'est pas que c 'est mal, hein ? La quatrième fois, on pourrait peut -être
changer pour... J 'aime bien marcher.
Oui, je me suis rendu compte. Ah non, mais... Je voudrais être sûre qu 'on ne
fait pas ça parce que... Parce qu 'on n 'a rien à se dire.
Ça m 'est arrivé de coucher avec des types comme ça, par paresse.
Et ça... J 'ai plus de merde, j 'ai envie.
On voit tout à l 'heure.
Pas
facile
dans un café de dire à une fille qu 'elle fait bien l 'amour.
Écoute, t 'es pas obligé de me faire des compliments.
Enfin, je veux dire... C 'est pas ça, c 'est par vie.
Au plus large, on est connu de plus tard.
Moi aussi, remarque.
Bon.
On se fasse par ta porte parce que j 'ai pas beaucoup de temps. S 'il vous
plaît, c 'est combien ? Non, laisse, c 'est pour moi.
Combien ? C 'est 10 ,50.
Tu réessayes pas ton numéro ? Non, non, c 'est pour la fin. Merci.
Bon, on arrive.
Ben oui, je comprends.
Je comprends.
Mais vous devriez repasser quand mon mari sera là parce que c 'est lui qui s
'occupe de ça.
Oui, mais enfin, vous pouvez décider, vous aussi, pour une fois.
Ça vous concerne aussi bien que lui, vous savez.
Non ? J 'ai pas l 'habitude.
Bon, on repassera. Au revoir.
Ça marche le Toubib ? Je vois.
Tiens, là.
Et cette fois, c 'est toi qui commandes.
Excusez -nous, nous sommes le comité de défense des locataires. Vous êtes au
courant ? Ah oui, j 'ai lu ça dans l 'ascenseur. Alors, on voulait vous
si vous voulez bien faire partie du comité.
Vous savez, on est des étrangers. On a seulement la carte de séjour.
Oui, mais ce n 'est pas long.
Pour nous, une expulsion serait très grave.
Vous comprenez ? La carte de séjour.
On est contents d 'être ici.
Je comprends.
Excusez -moi.
Oui, au revoir, monsieur.
Je crois qu 'il a fait raison.
On en a eu un, là.
Par contre, le tout -bib... C 'est à ta femme que tu téléphonais tout
à l 'heure ? Oui.
Ça m 'a bien l 'air, ce que tu écris en ce moment.
Pourquoi ? Non, je trouve que c 'est pas bien. J 'ai l 'impression que c 'est
très banal. C 'est toujours ce qu 'on dit, ça. Oui, mais je te le dis, ça vaut
rien.
Qu 'est -ce que tu fais ?
J 'ai rencontré une dame qui m 'a dit que tu faisais du porte -à -porte.
Ça marche ? Bonjour, monsieur.
Bonjour, Nadem. Vous venez à travailler ? Oui, je viens, je viens, mais j 'ai
des villes à l 'appartement.
Vous venez chez moi ? Qu 'est -ce que c 'est ? Bonjour.
Ben, voilà, on a créé un comité de locataires. Moi, vous savez, je suis que
peintre. Il n 'y a qu 'à l 'obliger à signer.
Excusez -nous. Il n 'y a pas de mal.
Ah, le porte -à -porte.
Rien de tel pour étudier le cheptel humain.
Mais dans ce village, j 'ai vu que tu as marqué, par exemple, qu 'il y a un
self.
C 'est quoi, ça ? Ben, c 'est pour aller manger.
Et comme ça, on se sert seul. Comme ça, on n 'est pas servi par des gens.
Pourquoi ? C 'est pas marrant de se faire servir par des gens ? Si, mais c
mieux de prendre ce qu 'on veut.
Ah, parce qu 'on peut choisir ce qu 'on veut ? Ah oui.
Mais par contre, là, tu as mis un restaurant, quand même.
Ah oui, ça, c 'est pour les gens...
C 'est pour les autres gens, les gens de la princesse.
Là, c 'est le restaurant La princesse spéciale. Ah, c 'est réservé à la
princesse ? Ah oui, un peu.
Par exemple, tous les personnages qui travaillent dans les champs, là, ils n
'ont pas le droit d 'y aller ? Ah non, non, sauf que les personnes qui ont des
voitures.
Ah, c 'est -à -dire ceux qui ont de l 'argent ? Oui, mais il est mieux de le
faire pour moi. Moi, j 'aimerais mieux aller au cerf. Toi, tu préfères le cerf
Ah oui.
Mais pourquoi tu le préfères ?
Parce qu 'il y a des gens plus gentils, peut -être. Oui, des gens plus gentils.
Et puis, là derrière, là, qu 'est -ce que je vois ? Là, c 'est l 'école.
Elle est toute petite parce que c 'est pas bien, les écoles.
Pourtant, t 'as mis un énorme écriteau à ton école.
Oui, pour qu 'on voit l 'emplacement.
Au -dessus du restaurant.
C 'est pas bien, les écoles ? Non, non.
Attendez, je vais vous donner.
On est embêtés avec Patrick.
Patrice ? Oui, mon mari. Ah, bien.
Il ne peut plus continuer avec vous dans le comité de défense.
Il a été convoqué chez ses patrons, ils ont appris tout ça.
Expulsion, le comité.
Évidemment, ça fait mal aux impressions.
Merci.
L 'année dernière, ils ont même licencié un de ses collègues parce qu 'il avait
un début de cancer.
Alors, il a écrit un mouchot.
Ce n 'est pas de sa faute, vous savez.
Parce que pour retrouver un boulot en ce moment... Il est dans ce cancer.
Vous voulez que j 'aille le voir ?
Ah non, c 'est pas la peine, non, non. Non, il est allé chez les bons fils.
C 'était tellement une idée.
Je comprends.
J 'ai trouvé une carte de Saint -Etienne, encore.
C 'est la lampe.
Ah, les noms sont mieux, parce qu 'elle a... Tiens, l 'autre jour, j 'ai entendu
une phrase que j 'ai trouvée formidable.
C 'est curieux, à Berlin, les cimetières sont plus froides qu 'ailleurs.
C 'est beau.
C 'est vraiment beau. Je ne sais pas où la caser.
J 'ai trouvé un truc, moi, pour changer complètement le début, là. Ah oui ? Oui.
Il n 'y a plus la femme, au début, là, dans le commissariat, qui annonce la
fuite d 'Antoine.
Ça n 'a jamais été bon, ça.
Non, écoute, au début, c 'est Antoine, seul, dans sa bagnole, sur la route,
comme ça, en pleine campagne.
On l 'arrête, c 'est un barrage de police, et il y a eu un accident.
Alors, il descend.
Il descend, mais il descend comme ça pour voir.
Il y a eu un quart de môme qui est tombé dans un ravin et qui a brûlé. 40
gosses. Il y a des morts ? Mais, à la vache, j 'en sais rien s 'il y a des
morts. J 'en sais rien, c 'est l 'accident.
Peut -être qu 'il y a des morts, peut -être, mais il y a l 'accident.
Alors, les morts, on verra après.
Voilà.
Pour l 'instant, on enlève les corps.
Et alors ?
Antoine regarde, il regarde, et puis il y a un flic qui le reconnaît, parce qu
'on n 'est pas loin de la ville.
Le flic se met à lui parler, alors Antoine a peur, parce qu 'il est en
partir et il fout le camp, il fout le camp. Alors c 'est toute sa peur pendant
la fuite. Oui, oui, oui, c 'est bien, c 'est bien. Oui, oui, c 'est très bien
ça. Alors, surtout si on reste sur le flic, c 'est le flic qui nous ramène à
femme. Peut -être, je ne sais pas, c 'est l 'accident.
Bon, il y a peut -être les morts.
Je ne sais pas. Mais il y a accident, Antoine, peur.
Voilà. Peur d 'Antoine.
Accident, Antoine, peur. Voilà.
Tu comprends ? C 'est ça.
C 'est normal.
C 'est -à -dire au moins deux minutes qu 'on travaillait. Donc, on a un problème
avec Geoffroy. Je sais, je sais. Ce n 'est pas le moment.
Je ne vois pas qu 'on est en train de travailler. Tu ne peux pas monter.
On n 'est plus là pour préparer le dossier. Je donne deux jours à la
de travail. Je te dis que ce n 'est pas possible.
Je ne peux pas maintenant.
Tu as compris ? Moi, je suis venu ici pour être tranquille.
Quand t 'auras envie de niquer, tu passeras me voir.
Dis donc, ça a l 'air de marcher avec la petite Dupresine.
Tu la... Je
crois que t 'es en train de tomber comme une grande bête blessée.
Non, écoute, c 'est pas tenu des jours.
C 'est vraiment la boîte pourrie.
Interdiction de parler sur les lieux de travail, interdiction d 'appartenir à un
syndicat.
Puis alors le style, tu vois.
Quand tu vois l 'épicé, il faut demander au chef un petit papier jaune.
Et puis alors, quand t 'as tes règles, le petit papier, il est rose. Pour que
tout le monde sache bien que tu vas chercher ton temps de passe au
Ouais, t 'assures.
Et puis il y avait une atmosphère d 'humiliation.
Hum.
Un bon ?
Elle n 'en pourra pas se voir avant la fin du mois.
Ah bon.
Oui.
Oui, ça va.
Allez, salut. Je t 'embrasse, ma vieille.
Excuse -moi pour tout à l 'heure.
On était en plein dans une scène.
Pour toi, je sais bien, c 'est un peu une partie dégueulasse, mais moi, c 'est
mon travail.
Tu veux du riz ? Ah oui, je veux bien.
J 'ai trouvé une petite idée, là, pour le début du dossier, qui est là.
Ce qui me plaît, c 'est... Que s 'est -il passé ? Ça dramatise pour les
journalistes, sauf que c 'est bien.
Pas mal.
C 'est bon ?
Comment
tu t 'arranges pour la bouffe ? Tu rentres jamais chez toi ? Si, si, de
temps.
J 'ai loué cet appartement pour être tranquille, pour être coupé de tout.
Tu parles !
Et ta femme, ça lui fait rien ? Moi, je ne supporterais pas que l 'homme avec
qui je vis, il se taille comme ça.
C 'est bon de faire l 'âme.
Tu vois, ça, c 'est un truc que je n 'arrive pas à comprendre.
Qu 'on aime quelqu 'un et puis qu 'on puisse quand même avoir envie de coucher
avec quelqu 'un d 'autre.
C 'est injuste, non ? Tu
trompes quelqu 'un, ce moment ?
Non.
Enfin, si.
Je trompe ta femme.
Et moi, ça, je veux plus que ça m 'arrive.
C 'est de l 'orgueil, ça.
Je sais.
Et c 'est comme ça.
Tu aimes les mandarines ? Oui.
Tu sais, je peux être très cieuse avec mes questions.
En tout cas, ton copain, je le trouve détestable.
Il a l 'air comme ça, il est très bien.
Très intelligent, très inventif.
Avec les femmes, il a l 'air un petit peu délirant.
Un peu délirant ? Moi, je trouvais que c 'était plutôt un signe de misère
sexuelle, ouais.
C 'est quoi ce signe ? J 'ai jamais vu.
Tu connais pas ? Non.
C 'est un petit chouigne.
C 'est écrit comme si c 'était un petit garçon de 7 ans qui parle de la mort, du
trop du cul, du pape.
Tiens, donne.
Il y en a qui disent que ce n 'est pas possible que les hommes puissent rentrer
leur zizi dans le boulot des femmes, puisque le zizi est mou.
Pour que quelque chose rentre, il faut que ça soit dur.
Pour que ça devienne dur, ce n 'est pas difficile.
Que font les hommes ? Ils prennent un verre d 'eau et ils prendent la
dedans. Ensuite, ils comptent 1, 2, 3.
Ensuite, ils disent titori, titou.
Là, normalement, ça doit commencer à devenir dur.
Si ça ne devient pas dur, il faut qu 'ils continuent en disant titori, titou,
zizi. Après, c 'est dur, garanti.
J
'ai
mis longtemps à apprendre.
Au début, je sentais rien.
J 'étais juste un peu excitée, et encore.
Alors je faisais semblant, comme tout le monde.
Alors toute seule, j 'y arrivais. J 'arrivais à jouir.
Et puis, je suis tombée sur un type qui s 'intéressait un peu plus que les
autres à ce que je sentais.
Alors on a parlé.
Je lui ai raconté comment je faisais pour jouir, et il m 'a demandé de le
devant lui.
J 'ai accepté, parce que...
Parce que je l 'aimais bien et aussi parce que ça m 'excitait un peu.
Et ça, ça a tout changé.
Parce que j 'ai continué pareil avec les autres, même quand ça les choquait.
Je me caressais pendant qu 'on faisait l 'amour et je jouissais devant eux au
lieu d 'attendre qu 'ils soient partis.
Et puis, j 'ai commencé à...
à les sentir de mieux en mieux, et aussi à pouvoir attendre, à jouer avec le
plaisir.
Et un jour, j 'ai plus besoin de me caresser, j 'ai joui quand même.
Et ça, c 'était formidable.
Tu comprends, c 'est quelqu 'un d 'autre que toi qui te donne du plaisir.
Ça te tombe dessus.
Mais c 'est pas facile.
C 'est un effort, il faut vraiment le vouloir.
Et en plus, c 'est sûrement pas la seule manière d 'y arriver.
Et ça, tu vois, personne ne me le dit.
Il y a toujours l 'impression que la jouissance est une chose évidente,
Alors après, les filles, elles croient qu 'elles sont frigides parce qu 'elles
'y arrivent pas tout de suite.
Tu sais, au début, je te regardais jouir, mais je n 'étais pas sûr parce
fermais les yeux.
J 'aime bien le regard.
Pas toi.
Si, mais j 'ai tout de suite le fourré.
Tu fais bien l 'amour avec ta femme ? C 'est pas pareil.
Je l 'ai mariée depuis 20 ans, il y a des semaines qui sont formidables, mais
'est pas vraiment ce qui nous lie maintenant.
Il y a plein d 'autres choses.
Tu vois, moi,
Je me demande si après 20 ans avec la même personne, j 'aurais encore quelque
chose à lui dire.
Et ça, ça me fait vraiment peur.
Pourtant, je n 'arrive pas à vivre toute seule.
Quand on n 'aura plus envie l 'un de l 'autre, on va se le dire tout de suite.
Et s 'il y en a qu 'un qui l 'a pleuré ?
Tant pis pour l 'autre.
Bernard travaillait avec Pierre toute la journée.
Puis Anne l 'emmena dans un restaurant dont le patron, un ancien officier de l
'armée roumaine qui avait été footballeur, contrebandier et chercheur
au Venezuela, aimait beaucoup parler de l 'éducation des enfants.
Anne se demanda brusquement en l 'écoutant si elle saurait élever les
'elle voulait tellement avoir.
Ça lui donna envie de pleurer.
Bernard ne s 'en aperçut pas.
Alors Anne lui raconta pourquoi et comment elle avait laissé tomber son
Jules. L 'amour, ça n 'existe pas.
Il n 'y a que des conjonctures d 'intérêt économique entre les gens.
Mais entre nous deux, qu 'est -ce qu 'il y a ? Disons que tu entretiens avec moi
un rapport économique stable.
Et à moi, qu 'est -ce que tu crois que tu m 'apportes ? Je te baisse bien.
Je t 'apprends des trucs.
Puis je voudrais pas te présenter, mais enfin, je crois que j 'ai éveillé en toi
une conscience politique assez... Donne -moi un peu de café.
Je comprends votre problème.
Je vais vous surprendre.
Je me sens assez solidaire de ce qu 'il faut bien appeler votre combat.
Mais croyez -moi, le comité de défense, tout ça, c 'est démodé.
Le vieil arsenal.
Non.
Soyons plus déficates.
Subtiles, même.
Et d 'abord, ne mettons pas en cause la bonne foi de M. Bouchot.
Est -il même de mauvaise foi ? Non.
Le mieux serait de lui écrire une lettre.
D 'ailleurs, je vous ai préparé un modèle.
Voilà.
Monsieur, nous pensons que les avis de congé que vous avons reçus sont dus à un
malentendu. Il n 'était pas de notre intention de mettre en doute votre
Excusez -moi.
Oui.
Non, tu ne me déranges pas. Je peux te rappeler ? Il
n 'était pas de notre intention de mettre en doute votre gestion.
mais bien plutôt d 'obtenir des explications quant au montant des
nous avaient paru très anormales.
Je suis un peu dur là, très, non.
Non, mais c 'est normal.
1, 2, 3, allô ? 1, 2, 3, allô ? Allô ? Allô, 1, 2, 3 ?
Allô ? 1, 2, 3 ? Non.
Je crois qu 'on va s 'en passer.
Non, mais ça marche, ça marche.
Est -ce que vous avez des questions à poser, s 'il vous plaît ?
Oui, maintenant que ces messieurs de la télévision ont terminé leur cirque, on
va peut -être pouvoir travailler.
Bon, si j 'ai bien compris, vous nous avez demandé de venir parce que vous
estimez que vos loyers sont trop élevés.
Oui,
et en plus, le pourcentage de leur augmentation, comme vous savez, est basé
l 'indice de l 'INSEE.
Or, dans cet indice, on compte des éléments qui sont amortis depuis
comme le prix de la pierre, le salaire des ouvriers... Pardon.
Par exemple, pour les immeubles anciens, c 'est du vol pur et simple.
Ou alors il faudrait se baser sur les prix de l 'époque, vous comprenez ? Par
exemple, calculer l 'heure du maçon sous Louis -Philippe, le prix de la pierre à
l 'époque de Napoléon III.
Car le loyer recouvre à la fois le prix de la construction et le prix du
terrain.
Et l 'indexation, c 'est -à -dire l 'augmentation annuelle, s 'applique à l
'ensemble de ces deux éléments.
C 'est -à -dire que le terrain, qui est un capital qui prend sans cesse de la
valeur, est indexé. Mais il ne prend de la valeur qu 'au profit du propriétaire.
Les locataires sont exclus.
Il paie deux fois.
Il faut donc, selon nous, exclure le prix du terrain du calcul du loyer.
Bon, on y va.
Vous avez 45 secondes pour répondre à mes questions.
On est prêts ? Oui.
Bon, moteur. Bon.
Rougerie, première.
Monsieur Rougerie, vous êtes un metteur en scène connu. Oui.
On peut voir en ce moment sur les écrans parisiens votre dernier film, Une femme
à sa fenêtre. Ah non, non, ça c 'est pas de moi, c 'est de Granier de Fer.
Ah bon.
On coupe.
Excusez -moi, non, je suis confondu. Vous avez fait le zoom ?
Bon, alors, on y revient, on la refait immédiatement, hein.
Moteur. Tourne.
Rogeré, deuxième.
Monsieur Rogeré, y a -t -il un rapport entre votre activité de cinéaste et
rôle dans ce comité de locataires ? Oh, oui, c 'est bien.
Oh, merde, coupez. Excusez -moi, j 'ai plus de bande.
Une nouvelle offre, ils sont venus ? Non, non.
Les parisiens libérés non plus ? D 'ailleurs, on les a venus.
L 'image, on l 'occuperait.
Ça va ? Ça marche ?
Oui, c 'est bien.
Donc, la fille, je la rencontre Antoine, je la vois très bien habiter dans un
immeuble comme celui -là, mais en province.
Ah non, non, non.
Pourquoi ? Non, non, on n 'est pas d 'accord.
Ça, c 'est un milieu trop privilégié, ça.
Ce sont des gens conscients, déjà.
Non, mais plutôt dans un de ces immeubles comme il y en a à la sortie
grandes villes, tu vois.
Tu sais, ces immeubles des potoirs où on entasse les pauvres, les déclartés, les
vieillards.
Nos immeubles neufs, consommés après 1948, où les loyers sont libres, la
situation des locataires est la même que celle des salariés, là où ils
travaillent. On les déplace, on les exploite, on les expulse, ils doivent
Payer, payer, toujours payer.
Nous vivons dans l 'urbanisme du mépris.
Les gosses, après, on se lave les mains parce que des coups de poing, ça
déguste. Mais ils n 'ont pas fini de manger, écoute. Pour moi, la situation
très simple. J 'ai signifié leur congé à quelques locataires.
Parce qu 'ils n 'avaient pas réglé leur loyer.
Comment ça, elle n 'a pas payé son loyer ? Ces incidents sont provoqués par une
grosse minorité de locataires survoltés. Ils n 'ont pas l 'air... C 'est fou ça
! Mais qu 'ils mordent comme ça ! Faisz -vous tes ouvres, là, le peu de
meubriettes.
...ni les propriétaires qui doivent perdre face à des contraintes
qui ne facilitent pas leur rôle.
Nous allons examiner ce dossier... Le secrétaire d 'établissement... C 'est
rien.
pour qu 'un tel conflit reste une exception, exception regrettable,
tout de même.
Et maintenant, place au football, le Côte -Gaulois va... Non, la télé, c 'est
moche. C 'est pas tout un petit métier, là ? Oui.
Tu viens chez moi ? Non.
C 'est toi, là.
Je ne veux pas que ça devienne une amitié.
Et puis, je n 'aime pas comme tu me l 'as demandé.
Une amitié que tu te le demandes ? Mais c 'est formidable.
Il y a des jours où je te baisse, je t 'enfile, et puis le lendemain... Si tu
étais un homme, j 'aurais le droit de passer ma nuit où je veux. Et personne n
'aurait rien à redire.
que ce soit l 'habitude.
Parce que c 'est un plaisir, je te le demande.
J 'en ai marre ! J 'en ai marre ! Et d 'abord c 'est toi qui dois crier avec...
C 'est bien ce que vous avez eu. Oui, puis on a le quotidien, l 'aurore et le
figaro et puis l 'univers.
Je voulais dire, vous allez faire une petite fête, je ne sais pas. Vous pouvez
venir, Daniel et moi ? Bien sûr.
Au revoir. Salut.
J 'avais bien envie de faire l 'amour cette nuit.
Écoute, il fallait venir.
Non.
Tu ne m 'aurais pas trouvé, j 'ai dormi chez moi.
C 'est la vie, Lulu.
Je file, j 'ai rendez -vous pour un boulot.
Si tu as le temps, j 'aimerais bien qu 'on te lise ce qu 'on est en train d
'écrire. D 'accord, quand tu veux.
J 'ai pas pu venir la semaine dernière.
Et comme je pointe le vendredi, j 'ai dû attendre aujourd 'hui.
C 'est embêtant.
Vous savez que ça peut vous ôter vos droits.
C 'est la première fois que ça m 'arrive.
Vous vous rendez compte ? Si tout le monde faisait comme ça...
Une fois tous les quinze jours, c 'est quand même pas le bout du monde.
Et vous n 'avez que ça à faire ? Ah non, madame, j 'ai pas que ça à faire.
Je cherche du travail tous les jours.
De combien t 'as besoin ? Oh, c 'est à ton front.
Ça fait trois semaines que j 'aurais dû toucher les acédiques.
Ça va bien finir par arriver.
T 'es sûre que ça ira ? Oui.
Et toi, t 'es sûre que ça te manquera pas ?
T 'as ta voiture ou tu rentres au métro ? Non, je prends l 'autobus.
Le métro, ça me déprime trop.
C 'est vraiment là où on s 'aperçoit que ça va mal en ce moment.
Avant, dans la journée, il y avait toujours des moments où c 'était tout
Maintenant, c 'est plein de gens qui vont d 'un endroit à un autre pour
du travail ou pour glander comme ça.
L 'autre fois, en face de moi, il y avait un jeune type qui pleurait.
Alors je me mets toujours près des portes, sinon j 'ai peur.
On fera même une hanche dessus.
Et puis après, on va essayer de voir ce qu 'il y a dans ce panier.
Tu peux en prendre une plus grande maintenant. Cette fois, tu as compris la
technique.
On va prendre le plus gros morceau.
Tu aimes toucher la terre ?
Voilà, on continue ?
On monte ce petit panier -là. Tiens, c 'est toi qui mets la prochaine.
Bernard Rousselet, qu 'est -ce qui se passe ? Il y a beaucoup d 'effervescence
ici, un peu d 'agitation, il y a toute une fête. Qu 'est -ce que vous y faites,
vous ? Ce n 'est pas votre métier de vous occuper de locataires, de
de loyers ? Non, non, ce n 'est pas mon métier, mais je suis locataire moi -même
dans le casier Marandissement, dans un petit meuble dont vous avez vu, il y a
écrit 2500 expulsés.
Je fais partie de ces expulsés et ça me concerne donc directement et j 'essaie
aussi dans la mesure du possible de...
et de comprendre et d 'aider les gens qui habitent dans cet immeuble avec moi.
De quelle façon ? Quelle action allez -vous mener alors ? Pour le moment, on a
recours à des mesures légales. Ici, on va peut -être être obligés de changer,
parce qu 'il faut qu 'on gagne. Alors on va peut -être faire la grappe des
loyers. Si il y a des charges abusives, on refusera de les payer. On verra ce qu
'on doit réellement.
On pourrait y faire des expositions, on pourrait y installer des tables de ping
-pong, y organiser des jeux, cet endroit -là, par exemple.
On pourrait l 'aménager en terrain de jeu pour les enfants. C 'est une pelouse
interdite. Il y a quelque chose aussi qui devrait être obligatoire. Une
commune. Ça, c 'est au moins.
Hé, il y a Mouchot qui vient de débarquer avec un huissier. Vous avez
présence de monsieur et de madame Hellman. Avec deux N, Hellman.
Pardon, madame, vous vous appelez comment ? Madame Larocque. Mais pourquoi
Larocque. Très bien, notez.
Alors, le buffet, les lampions, les gondoles.
Sur le buffet, orangeade, limonade. On a de l 'alcool.
De l 'alcool. Surtout de l 'alcool, du whisky, du gin. Monsieur Mouchot !
Mesdames, Messieurs, je vous présente M. Mouchot.
Sur la droite, sur le podium.
Je pense que les journalistes qui sont ici présents aimeraient connaître le but
de cette petite comédie.
Pas à vous répondre, continuez. Notez, sur le podium, un orchestre de cinq
personnes. Vous pouvez me dire peut -être à quoi correspond.
C 'est l 'opération.
Vous croyez à la maternelle, monsieur, pour sérieux ? Vous ne répondez pas à ce
monsieur, continuez, notez. Alors vous prenez, vous comptez prendre des
sanctions ? Madame, quand on se lie au vandalisme et à la provocation, ne vous
faites pas s 'étonner des résultats.
Notez qu 'on agresse !
C 'était quand j 'étais en phase de transition.
Parce que j 'avais perdu mon père.
C 'était le genre de fille, tu vois, il n 'y avait jamais rien qui marchait pour
elle.
Elle avait 14 ans, 2 ans de plus que moi.
Et en plus, elle reboublait.
Je me souviens qu 'un jour, elle a dit que ce qu 'elle aimerait, c 'est qu 'il
ait une guerre.
Alors on s 'est toutes mises à discuter de la guerre.
Et on lui a demandé s 'il n 'avait pas peur d 'être tué, de mourir.
Et tu sais ce qu 'elle a répondu ?
Elle a répondu, de toute façon,
j 'aurais pas une belle vie.
Tu sais, t 'intéresses pas à ce que ça raconte, tu peux me le dire.
Je peux te répéter mot pour mot ce que tu viens de dire.
Si.
Oh, écoute, Anne, c 'est... C 'est pas de ma faute.
Il y a pas un moment... Je pense à mon scénario, alors... Je tourne dans trois
mois, mais personne n 'imagine ce que c 'est que tourner un film. Mais ça, c
'est des angoisses de risque.
Qu 'est -ce que ça veut dire ? Pour toi, les angoisses, c 'est gradué.
C 'est ce qu 'on gagne. Au -dessus de 5000 francs par mois, c 'est
répréhensible. Mais pourquoi tu dis toujours des conneries ? C 'est pas des
conneries, c 'est la vérité.
Un, tu m 'écoutais pas. Deux, c 'est des problèmes de luxe que tu as.
Cette morale de boy scout, tu te crois encore au catéchisme ? Oh, merde ! On
marre d 'entendre ce discours de morale.
Eh, tu cours ! Non, mais repinez -le, s 'il te plaît.
Comment ça ? Très bien.
Très bien. Pourquoi j 'ai porté la brochure ? Ça a l 'air fin.
Ah non, écoute, ne te fous pas de moi.
Pourquoi es -tu toujours agressif comme ça ? Pour aller plus vite.
On parle la moitié de sa vie, je veux dire.
Est -ce que tu es bête ? Qu 'est -ce qu 'elle fait, ta femme, comme métier ?
Elle soigne des enfants qui ont des problèmes de communication,
des blocages.
Il y a un an, on lui a amené un enfant de 6 ans.
Ça faisait des mois que pratiquement il ne disait plus un mot.
Elle était une paille.
Une fois, elle a eu une petite fille de 5 ans anorexique.
Je l 'ai vue, celle -là.
Elle était lésère, comme un nouveau -né à 5 ans.
Elle était maigre, maigre.
Et dans ses yeux, une volonté farouche.
Ne pas manger, c 'était...
elle a de la chance de faire ça c 'est tellement rare les métiers où on a l
'impression que on sert vraiment à quelque chose puis les enfants
tu vois comment on les abîme souvent c
'est beau ce métier ça Catherine
souvent je l 'envie je ne sais pas pourquoi mais je crois que c 'est parce
Elle s 'attaque aux choses vraies.
Vraiment concrètes.
À la fois, je te sens très... très solidaire d 'elle.
Et puis... Et puis, je comprends pas ton attitude.
Pas lui dire, lui mentir.
Tu vois, ce qui me choque le plus, c 'est...
Le temps que tu lui voles les endroits, tu ne lui laisses même pas le droit de
savoir.
Chaque fois que je lui dis, ça lui fait mal.
Peut -être qu 'au fond d 'elle -même, elle n 'a pas envie de savoir.
Il couche Bernard.
Quelques fois, on a envie de garder les choses pour soi seul.
C 'est parce que tu n 'as pas assez confiance en elle, c 'est tout.
Mais comment tu as affirmé ça ?
Comment tu peux savoir, toi ? Quand tu as vécu 15 ans avec un type, si tu
arrives... C 'est bien que j 'arrive à jamais.
Excuse -moi.
Ce n 'est pas ce que je voulais dire.
Tu as tellement de choses en toi pour y arriver.
C 'est formidable ce que tu peux donner.
Ton chômage, tout ça, c 'est...
Je pense vraiment que ça peut m 'aider.
Sous -titrage FR ?
Les panneaux, non mais oh ! Mais ça va pas les panneaux ! Ça va pas, mais vous
êtes fous, je vous le signale ! Les panneaux aussi ! Merde ! Qu 'est
-ce qui se passe ? J 'ai eu une idée formidable.
Une idée formidable.
Je pensais... métabuleur.
Je sais, tu m 'as hurlé.
Ne répond pas tout de suite, tu réfléchis avant.
Antoine, c 'est plus un homme, c 'est une femme.
Un vestige ? Non, pas un vestige, connard.
Où est -ce que je le pose ? C 'est quoi ? C 'est sympa.
Oui, ça, je vois. C 'est sympa, ça. C 'est pour quoi faire ? Pour Noël ? Pour
tes enfants ? Non, mais ils sont au sport d 'hiver avec Mariette.
Oh.
Mais elle, elle n 'est pas seule. Ah ben non, je pense.
Enfin, ça fait rien. Mais ça, là, peut -être.
Tu ne comprends rien du tout à ton histoire de femme. C 'est évident.
C 'est une femme qui laisse trouver son mari et sa famille.
C 'est plus... plus violent.
Et c 'est un type qu 'elle rencontrera.
On inverse les rôles.
Tu comprends ? En fait, peut -être que tu veux, mais on inverse.
Oui,
oui, j 'ai compris. C 'est la femme qui part.
C 'est elle qui en bave le plus.
Les contemporains à mort.
Non, mais je ne blague pas, c 'est vrai.
Écoute, c 'est une bonne idée que tu as eue. Formidable.
Vraiment, c 'est épatant.
Alors là, tu laisses ton sapin, tu rentres chez toi, et puis on travaille
demain.
Et puis comme ça, moi, je pourrais terminer ce que j 'étais en train de
J 'ai soif.
Tu veux un verre d 'eau ? Non, merci.
Je voudrais bien dormir seule.
Pourquoi ? Je ne peux plus continuer comme ça, Bernard.
Je me sens trop loin de toi.
Ça y est, c 'est reparti pour un tour.
Arrête. Ce n 'est pas moi qui suis venu te chercher.
Je sais.
Je ne regrette rien.
Mais... Mais comme je t 'ai donné plein de prises sur moi, je croyais que tu
allais faire pareil.
Puis... Et puis non.
Tu sens pas que j 'ai besoin de toi ? Comment tu fais pour pas le voir, ça,
que... Que... Que tu me bouscules, que...
Que tu m 'aides, que...
Tu vois pas que j 'ai changé ? J 'ai pas envie de te quitter
complètement, Bernard.
Je voudrais qu 'on se revoie, qu 'on soit amis.
Mais... Tu vois, ce soir, par exemple, tu viens, tu sonnes, et moi, j
'ai qu 'à attendre et à ouvrir.
Je veux pas ça.
Ça me fait mal de te le dire, mais...
Il y a tellement de choses que je voudrais changer en moi et aussi autour
moi.
J 'ai peur que tu m 'en empêches.
On était bien ensemble tout à l 'heure. Oui.
La petite fille m 'ouvre son grand corps pour me montrer ses cœurs sur un
présentoir transparent et lumineux comme l 'eau qui pique. Le jaune, c 'est son
cœur de petite fille qui envoie le sang un peu partout.
Le bleu, c 'est celui de l 'imagination et des rêves.
Et le vert, c 'est celui de l 'avenir. Le rouge, c 'est celui du désir qui ne
marche pas beaucoup.
Et le bleu encore, c 'est celui qui bat au bord de la mer.
Et le mauve, c 'est celui de l 'amour.
Et le vert, c 'est son cœur de femme qui ne marche pas encore.
Et le jaune, c 'est celui de l 'éphémère, des amours en sourire, au
portes entreouvertes, et des parfums qui passent au milieu des parfums et qui
font marcher les autres cœurs.
Et le blanc transparent...
C 'est le cœur de ce cours des amours qui roule.
Ça va ? Non, ça va mal, mademoiselle Batuchan.
Je suis fait mort par un chien.
Tu t 'es enragé ? Non, pourquoi ? Messieurs, madame, je vous ai convoqué
vous annoncer personnellement que vos congés étaient rapportés. En fait, c
'était un malentendu, une erreur commise par ma secrétaire.
Mais le...
Et on commet souvent des erreurs comme ça, votre secrétaire ? Ce n 'est pas la
peine d 'en parler, c 'est terminé.
Bien sûr, les procédés que vous avez employés, ces réunions dans mes locaux,
façon dont la presse m 'a traité, enfin... Je veux bien passer l 'éponge,
vous envoie une lettre confirmant l 'annulation de ces congés.
Et les irrégularités qu 'on a relevées dans les charges, les lampes, l
'électricité, la porte du parking ? L 'électricité du parking, ça fait quatre
sous, on ne vous la comptera plus. Pour le reste, vous voyez, Bricard, c 'est d
'accord. Et le comité de défense ?
Vous reconnaissez son existence ? Non.
Pas question.
Vous ne m 'en voudrez pas, mais je traite avec des individus, pas avec du
comité.
Nous avons des revendications très précises.
Premièrement, payer aux locataires les intérêts que rapportent les cautions
versées à la signature du bail.
C 'est plaisanté. C 'est le monde à l 'envers.
Deuxièmement, interdiction d 'expulser un locataire sans motif légitime, comme
dégradation importante, non paiement des loyers.
Pas question.
Là -dessus, nous ne céderons jamais.
Alors mettez dans le bal que vous pouvez expulser vos locataires pour des motifs
illégitimes et farfelus. Vous fichez de moi.
On a déjà suffisamment de problèmes avec les immeubles d 'avant 1948.
Je vais pouvoir disposer d 'un appartement si j 'en ai besoin.
Admettons que j 'ai un cousin en province et que je veuille le loger.
Alors vous virez quelqu 'un ? Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Je
dîne dans un restaurant, je suis hors d 'oeuvre, tout à coup le patron arrive et
me dit j 'ai besoin de votre table pour une cousine qui vient d 'un goulet me
sortir.
Votre comparaison est ridicule.
Vous êtes libre de vous loger là où vous voulez, moi je suis libre de louer à
qui je veux. Enfin, vous n 'allez pas comparer la liberté d 'un jeune ménage
doit trouver un logement dans les trois mois, celle d 'un travailleur qui gagne
2000 francs par mois avec la vôtre, vous qui avez 800 immeubles. Non, si on
continue. Les loyers sont indexés sur l 'indice de l 'INSEE.
On n 'a pas trouvé mieux.
Et ? Oui, le dernier indice est de 22%. Exact.
Je croyais pourtant que le ministre des Finances avait demandé à ce que la
hausse ne dépasse pas 7%, non ?
Il l 'a demandé, alors c 'est un conseil, c 'est pas un ordre.
Il peut lancer toutes les phrases qu 'il veut, il n 'a pas le droit de s
'ingérer dans nos affaires.
C 'est nous qui décidons, c 'est nous qui faisons la loi.
Et si le régime change, c 'est bientôt les élections ? Eh bien c 'est simple,
c 'est Mitterrand au marché, je vends, je vends tout.
Et si c 'est Giscard ou Chirac, ça continuera comme maintenant.
On réunira des commissions paritaires, du blabla, et nous on fera ce qu 'on
voudra.
Ouais, quand il y a un problème, je fais comme en 40 dans mon avion, je pique.
On a quand même obtenu des choses, non ? On fait une assemblée générale demain ?
Non, c 'est vendredi, ils seront tous barrés en week -end.
Lundi, plutôt.
La civilisation des toutes apparentes et des autres.
Bon, c 'est pas tout ça, il faut que j 'aille au magasin, tu m 'emmènes ? Oui,
oui, d 'accord.
Bon, allez, à lundi.
Au revoir. Salut.
T 'es garé où, là ? Là -bas.
T 'es pas triste
?
Pourquoi je suis triste ? Comme ça.
Je viens de me dire, c 'est formidable.
La petite fille, il paraît qu 'elle a parlé.
Oui, aujourd 'hui.
Oh, c 'était presque rien, pas même une phrase.
J 'ai eu l 'impression qu 'elle voulait me dire quelque chose.
Dis -moi, comment tu fais pour te retrouver dans tout ce qui t 'entoure ?
J 'avance doucement.
J 'ai mal ? Pierre m 'a dit que vous aviez changé le scénario.
Oui, oui, mais maintenant je le sens bien, tu sais.
Ce sera un film plus... plus violent.
Tu sais, je voudrais utiliser le texte que tu as écrit sur l 'enfant.
L 'enfant dans le parc.
L 'histoire du couteau ? Oui.
Je prendrai un petit couteau et je l 'enfoncerai dans mon cœur.
Mais non, mon chéri.
Un jour comme ça, tu auras si mal, tu sauras que personne ne peut rien pour
Tu prendras ton couteau et les larmes ne couleront plus, car à l 'intérieur, il
y aura comme une panne générale.
Tu te mettras pourtant debout.
Oh, pardon ! Bonjour, madame.
Anne, prends les chaises, je vais chercher l 'électrophone.
Qu 'est -ce que tu fais ? Tu vois, je
déménage. C 'est trop cher ici.
J 'habitais chez une amie.
Où ? À Ivry.
Tu travailles ? Oui.
J 'ai trouvé une place dans une boîte de produits beauté.
Je colle des coupures de presse.
C 'est formidable.
Tu as le téléphone où tu m 'as invité ? Oui.
Je n 'ai pas de stylo, tu as quelque chose pour écrire ? Non, non.
Isa, tu as un stylo ? Tu me le dis comme ça, je me souviendrai, j 'ai trop bien
de mémoire.
930, 39.
Quarante -six. Deux cent trente, trente -neuf, quarante -six.
C 'est facile, trente -neuf, c 'est le niveau de guerre, quarante -six, c 'est
mon âge.
Tiens, c 'est la première fois qu 'il me dit.
Au fait, ce qu 'on filme... Ça va, ça va, ça va.
Je finis, je suis au montage, je crois que c 'est bien.
Tu m 'appelleras ? Évidemment.
Puis, il faudra les remuer un peu là -dedans, parce que sans moi...
Ils sont mal varés.
Bon. Bon.
Au revoir.
J
'ai
tout mon temps.
Un jour comme ça, tu auras si mal, tu sauras que personne ne peut rien pour
Tu prendras ton couteau et les larmes ne couleront plus, car à l 'intérieur, il
y aura comme une panne générale.
Tu te mettras pourtant debout.
Tu souriras à tes camarades.
Tu salueras tes professeurs et ton couteau, tu t 'en serviras pour tailler
crayon.
Au début, la mine cassera plusieurs fois.
Puis tu en viendras à contrôler la pression du pouce sur la lame, et comme
tout le reste, jusqu 'à devenir un homme comme les autres, si meurtris qu 'ils
ne le sont plus.
Merci.
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