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... ... ... ...
Sous -titrage ST' 501
Et voilà, notre famille qui s 'en va.
Eh, vous partez tous, eh ? Monsieur Batticini, la recette, 28 000.
Ah, c 'est très bien.
Oh, c 'est déjà beaucoup pour un cinéma qui n 'a de moderne que le nom.
Je dis toujours à mon gendre, ou il le rénove, ou il en fait un garage, ou une
pizzeria. Ça fait de mieux. Allez, bonsoir, monsieur Batticini. Et bonnes
vacances à vous. Bonnes vacances à toi aussi. Alors, amuse -toi bien.
Mais en fait, pourquoi tout ferme ? Il n 'entre pas quand c 'est ouvert.
Pourquoi veux -tu que l 'encore c 'est fermé ? Au revoir, patron.
À la revoyure en septembre. Où tu vas ? Moi ? Mais à Rimini, comme toujours.
Et vous ? Moi, je vais au pipi, comme toujours.
Bon, pour le moment, j 'ai mangé. Bon appétit. Bonsoir.
Alors,
monsieur Battistini, elle est partie, votre petite famille ? Eh oui.
Mon gendre, ma fille et les petits -enfants, ils sont partis en Grèce.
cette année, vous restez tout seul encore ? Eh bien oui, je reste à la
Quand ils partent, il y a celui qui s 'occupe du cinéma, qui garde la maison,
'est papa.
Simplement parce que lui ne part pas en vacances, il reste ici.
Bien sûr, c 'est ce que pensent toutes les familles modernes.
À quoi il sert le papa alors qu 'il devient vieux ? À quoi il sert ? À la mi
-août, il fait le chien de garde.
Tu sais, c 'est triste de vieillir.
Bon, fais -moi la décision. Que vous voulez, monsieur Battistini, ça ira.
Ah, bien entendu.
Il n 'y a pas beaucoup de boulettes dans la ravioli. Il n 'y a pas beaucoup de
ricottes. Peut -être qu 'il n 'y en avait pas d 'autres. Oh, il n 'y a rien
se gagne plus vite que la ricotta, vous savez bien.
Moi, je ne peux pas en faire trop d 'avance.
Alors, ne fais pas de l 'avion. Et puis, nous partons, c 'est le 11 août.
Ah, toi aussi.
Oui,
on va suivre les conseils du journal télévisé et on va rouler de nuit. Comme
on va éviter les bouchons et vous.
Moi, je reste ici comme on compte. De toute façon, il y a l 'assistance pour
vieux. Tu appelles et la police arrive et tu roules des coups.
Et on appelle ça assistance.
Et maintenant, toi, tu parles aussi.
Alors, où est -ce que je vais aller manger, moi ? Vous voulez une adresse ?
Allez donc chez Tino, à 3 kilomètres après Bagnolo, à l 'embranchement de l
'autoroute. Je vous le recommande.
Ah, je le connais, c 'est le routier, mais il est à 3 kilomètres. Eh, ciao,
bonjour. À vous aussi, monsieur Badestini, et soignez -vous bien. Oui,
Mais en un instant, j 'arrive. Je cours fermé, j 'arrive. Je cours, je ne fais
que ça.
Je vais vous l 'aimer.
Oh, merde, alors.
Oui, entendu, oui.
Oui, oui, bien sûr.
Monsieur, eh, monsieur, si vous me permettez.
Ah,
excusez -moi, je ne vous avais pas vu. J 'ai été frappé par cette image
empirotique.
Je vois que vous êtes aperçu avant moi. Vous êtes très équipé. C 'est comme au
théâtre, vous avez des jumelles.
Ah si, j 'avais tout ça.
Je me serais organisé, moi aussi.
Revenez.
Merci. Comment refuser ? C 'est aller belle de loin, alors de près.
Ah oui, c 'est pas la chance.
Elle a éteint.
Ah, c 'est dommage. Mais vous savez, je ne connaissais pas cette fenêtre. Et
pourtant, j 'habite tout près de l 'île.
Hein ? Ah oui, excusez -moi. Merci à vous. Pardonnez -moi pour l 'intrusion.
Je rentrais tranquillement chez moi et je m 'attendais à tout.
Mais pas à voir une femme nue.
Vous venez souvent ici avec votre chef client ? Bonsoir, monsieur le bonhomme.
Un petit essor à l 'oreille. C 'est vrai qu 'il y a beaucoup de gens.
Il y a des Romains, toujours le mot pour rire. Une seule balance à trois
kilomètres.
Regardez -moi ça, ils s 'en vont tous, le village est vide, on dirait une
cervelle sans idée.
Qu 'est -ce que vous avez à la jambe ? Oh, ma jambe, c 'est une longue
Moi,
j 'habite ici.
C 'est joli.
Vous avez mangé ? En réalité, oui, mais c 'est... Qu 'est -ce que vous diriez de
tout ce chrétien ? Est -ce que c 'est une question à poser ?
pour votre gentille invitation.
Et pourquoi on appelle ça les doutes chrétiennes ? Parce qu 'autrefois, les
prêtres faisaient de bonnes pochettes et ils en mangeaient.
Les curés sont des gourmets.
Limonade ou minéral ? Pas des vins ? Non.
Vous ne buvez pas ? Autrefois, je buvais, mais j 'ai arrêté parce
que c 'était une habitude des habitudes. il faut les briser dès l 'origine.
Et puis, je me suis vite rendu compte que boire, c 'était très mauvais pour le
pistolet. Et alors, 120 ?
Tout le monde dit ça.
C 'est mignon ici.
C 'est petit, mais tout est.
Typologue.
Omis. Mini, comme un mini Maurice.
Et alors, vous vivez seul ici.
C 'est mieux.
Je n 'ai jamais trouvé l 'âme sœur.
J 'ai trouvé beaucoup d 'âmes sœurs, mais c 'était toujours les âmes sœurs de
quelqu 'un.
La maison appartenait à mes parents.
Ils nous l 'ont laissée à partager entre ma sœur et moi.
Ma sœur vit au -dessus.
En ce moment, elle est à Cortina.
morceau par morceau. Et moi, j 'ai tout vendu, morceau par morceau. Plus
exactement, un morceau par femme.
Et les femmes coûtent très cher.
Vous me dites ça, moi.
Pourquoi passez -vous chaque jour qui passe sur votre calendrier ? C 'est une
pensée en moi.
Quel souci avez -vous ? Et le jour qui est marqué en rouge, c 'est le 15 août.
Qu 'est -ce que vous ferez ce jour -là ? Vous les passerez ici ?
C 'est moi.
Moi, je n 'ai pas d 'amis.
Qui sait?
Peut -être que... Que si... Si j 'avais une voiture...
Moi, je l 'ai.
Vous avez une voiture?
Et voilà, Thérèse.
Comment, Thérèse? Mais je ne connais pas. C 'est pas une marque.
C 'était un homme -femme.
C 'était une femme. J 'avais perdu la tête.
Et vous l 'avez tout de suite retrouvée. Mais pour la perdre, il aurait fallu en
avoir une. J 'ai donné son nom, son honneur, parce que c 'est avec elle que
'ai connue. C 'était avec elle que j 'ai connu les autres.
Elle est pourtant là, non ? J 'ai retrouvé la voiture à Bologne, mais
'est elle que vous vouliez retrouver, mais vous vouliez retrouver la voiture.
Regardez, la peinture est... Comment ? Mais elle semble neuve.
Regardez les chromes.
Regardez, ils n 'en vont plus comme ça. Excusez -moi, mais avec une voiture
comme ça, vous allez rester ici dans cet élage désert ? Mais bougez -t 'en,
bougez -en. Mais c 'est l 'été pour vous.
On pourrait prendre la voiture et puis sortir.
À trois kilomètres, il y a un bistrot de routier chez Gino. Et on y mange
définement. C 'est l 'occasion.
Mais je ne vais pas sortir, Thérésa, pour aller dans...
plus du tout celle que vous avez connue, c 'est devenu une colonie allemande.
Ils n 'ont pas réussi pendant la guerre, mais maintenant, ça y est.
Vous permettez, est -ce que vous avez la possibilité, vous, de quitter le
village ? De quitter le village ? Ah, bien sûr ! Parce que j 'avais cru
comprendre que votre fille vous avait laissé sa maison à garder. Ah non, non,
non, pas du tout.
Je ne suis pas le vieux que l 'on abandonne comme ça en été.
Non, je suis venu vivre ici, je suis venu vivre ici avec ma fille, et c 'est
pour lui faire plaisir, n 'est -ce pas ? Et pas le contraire.
présenté.
Non, je suis un homme libre, très libre. Moi, je peux faire ce que j 'ai envie,
faire ce qui me plaît. Alors, partons.
Partons, parce qu 'on a un envoi.
Ah, ben, c 'est parfait, s 'il te plaît. Ça me plaira sûrement, non ? Et où on
va ? La côte d 'Azur.
Ah, non.
Non, ça, je regrette.
Mais pas sur la côte. Je suis disposé à aller où vous voulez, mais pas sur la
côte d 'Azur.
J 'ai passé les endroits les plus merveilleux de ma vie, mais enfin, si ça
vous plaît pas, je respecte vos opinions. Et pourquoi pas Bordiguera ?
Bordiguera, oui, mais pourquoi Bordiguera ? Parce qu 'à Bordiguera, j
qui a une villa magnifique.
Il m 'invite depuis des années, mais je n 'ai jamais eu le temps d 'y aller.
Quand il me verra, il est capable de pas dormir.
Vous espérez que non, les pauvres.
Alors, je lui dirai que je suis venu le saluer en passant.
Si vous dites rester, je reste.
Et puis, à ce moment -là, je vous dirai que j 'ai un ami.
Et comme ça, vous restez aussi. Ah, très bien. Je ne sais pas ce que vous voulez
dire. Mais est -ce qu 'on mange ici ? Oh, merveilleusement, il y a une
cuisinière de très haut niveau.
Où habitez -vous ? Tout près d 'ici, via Spartaco.
Parfait. Demain matin, à 7h précise, je serai là avec Thérésa. À 7h précise, je
vous invite. Vous permettez mon dardini.
Patissini, enchanté.
Mais qu 'est -ce que c 'est, ça ? Mais qu 'est -ce que c 'est ?
Ah oui,
attendez, j 'arrive.
Allô,
qui parle ? C 'est toi ma chérie, comment tu vas ? Tu vas bien ? Et à
Vous savez que j 'ai fait un... micmac pour vous avoir.
Il faudrait venir en forme et bronzée, hein ? Et les enfants ? Oh,
rien de particulier.
Ah si, j 'ai une lettre de ta maman.
Euh, Denise.
Mais je ne sais pas trop où elle est. Elle n 'est plus ma femme, mais elle
ta mère.
Ça, ce sont vos affaires, je ne l 'ai pas ouverte. Tant que tu reviendras, tu
diras. Ah non.
Ah non, non, non, non. C 'est maintenant que tu me dis que j 'aurais pu venir en
vacances avec vous.
Si vous me l 'aviez dit plus tôt, je serais parti avec vous.
Eh oui.
Oui, mais tes enfants de merdeux, ils ne voulaient pas entendre parler de leur
vieux grand -père.
Bon, allez, ma fille, les téléphones, ça coûte très cher en Grèce. Je vous
embrasse tous, ton époux, les bambines et toi.
Amusez -vous bien, eh, pendant que votre grand -père, il se dépatouille. Au
revoir.
Oui, mais ce n 'est pas si facile que ça de fermer une maison comme la mienne.
Et ma fille qui laisse des petits papiers partout, qui fait manger les
Non, non, mais il y a un côté à gauche. Ah, mais je ne savais pas. Un coup de
fil de graisse qui n 'en finissait pas.
Ils sont en vacances et ils me cassent encore les pieds. Je vous signale qu 'on
avait dit 7 heures précises. Oui. Il est 8 heures moins 5.
Faites -le.
Faire les comptes de quoi ? Ça commence mal, mon cher bâtard.
En effet, moi je trouve aussi que ça commence mal.
Mais vous êtes sûr que cette voiture, elle va rouler ? Oui, c 'est rien.
Je ne sais pas, mais l 'important, c 'est de ne pas continuer en poussant.
Pourquoi le volant est à droite ? C 'est l 'origine.
et qu 'on s 'y éprouve. Mettre Banquil à l 'hôpital, c 'est la vie.
Ce morceau... Vous aimez l 'opéra ? L 'opéra,
musicalement parlant, ce n 'est pas si mal. J 'aime assez l 'opéra.
Par contre, les paroles, je n 'ai jamais pu les comprendre. Quand les ténors et
les sopranos chantent pour aider, on ne comprend jamais rien à ce qu 'ils
disent. C 'est rien, c 'est une question d 'habitude.
Moi, quand je suis allé, j 'étais tout petit, parce que mes parents avaient
une oeuvre d 'avant -scène de Brossegnum au théâtre du Région d 'Iparn.
tout le temps, j 'écoutais, j 'écoutais, je regardais. Je regardais surtout les
seins d 'une cantatrice.
Imaginez une sorte de Richarelle limée, plus en chair, plus belle, plus grosse,
comme on les faisait autrefois.
Elle avait des mamelons blancs et crémeux qui n 'arrêtaient pas de monter,
de descendre, de monter, de descendre. Je n 'ai pas résisté. Je me suis fait
pognetta.
Vous comprenez ? Oui, oui, j 'ai compris.
Mais pas de blague.
Mondardini gardait les deux mains sur les volants.
J 'en suis toujours au même point.
Comme quand j 'étais au théâtre de Parme, j 'étais sur le point de m
de disparaître.
Presque sur le point de mourir.
Ça vous est jamais arrivé ?
Vous arrêtez ? Vous allez encore refaire la plaine ? J 'ai dû m 'endormir
quelques petites minutes.
Vous minimisez toujours.
Il s 'est presque nuit. Vous avez dormi pendant trois heures.
Ah oui ? Je ne m 'en suis pas aperçu.
Où est -ce que nous sommes ? Mais qu
'est -ce que vous dites, Modardini ?
C 'est impossible.
180 kilomètres en huit heures.
De 20 km à l 'heure ? Mais c 'est une bicyclette, votre voiture.
De toute façon, il fait presque nuit, moi, je ne peux plus conduire.
La nuit, je ne conduis jamais parce que j 'entre dans la catégorie des
conducteurs à haut risque.
Il y a aussi la catégorie des casse -couilles à très grand risque.
Vous avez dit ? Rien, mais qu 'est -ce que je viens de dire ? Rien.
J 'ai entendu une petite parole qui ne me plaît pas du tout. Retirez -la tout
suite.
Ça, vous vous mettez tout de suite en colère. Vous êtes aussi susceptible.
Pour maintenant, qu 'est -ce que ça veut dire ? Ce qui est susceptible
maintenant, c 'est pour maintenant.
Aussi, ça veut dire simplement aussi. Ça n 'a pas un gros mot. À Rome, si on dit
aussi, personne n 'était en face.
Vous m 'avez parfaitement compris. De toute façon, n 'en parlons plus.
Je vais voir s 'il y a de la place à l 'hôtel.
Je vais voir s 'il y a une chambre.
Il ne conduit pas.
Si je lui dis aussi, il se vexe.
À l 'opéra, Monsieur Sebranle.
Mais avec qui je suis parti en vacances.
Vous croyez que c 'est moi qui ai insisté pour trouver une chambre double
'est déjà de la chance qu 'on ait trouvé celle -là.
Vous permettez que je prenne le côté du téléphone ? Parce que quelqu 'un peut m
'appeler, on ne sait jamais.
Et qui doit vous appeler ? Les carabiniers ? Mon Dieu, mais qu 'est -ce
faites avec cet époir ? Vous êtes malade ou bien vous êtes médecin ? Non, hélas,
non, c 'est simplement un contrôle.
Non, j 'aurais bien voulu être médecin, seulement mes parents étaient avocats,
alors ils ont voulu que je fasse mon droit.
Et puis je l 'ai laissé tomber au bout de deux ans.
Après, j 'ai voulu écrire.
Finalement, je n 'ai jamais été ni médecin, ni avocat, ni écrivain. Ah, j
compris, vous n 'avez rien fait du tout.
En quelque sorte.
J 'ai vécu.
Écoutez, mon Dazini, vous bevez la nuit ? Non, mais ça peut arriver que j 'ai
besoin d 'aller à la toilette.
Si vous êtes d 'accord, je peux éviter de tirer la caté. Voilà, alors, s 'il
vous plaît, ne la tirez pas.
À propos, vous permettez ? Oui, allez, allez. Mais maintenant, vous pouvez la
tirer.
Je me rappelle une fois à Montecatini, je suis sorti cinq fois.
Mais c 'est ma jambe, ma prothèse.
Ah, vous êtes impressionné, mais soyez tranquille.
Ce n 'est pas douloureux, mais ça vient, ça vient du tout.
Comment il vient ? Mais non, mais je suis habitué.
Si, mais vous avez failli me donner un infarctus.
Ah oui ? Pourquoi ? Comment faire quitte ? D 'habitude, on prévient.
Vous voulez que je sens l 'éclos ? Ding -dong, j 'enlève ma jambe.
Est -ce que vous avez fait votre service militaire ? Si, la faute.
Et alors ? J 'étais pas médecin en première ligne à couper des jambes comme
Je vous ai compris, vous faites partie de ces hommes impressionnables qui s
'évanouissent pour rien. Vous permettez que je... Mais oui, mais oui, éteignez.
Préparez -vous, mon David.
J 'ai peut -être une jambe à moins, mais je suis très propre.
Venez vous coucher, n 'ayez pas peur.
Jambe de plus ou de moins, ce n 'est pas la mère à moi.
Comment vous avez perdu la jambe ? Ah, l 'histoire de ma jambe, c 'est un roman,
un feuilleton à épisodes.
En 1945,
les Fridolins battaient en retraite et celui que vous voyez était volontaire,
valeureux héros qui luttait depuis des années dans la maquille.
J 'étais un partisan.
Après le 8 septembre, Petit Thoreau, c 'était mon nom de bataille.
Au matin, je vois un petit mioche qui joue comme un chien en ferraille.
comprend aussitôt le péril, je plonge comme une flèche, je chope le môme, je
saisis et je l 'envoie très loin.
Mais à cet instant, boum, le machin a explosé. C 'était une grenade
Le petit bonhomme était sauvé, mais ma jambe était déchiquetée.
Ah ben, mettre une jambe en bois, c 'est kiff -kiff, ça marche pareil.
Vous me rappelez une personne qui s 'est déshabillée dans le noir.
Votre femme ? Il n 'y a pas moyen qu 'elle se couche.
Elle ouvrait tous les tiroirs, les refermait, les rouvrait après elle
cabinet. Elle ressortait, elle revenait. Elle ne s 'arrêtait jamais, jamais.
Vous aussi vous faites caler et venir depuis que nous sommes arrivés.
Vous bougez sans tête, mon Dardini. Qu 'est -ce que vous faites là ? Vous vous
regardez dans la glace ? Vous mettez des bigoudilles ? Continuez votre salabande
si ça vous amuse.
Moi je dors.
Eccomi, eccomi.
Buonanotte. Bonne nuit, amour.
Mais la mer est là -bas, derrière les montagnes.
Oui, mais contrôlez -vous, on vient de dépasser la Tchétché. Ah oui, je vois.
Je suis certain qu 'il y avait une route plus directe, pourtant.
Je vois bien qu 'on tourne en rond comme au Jérouet.
Oui, il existe, mais avec la circulation d 'aujourd 'hui, c 'est pas possible.
Sinon, on aurait été bloqués par les embouteillages. Qu 'est -ce que vous
? Attention ! Calmez -vous ! Mais moi aussi, je l 'ai vu. Mais au bout, il y
avait le ravin.
Deux mille mètres, mon dardini.
Vous êtes claqué, je vois ça.
Vous voulez que je conduise ? Non, non, non. Soyez tranquille, calmez -vous.
Vous allez fatiguer votre jambe.
Ma jambe, elle est enchaînée.
C 'est comme un arbre. Il faudrait me la scier pour la battre. Et pour la
conduire, c 'est l 'idéal.
Je conduis avec les hanches, vous voyez ? À la télé, j 'ai entendu Prost qui
disait « La voiture, c 'est pas une question de jambe, c 'est une question
cul. » Ça,
c 'est la réalité.
La réalité est...
plus habile de nos ennemis, a dit Proust.
Et entre Prost et Proust, vous permettez, c 'est une indifférence.
Eh oui, comme entre l 'or et l 'art.
Eh, voilà la maison de Roncati.
Nous sommes à Bordiguera. Eh, vous ne m 'aviez pas dit qu 'il y avait la mer.
Si, si, Bordiguera est à 14 kilomètres. Ici, on est en pleine montagne. C 'est
beaucoup plus près.
Ah, pour faire près, ça est plus près, mais je ne vois toujours pas la mer.
Mais elle est très jolie, la villa de votre amie, elle m 'est très belle.
Ah,
elle est grande, hein ? On juge par le nombre de
voitures, ça doit être un beau foutoir.
Roncati a toujours été bordé l 'exit, un homme de confusion.
Tant mieux, s 'il y a beaucoup de monde, on va pouvoir s 'amuser.
Parce qu 'il a trois ans plus que moi, et quand il est à côté de moi...
Mon Dardini, venez.
Bonjour.
C 'est vous, les pompes funèbres ? Les pompes funèbres ? Ah non, non. C 'est
horrible.
Qu 'est -ce que c 'est ? Comment je suis allée si vite ? Mon Dardini.
Ce matin, je lui ai apporté son café.
On avait l 'impression qu 'il dormait.
Et il était mort.
Pendant son sommeil. Ah, c 'est la plus douce.
C 'est la meilleure pour moi. C 'est la meilleure. Oh, monsieur, mon Dardini, il
n 'est plus.
Venez le voir, si vous voulez.
Venez,
vous aussi.
Ah, non, non, lui, oui.
Allez -y, mon Dardini.
Allez -y, oui.
Excusez -moi, là, où se trouvait... La salle de bain ? Non, non, la cuisine.
Quand je vois ça, ça me rend nerveuse. Venez,
je vais vous accompagner.
Oui, je vous...
et la vis au bord de la main.
Ah non, non, pas de café, ça me rend très plus nerveux. Je vous l 'ai dit, c
'est un creux, là.
Mais bon sang, là, donnez -moi quelque chose.
Je ne sais pas, moi, vous avez bien quelque chose qui me remonte. Vous n
que des fruits ? Ah bah tiens, qu 'est -ce que c 'est, ça ? Des raviolis au
noix. Des raviolis ? Vous voulez que je les réchauffe ? Les réchauffer, ah non,
non, c 'est aussi bon en froid.
Je devrais trop vous demander un petit verre. Non, il y a du cordon rouge, c
'est le meilleur champagne.
Et le frais ? Frappez comme il faut. Frappez, c 'est ce qu 'il me faut pour
remonter. Ça va m 'arrêter.
C 'est triste.
C 'est un grand malheur.
Alors, comme ça, il est mort endormi.
Il va être chaud.
Il va casser la croûte, vous n 'avez pas faim ? Vous n 'avez
pas mangé tout à l 'heure dans la ville ? J 'aurais pu manger, mais vous êtes
entrés comme un fou dans la cuisine.
Partons d 'ici, partons, partons ! Je ne vais même pas laisser le temps d
'avaler deux raviolis.
Maintenant, j 'ai un petit frein.
Vous me direz ce que vous voulez, des spaghettis aux pistes ou des al dente,
mais pour mourir.
Excusez -moi, mais à vous, il vous arrive de penser à la mort ?
À quoi ? À la mort.
Jamais, quand j 'ai mangé des pâtes.
Jamais. Non, non, je t 'ai dit que je voulais partir.
Ne t 'inquiète pas, monsieur.
Ça lui passera.
Vous ne mangez pas ? À quoi vous trouvez mon jardinier ? Qui s 'en est ?
Vous traquez, c 'est des gens de faim.
Mon Dardini voulait que je vous dise.
Il vient de vous envoyer vous faire foutre.
N 'hésitez pas, voyons.
Un outrage.
Il ne peut pas s 'attaquer à des morceaux pareils pour s 'occuper de ce
a dans l 'assiette.
Mangez, mon Dardini.
Mangez, mangez. C 'est encore qu 'il y a de mieux.
Bonjour. Oui.
Mille excuses, mais tout à l 'heure, t 'es un peu... Enfin, au lieu de me
votre mouchoir, vous me permettez que je m 'assoie dans votre voiture ?
Volontiers, où allez -vous ? Je vais sur la Côte d 'Avila. Non, non, non, on va
à Portofino. C 'est exactement à l 'opposé.
Désolé, mademoiselle.
Il y a plein de monde ici.
Il y a plein de camions. Ils vous emmèneront.
Si vous voulez, on peut vous déposer au croisement de l 'Aurélien.
Non, non, non, Baptiste, il n 'y peut pas monter derrière.
Il y a une place pour une femme.
Montez à l 'avant, il a raison.
Je me suis mis à la place du port parce que j 'avais peur qu 'il s 'endormisse.
Vous savez ce que c 'est. On ne sait jamais à son âge. Je ne voudrais pas
effrayer, mais il y a tellement d 'accidents causés par les lieux. Il y a
défaillances. Je ne voudrais pas vous contrarier.
Mais pourquoi la Côte d 'Azur ? L 'Italie est très belle.
Ça ne vous plaît pas l 'Italie ? Ou bien la visiter des quatre coins du monde ?
Alors pourquoi s 'obstiner à aller sur la Côte d 'Azur ? Mais vous avez quelque
chose contre la Côte d 'Azur ou quoi ? Non.
Je ne suis jamais allé, mais je n 'ai pas du tout envie de la visiter. Oh, ok,
non. Non.
On a vraiment l 'impression que vous avez quelque chose contre elle. Ah non,
non, je n 'ai rien contre elle à cause de lui.
Non.
Non, je ne vais pas y aller. Le point, c 'est tout.
Mais laissez -le parler.
Et vos amis, vous les retrouvez où ? J 'ai retrouvé mes amis, mais pourquoi
faire ? Même si je les retrouve, qu 'est -ce que ça fera ? Rien de plus ? De
toute façon, avec Alberto, c 'est cuit.
Comment ? Ah oui, sur le plan rapport, on a quelques flops. Et en plus, c 'est
un mec jaloux, il faudrait que je le supporte.
Après avoir découvert mon histoire avec Booby, il a fait un cirque fou.
Booby, c 'est...
C 'est le petit avec les cheveux bruns ? Non, celui -là, c 'est Andrea.
Booby, c 'est Patricia.
C 'est moi qui l 'appelle Booby.
Je ne comprends pas.
Vous avez eu une histoire avec une femme ? En quelque sorte. Enfin, si on peut
dire. Un soir, on était un peu partis. On fumait de la drogue. Booby était là
on a fait un petit peu l 'amour.
Vous avez fait l 'amour avec Booby ? Oui. Ça vous gêne ? C 'est -à -dire que
étonne. Même si ce sont des choses qui arrivent.
Vous avez entendu Mondardi ? Elle a couché avec Booby. Vous comprenez ça,
C 'est normal.
Ah,
si c 'est normal alors.
... ... ...
...
Oh,
mon dardine !
Ah,
mon dardine !
Qu 'est -ce qu 'il y a ? Vous n 'êtes pas émerveillé ? Vous n 'êtes pas
? Sabatini, voudrais -vous dire quelque chose ? Qu 'est -ce que vous voulez dire
? Que ce n 'est pas pareil que sur la carte postale ? Mais c 'est parce que le
panorama ressortait différemment. Mais c 'est beaucoup plus beau que sur la
photo. Mille fois plus beau. Mais la petite église, où est -elle, mon dernier
La petite église, vous la voyez, vous ? Tenez ! La jeune fille
a changé d 'idée.
Elle est venue aussi.
Je vous ai fait changer d 'avis.
C 'est pas merveilleux Portofino ? Pourriez -vous dénicher un endroit plus
chouette que la Côte d 'Azur ? Ah, une lame.
Merci bien.
Merci. Qu 'est -ce que tu vas me dire ? Nous ne sommes pas à Portofino.
Ah, à partir de la petite église, vous pouvez toujours l 'accepter.
On est à Saint -Rémy.
La panne.
Attendez, que ne souffle rien.
Saint -Bénézo del Tronto.
Saint -Tropez.
Comment vous avez dit déjà ?
Vous parlez français ? Vous êtes française ? Oui.
Nous sommes bien ici à Portofino, hein ? Ou à Saint -Tropez ? C 'est Saint
-Tropez.
Les vieux chameaux, mettez -le à moi.
Montardi, vous êtes un vrai faux cul.
Vous me direz vos paroles ? Oh, mais si, que oui.
C 'est malhonnête de m 'avoir fait un coup pareil.
Dites un peu, qu 'est -ce que vous espériez au juste à présent ? Que je
saute dans les bras ? Puis chez moi, en l 'air, c 'est des saloperies. Vous
exagérez. Pour s 'en aller, on s 'en va tout de suite et on ne reste pas une
seconde de plus.
Mais il n 'engueulait pas, c 'est moi la coupable. Non, non, vous n 'y êtes pour
rien, c 'est une affaire entre nous deux.
Notre part était claire, pas tes côtes, t 'assures.
Monsieur décide quand même d 'y emmener sa minette, et dans ce cas, il n 'y a
pas de problème. Il fallait simplement m 'appeler, me réveiller, et je
descendais. Mais on a essayé à la douane de vous réveiller, et vous avez
bafouillé. Vos paroles textuelles, ça a été « foutez -moi la tête, t 'as du
ventre ». Ah oui, oui, oui. Si, si, alors on a été obligés de vous dérober
carburantité.
Et vous m 'avez pris tout mon papier.
Vous m 'avez amené ici par rue pendant que j 'ai dormi. Et vous savez comment
s 'appelle ? Séquestration.
Je pourrais vous dénoncer.
C 'est presque un cas d 'enlèvement.
Vous devriez me remercier de nous avoir fait connaître le plus bel endroit du
monde. C 'est vous qui me l 'avez dit. Je l 'ai dit parce que je ne savais pas
du tout où je m 'étais trouvé.
Non.
Pourquoi vous parlez toujours de Portofino ? Portofino, Portofino.
Qu 'est -ce qu 'il vous a fait ? Attendez -moi un petit moment.
Pourquoi je vous l 'ai dit ? Je ne voulais pas venir sur la côte du sol
que j 'ai mes raisons.
Banque de respect.
Au revoir.
Bonne vacances. Au revoir.
Qu 'est -ce qui t 'arrive? C 'est pas vrai.
La paix.
Regardez -moi ça.
On dirait un gosse. On fait la paix si vous voulez, mais vous me ramenez illico
en Italie. Non, non, non. Vous savez très bien qu 'à cette heure -ci, moi, je
peux pas conduire.
Non, un soir, je vous demande, un soir seulement à Saint -Tropez.
Et demain matin, à la première heure, je vous jure que je vous rapporte en
Italie. Et au Saint -Tropez.
... ... ...
... ...
Vous avez des chambres ? Non, monsieur, c 'est complet.
Non, je vous dis que c 'est complet, monsieur.
Je peux vous accompagner ? Vous savez, il n 'y a pas de quoi être fier. Ce n
'est pas la peine de faire la publicité. Il y a pas de chambre de paix.
Alors,
mon Dardini, il y en a ou il n 'y en a pas ? Il n 'y a plus rien.
Bon, la prochaine fois, laissez -moi faire. C 'est moi qui vais. Et ça, vous
allez voir.
Non, ne vous inquiétez pas. Nous, les Italiens, on parle avec les gestes. Vous
allez voir.
Foutez -moi le camp, gros, c 'est personnel. Le personnel que vous
faire le coulo, hein. J 'allais plus ça, moi.
Regardez, quelle merveille, quel spectacle.
La merde.
Et couchez -vous, il y a le panorama.
Eh oui.
André, qu 'est -ce que vous, le créateur ? Pourquoi, ça ne vous plaît pas ? Ah
si, c 'est beau, c 'est très beau.
Mais il va me donner un petit détail.
Je ne vois pas d 'hôtel à l 'horizon.
Quelle heure est -elle ? Quoi ? La voiture ? Non.
Alors c 'est ça votre hôtel. On va dormir là -dedans.
On fait 2000 kilomètres pour venir sur la Côte d 'Azur et on va roubiller dans
une voiture, comme de clochard.
Comment est doué ce temps ? Comment est doué le chemin d 'antique ?
Je suis dans la salle de bain.
Alors,
comment me trouvez -vous ? Oui, oui.
Tournez -vous.
Eh, dame, votre costume conviendrait mieux au funérail de votre amie qu 'à
folle nuit à Saint -Tropez. Merci.
Et vous, vous ressemblez à un chanteur de variété avec un costume qui brille et
des lumières.
Mais vous voulez rire ? C 'est tout chanton pour soi.
Eh, touchez, touchez un peu, là. C 'est doux, hein ? Tout tissu comme ça, on n
'en trouve plus de nos jours.
Je l 'ai fait faire sous mesure pour la noce de ma fille. Alors ? Un moment.
Non, la machine, là ! Mais qu 'est -ce que vous faites, là ? Non, non ! Mais si
je vous fous, vous l 'attachez, mais là, c 'est doucement, sinon ma jambe, elle
va vous rester dans les mains.
C 'est très cher.
Un plat le moins cher, c 'est la soupe de poisson.
Soupe de poisson ? Une espèce de bouillon de poisson.
Et combien ça coûte ? 80 francs.
Mais à lire, ça fait combien ? Un peu plus de 18 000 lire.
Oh ! 18 000 lire pour un bouillon ? Alors pour une angoute, il faudrait
au moins un million d 'euros.
Je lui parle, vous pouvez danser, s 'amuser, rire.
Moi, je m 'amuse vraiment que c 'est par quelqu 'un que je mange. Et voilà ! Oh,
c 'est parfait ! Ça s 'imprésente très bien. C 'est mignon, cet endroit.
Deux, André, deux.
Voilà.
Alors
là,
comment on s 'amuse, hein ?
Vous parlez, mon Dardini, mais c 'est le club du troisième âge, là. Je comprends
pas, parce que le Français qui l 'a demandé, il m 'a dit que c 'était le
Le summum, autrefois, oui.
Maintenant, ils sont vieux, mais apparemment, ils s 'obstinent à vouloir
Encore heureux qu 'on s 'est habillés pour cette épaulée de baisse à Saint
-Tropez.
Saint -Tropez.
Saint -Tropez.
Ben, c 'est Saint -Trovieux, ça.
D 'accord, c 'est de ma faute.
Perdons pas notre temps, allez, un diable.
En tout cas, pas si vite. Vous vous courez comme ça. Dites -moi, on a payé l
'entrée.
Alors, on va jeter un petit coup d 'œil au buffet, parce que moi... Ils sont
malins, les vieux. Ils dansent mal, mais ils marchent bien.
Pour ça, je leur fais confiance.
Bonsoir. Vous avez l 'actrice.
Elle est dansée.
Vous dansez pas non plus, vous ?
Vous avez dit, regardez -moi ces bébés.
Des cornichons, s 'il vous plaît. Des cornichons, monsieur.
Des cornichons. Ah, moi, j 'ai compris.
Cornichons. Ah, oui, oui. Des cornichons.
Vous croyez, si vous voulez, mais il y a 20 ans, j 'ai mangé 10 fois moins que
vous. J 'étais tout minceur, mais tout minceur. Et puis, un malheur m 'est
sur la tête.
La mort de votre femme.
C 'est depuis ce temps -là que je mange sans arrêt, que j 'ai une quantité
formidable. Je ne fais pas ma réplique.
Qu 'est -ce que c 'est que ce besoin de manger comme ça sans arrêt ? Qu 'est -ce
que ça veut dire ? Je ne sais pas, peut -être un manque d 'affection.
Ah, vous croyez ? Alors,
tous ces gens -là, ils mangent beaucoup par manque d 'affection.
Ah, regardez ça.
Il y
a quelque
chose qui me plaît ici, c 'est le pain. Le pain français.
Mais puis, on mangerait n 'importe quoi.
Je vous rappelle la pierre.
Ah, moi, j 'aimais surtout Nila P.
Vous savez, moi, quand elle chantait les lierres, je ne pouvais pas m 'empêcher
de pleurer.
Et quand j 'étais jeune, vous savez, j 'avais une sacrée belle voix.
Ah, oui.
Je devais me présenter à la radio.
J 'ai vu un homme très chouette.
D 'accord.
Ma jambe. Mais qu 'est -ce que vous croyez que je suis né sans jambe? Moi,
j 'étais jeune, j 'en avais trois, déjà.
Vous étiez comment quand vous étiez jeune ? Grande, mince et pleine de
Merci,
on applaudit très fort, Josette.
Merci, merci.
Ah, je vais peut -être avoir une concurrente. Non, madame.
Voulez -vous venir jusqu 'ici ? Ah, ici j 'aperçois quelqu 'un.
Non, mais je ne sais pas chanter. C 'est mon ami qui m 'a fait une farce.
Non, je serais plus jeune, j 'aurais volontiers pu faire la chansonnette,
maintenant, je ne sais plus quoi. Non, mais non, je ne peux pas manger là.
C 'est mon ami
qui m 'a fait une farce. Non, parce que j 'étais en train de lui dire que j
'avais une belle voix quand j 'étais jeune homme.
Mais ça n 'est plus le cas.
Vous n 'êtes pas français ? Non, je suis italien. Mais j 'aime beaucoup la
France.
Je dis comme je le parle.
Qu 'est -ce que vous allez nous chanter ? Quelle chanson ? Quelle chanson
chantez -vous ? Quelle chanson ? Oui.
Ah, quelle chanson ? La chanson.
Je m 'en suis toujours moqué de la solitude.
L 'égoïste odie la solitude, a dit Pascal.
Qui a dit ça ? Pascal.
Mais qui c 'est, ça ? Ces pauvres et pauvres de Pascal, ils n 'avaient
non plus.
Moi, je trouve que c 'était bien agréable de rester seul à condition de l
en compagnie de quelqu 'un.
Mais ce n 'est pas drôle.
C 'est par là ? Ou bien de ce côté ? Hein ? Oh, mon
Dardini. Qu 'est -ce qui se passe ? Vous pleurez ? L 'air marin.
L 'air salé, c 'est comme l 'oignon blanc.
Mais je sais pas, ça pique.
Ne dites pas de stupidités.
Après une soirée comme celle -là, qu 'est -ce que vous voulez que je fasse ?
fait des années que je songe à m 'évader de ce pays de merde.
Regardez où j 'ai fini.
On tardit.
Non, mais écoutez -moi, moi je ne veux pas vous accabler, hein, mais l 'idée de
venir à Saint -Tropez, c 'était la vôtre.
Moi, quand je suis venu ici il y a vingt ans, je suis venu avec des très belles
femmes.
Et maintenant, je finis avec un rigolo qui chante « Allons enfants de la patrie
». Je ne réplique pas quand c 'est la jalousie qui part.
Il m 'a fait un accueil triopal.
Et vos femmes d 'il y a 20 ans, mon Dardini, elles sont toujours là.
Regardez -les.
Ce sont les mêmes.
Elles vous attendent, comme j 'allais.
Je vais vous faire une confidence.
Ça va vous paraître un mensonge, mais pourtant, c 'est vrai.
Je n 'ai jamais été avec une prostituée.
Jamais. Mais pourtant, ce soir, j 'y vais. Non, mais vous ne pensez pas.
Mon Dardini, mais j 'ai présenté, voyons. Il y a 20 ans qu 'il fallait
cette chose -là.
Vous tenez à peine debout, alors qu 'est -ce que vous allez faire ? Vous avez
baissé votre caleçon devant elle?
Oh, que vergogne!
Et puis qu 'elle manque de poudre à votre âge!
Préparez -vous! Moi, je suis jeune, mon cher Battistini.
Et comme a dit le poète, la jeunesse est une force de l 'esprit qu 'on ne
rejoint qu 'à un certain âge.
Hé!
Avec quoi comptez -vous lui faire l 'amour?
Votre esprit?
Oh, Dieu mire!
Attention ! Monsieur Mondardi, où est -ce que vous allez comme ça tout seul ?
Rien, je faisais deux pas avec monsieur.
Oui, c 'est moi les messieurs en question.
C 'est grâce à vous que nous avons atterri à Saint -Tropez. Et le plus
'est qu 'on n 'a même pas une chambre pour dormir.
Super, venez dormir chez moi.
Mondardini, vous avez entendu ? C 'est loin.
Nous allons faire des grillades sur la plaque. Oui, on y va.
Merci, mais à cette heure -ci, j 'en fais tard.
J 'ai oublié que tous les soirs, à cette heure -là, j 'ai un petit creux. Alors,
on vient.
Oui,
elle a raison. Montez sur la petite jaune, là.
Vous aurez besoin de sortir comme ça.
Eh, mon Dardini, je vous dis de sacré péter, encore une fois.
Faites -le vous, si vous voulez. Moi, j 'ai mangé, je veux pas mourir.
répondez -moi franchement, vous espérez vivre encore combien de temps ? En gros,
vous lancez un chiffre comme ça, combien ? Moi, je voudrais être
éternel.
Par où ? Moi aussi,
mais pas pour toujours.
Comment se portent nos deux polissons?
Comme des bébés. D 'ailleurs, les gros, ils portent encore les cousculottes. Les
grillades étaient excellentes.
Merci à vous. Ça fera 250 francs chacun.
250. Ça fait 250 francs pour chacun de nous. 50 -50, ça fait 500 francs pour
grillades, mais pour dormir.
C 'est gratuit pour dormir.
Ah, payez mon dardini. Oui, payez parce que... Comme ça, c 'est bien.
Merci.
Je peux vous poser une question ? Comment est -ce que vous me jugez ?
grue qui pute avec tout le monde ? Ah, et c 'est à nous qu 'elle le demande.
Mais on ne tient pas la chandelle. Dites -lui, vous, Mondardini, vous prétendez
être dans ce domaine un connaisseur.
Ah, moi, je sais pourquoi vous me demandez ça.
Vous voyez, Alberto est insupportable. Et puis, il vient encore me faire toute
une scène seulement parce que je lui ai dit que je venais vous voir.
Vous m 'étiez bien sympathique. Et pourquoi est -ce que tu as voulu les
ici ? Et comment tu les as connus ? Qui sont -ils ? J 'en ai marre, je vais les
tuer ici. Non, mais attendez, vous voulez tuer qui, là ? Pardon,
mais votre fiancé, il est jaloux de qui ? C 'est pas de ces gros -là, là, tout
de même, non ? Alberto est jaloux de tout le monde.
Et si, pour tout.
Il pense à mal, même si je ressens de la sympathie pour une vieille personne.
Ça se voit que vous êtes une jeune fille libre, pleine d 'exubérance, mais...
On n 'arrivera jamais à croire que vous pouvez avoir un élan pour un homme d 'un
certain âge. Eh, Mondardi, c 'est une déclaration ou je ne m 'y connais pas,
hein ?
Vous voulez
essayer ? C 'est quoi, Zed ? Non, mais qu 'est -ce que c 'est, ce machin -là ?
Non, une minute, là. C 'est de l 'herbe ou quoi ? C 'est quoi, ça, là ? C 'est
vraiment ce que vous fumez entre maman, Mondardi ? Si.
C 'est comment ? Dites -moi.
Quel effet ça vous fait ? Oh là là, lui qui était déjà malade avant, alors...
C 'est si fort que ça. C 'est vrai.
Ça, c 'est cool, hein ? Quel effet ça vous fait, hein ? C 'est bon ?
Vous vous sentez mal, mon Dardy ? Non.
Fou, mais ça n 'est pas ridicule.
C 'est la première fois que j 'ai fumé de l 'herbe.
Vous n 'allez jamais arriver à voir.
Mais puisque vous ne le fumez vous -même, moi je peux le faire aussi.
Je me jette à l 'eau.
Peut -être que ça me plaira.
C 'est à peine plus fort qu 'une cigarette.
Je me sens partir.
Oh, je voyage.
Oh, mon sang que ça m 'éprime.
Là, c 'est le paradis, ça.
Oui,
doucement, doucement, mon tardi.
Doucement.
Très doucement.
Un peu détenu, voyons.
Oh, ça m 'éprime bien.
Bon voyage.
Et la maman aussi.
Bonne tarde.
Mais où est -ce qu 'on est là ? Regardez ce spectacle.
Mais on est mort et on est au paradis.
On est vivant et on est au paradis. Quel spectacle ! Mais ma parole, ils sont
tous nus.
Mais comment on s 'est endormi là ? On est passé là toute la nuit.
Qu 'est -ce qu 'on a fait cette nuit ? Attendez que je me rappelle.
Alors on est venu sur la plage, on a payé certains francs les grillades,
elle a précisé que c 'est gratuit pour dormir.
Et après, elle nous a laissé sur la plage comme des égotons.
Mais qu 'est -ce que vous faites ? Vous pouvez pas s 'habiller. Vous foutez le
camp. Qu 'est -ce qu 'il s 'en fait, ce gros, là ? Attendez.
Il a dit qu 'on était dans un camp nudiste et que si on voulait rester ici,
fallait se déshabiller.
Ah, non, non, non. Pas d 'histoire.
Pas d 'histoire.
Non, c 'est une autre, ça.
Regardez, une femme, ça passe encore.
Mais un homme, se montrer comme ça, c 'est impudique, non ? Non, parce qu 'il
faut... Non, moi j 'aime beaucoup ça. Si j 'ai envie de rester ici, je me
déshabille, c 'est tout.
Mondardini, même habillé, vous êtes difficile à supporter.
Alors, tout nu, on va s 'évaluer.
Non, ne faites pas ça.
Écoutez -moi, Mondardini, un autre âge, ça ne se fait pas.
Ça n 'est pas un droit, c 'est un délit. Non, mais j 'étais régressif. Regardez
un peu autour de nous. Vous vous imaginez, tout nu, au milieu de cette
? Allez, venez mon papy, on va s 'en aller piano piano, on va récupérer la
voiture et on va tenir votre promesse, on va aller en Italie, à Portofino.
Vous m 'imaginez, avec ma jambe de bois, s 'il te plaît.
... ...
...
... ...
Où vous l 'avez, cette fichure dure ? Là ! Mais c 'est pas vrai ! Elle doit être
bien loin, elle doit être là. Mais où, là ? Oui, c 'est ça, demandez.
Bonjour. Bonjour, monsieur. Vous savez où est la place du Belvédère ? Oui, bien
sûr, voilà, monsieur.
Vous allez tout droit.
Oui. Et vous prenez la deuxième rue à votre droite.
Deuxième rue à droite. Voilà. Et puis après, vous prenez la troisième à
À gauche, oui. Et c 'est là.
Ah, mais très bien.
Excusez -moi, mais est -ce que je pourrais avoir une biquerie d 'aqua ?
-moi, mais je ne comprends rien.
Un verre d 'eau. Il voudrait un verre d 'eau. Ah, de l 'eau. C 'est ça, un verre
d 'eau.
Mais venez, messieurs. Il y en a tant que vous voulez de l 'eau.
On marche sur la plage depuis ce matin sur un soleil de plomb et on n 'a rien
trouvé à voir.
Quand on a soif, venez voir un grand verre d 'eau fraîche.
Vous voulez visiter notre zone de dépuration, messieurs ? Très volonté,
monsieur. Merci.
Si vous voulez nous montrer le chemin. Bien sûr.
Venez. Elle est limpide, cette eau -là. Elle est riche.
Madonna, comme elle est pure.
Vous venez, monsieur ? Voilà, je viens.
La maison est une ville de dépuration et la plus moderne de France.
Nos collecteurs recueillent des matières organiques et toutes sortes de
saloperies. Et d 'après la quantité de matières traitées, nous pouvons établir
exactement le nombre de touristes qui ont séjourné chez nous.
Qu 'est -ce qu 'il a dit ? Je n 'ai pas compris, là.
Il dit que les experts peuvent établir exactement le nombre de touristes de la
Côte d 'Azur d 'après la quantité de matières cotées. Ah, et combien ils
? 300 000.
Ah non, non, non, moi, il ne faut pas m 'écompter, parce que dès que je voyage,
je suis victime de la constipation.
Ah oui, c 'est très intéressant. C 'est très intéressant, mais je ne sais pas
très bien à quoi cette usine, elle peut exactement servir.
Bref, en deux mots, il a dit que ça sert à transformer la mer dans l 'eau.
Ah oui !
Ah non, à nos frères, c 'est comme celle -là.
Comment, oui.
Et oui, celle -là.
Accident. Vous m 'avez servi un verre d 'eau qui vient de caminer.
Et voilà.
Nous voilà au terme de la Côte d 'Azur. On longe une dernière fois cette jolie
promenade et on repasse en Italie.
Il y a des endroits qui me rappellent quand j 'étais jeune.
Quand vous étiez jeune ? Alors vous avez une sacrée mémoire, hein ?
Mon tardien, comme vous étiez jeune, c 'était l 'époque de Garibaldi. C 'est
vrai qu 'on devait s 'amuser.
Mais moi, c 'est maintenant que j 'aimerais bien pouvoir m 'amuser un peu
pendant ce voyage.
La vérité, c 'est que vous n 'êtes pas un vrai voyageur. Non.
Vous êtes un matérialiste, un superficiel.
Les voyages, on ne devrait jamais les faire.
On devrait toujours les avoir faits.
Ça veut dire que quand on fait un voyage, on a des ennuis.
C 'est un peu vrai ce que vous dites. On a dépensé près d 'un million de livres,
on a mal mangé, on a mal dormi, et on rentre mort de fatigue.
Heureusement que maintenant, on va rentrer chez nous.
Qu 'est -ce qui se passe ? Pourquoi vous vous arrêtez ? Qu 'est -ce qu 'il y a ?
Il n 'y a plus de benzine ? Non, la benzine, on en a quatre.
Et alors ? Il y a autre chose.
J 'espère que ce n 'est pas grave.
Je l 'espère aussi, parce que moi, je ne me sens pas le courage de rentrer à
pied avec ma jambe de bois.
C 'est comme pour les femmes.
Dardini, regardez -moi ces pauvres hommes qui sont là.
Ils ont dû les dépouiller, voyez comme ils pleurent.
Dans deux minutes, il sort un revolver et il se tue.
Ça n 'a fait aucun doute, c 'est sûr. Non, ce n 'est pas sûr.
Quelquefois aussi, on pleure de joie.
Vous avez raison.
Oui, vous avez raison. Mais attendez, attendez, ce n 'est pas fini.
Ça ne durera pas comme ça. En moins de deux, elle va lui croquer tout son fric.
À propos de croquer, mon dardini,
dites -moi, pendant que Thérèse perd ce vapeur -là, on pourrait peut -être aller
faire une petite croque.
Avec les femmes, c 'est plus difficile de comprendre.
Alors ça, si vous saviez comment je m 'en balance, hein ? Allez, on y va.
C 'est tardi.
On a perdu, hein ?
Allez, voilà votre veste.
Et on va manger.
Tout perdu.
Oh !
Pardon, madame, est -ce que je peux vous aider en quelque
chose ? Oui, fichez -moi la paix. Bonne tarde.
C 'est vous qu 'on arrêtera, vous aurez prévu nous.
Je sais ce que c 'est, je suis passé par là aussi.
On croit que tout s 'écroule et puis tout passe, tout lâche, tout casse. J
déjà perdu.
Vous n 'allez pas m 'imposer en plus de danerie.
Vous avez perdu !
Sous -titrage
Société
Radio -Canada
Oui, mais quand même, ça surprend. Ah oui, oui.
Bon, ça va, je confirme. Quand vous aurez fini, vous me le faites savoir.
Pauvre Baptiste.
Nous l 'avons carrément oublié.
Je me sens responsable. Il est fâché à cause de moi.
Faites -moi plaisir.
Qu 'est -ce qui se passe ? La barque qui vous déplaît ? Non, ce n 'est pas le
bateau qui me dispose, mais c 'est vous, Gondarini.
Vraiment, vous ne partez pas.
À chaque fois que nous croisons une femme, vous oubliez complètement mon
existence.
Je suis M.
Battisti. Alors, vous en avez plein le dos de rester planté là et de quaroter.
Vous voulez, il y a des crétins qui vivent en compagnie, il y en a d 'autres
vivent tout seuls, et vice -versa.
On ne peut rien.
Moi, je voulais seulement ramener un...
Un bon souvenir à la maison.
Qu 'est -ce que vous voulez ? On partageait déjà toutes nos dépenses. On
quand même pas partager une femme.
Pardon ? Qu 'est -ce que vous projetez de partager ? C 'est la vôtre, cette
femme ? Mais nous l 'avons connue ensemble.
Si je veux, moi, elle est à moi, cette femme.
Simplement, moi, je ne suis pas stupide. Ce type de femme, je le connais très
bien. C 'est là, quand elle aurait bien mangé, bien bu, petit, petit, petit, et
adieu, on se retrouve sur le tas.
Le 29 m 'a ruinée.
Je me suis entêtée et j 'ai perdu.
Pourtant, j 'aime beaucoup le numéro 29.
Ah, mais je sais pourquoi j 'ai perdu.
C 'était pas le bon casino.
C 'est celui de Cannes qui me porte bonheur.
Pourquoi je ne suis pas allée à Cannes? Oui, pourquoi?
Le destin qu 'il a voulu.
De quelle région êtes -vous?
Moi, je suis de Rome et lui de Bologne.
Mes grands -parents étaient de Sassuolo.
Et ils ont émigré à Lyon avant la première guerre. J 'y travaille, à l
Docteur ? Non, infirmière.
Non, c 'est la même chose.
De vue du jeu, je l 'ai attrapé à l 'hôpital avec une personne malade des
Durant toute la dialyse, pour qu 'il reste sage, on l 'a obligé à jouer avec
roulette de poche.
C 'est un médecin.
Et voilà.
Et vous, monsieur, vous faites quoi ? Moi ?
Je suis dans le cinéma.
Producteur ? Oui, dans un certain sens.
Je m 'occupe de la publicité, puis des festivals, et puis je m 'intéresse aussi
à l 'affluence du public dans les salles.
J 'essaie de comprendre l 'humeur, le goût des spectateurs.
Moutardini, pourquoi vous me regardez comme ça ? Corrigez -moi si je me
Vous feriez mieux de dire tout simplement que vous êtes casseur et que
déchirez bien.
C 'est bien ce que je disais.
Oh,
excusez -moi.
Je vous ai fait mal?
À qui, à moi?
Et comment ça?
C 'était pas votre jambe?
Ma jambe?
C 'est sûrement celle de la table.
Que ce soit ma jambe ou celle de la table, vous avez fait la même chose.
Alors, ça vous convient?
Oui, merci.
Je voulais bien dire que je ne voulais pas venir sur la côte.
C 'est toute une vie.
20 ans.
21.
Viens, suis -moi. Viens.
Viens par là.
Viens.
Maintenant vous avez compris pourquoi je m 'occupe de mon Dardini. C 'est un
homme très seul, invalide.
Et comme dit Oscar Wilde, il parle de tout et de rien, c 'est à peu près la
seule chose qu 'il connaît.
Tu sais que ça me fait plaisir de te revoir.
Eh, à moi non, et tu sais pourquoi.
Et si on marchait, hein ? Allons, allons prendre l 'air. De toute façon, j
'avais envie de te retrouver.
Oh non, pas pour ce que tu penses, non.
Et te voilà qui tombes du ciel. Mais qu 'est -ce que t 'es étrange, la vie.
Tiens là, assieds -toi.
Tu
sais,
il y a une chose que Maria n 'a pas digérée du tout.
N 'a pas digérée quoi ?
Mais le fait qu 'elle t 'ait quitté, ça la tourmente beaucoup. Elle ne le
supporte plus.
Je ne sais plus quoi faire.
Elio, je sais que je t 'ai causé beaucoup de tort.
Mais je voudrais réparer.
Réparer ? Si tu dis oui, je voudrais te la restituer.
Qui ? Marie ?
Mais qu 'est -ce que tu veux me restituer après 20 ans ? Hein ? Une
veste ? Une paire de scarpins ? Qu 'est -ce que tu me restitues ? Une femme ?
Une vieille ? Et puis une jeunesse, mais... Elle a encore beaucoup d
Et... Et je te le dis en confidence, hein ? Ça fait 9 ans qu 'on ne fait plus
tout l 'amour.
Qu 'est -ce que tu veux que ça me fasse ? Et puis à la cuisine... À la cuisine ?
Maria à la cuisine ? Je l 'ai formée, alors.
Elle te mijote n 'importe quoi, mais ça m 'a pris du temps, tu sais.
Mais est -ce qu 'elle t 'a fait la barbe ? Quoi, la barbe ? À moi, elle me
faisait la barbe.
C 'est pas ce que je voulais, non.
Mais c 'est que Maria, elle aimait beaucoup ça.
Pour elle, c 'était comme... comme une extraordinaire jouissance de me faire la
barbe. Tu vois, la barbe à moi, elle me l 'a pas faite.
Elio, j 'en suis sûr.
Si tu demandes à Maria, veux -tu revenir avec moi, elle ne te laisserait même
pas finir ta phrase.
Mais pour finir la phrase, il faudrait la commencer. Je n 'ai pas l 'intention.
Tu m 'apprennes un peu.
Mais ce n 'est pas une question d 'années. 20, 30, 40, 100 ans.
Un beau matin, un homme sort de chez lui.
Il traverse la rue. Il passe sous une trainée.
La jambe à marmelade.
On le transporte à l 'hôpital et on la coupe.
Et qui est là, dans la même chambre ? Un couillon de cuistot avec son bras
plâtré à l 'horizontale. On aurait dit Mussolini.
Adorable, votre femme, qu 'il me dit.
Et il me l 'enlève.
Voilà comment, d 'un seul coup, je perds ma femme et ma chambre.
Alors, tu vois, Ricardo, ce n 'est pas une question d 'année.
Maria, je peux l 'oublier facilement.
Mais celle -là, non.
Pour celle -là, il n 'y a pas de pardon !
Non, non, non, j 'ai plus faim. Dites -moi l 'addition.
C 'est tout payé. C 'est payé ? Ah bon, alors je le mange.
Le bateau pour le calme. Je sais.
Mesdames et messieurs, faites vos voeux.
Rien ne va plus.
Va noir, père, parle.
... ...
... ...
Je suis père, d
'ailleurs.
un tourne -donc microscopique pas plus gros qu 'une ossie, avec autour trois ou
quatre petites feuilles de salade, deux olives et un câpre. C 'est vrai qu 'il y
avait un ouche -câpre au milieu.
Moi, j 'aurais dû lui dire, apportez -moi un plat de spaghettis, parce que ça
fait l 'esprit de l 'orée. Eh bien, c 'est juste. Elle vous invite à un dîner
vous la critiquez. Ça n 'est pas parce que madame nous offre un restaurant que
je n 'ai pas le droit de critiquer. Elle a quand même les dents de loup. Oui,
vous aussi, vous êtes plein d 'esprit.
Mais ça se voit, vous avez descendu deux bouteilles de Beaujolais et une
bouteille de vin de champagne. Ah oui, devant les vins français, je m 'aimais
quart d 'amour.
Madame, vous avez sans compter, c 'est le meilleur vin du monde, après les
Italiens.
Mais votre nouvelle cuisine, je trouvais que vous la gardiez.
Maintenant, mes enfants, c 'est l 'heure d 'aller faire la nage.
La ville est pleine, il n 'y a plus de lignes nulle part, on va être obligés de
coucher dans la voiture.
Madame m 'a dit qu 'elle était descendue...
Ah non, non, mon tardi. Je ne vais pas passer encore une nuit dans la voiture.
Ça, c 'est hors de question. On a déjà dormi sur la plage. On s 'est réveillé
milieu des gens. Je m 'en vais passer toute la ville au pays fin, mais il faut
que je trouve une chambre. Je vais dormir dans un lit. Alors, allez dormir
votre chambre, si vous voulez. Moi, non. Vraiment, je regrette.
Je connais le concierge du Sobitel et c 'est par lui que j 'ai pu obtenir une
petite suite.
Je peux m 'arranger pour héberger l 'un de vous. Je ne sais pas si ça vous
convient. Non, non, merci. Non, je ne voudrais pas vous déranger.
Excusez -moi, mais je ne peux pas dormir sur mon TMS, je n 'en ai plus. Je cours
à la pharmacie en acheter, je reviens.
Ne courez pas.
Pardonnez -moi mon jardin, mais qu 'est -ce que vous avez dans votre tête de
citrouille ? C 'est moi qui suis fou, vous n 'avez rien compris.
Comment ? Elle nous propose de dormir et vous répondez non, merci. Mais non,
mais non, c 'est vous qui n 'avez pas compris.
C 'est à moi qu 'elle l 'a offert.
À vous ?
Maintenant, partez.
Avec Germaine, moi, je vais me débrouiller.
J 'ai ma stratégie personnelle.
Très bien, votre stratégie. Mais moi, qu 'est -ce que je deviens dans tout ça?
Soyez gentil.
Je suis gentil, mais qu 'est -ce que je deviens? Vous devez vous en donner.
Maintenant, je vais faire deux pas avec madame.
J 'échangerai quelques paroles galantes et puis je l 'accompagnerai à l 'hôtel.
Je laisserai la voiture ouverte. Si vous trouvez un lit...
Tant mieux, si vous n 'en trouvez pas, vous pouvez toujours vous enfiler là
-dedans et puis on se retrouvera demain matin.
Hein ? Maintenant, collaborons, nous sommes associés, non ? Eh oui, nous
associés quand ça vous arrange, c 'est pas vrai ? Non, mais j 'ai compris, c
'est bien.
Très bien, vous avez le champ libre.
Partez tranquillement avec votre nouvelle conquête. Je vous dis à tout de
Battistini !
D 'après vous, quand on était au restaurant cet après -midi, excusez -moi
lui a laissé des traces ? Même.
Il me semblait tellement heureux. Alors comment expliquez -vous qu 'il a
tellement bu ? Pour au baptiste.
Vous savez, quelquefois, ce sont les femmes qui décident du destin de la vie
'un homme, de toute sa vie, et quelquefois même, d 'une seule nuit.
Où voulez -vous en arriver ? À l 'albergo rose.
Je voudrais vous dire un million de choses, mais... Josée, choisissez -en
je ne peux pas veiller trop tard.
Et puis j 'ai trop bu, j 'ai envie de dormir.
Je dors mieux à deux.
Allez, ne faites pas l 'italien.
Bonne nuit, Josée.
Et la vie ? La prochaine fois.
Je rêverai à vous.
Si je dois.
Mon Dieu, c 'est vous, Patitini?
Germaine, est -ce que vous me voyez?
Bien sûr que je vous vois. Mais qu 'est -ce que vous fabriquez dans l
'ascenseur? Ça fait une demi -heure que je monte et que je descends. C 'est vous
que j 'attendais.
Germaine, j 'accepte votre offre.
Mondardini a dit non, merci. Moi, j 'ai dit oui, merci.
Vous n 'allez pas me chercher.
C 'est la nuit.
Où est -ce que j 'irai maintenant?
Je pourrais tomber dans un trou et je suis un peu pompé.
Si c 'est pour ça, je suis un peu ivre, moi aussi.
Oui. On a bu un peu. On est tous un petit peu mis ensemble. Ça va être bien.
'est pas vrai ?
Monsieur
Dardini.
Oh, le pauvre vieux.
Il a passé la nuit à ma cadre.
au fricoté.
Vous voyez que vous comprenez très bien quand vous voulez. Je ne suis pas
stupide.
Racontez un peu mon arbitre.
Elle m 'a fait sauter tous les fusils. Ah, c 'est terrible.
Et quoi d 'autre ? Elle m 'a dévoré complètement.
Vous ne faites pas ça. Elle vous a menti. Non, mais on a métaphore.
C 'est une femme charmante, très belle, la chair très ferme.
Aussi, surtout, au -dessus de tout, le charme français.
Moi aussi, modestement, j 'ai essayé de maintenir la bandière haute.
Allez, allez la bandière, allez ! Allez, combien ? Pas de modestie là, combien
? Deux voltes. Deux fois ? Pas de vantardise. Vous dites deux, vous ne
me dites pas la vérité.
Si, oui, si, mais... Sur le point de vue de la qualité, il est fort, c 'est
vrai.
Ah! Ah!
Mais c 'est un show, c 'est une performance, hein?
Et où est -ce que vous l 'avez fait, cet aimé? Dans quelle chambre? Où?
Dans la chambre de Germain.
Ah, dans la chambre de Germain.
Ah, ah, ah, ah!
Mais ce que j 'aimerais savoir, c 'est où dans la chambre?
Parce que pour ça, Montalvi, je ne vous ai pas vu.
Caché, mais où?
Moi, je suis sûr que vous étiez sous le lit.
Parce que sur le lit, il y avait moi avec Germaine.
C 'est moi qui me la suis tapée.
Oh, quelle nuit ! Alors là, c 'est une des plus belles de toute ma vie.
Où il est ? Vous ne voulez pas croire que j 'ai couché avec Germaine ? Oh, que
non ! Car c 'est grâce à vous que j 'ai réussi.
Elle vous a invité à vous réviser. Vous faites chou blanc.
Comme le vin.
Plante de plantes.
Décris -le. Voilà. « Réjouissez -vous de la bonne opportunité d 'un ami, soyez
associés loyaux.
» Quand à l 'hôtel, je regrettais que l 'imam ne lui avait jamais mis les pieds.
Moi, oui.
Mais elle est bonne.
En propos, quand elle a vu que vous n 'aviez qu 'une jambe, elle s 'est
émanouie, elle a crié, elle a eu peur, elle tient mal à tout le portier et dit
non ? Non.
Pauvre Thiergard, peu de nom et envieux.
Par tout au contraire.
Elle ne m 'a pas brossé.
Elle m 'a regardé dans les yeux en silence.
Et quand elle a su où et comment j 'avais perdu ma jambe, elle n 'a pas pu
retenir son émotion.
Elle m 'a serré très fort sur sa poitrine et elle a crié.
Je suis fier de pouvoir faire l 'amour avec un héros.
Je me suis précipité sur son corps un peu vieilli, mais ferme encore et bien
grattouillé avec une paire de cuisses comme des chambons.
Je parlais de vous.
Voilà, voilà, j 'étais en train de raconter notre nuit.
Tu es venu passer quelques jours de vacances sur la Côte d 'Azur.
Ici, à part le casino, c 'est bourré de jeunes gens. Et je les ai regardés.
Et eux n 'ont pas fait cas de moi. C 'est la vie.
C 'est alors que je t 'ai rencontré.
Et n 'ayant aucune autre possibilité. Mais je ne suis pas une autre
Tu t 'es regardé, je t 'ai pris.
Je t 'ai pris.
Comment, Joseph ? Je ne savais pas que vous vous appeliez Joseph.
J 'avais l 'impression d 'un homme qui fonce droit au bout.
Mon Dieu.
C 'était tellement une impression.
Allons -y, Germaine. Qu 'est -ce que tu racontes ? Et Joseph, il le croit, lui ?
Allons -y.
Il n 'a rien fait ? Rien de rien.
Il a dormi.
Sans avoir besoin des omnifères que j 'ai pris.
Bah, c 'est pas vrai, elle est morte.
Germaine ! Germaine ! Tâchons de nous oublier, courage.
Mais cela, on est mieux tout seul.
Hein ? Non ?
N 'y jouez pas le temps du matin.
C 'est ridicule, mon vieux.
Regardez -moi.
Je me la suis tapée et elle est déjà aux oubliés. C 'est consumate. C 'est
consumate. Voilà une expression de façon de parler.
Voyez comment vous êtes. Vous refusez l 'évidence.
Elle nous l 'a dit en face que vous aviez dormi comme un ange. Les petits
sont parfois des petits diables qui deviennent des petits diables. Justement
qu 'elle a dit, que vous n 'aviez rien fait.
Ah, parce que vous la croyez, cette fille.
Elle m 'a piqué trois cents francs, si vous voulez le savoir.
Et je ne vous ai rien réclamé, parce que moi, monsieur, je suis grand.
Non, vous n 'êtes pas un monsieur.
Vous êtes un mascalçon, un maléducaté, un bouffon.
Depuis que je vous connais, vous n 'avez dit que des bêtises.
Je suis fier de faire l 'amour avec un héros. Quel héros ? Voulez -vous que je
vous dise ?
qui a perdu sa jambe sous un train.
C 'est Ricardo le Coq qui me l 'a dit. Et ça, je l 'ai gardé pour moi.
Pour pas vous humilier.
Je crois que vous vous sous -estimez. Pourquoi seulement un ?
Partez, partez ! Je ne veux plus vous voir, je ne veux plus vous entendre.
Non, si vous avez un peu de dignité, descendez de la voiture immédiatement et
rentrez chez vous par vos propres moyens.
Partez, partez !
C 'est moi qui ne vous ai jamais rencontré. Nous ne nous sommes jamais
Moi,
monsieur, je ne vous ai jamais vu.
N 'oubliez pas de prendre votre valise parce que vous pourriez m 'accuser
Sous -titrage ST' 501
Répondez, Mondardini.
Ça aurait pu être pire, hein? On a deux jambes pour nous deux. Si on marche bras
dessus, bras dessous, ça passera inaperçu.
Mondardini, ne partez plus tout seul.
Vous avez vu le chantier que vous avez fait?
Mais on ne peut pas vous laisser.
Il en met un temps fou, cette ambulance.
Où est -ce qu 'on les transporte?
Portofino.
Non, mais ce n 'est pas vrai.
Vous avez entendu, Mondardini?
C 'est le destin. On devait venir à Portopino.
Mais je vous l 'accorde, Mondardi.
Vous aviez raison.
C 'est superbe, la Côte d 'Azur.
On s 'est bien amusés.
Il fallait les voir par voici.
Avec sa grosse bouillonne.
Il me donnait envie de rire.
C 'était bien avec vous, Mondardi.
Oui, alors.
Je crois qu 'on était depuis toujours des amis.
On s 'est chamaillés.
Mais on était bien quand même.
... ... ... ...
...
Vous pouvez vous dire que je ne sens rien.
Arrêtez -vous.
Écoutez -moi bien.
Quand on sera à l 'hôpital, occupez -vous de mon ami. Il voudrait m
'hospitaliser aussi parce que je suis plus malade que lui.
Il m 'a fait une peur.
C 'est le truc qui l 'a réveillé. Vous croyez, c 'est ça ? Vous disiez quelque
chose ? Comment tu t 'y as ? Comment ? Comment je m 'appelle ?
Pourquoi tu ne m 'as pas tutoyé plus tôt ? Je voulais pas que ça te monte à la
tête.
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