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Consommez-vous de l'alcool, des drogues ?
Un peu d'alcool comme tout le monde. Pas de drogue.
Vous pouvez me rapporter en quelques mots ce qu'on vous reproche ?
- Non parce que j'y comprends rien. - Ah ?
On m'accuse de trucs dingues alors que j'ai rien fait.
Ça va durer combien de temps, ce cirque encore d'ailleurs ?
Monsieur Genesta, vous avez parlé aux enquêteurs d'une jeune femme,
une certaine Adèle. J'aimerais bien que vous me parliez d'elle.
- Elle habitait Ă Valmoline ? - Oui.
Elle était enceinte, elle était venue habiter là avec son fiancé, Manu. J'ai...
- J'ai déjà dit tout ça. - Manu...
Emmanuel Laverne ?
C'est bien lui ?
Oui.
Le problème, monsieur Genesta, c'est que personne à part vous n'a vu
cette jeune femme Ă Valmoline.
Vous croyez quoi, que je l'ai inventée, en fait ? C'est ça ?
Ça me servirait à quoi d'inventer quelqu'un qui existe pas ?
À esquiver la responsabilité de vos actes.
Écoutez, je suis pas dingue.
Je suis pas dingue. Elle était là avec nous.
Elle a mĂŞme fait un petit discours le premier soir.
Elle habitait au chalet avec Alice, avec Manu.
Il doit bien y avoir un moyen de le prouver, je sais pas, moi.
Une empreinte, des cheveux, quelque chose.
Donc, euh, vous dites que Manu et Adèle sont venus s'installer à Valmoline.
Quand ?
Vous vous souvenez de la date ?
C'était fin juin.
Quelques jours avant qu'on arrive avec les autres.
[musique inquiétante]
Adèle, regarde. Le village est juste derrière, là -bas.
Tu l'apercevras quand on traversera le pont.
- Attends. Tu peux t'arrêter ici ? - Tu as encore des nausées ?
Non, j'ai pas envie de vomir. J'ai juste envie de profiter de la vue.
On va ĂŞtre bien ici.
Repos, zéro stress, air pur.
Ça te plaît ?
C'est beau.
C'est calme.
On dirait qu'on est seuls au monde.
On y va ?
["Comptez jusqu'Ă trois", Samuel Hercule]
♪ Comptez jusqu'à trois Messieurs Mesdames ♪
♪ Et l'un de vous disparaîtra Jamais on ne le reverra ♪
♪ Entrez dans la ronde ♪
♪ Méfiez-vous du monde ♪
♪ Cachez-vous vite Avant qu'il n'attaque ♪
♪ Un deux trois ♪
♪ N'attaque ♪
♪ Un deux trois ♪
♪ Comptez jusqu'à trois Messieurs Mesdames ♪
♪ Un ♪
♪ Deux ♪
Salut, Paul.
Dis-moi, si jamais il y a du courrier, c'est ici que j'habite.
Je suis Ă la retraite. Il y a plus de facteur ici.
Plus de facteur, plus de boulanger, plus de curé.
- Plus personne. - Ah oui ?
Il faudra que tu ailles le chercher dans la vallée, comme Philippe.
Manu.
Comme tu es beau.
Contente de te voir. Ça fait si longtemps. Vous devez être Adèle.
- Bonjour. - Venez, venez.
Ça va, pas trop fatiguée par le voyage ?
Allez, allez, on a tout le temps pour bavarder.
Venez voir votre chambre. Manu, tu viens ?
J'en peux plus.
Depuis que les travaux ont commencé, il y a plus que ça qui compte.
Le chalet. Je me présente puisque personne le fait.
Muriel Personnaz, la sœur de Philippe.
Bienvenue Ă Valmoline.
Alors, c'est ça, ton fameux chalet ?
- C'est énorme. - Viens, on va voir les chambres.
J'espère qu'il y aura pas trop de randonneurs.
Ça peut toujours arriver
mais Philippe a dit qu'il y avait eu personne depuis un an.
Tu vas voir, on va ĂŞtre bien.
- Tu vas pouvoir écrire au calme. - Oui.
C'est vrai que ça a de la gueule. Tu as eu raison d'insister.
- Maman ? - Oui.
On peut prendre la chambre qu'on veut ?
Attends, Julien, on va voir ça ensemble.
- Allez. - OK.
Allez.
[Françoise] Allez.
Ça, c'est pas un lit quatre étoiles.
C'est vrai qu'au prix auquel ton ami d'enfance nous le loue,
on peut pas trop râler.
Bah, dépoussiérage et ménage obligatoires.
Attends, attends. Les enfants ?
On va se reposer un peu avec papa. On s'enferme.
[Julien] - D'accord, maman. - Pas trop de bruit.
Alors ?
Finalement, il te plaît, ce chalet ?
C'est dommage qu'ils nous l'aient laissé dans cet état
mais je suis sûre qu'on pourrait en faire quelque chose de bien.
Oui.
C'est peut-être de ça qu'on avait besoin, tous les deux.
D'un vrai changement.
Bon, normalement, tout est OK.
Muriel et Christine ont fait un dernier tour ce matin.
- Mais s'il y a le moindre problème... - Tout ira bien.
- C'est super. Hein, Adèle ? - C'est parfait.
Excusez-moi, il faut que j'aille faire pipi.
Je t'ai pas demandé de nouvelles de ta mère. Elle va bien ?
Ça va, oui.
Dommage qu'elle ne vienne plus. MĂŞme pour ton mariage ?
Tu la connais, elle reviendra pas. Valmoline, pour elle, c'est fini.
Je sais. Je comprends.
Et puis,
elle trouve ça nul que je me marie.
[musique intrigante]
[Manu] Elle est enceinte de dix semaines. Donc, pour Noël.
[Philippe] - Fille ou garçon ? [Manu] - On garde la surprise.
Bon allez, je vais vous laisser vous installer.
S'il y a le moindre problème.
Non, il n'y aura aucun problème. Merci.
- Alors, on vous attend pour dîner. - OK.
Sept heures et demie.
- Sept heures et demie. - Merci, Philippe.
Ça va ?
- Oui, ça va. - Oui ?
Il t'a pas trop saoulée ?
Non, il a l'air si content de te voir. Ça se voit qu'il t'aime bien.
Alors, qu'est-ce qu'il y a ?
Non, ça va, c'est un coup de fatigue, ça va passer.
Ça a dû couter de la thune de rénover ce chalet.
Ils sont riches.
Écoute, je sais pas. Ils ont de la terre, ils ont dû emprunter.
Bon.
[musique douce au piano]
Bravo. Allez, on y va.
Alexandre ?
Tu es là ? C'est moi. Françoise.
Je suis avec Julien et Amélie.
C'est pas grave. On reviendra.
- Il habite vraiment ici, notre cousin ? - Oui.
Tu m'as dit qu'il a eu la médaille Fields. Tu sais ce que c'est ?
C'est le prix Nobel des mathématiciens.
Oui. C'était un grand chercheur avant qu'il arrête tout.
Bonjour, Alexandre.
Tu aurais mieux fait de rester dans la vallée avec tes enfants.
Merci pour l'accueil.
Je te présente Amélie
et Julien.
Je plaisante pas. Ce village est pas fait pour vous.
Pourquoi tu dis ça ?
Parce qu'il y a quelque chose de pourri dans l'air.
Pourri ?
Tu es revenu vivre ici
parce que c'est un des derniers endroits préservés de la planète.
C'est ce que tu nous disais, non ?
C'est pas la nature qui est pourrie, c'est les hommes.
Vous voyez, les enfants ? C'est ça, un vrai misanthrope.
Je rigole pas. Tiens, regarde
ce que les hommes font aux animaux.
Tu le donneras au garde forestier. Il sait qui a fait ça.
C'est malin, tu as fait peur Ă la petite.
Tiens, par contre, ma chérie, regarde. Tu peux aussi trouver ça.
Ça, c'est un vrai cadeau de la forêt, à ceux qui savent voir.
Je t'apprendrai Ă les trouver si tu veux
puisque ta mère est trop têtue pour m'écouter.
Françoise,
fais attention Ă toi et Ă ta famille.
Allez, on y va.
- Tu viens ? - Il est gentil, l'écureuil.
Tu viens ?
- Viens, on laisse ça. - On reviendra vite.
- Il est trop bien, notre cousin. - Oui, super.
Et vert des prés, 18.
[Muriel] - Euh, 24. - Bonjour.
Bonjour.
Je vous sers quelque chose ?
Un Get 27 avec de la glace pilée, s'il vous plaît.
- Désolée, on n'a pas ça ici. - Attends, Christine.
- Je m'en occupe. Bonjour. - Bonjour.
Je vous ai entendu, on n'a pas de Get 27 mais j'ai ramené
une très bonne vodka d'Annecy. Un Bloody Mary, ça vous dit ?
Va pour un Bloody Mary.
Radio FM. 81.3 C'est le cœur de la Savoie.
["Lucie", Pascal Obispo]
Je vous laisse vous servir le jus de tomates.
D'accord.
Servez-vous un verre.
Non, pas pendant que je travaille. Merci.
Bonjour, je suis Muriel Personnaz, la fille du patron.
- Enchanté. - Vous avez déjà rencontré
mon frère, Philippe. C'est lui qui vous a donné la clé du chalet.
- Ah, d'accord. - Bienvenue Ă Valmoline.
Merci.
Jean-Louis Rodier. Écrivain et chômeur. Surtout chômeur.
[Étienne] Muriel ?
- Muriel ? Viens voir. - Mais attends, je suis occupée.
♪ Lucie Lucie dépêche-toi ♪
♪ On ne vit On ne meurt qu'une fois ♪
♪ Et on a le temps de rien ♪
♪ Que c'est déjà la fin ♪
♪ Mais c'est pas marqué Dans les livres ♪
Qu'est-ce qu'il lui prend ?
♪ Le plus important à vivre ♪
Get done. Get done.
Get done.
C'est quoi, cette merde ?
Ah !
[musique intrigante]
[Manu] Adèle ?
[Manu] Tu es lĂ ?
Je suis prĂŞte.
Je t'avais préparé un petit-déjeuner au lit.
J'ai pas envie de rester au lit. J'ai plein de choses Ă faire.
- Ah oui ? - Oui.
Et comme quoi ?
Pour commencer, j'adorerais que tu me montres le village.
- Que tu me parles de ton enfance. - Oui.
- Que tu me montres les endroits oĂą tu allais te promener
avec ta si belle, si intelligente, si merveilleuse Alice.
- On y va ? - Non, mais...
Oh, regarde.
Elle est toujours lĂ . C'est dingue.
Bah, tu vois, c'est Alice et moi
avec l'aide de Milou, son père, qui l'avons construite.
Ça nous a pris tout un été il y a plus de 20 ans. Tu te rends compte ?
C'était notre endroit.
On venait goûter, lire. On passait des dizaines d'heures ici.
D'ailleurs, c'est ici
qu'Alice a embrassé un garçon pour la première fois.
C'était pas toi ?
Ah, non.
- Tu as fini par venir ? - Bonjour, Alexandre.
- Tu nous as fait peur. - Tu dois savoir ce que tu fais.
Pardon ? Qu'est-ce que je dois savoir ?
Vous devez me confondre avec quelqu'un d'autre.
C'est Adèle, ma fiancée.
C'est la première fois qu'elle vient à Valmoline.
Tu as vu ses yeux ? C'est qui, ce type ? L'Ogre du Petit Poucet ?
Quand on était gosses, on l'appelait Barbe-Bleue.
C'est l'ermite du village.
Mais il m'a parlé comme s'il me connaissait.
C'est bizarre ça, non ?
- Qui lui a parlé de moi ? Philippe ? - Non, je pense pas.
Il est bizarre, ça date pas d'hier. En fait, c'était un grand mathématicien.
Je vais faire un tour.
- Françoise ? - Oui.
Ça y est.
Ta ligne est branchée.
Tu n'auras plus besoin d'appeler du bar.
Merci. Est-ce que tu as le numéro d'ici ?
Oui.
Ça m'a fait tout drôle de te revoir après tout ce temps.
J'ai souvent pensé à toi, tu sais,
à ce qu'il se serait passé si tu étais restée.
Ton père et toi, je vous remercie pour le chalet.
Ça nous rend bien service.
- Et puis, j'ai eu une idée. - Ah oui ? Quoi ?
Si on aménageait le chalet, il y aurait de quoi loger
une quinzaine de randonneurs, non ?
Il suffirait de faire quelques chambres en plus,
de repeindre, refaire la cuisine,
mettre un peu de pub dans la presse régionale.
Oui, tu as raison. C'est pas une mauvaise idée.
Je peux en parler à mon père, si tu veux.
On se chargerait des travaux, Jean-Louis et moi. Ça nous fait pas peur.
J'adore ton énergie.
T'as pas changé, tu sais ?
C'est toi que j'aurais dû épouser.
Attends, que les choses soient bien claires, Philippe.
Je suis mariée et j'aime mon mari.
OK.
OK, OK. Donc, vous ĂŞtes sur la mĂŞme longueur d'onde.
Ça veut dire quoi, ça ?
Rien.
Rien du tout.
- AllĂ´ ? - AllĂ´, maman ? C'est moi.
- Françoise. - Ça y est, j'ai enfin une ligne.
- Tu vas pouvoir m'appeler quand tu veux. - Super.
- Tu notes ? - Oui.
- Ça doit être ici. - Oui.
Bonjour.
Bonjour.
Je voudrais savoir
si vous pourriez me fabriquer une bibliothèque pour mon bureau.
- S'il vous plaît ? - Tu me lâches.
- Tu vois pas que je suis occupé, là ? - Qu'est-ce qu'il se passe ici ?
C'est pas compliqué ce que je demande. C'est bien une menuiserie ici ?
Non. Une ébénisterie, je suis ébéniste.
C'est vous qui logez au chalet des glaces ?
- Oui, depuis quelques jours. - Je sais pas si votre femme vous l'a dit
mais elles étaient copines avec ma femme, quand elles étaient petites.
Je l'ignorais.
- Tu dois avoir l'âge de ma fille Alice. - J'ai treize ans.
C'est ça. Bon, dis-moi, tu es bon à l'école ?
- Ça va. - Tu pourrais m'aider pour les maths ?
Oui, d'accord.
- Tu lui offres un verre de limonade. - Oui.
- À tout à l'heure. - À tout à l'heure.
- Ça vous dérange pas ? - Pas du tout.
Ça le fera réviser, lui aussi.
- Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? - J'ai besoin d'une bibliothèque.
Je vous ai fait un schéma, là , avec les cotes.
Ça a pas l'air bien compliqué.
Je vous fais ça en pin massif ? C'est des planches de récup.
Oui, très bien. Merci.
Une bibliothèque. Connard !
T'as dit quoi, lĂ ? T'as dit quoi, lĂ ?
- C'est bon. - Non, c'est pas bon.
Si tu veux travailler chez moi, t'insultes pas les clients.
Compris ?
Tu vas voir les systèmes d'équations du premier degré à une inconnue,
- ce n'est pas très compliqué. - On s'en fiche des équations. Viens.
Je vais te montrer quelque chose.
- Quoi ? - Tu verras bien.
Allez, viens.
- Vous avez besoin d'aide ? - Non, ça va. Merci.
Vous devez vous ménager.
Manu nous l'a bien dit.
Il exagère, Manu. Je suis pas malade, je suis juste enceinte.
- Vous avez des enfants, vous ? - Non.
Ce chalet appartient depuis toujours Ă votre famille ?
Oui. Mes parents, mes grands-parents ont habité ici.
Et le village a périclité dans les années 80.
On l'aurait bien vendu mais avec la fermeture de la scierie,
ça n'intéressait plus personne.
Personne n'y a habité depuis ?
Pas vraiment.
C'était trop compliqué de tout remettre aux normes.
- C'était un gouffre. - Pourquoi vous avez changé d'avis ?
C'est Philippe. Il s'est mis dans la tĂŞte de faire revivre le village.
Il veut faire honte à tous ceux qui ont déserté Valmoline.
Il imagine déjà les maisons abandonnées
transformées en gîtes luxueux réservés six mois à l'avance
et un restaurant gastronomique qu'on construirait au-dessus.
Vous avez pas l'air d'y croire des masses.
Je sais pas. C'est pas parce que c'est beau
que les gens vont rappliquer par centaines.
Vous avez vu, il faut des heures de route pour venir jusqu'ici.
C'est pour ça que les gens sont partis quand il y a plus eu de travail sur place.
D'accord, c'est très beau, c'est très calme.
C'est trop calme.
Et puis, un village sans commerce, sans école,
c'est plus un village.
Ça fait combien de temps que le chalet est inhabité ?
Vingt ans.
Mes parents ont bien essayé de le louer
mais les locataires ne se sont pas éternisés.
Vous vous souvenez d'eux ?
Pas vraiment. Pourquoi ?
Je pense que les maisons ont chacune leur personnalité
et ça dépend pour beaucoup des gens qui ont habité dedans.
Excusez-moi mais il faut que j'aille m'occuper du ravitaillement
parce qu'avec nos gaillards qui arrivent ce soir, il faut qu'on assure.
Voilà , il faut juste mettre ça.
VoilĂ .
Tu te souviens de comment c'était ici avant les travaux ?
Là , c'était la remise.
Ă€ la place des chambres du bas, il y avait la grange
et les chambres étaient en haut.
Quand il y avait des gens dedans, tu te souviens ?
Oui.
J'avais dans les treize ans. Une famille était venue s'installer ici.
Tu te souviens d'eux ?
Je me souviens du fils. Il avait à peu près mon âge.
- Il s'appelait Julien. - Et les parents ?
Non, les parents, je m'en rappelle pas.
- Toi et Julien, vous étiez potes ? - Oui, on avait sympathisé.
Mais c'est lui, le garçon qu'Alice a embrassé dans la cabane.
Et oui.
C'est drôle comme ça me revient. Ils sont pas restés longtemps.
Un mois, peut-ĂŞtre deux. Ils sont partis sans mĂŞme nous dire au revoir.
Ils sont partis brusquement. T'as pas su pourquoi ?
- Non, on les a jamais revus. - Et Alice,
elle n'a pas eu de nouvelles ?
Non.
Non, elle s'est sentie trahie. Elle était inconsolable.
Elle est trop cool, cette cabane. C'est toi qui l'a construite ?
Oui, avec mon père.
Une fois, on a mĂŞme dormi ici avec Manu.
- Tu sors avec lui ? - Non, c'est mon meilleur ami, c'est tout.
Il habite en ville mais il passe ses vacances ici.
- Il arrive quand ? - Dans deux jours.
[Thierry] - Il y a l'air d'avoir personne. - Chut.
[Sébastien] Je fais que de te dire qu'il y a personne. Ça sert à rien.
Fais pas de bruit. Ils font peut-ĂŞtre que passer.
- Qui c'est, ils ? - Chut.
[Thierry] - Il y a personne. On bouge. Il y a personne.
[Sébastien] Je vais la démonter, cette cabane de merde.
[Laurent] Si Manu te chope à faire ça...
[Sébastien] J'ai pas peur de lui.
[Laurent] Quand il est pas lĂ . Quand il est lĂ , c'est pas la mĂŞme chose.
[Sébastien] La ferme.
[Thierry] Bon, allez, on bouge. Il y a personne.
[Sébastien] Y a quelqu'un ?
C'est toi, Alice ?
Alice, c'est toi ?
Qu'est-ce que tu veux, Sébastien ?
J'étais tranquille en train de réviser mes maths.
Et Alice ?
Vous avez parlé avec Alice ?
Elle pourra vous parler d'Adèle.
Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Elle vous en a pas parlé, c'est ça ?
Elle aussi, elle dit que je fabule ?
C'est pas possible. Je vous crois pas.
Attendez.
Elle est pas morte ?
Elle va bien ?
Dites-moi qu'elle va bien.
Vous la connaissez depuis quand ?
On se connaît depuis toujours.
Elle est spéciale, Alice. Elle a quelque chose de...
Elle est pas comme toutes les autres filles.
On dirait que vous êtes très attaché à elle.
Oui, oui.
On est... On est carrément
des super potes. Elle vous l'a pas dit ?
On est sortis ensemble quand on avait quinze ans et lĂ ,
quand je l'ai revue avec son connard de cuistot, j'ai...
Ah oui ?
J'ai bien vu qu'elle m'avait pas oublié.
On a craqué, tous les deux,
parce ce qu'il y a...
Il y a toujours eu quelque chose entre nous,
quelque chose de magique.
Tu révisais tes maths ?
- Tu étais en train de te toucher ? - Dégage.
- Tu me parles pas comme ça. [Julien] - Fous-lui la paix.
- Tu révisais tes maths ? - Lâche-la.
Tu es qui, toi ? Cassez-vous !
Casse-toi, Sébastien !
Toi, on se reverra.
Pauvre type.
La honte.
[Laurent] Le cador des bacs Ă sable.
Il faut que tu fasses gaffe Ă lui. C'est un serpent.
[musique douce au piano]
Maman ?
Papa ?
Papa ?
[musique triste]
[Muriel] Je vis Ă Valmoline et je m'occupe du bar
et il y a peu de chances que ça change un jour.
[Olivier] Du coup, moi ce que je me dis, c'est qu'on reste sur la valeur qu'on a
et puis, on voit comment ça évolue sur 48 heures.
Le TER en provenance de Grenoble
et à destination de Chambéry-Challes-les-Eaux
va rentrer en gare voie une. Éloignez-vous du bord du quai.
Je comprends pas. J'arrive pas Ă trouver Gaspard.
Il doit ĂŞtre encore chez lui en train de cuver.
Mais non, je suis passée devant sa maison. Son 4x4 n'y est pas.
Tu as été jusqu'à chez lui ? Tu es en manque, dis donc.
ArrĂŞte, je couche pas avec Gaspard. Merci.
Tu devrais. Ça te ferait du bien.
Il m'avait promis qu'il m'accompagnerait faire les courses.
Il doit être en train de dormir dans un fossé entre Chambéry et ici.
HĂ© ! HĂ© ! Alice.
- Ça va ? - Oui.
- Salut, toi. - Coucou.
- Ça va ? - Oui.
Qu'est-ce que tu es beau ! Et puis, tu as l'air en forme.
Je te présente Fabio.
- Fabio, c'est Manu. - Salut, Fabio. Enchanté.
Le fameux Manu.
Je suis heureux que vous soyez lĂ . Merci.
Laurent ? Attends.
- Adèle nous attend là -haut. - J'ai hâte de la rencontrer.
- Ça va et toi ? - Très bien.
- Bonjour. - Bonjour.
Tiens, donne-moi ça. Vous avez fait bon voyage ?
- Très bien. [Philippe] - Bonjour.
- Salut, papa. Ça va ? - Très bien.
- Ça va ? - Bonjour, beau papa.
Je te présente mon futur associé.
- Olivier Salvet. - Bonjour, monsieur.
- Enchanté. - Et sa compagne Mathilde.
- Enchantée. - Et Léonore.
Laurent m'a beaucoup parlé de vous
et de votre intérêt pour nos projets de rénovation.
- Oui. - Allez, attends.
- On a plein de temps. [Alice] - Laurent.
- Erika. - Voilà , Sébastien.
Enchanté.
Toujours Ă la bourre.
- Bonjour. Tiphaine. - Fabio.
Alors, les mecs.
[Manu] - Oh, la vache. [Sébastien] - Salut, les mecs.
- Salut, Sébastien. - Salut, Philippe.
- Ça va ? - Oui.
- Tu vas bien ? - Salut.
[Philippe] - Bonjour. [Maud] - Bonjour.
Ça fait un bail.
- Comment ça va ? - Bien et toi ?
Je vous présente Maud C'est ma gonzesse, elle est actrice.
- Salut. - Salut.
- Salut, Alice. - Manu.
- Salut. - Maud.
Je te présente mon compagnon. Fabio.
- Salut. - Salut.
Et Sébastien, un ami d'enfance
- de Thierry et Laurent. - De toi aussi un peu, quand mĂŞme.
- Bonjour. - Bonjour.
On se retrouve en haut.
[Manu] Alice, Fabio, je vous prends ?
[Laurent] - Il est pourri ton logo, papa. [Philippe] - Pardon ?
[Tiphaine] Il est très bien, ce logo. Tu exagères.
[Philippe] Il est très bien ce logo. Allez, qui monte avec qui ?
[Laurent] Thierry, tu montes devant ?
Vous essayez de suivre, les mecs ?
Tu connais le chemin.
[musique inquiétante]
Ça va ?
Tu sais quoi ? Je suis Ă deux doigts de te demander de faire demi-tour.
- Non, tu me fais pas ça. - Tu m'as menti.
Écoute, je suis désolé. Je t'ai pas tout dit mais je t'ai pas menti.
Joue pas sur les mots, s'il te plaît.
Philippe m'a dit que Sébastien avait beaucoup changé.
Oui, c'est ça, oui.
Depuis la mort de mon père, je me suis jurée
de plus jamais refoutre les pieds Ă Valmoline.
Pourquoi vous m'avez fait changer d'avis, tous les deux ?
J'avais envie de voir oĂą tu as grandi, mon amour. C'est normal, non ?
Je veux personne d'autre que toi comme témoin à mon mariage.
Si tu t'en vas, j'annule tout.
Mais ça, c'est du chantage.
- Toi aussi, tu as changé. - Non mais écoute, ma vie sera foutue.
Ça sera de ta faute, c'est pas grave. Je m'en remettrai.
Ça te fait marrer, toi ?
OK, mais il a vraiment pas intérêt à me faire chier.
T'inquiète pas. Il est venu voir ses potes, il t'emmerdera pas.
Tu peux m'expliquer pourquoi tu le détestes autant.
C'est le pire connard que j'ai jamais connu.
Tu te souviens comment tu l'appelais ?
Le serpent.
[musique douce au piano]
Jean-Louis ?
Jean-Louis ?
- Qu'est-ce que tu fais ? - Rien. Je venais te demander
si tu peux m'aider Ă pousser un meuble parce que je voudrais commencer Ă peindre.
Trois mots en une semaine. Qui dit mieux ?
- T'en fais pas. Ça va venir. - Qu'est-ce que tu en sais ?
Tu écris, toi ? Tu sais écrire ? Tu crois que c'est facile ? Vas-y.
Prends ma place, je t'en prie.
Jean-Louis, tu as déjà écrit un livre et c'était un bon livre.
Je racontais ce qui m'était arrivé. Trente ans de vie d'un coup. Facile.
Le problème, c'est qu'il m'est rien arrivé depuis.
Nada. Zéro. Donc, plus rien à écrire. CQFD.
Jean-Louis, arrĂŞte.
Putain, ta vie est si merdique avec nous ? C'est ça que tu essaies de me dire ?
Non, ça n'a rien à voir avec vous.
Tu vis avec un raté, Françoise.
Je suis nul. Je suis incapable d'écrire, je le sais.
On ferait mieux de retourner Ă la civilisation.
Au moins, je pourrais trouver un vrai boulot
parce que ton histoire de gîte à la con, ça non plus, ça marchera pas.
Si tu veux, je t'aiderai à monter après.
Si je racontais votre vie, par quoi je devrais commencer ?
Je sais pas. C'est si peu intéressant, ma vie.
Dites pas ça. Quand on vous voit,
on sent que vous êtes une jeune femme passionnée.
Si vous pouviez faire ce que vous voulez, qu'est-ce que vous feriez ?
Je me pose pas ce genre de question.
Je suis née à Valmoline, je vis à Valmoline,
je m'occupe de ce bar et il y a peu de chances que ça change un jour.
- Vous avez déjà voyagé ? - Oui.
Un peu avec l'école.
["En amour", Samuel Hercule]
Ça doit être bien d'être écrivain. On est libre.
J'ai écrit un livre. Ça fait pas de moi un écrivain.
Un écrivain doit être capable d'écrire un deuxième livre
et moi, j'arrive même pas à le commencer. Ça fait deux ans que j'essaie.
J'ai pas d'idée, pas de sujet. Un grand vide tout blanc.
Vous voulez pas ĂŞtre mon sujet ?
Le livre commencerait comme ça :
"Je vis Ă Valmoline et je m'occupe du bar.
"Et il y a peu de chances que ça change un jour."
C'est un joli début, non ?
Vous vous moquez de moi. C'est pas gentil.
Non, je me moque pas de vous. Je suis sincère.
Bonsoir.
Qu'est-ce que tu veux, Étienne ?
Viens voir.
Je t'emmène ce soir à Chambéry.
Il y a une nouvelle boîte qui vient d'ouvrir. Le Tiffany.
Il paraît que c'est vraiment super.
- Tu es d'accord ? - Non.
Je crois que je vais rester ici. J'ai pas envie de sortir.
♪ Des tableaux Devant la glace ♪
♪ Des toujours demain ♪
♪ Moi qui t'embrasse Et toi qui ne dis rien ♪
C'est à cause de lui que tu dis ça ?
♪ Ton visage qui s'efface ♪
Tu ferais mieux de partir.
♪ Disparaît en moi Une ombre passe ♪
Merci de ne pas être entré dans son jeu.
- C'est votre petit ami ? - Pas du tout. Ça va pas ?
Excusez-moi, je voulais pas ĂŞtre indiscret.
♪ En amour Tout se paye un jour ♪
En tout cas, il a l'air de tenir Ă vous.
Et je peux le comprendre.
♪ En amour Tout se paye un jour ♪
C'est sublime, cette montagne.
Elle est tombée enceinte super vite, non ?
Bah, oui, c'est arrivé un peu tôt mais tant mieux.
Décidément, tu changes pas.
Toujours tant mieux, jamais tant pis.
Fais gaffe, les mecs toujours souriants, toujours positifs
comme ça, c'est louche.
Un jour, on retrouve toute leur famille enterrée sous la terrasse.
Tu crois que je peux pas être un bon père ?
Mais bien sûr que si. Je déconne.
["Comptez jusqu'Ă trois", Samuel Hercule]
♪ Comptez jusqu'à trois Messieurs Mesdames ♪
♪ Et l'un de vous disparaîtra ♪
Ça va ?
♪ Jamais on ne le reverra ♪
♪ Entrez dans la ronde ♪
♪ Méfiez-vous du monde ♪
Bordel.
♪ Cachez-vous vite Avant qu'il n'attaque ♪
♪ Un deux trois ♪
♪ N'attaque ♪
♪ Un deux trois ♪
Je voudrais porter un toast Ă Valmoline.
♪ Comptez jusqu'à trois Messieurs Mesdames ♪
On est sortis ensemble, elle me kiffait grave.
♪ Un deux ♪
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