All language subtitles for Des Vivants, Episode 6

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Original subtitles

...

-Il y avait cette femme...

-Montre ta ceinture. C'est bon, avance.

-Il faut savoir gérer l'échec.

Le stress aussi.

Merci d'être venu, monsieur.

-J'avale des trucs que je devrais pas.

Je parle à tout le monde.

J'imagine des trucs qui me font du mal.

-Le type parle avec toi pendant 1h30

et il te déclare que tu seras consolidé

dans 3 ans.

-Abracadabra ! Tu te rétabliras dans un an, 2 mois et 27 jours.

-J'ai envie d'inventer.

De composer des images.

-Les textos entre le terroriste et sa mère sont toujours là.

-Vous avez des enfants ? -Non, on essaie.

On doit passer par une FIV.

-Je te voyais, tu étais comme ça dans le vide.

*-Julien a menti. Tout est bidon.

-Greg.

Ca va ?

-C'est là.

-C'est là-bas ? -Ouais.

-Pardon.

-Hey ! -Hey, hey.

-Ca va ? -Ouais, ça va.

Et toi ? -Ca va.

*-5e étage.

-Putain, c'est pas vrai.

Allez !

Bonjour. -Bonjour.

-Je cherche la chambre 23. -Non, ils sont déjà trop nombreux.

Monsieur ! -Ils sont là. S'il vous plaît.

Merci.

Désolé.

Salut.

-On sait combien de temps elle va rester comme ça ?

-Ils la réveilleront quand ses constantes seront bonnes.

Elle a fait une détresse respiratoire aiguë.

Elle est hors de danger.

-Elle a souri !

Je l'ai vue ! Elle a souri ! -Arrête, c'est impossible.

-Si, je te jure.

Elle se fout de nous.

Elle nous a vus derrière la vitre, alignés comme des pantins.

Elle a souri.

Elle s'est toujours foutu de notre gueule.

Y a pas de raison que ça s'arrête, même en réa !

...

-On peut pas lui parler ? *-C'est un peu tôt.

-Tu l'embrasses dès qu'elle se réveille.

Et tu me préviens ! *-Sans faute.

-J'aurais aimé être avec vous mais je peux pas venir à Paris.

J'ai plus une thune.

*-Apelle-la dans quelques jours. -Ouais, promis.

Salut. *-Je t'embrasse.

-Ciao.

-Vous êtes bien ? -Ca va, merci.

-L'EMDR, c'est une stimulation sensorielle.

On fait des mouvements oculaires.

Ca permet de lâcher prise et de revivre un traumatisme.

Vous êtes avec un médecin, dans un environnement "secure".

Vous revivrez l'événement

sans vous faire déborder par les images, les sons.

Vous les apprivoisez.

Ca peut beaucoup vous apaiser.

-D'accord.

Excusez-moi, mais il y a un malentendu.

Quand je suis sorti du Bataclan,

j'étais euphorique.

J'avais une pêche...

Une énergie, du délire... Comme un shoot.

J'allais pouvoir tout faire. Plus rien ne m'en empêcherait.

Et...

Je me suis jamais senti aussi fort et aussi vivant.

-C'est lié au traumatisme.

-C'est ça que je veux retrouver. Cette force.

J'ai pas envie d'être apaisé, au contraire.

Je suis désolé.

-Vous voulez pas qu'on creuse la question ?

-J'avoue, c'est tentant, mais ça va pas le faire.

Je veux pas qu'on m'enlève l'inquiétude.

Je veux pas ressembler à tout le monde.

Au revoir.

-Il y avait un arrivage de coquilles Saint-Jacques !

-Tu as pensé à me quitter ?

-Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ?

-Non ? T'y as pas pensé ?

Après un choc pareil, on a envie de tout bazarder.

De changer de vie, de femme.

C'est une tentation. -De quoi tu parles ?

-C'est bien toi, là, devant le Bataclan ?

*-Après un traumatisme pareil, on a des envies d'ailleurs ?

*-C'est vrai qu'on peut avoir envie de tout bazarder.

*Changer de vie, de boulot, de femme...

*Tout reprendre à zéro.

*Laisser une chance à l'inconnue. C'est une tentation.

C'est vieux, c'est des conneries. C'est des trucs de journalistes.

Gâche pas la soirée.

-C'est pas plutôt ma vie que tu étais en train de gâcher ?

Réponds-moi !

Sans moi,

tu aurais fait quoi ?

Tu pouvais plus rien faire ! Sans moi, tu aurais fait quoi ?

-Tu as raison.

Je sais ce que je te dois. Jamais j'ai pensé à te quitter.

C'était une interview vite fait, après le 1er anniversaire.

Je parlais pour parler. J'en ai fait je sais pas combien.

Ce que je dis, c'est théorique.

-C'est théorique ?

-Une idée qu'on dit comme ça. C'est pas réel.

Et d'où tu sors ça, d'abord ?

-C'est Mado qui me l'a envoyé.

-Super. La bonne copine.

-J'étais effondrée, quand j'ai vu ça.

Tu as pensé à quelqu'un de précis, avec qui vivre l'inconnu ?

-Je te rappelle qu'on attend les résultats d'une FIV.

Tu penses que je suis pas sûr de vouloir vivre avec toi ?

Sans déconner !

Hein ?

Pour qui tu me prends ?

Tu veux bien me faire confiance ?

-On sera mieux ici qu'à la cuisine.

Tous les deux, sans Facebook, sans télé.

Rien que nous deux.

Me dis pas que tu as prévu autre chose ?

-C'est prévu depuis longtemps. Avec Jeff, on doit répéter.

Je peux pas annuler.

-Pourquoi tu me préviens pas ? Je comprends pas.

On est ensemble ou on n'est pas ensemble ?

J'ai besoin de savoir. J'ai besoin que tu t'engages.

-Mes soirées, c'est mes soirées. Personne me dit quoi en faire.

-Tu vas me laisser toute seule alors que j'ai préparé tout ça ?

-Je t'ai rien demandé.

Ca m'étouffe, tes dînettes !

J'ai l'impression que tu veux m'enfermer.

Je me barre et je reviendrai pas. Sauf pour reprendre mes affaires.

Salut.

-Coucou ! Elle est déjà en ligne, vas-y.

*-Au début, j'étais dégoûtée que la bouffe sente rien.

*Mais...

*Grégory ! -Coucou.

*-Tu es beau comme ça ! C'est un nouveau costume ?

-Comment ça va ?

*-Je râle, c'est bon signe.

-Ca va ! On te reconnaît ! -Pourquoi tu râles ?

*-J'en ai marre de l'odeur de l'hôpital,

*de la bouffe de l'hôpital,

*du temps qui passe pas...

*Mais autrement, ça va !

*Non, mais...

*En fait, ça va pas du tout. -Pourquoi ?

*-Je suis hyper en colère.

*Je regarde les débats de la présidentielle.

-Oui, mais là...

*-Ca me rend dingue

*de les voir récupérer les victimes du terrorisme.

*Vous l'avez entendue, l'autre imbécile,

*déclarer qu'avec elle, il y aurait pas eu d'attentats ?

-Ouais. -Oui.

*-Comment elle peut dire ça ?

*Ca m'a fait pleurer.

-On est comme toi. *-Et y a pas qu'elle.

*Déjà que je suis un peu seule

*et que je dérouille, avec le kiné,

*s'il y a des cons qui essaient de me faire jouer un rôle,

*je vais pas tenir.

-Lâche. Epargne-toi. Bouquine.

*-Mais vous êtes d'accord ?

-Evidemment. -Dégoûté, pareil.

-Il y en a qui sont plus dignes que les autres.

-Tu vas te faire chambrer, je te le dis direct.

Tu vas te faire démonter ! -Tu la connais pas ?

*-Non mais Grégory !

*Toujours aussi raisonnable !

*Tu sais toujours faire la part des choses.

*Tu me manques. -Tu as besoin d'un punching-ball ?

*-Ouais, voilà !

*Bon, il y a pas quelqu'un qui a une histoire à me raconter ?

*Une bonne nouvelle ?

-Rien de spécial. La vie normale.

-Moi, j'en ai une, mais ça concerne que moi.

-C'est pas grave, vas-y !

-Dassault m'a rappelé. Ils m'ont pris.

-Non ? -Trop chouette !

-Mais c'est génial !

-C'est là que je voulais être.

-Heureusement que tu es là,

sinon on l'aurait jamais su !

*-C'est génial !

*C'est génial !

*C'est une super nouvelle. Je suis contente pour toi.

*Je vais plus penser qu'à ça. C'est pour ça, le costume !

-Ah oui, bien joué !

-Il est plus cher, celui-là. -J'ai investi.

*-Arnaud ?

*Va acheter du champagne, on va trinquer !

-Carrément ? -Allez, go !

-J'en ai pour 5 mn, c'est juste en bas.

Sors tes gobelets de l'hôpital en plastique.

*-Je vais vous regarder picoler ! Allez-y !

-T'inquiète.

On va descendre 2 bouteilles. Tu boiras par procuration.

*Caro tousse. Respire ! Bois un coup !

*-C'est génial.

-On a hâte de te voir.

*Elle continue de tousser.

*-Pardon.

-Mado ?

On peut se voir ?

Oui, quand tu peux.

Merci, à toute.

Même le médecin avait l'air effondré.

Il pensait que ça fonctionnerait.

Il va falloir que je m'y fasse. -Mais non, ça va finir par marcher.

-Je suis fatiguée.

J'aurai jamais d'enfant, c'est tout.

Stéphane, c'est pas pareil. Il a ses filles.

Elles sont là souvent. Ca lui fait très plaisir.

-Tu lui as pas dit ?

-Il a assez à faire avec lui-même.

Il a pas besoin de me voir pleurer en plus.

Je vais rester toute seule avec ce chagrin.

Quelqu'un entre.

-Tu dors pas ?

Oh, salut.

Tu es là. -Je vais y aller.

-Je savais pas que tu devais venir. -(Je vais vous laisser.)

-Merci, Mado.

-Salut, Stéphane.

-Salut.

La porte claque.

-C'était sympa, avec Mado ? -Ouais.

-T'éteins pas ?

-Ca a pas marché, la FIV.

-Je suis désolé.

Désolé.

Tu tiens le coup ?

-Ouais, bien sûr.

On aura essayé.

Ce qui est bien, c'est qu'on l'a fait ensemble.

Et puis c'est la vie.

Je vais me débrouiller.

-Allez, madame, on y va. -Merci.

-Je vous tiens.

On va se mettre sur le banc.

Je vais vous tenir les jambes.

Voilà. Ca va ? -Très bien.

-C'est bon ? -Oui.

-Allez, on y va.

-Je reviens vite.

-T'as intérêt.

Alors là, y a pas moyen !

Tu vas voir la mer, c'est bien. -L'océan.

-L'océan.

-Alors ?

-Elle part en rééducation à Biarritz,

pendant plusieurs mois.

Ca va durer longtemps, mais ils sont confiants.

Elle va remonter la pente.

-Bisous, Stéphane.

-C'est bon pour moi. -Vas-y.

-Elle va pouvoir remarcher ? -Ca, on sait pas.

Là, l'important,

c'est qu'elle retrouve un peu d'autonomie.

Attendez !

On voulait lui dire au revoir. -Allez-y.

-Je t'appelle, hein ? -Oui.

A très bientôt.

Je vous aime.

-On y va.

-Merde ! -Fais-lui un bisou !

Avant qu'elle parte ! Vas-y !

-Caro !

A bientôt !

-Bonjour. -Allez-y, montez.

-Merci !

C'est sympa, merci beaucoup.

*-Je me sentais bizarre.

*J'ai eu froid.

*Comme un pressentiment.

*La voiture du terroriste est arrivée sur le pont de Londres.

*J'ai pas bougé.

*Comme si j'étais déjà morte.

*C'est pas moi qui suis morte, c'est mon ami.

*Celui que j'aimais.

*Il a été projeté dans la Tamise.

*Moi, j'ai valdingué sur le trottoir.

*Je me souviens juste des gens penchés sur moi,

*quand je me suis réveillée.

*6 mois d'hôpital et quelques opérations plus tard,

*me voilà à Life for Paris.

*Le coeur à l'envers.

*J'ai le coeur à l'envers.

*Tu comprends ?

-Je suis impressionné par la manière dont tu racontes.

Moi, j'ai pas été blessé, j'ai pas souffert autant que toi,

mais je sais pas si j'arriverai à être aussi paisible un jour.

*-Je suis pas paisible.

*Plein de choses s'agitent, à l'intérieur de moi.

*Ca me fait du bien de te parler.

*Tu viens souvent sur le site ? -De Life for Paris ? Oui, souvent.

On va s'y recroiser.

Là, je suis dans le Nord.

J'ai trouvé un boulot tranquille, loin de chez moi.

Ici, personne ne sait que j'étais au Bataclan.

*-Je comprends.

*Salut, Sébastien. C'est Sébastien ?

-C'est ça.

*-Ciao. -Ciao.

La 2e frites, je te mets quoi comme sauce ?

Ketchup ou mayo ? -Ketchup.

-Mayo !

-Pour l'autre, ce sera mayo.

-Et voilà 9.

Belle journée. Merci. Au revoir. -Merci à vous. Bonne journée.

-Bonjour. -Bonjour.

-Tu as des bouteilles de bière ? -Tu en veux combien ?

-Tu me mets 2 packs de 6.

-18, s'il te plaît.

-On se connaît, non ? -Tu dois confondre.

-Si, ta tronche, je l'ai déjà vue, j'en suis sûr.

-On se connaît pas, je te dis. OK ? -OK, OK.

Tout va bien.

On s'en fout. Maintenant, on se connaît.

-Bonjour.

-Bonjour. Un burger, s'il vous plaît.

Et toi, tu prends quoi ? -Un sandwich au poulet.

Musique techno.

...

-Fais monter la sauce, bébé !

...

Allez !

Yeah !

...

-Fais boire. -Vas-y, c'est de la bonne.

Ca te chauffe, hein ? Putain, ça te chauffe !

Vas-y, ma poule !

...

-Vas-y, fais tourner.

Vas-y, fais tourner.

-Tiens, essaie ça, c'est cool.

-C'est quoi ? -Du bonheur.

-C'est quoi ?

Putain, tu as des para ?

...

-N'hésitez pas à vous lancer

dans le travail de contraste.

Ca va donner de la profondeur à votre dessin.

Pensez à toutes les techniques qu'on a vues ensemble.

Par exemple, là, vous pouvez ombrer cette partie-là.

On est fixé dessus, on voit plus l'ensemble du sujet.

-Waouh !

C'est beau.

-Sortir un peu du trait.

Regardez plus souvent le sujet.

-Bon, salut, les amis. Moi, je vais tout droit.

Salut. A demain. -Ouais, à demain.

-Salut, mec. Ciao. A demain.

-Salut.

-Tu tapes un coup sec. Hop ! Voilà !

-Je peux faire l'autre ? -Bravo, Zoé !

-Tu mets pas de coque dedans. Superbe ! Magnifique !

Allez, hop, on se dépêche.

Je vais mettre le chocolat.

Voilà.

Et c'est parti ! On bat les oeufs !

Hop, hop, hop, hop, hop !

Hop, hop, hop, hop !

-Après, je fais quoi ?

-Si on arrête là, c'est une omelette.

Nous, on veut... -Tu m'en as mis dans l'oeil !

-Gâteau !

Beau gâteau ! -Un gâteau pour...

-Maman ! -Oui !

Fontaine de chocolat.

Regarde ! Zoé ! Zoé ! Regarde la fontaine de chocolat !

Vas-y, mets ton doigt.

Non, pas trop haut !

-Guili ! -Non ! Arrête ! Arrête !

Bon, d'accord, si tu veux.

-Super.

Ca va être le meilleur gâteau qu'on ait jamais fait.

-T'en as pas fait beaucoup. -Quand même.

On se fait un câlin. Super câlin !

Guili-guili ! -Non ! Pas les guili !

-Tenez, c'est pour vous.

-C'est gentil.

-C'est notre dernière séance. Je veux fêter ça.

-Vous décidez ça tout seul ?

-Je me suis jamais senti aussi bien.

Je vais pas faire semblant.

J'ai commencé à écrire un bouquin sur mon expérience.

Ca libère tellement, d'écrire ! Ca me fait un bien fou.

J'ai demandé la nationalité française.

Je monte un dossier avec un avocat de Life for Paris.

J'espère qu'ils vont dire oui.

Et j'ai repris la photo.

J'aimerais en faire mon métier. Ca me plaît tellement.

Je crois que c'est mon regard qui a changé.

C'est grâce à vous.

J'oublierai jamais ce que vous avez fait pour moi.

S'il vous plaît.

-J'entends bien ce que vous dites et je m'en réjouis,

mais je me demande si c'est pas un peu prématuré.

Il reste des choses en suspens.

-Allez !

Il nous reste une séance, quand même.

...

-On manque d'ambition, M. Herbin.

On devrait élargir la clientèle, viser plus haut.

Oui, je peux vous faire un mémo. Ca fera une base de discussion.

Bien sûr. Je fais ça très vite.

Merci, monsieur. Au revoir.

Ca va pas la tête ?

Tu es fou !

-Louise,

est-ce que tu veux... -Non ! S'il te plaît !

Ca me fait très plaisir,

et je vais dire oui, un jour,

j'en suis sûre,

mais aujourd'hui, c'est trop tôt.

-OK. Je comprends.

Au moins, maintenant, tu sais. -Attends.

M'en veux pas, David.

Je suis pas très sûre de moi. Je me sens fragile.

C'est tout.

-Mais pourquoi ?

-Parce que ça me bouleverse, tout ce que tu as traversé.

J'aimerais me sentir plus solide, même lucide,

au moment de te dire oui.

-Je comprends. Y a pas de problème.

-Ouais ?

On peut peut-être ouvrir le champagne ?

-Ca va pas nous porter malheur ?

-Je vais mettre les fleurs dans un vase.

Elles sont trop belles, merci.

-C'est joli ou pas ? -Ouais, super. Bravo, ma chérie.

Plie bien, pour que ça tienne.

-Là, je l'ai bien mis. -Ouais.

-C'est celui-là que j'ai raté.

-Zoé, regarde comme elle est belle, celle de Nina !

Vers le bas.

On plie bien. Hop, on replie !

Et là... -Voilà !

C'est fini ! -C'est pas mal, le chiffonnage.

A 3, on lâche. 1, 2...

Ah oui ! Ca a beaucoup de charme !

-Moi, j'aime pas beaucoup le chiffonnage.

Maman.

-Salut, chérie.

Tu es belle, dis donc ! -Merci.

-Hou là ! Qu'est-ce que c'est, cette jolie table ?

Qu'est-ce qui sent si bon ? -(Vas-y.)

-Vous m'expliquez ?

-Velouté de potimarron avec un peu de basilic.

-C'est toi qui l'as fait ? -Ouais.

-Waouh ! C'est magnifique !

-Zoé t'a aidée un peu. -Pas beaucoup.

-Mais qu'est-ce qu'on fête ?

-Rien. C'est juste pour le plaisir.

-Tu la trouves jolie,

ma cocotte chiffonnée ?

-Elle est magnifique. Montre-moi.

Waouh ! Elle est superbe.

Tu l'as faite toute seule ? -Oui.

-C'est le début de ta formation, c'est ça ?

-Non, ça fait un moment que j'ai commencé.

-Ah, pardon.

Je suis désolée. -C'est pas grave.

-Ca se passe bien ?

-J'apprends pas grand-chose, mais ça me cadre.

Assieds-toi. -Oui.

-Regarde.

Je sais pas si tu as remarqué les finitions.

-J'ai vu. C'est magnifique. Tout est magnifique.

-Tout est fait par tes filles. -Ca a dû vous prendre du temps.

On fête rien de spécial ? -Non.

Non, c'est comme ça.

-Pour le plaisir.

...

-Prends ton temps.

Très bien.

OK.

C'est bien. Continue.

Déroule, déroule.

Respire.

On y va. Continue.

Voilà.

Fais une pause. Voilà.

OK. C'est bien. C'est super. C'est super, continue.

Essaie de poser bien à plat.

Souffle.

On y retourne. -Ouais.

-Doucement. Doucement.

Pose bien ton pied.

C'est bien, super.

Allez, on continue.

On respire.

Super.

Déroule, déroule.

Allez.

Allez. Prends ton temps. Respire.

OK, on continue.

On déroule.

Parfait.

Ca va, ça va. Respire. On y est presque.

-Sur un dessin de Sempé, c'est...

Un petit bonhomme qui est sur une plage,

devant une mer déchaînée.

Il y a une énorme vague qui se forme devant lui.

Genre 4 m de haut, tu vois.

Et là, le petit homme, très sûr de lui,

il crie à la vague : "Couchée !"

-J'aime bien.

...

-Allez, arrête.

-Tu vois pas que tu fais chier tout le monde ?

-T'es qui, toi ?

-Fais pas chier. Sois tu te calmes, sois tu te casses.

Lâche l'affaire.

Sébastien grogne de douleur.

Je t'avais prévenu.

-C'est un rigolo, ce mec. -Ah !

-Tu veux pas comprendre ?

Toi, donne-moi ça.

C'est quoi le problème ? Tu veux que je te casse les dents ?

Tu veux quoi ?

-Tu touches pas ce mec-là, d'accord ?

-T'es qui, toi ?

-D'accord ? -OK.

-Tu peux pas me la faire à l'envers.

T'es pas juste un paumé. Il y a un truc en plus.

-Je vends des frites, aussi.

Vibreur. Attends.

Pardon.

*-Excuse-moi, je veux pas te déranger.

*Je voulais te dire

*que ça m'a fait du bien de te parler.

*J'ai été faire des courses.

*J'étais pas sortie depuis une semaine.

*Je vais manger des fruits. C'est un peu grâce à toi.

-Je suis content, Christine.

Je suis content, si je peux te faire du bien.

*-C'est gentil, merci.

*Bisous.

-Bisous.

Excuse.

-Ce que je veux dire,

c'est que tu pourrais être en cavale.

Un mec qui fuit, qui a un truc à se reprocher.

Et puis je répète, ta gueule, je l'ai déjà vue.

-Tu as faux sur toute la ligne. C'est pas grave, hein.

Et toi, alors ? C'est pareil.

T'es pas juste un zonard, si ?

D'ailleurs,

personne est "juste" un zonard.

-Je reviens de Syrie.

J'étais dans les forces spéciales. J'ai démissionné il y a un mois.

-Tu t'es battu contre Daech ?

-Ouais.

C'est ça qu'on fait, là-bas.

-Je suis sur le cul. Tu t'es battu contre eux ?

A la kalach' ? -Non.

Eux, ils ont des kalach'. Nous, on a le FAMAS ou le HK416.

-J'étais au Bataclan.

-D'accord.

-Tu m'as peut-être vu à la télé, ou dans les journaux.

C'est ouf qu'on se croise ici !

Qu'on se soit reconnus.

Putain, mec !

Tu as combattu en vrai ! Pour de bon !

Je suis sur le cul ! C'est bon, ça ! Ca se fête !

Il allume la musique.

C'est le destin, mon gars ! Le destin !

...

-Tenez, les 2 frites barbecue.

-Merci. -Bonne journée. Au revoir.

Continue, pardon.

*-Je leur disais que le gouvernement nous manipule.

*Ils m'ont reproché de faire de la politique.

-Ouais, un peu.

*-On peut plus rien dire ? -Attends, pardon.

-2 bières et une bouteille d'eau, s'il te plaît.

-8,50, s'il te plaît. -Je te mets l'argent.

-Je te rends ta monnaie.

Et 10. Voilà.

-Bonne journée. -Au revoir.

*-Les expertises psy, c'est une façon de nous contrôler.

-Ouais, évidemment.

*-Quand j'ai parlé des émeutes, j'ai plus eu accès au chat.

-C'est abusé.

-A manger, il y a quoi ?

-Des sandwiches jambon, des frites, des thon-crudités,

des brownies, des tartes aux pommes.

-Tarte aux pommes. -3,50, s'il te plaît.

-J'ai que 2, par contre. -C'est pas grave.

*-J'ai changé de pseudo.

*J'avais besoin de m'expliquer. -Putain, mec !

Excuse.

*-J'ai pleuré.

-Carrément ? *-Ouais.

*Oui, parce qu'ils appuient là où ça fait mal.

*Je me sens tellement seule.

*J'ai peur de la dépression.

*Je trouve que c'est important d'alerter.

*De dire aux gens qu'on nous fiche, partout où on va.

-C'est terrible de voir qu'on vit dans un monde d'aveugles.

*-C'est exactement ça. Tu comprends ce qui m'arrive.

*Ca me fait mal, en fait. Ca me fout en l'air.

-On part dans 5 mn. Prépare les jouets que tu emmènes.

-Je finis mon petit dej.

-Hou là ! Elle marche plus depuis des semaines, celle-là !

-Je sais.

Il y a un module sérigraphie, à l'école.

J'apprends rien, et pourtant,

c'est comme si je savais ce que je pouvais en faire.

-Et tu vas en faire quoi ?

-Hum !

-Tu veux pas me dire ? -Non, pas encore.

Ca marche !

-Génial.

-Oh, purée ! Ca marche !

Ouais, c'est génial !

Je suis content.

-Il faut que je file. -Tu vas où ?

-J'emmène Nina chez sa copine.

Après le boulot, j'ai rendez-vous avec Feuillade.

-OK.

-Qu'est-ce que j'ai dit ? On y va, là ! Hop, hop, hop !

-Comment allez-vous, Marie ? -Bien. Très bien.

Et Arnaud, ça va de mieux en mieux.

C'est impressionnant. On dirait qu'il sort d'un tunnel.

-Et vous ? -Impec. Pas de problème.

-Toujours au top. Jamais en train de vous plaindre.

-Je me rappelle pas pourquoi on a rendez-vous.

-Nous contestons les sommes que le fonds de garantie alloue.

On les assigne à comparaître devant le tribunal judiciaire.

-Ah bon.

D'accord.

J'avais vu les montants, je trouvais que c'était pas mal.

-C'est en dessous de ce à quoi vous avez droit.

On va reprendre les postes de préjudices,

en commençant par les plus faciles à aborder.

-Ouais.

-Par exemple,

la qualité de victimes par ricochet de vos proches.

-Par ricochet de mes proches ?

-On commence par vos proches, ce sera plus confortable.

-D'accord.

Vous avez pas besoin de me ménager.

Ca va, moi.

-Vous avez cru, vous et votre mari, que vous alliez mourir,

en laissant orphelines vos 2 filles.

Est-ce que je dois vous rappeler que vous vous êtes fait vos adieux,

cachés entre les fauteuils ?

-Ca va, je m'en rappelle.

-La Cour de cassation a reconnu

le statut de préjudice d'attente et d'inquiétude.

Pour ça, il y a des sommes prévues. Il faut les obtenir, d'accord ?

-D'accord.

-D'après le rapport psy,

vous souffrez de reviviscences diurnes et nocturnes.

Des images de l'attentat vous sautent au visage.

Il y a l'hypervigilance, dans les lieux publics.

Vous n'avez plus de sentiment de sécurité.

Plus de moments d'insouciance.

Ce n'est pas rien.

C'est vrai ? Vous avez traversé ça, Marie ?

-Heu... Oui.

-Il faut aussi qu'on évoque une conséquence particulière.

Aux dates anniversaires de l'attentat,

vous faites des dépenses excessives.

Des vêtements, des sacs à main, des cadeaux...

Comme si ça pouvait réparer quelque chose.

Servir d'exutoire.

Vous confirmez ?

La plupart du temps,

vous n'avez pas l'argent.

-Oui.

-Ca fait partie des séquelles.

Ca s'ajoute à la liste des déficits fonctionnels.

Puisque vous avez repris le travail immédiatement,

le fonds estime qu'il n'y a pas de préjudice professionnel.

C'est d'une mauvaise foi insupportable !

Vous avez changé 4 fois d'employeur,

accepté des boulots sous-payés, qui ne vous intéressaient pas.

Votre mari ne travaille pas.

Vous assumez seule l'entièreté de la charge du ménage.

Ils doivent en tenir compte.

Je suis absolument sûre de gagner cette bataille.

Vous deviez mourir. Vous n'êtes pas morte.

Les psys appellent ça le syndrome de Lazare.

C'est une terrible épreuve.

-Oui, peut-être, mais...

Il n'empêche qu'aujourd'hui, moi, je...

Je suis là.

Je suis devant vous et je suis vivante.

Je pense que j'ai pas le droit de me plaindre.

-OK.

Victime de terrorisme,

c'est une indemnité de base, fixée à 30 000 euros.

Le préjudice de mort imminente va bien plus loin.

Jusqu'à 100 000 euros, dans certains cas.

Il s'agit uniquement de faire appliquer la loi.

Vos souffrances, même invisibles, sont considérables.

C'est pas parce que vous êtes incroyablement courageuse,

pudique, digne,

à la limite du déni,

que vous ne devez pas être accompagnée.

Vous n'êtes toujours pas convaincue ?

Je vais vous faire écouter quelque chose.

Un spectateur avait prévu d'enregistrer le concert.

L'appareil a tourné jusqu'au bout.

La bande-son a été portée au dossier des parties civiles.

Ca se passe juste après l'assaut,

quand la BRI évacue les otages.

Vous y compris.

Je peux ?

*Brouhaha et cris.

*-Non mais attendez ! Attendez !

*Attendez !

*Attendez ! Il y a mon mari !

*Il y a mon mari ! Il y a mon mari !

*-Allez, sortez ! *-Attendez !

*Il y a mon mari ! *-On avance.

*-Il y a mon mari !

C'est moi, ça ?

-Oui, Marie, c'est vous.

*L'avocate remet l'enregistrement.

*-Non, mais attendez ! Non, mais attendez !

*Mais attendez !

*Attendez ! Il y a mon mari !

*Il y a mon mari ! Il y a mon mari !

C'est moi, ça ?

C'est moi, ça ?

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