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Qui viendra encore me faire le cirque,
Des amours nostalgiques, dans la poussière ?
Qui viendra encore me faire «j'ai peur»,
Le couteau dans le cœur, dans la lumière ?
Qui viendra me traiter en tigresse,
Le fouet comme une caresse, sur la musique ?
Qui viendra,
me faire jongler parmi les ballons pathétiques ?
Des fois... J'panique...
Qui me dira,
les mots d'amour qui font si bien, du mal ?
Qui me tiendra,
quand tu iras décrocher toutes les étoiles ?
Qui me voudra,
avec le nez rouge, et le cœur en larmes ?
Qui m'aimera,
quand je n'serai plus que la moitié d'une femme ?
Qui viendra encore me faire rêver,
Le clown ou l'écuyer, sortant de l'ombre ?
Qui viendra me faire encore l'artiste ?
Le coup du trapéziste.. Ça y est... Il tombe.
Qui viendra encore me jouer l'enfant,
Devant les chiens savants, Ou les vampires ?
T'as pas ton ticket ?
Où est ta maman ?
Où là, au café ?
Attends, je vais regarder. Mesdames, j'ai un garçon sans sa maman.
Il dit qu'elle est au café. Vous voulez aller voir, madame ?
Demandez la maman du petit.
Attends, dis donc voir. Comment tu t'appelles ?
Sam ?
Oh, mais fais voir. Tu me montres ?
C'est ta maman qui t'a laissé ça ?
Il a des reflets argentés,
l'itinéraire d'un enfant gâté.
Il est semé de jouets cassés,
l'itinéraire d'un enfant gâté.
La dernière fois que je l'ai vu, c'était quelques heures avant son départ.
Il attendait beaucoup de ce face-à-face avec lui-même.
Cette traversée en solitaire était un défi qu'il ajoutait à toutes les tempêtes qu'il avait connues.
Il me disait toujours : quand je passe quelques heures avec toi, j'ai envie de croire.
Quand je passe une soirée avec mes enfants, j'ai envie de croire en la famille.
Quand je suis seul avec une femme, j'ai envie de croire en l'amour.
C'était ça, Sam Lion.
D'ailleurs, vous savez pourquoi il s'appelait Sam Lion ?
Il avait été trouvé près d'un cirque,
et quand il avait fallu lui donner un nom pour l'état civil,
comme il passait de longues heures devant les cages des fauves,
le directeur du cirque avait eu l'idée de l'appeler Sam Lion.
C'est le plus beau jour de ma vie.
C'est normal. C'est un des plus beaux endroits du monde.
Et toute cette eau va où ? – Au lac Kariba.
Tu verras, c'est un endroit insensé.
Avec des arbres qui sortent de l'eau. C'est vraiment magnifique.
Ça, c'est le plus bel endroit du monde.
On va voir tout ça en vrai ? - Oui.
Toi et moi ?
Regarde, un arc-en-ciel. Fais un vœu !
Rappelez-vous, il tombe de trapèze,
et comme il ne veut pas quitter ce monde des forains, il devient camelot.
Il y avait un coucours du meilleur camelot. Il le fait, le gagne,
Celle qui lui remet la coupe est Yvette,
qui deviendra sa femme. Ils auront Jean-Philippe.
Puis à Singapour, c'est le drame que nous connaissons.
Il sera alors obligé d'élever Jean-Philippe tout seul.
Il lui faudra 10 ans pour oublier Yvette. 10 ans pour rencontrer Corinne.
10 ans pour passe du petit commerce au grand business international.
10 ans pour sourire à nouveau devant le visage d'une enfant.
Magnifique.
Tu ressembles de plus en plus à ta mère. – Alors, tu vas bientôt me détester ?
Qui a eu l'idée de venir ici ? – C'est moi.
Je voulais Venise, comme tout le monde. Mais ta mère y avait déjà été avec son 1er mari.
Je lui ai dit : tu veux voir de l'eau ? Je vais t'emmener voir de l'eau.
Et lequel de vous 2 a eu la riche idée de m'appeler Victoria ?
Ta mère.
Elle est persuadée que t'as été conçue ici. Enfin, dans les alentours.
Heureusement que vous n'êtes pas allés aux chutes du Niagara.
J'ai surtout failli t'appeler Isabelle.
À l'époque, j'étais fou d'un chanson de Brel qui s'appelait Isabelle.
Il l'avait écrite pour la naissance de sa fille.
Mais alors, devant ce spectacle, Victoria l'a emporté.
Comment tu es arrivé à la propreté ?
Après mon accident de trapèze, on m'a confié la propreté du cirque.
Chaque fois qu'on quittait une ville, il fallait que ça soit impeccable.
Ça m'a laissé le temps de rêver à plein de machines qui feraient le travail à ma place.
Quel est le programme, ce soir ?
Dîner africain, tam-tam, gâteau d'anniversaire, champagne... la grande vie, quoi !
Regarde, ça te donne pas des idées ? – Pourquoi pas ?
Je les ai observés de ma fenêtre ce matin. C'est formidable, ce qu'ils font.
Le plus formidable est celui-là.
Tu vois ce qu'il fait ? Incroyable !
Imagine ça sur les Champs-Élysées, en automne.
Le ballet des balayeurs.
À quand, les 1res machines en circulation ? – Si tout va bien, dans un mois.
Comment vous est venue cette idée ?
J'étais en voyage de noce avec ma fille. Nous avons vu ce charmant taxi.
L'idée nous est venu de l'améliorer.
On dit qu'un ministre serait intervenu auprès des municipalités pour l'achat de ces machines.
Quand une machine est d'utilité publique, c'est normal qu'un ministre s'y intéresse.
Il paraît que vous êtes sur le point de racheter un cirque en faillité ?
J'aime beaucoup le cirque, mais c'est faux.
J'ai simplement engagé du personnel sur le point d'être licencié.
D'ailleurs, je vous présente ma dernière secrétaire :
La seule secrétaire au monde capable de faire le triple saut périlleux arrière
et de se rattraper par les talons, enfin 9 fois sur 10.
En moins de 10 ans, vous êtes devenu le n°1 de la propreté.
Comment expliquez-vous votre chance ?
Vous n'avez qu'à faire comme moi : marcher souvent dans la merde, et en plus la ramasser.
Donc, cette machine va remplacer les balayeurs actuels ?
Disons que cette machine permettra de nettoyer jusqu'à 10 km de voirie par jour,
contre 1 actuellement pour un balayeur normal.
Comme elle peut rouler à 40 km/h, le préposé pourra l'utiliser pour se rendre à son lieu de travail.
Mais surtout, l'homme ou la femme qui la conduira
n'aura plus aucun contact avec les détritus.
D'où la revalorisation de ce métier qui pourra être confié à de jeunes sportifs ou à des étudiants.
Donc, plein de balayeurs au chômage.
Non, parce que cette machine ne pourra pas encore aller partout.
Nous aurons encore besoin de nos traditionnels balayeurs.
Mais ce serait pas mal qu'ils commencent à apprendre à patiner.
Ça te fait rire, de te balader là-dessus ? – Non, je ris pas du tout.
Il faut que je te parle. – J'ai compris.
Qu'est-ce que t'as compris ?
Si tu me dis « faut que je te parle », je sais qu'il y a un malaise.
Je veux pas aller à l'hôtel.
Enfin, c'est pas un hôtel, c'est là que j'habite !
Et puis il n'y a pas que ça, y a tout le reste.
Quoi, tout le reste ? J'ai rien, moi.
J'ai que cette machine. C'est ma 1re mobylette.
Que veux-tu que je te dise ?
Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour te garder ?
Que je te trimballe dans une Cadillac rose, c'est ça que t'aimerais ?
Attends un petit peu.
Tiens, je veux t'offrir ça.
Qu'est-ce que c'est ? – Regarde.
C'est le pays où j'aurais aimé t'emmener.
À côté des chutes Victoria.
T'y vas ? Bon ben, ciao !
Je peux garder ça ? – C'est un cadeau.
Tu vas patiner pendant longtemps ? – Je ne sais pas.
Ce truc, tu comptes le réparer quand ?
Je sais pas, papa. Laisse-le là. Je le prendrai demain matin.
C'est pour quand, le mariage ? – Va lui demander.
Mlle, vous pouvez m'apporter le dossier de M. Albert Duvivier ?
C'est une machine à ramasser la merde, pas à promener vos petites amies.
Et combien de fois je vous ai dit de mettre votre casque ?
Écoutez, est-ce que je peux parler au patron, s'il vous plaît ?
C'est moi le responsable de votre secteur.
Désolé, mais j'aimerais discuter avec celui qui fait le règlement.
Pas avec ceux qui les font appliquer.
Vous savez nager ? – Le crawl.
Allez en plein milieu de l'Atlantique, vous aurez une chance de le rencontrer.
Putain.
C'est pas clair du tout, ma belle. Vous pouvez recommencer ?
Votre position, Victoria ?
Je répète : 42 Nord, 26 Ouest.
Oui, ça continue. On articule, ma jolie.
Je lui dis de vous appeler. – Oui, mais pas avant 1 h. J'ai du boulot à bord.
Appel terminé. – Parfait.
Alors, 42 Nord… Merde, c'est pas ma position.
Allô, Saint-Lys ?
Y a personne à la pompe ? – Y a Céline. Je suis là, moi.
Que veulent-ils en échange ? – Un coup de main pendant la traversée.
Elle dure combien de temps ? – 2 semaines.
Je vais faire la plonge pendant 2 semaines ?
Je résume : les pilules, vas-y mollo quand même.
Plus important… Tu m'écoutes ?
Prendre matin, midi et soir ton bateau
et te casser loin de nous tous pendant au moins 1 mois.
C'est comme si je te demandais d'arrêter de fumer.
Chiche.
C'est si grave, ce que j'ai ? – La tête, c'est toujours grave.
Tu me rassures. À ce soir, pour dîner.
Toujours avec Martine ? – Je t'en parlerai.
Jean-Philippe, c'est le toubib.
Je viens de voir ton père. Il n'est pas brillant.
Il prépare sûrement une dépression nerveuse.
Faudrait que tu lui dises de pas continuer à vivre comme ça à 10 m. de son boulot.
Vivre dans une roulotte, c'est pas une solution. Surtout quand on est de jour et de nuit comme lui.
Je laisse une ordonnance à la secrétaire.
Mais surtout, essaye de lui parler. Il faut qu'à nous tous, on lui foute la trouille.
Il va si mal que ça ?
Et le bonheur, c'est quoi ? – Ha, t'aimerais bien que je réponde !
Eh ben, le bonheur est… est…
quand les emmerdes se reposent.
Là, il faut faire gaffe de ne pas les réveiller.
Tu dois être drôlement fatigué pour parler comme ça.
Qu'est-ce qui t'a le plus fatigué dans la vie ?
Ta mère.
Tu ne l'as pas aimée un peu ? – Eh si.
Sinon, tu serais pas là.
Et la maman de Jean-Philippe, tu l'as aimée ?
Tu veux pas qu'on parle d'autre chose ?
On peut parler ni d'Yvette, ni de Jean-Philippe, ni de maman. On parle de quoi, alors ?
Tu m'en veux ?
Je suis surtout content que tu ressembles encore à un être humain. Tu verrais la bagnole !
Écoute papa, tu pourrais m'expliquer ce qui ne va pas entre nous ?
Je t'ai mis dans de trop bonnes écoles.
Tant qu'on sera tous les 2 à la tête de Victoria, je ne pourrai pas m'exprimer.
Rassure-toi, va ! Je vais bientôt vous laisser la place.
C'est pas ce que j'ai voulu dire, mais...
Tu dors, tu manges, tu bois, tu navigues Victoria.
Tu penses qu'à la société.
On n'a jamais le temps de parler. De passer une soirée.
Tu crois que c'est une bonne idée de traverser l'Atlantique en solitaire ?
Ça fait 30 ans que je fais du bateau.
Dans la baie de St-Tropez. Je ne suis pas rassuré.
Michel, rien d'urgent ? Bon, je ne suis là pour personne.
Tu ne peux pas nous faire ça ! T'as pas le droit !
Comment ? J'ai pas le droit de traverser l'Atlantique ?
T'as pas le droit d'abandonner 12.000 ouvriers.
Mais je ne les abandonne pas. Je vends une affaire, et quelle affaire !
Une affaire qui repose essentiellement sur toi.
Qui peut acheter une affaire pareille ? – Et ces murs, c'est de la merde ?
Qu'est-ce que tu vas faire de tout ce fric ?
Ça fait 50 ans que j'ai pas passé une heure avec moi.
Au bout de 2 jours de vacances, tu vas devenir fou.
Ben, j'aurais au moins essayé !
Le docteur m'a juré que tu recommencerais plus.
Qu'est-ce que je dois faire ?
Regarde. – Qu'est-ce que je dois faire ?
Du vélo.
Regarde-le, il passe de l'un à l'autre. Non mais regarde ça !
Je voudrais écrire un livre. Tu crois que je peux ? – Un livre ? Pourquoi pas ?
Je voudrais aller aussi aux États-Unis. – Il est Américain ?
Incroyable !
Tu te rends compte qu'à chaque fois qu'on se voit, tu m'emmènes au cirque ?
C'est normal.
Vous êtes les 2 passions de ma vie.
Tu te rappelles quand j'étais petite ? Je voulais toujours me marier avec toi.
Et maintenant ? – J'aurais trop peur que tu me quittes.
N'empêche que j'aimerais bien en trouver un qui te ressemble.
Je vais te faire une confidence. Je suis un très mauvais coup.
Je te crois pas. – Si.
Alors, c'est quoi, un bon coup ? – Quelqu'un qui pense pas trop.
Alors, il reste que les cons. – Je te le fais pas dire.
Mieux vaut tard que jamais.
Même le jour de ton divorce, il faut que tu sois en retard !
Surtout le jour du divorce.
Tu leur as pas dit pourquoi on faisait cette fête ? – Non, je t'attendais.
C'est une blague ?
Ne faites pas cette tête-là ! Ça peut aussi être une fête.
C'est le jour de l'évasion qu'il faut faire la fête, pas le jour de l'arrestation !
Elle est pas belle, ma divorcée ?
T'as l'air en forme. – Toi aussi.
L'avion est à l'heure ? – Oui, je crois.
Quand elle a décidé de revenir ? – Avant-hier.
J'étais sûr qu'elle se plairait pas à New York. Elle est trop française.
Qu'est-ce qui va pas ? – Rien, tout va bien.
Ah tiens, la voilà !
Mais qu'est-ce qu'elle a dans les bras ? – Elle va t'expliquer.
Non, c'est toi qui va m'expliquer.
Il a 6 mois et s'appelle Sam.
Il s'appelle Sam, il a 6 mois et je suis grand-père. C'est ça ?
Où est le père ?
Il est pas là. Normal.
Le papa est au courant, au moins ?
C'est mieux comme ça.
Vous voulez connaître le fond de ma pensée ?
Je suis l'homme le plus heureux du monde. Oh dis donc, il a mes yeux !
C'est pas parce que c'est ma fille, mais je trouve ça formidable !
Ça me ferait très plaisir si vous pouviez l'éditer.
S'il y avait un problème, je suis là, vous vous en doutez.
Soyez gentil de ne pas en parler à ma fille, merci.
Qu'est-ce que tu fous là ? – Voir comment allait les pilules.
Oh les pilules, ça va. Mais c'est le reste !
- Vous y allez ensemble ??? - Oui, s'il n'y a pas trop de catastrophe.
Attends 5 minutes. Toi, je t'ai déjà dit 100 fois d'arriver avant le personnel.
Qu'est-ce que c'est que ça ? T'appelles ça de la pub ?
Partout où tu passes, faut que je repasse.
Hélène, il a payé ? Bon, je rappelle dans un moment.
On se verra ce soir, plutôt.
Tu as lu le bouquin de ta sœur ? Qu'est-ce que ça raconte ?
C'est l'histoire d'une fille de 25 ans qui tombe amoureuse d'un type d'une cinquantaine d'années.
Et qui te ressemble un peu, d'ailleurs. – Et alors ?
Il plaque tout pour partir avec elle. C'est pour ça que ça s'appelle «La case départ».
Comment ça va ? – Formidable.
Je vous entends mal. – FOR-MI-DA-BLE !
Vous n'avez pas l'air pressé de rentrer. – PAS VRAI-MENT.
On sera tous au port pour vous attendre.
Et le fils ? – On l'a pas vu beaucoup.
Quand comptez-vous arriver ? – Je suis pas la SNCF. Pas avant 3 ou 4 jours.
Pourquoi, y a des emmerdes ?
Y a des décisions qui sont à prendre dès maintenant.
Eh ben, prenez-les.
Allô ? Je vous entends plus. Allô ? Je vous entends plus.
Terminé.
Cette fois-ci, ça y est ? – Ouais.
Et si je veux te joindre ? – Dès que j'arrive là-bas, je t'écris.
C'est loin, hein ? – Ouais. C'est l'Afrique, c'est en bas.
C'est où exactement ?
Je sais pas encore. J'ai plusieurs contacts et j'attends la réponse.
Que veux-tu que je te dise ? Si jamais ça foire, je suis là.
Comme d'habitude, t'es toujours là.
Okay, pa. Fais gaffe. Au plaisir.
Qui viendra encore me faire le cirque,
Des amours nostalgiques, dans la poussière ?
Qui viendra encore me faire «j'ai peur»,
Le couteau dans le cœur, dans la lumière ?
Qui viendra me traiter en tigresse,
Le fouet comme une caresse, sur la musique ?
Qui viendra
me faire jongler parmi les ballons pathétiques ?
Des fois... J'panique...
Qui me dira,
les mots d'amour qui font si bien, du mal ? – Guten Morgen.
Qui me tiendra,
quand tu iras décrocher toutes les étoiles ?
Qui me voudra,
avec le nez rouge, et le cœur en larmes ?
Qui m'aimera,
quand je n'serai plus que la moitié d'une femme ?
Qui viendra encore me faire pleurer,
Le clown ou l'écuyer, sortant de l'ombre ?
Qui viendra me faire encore l'artiste ?
Le coup du trapéziste.. Ça y est... Il tombe.
Qui viendra encore me jouer l'enfant,
Devant les chiens savants, Ou les vampires ?
Qui viendra me faire le numéro de la fin
pour me séduire dans un sourire ?
Qui me dira,
les mots d'amour qui font si bien, du mal ?
Qui me tiendra,
quand tu iras décrocher toutes les étoiles ?
Qui me voudra,
avec le nez rouge, et le cœur en larmes ?
Qui m'aimera,
quand je n'serai plus que la moitié d'une femme ?
Tu te rappelles ce que t'as dit la semaine dernière. – La semaine dernière, c'est moi qui étais fatigué.
Vous m'ôterez pas de l'idée que pour bouffer, boire et baiser, les animaux se démerdent mieux que nous.
Le curé, ils pensent que vous parlez comme des enfants gâtés.
Pour en revenir aux animaux, y en a beaucoup plus que tu ne crois qui meurent d'infarctus.
Et les curés, ils nous font des infarctus ?
Ce qui nous réunit aujourd'hui, c'est le regard qu'il portait sur les autres.
Nous sommes nombreux ici à savoir qu'il suffisait de peu de choses pour qu'il vole à notre secours.
Combien de fois je l'ai vu pester contre cette maison, cette société... vouloir la vendre.
Et il lui suffisait de penser à vous tous et tout redevenait normal.
Cette tempête aujourd'hui, Victoria, Jean-Philippe, c'est la vôtre. C'est à vous de l'affronter.
Un jour, il m'a dit…
quand on aime le soleil, la pluie et le vent, comment ne pas croire en Dieu ?
Alors pour ces jours où il y croyait, prions.
Vous parlez vraiment le français ? – Si tu es venu pour parler, oui.
Le chauffeur de taxi m'a dit que si je cherchais quelque chose à Hambourg, c'est ici que je le trouverai.
En ce qui me concerne, c'est 300 marks pour une heure, 1 000 marks pour la nuit…
et gratuit si tu m'épouses.
Je cherche des faux papiers.
Il faut voir Mamie. C'est elle qui connaît le plus de monde.
Attention, y a beaucoup de police ici. – Mais j'ai rien fait.
Quelle est ta spécialité ? – Un peu tout, si c'est bien payé.
Mamie t'a expliqué ?
Je ne fabrique pas de faux papiers, je les cherche. – C'est mieux.
Avec le carnaval de Cologne qui arrive, ça ne devrait pas être trop long.
C'est loin, Cologne ? – 400 km.
Et c'est bien ? – C'est spécial.
Tu veux savoir pourquoi je fais ce métier ?
T'as pas envie de parler ?
Tu sais, quand on demande à quelqu'un comment il va, on prend de gros risques.
Je ne te plais pas ?
J'ai déjà une fille de ton âge.
J'ai jamais vu quelqu'un qui aimait les manèges à ce point-là.
Moi non plus.
Tu vas vraiment utiliser les 20 tickets ? – J'ai rien d'autre à faire.
Du beau boulot.
Et tu as du boulot ? – Pas trop.
Viens.
Viens.
M. Van den Berghe, architecte.
50 000 dollars pour une heure.
Et qu'est-ce qu'il y a à faire ?
3 petits sacs à déposer à la gare de Düsseldorf.
3 petits sacs ?
Et ils ne sont que 2.
Désolé, mais j'ai l'habitude de travailler seul.
Je peux avoir votre passeport, s'il vous plaît ?
Dis donc, je vois que vous avez un New York, alors on annule Tokyo.
Tokyo ? – Oui, annulez.
Vous avez aussi un Papeete ? – Annulez New York. Papeete.
Papeete. Si vous me dites ce que vous cherchez, je peux peut-être vous aider.
Bonne question. Je vais commencer par un peu de soleil.
C'est la saison des pluies, en ce moment.
Où elles vont, quand il pleut ?
Alors Papeete !
Il n'y a plus que des places pour fumeurs.
Ben, je vais me remettre à fumer.
Vous allez si mal que ça ?
Mesdames et messieurs, nous commençons notre descente vers Papeete.
La température est de 39°C. Veuillez attacher vos ceintures.
Une île, Une île au large de l'espoir
Où les hommes n'auraient pas peur
Et douce et calme comme ton miroir
Une île Claire comme un matin de Pâques
Offrant l'océane langueur
D'une sirène à chaque vague
Oh viens Viens mon amour
Là-bas ne seraient point ces fous
Qui nous disent d'être sages
Ou que 20 ans est le bel âge
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aimer
Une île Une île au large de l'amour
Posée sur l'autel de la mer
Satin couché sur le velours
Une île Chaude comme la tendresse
Espérante comme un désert
Qu'un nuage de pluie caresse
Oh viens Viens mon amour
Là-bas ne seraient point ces fous
Qui nous cachent les longues plages
Viens mon amour Fuyons l'orage
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aimer
Une île Qu'il nous reste à bâtir
Mais qui donc pourrait retenir
Les rêves que l'on rêve à deux
Une île Voici qu'une île est en partance
Et qui sommeillait en nos yeux
Depuis les portes de l'enfance
Oh viens Viens mon amour
Car c'est là-bas que tout commence
Je crois à la dernière chance
Et tu es celle que je veux
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aimer
Une île
[En anglais] 1re fois à San Francisco ?
[En anglais] Oui.
[En anglais] Français ?
[En anglais] Belge. – Pour affaires ou en vacances ?
[En anglais] Je ne sais pas encore.
[En anglais] Eh, monsieur !
[En anglais] 5 000 $ pour cette veste ?
[En anglais] Non, merci.
[En anglais] En 1932, Al Capone a été inculpé pour fraude fiscale à Chicago, dans l'Illinois.
[En anglais] Il a été emprisonné au pénitencier d'Atlanta en Géorgie.
[En anglais] Il y est resté jusqu'en 1934
[En anglais] quand le bureau fédéral des prisons a décidé d'ouvrir Alcatraz.
[En anglais] Quand il est arrivé ici, il a été placé dans cette cellule-ci.
[En anglais] Il y est resté 5 ans.
[En anglais] Les jeunes détenus ne l'aimaient pas. Ils le tabassaient. Ils l'ont même poignardé une fois.
[En anglais] Il est resté ici jusqu'en 1939.
[En anglais] Quand il était ici, ses hommes à Chicago lui disaient « Al, reste là-bas ».
[En anglais] « On ne veut pas que tu reviennes, on t'a remplacé ».
[En anglais] Il avait beaucoup d'argent, mais ça ne lui a pas rendu service,
[En anglais] à cause de son état mental.
[En anglais] À cause de sa syphilis, son mental se détériorait.
Un marchand de fleurs désenchanté
L'itinéraire d'un enfant gâté
Dieu croit en ceux qui l'ont cherché
L'itinéraire d'un enfant gâté
T'as pas chaud avec cette veste ? – Si, un peu.
Alors, pourquoi tu la mets tout le temps ? – Parce qu'elle me protège.
Tu crois à ça, toi ? – Oui.
Je sais pourquoi tu la mets. C'est Yvette qui te l'a offerte à Singapour.
Désolé, monsieur, mais vous l'aviez laissée où exactement, cette veste ?
Sur mon sac, pendant que je prenais mon billet d'avion pour Papeete.
[En anglais] Tu payes en liquide. – Bien sûr.
[En anglais] Française ? – Oui.
[En anglais] 1re fois à Singapour ? – Oui.
[En anglais] En vacances ou pour affaires ?
[En anglais] En lune de miel. – Ah, la lune de miel.
Plus tard, la voiture.
C'est une lune de miel.
Quand je n'serai plus que la moitié d'une femme ?
Arrête, Yvette.
T'étais très mignon hier au cimetière.
Je devais avoir l'air d'un con avec un bouquet de fleurs.
C'est la 1re fois que je t'ai vu pleurer.
Est-ce que je peux te toucher ?
Comment tu trouves Jean-Philippe ? – Je te trouve un peu dur avec lui.
On voit que c'est pas toi qui l'a élevé.
Yvette.
Reviens ici, bon Dieu !
Alors, où t'étais ?
Excusez-moi, messieurs-dames. Vous savez ce que c'est, avec les fantômes.
Attention, je vais repartir.
Un petit bisou.
Souris.
Parfait.
T'as du succès dans tes affaires T'as du succès dans tes amours
Tu changes souvent de secrétaires
T'as ton bureau en haut d'une tour Tu vois la ville à l'envers
D'où tu contrôles ton univers
Tu passes la moitié de ta vie en l'air entre New York et Singapour
Tu voyages toujours en 1re
T'as ta résidence secondaire
Dans tous les Hilton de la Terre
Tu peux pas supporter la misère
T'es pas heureux mais t'en as l'air
T'as perdu le sens du l'humour
Depuis que t'as le sens des affaires
T'as réussi et t'en es fier au fond
Tu n'as qu'un seul regret
Tu fais pas ce que t'aurais voulu faire
T'aurais voulu être un artiste
Pour pouvoir faire ton numéro
Quand l'avion se pose sur la piste
À Rotterdam ou à Rio
T'aurais voulu être un chanteur
Pour pouvoir crier qui tu es
T'aurais voulu être un auteur
Pour pouvoir inventer ta vie
Pour pouvoir inventer ta vie
T'aurais voulu être un artiste
Pour tous les jours changer de peau
Et pour pouvoir te trouver beau
Sur un grand écran en couleur
Sur un grand écran en couleur
T'aurais voulu être un artiste
Pour pouvoir dire
Pour quoi tu existes
Van den Berghe, Belgique. Architecte ?
[En anglais] C'est incroyable.
[En anglais] Tu le connais ? – Oui, je connais cet homme.
[En anglais] Mais il est mort. – Hein ?
[En anglais] Oui, cet homme est mort.
[En anglais] Tu devrais arrêter de picoler. – Pardon, je ne picole pas.
Y a beaucoup de Français dans le coin ? – Toute la brigade en cuisine est française.
Et vous, vous êtes d'où ? – Belgique.
[En anglais] Une autre bière ? – Volontiers.
Une bière belge.
Avec ou sans mousse ? – Sans mousse.
Ah oui, c'est meilleur.
En vacances ? Aux chutes Victoria ? C'est très joli.
Je vais vous recaler la table. Avec l'humidité, le bois travaille.
Dites-moi, où est mon bungalow ?
Quel numéro ?
Le 12.
Je vais vous y conduire si vous voulez.
Vous devez bien connaître la région pour vous déplacer sans guide ?
J'ai de bonnes cartes.
Ça fait plaisir de voir un Français par ici. – Un Belge.
Mais comme vous n'avez pas d'accent... – Je peux en prendre, si vous voulez.
Demain matin, avec un peu de chance, les éléphants viendront prendre le petit-déjeuner avec vous.
Vous aimez les animaux ? – Je m'y intéresse.
Dites-moi, c'est la maison de Blanche-Neige ?
Attention, il y a beaucoup de moustiques la nuit.
Vous comptez rester longtemps ici ?
Vous êtes flic ou barman ?
J'ai dû vous paraître très perturbé tout à l'heure, mais...
vous ressemblez énormément au frère de mon père, sans la barbe et en plus jeune.
Bon, merci.
Le dîner est à 19h30.
Je compte faire le tour du cadran.
Le petit-déjeuner est à 6h30. Bon repos, monsieur.
Ils sont en forme.
Je suis désolée, mais j'ai rien à manger.
Vous partez avec nous ?
Vous avez pas un guide ?
Excusez-moi.
Salut. – Bonjour, monsieur.
Matinal ?
C'est mon jour de congé.
T'as fait de belles photos ? – Pas mal. C'est fort ce que vous avez fait avec le lion !
Y en a d'autres ? – Non.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Il date de quand ? – Un touriste l'a laissé y a un mois à l'hôtel.
Tu l'as montré à quelqu'un d'autre ? – Non, personne.
Attention, monsieur. Ne vous retournez pas.
C'est de votre faute si j'ai atterri dans ce trou. Chutes Victoria par ci et par là.
Je faisais partie des 12 000 employés de la société Victoria.
À l'époque, vous cherchiez des patineurs. Comme je patinais pas mal...
Après, je me suis fait virer. Enfin, vous m'avez viré.
Tu t'appelles comment ?
Albert Duvivier. On m'appelle Al.
En tous cas, vous avez pas peur des lions.
Ni de toi.
Vous savez, les journalistes exagèrent toujours un petit peu.
Le monde est petit, quand même.
Quand je vais raconter ça, on va jamais me croire.
À qui tu vas raconter ça ?
Je dis ça comme ça.
C'est mieux.
T'as l'air mal à l'aise ?
Arrête de bouger. Tu vas me donner le mal de mer.
Pourquoi vous avez fait tout ça ?
Parce que j'avais envie de le faire.
Vos affaires allaient mal ?
Dis donc, tu trouves pas que t'en sais assez comme ça !?
Je peux garder un secret, si vous voulez.
C'est plus qu'un secret.
Si vous m'expliquez, je peux comprendre.
J'ai quitté ce que j'aimais le plus au monde. Tu peux comprendre ça ?
Non.
Alors, quel est ton prix ?
Non, je vais pas les vendre, puisque de toute façon…
Je les aies plus, les photos.
Enfin, sois honnête. Tu voulais faire du chantage.
Non, je voulais les vendre. – Oui, t'appelles ça comment ?
Du chantage.
Mais j'ai changé d'avis tout de suite. Pourquoi vous avez fait ça tout à l'heure avec le lion ?
T'as jamais joué à pile ou face ? – Ben oui.
Ou à la roulette russe ? – Non.
Qu'est-ce que je fais ? Je te tue ou je t'achète ?
Je préfère la 1re solution. Non, la 2e.
Je vois vraiment pas ce que je vais pouvoir faire de toi.
Je sais déjà pas quoi faire de moi non plus, alors...
C'est combien, ton prix ?
J'ai pas de prix.
Comme pour le pourboire.
Si vous voulez, je garde le secret et je travaille avec vous. Je fais ce que vous voulez.
Vous n'aviez qu'à tout vendre et venir étudier vos lions tranquillement, peinard.
On voit bien que t'as jamais eu 12 000 employés.
C'est vrai ce qu'ils disent dans les journaux ?
Y a quelque chose qui cloche.
On a vu beaucoup de navigateurs disparaître pendant de longues années et réapparaître.
Tu connais une île sans téléphone ?
Vous pouvez dire que pendant la tempête, vous avez pris un mât sur la tête…
que vous avez perdu la mémoire et que vous êtes devenu amnésique.
T'es écrivain ou barman ? – Je dis ça pour vous aider.
Qu'est-ce que t'as comme famille ?
Mon père, ma frangine. – Qu'est-ce qu'ils font ?
Ils ont un hôtel. – Un hôtel ?
Ouais, enfin…
Y a hôtel et hôtel, quoi.
Je comprends que vous avez eu envie un jour d'abandonner 12 000 employés.
D'abandonner votre femme, enfin vos femmes.
Ça, je comprends aussi.
Ce que je comprends pas, c'est que vous ayez abandonné vos enfants.
Vous allez trop vite, monsieur.
Qu'est-ce que vous faites ? Où on va ?
Où on va ? – Retrouver mes enfants.
« Je vous confirme le plaisir que j'aurais à travailler avec vous si vous vous décidiez à revenir en France.
Votre jeunesse, votre talent, votre réussite au Canada sont autant de motifs à cette invitation.
D'autre part, j'ai été ravi de voir tous les points communs que nous avions.
La société Victoria a besoin d'hommes comme vous. Je vous attends amicalement.
Sam Lion. »
Si je comprends bien, vous êtes la dernière personne au monde à avoir vu mon père ?
Je pense que je suis la dernière avec qui il ait dîné, certainement.
Et vous l'avez connu comment ?
C'est lui qui m'a contacté à New York parce que je dirigeais une société similaire à la sienne.
Au Canada, à Montréal.
Et pourquoi avoir laissé tomber le Canada ?
Le mal du pays, je pense. La France restera toujours la France.
Oui, évidemment.
Cette lettre, cette écriture… C'est très troublant.
Alors ?
Comme vous m'aviez expliqué, dès que j'ai parlé du cirque, les portes se sont ouvertes.
Et Jean-Philippe ? – Il m'a demandé quand vous m'aviez écrit cette lettre.
Je lui ai expliqué que c'était la veille de votre départ en bateau.
Qu'on avait dîné ensemble... Enfin, ce que vous m'aviez expliqué.
Qu'on avait discuté de vos affaires et que vous m'aviez laissé cette lettre juste avant de partir.
Tu lui as dit ça comme tu me le dis maintenant ?
Oui, enfin j'étais… – Un peu plus à l'aise, quand même ?
Oui, j'étais bien à l'aise.
Et t'as essayé de savoir pourquoi les affaires n'allaient pas ?
J'ai essayé de poser des questions.
Il m'a expliqué, mais votre fils est très technique.
Je crois que j'ai pas bien saisi ce qu'il voulait dire.
Il m'a parlé de dettes que votre société aurait eues au moment de votre mort.
Des dettes ?
C'est un gangster. Va-t-en, je t'expliquerai.
Eh ben, il va falloir la jouer très serré.
T'es prêt ?
Qu'est-ce que vous entendez par « serré » ?
À partir de maintenant, tu feras plus un geste, tu diras plus un mot sans m'en parler.
Et en 6 mois, tu vas devenir le roi du business en France.
Tu vas changer de costard. Les rayures avec les rayures, ça va pas du tout.
À partir de demain, tu vas prendre une chambre en ville.
Dans un hôtel de luxe.
Quatre étoiles.
Et puis tu vas apprendre à dire bonjour. – Pardon ?
Tu vas apprendre à dire bonjour. La chose la plus importante dans la vie.
Si tu dis bien bonjour, t'as fait la moitié du chemin.
Dis-moi bonjour. – Bonjour.
Là, t'as l'air de me dire au revoir. Dis-moi vraiment bonjour.
Dis-moi bonjour comme si j'étais un malade.
Refais-le.
Je sens que tu es prêt à faire quelque chose pour moi. Mon cas t'intéresse plus que le tien.
C'est ça qui intéresse les gens. C'est que tu leur parles d'eux, pas de toi.
Redis-moi bonjour.
Je l'ai loupé, celui-là. Je m'en suis rendu compte après.
Tu vois. Tu le sens de toi-même, maintenant.
Je peux sourire, en même temps ? – Si on sent dedans une certaine compassion.
Pas trop de sourire.
Étant donné que tu vas être confronté à pas mal de choses que tu connais pas,
tu vas faire semblant de les connaître.
Et le meilleur moyen de faire croire que tu connais tout,
c'est de jamais avoir l'air étonné.
T'as compris ?
Tu as souvent l'air étonné. C'est ton défaut.
Bon, on va faire un petit test.
Je vais te dire 2-3 choses étonnantes, mais qui ne devront pas t'étonner.
Compris ?
Tu es bien concentré ?
Tu sais que ton père était avec le petit pompiste avant ?
Ça doit pas t'étonner. – Non, mais là…
C'est étonnant mais ça doit pas t'étonner.
Imagine ton père à la pompe avec le petit pompiste.
Tu recommences. – Vous avez pas un autre exemple ?
C'est un exemple saisissant. – Il l'est.
Tu te reconcentres.
Tu sais que tu ressembles au Christ ?
Voilà, tu as replongé.
Il faut que je ne fasse rien ? – Tu ne fais rien.
Presque l'œil lointain. – Un peu endormi ?
Pas trop. Rien.
Tu vois ? – D'accord. Allez-y…
Je te dis rien, c'est ça qui doit t'étonner. J'ai senti un petit étonnement dans ton air.
Ça m'étonnerait. J'ai fait comme vous m'avez dit.
Tu sais que tu me plais bien.
Mais je sais pas si… – C'est ça, la chose étonnante.
C'est gênant parce que je sais pas si… – On est dans le test.
Mais vous me dites… – Mais ça devrait pas t'étonner.
Bon, t'es croyant ?
Je sais pas ce qu'il faut dire. C'est comme vous voulez.
Avec mon fils, t'es très croyant. Avec ma fille, t'es complètement athée.
Avec vous, je dois être comment ? – Je crois qu'aux mathématiques.
Donc, on a que ce qu'on mérite.
Vous pensez que je mérite d'être là avec vous ?
Je commence à le croire.
Le voilà.
Dis bonjour, toi. – Bonjour.
Un petit café. – Oui.
Bien dormi ?
On s'y fait très vite.
Tenez, ils sont tout frais.
Toujours d'accord pour nous donner un coup de main ? – Bien sûr.
Cindy vous montrera le bar. Moi, je vais voir la pompe.
Vous verrez, c'est pas sorcier.
Vous faisiez quoi en Belgique ? – Je travaillais dans un cirque.
J'adore le cirque. – Moi, c'était plutôt la comptabilité.
Vous comptez rester longtemps ? – Jusqu'à ce que j'ai mon permis de travail.
Al est déjà parti ? – Oui.
J'espère que cette fois-ci, ça va vraiment marcher.
Faudrait que tu renouvelles le stock. C'est les derniers. Y en a plus.
C'était comme ça, avant ? – On était pratiquement en pleine forêt.
J'ai rendez-vous avec M. Jean-Philippe Lion.
M. Duvivier vient d'arriver.
Ma sœur, Victoria.
Maître Verne, notre conseiller et néanmoins ami à qui je vais laisser la parole.
Dans quelle région du Canada avez-vous travaillé ?
Nos usines se trouvaient au nord mais les bureaux se trouvent à Montréal.
Beau pays. Notre société est sur le point d'être rachetée par un important groupe.
Alors, vous comprendrez que nous ne pouvons pas vous embaucher.
Je suis prêt à faire pendant une période d'essai, je précise
un essai gratuit.
C'est très aimable.
Mais nous avons également d'autres problèmes dont nous ne pouvons pas vous parler.
Excusez-moi, c'est important.
Quand vous avez vu papa, il avait l'air bien physiquement, content ?
Oui, il allait très bien. Je me souviens. – Ma sœur vous demande ça parce que…
quand il est parti, il avait l'air extrêmement fatigué, déprimé.
On a tout envisagé, même le suicide. – Pas du tout.
Je tiens à vous rassurer, votre père était très en forme,
tant physiquement que psychologiquement. Il était très fort, rassurez-vous.
Donc vous n'acceptez pas une période d'essai ?
Mais si… – Non, Victoria.
Je considère cette lettre comme les dernières instructions de papa.
Bien sûr.
Je vais vous laisser en parler entre vous. Vous savez où me joindre.
Je vais vous dire bonjour, pardon au revoir. Je suis en plein décalage horaire.
À bientôt.
Je vous raccompagne.
Comment va votre maman ? – Bien.
Et le petit Sam ? – Tout va bien.
Désolé, ça n'a pas marché.
J'ai fait ce que j'ai pu. Ils n'étaient pas d'accord.
Je n'ai peut-être pas été assez convaincant. Votre fille et votre fils étaient d'accord.
Mais le notaire s'y est totalement opposé. Il était contre.
Il explique que dans une période de licenciement, il ne pouvait pas se permettre d'engager quelqu'un.
Ce serait malvenu.
Assieds-toi.
Ce notaire a l'air de contrôler la situation. Il a l'air de savoir ce qu'il veut.
J'ai fait exactement comme vous m'avez expliqué. Je n'ai jamais été étonné.
Tu vois, ce notaire commence à m'étonner.
Ah oui ? Moi aussi, à un moment donné, il m'a étonné...
mais je ne le lui ai pas montré.
Qu'est-ce que vous faites là ?
Hier, je n'ai pas pu tout vous expliquer.
Lorsque j'ai fait ce dîner à New York avec Sam Lion, la veille de son départ,
il m'a gentiment écrit cette lettre de recommandation…
Il m'a également confié un attaché-case qui comprend des documents très importants.
Au dernier moment, il ne souhaitait pas les emmener avec lui sur le bateau.
Déjà, tu verras sur son visage comme il encaisse cette information.
Si tu vois une petite inquiétude, on est sur la bonne piste. Tu continueras.
Parmi ces documents se trouve le double de son dernier testament.
Il semblerait qu'entre ce testament et ses bénéficiaires,
il y ait eu certaines manipulations.
S'il réfléchit et qu'il devient curieux,
il enchaînera sûrement de lui-même la conversation.
Je vous écoute.
Voilà ce que j'ai à vous proposer.
Soit vous faites tout ce que je vous dis,
soit je montre ces documents à qui de droit.
À ce moment-là, il va marquer un temps très long.
Il va sûrement te dire : « ces papiers sont faux. »
« Vous êtes un maître-chanteur ou un imposteur. »
Vous êtes un maître-chanteur.
Ces papiers sont forcément faux. – Parfait…
Tu vas marquer un temps encore plus long. Tu le fixes bien avec tes yeux.
Tu ne clignes surtout pas et tu n'as pas l'air étonné.
Tu lui fais très peur. Tout va se jouer dans tes yeux. Et tu lui balances :
Maintenant, je pense que c'est aux enfants de choisir entre un maître-chanteur ou un escroc.
À ce moment-là, tu verras son œil reprendre légèrement espoir.
Je serais pas étonné qu'il tente une dernière sortie.
Un maître-chanteur et un escroc… ça peut peut-être s'entendre.
S'il te parle d'association, c'est gagné. Tu dis plus rien. Tu le fixes.
Tu lui fais le regard d'Elliott Ness quand Al Capone tenta de l'acheter.
Et t'attends qu'il baisse la tête.
Peut-être qu'il la relèvera comme un boxeur sonné.
Et là, tu le fixes de plus belle, et tu me le mets K.O.
Il paraît que c'est un type formidable. Merveilleux.
Il lui aurait offert des ponts d'or pour le garder.
Un oiseau rare.
Alors, si son ramage ressemble à son plumage,
on aurait tort de s'en priver.
Qu'est-ce que t'en penses ?
Je vous ai dit ce que je pensais de cette lettre. Je suis d'accord depuis le début.
Et comme j'avais l'intention de prendre un peu de champ, c'est peut-être l'occasion.
Jamais tu feras la moindre allusion aux malversations du notaire.
Ce bureau est très impressionnant. Permettez que je jette un coup d'œil ?
Et la personne qu'il va falloir le plus ménager, c'est Jean-Philippe.
Mon père a dû vous parler de son attachement à tout ce qui concerne le cirque.
Il voulait faire de son bureau un grand musée du cirque. Pas très fonctionnel.
Essaye de jamais contrarier Jean-Philippe.
Il a une passion pour l'architecture. Dès que tu peux, tu en parles.
Il m'a beaucoup parlé de sa passion pour les lions.
Ah oui, les lions. Une grand passion, oui.
En tous cas, ce qui me trouble beaucoup dans ce type d'architecture,
c'est le manque de séparation qu'il y a entre le personnel et la direction.
Ça, c'est toujours le cirque. L'esprit d'équipe.
Mon père avait une devise : il faut que le patron puisse surveiller les employés,
mais il faut que les employés sachent toujours où est le patron.
Je crois qu'il a un peu raison. – Ça non plus, c'est pas très fonctionnel.
C'est vrai.
Ensuite, ils vont sûrement te mettre dans un bureau.
Dès que tu seras seul, tu m'appelles. S'ils te demandent où tu habites...
Vous habitez où ? – Depuis mon retour du Canada,
je loge chez mon père qui a une jolie résidence à l'écart de Paris, au calme à la campagne.
Téléphone. – Je le prends là.
Tenez, allez-y. Vous n'êtes pas manchot.
Tu demandes le bilan de ces 3 dernières années,
avec toutes les pièces justificatives.
Dis que tu ne peux prendre aucune décision sans ça. Tu me ramènes tout ça ce soir. Au revoir.
Avec votre fils, ça s'est très bien passé. Beaucoup mieux qu'avec votre fille.
Voilà une 1re liste urgente de choses à faire dès demain. Donne ça à ma secrétaire.
Quand je te téléphone, si tu peux pas parler, tu tousses.
En tous cas, tu demandes toujours à réfléchir.
Oublie pas le téléphone portatif.
Vous allez m'expliquer ça. – On a toute la nuit.
T'as demandé à ma secrétaire de te trouver une suite ?
Oui, ça y est. Elle s'en occupe.
T'as parlé de salaire avec Jean-Philippe ? – J'ai répondu comme vous m'avez dit.
Je lui explique à chaque fois qu'on verra ça plus tard.
En tous cas, pour mon fils,
c'est normal qu'il soit gentil avec toi.
Il a pour habitude d'être très gentil avec les jeunes gens.
Pendant que j'y pense, dis aussi à ton père de ne plus écouter derrière les portes.
Ou alors qu'il nous donne carrément un coup de main.
On peut en acheter, nous aussi ? – Bien sûr.
Téléphone.
Vous êtes libre à dîner ce soir ?
Que l'ordinateur se soit gouré, ça m'étonnerait.
Demande à un double du listing. L'Amérique du Sud, on peut pas laisser passer ça.
Tu peux prendre ton temps ce soir. Je suis chargé.
J'essaie de trouver une excuse pour ce soir et je les fais patienter jusqu'à demain matin.
Et j'arrive. Au revoir.
Je ne vous dérange pas ? – Pas du tout. Je vous en prie. Entrez.
Je viens parce que maman est curieuse de vous connaître. On la comprend.
Elle voudrait bien vous avoir à dîner un de ces soirs, dans la semaine.
Avec plaisir. Je suis ravi. D'accord.
Nous, ce soir, on ne fait rien.
Ce soir va être difficile. Justement, on a un gros problème sur l'Amérique du Sud.
J'étais en train d'en parler, de regarder ça sur tous les dossiers.
Je vais essayer d'annuler mon dîner. Asseyez-vous une seconde et j'arrive.
Je vais téléphoner à mes collaborateurs. J'arrive tout de suite.
Coucou, Victoria ! – Oh, y a des malades à la maison ?
Pas du tout. Je viens voir Jean-Philippe.
Le chapeau de papa ? – Je ne le quitte plus.
Comment va maman ? – Nostalgique.
Ça, c'est de sa faute. – Je sais.
Bon, ils ne sont pas d'accord. Ce sera pas ce soir.
Mais un soir de la semaine prochaine, quand vous voulez. – Elle est libre toute la semaine.
Merci pour tout ce que vous faites pour nous.
J'ai pas fait grand-choses.
Si papa vous voyait, il serait très fier de vous.
Je comprends qu'il vous ait trouvé bien. – Vous aussi êtes impressionnante.
Vous avez le même style de vêtement.
Il vous a tout raconté ? – Oui, je connais toute votre vie.
Il me raconte tous les jours. Racontait.
Toute la soirée...
Vous avez des points communs. – Vous trouvez ?
Pas physiquement…
une attitude, une façon de prendre des décisions, d'être rapide.
Une façon de dire bonjour, de ne jamais être étonné. Je sais pas.
Asseyez-vous une seconde. Je vais essayer de retéléphoner et d'annuler.
J'arrive tout de suite.
Quand vous faites la gueule, vous faites pas semblant. – Quand je te dis non, c'est non.
À ce dîner, on a parlé que de vous. Vous avez marqué vos enfants.
C'est pour ça que je suis parti.
T'as pas compris ça encore ?
Votre fille, ce qu'elle apprécie chez moi, c'est un peu vous.
D'ailleurs, je pense qu'un jour, il faudrait songer à réapparaître.
Tu crois que j'ai fait tout ça pour revenir ?
On n'est pas obligés de manger du poisson à chaque repas.
On n'est pas forcés de pêcher non plus.
J'y vais, moi.
Al se donne un mal de chien pour redresser la barre, et toi, tu dépenses, tu dépenses...
Tu fais tout passer en notes de frais. Si on a un contrôle, on sera pas bien.
Tu te rends pas compte !
Arrête de draguer le personnel. Surtout devant Al, tiens-toi.
Tu le dévores des yeux. Moi, je suis gênée.
C'est tout ? – Non.
Al en a marre d'être à l'hôtel. Il voudrait dormir dans la roulotte de papa.
T'y vois aucun inconvénient ?
Je peux ? – Allez-y. Je m'installe.
Vous allez voir, c'est pas facile de vivre à côté de son travail.
Votre papa y arrivait très bien. – Oui, mais il aimait tellement le cirque.
J'imagine que vous aussi, non ? – Moi, j'ai horreur de ça.
Ah bon ? C'est drôle. Pourtant, votre sœur adore ça.
Oui, ma sœur.
Ça tient toujours pour ce soir ?
Pour ce soir ? Ah oui.
Je voulais vous dire que nous travaillons très bien ensemble.
Nous formons une équipe très forte.
Il serait préférable que nous ne fassions que ça, que du bon travail.
Je suis là, Jean-Philippe.
Oh, c'est vous ! – Je venais voir si tout allait bien.
J'ai jamais vu une roulotte aussi luxueuse. C'est grâce à vous.
Je vous laisse vous installer.
Comment tu le trouves ? – Costaud.
J'aime bien les Noirs quand ils sont vraiment noirs.
Rien à dire, là.
J'ai mis le pied dans un piège.
Alors, but. Ça suffit, but !
Mais c'est pas vrai !
M. Lion, il faut être juste. Il y a un déséquilibre qui se passe.
Vous vous amusez avec mon baby-foot. Je m'amuse pas du tout avec vos ordinateurs.
Il y a un malentendu. Ce n'est absolument pas mon anniversaire.
Si, ça fait pile un an que vous travaillez avec nous. On voulait vous remercier.
Vous êtes gentils. Je dois souffler la bougie ?
Attendez, ce n'est pas tout. – Où m'emmenez-vous ?
Un anniversaire, c'est un anniversaire.
Papa avait une passion pour les voitures de collection.
Jean-Philippe veut vous en offrir une. – Non, c'est pas possible.
Choisissez celle que vous préférez.
Mais c'est pas possible. – Si, si.
Je sais à quel point ces voitures sont très importantes pour vous. C'est pas possible.
Je ne sais pas laquelle choisir. Elles sont toutes tellement belles.
Je vais prendre celle qui est le plus près.
Je suis très confus. – Papa disait une phrase très belle :
Qu'il était honteux d'offrir une chose à laquelle on ne tenait pas désespérément.
Merci encore. En plus, c'est la voiture de ce boxeur. Ray Sugar Robinson. Ça paraît incroyable.
J'aimerais beaucoup vous inviter à déjeuner.
Je préfèrerais un soir de la semaine prochaine. – Pas de problème.
À l'occasion de ce dîner, je voudrais vous présenter quelqu'un qui risque de compter dans ma vie.
Comme vous remplacez tellement bien papa ces derniers temps, je voudrais votre avis.
Vous avez l'intention de vous marier ? – Oui, s'il est d'accord.
S'il est d'accord ? Y a pas de raison.
Justement, je sais rien de ce type. Elle veut que je dîne avec lui pour me le présenter.
Eh ben, dîne avec. S'il te plaît, tu donnes ton consentement.
Et s'il me plaît pas, je refuse ? – Bien sûr.
En parlant de mariage, tu sais que c'est celui de Céline aujourd'hui !?
C'est une belle voiture, hein ?
Une belle famille. – Ouais, ils sont gentils.
Ça va pas ?
La famille, ça fait penser à la famille. – C'est vrai.
Pourquoi vous dites ça ?
Et si j'avais envie de les revoir...
Juste une fois.
Une fois.
Comment vous avez fait pour atterrir dans un coin pareil ?
Je faisais un contrôle sur Sarcelles-Nord, sur ce secteur, et j'ai voulu faire de l'essence.
C'est assez troublant. Le pompiste est la copie conforme de votre père.
On a tous un sosie. – Oui, il paraît.
Vous allez voir, c'est pas pareil. Votre père était beaucoup plus...
Ça, c'est de la bagnole !
Du super, évidemment.
Où est le trou ?
Je risquais pas de trouver.
Ils savaient faire des bagnoles, dans le temps. – Elle date de 57-58.
C'était la voiture de Ray Sugar Robinson, le boxeur.
La Motta et Graziano. Dauthuille. Je me rappelle Dauthuille.
Graziano était champion du monde.
Un autre serait resté dans son coin. Lui, il attaque ! Raide, par terre !
Robinson, je l'avais vu rencontrer Big Man. Big Man était bon mais…
c'est le genre de type qui avaient un bon crochet du gauche…
mais il les prenait pas du tout. Enfin, il les donnait pas.
C'est étonnant, non ? – Il lui ressemble, c'est fou.
Il ne lui ressemble pas. C'est une allure, simplement.
Et Max Schmeling…
Il avait une rotative. Il y revenait de son crochet du gauche.
Il est plus vieux, quoi. Mais s'il avait eu le temps, il aurait peut-être vieilli comme ça.
On vous a jamais dit que vous ressembliez à quelqu'un qui s'appelait Sam Lion ?
Comment tu dis ? – Sam Lion.
Dans quel catégorie il boxait ? – Non, c'était un homme d'affaires.
Les hommes d'affaires, mon petit gars !
Tiens, c'est plein. Filez.
Ça fait 400 tout rond. Normal, ça suce.
500, faut que j'aille prendre de la monnaie. – Laissez tomber.
Merci, mon prince. T'es généreux comme Robinson.
Vous donnez un coup sur le pare-brise ? – Pour ce prix-là, t'as raison.
Il est pas sale, mais enfin, pour ce prix-là, je te fais les pompes.
Elle a de beaux yeux, la demoiselle.
Une seconde. Si t'es pressé, t'as qu'à faire le plein toi-même.
C'est vrai, quoi. On peut pas être au four et au moulin.
Je voudrais pas vous paraître médisant,
mais j'ai l'impression que votre fiancé n'aime pas tellement la politesse des rois.
Au contraire, c'est quelqu'un de très ponctuel.
C'est l'exception qui confirme la règle.
C'est aussi quelqu'un d'exceptionnel.
Ça marche pas comme ça. Je ne vous permets pas de m'influencer.
Il faut que je vous dise. Je vous ai un peu fait marcher.
En fait, il est arrivé depuis longtemps. Il est très à l'heure.
Il est dans la salle ?
Il est même à cette table.
Comment ? – Il est à cette table.
Vous voulez dire que… – Mais oui.
Victoria, vous êtes en train de me demander en mariage ou je rêve ?
Seulement si vous êtes d'accord.
Vous savez, je peux dire oui. Il faut faire attention.
Eh ben, dites oui.
Là, je peux pas dire oui. Enfin si, mais pas…
Il faut que je téléphone tout de suite, Victoria.
Il faut que j'annonce la nouvelle à mon père.
Je suis très content. Ça se voit pas bien parce que je suis surpris.
Mais je suis très content.
M. Pierre Duvivier. – C'est moi.
Acceptez-vous de prendre ma fille pour belle-fille ?
Pourquoi tu dis ça ?
Parce que ton fils dîne avec ma fille. Au dessert, elle va le demander en mariage.
Ta fille ? – Ma fille.
Et ton fils va me téléphoner pour me demander mon accord.
Et tu veux mon accord ?
Elle est sérieuse, ta fille ?
Je suis au restaurant avec votre fille. Elle m'a présenté son fiancé.
Le problème, c'est que son fiancé, c'est moi.
Vous êtes majeurs tous les 2. Faites ce que vous voulez.
Mais vous êtes pas surpris ? – Si, je suis surpris.
Pour une surprise, c'est une surprise. Une fille, j'en ai qu'une.
D'accord, je vous embrasse.
La jeune fille qu'était assise là, où elle est ? – Aux toilettes.
Je fermerai.
Qu'est-ce que tu fais là ? – Et toi ?
C'est mon chapeau.
Mais quoi, vous êtes tout seul ?
Qu'avez-vous fait de Victoria ? – Justement, je venais voir si elle n'était pas chez vous.
Elle n'est pas là ? – Non, mais vous ne deviez pas dîner ensemble ?
Si, on avait commencé.
Elle ne devait pas vous demander en mariage ? – Si. Vous êtes au courant ?
Tout le monde est au courant. – Moi, pas. Je l'ai appris ce soir.
C'est fou, quand même.
J'ai toujours été un peu fou.
Et tu vis là ? – Ouais, c'est un peu comme un cirque, comme une roulotte.
Et tu m'aurais laissée épouser un pantin ?
Il ne te plaît pas ? – Si.
C'est ce que tu lui faisais faire qui me plaisait. – C'est ce qu'il y a de plus dur au monde.
Et tu t'es pas trompée.
Tu t'es vraiment amusé pendant ces 2 années ?
Difficule de s'amuser quand on a de la mémoire. – Alors, pourquoi ?
J'ai eu envie de prendre un raccourci et je me suis paumé.
Qu'est-ce qu'on va faire, maintenant ? – Va vite le retrouver et appelez-moi.
Où elle est ? – Elle est repartie.
Je peux vous parler ? – Vas-y.
Non, pas ici. Plus ici.
Elle sait tout ? – Oui.
Tout ? – Oui.
Elle sait aussi que je ne suis qu'une marionnette. – Ne t'énerve pas. Je vais t'expliquer.
Non, vous m'expliquez rien du tout.
Je me calme pas. Je m'énerve si je veux.
Maintenant, c'est fini. Fais ci, fais ça, c'est terminé !
C'est moi qui ai les cartes en main. C'est vous qui allez m'écouter.
Vous savez ce que vous êtes, M. Lion ?
Vous êtes un enfant gâté qui a cassé tous ses jouets.
Vous avez cassé vos femmes, vos enfants, vos affaires.
Maintenant, vous avez peut-être l'intention de me casser, mais ça, jamais !
Vous m'avez appris à être fort, M. Lion.
Non mais franchement, qu'est-ce que vous croyez ?
Vous croyez être le seul à pouvoir descendre d'une voiture et vous mettre devant un lion ?
Non mais franchement !
Vous croyez être le seul à pouvoir descendre d'une voiture et vous mettre devant un lion ?
Il apprend vite. – Il tient bien la route.
Ça y est, il est au point.
Papa, c'est moi.
Je sais pas où est Al. Je comprends pas. Je suis à la roulotte, il est pas là.
Il va arriver. De mauvaise humeur, mais il va arriver.
Tu m'appelles dès qu'il est là. Je t'embrasse.
Y a des soirs comme ça, j'arrive pas à suivre…
Tu veux boire un petit verre ?
Al est toujours pas arrivé. J'ai pas bougé de la roulotte.
Il va arriver. – Il est presque 5h.
T'as appelé dans sa voiture ? – Non.
Appelle et puis, tu m'appelles après.
Victoria, parle à personne. – Non, je te promets.
Papa, je t'embrasse très fort. Je t'aime, papa.
Où il est, ce con ?
Al, mais qu'est-ce que vous faites ? Où vous êtes ?
Je suis à Thoiry.
Dans la réserve africaine.
Il faut que je vous pose une question très importante.
Je viens de l'avoir au téléphone. Il est bien arrivé. Tout va bien.
Tu crois qu'on arrivera à le faire revenir un jour ?
Regarde, il m'a donné ça juste avant de partir.
Il s'en était jamais séparé.
Tu te rends compte si à la fin du tour, ils le retrouvaient plus.
C'est ça qui était sur ton père ? – Oui.
Sam, mon chéri. C'est le dernier tour, on va rentrer.
Allez maman, debout. On va plus se quitter, maintenant.
Bon, je vais passer à la taille au-dessus.
Allez, à demain.
Quand Isabelle dort, plus rien ne bouge
Quand Isabelle dort au berceau de sa joie
Sais-tu qu'elle vole, la coquine
Les oasis du Sahara
Les poissons dorés de la Chine
Et les jardins de l'Alhambra
Quand Isabelle dort, plus rien ne bouge
Quand Isabelle dort au berceau de sa joie
Elle vole les rêves et les jeux
D'une rose et d'un bouton d'or
Pour se les poser dans les yeux
Belle Isabelle quand elle dort
Quand Isabelle rit plus rien ne bouge
Quand Isabelle rit au berceau de sa joie
Sais-tu qu'elle vole la cruelle
Le rire des cascades sauvages Qui remplacent les escarcelles
Des rois qui n'ont pas d'équipages
Quand Isabelle rit, plus rien ne bouge
Quand Isabelle rit au berceau de sa joie
Elle vole les fenêtres de l'heure Qui s'ouvrent sur le paradis
Pour se les poser dans le cœur Belle Isabelle quand elle rit
Quand Isabelle chante, plus rien ne bouge
Quand Isabelle chante au berceau de sa joie
Sais-tu qu'elle vole la dentelle Tissée au cœur de rossignol
Et les baisers que les ombrelles Empêchent de prendre leur vol
Quand Isabelle chante, plus rien ne bouge
Quand Isabelle chante au berceau de sa joie
Elle vole le velours et la soie Qu'offre la guitare à l'infante
Pour se les poser dans la voix Belle Isabelle quand elle chante
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