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Original subtitles

Ouvre la 15.

QUATRE HEURES AVANT L'EXÉCUTION

Réveille-toi.

Bouge ton cul, t'as un visiteur.

Reprends tes esprits.

Becket.

Je suis le Père James Moris, l'un des aumôniers ici.

Comment vous sentez-vous ?

Cheesecake ?

Non, merci.

Vous savez, j'avais demandé vanille

et on m'a apporté chocolat.

Achevez-moi.

Écoutez mon Père, j'apprécie que vous soyez venu me voir, mais...

j'vais bien.

Eh bien pardonnez-moi, mais la plupart des gens

dans votre situation ne vont pas bien du tout.

Bah, j'dirais que la plupart des gens dans ma situation,

des gens en général, au fait,

n'ont pas ma présence d'esprit, ma lucidité.

Je ne voudrais pas être indiscret,

mais c'est peut-être la dernière chance que vous avez

de parler à quelqu'un.

Y a-t-il quelque chose que vous aimeriez me confier ?

Vous savez pourquoi je suis ici, mon Père.

Pas en détail.

Bah ce sont les détails

de cette histoire...

qui la rende...

impressionnante.

Vous voulez me la raconter ?

Bah.

Je dois vous avertir.

C'est une tragédie.

Et c'est pas seulement la mienne,

Au départ, c'était la tragédie de quelqu'un d'autre.

Et quand je dis ça,

je parle de ma mère.

J'avais complètement oublié comment jouer.

Mary Estella Redfellow.

Résidente de longue date de Huntington, Long Island.

Héritière d'une fortune familiale

alors estimée à 18 ou 19 milliards

de dollars américains.

Il paraîtrait que l'argent ne fait pas le bonheur.

C'est faux, l'argent fait le bonheur.

On est des adultes ici, on est tous au courant.

J'ai ouï-dire que le soir où elle avait rencontré mon père,

c'était un soir comme les autres.

Et quand je dis ça, je veux dire qu'elle était jeune, riche,

qu'est-ce qui pouvait mal tourner ?

Il est quelle heure ?

- Oh mon Dieu ! - Quoi ?

Oh mon Dieu, il faut que je rentre à la maison !

Il faut que tu partes, maintenant ?

Salut.

Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Il faut que je rentre ! - OK.

Je te félicite de nous en avoir informés.

Ceci étant dit, je pense que tu sais ce qui doit se passer.

J'ai 18 ans.

Malheureusement.

Non.

Ça devrait être ma décision.

Et c'est ma vie.

Très bien.

Tu peux t'en débarrasser ou faire ce que tu veux.

Mais pas ici.

Pas sous mon toit.

C'est comme ça qu'elle est

passée de Mary Redfellow de Huntington, New York,

à Mary Redfellow de Belleville, New Jersey.

Tout va bien.

C'est bien.

Oui comme ça, respirez.

Mon père ne m'a vu

qu'une seule fois.

Le violoncelliste talentueux meurt à 21 ans

sur place, à l'hôpital commémoratif de Jersey City.

Ma mère s'est retrouvée seule

à travailler au département des véhicules motorisés

de Newark

Très tôt, elle m'a dit quelque chose d'important.

On avait beau avoir été chassés de la famille,

on n'avait pas été exclus de l'héritage.

Voyez-vous, mon grand-père avait rédigé une fiducie irrévocable

pour éviter de payer des impôts à l'État.

Ce qui voulait dire que la fortune, en totalité,

les biens immobiliers, les bateaux, les avions,

une île ou deux, tout ça serait toujours transmis à l'héritier

le plus âgé suivant, quoi qu'il arrive.

Et que moi, étant le plus jeune,

j'pourrais bien en hériter à mon tour, un jour.

En supposant que je survive aux autres.

Suffisait que je sois patient.

Jusqu'à ce qu'ils meurent tous.

COMMENT FAIRE UN MALHEUR

Vous vous dites sûrement

que la vie devait être difficile pour nous

étant donné que ma mère m'élevait seule, mais...

J'vous le dis tout de suite,

malgré notre handicap financier,

elle s'est assurée que j'aie toute la culture, la classe

et le style d'un jeune homme de la haute société

Quand on lâche, la flèche fonce tout droit.

Tu vois la différence que ça fait ?

Tu vois ?

C'est beaucoup plus facile quand on ouvre les épaules.

Ça c'est la première fois.

La première fois que je posais les yeux sur elle.

Julia Steinway.

Oui, on est très fiers de Julia.

J'ai tout de suite vu

qu'on était faits l'un pour l'autre.

Et clairement, je m'étais pas trompé.

C'était sans aucun doute une fille qui avait de la classe,

du goût, du charme.

Je me sentais à ma place.

Qu'est-ce que tu fais ici ?

C'est ta mère qui m'a invité.

T'habites où ?

Belleville Township.

Est-ce que tu vis dans la rue ?

Quoi ?

On m'a dit que les gens là-bas vivent dans la rue.

Je vis pas dans la rue.

Et d'ailleurs, je vivrai pas toujours là-bas,

parce que je suis censé hériter de beaucoup d'argent,

éventuellement.

De beaucoup d'argent, hein ?

Essaies-tu de m'impressionner ?

C'est OK si c'est le cas.

Et maintenant

veuillez accueillir Lyle Archdale !

Pas de panique tout le monde,

tout va bien.

Lyle, tu arrives à voir ?

Vas-y, continue de jouer.

Le docteur Freeman est demandé

aux urgences, le docteur Freeman aux urgences.

Hé, Becket ?

Tu peux venir avec moi.

Comme vous le savez,

ma mère était jeune.

C'est pour ça qu'elle n'a pas prêté attention

aux premiers symptômes.

Les médecins non plus.

Et la famille, j'suis sûr qu'ils savaient.

J'suis sûr qu'ils auraient pu aider.

Mais rien.

Pas le moindre mot.

Becket, c'est injuste.

Qu'est-ce qui est injuste ?

Tu mérites plus que ça.

On t'a volé quelque chose.

J'voudrais que tu me fasses une promesse.

Tu peux faire ça ?

OK.

Promets-moi...

que t'abandonneras pas...

avant d'avoir la vie que tu mérites.

Avant de mener le genre de vie que...

que tu aurais dû avoir.

La vie pour laquelle je t'ai élevé.

Tu peux faire ça pour moi ?

La vie que j'aurais dû avoir ?

Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là ?

Sa dernière volonté était d'être enterrée au mausolée Redfellow,

dans le caveau familial, à Huntington.

En l'absence de réponse, on lui a trouvé

un autre lieu de repos final, à deux pas de l'autoroute,

à East Orange.

Jésus nous a dit, je suis le chemin, la vérité et la vie.

Celui qui a la Foi sera pardonné de ses péchés...

À ce moment-là,

j'ai pris ma décision.

Précisément, à ce moment-là.

J'irais directement à la source

et j'exigerais ma place légitime dans ma maison légitime.

Nous comprenons la situation.

Malheureusement, nous ne pouvons pas vous aider pour le moment.

Nos excuses, nous espérons que vous vous portez bien.

Nous espérons que vous vous portez bien.

Après ça, j'ai eu le plaisir de faire la grande tournée

du système des familles d'accueil du New Jersey.

En ce qui a trait à Julia,

je l'ai vue de moins en moins.

Jusqu'à... ne plus la voir du tout.

Et je me demandais,

si nos chemins se croisaient de nouveau,

à quoi ressemblerait ma vie ?

À une grande réussite,

ou à un échec ?

En tout cas, plusieurs années plus tard,

je me suis retrouvé à occuper un emploi tout à fait respectable.

Le genre d'emploi où on porte un costume tous les jours.

- Bonjour. - T'es en avance.

Oui, messieurs.

Tu pourrais t'occuper de la commande du nord de la ville,

s'il te plaît ?

Upper West.

Je gardais toujours un œil

sur les Redfellow et leur fortune.

Malheureusement, leur taux de mortalité

restait exaspérément bas.

Et j'avais plus ou moins accepté l'idée de ne jamais toucher

à un sou de mon héritage.

Pas de mon vivant en tout cas.

Et c'était peut-être mieux comme ça.

Becket ?

Oh bordel, j'arrive pas à le croire !

Julia Steinway !

Oh, mon Dieu !

Oh mon Dieu, salut !

Salut, wouah, mon Dieu !

J'arrive pas à croire que c'est toi !

Moi non plus, j'arrive pas à croire que c'est moi, wouah !

Pourquoi tu portes, euh...

Est-ce que t'es dans les services secrets ?

Oui... Je peux pas vraiment en parler.

Alors t'habites en ville maintenant ?

Ouais, exact, exact.

Un peu, à l'extérieur.

Oh, t'habites encore, euh, c'était où déjà ?

Belleville, Township.

Ouais.

T'es encore là ?

Parle-moi de toi.

Est-ce que t'es toujours à Montclair ?

Ouais.

J'ai vécu à Londres un moment et ensuite, à Dubaï,

mais maintenant, je suis de retour au pays.

Wouah, ben...

J'veux dire, j'adorerais prendre un verre avec toi,

si, si t'en as envie, un de ces jours.

Ce serait bien.

Mais disons que ça tombe, disons que ça tombe mal.

Bien sûr, bien sûr.

J'suis contente de t'avoir vu.

Et que tu sois resté comme ça.

Comme ça ?

Comment ?

T'es resté toi-même.

Oh, hum, qu'est-ce qui est arrivé à la fortune familiale

des Redfellow ?

Je vais en hériter.

Un jour.

Ben, appelle-moi quand tu les auras tous tués.

- Lyle, Becket travaille là. - Becket ?

Tu t'souviens, Becket, le gars de l'école ?

Ha, ça m'étonne pas qu'il travaille ici.

Promets-moi

que t'abandonneras pas,

avant d'avoir la vie que tu mérites.

Ils étaient sept.

Sept Redfellow, bien vivants,

pendant que ma mère reposait six pieds sous terre

et que je vivais dans un duplex.

Si je devais tailler quelques branches de notre arbre

généalogique, par laquelle je commencerais ?

Taylor Exeter Redfellow.

Je te remercie beaucoup.

Courtier dans l'entreprise

financière de son père.

Mon cousin n'était pas seulement facile à trouver,

il était difficile à éviter une fois qu'on approchait

du quartier financier.

Même si je le faisais,

comment je m'y prendrais ?

Et après ?

Est-ce que je serais pris de remords ?

Est-ce que je me livrerais ?

Soyons honnêtes, je me racontais des histoires.

Je serais jamais capable de faire une chose comme ça.

Yo.

Viens t'asseoir une minute.

Je suis pas vraiment sûr de comprendre.

On pense que tu serais plus heureux là-bas.

Si on me transférait à Jersey City ?

C'est plus près d'où t'habites.

Ils ont un stationnement.

Oui, c'est vrai.

Euh, vous parlez du centre d'expédition ?

Bon, le fils de Vic a lâché l'école.

Tu vas donner mon poste au fils du propriétaire

qui a 19 ans ?

Moi j'ai rien à voir là-dedans.

C'était pas mon idée, mais...

Mais j'ai pas envie de travailler dans un entrepôt !

Moi non plus, ça fait pas mon affaire, OK ?

Aide-moi, Becket.

- Darryl... - Je t'en prie !

J'ai du talent et je travaille dur, je suis présent.

Oui, je sais, je sais.

Ces choses-là devraient pas être récompensées un peu ?

Oh, c'est ridicule !

Putain de merde !

Merde !

Vas-y mon gars, est-ce que tu vas le faire ?

- Je suis prêt ! - Allez !

- J'vais le faire, j'suis prêt ! - Allez !

- Je le fais, je le fais ! - Vas-y, fais-le !

Allez, fais-le !

Ouais, ramassez tout !

Vous serez toujours pauvres, bande de cons !

Ouais, vas-y, bouffe le fric, vas-y !

Comme je vous disais,

ça a été facile de trouver mon cousin.

J'avais pas de plan précis, mais les opportunités,

au sens propre comme au figuré, étaient nombreuses.

Est-ce que ce serait l'occasion de me retrouver seul

avec Taylor ?

À ce stade-là, j'aurais pu rentrer chez moi et...

peut-être que je l'aurais fait un autre jour, mais...

comme le dit la Bible, le plus lent des voyages

commence par un premier pas.

C'est bien dans la Bible hein ?

- Non. - Oh.

Pause.

J'avais besoin d'une minute pour réfléchir,

pour analyser ce que j'étais en train de faire

et voir si j'allais vraiment le faire.

Attends ?

T'es qui toi ?

Moi c'est Becket.

Woh !

Oh mon Dieu !

Vraiment ?

C'était aussi facile que ça ?

J'ai le regret de vous dire que oui, ça l'était.

Et si tout ça vous a procuré un étrange frisson.

Bah j'imagine qu'on a quelque chose en commun.

En tout cas.

Pouvez-vous croire que j'ai assisté aux funérailles ?

Excusez-moi.

Êtes-vous Warren Redfellow ?

Oui, c'est moi.

Je vous offre toutes mes condoléances.

Merci.

Je suis pas sûr de connaître votre nom.

J'suis Becket.

Le fils de Mary et votre neveu.

Tu te fous de ma gueule ?

À 18 ans, ta mère a eu le courage de tenir tête

au vieux fils de pute.

Aucun de nous aurait osé.

Pas moi en tout cas.

J'aurais quand même dû garder le contact.

Faire partie de sa vie, partie de ta vie.

J'aurais aimé avoir la chance de connaître Taylor,

il avait l'air d'un...

Je suis désolé, je voulais pas.

Non, t'excuse pas.

Vraiment.

Tu sais qui lui a fait ça ?

Hein ?

Je suis absolument certain que c'est faux.

J'étais jamais là.

Quand il était petit.

Et je savais très bien qu'il était en train de déraper,

avec les voitures et les médicaments...

En tout cas, tu fais quoi Becket ?

Ouais, c'est dans la famille depuis l'époque de La Guardia.

Je pense que toutes les crises financières de ces 100 dernières

années ont éclaté dans la salle de conférence.

Moi, j'étais là pour deux d'entre elles.

Ça y est, bienvenue dans l'antre du pouvoir.

Tiens, assieds-toi.

Wouah, c'est joli ici.

J'ai reçu cette bouteille-là de Dick Cheney.

Elle a intérêt à être bonne.

Tu sais.

Y a le poste de Taylor à combler en bas.

Garde la tête basse, ouvre grand tes oreilles.

Oui, euh, je suis absolument pas qualifié.

On s'en fout, c'est du népotisme.

C'est simplement...

Taylor était absolument pas qualifié non plus.

Et moi non plus, à une époque.

On peut se poser la question, est-ce que ce serait juste ?

Becket.

La vérité, c'est que j'aurais dû t'aider il y a longtemps

et que je l'ai pas fait.

Alors laisse-moi me reprendre.

C'était pas ça le plan,

mais j'avais besoin d'un travail.

Très important, tu dois toujours garder tes reçus,

compris ?

Si tu le fais pas, je peux pas t'aider.

Voici ta maison pour un certain temps.

Bon, au travail.

Hé, mon gars, t'as déjà reçu ça par courriel,

mais je te l'ai imprimé.

La valeur est à 543,

tu devrais pouvoir atteindre 700 avant la fermeture.

Tu vas répondre, Tu peux pas laisser sonner,

il faut que tu répondes.

Allez réponds.

Allô ?

Comment, comment ?

- C'est le bouton bleu. - Le bleu ?

- Oui. - Mais y a pas d'bleu.

Là, je vais pas vous ennuyer

avec les détails, mais je vais vous dire une chose.

Les personnes les plus riches de New York ne gagnent

absolument rien en réalité.

Elles gardent un pourcentage des revenus des autres.

Ce qui est un mode de vie bien plus pratique

et qui correspond mieux à ma personnalité.

Ça c'est du liquide, moi je vous parle de dettes.

Dès la première semaine,

j'avais appris tout le jargon.

Garanties, dividendes, déductions, primes,

renflouement, autofinancement, fermeture, récupération,

fausse déclaration, fraude, réplication,

manœuvre dilatoire.

J'avais enfin un vrai travail et ces connaissances-là

pourraient m'être utiles.

Parce que peut-être qu'un jour, j'aurais ma propre fortune

à gérer.

Peut-être même, plus tôt que tard.

Allô ?

Je parle bien à Becket Redfellow,

le nouvel employé de W et R ?

Désolé, à qui ai-je l'honneur ?

J'espère que c'est un bon moment.

Oui, oui, euh, comment, comment va la vie conjugale ?

On vient de rentrer de notre lune de miel.

La Grèce, les Maldives ?

Floride.

Tu te souviens quand tu m'as invité à sortir l'an dernier ?

Tu pliais des pantalons kaki

avec un air triste et pathétique.

Ça me dit rien.

Ça m'a pas dérangée.

Tu sais.

Au cas où tu te serais senti gêné.

Tu pourrais même réessayer, un de ces jours

et voir ce qui se passe.

J'pourrais réessayer ?

Et voir ce qui se passe.

Aurais-tu envie qu'on aille...

qu'on aille boire un verre, un de ces jours ?

Eh bien non, je suis mariée.

Non, euh, non je sais, j'voulais juste...

Mais j'espère qu'on va se croiser bientôt,

ça me fait toujours très plaisir.

C'est quoi ça !

En tout cas,

qui est le prochain ?

Wouh ! Sois comme moi !

SOIS COMME MOI ! NOAH REDFELLOW, ARTISTE

Bonjour Internet, je m'appelle Noah Redfellow,

ici c'est mon domicile.

Bap ! Bap ! Bap !

Et de nos jours, quels sont les principaux défis

que rencontre un artiste, selon toi ?

Probablement, le syndrome de l'imposteur.

OK.

Pas envers moi-même, mais plutôt

d'après ce qu'on dit de moi.

Quand on me dit que je suis rien qu'un fils de riche

qui fait de la photo, je suis genre, mais non,

projette pas ton syndrome de l'imposteur sur moi.

Est-ce que t'as un travail alimentaire ?

Un travail ? Ouais.

Je suis artiste.

Bon, je peux pas dire

que j'étais un professionnel, à ce moment-là.

Mais j'avais un peu plus confiance en moi

que la première fois.

Suffisamment pour savoir qu'en fait,

on pouvait tuer sans se faire prendre

et même très récompensé pour ça.

C'est super voyeuriste, hein ?

C'est comme si l'artiste nous prenait tous pour ses complices,

il nous force à voir ce qu'il voit.

Tellement génial.

L'artiste, hein ?

Ouais.

Je suis désolé de te demander ça,

mais Noah Redfellow, c'est toi ?

Je sais pas, d'après toi ?

Oh, hum, j'suis...

j'suis un très grand fan.

Ouais, on me dit toujours ça.

En fait, j'essaye de pas venir trop souvent les vendredis,

parce que tu vois, les gens me harcèlent, ici.

Ouais, non, non, non, non, je veux surtout pas déranger.

Non, non, t'inquiète,

tu vois ce que je veux dire.

Tu sais que ce que je vais te dire va

peut-être te sembler bizarre,

mais j'pense que toi et moi, on est cousins.

- Quoi ? - Je sais.

Alors, t'as grandi à Newark ?

Newark, oui.

Génial ça, c'est un vrai trou à rats.

Je veux dire, ouais.

Est-ce que tu développes ?

Euh, quoi ?

Ben est-ce que tu développes tes propres photos ?

Ah, euh, non, non, pas vraiment.

Je te le dis, mon gars, il faut que tu développes

tes photos, ça, ça me rend vraiment malade.

Tu sais, personne développe et bon OK,

si t'es vraiment pauvre, je comprends, mais,

ou si t'as pas l'espace, sinon...

Ah merde, OK !

Vas-y, botte la bière.

Je botte la bière ?

Ouais, ouais, botte la bière.

Comme ça, génial.

Ça c'est nous.

On est tous une bande de filles saoules dans une soirée

qui a aucune idée de c'qui se passe.

Hein ?

Tout ce matériel a été fabriqué par une entreprise en Lituanie

à partir de brosses dents ou de tampons recyclés ou...

de truc médical.

Tu fumes ?

Euh, non.

Non ?

Wouh, j'en rêvais.

Et tu veux savoir ce que je viens vraiment faire ici ?

Quoi ?

J'ai fait croire à ma copine que j'ai arrêté cette merde

en avril, mais évidemment que non.

Alors maintenant, je viens me cacher dans ma cabane,

comme si j'étais l'Unibomber, pour fumer, tu vois ?

Merde.

Elles sont cools et gentilles jusqu'à leurs 30 ans

et là elles se mettent exiger des choses.

Pas vrai, j'ai pas raison ?

C'est sûr, ouais.

C'est totalement vrai.

Allô ?

Oh merde, en parlant du loup.

Euh, je peux te faire confiance, hein ?

On est cousins.

- Ouais. - Ouais ?

Salut !

J'pensais pas que t'allais rentrer aussi tôt.

Moi aussi je suis contente de te voir.

Oh Noah, t'as encore fumé ?

J'ai seulement pris une ou deux bouffées.

Deux bouffées, vraiment ?

Je te jure, pas plus que ça.

En fait, c'est parce que je montrais ma chambre noire

à Beckham, le gars juste là.

Ouais, je l'ai rencontré au vernissage

et c'est mon cousin, faut croire.

Quoi ?

Ouais je te jure, c'est mon cousin, bordel.

Salut, j'm'appelle Ruth.

Becket.

Il s'appelle Becket, pas Beckham !

J'suis désolée.

Yo j'ai tellement faim, j'mangerais n'importe quoi.

Allez, on commande ?

- Oui. - Allez.

J'suis sûre qu'il va essayer de te photographier nu,

mais surtout, fais pas ça.

Tu travailles dans la finance ?

Ouais, en fait, oui.

Pourquoi ?

Qu'est-ce que tu veux dire ?

Ben, j'veux dire, est-ce que t'aimes ça ?

Euh, ouais, je pense que oui.

T'as fait une longue pause.

Ben, c'est pas facile.

Éventuellement, ça va être payant, ça j'aime ça.

OK et après ça ?

Une fois que le travail aura payé ?

Ouais.

Ben ça va rapporter... quoi ?

Mais qu'est-ce qui va se passer ?

Attends, je comprends rien.

Je dis juste...

T'es bizarre avec notre invité, chérie.

Non, je suis juste... je suis désolée,

je suis juste curieuse.

Non, t'es vraiment bizarre,

tu dois pas poser des questions bizarres à notre invité,

- il va croire qu'on est bizarres. - OK.

Elle vient de Philadelphie, donc...

Et toi ?

Je travaille dans le denim.

Elle a vu Cardi B nue une fois.

Hein, dis-lui.

Pour que ce soit bien clair, je change de carrière.

Je suis en train d'obtenir mon diplôme d'enseignement.

Quelle matière ?

La littérature.

La littérature au secondaire.

Elle va me réveiller tous les matins à 6 heures

avec son alarme et moi je vais finir par m'exploser la tête

au micro-ondes pour crever et être enfin libéré.

Au secondaire, tu vas enseigner quels livres ?

Qu'est-ce que ?

Dickens, Conrad.

OK, le compte des deux cités ?

Euh, David Copperfield.

Dans ce cas-là, tu dois savoir que le vrai titre du livre

n'est pas David Copperfield.

Histoire personnelle, aventures, expériences

et observations de David...

David Copperfield, le plus jeune des Blunderstone

RoOKery...

et qu'il n'a jamais voulu

publier sous aucun prétexte.

Euh, c'est un concours de virginité que vous faites

ou quoi ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Je suis David Copperfield et j'suis un nerd

et comme je suis un nerd, je vais me couper la queue

parce que je m'en sers plus.

Bon écoutez, j'dois y aller,

j'viens de réaliser que je vous déteste.

Ça m'a fait plaisir de te rencontrer.

Oui, moi aussi.

Tu voudrais venir souper ?

Jeudi soir, on reçoit un groupe d'amis.

Bien sûr.

- Cool. - OK.

Au revoir, je vais, je vais t'envoyer un texto.

Ouais, OK.

Aujourd'hui, il faut regarder les choses en face.

C'était une situation

totalement inédite.

Parce que, soyons honnêtes, la première fois,

j'avais eu de la chance.

Et cette fois-ci, j'aurais besoin d'un plan.

Un vrai plan.

Mais quoi ?

C'est une bombe sur le point d'exploser.

Oui, c'est vrai.

San Francisco.

C'est la pire ville dans tous les États-Unis.

- Pourquoi ? - C'est prétentieux.

Tu dis vraiment n'importe quoi.

C'est gentrifié, c'est plein de décrocheurs des écoles d'art.

J'trouve que c'est une belle ville.

Quand t'as des enfants y a l'océan, y a les montagnes.

Tu veux des enfants ?

Je sais pas, peut-être.

Ouais cool, je comprends et toi t'en veux ?

- Des enfants ? - Ouais.

Ah, j'veux dire, j'déteste pas les enfants, mais...

Attends... j'déteste les enfants !

J'déteste les enfants, j'les déteste.

J'veux dire, en même temps, j'aime bien...

les enfants d'Europe de l'Est.

Oh mon Dieu, quoi ?

C'est des enfants très silencieux.

Oui, ils sont traumatisés, ils travaillent très dur, j'pense.

Quoi, à cause de l'exposition au soleil ?

Bah, j'veux dire.

En théorie,

mon plan était assez simple.

En ajoutant du soufre et du chlorure de potassium

à un bain d'arrêt photographique,

on obtient pratiquement de la dynamite.

On croirait que le pauvre Noah avait mal choisi

ses produits de nettoyage.

Ouais et là, je me suis dit...

Comme par exemple, la bouteille

qu'on trouverait sous l'évier de la cuisine.

Juste derrière le vinaigre.

Et l'ultime ingrédient serait une simple étincelle.

Et personne ne douterait jamais qu'il l'ait allumé lui-même.

Hé, où il est...

C'est quoi son nom ?

Ah, j'vais voir, j'vais voir.

Oh, non, non.

J'vais y aller.

Je l'adore, ce gars.

OK, mais c'est quoi son nom déjà ?

- Becket. - Becket.

Ouais.

Yo, Bagel, tout va bien ?

Tu m'as surpris.

Surpris à quoi ?

J'suis désolé, j'ai pas pu m'en empêcher.

- Bagel... - Je sais.

Ha, il te la fallait celle-là, hein ?

Oui, il me la fallait, elle est trop belle.

Alors...

à Bagel,

avec amour,

de la part du Basquiat Blanc.

OK, on va s'en reparler.

- Au revoir. - Au revoir.

- Buvez de l'eau. - Merci tout le monde.

- Merci d'être venu. - Au revoir !

Ça m'a fait plaisir.

Oui, moi aussi.

Si je te connaissais pas du tout...

j'dirais que t'essayes de me voir seule.

C'est parfois scandaleux comment les choses se passent.

J'veux dire, on tombe amoureux et son p'tit ami meurt

dans une explosion.

Autant appeler la police moi-même, mais...

j'pouvais plus reculer.

Environ huit minutes plus tard, ben...

C'est quoi les fleurs pour les condoléances ?

J'avais vraiment envie

qu'on reprenne là où on s'était arrêtés, mais...

j'devais lui laisser du temps.

Précipiter les choses n'aurait pas été très gentleman

de ma part vu la situation.

Elle avait sûrement besoin de temps pour se remettre et...

Oh, merde.

- Bonjour. - Bonjour.

Vous êtes Becket ?

Oui.

Je suis l'agente Pinfield du FBI

et voici mon partenaire, l'agent Matthews.

Bonjour.

Comment allez-vous ?

Bien.

Vous êtes un des héritiers de la fortune, c'est ça ?

Celle des Redfellow, c'est ça ?

Non.

En tout cas, pas que je sache.

Vous étiez pas au courant ?

Ben ma mère a...

elle a grandi parmi les Redfellow,

jusqu'à ce qu'ils se brouillent.

Mais vous étiez aux funérailles.

J'suis un ami de Noah.

Ou plutôt, j'étais.

Seigneur, ouais, j'étais un ami de Noah.

Vous n'êtes pas censé hériter de quoi que ce soit ?

Écoutez, je travaille de 9 à 5 comme vous, alors...

Si j'savais que j'allais hériter de...

de quoi, 10 milliards de dollars ?

Je pense que je changerais mes horaires.

Moi aussi.

Mais est-ce que je peux vous demander,

de quoi il est question ?

Bien sûr...

quand deux membres d'une même famille décèdent coup sur coup,

le FBI doit suivre un protocole.

OK.

Vous savez ce qu'on dit,

vaut toujours mieux être le pire fils de pute du quartier.

Ben aujourd'hui on a la chance de célébrer le succès

d'un jeune homme qui a fait son chemin grâce à sa gentillesse.

Il a commencé au courrier y a dix mois.

J'pense que certains d'entre vous l'avez

fait chier d'ailleurs.

Heureusement, je nommerai personne, hein, Johan ?

Sérieusement, on aime tous quand un bon gars

fait un peu de progrès.

Mais j'ai assez parlé, notre cher Becket a déjà un client,

alors au travail tout le monde !

Vous pouvez emporter vos verres avec vous,

je le dirai pas au patron, promis.

Dis-moi une chose.

Il pense vraiment que t'es arrivé là en travaillant dur ?

T'es son neveu, pour l'amour du ciel.

J't'inviterais bien à rester, mais j'ai un client.

C'est moi, ta cliente.

J'ai besoin d'un prêt.

Tu sais que mon mari a hérité de la société de courtage

de son père, mais...

il a pas hérité de son talent pour gérer

une société de courtage.

Je savais pas à quel point les affaires allaient mal,

parce qu'il m'en parlait pas, donc...

là j'suis ici et,

j'lui en parlerai pas.

Tu sais que c'est pas une banque, hein ?

Tu pourrais faire une exception pour moi ?

T'as besoin de combien ?

Pas une fortune.

Mais juste assez.

Ben j'ai, j'ai quelques contacts,

j'peux voir ce que je pourrais faire.

- Oh, Seigneur ! - ... vérifier ton crédit.

Ça sonne tellement officiel.

Tu pensais à quoi, au juste ?

Je sais pas.

Je pensais à un truc sous la table.

Julia.

Mais j'viens juste...

J'adore ton bureau en passant.

Ce sont mes clés.

Écoute, on devrait se reparler et à ta place,

j'attendrais pas trop.

L'occasion de régler ça en douce pourrait te passer sous le nez.

Une dernière chose, t'as appris pour les Redfellow ?

Appris quoi ?

Taylor, Noah...

Qui sera le prochain ?

Si j'étais toi, j'serais nerveux.

J'vais attendre de tes nouvelles.

D'ici là, je suis sûre que tu vas faire un malheur.

C'était probablement rien.

De toute façon, mes meurtres jusque-là manquaient

cruellement de style et de méthode.

Il fallait que je fasse plus attention.

- Hé, Ethan. - Oui, monsieur ?

Question bizarre, es-tu un 40 régulier ?

Si j'suis quoi ?

Oui, oui, oui, oui, oui !

Oh mon Dieu, y a du monde, hein ?

Le prochain Redfellow

sur la liste était un véritable cas à part.

Je veux dire, ils avaient tous des personnalités extrêmes,

mais un seul était parvenu à construire

quelque chose comme ça.

Peu importe ce que cette chose était.

Est-ce qu'il interfère avec votre volonté ?

Non !

Non, est-ce que le grand

fait tout le travail pour vous ?

Non !

Non, c'est à vous de le faire.

Pas vrai ?

Pourquoi, parce que c'est comme ça qu'Il vous a créés.

Deux morts,

c'était une coïncidence.

Trois ?

Ça devenait un modèle.

Mais Steven Redfellow ne manquait pas d'ennemis.

Le gars avait été inculpé dans deux pays

pour blanchiment d'argent.

Et c'est sans mentionner le procès que lui avait intenté

son ancien administrateur.

On a tous des choix à faire.

Donc si Steven finissait

dans une benne à ordures quelque part,

peut-être que ce serait la volonté du Bon Dieu.

Il commence à me faire chier.

Écoute, si quelqu'un t'appelle pas pendant 3 jours,

c'est que t'es pas sa priorité, OK ?

Non.

Non, ils se foutent de nous, Jason.

Oh, oui, une seconde.

C'est comme ça dans l'immobilier, Jason.

Bon, écoute, je dois raccrocher, je te rappelle plus tard, OK ?

Va en paix.

Je me sens tellement plein d'énergie

les premiers dimanches !

Ha, ha ! Je t'en prie.

Ben Johnson, du magazine Chrétiens du Midwest.

Oh ça va, je sais qui tu es, allez, assieds-toi.

Je suis désolé qu'on n'ait pas pu se parler le mois dernier,

j'étais en Corée, on ouvre une église là-bas, donc,

- c'est très excitant. - En Corée ?

C'est un endroit magique, c'est un peuple magique !

Leurs lois fiscales sont compliquées, alors...

J'pense que nos lecteurs veulent mieux connaître

l'homme derrière le mouvement.

Ben allons-y !

Allons-y.

Vous voulez me parler des photos ?

Bien sûr, ouais.

Vous pouvez parler de celle-là, d'abord ?

OK.

Bah, ça c'est moi avec le président arménien.

Ça c'est avec le président du Panama.

J'ai eu la chance de me faire de bons amis, au fil des ans,

grâce à l'Église.

Ça c'est moi avec El Chapo, c'est un gars super intéressant,

quand on arrive à, je sais pas, à lui parler réellement, disons.

Ouais, bon, la presse m'a descendu en flammes pour ça,

je sais pas si tu le savais, mais...

Je viens d'une famille, d'une famille plutôt connue.

Ce qui fait que les gens essaient toujours

de me faire tomber, de me sortir du jeu.

Je me dis toujours que c'est rien du tout comparé

à ce que mon ami J.C. a dû subir, genre,

me détestez pas parce que mon père est important

ou j'sais pas.

- Amen. - T'as tout compris.

Tu sais qui d'autre a compris ça ?

Le maire de Kyoto.

Dieu m'a convaincu d'y ouvrir une église là aussi.

Il m'a offert ça.

Regardez ça !

Tiens, touche.

Touche la pointe, touche comme elle est pointue.

Vas-y, faut que tu touches.

- OK. - Ça va, touches-y.

- Ow, wouah, ouch ! - C'est tranchant hein ?

Ouais, c'est tranchant comme un rasoir, hein ?

C'est très tranchant.

Si je voulais, je pourrais te raser à partir d'ici.

Je me suis rasé ce matin, donc.

Je sais que c'est toi.

Je l'ai su même avant que tu passes la porte,

Ben Johnson a pris sa retraite il y a 8 mois, donc.

Les autres victimes étaient peut-être trop stupides

pour faire le rapprochement, mais pas moi.

Tu sortiras pas d'ici avant d'avoir tout avoué.

Avoué, quoi ?

Vas-y, je veux l'entendre de ta bouche.

- Vous voulez quoi ? - La vérité.

Allez, il est temps que tu te libères.

Écoutez, je pense que vous me confondez

- avec quelqu'un d'autre. - J'suis au courant de tout !

Tiens !

Qu'est-ce que vous voulez, qu'est-ce que vous voulez ?

- Avoue-le ! - OK, OK.

Allez, laisse sortir la vérité !

Je veux que tu craches le morceau !

OK, c'est vrai j'ai menti, j'ai menti,

- j'suis pas Ben Johnson. - T'es pas Ben Johnson ?

Alors qui es-tu, qui es-tu ?

Je m'appelle Becket, je suis ton cousin !

Qu'est-ce que tu viens de dire ?

Que j'suis ton...

J'suis ton cousin.

T'es pas du Washington Post ?

T'es pas journaliste d'enquête, c'est pas toi ?

Quoi ?

OK, euh...

Ça c'est, c'est très gênant.

J'deviens tellement paranoïaque avec ce travail-là, tu sais.

Oh mais j'aurais dû savoir qu'on est cousins.

C'est comme se regarder dans un miroir.

C'est une saveur bizarre.

Saviez-vous que les alcaloïdes

tropaniques sont un ingrédient actif de la plupart

des compléments préentraînement ?

Une surdose peut même provoquer un infarctus très grave.

Et par surdose, je parle d'environ, 1 500 mg.

Et la dernière chose que l'Église voulait,

c'était une enquête.

J'suis sûr que vous comprenez ça.

En tout cas.

Enfin.

Je m'approchais du but.

Pas vrai ?

Promets-moi...

que tu n'abandonneras pas...

avant d'avoir la vie que tu mérites.

Peux-tu garder un secret ?

Étonnamment bien en fait.

J'avais prévu d'rompre avec lui ce week-end-là.

Et là il est mort et je sais que je suis censée m'sentir genre...

dévastée, mais, je ressens pas...

Tu ressens...

pas vraiment c'que t'es censée ressentir ?

Est-ce que ça fait de moi quelqu'un d'horrible ?

Non.

Ça fait de toi quelqu'un d'honnête.

Je pense que je vais quand même aller en enfer.

Ben, tu parles à un gars qui travaille à Wall Street.

Toi, c'est sûr que tu vas aller en enfer.

Tu veux qu'on soupe ensemble cette semaine ?

Oui.

Mon bureau peut nous réserver une table

au Modern, c'est au centre-ville.

J'y suis jamais allé, mais il paraît que c'est super.

Ouais.

Ou on peut faire ça simple et cuisiner qu'que chose ?

Ouais, simple,

J'aime ça simple.

Je sais.

Dramatique, hein ?

Qu'est-ce que tu fais là ?

Toi, qu'est-ce que tu fais ?

On avait un accord.

Premièrement, comment t'es rentrée dans mon appartement ?

J'ai pris la clé directement sous tes yeux.

Ouais, j'me souviens.

Deux appels, deux courriels et pas de réponse ?

J'ai été occupé.

Occupé par quoi ?

Par des occupations.

C'est-à-dire ?

Allez.

Depuis combien de temps on se connaît ?

Un bon bout de temps.

Tu devrais pouvoir tout me dire.

Je commence.

On n'a plus un sou.

Mon mari m'a menti pendant des années

et c'est le pire des lâches.

À ton tour.

J'ai rien à te dire du tout.

Je te jugerai pas.

À propos de quoi ?

Ce serait dommage que les choses se corsent entre nous.

J'aime pas quand c'est corsé.

J'préfère la douceur.

- Oh mon Dieu Julia, j'suis... - Quoi ?

- Il faut que tu partes. - Tu te fous de ma gueule ?

- J'suis désolé, j'suis désolé. - C'est quoi ton problème ?

J'suis désolé.

Faut que tu t'en ailles.

Salut !

Salut.

C'est un vrai désastre culinaire là-dedans.

Oh non.

Est-ce que tout va bien ou ?

Euh, tu veux qu'on sorte manger ?

Oui, bien sûr.

Génial.

Je les adore mes étudiants, mais parfois...

Parle-moi d'eux.

Ils veulent tous être millionnaires, mais aucun d'eux

ne veut d'un vrai travail.

On a tous besoin de rêver, non ?

Oui, je comprends, mais...

Merci.

Merci.

J'veux dire, je pense que...

c'est bien d'en vouloir plus.

OK.

Une arme sur la tempe.

Qu'est-ce que tu ferais avec un milliard de dollars ?

Pourquoi j'ai une arme sur la tempe ?

Réponds à la question.

Ne me braque pas tes baguettes en plein visage.

Réponds à la question.

Je sais pas.

J't'emmènerais dans un meilleur resto.

Travailler dans la mode, c'était mon rêve

depuis toujours, tu vois ?

Je voyais rien d'autre que ça.

Et maintenant, la seule chose à laquelle je pense,

c'est le temps que j'ai perdu.

On devrait pas...

courir après ce qu'on veut ?

Le truc, c'est que je pense qu'en fait,

j'l'ai toujours su.

Su quoi ?

Que ça me plaisait pas.

Que je serais peut-être plus heureuse

en faisant moins d'argent

et en ayant un jardin de cactus.

Ça fait peur de rêver si petit.

On nous enseigne pas à faire ça.

Désolé, je ne veux pas vous interrompre, mais...

vous veniez de rencontrer quelqu'un,

vous aviez une carrière.

Vous n'en n'aviez pas suffisamment ?

Suffisamment de quoi ?

Écoutez.

Je me rendais bien compte

que oui, j'avais un bon emploi, j'étais en couple,

p't'être que je devais mettre sur pause

le massacre systématique de toute ma famille.

Réservation au Manilla, vendredi ?

Vendredi, c'est un rendez-vous.

Je réserve, oublie pas.

Becket, c'est encore moi

et tu me réponds pas, encore.

Si tu continues de m'ignorer,

quelque chose de grave pourrait arriver, muchacho.

Mais comment

je pouvais abandonner ?

J'veux dire pas un seul de mes meurtres

avait été considéré comme tel.

Est-ce que j'étais si bon que ça ?

Peut-être que oui, en fin de compte.

Naturellement à ce stade-là,

la famille avait compris que quelque chose clochait.

Prenez ma tante Cassandra.

Elle était devenue célèbre pour avoir adopté genre, 11 enfants

dans 11 pays différents et on parlait 11 langues différentes

chez elle.

Je suis au téléphone, vous savez ce que c'est non ?

Vous le voyez mon téléphone, ou est-ce que je vais devoir

me le faire tatouer en plein front ?

Elle avait appris pour les décès

dans sa famille et avait fait installer un système de sécurité

laser dans ses quatre résidences.

Mais il n'y avait aucun système de sécurité au spa.

Les bienfaits du désert, où elle passait ses mardis après-midi.

Désolé de vous déranger, on offre gratuitement

le blanchiment des dents jusqu'à 17 heures si ça vous intéresse.

J'ai aussi de la documentation sur le processus,

à titre informatif, si jamais...

J'suis pas venue ici pour lire.

Bonne détente.

L'ingrédient spécial,

c'était le peroxyde de carbamide.

Tellement proche de l'agent acide présent

dans les produits de blanchiment des dents,

que la police a pensé qu'elle avait acheté un lot générique

durant son dernier voyage d'adoption au Cambodge.

Ça me brûle.

Puis y a eu mon oncle McArthur.

Monsieur, y a un vent d'environ 30 nœuds

qui vient du nord-nord-ouest, faudra en tenir compte.

Merci, mais j'pense que j'arriverai à gérer

un peu de vent, mon gars.

Cet homme possédait la moitié

du Musée national de l'Air et de l'Espace.

Et pendant que nous, on planifiait un voyage à Key West,

lui, il planifiait un voyage sur la lune.

McArthur, que répondez-vous aux critiques qui vous voient

dépenser 50 millions de dollars pour aller dans l'espace,

quand la moitié de vos employés n'a pas d'assurances ?

50 ? Plutôt 90.

Écoutez, si j'pouvais aller sur la lune pour moins cher,

je le ferais.

Mais c'est incroyablement cher.

- Le plein est fait ? - Oui, monsieur.

- L'inspection ? - Oui, monsieur.

Où est mon café d'ailleurs ?

Ici, monsieur.

C'est parti.

Tout ce qu'il m'a fallu,

c'est un laissez-passer plastifié

et une chemise de chez Costco.

Charlie 17,

vous volez vraiment bas.

Terminé.

1 500 pieds carrés, trois chambres, un concierge.

Vous avez déjà eu un concierge ?

J'avais à peine une porte.

Ça change une vie, laissez-moi vous le dire.

C'est un marbre magnifique, qui vient tout droit d'Italie.

Et c'que vous voyez par la fenêtre,

c'est c'qui explique le prix.

Tu voudrais vivre ici ?

Avec moi ?

Je sais que c'est un peu rapide, mais...

j'aimerais vraiment que tu habites ici.

J'adorerais ça, en fait,

pour être honnête.

Ouais, moi aussi j'adorerais ça.

Je sais que c'est plutôt cher, mais Warren a dit

qu'il me ferait un prêt et le quartier prend d'la valeur.

Tu me plaisais quand tu vivais à Newark et tu prenais le bus.

Tu le sais ça, hein ?

Quoi ?

Non, rien.

En passant.

Je peux vous virer, à tout moment,

mais j'le ferai pas, donc...

je con... je continue mon histoire.

D'ailleurs, où est-ce que j'en étais déjà ?

J'me souviens plus.

Ah oui, je parlais du patron de la Saint-Lawrence.

J'lui ai juré qu'on allait tout faire...

En ce qui a trait

au prochain Redfellow,

vous devinez probablement qui c'était.

Mais à ce moment-là, j'pouvais plus imaginer lever

le petit doigt contre mon oncle.

Et encore moins, lui faire du mal.

Et, à ce moment-là, les choses allaient plutôt bien.

Le travail, la vie en général.

Vous étiez heureux, sans la fortune et sans l'héritage.

Eh ben, p't'être que vous avez raison.

P't'être que j'étais heureux,

suffisamment heureux.

JOIGNEZ-VOUS À NOUS POUR CÉLÉBRER LES FIANÇAILLES DE Becket et Ruth

Mais j'imagine que j'avais

des choses plus importantes en tête.

Ma mère va vouloir du Zinfandel.

Je pense vraiment qu'on a fait le bon choix.

Organiser nos fiançailles à la maison, ça me semble bien mieux

que dans un bar ou j'sais pas.

Je suis totalement d'accord.

Je pense souvent à ta famille.

À tout ce qui leur est arrivé.

OK.

Genre, je dirais pas que ça m'obsède, mais...

tu crois pas que c'est...

Je fais pas partie de cette famille-là.

Tout ce qui leur arrive n'a rien à voir avec nous.

D'ailleurs, c'est probablement terminé.

Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

Je sais pas.

J'dis ça comme ça.

Excusez-moi.

Monsieur Redfellow !

Becket Redfellow !

Comment ça va aujourd'hui ?

Vous avez un joli bureau.

Je l'aime bien.

Juste pour être sûre de bien comprendre,

vous avez dit que vous n'êtes pas un héritier Redfellow,

c'est bien ça ?

Pas à ma connaissance.

Eh bien, on a fait de petites recherches et...

Félicitations.

C'est juste un peu.

- J'en avais aucune idée. - Mhm.

Pourriez-vous répondre à quelques questions ?

Ouais, euh, désolé, j'en avais vraiment aucune idée, c'est...

Personne ne dit le contraire.

Pouvez-vous nous dire où vous étiez

l'après-midi du 10 avril ?

C'était un dimanche.

Avril.

10 avril, OK, j'ai trouvé.

C'est pas vrai, bon sang.

Lui, il se souvient où et quand il a acheté un hot-dog ?

Est-ce que c'est vraiment lui ?

Je sais pas.

T'arrives à voir quelque chose ?

J'vois rien du tout.

Moi non plus.

D'accord, suivons-le.

Rothman va tomber.

Bellman va y passer aussi, et ce, d'une minute à l'autre,

j'vous le garantis.

Je propose qu'on se débarrasse de tout ce qu'on peut,

avant que les marchés s'en aperçoivent.

On aura qu'à dire qu'on y a été forcé, c'qui est vrai.

Non.

J'ai passé 35 ans à gagner la confiance

de ces actionnaires-là.

Je vais pas détruire tout ça en un après-midi.

Salut.

Ouf, merde.

Quoi ?

Bon sang !

- Becket ! - Appelez une ambulance !

Le docteur Friedman

est demandé aux urgences,

le docteur Friedman aux urgences, merci.

Passe-moi le verre, veux-tu ?

Écoute là, je vais pas mâcher mes mots.

Tu veux suivre le lapin dans son terrier ?

OK, le lapin de l'argent.

Tout le monde aime la chasse.

Et t'es un bon chasseur.

Mais regarde-moi,

j'ai 61 ans...

t'es le seul visiteur que j'ai eu de toute la journée.

Tu dois trouver la bonne personne pour toi, Becket.

Qui que ce soit.

Et efforce-toi de l'aimer.

J'veux dire, mets-y les efforts.

OK ?

Parce qu'au bout du compte,

c'est le seul travail qui paie.

C'est au beau milieu de ce drame

que j'ai réalisé une vérité ironique.

Il n'en restait plus qu'un seul.

Tu peux t'en débarrasser ou faire ce que tu veux.

Mais pas ici.

Pas sous mon toit.

Mais, j'pense que tu sais que je changerai pas d'avis.

J'suis un homme de parole.

Un dernier.

Mais à quoi ça me servait de fantasmer ?

J'avais mis tout ça derrière moi.

Hé, Becket.

J'ai une lettre pour toi.

- Merci, Brian. - De rien.

- Salut. - Il m'a invité.

Quoi ?

Mon grand-père.

À une soirée à son domaine.

Allô ?

Euh, c'est juste que je pensais que t'avais dit

que tu ferais jamais ça.

Que je ferais jamais quoi ?

Que tu le rencontrerais jamais.

- C'est quand ? - Ce soir.

- C'est vendredi. - Je sais.

Vendredi.

Oh merde !

Ruth, c'est peut-être la seule chance que j'aurai.

Il voit jamais personne,

C'est peut-être la seule chance que t'auras.

Bah ouais.

Bon, OK c'est bon, mais assure-toi de rentrer

avant 19 heures, sinon tu vas rater ta propre soirée

de fiançailles.

Oui, bien sûr.

Bien sûr, oui.

OK, je t'aime, en passant.

J'vais devoir te rappeler.

Livraison pour monsieur Redfellow.

Oublie pas de respirer, c'est très important.

Taylor s'est noyé.

Il était à Princeton grâce à une bourse de natation

et il s'est noyé.

C'est là que j'ai commencé à me poser des questions.

Alors j'ai demandé à un ami de te suivre.

Elles sont bonnes, non ?

Je suis très heureuse qu'elles soient en noir et blanc.

Qu'est-ce que tu veux ?

Achève-les.

Le FBI enquête sur moi, tu sais.

Et pourtant t'es devant moi.

On dirait presque que, je sais pas, qu'ils ont pas de preuves.

Ce qui est vraiment fou.

En tout cas, je vais avoir besoin d'un premier versement.

Un quoi ?

300 000 avant 17 heures.

Merde.

J'en ai assez de me faire chier.

C'est, j'arrive pas à le croire.

T'as encore un chéquier d'entreprise, non ?

T'as encore accès aux comptes ?

Apporte le chèque à mon mari.

Il est dans son bureau à HobOKen,

il t'attend sagement comme un petit chiot.

T'as 30 minutes.

À 17 heures, elle va recevoir une enveloppe

comme celle que je t'ai donnée.

Non mais de qui tu parles ?

Je parle de ta petite amie, Becket.

L'école Cardozo à Bayside, dans le Queens, c'est ça ?

Elle risque d'avoir tout un choc.

Peut-être que tu vas pas me croire,

mais j'espérais qu'on puisse s'arranger autrement.

Un truc plus amusant.

Mais t'as tout gâché, Becket.

- Brian. - Oui ?

Appelle Fritzer à Vienne, on va vendre P et G,

dis-lui de fixer son prix.

L'appeler ? J'ai le droit de faire ça ?

Fais-le.

C'est tout.

Je l'ai devant moi.

Oui madame.

Direction nord sur Hanover, au nord de Hanover.

Monsieur !

Excusez-moi, Monsieur.

Monsieur ?

Il n'est pas ici, OK, je sais pas...

C'est elle ?

Donne-moi ça.

Je suis là.

J'ai ton chèque, espèce de sociopathe manipulatrice !

Nom de Dieu, Becket, ça aurait pu être n'importe qui.

Annule tout.

Bah, signe d'abord le chèque, d'accord.

Souris, Lyle.

T'es sur le point de faire beaucoup d'argent.

Tu te fous de moi, je vais pas toucher un seul sou.

Elle va tout encaisser et partir.

De toute façon, c'est pas moi qu'elle veut.

Toi, tu as réussi vraiment bien dans la vie, hein ?

Pour, pour un petit bâtard,

pour un petit bâtard de Newark.

J'avais déjà commis une fraude

et une agression,

alors tant pis, merde.

Nous descendons.

- Félicitations. - Merci.

Salut !

Comment tu vas ?

Merci d'être venu !

À cause de la tempête, j'ai décidé d'annuler

les festivités de ce soir,

mais j'pouvais pas annuler ta venue.

Whitelaw.

Becket.

J'espère que t'es affamé.

Donc, tu t'es hissé dans les hautes sphères de la finance,

à ce que je vois.

Je fais de mon mieux.

J'ai compris que t'as fait pas mal de chemin.

T'as dû y mettre pas mal d'heures.

T'as dû te salir beaucoup les mains, non ?

Je comprends pas.

J't'en prie.

D'un professionnel à un autre.

T'as bien dû casser quelques jambes

pour éliminer une partie de la concurrence, non ?

Deux ou trois, peut-être.

Est-ce que tu regrettes les choses que t'as faites ?

Parce que ce genre de vie-là,

ça convient pas à tout le monde, tu sais.

Ça rend certaines personnes fatiguées...

vieilles, seules.

Pleines de regrets.

Mais moi, j'ai compris très tôt cette vérité :

C'est que la seule chose qui nous blesse dans la vie,

c'est la voix de notre conscience,

qui nous raconte une histoire à propos, du bien et du mal,

mais que si on tourne la tête dans le bon angle, face au vent,

on peut réduire cette voix-là à un murmure.

Au bout d'un moment,

on arrive à ne plus l'entendre du tout.

En passant, c'était ma préférée.

La plus brillante de la fratrie.

Elle savait toujours ce qu'elle voulait et...

et savait se battre pour l'obtenir.

Pourquoi vous l'avez pas aidée...

quand elle en a eu besoin ?

Tu comprends de quoi je te parle, pas vrai ?

Suis-moi.

Je vais te montrer quelque chose.

Avant que Charles ne nous serve le pouding.

C'est un fusil de tranchée, qui appartenait à

ton arrière-arrière-grand-oncle,

durant la Première Guerre.

Ces fusils-là ont terrorisé les Allemands,

ils n'avaient jamais rien vu de pareil.

Tiens, vas-y, prends-le.

Tire une balle quelque part.

J'ai une meilleure idée.

Ici.

Tire juste ici.

Je ferais mieux d'y aller.

Où ça ?

À la maison.

Tu y es presque.

Dans ce cas-là,

tu ferais mieux de te dépêcher.

Merde.

Merde.

T'auras beau courir dans tous les sens,

les portes sont barricadées de l'extérieur.

Charles s'en est assuré !

Y a pas d'issues !

Vas-y, épuise-toi !

Tu viens chez-moi pour me tuer.

T'aurais dû le faire quand je t'en ai donné l'occasion.

Croyez-le ou non,

mon dernier meurtre n'était pas du tout un meurtre,

mais un acte de parfaite légitime défense.

Bon, les gars du département du shérif sont en route.

OK.

Ils vont vouloir vous parler, d'accord ?

D'accord.

Euh, il faut que, il faut que je parte,

c'est ma soirée de fiançailles.

Ça a commencé il y a une heure.

- Les fiançailles de qui ? - Les miennes.

Donc, vous n'aviez aucune relation avec votre grand-père ?

Je l'avais jamais rencontré avant ce soir.

Même pas une fois ?

Jamais.

Écoutez, je suis pas légalement obligé d'être ici.

Il faut que je parte.

Vous n'êtes pas légalement obligé,

mais je préférerais que vous restiez.

OK.

Je vais tout te raconter, chérie.

Je sais que tu m'caches quelque chose.

Tu m'caches quelque chose depuis le début.

Alors maintenant...

tu dois m'expliquer c'qui se passe,

ou je m'en vais.

Parfois dans la vie,

il faut prendre une grande inspiration et être honnête

avec la personne qu'on aime,

mais pas cette fois-ci.

Je lui ai seulement dit ce qu'elle avait vu aux nouvelles.

DERNIÈRE HEURE INFOS EN DIRECT

Mon grand-père était mort.

WHITELAW REDFELLOW EST DÉCÉDÉ UNE ENQUÊTE EST EN COURS

Et au sujet de la fortune, bah...

L'HOMICIDE SERAIT DE LA "LÉGITIME DÉFENSE"

CÉRÉMONIE D'INTRONISATION

SOCIÉTÉ DE LA RÉGENCE DE NEW YORK

La vie que je méritais,

c'était forcément ça, hein ?

Ma fiancée avait, bien sûr, quelques doutes, mais...

on pourrait gérer ça plus tard.

À ce moment-là, j'étais riche.

Et être riche, c'est encore mieux qu'on peut l'imaginer.

Vous vous souvenez quand je vous ai dit

que c'était une tragédie ?

Eh bah, ç'en est une.

Bill McNamara, ma femme.

Content d'vous rencontrer.

- Pareillement. - C'est un plaisir.

Nancy Dillard. Les Dillard.

Ça me fait plaisir.

Megan Pinfield, FBI.

Bonsoir.

Vous pouvez fermer la porte derrière vous, s'il vous plaît ?

J'voudrais pas être impoli, mais c'est le pire moment du monde.

Ouais, on vous arrête.

J'vous demande de rester calme et de coopérer.

Vous m'arrêtez ?

- Pourquoi ? - Pour meurtre.

Celui de qui ?

Lyle Archdale.

Attendez, attendez !

Qu'est-ce qu'il a fait ?

Qu'est-ce qu'il a fait ?

Ruth, je t'aime !

Vous pouvez le croire ?

Après tout ça, j'allais être condamné pour un meurtre

que j'avais pas commis.

Nous tenons à préciser

à nos auditeurs que Becket Redfellow a franchi

les frontières de l'État, raison pour laquelle son procès

se déroule devant un tribunal fédéral, où le meurtre

est toujours passible de la peine capitale

pour les citoyens.

Comme on peut le voir sur ces enregistrements,

Monsieur Redfellow a fait irruption dans le bureau

vers 17 h 30, puis il en est ressorti 4 minutes plus tard.

C'qui correspond à l'heure estimée

du décès de monsieur Archdale.

Nous avons entendu le médecin légiste,

qui estime le décès entre 17 h 06 et 17 h 15.

Et nous avons entendu le témoin oculaire présent

dans le couloir, qui a formellement identifié

monsieur Redfellow.

Monsieur, pouvez-vous confirmer qu'il s'agit bien

de l'arme du crime ?

Je, je peux confirmer que ça l'est, oui.

Et avez-vous trouvé les empreintes de l'accusé

sur l'arme du crime.

Tout à fait, oui.

À quel point êtes-vous sûr que ces empreintes digitales

- sont les siennes ? - Sûr à 100 %.

Un coupe-papier.

Ma vie foutue, à cause d'un coupe-papier.

Vous avez été la première à découvrir

le corps de votre mari, c'est bien ça ?

Oui.

Dites-moi, étiez-vous amoureuse de monsieur Redfellow,

à l'époque ?

Oui.

Et lui, était-il amoureux de vous ?

Becket Redfellow est amoureux de moi depuis toujours.

Mais j'aurais jamais cru qu'il pouvait faire

une chose pareille.

Désolée.

La défense est priée de se lever.

Par ce verdict, le jury déclare l'accusé, Becket Redfellow,

coupable de meurtre au premier degré, conformément à l'acte

d'accusation.

Celui-ci est donc condamné à la peine de mort.

Que le greffier enregistre la sentence

et que Dieu ait son âme.

Merci.

J'aimerais trouver les mots

justes pour décrire ce moment-là de mon histoire.

Cellule 15 est verrouillée.

Mais y a pas de mots justes.

Y a seulement le temps et le silence.

Yo, t'as d'la visite.

Vous avez trois minutes.

Tu dois être extrêmement populaire ici.

T'as une grosse journée qui s'en vient, hein ?

Tu te souviens du jeu auquel on jouait quand on était petits ?

J'avais un secret et...

toi, t'essayais de deviner c'que c'était.

Si t'as quelque chose à dire, dis-le.

OK, j'vais te donner un indice.

Ça concerne la calligraphie.

T'es folle.

T'es qu'un bout de charbon avec du gloss.

J'aimerais mieux mourir ici qu'être avec toi.

Un autre indice alors.

Lyle,

quand je l'ai trouvé par terre...

j'ai aussi trouvé autre chose.

Un truc vraiment bien écrit, d'ailleurs.

C'est pourquoi les uniformes blancs,

vous jouez aux docteurs là-dedans, les garçons ?

Lyle a laissé une lettre ?

C'est ça que tu me dis, Lyle a laissé une lettre ?

- S'il a écrit une lettre... - Tu sais,

j'pense qu'en fait, j'devrais m'en aller.

Pour l'amour de Dieu, Julia, tu dois la montrer à la police !

Oh, là, tu veux qu'on parle.

Qu'est-ce que tu veux ?

Qu'est-ce que tu veux ?

Becket, qu'est-ce que t'aurais de bon à m'offrir ?

Non, non !

Reviens !

Non, non, stop !

Il me reste 30 secondes !

Il t'en reste 25.

Assieds-toi !

Julia.

Julia, reviens, s'il te plaît, s'il te plaît !

OK.

Qu'est-ce que tu veux ?

J'ai besoin d'un peu de temps.

Je vais mourir dans 24 heures,

tu veux pas que ça m'arrive.

Je sais que tu veux pas que ça m'arrive.

Donne-moi tout.

Cède-moi ta fortune.

Une dernière volonté ?

Voir un prêtre ?

Ça, c'était y a quelques heures.

Et, si vous êtes curieux de savoir

pourquoi j'étais si calme,

si sûr de moi pour un homme sur le point d'être exécuté,

c'est parce que je pensais que Julia

allait peut-être...

tenir parole en fin de compte.

Je me demande si elle va venir.

Le Seigneur est mon berger.

Je ne manquerai de rien.

Il me fait reposer dans de verts pâturages.

Il me conduit près des eaux paisibles.

Il restaure mon âme.

Il me conduit dans les sentiers de la justice,

pour l'amour de Lui.

Oui, quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,

je ne crains aucun mal.

Seigneur, Tu es avec moi.

Ta houlette et ton bâton me rassurent.

Redfellow.

Tu croiras jamais ce qui t'arrive.

Un homme aura donc la vie sauve,

grâce au travail exceptionnel de nos collègues.

Je les remercie.

Ouvrez la 15.

Redfellow.

T'es venue ?

OK.

J'vous ai dit

que c'était une tragédie,

sauf que c'est pas la mienne.

J'pense que c'est la vôtre.

Avec toutes vos valeurs et vos espoirs profondément ancrés,

vous pensiez que ça se terminerait autrement,

et dans un univers parfait, ça aurait été le cas.

Un jour, quelqu'un m'a dit que la seule chose qui puisse

nous blesser dans la vie,

c'est la voix de notre conscience

qui nous raconte une histoire à propos du bien et du mal,

mais que si on tourne la tête dans le bon angle, face au vent,

on peut réduire cette voix-là jusqu'à ce

qu'elle ne soit plus qu'un murmure,

et qu'au bout d'un moment,

on peut même arriver à ne plus l'entendre du tout.

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