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Hier, le 20 août 1968,
vers 23 heures,
les troupes de l'Union soviétique,
de la République populaire de Pologne de la République démocratique allemande
de la République populaire de Hongrie
et de la République populaire de Bulgarie
ont franchi la frontière
de la République socialiste tchécoslovaque.
Le Présidium du Comité central du Parti communiste tchécoslovaque
appelle tous les citoyens de notre république
à rester calmes
et à ne pas résister à l'avancée des troupes.
Vienne, 1981
Mon Dieu, Julia.
Je sais !
Encore une fois.
Continue.
Ne pas s'endormir.
Bonsoir.
Pas de pendule à la maison ?
Ne me regardez pas comme ça.
Je n'ai pas d'argent.
Il faut lui offrir
cette chance.
À mon époque, ça ferait bien longtemps...
À votre époque,
on ne serait pas ici.
Mais dites,
cette exposition à Londres ?
À New York.
Non, c'est dans quelques mois seulement
Vous pourriez...
Voilà !
Vous pourriez lui offrir ses leçons.
Qu'en dites-vous ?
Alors ?
Vive le capitalisme !
C'est un comble.
Fini pour aujourd'hui.
Parle allemand, on nous écoute !
- Et alors ? Je m'en fiche. - Pas moi, en tout cas.
C'est bien dommage.
On est pauvres ?
Qui t'a dit ça ?
Personne.
Paye-lui les leçons, alors.
Bien sûr, je roule sur l'or.
Mme Michejeva dit que si tu tenais à moi,
tu m'offrirais les leçons.
Tu me trouves pas douée.
Je pourrais bien être le prochain Vladimir Horowitz.
Julia, enfin,
ce que pensent les autres n'a pas d'importance.
Mme Michejeva...
Si elle saute par la fenêtre, tu sautes aussi ?
- Non. - Voilà !
Tu ne peux pas faire des ménages ?
Jamais !
Pardon.
On va s'en sortir autrement.
D'accord ?
Dis-moi,
tu rêves de devenir un vieux Russe chauve de 80 balais ?
Son pendant féminin. Et il est pas chauve.
C'est quand même un vieux Russe de 80 balais.
J'ai cru que vous m'aviez oubliée.
J'aurais eu l'air bête, sans cadeau.
Julia.
Claudia.
Merci d'être venues.
Il va être content.
Voici.
Merci.
Ça te plaît ?
Faut pas toucher !
Vous restez pour le gâteau ? Y en a plein.
Avec un excellent vin rouge d'Afrique du Sud.
C'est aussi un cadeau
de rencontrer l'artiste.
Il y a beaucoup d'amateurs d'art. Avec des murs vides.
Merci, Claudia.
Il était posé là, par terre.
Elle voulait me l'offrir avec le gâteau.
Dommage.
Oui, dommage !
Josef.
Perla.
- Adamová. - Je sais.
J'ai vu votre travail à l'expo de fin d'études.
Bon anniversaire, alors !
Merci.
De rien.
Pas très subtil, tout ça.
La subtilité, c'est un truc de trouillard.
Ce que vous n'êtes pas.
Et vous ?
J'en sais rien.
Quatre fois.
Ajantâ, j'ai jamais rien vu
d'aussi ensorcelant.
En pleine jungle indienne.
Des grottes sculptées à même la falaise.
Des statues
de dix mètres de haut.
Des temples.
Des peintures murales.
De soldats chinois avec des guerriers romains.
Des galeries
qui ne mènent nulle part.
Les cigales
qui font un bruit d'enfer.
Je rêve de découvrir.
Avec toi.
Tu vas tout découvrir.
On va explorer ensemble.
Maman !
Exactement.
J'ai besoin de faire 2 ou 3 remplacements.
Karol.
T'es géniale !
D'accord.
Merci.
Mais rappelle-moi.
Rappelle-moi.
Horowitz.
Madame, vous pouvez reprendre.
Le souper sera servi dans un instant.
Merci beaucoup, princesse.
Karol, aussitôt dit aussitôt fait !
Un instant.
Julia, téléphone !
C'est du Rachmaninov...
Perla ?
C'est toi ?
Ils libèrent Andrej...
Comment tu l'as connu ?
Qui ?
Le père de Julia.
Quoi ?
Vous avez grandi ensemble ?
Je t'ai déjà dit que je parlais pas du passé.
C'est vrai.
Et tu me demandes quand même ?
Laisse tomber.
Il est mort.
Nous, on est en vie.
C'est ça qui compte.
C'est pour ça que tu as fui ?
Je n'ai pas fui.
J'ai décroché une bourse d'études.
C'est quoi, cette bourse ?
Ça, tu peux me le dire.
Je t'aime.
Je t'aime.
Tu vas où ?
Varkonda.
Perla ?
C'est pour vous !
Regardez.
Regardez !
Arrête...
Laisse-moi dormir.
Réveille-toi.
Regarde.
C'est très mignon.
C'est en forme de cœur.
On va l'encadrer et l'accrocher.
J'ai découpé les étoiles aussi.
Pousse-la, elle joue pas le jeu.
Voilà.
Pitié.
Laissez-moi dormir.
S'il vous plaît.
Comment dire
"Les nuits dans la baignoire sont bien trop longues ?"
Pardon ?
Comment dire en anglais
"Les nuits dans la baignoire sont bien trop longues ?"
Faut que tu me l'écrives.
Là ?
Comme ça.
Merde, c'est imprononçable.
Si, c'était bien.
Celui-là, tu l'envoies pas ?
Le galeriste le trouve glauque.
Téléphone !
Tu réponds ?
J'arrive !
Julia !
Combien de fois je t'ai dit de ranger tes affaires ?
Raccroche pas, s'il te plaît.
- Comment t'as eu le numéro ? - À ton avis ?
Par Karol.
Je suis chez mon oncle, à Košice. T'as de quoi noter ?
C'est bon ?
4-0-8
9-8-8
2.
Rappelle-moi.
Je t'en supplie.
J'attends ton appel.
N'appelle plus jamais ici.
Jamais.
C'est moi.
Perla ?
T'es sorti quand ?
Ça fait quelques mois.
Ils t'ont relâché, comme ça ?
Comme ça ?
Que veux-tu ?
J'ai eu du mal à te retrouver, tu sais ?
Non.
Je ne sais pas.
Rejoins-moi avec elle.
C'est pas drôle.
Andrej.
Je ne reviendrai jamais.
T'as pas le choix.
Je veux voir ma fille.
Grâce à elle, j'ai survécu toutes ces années.
C'est aussi grâce à elle que j'ai survécu.
J'ai besoin de la voir.
On voit enfin le bout du tunnel.
- Et toi... - J'ai un cancer.
Quoi ?
Une tumeur de la taille de mon poing.
Je suis mourant.
J'en ai plus pour longtemps.
Une petite signature.
... dix,
onze,
douze.
C'est bon.
Doucement.
Bien sûr.
J'aurais pu te tuer, connasse !
Elle est enceinte.
Défais son manteau.
Son manteau.
Gentil.
Plus vite.
Allez !
Dégage. À terre !
C'est ça, en cloque ?
Toi aussi, ça te plaît ?
J'ai l'argent.
Je vous le donne.
C'est tout ce qu'on a.
Prenez tout.
Reste couché, je te dis.
On peut partir ?
Pitié, laissez-nous partir.
Tu rigoles ?
C'est une blague ?
C'est tout ?
Allez.
Écarte les jambes,
et on vous laisse.
Simple comme bonjour.
Quoi ?
Quoi, quoi ?
Elle a pas l'air de piger.
Tu écartes les jambes, et ça sera bon.
Et lui va mater.
À terre !
Allez.
N'aie pas peur.
Flippe pas, c'est rien.
Pitié !
Bouge pas.
À terre, bâtard !
Tu te décides, ou j'ai rien en échange ?
Par pitié.
10, 9...
Laissez-nous partir.
Pas touche, salopard !
Reste à terre.
Ta gueule !
C'est d'accord.
Laissez-la partir !
Tu la fermes, ta gueule ?
Ça va.
Bois un coup.
Un petit coup.
Voilà.
Tu vas me lâcher, putain !
- Toi d'abord ? - Vas-y.
Je vais m'en griller une.
Désape-toi.
Désape-toi, je te dis.
Garde tes chaussettes, c'est humide.
Fais pas ça, ils te relâcheront pas.
Tu vas fermer ta gueule.
Baisse ton froc !
N'aie pas peur. Réjouis-toi de te débarrasser de lui.
Donne tout, penche-toi.
Penche-toi, je te dis !
Voilà, une chic fille.
Doigte-toi.
Allez, doigte-toi.
Dis-lui de gémir.
T'inquiète, ça va venir.
Tourne-toi.
Tourne-toi, bordel.
Maintenant, on va s'amuser, tous les deux.
Pourquoi tu regardes par terre ? Ça te plaît pas ?
Mate.
Mate !
Un cancer de quoi ?
Qu'est-ce que ça change ?
Ils vont m'arrêter à la frontière.
Tu as oublié tout ce que j'ai fait pour toi ?
Tu me dois bien ça.
C'est pas possible.
Tu trouveras bien un moyen.
Elle passe en premier.
Je sais.
J'espère qu'elle va gagner.
C'est bête, mais j'ai tellement envie qu'elle gagne.
Tu l'aimes toujours ?
Ne me mens pas, cette fois.
Non.
Il t'a offert ce bracelet ?
C'est pour ça que tu l'enlèves jamais ?
En fait, c'est...
une amie qui me l'a offert.
Tu éprouves encore quelque chose pour lui ?
Non !
Je suis obligée.
Je suis obligée d'y retourner.
Restez dans les parages.
Désolée.
Tout va bien ?
Tout va bien.
C'est pas le moment de t'énerver.
Famille Hoffmann. La chambre est prête.
Merci.
Julia.
Tu viens ?
Première fois à Košice, madame ?
Oui.
On peut faire appel à une interprète, si vous voulez.
Et nos passeports ?
Viens.
Passez à la réception demain matin, tout sera prêt.
Si vous voulez bien me confier vos clés de voiture,
nous garerons votre véhicule.
Je préfère m'en occuper moi-même.
Je m'en occupe.
Maman, regarde !
Y a des petits savons, je peux en prendre ?
Oui.
Je vais voir ce qu'il y a d'autre.
Vos clés.
Merci.
Auriez-vous une cigarette ?
Ah, oui.
Merci.
De rien.
Josef a dit de ne parler à personne.
Josef
a traversé le Tibet avec un sac à dos
en distribuant des photos du Dalaï-Lama.
Merci, mais je peux me passer de lui.
Je répète simplement ce qu'il a dit.
D'accord.
Mais garde-le pour toi.
Je vais quand même lui dire.
Je suis guéri.
Quoi ?
Je m'en doutais. Salaud !
T'es vraiment un salaud.
Quelle idiote !
Je suis vraiment idiote.
Tu voulais quoi ?
Lâche-moi !
Tu as changé.
Toi aussi.
Tu t'es mariée pour les papiers ?
Non.
Il sait que j'étais dans un camp ?
J'aime beaucoup Josef.
Tu l'aimes beaucoup.
Autant que moi ? Que Dieu le protège !
Va te faire foutre.
T'arrives à te regarder dans un miroir ?
J'avais le choix ?
- J'ai fait tout ça pour Julia. - Et moi, non ?
Tu voulais qu'elle naisse dans un camp ?
Même pas une lettre.
Pas une photo.
Un signe que vous étiez en vie ? Rien, pendant des années.
Qui peut infliger ça ?
C'était le seul moyen.
On se comprend ?
Parfois, c'est le seul moyen.
Tu es mon portrait craché. T'as mes oreilles, mon nez.
- Et Perséphone, alors ? - Qui donne ce nom à sa fille ?
On voulait t'appeler Perséphone. Ou Aristote, si t'avais été un garçon.
Julia ne parle pas slovaque.
Pourquoi ?
J'en sais rien.
Elle le comprend, elle n'a jamais voulu le parler.
Il fallait insister.
Il fait froid.
Avant que vous arriviez, il faisait bon.
Oui, à Vienne, il faisait froid aussi.
Café, Josef ?
Eau, bière. Vodka ?
Vodka.
De l'eau.
Les médicaments, pour toi.
Merci.
Cadeau.
Qu'est-ce qu'on dit ?
Merci.
Ça existe encore ? J'ai eu le même projecteur, petite.
Incroyable.
Ça te plaît ?
Ça lui plaît ?
Oui.
Ça lui plaît.
Pardon.
Pardon.
Regardez !
Bonne nuit.
Pardon d'avoir pleuré.
Maman dit que ça fait du bien de pleurer.
Et il faut que tu ailles mieux.
Salut.
Pas possible.
Je ne peux vous donner que la portion indiquée.
C'est pas possible d'avoir des portions supplémentaires ?
La crème, elle était à part.
Pas possible, je vous dis.
Si vous voulez plus de bryndza ou de lardons,
il faut reprendre une part de gnocchi.
Franchement, madame, elles sont énormes, ces parts.
Il y a du goulasch avec des quenelles des boulettes sauce à l'aneth,
deux salades de concombres, betteraves,
légumes marinés,
des soupes,
fromage pané sauce tartare, patates,
et les gnocchis au fromage de brebis.
Quelqu'un vous rejoint, c'est pour ça ?
Non.
Je voudrais aussi les gnocchis sucrés au pavot.
Avec du beurre.
Comme vous voulez.
Merci.
Quoi ?
- Pourquoi tu ris ? - Pour rien.
Andouille.
Goûte.
Une bouchée.
Ça sent la chèvre.
T'es bête, c'est du mouton.
- T'y connais rien. - Ça pue.
- Toi, tu pues. - C'est toi, la maman bouc.
Et t'es même pas encore ado.
- C'est bon, hein ? - Très bon.
Goûte ça.
J'en peux plus.
Très bon.
Tu bosses dans quoi, toi ?
Dans une usine sidérurgique.
Comme la moitié de la ville.
Avant de me faire arrêter, j'étudiais la photographie.
C'est tes photos, chez toi ?
Et maintenant ?
Maintenant,
on m'interdit d'étudier.
Je vais être malade.
Mais
rien ne t'empêche de photographier.
Si, eux.
Ils font ce qu'ils veulent.
Pour eux,
je ne vaux rien.
Tu rêvais de Vienne ?
Non.
Elle voulait y aller, mais moi, je me plaisais ici.
Tu vas adorer. C'est comme...
Chez mémé.
Sa grand-mère...
C'est pour ça qu'on s'est battus ?
Y en a qui meurent de faim. Quelle honte !
Moi ?
Ben oui, vous !
Insolente, en plus.
Elle se régale.
Vous allez changer de ton.
J'appelle la police.
Pardon, vous avez raison.
Maman, arrête.
Arrête de manger.
Tiens, habille-toi.
Perla, arrête.
Arrête !
On y va.
On part.
Vite, habille-toi.
Elle s'est endormie.
Plus jamais ça.
Je sais.
Je le sens pas, ce type.
Il est pas net.
Il m'a l'air en bonne santé.
Depuis qu'on est arrivés ici,
tu as un comportement étrange.
On dirait que tu cherches les ennuis.
Peut-être.
Comme ça, ce serait enfin réglé.
Julia a fait pipi au lit.
T'es sûr ?
Elle a dû rêver qu'elle était aux toilettes.
On ferait mieux de rentrer.
La serviette.
Merci.
Ça gratte.
Horrible.
Ça me manquait pas, tiens.
T'as entendu ce que j'ai dit ?
Encore une journée.
Maman.
On y va ?
Perdus dans la forêt, Hansel et Gretel courent.
Ils ont une faim de loup.
Et voilà qu'ils tombent sur une maison en pain d'épices.
Hansel la dévore.
Ils ne se doutent pas qu'une vieille les observe.
Elle se dit :
Mes petits, que faites-vous là ?
Allez, maman bouc, vas-y !
Mes petits,
qu'est-ce que vous faites là ?
On s'est perdus dans la forêt.
Vieille sorcière !
La vieille sorcière
raffole des enfants...
Vous passez demain, ou c'est moi ?
Demain, on retourne à Vienne.
Julia a école.
Quoi ?
Demain, déjà ?
C'est passé vite.
L'école, ça compte plus que tout.
Et Pâques ? Je pensais que vous seriez là.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Allez, chérie.
Demain, à l'hôtel ?
On va partir tôt, on passera peut-être.
Je t'appelle.
Un instant.
Attends !
Quoi encore ?
Quoi ?
Une seconde.
Tes affaires.
C'est quoi, ça ?
Allez, on y va.
J'arrive.
Tout de suite.
- J'arrive ! - Je suis fatiguée.
Tu obéis sans discuter ?
Il n'a pas tort.
Elle a ses devoirs à faire.
Admettons.
Mais toi, tu pars pas déjà ?
Pourquoi ?
Chante-moi une chanson.
T'es sûre ?
J'ai hâte de rentrer.
J'avais tellement peur que tu repartes sans moi.
Je ne te laisserai jamais ici.
T'en fais pas,
mon petit Horowitz.
Toi non plus, t'en fais pas,
ma petite maman bouc.
♪ Une jeune fille gardait des paons ♪
♪ Dans ce bosquet verdoyant ♪
♪ Deux jeunes hommes sont venus vers elle ♪
♪ Viens avec nous, ma belle ♪
♪ Deux jeunes hommes sont venus vers elle ♪
♪ Viens avec nous, ma belle ♪
♪ J'aimerais tant vous accompagner ♪
♪ Mais mes paons, je dois les garder ♪
Qu'est-ce que tu fais là ?
Ta vie est un tissu de mensonges.
Tiens.
Tes photos de merde !
Moi, je ne viens pas.
M. Hoffmann, je vous prie de m'excuser.
Vos bagages sont à la réception.
Je vous prépare la note, ou voulez-vous encore du café ?
Non, merci. On arrive.
Entendu.
Je rentre dans quelques jours.
Non, on rentre tous ensemble, et basta !
Maman.
C'est pour les cendres de mes parents.
Arrête, laisse-la tranquille.
T'en as rien à faire d'elle.
Couche avec lui et on rentre.
Reste assise.
Tu vas m'écouter, assieds-toi.
Tu vas quand même pas rester là ?
Tu ne comprends pas.
- Je comprends pas quoi ? - Tu n'es pas d'ici !
Je vois.
L'âme slave m'échappe complètement, je suis un crétin.
Perla,
tous les deux, on sait bien
que tu n'es pas venue ici pour Julia.
Ah bon ? Je suis une mauvaise mère ?
De quel droit tu me juges ?
Je suis celui qui veille sur ta fille.
Les cendres, c'est lui qui y a pensé.
Ça n'a rien à voir avec toi.
Je t'aime.
Je veux que d'ici une demi-heure, on soit partis.
Je reviens vite.
Mon cul, oui !
Et New York ?
Ouvre les yeux !
Tu ne vois pas qu'il te manipule ?
Qu'il crève, tiens.
"Je reviens vite." Tu parles !
Comment tu vas faire ?
Ça va pas, la tête ?
On va récupérer les urnes
et on file à la maison.
Non.
Julia a école.
T'as vraiment l'intention de rentrer ?
Je veux récupérer ce qu'il reste de mes parents.
Ouvre, s'il te plaît.
S'il te plaît.
Descends.
Tu descends !
Si je devais mourir, tu voudrais récupérer mes cendres ?
Non.
Certainement pas.
J'en veux pas, de tes sales cendres.
- Tu sais ce que c'est ? - Je suis pas idiote !
Tu ne m'aimes pas.
Si tu m'aimais, tu me laisserais pas toute seule.
Allez, viens. Monte dans la voiture.
Bonjour.
Andrej !
Tout le monde me suit !
Attendez-moi !
Alors, tu restes ?
Pour la nuit.
Reste autant que tu veux.
Tu l'auras pas, le sang.
Essaye avec du lait.
J'ai déjà essayé.
Tu les emmènes où ?
À Vienne.
Ils s'y seraient bien plu.
Que Dieu les garde.
Dieu, c'était pas leur truc.
T'as pas honte ?
Dégage.
Comment peut-on être aussi bête ?
Ne crie pas.
Je peux entrer ?
Non, pas possible.
D'accord, je m'en vais.
T'aurais pu dire au revoir.
Ils en ont bavé, tes parents...
Ils voulaient que je parte.
Et moi ?
J'aurais pu partir avec toi.
Tu ne serais jamais partie.
File-moi une taffe.
Tu m'as manqué.
Regarde, c'est ma Julia.
On dirait toi, au même âge.
Elle a un culot !
Elle est marrante.
Elle est douée pour le piano.
Il a changé, Andrej.
Mais attention à toi.
Regarde par là.
Tu peux pas rester tranquille ?
Il fait toujours aussi froid ici.
Ça te plaît ?
Faut signer.
Reste avec moi.
Après l'expo à New York, ça prendra peut-être de la valeur.
Laisse tomber New York.
Reste ici avec moi.
Lâchez-moi !
Je t'avais dit de pas sortir.
Andrej, non...
Pas question !
Andrej.
Andrej, c'est non !
Je veux pas !
Je veux pas !
Ça suffit !
On arrête.
Stop !
Attends.
Perla, attends.
Tu vas attraper la mort !
Je préfère crever que de rester là.
T'es trempée, rentre te changer.
- Je rentre chez moi. - C'est chez toi, ici.
Je veux retrouver Julia
et Josef.
C'est trop tard, maintenant.
Je veux rejoindre ma fille
et mon mari !
Et moi, je suis quoi ?
Je suis quoi pour toi ?
Julia est bien mieux sans toi.
Comment oses-tu dire ça ?
Tu n'es pas une bonne mère.
Tu ne sais même pas
qui je suis.
Je te préviens...
Je veux rentrer.
Ça va, tout va bien ?
Est-ce que...
je suis encore la bienvenue ?
Tu seras toujours la bienvenue.
Je t'aime.
Moi aussi, je t'aime.
Je prends le premier train demain.
Parfait.
À 5 h 30.
On viendra te chercher.
Un instant.
Ne quitte pas.
La femme de chambre.
Perla Adamová ?
Non.
Fekete.
StB, Sûreté de l'État.
Non,
je m'appelle
Petra Hoffmann.
Je m'appelle Petra Hoffmann.
J'ai la nationalité autrichienne.
Arrêtez.
J'ai la nationalité autrichienne.
Du calme.
Que vous soyez du Pakistan ou d'ailleurs,
ça ne change rien.
En plus,
votre accent est vraiment minable.
Je lis que vous seriez née à Vienne,
Petra Hoffmann.
Nous savons qui vous êtes, Perla Adamová.
Née le 14 septembre 1949,
à l'Hôpital Universitaire Louis Pasteur de Košice.
Père architecte.
Mère professeure de piano.
Réinstallation en 1958.
Les chiens ne font pas des chats.
J'ai vu des faux bien plus grossiers.
Mais...
ce n'est pas le sujet.
Peu importe.
Vous êtes en état d'arrestation.
Je vous conseille
d'arrêter votre cinéma.
Vous m'avez parfaitement comprise.
Je vous en supplie.
Ma fille m'attend en Autriche.
Quel âge a-t-elle ?
Dix ans.
Dix ans ?
Elle a besoin de moi.
Pitié, laissez-moi partir.
Je partais pour la gare. Je vous en supplie.
Pitié.
Asseyez-vous.
Asseyez-vous.
Vous avez fait votre valise vous-même ?
Oui.
Fekete, si vous voulez bien,
notez que Mme Adamová...
Hoffmann.
Je m'appelle Hoffmann.
Fekete,
notez dans le rapport
que Mme Adamová confirme
avoir fait sa valise elle-même.
Écoutez.
J'ai eu une journée pénible.
J'ai dû me déplacer jusqu'ici.
Mes collègues vont vous emmener, tout ira bien.
Vous avez peut-être perdu vos repères.
On va vous rafraîchir la mémoire.
On sait y faire.
C'était qui ?
Qui m'a dénoncée ?
Vous le savez mieux que moi.
Fekete, accompagnez Mme Adamová.
Je dois interroger le personnel et m'occuper des papiers.
N'oubliez pas sa valise.
Merci.
Quelle journée.
Vos chaussures.
Rangez tout.
Allez !
Vite !
Je vais faire tout mon possible.
J'ai peur.
Que puis-je faire ?
C'est terminé.
Quoi ?
C'est trop court.
On a encore un peu de temps.
Dis-le-lui.
J'ai pas la force.
Je peux embrasser ma fille ?
Je veux que tu saches
que je t'aime
plus que tout.
Plus que tout.
Depuis toujours.
Toi, tu me détestes.
Je comprends, c'est pas grave.
S'il vous plaît,
je peux embrasser mon mari ?
Prends soin d'elle.
Bien sûr.
Promis.
Je t'attendrai.
Allez !
Je veux ma maman.
Attends !
Maman !
Pitié, ne pars pas !
Pars pas !
Me laisse pas toute seule.
Attrapez votre gamine !
C'est ma maman !
Maman !
Il faut que tu me lâches.
Lâche-la.
Il faut la lâcher.
- Julia, arrête. - Laisse-moi !
Je reste avec elle !
On doit partir.
Maman, promis, je serai sage. Reviens !
Pitié, maman !
Je m'en veux tellement.
Toi, Max.
Moi.
Moi, Max.
Toi. Oui, c'est ça.
Comment tu t'appelles ?
Super !
Moi.
Laura.
Toi, Max. Moi, Laura.
Vienne, 1990
Horowitz.
À ma grand-mère
Sous-titres : Emmanuel Denizot
Supervision technique : I Mediate Servicing - Audrey Micol
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