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Original subtitles

- H�, Bijou...

sors de l�.

S'il te pla�t.

J'ai un bon sandwich pour nous deux.

T'as pas faim aujourd'hui ?

T'as un peu mal au ventre, hein ?

Je t'avais pr�venu, mais t'�coutes jamais.

H�, h�... h�, bonhomme !

Alors, t'en veux pas ?

Tant pis, c'est moi qui le mange.

Le saumon, t'aimes pas �a. Tu voudrais du caviar.

T'es au r�gime, c'est �a ?

(porte)

(gardien): Dehors, Brutecki ! Ton p�re est l�.

- Va te faire foutre, j'ai pas de p�re.

(grincement et fermeture d'une porte)

- Brutecki. T'es vraiment un sac � merde, toi.

Mais je vais quand m�me te nettoyer.

Quand j'en aurai fini avec toi,

ton �me sera aussi blanche que celle d'un nourrisson.

- Vous �tes quoi, monsieur ?

Un cureton ou un bouffeur de merde ?

- Ah, bien mieux que �a.

Je suis saint Pierre en personne.

Et je t'ouvre les portes du paradis.

(Il ricane.)

Tu d�gages une odeur de chiottes !

D'o� est-ce qu'elle vient,

toute cette pourriture, Brutecki ?

- Vous avez raison, je suis une vraie merde.

Vous avez qu'� essayer de me nettoyer !

- Je m'en charge, ducon. T'inqui�te pas pour �a.

Assez plaisant�.

Bienvenue au paradis, mon gar�on.

- Et ne viens plus promener ton cul par ici, hein ? !

(engueulades )

(moteurs d'avion assourdissants )

(Le conducteur chante � tue-t�te.)

(Il chante en roumain.)

(�clatement d'un pneu)

(Il rit.)

- Connards !

(Il imite un moteur d'avion.)

(petits cris saccad�s )

- Bienvenue � Gura Nera... monsieur Jerry Brutecki.

- C'est Brutetski.

(petits cris saccad�s du gamin)

- Oh, vous �tes Polonais ?

- Non. - Anglais ?

- Non.

- Je vois, vous �tes monsieur Personne.

Suivez-moi, s'il vous pla�t.

- Votre curriculum vitae est tr�s impressionnant.

(Le m�decin tousse.)

Vingt-trois vols � main arm�e,

28 vols � la tire, 31 cambriolages...

Trois divorces !

On vous a surpris en train d'uriner

sur le parvis de Westminster

et vous avez �t� l'h�te des prisons de Sa Majest� six fois.

- Sept fois.

- Excusez-moi, je me suis tromp�.

Dites-moi, mon ami...

savez-vous pourquoi on vous a envoy� ici ?

- Quelqu'un va fermer la gueule de ce petit encul� ? !

Je peux le faire moi-m�me, vous savez.

(L'enfant pousse toujours des petits cris saccad�s.)

Vous leur faites quoi, � ces morveux ?

Vous les d�coupez vivants ?

Aaah !

Non !

- Naturellement.

- Nom de Dieu !

(petits cris saccad�s du gamin)

- Tut-tut-tut ! Est-ce que vous avez demand� ?

- Je demande jamais.

- Ici, on demande.

- On demande � qui ?

- On ne ferme pas cette fen�tre.

- Nos amis de l'Ouest se sont montr�s

g�n�reux comme d'habitude.

On va pouvoir r�parer la toiture avec �a.

- On va lui donner les outils n�cessaires

tout de suite. (petits cris de l'enfant)

Vous �tes dans un h�pital pour orphelins, monsieur Brute.

Vous �tes ici pour r�parer le toit

et vous rendre utile. Vous m'�coutez, monsieur Brute ?

(L'enfant s'est calm�.)

Monsieur Brute...

Chaque semaine, vous vous pointerez chez le procureur,

mais vous resterez sous mon enti�re responsabilit�.

�a vous convient, monsieur Brute ?

- Non.

- Bien !

- D�gage, petit !

- H� !

C'est une fille.

Allez-y doucement, elle est schizophr�ne.

- Ah ?

(Il lui fait une grimace bruyante.)

(rires )

Putain de Gura Nera !

(petits cris saccad�s )

Ferme-la ! H� ! Tu vas fermer ta gueule ? !

(petits cris saccad�s )

Ah !

(La fillette hurle.) - Salope !

- Vous avez int�r�t � l'arr�ter, sinon je lui �clate sa gueule !

(Elle lui crache dessus.)

- Ne l'approchez pas

sinon vous allez la tuer. La touchez pas !

- La prochaine fois, je me crache dessus !

- C'est la maladie des orphelins !

C'est pas de sa faute !

- C'est une petite salope !

(Il ricane.)

- H�, Mara... �a te suffit, �a ?

- Qu'est-ce que �a veut dire ? - C'est beaucoup d'argent.

Une grosse somme. De l'argent anglais.

Avec �a, on peut tout acheter.

- Tu es si malin, Ion !

(g�missements d'un enfant)

(Elle fredonne une berceuse.)

(L'enfant se calme.)

(bruit de pas )

(grincement des roues du lit)

- H� ! Ton nom, c'est Mara ? - Laissez-moi !

- H� ! Mara !

Salope.

(Elle tousse.)

- L'infirmi�re...

comment elle s'appelle ?

- L'infirmi�re... (sifflement)

elle s'appelle Mara ?

- Ah, Mara...

(bip de l'appareil)

- Oui, d'abord, moi, je tire un bon coup...

et apr�s, ciao ! - Ciao ?

Avec moi ! O.K. !

Salut, la Roumanie ! (Elle imite un moteur d'avion.)

- Allez-y.

De l'oxyg�ne.

J'ai dit: oxyg�ne !

- On n'en a plus !

(Elle rit.)

(aboiements au loin)

(Mara): On n'a plus d'oxyg�ne.

Il faut que tu regardes ces photos.

S'il te pla�t, Babits, regarde.

Sur ces photos-- - Dehors !

(rires des enfants )

(cris de panique)

- Nous avons achet� ce m�dicament avec votre argent.

Les enfants pensent que c'est un rem�de miracle

qui vient de l'Ouest,

mais ce n'est que de la vitamine C.

C'est tout ce qu'on a pu acheter !

- Mais il y en avait plus que �a, de l'argent !

- Le reste a disparu. Mais vous pourrez bient�t

lire dans vos journaux comment, gr�ce � vous

nos enfants survivent !

- J'ai pas tout saisi, l�.

- Laissez tomber.

- Mara...

Mara !

(fracas )

(Il sifflote.)

- Pourquoi vous �tes venu ici ?

- Pour vous baiser. (Il ricane.)

- Ce que vous pouvez �tre b�te. - Je sais.

- Vous ne savez rien faire. - Ah oui, vous croyez ?

Je suis un expert en toutes choses.

Tu le sens, hein ?

Hum...

- Non, je ne sens rien.

Vous �tes un expert en vol et en bagarre.

Vous n'�tes rien du tout.

Vous me faites piti� ! - Je crois entendre mon p�re !

- Vous pensez que notre pauvret� vous arrange.

(Elle soupire.)

- Mara ?

- Quoi ?

- Tu veux que je me tire, c'est �a ?

- Faites attention dans cette pi�ce.

Le sida. Moscu l'a, elle aussi.

(Il ricane.)

H� ! Je t'ai pos� une question.

- Vous �tes libre !

J'appelle Sincai ! Foutez le camp !

- Peut-�tre que j'ai pas envie.

Peut-�tre qu'il me pla�t, ce putain d'endroit !

(ruissellement de la pluie)

(grondement du tonnerre)

- Ah !

- Esp�ce de conne !

O� t'as mis mon flingue, hein ? !

(Elle hal�te bruyamment.)

H�... t'as vu ce que t'as fait ?

T'as qu'� crever. J'en ai rien � foutre !

(Elle �touffe.)

Tu vas arr�ter ton cirque, ouais !

Je te demande d'arr�ter !

S'il te pla�t.

(respiration saccad�e)

Vite, fais quelque chose !

- Elena, �a suffit.

- Mais t'es folle ! Elle est en train de crever !

(La petite rit.)

- H� ! Tu veux me dire qu'est-ce que c'est

que tout ce bordel ?

- Elle n'a rien.

- Tout �a n'a aucun sens !

- C'est vrai.

- Je suis d�sol� de vous importuner, monsieur Brute,

mais il faut que je vous pose une question.

- Entrez, je vous en prie.

- Monsieur Brute, vous avez eu la d�licatesse

de m'emprunter de l'argent.

Pouvez-vous me le rendre ?

- Je regrette, il en est pas question.

- Dans ces conditions,

je vais vous agrandir le trou du cul.

- Ha ! Si c'est �a qui vous excite, patron...

Ah !...

- Ces billets �taient destin�s, monsieur Brute,

� des m�dicaments pour les enfants.

- Et le flingue, c'est pour les enfants ?

- Voyez-vous... le pays dans lequel nous vivons

est tr�s �trange, monsieur Brute.

Il nous envoie des voleurs dans ses h�pitaux

pour apprendre aux enfants � ne pas voler.

- Vous n'avez qu'� vous plaindre au ministre de la Sant�.

- Non.

Je pr�f�re le procureur.

Il sera ravi de faire votre connaissance.

- Vous allez pas faire �a, chef...

- Han-han.

- Bon. Je viens d'avoir une id�e.

Je veux bien vous rendre l'argent.

(rires )

Ah ! Aaah...

- Je suis vraiment, vraiment d�sol�, monsieur Brute, mais...

je vous demande de vous d�placer lentement,

avec beaucoup de pr�cautions.

- Je me souviendrai de �a..

- Dis-moi, o� est le reste ?

- Je l'ai pas.

S�rieux !

- �coute et rappelle-toi bien, esp�ce de petit merdeux !

Tu n'es rien ici ! Hein ? Tu es tr�s, tr�s loin de chez toi.

Et si tu disparais, personne ne viendra te chercher !

(Il arme le fusil.)

(d�tente de la g�chette)

- O� est-ce que tu l'as cach� ?

Mon flingue.

Tu veux bien me le rendre ?

Ah, merde ! Rends-le-moi !

Fais chier !

(chorale des enfants )

(Ils s'arr�tent de chanter.)

(Brute rit.)

Mangez ! �a va refroidir !

(rires ) - H�, h�, h�...

Les enfants, s'il vous pla�t...

(allemand)

- Quoi ?

- Pas de viande.

- Parce qu'elle est verte ?

- Parce que nous sommes v�g�tariens.

- Bon. Alors, prenez un biscuit.

(rires )

Allez, mangez !

- Veuillez, s'il vous pla�t, excuser monsieur Brute.

Il n'est pas...

il est un peu d�rang�.

(rire niais )

S'il vous pla�t,

monsieur Brute, voulez-vous apporter du vin

� nos invit�s ? Merci.

(rires des enfants )

- Un peu de silence. S'il vous pla�t !

- H�, les enfants !

Un, deux !

(violon et reprise du chant)

- Celui-ci ?

Je vous en prie, n'h�sitez pas.

Ce sont tous des enfants intelligents et tr�s dou�s.

Par exemple,

regardez celle-l�.

Celui-ci...

adorable.

- Moscu meilleure !

- Moscu !

Hum... euh...

Tenez, celle-ci.

La jolie petite tzigane, elle a un probl�me cardiaque.

Elle, je ne la vends pas.

Puisque vous ne passez pas par les voies officielles,

le prix est plus �lev�.

Quatre mille cinq cent, �a va ? Hum ?

Celle-l� ne co�te que 3 000.

C'est difficile parce qu'elle a des crises d'apoplexie.

Alors elle s'�vanouit de temps en temps

et elle tombe par terre.

Lui, c'est 5 000. Mais pour vous, 4 700.

Je vous fais un prix.

(musique)

- Alors, vous avez

une famille, maintenant !

Vous avez int�r�t � bien le traiter !

- Iorgu ! ! !

Iorgu...

- J'avais un professeur d'oncologie � Paris.

Il disait:

"Un joli mensonge est plus facile � avaler".

(Il rit.)

Du th� ?

- Eh bien... buvons.

(Brute tousse.)

- J'ai le pressentiment que vous allez me poser des questions.

Pas de chance, mon ami,

je ne suis pas d'humeur.

Et je vais vous confier quelque chose.

Je ne r�ponds plus aux questions depuis longtemps.

Je pr�f�re les mensonges.

- Les mensonges...

Y compris pour les enfants ?

- Allez au diable.

- C'est un commerce profitable, non ?

- Ha ! Ha ! Profitable ?

C'est un concept int�ressant,

dans un pays o� les gens meurent comme des mouches.

Oui, si vous... vous...

vous faites r�f�rence �...

l'oxyg�ne, les antibiotiques, tout �a...

Oui, c'est sans doute...

plus profitable que d'avoir � subir...

l'attitude de certains... hooligans venus de l'Ouest.

Voyez-vous,

nous avons appris � survivre...

seuls.

Alors ? Qu'est-ce que vous comptez faire,

me jeter par la fen�tre ?

(chant des grillons )

- La nuit est pleine de dangers, monsieur Brute.

Vous risquez de mourir de froid.

- Les m�dicaments que vous avez ici...

pourraient me durer toute la vie.

- � condition que vous viviez... longtemps.

(gazouillis des oiseaux)

(b�lements )

(b�lements )

- Devine, connard ?

C'est toi qui vas m'en donner.

Va te coucher, Moscu.

- Quoi ?

H� ! Tu me touches pas, d'accord ?

- Vas-y.

Hou !

Vas-y, touche-le.

- C'est mon p�re quand il �tait jeune.

(Elle rit.)

Bon. Va te coucher maintenant.

- Tu m'emm�nes pas avec toi en avion parce que je cr�ve.

(grondement du tonnerre)

- Entre.

Pose �a.

- Et t'as bais� avec Sincai aussi ?

- C'est seulement mon patron. - Ouais... pour quel boulot ?

Dis-moi... combien vous avez touch� pour ce gosse ?

- Deux mille dollars, le tarif habituel. Il a un rein malade,

mais c'est pas un probl�me aux �tats-Unis.

Si un enfant, par exemple, a la corn�e ab�m�e,

il vaut 3 000 $ ou plus.

On trouve m�me des acheteurs pour des enfants canc�reux.

Nous n'avons que deux semaines d'avance

en provisions d'antibiotiques.

Ceux qu'on peut sauver ont leur chance l�-bas.

- Qu'est-ce qu'il t'a fait, Sincai ?

- Sincai est un type bien.

- Hum.

- Embrasse-moi.

- Ah ! Stop !

(cris stridents )

(Elle hurle.)

(pagaille)

(Elle hal�te.)

- Ah, elle fait semblant. - C'est pour de vrai !

Aide-moi � l'emmener.

Aide-moi � l'emmener !

- La porte !

Prenez-la !

(roumain)

Toubib, faites quelque chose ! - Dehors !

Laissez-moi faire.

D�fibrillateur.

(bip continu)

Ah ! Rien ne marche ici !

(bips intermittents )

(bips r�guliers )

Dieu est avec nous aujourd'hui.

Allez, ouvre les yeux.

Donnez-moi l'alcool de grain.

C'est �a, ma petite.

Une petite goutte ? Oui.

- Je ne sais pas. Un mois, une semaine...

Qu'est-ce que �a change ?

Ne pose pas de questions

auxquelles personne ne peut r�pondre.

Elle mourra le moment venu.

- Je sais comment vous pouvez la sauver.

- C'est au-dessus de nos moyens.

Elle a besoin d'une valvule artificielle.

- Elle est orpheline, non ? - Oui, elle est orpheline.

Et elle va mourir. - Alors ?

Pourquoi vous la vendez pas quelque part

o� on pourra l'op�rer ?

- Qui voudrait acheter une tzigane de 12 ans

et d�penser des milliers de dollars

pour essayer d'op�rer son coeur malade ?

Qui ?

Toi ?

(rire)

(rires ) - H� !

C'est la petite tordue !

Pourquoi tu cries pas aujourd'hui ? Allez, crie !

Regarde par la fen�tre et crie comme d'habitude.

Crie !

Je t'entends pas !

- Mama ! Mama ! Mama !

- "Maman ! Maman ! Maman !"

Est-ce que j'ai l'air d'�tre ta maman, hein ?

H�...

(roumain)

Attends une seconde...

Ouvre la bouche.

Tu fais encore semblant, Elena.

�a prend pas.

- Tu es stupide. - Non, c'est toi

qui es stupide. �a finira mal un jour, tu verras.

- Je comprends pas.

- Quoi ? Quoi ?

- T'es un fils de pute ! - Elena...

- Tu baises Mara !

Tu baises Mara ! - Me parle pas comme �a !

- Tu baises Mara !

Tu baises Mara !

Tu baises Mara !

(tous ): Tu baises Mara ! Tu baises Mara ! Tu baises Mara !

Tu baises Mara ! - T'es une merde !

(Elena pleure.)

(tous ): Hourra ! Bravo ! Bravo ! Bravo ! Bravo !

- Bon, alors dis-lui qu'on baise pas ensemble.

- Tu vois ?

H� !

- "Je te dis que je t'aime. "

- Tu as vraiment de la chance.

D'habitude, les tziganes sont mari�es � son �ge.

- C'est pas un orphelinat, c'est une maison de fous.

- Et surtout, n'essaie pas de te d�filer !

- Attends, de quoi est-ce que tu parles ?

- Tu dois l'aimer. - Quoi ?

- Fais semblant.

�a ne va pas durer.

- T'es cingl�e.

- Elle a besoin de ton amour.

- Je sais pas faire �a.

- Tu as envie de la tuer, cette petite ?

- Hum... non, c'est pas mon truc. Oublie �a.

- �a te pla�t ? - J'adore.

- Tu pourras lui �crire des lettres d'amour.

- Demande-lui combien �a co�te.

- Qui paie ? - Qui a eu l'id�e, hein ?

- Ta d�claration d'amour,

il faut qu'elle ait de la classe.

- Allez, on les embarque toutes.

Hum ?

Et ajoutez �a en plus.

(Mara): Non, tu dois dire quelque chose.

- Pourquoi ?

- J'ai pay� toutes ces choses.

Je ne vais pas faire ta d�claration en plus !

- �coute...

�coute, petite fille, euh...

j'ai quelque chose � te dire.

Je peux pas.

- Continue, tu y es presque.

- Quelle histoire � la con !

C'est pour toi.

C'est... parce que...

C'est parce que je...

(cris de joie)

- Ah, merde !

- Elena t'attend depuis une demi-heure.

- J'avais autre chose � faire.

- Tu l'as appris ? - Quoi ?

- Le po�me !

- Bien s�r.

(roumain)

Qu'est-ce que �a veut dire ?

- "Tes yeux sont comme des �toiles

dans un ciel d'automne."

- Tsss... Quelle connerie !

Personne n'a l'id�e de regarder le ciel en automne.

Il pleut toujours ! - Tu peux faire mieux ?

- J'ai une t�te de po�te ? - Je t'en prie.

- Eh bien, par exemple... euh...

"Je..." euh...

"Je te trouverai au-del� de la septi�me brume."

- Continue. - C'est tout !

C'est la plus longue phrase que j'ai jamais dite !

- Non !

(petits sifflements )

- Moscu !

(Elle pleure.)

- C'est Sincai qui t'a dit de baiser avec moi ?

- Tu es fou !

Je t'aime.

- Tu m'aimes ? Alors...

parle-moi de Gheorge.

- C'�tait lui, le chef de l'h�pital avant Babits.

- C'est lui, le mec, qui est tomb� par la fen�tre ?

Et la petite schizophr�ne l'a vu. Tu l'aimais, lui aussi ?

- Il �tait mon mari.

- Monsieur Brute.

Votre billet d'avion. - Quoi ?

- Vous �tes un homme libre. Vous rentrez chez vous.

En classe affaires.

- Je vous suis pas, chef.

- Vos compatriotes, chez vous,

sont vraiment satisfaits de vos progr�s.

Envoyez-moi une carte postale.

- Psst !

Chef...

Il n'y a qu'un petit probl�me.

- Lequel ?

- Ha ! Je me plais ici !

Je suis un homme libre !

(Elena rigole.)

- Chanson. - Une chanson ? Non !

�a vient pas d'une chanson ! Moi, je l'ai �crite. � ton tour.

- Chut ! Chut !

- "Tes yeux sont comme des mouettes

qui volent dans le vent."

- �a vient d'une chanson !

(Il ricane.)

- Exact.

Bon, maintenant, �coute �a.

Si tu rigoles, je m'en vais.

- Brute !

Promets !

- D'accord, promis !

- Promis.

(Brute): Alors, c'est bon ? C'est mauvais ?

Docteur ! - Silence !

Le taux de s�dimentation et la leucocytose

ont baiss� tous les deux. Ce sont vraiment ses r�sultats ?

- J'ai fait le pr�l�vement moi-m�me.

- Bien.

J'ai l'impression qu'on a r�cup�r� notre mezzo-soprano.

- Alors elle va mieux ?

- L'amour peut faire des miracles.

Ah ! Donnez-lui de la p�nicilline quand on en aura.

- Alors, elle va vivre ?

- Oui, c'est vrai, elle va vivre encore un peu.

Mais... vous le savez, mon ami, elle finira par mourir.

Nous ne faisons que prolonger sa souffrance

de mani�re honorable.

�a nous �vitera peut-�tre d'aller en enfer.

Mais nous n'irons pas pour autant au paradis.

- Va-t'en.

Va-t'en, Moscu, il faut que je parle � Sincai.

S'il te pla�t... D�gage !

L�-bas, elle peut �tre gu�rie.

Vendez-la.

- Est-ce que c'est un ordre, monsieur Brute ?

- Non, c'est une demande. - Je ne crois pas.

� voir votre regard, j'en doute.

- Vous voyez...

je ne suis pas quelqu'un de bien.

Je n'ai pas de conscience.

- Ah ? Tiens, c'est nouveau, �a !

- Vous avez besoin de gens

qui n'ont pas de conscience.

- Enfin, o� voulez-vous en venir ?

- Si vous trouvez un acheteur pour Elena,

je travaillerai pour vous.

- Je ne vous comprends toujours pas.

- S'il vous pla�t...

H� !

Esp�ce de salaud !

Si tu sauves pas cette fille,

je te balance � la police pour ton trafic de merde !

Ah, merde !

Je voulais pas faire �a.

- Cette fois-ci, je vous comprends, monsieur Brute.

- Ouais, j'en doute pas.

- H�, toi, �coute-moi bien, maintenant,

esp�ce de sale petit voyou, hein ?

Toi, tu n'as qu'� vivre avec ta conscience,

et moi, je vivrai avec la mienne.

Et je vais te donner un autre conseil:

tire-toi de cet h�pital pendant que tu en as encore le temps.

- Et si je refuse, je risque de tomber

par votre putain de fen�tre, c'est �a ? !

- Brute, qu'est-ce que c'est ?

- Je sais pas. Devine ?

- Doucement. Il ne vous reste plus que dix secondes.

- Pas les yeux dans le dos !

- C'est seulement une fleur d'amour.

(Moscu pouffe de rire.)

- Une fleur d'amour ? C'est joli. �a me pla�t.

Elena a gagn� !

Tiens, voil� ton cadeau.

(Il pleure.)

- Tatouage.

- Je peux pas.

(Il rit.)

- H�...

(Il chantonne "J'ai une pierre".)

(cris de douleur)

- On en reparlera plus tard. - C'est combien ?

- Ce n'est pas un probl�me de prix.

- C'est une question de comp�tence, c'est �a ?

- Oui. Pourquoi pas ?

Ah, je vois. Notre occidental est tomb� amoureux.

Je veux bien l'op�rer, mais je ne vous promets rien.

- Ha ! Ha ! Ha !

Une transplantation de valvule, vous ?

Mais c'est une plaisanterie !

Il y a une chose que vous devez savoir, monsieur Brute,

c'est que le docteur Babits est hongrois.

Et les Hongrois sont

tous des imb�ciles.

- Mais oui, je t'aime, Ion

Appelons �a, si tu veux,

un caprice.

La Hongrie est une nation capricieuse

qui adore soulager la conscience de ses ennemis.

- Trois mille dollars pour une valvule.

Un embrayeur, un coeur artificiel : 3 000 $.

�a fait 6 000 $ pour une op�ration, une seule.

On ne r�cup�rerait jamais cette d�pense m�me en vendant

l'enfant le plus beau

et le plus blond. - C'est faux.

Une partie du mat�riel resterait � l'h�pital.

- Martinescu, hum ? �pilepsie: 4 000 au plus.

Rebreanu, apoplexie:

3 000.

Je ne sais pas.

Je n'ai pas d'id�e.

- Vous aviez promis de l'op�rer.

- Trouve une solution, Ion

- J'en ai peut-�tre une. Mara, j'ai � te parler.

- Il a dit qu'il allait l'op�rer.

(fracas )

Qu'est-ce que tu fous l� ? ! Reste pas dans le passage !

Allez, �a va. Va te nettoyer. Et la prochaine fois,

tu regarderas o� tu marches, d'accord ?

- �a ne veut rien dire.

Tu l'as demand�.

(bruit de moteur se rapprochant)

- Des camions...

Bienvenue en enfer !

- Non, n'y va pas !

N'y va pas, Brute ! �a ne sert � rien !

Arr�te !

Brute !

S'il t'arrivait quelque chose,

tu d�truirais tous leurs r�ves !

Ils vivent dans l'espoir de partir un jour avec toi.

- Arr�tez !

Bon.

Maintenant, �tez-lui l'envie

de fourrer ses pattes dans mes affaires.

(Brute g�mit de douleur.)

- Vous le saviez ! Vous le saviez, salaud !

(Il hurle.)

- C'est meilleur que de la morphine, je vous le garantis.

- D'ac, papa, d'ac ! D'ac, papa.

Je poserai plus de questions.

Ils m'ont coup� la main ! ! !

Va-t'en, papa !

Va-t'en ! Va-t'en !

Papa, va-t'en !

Va-t'en ! (Il hurle et pleure.)

- Maintenant,

souris, un grand sourire !

- �a va la tuer.

(d�clic de l'appareil photo)

- Vous n'�tes pas encore satisfait, monsieur Brute ?

- Vous allez s�parer le fr�re de la soeur.

- Ils ne sont pas fr�re et soeur.

C'est Elena qui le croit. Elle aime jouer la com�die.

- �a va la tuer quand m�me.

Elle n'a que lui au monde.

- On le fera de mani�re qu'elle ne s'en rende pas compte.

Tu as peut-�tre une autre solution ?

- Il faut que vous tombiez

amoureux d'elle.

C'est comme �a que vous pouvez l'aider.

Promenez-vous avec elle dans la montagne.

Et pendant qu'elle ne sera pas l�, nous le vendrons.

Enfin, il faut bien qu'elle la paie

d'une mani�re ou d'une autre, son op�ration, hum ?

Attention, Iorgu, un grand sourire pour Sincai !

Hein ? Allez, Iorgu

(Brute): Attends, petite fille, attends.

- "Attends, petite fille,

attends."

(musique)

- Hum-hum ?

T'en veux ?

C'est bon. Ha ! Ha !

- L�, toi et moi...

- Ouais.

Tu veux une cigarette ?

C'est bon.

- Toi, mari...

moi, femme.

- Un petit sourire, allez, Elena.

(rires )

Oh... hop !

- Iorgu !

- Elena !

- Iorgu !

Iorgu... (musique)

(Il rit.)

- Elena !

- Je suis d�sol�. - Ion, il vaudrait mieux

que tu nous laisses faire notre travail.

- D�p�chez-vous, docteur ! Vite !

- Ciseaux.

Nettoyez.

Aspiration.

Temp�rature.

Maintenant, d�marrez l'ECG.

- Pinces.

Arr�tez la pompe.

(chant en roumain)

(cris hyst�riques des enfants )

- Tu as soif ?

Hum, ma petite ch�rie ?

Oh, j'ai une id�e.

Oui, je t'offre un verre et...

nous irons danser.

Hum ?

(son discordant du violon)

Ha !

Quelle merde !

(grondement du tonnerre)

(fausses notes )

- Il a fait sa m�decine en France. C'est pour �a

qu'il n'a pas eu le droit d'exercer sous Ceaucescu.

- Qui le lui a interdit ?

- Sincai, peut-�tre.

Ou des gens comme lui. Qu'est-ce que �a change ?

- Sincai...

Il fait du trafic d'armes

en pr�textant qu'il s'agit de m�dicaments.

Il vend des enfants.

Il vend des petits enfants !

C'est vrai, il ach�te des m�dicaments,

mais pas pour cet h�pital. Et Gheorge est mort

parce qu'il voulait mettre fin � son trafic de merde.

Comment t'as fait pour vivre ici ?

- Ma place est ici.

Je suis n�e ici.

(Elle pleure.)

- Ah, le flingue.

Je savais pas que c'�tait toi qui l'avais.

H�...

Mara... (Elle pleure toujours.)

Je vais... Mara, je vais m'en aller.

Tu veux venir avec moi ?

- On se verra au paradis.

- Vous allez me foutre le camp d'ici tout de suite !

Foutez-moi le camp ! Vous trouvez que ce n'est pas un vrai blond ?

Il ne vous pla�t pas ?

J'ai pas besoin de gens comme vous !

Je peux me d�brouiller tout seul !

Cet endroit, ce b�timent...

redeviendra un h�pital de nouveau ! Hein ? !

Je n'ai pas besoin de vous !

Foutez-moi le camp !

(cri de l'enfant)

Allez vous faire foutre !

(cri strident)

D�gagez ! Et plus vite que �a ! Tirez-vous !

Un faux blond ! Qu'est-ce qu'ils en savent, ceux-l�, hein ?

C'est vrai, on t'a d�color� les cheveux !

Ils sont quand m�me blonds, y a pas de diff�rence !

On n'a plus besoin de ces foutus capitalistes puants de l'Ouest !

Et maintenant, qu'est-ce que je fais ?

C'est moi qui vais te d�colorer. Oui.

Non, je vais te nettoyer la t�te. Je vais le frotter,

frotter jusqu'� ce qu'il soit propre !

Va te coucher ! On ne me le fera plus.

On va les nettoyer � fond.

(Moscu imite un avion.)

On ne fera plus jamais �a. Non, c'est termin�.

Je vais te laver la t�te moi-m�me.

- Barre-toi !

Ne me suis pas !

- Ils ont dit qu'ils voulaient r�cup�rer leur valvule.

Eh bien, je leur ai dit d'aller la chercher eux-m�mes

dans la tombe, la d�terrer !

Ils n'ont qu'� creuser,

creuser s'ils la veulent, cette putain de valvule !

Creuser, creuser !

C'est pas moi qui vais le faire !

Moi, je vais te r�curer.

Hein ? Je vais nettoyer toute cette merde, tu comprends ?

Je vais te d�barrasser de �a.

(L'enfant reprend son souffle.) Encore !

Ici, c'est ma maison !

Hum ?

C'est ma vie !

Tu entends ?

C'est mon h�pital !

C'est ma vie !

C'est ma vie ! - L�che-le !

- Ah, monsieur Brute ! (L'enfant tousse.)

Je vois que vous avez enfin

d�cid� de me rendre mon pistolet.

- Elena...

Elena...

- Brute ! Brute !

(Moscu pleure.)

- Brute !

(musique douce)

Sous-titrage DVD: CNST, Montr�al

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