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Bonjour.
Bonjour.
Aujourd'hui, j'ai une nouvelle amie à vous présenter.
Entre.
Elle s'appelle Emili Adachi.
Vous connaissez sûrement l'usine Adachi.
Un nouveau directeur vient d'être nommé à sa tête.
C'est le père d'Emili.
Emili arrive juste de Tokyo. Accueillez-la chaleureusement.
Faites-lui découvrir l'air pur et la nature verdoyante d'Ueda.
Oui !
Va t'asseoir à la place vide.
Oui.
Soyez gentils avec elle !
Oui !
Je vais faire l'appel.
Bienvenue.
- Bonjour. - Bonjour.
J'ai acheté un gâteau. Je vais faire du thé.
Une tarte aux myrtilles ?
Oui.
Ta mère est tellement élégante.
Tout le contraire de la mienne.
Ah oui ? Moi, je la trouve ordinaire.
Regardez !
Oh, c'est joli !
Mais...
Maman, la poupée a disparu !
Vous connaissez l'affaire des poupées ?
Non ?
Des tas de gens se font voler leur poupée française chez eux.
La nôtre a disparu hier soir.
- Ah bon ? - C'est pas vrai !
Qui peut bien vouloir voler ça ?
Si on jouait au volley ?
Oui, bonne idée !
Merci.
Dites, je suis en train de réparer une aération, là-bas.
L'une de vous viendrait m'aider ?
Il y a un endroit que je n'atteins pas.
Toi, viens m'aider.
On peut toutes vous aider.
Non, l'une de vous suffira.
Mais on peut toutes venir.
C'est moi qu'il a désignée. Je vais y aller.
Par ici. Merci.
Emili n'est pas revenue.
On va voir ?
J'ai peur ! Oh, non...
Bon. Yuka, tu vas voir la police.
Akiko, tu vas chez Emili.
Sae, tu restes la surveiller. Je vais chercher la maîtresse.
Maîtresse !
Maîtresse !
Il n'y a plus personne, ici ?
Poste de police
Un problème ?
Une amie est allongée sur le sol du gymnase. Elle ne bouge plus !
À l'école Kamikita ?
Envoie une ambulance à Kamikita !
Emmène-moi là-bas.
Qu'est-ce qui t'arrive, Akiko ?
Emili est morte.
Quoi ?
Emili est morte.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Emili, où est-ce que tu te caches ?
Cesse ces plaisanteries.
Je vous assure que c'est vrai.
Emili est morte à l'école.
Pourquoi Emili ?
Là-bas.
Très bien. Attends-moi ici.
Maîtresse !
Trop tard...
Un inspecteur viendra sûrement te poser des questions.
Tu voudras bien coopérer ?
Oui.
Merci pour tout. Sois prudente sur le chemin.
Pauvre petite. Tu as dû avoir peur.
Où est Emili ?
Vous êtes sa mère ? Un instant, on va vous expliquer.
Emili !
Calmez-vous !
Akiko...
Tu vas bien ?
Ton école a appelé pour nous prévenir. Je te cherchais.
Kôji...
Tu saignes du nez.
J'ai ruiné ma jolie robe.
Ta robe n'a aucune importance. Allez, tiens...
Voilà, tu es toute belle.
Vous êtes Asako Adachi ?
Veuillez me suivre à l'hôpital.
Moi ?
Je regrette de devoir vous infliger ça, mais...
j'ai besoin de vous pour identifier le corps.
Je n'irai pas.
S'il vous plaît, Madame.
Allez au plus vite au chevet de votre fille.
Non.
Non, je ne peux pas.
SHOKUZAI Celles qui voulaient se souvenir
Tu ne te souviens de rien ?
Non.
Tu es déléguée de classe, il paraît que tu n'oublies jamais rien.
Je ne me souviens de rien.
Et la tête du meurtrier ?
Je ne m'en souviens pas.
Où étais-tu et qu'as-tu fait avant de rentrer ?
Je ne m'en souviens pas.
Non plus ?
Non.
Chers élèves, à la sortie de l'école, assurez-vous de rentrer groupés.
Si un inconnu s'adresse à vous, ne le suivez sous aucun prétexte.
Je répète. Chers élèves,
à la sortie de l'école, assurez-vous de rentrer groupés.
Si un inconnu s'adresse à vous,
ne le suivez sous aucun prétexte.
Je vois.
Oui, je comprends.
Entendu, merci.
Nous comptons sur vous pour la suite de l'enquête.
Ils n'ont trouvé aucune correspondance avec l'ADN du suspect.
Cela dit, Asako,
nous devons faire confiance à la police.
Ils font du bon travail,
malgré l'absence de témoins.
C'est faux.
Il y a quatre témoins.
Malgré ça, pourquoi n'ont-ils rien trouvé en une semaine ?
Ce ne sont que des enfants.
Peut-être, mais elles ont toutes vu le tueur de près.
Or une heure après le drame, aucune n'avait parlé.
Et voilà que le choc leur a fait tout oublier ! C'est impardonnable !
Bienvenue. Je vous attendais.
Emili doit être ravie de vous avoir à son anniversaire. Entrez.
J'en ai assez.
Comme des idiotes, vous persistez à dire "que vous avez oublié son visage".
Résultat, six mois ont passé et l'assassin court toujours.
Je ne vous pardonnerai jamais.
Débrouillez-vous pour retrouver le coupable.
À défaut, apportez-moi une compensation suffisante.
Jusqu'à ce que tout soit fini,
je penserai à vous chaque minute, chaque seconde qui s'écoulera.
Vous n'échapperez à cette pénitence sous aucun prétexte.
Soyez-en certaines.
Tout va bien, ma chérie. Le vilain monsieur n'est pas là.
Tu transpires...
Non...
Non !
Qu'est-ce qui t'arrive, Sae ?
Ça va aller.
Maman.
Jette la boîte de la poupée.
Tu ne voulais pas en mettre une autre à l'intérieur ?
Plus de poupée. Je n'aime plus les poupées.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Maman.
Est-ce que c'est à mon tour de me faire tuer ?
La poupée française
15 ans plus tard
Tout va bien ?
Parfait. Je vous laisse vous détendre un moment.
À tout à l'heure.
Sae, viens par ici.
J'ai reçu un profil socio-généalogique.
Pardon ?
Une proposition de mariage arrangé.
Avec Takahiro Ôtsuki, l'héritier des Industries Ôtsuki.
C'est un bon client qui me l'envoie. Je n'ai pas pu refuser.
C'est pour moi ?
Oui. C'est toi qu'il veut.
Désolée, mais...
Rencontre-le, au moins.
Où est-ce qu'il a entendu parler de moi ?
Il dit te connaître depuis longtemps.
Vraiment ?
Rencontre-le, tu pourras lui poser la question toi-même.
D'accord ?
Si ça ne t'intéresse pas, laisse tomber. N'y va pas !
Tu as raison.
Vendredi soir, on va boire un verre avec des types de Meiji Pharmaceutique.
Tu ne viendras pas, je suppose ?
Non, désolée.
Je t'envie d'être si détachée du couple et des rencontres.
Tu as raison, c'est plus simple comme ça.
Moi, je suis obsédée par les garçons et le mariage.
Du coup, ça ne marche jamais.
J'ai l'impression de gâcher ma vie.
Sae, tu vas vraiment refuser la proposition ?
Oui.
Comme tu voudras.
Mais tu dois le rencontrer pour lui donner tes raisons.
C'est la moindre des politesses.
Vous voulez savoir où je vous ai vue pour la première fois ?
Oui.
J'étais au primaire.
Ça vous surprend ? En fait,
j'étais aussi à l'école Kamikita. Deux ans au-dessus de vous.
Vraiment ?
Vous ne devez pas vous souvenir de moi,
mais moi, j'avais remarqué combien vous étiez jolie.
Déjà à l'époque.
C'était il y a plus de quinze ans...
J'ai déménagé peu après être entré au collège.
Quand j'ai su que vous travailliez dans ce salon de beauté partenaire,
j'y ai vu un signe du destin.
Je vois.
Et je me suis permis d'entrer en contact avec vous.
Mais j'ai l'impression...
que ma proposition ne vous intéresse pas.
Je n'ai rien trouvé d'autre pour vous déclarer mes sentiments.
Je crains...
de devoir refuser votre proposition.
Je vois.
Je suis désolée.
Ne le soyez pas. Je suis heureux d'avoir simplement pu vous revoir.
Quel gâchis !
Il a l'air bien, ce garçon.
Tu crois ?
Rends-toi compte. Il est amoureux de toi depuis l'école primaire.
C'est tellement romantique !
Sauf que moi, je ne me souviens pas de lui.
J'ai l'impression d'être le dindon de la farce.
Tu as de la chance.
Je suis sûre que toi et lui,
vous êtes liés par le fil du destin.
Un rêve ?
Est-ce que je suis en train de rêver ?
Non.
Oh, c'est la réalité !
Tout va bien ?
J'ai travaillé très tard. Je suis simplement fatigué.
Ueda me rappelle des souvenirs.
J'imagine que la ville a changé, en quinze ans.
Aucune idée.
Vous n'y retournez pas souvent ?
À vrai dire, je n'y ai que de mauvais souvenirs.
Quand j'étais en CM1, un incident étrange s'est produit.
Une de mes camarades de classe a été assassinée.
Vous vous en souvenez ?
Non, ça ne me dit rien.
Comme j'étais avec elle juste avant que ça se produise,
la police m'a beaucoup interrogée.
Après ça, tout est devenu pénible.
C'est pour ça qu'après le lycée, je suis venue m'installer à Tokyo.
Désolée de vous ennuyer avec ça.
Non, je vous en prie. Je vous comprends.
Moi non plus, je n'aimais pas cette ville.
Tout était sombre et morne.
Vous étiez la seule chose qui brillait à mes yeux.
Ne dites pas des choses pareilles.
Non merci.
Vous ne buvez pas, ce soir ?
Je suis en voiture. Au retour, je vous déposerai.
À la même période,
il y avait aussi une affaire de poupées volées.
"Le vol des poupées françaises".
Plusieurs poupées ont disparu.
Y compris la mienne, chez nous.
Je me demande ce qu'elle est devenue.
Merci beaucoup.
Ne traînez pas, la rue est déserte.
Ça va aller.
Soyez prudente.
Merci beaucoup.
Hé, jeune fille ! On va boire un verre ?
Hé, attends !
Tu m'as foncé dedans. Excuse-toi !
Non !
Sae.
Takahiro !
J'étais inquiet, je suis revenu. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il y avait un type bizarre.
Il m'a attrapé le bras.
J'ai eu très peur.
Montez dans la voiture.
Il n'y a personne.
Merci beaucoup.
Vous voulez entrer un moment ?
Non, ça ira. Vous êtes en sécurité.
Je vais rentrer.
Merci encore.
Allô, Takahiro ?
C'est moi, Sae.
Merci beaucoup pour l'autre fois.
Je vais bien.
Je voulais juste te remercier.
Oui, vraiment.
Une chose importante à me dire ?
Tu veux m'épouser ?
Oui, qu'en dis-tu ?
Je promets de te rendre heureuse.
Je suis désolée.
C'est un non ?
J'aimerais que tu m'expliques la raison de ton refus.
Je...
Je suis une reproductrice défectueuse.
Quoi ?
Je n'ai jamais eu mes règles. Pas une fois.
Je sais très bien pourquoi.
Tout est dans la tête.
Au fond de moi, mon corps refuse sa part de féminité.
Je ne peux donc pas avoir d'enfants.
Tu es promis à un bel avenir, Takahiro.
Tu ferais une bêtise en épousant un produit défectueux comme moi.
Ce que tu me dis...
n'est en aucun cas un problème.
Ne te dénigre pas comme ça.
À ce compte-là, c'est moi qui suis défectueux.
Je n'ai jamais eu...
le courage de dévier du chemin tracé par mon père.
Je sais qu'il est trop tard pour m'en plaindre.
Mais recevoir quelque chose sans jamais l'avoir réclamé,
ça n'apporte aucune satisfaction.
Toute ma vie j'ai vécu sans parvenir à combler le fossé
entre moi et les autres.
Résultat, j'ai perdu l'habitude de communiquer avec les gens.
Mais...
quand j'imagine que toute ma vie sera comme ça,
totalement solitaire,
il m'arrive parfois d'être terrifié.
Quand je t'ai rencontrée,
pour la première fois de ma vie,
j'ai eu envie de construire une vraie relation.
J'aimerais faire ma vie avec toi.
Qu'en dis-tu ?
Accepterais-tu de m'aider ?
J'aimerais, dans la mesure du possible,
me rapprocher d'une vie plus humaine.
Sae !
Désolé pour le retard.
On y va ?
Comme promis, je t'invite chez moi, aujourd'hui. Ça te va ?
J'ai investi les lieux pour qu'on puisse emménager
juste après le mariage.
Très bien.
On y va ?
Je t'en prie.
Merci.
Lait et sucre ?
Non merci.
C'est notre futur appartement ?
Oui, même s'il manque encore des meubles.
Je me disais qu'on choisirait le reste ensemble.
J'ai l'impression de rêver.
C'est encore plus beau que chez Emili.
Quoi ?
Je me demande à quoi va ressembler notre vie à deux.
Je n'aurais jamais imaginé qu'un jour,
je vivrais une chose pareille.
Sae. Tu peux venir un instant ?
Ici, je pensais installer notre chambre à coucher.
Tu veux bien que je prenne les choses en main ?
Oui.
Dans ce cas, ferme les yeux.
Ferme les yeux, et ne les ouvre surtout pas.
N'ouvre pas les yeux.
Bien.
Laisse-moi faire.
Tu peux ouvrir les yeux.
C'est incroyable.
Tu es tout à fait la femme que j'avais imaginée.
Quoi ?
Inutile que tu parles.
Voyons, par quoi commencer ?
Ça y est, je sais.
Cette poupée française doit te rappeler des souvenirs.
C'est celle qui était chez toi.
Tu l'as volée ?
Ne parle pas.
Non. Je ne dirais pas que je l'ai volée.
Disons que je l'ai précieusement conservée.
Moi-même, je ne sais plus quand ça a commencé.
Mais je n'étais encore qu'un enfant.
Aussi loin que je m'en souvienne,
les humains en chair et en os ne m'intéressaient plus.
Très vite, ce qui m'a attiré,
ce sont les poupées.
À l'époque, à Ueda,
la plupart des filles avaient une poupée française.
À chaque fois que j'en voyais une,
mon regard était irrémédiablement attiré par elle.
Sans le vouloir,
j'en ai subtilisé quelques unes.
Mais à les regarder de plus près,
la plupart étaient de pâles imitations.
Jusqu'au jour où...
j'ai finalement trouvé la poupée qui était chez toi.
Au premier regard, elle ne m'a pas convaincu.
Puis je t'ai vue toi, sa propriétaire.
À ce moment-là,
j'ai été comme frappé par la foudre.
Toi et ta poupée, vous vous ressembliez tellement !
Or à l'époque, ni toi ni personne ne vous en rendiez compte.
Je comprends. Après tout, tu n'étais qu'une enfant.
Ce jour-là, je me suis dit :
"Si cette petite fille...
"devenait adulte en gardant son corps d'enfant,
"elle deviendrait...
"une parfaite poupée vivante."
Quand j'ai eu cette intuition, je me suis mis à trembler.
Après ça, j'ai attendu dix ans.
Quand je t'ai aperçue étudiante à Tokyo,
j'ai su que mon intuition s'était avérée juste.
Cinq ans plus tard,
je t'ai enfin demandée en mariage.
Aujourd'hui,
enfin...
nous sommes là tous les deux.
Pourquoi tu as fait tout ça ?
Pourquoi ?
Je n'en sais rien.
Tout ce que je veux,
c'est que tu me comprennes.
Et je serai comblé.
Je ne te comprends pas du tout.
Ne bouge pas.
Sae,
écoute-moi.
Tu m'as dit que ton corps refusait de devenir adulte.
Pourquoi ?
Je ne sais pas.
Parce que tu as toujours voulu la même chose que moi.
Je ne te demanderai pas d'être une femme.
D'ailleurs, je ne te toucherai pas.
Mais je t'aimerai de tout mon cœur,
et je te protégerai à tout prix du monde extérieur.
Mais, Takahiro...
Que veux-tu que je fasse ?
Lève-toi, s'il te plaît.
Rien que la nuit.
Tu seras ma poupée. Le reste du temps, tu seras libre.
Sae.
Grâce à toi, mon rêve se réalise.
Merci.
Oh, qu'elle est belle !
Félicitations.
Merci beaucoup. Merci pour tout.
Quelle jolie mariée.
Absolument ravissante.
Adorable.
Je t'attends dans la chapelle.
Ils forment un très beau couple. Vous avez de la chance.
Merci beaucoup.
Désolée, mais l'accès est réservé à la famille.
Laissez, je la connais.
Toutes mes excuses.
Ça fait si longtemps.
Tu es devenue une belle jeune femme, Sae.
Oui, ça fait longtemps.
Vous n'avez pas changé.
Ne dis pas de bêtises. J'ai beaucoup vieilli.
Non, vous êtes restée la même.
La même qu'il y a 15 ans ?
Oui.
Je vous précède, Mademoiselle.
Oui, j'arrive.
Faites attention à votre robe.
Oui.
Plusieurs personnes m'ont parlé de ton mariage.
Il paraît que tu épouses l'héritier Ôtsuki ?
Oui.
Félicitations.
Merci.
Une nouvelle vie commence pour toi.
Tu dois avoir l'impression de vivre un rêve.
Le meurtrier d'Emili n'a toujours pas été arrêté.
Ces 15 dernières années,
j'ai l'impression d'avoir vécu un cauchemar.
Sachez que...
je n'ai pas oublié notre promesse.
Je vois.
Il y a 15 ans,
j'ai promis de vous apporter une compensation suffisante.
J'en ai toujours l'intention.
Très bien.
Je voulais juste m'en assurer.
Je n'ai pas l'intention de gâcher ton bonheur.
Mais...
Cette robe...
Cette jolie robe de poupée ne doit pas éclipser Emili,
qui rêverait de la porter si elle était encore en vie.
Sur ce, prends soin de toi.
Sois heureuse.
Asako...
J'aurais tant voulu sauver Emili.
Je suis vraiment désolée.
Mademoiselle, la cérémonie va bientôt commencer.
Je suis épuisé.
Il y avait tellement d'invités.
Beaucoup de relations de travail. Je n'en connaissais pas la moitié !
Je nous fais à manger ?
Oui.
Je fais ça, et ça...
Bien joué !
Sae.
Viens.
Je commence à avoir sommeil.
Je vais me coucher.
Toi, ne bouge pas de là.
Je veux m'endormir en te regardant.
Dès que je me serai endormi, tu seras libre.
Sae...
Ma poupée chérie...
Mon rêve s'est réalisé.
Je suis au paradis.
Bonjour.
Bonjour. Ce sera prêt dans quelques minutes.
Merci.
Je t'ai acheté un téléphone portable.
N'utilise que ça.
Ne réponds ni au fixe ni à l'interphone.
Tu peux aller au supermarché d'en face.
S'il te manque des choses, appelle-moi sur mon portable.
Je te les achèterai.
Désolé. Je ne voulais pas paraître strict.
Mais j'aimerais que tu respectes ces règles.
C'est ton meilleur moyen d'être en sécurité.
S'il te plaît, fais ce que je te dis.
Merci.
Je te laisse.
Bonne journée.
Merci.
Et voici 34 yens.
Merci beaucoup.
Au fait, l'entreprise vient de lancer un nouveau projet.
Et ?
On va devoir repousser notre voyage de noces.
Oh, je vois.
Tant pis.
Désolé.
Quand j'étais petit,
dans notre jardin,
il y avait un arbre à clémentines.
Chaque année, en mai,
des papillons Porte-queue venaient y pondre leurs œufs.
J'adorais
observer tous ces œufs
devenir des larves,
puis des chrysalides,
puis des imagos,
puis voir les jeunes papillons s'envoler de leurs propres ailes.
Et puis...
Une année,
juin puis juillet sont arrivés et une des chrysalides
n'avait toujours pas mué.
Ne bouge pas toi-même.
J'ai cru que la chrysalide était morte dans son cocon,
et ça m'a rendu très triste.
Et puis tout à coup,
le dos de la chrysalide s'est ouvert en deux.
Et là,
une grosse abeille,
d'un noir luisant, s'est jetée dehors.
Après quelques recherches,
j'ai appris que ces abeilles parasitaient souvent les papillons.
À ce moment-là,
j'ai compris que cet insecte avait décidé,
alors qu'il était encore dans sa chrysalide,
de ne pas devenir un papillon mais de devenir une abeille.
Je l'ai beaucoup envié.
Après ça,
j'ai longtemps imaginé
combien ce serait merveilleux que mon dos s'ouvre en deux,
et qu'un tout autre moi
finisse par en sortir.
Allô, maman ?
Ça va ?
Non, pas depuis le mariage.
Oui, ça va.
Tu ne passerais pas dans le quartier, bientôt ?
Non, rien de spécial.
J'ai simplement envie de discuter avec toi.
Je ne peux pas voyager si loin.
Si, ça se passe bien.
Et alors, tu pourrais quand même prendre le temps de me voir.
Je n'ai personne à qui parler.
Tu pourrais au moins comprendre.
Je ne pleure pas.
Mais non, je ne pleure pas.
Désolée pour l'attente.
Je vais me chercher une boisson.
Merci d'être venue jusqu'ici.
Je t'en prie.
Est-ce que tu traverses quelque chose de pénible ?
Non, rien de pénible.
Mais j'ai du mal à me faire à cette vie.
C'est ça, le mariage.
Je sais.
Personne ne t'a forcée à faire ce choix.
Ton mari et toi êtes différents.
Que ça te plaise ou non, tu vas devoir t'y faire.
Tu le savais d'entrée de jeu.
Allons, Sae.
Ne me dis pas que tu t'es mariée
pour divorcer à la première difficulté ?
Dis, maman.
Tu te souviens de ma poupée française ?
Quoi ?
La poupée française qu'on avait. D'où elle sortait ?
Je ne sais plus. Pourquoi ?
J'aimais beaucoup cette poupée, tu sais.
Jusqu'à ce qu'elle disparaisse.
Ah oui, ça me revient !
Tu as raison.
Elle n'avait pas grande valeur.
Ma tante s'apprêtait à la jeter, alors je l'ai récupérée.
Elle était bon marché, laide et encombrante.
Tant mieux qu'elle ait disparu !
Je vois.
Pourquoi tu me parles de ça ?
Oh, comme ça.
Ne t'en fais pas. Malgré les apparences, je suis heureuse.
Vraiment ? Si c'est le cas, tant mieux.
Rassure-toi.
Je vais résoudre mes problèmes toute seule, comme une grande.
Tu as raison. C'est le mieux à faire.
Je n'ai rien de plus à te dire.
Bonsoir.
Bonsoir.
Sae, montre-moi ton portable.
Ton portable.
Il est là-bas.
Tu as vu quelqu'un ?
Oui.
Qui ?
Inutile de mentir, je découvrirai la vérité.
Ma mère. Elle passait dans le quartier.
Ah, d'accord.
Ce n'était pas un secret, tu sais.
Ne te justifie pas, Sae.
Je comprends que tu te sentes seule en mon absence.
J'ai une idée. Allons boire un verre, ce week-end.
Au café où on allait, avant de se marier. Ça te détendra.
Par contre... Je suis désolé, Sae,
mais évite de voir des gens toute seule.
Je t'en prie. J'aimerais que tu ne sois qu'à moi, pour toujours.
D'accord.
Ça va ? Tu veux de l'aide ?
Non, je vais y arriver.
Laisse.
Ne me touche pas !
Tu as l'air contrariée.
Je ne suis pas contrariée.
Je suis triste, c'est tout.
Triste ?
Pourquoi ?
Parce que...
Tout ça n'est pas normal.
Tu n'es pas mieux que moi.
Je suis devenue une poupée pour survivre.
Je n'avais pas le choix.
À cause de l'assassin d'Emili.
Je me fiche de cette histoire.
Pour moi c'est très important !
Comme pour toi de jouer à la poupée !
Tais-toi. N'en dis pas plus.
Je refuse d'écouter tes jérémiades.
Je t'ai choisie autant que tu m'as choisi.
C'était inévitable. Tu comprends, ça ?
L'affaire d'il y a 15 ans ne compte pas.
Tu n'étais pas normale de naissance.
Pourquoi refuses-tu de l'admettre ?
Tu préserves ton corps des hommes mais tu veux qu'ils te chérissent.
Or le fait d'être une poupée t'évite d'être souillée.
C'est bien ce que tu voulais ?
Moi, je n'ai fait qu'exaucer ton souhait !
J'ai mes règles...
Oui, la poupée a trop parlé.
Je ne sais pas quoi faire.
Je fais quoi ?
Ne bouge pas !
Ne bouge pas de là.
Tu es une poupée.
Du moins, tu en étais une...
Ne bouge pas de là avant que je m'endorme.
C'est bien.
Ah, c'est notre dernière nuit.
Je suis déçu.
Je...
Je n'ai plus envie de te voir.
Je vais me coucher.
Tu n'as qu'à t'en aller où tu veux.
Asako.
Sae...
Je croyais...
que tu menais une vie heureuse.
J'ai tué mon mari.
Je vais me rendre à la police.
Ne me dis pas que ton mari est l'assassin d'Emili ?
Non.
C'était le voleur des poupées françaises.
Mais je ne crois pas qu'il était lié au meurtre d'Emili.
Je vois.
Asako.
Pouvons-nous considérer que j'ai rempli notre promesse ?
Je ne sais pas.
Probablement...
Je suis désolée.
Je n'aurai finalement rien trouvé sur le véritable assassin.
Je ne peux rien faire de plus.
Vous devrez trouver le coupable
par vos propres moyens, Asako.
Au revoir...
Réunion exceptionnelle des parents d'élèves
Trop tard...
15 ans plus tard
Non, faux. À toi, Ishimatsu.
"À Tago-no-ura, tandis que j'étais allé..."
Non plus. Essaye encore.
Je ne sais pas.
Bien. Assieds-toi.
La réponse était : "Tandis que j'allais".
Du verbe "aller", conjugué à l'imparfait.
Vous devriez le savoir.
À toi, Shimizu.
Amples, les mouvements. Vu ?
Commencez !
On échange. Commencez !
Redressez-vous. Saluez l'entraîneur.
Merci Monsieur.
Au revoir.
Rentrez bien.
Mlle Shinohara.
Ça fait 6 mois que vous faites du kendô.
Vous êtes persévérante.
Je n'aurais jamais imaginé être faite pour les arts martiaux.
Vous m'impressionnez.
Quand je m'entraîne, mon esprit s'éclaircit et j'oublie tout le reste.
Vous faites de gros progrès. Continuez comme ça.
Oui.
Mlle Shinohara, venez avec moi.
Oui.
Les parents d'une de vos élèves se sont plaints de vous.
"Notre fille déplore s'être fait confisquer sa barrette préférée.
"Son professeur ne va-t-il pas trop loin ?"
Il s'agit de vous, n'est-ce pas ?
Je lui ai rendu sa barrette à la fin des cours.
Aux yeux des parents, c'est un abus de pouvoir.
Le règlement ne tolère que les barrettes noires.
Les règles, c'est bien mais...
Je ne l'ai pas fait par simple respect du règlement.
Je suis contre le fait qu'à son âge, l'élève soigne trop son apparence.
De là à la réprimander pour une barrette !
C'était une barrette extrêmement luxueuse et voyante.
Ni l'élève ni ses parents n'ont conscience
que sa coquetterie peut susciter un désir malsain chez l'homme.
Mlle Shinohara.
Oui.
Vous avez l'air contrariée.
Comment ça ?
C'est marqué sur votre front.
Non, pas spécialement.
Convoquée par le directeur adjoint ?
Oui.
C'est comme ça qu'il procède.
À moi, il ne dit jamais rien.
Mais comme vous êtes nouvelle, il vous accuse de tous les torts.
Ça m'est égal.
Ne vous en faites pas, vous avez des alliés.
Je vois.
Ne soyez pas si dure avec vous-même.
Merci beaucoup. Je vous laisse.
Monsieur !
Oui !
Qu'est-ce que vous faites ?
Que s'est-il passé ?
Ne t'en fais pas.
Raconte-moi ce qui s'est passé.
Si tu pleures, je ne comprends pas. Dis-moi.
Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?
Ils t'ont maltraitée ? Je ne dirai rien, alors parle-moi.
Si tu ne me dis rien, je ne peux rien faire.
Tu n'es plus un bébé ! Arrête de pleurer et ressaisis-toi !
Pardonne-moi.
Bien, nous allons commencer.
Le 12 mai dernier, dans le laboratoire de sciences n°2,
un petit incident s'est produit
impliquant plusieurs élèves de dernière année.
Passant dans le couloir par hasard, Mlle Shinohara est intervenue.
Bien qu'elle ait eu une attitude inappropriée envers l'une des élèves,
elle a néanmoins évité la catastrophe et résolu l'incident.
C'est la conclusion du conseil des professeurs.
Excusez-moi.
Savez-vous ce qu'endure l'élève, depuis cet incident ?
Elle sèche l'école par peur de l'enseignante.
Oui. Sur ce point, nous sommes conscients de nos manquements.
Mais plus que jamais,
nous sommes vigilants face aux problèmes de persécution à l'école.
Ce qui a dû provoquer cette réaction excessive.
Attendez. Ne changez pas de sujet.
Nous évoquions le cas d'une élève maltraitée qui,
au lieu d'être secourue par elle,
s'est fait persécuter par une enseignante.
Excusez-moi. "Persécuter" n'est pas...
N'intervenez pas.
Nous sommes sincèrement désolés.
Pour éviter toute récidive,
nous allons revoir ensemble nos méthodes pédagogiques.
Inclinez-vous en guise d'excuse.
Je refuse.
Vous oubliez une chose :
Mlle Shinohara a permis d'éviter que la situation dégénère.
Les fautifs sont les garçons.
Si l'élève ne vient plus à l'école, c'est uniquement à cause d'eux.
Mais elle redoute d'en parler de peur d'être encore plus maltraitée.
Alors elle utilise Mlle Shinohara comme prétexte.
Dès que les élèves rencontrent des problèmes à l'école,
vous blâmez les enseignants.
Or il y a des élèves malintentionnés.
Si nous ne les sanctionnons pas, ils se croiront tout permis.
Nous devrions convoquer ces trois élèves
et les dissuader de recommencer.
Mlle Shinohara mérite des excuses.
Je me trompe ?
Au revoir, Monsieur.
Au revoir.
Bouge, bouge !
Allez, évite-la !
Je t'ai eu !
M. Tanabe.
Ah, Mlle Shinohara. La réunion n'a pas été facile.
Je tenais à vous remercier.
Grâce à votre intervention, j'ai repris confiance en moi.
Tiens, Haruki.
J'ai fait ce qui me semblait juste.
Oui.
Je vais persévérer un peu selon mes propres méthodes.
Au revoir.
Je pars aussi. Faisons la route ensemble.
Au revoir.
Il y a une raison ?
Une raison qui vous rend si stricte avec les élèves ?
Je me le demande.
Vous êtes dure avec vous-même. Ça doit être usant.
Quand j'étais petite,
je m'inquiétais toujours de savoir si j'avais raison ou pas.
Mais j'avais beau sonder mon cœur, je ne trouvais pas de réponse juste.
Alors j'en ai cherché en dehors de moi.
À l'époque, j'aurais aimé avoir quelqu'un qui m'indique le bon chemin.
C'est une tâche difficile.
Oui.
D'où mon envie de devenir ce genre d'adulte.
Et votre vocation d'enseignante.
Oui.
Armez-vous de courage, alors.
Asako.
Vous êtes...
Je suis Maki Shinohara.
Maki...
Je vois...
Ça fait longtemps.
Ça fait déjà quinze ans.
Tu es venue te recueillir sur la tombe d'Emili ?
Oui, pour les quinze ans de sa disparition.
Ça fait un moment que je voulais honorer l'anniversaire de sa mort.
C'est comme si c'était hier.
Emili était joyeuse. Elle jouait avec vous.
Je vous avais apporté du gâteau,
vous étiez surexcitées.
Vous n'en avez fait qu'une bouchée.
La tarte aux myrtilles était délicieuse.
Oui, c'était bien une tarte aux myrtilles.
Asako, je n'ai pas oublié.
Il y a 15 ans, j'ai fait une promesse.
Vous aurez la compensation que vous attendez.
Je tiendrai mon engagement à ma façon.
Entendu. Préviens-moi quand c'est fait.
Oui.
J'attends de tes nouvelles. Au revoir.
Ce n'est pas perpendiculaire. Recommence.
Applique-toi, c'est plus que tracer un trait.
Bien, Ichikawa. Va t'asseoir.
Minami, recommence.
Takei, j'ai dit perpendiculaire. Recommence.
J'en peux plus de les entendre !
Tous les jours, ils braillent. J'en peux plus !
5, 6, 7, 8.
On inverse.
1, 2, 3, 4.
5, 6, 7, 8.
Levez la main derrière la tête.
Où étiez-vous quand le suspect est entré ?
J'étais au bord de la piscine.
Au bord de la piscine ?
Excusez-moi, les enfants vont bien ?
Ils sont sains et saufs. Rassurez-vous.
Mlle Shinohara, vous avez été formidable !
Merci infiniment !
Mlle Shinohara, vous êtes blessée ?
Non, je vais bien.
Comme ça, vous avez chassé l'intrus !
Les enfants vont bien.
- Ils vont bien. - Beau travail.
Bravo.
Afin de récompenser vos courageuses actions,
veuillez accepter ce certificat de bravoure.
De la part des enseignants et des élèves.
Je suis désolé !
Regardez ça. Voilà.
Mlle Shinohara a neutralisé le suspect armé.
Merci pour son courage.
Enfin une enseignante digne de confiance.
Merci beaucoup !
En revanche, regardez ça.
M. Tanabe
Tanabe a fui avant les élèves.
Poule mouillée.
Le bon Tanabe s'avère être un lâche.
Si t'es prof, protège nos gosses.
Un dégonflé n'a rien à enseigner.
Voilà ce qu'on dit de M. Tanabe.
Nous allons devoir l'assigner à résidence quelques temps.
C'est Tanabe le dégonflé.
Tu crois qu'il a démissionné ?
Tanabe le dégonflé n'a plus la cote.
Asako, je suis heureuse de vous avoir revue après tant d'années.
J'ai une annonce à vous faire.
"J'ai récemment été impliquée dans un incident.
"Il s'agit de l'incident de l'école Minamiyama.
"J'ignore s'il a été médiatisé dans votre région,
"mais sachez que j'ai été décorée
"pour avoir combattu et neutralisé le suspect armé."
Je ne sais pas d'où m'est venu ce courage,
mais je ne peux m'empêcher de penser que c'est lié à notre promesse.
J'aimerais vous revoir prochainement
afin de vous exposer les détails de l'incident.
Merci de considérer ma demande. Je reviendrai vers vous.
Mlle Shinohara.
M. Tanabe.
Je suis assigné à résidence, je ne devrais pas être ici.
Je m'inquiétais pour vous.
Je ne veux pas de votre pitié.
Dans cette affaire, vous avez gagné haut la main.
Moi, j'ai été lamentable.
Il n'y a rien à y faire.
Le fait est que j'ai réellement été lâche.
Ne dites pas ça.
Vous étiez là, vous l'avez vu de vos propres yeux.
Vous avez légitimement le droit de me critiquer.
Celui à qui je ne pardonne pas, c'est le directeur adjoint.
Vous le saviez ?
Celui qui poste des commentaires injurieux à mon égard,
c'est le directeur adjoint.
Quoi ?
Il a toujours jalousé ma popularité auprès des enfants.
C'est ridicule !
La preuve, ma popularité ne tenait qu'à un fil.
Si je suis revenu, c'est pour lui mettre mon poing dans la figure.
Ne faites pas ça.
Je vais le frapper, ça me défoulera,
et je quitterai cet endroit sans aucun regret.
Vous ne pouvez pas faire ça.
Je vous envie.
Vous n'avez absolument pas changé.
Finalement, je ne le sens pas. Je vais rentrer.
Mais méfiez-vous du directeur adjoint.
Votre popularité est au top, il fera tout pour vous saborder.
L'intrus de la piscine est dans le coma.
Quand l'ambulance l'a emmené, il avait l'air déjà mort.
Toi, t'as vu Mlle Shinohara frapper le type, pas vrai ?
Oui, je me suis dit qu'elle en faisait trop.
C'est vrai ?
Il paraît qu'il faut pas le dire,
mais elle serait allée trop loin. Excès de légitime défense.
Oh non...
Arrêtez !
Arrêtez !
Arrêtez !
Arrêtez !
Mlle Shinohara !
Vous consultez l'intranet ?
Non.
Dans ce cas, regardez.
Tout a été anonymement posté par des parents d'élèves.
J'ai pitié des enfants.
Un prof ne blesse pas.
C'en est trop. Elle est incontrôlable !
Qu'elle assume.
Vous ne comprenez toujours pas ?
Vous réalisez combien votre agressivité
au bord de la piscine a traumatisé les enfants ?
Oui.
Regardez ça, aussi.
C'est un élève qui l'a posté. Voilà.
"Mlle Shinohara m'a traumatisé.
"Quand elle frappait la tête de l'intrus avec un bâton,
"son visage faisait tellement peur que je ne l'oublierai jamais."
Que comptez-vous faire ?
Mlle Shinohara ?
Pas le choix. Organisons une réunion de parents d'élèves
pour nous excuser auprès d'eux.
Bien.
Mlle Shinohara, vous vous expliquerez.
Bien sûr.
Pas d'objection, Mlle Shinohara ?
Sur quoi devrai-je m'expliquer ?
Ce qui vous a poussée à faire une chose pareille.
Une chose pareille ?
Votre démonstration de force à la piscine.
C'était une sorte de performance, n'est-ce pas ?
Contentez-vous de dire que vous avez agi inconsciemment,
que votre instinct vous a poussée à protéger les enfants.
Protéger les enfants...
Sur le moment,
je pensais avoir repoussé le criminel pour les enfants,
mais je me suis trompée.
Comment ça ?
Je pense l'avoir fait pour une toute autre raison.
Je viens de comprendre.
Pardon ?
Organisez la réunion.
Je raconterai toute la vérité là-bas.
Chère Asako. Samedi prochain, notre école organise
une réunion exceptionnelle à l'attention des parents d'élèves.
J'aimerais vous convier à y assister.
Lors de cette réunion, je reviendrai sur l'incident de la piscine.
Je m'adresserai aux parents d'élèves présents,
mais plus particulièrement à vous.
Là-bas, je dirai tout. J'espère vous y voir.
Maman, tu sais où est mon gant ?
Regarde près du canapé.
Où ça ?
Après l'entraînement, rentre sans faire de détours.
J'y vais !
Bon courage !
Toute l'équipe pédagogique se joint à moi
pour présenter aux parents d'élèves
toutes ses excuses concernant les récents incidents.
Nous sommes sincèrement désolés.
Nous sommes sincèrement désolés.
Mlle Shinohara va nous apporter quelques éclaircissements.
Lors de cet incident,
j'ai usé de violence à l'égard du criminel.
Et je reviens sur ma précédente déclaration, selon laquelle
je l'aurais fait pour sauver les enfants.
En vérité, j'avais une autre motivation.
Lorsque j'ai attaqué l'intrus,
j'étais lucide et en pleine possession de mes moyens.
Ce que je tiens avant tout à dénoncer,
c'est le procès fait à M. Tanabe pour sa supposée lâcheté.
Se confronter à un criminel armé
aurait été prendre un risque inutile et inconsidéré.
M. Maruyama, professeur d'EPS, avait déjà été blessé.
M. Tanabe avait assisté à l'agression. Sauter dans la piscine
était donc un réflexe naturel.
Mais alors, pourquoi suis-je restée au bord de la piscine ?
Comme je l'évoquais au début,
j'avais une raison personnelle de le faire.
Je vais vous l'expliquer.
Il y a quinze ans, alors que j'étais au primaire,
j'ai été témoin d'un homicide.
Une de mes amies proches
a été violée et assassinée dans l'enceinte de l'école.
Le meurtrier court toujours.
J'étais avec la victime juste avant l'agression.
J'ai donc rapidement aperçu le tueur.
Depuis,
je me suis souvent demandé comment j'aurais pu sauver mon amie.
Ce que j'aurais pu faire pour prévenir ce crime.
Culpabilité et regrets m'ont longtemps tourmentée.
D'ailleurs, je continue de l'être.
Puis je suis devenue enseignante.
Je me suis jurée que si un détraqué
s'en prenait un jour à mes élèves,
contrairement à il y a 15 ans, je ferais tout mon possible
pour empêcher qu'il leur fasse du mal.
Ce jour-là, par je ne sais quelle coïncidence,
s'est présentée à moi la chance de surmonter mes regrets passés.
J'ai sauté sur l'occasion, sans hésiter.
Dire que je l'ai fait pour protéger les enfants est donc un mensonge.
Je l'ai fait pour moi,
pour mon amie assassinée il y a 15 ans,
et enfin...
pour respecter la promesse faite à la mère de cette amie.
À compter d'aujourd'hui,
je quitte mes fonctions d'enseignante.
Suite à ces malentendus,
j'ai conscience de vous avoir porté un grave préjudice.
Je suis sincèrement désolée.
Merci d'être venue.
Je vois qu'à ta manière, tu as tenu ton engagement.
Oui.
Dans ce cas, pourquoi démissionner ?
Tu devrais continuer.
Non.
Rends-toi utile, et fais en sorte qu'il n'y ait pas
d'autres victimes comme Emili.
C'est aussi ton rêve, non ?
Je n'ai pas le droit au bonheur.
Je suis en pénitence, jusqu'à mon dernier jour.
Je me sens mieux. Tu l'as bien mérité !
Maki ! Ça va ?
J'appelle une ambulance.
Non...
Asako.
Je dois encore m'excuser d'une chose.
Je...
Je me souviens du visage de l'assassin d'Emili.
Quoi ?
Clairement.
À l'époque, je n'ai pas pu le dire.
Je suis vraiment désolée.
Quel genre d'homme c'était ? Dis-le moi !
Son visage d'il y a 15 ans flotte juste au dessus de moi.
Il ressemble à quelqu'un...
Qui ça peut être ?
Pourquoi ? C'est impossible !
À qui il ressemble ?
Je l'ai perdu. Mon esprit s'embrouille.
Je ne sais pas pourquoi,
mais je vois le visage d'Emili.
Désolée, c'est trop tard.
J'ai tout oublié...
Je suis vraiment désolée.
Maki ?
Maki ?
Maki !
Team KINeMA
Sous-titrage : M Adaptation française : Léa Le Dimna
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