All language subtitles for The.Gardener.Of.Argenteuil.1966.1080p.BluRay.x264.AAC-[YTS.MX]FR

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Musique douce

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...

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...

- S'il était un homme en ce bas monde qui était heureux,

..c'était bien cet homme-là, ...

..puisqu'il cultivait son jardin. ...

Un homme pas comme les autres, à l'écart de son siècle,

..ignorant les journaux, la radio, la télévision.

...

Un homme libre d'aller à pied, libre d'être obligeant,

..serviable avec le monde. ...

...

Il faisait partie de ce paysage de banlieue..

..où les pavillons et les HLM poussaient autour de lui.

Il ne sortait que pour de brèves courses à Paris,

..il ne prenait jamais de vacances. ...

...

Voyageur immobile, il habitait un wagon.

...

Il peignait uniquement pour son plaisir,

..avec le sens des couleurs et un don pour le dessin.

Bricoleur, poète à sa façon. ...

Un sage, certainement. ...

On l'appelait le jardinier d'Argenteuil. ...

Il semblait qu'il était là, ...

..parmi ses fleurs et ses légumes, depuis toujours.

Parfois, il s'enfermait 2 ou 3 jours pour peindre en toute quiétude.

...

Sous cette chevelure blanche, bien des choses avaient passé,

..choses dont il ne parlait jamais. ...

...

Mais peut-on échapper à son siècle ? Une machine électronique,

..sensible à on ne sait quel horoscope,

..un triste jour,

..s'intéressa à notre jardinier.

Et de bureaux en couloirs,

..de couloirs en couloirs,

..de rues en rues,

..un jour de printemps,

..cet homme noir arriva à Argenteuil.

- Messieurs, la rue Maurice Berteaux ?

- C'est la 1re à gauche. - Ah bon ?

Et la maison de M. Martin ?

- Martin ? - Papa, Martin, c'est M. Tulipe.

- C'est comme ça qu'on l'appelle.

- À cause de ses fleurs. - Son jardin est au bout de la rue.

- S'il vous plaît,

..la maison de M. Martin ? - À quel sujet ?

- C'est personnel. - C'est moi, M. Martin.

- C'est la CCAFRP. - La quoi ?

- La Caisse Centrale des Allocations Familiales de la Région Parisienne.

- Ah bon ?

Vous voulez entrer ?

- Pardon.

"Martin, Joseph Louis Armand. Né le 28 avril 1903 à Beaugency."

- C'est ça.

- Situation de famille ? - Célibataire.

- Pas d'enfant ? - Non.

- Jamais cotisé aux allocations des travailleurs indépendants ?

- Non, j'ai pas d'enfant.

- Les autres en ont.

- Ah...

- Je ne vous demande pas vos moyens d'existence.

- Je suis un honnête homme, je paie mes impôts.

- Ces peintures, vous les vendez ?

- Oh, rarement.

- Travailleur indépendant. - Et je m'en flatte.

- Vous devriez cotiser à leur retraite. - J'ai pas l'intention de la prendre.

- C'est obligatoire. - Je l'ignorais.

- Vous cultivez des légumes, des fleurs ?

- Oui, c'est mon plaisir.

- Et vous élevez des lapins, des poules ?

- Comme tout le monde.

- Vous pourriez aussi être taxé comme exploitant agricole.

Ça ne me concerne pas.

Avec 5 années de non-paiement, au-delà de 5 ans, il y a prescription,

..les 10 %, la rétroactivité, les amendes,

..vous nous devez une somme..

..importante.

- Et si je peux pas payer ?

- On vous saisira.

- Monsieur, vous faites votre travail.

- Il peut y avoir un arrangement des délais et conditions de paiement.

- J'aime mieux payer dans les jours qui suivent.

Un petit quelque chose ? - Non, merci.

- Vous allez voir,

..du vin blanc du pays.

- Je regrette qu'on fasse connaissance de la sorte.

On ne fait pas ce qu'on veut.

- On a tort. Asseyez-vous. - Merci.

- Bon, à votre santé.

Et à la santé de tous les travailleurs indépendants.

- Vous êtes bien ici.

- Oui, ça m'embêterait qu'on me fasse des histoires.

- Si vous payez, pas question. - Faut que je paie.

Coup de feu

C'est toi ? - Bonjour, Parrain.

- Que fais-tu ? - Je chasse le client.

- Avec un fusil ? - On fait de l'ancien avec du neuf.

Regarde, la grenaille de plomb, ça imite bien les trous de ver.

- C'est toi, Tulipe ? - Bonjour, Albert.

- Je t'attendais pas. Tu viens chercher ton paquet ?

- Oui, j'en ai besoin.

- Ah, des ennuis ?

- Plutôt de l'imprévu.

- Ton filleul est rentré il y a 3 semaines,

..il voulait aller te voir. - Et le Canada, alors ?

- Le climat m'a pas réussi. Je suis pas doué pour l'agriculture.

- C'est son jour de congé, il vient m'aider.

- Tu as du travail ? - Je suis professeur.

- De quoi ? - D'auto-école.

- Ah... - Viens chercher ton paquet, il est là.

Toi, continue.

- Oh, voilà autre chose !

- Coups de bec et fientes pour faire de l'ancien.

- Comme antiquaire, t'as de l'avenir.

- Voilà ton paquet. - Merci.

C'est pas tout ça, mais faut que tu me liquides 100 kg d'asperges.

- 100 kg ? La récolte est bonne ! Ça rapporte ?

- T'es pas doué pour l'agriculture, va faire des trous, pan !

Oui, dis-moi, pour les asperges, y a du tirage.

- Que veux-tu dire ? - Dora va t'expliquer à la boutique.

- Bien sûr, il est beau.

- Pas beau, magnifique. Regardez-le.

- Je le trouve un peu cher.

- Non, pas cher du tout !

Monsieur, je suis en train de vendre votre cheval.

- Mon cheval ? - Vous aviez laissé une option.

Si monsieur ne se décide pas...

- Je vous laisse des arrhes !

- Prenez-le, je ferme dimanche, et définitivement.

- Je vous fais un chèque. - Au porteur.

- Et je l'emmène, j'ai ma voiture. - Parfait.

Noël, descends pour aider un client. C'est urgent.

- Vous fermez ? - Oui, je m'en vais.

- Où ? - Dans le Midi. Ici, il pleut trop.

Merci, monsieur. Mon neveu va vous aider.

- C'est quoi, cette histoire du Midi ?

- Y a plus de 10 ans que je veux quitter Paris.

D'ailleurs, j'ai trouvé quelque chose sur la côte.

- Et moi, alors ?

- Au revoir ! - Au revoir !

Je vais pas rester ici pour tes beaux yeux.

- Vous prenez 50 % sur les affaires.

- Même à 50 %, tes asperges, je suis plus partante.

Vous avez trouvé votre bonheur ?

- Je cherche. - Promenez-vous, madame.

Si t'avais mis plus d'argent, qu'est-ce qu'on aurait fait...

- Ne revenons pas là-dessus.

J'ai besoin de vous, je suis emmerdé.

- Mission accomplie, j'y retourne.

- Prends Noël, un garçon intelligent, débrouillard.

- Non, pas de yé-yé. - Tu vois des yé-yé partout.

Il t'aiderait plus que ce couillon d'Albert.

- Merci, toujours aimable.

Elle t'a expliqué ? Mon pauvre vieux, tu vois...

- Non, tu vois rien du tout. Tu peux le dépanner.

Trouve quelque chose d'intelligent. - Je sais pas, moi...

- Avant dimanche, hein ? - Avant dimanche ?

*-Voici la composition des équipes.

*Équipe d'Angleterre :

..à l'arrière, numéro 15, Ferguson.

- 10 places.

*Numéro 14, Treadwell.

*Numéro 13, Robertdale.

- Cessez de pousser, fallait arriver plus tôt !

- Il fallait venir à l'heure ! - Pousser, c'est pas drôle !

Quoi ? - Terminé.

- Ça alors !

- Te voilà ! - J'ai eu 90 places.

- 90 places, c'est toujours ça. Garde les 10 000, ta commission.

- Merci. Que vas-tu en faire ?

- Raccompagne ta tante et t'occupe pas.

- 1 000 francs ! - 15 francs, 30 francs les 2.

- 1 000 francs ! 1 000 francs !

Tenez, monsieur.

- Places d'honneur... - Tribune d'honneur, 1 000 francs !

Tribune d'honneur, 1 000 francs !

- Deux. - Ça fait 2 000.

- Voilà. - Merci.

- Il nous double. - Je vais lui dire 2 mots.

- Mutilé, c'est délicat. - Pour la délicatesse, aie confiance.

- Trois billets !

1 000 francs ! Voilà, tenez !

Mais je fais rien de mal !

- Tu vas voir !

- Je vends 1 000 balles les places à 1 000 francs !

- C'est dingue !

- Que se passe-t-il ?

- Des flics embarquent un marchand.

*-L'arrière britannique dégage...

- La limace, c'est la plaie du siècle.

- C'est plutôt la télévision.

- On bat les Anglais.

- La revanche de Waterloo.

*Commentaires sportifs au loin

...

- J'étais à Colombes. - La France a gagné ?

- Mon oncle s'est fait emballer. Ma tante m'envoie.

- Quoi ? Que faisais-tu avec lui ?

- Il était déguisé en mutilé, décoré, et m'a dit d'acheter 100 places.

Je lui donne les tickets, il les revend au même prix.

Une histoire de fous... Un véhicule approche.

- Le voilà. ...

Regarde-le.

Les flics t'ont mis dans cet état ?

- Non, pas des flics, des concurrents, des voyous du marché noir.

- Ils t'ont frappé dans ta carriole ? - Non.

J'ai fui, ils m'ont rattrapé et foutu une trempe.

Ils m'ont pris mes tickets.

- Drôle d'idée de vendre des tickets dans une carriole de paralytique !

- Drôle d'idée ? T'avais qu'à trouver autre chose !

- Quoi ? - J'ai fait au plus vite.

- Une perte de 100 000 balles.

- Non, j'en ai vendu pour 18 000 francs.

À 50-50, ça fait 9 000 chacun.

- Mais il m'en faut 10 fois plus !

- En tout cas, je retournerai plus aux asperges.

On part demain. Prends Noël.

- Les jeunes ont les dents longues.

- Je comprends rien. Il faut rassurer ma tante.

Je te raccompagne ? - Oui.

- T'es pas marrant ! Non, t'es pas marrant !

- Viens nous voir dans le Midi, ça te fera du bien.

Tu verras Dora. Elle t'aime bien.

- Ça, jamais !

Un coq chante.

Et ta pétrolette ? - Quoi ?

Oh, je te la laisse. Moi, je suis guéri.

Il tape ses cannes.

...

Musique douce

...

- Du muguet, monsieur ?

- Du muguet ? - Demain, c'est le 1er mai.

- Ah, oui, la fête du travail. De mon temps, c'était la fête aux flics.

- 1 franc, ça vous portera bonheur.

- Combien ? - 1 franc.

- Donne-m'en un.

Tiens, mon bonhomme. - Au revoir.

...

- Qui n'a pas son muguet ? - 1 franc le brin !

- Qui n'a pas son muguet porte-bonheur ? - 1 sou le brin !

...

- 1 franc, mon brin de muguet. - Donnez-m'en un.

- Voilà, monsieur. - J'ai pas de monnaie.

- Je vais vous en faire, ça fait rien. 4 et 1, 5, et 5, 10.

- Merci. - Merci, bonne journée.

1 franc, mon brin ! ...

1 franc ! ...

...

- Fleurissez-vous, messieurs dames. - Merci.

...

- Monsieur, un porte-bonheur ? ...

- Donnez-m'en un. - 1 franc.

- J'ai pas de monnaie. - Merci. 5 et 5, 10.

Merci. ...

Qui n'a pas son porte-bonheur ? ...

- Pour tous, c'était un jour de fête. Sauf pour lui.

...

Pourquoi cette homme tranquille avait-il besoin de monnaie ?

...

- Oh, thank you! ...

- Oh, what a Nice man! - Yes, darling!

...

- En quelques heures, M. Tulipe pesait 6 kg de plus de monnaie.

Ça pèse au fond d'une poche pas faite pour servir de tirelire.

Une pièce tombe. ...

...

... ...

...

... ...

...

- L'as de trèfle, 1 sou. ...

Attention, ça repousse pas ! ...

Rien ne va plus ! ...

...

Hé, monsieur, vous avez gagné. ...

- Gagné quoi ? - Le gros lot.

20 kg de sucre. - Oh, j'en ai, du sucre.

- Un ours en peluche, des casseroles ou une tirelire.

...

- Côte de porc, frites, fromage et carafe de rouge.

- C'est ça.

Voilà, mademoiselle. - Merci, monsieur.

Elle marmonne.

Ils parlent à voix basse.

Monsieur, votre monnaie.

- Merci.

- Votre parapluie. - Parapluie ? Ah !

Où sont les toilettes ? - Au fond à gauche.

Une pièce tinte.

...

- Pas de monnaie ? ...

...

- Pas de monnaie ? ...

- Pas de monnaie ? ...

...

- Dieu vous voit ! Une cloche sonne.

Dieu vous cherche ! ...

...

Il est temps de vous repentir. La Bible ?

- Combien ? - 2 francs.

...

Merci. ...

- Était-il temps de se repentir ? Peut-être.

...

Tandis qu'à son bras, le parapluie s'alourdissait,

..un orage se levait sur Paris. ...

Le tonnerre gronde et la pluie tombe.

...

Le destin prend des formes aimables pour bouleverser la vie des hommes.

- Le jour où je mets une belle robe ! - Pas de taxi le 1er mai !

- Monsieur, vous avez un parapluie. Accompagnez-nous au métro.

- Désolé, mademoiselle, mais j'ai pas le temps.

- On dit que les vieux sont plus galants que les jeunes. Hé !

Orgue

...

Je voudrais un cierge, madame. Un petit.

...

Merci. ...

...

(-Voilà, monsieur.) - Merci.

...

- Moins le quart... Hé ! ...

...

(On le fauche ?)

(-Non !)

...

- Hé, mon pépin ! Elle crie.

- Au voleur ! - Qu'est-ce qui vous prend ?

- Je vous y prends ! - C'est pas mon parapluie !

- Ah bon ? Au voleur ! - Une honte de dévaliser les églises !

- Je l'ai vue partir en courant ! Je suis témoin !

M. l'agent ! - Laissez-moi !

- Pilleuse de troncs ! - C'est pas vrai !

Sirène de police

Ça alors... Cette erreur judiciaire dépasse tout.

J'en plaindrai à mon consul. - Dieu vous jugera.

- Vous avez brûlé Jeanne d'Arc. - Vous expliquerez ça au poste.

- Je dois être rentrée pour 20 h.

Crissement de pneus - Une auto-école !

- Connard, et la priorité ? - Vous avez dit connard ?

Je vais vous en foutre ! - Je parlais tout seul.

- Vous expliquerez ça au poste.

- Oh, bonjour, mademoiselle.

- Monsieur. - Si j'avais su, je serais venu plus tôt.

- On va t'apprendre la politesse. - Monsieur est votre mari ?

- C'est pas le moment de plaisanter. - Une traînée qui pille des églises.

- Menteur ! - Silence là-dedans !

- Ça va durer longtemps ?

- Ici, ils vous gardent 6 heures pour 2 petits coups de rouge.

- Et aux meilleures heures. - Le commissaire est pas là.

- Faut pas s'en faire ! - Alors...

Vous veniez de droite ? - Non, j'étais dans la voiture.

- Le témoin ? - Non, le parapluie.

- Vous êtes suisse ? - Oui, le dimanche.

- Pas vous ! Mademoiselle ?

- Moi, toute la semaine. Je vous retiens.

Je suis protestante.

Qu'aurais-je fait dans l'église ? - Les troncs.

- Ils sont tous pleins, y a plus de délit.

- On s'en va ? - Fous-nous la paix !

Toi, ça va pas être long !

- N'empruntez pas n'importe quel parapluie.

Tenez-vous à la disposition de la justice.

Ah, reconnaîtriez-vous l'homme au parapluie ?

- Oui, celui-là, je m'en souviendrai.

Une grosse moustache et une petite barbe.

- Et moi ?

- Vous recevrez votre avis de contravention.

Vous avez de la chance, le 1er mai, on a autre chose à faire.

- Taxi ! Musique douce

...

- Vous êtes encore là ? ...

- Je peux pas emprunter un autre parapluie.

- Ma voiture est tout près. - Je vais trouver un taxi.

- Non, et ma voiture est une sorte de taxi.

Je suis proprio d'une auto-école, j'ai 12 voitures.

- Non, j'ai rendez-vous. - Il vous aura pas attendu.

- Si, c'est un homme patient. - Dommage.

J'allais vous inviter à dîner. ...

- C'est bien, la Tour d'argent ? - Mmm, pas mal.

C'est toujours complet. Je connais des tas de bistrots.

- Parisien ? - Grec, chinois... Que préférez-vous ?

- J'ai une faim de loup, je mangerais du lion.

- Je vous prends au mot. ...

- Le kangourou aux ananas, l'éléphant aux bananes vertes,

..le lion aux pois chiches et la bosse de zébu au manioc.

- Elle est venue pour le lion. - Ah, parfait !

Le roi des animaux, des vitamines !

- On voulait manger tout de suite.

- C'est pour ça que c'est en boîte. Caroline !

Je vais vous préparer ça. Vous voyez, la cuisine est bonne.

Accompagne-les à la cave. - La cave ?

- La salle à manger.

- Et 2 vaudous pour commencer ? - C'est quoi ?

- Le cocktail du sorcier.

- Pour le vin, du Goula-Goulou, le rosé de l'Afrique !

1, 2, 3, 4... Musique africaine douce

- M. Tulipe ! - Bonsoir, Thérèse et Jules.

- Bonsoir, M. Tulipe. Vous étiez en ville ?

- J'ai fait un tour à Paris. - Vous êtes fatigué ?

- Vous auriez dû prendre un parapluie. - J'aurais dû.

Ça sent bon. - Vous avez pas dîné ?

- Non. - J'ai fait un mironton.

- On passe à table. - Vous mangez ?

- Je dis pas non, 1re bonne nouvelle de la journée.

- Vous permettez ? J'ai une surprise pour vous.

C'est du bonheur.

- On le dit.

Musique africaine douce

- Il pleut toujours ? - Non.

Pour danser, faut se dépêcher. L'addition !

- Je suis contente qu'il ait plu. ...

- À la pluie ? - Non.

On va faire "schmolitz". Comme ça.

...

Maintenant, on peut se tutoyer. ...

- Charmant, "schmolitz". - Salut.

- L'addition pour le 4. ...

...

- Comment était mon lion ? Il grogne.

- On dirait du veau fumé. ...

- C'est le fauve, ça. Faut savoir manger de tout.

Si je vous racontais ma vie... - Nous avons peu de temps.

- Seul au milieu des cannibales, pour ne pas devenir fou,

...j'ai appris la prestidigitation par correspondance.

Elle soupire.

C'est pas tout. ...

Vous allez voir. ...

Honneur aux dames. ...

Il souffle 3 fois. ...

Ils rient. ...

... ...

Connaissez-vous le coup du billet parisien ?

Voilà la place Blanche, place Voltaire, la place de la Banque.

...

Il est faux, ...

..votre billet. - Faux ?

- Je m'y connais, j'en ai vus sous tous les tropiques.

Des faux dollars, des faux tout ce qu'on veut.

...

Dites donc, ...

..ceux-ci ne valent pas mieux. ...

- Attendez, c'était hier, à Colombes. J'étais au match.

- Voyez-vous, les faux, c'est l'épaisseur.

Question de papier. Je suis un spécialiste.

...

- Écoutez, j'ai que ça sur moi. Même pas mon chéquier.

...

- J'espère que celui-là est bon. ...

...

- Oui, il est bon, et parfumé. ...

Musique douce

- Vous avez l'air triste. ...

- Toi aussi. ...

- Il est l'heure de vous quitter. C'est vous qui le dites.

- On peut se tutoyer, on a fait "schmolitz".

C'est ici que j'habite. ...

...

- Belle maison. - Très belle.

...

Je te disais que c'était grave de ne pas rentrer dîner.

On m'attendait. ...

- C'est pour ça que vous... tu avais l'air triste ?

- Et toi, tu as l'air soucieux depuis l'histoire des billets.

- Oh, absolument pas. ...

Ça me donnera un prétexte pour vous revoir..

..et régler l'addition. - Tu as besoin d'un prétexte ?

...

- Alors, demain ? ...

- Demain, demain... ...

Oui, demain à 15 h aux Tuileries. Près du bassin.

...

- Hilda ?

Hilda ! Vous deviez rentrer à 20 h !

- Nous avons dû garder les enfants !

- Et vous le saviez !

C'est ma robe ? - Désolée, madame...

- Ça ne peut plus durer. - Je vais écrire à votre père.

- Nous pensions à un accident.

- Non, ce n'est pas un accident, pas du tout.

C'est à cause du lion.

Musique douce

...

- Qu'est-ce qui t'amène..

..à cette heure ?

- Ça, un petit souvenir de Colombes.

- Oh...

Un chien aboie.

- Vous auriez pu me prévenir.

- Ton oncle t'a mis dans le coup sans m'en parler.

Je voulais pas faire de mon filleul un escroc.

- Je m'attendais pas à un truc comme ça.

- Que veux-tu ? Faut bien vivre.

- C'est toi qui les fais ? - Eh oui.

- T'es plus qu'un peintre, t'es un vrai artiste.

- En 20 ans, personne a rien vu.

- 20 ans ?

Tu devrais être riche. - Pour quoi faire ?

- Je sais pas. Riche, ça dit ce que ça veut dire.

On a tout. - Bof...

On a tout et on a rien.

Ces combines-là, c'est pas le Pérou.

Le secret de ma réussite : les petites coupures.

- Plus long pour les écouler.

- Je sais, mais les petites, on les regarde pas de près.

Ça me suffit, j'ai pas la folie des grandeurs.

Si j'ai besoin de chaussures, d'un pardessus,

..ou d'un rappel d'impôts, je me mets...

..au travail. - Je te voyais pas comme ça.

- Dis-moi, comment tu t'es aperçu qu'ils étaient faux ?

- Un spécialiste.

Trop long à expliquer.

Maintenant, t'es forcé de me croire.

- Comment ça, "forcé" ? J'aime pas le chantage.

- Non, Parrain.

Je vais perdre l'auto-école, j'ai eu un pépin.

Ça me rendrait service de travailler avec toi.

- Je te suis mieux.

Je veux bien essayer avec toi. Je te donne 50 %, comme à Albert.

Mais c'est pas du tout cuit, faut prendre des précautions.

Faut être sérieux, bouche cousue.

Et alors surtout, y a un truc : pas de femmes.

Musique douce

...

- S'il vous plaît ! - Voilà !

...

- C'est bon, ça. - Monsieur ?

- Le plein. Quoi ? - C'est un tigre dans ton moteur,

..et dans ta boîte, je sais ce qu'il y a.

Je veux savoir la vérité, toute. ...

- Hilda, je t'ai menti. J'ai accepté pour un ami.

C'est la dernière fois. - Oui, je ne veux plus.

Tu es un oiseau, ta cervelle... ...

Je vais le faire. - Toi ?

- Combien y a ? - 100 000 francs anciens.

En coupures de 10 francs. - Pourquoi ?

- Il veut pas faire plus gros. - Vous êtes des enfants.

Laisse-moi faire, j'ai une idée. ...

...

- Besoin de rien d'autre ? ...

- Si, un cognac. ...

...

Le voilà.

- C'est ce bonhomme-là ?

Ça alors... - Tu le connais ?

- Ah, si je le connais ?

C'est l'homme au parapluie, le pilleur d'églises.

- Tu es folle ?

- Mais c'est ma voleuse !

Explique ce que tu fais avec cette voleuse !

- On va voir si je suis une voleuse. Faussaire !

- Quoi ? - Vous volez dans les églises,

..et vous faites des faux billets ?

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Qu'est-ce que ça veut dire ?

- J'ai découvert le pot aux roses.

- Je t'avais dit de te méfier des femmes.

Foutez le camp, j'ai besoin de personne.

- Il vous faut des gens pour écouler vos billets.

La preuve...

- Déjà fait ? - Oui.

Moi, d'un seul coup.

Je me suis acheté cette babiole et je leur ai proposé de la monnaie.

J'ai un gros billet. - Ça, une babiole ?

- Je vais pas changer vos billets avec un tube de rouge à lèvres.

D'ailleurs, des billets de 10 francs, c'est ridicule.

- C'est ma méthode, j'ai pas de comptes à rendre.

Ça fait 50 ans que je lutte pour ma tranquillité !

- Moi, je trouve ça triste, la tranquillité, monotone.

Depuis 50 ans, des billets..

..de 10 francs ? - Non, depuis 20 ans seulement.

C'est une seconde nature.

À l'école, des bons points. Au régiment, des permissions.

Pendant la guerre, des faux papiers. Personne m'a remercié.

Moi aussi, j'ai mérité de la patrie.

Je me suis dit : "Joseph, fais ta pension toi-même."

- Vous êtes merveilleux !

- Dites donc... - Oublions le parapluie.

Tu ne m'avais rien dit. - Tu ne m'en as pas laissé le temps.

- Tenez, regardez, M. Rembrandt.

Regardez.

C'est ça qu'il faut fabriquer.

- J'en ai jamais vu, mais ils sont pas beaux.

Ils sont pas difficiles à faire.

- On va s'installer chez vous. Je m'occuperai de vous.

Je ferai le ménage, la cuisine. Vous verrez.

Il faut vous y mettre. - Il faut...

Vous êtes un peu gonflée !

Vous me fauchez mon parapluie, je perds une journée,

..vous m'engueulez et vous vous installez chez moi.

Vous croyez quoi ?

Je vais pas faire des 50 000 pour finir en taule.

Vous connaissez l'article 139 du Code pénal ?

Travaux forcés à perpétuité.

Si j'ai réussi, c'est que je suis pas fou.

Je suis sérieux et honnête.

- Pour nous aider à nous installer. - Tiens donc !

- On va se marier. - Je m'en fous, moi !

Comptez pas sur moi, y a l'État pour ça !

Musique douce

- On commence souvent par dire non, et puis...

...

- Vous voulez ? - Non.

...

- Il me paraît que... Il râle.

...

- Lui qui vivait comme un ours !

- Son filleul se marie, il les a installés chez lui.

- Ils sont si gentils ! - Toi, ne rêve pas.

Il aboie et elle crie.

*Musique dansante

...

Il coupe la musique.

...

- Ah ben alors ! Alors ! ...

Musique douce

...

Une clochette retentit. - Premier service !

Premier service ! ...

... On a faim, là !

Ça va, ton bain de pieds ? Tu fais les vendanges ?

- C'est la pâte à papier. Rends ma moulinette.

- C'est pour les couleurs. ...

- Et moi, pour les carottes de Parrain. ...

- Faut pas qu'il tombe malade. - Et moi, tu ne remarques rien ?

Tu trouves que j'engraisse ? ...

Pose ton oreille, sous la poitrine. Tu n'entends rien ?

- Ça fait un drôle de bruit. Elle rit.

- C'est 200 feuilles de papier dans ma gaine,

..pour voir avec 10 millions. ...

- Cette femme vaut 10 millions. ...

- Qui c'est qui les fait, vos millions ? ...

Vous me cassez les pieds avec TSF, ça peut pas durer.

Foutez le camp, dans le Midi ou au Kamtchakta.

- Dans le Midi, mon oncle trouvera quelque chose.

- Pourvu que vous partiez le plus vite possible.

J'ai plus l'âge de danser.

- Au fur et à mesure, on vous enverra des mandats.

- Pas un mandat d'arrêt ! ...

Musique douce

...

- Dora, Dora ! Les enfants ! ...

Oh, mais quelle surprise ! On vous attendait pas !

- Hilda. - C'est toute la Scandinavie !

- Elle est suisse. - Comme le chocolat.

Il rit.

Elle est à croquer, je l'embrasse !

- Bonjour, monsieur. - Appelez-moi tonton et passez devant.

Parure, voiture, fourrure... T'as fait un héritage ?

- Vous étiez à la chasse ? - À la chasse aux oiseaux rares !

C'est mon métier.

Il chantonne. - Je t'expliquerai.

- Dora ! Les enfants !

Une maison, vous savez, on les donne pas par ici.

- Un placement, mon oncle.

- Y a bien une villa qui appartient à un de mes clients.

Oh, la fiancée de Noël. Votre tante.

- Bonjour, ma tante. - Dora.

- Bien, madame. - Bonjour.

- Bonjour. - Ils veulent acheter une maison.

J'ai proposé les Lézards bleus. - T'es fou.

C'est beaucoup trop cher. - L'argent ne m'a jamais préoccupé.

Mon père est un industriel. - Vous buvez quelque chose ?

- Pas toi, c'est midi, tu es à ton 6e pastis.

- Oh, dis, des mominettes...

Mes félicitations, un beau parti.

Musique douce

- Oh, Noël, c'est ça qu'il nous faut ! ...

- Les Lézards bleus, c'est mieux, à 15 km, on domine la mer.

Vue imprenable !

Des vrais tourtereaux... Tu te souviens, nous deux ?

- Tout ça, c'est bizarre. - Pourquoi ?

- Un père industriel ? Un parrain faux monnayeur...

- Tulipe, avec ses billets de 10 francs ? - Oui.

- Allez... - Je peux bouger ?

- On en a assez fait, je suis pas en train.

- Vous êtes triste. Vous avez votre tranquillité.

- Je me demande pour quoi faire. Sans folie, la vie est terne.

- M. Tulipe !

C'est votre journal.

- Merci, tiens.

- Merci.

- Les nouvelles sont bonnes ?

- Oh, toujours pareil.

- Vous n'avez jamais tant lu que depuis leur départ.

- Vous êtes un vrai détective.

- Vous êtes inquiet. - Moi ?

- Avec ces accidents de la route. - Entre autres.

- Dans le même temps,

..le coin paisible où Tulipe avait vécu perdait sa tranquillité.

- Ça devient intenable. Vacarme des travaux

- Vous n'y êtes plus, M. Tulipe. Il fallait pas vous défausser.

Sauf votre respect, aujourd'hui, ça ne va pas.

- Messieurs dames. - Un petit blanc ?

- Comme d'habitude. - À qui de jouer ?

- M. Tulipe, j'ai un truc pour vous. - Un mandat ?

- Non, je vous apporte que des cartes postales.

- Oui. - C'est du Midi, en couleurs.

- Oui, toujours des cartes. - Bonnes nouvelles des jeunes ?

- Ils disent que la santé est bonne..

..et qu'ils ont une maison au milieu des cigales.

Et une chambre pour moi. - Ici, il pleut.

- Allez les rejoindre, vous seriez tranquille.

Ici, avec leurs HLM en construction... ...

- À qui c'est de jouer ? ...

Oh là là, écoutez-moi ce pétard ! ...

On peut plus jouer tranquille. ...

- Si j'avais les moyens de rôtir au soleil...

- C'est plus à mon âge qu'on commence à voyager.

C'est formidable, le train. - Vous trouvez ?

- Oui. - Moi, j'en ai jusque-là.

Ça fait 25 ans que je fais la ligne, aller-retour une fois par semaine.

Si on retire les vacances, 49 voyages par an.

Multiplié par 25, 1 225.

Avec les retours, 2 450.

Admettons une moyenne de 10 heures de trajet.

24 500 heures de train, ça vous dit rien ?

Alors moi, les voyages...

- Un petit cigare, monsieur ? - Merci.

Je vais dormir, je le fumerai demain. Bonsoir.

- Bonsoir, monsieur.

Dans le fond, le train, c'est le mieux pour voyager.

- Vous n'êtes pas difficile. Vous voyagez souvent ?

- Si je vous disais que j'en suis à mon 2 450e voyage...

Elle tousse.

- Vous permettez ?

Une cloche retentit.

...

- Ta valise est lourde. Tu transportes quoi ?

- L'encyclopédie Larousse.

- La voiture est là.

- C'est à vous, ça ? - Oui.

- Vous vous refusez rien. - Vous savez, avec le crédit...

Musique douce

...

Ça, c'est le petit port. - Épatant pour pêcher à la ligne.

On est sur la hauteur. - L'air est meilleur.

- Et la vue. ...

...

- C'est plein de fleurs, vous serez content.

- C'est encore loin, votre maison ? ...

- "Notre" maison. - Je crois que ça va te plaire.

...

- Arrête un peu, pour voir. ...

...

Les bougainvilliers, c'est joli. - Oui, y en a partout.

...

- Voilà. - C'est là ?

- Ça a l'air grand comme ça...

Le jardin est pas entretenu. - C'est rien.

- Regardez comme la maison est jolie.

- Dites donc, ça doit représenter une somme.

- Venez voir comme vous allez être bien.

Il siffle. - C'est grand.

- Ça va vous changer. - Vous avez eu ça meublé ?

- Oui, y a pas le téléphone et pas la salle de bains.

- Je ferai ma toilette dans la cuisine.

- Je vais vous montrer votre chambre.

Voilà.

- La plus belle pièce. - Du soleil toute la journée.

- Tu auras une vue merveilleuse.

- Ouais...

J'aimerais avoir des explications,

..parce que mes mandats, je les attends toujours.

Une telle villa me paraît au-dessus de vos moyens.

Qui va payer ? - Comme pour la voiture.

- Oh, le crédit... - Ça se paie un jour, le crédit.

- Vous pourriez nous aider. - Ah non !

Vous allez pas recommencer, je suis en vacances.

Bah !

- Il n'est pas dans sa chambre.

- Dans le jardin non plus. Il nous a fait la malle.

- Non, ses valises sont dans sa chambre.

Il est matinal, il est allé faire un tour.

- M. le baron ne devrait pas se baigner encore habillé.

- Écoutez, Fabien, vous êtes d'un conformisme épuisant.

Ramenez Patricia à la maison.

- Si M. le baron le permet, ce n'est pas Mlle Patricia.

- Hein ?

Il rit. Elle est charmante.

Musique douce

...

Pardonnez-moi, monsieur, mais je vais plonger dans votre paysage.

Vous craignez les éclaboussures ?

- Faites comme chez vous, plongez.

- Mais vous n'êtes pas abstrait !

Vous êtes plutôt naïf.

- Oui. Il rit.

Vous travaillez de nuit ?

- Oui, oui, hélas, au casino.

- Ça doit être dur. Rien ne vaut le sommeil de nuit.

Depuis 40 ans, je me couche à 21 h et je me lève avec le soleil.

- Que faites-vous de bonne heure ? - Je cultive..

..mon jardin.

- Enchanté de rencontrer un philosophe à une heure si matinale.

À qui ai-je l'honneur ?

- À Tulipe. Enfin...

On m'appelle Tulipe, mais je m'appelle Martin.

- Ah, enchanté. Honeberg.

- C'est un joli paysage ici, et il y a des oranges.

- On en trouve à Paris de bien meilleures..

..chez n'importe quel épicier.

- Quand on les fait pousser soi-même, on se sent un peu le bon Dieu.

Le propriétaire doit pas s'embêter. - C'est ce qui vous trompe.

Le bon Dieu ici mène un train de vie épouvantable.

Jardinier, chauffeur, femme de chambre, cuisinière,

..et les charges sociales... Ça n'en finit plus.

- Il a qu'à cultiver son jardin, ça lui coûtera moins cher.

Il aura l'agrément. - Oh ! M. Pivoine !

- Tulipe.

- Pardon, monsieur le poète philosophe.

Je vous tire mon chapeau, que je n'ai pas.

Un homme rare !

- N'exagérons rien.

- Quel ermitage habitez-vous ?

- Où j'habite ici ? - Oui.

- Ermitage... Je crois que ça s'appelle les Lézards verts.

- Non, les Lézards bleus !

Mais c'est un endroit charmant !

Que suis-je venu faire ici ? Ah oui, prendre un bain !

Je vais le prendre à la maison, il y a encore cette charmante fille.

Bonsoir, monsieur. Ou plutôt... bonjour.

- Au revoir, monsieur.

Elle grogne.

- Je peux même pas la soulever.

Son matériel est dedans. - Laisse-là.

- On l'ouvre ? - Non, on a pas le droit.

Il s'en apercevrait. - Il doit se remettre au travail.

- Il s'y remettra, mais il faut y mettre les formes.

Il va pas se laisser brusquer.

Le voilà !

- Où étiez-vous ?

- On s'inquiétait !

- Y a des couleurs et une végétation extraordinaires.

Des orangers avec des oranges et une eau transparente...

- Vous vous êtes baigné ? - Sur une toile.

- Vous allez faire des chefs-d'œuvre.

- Je sais pas si c'est le soleil, mais tous les gens sont aimables.

- Il a l'air content. - Ça va marcher.

- Il faudra s'expliquer.

- Je vous débarrasse.

- Donne ton chevalet. - Je vais le rentrer.

Asseyez-vous. - À boire ?

Un petit pastis.

- M. Martin, sans doute.

- C'est moi.

- Enchanté, je passais avec mon camion,

..je viens voir si vous étiez arrivé.

On vous attendait avec impatience.

- Ah bon ? - Le notaire..

..n'attend plus que vous. - Pour quoi faire ?

- Pour votre signature, l'achat est en votre nom.

- Ils l'ont achetée à mon nom ?

- Vos enfants m'ont fait le 1er versement.

- Y en a d'autres ? - Vous êtes un blagueur.

- Y a encore beaucoup à payer ? - Vous me faites marcher ?

Ce que vous savez chez le notaire, et le reste de la main à la main.

- Oui, bien sûr.

- Eh oui... - Eh oui !

- M. Arnaud !

Quelle chance, j'allais descendre chez vous !

- Pour le 2e versement ?

- Pour vous demander de vous associer.

- M'associer ? - Nous partagerons les bénéfices.

- Fifty-fifty. - Pardon ?

- 50-50. - 50-50 ?

- Pour le financement aussi.

- Je préférerais que d'abord, vous régliez le 2e versement.

- C'est un placement sûr, venez voir.

Regardez,

..là, un bar. - Un bar ?

Les gens viendraient ici prendre l'apéritif ?

- Avant le self-service. - Quoi ?

- Celui auprès du golf miniature.

- Pourquoi pas un tennis ? - Pas pour les campeurs.

- Vous voulez des campeurs ? - C'est un emplacement idéal.

- Et pour mon 2e versement ?

- On vous a gardé la priorité. - Quand signons-nous ?

- L'acte d'achat ? Le notaire n'attend que M. Martin.

- Non, l'association. - Euh...

Je ne peux pas, je n'ai pas le temps. Klaxon

Oui ! On m'attend. ...

M. Martin, au plaisir. Au revoir.

- Au revoir.

- Là, vous y allez un peu fort.

Vous me faites venir pour des vacances tranquilles,

..vous achetez en mon nom et vous voulez 600 campeurs.

Comptez pas sur moi !

- Tulipe se demandait à quelle ligne il était venu se prendre.

Peut-être regrettait-il son jardin d'Argenteuil ?

- C'est non, tu veux pas ?

- Non, je veux pas.

- Tu nous envoies en prison.

- Vous préférez que j'y aille à votre place ?

- Le pays est pas beau ? - Si.

- Hilda est pas charmante ? - Si.

- Les Lézards bleus te vont pas ? - Si, mais sans bar ni camping.

- Quelques billets de plus, ça s'est toujours bien passé.

- Mais si on continue... Arrête, le poisson va se débiner.

- Oh, mais c'est bien M. Coquelicot ?

- Non, monsieur, Tulipe. - Ah, Tulipe !

Le médecin m'a conseillé la bicyclette. - C'est bien, ça.

- Vous aimez la pêche ? - Oui.

- Mais c'est insensé de venir ici.

On n'y attrape que des coups de soleil.

Écoutez, j'ai envie de vous emmener en bateau.

Vous aimez ? - Si on prend du poisson.

- Très bien, je passe 3 coups de téléphone,

..et je viens vous chercher au bout de la jetée.

En route, Fabien !

Je compte sur vous ! - Merci.

- En route ! - Vous êtes gentil.

- C'est quoi, ce cycliste ?

- Celui qui m'a parlé, il est croupier, je crois.

- On t'attend pour déjeuner.

- Je vais peut-être ramener du poisson.

Musique douce

...

- M. Tulipe, je viens vous chercher. ...

- J'attends un monsieur pour une partie de pêche.

- C'est pas vous, M. Tulipe ? - Si.

- Je vous emmène au bateau. ...

Musique sexy

Musique douce

...

- Ce bateau ne semblait pas destiné à la pêche à la ligne.

- Doudou nous envoie sa dernière trouvaille.

Un peintre, il paraît. - Encore un peintre ?

Y en a marre. - Tu trouvais l'écrivain marrant ?

Musique sexy

...

- Oh, regarde ce vieux schnock avec ses cannes à pêche !

Elle rit.

- Je vais le faire au zoom. ...

... ...

...

- Mesdames. - Le baron m'a prévenu de votre arrivée.

Je vous montre votre cabine. - Je connais pas de baron.

- Venez. ...

...

- Au zoom, ce sera comme ça ! L'insolite est monté à bord !

Le costume, les cannes à pêche ! Tellement vrai qu'il en a l'air faux !

... Rires

- Doudou vous a à la bonne, mais il est capricieux.

- Qu'est-ce que c'est ? - Rien.

Aujourd'hui, vous. Demain, une cantatrice.

Il est bizarre, Doudou. ...

Oh, pardon. ...

...

- Je suis malade... - Ah,

..la dame supporte pas la mer. ...

- Voilà, c'est libre, entrez. ...

C'est amusant, ça ne ressemble pas à un bateau.

- Non, c'est curieux. - C'est une idée à moi.

Où peut-on voir vos œuvres ? - Quelles œuvres ?

- Vos tableaux. - À Argenteuil.

- C'est une galerie ? - Non, mon domicile. J'habite un wagon.

- Un wagon ? Très curieux. Doudou va adorer ça.

- Qui est Doudou ? - Le baron.

- Quel baron ? - Le baron Edouard von Honeberg.

- Pardon.

- Comment ?

Je croyais qu'il était croupier au casino.

C'est à lui, le yacht ? - Croupier ?

C'est drôle. Doudou adore mystifier les gens.

...

Elle crie et il rit. ...

- Ah ! - Tu nous feras toujours rire, Edouard !

- Voilà pour le maître coq ! - Et moi ?

- Et voilà pour toi ! - J'ai horreur de toi !

- Ouvre ! Elle s'exclame.

- Je t'adore ! Il rit.

- Ah ! - Voilà, tu es le maître à bord.

- Pivoine est là ? - Pivoine ?

- Enfin, Tulipe ! - Ah, le voilà, ton Tulipe !

- Voilà Tulipe ! Il rit.

Mes amis, je vous présente M. Tulipe.

Peintre, poète, philosophe. Enfin, la sagesse incarnée.

Il vous plaît, mon petit bateau ? ...

- Un petit bateau, un petit bateau... ...

- Il vous plaît pas ? ...

Je vous présente Patrick Gérard, un garçon pourri de talent.

Vous connaissez sûrement Tentative autour d'une bicyclette?

- Grand prix au Festival de l'Aigle. - Ah oui !

J'ai envie de lui commander un court-métrage sur vous.

- Vous m'inspirez. - Merci, mais je suis venu pêcher.

- Bien sûr qu'on va pêcher. On va rester 2 ou 3 jours.

- Je peux pas, mes enfants m'attendent.

- Ah... - Et j'ai pas mes affaires.

- Je vous présente Aya. - Madame.

- Et Inga. This is George.

Béatrice, Johnny. ...

Dites, vous avez des enfants ? - C'est tout comme.

- Vous auriez dû les amener. ...

Ils sont assez grands pour se débrouiller seuls ?

- Oui, mais enfin... ...

- Où es-tu ? - Dans sa chambre !

Du nouveau ? - Non.

Rien. Il m'a dit qu'il rapporterait du poisson.

- Je m'en fous, ça me donne de l'urticaire.

Dis, il sait nager ? - À Argenteuil, y a la Seine.

- On n'a pas besoin de lui, il n'a pas emmené sa valise.

- Que veux-tu dire ? - Non !

Regarde, y a tout. Les plaques, les encres, même du papier.

- Où as-tu pris les clés ? - Comme ça.

Ça doit pas être dur. - Tu es folle ?

- Ça coûte quoi ? - Les travaux forcés.

Musique sexy

- Cependant, sur le yacht du baron, ...

..la caméra de Patrick Gérard enregistrait la vérité, toute la vérité,

..rien que la vérité. - Je le jure.

...

- Laissez passer ! Dehors là-dedans ! ...

...

- Tulipe est là ? - Oui, monsieur.

- Tulipe, venez ! ...

On peut commencer le clou de la partie. ...

Le happening. - Pardon ?

- The happening. - Qu'est-ce que c'est ?

- Ah, on ne sait pas, mais Patrick Gérard va nous expliquer.

- C'est l'expérience la plus étonnante du siècle.

Nous allons vous libérer. ...

Tambour et saxophones

...

Le véritable happening sera fonction du degré de dépaysement de tout !

Musique pop intrigante

...

- Je suis un rat dans son gruyère. Je suis un rat dans son gruyère.

- Au trou ! - Je suis un rat...

...

- Jamais j'aurais imaginé qu'on vive de cette façon-là.

- Faut bien qu'ils s'amusent.

En réalité, ce qui paraît nouveau, c'est ce qui est déjà oublié.

Dites-moi, pour vous, au juste, c'est quoi, la vie ?

- Oh, ce que je sais, des choses simples.

Les plantes, le ciel, un bon petit vin blanc,

..et puis surtout la liberté.

- Peut-on être libre sans argent ?

- Ah non. - Ah ouais...

L'argent, ça se gagne.

Ça ne se fabrique pas. - Bah...

- Vous payez ou non ? - Mon mari est allé à la banque.

- La traite monte au contentieux. Demain, ils prennent la bagnole.

- J'ai un billet pas sec. - Comment ?

- Il est tombé à l'eau, il sèche au soleil.

- Vous verrez avec la compagnie.

- Monsieur, attendez, une seconde.

Je reviens tout de suite.

Monsieur, il est sec !

Oh, parti...

Klaxon

- Rangez-vous là.

- Bonjour, quelque chose ne va pas ?

- Dépassement de la ligne jaune.

- J'ai dépassé ?

- N'aggravez pas votre cas. Vos papiers.

- Bien sûr.

- Vous payez tout de suite ? - On peut ?

- Ça évite le retrait de permis. - Je n'ai qu'un billet de 500 francs.

- 50 000 francs ? Tu as la monnaie ?

- Oui. - La journée a été bonne.

- C'est la collecte pour le mariage de la fille du lieutenant.

- Il sent bon. On le garderait en souvenir.

- Comment as-tu pu faire ça ?

- C'est épouvantable ! Elle pleure.

Un type est venu pour la voiture, puis les gendarmes m'ont fait peur.

- Pourquoi pas directement à la Banque de France !

- Je suis ton mauvais génie ! ...

J'aimerais mourir... - La dernière chose à faire.

- Tu as raison, sauvons-nous. - Et Parrain ?

- Il nous a laissé tomber, il est peut-être en prison.

- Le voilà.

- Elle pleure ? - Où étais-tu ?

- Chez les dingues. - Si vous saviez...

- Vous allez pas me faire croire que vous pleurez sur moi.

- On s'est disputés.

- Disputez-vous, embrassez-vous, c'est votre affaire.

Je vais faire une petite toile, j'ai besoin de calme.

- Que fait-on ? - Les valises.

On a pas l'argent pour partir. - Il faut le prévenir.

- Y a personne ? Ah si, il est là.

Il soupire.

- Bonjour, quelque chose ne va pas ?

- Non, tout va bien.

C'est combien, le pot de fleurs ? - Quel pot ?

- Avec les anses. - Ah, l'amphore romaine ?

Nous avons ses sœurs jumelles.

- C'est romain ? - Oui.

- C'est vieux ? - Vieux et beau comme l'antique.

Coup de feu Il rit.

Ma femme s'entraîne.

Dora, je suis avec des clients !

- Ma femme ne touche pas à mon revolver.

- Cette amphore vous plairait ?

- Pour le mariage de la fille au lieutenant.

- Pas le cadeau de tout le monde.

- Si, on a réuni une petit collecte.

- C'est cher ? - Je vous ferai un prix.

115 francs, le prix que je l'ai payée. Je vais pas faire un bénéfice.

- 115 francs ? Tu crois que ça plaira ?

- Écoutez, 100 francs et n'en parlons plus !

- D'accord. - Un gros billet ne dérange pas ?

- Non, aucun inconvénient. Je vous rends la monnaie.

- Ils sont partis ? - Oui.

- Ils voulaient quoi ? - Je leur ai refilé une amphore.

Ils m'ont donné un gros billet. - C'est très bien.

Oh ! - Tu t'es fait mal ?

- Ta vue baisse, il est faux ! Rose, violet, bleu ! Honteux !

Tu en as vendu pendant 20 ans et tu te laisses arnaquer !

- Peut-être des faux gendarmes. - Bonjour !

Vous vous souvenez de moi ? Je viens pour ma selle andalouse.

- Elle vous attend. - Ah ! Ah oui !

Vous avez mon compte, je vous avais donné des arrhes.

L'ennui, c'est que je n'ai pas d'argent sur moi.

Un chèque ? - Au porteur, s'il vous plaît.

Si ça vous arrange, je peux vous avancer du liquide.

- Oui, cela m'arrange. Je n'ai jamais de monnaie.

Un stylo ? - Oui, voilà.

Arrondissons la somme. - Oui, oui.

Si un billet de 500 francs peut vous être agréable...

- Oui, cela ne vous gêne pas ?

- Quand on peut rendre service. - Ça nous coûte pas cher.

- Alors, Hilda,

..tu es prête ? Dépêche-toi !

- Il n'y a plus qu'à avertir Parrain. Voilà sa valise.

- Il va nous faire une colère épouvantable.

On part comme ça ? - C'est mieux que la prison.

- Avec quoi on paiera l'essence ? - Il reste des billets.

- Pardon, c'est bien ici qu'habite M. Tulipe ?

- Oui.

- Je m'excuse, la porte était ouverte.

Je vous dérange, vous venez d'arriver.

- Oui. - Je me présente.

Edouard von Honeberg. - Enchantée.

- Oh, mais si je ne me trompe pas...

C'est le tableau qu'il peignait l'autre matin !

- Oui. - Ravissant. C'est votre père ?

- Mon parrain. - Il a du talent.

- Plus qu'on croit. - Il vaut combien ?

- Combien ? - Un petit tableau, ça vaut 500 francs.

- Oui, 500 francs. - Je le prends.

Un gros billet gêne ? - Pas du tout.

- Il a été parfumé. - Merci.

- Il a dû appartenir à une jolie femme.

Je ne l'ai jamais connue.

- Ah, que faites-vous là ?

- Je m'ennuyais..

..déjà de vous ! J'ai fait la connaissance..

..de vos enfants et j'ai fait une affaire.

- C'est mon tableau. - Je viens de l'acheter.

- Comment ?

- Il a insisté. - Reprenez votre argent.

- Non. - Vous me feriez injure.

- Tulipe, laissez-le-moi. - D'accord.

Je vous en offre un autre. - Merci.

Il ira bien dans ma chambre.

Je pars, j'attends des téléphones de Paris.

À tout à l'heure. - Comment ?

- Je passais pour vous inviter ce soir à dîner chez moi, à la maison.

- Un dîner happening ? - Non.

Un dîner très sérieux. - J'ai pas de tenue de soirée.

- Restez comme vous êtes, on s'habille plus aujourd'hui.

C'est démodé. Au revoir.

- Je vous reconduis. - Merci.

- C'est quoi, ça ? - C'est Hilda, toute seule.

- Elle a ouvert ma valise ? Et comment le baron a eu ça ?

- Le baron, j'en sais rien. Elle l'avait donné à un gendarme.

- Un gendarme ? - Ouais.

- Demain matin, je travaille pour vous dépanner une dernière fois.

À une seule condition : de plus jamais entendre parler de vous.

Compris ? Y a pas à rire !

Musique douce

...

Pourquoi tenez-vous à m'emmener au casino ?

- Vous méprisez l'argent et j'aimerais vous voir..

..devant des millions qui se gagnent et se perdent.

- Ah, si ça vous amuse, mais j'ai pas une tenue correcte.

- On va vous trouver une cravate, venez. ...

Eh bien, parfait. ...

- Ça va comme ça ? - Très bien.

Ah, chers amis ! ...

Je vous présente mon ami Tulipe, un peintre du plus grand talent.

- Messieurs dames. - Mes hommages, chère amie.

...

- Vous connaissez tout le monde. - Tout le monde me connaît.

Une seconde, juste le temps de changer un peu d'argent.

Bonsoir, monsieur. Dix plaques de 100.

- Honeberg, votre peintre, il ferait mon portrait ?

- Il ne peint que des fleurs. - Je m'appelle Marguerite.

- Il sera ravi. - Ne manquez pas votre revanche.

- Revanche ? - À la bataille.

- Si vous le permettez, je vous rejoindrai plus tard.

- Je vous attends dans le salon rouge.

- C'est ça, une salle de jeu ? Je trouve pas ça folichon.

- On ne vient pas pour s'amuser. - Ça ressemble à une église.

- Je vais vous apprendre votre nouveau catéchisme.

C'est simple : des cases, des numéros, des colonnes en long et en large.

Vous mettrez vos plaques où vous voudrez.

- Et alors ? - Si vous gagnez, vous continuez.

- Et si je perds ? - Aucune importance.

- Ah, tiens donc !

- Ici, c'est le privé. - Ah bon ?

- Ceux qui entrent ici ont des noms ou des fortunes.

Alors, à tout à l'heure. - Où allez-vous ?

- Je ne serais pas bénéfique pour vous. - Vous allez me laisser seul ?

- Asseyez-vous où vous voulez. Je ne serai pas loin.

Musique douce

...

- Faites vos jeux. ...

...

La roulette tourne.

...

Rien ne va plus. ...

- La place est libre ? - Certainement.

- Monsieur. - 35 noir, impair et passe.

- À votre disposition, chère amie.

- Les roses ou les bleues ? - Les bleues.

10 000 francs par bataille ? - 50.

- Bien. 8.

- 10.

- Valet.

Roi.

- Bataille ! - Bataille !

Et maintenant ?

Re-bataille ! Ils rient.

Vous gagnez.

- Nous avons bien dit 50, n'est-ce pas ?

- Voilà. - Je marque 500 pour Son Altesse.

- On continue ?

Musique douce

- Non, 500 francs maximum. ...

- Combien ça fait de plaques ? - 5.

...

3... 5. Bon, bah alors... ...

Là, j'ai le droit ? - Certainement.

- 5 plaques au 26. Le reste, sizain transversal...

- Faites vos jeux. ...

La roulette tourne. ...

- Rien ne va plus ! ...

... ...

26 noir, pair et passe.

- Sizain transversal, carré, cheval et plein, et passe.

- Monsieur, 70 000. - Merci, monsieur.

- As. - As !

- Bataille !

- Re-bataille ! Elle rit.

Vous gagnez, il ne me reste qu'à vous rendre les armes.

Sur mon compte. - Bien, M. le baron.

- Merci, Marguerite.

- À bientôt. - Quelle charmante soirée...

...

- Votre ami... - Encore là ?

- Je comprends, oui. ...

...

- 29 noir, impair et passe. ...

...

- Mais alors... ...

- Voici, monsieur, 200 000 francs. ...

- Merci. - Ça a l'air de marcher.

- Ah... Les plaques de 10 000, c'est 10 000 anciens ?

- Non, vous avez gagné des millions. - On s'arrête.

- Attendez ! - Faites vos jeux.

- Qu'auriez-vous joué ? - Je sais pas, le 4.

- Rien ne va plus !

La roulette tourne.

...

- 4 noir, pair et manque.

- Sizain...

- Vous auriez gagné. - Voilà votre argent.

- Je prends ma mise, le reste est à vous.

Chef, un plateau. - J'en ai pas besoin.

- J'y tiens. - J'en ai pas besoin.

- Prenez-le. Et pour les employés.

...

Alors, où allons-nous ? ...

- J'irais bien faire un tour. - Vous n'allez pas me laisser ?

- Non, mais j'irais bien me promener, prendre l'air.

- D'accord. ...

Eh bien, vous voilà riche, mon cher philosophe.

50 millions ! - 48, mais quand même...

- Qu'allez-vous en faire ? - Ma foi, je vois pas.

Les enfants, je vais leur donner un coup de main.

- Et de quoi avez-vous envie ? ...

...

- Moi... Je vois pas. ...

- Vous n'avez pas un désir secret ?

Une chose inaccessible dont vous rêvez ?

- Être jeune et beau. Il rit.

- Ça, c'est difficile. - Eh oui...

Vraiment, je vois pas. Il soupire.

Si, y a un truc bête. - Dites toujours.

- Gosse, je rêvais d'un cheval et une voiture.

- Mais rien de plus facile que ça ! ...

- Vous avez connu Paris avec les chevaux et les voitures ?

- Ah, bien sûr. ...

Oh là, réveillez-vous. Vous êtes libre ?

- C'est ma dernière course.

- Dites, monsieur veut acheter votre fiacre.

- Oui... Allez cuver ailleurs.

- On a de quoi l'acheter.

- Il est pas à vendre. - 2 millions ?

- Non, n'exagérons pas. Un million, ça vous va ?

Voilà 500, un million. Non, disons un million et demi.

Voilà.

- Mais c'est trop ! Ça va pas, ça !

- Comment ça ? - Faudrait un papier en règle.

- Venez demain au Cap-Ferrat, à la Tour de Saint-Hospice, à 13 h.

Conduisez-nous.

- J'ai pas acheté le cocher, je veux conduire.

J'ai servi au 4e Dragons, moi.

Musique douce

...

- Il traîne, votre cheval. Vous n'avez pas fait une affaire.

- J'ai pas voulu faire une affaire, j'avais envie d'un cheval.

- Tulipe, vous me décevez.

Vous êtes riche, et un vieux cheval vous suffit ?

- La 1re personne..

..qu'on rencontre, je lui donne 1 million.

- Un million ? Et 50 idées comme ça, ça va vite !

Musique comique Il rit.

- Pas une bonne idée. ...

- Emmenez-nous prendre un verre.

Encore un verre ? - Il est tard.

Faut que je rentre. - Votre femme vous attend ?

- Je suis veuf depuis 15 ans. - Pas de chance.

- La mienne aussi est partie il y a 15 ans.

Et depuis, je m'ennuie... Musique piano-bar

Et vous, Tulipe ? - Moi ?

Vous savez, moi, j'aime pas parler de moi.

- Mais voyez ce qui arrive. ...

...

- Je suis l'envoyé, je ne passe qu'une fois.

- Quel dommage... C'est un bateau ? ...

- L'Arche qui vous sauvera lorsque les flots engloutiront le monde.

Les glaces s'accumulent au pôle Sud, la Terre doit basculer.

Je suis Noé des temps nouveaux. ...

- Oh... Vous ne voulez pas boire un verre avec nous ?

- Jamais d'alcool, de l'eau seulement. ...

- Oh, pourtant, Noé... ...

- 10 francs pour construire l'Arche et votre âme sera sauvée.

- 10 francs, c'est pas cher. - Intéressante, son idée.

La dérive des continents ! ...

- J'annonce le nouveau Déluge, l'Apocalypse des temps modernes.

- Il est charmant... ...

- Il est rare. - Il est pas gai.

- Le Seigneur me renvoie parmi vous pour vous sauver.

- Parfait, un prophète dans un bar de Sodome et Gomorrhe.

Vous accepteriez de venir à mon bateau ?

Ce n'est pas une arche, mais mes amis seraient ravis de vous connaître.

Et Patricia adore l'histoire sainte. ...

- Je te suis, mon frère. Tu fais partie des rares sauvés.

- Tulipe, vous m'abandonnez ? Musique dansante

- Ne t'égare pas sur le chemin des bas plaisirs.

- Vous n'avez plus besoin de moi. ...

- Mais non, vous m'avez appris beaucoup de choses.

Vous, vous étiez le sage, le philosophe.

- Oh, la philosophie... Le philosophe vous dit merci.

Adieu. - Entre amis, on ne se dit jamais adieu.

- Terre, engloutis-toi ! ...

- C'est des fadas. - Allez, hue !

...

- Tard dans la matinée, Tulipe avait regagné..

..les Lézards bleus.

- Noël !

Noël !

- Les jeunes gens étaient partis, sinon à sa recherche,

..du moins à la poursuite de quelque expédiant.

Musique douce

...

Leurs destins se croisaient en se séparant.

Klaxon ...

...

Musique intrigante

Sirène de police ...

...

- Non ! ...

...

Oh ! ...

...

Noël !

Noël, alors ?

- Ma tante m'a pas donné un radis. Fallait pas t'inventer..

..un père industriel.

Et toi, pour la voiture ?

Ils veulent déposer une plainte. Elle étouffe un rire.

- Que va-t-on faire ?

- La noce ! Youhou !

Elle rit.

Musique douce

...

- "Voilà ce qu'il vous fallait et même plus.

"Je rentre à Argenteuil, bonne chance." - 25 millions !

Cris de joie

- Il les a fabriqués vite. - Il les a imprimés avant.

Il a voulu nous faire une surprise ! - Des gendarmes.

Sirène de police

- Un lion s'est échappé du cirque, les gendarmes le cherchent !

Je rentre les petits ! - Mon Dieu !

- J'ai servi en Afrique et c'est ici que je vais à la chasse au lion.

- Il est pas méchant.

- Tiens, un grand chien jaune. - Où ça ?

- Il est passé dans les buissons. - Un chien policier ?

Que veulent ces gendarmes ? - Je reconnais...

..le petit qui m'a arrêtée. - Ils viennent ici.

- Tulipe a été arrêté, sauvons-nous ! - Par la terrasse, viens !

Musique angoissante

...

Il y en a là aussi. Nous, on a rien fait.

- Les billets. - Cachons-les.

- Où ? - N'importe où.

- Ils vont les trouver. On va les brûler !

Vite... - La cheminée du salon.

- Vas-y, va fermer la porte ! ...

...

Elle est vide. T'as des allumettes ? ...

- Non... Si... Vide... Dans la cuisine. ...

...

Tiens ! ...

- Ah ! - Zut ! Trouvé, tiens !

Ça brûlera pas. - De l'eau de Cologne.

- Où ? - Le cabinet de toilette.

...

Musique douce

...

Musique intrigante Sirène de police

- Du feu par un temps pareil ? Voilà comment les incendies arrivent.

- Ainsi brûlent, dit-on, les châteaux en Espagne.

Musique douce

...

Un jour, des plongeurs découvriraient peut-être un étrange matériel.

...

Quant à vous, s'il vous arrive d'aller dans le Midi de la France...

Musique gaie

Et que pour vos enfants, vous cherchez quelqu'un de confiance,

..vous pourriez engager une certaine Hilda.

...

Mais attention à votre montre. ...

...

Et si vous n'avez pas votre permis, n'hésitez pas sur votre choix.

- Non mais oh ! - Ce n'est rien, c'est une débutante !

- Si d'aventure, vous vous promenez dans la banlieue parisienne,

..à Argenteuil, par exemple... Musique douce

..vous y rencontrerez peut-être 2 anciennes connaissances.

Deux vieux amis, Tulipe et son cheval Pâquerette.

...

Musique gaie

...

Adaptation : Edouard SONET

Sous-titrage L'ATELIER D'IMAGES

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