All language subtitles for flic-story-alain-delon-jean-louis-trintignant-1975

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Original subtitles

Je m 'appelle Bornich.

Roger Bornich.

Inspecteur à la Sûreté Nationale.

Flic.

Et je l 'aime, ce putain de métier.

Pourtant, ce matin, je serais bien resté au lit avec Catherine.

Catherine, elle... Elle rêve qu 'on se marie, qu 'on régularise notre

Et pour ça, il faudrait que je devienne principal.

Principal, j 'en fais les fonctions.

Mais il me manque juste le titre.

Et le salaire.

Tout de même, j 'ai réussi quelques affaires criminelles importantes depuis

je suis dans la boîte.

Et ça, le patron ne peut pas dire le contraire.

Mais ce matin -là, je ne m 'attendais pas à celle qui allait me tomber sur le

nez.

Salut, Gormier.

Bonjour, Roger.

Il dit des conneries.

Laissez -moi se faire avec lui.

Tu peux faire mieux que nous.

Moi, j 'ai bien de croire, Raymond.

Je dis toujours la vérité.

Alors, le 17, le jour de la fusillade, t 'étais pas à Paris.

Tu étais à Rouen.

Chez mon beau -frère.

Il va vous le confirmer.

Ceux qui prétendent m 'avoir vu à l 'intérieur de mon bar ne m 'ont vu que

'extérieur. Alors, forcément, ils confondent.

Ou ils veulent te nuire, j 'en doute pas.

Alors, pourquoi vos collègues m 'ont mis la tête au carré ? Il faudrait savoir.

Ils sont impulsifs.

Et toi aussi, des fois, tu es impulsif, Raymond.

Pas le 17, mais le 16, ou le 20, ou le 22.

Allez.

Je suis bon, Prince.

Je vais être relargué.

Moyennant. Les renseignements que tu donnes au commissaire Clot, ça ne te

coûterait rien de me les faire passer en priorité.

Mais dites donc.

Non, mais je ne suis pas un indique.

Oui, mais c 'est le nom de ceux que tu as fait tomber.

Des ordures qui travaillaient pour la Gestapo.

C 'est pas pareil.

Je me demande bien pourquoi on ne t 'a pas décoré de la Légion d 'honneur.

Alors oui.

Bon, j 'arrive.

Décide -toi vite, je vais juste avoir le patron.

Je te laisse le temps de réfléchir.

Buisson s 'est évadé.

Buisson ? Je ne connais pas. Vous n 'étiez pas encore dans la boîte.

Lorsque ce Buisson a conquis Ségalon, joli palmarès de braquage, attaque du

crédit Lyonnais A3 avant la guerre, en 1942, l 'affaire de la rue de la

Victoire, un enquêteur défendu, Borniche,

je veux que vous me sautiez Buisson avant la préfecture de police.

On va prouver au commissaire Clot que la sûreté nationale existe et que le quai

des Orfèvres n 'a pas le monopole des affaires criminelles. Mais méfiez -vous.

M. Émile tire vite et juste.

Ce n 'est peut -être pas pour vous déplaire.

Sinon, je serais chef de rayon à la belle jardinière.

Faites vite, mettez tous vos indics en compétition. À ce propos, patron, je

voudrais qu 'on lâche Raymond Pelletier.

Oh là là, hé, oh, vous allez fort, là. Mais le basque a été descendu en sortant

de son barque, je sache.

Oui, mais il prétend qu 'il était à Rouen et son alibi tiendra.

Seulement, je crois qu 'il a un condé avec Clot.

Ça ne vous amuserait pas qu 'on le court -circuite ? Si vous me prenez par les

sentiments, c 'est pour le mieux.

Vous êtes responsable.

Oui, je fais.

Vous faites passer Buisson en priorité. Vous prenez son dossier aux archives.

Si vous réussissez, cette fois, je vous garantis que vous passez point coupal.

Oui.

Dis donc, les gars, Buisson, ça vous dit quelque chose ? Le malfrat qui vient ne

s 'est pas été juif.

Le patron veut qu 'on s 'en occupe.

Les archives, s 'il vous plaît.

Et Raymond ? On le laisse filer, Raymond.

Justement, à ce sujet, je voulais te dire, j 'aime pas tellement tes

Tu vas peut -être que je lui promette des tablettes de chocolat ? C 'est une

idée.

Roblin ! C 'est Borniche.

Dis -moi, tu peux me chercher le dossier Buisson ? Oui, Émile Buisson.

Je te remercie, je t 'envoie d 'Arros.

Alors, tu es convenu ? Convenu ? Je n 'ai rien convenu, moi.

Ah ben, si tu n 'es pas d 'accord, je m 'arrangerai pour qu 'on sache que tu

rends garde au commissaire Clot.

Vous me prenez vraiment pour une salope.

C 'est pour ça que je vais te laisser mon téléphone.

J 'ai un vicieux, moi.

J 'adore les salopes.

Et mon bar ? Je vais pouvoir le rouvrir ? Bien sûr.

Si un jour le dénommé Buisson venait par hasard se désaltérer chez toi, tu me

fais signe.

Buisson ? Non mais dites non, vous n 'êtes pas bien.

Il connaît ? J 'ai dû le voir autrefois, comme beaucoup de gens.

Je croyais qu 'il était encore en cabane. On l 'a libéré.

Bonne conduite.

Emile.

Vos frères Emile, je te présente Suzanne.

La frangine à René.

C 'était la femme du petit pire rôleux stéphanois. Les flics l 'ont buté

le braquage à la gare Saint -Charles à Marteille. Oui, je sais.

Bon, on va puter ici en attendant mieux.

De toute façon, je peux pas retourner chez moi, les flics doivent y être déjà.

Ils ont dû consulter les archives.

Et le chauffeur. Mario le Rital, il est parti abandonner la voiture. Mais te

casse pas la tête, c 'est un mec sûr.

Quand il reviendra, Mario, il faudra qu 'il aille chercher une autre voiture.

On en a peut -être pas besoin tout de suite.

Suzanne. Tu n 'as pas une ou deux courses à faire ? Je vais

te ramener la première de Francois.

Vous avez d 'autres fringues ? J 'ai envie d 'aller au bal cet après -midi.

Ça pourrait peut -être attendre un peu.

Les donneuses, moi j 'aime pas qu 'elles attendent.

À la vôtre.

Bonsoir, petit flic.

Bonsoir, grande fille.

Bonne journée.

Oui, un boulot du diable.

Comme Maître Bernier n 'était pas là, il a fallu en plus que je réponde au

téléphone.

En plus, j 'ai attendu le bus près d 'une demi -heure. On le met trop, on l

'attend jamais.

José ! Oui ? J 'ai la voiture pour dimanche.

La Talbot ? Oui.

Formidable.

À midi, je suis passée au garage.

Mon père a fini par me céder.

C 'est très difficile de te refuser.

Je serais devenu un père indigne.

Qu 'est -ce qu 'on fait ce soir ? Rien.

Malheureusement, il faut absolument que je lise ce dossier avant demain matin.

Excuse -moi.

On passe le diable au corps, Normandie.

Oui.

Tu m 'avais promis qu 'on irait le voir.

On ira la semaine prochaine.

Ça va tenir l 'affiche.

Tu ne pourrais pas faire un autre métier.

Il faut bien foudre les clients en tant que patron.

Hein ? C 'est le buisson qui s 'est dévadé ce matin ? Oui.

Lui -même.

C 'est un fou ? Non.

Il fait le fou parce qu 'on s 'échappe mieux dans l 'asile que dans une prison.

Et il est dangereux ? Oui, très.

Sûrement parce qu 'il a une enfance très misérable.

Un père alcoolique qui l 'envoyait voler pour se nourrir.

Ça ne fabrique pas des séminaristes, tu sais.

Il est arrivé à un point de non -retour.

On ne peut lui rendre qu 'un service.

L 'empêcher de tuer pour qu 'il sauve sa tête.

Tu aurais dû être avocat au lieu d 'être flic.

Peut -être.

Borniche sur tes nationales.

J 'ai bien consulté le cours, c 'est Jean -Baptiste Puissant. Le frère d

Décidément, tout le monde s 'en occupe aujourd 'hui.

On en dit un.

Vous délirez, messieurs ? Les mains en l 'air.

sur les tables.

Les bijoux, les briquets, tout.

Et vite !

Personne ne bouge.

Les gars, ils m 'ont tiré dessus.

Ton homme, il est là ? Qu 'est

-ce qui t 'arrive ? On a besoin de rester là un moment.

Il y a de l 'orage dehors.

Content de te voir, Raymond.

Merde ! Je ne m 'attendais pas ! Je peux me débarbouiller ?

Je t 'en prie, il y a de la flotte au bar.

Messieurs, on va s 'installer dans la salle du fond.

Ça n 'a pas tellement changé depuis cinq ans.

Bon, ben dis donc, il y a le paquet.

C 'est l 'héritage de grand -mère.

Alors on voudra tout faire le matin.

Bon. Eh ben, j 'irai faire l 'armée mouche demain.

Vous connaissez ces conditions ? Oui.

Et toi, t 'auras ton bouquet aussi, mais il faut faire vite.

Je dis, ça te va ? Bon coup.

T 'apprends l 'heure.

Très bien.

Eh ben, va -t 'en. Allez, sort -nous une rouille.

L 'agent Schmitt est mort des suites de ses blessures.

Ça, c 'est du buisson tout pur.

Le signalement correspond et c 'est sa façon d 'opérer.

Voilà un lascar qui, quelques jours après sa cavale, a déjà reconstitué une

équipe et s 'est remis en piste.

Il ne perd pas de temps, monsieur Emile. Ce n 'est pas comme vous.

Vous piétinez, mon cher.

Écoutez, commissaire, comment voulez -vous que je pique buisson en huit jours

Mais dans la presse, on dit que vous êtes un super flic. Si je pouvais m 'en

passer de la presse ? En attendant, il faut vous dépêcher.

La PP va sortir son artillerie lourde.

Alors qu 'est -ce que vous faites au juste ? À part de fumer cigarette sur

cigarette.

On serait le domicile du frère. Les hommes de la préfecture sont déjà sur le

coup. Alors cherchez autre chose.

Je ne fais que ça, monsieur le commissaire.

Ah, on te demande au téléphone.

Raymond Pelletier. Il veut parler qu 'à toi.

Allô, inspecteur ? C 'est au sujet de votre ami.

Mon ami ? Quel ami ? Celui qui a été libéré pour bonne conduite.

Ah oui, oui, je vois. Oui, alors ? Un homme viendra jeudi.

Vers 4 heures, à mon bar.

Vous n 'aurez qu 'à le suivre.

Il vous conduira sûrement au bon endroit.

Très bien.

Merci.

R .G.

Allô ?

Peut -être que l 'un, mais moi, je ne sais pas.

Il doit te venir l 'appeler. Il faut aller le rejoindre tout de suite avec le

patron. Ah bon ?

Bon,

j 'espère qu 'il va nous confirmer tout ça.

Sinon, on va avoir quelques petites conversations tous les deux.

Il est ici. Où ça ? Va surveiller la rue Désirée, c 'est la première à gauche.

J 'ai suivi Jean -Baptiste Buisson jusqu 'ici.

Il est entré dans un immeuble au vide de la rue Désirée.

Je reste ici avec Idoine et Daraus.

Dès qu 'on saura exactement où ils crèchent, je me charge de les sauter.

Tout seul, M. Maigret ? On sera aidé par le commissariat du quartier.

Entendu. Mais si vous loupez Buisson...

Moi, je vous expédie à Cap -Andra à arrêter les voleurs de poules.

Je sais.

Et Robert, pour plus de casse -graines.

Un peu de bière. L 'autre, c 'est pour d 'autres.

C 'est bon, hein ?

Il

faut qu 'on... Viens, tu

es mort de faim ? Oui, c 'est comment ? Je vais te mettre un

peu de bière, hein ?

Qu 'est -ce qu 'on fait ? On peut pas attaquer, c 'est pas l 'heure.

Et les autres ? Croient qu 'ils attendent le lever du jour pour tuer

monde ?

Merde ! Les blics ! Les

blics ! Même toi !

On

a été balancés.

Montez au sixième, vous pouvez passer par les toits, dépêchez -vous.

Je vois si vous pouvez passer.

L 'ambulance arrive.

Bonjour.

Adieu, Germaine. Bonjour, le commissaire.

Dites à Borlich.

Pour un ancien parachutiste, vous sautez moins bien que Buisson.

Je vous en prie, commissaire. Si vous aviez réussi les complications avec la

préfecture, on n 'aurait aucune importance.

Le commissaire Enclos prétend qu 'il a tendu un piège à Buisson et qu 'on a

fait rater.

Eh bien, Clos, je l 'emmerde. Oui, en attendant, on est dans la viande, mon

cher, et jusqu 'au trou donné.

Mais enfin, commissaire, si on n 'a pas Buisson, on a son frère et un complice.

Qu 'est -ce que c 'est ? Toujours rien.

Pas tout le secteur au pays. Ils sont par chambre et toutes les classes.

Voilà.

Vous voyez ? Toujours rien.

Toujours rien.

Je vais avoir des nouvelles du frère. Il s 'en tirera avec un mois d 'auto.

J 'ai la fille. Rien à en tirer. J 'ai une vraie panthère.

Je suis convoqué chez le directeur à 14 heures.

Vous savez ce que ça veut dire.

Alors préparez -moi un rapport détaillé.

Oui.

De la peur ?

Catherine. Oui.

Mais non, je vais bien, qu 'est -ce avec les histoires ? Elles vont te raconter

des conneries.

Mais enfin, Roger, pourquoi tu me parles comme ça ? Oui, je sais, mais excuse

-moi.

Excuse -moi.

Non, vraiment, Catherine.

Je ne peux pas te dire.

J 'essaierai d 'être libre.

Oui.

Je ferai tout mon possible.

C 'est ça.

Je te rappelle dans la soirée.

C 'est ça.

Oui, je t 'embrasse.

Mais tu ne te rends pas compte ? Il se trouve quatre jours le temps que je lui

trouve une piole.

Ok, merci.

J 'ai trouvé quelque chose.

À Champigny, chez un ancien casseur.

C 'est un ami.

Tu vas à l 'hôpital, tu lui donneras l 'adresse.

Il y passe le plus vite possible avec des chargeurs d 'école 45.

D 'accord.

Le monde de Dieu ! T 'es cuit, bolec ! J 'irai te voir cracher dans la sueur le

même jour que tes frères Buisson.

Je vais t 'écraser tes baloches, pourriture, et tu t 'en serviras plus

'entends ? Plus jamais ! Alors c 'était pas Émile

Buisson qui était à Gambetta avec toi, hein ? C 'était un nommé, hein ? Dis

un peu.

Répète tes conneries.

Allez, répète ! Chance au Muller ! Je le connais que sous ce nom -là.

Mais je vais te faire bouffer ta merde ! Espèce de salaud, si tu continues à te

fuir de ma gueule ! C 'est pas encore arrivé à la santé, mon pote.

Il prétend que l 'homme qui s 'est tiré par les toits, c 'était pas Émile

Buisson.

Intéressant.

On va prendre ta déposition, on va voir si ça correspond avec celle de ta sœur.

Puis après, on se parlera tous les deux.

Tu as réussi à me souvenir deux secondes.

Qu 'est

-ce

qu 'il y a encore qui ne te plaît pas ? Tu le sais bien.

Entre la part qu 'a tué un flic, tu voudrais que je lui fasse des cadeaux. C

'est peut -être pas lui qui a tué le motard.

De toute façon, tu pourrais faire ton métier sans en rajouter.

Roger, tu commences à nous les casser.

Tu prends des grands airs, mais tu n 'es pas le patron.

Des titres comme ça, c 'est de la vermine.

La vermine, on l 'écrase stupide.

C 'était ton frère ou ton père, le motard qui s 'enflinguait.

Tu verrais peut -être les choses autrement.

Tu crois ? J 'en suis certain.

Dans le fond, t 'es qu 'un amateur.

Je vais te raconter une histoire, Lucien.

Une histoire que je ne raconte jamais.

Imagine -toi que j 'avais un frère.

Un frère que j 'aimais beaucoup.

En 44, les gens de la Gestapo de la rue de Reston l 'ont cravaté.

Je ne sais pas si tu vois très bien ce que je veux dire.

Ils lui ont fait tellement de cadeaux à ta façon qu 'il en est mort.

Faut tout de même pas confondre.

Je ne suis pas rentré dans la police pour ça.

Quand j 'ai touché ma carte, je savais que je risquais de me faire descendre.

Et je savais aussi que le fait d 'être poulet ne donnait pas tous les droits.

Messieurs.

Quand on emploie certaines méthodes,

On se rabaisse en dessous de ce qu 'on appelle de la vermine.

Dis donc, le P -38 de Bollac, tu l 'as envoyé à la balistique ? Oui, oui.

Vous n 'avez rien à me dire ? Je n 'ai pas l 'habitude de causer aux flics.

Vous préférez les truands.

Chacun ses goûts.

Avec les truands, on ne risque pas de s 'habituer.

Mes hommes, au moins, ils n 'ont jamais le temps de s 'aller en mes draps.

Vous allez être inculpé de non -dénonciation de malfaiteur.

C 'est plutôt bien, non ? Mais le buisson est un tueur. Je pense qu 'il n

'hésiterait pas à vous descendre.

Si je le balançais, ce serait normal.

Il y avait des armes chez vous. Il y avait Emile Buisson qui a tué un motard

la police.

Vous finirez aux assises avec toute la bande.

Si ça peut vous faire plaisir.

Non, croyez -moi.

Ça ne me fait pas plaisir que vous fassiez 4 ans aux 52.

Eh bien, je n 'insiste pas.

Vous ne voulez pas nous aider, on va vous envoyer au dépôt.

Oui !

Pas

mal, hein ? Votre frère, ça ne vous fait rien qu 'il finisse sur les

guillotines. Il n 'a rien fait, mon frère ! Malheureusement, si.

Et bientôt, il vous faudra choisir entre mille buissons votre frère.

Bon, mon collègue va vous poser quelques questions.

Il indiquera que vous refusez de répondre et si vous ne voulez pas

'indiquera aussi.

Et puis voilà.

Seulement, vous êtes dans un sacré pétrin.

Il n 'y a que moi qui ai un peu envie de vous en sortir.

Vous êtes trop aimable.

À toi.

Tu t 'appelles Susan Bolek.

C 'est à toi ce calibre.

C 'est celui que tu avais quand on t 'a sauté.

Tu veux pas dire le contraire, non ? Je ne pensais pas te servir.

Non, cette fois -ci, tu n 'as pas pu t 'en servir, tu étais enrayé.

Malheureusement pour toi, je viens de recevoir le rapport balistique.

Ce sont les balles de ton P -38 qu 'on a retrouvées dans le corps d 'un nommé

Alfred Thibon.

Il frédo l 'accordéoniste.

Ça ne te dit rien ?

Il a été descendu le 3 septembre.

Le jour de l 'évasion des 1000 buissons.

Vous ne perdez pas de temps.

Je n 'ai rien à voir là -dedans.

Ça encore, c 'est de la musgueule.

Entre voyous, on ne peut pas vous demander de régler vos comptes à la

Seulement, quand j 'ai les petits flingues, il a aussi servi à tuer l

Schmitt.

motard de la route et père de trois enfants.

L 'agrandissement des photos est formé là -dessus.

Eh, regarde -le bien ton calibre.

Ça va te coûter cher, mon petit René.

C 'est pas à moi ! Pas la peine de gueuler avec moi.

Je l 'ai montré à ta sœur.

Elle le reconnaît.

Ça m 'étonne, elle m 'a frangé une hélicoïde dalle en flingue.

Alors, explique -moi pourquoi tu l 'avais sur toi.

En foutant le camp, j 'ai pris le premier calibre que j 'ai trouvé sur la

Mais c 'est pas le mien.

C 'est celui des 1800, alors.

C 'est pas Émile Buisson qui était avec nous.

Ah oui, c 'est vrai, oui.

Oui, c 'était un certain, comment tu l 'appelles ? Muller.

C 'est ça, Muller. Eh bien, c 'est le calibre de Muller.

Il fout de ma gueule.

Vous n 'avez rien contre les escargots, j 'espère ? Ils sont très bons.

C 'est un brigadier de la police qui nous les a rapportés de la campagne.

C 'est dimanche demain.

Vous ne voulez pas que je me réveille pour aller à la messe ? Monsieur

Les curés.

On doit pas les aimer beaucoup, les curés.

Tu as eu du bol.

Je suis content de te voir.

Amener du ravitaillement ? Faudrait aussi que tu me trouves une grenade.

Une grenade défensive de l 'armée.

À quadriller.

Et qu 'est -ce que tu veux en foutre ? Faire sauter la gueule du premier flic

qui viendra me faire du gringue.

J 'ai été chez l 'arménouche. Et alors ? Disparu depuis deux jours avec les

bijoux. Qu 'est -ce que tu en penses ?

Le

docteur demande que vous ne restiez pas trop longtemps.

C 'est la numéro 4.

Toi, je parie que t 'es de la maison Poulaga.

Assieds -toi.

T 'es gentil de venir me voir.

Je m 'ennuie un peu ici.

Ça manque de copains.

Comment tu t 'appelles ? Tu renverses les rouges, embêtiste.

Je vois pas pourquoi. Ce seraient toujours les flics qui poseraient les

questions.

C 'est pas toi le fameux Bornich ? Bravo.

Il paraît que tu bouffes du malfrat pour ton petit déjeuner.

Si on parlait de l 'auberge d 'Arbois et de l 'agent Schmitt, on n 'a pas

tellement de temps. Il paraît qu 'il ne faut pas te fatiguer.

Penses -tu, je vais pas si mal. Reste autant que tu voudras.

René Bollec a tout reconnu.

Je suis juste venu pour la forme.

T 'as pas une pipe, Bornich ?

Pour fumer tout à l 'heure en pensant à toi.

Merci, petit.

T 'as pas du feu ?

Comment

tu l 'appelles, ton gars ? Bolek.

René Bolek.

Ça me dit rien, ce nom -là.

Tu connais peut -être même pas ton frère ? J 'ai lu dans les journaux qu 'il s

'était évadé.

Je vais te dire.

Son drame à mon frangin, c 'est qu 'il a dû avoir mauvaise fréquentation, sinon

il aurait jamais fait de mal.

Même à un poulet.

Oui, j 'en doute pas.

Le 3 septembre, j 'étais à Dijon chez ma frangine.

T 'as qu 'à vérifier.

J 'espère qu 'aux assises, tu adopteras un autre système de défense.

Écoute, mon petit borné, je ne voudrais pas te faire perdre ton temps.

J 'ai 52 piges. Tu ne t 'imagines pas me faire tomber dans tes pièges à cons. Je

ne sais rien, moi.

Rien.

Depuis 1937, j 'ai perdu la mémoire. Il y a 10 ans exactement.

Ça fait juste le délai de prescription.

Ça va ? Si tu as bien compris ça, tu as tout compris.

Tu t 'en vas déjà ? Que j 'ai tout compris, je n 'ai même pas besoin de

trois séverbales.

Pas du belge. Merci, mon petit poulet.

Dans le fond, t 'es pas un mauvais mec.

Reviens donc me voir.

Je te raconterai notre campagne de Chine en long et en large. Ça t 'instruira.

L 'instruction, ça concerne le juge Boissonnade.

Tu verras.

C 'est un type tout ce qu 'il a de sérieux.

Elle manquerait plus que ça. Que la justice française soit main d 'une bande

rigolos.

Salut, Borniche.

Si tu rencontres Emile, fais -lui la bise de ma part.

Si t 'as le temps.

Pose les mains sur ton comptoir, Raymond.

Il prend Emile.

Où sont les bijoux ? Chez l 'arménouche ? J 'étudie de l 'eau.

Je l 'ai dit à ton frangin.

Et tu sais où il est, mon frangin ? T 'écoutes la radio, pourtant.

Non.

Je viens juste de descendre.

Je me suis couché tard.

Emile !

C 'est Raymond Pelletier, le propriétaire. Il a été abattu derrière

Qui bu son laçon ?

J 'étais en haut.

J 'ai rien vu.

Je suis descendue quand j 'ai entendu les coups de flingue.

Il est venu ici.

Il est venu la semaine dernière pour voir Raymond.

Raymond, c 'était un homme régulier.

Vraiment, c 'est dégueulasse de l 'avoir tué comme ça.

Buisson est fou.

Tu n 'as aucun cadeau à lui faire.

À qui il était ? Foutez -moi la paix.

Vous ne croyez pas que ça suffit comme ça.

Il est venu avec qui la semaine dernière, Mado ? Son frère.

Et ?

Mario.

Marital.

Il a une gronzesse.

Elle tapine du côté de Strasbourg -Saint -Denis.

Tu connais son nom ?

Génie.

Est -ce que tu peux venir ? Ça devrait vous suffire, non ?

C 'est une blonde.

Polonaise.

Elle est en conférence, la Polac, vous n 'avez qu 'à en prendre une autre.

Attendez, elle vient juste de monter, je vais l 'appeler. Non, non,

c 'est mieux pas la rencontrer.

Et le Rital dont j 'ai besoin ? Et qui ça, le Rital ? Écoute, j 'ai pas de

à perdre.

Mario le Rital.

Tu connais peut -être pas ? Ah oui, mais moi, je le vois jamais, Mario le Rital.

Non ? Ben, tu vas te démerder pour l 'avoir.

Sinon, je vais te faire sauter, t 'as tout le pourri.

Et toi ? T 'as un choix de motif pour te faire descendre en dépôt.

Ça te va comme programme ? Mais il vient jamais ici, je vous jure.

Il fréquente plutôt du côté de l 'Étoile.

On peut lui téléphoner rue Troyon, au bar des Calanques.

Vous savez bien que tu ne demandais qu 'à aider la justice de ton pays.

S 'il a fait vraiment quelque chose de mal, Mario le Rital, c 'est tout naturel

que je vous aide un peu.

C 'est naturel.

Bonsoir. Le 4.

N 'oublie pas le petit convoi, mon chou.

Allez, allez.

Tu es complètement fou.

Tu m 'appelles au Calanque ?

J 'étais venue pour faire votre lit.

Je t 'ai pas demandé de faire mon lit.

Qu 'est -ce que tu cherches ici ? Rien.

Parce que maintenant, je sais qui vous êtes.

Je demande que vous aidiez.

Allez, taille -toi maintenant ! Taille !

Attends -moi en bas de la rue, je préfère.

Sois pas trop long.

Dix minutes, pas plus.

Ce serait bête de manquer le début.

Tu le verras, ton film.

Bonsoir, Ange.

Bonsoir, monsieur l 'inspecteur.

Tiens, tiens, moi j 'ai un martini.

Un martini.

Qu 'est -ce qui va pas, Ange ? Rien, ça va.

Tu fais une drôle de gueule ? Oui, oui, je... Peut -être un petit peu mal au

cœur, j 'ai dû bouffer quelque chose qui passe pas.

C 'est quoi, faite à santé, Ange ?

C 'est dommage que tu t 'arraches si vite à notre affection.

Tu le connais ?

Non.

Pas d 'Italien.

On m 'a dit qu 'il fréquentait ici.

On vous a dit des conneries, monsieur l 'inspecteur.

Des mauvaises langues.

Et voulez -vous lui du mal, cet Italien ? Non.

Si tu réfléchis bien, quand on cherche quelqu 'un, c 'est toujours pour son

bien. Ça, c 'est bien vrai.

Non, je vous en prie, monsieur l 'inspecteur, vous me vexerez.

Eh bien, je te vexe.

A bientôt, Ange.

Bonsoir.

Oui, Emile.

Tu sais qui vient de sortir ? Un poulet ? Oui, mais pas n 'importe quel poulet.

L 'inspecteur Borniche.

Qu 'est -ce qu 'il te voulait ? Il voulait savoir si Mario venait ici.

Intéressant, ça.

J 'ai eu le trac.

Tu aurais dû me prévenir, Ange.

Je te l 'aurais flingué, moi, ton pote.

Les douilles et les balles reviennent du même Colt 45.

Alors ? Alors c 'est la même arme qui a tué Raymond Pelletier et blessé l

'encaisseur de Dravaille.

Toujours puissant.

Roger, on te demande aux écoutes. Ah oui, j 'ai fait placer le bar des

sur table d 'écoute.

Un complice de buisson, il reçoit l 'écoute téléphone, on sait jamais.

Merci, monsieur le gale.

Quel temps, alors.

Il manquerait plus qu 'une gâche.

On a un enregistrement.

Quelqu 'un a appelé Barillot.

C 'est certainement glissant.

Je crois que j 'ai eu le bord.

Laisse -le.

On le retrouvera par les calanques.

Parce qu 'on le file, ça va tout rater.

Je comprendrai jamais rien.

On se casse la culotte à rattraper des mecs et dès qu 'ils sont là, on les

laisse se barrer.

Tu l 'as tendu plus d 'une heure.

C 'est quand même drôle qu 'il ne soit pas venu.

Des fois, il change d 'avis sans prévenir.

Il est loin de sa place.

On ne peut pas balancer mes filles de tout.

On devait aller voir les lieux à l 'usine de la pleine Seine -Denis.

On n 'a pas beaucoup de temps à perdre.

La paix, c 'est mal dit.

Oui, c 'est vrai.

Salut. Jeannot.

C 'est l 'ami dont je vous ai parlé pour notre prochaine affaire.

Vraiment, je ne comprends pas, Emile.

Pour le rencard ? Je t 'expliquerai tout à l 'heure.

Mademoiselle ? Oui, oui, j 'arrive.

C 'est moi qui vous invite.

Il paraît que c 'est de la bonne cuisine ici.

C 'est très bon.

Je ne m 'attendais pas à te voir ici.

Mais tu vois, on ne s 'attend jamais à me trouver.

Et puis des fois, on me trouve quand même.

Explique -toi, Emile.

Qu 'est -ce que ça veut dire ? Rien.

Je me marre un peu.

J 'aime bien me marrer de temps en temps.

Pour l 'homme a dit que vous béquiez souvent ici, alors on est venu à toi,

Alvar.

Je vais me payer une terrine du chef pour commencer.

Moi aussi.

Moi aussi.

Moi aussi.

Maintenant, je vous invite à boire une autre bouteille chez moi.

Où c 'est chez toi ? La ville d 'Avray. J 'ai une petite tôle sur la route de

Versailles.

Moi, je ne peux pas. J 'ai rendez -vous avec une fille après son travail.

Elle attendra.

Les gonzesses, ce n 'est pas mauvais qu 'elles attendent.

Tu ne vas pas me refuser un verre ? Moi ?

C 'est sûrement l 'allumage.

Il n 'aurait -il plus qu 'à aller glisser ? Ce n 'est pas une mauvaise

Dis -donc le rital.

Mais qu 'est -ce que tu fais, Emile ? Tu serais pas né sous le signe de la

balance par hasard.

L 'hôpital, c 'était un donneur.

J 'ai pas eu le temps de te prévenir.

Cet après -midi, on avait rencard, j 'y suis allé et les flics étaient là.

Comme ça, il ira plus jacter aux flics.

Dépêche -toi.

Un

ouvrier

ancien résistant, victime du tueur, émit le buisson.

Notre camarade Guégan a donné sa vie pour le capital.

Pendant que M.

Julemont, qui envoie ses policiers matraquer les mineurs du Pas -de

mis depuis son cours toujours.

Et il tue sans vergogne d 'innocents travailleurs.

Que font nos maigrés de la sûreté nationale ? Ou sont -ils ces flics

complaisamment dépeints par une certaine presse à sensation comme des supermans

? Ça, c 'est pour Borniche.

S 'ils s 'en prennent à Julemont, M. Jule va s 'en prendre à nous.

Avec en plus la CGT sur les bretelles dans le climat actuel, ça devient farce,

hein ? Où est Borniche ? C 'est son jour de congé.

Je vais lui en foutre, moi, des jours de congé ! Je vais vous en foutre à tous,

moi ! Bande d 'incapables ! L 'affaire Buisson, c 'est fini ! Je vous la

Henri, appelle -moi Borniche chez lui.

Oui, dépêche -toi.

Allô ?

Oui ? Ah, bonjour, M. le Commissaire.

Oui, oui, il est là.

Je le parle.

Vous le savez ? Roger, c 'est pour toi.

Ah, oui.

Oui, bonjour, M. le Commissaire.

Écoutez, je ne peux pas vous répondre comme ça. C 'est l 'impossible, vous le

savez bien.

Ah bon ? Non, non, comme vous voudrez.

Je pense que je n 'ai plus de chance sur cette affaire que l 'inspecteur de

grève, c 'est tout.

Très bien, à demain, monsieur le commissaire.

Qu 'est -ce qu 'il te dit ? Il me retire l 'affaire Buisson.

Tu rêvais pour te dire ça ? Il est malade.

C 'est un fonctionnaire.

Il a peur de ses supérieurs.

Ce n 'est pas possible que tu subisses des affronts pareils.

Oui.

Il y a des jours...

Mais je vois pas.

Ça me ferait plaisir d 'être émis le buisson.

On trouve dans votre imprimerie 10 000 cartes de pain et autant de bande

-essence et vous vous obstinez à nier.

Tout même pas le diable qui est venu les fabriquer chez vous la nuit.

J 'ai des employés, vous pouvez peut -être chercher dans cette direction.

Allons.

Joli travail.

Bon, allez.

Soyez raisonnables.

Sinon, on va finir par se fâcher.

Roger, il faut que tu viennes avec moi.

On a la macabre à s 'occuper dans les bois, François.

Le patron nous a désirés.

Trop aimable.

Bon, je te laisse avec monsieur.

de pas le faire perdre.

On n 'a pas relevé tant de choses comme Alice.

Ça s 'en rendrait le monde compte.

Voyons le côté pile.

Roger ! Viens vite voir.

Ça m 'a l 'air d 'être l 'orital.

Mario ? C 'en suis sûr.

Ah ben merde alors.

Ça c 'est une veine.

Vous le connaissez ? Oui.

On connaît peut -être aussi son assassin.

Alors, c 'est la meilleure ! Vous venez de m 'emmerder en plein travail, à

présent ? Il baisse le ton, monsieur.

Quoi ? Qu 'est -ce que vous me voulez ? Vous avez un mandat ? Mandat ou non, tu

vas nous suivre.

Je n 'ai pas à vous suivre ! Je ne raccolais pas ! Cette place est à ton

? Oui.

Tu sais, Jenny, nous, ce qu 'on cherche, c 'est l 'assassin de Mario, c 'est

tout. Mario ? Mais je m 'en fous, moi, de Mario.

J 'en ai rien à foutre, moi, de Mario.

S 'il est crevé, c 'est tant pis pour sa gueule. Je l 'ai largué il y a plus d

'un an, moi, Mario.

Vous ne figurez pas que je vais lui payer un enterrement de première classe

Madeleine ? Vous connaissez peut -être ses amis, ses relations ? Je ne connais

rien, et je n 'ai rien à vous répondre.

Je n 'ai rien à donner.

C 'est que mon cul, mon cul, à bord. Ça vous suffit ? Comme tu voudras, Jenny.

À l 'occasion, on s 'en souviendra. C 'est ça.

Tu m 'enverras un œuf de poulet, hein ?

Pour Pank ?

Laisse

pas te marrer, toi, vieux con.

Au fait, tu te connaissais toi aussi, Mario le Rital ?

Ah non, non, non, pas tellement.

Et ses copains ? Je les ai jamais vus, ses copains.

Mais non !

Tu n 'as jamais vu personne avec lui au bar à côté ? Mais non, je vous assure,

monsieur l 'inspecteur.

C 'est l 'heure d 'oeuvre, mon pote.

Mes lunettes ? Tu n 'as pas besoin de voir.

On veut juste que tu nous causes.

Pourriture.

Alors ? Alors ? Qui fréquentait Mario Lurital ? Si tu ne veux rien nous

dire, on va te faire tomber pour proxénétisme hôtelier.

Ton condé avec la mondaine, on n 'en a rien à parler.

Mais je ne sais pas, moi, je ne sais pas.

Souvent, il était avec Polo.

Polo ? Polo quoi ? Le Bombay.

C 'est un type, sa femme, elle est malade.

Elle a la vérogue ? Non.

Elle est une barbe dans un salin.

Elle crache le sang.

Il perd le sang pour le Bombay. Je ne sais pas. On le trouve.

Je ne sais pas.

Sûrement dans nos archives.

alias Polo le Bombé, est noté au fichier spécial de la lutte contre le

banditisme.

Paul Roubier, alias Polo le Bombé, né le 29 mars 1904.

Ça, c 'était une bonne bite.

Alors ? Regarde, il était dans le cou de la rue des Victoires en 1942 avec

Vuisson. Il s 'en est tiré avec un non -lieu faute d 'approche.

Rue des Victoires ou rue de la Victoire ? Rue des Victoires. Ah bon ?

Je vais faire passer un avis de recherche.

Il suffit de trouver sa femme.

Quoi ?

Tu me ramènes à Paris, Roubier ? Qu 'est -ce que vous voulez ? On n 'est pas du

même club, mais on peut barader un peu tous les deux.

La direction de l 'usine Pacra offre un million à celui qui permettra d 'arrêter

l 'assassin.

Cet assassin, c 'était Emile Buisson.

Tu te mouilles parfois pour moins que ça.

Alors essaie de faire marcher ta petite tête de truand.

C 'est dégueulasse ce que vous faites.

Je pense que ce sera encore plus dégueulasse.

Parce que ta femme, pour la sauver, il lui faut de la streptomycine.

Et la streptomycine, je te trouverai le moyen de t 'en faire venir des États

-Unis, je te le promets.

Alors, nom de Dieu, tu ne vas pas hésiter à entrer un tueur comme Émile

à la vie de ta femme.

Il y a autre chose.

Je sais que tu étais un ami de Mario Loretal.

Émile l 'a flingué.

Elle l 'a flinguée pour rien.

L 'orital n 'était pas un indique.

Là, il a fait une erreur, M. Emile.

Et nous, on va se charger de le faire savoir dans le milieu.

J 'ajoute qu 'au cas où tu ne marcherais pas, je suis certain que tu as

participé au dernier braquage d 'Emile.

Et je le prouverai.

Je me fais fort t 'envoyer pour 15 piges ou 20 piges à la ratière.

Et ta femme, tu ne la reverrais jamais.

Je me dégoûte.

Moi aussi.

Salut.

Bonjour.

J 'ai un tuyau.

Une perception à Versailles. Je suis certain qu 'il y a le paquet.

Combien ? 12 ou 15, Brick.

Et la planque ? J 'ai trouvé quelque chose dans la vallée de Chevreuse. Une

auberge. Je connais le patron.

Il faudrait aussi que tu me dégottes un flingue.

La mienne est trop brûlante, il est temps qu 'il aille à l 'égout.

Je te trouverai un flingue.

Un P -38, si tu peux.

Je me suis toujours bien régalé avec les P -38.

Quoi ? Un revolver pour Buisson ? Non, mais ça ne va plus, Bornich.

Non, mais vous vous rendez compte de ce que vous me demandez ? Un P -38, si

possible.

Un P -38 ?

Il préfère le P38.

Et si on lui fournit un colt, par exemple, il va nous faire un caprice ?

vous les connaissez, monsieur le commissaire, ces caprices.

Écoutez, Borniche, cette fois, vous avez dépassé la cote d 'alarme.

Vous vous êtes remis de votre propre chef sur l 'affaire Buisson.

Vous me montez bout d 'un scénario rocambolesque ! Ah, pardon, monsieur le

commissaire.

Vous m 'avez confié une enquête sur un cadavre dans les bois de Ville d 'Avray.

J 'y peux rien si cette enquête m 'a ramené Émile Buisson.

Oui, oui, oui. Vous êtes bien gardé de me le dire dès le début.

Je voulais en être sûr.

Ça vous a rangé beaucoup.

Enfin, nous en sommes maintenant à payer des vacances à M.

Émile Buisson dans une auberge de la vallée de Chauvreuse.

Et en plus, vous voulez lui fournir des armes pour nous tirer dessus.

Alors là... Vraiment...

Mais vous savez, ça devient vraiment alors une énorme plaisanterie.

Eh bien, je trouverai un P -38 pour Buisson.

Ah oui ? Et où ça, monsieur l 'inspecteur ? Un souvenir des commandos

S 'il arrive quelque chose, Borniche, moi je vous fais mettre au trou ! Vous m

'entendez ? Mais parfaitement, monsieur le commissaire.

Tiens.

Pas été facile.

Je blaguais, Poulot.

Ton percepteur ? Jeannot étudie la question.

Il se magne un peu le cul parce que je commence à me faire chier comme un rat

mort ici.

Il est temps que je quitte la France.

Tu m 'as apporté le journal ?

Putain

! Qu 'ils me le filent un peu le gouvernement, je te leur ferai passer le

des grèves à ces fromages.

Pourquoi ? Ça va, ça va, ça va.

Ça va.

Le patron n 'est pas là ? Toujours à Lyon pour l 'affaire des diamantères.

Il a téléphoné qu 'il serait là qu 'à midi.

Bon, on se passera de lui.

C 'est pas possible.

Il va être furieux.

Il sera furieux, mais c 'est comme ça, nous on n 'a pas le temps. C 'est

maintenant ou jamais.

Attends un peu.

T 'as prévenu la gendarmerie de Saint -Rémy ? Mais non, si Buisson se doutait

quelque chose, ça finirait en porte -chabrol et nous on ne l 'aura pas

D 'autant plus que Roubier m 'a prévenu, il a toujours une grenade défensive sur

lui. Pour se faire sauter le caisson, ça tourne mal.

On était complètement dingue, Roger. On prend un maximum de risques et on n 'est

pas couverts.

Les gendarmes, ce n 'est pas réglementaire de ne pas les prévenir.

Le patron non plus.

Tu n 'as pas l 'air de te rendre compte qu 'on est tout de même des

fonctionnaires.

Écoute, tu ne pourrais pas m 'accompagner ? Hein ?

Macron

! Oui, inspecteur ? Mettez -moi ça sur le bureau du comité.

Vous demandez une voiture ? Oui, j 'en ai une toute spéciale qui nous attend

dans la rue.

15 litres s 'il vous plaît.

Roger, c 'est de l 'autre côté.

On peut déjeuner ici, madame ? Mais oui, on fait restaurant.

Parfait ! Comme ça, on pourrait être à la clinique à 4 heures.

Je veux le carré, là. Mais bien sûr.

Je déjeune avec Émile Buisson à l 'auberge.

Venez prendre le café avec mes respects, Bornicheux.

Nom de Dieu !

Qu 'est -ce qu 'il fait ? Eh, regarde la tire.

Ce sera beau qu 'il nous la pique.

J 'ai les fumes.

Ça va ? Ça va, je me sens devenir chef, mais ça va.

Voilà. Si vous voulez venir vous installer.

Oui.

Bonsoir. Voilà.

Viens.

Je vous laisse les menus.

Je vous recommande le coco -vin, c 'est la spécialité de la maison.

C 'est parfait pour moi, le coco -vin. Et avant du hors -d 'oeuvre. Hors -d

'oeuvre. Non,

pas hors -d 'oeuvre.

Vous faites goûter aussi, mon petit vin de pays.

Oui, merci.

Le sien, le sien.

Robert.

Il paraît que la musique a douci les mœurs.

Vous jouez bien.

Des petits trucs comme ça, mais pas du Chopin.

Moi j 'aime mieux des petits trucs comme ça.

Vous en connaissez d 'autres d 'Edith Piaf ? Oui.

Voilà, monsieur.

Vous avez quelque chose, monsieur ? Oui, un petit peu.

Qu 'est -ce qu 'on veut ? Allez.

Viens déjeuner, qu 'est -ce que vous voulez que je fasse en avant ?

Bienvenue.

Bienvenue, monsieur.

C 'est un réputable, non ?

Ça va te faire doubler, Roger.

Ça fera des meilleurs.

Arrêtez -vous.

On peut passer à table, madame.

Moi, je pense que c 'est le caporal épinglé qui aurait dû avoir le bon

Tu l 'as lu ? Tu l 'as lu ? C 'est pas tellement le temps de lire avec

des grèves.

Les prix littéraires, c 'est toujours des combines d 'éditeurs.

Patron, le vin !

Excusez -moi, j 'avais

oublié le vin.

On va peut -être que j 'appelle la clinique, non ? On va voir Rambouillette

chez vous, monsieur ? Bien sûr, monsieur.

Quel numéro vous voulez ? 432.

432, Rambouillette.

Attendez.

Alors, ici l 'Auberge de Merloin. Bonjour, madame.

Journée 432 à Rambouillet, s 'il vous plaît.

Merci.

Bon appétit, M. Remy.

Ah bon ? Ah bon, ne m 'inquiétez pas.

Monsieur, votre numéro n 'existe pas.

Comment ça ?

C 'est le numéro de la clinique Ambroise -Paris.

Attendez.

Allô, c 'est la clinique Ambroise -Paris ? J 'ai trompé, alors.

Allô, Ambroise -Paris ? C 'est Mme Mercier ? Oui, ici le docteur Nagarec.

Oui, oui, nous avons un peu de retard.

Dites au patron que je serai là à 4 heures.

Oui, oui, nous sommes sur la route.

Voilà, oui.

Très bien, Mme Mercure.

Oui, à tout à l 'heure.

Alors, ce coq ? Ah, c 'est bien.

Vous allez m 'en dire des nouvelles.

C 'est sa spécialité. Je prédis pas, s 'il vous plaît.

Ah oui, tout de suite, M. Dorff.

Excusez -nous, ma femme a oublié.

Ça va ? Parfait.

La suite, ce n 'est plus que de la routine policière.

Buisson incarcéré à la prison de la santé, c 'est moi qui suis chargé de l

'interroger sur commission regatoire du juge d 'instruction.

Deux fois par semaine, j 'avais le chercher avec une voiture de la maison.

De bonne heure, le matin.

Bonjour, M. Bornige.

Salut, Emile.

Et petit à petit, sans le vouloir, il se passe quelque chose de curieux entre

nous.

Amitié serait un bien grand mot.

Mais on est devenus des sortes de copains.

On n 'est pas loin de se comprendre.

Surtout quand on parle de la pluie et du beau temps.

On va repartir au print à 6 heures.

Très bien.

Et voilà.

Emile s 'est installé.

De sa main libre, il se sert un verre de bon Bordeaux.

J 'ai acheté une bouteille à son intention.

Il sort de sa pochette ses grosses lunettes d 'écaille et s 'empare du

Gour posé sur la table.

Il est 11 heures.

Jusqu 'à midi et demi, je ne l 'interroge pas.

Je relis les rapports.

Entre nous, c 'est la trêve.

Émile, lui, épluche les nouvelles.

Je me demande pourquoi c 'est toujours Figaro que tu veux lire.

Une habitude.

À 14 heures, Les choses sérieuses commencent.

La pile de dossiers concernant M. Émile mesure 1 ,50 m de haut.

Il est accusé de 36 meurtres et agressions.

On ne prête qu 'aux riches.

Mais il me faut bien faire dans tout ça la part du vrai et du faux.

Émile avoue tout, excepté les crimes.

Seulement, j 'ai quelques preuves terribles contre lui.

Des témoignages formels.

Et surtout, cette histoire de P -38, une peine lourde sur ses épaules.

On y va, Emile ? On y va, M. Bornier.

Nos têtes à tête vont durer plus d 'un an.

Une seule fois, Emile Buisson s 'est vraiment révélé.

Le jour où nous avons parlé de Paul Roubier, typo l 'eau le bombé.

Il a un M.

Bornich.

J 'aimerais lui couper le cou avec une scie égoïne.

Je m 'arrêterais de temps en temps pour mieux l 'entendre gueuler.

Je crains que tu n 'aurais jamais l 'occasion de...

Je reste silencieux et étudie Buisson, immobile sur son fauteuil, son bras

pendant au bout des menottes.

En moi -même, je pensais qu 'Émile avait quand même un sacré estomac.

Condamné à mort par les assises de la Seine, Emile Buisson a été exécuté le 28

février 1956.

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