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Écoutez-moi bien.
Il se racle la gorge.
- L'amour n'est qu'une comédie
Dont la vedette est notre cœur
Et cette comédie bâtissait notre vie
Avec tous ses côtés pas drôles
Souvent, on veut rendre son rôle
Quitter la scène brusquement
Il faut aux amants
Pour s'aimer longtemps Bien du talent
L'amour est une comédie Rien qu'une comédie d'un jour
- Tout est prêt?
- Oui, patron.
- L'Argentin?
- De l'autre côté de la piste.
Il paraît s'amuser.
- Les domestiques? - Partis.
- L'hôtel? - Désert.
- Dupon? - Il arrive.
- Parfait.
- Nous cédons à la même ivresse
L'amour n'est qu'une comédie
Rien qu'une comédie
D'un jour
Applaudissements
- Comment trouves-tu ma nouvelle chanson?
- Chérie... - C'est pas une réponse.
Comment la trouves-tu? - Chef-d'ceuvre de stupidité.
- Y a pourtant une idée.
- Une idée?
- Bah oui, quoi. "L'amour est une comédie."
C'est une idée.
- Une idée d'imbécile, mais une idée.
- L'aile ou la cuisse? - L'aile.
*Musique swing
Merci.
Pourquoi te moques-tu toujours?
- Merci. Tu es la seule personne que je prenne au sérieux.
- Vrai? - Parole d'honneur.
Ta beauté justifie ta présence à mes côtés.
- Et si j'étais laide?
- Voyons, je ne t'aurais pas connue.
- Tu te fiches de moi. Je suis pas plus bête qu'une autre!
- Toutes les femmes en sont là. - Pourquoi n'es-tu pas tendre?
Pourquoi ne me dis-tu pas des gentillesses?
- L'amour est une comédie, les baisers des mots d'amour,
j'ai pleuré sur tes pas, reviens. J'attendrai. Pars sans te retourner.
Tu es satisfaite?
- Au fond, tu es un grand timide. Tu crains le ridicule.
Mais pourquoi n'as-tu jamais 20 ans avec moi?
Tu n'as pas confiance en moi? - Je n'ai eu 20 ans avec personne.
- Tu pourrais tuer ce soir pour moi?
- Impossible, j'ai des rendez-vous demain
et je t'aime trop pour te faire du chagrin. Souris. Tu me plais
quand tu souris sans savoir pourquoi.
- Tu me trouves encore bête.
- Mais mais mais... - Quoi donc?
- J'ai laissé mes feux de position allumés.
Tu permets? Je reviens. - Je te parle de nous
et tu penses à tes feux de position! C'est gai.
- Ne me jugez pas sur les apparences. En réalité, je suis blond
aux yeux bleus, mélancolique et sentimental et je vous adore.
- Pourquoi me dites-vous cela? - Pour que la chance soit avec nous.
Je vous aime mieux comme ça.
- Vraiment? - Y a pas de comparaison.
L'ironie, j'ai horreur de ça. On ne sait pas sur quel pied danser.
- Il faudrait pas m'en vouloir si par hasard je redevenais ce que j'étais.
- Maintenant, je suis fixée. Tu as montré le vrai bout de ton nez.
Ce ton sarcastique, je ne m'y laisserai plus prendre.
Tchin-tchin.
- Tchin-tchin.
Il se racle la gorge.
- Mon amour...
- Coraline. Pour moi, ton nom est le plus joli.
J'aurais voulu te connaître autrement.
Dans de la campagne
et dans de la nuit. Avec du bord de l'eau,
des arbres, du dimanche. - Oh oui.
- J'aurais eu vraiment 20 ans. - On aurait raté le train du retour
et couché dans le foin, comme dans la chanson.
On se serait dit des choses, à voix basse.
- Quoi? - On aurait regardé le ciel!
Tu m'aurais dit: "Ça, c'est la Grande Ourse."
Et j'aurais fait semblant de te croire.
On aurait chanté un refrain. On ne se rappelle jamais
que les premiers vers et après on fait "tralalalala".
- Moi, j'aurais été représentant de commerce,
j'aurais placé les boutons incassables.
Du 28-4-3.
- Oh non! Pour un homme, c'est un métier ridicule.
- Tu crois? Ah.
Toi, tu aurais été fleuriste. Ou petite main, toi.
- Oui! On se serait fait photographier
à la foire du Trône.
On aurait été heureux comme deux imbéciles.
Les gens nous auraient regardés, en disant: "Ils s'embêtent pas."
- Ça aurait été merveilleux.
- Allons-nous-en. - Où?
- À la maison. Viens, viens.
On s'imaginera qu'on est dans une chambre de rien du tout.
À Montmartre.
Une chambre avec du papier à fleurs.
S'aimer comme des pauvres.
Ça doit être chic quand on sait qu'on a de l'argent.
- Alors? Tout s'est bien passé? Oui? Bon, surveille Dupon.
Nous, on va au cinéma en attendant la nuit.
On rentrera quand ça sera plus calme.
- Qu'est-ce qu'il dit? - Tout va bien.
- Oh, il parle pour lui.
- De quoi vous plaignez-vous? - Moi?
Oh, je voudrais être mort.
- Patience, ça viendra.
- J'ai bonne mine.
"Quel métier faites-vous?" "Alibi."
Enfin. Si ma pauvre mère me voyait!
- C'est sa faute. - Comment ça?
- Elle n'avait qu'à vous faire autrement.
- Il paraît que je lui ressemble aussi beaucoup.
- Vous avez la spécialité de ressembler à tout le monde!
Voilà.
Le dîner de Monsieur est servi.
Je vais jusqu'au garage et... ne bougez pas d'ici.
- Oh, avec la tête que j'ai...
je n'en ai pas l'intention.
Que n'es-tu double, toi aussi?
On pourrait être si heureux, tous les quatre.
Joli sourire...
Regard mélancolique.
Musique douce - Des choses à voix basse.
Les gens nous auraient regardés, en disant: "Ils s'embêtent pas. "
- Coraline.
Coraline, je bois à toi.
Je bois à notre soirée.
À notre soirée au Feu de Bengale,
qui n'a duré que l'espace d'un feu de Bengale.
Il se racle la gorge.
Haha! Te voilà, mon vieux!
- Oh, chéri, chéri! Toi vivant!
Oh, vivant! Comme je suis heureuse!
Tu ne souffres pas? Comment est-ce arrivé?
Tu as failli te tuer!
- Tu sais ce que c'est: un bec de gaz, une automobile.
- J'étais folle quand on m'a appris ton accident au téléphone.
- Lui aussi est content. Il est bien content!
- Il se réconcilie avec toi!
Et dire que vous ne pouviez pas vous sentir.
- Nous? Mais on s'adore! Hein, mon vieux?
On s'adore. Tiens, mon vieux.
- Je m'en voulais de t'avoir quitté sans mot tendre.
Vois-tu que tu sois mort fâché?
- Moi? Oh... Tu es là, je suis là.
Il est là. Il manque pour ainsi dire personne.
- Il ne manque que mon couvert.
- Je te demande pardon, chérie.
Tu n'as pas dîné?
- Tu es gentil, ce soir. Si gentil que je voudrais
que tu te tues tous les jours.
Tu es si méchant quand tu veux. - Non...
- Y a des moments où je te détesterais!
- Écoute-moi bien.
La prochaine fois que je te parlerai durement, n'hésite pas: flanque-moi
une bonne paire de claques. - Oh!
- Si, si! De toutes tes forces. Une, deux.
- Oh, chéri... Tu n'es tout de même pas un homme à ça!
- Oh, pardon.
- Bonjour, André. Mettez deux bouteilles au frais.
- Bien, Mademoiselle.
- Eh bien?
- Il y a longtemps que Mademoiselle
est là? - Si on vous le demande...
- Bien, Mademoiselle.
- Avez-vous fini de me dévisager?
- Non. Euh, oui, Mademoiselle.
- Voyons, André, ne lambinez pas!
- Qu'est-ce qu'il a? Il a pas l'air normal.
- Le front. Il conduisait...
- Il est malade? - Peut-être qu'il boit en cachette.
- Tu crois? - Je ne sais pas
et je m'en moque éperdument.
- Embrasse-moi.
Vous pourriez frapper! C'est vrai, vous seriez entré
5 minutes plus tard... - Je prie Mademoiselle de m'excuser.
- Et ce champagne?
- Je vais déboucher cette bouteille.
- Mettez-en une autre dans la glace!
- Et ne vous faites pas répéter deux fois, André.
- Bien, Monsieur. Il se racle la gorge.
Ah...!
Monsieur est Monsieur...
Je me disais aussi... - Comment?
- Je me comprends. - Vous êtes ivre, mon pauvre ami.
- Mademoiselle...
- Allez nous chercher l'autre bouteille.
- Et allez vous coucher! Montez cuver!
- Vous en avez le plus grand besoin.
Filez!
- Monsieur regrettera ses paroles.
- Pauvre type. - J'ai dit.
- Chéri...
Viens par ici.
Je t'adore!
- Si tu savais ce que je me fous de tout!
J'aurai eu ma minute dans ma vie.
Ma minute, ma petite minute.
Quelle minute!
- Oh, je voudrais, je voudrais...
Va donc voir ce qu'il fait, qu'on soit enfin tranquilles.
- Oui. Oui. - Va.
- André?
André!
Il gémit.
- Je suis désolé, Mademoiselle, Monsieur s'est trouvé mal.
Dès qu'il ira mieux, Monsieur vous téléphonera.
- Que racontez-vous, là?
- La vérité.
- Où est-il? - Chut...
- Quoi, "chut"? Je veux le voir. Je le verrai.
- Impossible. - Ah ça, par exemple!
Je ne pars pas sans l'embrasser.
- Si, Mademoiselle, j'ai l'habitude.
Monsieur est très faible, il a besoin de solitude.
Monsieur repose.
Vous voyez? La porte de sa chambre est fermée à clé.
Par ici, Mademoiselle.
- Vous, mon petit ami, je vous repincerai!
- Tout le plaisir sera pour moi.
- Mon sac!
- Mademoiselle!
Vous oubliez encore quelque chose!
- Oh! Oh bah dis donc! - Quoi?
- Pour un homme qui se sent mal, je te trouve...
- Quoi? - Plutôt bien!
Aboiement Fiche-nous la paix!
Alors maintenant, tu files à l'anglaise? Où vas-tu?
T'as trouvé qui? Qu'est-ce qui t'a pris tout d'un coup?
- Continue, tu m'intéresses. Alors?
- Alors? J'en ai plein mon sac, de tes caprices. Entendu?
Ou tu seras toujours comme ce soir, gentil, ou on se sépare.
Pourquoi as-tu fichu le camp?
Pourquoi? - Je te prie de poursuivre
ton passionnant récit en criant moins fort.
- Explique-moi d'abord tes... - Quoi?
- Tes changements à vue.
Eh bien, parle. Dis quelque chose!
- Tu ne t'en rends absolument pas compte
mais en ce moment, tu es dans ton lit. Tu rêves.
Tu rêves que nous nous rencontrons devant chez moi.
Pendant que tu rêves, je travaille dans mon cabinet.
J'allume l'électricité.
Réveille-toi au lieu de rester là! - Idiote!
- Voilà la preuve qu'en cet instant, tu rêves.
Dans la réalité, tu n'oserais pas me gifler car si tu l'avais fait,
tu aurais déjà reçu une correction impériale. Va vite.
Ne t'agite pas ainsi dans ton lit, tu montres ton derrière.
- Oh! Adieu. Toi et moi, c'est fini. Fini.
- Cette claque...
Quand je saurai ce qu'elle signifie, je lui en rendrai la monnaie.
Salope.
- Qu'est-ce que tu as? - Est-ce bien toi?
- De Mark Twain?
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