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Original subtitles

Vous n 'avez pas vu, Marine ? Non, on ne l 'a pas vue.

Mon Dieu, mais pourquoi elle a disparu ? Mais non, laissez -la !

Arrête

! Elle nous fait tourner la tête.

Et les hommes, ça ne sert à rien, ça, ma puce.

À nous faire tourner la tête.

Ah ben, c 'est mal.

Vous voyez, Didier, qu 'on peut s 'amuser avec Marine.

Arrête, maman.

Ton gendre aurait tellement voulu avoir un garçon. Ah bon ? Encore aujourd 'hui

? Il y a des moments où je me sens un peu seul au milieu de toutes ces femmes.

Mais ce n 'est pas trop tard.

Oui, mais il ne suffit pas de les faire, il faut aussi les élever.

C 'est Laurent que j 'aurais dû épouser. C 'est vrai.

Il serait un père extraordinaire.

T 'as l 'intention de me brûler.

Non, je fais les anges, maman.

Dépêche -toi de découper le gigot au lieu de faire le gigot. Mais non,

enfin.

C 'est tout ça, on va s 'en occuper.

Allez au jardin avec les autres.

Vous êtes des anges.

C 'est vrai qu 'on a des anges, hein, mon Lolo ? Comme des anges, on sait pas

très bien quel est notre sexe.

Tu vas arrêter de dire des conneries, ça m 'invite.

Fic, ton oncle nous a vus.

Elle a l 'air drôlement bien, cette Carole. Elle a du caractère.

Elle va le secouer un petit peu, ton fils.

Depuis quand ils se connaissent ? Depuis septembre, enfin, depuis la rentrée.

C 'est une fille très indépendante.

Ses parents sont fonctionnaires à l 'étranger et elle est rentrée en France

après son bac.

Je suis contente pour vous.

On avait peur que Laurent n 'amène jamais de fille, lui aussi.

Mais il n 'a jamais fait comme les autres. C 'est comme cette histoire de

à l 'école.

On ne te plaint pas, jardinier, c 'est déjà un métier.

Tout aussi bien que pharmacien.

Ils ont l 'air les plantes, nous, de sonner les gens.

J 'ai peur d 'un avenir. Impossible de remettre la main sur le gigot, alors je

'ai remplacé par le chat des voisins.

Et avec ça, les fleurs du salon.

Les fleurs du salon.

Les fleurs du salon.

Je vais le faire.

Je croyais que c 'était une femme émancipée.

Et toi, tu t 'amuses de jouer au fit parfait ? C 'est très bien que nous l

'avions préféré.

Surtout dans une famille aussi parfaite.

Regarde -les.

Des tueurs parfaits dans un monde parfait.

Impossible de savoir où ils ont planqué le cadavre.

Laurent, file -toi plus.

Ah oui, t 'as raison, taisons -nous.

Après tout, c 'est parce qu 'il a pas su se taire que Marc est mort.

Arrête, c 'est pas vrai.

On peut pas dire que c 'est en le foutant à la porte qu 'ils l 'ont aidé.

Mets -toi un peu à la place de nos parents.

Ah non, merci.

C 'est trop dégueulasse.

C 'est ça.

Famille, je vous hais.

Ben non, même pas.

Pourtant, ce serait tellement plus simple de plus les voir.

Elle va chez Richard le psy.

C 'est moi qui l 'ai poussé à y aller depuis la mort de Marc. Je ne la

comprenais plus.

Au départ, c 'était elle qui ne voulait plus voir Marc. Et puis après, elle me l

'a reproché en disant que c 'était pour me faire plaisir.

Avec Jeanne, on s 'est souvent demandé ce qu 'on aurait fait à votre place.

Tu vois, c 'est con. Je suis quand même kiné.

L 'idée que deux hommes puissent se toucher, se tripoter comme ça, je ne

pas.

Putain, ça me dégoûte.

Viens voir.

Et que ton propre fils fasse ça.

Quand ça t 'arrive, c 'est plus ton fils.

Carole, je voudrais te dire une chose.

J 'avais 38 ans quand j 'ai eu enfin la chance d 'être enceinte.

C 'était presque un miracle.

C 'est un bonheur permanent avec Laurent.

Je pense que c 'est bien d 'avoir des enfants plus jeunes.

Pourquoi vous me dites ça ?

Je sais que Laurent aime beaucoup les enfants.

Moi aussi.

Même si vous êtes encore aux études, on est là.

Je suis là.

Ne conduis pas trop vite, Carole. Une journée au grand air, ça fatigue.

J 'ai oublié de lui le savon. Vous en avez encore ? Oui, oui, j 'ai adverti.

Comment ça va, mon bébé ? Ça va, de toute façon, je te pars doubler, donc c

qui qui tout double.

Laurent, tu sais bien que je suis un diplôme.

Depuis que son cousin est mort, je crois que Laurent nous en veut un peu.

Qu 'est -ce qu 'il voulait qu 'on fasse ? Pas de marque avec nous ?

Tu l 'as entendu, mon vieux ? Ça lui écorcherait la gueule de dire lycée

agricole. Pour lui, c 'est trop la honte que le fils du pharmacien devienne un

paysan. T 'exagères pas un peu, là.

C 'est toi qui espères que ça l 'emmerde.

Lui, il veut juste que son fils ait un diplôme. Non, je te jure, tu le connais

pas. Il s 'occupe trop de ce que peuvent penser les gens.

C 'est comme mon oncle, là, avec un commerce aujourd 'hui... Aujourd 'hui,

peut pas se permettre !

Paris,

t 'en le fais en deux heures ? Si.

Si mon père était pharmacien, je te jure que je serais pas là à vider les

poubelles. C 'est le prix de mon indépendance, ma vieille. C 'est surtout

prix de ton silence.

Je veux pas au futur orphelin, Lolo.

Tes parents sont pas cons.

S 'ils savaient pour toi, ils foutraient pas à la porte.

Pas si sûr.

Voir quoi ? Viens ! Ah non, me fais pas chier avec tes bustiers, là. Mais non,

regarde.

Regarde les draps que ta mère nous a offerts. Ah, ils sont pas mal.

Maintenant, tu vois, c 'est obligé.

On doit plus seulement dormir ensemble, on doit coucher ensemble.

C 'est bon.

Moi, j 'ai une autre solution.

On va les couper en deux, c 'est droit.

Oui, enfin, tu compteras pas sur moi pour tes ourlets.

Je t 'ai déjà demandé de faire mes ourlets.

Ça m 'emmerde que ta mère ait donné ses draps.

Bah pourquoi ? De toute façon, elle s 'est persuadée qu 'on était ensemble,

alors. Oui, bah on n 'est pas ensemble.

Et elle, elle ne t 'est pas.

Ouais, mais t 'as su le faire.

Oh.

Carole.

Ça te plairait pas de coucher avec une femme ? Bof.

Bah voilà.

Moi, c 'est pareil.

Et pourtant, c 'est pas faute d 'avoir essayé.

De toute façon, maintenant, avec toi, c 'est trop tard. T 'es comme ma sœur,

alors.

Allô ? Si, s 'il est là.

Oui, je vous le passe.

Ouais.

Ah, c 'est toi.

Euh, ouais.

Non, non, ok.

Pas de problème, j 'arrive.

Je ressors.

Pourquoi tu ne dis pas la vérité ? C 'est ton petit ami ? Un, j 'ai pas de

ami. Deux, j 'aimerais bien en avoir un.

Et trois, c 'est juste un copain.

Et on passe des nuits entières avec un copain ?

Eh ben ouais.

Ça peut arriver, tu vois. Tu me prends vraiment pour une conne, hein ? Je suis

pas ta mère, c 'est toujours le même qui téléphone.

C 'est Alain, le copain de Marc.

Petite tête.

Pourquoi tu l 'as pas dit plus tôt ? Tu vois, c 'est ça qui est chiant avec toi,

tu veux rien partager.

Je te parle pas de cul, là.

Je partage déjà ta vie, c 'est pas mal, non ? Salope !

Attends, tu crois pas que t 'es à ce début -là ? Tu t 'es venu pour me faire

morale, hein ? Je suis venu pour te voir, toi.

Je t 'ai fait ce dimanche soir.

Je t 'ai fait ce restaurant vide.

Marc, sa feuille est toujours là.

Tu savais comme il me manque.

C 'est drôle le truc de s 'aimer quelqu 'un qui est mort.

Je ne veux pas qu 'on aille ailleurs.

Oui, tu as raison, tiens.

Allons faire semblant d 'exaucer sur le regard de quelqu 'un.

C 'est un chelou, il continue à faire comme si Marc n 'avait jamais existé.

C 'est étonnant.

Quand j 'ai appelé ton nom pour lui dire que Marc n 'avait plus que quelques

jours à vivre, la seule chose qu 'il m 'a répondu, c 'est qu 'il y a une

avec le sida pour des gens comme vous.

Je n 'ai même pas eu le temps de lui dire que Marc avait une hépatite, que ça

'avait rien à voir.

Marc, il a déconné, il n 'aurait jamais dû leur dire qu 'il était pédé.

Pourquoi, c 'est une honte ? Excuse -moi, c 'est pas ce que je voulais dire.

C 'est vrai qu 'avec des cons pareils, ça sert à rien d 'en parler.

Qu 'est -ce qu 'il y a ? Tu vas le mettre en costard là -dedans ? C 'est le

contact de mon père, putain. Bah y 'a là où est le problème.

Bah non, j 'ai pas tellement envie qu 'il me voit là.

Attends, t 'as peur qu 'il le dise à ton père, mais si tu le dénonces, il se

dénonce aussi.

Attends, j 'ai pas ça envie, j 'aime.

De toute façon, y 'a que des pédés là -dedans.

Quinze jours à vendre des journaux.

Même le week -end de Pâques, j 'ai cru crever.

Et la pâte rhum, toujours sur mon cul, pour voir si je piquais pas dans la

caisse. Moi j 'ai rien trouvé, je suis raide. On s 'en fout, dans ce piment on

est tous ingénieurs agronomes. Ouais, et plein aux aides pour avoir inventé la

tomate qui ne pourrira jamais. Ah, voilà Carole et son chaperon.

Et son chapon, tu veux dire. Je me suis dit ça parce que tu le fais pas bander.

Alors, tu t 'intéresses au barbu maintenant ? Putain, il est canon.

Tu crois que c 'est un nouveau prof ? Salut Laurent. Salut Mathieu. Carole, je

peux te parler un instant ? Pourquoi t 'es pas venue à la fête hier soir ? Je

suis rentrée tard, j 'étais crevée.

Qu 'est -ce que je t 'ai fait ? Attends, je croyais qu 'entre toi et moi c

'était clair. Comment est -ce qu 'il faut que je te le dise ? Avec des

hiéroglyphes ? Il y a un truc qui t 'apprend encore plus vite.

C 'est que j 'adore me faire des délits.

Putain, mais c 'est pas vrai. Depuis que ce pédé vit chez toi, vous couchez

ensemble, c 'est pas possible.

T 'es vraiment trop con.

J 'ai rien à foutre avec un gros con.

Ce qu 'il faut savoir avant toute chose, c 'est l 'acidité de la terre.

Pour connaître quelles plantations sont adéquates.

Et comment on connaît l 'acidité d 'un sol ? Laurent ? On envoie les analyses

labo et ils se démerdent. Comme ça, nous, on se fait pas chier.

Nous, on se calme. Et seulement avec ton nez, tu peux me dire ce qu 'on peut

planter là.

Alors, le poète, on attend ? Vers de terre, lève ton armée de terre.

Vers la terre promise, conduis tes pères. Tu es le sel de la terre.

Et nique ta mère.

Je te signale que tes verres à toi ne feront jamais rien pousser.

Et si tu continues à te foutre de ma gueule, tu auras tout le temps de les

contempler, les verres.

De terre.

Laurence, la dernière chance.

Si tu rates encore cette année, après c 'est foutu.

Depuis un an, t 'arrêtes pas de te mettre en situation d 'échec. Tu peux me

à quoi ça sert ? Eh merde, t 'es plus un gamin. Tu veux quand même pas que je

convoque tes parents ?

Je t 'ai peut -être retrouvé un stage chez quelqu 'un qui pratique la même

spécialité que celle que tu as choisie. Je pense que ça t 'intéresse.

Parce que des stagiaires sans stage, c 'est vraiment pas ça qui manque.

C 'est pire que le service militaire.

N 'oublie pas que l 'armée est une énorme réserve d 'hommes.

Sans déconner, c 'est quoi ces horaires à la con, à 7h30 ? J 'ai pas fait Bac

plus 2 pour me mettre à vendre des salades. Si tu continues, tu vas vendre

ta vie.

Merci, c 'est encourageant.

Je t 'appelle dès que je sais quand j 'ai fini, si tu peux venir me chercher.

Si je peux, oui, peut -être.

Allez, sois gentille.

Vous êtes Laurent Moriès ? Oui, c 'est Eric Martin.

J 'espère que ce n 'est pas trop tôt pour vous.

Ah non, non, pas du tout, non.

Bon, on fait le tour du propriétaire, puis après on se met au travail.

Vous êtes venu comme ça ? Ben oui.

Vous n 'avez pas une tenue de travail ? Non, pourquoi ? Il y a des vaches à

traire ou quelque chose comme ça ? Des vaches, non, mais il y en a un peu.

Ouais. Voilà ma tanière.

Ah, bah apparemment vous attendiez pas à ça.

Vous faites quoi là ? Berman vous a rien dit ? Bah si, il m 'a dit que j 'allais

faire un stage chez un pépiniériste.

Ah oui, mais je suis pas seulement pépiniériste, je suis aussi chercheur à

'INRA.

Ah ouais ? En principe vous devriez pas... En principe je devrais me rendre

attitude pour y travailler tous les jours, mais non.

Ça se fait, ça ? La preuve.

Bon, pour l 'organisation, voilà ce que je vous propose.

Vous participez au travail du jardin, ce que je fais aussi.

Et puis ici, vous m 'assistez pour mes recherches.

Ça vous va ? J 'ai le choix ? Bien sûr que vous avez le choix.

Bon, écoutez, moi je comprends très bien que le côté paysan vous fasse chier.

Alors je vais vous mettre à l 'aise. Moi j 'ai besoin de vous pour obtenir mes

subventions et vous, vous avez besoin de moi pour obtenir votre diplôme.

Donc si tout ça vous emmerde, vous prenez deux mois de vacances et je vous

un rapport de stade correct pour l 'école.

Ça vous va ?

Pourquoi vous me parlez comme ça ? Vous avez dit quoi vers moi au juste ? Que

moins vous en faites, plus vous êtes content. Et puis qu 'en dehors de la

poésie, rien ne vous intéresse. Vous n 'avez pas de chance, moi la poésie ça me

gonfle. Et puis je n 'ai pas le temps non plus de m 'occuper des problèmes

psychologiques des étudiants.

Cédric, tu es là ? Oui, je suis là.

Tu as tout laissé ouvert, on aurait pu nous cliquer dans la caisse.

Non, non, mais laisser c 'est ma faute.

Euh, Laurent, je te présente ma mère, Emma, notre nouveau stagiaire.

Bonjour, j 'espère que tu te plairas avec nous.

Écoutez, finalement, moi, c 'est d 'accord pour les deux mois de vacances,

vous pouvez renvoyer le rapport de stage à mon école.

Au revoir, madame.

Qu 'est -ce qui s 'est passé ? Rien.

Qu 'est -ce que tu lui as dit à ce gamin ? J 'ai juste essayé de le mettre à l

'aise. Ah oui, apparemment, c 'est réussi.

Ouais.

Et maintenant ? Maintenant quoi ? Qu 'est -ce que tu vas faire pendant ces

mois de vacances forcées ? Ce que je préfère, rien.

Bon, Laurent, moi, j 'en ai marre de toi. Surtout quand tu joues au fils de

trop fier.

Ce mec, qu 'est -ce qu 'il t 'a dit, la vérité ? Et en plus, il t 'a laissé le

choix sans que ça te fasse du tort. Fils de pauvre, je suis trop fier, mais n

'importe quoi. Il m 'a pas laissé une chance, ce mec. Mais c 'est toi qui te

laisse aucune chance. Oh, écoute, lâche -moi, là.

Depuis la mort de Marc, tu mélanges tout.

Non, même avant, tiens, depuis que ses parents l 'ont foutu à la porte.

Tu crois que les tiens vont comprendre qui tu es uniquement en foutant tes

études en l 'air ? Mais ils comprendront jamais si tu leur dis pas. Jamais !

Bon, bah, alors, tu leur dis rien si tu veux, mais tu vis même sans eux. Tu vis,

bordel. Oh, bah, c 'est toi qui me dis ça, t 'es gonflé.

Mais moi, c 'est pas pareil.

Je suis malheureux parce que Marc n 'est plus là.

Et toi, parce que tu te comportes comme une victime.

Être pédé, ce n 'est pas une malédiction.

Merde, ne leur donne pas raison en te détruisant.

Et ne dois pas te mettre à tirer la gueule, en plus.

J 'aime encore mieux que tu me récites un de tes poèmes, tiens.

Pourtant, Dieu sait si ça me gonfle.

Voilà. Tous les jours, à la même heure, il faut faire le même geste. Et l

'arrosage automatique, ça n 'existe pas, là ? Ben si, ça existe, mais ça coûte

cher. Tu me suis ? Ça ne t 'embête pas si je te tutoie ? Non, non. Oh, putain.

Pardon.

Pourquoi vous m 'avez... Pourquoi tu ne m 'as pas demandé pourquoi j 'étais

revenu ? Je ne me regarde pas.

Tiens, tu peux me passer les plans sur l 'établi, s 'il te plaît ? Derrière toi.

Mais... Décidément, rien.

Pardon.

Allô ? Allô, oui, oui.

Oui, oui, c 'est bien ici.

Oui.

Je vais le lui dire, oui.

Laurent, mon père a eu un accident. Il est à l 'hôpital.

Je

vais

passer. Laurent ! Le rideau de la vitrine était encore bloqué. Il a voulu

sur un tabouret pour le réparer et il a perdu l 'équilibre.

Il est tombé avec la tête sur le trottoir.

Non, non, attendez là, je vais vous chercher.

Voilà, tout va bien, il ne nous attend même pas un traumatisme crânien.

Je suis pas encore mort.

J 'ai eu peur, putain.

Ta mère aussi.

C 'est une drôle d 'expérience.

Passer de l 'autre côté, puis revenir.

Allez.

C 'est bon, hein ?

Ça y est, l 'ambulance est là.

T 'es sûre que tu veux pas que je vienne avec toi ? Non, Georges est là.

Et tu as ton stage.

Ça va aller.

Monsieur Maurien ? Bonjour, vous allez bien ? T 'as moins de quoi demander que

ça. Oui, oui, non, ça va en fait. On attend mon père, là, qui a eu un petit

accident, mais c 'est pas très grave.

Bien. Au revoir. Au revoir.

C 'est l 'infirmière qui s 'est occupée de Marc.

C 'est ce qu 'au bout.

Laurent, Marc n 'est pas mort à cause de nous.

Vous auriez pu venir le voir.

Quand on est comme Marc, il vaut mieux le taire.

S 'il n 'avait rien dit, on n 'aurait rien su.

Et personne ne l 'aurait rejeté.

Ça va, c 'était pas un monstre.

Quand tu auras des enfants, toi aussi tu me comprendras.

J 'aime pas du tout cette tête. Allez, hop !

Et la mère, fermant le livre du devoir, s 'en allait satisfaite et très fière,

sans voir dans les yeux bleus et sous le front plein d 'éminence l 'âme de son

enfant livrée aux répugnances.

Tu fais grève ou quoi ? Non, je t 'écoute.

Tu veux passer la nuit ici ? Chef, on n 'a pas le droit à la petite pause

statique ? Allez.

Merci.

Quoi ?

Je te fais peur ? Il n 'y a que la mort qui me fait peur.

Laurent, il faut que tu m 'aides.

À quoi faire ? Je crois que ce serait mieux si on se séparait.

Je vais chercher un appart.

Avec Mathieu ? Non, Mathieu, il a quelques progrès à faire.

Non, c 'est pour moi.

C 'est parce que je préfère les mecs ? Ouais.

Excuse -moi, mais regarde -nous.

Ça n 'a aucun sens.

Il n 'y a pas que tes parents qui croient qu 'on baise ensemble.

Moi aussi, parfois, je commence à y croire.

Je n 'ai pas envie de devenir une fille à pédé qui fouille dès qu 'un mec l

'approche.

Non mais t 'as raison, j 'ai pas tellement envie que tu souffres à cause

non plus.

Je sais bien, Lolo.

T 'aimes pas faire souffrir ceux que t 'aimes.

Moi non plus, mais... J 'ai envie d 'être un peu égoïste pour une fois.

Pour faire simple, l 'idée c 'est de sélectionner des gènes qui permettraient

aux plantes de mieux résister aux produits polluants.

Mais si tu le trouves, tu vas te faire plein de thunes, non ?

Absolument pas.

Je suis associé à d 'autres chercheurs et à d 'autres ingénieurs, et puis je

suis fonctionnaire.

Comme toi, bientôt.

Ça te plaît tant que ça, toi, les petits légumes ? Ça te paraît con, un mec qui

passe sa nuit à sauver des carottes ? Non, si ça te plaît... Ah ouais ? Et

qu 'est -ce qui te plaît ? Vous avez vu l 'heure qu 'il est ? Faut arrêter,

maintenant. Allez ! Et toi, ce soir, tu manges chez moi.

Non, il mange rien, tu sais.

Oh là, t 'as une mère aussi tiernique que la mienne, toi ? C 'est ça, on est

tyran quand on veut le bien de ses enfants.

Pourquoi tu dînerais pas avec nous ce soir ? Ça fait deux semaines que tu

travailles ici, je t 'ai pas encore invitée.

Et sa copine ? Elle a qu 'à venir, elle aussi.

Je suis sûr qu 'il préfère être tous les deux.

Non, non, non, mais je peux rester.

De toute façon, ma copine, ce soir, elle peut pas venir me chercher.

Puis il faut juste que je sois à mon boulot à 9h, c 'est tout.

C 'est quoi, ce boulot ? Je fais des ménages dans des bureaux de la zone

industrielle.

Ça doit pas rapporter beaucoup.

C 'est pour survivre.

Ses parents peuvent pas t 'aider ? Pourquoi ils m 'aideraient ? Non, je

être indépendant, quoi.

Mais non, je te fais pas la gueule, on est en train de bosser, là, c 'est tout.

Ouais. Il fait penser à toi quand il dit qu 'il veut pas que ses parents l

'aident.

L 'histoire est la sienne, c 'est pas la même.

Ah oui ? Tu la connais, son histoire ? Bon.

Bon, écoute, t 'angoisses pas, de toute façon, je prendrai le bus.

Formage ? Non, merci, pas pour moi.

Non, merci.

Vous avez raison, il est dégueulasse, il est trop vieux. Emma, attends pas

devant notre invitée.

Excuse -la, parce qu 'elle sait pas faire sans moi.

Elle peut fumer ? Non.

Si vous voulez vous détruire la santé, c 'est pas devant moi.

Je vous l 'ai dit, elle sait pas faire sans moi.

Mais...

Je comprends pas, là. Si ça te pose tant de problèmes, pourquoi tu la gardes, ta

jardinerie ? Ah, quand Cédric a décidé quelque chose... C 'est mon père qui a

construit tout ça.

Et avant, j 'aurais eu l 'impression de l 'enterrer une seconde fois.

Oui, mais à quel prix ? Je parle pas pour moi, mais toi, t 'as plus aucune

C 'est pour ça que t 'as mis ton labo là, alors ? Ouais.

Je vous aurais dit, c 'est ça où je démissionne.

Un coup de sang, ils m 'ont accepté.

Mon père, c 'était quelqu 'un de bien.

Bon.

C 'est con, ce que je viens de dire, là.

C 'est...

Mon père, c 'était quelqu 'un qui... Enfin... Même si on ne s 'est pas

compris.

C 'est toujours quand les gens disparaissent qu 'on commence à les

Passionnante, nos histoires, non ? Non, non, non, c 'est pas ça, mais moi, il

faut que j 'aille à mon boulot, là.

T 'emmènes ?

Bon bah ça va, t 'es pas trop à la bourre.

Non, non, ça va, j 'ai le temps.

J 'ai même le temps de me fumer une clope.

Une de mienne, par exemple ? Par exemple, ouais.

Tiens.

Oh, pardon.

Qu 'est -ce qui ne va pas ? C 'est à cause de moi ? Mais quelle prétention !

'est bon, il n 'y a pas de quoi dans ma vie.

Ah bon, Kiki ? Je le connais ? Un bon hétéro, comme d 'habitude.

Oh, merde ! On n 'a pas de bol tous les deux.

Il y a les mecs qu 'on baise, comme Mathieu.

Il faut bien qu 'on baise.

Et puis, il y a les mecs qu 'on aime. Et toi, tu es un mec qu 'on aime.

C 'est cool.

Je t 'offre un verre ? Pourquoi un verre ? Laurent !

Bah je croyais que tu me disais tout.

Ah bah quand je te dis tout, je te dis tout, mais là...

Je

me suis dit que t 'allais rentrer à pied et comme en fait j 'avais rien à faire,

je... Ah oui, non, non, mais Carole, elle a une voiture et... Excuse -moi, je

suis con là.

Ah non, non, non, mais attends.

T 'attends ? D 'accord.

Carole !

Ça t 'emmerde si on passe la soirée à 3 ? Ça t 'emmerde si tu passes la soirée à

2 ? Excusez -moi, en fait, je suis désolé.

Pardon, je suis Cédric et... Est -ce que je peux vous inviter à prendre un verre

? Moi, ce soir, c 'est pas possible.

J 'ai un rendez -vous vraiment important.

Laurent vous expliquera, mais... Enfin, une autre fois, avec plaisir, oui.

Toi, tu fais gaffe. C 'est beau, il a l 'air gentil et il est pesé comme un truc

à dos.

Salut, amusez -vous bien.

Je me pète les couilles, là.

Il fait moins 20 là -dedans.

C 'est à cause du labo.

Recherche oblige.

Tu veux que j 'aille te chercher une petite couverture ? Ouais, ça y est.

Une petite bouillotte ? C 'est bon ?

T 'as pas eu peur de prendre ma main dans la

gueule dans la voiture ? Bon, y 'a pas de risque.

Ah ouais ? Attends, y 'a qu 'un PD pour vivre encore avec la mère à ton âge.

T 'as encore travaillé toute la nuit ?

Excusez

-moi.

Dans certains cas, tu pourrais fermer ta porte à clé quand même.

Je serais capable de la défoncer.

Je vous attends pour déjeuner.

Hé, oh ! Tu réagis, là ? Qu 'est -ce qu 'il y a, là ? T 'as vu la vierge ?

Attends, mais abruti, il y avait ta mère, là.

Et alors ? Et alors ? Bah rien, rien du tout. C 'est normal.

Moi, je parle pas aux mecs qui me disent pas bonjour le matin.

T 'as pu me prévenir, hein.

Ça va, je suis désolé, d 'accord.

Et puis c 'est Laurent le plus gêné.

Il prend du thé ? Non, du café, comme moi.

Tu prends du café, hein, m 'a dit Cédric.

Oui, merci.

Serre -toi.

Vas -y, serre -toi.

Tu as du beurre, de la confiture.

Ne te gêne pas.

Tu n 'oses pas me regarder ? Regarde -moi,

Laurent.

Je vais mettre les choses au point.

Il y a 11 ans, à l 'enterrement du père de Cédric, on était là, Cédric et moi,

et il m 'a dit « Maman, je préfère les garçons.

» Et il a ajouté une phrase terrible, il a dit « C 'est à prendre ou à laisser.

»

Moi, je venais de perdre mon mari. C 'était pas un saint, mais je l 'aimais.

Et j 'étais pas prête à perdre mon mari et mon fils.

Alors j 'ai accepté.

Ça a été long.

Ça a été dur.

Je te dis ça parce que tu n 'as pas besoin d 'avoir peur de moi.

Cédric m 'a beaucoup appris.

Il m 'a appris à aimer.

Il m 'a appris à accepter.

À accepter que...

J 'ai super faim.

J 'ai changé de marqueur.

Merci.

Y a rien, hein ? Pourquoi tu te prends la tête avec ce truc

-là ? Ça marchera jamais, de toute façon.

Bon ça va, c 'est qui le chercheur ici ? C 'est toi ou c 'est moi ? Un

chercheur, en plus ça cherche, moins ça trouve.

Le petit stagiaire.

Minable.

Ça, ça te fait rire. En gros.

Ouais.

Non, non, non.

Viens te mettre à celui de ta mère.

Te souvient -il de notre extase ancienne ? Pourquoi voulez -vous qu 'il m 'en

souvienne ? Ton cœur bat -il toujours à mon seul nom ? Toujours vois -tu mon âme

en rêve ? Non.

Tu crois pas que c 'est une histoire d 'amour, toi ? Tu sais, vu l 'expérience

que j 'ai, à part des histoires de cul,

Pourquoi tu crois ? T 'as déjà été à moi ? Ouais.

Mais pour rester à deux, faut savoir mentir et ça je sais pas.

C 'est trop scientifique.

Ouais, sans doute.

Putain.

Je vois le genre là.

Donc si t 'as peur, tu peux te barrer.

J 'ai pas le droit de rester ? C

'était quoi déjà le premier verre ?

T 'as une mémoire de fou.

Te souvient -il de notre expérience ? Il y a une main.

Tu t 'amènes ? Tu cuisines vachement bien, c 'était presque mangeable.

Comme qu 'on peut être pédé, il y a plus d 'eau en cuisine.

Heureusement qu 'il te reste la poésie.

Et l 'agronomie.

Hein ? Oui, alors là, excuse -moi. Vu tes résultats depuis un an, c 'est pas

plus brillant que ta cuisine.

Merci.

Pourquoi t 'as complètement déconnecté ? Écoute, j 'ai découvert les femmes d

'un côté, le sexe de l 'autre. Ça m 'a perturbé.

C 'était pas très précoce.

Je me suis rattrapé depuis, non ? Et cette passion comme ça de la poésie, ça

vient d 'où ? T 'es en train de te foutre de ma gueule, là.

J 'en sais rien, moi, ça vient de l 'école.

T 'aimais pas ça, toi, la poésie ? Honnêtement ? Moi, j 'aime bien.

Si tu veux, quand t 'es tout seul dans un bled paumé comme Valincourt, t 'as

rien d 'autre à foutre que t 'as les questions plein la tronche.

Ce genre de trucs, ça t 'aide à y répondre.

Tes parents, ils savent que tu préfères les mecs ? Qu 'ils le sachent ou pas, je

vois pas ce que t 'as à changer.

Bonsoir, Carole.

Bonsoir. Excusez -nous, on voulait vous faire une surprise.

Mais Laurent n 'est pas là.

Tu vois qu 'on aurait dû téléphoner.

Vous n 'avez pas dîné ? On ne le ressent pas.

Nous sommes invités par un de nos laboratoires, cocktail, concert et grand

hôtel. Nous sommes là jusqu 'à demain matin.

Vous voulez entrer peut -être ? On ne peut pas vous déranger.

J 'aimerais bien voir comment vous êtes installés.

Excusez -nous.

Ici, c 'est un débarras.

Alors ici, vous avez le salon et la chambre.

Pour deux, c 'est très bien.

Surtout pour nos deux petits amoureux.

C 'est vraiment dommage. Si Laurent avait su... Il va rentrer bientôt ? Je

sais pas.

Vous n 'êtes pas députée au moins ? Non, non, pas du tout.

Il est chez un copain du lycée.

Allô ? Oui.

Laurent, c 'est pour toi.

C 'est qui ? Carole.

C 'est qui ? Mais tu vas nous lâcher, toi.

Non.

Putain, ils repartent quand, là ? Bon, j 'arrive.

Merde, j 'ai mes parents chez moi, putain.

Je peux absolument que tu m 'amènes, là.

Vous auriez mieux bouffé à l 'hôtel.

C 'est ce que j 'ai dit à ta mère.

Au lieu de revenir vous déranger.

Bonjour, Carole. Bonjour, Carole.

Il fallait pas te lever pour nous.

T 'as repassé les examens pour ton truc ? Non, non, c 'est pas la peine.

J 'ai juste été sonner un peu trop longtemps, c 'est tout.

C 'est un des plus beaux concerts que j 'ai jamais vus.

Vous devriez y aller.

Il joue encore une semaine.

Oui, mais Laurent n 'aime pas la musique classique, vous savez bien.

Je sais, il n 'aime que ce que je déteste.

Les croissants aux amandes.

Maman qui ? Ah ouais ? Pas moi.

Alors ? Pas trop fatigant de jouer les hétéros avec papa, maman ?

Vous êtes sûr qu 'on peut le mettre en pleine tête ? Absolument, mon skate. Il

faut juste le protéger avant les premières gelées. Vous mettez un peu de

en dessous, vous mettez un beau plastique autour, puis voilà. Si vous l

il survivra à tout.

C 'est celui -là que je préfère. Très bien, alors allez -y, prenez -le. Il

toujours prendre celui qu 'on préfère.

Alors ? Et pas comme quoi tout arrive ? Bon,

et alors, tu fais quoi cet été ? Il faut que je fasse mon montage.

Ah ouais ? Ça va pas être facile.

C 'est dégueulasse.

Il faut que je fasse quoi pour rester ?

Et hop, c 'est parti.

T 'as respecté les dosages ? Non, tête de con, j 'ai tout tué au pif.

C 'est bien, bravo, continue comme ça.

Bon, résultat de tout ça, dimanche prochain ? Tu termines le rapport ? Eh

dimanche prochain, je suis pas là.

T 'es où ? Attends, je vais voir mes parents, ça fait deux mois que je les ai

pas vus à cause de toi.

Ne me fais pas la gueule.

Tu pourras m 'emmener si tu veux.

Ça fera prendre l 'air.

Cédric, tu pourras mettre celle -là et dire que t 'es ma soeur ? Et t 'aurais

pas la maman plus courante ? Non, c 'est tout ce que j 'ai.

Ah, fini les week -ends de famille, belle fille idéale.

Cédric, tu fais quoi ce soir ?

Fais gaffe, à chaque fois qu 'elle voit un pédé, elle essaye de le faire craquer

pour tester son charme. Bon, enfin, pas du tout.

C 'est parce qu 'il n 'y a aucun risque, justement.

Tu m 'aimes pas beaucoup, hein ? Si, je te déteste.

Pire, je te hais.

À cause de toi, Laurent est heureux.

Et il a enfin le courage d 'aimer un mec.

Pourquoi le courage ? Je suis prêt.

Je t 'en prie.

J 'adore ça, moi. Donner du bonheur aux gens, c 'est ma passion, tu vois. En

tout cas, pas à Carole.

Elle déconne, mais elle est raide de toi.

Ça va, je vais jamais rien cacher à Carole.

Contrairement à tes parents ? Je vois pas le rapport, là. Excuse -moi.

Quand est -ce que tu me les présentes ? Pourquoi ? Tu veux leur demander ma main

? Attends, tu fais quoi, là ? Je me garde.

Tu veux répéter ma demande en mariage ?

Cédric, lâche -moi avec mes parents.

Pourquoi tu leur parles pas ? C 'est si difficile que ça de leur dire la vérité

? J 'ai ma vie, ils ont la leur, ça se passe très bien comme ça, c 'est tout.

Comme ça, chaque fois que je vais t 'amener à Valincourt, tu vas être obligé

m 'arrêter deux rues avant la pharmacie.

Cédric, tu commences franchement à me faire chier. Là, si tu veux, tu sors

de suite et je fais du stop, c 'est pas un problème pour moi.

Pas trop de recours si tu te déposes là ? Non, c 'est bien.

Tu veux que je passe te reprendre ? Non, c 'est pas la peine. Je prendrai le

train, je t 'appellerai quand je serai à Lille.

Protection maximum.

À demain soir.

Il vous manque une boîte.

Vous l 'aurez lundi au plus tard, à 9h.

Mais j 'en aurai assez pour aujourd 'hui. Et pour demain ? Avec cette boîte,

vous en avez pour une semaine.

Et lundi, vous aurez l 'autre boîte.

Bonjour.

Qu 'est -ce que je paye aujourd 'hui, alors ? Vous ne payez rien.

C 'est la mutuelle qui prend tout en charge.

Vous n 'avez aucune capote parfumée ? Vous savez, ici, ce n 'est pas celle qu

'on me demande en priorité.

Vous n 'avez pas non plus les rouges anatomiques avec réservoir ? Mais non,

sont les mauves qui sont anatomiques avec réservoir.

Monsieur est un connaisseur. Bien obligé, pas les temps qui courent.

Voilà tous nos modèles.

Mais nous n 'avons pas de cabine d 'essayage.

Quel dommage.

Ça nous aurait bien aidé.

Prends celle -là.

Il nous reste du shampoing ? On ne va peut -être pas acheter toute la

Merci, au revoir.

Voilà, ça nous fait 98 francs.

Pas trop l 'autre, hein ? Non, non, j 'ai dormi. Je pense qu 'elle fait mal

gâcher cette madame du frais.

Au revoir, messieurs -dames.

Au revoir, messieurs. Au revoir, messieurs.

Une touche, toi, hein ? J 'inquiète pas comment ils font. Ils veulent pas se

reproduire, mais là, de plus en plus.

Et de plus, on va les autoriser à se marier.

Et Carole va bien ? Ouais, ouais, elle va bien. Elle est désolée, elle voulait

venir ce week -end, mais bon... Les stages de week -end, ils exagèrent.

En tout cas, tu es une superbe.

Bonjour, monsieur.

Attends, attends, je vais m 'en occuper.

Vous désirez ? Euh... De l 'aspirine, s 'il vous plaît.

Sur le présentoir, Laurent, là devant toi.

Ça, ça ira ? Ouais.

C 'est 35 francs, s 'il vous plaît.

Merci. Désolé, j 'ai mis 8 ans à trouver un taxi.

Après, on s 'est frappé tous les embouteillages.

Non, non, ça va. J 'ai terminé.

Va voir Cédric, plutôt.

C 'est enfermé dans son taudis pendant tout le week -end.

Vous vous êtes engueulé ? Non, non.

Tu peux fermer la porte, s 'il te plaît

? Ça va ?

Ça t 'a plu le petit papal en cours ? La pharmacie ?

Qu 'est -ce qu 'il y a ? T 'as eu peur ? T 'as vraiment cru que j 'allais leur

demander ta main ? Et tu voulais que je fasse quoi ? Que je te présente ?

Bonjour papa, bonjour maman. Voilà, Cédric, on s 'encule tous les deux.

Me présenter comme ça, ça aurait au moins eu le mérite d 'être clair.

Bon, écoute, Cédric, je joue pas avec moi, là.

Pardon ? De nous deux, c 'est moi qui joue le plus, c 'est ce que tu crois, là

J 'ai pas envie de m 'engueuler avec toi, maintenant. Ah ouais ? Eh ben moi

plus, j 'ai pas envie de m 'engueuler.

Mais tu veux que je te dise ? J 'ai pas envie de vivre de vie.

Je comprends rien à ce que tu me dis. Tu comprends pas ? Eh ben pourtant, c 'est

simple. Quand on est ici, on est ensemble.

Mais quand tu vas chez tes parents, quand ils débarquent chez toi... Lâche

avec mes parents ! C 'est pas avec mes parents que tu baises, d 'accord ? Moi,

'est pas avec tes parents que je baise.

Mais tu vois, je pensais qu 'entre nous, c 'était pas qu 'une histoire de cul.

Moi, j 'avais envie d 'autre chose.

Eh ben, c 'est con, je me suis trompé.

Tu sais quoi ? Moi, j 'ai pas envie de rester avec un mec qui assume pas qui il

est réellement.

Fais chier, merde, mais fous -moi la paix.

Ça t 'emmerde tant que ça que j 'essaie d 'être heureux, c 'est ça ? C 'est à

cause de conneries comme ça que mon cousin y est passé.

Ses parents, ils l 'ont foutu dehors comme une merde, ils l 'ont laissé

Et mes vieux, ils n 'ont pas bougé le petit doigt, ils n 'ont rien fait.

Comme si tout était normal.

De toute façon, tu ne peux pas comprendre.

Ils m 'ont foutu.

C 'est quoi cette histoire ? C 'est une histoire vraie, hélas.

Du jour au lendemain, Marc s 'est retrouvé à la rue comme un pestiféré.

Putain, ça me fout en l 'air qu 'on puisse encore réagir comme ça.

C 'était quand ? L 'année dernière.

Pile au moment où t 'as commencé à merder au lycée ? Bravo, monsieur Freud.

J 'ai emmené Marc au Vietnam pour qu 'il oublie un peu tout ça.

Là -bas, il a fallu qu 'il se chope cette saloperie.

Une hépatite fulminante.

Deux mois après.

Laurent t 'a dit ? Ses parents croient qu 'il est mort d 'écide, hein ?

Toi, tu savais qu 'il était homo ? Tant que tu rigoles, Marc et moi, on était

comme deux frères.

On avait deux ans de différence.

Lui, il l 'a tué à 15 ans, puis moi, je l 'ai su un peu après, vers 18 piges,

quoi.

Marc l 'a très mal pris. Les deux cousins gays, ils trouvaient pas ça

tout.

Ils s 'en voulaient.

Ils pensaient que tout le monde allait croire que c 'était de sa faute, que c

'était contagieux. Les conneries qu 'on entend d 'habitude, quoi.

Comme quoi, il connaissait bien les limites de sa famille.

Mais moi, j 'en ai rien à branler de ce que peuvent penser les gens.

Ils peuvent être tous là à me regarder, j 'en ai rien à foutre. Si tu veux m

'embrasser ici devant tout le monde, vas -y.

Même devant le comptable de ton père ? Il ne pourra pas te cacher toute ta vie,

tu sais.

Je sais qu 'ils le seront un jour. Ce que je veux, c 'est qu 'ils te

avant et qu 'ils sachent que t 'es un mec bien.

Qu 'on peut être pédé sans porter des talons aiguilles.

Et si Emma t 'avait jeté quand tu lui as annoncé que t 'étais pédé, t 'aurais

accepté de ne plus la revoir, peut -être.

Je ne vais pas laisser le choix.

On ne va pas moi annoncer comme ça, but en blanc, à mes parents que je suis

homosexuel et se faire risquer de les perdre.

Je n 'ai pas envie.

Avant l 'accident de mon père, moi, je ne me rendais pas compte que je les

aimais autant.

pour les mains des jardiniers.

C 'est gentil, mais je ne suis pas jardinier. Lui non plus.

Excuse -moi, mais je n 'ai pas très bien compris ce qu 'il faisait vraiment, ton

pépiniériste. C 'est la recherche appliquée, Pierre.

Comme ce que veut faire Laurent.

C 'est difficile à comprendre pour un pharmacien. En fait, ils font plusieurs

comme des biologistes et puis ils essayent de trouver comment des plantes

contre les polluants. D 'un côté, l 'homme tue la nature et de l 'autre, il

essaie de la taureau.

Heureusement qu 'il y a des gens comme lui.

Je ne connais pas ton pépiniériste, mais avant de garder l 'entreprise de son

père, ça prouve déjà que c 'est un type bien.

En tout cas, lui au moins, il a réussi à te faire aimer.

Un métier.

C 'est vrai que c 'est un métier.

D 'ailleurs, ça me ferait plaisir si vous pouviez le rencontrer.

Enfin, si ça vous intéresse.

Rien de plus simple.

Invite -le ici pour un week -end.

Non, non, mais laisse tomber.

De toute façon, le samedi, il travaille.

On l 'attend pour dîner ici un samedi soir.

Il peut même dormir ici et partir le lendemain. Oui, qu 'il vienne pour l

'anniversaire de Marine.

Ça fera une tête nouvelle dans la famille et on supportera mieux celle des

autres.

Vous voyez, quand on ne sait pas, c 'est -à -dire, c 'est un milieu de m

'imaginer.

On est obligé de passer par là pour devenir ingénieur. Mais vous savez,

les mains dans la terre, ça ne fait pas de mal.

Puis même les jardiniers qui ramassent les feuilles dans des parcs ou des

jardins, quelque part, ils contribuent à l 'équilibre de la nature.

Au déséquilibre de la nature.

C 'est eux -mêmes qui ont très l 'eau de charge, la jardinerie, vos recherches.

Laurent nous a dit pour votre père.

Oui, c 'est très courageux.

Surtout pour quelqu 'un de votre âge.

Quand quelqu 'un qu 'on aime disparaît, on essaie de conserver un peu plus qu

'un souvenir.

Allez ! Allez ! Ah, l 'anniversaire !

Joyeux anniversaire ! Il souffle ! Allez,

encore une ? Oui, bien joué !

... ... ...

...

... ...

Vous savez quel âge à la mort de votre père ? J 'avais 19 ans. Ça va ma puce ?

Ça va être 16 ans.

Il est mort de quoi ? D 'un infarctus du myocarde.

Ah oui, excusez -moi d 'être indiscret. Et votre mère ? Elle s 'est jamais

remariée. Si c 'est ce que vous voulez savoir.

Et vous, vous êtes marié ? Oui.

J 'ai épousé l 'assurance.

On parle pas de monde veuilleux en blousine. Pas vrai Carole ? Même.

Quand on a la chance de rencontrer l 'homme de sa vie, on n 'a pas envie de

passer à côté.

Non, mais moi, je commence à avoir sommeil.

Ça vous ennuie pas si je monte ? Bien sûr que non.

De toute façon, nous aussi, on va y aller.

Laurent, tu viens ? Je crois que je vais. Oh non, non, Cédric, on ne vous

pas à la porte.

Restez jusqu 'à demain. Je vous ai préparé la chambre d 'amis.

Vous verrez, on dort merveilleusement bien ici.

Bonsoir tout le monde.

Vous avez mis la vitrine de thé ? Oui, merci Jeanne.

Tu peux

me dire ce que je fous là

? Ça va durer combien de temps cette comédie ?

Je suis venue ici avec ces œufs portés d 'élan.

Pas pour te servir la libye.

En tout cas, c 'est la dernière fois.

Je remettrai pas les pieds ici si tu veux rien. Mais je peux pas, putain. Je

peux pas. On va l 'expliquer à Cédric.

Bonne nuit.

Carole veut plus jouer la comédie.

C 'est normal, maintenant que j 'ai pris sa place. Mais t 'as jamais été à sa

place, toi.

Arrête, tes parents.

On s 'en fout, ils dorment. Arrête.

T 'as peur ?

Non, mais je veux pas.

Pas ici, pas comme ça.

Pas tant qu 'ils sauront pas ce que je suis pour toi.

Non, mais aujourd 'hui, je pouvais pas avec Marie, les autres et tout.

La prochaine fois.

Bien sûr.

Et puis tu sais, la prochaine fois, tu trouveras une autre excuse.

En fait, c 'est comme les premières fois, plus on attend, plus c 'est

C 'est un peu comme les dépucelages, quoi.

Bah quoi ? Tu préférais que ce soit moi qui leur parle ? T 'es cinglé, toi.

Écoute -moi, Laurent.

J 'ai pas envie qu 'on se tripote sous la table, là, ou entre deux portes.

Qu 'est -ce qu 'ils penseraient s 'ils nous surprenaient, hein ? Encore deux

sales pédés qui font leur saloperie dans le dos des autres, c 'est ça ? J 'ai

plus envie d 'avoir honte, moi.

J 'ai pas honte d 'être avec toi.

Excuse -moi, mais je peux pas dormir ici.

Ouais, bah c 'est bon, tu peux te tirer.

C 'est pas moi qui t 'ai demandé de rester, c 'est ma mère.

M 'oblige pas à tricher.

M 'oblige pas à tricher, j 'y arrive pas.

En tout cas, j 'ai réussi ma mission.

Mes beaux -parents me trouvent extraordinaire.

Tu m 'excuseras auprès d 'eux ?

Qu 'est -ce que tu fais là ? Je travaille.

Oui, ça je vois, mais tu devais pas être chez Laurent ? Eh ben ouais, sauf que

je suis là.

Il s 'est passé quelque chose ? C 'est pas un peu tôt pour du whisky, non ? C

'est toujours trop tôt pour tout.

Ne demande pas à Laurent d 'aller plus vite que toi.

Ah, c 'est bon ? Non, non, viens nous en reposer.

Non, monsieur fait la gueule ! Ouais, attends, je... C 'est pour toi.

Ah, c 'est pas prêt, va falloir attendre.

Moi je pars avec toi, je pars à Paris.

Maintenant ? Ben ouais, il y a un colloque qui démarre demain et c 'est

j 'y assiste.

Et tu reviens quand ? Ben dès que c 'est terminé.

Excuse -moi de te laisser toute seule.

Je suis pas toute seule, il y a Laurent.

C 'est le labo ! C 'est bon, je t 'appellerai.

Vous êtes Mme Mouriez, la maman de Laurent ? Oui.

Je suis la mère de Cédric, Cédric Martin.

Laissez -nous que votre fils mette son stage.

Bonjour, mesdames.

J 'aimerais pouvoir vous parler à votre mari, à vous.

Merci.

On a vraiment regretté que Cédric ne soit pas resté tout le week -end.

Laurent nous a dit que vous avez été malade.

Oui, oui, mais c 'est fini.

Il y a un problème avec Laurent ? Enfin, pour le stage ? Oui et non.

Je ne comprends pas.

C 'est un peu délicat, je... Je ne sais pas si j 'ai raison de faire ce que je

fais. Écoutez, s 'il y a un problème, allez -y. Nous sommes prêts à tout

entendre.

Eh bien, oui, oui.

Oui, il y a un problème.

Mais c 'est entre Cédric et Laurent.

Enfin, je veux dire... Je crois que nos enfants s 'aiment.

Qu 'est -ce que vous voulez dire ? Ce que vous avez compris.

Qu 'est -ce que vous racontez ? C 'est impossible.

Vous vous trompez ? Laurent a une amie.

Oui, je sais, je connais Carole.

Mais c 'est Cédric que Laurent aime.

Je suppose que vous nous dites la vérité.

Oui, monsieur Moriès. Je ne sais pas mentir.

Je sais que c 'est très difficile.

Mais si je suis là, c 'est parce qu 'ils ont besoin de nous.

Je vous accompagne.

Tu crois que c 'est une solution de rester enfermé dans ta chambre comme ça

suis pas en train de chercher une solution, là.

C 'est pas moi qui t 'ai quitté, Lolo.

Pourquoi tu l 'appelles pas ? Que je lui dise quoi ? Ouais, non, t 'as raison.

Finalement, tu peux aller demander la main à mon père.

Pourquoi pas ? Pour une fois que t 'es amoureux.

T 'es en train de tout foutre en l 'air, là.

Écoute, c 'est pas de ma faute. C 'est pas moi qui ai demandé à être pédé.

J 'ai déjà assez donné, je crois.

Mon pauvre Lolo.

Ça va être quoi, ta vie ? Attention, Blanche -Neige.

C 'est peut -être ton frère Charmant qui vient te chercher.

Laurent est là.

Oui, il est dans la chambre.

Laurent, c 'est ton père !

Qu 'est -ce que tu fais là ? Attends papa, qu 'est -ce qu 'il te passe

? Je t 'écoute.

J 'ai bien foutu notre gueule.

C 'est pas la peine que tu remets de l 'épi à la maison.

Laurent ! Laurent !

Qu

'est -ce que tu fais ?

Arrête ! C 'est ton cul ! Il est venu lui péter sa petite gueule ! Il est pas

pris pour un connoisseur ! Arrête ! Calme -toi ! Calmez ! Mais ça va pas !

savez ce qu 'il a fait ! Il a tout dit à mes parents, ce connard ! Mais c 'est

pas lui ! C 'est pas lui ! C 'est moi ! Lui, il sait rien ! C 'est moi qui ai

tout dit !

Ça va pas, non ? Pourquoi vous avez fait ça, vous ? Mais ma mère ! Putain, vous

avez pensé à ma mère !

Jeanne,

tu veux venir comme moi ? Avaler toute ta pharmacie ? Martine, je t 'en prie.

J 'en peux plus de vivre comme ça.

C 'est comme si on avait tué notre propre fils.

Martin, tu n 'es pour rien.

On ne peut pas tout accepter, même si c 'est nos enfants.

Mais qu 'est -ce qu 'on a fait pour qu 'il soit comme ça ? On lui a toujours

laissé faire tout ce qu 'il voulait.

Jeanne, il y a une question à te poser.

Une seule question.

Est -ce qu 'on aime nos enfants autant qu 'on le prétend ? Ils ont dû bien se

foutre de ma gueule quand je leur parlais de mes petits -enfants.

Mais quel con ! Quel con ! Ça va.

Ils auraient pu nous éviter cette mascarade. C 'est de notre faute.

C 'est nous qui l 'avons poussé à mentir.

A faire ce qui nous faisait plaisir.

J 'ai honte.

On aura l 'air fin, si les gens l 'apprennent. S 'occupe pas des gens.

On ne vit pas avec eux, mais avec ses enfants.

Quand ton fils sera plus là, c 'est pas eux qui le remplaceront.

Tu me remets la même chose, s 'il te plaît ? C 'est peut -être un peu trop,

? Une majeure, s 'il te plaît, alors tu me sers.

C 'est ça que tu voulais savoir ? Savoir si une fille t 'excitait, c 'est ça ?

Ce serait tellement plus simple.

Ça me donnerait moins la pression d 'être comme tout le monde.

Personne n 'est comme tout le monde.

Ça veut rien dire.

Il faut que j 'arrive à baiser une fille, putain.

Je suis pas une fille qu 'on arrive à baiser.

Tu comprends vraiment rien.

Tu crois ?

T 'es un pédé, Laurent.

Alors assume -toi et arrête de nous emmerder comme toi.

Je suis désolée de te le dire, mais Marc avait plus de courage.

Bonsoir, Carole. Je sais qu 'il est tard, mais il faut que je parle à

Il est là.

Oui.

Ah, Emma.

Je pense que vous ne pourrez plus boire de papy d 'ici longtemps.

Une bouteille en thé, réagent.

Je vais simplement vous donner quelque chose qui va vous relaxer.

Et surtout, reposez -vous.

Si vous sentez qu 'il déprime trop, vous pouvez lui donner deux cachets au lieu

d 'un.

D 'accord.

Merci docteur. Au revoir. Au revoir.

Tu vois, même à mon âge, on peut faire des conneries.

Qu 'est -ce que je fous là, moi ? Comme ça, je peux te surveiller.

C 'est une habitude chez vous de foutre la merde chez les autres ? C 'est

surtout ce gâchis que je ne supporte pas.

Je crois que je n 'ai rien à foutre ici.

Tu peux partir quand tu veux.

Tu fais ce que tu veux.

Bon.

Moi, j 'ai faim.

Tu ne me poses pas de questions ? Savoir quoi ? Comment réagissent tes parents ?

On n 'a rien à foutre.

D 'accord.

J 'ai eu tort d 'avoir fait ce que j 'ai fait, d 'accord.

Quoique.

Il faut leur donner du temps, Laurent.

Vous êtes insupportable aussi, toi, Cédric et les autres comme vous.

Nous, il faut qu 'on encaisse.

Sans avoir eu le temps de comprendre, sans avoir eu le temps de pleurer aussi.

Oui, mais vous, moi, c 'est vrai que vous l 'avez pas foutu à la porte. Vous

'aimez toujours.

Est -ce que tu crois que tes parents t 'aiment pas ? Ben non, je les dégoûte, c

'est tout.

Pourquoi t 'essayes pas de parler à ta mère comme tu me parles à moi ? Pourquoi

tu vas pas lui raconter ce qui s 'est passé avec Carole cette nuit, par

? Pourquoi c 'est moi qui le sais et pas elle ? Finalement, j 'aurais préféré

avoir une mère comme vous, je crois.

T 'as pas honte de dire des choses pareilles ? Tu sais ce qu 'elle vit en

moment, ta mère ? Et tout ça à cause de moi ? Ah ben, il va m 'entendre, celui

-là. Tiens, deux jours sans nouvelles.

Cédric ? Ah, bonjour.

Excusez -moi une seconde.

C 'est ta mère, tu veux lui parler ? Oui, excusez -moi, un client.

Oui, mais il n 'est pas là pour le moment, Laurent.

Oui,

il habite ici pour quelques jours, oui.

Comment ? Si vous voulez, oui.

Où ça ?

Pour moi, c 'est insupportable de penser que Laurent est... C 'est aussi

insupportable de penser que je ne le verrai plus jamais. C 'est aussi

insupportable pour lui de ne plus vous voir.

Jeanne, comment peut -on mettre son enfant à la porte simplement parce qu

est un peu différent ?

Moi aussi j 'en avais reculé les larmes, Jeanne.

Moi aussi je me voyais en mamie gâteau avec des petits enfants autour de moi.

Et qu 'un garçon puisse coucher avec un autre garçon.

L 'aime encore aujourd 'hui.

Vous voyez, vous pensez comme nous.

Nous n 'avons rien contre ces gens -là.

Vous savez, il y en a beaucoup qui viennent à la pharmacie.

Oui, mais ils ne s 'appellent ni Laurent ni Marc.

Et quand ça nous tombe dessus, on est tous pareils.

Moi, j 'ai accepté parce que je ne voulais pas perdre mon fils.

Et quoi que se passe au fond de moi,

je dis ça heureux.

Pas vous.

Jeanne, Cédric et Laurent se sont séparés.

Ça ne m 'intéresse pas.

Cédric voulait que Laurent vous avoue tout, mais Laurent ne voulait pas. Il ne

voulait pas vous faire de peine, il ne voulait pas vous perdre. Il a tout fait

pour nous perdre.

Écoutez, Jeanne, je ne sais pas ce que vous attendez de moi.

Ce que je sais, c 'est que Laurent est très malheureux.

Il souffre pour la peine qu 'il vous fait.

Parce qu 'il ne voudrait pas être homosexuel.

Et parce qu 'il aime mon fils malgré tout.

Il faut que je retourne à la jardinerie.

Tu t 'engueules pas d 'avoir fait ça ? Je crois que ça me ressemble, de me

descendre une bouteille de pasticcure et d 'essayer de me taper ma meilleure

amie.

Franchement, je sais pas comment tu fais pour pas me détester.

Oh, tu sais, je t 'aime comme tu es.

Je crois même que je pourrais pas t 'aimer si t 'étais autrement.

Mais ça, je l 'ai compris un petit peu tard.

Tu vas faire quoi jusqu 'à la rentrée ? Tu vas rester ici ?

Bon, je vais partir.

Je crois que c 'est ce qu 'il y a de mieux à faire.

Comme ça, tu pourras garder l 'appart.

Il faut juste que tu trouves quelqu 'un.

Oh, mais tu sais, j 'ai quelqu 'un.

Mathieu.

Oh, boue et boue de cigarette.

Pardon, c 'est pour toi.

Non, fume, imbécile.

Sinon, tu vas me dire que tu veux aller arroser le jardin.

C 'est ce que fait Cédric.

Tu l 'aimes, hein ? Je vais pas rester, ma.

J 'ai pas tellement envie d 'être là quand Cédric rentrera.

Je vais finir ce que j 'ai à faire au labo, puis après je vais partir.

Tu vas où ? Je vais à Paris.

J 'ai vu Berman, le directeur du lycée, puis je lui ai tout raconté sans rien

lui cacher.

Il m 'a trouvé une autre école.

Mais j 'ai vraiment envie de faire ce boulot, c 'est vrai, même si j 'y

déconnais.

C 'est honteux de trimballer à ton âge autant de souffrance inutile.

Allô ? Ah, c 'est toi.

Et ton colloque ? C 'est intéressant ? Oui, oui, tout va très bien.

T 'inquiète pas, si demain matin personne ne répond, je ne serai pas là.

Non, j 'ai vu mon médecin aujourd 'hui, il voudrait que je fasse quelques

examens.

Oh, par précaution, non, non, rien de grave.

Non, c 'est pas la peine.

Je serai de retour dans l 'après -midi.

Oui, c 'est ça.

Moi aussi, je t 'embrasse, mon chéri. Au revoir.

Emma ?

Emma ? Maman ? Maman, t 'es où ? Je suis

là.

Bon, c 'est quoi tes analyses ? À quelle heure tu rentres à l 'hôpital ? Je ne

rentre plus à l 'hôpital, fausse alerte.

Tu te fous de ma gueule ? Ton café est chaud, mange, t 'as rien dans le ventre.

Bon, cette histoire de médecin, d 'analyse, c 'est des conneries. Et toi,

histoire de colloque ? Pourquoi tu m 'as joué cette comédie ?

Moi, j 'ai joué à la comédie. T 'étais où depuis dimanche ? Je te l 'ai dit, un

colloque. Comme si j 'empiétais sur ta vie.

J 'ai jamais dit ça.

Mais moi, je vais te dire quelque chose. Tu ferais bien de penser un tout petit

peu plus aux autres. Parce que pour toi, la vie, c 'est comme ça. Et ce que

Laurent ressent, t 'en as rien à foutre.

Je vais te dire autre chose aussi.

Je me suis plantée, moi aussi.

Je suis allée à Valincourt.

J 'ai vu les parents de Laurent.

Je leur ai tout dit.

Putain, mais c 'est pas vrai. Mais de quel droit t 'as fait ça ? Du droit au

bonheur. C 'est con, hein. Eh ben, ça existe.

Non, mais attends. Et tu me dis ça comme ça ? Non, mais tu te rends compte de ce

que t 'as fait ? Comment ça s 'est passé ? Très mal.

Je pensais qu 'entre gens intelligents, je pouvais leur expliquer, leur dire ce

que j 'avais vécu.

Bon, et Laurent, il est où, là ? Il a dit qu 'il voulait aller à Paris.

Mais il est encore ici.

Son train ne part que dans une heure.

Non, je suis désolé.

Je savais pas que tu rentrais ce matin.

Non, mais ça va, tu peux rester.

Non, c 'est bon, j 'ai mon train.

J 'ai fait une connerie.

J 'ai sauvé ce que j 'ai pu, mais le programme est foutu.

Emma m 'a tout raconté.

Et alors, qu 'est -ce que ça change ? De toute façon, j 'ai rien dit à mes

parents, donc je suis toujours puceau.

Ah bon ? Le seul truc qui change, c 'est que je me tire à Paris.

C 'est con, parce que moi, j 'en viens.

Voilà, comme ça on pourrait dire qu 'on s 'est croisés. Allez, salut.

Laurent ! Tu ne me dis pas au revoir ?

Au revoir.

Et merci.

Même après ce que j 'ai fait ? De toute façon, j 'aurais dû le faire moi -même.

Surtout dès que tu arrives à Paris, appelle ta mère. C 'est important d

une mère.

Comme c 'est aussi formidable d 'avoir des enfants.

Tu veux que je t 'accompagne à la gare ? Ouais, comme ça au moins je ne

rentrerai pas à mon train.

Allô ? Oui, c 'est moi.

Jeanne ? Ah non.

Non, il est parti.

Vous avez dit où il allait ? Non, je sais seulement qu 'il a fait un

'école. À Paris.

Jeanne ?

On vient de perdre Laura.

On l 'avait déjà perdue.

Tu ne comprends pas qu 'on ne la verra plus ? C 'est peut -être mieux comme ça.

Si elle était revenue aussi, je n 'aurais pas supporté. C 'est moi qui

parti.

Je suis un putain d 'égoïste, Laurent.

Emma a raison.

J 'ai pas le droit d 'exiger que les autres agissent comme moi.

Si je t 'ai fait du mal, je suis désolé.

Emmène -moi à Valencourt.

Et Laurent, il y a longtemps que je ne l 'ai pas vu. Il va bien, moi ? Oui, très

bien.

Excusez -moi.

Tu peux venir, s 'il te plaît ? Il y a du monde.

Les vitamines, vous préférez des comprimés ou des gouttes ? Des gouttes,

comprimés.

Bon,

je m 'en fous que vous ne vouliez plus me voir.

Moi, je n 'ai pas envie de vous perdre.

Excusez -moi, on peut continuer cette discussion derrière.

Je t 'attends dans la voiture.

Excusez -moi, M.

Pompier.

Pourquoi tu m 'as amené ici ? En ce qui me concerne, j 'ai pas honte.

Je ne crois pas que ça intéresse tout le monde.

Alors arrête de penser qu 'à toi.

T 'as pensé un peu à nous ? Je fais que ça toute ma vie, j 'ai pensé qu 'à vous,

alors laisse -moi parler, d 'accord ? Tu le connais, Cédric ? Je suis amoureux

de lui.

Ouais, je l 'aime.

Oui, j 'aime un mec, je le sais, tu peux pas le supporter, mais c 'est comme ça.

C 'est pas une question d 'être BD ou quoi.

C 'est juste une question d 'amour.

Oh papa, c 'est pas de ta faute, c 'est pas de la mienne non plus.

Tu es pour rien et moi non plus.

S 'il te plaît, laisse -moi grandir.

Ah putain, je me sens léger là.

Ah ouais ?

Moi, c 'est maintenant que je commence à flipper.

Pourquoi ? Parce que maintenant, on n 'a plus de raison de s 'engueuler.

Moi aussi, je vais t 'en trouver des raisons.

Ah ouais ? Tiens, en fait, il fallait que je te dise un truc important.

Vas -y.

Maintenant que je connais tes parents, t 'es gentil, tu ne m 'obliges pas à les

revoir. D 'accord, mais alors si ta mère commence une psychothérapie à partir de

demain ? Ok, merci.

Pauvre con. Elle t 'a aidé, là.

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