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Original subtitles

BUNGALOW POUR FEMMES

- Jim ! - Bonjour.

Vous �tes parti longtemps ?

Trop. Il me tarde de retrouver Honolulu.

- O� �tiez-vous ? - A Hollywood.

J'y ai vendu mon roman.

Vous avez �crit un sc�nario ?

Non, je ne voulais pas rester.

Vous �tes fou !

Vous aimez mieux rentrer que vivre � Hollywood, entour� de stars ?

J'y ai r�fl�chi.

On se fait une partie ?

Je suis partant.

Combien avez-vous de passagers � bord ?

Deux, vous compris.

Vous avez vraiment vu Marl�ne Dietrich de pr�s ?

Elle �tait � deux m�tres de moi.

- Elle est sexy ? - Tr�s.

J'ai revu trois fois le film o� elle joue.

Celui o� elle a des bas noirs longs et des jarreti�res noires.

Elle a tout ce qu'il faut l� o� il faut.

Votre passag�re n'est pas mal non plus.

Le r�glement est formel :

Pas de bagatelle dans le service.

Je suis.

Pourquoi la police �tait l� ?

�a, c'est une bonne carte.

Pour s'assurer qu'elle quittait bien la ville.

Pourquoi ?

- Elle vous inspire pour un roman ? - Peut-�tre.

Vous devriez croiser au large !

Les gars comme vous, elle les nettoie.

�a peut �tre payant.

�a fait trop cher.

Quand une dame en est � son dernier dollar,

elle ne r�ve que d'un pigeon comme vous.

Et la dame s'y conna�t.

Sauf que c'est pas une dame.

Je peux avoir du caf� ?

Servez-vous.

Mlle Stover, M. Blair.

Etes-vous d�j� all� � Leesburg dans le Mississippi ?

Alors, c'�tait votre fr�re.

Un gars qui me ressemble ?

Votre jumeau.

C'est le ca�d de la ville ?

Il tra�naille dans les rues en lorgnant les filles.

Il dit des obsc�nit�s et s'admire beaucoup.

Quand on a tendance � trop parler,

on risque de se baver sur le menton.

C'est Jim Blair.

Je voudrais m'excuser pour notre bavardage.

Allez vous noyer !

Puis-je essayer encore de m'excuser ?

Ce n'est rien. Les grivoiseries, je connais �a.

Je suis vraiment d�sol�.

Voulez-vous me rendre un service ?

Je refuse d'aller me noyer.

Continuez � vivre,

mais cessez de taper � la machine toute la nuit.

Jusqu'� la fin de la travers�e, j'�crirai dans la journ�e.

Qu'est-ce que vous �crivez ?

Des romans et des nouvelles.

Vous n'achetez jamais des id�es ? Une histoire v�cue, par exemple ?

La v�tre ?

Peut-�tre.

Elle a d�j� �t� racont�e.

Ma vie � moi ?

Mais je n'ai jamais parl� � un �crivain !

Les noms et les lieux changent, mais pas l'histoire.

Voyons... votre �ge : Vingt et combien ?

26 ans.

De la famille ?

Mon p�re vit encore � Leesburg.

Alors, c'est facile...

"En 1933,

"Mamie Stover terminait ses �tudes au lyc�e de Leesburg.

"C'�tait la plus jolie de toutes mais pas la plus heureuse.

"Une Cendrillon sans robe ni carrosse.

"Elle en �tait priv�e parce que son p�re, Tom,

"buvait tout ce qu'il gagnait."

Papa s'appelle Gus. Il ne boit pas. Et il ne gagne rien.

"Mais la fille de Gus Stover avait une richesse : Sa beaut�.

"Les hommes disaient d'elle : C'est de la braise.

"Et cela inqui�tait maman Stover."

Maman est morte avant mes examens.

Ce concours de beaut� �tait organis� par qui, Mamie ?

A vous entendre, �a arrive chaque jour.

Eh oui !

J'ai �t� dans les journaux organisant des concours de beaut�.

Je connais ces belles Cendrillon

et je sais ce qui les attend.

Mais je ne comprends pas pourquoi elles ne retournent pas chez elles.

Pour �pouser un rien du tout comme mon p�re ?

J'�tais retourn�e chez moi, au bout d'un an.

J'avais des �conomies, j'ai fait un grand coup d'�pate.

Je voulais qu'on me croie tr�s riche.

Mon p�re a �t� bon public.

Il jurait que je lui avais promis une maison,

avec domestiques.

Et maintenant, la porte est ferm�e ?

Je l'ai ferm�e.

Il n'y a que deux fa�ons de rentrer :

En rat� honteux,

ou en vainqueur

dont l'orph�on accueille la grosse voiture.

J'attends cette voiture.

"Appuy�e � la rambarde,

"elle regardait par-del� l'horizon.

"J'aime rester ici, lui dit-elle, �a me fait du bien.

�a me fait comprendre que je dois regarder toujours vers l'avant."

Vous disiez que ma vie �tait du d�j� vu.

En fait, oui. Mais vous �tes int�ressante � observer.

- Comme un poisson rouge ? - Non, voyons !

Mais je le d�chire, si vous voulez.

Non, ne me d�chirez pas.

Etre dans un roman, �a vaut presque d'avoir sa photo dans un illustr�.

Je vais lire ma propre description.

Tu arrives � dormir ?

Jamais, la veille de l'arriv�e.

Tu acceptes de subir un interrogatoire ?

Volontiers.

Je te retrouve sur le pont.

C'est �a, la lune d'Honolulu ?

Elle te pla�t ?

Je m'en m�fie.

Jadis, j'attendais que la lune se montre, pour faire un v�u.

Toujours en vain.

Honolulu est parfait pour faire des v�ux, et refaire sa vie.

Par exemple ?

Je te ferai engager � l'usine de conserves d'ananas.

Je gagnerais combien ?

30 $ par semaine.

Je serais une rien du tout.

Non, Jim, je vais essayer de d�crocher le gros lot.

J'en ai d�j� �t� si pr�s, une fois, que j'en sentais presque la saveur.

Et j'ai une amie qui m'a promis un travail � Honolulu.

De quel genre ?

Au "Bungalow". Ils y emploient des filles.

Fantastique...

Mamie, la bombe anglo-saxonne, parmi les danseuses de hula !

�a m'est �gal, pourvu que �a paie.

Je veux rentrer chez moi

pour snober ceux qui me snobaient.

C'est trop demander ?

Non, mais difficile � obtenir.

Une fois dans l'engrenage, tu auras du mal � t'en d�gager.

Que puis-je faire d'autre ?

Je te l'ai dit : Je ferai tout pour t'aider.

Tu ferais tout ?

Veux-tu m'emmener avec toi dans ta maison sur les hauteurs ?

Je m'en tirerais.

Tu m'apprendrais � m'habiller et � �tre bien �lev�e.

La vie n'est pas si simple.

On ne se fait pas porter sur des hauteurs par magie.

Autrement dit, c'est non.

C'est non.

Je m'y attendais.

Une amie � toi ?

Tu y tiens particuli�rement ?

A Annalee ? Oui, plut�t.

De ton milieu ?

Je ne te dois rien, je sais, mais...

j'aimerais que tu acceptes ceci. Comme un pr�t.

�a te permettra de d�marrer.

J'accepte. Je n'ai pas les moyens d'avoir une attitude noble.

Au revoir. Merci pour l'argent et pour m'avoir tenu compagnie.

Merci pour tout. Au revoir.

Si j'avais pu, j'aurais tir� sur les amarres, pour gagner du temps !

Enfin, vous voil� revenu !

J'ai enfin compris que je ne suis chez moi qu'ici.

Quand vous reviendrez sur terre, dites-moi bonjour.

Bonjour, Aki.

Mon copain et moi, on te trouve bien mignonne.

Va r�parer ton fusil, militaire !

Mlle Davis est l� ?

Jackie Davis.

Elle va descendre.

Vous arrivez de Seattle ?

Nos meilleures danseuses en viennent.

Quelle joie !

Comment vas-tu, mon chou ?

Un bon emploi et tout ira bien.

Le visage et le corps n'ont pas chang�.

Viens chez la patronne.

Sans me repoudrer un peu ?

Vois-la avant qu'on ouvre. Ne laisse pas perdre une nuit.

Que faut-il lui raconter ?

Fais comme si tu �tais une petite fille

chez sa ma�tresse d'�cole.

Mme Parchman, voici l'amie dont je vous parlais : Mamie Stover.

Quelles mani�res, Jackie !

Excusez-moi. Mlle Stover, notre directeur, M. Adkins.

Posez votre valise.

Ne bougez pas. Habituez-vous � �tre d�visag�e.

Chez moi, les gens paient pour d�visager les femmes.

Harry ?

C'est bien �a.

Tournez.

�a suffit.

Physiquement, �a va. Il faudra vous habiller de fa�on plus...

Plus exub�rante.

Exub�rant est le mot. Il faut attirer l'attention

pour vendre des danses, du whisky et du champagne.

Pas d'ennuis avec la police ?

Je ne la crois pas.

Jamais condamn�e.

Encore un point : Le "Bungalow" est un endroit convenable.

On y vend des boissons, des danses et des relations mondaines.

Votre amie est embauch�e, Jackie.

Amenez-la � "l'enclos des pouliches" 15 mn avant l'ouverture.

Il y a encore deux nouvelles.

Je veux leur rappeler le r�glement.

Suis-moi.

Fermez la porte.

Mesdemoiselles !

Allez-y, Harry.

Il y a quatre interdits.

Enfreignez-en un et vous aurez de mes nouvelles.

Je tremble !

Celles qui refuseraient de s'y plier, qu'elles le disent.

Il me taperait sur les doigts ?

Vous disiez, Mlle Stover ?

Moi ? Rien, monsieur.

Celles qui veulent avoir un petit ami en dehors d'ici,

ou faire racoler pour elles par un taxi,

ou fr�quenter le beau monde,

qu'elles partent tout de suite.

Je n'ai qu'un but : Faire de bonnes affaires.

Je ne peux y arriver qu'avec une ob�issance stricte.

Premi�re r�gle : Vous vivrez dans l'�tablissement.

L�, je suis s�re que vous n'allez pas vous attirer d'histoires.

Pas de petit ami en ville.

�a ne peut qu'amener des ennuis

et vous distraire de votre travail.

Trois : La plage de Waikiki

et les grands h�tels vous sont interdits.

D�s qu'on fr�quente le beau monde, les plaintes commencent.

Je ne veux pas de plaintes.

Quatre : Pas de compte en banque.

Un compte en banque attire l'attention.

L'attention du fisc !

Voil� le r�glement. Respectez-le, faites bien votre travail,

et vous gagnerez gros : 30 % sur tout ce que vous vendrez.

Enfreignez le r�glement,

et vous vous expliquerez avec M. Adkins.

Charlie !

Henry ! Ouvrez !

Pr�pare-toi. Ils arrivent comme des sauterelles.

Vendez ! Vendez ! Du whisky et du champagne !

Souriez, les nouvelles !

Le sourire, c'est de l'argent, ne l'oubliez pas.

Bonjour, Mlle Annalee.

J'ai crois� le facteur.

Caf�, �ufs, bacon ?

Caf� seulement. Mes rondeurs m'interdisent plus.

Vos rondeurs sont tr�s app�tissantes.

Lisez donc votre courrier.

Rien que des factures !

Non, la deuxi�me enveloppe semble avoir un contenu qui crisse.

De Mamie Stover, la fille du bateau.

Je pensais ne jamais revoir ces 100 dollars.

C'est une fa�on s�duisante d'inviter les gens. Vous irez ?

Non, bien s�r.

Pourquoi ?

Pour vous d�barrasser de moi ?

Ne comptez pas l�-dessus.

LA FLAMBO YANTE MAMIE

Te laisse pas piquer ton pognon.

Je connais !

Dis que tu ne dig�res pas le champagne

et commande une bi�re.

Une bande enti�re de tickets !

Vite !

Du calme, Tarzan. Tu as d�j� utilis� tous tes tickets ?

Il ne p�se pas 50 kg, les poches pleines.

Ces petits-l� font des danseurs enrag�s.

- Combien de tickets ? - Pour 3 dollars.

C'est peu de temps.

�a suffira. O� puis-je trouver Mamie Stover ?

Avec 3 $ de tickets, on ne la trouve pas.

- Et avec 10 $ ? - Avec 20 $, vous la trouverez.

Vendu !

Demandez Mamie � la patronne, Mme Parchman, derri�re.

Elle sait o� chacune se trouve.

Excusez-moi...

Vous d�sirez ?

J'aimerais voir Mamie Stover.

J'interdis les visites priv�es.

J'ai mal compris.

Mamie est occup�e. Elle re�oit dans un salon � champagne.

Je peux l'attendre ?

Il y a d'autres h�tesses.

Je pr�f�re attendre.

Avec Mamie, le champagne est obligatoire.

J'aime le champagne.

Alors, attendez au petit salon.

Planque tes tickets. On vole tout, dans ces bo�tes.

Ne t'�nerve pas, mon vieux.

�a suffit ! Tu as pour 6 dollars de tickets � moi.

Arr�tez, imb�cile !

Un peu de tenue, voulez-vous.

- Tu vas m'apprendre, binoclard ? - Si j'y suis oblig�.

Recule, poup�e...

Plus fort, la musique !

Ne pars pas, je vais chercher d'autres tickets !

Votre carte de pointage. �a fait 10 tickets.

Cette carte marque le d�but du temps compt�.

Boissons en plus. Respectez nos h�tesses.

Salut, beau blond. Tu attends Mamie ?

Quelle surprise !

Depuis quand es-tu rousse ?

Deux mois environ. �a fait vendre des tickets.

Je suis la flamboyante Mamie !

�a ne te pla�t pas.

C'est une couleur que j'adore.

Pourquoi m'as-tu rembours� ?

Il y a des gars qu'on n'estampe pas.

Merci, j'appr�cie.

J'entends cette musique geignarde toute la nuit. On s'en passera.

Assieds-toi.

Toi, �a va ?

Tr�s bien.

Et toi ?

Je me d�brouille bien.

C'est l'heure, c'est fini.

Mon argent aussi.

Et si je t'achetais un billet pour le continent, avec ceci ?

Non merci, Jimmy.

Tu aimes travailler ici ?

Aimer son travail n'est pas le plus important, pour moi.

Si tu le dis.

Tu bois ?

C'est moiti� eau.

D'une bouteille, on en fait deux, compt�es double.

On garde au moins les �tiquettes.

Je touche 30 %. Laisse-moi t'inviter.

Pas question. Je suis venu pour te voir.

Pour enrichir ton roman ou par piti� pour moi ?

Le roman ne sortait pas bien, j'y ai renonc�.

Et pourquoi aurais-je piti� de toi ?

Une fille aussi s�re de ce qu'elle veut et des moyens de l'obtenir

n'appelle pas la piti�.

Tu accepterais donc de me revoir de temps � autre,

en dehors d'ici ?

Pourquoi pas ?

C'est merveilleux, Jimmy !

Je n'avais personne � qui parler ou demander un conseil.

J'�coute bien, mais je conseille mal.

Tu feras l'affaire.

Les rendez-vous � l'ext�rieur nous sont interdits, mais j'y arriverai.

Je le parierais.

Et tu gagnerais.

Demain, �a va ?

O� veux-tu que je te retrouve ?

Aucun homme ne vaut ce risque.

C'est de la pr�voyance :

J'ai besoin d'un agent d'affaires � l'ext�rieur.

Toujours tes astuces.

C'est payant !

Si Adkins l'apprend, tu auras un gros bleu par astuce.

Je me sens de taille � �craser Adkins

et toute son �quipe.

Ton gars ne te co�tera pas tant !

Tr�s dr�le !

N'oublie pas mon alibi, en cas de besoin.

Je ne peux pas te retenir ?

Alors, je dirai que tu es all�e chez ton dentiste.

L'hygi�ne, Bertha est pour.

Debout, la belle ! Pas de poulet � l'horizon.

C'est un rendez-vous sportif !

Viens me tenir compagnie.

Il me faut de la place. J'ai des choses � te montrer.

2200 $ !

Il faut des ann�es � mon p�re pour gagner tout �a.

Je n'en avais jamais vu autant.

Tu as gagn� tout �a en vendant du faux champagne ?

Oui. Et en dansant et en tenant compagnie.

Que Leesburg pr�pare son orph�on pour accueillir Mamie Stover !

�a sera un retour royal.

Battez les tambours pour votre Cendrillon !

Je suis heureux que tu y retournes.

Non, pas encore. Ce n'est qu'un d�but.

Je me fais de 40 � 50 dollars par soir�e.

Si tu te dis �a, tu ne partiras jamais.

Si, mais j'ai le temps.

N'essaie pas de me chasser de ta ville.

Tu as devant toi la grande vedette de Bertha Parchman.

Riche vedette !

Elle fait �crire une chanson sur moi.

Quoi, une chansonnette bon march� ?

Je vais �tre c�l�bre.

Si on insiste, je signerai ton exemplaire.

Si on insiste, j'ach�terai la chanson.

On arrive.

Mon Honolulu est diff�rent du tien.

Rien que toi et moi et l'oc�an ?

Et le d�jeuner.

Tu joues au golf ?

Pas beaucoup. Le matin et l'apr�s-midi seulement.

O� y joues-tu ?

Au Country Club.

Elle y joue aussi ?

Qui ?

La fille de l'embarcad�re.

Annalee ? Bien s�r. C'est une bonne golfeuse.

C'est un jeu difficile ?

Non. Enervant seulement.

Emporte nos paillasses pendant que je ferme.

- Veux-tu me rendre un service ? - �a d�pend.

Il me faut un ch�que de 200 $ au nom de mon p�re.

C'est affectueux.

Ego�ste, sans plus.

Papa montrera ce ch�que � toute la ville

et me fera une bonne publicit�.

�a vaut plus de 200 dollars pour moi.

Vendu � Cendrillon, un ch�que de 200 dollars.

Merci, Jimmy.

�a me laissera 2000 $ tout rond ?

Je crois.

Je n'aime pas garder une telle somme.

Mets-la � la banque.

�a m'est interdit.

Bertha dit que le fisc nous surveille d'assez pr�s.

Elle en sait quelque chose.

Veux-tu garder mon argent sur ton compte en banque ?

Non, pas question.

Tu es surprenant.

Tu dis que tu crois me comprendre et tu ne vois rien.

Je veux que tu sois mon ami.

Je veux te confier mon argent.

Que peut-il y avoir de plus intime entre amis que cela ?

A ton avis ?

Tu pourrais louer un coffre et me garder �a dedans.

Toi et ton argent !

Je vous emp�che d'�crire ?

Je n'ai rien �crit de bien en 8 jours.

Alors, faisons un parcours au golf.

Je ne peux pas, en ce moment.

Qu'est-ce qui ne va pas ?

Tout va tr�s bien.

Ma pr�sence vous embarrasse.

D'o� vous vient cette id�e ?

Je vous connais. Vous attendez quelqu'un ?

En quoi cela me g�nerait-il ?

C'est Mamie Stover ?

Oui. Aki est all� la chercher. Elle a � me parler.

Affaires ou plaisir ?

Ce n'est pas dr�le.

Je sais.

Voil� longtemps que nous n'avons plus bien ri ensemble.

Excusez-moi, je suis trop nerveux.

J'�cris de travers, et je parle de travers aussi, ces temps-ci.

�a se tassera, j'en suis s�re. A tout � l'heure, au Club.

Pourquoi partez-vous ?

Pour que vous ne m'en vouliez pas de rester.

Fermez la porte, vous !

M. Blair vous attend.

Je suis de retour.

Et la porte est rest�e ouverte.

Quel accueil !

Ton domestique m'ignore et tu es tout gel�.

Que signifie cette lettre envoy�e de Leesburg � Mme James Blair ?

�a t'ennuie ?

"Ma ch�re fille,

"remercie ton mari pour son ch�que de 200 $."

J'avais une raison.

J'esp�re qu'elle est bonne.

Il fallait que j'explique � papa

pourquoi j'ai quitt� San Francisco.

J'avais trop err� de ville en ville.

Je voulais lui remonter le moral.

Je lui ai parl� d'un mari riche

qui lui ach�terait une maison,

avec domestiques, et tout.

Tu n'en avais aucun droit.

Je sais.

Il fallait au moins m'en pr�venir.

J'avais peur que tu refuses.

Il n'�crit que 4 � 5 fois par an,

quand je lui envoie de l'argent. Tu ne veux pas ?

Reprends ta lettre.

Je peux limiter les lettres � deux ou trois par an. �a ira ?

D'accord.

Quelle belle maison ! Je n'ai pas �t� chez des gens

depuis longtemps.

C'est �a, la vraie vie :

Regardez le monde de haut.

Qu'avais-tu � me dire ? On m'attend au Country Club.

Mlle des Hauteurs ?

Ne l'appelle pas comme �a.

C'est sans mauvaise intention : Je voudrais bien �tre � sa place.

Les gens n'ont pas tous les m�mes droits.

Pour moi, beaucoup d'interdits qui n'existent pas ici.

Toutes les hauteurs du monde ont leurs interdits.

Mais ici, on peut respirer.

Tu respirerais, � Leesburg.

J'ai une grosse somme � toi. Rentre en beaut�.

Installe-toi avec les m�mes droits que n'importe qui.

Ici, m�me millionnaire, tu vivrais parmi les interdits.

Jamais de la vie !

Je les briserai tous jusqu'au dernier.

J'aurai une maison comme la tienne. Peut-�tre plus grande encore !

Tu verras !

Avec assez d'argent, on peut tout acheter.

Avec un million de dollars, on vit plus haut que n'importe qui.

Tes millions et ta vie sont � toi.

Que me voulais-tu ?

Je crois savoir comment gagner ce million.

Sais-tu ce qui se passera si la guerre arrive ?

Oui : Les gens mourront, par milliers.

Mais d'autres s'enrichiront.

On donne de sales noms � ces gens-l�.

J'ai l'habitude des insultes. Ecoute-moi.

Assez ! J'en ai assez d'�couter tes petites id�es.

J'en ai assez de garder ton compte en banque.

D�s que tu ouvres la bouche, c'est pour parler d'argent !

"Je me fais de 40 � 50 dollars par soir�e."

"Quoi de plus intime entre amis que l'argent ?"

En voil� un �talon de mesure !

�a ne t'�c�ure pas de mesurer en dollars le moindre sentiment ?

Non.

Mais il faut �tre un rien du tout pour le comprendre.

Je suis n�e dans la mis�re et j'ai �t� �lev�e dans la mis�re.

Pour toi, parler argent, c'est s'encanailler.

Moi, si j'en parle, c'est par peur de manquer.

Mamie, attends, ne pars pas.

Excuse-moi.

Je suis un imb�cile bourr� de pr�jug�s.

Non, Jimmy.

Tu es gentil. Tu l'as toujours �t�.

Moi, je suis mauvaise, avec mes astuces.

J'aime tes astuces.

On t'attend. Il faut que tu partes. Tu seras en retard.

Attends en bas.

N'y va pas !

Il serait ravi de pouvoir te tabasser aussi.

Des P-47 !

On dirait des P-36.

- C'est des P-47. - On parie.

Vous oubliez que c'est dimanche !

Laisse-nous, maman !

Un caf�, s'il vous pla�t.

Bient�t la fin de votre service ?

Dans quelques minutes.

Des tirs d'exercice, maintenant !

Alerte, tout le monde ! Ecoutez attentivement !

L'aviation ennemie attaque Pearl Harbor, dans l'�le Oahu.

Nous sommes attaqu�s. Ne sortez pas dans la rue.

Fermez la porte !

Donnez-moi le "Bungalow"... le 7 - 33 - 49.

Si, je vous en prie !

Les avions portent les embl�mes japonais.

Ils attaquent Pearl Harbor. Restez � l'�coute.

Descendez toutes � la cave !

Tu es devenue folle ? Tu veux te faire tuer ?

- C'est l'occasion que j'attendais. - Descendons !

Regarde en bas. Tu vois ?

Ils courent tous. Ils ont peur. Ils fuient. Mais moi pas !

J'ach�terai des immeubles au rabais avec tout mon argent.

Tra�ne encore et tu auras une concession au cimeti�re.

Viens maintenant !

O� est-il ? O� est M. Jim ?

Qu'est-ce que vous avez ? O� est M. Jim ?

Il est parti.

Appel � tous les r�servistes :

Pr�sentez-vous au bureau militaire.

Mais o� est-il all� ?

Je ne sais pas.

Si, vous le savez. Dites-le-moi.

Mamie Stover.

Le t�l�phone ne marche pas. Je ne savais pas si tu allais bien.

Tu es revenu pour moi, pour moi !

Je perds la main. Je vois des milliers de gars.

La moiti� jurent qu'ils m'ont dans la peau : Je les attends encore.

- C'est Jimmy. - Je m'en doute.

Viens, Bertha attend.

Viens plut�t chez moi.

La cave est plus s�re.

Vas-y.

Bien parl� !

Je te t�l�phonerai.

Je vais m'enr�ler.

Attends qu'ils t'appellent !

Je devance l'appel. Va dans ta cave.

VENDU

Si vous avez d'autres occasions, pr�venez-moi. Je paie comptant.

�a, c'est du vol.

C'est ce que je cherche.

Si j'attends quelques mois, j'en tirerai 10000 $.

Alors, au revoir.

Va pour 4500 $.

J'ai dit 2800 $ comptant, � prendre ou � laisser.

4000 $.

Attendez. Vous payez comptant ?

Enti�rement.

Je veux retourner sur le continent et je ne veux pas de cette guerre.

Je comptais encore b�tir ici.

Je m'en occuperai.

Vous dormez bien ?

Comme un enfant. Allons signer.

- D�sol� du retard. - Je m'inqui�tais.

C'est ma derni�re perme. On embarque demain.

Vous avez conduit Mlle Stover � la maison ?

Vous ne l'aimez pas, n'est-ce pas ?

Un domestique ne discute pas les amis de son patron.

Nous vivons ensemble depuis trop longtemps pour que soudain,

vous vous disiez "domestique".

Nous aimons les m�mes gens, en g�n�ral.

En g�n�ral, oui, monsieur.

Vous �tes un snob.

Tu r�ves ?

Je complote.

Devine quoi.

Mets-moi sur la voie.

Ecoute.

Soci�t� Stomam, S.A.

Qu'est-ce que c'est ?

C'est moi. Moi !

S-T-O comme Stover, M-A-M comme Mamie.

La Soci�t� Stomam. Je suis une Soci�t� Anonyme, depuis hier.

Tu peux acheter et vendre tous les immeubles d'ici.

J'ach�te et je loue. Et devine qui est mon principal locataire.

L'oncle Sam.

Viens, M. Le Propri�taire.

L'Etat loue tout ce qu'il voit.

Y compris mes services.

Tu me manqueras beaucoup, Jimmy.

Tu me manqueras plus que �a.

�a rendra ton retour meilleur encore.

Toute la matin�e, j'ai attendu ma perme,

en me demandant si Aki allait te trouver.

J'aime �tre avec toi.

Quand il n'y a que toi, moi et le d�cor,

mais pas de public.

C'est toi qui exigeais de rester cach�e, � cause du "Bungalow".

Oui, je sais. Mais aujourd'hui, il faudrait autre chose.

Veux-tu qu'on aille danser ?

Quelque part o� on ne vend pas de tickets ?

T�l�phonez au Hali-Kalani pour retenir une table pour deux.

Bonsoir !

Deux verres de rhum.

Nous n'aurions pas d� venir ici. Je d�plais � tes amis.

A mes ex-amis.

Allons-nous-en.

Non, reste l�.

Ils te d�visagent trop.

Je leur jetterai leur verre � la figure.

Ne fais pas de scandale, pas dans un endroit comme ici.

Ils sont tous indignes de toi.

Avec du temps, je me rendrai digne de toi. Tu seras fier de moi.

Je le suis d�j�.

Nous dansons ?

C'est si bon de ne pas compter des tickets.

�a se fait, de s'embrasser ?

Et comment !

Tu le connais ?

- Je pars. - Il me reste deux heures.

Le r�glement m'interdit de venir ici.

Ce soir, on oublie les interdits.

On ne discute pas avec Adkins. C'est le gros bras de Bertha.

- Il te ferait du mal ? - Partons, Jimmy.

Dis-le-moi : Il t'a d�j� frapp�e ?

Laisse-le. Les bagarres, c'est son m�tier.

J'ai � parler � Mlle Stover, militaire.

Asseyez-vous d'abord. J'ai des choses dr�les � dire.

Une autre fois. Ceci est urgent.

Ne soyez pas grossier. Ce sera vite fini.

En vous apercevant, j'ai dit :

"Voil� Adkins ! On re�oit n'importe qui, ici !

"Ll est trop ignoble pour qu'on lui laisse approcher des humains."

Je ne vous cherche pas d'histoires.

Je sais, vous n'en cherchez qu'aux femmes.

Elles ne vous font pas peur.

Quand vous serez en civil, nous en reparlerons.

Otez vos lunettes, je m'occupe du reste.

Encore un coup, pour moi !

Emmenez-le.

Pourquoi lui ? L�chez-le !

Calmez-vous.

- N'interviens pas. - Arr�tez celui-l� !

Il est venu en me mena�ant de me battre.

Vous ?

Son m�tier est de dresser les femmes, au "Bungalow".

L�chez-le !

C'est bon, sergent.

Monsieur ?

Elle ment.

Vous insultez une dame.

C'est une tra�n�e qui n'a pas � venir ici.

Du calme, soldat. Je m'en occupe.

A mon avis, il bat les femmes. Qu'en pensez-vous ?

Je pense comme vous.

C'est une plaisanterie ?

Fermez-la, vous !

Pendant que je m'occupe ici,

allez discuter dehors, avec ce monsieur.

Merci, mon capitaine.

Sortons discuter.

Bonne soir�e, militaire. Bonsoir, mademoiselle.

Je vous prie de m'excuser,

mais nous ne pouvons plus vous servir.

Non ! Nous n'aimons pas cet endroit.

Pas plus d'une bagarre par soir�e !

Il n'y en aura pas. Nous partons !

C'est un vrai bouge, chez vous.

Tu ne peux pas te battre contre l'�le enti�re. Je suis catalogu�e.

Tu ne le seras plus. Tu vas quitter la bo�te de Bertha.

Je t'aime, Mamie.

Je voudrais me montrer partout avec toi.

Je ne peux pas te laisser g�cher ta vie pour moi.

Ne discute pas. Apr�s la guerre, nous pourrons nous marier.

Il y a de la place pour nous, dans le monde. Mais plus de Bertha.

O� que je sois, je veux �tre s�r que tu es � moi et rien qu'� moi.

Je le suis, Jimmy.

Et adieu, "Bungalow".

Oh oui, d�s ce soir !

Je suis folle de joie !

Que cela m'arrive, � moi...

Je t'aime, Cendrillon.

Ne m'oubliez pas. Ecrivez-moi.

Ne faites pas d'imprudences !

Je te ferai verser une d�l�gation de solde.

Je n'ai pas besoin d'argent. Je me tracasse pour toi.

Je t'�crirai autant que je pourrai.

Je t'�crirai aussi, tous les jours.

Veux-tu vivre ailleurs qu'� Honolulu, en m'attendant ?

Je t'attendrai ici, le temps qu'il faudra.

March� conclu, Cendrillon.

�a a force de loi.

Retourn�e, elle ressemble � une alliance.

Tu connais mes principes :

Le boulot avant tout.

Et Mamie Stover, c'est le boulot.

C'est un cas � part.

Elle fait rouler l'affaire. Tu le sais bien.

Elle a le droit de d�sob�ir et de me faire tabasser ?

J'ai besoin d'�tre bien avec la police militaire.

S'il est interdit � la troupe, le "Bungalow" est cuit.

Si je faisais un voyage pour huit jours,

le temps que �a s'oublie ?

�a n'arrangerait rien.

Je suis d�sol�e, mais il faut nous s�parer.

Voici deux mois de salaire.

Au bout de cinq ans, c'est "Voici ton indemnit� et adieu" ?

J'ai fait faire tes bagages.

�a me va tr�s bien.

J'en avais plus qu'assez.

On s'ennuie, � vivre avec une vieille mochet�...

Ne continue pas, Harry !

Tais-toi.

Tu as eu sa peau !

- Tu as �t� formidable ! - Tu es un amour.

- Il a la l�vre fendue. - Et des h�matomes.

De quoi parlez-vous ?

Tu nous lib�res de l'esclavage et tu prends un air �tonn� !

Bertha a sacqu� Adkins. Il est fini, liquid� !

Un peu moins d'exub�rance !

Ce n'est pas un asile d'ali�n�s.

J'aimerais vous parler, Mamie.

Finissez de vous pr�parer.

Pas de sermon, vous ne me renvoyez pas, je pars.

Pourquoi vous renverrais-je ?

Buvez. Servez-vous.

C'est du bon, �a.

Je n'en ai pas envie.

Moi, je bois.

Harry est parti, je n'ai plus � me surveiller.

Pourquoi cherche-t-on � �tre ce qu'on n'est pas ?

Pourquoi ne pas essayer ? On peut r�ussir, parfois.

Je l'ai cru, aussi.

Harry m'a tant dit que j'�tais � part que je l'ai presque cru.

C'est le pass�.

Je montrerai � M. Adkins que je me passe de lui.

Je vais vous faire une situation sans pr�c�dent.

Je porte votre pourcentage � 35 %.

Trop tard, Bertha. Je m'en vais.

Je suis revenue faire mes valises.

Vous �tes s�rieuse ?

Tout � fait.

Vous verrez comment on devient ce qu'on n'�tait pas.

Qui est-il ?

Pour quel baratineur renoncez-vous � la richesse ?

Peu importe son nom.

Le nom importe peu, en effet.

Ils vous offrent tous la m�me salade :

"Je t'aime".

"Sois � moi, rien qu'� moi.

"Je ne peux pas te partager avec d'autres."

- Et ce n'est pas bien ? - C'est tr�s bien, si.

Mais combien voit-on ici, tous les soirs, de gars �moustill�s,

qu'une femme attend, ailleurs, en se fiant � de faux serments ?

Nous nous marierons apr�s la guerre.

- Peut-�tre m�me plus t�t. - Ou jamais.

�a suffit, Bertha. Vous ne savez rien de ces choses-l�.

Vous n'avez jamais connu un Jimmy.

Mon baratineur � moi s'appelait Philippe.

Ce brave Philippe ! 1918... La guerre d'avant.

Ce bon vieux Philippe !

Il vous promettait la lune, en termes savants.

Je ne sais rien de ces choses-l�...

J'ai attendu pendant toute une guerre,

et puis il m'a balanc�e.

Jimmy n'est pas comme �a.

Philippe ne l'�tait pas non plus.

De quoi me plaindrais-je ?

La fille qu'il a �pous�e a droit � Philippe

et � un logement miteux jusqu'� la fin de ses jours.

Moi, j'ai des revenus solides et je me b�tis une fortune nouvelle.

Cette guerre nous apporte la prosp�rit�.

Les bons clients d�fileront ici par millions.

Je monte faire mes valises.

J'ai une id�e.

Je vous donne 40 %.

Je ne comprends pas qu'on refuse de telles sommes.

J'aimerais ne pas y �tre oblig�e mais c'�tait sa derni�re perme.

Il m'a demand� de promettre et j'ai promis.

Je vous aurai une adresse postale dans un beau quartier de la ville.

Ce qu'il ne sait pas ne lui fera pas de mal.

J'imagine que non.

Envisagez ceci :

En admettant que votre Jimmy soit sinc�re,

� son retour,

vous lui montrerez 50 ou 100 mille dollars de plus.

Croyez-vous qu'il protestera ?

Tout homme accepte une dot.

40 %, Mamie !

Le plus gros pourcentage de la maison.

Montez jusqu'� 50 %.

Entendu pour 50 %.

Mais que �a reste strictement confidentiel.

Vous buvez un coup ?

Dites-leur de se d�p�cher d'ouvrir, mon capitaine !

Toi, tu portes trop de bijoux.

C'est vous, la propri�taire ?

J'ai ce privil�ge.

Capitaine Sumac, commandant la police militaire.

Heureuse de vous conna�tre.

Que puis-je faire pour vous ?

Des militaires se plaignent d'avoir �t� estamp�s.

Au "Bungalow" ?

C'est absurde.

Je ne suis pas venu pour discuter. Si ces plaintes continuent,

votre maison sera interdite � la troupe.

Je vous donne ma parole d'honneur

que personne ne se plaindra plus.

Je vous pr�sente le colonel...

Summer, c'est �a ?

Sumac. Et je ne suis que capitaine.

Je suis heureuse que le cap. Sumac vienne voir la tenue de la maison.

Voulez-vous rester pour juger par vous-m�me ?

Oui, je vais rester.

Parfait.

Mlle Stover, conduisez le capitaine Sumac au petit salon.

Je vous remercie pour l'autre jour.

Mon sergent a �t� tr�s heureux

de bavarder un peu avec M. Adkins.

F�licitez votre sergent de son �loquence.

Que buvez-vous ?

Un soda seulement. Je suis en service.

Deux sodas.

Vous buvez du soda ?

Je le supporte, comme vous !

Charlie, ouvrez la porte.

Souriez, mesdames. Faites bon accueil � nos h�ros.

Comme d'habitude !

Ton bateau ne part jamais ?

Je suis affect� sp�cial.

O� �a, ici ?

Tu me rends nerveux. Vite, des tickets !

Je t'en donne en prime si tu me dis ce que tu en fais.

Tu es trop jeune.

Savez-vous si on vous laissera longtemps � Honolulu ?

Tr�s longtemps, j'esp�re.

Si �a sous-entend moi, nous ne recevons pas les officiers.

Que faites-vous de vos journ�es ?

Je me repose.

4 tickets. On paie d'avance.

C'est un invit� de la maison.

A votre sant� et merci encore pour l'autre jour.

Jouez-vous au golf ?

- Entre 80 et 90. - Comment �a ?

Je fais le parcours en 84 � 85 coups.

Vous �tes admis au Country Club ?

Je suis officier, donc gentleman, en principe.

On vous recevrait avec quelqu'un qui veut apprendre � jouer ?

Fixez votre jour,

ch�re �l�ve.

Demain matin, ce serait parfait, cher professeur.

Quand vous regardez danser Une Hawa�enne

Faites attention Vous exposer votre c�ur

D�tachez vos yeux De ses hanches perverses

Ne regardez que ses mains

Elle vous raconte toute une histoire

Elle se d�hanche Mais regardez ailleurs

D�gagez-vous de son rythme Elle ne vous promet rien

Ne regardez que ses mains

Et quand elle tournoie

Et que son corps ondule

Ne laissez pas s'�garer vos yeux

Car elle sait s'y prendre Pour vous affoler

Elle vous emplit de vaillance

Vos yeux trahissent tous vos secrets

A quoi bon nier Que c'est la belle vie ?

Mais si vous �tes trop jeune Ou bient�t centenaire

Ne regardez que ses mains Qui vous content une histoire

Ne regardez que ses mains

1re le�on : La tenue du club.

De la main gauche, empoignez bien.

Recouvrez le petit doigt de la main droite, comme ceci.

Essayez.

Non, �a ne va pas.

Essayons comme on fait au cin�ma.

Comme �a...

Laissez-vous aller, ch�re �l�ve.

Pas trop loin quand m�me.

Vous n'apprendrez rien ainsi.

Vous non plus.

Je ne sais pas enseigner autrement.

Mais si : Imaginez que je suis un de vos officiers.

Voil� un excellent conseil.

Regardez bien la le�on n� 1, mon colonel.

Mon ch�ri, cesse de m'envoyer de l'argent

et de t'inqui�ter pour moi.

Les immeubles que j'ai achet�s m'assurent de beaux revenus.

J'aurais d� quitter le "Bungalow" depuis longtemps.

Et une grande nouvelle :

Ta Cendrillon sait jouer au golf.

J'ai d�j� eu deux le�ons. Et o� crois-tu que je joue ?

Mais au Country Club, bien s�r !

On n'est pas � la biblioth�que. On l�ve le camp.

L'air plus "c�ur solitaire", Mamie.

Laissez-moi travailler.

Pas de "c�ur solitaire".

Je veux l'air "Approche un peu".

C'est �a m�me ! Tr�s provocant !

Ne bougez plus !

Parfait.

C'est termin� ?

Je ferai agrandir cette photo � deux m�tres de haut.

Et si j'ouvrais une bo�te � moi ?

Ne me bluffez pas. Vous �tes loin d'avoir le capital n�cessaire.

J'ai plus qu'il n'en faut.

Mes loyers rapportent 400 $ par mois.

Mais il se trouve que j'allais vous augmenter, � 60 %.

C'est bien 70 % que vous avez dit ?

Oui, 70 % !

A tout � l'heure � "l'enclos des pouliches".

Autant avoir une photo � moi.

Les photos sont trompeuses.

Flamboyante, elle l'est bien !

On fait queue pour quoi ?

Attends et tu verras bien.

C'est soit pour de l'alcool, soit pour des femmes.

99 !

Venez boire, championne !

Dommage que j'aie mal jou� au 7e trou.

�a descend en-dessous de 100 et �a se plaint !

Jimmy sera fier de moi.

Oublions le caporal, un instant.

Il est pass� sergent.

Je reste son sup�rieur.

Pas pour moi.

Bonjour, George. Comme d'habitude.

Vous avez tort de n�gliger un "tiens" excellent, moi...

pour un "tu l'auras" douteux.

Votre femme et vos enfants vont bien ?

Oublions-les. Ils sont � 10000 km d'ici.

Tout comme votre sergent.

Le po�te qui a dit que l'absence renfor�ait l'amour

avait tort.

Autant demander � un affam� de regarder de loin un bifteck,

en songeant � celui qui l'attend chez lui.

Je suis contre les famines.

Mon intuition me l'avait d�j� dit.

Je suis fait de l'argile commune, et vous aussi.

Nous ne sommes pas des petits saints.

Alors, unissons nos forces.

Parlons plut�t d'autre chose.

Ne vous laissez pas influencer par l'ambiance aristocratique.

Je fais un calcul simple.

Cette guerre peut encore durer des ann�es,

que nous passerons ici, loin de ma famille,

et de votre Jimmy.

Assez, Eldon, vous perdez les p�dales.

C'est un peu trop soudain,

cet air de vertu outrag�e.

Vous n'�tes pas une r�veuse na�ve,

qui croit qu'un homme

reviendra pour l'�pouser.

�a ne va pas avec votre m�tier au "Bungalow".

Visez-moi cette pin-up !

Trouve-t'en une ! Mamie la Flamboyante est � moi.

�a peut pas �tre du vrai !

Si, mon vieux, c'est du solide.

C'est une roulure d'Honolulu.

Un gars de la Compagnie C vend ces photos

� 2 dollars pi�ce.

Riche id�e !

J'en veux une pour mes nuits solitaires.

Vous aimez, sergent ?

Si je vais � Honolulu, j'irai voir si elle est en vrai, cette Mamie !

�a fait mal ?

Et l� ?

Vous pouvez quitter l'infirmerie.

J'aurai une perme ?

Bien s�r.

Pour une �paule bless�e, c'est une semaine.

Pour les sergents, 10 jours.

Allons-y !

A toi de faire !

Bats les cartes.

J'ai gagn�.

Si tu danses avec Mamie

Risque-toi avec Mamie

Tu as des chances De trouver l'amour de Mamie

Il n'y a plus d'�toiles au ciel

Car elles sont toutes Dans les yeux de Mamie

Tout homme, en voyant Mamie, Devient fou de Mamie

Et lui donne tout ce qu'il poss�de

Celui qui voudrait r�sister

Devrait aller voir un psychiatre

Salut, beau blond. Tu attends Mamie ?

Mon ch�ri !

Je ne suis pas ton ch�ri.

Je suis un troufion parmi les autres.

Combien ?

Je t'en supplie, �coute.

Prends tes tickets, voyons.

J'ai eu tort, je ne me rendais pas compte.

Je passerai ma vie � me faire pardonner.

Pas � mes c�t�s.

Ne dis pas �a.

Je ne voulais pas te faire de peine.

Je voulais de l'argent pour...

L'argent ! Mamie, la Flamboyante Cendrillon !

Non, plus jamais. Je te le jure, plus jamais !

Nous irons o� tu voudras.

Nous partirons � z�ro pour vivre la vie dont tu parlais.

C'est mort et enterr�. Tu n'as pas besoin de moi.

Si, j'ai besoin de toi !

Je t'en supplie, Jimmy.

Arr�te.

Assieds-toi.

J'�tais entr� ici plein d'amertume et de haine.

Je ne hais plus.

Je vois soudain que tu ne comprends pas.

Toute ta vie, tu r�vais d'argent et maintenant tu es riche.

Il t'en faudra toujours plus.

Je n'ai ni � te juger...

ni � �tre amer ou haineux.

De toute mani�re...

je ne pourrais pas te ha�r.

Pas toi.

Ni m'aimer.

Nous sommes diff�rents.

Nous voyons la vie autrement.

Mais Annalee la voit comme toi.

Il s'agit bien d'Annalee ?

Je n'en sais rien.

Je ne sais m�me pas si Annalee accepterait de me parler.

Tu es donc venu ici d'abord

pour rompre et me dire qu'une tra�n�e reste une tra�n�e.

Non.

J'y avais pens�, mais je n'y songe plus.

Si nous nous retrouvons, un jour...

nous nous parlerons autrement, avec une amiti� plus libre.

C'est fini, mon brave.

Oui, je crois.

Je n'ai besoin de personne pour me hisser sur des hauteurs.

Je suis d�j� au plus haut, dans la plus grande maison qui soit.

Tout homme, en voyant Mamie, Devient fou de Mamie

Et lui donne tout ce qu'il poss�de

Celui qui voudrait r�sister

Devrait aller voir un psychiatre

On ne veut toujours pas de vous, � San Francisco.

Je le traverse, pour rentrer chez moi.

Mississippi ?

A Leesburg.

Vous n'avez pas fait fortune, � Honolulu.

Si je vous dis que j'ai distribu� ma fortune,

me croirez-vous ?

Je le pensais bien.

Je peux aller jusqu'� l'a�roport ?

Montez, on vous y conduira.

Sous-titres : Jean SENDY

Sous-titrage : DUBBING BROTHERS

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