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Zulu
Dans le système pénal américain, le ministère public est représenté
par deux groupes distincts, mais d'égale importance.
La police, qui enquête sur les crimes,
et le procureur, qui poursuit les criminels.
Voici leur histoire.
Ne bougez pas,
je dépose les sacs, je passe voir mon fils et après...
- Déposez-moi au centre. - Prenez votre temps. Le compteur tourne.
- Je vais rester. - Je pense que...
- Monsieur Karmel, bonjour. - Merci, Lila.
Comment va Evan ? Il a parlé de moi ?
Il n'a pas encore l'âge.
On devrait peut-être lui acheter une de ces tablettes.
J'en ai vu une à Boston.
- Il a cinq mois. - Oui.
Mais à sa façon de regarder le chat, je sais que c'est un génie.
Il lui reste une heure de sieste.
Il se rendormira après avoir vu son père.
Salut, mon grand.
C'est papa.
De retour de la guerre.
Lila, il va bien ?
Il allait bien quand je l'ai couché.
Je le sens à peine respirer.
Evan ?
Il est froid.
Mon taxi m'attend.
Que se passe-t-il avec mon bébé ?
Désolée, monsieur.
On s'occupe de lui. Attendez quelques minutes.
Je ne peux pas être avec lui ? Il me connaît.
Il est inconscient. Donnez-moi une minute.
Le bébé est mort.
- Il ne sait pas ? - Je voulais vous le dire en premier.
Quand son père l'a amené, il était inconscient,
faible profusion, bradycardie.
On l'a intubé et trouvé des sécrétions dans sa bouche.
Pupilles contractées d'un millimètre.
- Du poison. - Oui.
Et en fouillant dans les produits ménagers ?
Il est trop jeune pour ramper.
C'est le poison qui est venu à lui.
Et je dois dire à cet homme que son enfant est mort.
À nous de lui demander qui l'a fait.
LA LOI
L'ORDRE
NEW YORK, POLICE JUDICIAIRE
Evan a fait un bilan lundi dernier. Le pédiatre a dit qu'il allait bien.
Dans la bonne moyenne, de taille et de poids.
Désolé, monsieur Karmel.
Qu'a mangé votre bébé aujourd'hui ?
Je ne sais pas.
J'étais à Boston. Qu'est-ce qu'il a mangé, Lila ?
Ce qu'il mange d'habitude.
Vous êtes la baby-sitter ?
- La fille au pair. J'habite ici, je... - Warren ?
- Wendy ? - Warren, où est-il ?
Quoi ? Où est-il ? Je veux le voir.
Il est mort.
Non.
- Non, je veux le voir ! - Rey.
Je veux voir mon bébé.
Mademoiselle Crenshaw, qu'a mangé Evan aujourd'hui ?
Mme Karmel lui a donné un biberon le matin
et des fruits en purée.
Une bouteille de quoi et quel genre de fruit ?
Du lait en poudre.
Matrilac.
Des prunes.
Baby's Best.
Il ne mange pas les autres marques.
Je lui ai donné un biberon plus tard et le reste du bocal de prunes
avant sa sieste.
- Où était conservé le bocal ? - Dans le frigo.
Le bouchon était serré et la bouteille ouverte ce matin.
J'ai vu Mme Karmel l'ouvrir.
Comment était Evan quand vous l'avez mis au berceau ?
Bien.
J'avais le babyphone.
Je n'ai rien entendu d'inhabituel.
C'est horrible.
C'est arrivé à une autre fille au pair le mois dernier.
- C'est horrible que ça se reproduise. - Qu'est-il arrivé ?
Le bébé est mort.
Il s'appelait Matthew.
Personne n'a parlé de poison, mais on ne sait pas ce qui s'est passé.
Ouvrir des bébés me met de mauvais poil.
Ça change des autres jours ?
Voilà pourquoi j'annonce les décès.
Dans l'estomac d'Evan Karmel, je trouve des prunes.
L'analyse toxicologique préliminaire montre de la nicotine.
Le gamin fumait ?
Il a été empoisonné.
Une forte dose provoque convulsions, coma, paralysie, mort.
- Et c'était dans les prunes ? - Ou ingéré en même temps.
Et l'autre bébé mort dont a parlé la fille au pair ?
J'ai le certificat de décès et j'ai parlé au médecin.
Matthew Davis.
En bonne santé jusqu'à sa mort.
On a attribué la mort à un trouble métabolique auparavant asymptomatique.
Ça arrive.
Comment ça s'est passé ?
Convulsions, coma...
paralysie.
La fille au pair de notre bébé mort a connu l'autre fille au pair
au parc.
Même quartier. Le même genre de parents.
Quel genre ?
Warren Karmel est consultant financier. Wendy Karmel est banquière d'affaires.
Ils étaient très aimants, quand ils avaient le temps de le voir.
Il a 48 ans, elle en a 27 ?
Mon héros.
Et les parents du bébé mort il y a un mois ?
Henry et Suzanne Davis. On va leur parler.
CHEZ M. ET MME DAVIS MERCREDI 3 AVRIL
On l'a trouvé dans son berceau au matin.
C'était dimanche et...
Il y a...
un médecin qui vit à l'étage au-dessus qui...
Il a essayé de ranimer Matthew, mais il...
il a appelé une ambulance.
Votre fils n'avait jamais été malade ?
Non, ils ont dit que ça arrivait une fois sur un million.
Des tests auraient pu le révéler,
mais on n'avait aucune raison de faire ces tests.
Enfin...
C'était un bébé très heureux.
Y a-t-il eu des tests après sa mort ?
Il y a eu une autopsie
avant sa crémation.
Mais ça n'a rien donné.
Pas d'analyse toxicologique pour trouver des traces de poison ?
On n'avait aucune raison de le faire.
Qu'a mangé votre fils ce jour-là ?
Du lait.
J'allaitais et...
il avait aussi commencé à manger des aliments transformés.
De quelle marque ?
Une marque très bien notée.
Baby's Best.
On est aussi détectives.
On imagine
ce qui pourrait mal tourner lors de l'embouteillage
et on fait tout pour l'éviter.
Allez-y, posez-moi une question.
Une montre tombe dans les pêches.
On a des aimants.
Si votre montre est en plastique, on a des passoires.
Personne ne porte de bijoux, de mouchoirs, rien.
L'uniforme n'a pas de poches.
Et si un type se pointe avec du poison dans son caleçon ?
D'abord, il ne travaille pas ici. On connaît nos employés.
On teste la pureté de chaque lot.
Chaque bocal est scellé sous vide avec un bouchon de sécurité.
Si ça ne fait pas "pop", le gamin ne mange pas.
Vous testez chaque lot, pas tous les bocaux.
Vous ne lisez pas les journaux ?
C'est du sabotage,
à chaque fois, c'était dans les magasins.
- On a deux affaires possibles. - Possibles ?
Je ne veux pas voir ça aux infos
sauf si vous avez des preuves.
Les deux familles vivaient dans l'East Side, 70e rue près de Madison.
L'East Side.
On est un produit phare de la Food Boutique,
à la 72e rue, East Side.
Davis, oui, et Karmel. Ils ont des comptes ici.
Comme 600 autres familles. On est très populaires.
Je peux jeter un œil ?
Les Karmel achètent beaucoup d'eau en bouteille. Ce n'est pas un secret.
Ils commandent des caisses de nourriture en bocal ?
Les bébés en mangent à la caisse. Emily, occupe-toi de ça.
Les prunes de chez Karmel n'étaient pas dans vos rayons ?
Je ne sais pas.
Ils achetaient peut-être un bocal de temps en temps.
Ils en ont acheté une caisse deux jours avant sa mort.
- Elles sont scellées en usine. - Avec de la colle. Facile à ouvrir.
Pourquoi toucher à la nourriture pour bébé ?
Qui ferait ça ?
Avez-vous eu des problèmes avec vos employés ?
Des plaintes de sabotage ?
Non, mes employés sont ravis d'avoir du travail.
Ils se plaisent ici.
Food Boutique emploie 81 personnes,
sans compter les préposés aux fournisseurs.
Ça fait 212 à l'usine Baby's Best.
On pourrait les trier
si on savait ce qu'on cherchait.
- Casier judiciaire ? - Non.
On a deux vols à l'étalage et une bagarre dans un bar.
- Qu'en penses-tu ? - Messieurs...
J'ai un plan.
On va envoyer 293 tests psychologiques.
Food Boutique, ça me dit quelque chose. Un citoyen a porté plainte récemment.
Il a ouvert une boîte de céréales et y a trouvé une note manuscrite.
Les Noirs doivent mourir.
Vous comprenez l'anglais, madame Wessel ?
Vous avez dit qu'il n'y avait eu aucun sabotage.
Ce n'était pas très grave.
Laissez-nous décider si c'est sérieux
et on ne vous demandera pas le prix des fraises, d'accord ?
On a eu une plainte.
Savez-vous à combien de gens on livre ?
De plus, le produit n'a pas été modifié, mais juste l'emballage.
Ce n'était pas illégal. Liberté d'expression.
Avez-vous trouvé qui était ce Patrick Henry ?
Oui, un petit voyou qui livrait, et on l'a viré.
- C'est fini. - Comment il s'appelle ?
Vous allez m'arrêter pour avoir des opinions ?
La police est aux mains des Noirs ?
Et mes droits ?
Vous n'avez pas le droit de saboter la nourriture.
J'ai mis mes notes dans la boîte. Je n'ai pas touché à la nourriture.
- Je n'ai jamais ouvert de sac. - Même si c'était pour un bébé noir ?
Je suis pour la contraception dans les ghettos, mais je tue pas les bébés.
Vous êtes allés à Food Boutique ?
- Les clients sont Blancs. - Les Davis sont Noirs.
Et les meilleurs pourboires. Pas question de les énerver.
Et les Karmel ? De gros pourboires ?
Karmel ? La jolie femme en tailleur.
Oui, je les livre.
- De la nourriture pour bébé ? - De tout.
Je n'avais rien contre eux.
Elle laissait un pourboire
quand elle ne gueulait pas sur son mari.
Ils se disputaient devant vous ?
Pour ces gens...
on est invisibles, comme l'air.
Je connais tous les potins de l'Upper East Side.
Et les Karmel en particulier ?
Le mari était furieux que sa femme bosse 12 heures par jour.
Elle disait : "Tu as voulu ce bébé, reste à la maison et essuie-lui le cul."
On a d'abord appelé chez vous. On pensait que vous y seriez.
Pourquoi ?
Pour perdre la tête devant un berceau vide ?
Non, pour régler des formalités.
Mon mari s'en occupe.
J'ai une OPA de 300 millions de dollars à finaliser avant demain midi.
Chacun a sa façon de gérer un deuil,
- mais... - Écoutez...
Je pourrais tout laisser tomber.
Mais à quoi ça servirait ?
Je ne me sentirais pas mieux.
Ça ne le ramènerait pas à la vie.
Cette situation ne date pas d'hier.
Je veux dire...
Le conflit entre le travail et l'éducation de votre fils.
Je vois.
Les femmes devraient être pieds nus dans la cuisine ?
Je n'ai pas dit ça.
On a engagé Lila pour nous aider à régler ce conflit.
Pourquoi on parle de ça ?
Savez-vous ce qui est arrivé à Evan ?
C'était la nourriture ?
Ou quelque chose dedans.
Il a pu être empoisonné.
Qui empoisonnerait un bébé ?
- C'est fou. - Qu'en pensez-vous ?
Quelqu'un agissait bizarrement avec lui ?
L'ex de mon mari n'était pas ravie du divorce,
du remariage ou de la nouvelle famille.
Je ne peux pas lui en vouloir.
Mais elle ne ferait pas ça.
Oui.
J'ai été jetée comme un sac poubelle après 24 ans.
J'étais un peu contrariée.
Ou vous l'êtes encore.
Vous avez appelé Mme Karmel pour la menacer de mort.
Je suis Mme Karmel.
Salut, maman.
Voici Ben, mon fils. Le fils de Warren.
- Ce sont des policiers. - Ça va ?
On parlait à ta mère de ton frère.
- Demi-frère. - Oui, c'est...
C'est terrible.
Papa est bouleversé.
Tu es en contact avec ton père ?
Je le vois de temps en temps.
C'est une autre histoire. Warren est au chapitre deux.
Il aimerait que le premier chapitre disparaisse.
Ça ne marche pas comme ça.
Qu'attends-tu de lui ? Il travaille dur.
- Il a aussi des responsabilités. - Madame Karmel.
Étiez-vous chez Warren le jour de la mort d'Evan ?
Comment j'entrerais ?
Ils ne m'invitent pas souvent.
Ben, tu vas le voir de temps en temps ? Tu as la clé ?
Oui, pourquoi ?
Vous avez déjà emprunté cette clé ?
Vous insinuez quoi ? Ma mère aurait tué Evan ?
Ta mère a l'air furieuse.
Elle n'y est jamais allée. Parlez plutôt à Lila.
La fille au pair ?
Ils ne vous ont pas dit qu'elle l'avait empoisonné l'autre fois ?
Ce n'était pas du poison.
Le bébé était ivre.
Pardon ?
Au Cognac. Je crois.
Evan s'est évanoui.
On peut revenir un peu en arrière ?
Le bébé faisait ses dents.
Ma mère frottait du whisky sur mes gencives.
Lila lui a donné deux cuillères à café.
Oui, mais elle a oublié de frotter.
C'est la seule urgence que les Karmel ont eue ?
Jusqu'à sa mort.
Oui.
Comme l'a dit le médecin, ce n'était pas du poison, c'était un accident.
Il pleurait tellement à force de faire ses dents que je voulais le calmer.
Et si ça ne marchait pas avec le Cognac,
vous auriez donné quoi ? Des cigares ?
Ma mère donnait du Cognac à mon petit frère.
Je n'ai pas vu le mal. C'est différent, en Angleterre.
C'est ça, empoisonner des bébés. C'est très anglais.
- Ici, on les étouffe avec des oreillers. - C'est arrivé une fois.
Wendy a fermé le bar à clé après ça.
Je n'ai pas tué Evan. Pourquoi vous ne me croyez pas ?
Je ne demande pas mieux.
Mais le poison n'est pas tombé du ciel dans ces prunes.
Y avait-il quelqu'un d'autre ce jour-là ?
Non.
Mais j'ai promené Evan à midi.
Quelqu'un aurait pu entrer pendant votre absence ?
Oui. Exactement.
Comme qui ? M. et Mme Karmel ?
- Non. Ils étaient en déplacement. - Qui d'autre ?
Olivia, la gouvernante.
Elle vient le jeudi. Elle a une clé.
En lui donnant à manger,
vous n'avez pas remarqué l'odeur bizarre des prunes ?
Je ne remarque pas ces choses-là.
- Leur nourriture est dégoûtante. - Et pour la sieste ?
- Il pleurait, non ? - Mais il pleure toujours. Les coliques.
Il piaille quelque temps puis il s'endort.
Combien de temps l'avez-vous écouté "piailler" au babyphone ?
- Je ne sais pas. - Il était allumé, au moins ?
Oui, bien sûr.
Dans la cuisine et dans ma chambre.
Vous l'avez entendu vomir ?
- Je croyais qu'il crachait. - Comment le savoir ?
- Vous auriez pu vérifier. - Je ne suis pas sa mère !
Je suis venue ici pour être étudiante en art, pas nourrice !
J'ai fait de mon mieux.
Je le jure.
Cette nounou anglaise est loin d'être Mary Poppins.
Le fait qu'elle se fiche des bébés des autres
ne signifie pas qu'elle veut les tuer.
Mais c'est possible si le bébé hurle tout le temps.
Ce n'est pas l'Irak.
Elle ne serait pas flagellée si elle fuyait le pays.
Vous avez lu son contrat de travail ?
Pas moi.
Allons voir.
En attendant, on ne peut pas la retenir.
On pourrait la perdre pour de bon.
AGENCE DE FILLES AU PAIR ATLANTIC JEUDI 11 AVRIL
Vous vous trompez sur Lila Crenshaw.
C'est une fille charmante avec d'excellentes références.
Vous avez vérifié vous-même ?
Non. Mais on a des agents à l'étranger.
Si on avait eu des doutes sur Lila, on ne l'aurait pas fait venir ici.
Elle a signé un contrat de travail ?
Oui.
Elle doit travailler un an
et en attendant, on garde son billet de retour.
Et si elle ne peut pas attendre ?
Elle paye son billet retour.
En cas de circonstances extrêmes,
nous finançons le rapatriement.
Un bébé qui meurt sous sa responsabilité, c'est une circonstance extrême ?
Oui, mais ce que vous suggérez est grotesque.
C'est une chance incroyable pour Lila d'être ici. Elle est anéantie.
Vous lui avez parlé ?
Elle est venue chercher son billet retour.
Écoutez...
si Lila était malheureuse,
ni les Karmel ni les Franklin n'en ont parlé.
Les Franklin ? Qui sont-ils ?
Sa première famille d'accueil.
Elle était avec eux pendant trois mois, puis...
Mme Franklin a démissionné pour s'occuper de sa fille.
Donc, ils l'ont limogée.
De toute évidence, personne ne pouvait s'occuper de Gwen aussi bien que moi.
Lila ne s'occupait pas bien d'elle ?
Vous déformez mes propos.
Madame Franklin, soyez franche avec nous.
Pourquoi avez-vous renvoyé Lila ?
Elle n'avait pas un lien fort avec Gwen.
Hors de ses heures de travail, elle ne s'intéressait pas à elle.
Aviez-vous peur qu'elle fasse du mal à votre fille ?
Mon mari, oui. C'était irrationnel.
Il a installé une de ces caméras cachées
pour les surveiller en notre absence.
Et ?
Rien.
Enfin...
Lila mettait du temps à réagir quand Gwen pleurait.
Elle tardait à la prendre dans ses bras, mais...
Il n'y a pas eu d'abus ou quoi que ce soit.
Mais vous étiez assez inquiète pour la renvoyer ?
Pas vraiment. Je voulais m'occuper de mon bébé.
Puis on en a eu marre de payer les frais médicaux de Lila.
Quel était le problème ?
D'abord, ses dents.
Puis des éruptions cutanées.
On a cru que c'était notre chat ou les plantes de sa chambre.
On a payé pour des tests.
Ce n'était pas une allergie, mais une dépression.
Une dépression ? Pourquoi ?
On n'a pas demandé. On voulait qu'elle parte.
Vous n'avez pas pris la peine de le signaler à l'agence ?
Lila ne voulait pas. Elle avait peur qu'on la renvoie chez elle.
Elle avait rencontré un garçon.
Kevin. Il travaillait au Howser.
C'était l'accent.
Ça me rendait dingue. Même en jouissant, elle gardait l'accent.
- Quel romantisme ! - Vous avez été longtemps ensemble ?
Je la voyais deux fois par semaine.
Je l'ai larguée il y a un mois. Elle voulait emménager.
Elle n'aimait pas sa vie ?
Elle détestait.
Surtout s'occuper du gosse.
En fait,
dès qu'elle pouvait, elle venait au parc pour dessiner.
Elle connaissait toutes nos plantes.
Ça lui rappelait la roseraie de ses parents
en Angleterre.
Elle parlait de rentrer chez elle ?
Sans arrêt. Je ne comprenais pas.
À part la musique et la bière, ça vaut rien, l'Angleterre.
Elle aurait pu prendre un avion.
- Pourquoi elle ne l'a pas fait ? - C'est cher.
Ils la payaient 100 $ par semaine.
Elle dépensait son argent autrement.
Et depuis votre rupture, tu l'as revue ?
Je l'ai évitée. Elle est venue plusieurs fois.
Elle m'a appelé chez moi.
Tout d'un coup, j'étais important dans sa vie.
Oui, va comprendre.
LABORATOIRE MÉDICO-LÉGAL, QG LUNDI 15 AVRIL
J'ai trouvé du poison dans ce bocal de purée de prunes.
La nicotine est le coupable.
Rien de nouveau, ça fait deux sur deux.
J'ai aussi isolé de faibles quantités de chlore, de soufre, de triforine,
et de sulfate d'ammonium.
- Ce qui donne ? - Un pesticide.
La nicotine est l'ingrédient actif.
C'est un produit spécial utilisé contre les pucerons de rose.
Et les bébés.
Quelqu'un qui a la main verte.
Allez-y, fouillez sa chambre.
Regardez où vous voulez.
C'est ouvert.
J'ai un journal intime.
"Cinq mois avant de rentrer au pays. Je ne tiendrai pas cinq minutes de plus.
J'aimerais pouvoir m'enfuir."
"Ils gâtent ce mioche pleurnichard, c'est répugnant.
Qu'ils nettoient ses couches sales juste une fois.
On verra à quel point ils aiment leur précieux bébé."
La petite garce.
Lennie,
on a du chlore, du soufre,
de la triforine, des sulfates d'ammonium...
et de la nicotine.
Le crâne et les os en croix indiquent que ce n'est pas comestible.
On dirait un reçu.
Achat en liquide, la veille de la mort du bébé.
Appelle le commissariat.
Dis-leur de la garder.
Il était temps.
Ils auraient égaré mes papiers.
- Tout est réglé. - Tournez-vous, s'il vous plaît.
Il se passe quoi ?
Lila Crenshaw, je vous arrête pour le meurtre d'Evan Karmel.
Vous avez le droit de garder le silence.
Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous...
Une question, Jack. Pourquoi ?
Pourquoi pas ?
Ça devrait impressionner le jury.
Regardez les preuves, Ruthie. Le poison dans sa chambre...
Ce n'était pas du poison, mais une sorte d'engrais.
Drôle de façon de voir les choses.
J'ai grandi sur la 67e rue. Je n'y connais rien aux plantes.
Engrais ou pas, la police scientifique dit que c'est ce qui a tué le bébé.
- De A à Z, la route est longue. - Le journal de Lila facilite le voyage.
Parce que le gamin l'a énervée ?
Vous n'avez clairement pas connu ça, Claire.
Et ce n'est pas près d'arriver, merci.
Si vous saviez ce que je disais
quand Andrew décidait d'avoir faim,
qu'il s'ennuyait ou se sentait seul à trois heures du matin...
tous les matins.
- Tant mieux, vous avez résisté. - Vous ne prouverez pas sa culpabilité.
Non pas que je n'apprécie pas la visite, Ruthie,
mais j'aimerais revenir à votre première question.
Pourquoi ?
Comme au bon vieux temps.
Et pour facturer l'heure,
une motion pour exclure votre soi-disant preuve.
Toujours un plaisir.
BUREAU DE LA JUGE BETH KRIEGER MERCREDI 24 AVRIL
J'ai lu le rapport
et les déclarations contre ma motion, et devinez quoi ?
Je n'ai pas lu le mot "mandat" une seule fois.
Mais le mot "consentement",
doit y être cinq ou six fois.
Le consentement de qui ? Personne n'a parlé à ma cliente.
Votre cliente vivait chez les Karmel.
M. Karmel a le droit d'ouvrir
la porte d'une chambre sur sa propriété.
Propriété des Karmel destinée à l'usage exclusif de Mlle Crenshaw.
Elle était de facto une locataire.
J'ai des tas de dossiers qui stipulent
qu'un propriétaire ne peut consentir à une fouille d'un locataire.
Il y avait un bail ?
Bien sûr que non. L'accusée est l'employée des Karmel.
J'ai une pile de dossiers stipulant que le consentement d'un employeur
engage un employé.
Seulement pour fouiller la zone de travail de l'employé,
et pour des éléments liés au travail.
Lila a insisté pour que cette chambre soit son espace personnel,
son petit bout d'Angleterre.
- Pourquoi la porte était fermée ? - Fermée, pas verrouillée.
Aucun de ces dossiers ne correspond à la situation.
J'adore créer de nouvelles lois.
Je vais exclure les preuves trouvées dans la chambre de la fille...
- Votre honneur... - Monsieur McCoy...
Vous ne voulez pas un peu d'intimité dans votre chambre ?
Juge Beth Kreiger.
La liberté d'expression à tout prix.
Elle rend une condamnation impossible.
- Pas forcément. - Allez, Jack.
On n'a pas le poison.
On n'a pas le journal intime.
Lila Crenshaw a nourri le bébé.
La seule à en avoir la possibilité.
Comme la nounou suisse à Westchester.
En ce moment, elle boit du cacao...
et fait du ski dans les Alpes.
Le procureur de Westchester n'a pas pu prouver le mobile.
Et nous, si ?
Vous me refaites le coup, Jack.
Elle est coupable, Liz.
Comment pouvez-vous en être sûr ?
Les parents étaient en déplacement.
L'ex-femme travaillait de 9 h à 18 h. Son fils était à l'école.
Elle était la seule à avoir une opportunité.
Elle a avoué lui avoir donné les prunes.
Tirez juste ça au clair.
Vous pleurnicherez si vous n'obtenez pas le résultat escompté.
Ça ne marche pas comme ça, Jack. Je ne peux pas analyser une inconnue.
Je ne vous demande pas ça.
Elle est loin de sa famille, isolée, elle a le mal du pays.
Un médecin a déjà dit qu'elle était déprimée.
Donc, elle tue le bébé ?
Pour payer son billet de retour.
Belle théorie.
Allez à la barre
et laissez Ruthie vous humilier.
- Je ne suis pas un expert. - Sur les nounous à bout ? Moi non plus.
Mais vous êtes experte en psychologie du meurtre.
C'est le plus beau compliment que vous m'ayez jamais dit.
Elle a tué un bébé, Liz.
Le jury voudra entendre le mobile.
- Je ne peux que consulter les dossiers. - C'est tout ce que je veux.
D'accord.
COUR SUPRÊME, CHAMBRE 90 LUNDI 20 MAI
Docteure Olivet, avez-vous examiné l'accusée ?
Non.
Mais j'ai lu le dossier et les dépositions des témoins.
Et qu'en avez-vous déduit ?
L'accusée n'a jamais été formée pour le travail qu'on attendait d'elle.
Souvent, cela crée un manque d'amour-propre
et un sentiment d'isolement et d'impuissance.
- Et de dépression ? - Objection.
Question hypothétique.
Rejetée. Répondez à la question.
Souvent, oui.
Avez-vous examiné une nourrice accusée d'avoir tué un enfant sous sa garde ?
Non.
Mais le Dr Karl Jaspers a étudié plusieurs de ces cas.
Qu'a découvert le Dr Jaspers ?
Que le mal du pays, l'isolement et la dépression chez les nourrices
engendre de la violence envers les bébés.
Autrement dit,
elles voyaient les bébés comme la cause de leur malheur ?
Oui.
Merci.
J'avais le mal du pays en colonie, mais je n'ai pas tué mon moniteur.
- Objection. - Retenue.
JUGE BETH KREIGER
L'étude du Dr Jaspers, dont vous parlez, était-ce Le mal du pays et le crime ?
Oui.
D'un point de vue géographique,
où cette étude a-t-elle été menée ?
- En Allemagne. - En quelle année ?
En 1907.
L'Allemagne en 1907. Ça me déprimerait aussi.
- Objection. - Je retire.
Dites-moi, docteur, est-ce qu'une des nourrices du Dr Jaspers
vivait dans une maison en ville avec tout le confort moderne,
les appels longue distance illimités à la maison ?
- Objection. - Retenue.
Ça suffit, maître Miller.
Peu importe, docteur.
Une semaine avant la mort d'Evan,
j'étais chez mon père pour utiliser son ordinateur.
Dites au jury ce que vous avez vu ce jour-là.
Puis-je approcher ?
Il compte attaquer ma cliente
avec un témoignage non pertinent.
- Je cherche un mobile. - Pitié.
Vous allez présenter des antécédents préjudiciables.
Vous n'essayez pas de nous duper, maître ?
Bien.
Parce que je ne rigole pas avec l'outrage à magistrat.
Ne l'oubliez pas.
Répondez à la question.
Lila a chauffé une bouteille de lait pour Evan,
sans vérifier la température avant de le lui donner.
Il a crié.
Et qu'a fait Lila ?
Elle a crié plus fort, comme si c'était la faute d'Evan.
Qu'a-t-elle dit ?
"Ta gueule."
"Je te déteste." Ce genre de trucs.
C'est la dernière fois que je l'ai vu.
Qu'a dit votre père quand vous lui avez parlé de l'incident ?
Je ne lui ai rien dit.
Et votre belle-mère ?
Je ne lui ai rien dit.
Merci.
J'ai pris le vol de 19 h pour Chicago.
J'avais un plaidoyer pour l'YHF.
Avez-vous vu Evan avant de partir ?
Oui.
Je l'embrasse toujours avant de partir.
Je lui ai donné son plat préféré.
Des prunes.
Qu'avez-vous fait du bocal ?
Je l'ai mis au frigo.
Avez-vous remarqué quelque chose après avoir nourri Evan ?
Non, et il allait bien plus tard dans l'après-midi.
Comment le savez-vous, madame Karmel ?
J'ai appelé à la maison pendant une pause.
Lila a répondu.
Elle le tenait.
Il gloussait.
Madame Karmel,
en engageant Lila, saviez-vous
qu'elle venait d'être renvoyée par une autre famille ?
Bien sûr que non.
- J'ai fait confiance à l'agence... - Je vois.
Comment avez-vous connu cette agence ?
Pardon, je n'ai pas bien entendu.
Par la sœur de ma secrétaire.
Je vois.
Son nom ?
- Ma secrétaire ? - Non, sa sœur.
Le greffier doit le rapporter.
Je ne sais pas.
Oui.
- Digne de confiance, donc ? - Objection.
J'ai compris, maître. Passez à autre chose.
Votre mari travaille ?
Oui, il est consultant financier.
- Associé chez Moore et Chapman. - Tant mieux pour vous.
- Il doit se faire pas mal d'argent. - Et alors ?
Je vois où vous voulez en venir, je trouve ça odieux.
Continuez, maître.
À quelle fréquence votre travail vous oblige-t-il à quitter la ville ?
- Difficile à dire. - Plus d'une fois par semaine ?
- Deux jours par semaine ? - Oui.
- Trois jours ? - Je travaille très dur.
Et oui, je voyage.
- Ça ne veut pas dire que... - Je sais.
Vous avez un poste très important.
Dites-moi...
combien de siestes faisait Evan ?
- Je ne sais pas. - Son jouet préféré ?
J'aimais mon bébé.
Sauf que vous n'étiez jamais avec lui.
Objection !
Vous le connaissiez pas, car vous n'étiez jamais à la maison.
Objection.
Vous ne saviez pas ce qui se passait chez vous
à cause de votre poste à responsabilité.
Ça suffit, maître.
Je plaide pour instaurer le doute raisonnable.
Car Mme Karmel était en permanence, sans raison,
en déplacement dans tout le pays.
Elle n'aurait jamais su si O.J. avait pris le thé chez elle.
J'ai dit, ça suffit.
Après cette séance, vous ferez un chèque, maître.
- Cinq cents dollars. - Très bien.
Une dernière question.
Pour quelle raison avez-vous appelé de Chicago
le jour de la mort de votre bébé ?
J'attendais des documents de Paris.
Je voulais savoir s'ils étaient arrivés.
Salut.
Beau spectacle.
J'adore ce côté impitoyable du métier.
Du thé à emporter.
Elle vient de perdre son bébé.
Vous la faites passer pour Lizzie Borden.
C'est drôle.
Lizzie Borden a tué sa famille et est devenue une icône féministe.
Wendy Karmel n'a pas fait ça.
Avec elle, vous avez fait reculer le féminisme de 50 ans.
Parce que j'ai montré sa négligence ?
Car vous jouez sur les idées fausses de la moitié du jury.
Pour vous, le travail et la famille sont les devoirs de la femme.
C'est un choix personnel.
Vous travaillez et avez un enfant.
À votre avis, je ferais ça si Martin n'était pas parti avec sa dentiste ?
Rien ne vous ferait sortir d'un tribunal.
Votre fils de cinq ans n'a aucune chance.
Croyez-le ou non, mais ce qu'Andrew rate m'inquiète.
Et ce que moi, je rate.
Mes priorités sont peut-être un peu tordues.
Je n'aurais jamais cru vous entendre dire ça.
Mettez-vous à ma place...
et revenez me parler.
Tic-toc.
COUR SUPRÊME, CHAMBRE 90 MERCREDI 29 MAI
Madame la présidente du jury,
vous avez eu trois jours de plus pour délibérer.
- La situation a-t-elle évolué ? - Non, votre honneur.
Selon vous, il serait inutile de vous donner plus de temps ?
Malheureusement, oui.
Le jury est dans une impasse
et dans l'impossibilité de rendre un verdict.
Je me dois d'annuler le procès.
Les avocats seront convoqués dans deux semaines
pour parler d'une nouvelle date de procès.
La liberté sous caution de l'accusée est maintenue.
Sept jurés à cinq contre la condamnation.
- C'est incroyable. - Cinq de plus qu'à Westchester.
C'est très gratifiant.
Au nouveau procès, nous choisirons un jury plus éclairé.
Oui.
Trouvez-moi 12 citoyens qui pensent que la place d'une femme
est de signer des contrats de plusieurs milliards à Chicago.
Lila Crenshaw a tué le bébé, Adam. Elle ne s'en tirera pas comme ça.
Ruthie ne la représentera peut-être pas au nouveau procès.
Ruthie Miller ?
Qui paie ses factures ?
Le consulat britannique.
Allez prendre le thé. Offrez-lui un crumpet.
Vous avez fait tout ce chemin.
Je suis flattée. Pas pour me féliciter, j'imagine.
Homicide volontaire avec recommandation de peine.
Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'ils font semblant de s'écraser
et ils pensent qu'on ne verra rien.
- Je n'ai pas tué Evan. - Cinq jurés ont pensé le contraire.
Mais sept l'ont innocentée.
Allez-y, retentez votre chance.
Continuez comme ça et vos parents finiront à Attica.
Je déteste dire ça, mais elle a peut-être raison.
Attaquons les parents, pas la victime.
Pour prouver que Lila a empoisonné la nourriture,
il faut appeler Wendy Karmel à la barre.
Dès qu'on aura fait ça, Ruthie lui fera sa fête.
Je n'ai jamais aimé tourner en rond.
Mais c'est marrant quand on trouve le chemin.
On a tourné dans la mauvaise direction.
Mise en danger de la vie d'autrui ? Vous plaisantez !
- Je suis très sérieux. - J'ai compris.
Ma cliente, la sadique, a trop vaporisé ses pétunias.
Ça s'est répandu dans le bocal de prunes du frigo fermé.
Sacrée théorie, Jack.
Au contraire, notre théorie est que Lila n'a rien à voir
avec l'empoisonnement.
Et elle est coupable parce que ?
Comme elle a entendu le bébé pleurer et vomir après l'avoir nourri,
et elle a choisi de l'ignorer.
Elle l'a avoué à la police.
Excusez-moi. Acte de culpabilité. Vous en avez entendu parler ?
Il faut faire quelque chose pour être tenu responsable pénalement.
Sauf si vous avez le devoir d'agir et que l'ignorez sciemment.
Mlle Crenshaw était l'employée responsable de la garde du bébé.
En fait, comme son avocate l'a prouvé au premier procès,
elle était la seule à avoir la garde.
Vous ne voyez pas ce qu'ils font ?
Voyons voir.
Changement de théorie.
Le témoignage des parents n'est donc pas pertinent.
Par conséquent, vous ne pouvez pas les diffamer au tribunal.
- Comment je m'en sors, maître ? - Très bien, mais ce n'est pas tout.
Dans cette théorie de l'affaire, le mobile n'a plus d'importance.
Je suis impressionnée.
La motion de non-lieu est rejetée.
- Merci d'être venue en ville, Ruthie. - Mignon.
L'accord tient toujours ?
Je vous l'ai dit, on ne fait pas semblant de s'écraser.
Combien de fois maman m'a dit : "Ruthie, tu parles trop" ?
Et l'innocence de votre cliente ?
Partie avec l'eau du bain.
Mauvaise blague.
On parlera.
Rends-moi service, Claire.
Prépare à nouveau tous nos témoins.
Attendez.
Son avocate
ne va pas me mettre en pièces cette fois.
On fera de notre mieux.
Jack voudra te parler de l'incident avec le lait.
Dis la même chose que la dernière fois.
Tu te souviens d'autre chose ?
Quoi que ce soit qui rende Lila irresponsable ?
Il y a eu un truc.
J'ai vu la poussette toute seule sur les marches.
Evan pleurait dedans.
Où était Lila ?
Elle a dit qu'elle vérifiait le courrier.
Elle a dit autre chose ?
Elle m'a dit...
d'arrêter de venir fouiner quand...
papa n'était pas là.
Quelque chose ne va pas, Ben ?
Si je parle,
cette avocate voudra me faire porter le chapeau.
Dis-moi.
On n'abordera pas le sujet si on n'est pas obligés.
Je savais qu'elle avait...
ce truc pour les plantes.
Je l'ai vu dans sa chambre.
J'ignorais ce qu'elle allait en faire.
Il a vu le pesticide ?
C'est ce qu'il a dit.
S'il l'avait dit avant le premier procès, on aurait pu avoir une chance.
C'est un gamin, Jack.
Il ne savait pas.
Va-t-il tenir le coup, cette fois ?
C'est clair et net.
Il a vu Lila abandonner le bébé seul sur les marches.
Et l'incident du lait bouilli...
Montre-moi la transcription du procès.
Le rapport de police.
Quoi ?
Au procès,
il a vu Evan pour la dernière fois une semaine avant le meurtre.
L'incident du lait.
Et alors ?
Lila a acheté le pesticide la veille de la mort d'Evan.
Il ment, Jack.
Ce ne serait pas une bonne nouvelle.
Ça l'a déjà été ?
Il se peut que le petit Karmel mente.
Et il se peut que l'Anglaise ne soit pas coupable ?
Peut-être.
Le procès est demain ?
Le jury a donc prêté serment sur l'affaire contre la fille.
L'incrimination a été ajoutée.
Il n'y aura pas d'autre procès.
Ben Karmel a survécu à un procès.
Aucune raison de croire qu'il ne survivra pas à un autre.
Bon...
même si ce n'est qu'un gosse,
il ne faut pas y aller avec des gants.
Vous voulez que j'attaque mon propre témoin ?
Ruthie Miller adore les contre-interrogatoires.
Ouvrez-lui la porte. Voyons ce qui se passe.
COUR SUPRÊME, CHAMBRE 90 JEUDI 13 JUILLET
Evan était dans la poussette.
- Il pleurait. - Je renouvelle mon objection.
Et je renouvelle ma décision. Rejetée.
Continuez.
Lila était dans la maison.
Elle m'a dit qu'elle regardait le courrier.
Avez-vous déjà vu Mlle Crenshaw utiliser des pesticides sur ses plantes ?
Je ne l'ai jamais vue l'utiliser, mais je l'ai vu dans sa chambre.
Merci. Plus de questions.
Vous m'en devez une.
Vous aimiez votre frère, non ?
Bien sûr.
Vous avez dû penser qu'un petit mensonge
pourrait aider à condamner Lila Crenshaw.
- Je ne mens pas. - Une petite exagération.
Ce que dis est là vérité.
Bien.
Maintenant que c'est réglé,
où étiez-vous le jour où Evan est mort ?
À l'école.
Et si on vérifie auprès de l'école, ce sera confirmé ?
Oui.
Bien.
Mon assistante est au téléphone avec l'école.
Bon, écoutez...
J'ai séché quelques cours.
Vous avez la clé de la maison ?
- Il se passe quoi ? - Répondez à la question.
Oui.
Étiez-vous dans la maison
- le jour où Evan est mort ? - Non !
C'est ce que les philosophes appellent une énigme.
Récapitulons.
On a déjà établi que vous disiez la vérité.
On a aussi établi
que votre dernière visite à la maison était...
- Une semaine avant. - Oui.
C'est vrai.
Mais quelque chose n'est pas clair.
Vous avez vu ce pesticide.
Quel est ce papier ?
- On dirait un reçu pour le pesticide. - Quelle est la date ?
- Le 31 mars. - La veille de la mort de votre frère.
Allons plus loin, d'accord ?
Quand vous avez séché l'école, où êtes-vous allé ?
- À un match des Mets. - Oui.
Au match d'ouverture.
J'y étais aussi.
Avec mon fils. Avec qui étiez-vous ?
Des amis.
Leurs noms ?
Je ne sais pas.
Vous devez être proches.
Où étiez-vous assis ?
Je suis désolé.
J'aimerais voir les avocats dans mon bureau.
Avant d'aller plus loin,
sachez...
que vous avez le droit de parler à un avocat.
Que peut faire un avocat ?
Vous n'étiez pas au match, pas vrai ?
Vous êtes allé chez votre père ?
On devait aller au match.
On y allait tous les ans.
Vous avez tué Evan parce que votre père avait oublié ?
Parce qu'il a tout oublié.
Je suis aussi censé être son fils.
J'appelle l'officier de justice.
Que se passe-t-il ?
Où est-il ?
Fils de...
Je vais te briser le cou.
Vas-y, papa.
Que puis-je dire ?
Il faut bien avouer que j'avais raison.
Vous étiez prête à l'envoyer 10 ans en prison pour homicide volontaire.
Mais grâce à vos ego surdimensionnés...
On raconte tous n'importe quoi.
Oui.
Qu'est-ce qu'il a ?
Vous avez gagné, Jack. Le méchant est en prison.
La culpabilité.
Un autre verre et ce sera oublié.
Bon sang.
Une autre fois.
J'aurais dû être rentrée il y a une heure.
Sous-titres : Jérôme Salic
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