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- Quoi encore ? - Tu vas où ?
Je vais au cabinet.
Tu devais rester à la maison.
Il y a une urgence. Le client m'attend.
Mais tu peux travailler d'ici.
Je dois voir mon client.
Règle ça par téléphone.
Je dois le voir.
Le plein.
Y a un robinet ici ?
Oui, là-bas.
Qui est à l'appareil ?
Une chambre, s'il vous plaît.
Une ou deux chambres ?
Une chambre avec deux lits.
Et celle de votre ami,
sa pièce d'identité.
La douche !
Ces jours-ci, l'eau se fait rare.
N'en abusez pas.
Et s'il n'y en a plus, il n'y en a plus.
Pas la peine de revenir m'emmerder.
Ça va, mon pote ? T'es réveillé ?
Je ne me sens pas bien.
Ne t'inquiète pas.
T'as juste de la fièvre.
Alors ?
- On est arrivé ? - T'occupe.
Essaye de te reposer un peu.
Prends ça pour dormir.
J'en ai marre de cette merde.
C'est un somnifère. Il ne défonce pas comme l'autre.
On était d'accord, hein ?
Le mec en bas...
Qu'est-ce qu'il a ?
Il faut lui montrer la photo.
Quelle photo ?
Dans ma veste.
Tu la sors d'où, celle-là ?
Mon ami, je compte sur toi, ce soir.
- T'inquiète. - Fais-moi honneur.
T'inquiète, c'est pas eux qui vont gagner.
21.
Le bilan était lourd à l'aéroport d'Alger.
Taisez-vous, taisez-vous.
Depuis lors,
de nombreux groupes terroristes sont apparus,
semant la terreur parmi la population, ciblant des membres de l'armée
et de la police qui paient un lourd tribut dans la lutte antiterroriste...
Bon Dieu, ils diffusent encore ces images ?
Ça remonte à deux ans, si je ne me trompe pas.
Un an, peut-être deux...
J'en sais rien.
L'autre jour, j'étais avec mon fils.
Je l'ai envoyé se coucher pour pas qu'il voie le J.T.
Ils montrent des trucs horribles.
Tais-toi et joue.
Moi, je ne regarde plus la télé.
Sauf pendant le ramadan, pour les films ou les feuilletons.
Pour censurer des nichons, c'est des champions.
Mais des corps découpés et des cadavres,
ça leur pose pas de problème.
Et des nichons coupés, ça te plairait, hein?
À qui ça plairait pas?
- Juste une? - Ouais.
Je t'en donne deux.
Rien à foutre de ces types. Et d'ailleurs, ils le méritent.
Je vous ai dit quoi sur les gens du nord ?
Ces gens-là sont malades. Ils sont en roue libre.
- Qui a créé ces terroristes ? - J'en sais rien.
T'en sais rien ? C'est eux qui les ont créés.
Les types qui sont arrivés tout à l'heure...
Je peux te jurer et t'assurer que ces gars-là...
Vous avez un téléphone ?
- Ça peut pas attendre demain ? - Non.
Derrière le bar.
On en refait une.
Kamel.
Qu'est-ce qui t'arrive, frère ?
Qu'est-ce qui t'arrive ?
C'est moi, c'est moi !
C'est moi, Lotfi !
Qu'est-ce qui te prend ?
Respire, respire !
Respire avec moi.
Calme-toi.
Respire.
Doucement.
Avec moi, avec moi.
C'est bon, c'est passé.
C'est bon, c'est fini.
C'était un cauchemar?
Passe-moi l'eau.
Doucement.
Il te reste des clopes ?
J'avais oublié le son de ta voix.
Alors ?
Ces putains de médocs...
Ils m'ont cramé le cerveau.
Tu dois continuer à les prendre.
J'en ai marre.
T'as vu comment je suis ?
Un vrai zombie.
C'est encore loin ?
On y sera demain soir.
Tu peux continuer ?
Il est encore temps.
On peut encore rentrer à Alger et tout arranger.
Me regarde pas comme ça.
Je m'inquiète pour toi.
Si t'as changé d'avis, dis-le tout de suite.
Tu m'as fait peur, hier soir.
Ça ne se reproduira plus.
Inch'Allah...
Rien ne marche dans ce bled de merde.
Oublie la radio. Ras-le-bol du "chaâbi".
Ils vont peut-être parler de lui.
Détends-toi un peu.
Profite du paysage, tu vois pas ça tous lesjours.
Je me détendrai quand il sera à terre.
Une fois, on a mis deux jours à en sortir deux d'un appart.
Et on ne les a pas capturés vivants.
Ces mecs-là ne se rendent pas.
T'es en train de me tester ?
Pourquoi ? Tu crois que j'ai que ça à foutre ?
Tu fais tout pour me faire abandonner.
Joue pas au parano avec moi. Je fais comme d'habitude.
Nous, on fait de notre mieux.
Pour le reste.
On est perdus ?
Y a qu'une route !
Continue tout droit, alors.
Je déteste conduire la nuit.
Je ne fonce pas dans le tas.
Je veux juste savoir
à quelle distance est la prochaine ville.
Mais leur échelle, là,
n'est pas claire.
Tu vas devenir un homme, aujourd'hui.
Si tu peux supporter la vue du sang
sans te détourner,
ça veut dire que t'es plus un gamin.
Ils ne vous ont pas appris ça, à l'école ?
Notre prophète Abraham, il avait le cœur faible.
C'est pour ça que Dieu a voulu en faire un homme.
Tout simplement.
Garde un oeil sur lui.
Je vais chercher un couteau.
C'est toi qui l'as détaché ?
C'est toi qui l'as détaché !
Je te demande de le surveiller et tu le détaches !
Tu ne l'aurais pas fait si tu savais combien il m'a coûté !
Tu veux me ridiculiser ? Que je sois la risée du quartier ?
T'es qu'un bon à rien.
Tu ne grandiras jamais, tu ne seras jamais un homme !
Puisque tu m'as empêché de faire mon devoir,
tu vas le payer cher !
Si Dieu n'a pas son sacrifice, sa colère s'abattra sur nous !
Maintenant, c'est toi...
C'est toi qui vas remplacer le mouton !
Lève-toi, viens.
Debout, viens par là !
N'aie pas peur.
N'aie pas peur.
Quoi ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je me suis endormi.
La nuit va tomber. On ne devrait pas s'activer ?
Qu'est-ce qui te prend ?
On a dormi dans la voiture, c'est l'aube.
Tu ne te souviens pas ?
On était paumés, je t'ai proposé de dormir là
et tu t'es endormi direct.
T'as oublié ?
Et alors, si j'ai oublié ?
Pourquoi tu me parles comme à un débile ?
C'est pas grave.
Faut pas s'éterniser ici.
C'est quoi, ça ?
Tu ne t'arrêtes pas ?
On les aide pas ?
- Arrête-toi. - Attends...
Y a une voiture derrière, elle va s'arrêter.
- Tu les abandonnes là ? - Calme-toi !
Laisse-moi descendre.
Commence pas ! On n'est même pas censé être là.
Fous-moi la paix. Tu ne décides pas à ma place.
- Laisse-moi descendre ! - Ferme cette portière !
Laisse-moi descendre !
Tu veux descendre ? Vas-y, débrouille-toi !
Gamin !
J'en ai rien à foutre !
Enfoiré !
Fais chier !
Amine, mon chéri...
C'est sa faute à lui. Il roulait trop vite.
Attends, attends.
J'ai rien pu faire.
Aide-moi, je t'en supplie.
Sors-le de là !
Tire !
Attention à sa main !
Amine !
Allez, mon chéri !
Réveille-toi.
Mon Dieu, sa tête !
Réponds à maman.
Allez mec, on y va.
C'est lui le fautif, il roulait trop vite.
C'est de sa faute, je te jure.
Qu'est-ce qui te prend ?
Qu'est-ce que tu fous ?
Occupe-toi d'eux.
Appelez une ambulance.
Appelez-la !
Je veux porter plainte. Il m'a frappé sans raison.
C'est bon, ferme-la.
Remonte dans ton camion.
Hé ! Vous deux.
Vous allez où, là ?
Allez, venez par là.
Bien sûr qu'il faut envoyer l'ambulance !
On est à 30 km, tu le sais bien.
Et dis-leur de se grouiller. C'est pas l'heure du thé !
Donne voir tes papiers.
Tenez.
- Vous venez d'où comme ça ? - D'Alger. On se balade dans le désert.
Tu nous la joues "touriste" ?
Ton pote, il a ses papiers ?
Elle a fait la révolution, cette carte !
C'est pas une excuse, mais on a roulé toute la nuit
et il n'a pas dormi.
Arrête ton char !
Je ne suis pas un gendarme à deux balles.
Si tu préfères qu'on aille au poste,
que j'enfile mon uniforme pour être pris au sérieux, on y va.
C'est inutile.
C'est ta voiture ?
Ouais... Enfin, non. Celle d'un ami.
Et les papiers, tu les as ?
Bien sûr.
Ou je les ai laissés dans la voit... Non, c'est bon.
Je vous en prie.
Où est-ce que vous habitez à Alger ?
En banlieue, mais j'ai grandi a Bab El Oued. Vous connaissez ?
Qui ne connaît pas Bab El Oued?
- Ton pote vit là-bas aussi? - Pareil. C'est comme mon frère.
J'avais une tante qui vivait là-bas.
On allait la voir quand j'étais petit. C'était le bon temps !
Avant qu'ils foutent des barrages partout.
Enfin, à ce qu'on dit.
C'est comme on vous a dit. Mais on s'y est habitués.
Désolé, mais c'est pas une vie !
C'est comme ça, que voulez-vous ?
Votre tante, elle s'appelle comment ?
C'est un petit quartier, je la connais peut-être.
Je vais t'expliquer un truc, mon pote.
Tous lesjours, je ramasse des morts ici.
Les chauffards, les gens qui chialent, les corps déchiquetés...
En mille ans de terrorisme, t'en verras jamais autant.
Alors, tu peux vivre à Bab El Oued ou à Pigalle si tu veux.
Je m'en fous, de ta vie. Ton baratin, tu te le gardes.
- Toi, tu montes. - Attendez...
Ouvre-la encore et tu le rejoins.
Grimpe.
Je peux vous parler ?
- Parle autant que tu veux. - En privé, que je vous explique.
T'as 2 min. Et lui, il bouge pas de là.
Vous fumez ?
Allez, descends.
Asperge-lui la tronche avec de l'eau et tracez jusqu'à la prochaine ville.
J'ai rien compris à ton histoire.
Je vous signale à toutes les brigades. A la prochaine connerie, c'est la prison.
- Merci. - Barrez-vous !
- Chef ! - Quoi ?
Le gamin...
- Qu'est-ce qu'il a ? - Il est mort.
Il a de la chance.
Tu lui as dit quoi ?
Je sais pas ce qui m'arrive.
J'y comprends rien.
Lotfi ?
Mon frère...
Lotfî ?
T'es où, putain ?
Je vais bien, t'inquiète pas.
Que je m'inquiète pas ? Tu te fous de moi ?
Dis-moi juste où tu es, je t'en supplie.
Je descends vers le sud.
T'es parti dans le désert avec l'autre taré ?
T'es devenu fou ?
J'ai trouvé que ça pour le calmer.
Seul, il aurait fait des conneries.
Il a déjà bien merdé.
Sa place est dans un asile, pas dans le désert.
T'as pas vu où ils l'ont foutu.
Avec des tarés, des fous.
Ça puait la merde partout, Kamel.
Tu te trompes lourdement, mon pote.
L'info qu'on lui a donnée est bidon.
Tu le confortes dans son délire et ça, c'est grave.
Je sais que l'info est bidon. Je m'en fous, de cette info à la con.
Ton pote, là, personne ne l'a cru.
Et toi non plus.
Il n'y a jamais eu de terroristes dans le désert, ni Abou Leila, ni personne.
Je ne suis pas un gamin, Kamel. Je sais ce que je fais.
T'as pas capté que ton pote était taré,
agressif, capable du pire .7
On est tous cinglés.
Tout ce putain de bled part en couilles.
Je n'y comprends plus rien, mon pote.
Désolé, mais je ne te reconnais plus.
- Tu m'entends ? - Oui, je t'entends.
Mais je dois te laisser.
Lotfi, attends.
- Je t'en suppfie, reviens à la raison. - Prends soin de toi, Kamel.
Je vais nous trouver un endroit où dormir
et un truc à manger.
Non.
Toi, tu restes ici.
On est dans le trou du cul du monde.
Je ne sais même pas comment s'appelle ce bled.
Tout ça parce qu'un mec t'a donné une info de merde.
Je t'ai dit quoi, quand on s'est tirés d'Alger, hein ?
Qu'on allait faire les choses à ma façon, comme je l'ai décidé !
Tu voulais que tout le monde te croie, non ?
Mais tu fais n'importe quoi.
Et redescends sur terre, nom de Dieu !
Passe-moi le sac !
Y a un café ici ?
Bonjour.
Les toilettes ?
Ouvre !
Vas-y, ouvre !
Ouvre !
Pourquoi tu t'es enfermé ?
C'est qui, ces gens ?
Mais t'as vraiment un problème avec les gens, toi !
Tu te crois meilleur qu'eux, c'est ça ?
Tu m'en veux encore ?
C'est moi qui leur ai dit de venir
pour que tu ne me refasses pas le coup.
- J'y comprends rien. - Moi, si.
J'ai réfléchi et j'ai compris
T'es de mèche avec cet enculé d'Abou Leila.
T'es devenu sa pute, c'est ça ?
Et tu m'as traîné jusqu'ici pour que je tombe dans son piège.
C'est vrai ou pas ?
Non !
Lotfi !
Arrête-les !
Mon frère, je t'en supplie !
Lotfi !
Je t'en supplie, Lotfi !
Arrête-les !
Arrête-les, mon frère !
Je t'ai tout donné !
À cause de toi, j'ai mis en péril mon travail,
ma famille,
ma vie !
Je ne m'attendais pas à ce coup-là de ta part !
J'ai rien fait, tu dois me croire.
Et quand t'as pété les plombs,
je t'ai défendu.
On me disait : "Ce mec est fou !"
Je répondais : "Comment ça, fou ? Je le connais bien, ce type.
"J'ai grandi avec. C'est mon frère ! Il est pas fou !"
Moi, je suis devenu un bouffon à cause de toi !
Je me suis excusé !
C'est quoi, ça ?
Qui a fait ça ?
Qui a fait ça ?
C'est toi qui as fait ça ?
C'est toi qui as fait ça !
Personne ne touche à mon flingue !
Personne ne pose ses putains de mains sur mon flingue !
Mon frère, Lotfi !
Y a plus de "Lotfi", ni de "frère",
ni de pote, ni rien !
Y a que des petites putes comme toi qu'on doit exterminer !
Viens par là !
Assis, assis !
Toi, t'es là pour mourir.
Et moi, pour tuer.
Ferme les yeux.
Ferme-les.
N'aie pas peur. Je suis là.
N'aie pas peur.
C'est fini.
C'est fini, mon frère.
Je t'aime. Je t'aime beaucoup.
Je t'aime beaucoup.
Un café, merci.
Y a un souci ?
Je t'ai tapé dans l'oeil, chef ?
Fais pas attention.
Il est malade.
Son frère lui a donné cet uniforme. Dès qu'il l'enfile, ça le calme.
Il n'est pas méchant.
Dis-moi...
t'es avec la fille, là ?
- La blanche aux cheveux courts. - Non.
Excuse-moi, si je t'embête.
On voit peu de gens de la capitale, par ici.
Du coup, on est curieux. Ça te dérange pas ?
Pas de soucis.
Je ferais la même chose à ta place.
Y a un endroit où dormir ?
Si tu cherches un 5 étoiles, oublie.
Mais y a un dortoir à la sortie de la ville.
Il est tenu par une vieille.
0K, merci.
Dis, t'es flic, hein ?
Pourquoi ? J'ai l'air d'un flic ?
Même si tu l'étais, tu me le dirais pas.
On connaît la chanson.
Peu importe.
Ils ont bien fait de t'envoyer pour les gosses.
Je te jure.
Les gendarmes du coin, c'est pas vraiment ça.
Je ne suis pas flic.
Et je ne sais pas de quoi tu parles.
C'est la jeune fille qui a pris la photo.
Te vexe pas, l'ami, je veux juste prendre mon café tranquillement.
Ça remonte à 3 ou 4 jours. Ils les ont retrouvés déchiquetés.
Vous êtes habitués, dans la capitale. Mais chez nous, ici, c'est grave.
Vous connaissez le coupable ?
C'est toi, le flic.
Je ne suis pas flic, je te dis.
Bref.
Certains pensent que c'est un fou qui les a tués.
D'autres disent que c'est le guépard du désert.
Le "guépard du désert" ?
Je sais que c'est des conneries.
Et cette fille, elle est où ?
Il y a 2 jours, elle est retournée dans ce village.
Et ce type-là ?
Tu l'as vu récemment ?
Je sais, c'est bizarre. Imagine-le sans barbe.
C'est toi qui es bizarre.
Je savais que t'étais flic.
Abou Leila...
Abou... Leila.
Rends-moi ça, petit.
Pardon, pardon.
Qu'est-ce que t'as ?
Lève-toi.
Lève-toi.
Il est avec moi.
C'est bon y a rien de grave.
Merci infiniment, merci !
Qu'est-ce que t'as ?
Ton ventre ?
On est arrivés à la voiture. C'est bon, c'est fini.
Attention à ta jambe.
Je rêve toujours ?
Désolé pour tout à l'heure.
Je ne voulais pas te crier dessus.
Te casse pas la tête.
Je sais que tu ne me crois pas.
Je me suis juste un peu énervé. Tu me connais.
Justement.
Arrête de faire semblant.
Je sais que tu veux m'aider.
Mais je ne retournerai pas là-bas.
Quand j'y repense...
j'ai envie de chialer comme un gamin.
Tu sais ce qu'on va faire ?
Demain, on se lève tôt.
On roule jusqu'à Tifernine.
Si on le trouve, tant mieux.
Sinon,
on rentre à Alger et tu repars de zéro.
D'accord ?
Mais j'ai besoin d'être sûr.
Répète-moi ce qu'il t'a dit.
Je t'ai déjà tout raconté.
T'es sûr du nom du village ?
Tifernine ?
Ce serait pas...
lssaouane ?
C'est pas lssaouane ?
Pourquoi tu me demandes ça ?
Tu lui es rentré dedans.
Il t'a peut-être menti.
Il voulait protéger son frère.
Il t'a peut-être dit un nom au hasard pour que tu arrêtes.
Il m'a dit Tifernine.
J'en suis sûr.
On va se trouver un endroit pour la nuit, hein ?
J'habite la maison à côté.
En cas de besoin, toquez à ma porte.
N'hésitez pas.
Je vous en prie.
C'est pas le grand luxe, mais les matelas sont confortables.
Vous avez une télé, un placard...
La clim ne marche pas, mais il y a une fenêtre.
Sois sage ou je t'égorge.
Ne lui parle pas comme ça !
Merci.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Tu dors ?
Toujours pas.
Lotfi ?
J'étais sérieux, j'y retournerai pas.
Je sais ce qu'on s'est dit.
Mais il y a une chose qui ne va pas changer.
Si on le retrouve...
je le tue.
Et tu dois me laisser faire.
Pourquoi il t'obsède autant ?
Fais-lui ce que tu veux.
Je ne veux pas y retourner non plus.
Lotfi...
Lotfi, il est là.
Lotfi !
- Ils les ont tués. - Qui?
Qu'est-ce qui se passe?
On ne sait pas trop.
Je crois qu'il y a eu une tuerie.
Ne vous inquiétez pas.
Wahab, reste ici. Hichem, suis-moi.
Éloignez-vous, on sécurise la zone.
Qu'est-ce que tu fais là?
Descends et bouge plus!
Arrête-toi !
C'est peut-être lui qu'on recherche.
S'il venait d'Issaouane...
on aurait retrouvé sa trace.
On tourne en rond depuis 4 jours. Peut-être qu'on l'a raté.
Regarde dans quel état il est.
Il a l'air fou.
On devrait le livrer aux gendarmes.
Qu'est-ce qu'il dit ?
Je sais pas ce qu'il a fait, mais c'est pas lui qu'on cherche.
Vous pouvez parler arabe ?
Il faut rester prudents.
Tu ne crois pas ?
J'ai déjà vu ce type.
Attendons qu'il se réveille, on en saura plus.
On peut l'attacher ?
La corde est là, si tu veux.
Ta putain de corde, je vais me pendre avec.
Tu comprends l'arabe, toi, maintenant ?
C'est peut-être moi, la folle ?
Qu'est-ce que je fous là ?
T'es pas venue photographier le désert ?
Oui, le désert. Pas du sang.
Elle dit quoi ?
Elle se plaira.
S'il nous attaque, ne me réveillez pas.
Je suis épuisée.
Ça va mieux, ta jambe?
Tiens.
Il faut que tu boives.
Comment tu t'es retrouvé ici ?
Tu t'es perdu ?
T'es venu seul ?
C'est lui que tu cherches ?
Il y a une semaine, notre village a été attaqué.
Trois gamins sont morts.
Si tu sais quoi que ce soit, dis-le.
Mes amis ont peur de toi.
On veut être sûrs de pouvoir te faire confiance.
On rentre demain matin.
Tu peux venir avec nous.
Mais tu n'es pas obligé.
Ici, chacun est libre de choisir sa mort.
Qu'est-ce qu'ils foutent ?
Où tu les as foutues ?
Où tu les as foutues ?
Où tu les as foutues ?
Elles sont récentes, non ?
Des traces de chacal...
Ou de loup, peut-être.
Les mêmes qu'autour du village, non ?
Non.
Elles ont l'air plus petites.
Je ne sais pas ce qu'on cherche.
Quelque chose de plus gros qu'un chacal.
Et de plus...
De plus... ?
L'Algérois sait peut-être quelque chose.
Tu penses qu'il est impliqué ?
Tu te rappelles l'oncle Halim ?
Maman m'a parlé de lui.
Il était possédé par une sorte de djinn.
C'était pendant la guerre, non ?
Il a le même regard que l'oncle Halim.
Une dernière histoire et après, tu dors.
D'accord ?
Oui, maman.
Un vieux sage raconta un jour
les différentes transformations possibles de l'âme humaine.
Comment celle-ci devient chameau,
puis lion et enfin, enfant.
L'âme voulant par sa faim et l'illusion de sa grandeur
porter le plus grand fardeau qui soit,
elle s'agenouille tel le chameau
et attend son chargement.
Elle veut souffrir à la hauteur de son sentiment de puissance.
Pour certains, le plus lourd fardeau
est de s'humilier pour faire souffrir son orgueil.
Ou encore, le plus lourd fardeau est de monter
au sommet d'une montagne et de tout abandonner
au moment même de la victoire.
Pour d'autres encore, le véritable fardeau
est de rejeter leurs consolateurs alors même qu'ils sont malades.
Mais au coeur du désert solitaire,
l'âme se transforme une seconde fois et devient lion.
Le lion veut conquérir sa liberté et régner sur son propre désert.
Il détruit tout sur son chemin pour être son propre maître.
Enfin, le lion devient enfant.
Il retrouve son innocence
et peut tout recommencer.
Il est le premier mouvement et le feu sacré.
C'est lui qui détruit le monde entier
pour en construire un nouveau à son image.
Je vais le ramener.
Faut pas qu'on se sépare.
Il ne doit pas être très loin.
Elle a raison, mon frère, reste avec nous.
Le jour se lève d'ici 2 h. Il faut qu'on parte tôt.
Protège-la.
Si je ne suis pas revenu dans 2 h, partez sans moi.
Je te fais confiance.
Tu n'es plus un enfant.
Abdelkrim, c'est de la folie. Il n'en vaut pas la peine.
T'écoutes jamais ce qu'on te dit ?
Putain de fierté.
Et toi, tu le laisses partir ?
Hé ! Beau gosse.
Alors, bien dormi ?
Je suis vraiment devenu fou.
Regarde-moi...
Je pourrais en charger vingt comme ça les yeux fermés.
On est tous devenus fous. Tous !
D'ailleurs, toi aussi...
tu aurais pu apprendre à le faire,
si tu t'étais accroché.
Je ne sais pas pourquoi.
J'ai l'impression d'avoir tout gâché.
J'ai déconné, non?
Je ne vais pas te mentir. Le coup du massacre familial,
je ne m'y attendais pas.
En 7 ans de service,
j'avais jamais vu ça.
Je ne me souviens de rien.
Ça vaut mieux.
Crois-moi.
T'entends quoi, là ?
Rien.
Le calme.
Pourquoi repartir en enfer ?
Ici, tu peux te reposer.
Je me suis souvenu d'une histoire que ma mère me racontait le soir.
Laisse ta mère tranquille.
Cherche-toi une vraie femme.
Entre nous,
il y a des choses que ta mère ne peut pas te faire.
J'avais envie de lui dire...
Pourquoi le lion se transformerait en enfant,
s'il est le seul à le faire ?
Tu écoutes trop ta putain de sensibilité.
Si t'es pas un lion parmi les lions, tu te fais bouffer.
J'aurais tout donné pour avoir ton courage.
Hélas, c'est pas le cas.
Il est capable de te tirer dessus, l'enfoiré.
On reste pas ici.
- Tiens. - Non.
Prends-le, putain !
Habille-toi !
- Je m'habille ? - Et suis-moi !
A terre !
- T'es là, toi ? - Tu m'as dit de venir.
C'est pas le moment.
Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
Pourquoi ? T'es leur avocat ?
Allez, casse-toi !
Section quatre, en mouvement !
Arrête de me suivre !
Boumaaza !
Je te parle !
Qu'est-ce que tu fous ? Tu commences à me fatiguer !
On joue pas, là !
Allez, grimpe !
Qu'est-ce qu'il fout ? Grimpe, je te dis !
Ne me refais plus jamais ce coup-là, compris ?
Gare-toi là.
J'en ai pour une minute.
Fais pas attention à lui.
Il est stressé, comme tout le monde.
C'est pas grave.
Je le sais.
Au fait...
ta mère, ça va ?
Ça peut aller.
Elle est un peu fatiguée, en ce moment.
Moi aussi, ma mère est malade.
Pas facile de les voir vieillir.
Tu as raison.
Merci de t'inquiéter.
C'est normal, mon frère.
On est dans la même merde.
Je sais que le chef te fait des misères.
Mais...
tu sais quoi ?
Il t'apprécie beaucoup.
Je ne crois pas...
On t'apprécie tous beaucoup.
Réveille-toi.
J'ai entendu un coup de feu.
Ton frère n'est pas revenu.
Bouge-toi.
Allez, bouge !
Prends à gauche.
- La première, là ? - Oui.
Marche arrière !
Qu'est-ce que t'attends ?
Il est là ! Arrête-toi !
- Couvrez-moi ! - Rachid...
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Elle veut pas...
Baisse la tête !
- Bouge pas ! - Elle veut pas !
Je descends.
Fais attention !
Je descends.
Putain !
Rachid...
Rachid !
C'est un rêve ?
C'est un rêve ?
Doucement, doucement.
Respire, respire.
Mohamed !
Respire.
Mohamed l
Respire.
Mohamed !
Je peux enregistrer ?
Fais comme tu veux.
Nom, âge et profession ?
Lotfi Bedîa.
37 ans.
Policier.
Tu travaillais dans quel service ?
L'ONRB.
Antiterrorisme.
Vous travailliez ensemble ?
Non, il était simple AOP.
Il faisait la circulation. Il ne pouvait pas bosser avec nous.
Pourquoi ?
Il n'avait pas les capacités.
Pas assez bon tireur,
pas assez sociable.
Pourquoi tu l'as aidé à intégrer la police ?
Je l'ai toujours considéré comme mon frère.
On s'était perdus de vue.
Je voulais juste l'aider.
Tu t'es donc arrangé pour qu'il réussisse son test psychologique ?
Tu sais que c'est très grave ?
D'ailleurs, toute ton histoire est compliquée.
Toi, t'es là...
Tas aucune idée du bordel qu'on vit au nord.
Ouais... Il paraît.
J'ai téléphoné à ton ami Kamel comme tu me l'as demandé.
Il m'a raconté l'accrochage avec ce Hamza Bourab
qu'on appelle aussi "Abou Leila".
C'est bien ça ?
Mais j'arrive pas à comprendre
pourquoi cet incident l'a rendu fou.
Le policier tué, c'était son pote ?
Des mecs comme lui
ne devraient jamais avoir à vivre ça.
D'après les mauvaises langues,
le pays tout entier est un asile à ciel ouvert.
Je ne suis pas d'accord.
Pour moi, il y a des coupables d'un côté et des innocents, de l'autre.
Et à l'arrivée...
ton ami n'est pas innocent.
Point final.
Et moi, je dis...
que tout ça, c'est de la faute de types comme moi.
Des types qui se croient invincibles.
Et qui laissent les autres sur le bas-côté de la route.
Des types qui pensent que tout le monde
est capable de supporter ce qu'ils supportent.
Un jour, tu vas te réveiller, la guerre sera finie.
Mais t'auras toujours un pied dedans.
J'espère que tu auras le courage, ne serait-ce qu'une fois,
de couper cette jambe
avant de déclencher une nouvelle guerre.
Sous-titrage : Média Solution
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