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pr�sentent
L'AUTRE C�T� DE L'ESPOIR
Maman, maman, allume la lumi�re
Je vais mourir bient�t et quitter la compagnie
Peut-�tre quelque part, tu me trouveras un complet blanc
On me jettera bient�t dans un trou noir
AUBERGE
Les douches ?
� la gare,
en bas.
- Pourriez-vous m'aider ? - Si je peux.
O� est le commissariat le plus proche ?
Vous �tes s�r ?
Pas vraiment.
Je vous montre. Vous d�ciderez apr�s.
Vous �tes ici. Vous prenez � gauche...
Bonjour, messieurs.
Je demande l'asile en Finlande.
�a co�te rien de demander. Vous �tes pas le premier.
Bienvenue,
monsieur Khaled Ali.
Suivez-moi.
Tournez-vous.
171.
71.
Droite.
Gauche.
Signez,
s'il vous pla�t.
Attendez ici.
Paix � toi.
Khaled, de Syrie.
Mazdak, d'Irak.
C'est lui qui me les a donn�es.
Merci.
Repassez nous voir.
D�sol�e, je n'en prends pas plus.
Les temps sont difficiles.
- Tu prends un caf� ? - Volontiers.
Je vais changer de domaine.
Tu veux acheter mon stock ?
Je te vends 3 000 chemises � moiti� prix.
C'est pas possible.
J'arr�te � No�l. Je vais m'installer � Mexico.
Je boirai du sak� en dansant le hula.
J'ai besoin d'animation apr�s toute cette tranquillit� et ce silence.
Tu vas travailler dans quel domaine ?
J'ai toujours aim� les restaurants, du moins en th�orie.
C'est un secteur rentable.
On boit quand �a va mal
et encore plus si �a va bien.
On ne va plus se revoir puisque je pars au Mexique.
On m'a chang� cinq fois de centre d'accueil.
Issa, montre-leur leur chambre.
Oui, madame.
Suivez-moi.
Vous, ici.
Vous, l�.
Votre entretien � l'office de l'immigration est � 13 h.
C'est tr�s important.
Vous �tes pr�t, Khaled ?
Oui.
Voici l'adresse et le plan.
Ceci est votre carte d'identit�.
Gardez-la toujours sur vous.
Office de l'immigration
Attendez l�.
J'ai quatre enfants.
- Vous �tes d'o� ? - De Soue�da, en Syrie.
Khaled Ali ?
- Oui. - Suivez-moi.
Je suis m�canicien.
Je travaillais dans un garage des environs d'Alep.
Le 6 avril dernier,
en rentrant du travail,
j'ai vu ce qui s'�tait pass�
en arrivant devant ma maison.
Ce n'�tait plus qu'une ruine au ras du sol.
Je sais pas qui a tir� la roquette,
les pro-gouvernementaux,
les rebelles,
les �tats-Unis, la Russie, le Hezbollah ou Daesh.
Ma s�ur Miriam est arriv�e.
Elle �tait all�e faire la queue pour le pain.
On s'est mis � fouiller les ruines.
Les voisins nous ont aid�s.
Avant l'aube, on avait retrouv� mon p�re, ma m�re, mon petit fr�re,
mon oncle, sa femme et leurs enfants. Ils �taient venus d�jeuner.
Le lendemain matin, on les a enterr�s
et j'ai emprunt� 6 000 dollars � mon employeur.
Mon cousin nous a conduits en camionnette � la fronti�re turque.
On l'a travers�e � pied.
On a eu de la chance : ce jour-l�, il n'y avait pas de garde-fronti�re.
15 jours plus tard, on a trouv� un passeur pour 3 000 dollars.
Il nous a emmen�s en Gr�ce en bateau.
De l�, on a travers� � pied la Mac�doine et la Serbie,
jusqu'� la fronti�re hongroise.
L�, c'�tait la panique. J'ai perdu Miriam de vue.
J'ai vu qu'on fermait les fronti�res.
Miriam est rest�e de l'autre c�t�.
J'ai tent� de passer entre les policiers.
Deux policiers m'ont attrap�, mis � terre et menott�.
Ils m'ont jet� en prison.
Avez-vous �t� victime de violences ?
Tout le temps.
On a tent� trois fois d'enlever ma s�ur.
Des gens bien nous ont aid�s.
Pourquoi le garagiste vous a-t-il donn� autant d'argent ?
C'est le p�re de ma fianc�e.
O� se trouve votre fianc�e ?
Elle est morte au d�but de la guerre.
Continuez.
On vous a embarqu�...
J'ai �t� battu puis lib�r� quatre jours plus tard.
Je n'ai pas pu retrouver ma s�ur.
J'ai fait tous les camps de r�fugi�s, mais personne ne savait rien.
Pendant deux mois, j'ai err� en Hongrie, en Autriche,
en Slov�nie et en Allemagne.
Je suis aussi retourn� en Serbie, pensant que peut-�tre
elle m'y cherchait.
Comment passe-t-on les fronti�res ?
Facilement.
Personne ne veut nous voir.
On d�range.
Vous n'avez demand� l'asile � aucun de ces pays ?
Non.
Je voulais circuler librement pour la chercher.
Je sais qu'elle est vivante.
Je le ressens ici.
C'est sa photo.
�crivez son nom, sa date de naissance
et ses signes particuliers.
On lance un avis de recherche.
Voulez-vous faire une pause ?
Pourquoi ?
Donne-moi une clope.
Pardon, je ne comprends pas.
R�ponds, enfoir�.
Tu veux une branl�e, connard ?
� bient�t, chamelier.
Voici la clef de mon entrep�t. Dites-moi quand vous l'aurez vid�.
Entendu.
Y a-t-il de la place ?
C'est un poker ouvert.
Mise minimum 100. Pas de maximum.
Paire de dames.
Double paire.
Paire de 9.
Et...
Paire de 10. La double paire parle.
200.
200.
500.
Parole.
Paire de 10.
Rien.
Paire de 5.
Rien.
100.
J'en ai assez.
Je paie.
Brelan de 10.
Au revoir.
On va pas en rester l�.
Vous avez combien ?
60 000 et des poussi�res.
Un nouveau jeu de cartes.
6 de tr�fle. L'as parle.
3 de tr�fle. La paire d'as parle.
2 de tr�fle.
La paire d'as continue.
5 de tr�fle. �ventuelle couleur.
Le brelan d'as.
Quatre as.
La couleur l'emporte.
Ne revenez plus.
Vous en faites pas. Je reviendrai pas.
CESSION D'ENTREPRISES
- Wikstr�m. - Vaittinen.
Voil�, c'est �a.
Je vous l'ai dit, on n'a que du rentable.
Une entreprise de restauration
sans dettes, s�rement de bonne r�putation.
Une seule implantation actuellement.
Tiens, tiens...
C'est tout pr�s d'ici � pied.
�a s'appelle "La Chope dor�e",
un nom excellent. �a donne soif, pas vrai ?
Bail de location assez bon march�, 1 400 par mois,
deux employ�s, probablement qualifi�s avec anciennet�, repris dans la vente.
Combien ?
Le prix demand� est 30 000.
Un montant raisonnable pour une soci�t� qui a su fid�liser sa client�le.
Si tout est en r�gle au registre du commerce et aux imp�ts,
on va le voir.
Je m'en assure imm�diatement.
Les relations avec les autorit�s sont � la base de notre activit�.
Au centre des imp�ts, je suis comme un membre de la famille.
La Chope dor�e
Plat du jour Steak de hareng de la Baltique, 8 marks
Bienvenue, messieurs.
Entrez donc, s'il vous pla�t.
Me revoil�.
Le mobilier est compris ?
On peut s'arranger.
�a me convient.
Je paie 25 000.
Je dois voir avec le propri�taire.
Je crois que �a lui ira.
F�licitations. Vous avez ce lieu superbe pour trois fois rien.
C'est une mine d'or.
Je ne m'en serais jamais s�par� sans mes soucis de sant�.
La colonne vert�brale.
Un coup de peinture et...
Sans aucun doute.
L'emplacement est excellent, il y a beaucoup d'�tudiants ais�s.
Et nos salaires ?
C'est sur vos comptes demain. Vous me connaissez.
Je dois d�poser le ch�que.
� l'a�roport.
Vos noms.
Calamnius.
Nyrhinen.
Kolehmainen Mirja.
Qui sont les employ�s repris ?
C'est nous.
Et toi ?
Stagiaire. Apparemment non r�tribu�e.
Combien voudrais-tu ?
13 000 par mois. Plus les primes.
Un peu d'humour ne nuit pas.
Tu auras le tarif syndical.
Peut-on vous faire confiance ?
On conna�t m�me pas votre nom.
Wikstr�m.
Et le pr�nom ? Les Wikstr�m ne manquent pas.
Waldemar.
Vallu pour les amis ?
Je n'ai pas d'amis.
Au travail.
Le plat du jour, c'est boulettes de viande ou sardines au poivre.
Les sardines et une bi�re.
Les sardines.
- C'est rapide. - C'est la cuisine fusion.
C'est bon ?
Certainement.
Tr�s bien.
Rougeoient les baies de sorbier
Comme si elles �taient en sang
Les grues ont pris leur envol
Elles sont d�j� pass�es au-dessus de ma t�te
Elles ne m'ont pas emmen�
Dans ces pays lointains
Ceux qui sont sans ailes doivent se contenter
De ce qui les attache au pays froid
Le vent de la nuit est comme une s�ur
Qui chante sa chanson
Les larmes froides de la pluie
Frappent contre la fen�tre sombre
Les mendiants me d�passent
En pressant le pas
Moi aussi, j'attendais autrefois
Celle qui jamais n'est arriv�e
Puis-je entrer, patron ?
Calamnius, celui de la porte.
Je me souviens de vous. Asseyez-vous.
Je veux pas dire de mal,
mais en tant que d�l�gu�, je dois vous dire
que l'ancien propri�taire n'�tait pas ponctuel avec les payes.
Ah bon. �a se manifestait comment ?
Il ne payait pas.
Il nous doit trois mois.
Certains de nous sont mari�s.
Vous aussi ?
Je suis c�libataire, par choix.
Mais Nyrhinen, par exemple, a sa m�re.
Vous voulez une avance ?
Eh bien...
D'accord.
Je serais reconnaissant que vous n'en parliez pas.
Comptez sur moi.
Mazdak,
je pourrais encore t�l�phoner ?
Tant que tu veux. Je te l'ai d�j� dit.
Et n'importe quand.
Merci. Tu me permets de donner ton num�ro � mon cousin ?
Pour qu'il appelle si on trouve ma s�ur.
Ne me le demande m�me pas. Bien s�r, donne-lui.
- Merci. - Pas de quoi.
All�, Hassaan ?
Bonjour, Hassaan.
C'est Khaled.
Merci.
Dis-moi,
Miriam t'as appel� ?
Et toi, comment �a va ?
O� �tes-vous ? Toujours � Alep ?
Que Dieu vous prot�ge.
- Tiens. - Quoi de neuf ?
Rien, toujours la m�me merde.
Mon cousin et sa famille se sont r�fugi�s � la fronti�re turque.
Bloqu�s car la fronti�re est ferm�e.
Personne n'a de nouvelles de ma s�ur.
On va au bistrot ?
J'aimerais une bi�re ou ce que les non-croyants boivent.
L�, il y a un bon cordonnier.
Il r�pare bien les souliers, il est habile de ses mains.
Et en haut, pas ce magasin-ci, mais celui-l�,
c'est le magasin du copain de mon cousin.
Je vous sers quoi ?
Deux bi�res.
Tout de suite.
- Maintenant ? - Imm�diatement.
Le premier verre est offert.
- Merci � vous. - Bienvenue.
O� peut-on s'asseoir ?
N'importe o�.
Tu parles bien finnois.
Qu'est-ce que tu as dit ?
J'ai command� deux bi�res.
On aurait dit quelqu'un d'ici.
Dieu t'entende.
Au bord d'un lac, il y avait un champ
Et peut-�tre m�me un chalet
Au bord d'un lac, il y avait un champ
Et sur ce champ, un homme
C'�tait le printemps, le mois de mai
Et les arbres �taient v�tus de noir
Dans l'esprit de l'homme, il n'y avait qu'une chose
Que poussent les c�r�ales
Cette terre est dure, ce pays caillouteux
Est aussi un pays avec de longs nuages
Si le Cr�ateur gracie le semeur
Ce pays ne le fera jamais
Cette terre est dure, ce pays caillouteux
Est aussi un pays avec de longs nuages
Si le Cr�ateur gracie le semeur
Ce pays ne le fera jamais
Les c�r�ales avaient bien pouss� dans le champ
L'homme remerciait d�j�
En silence sa bonne chance
Mais il ne savait pas ce que l'avenir r�servait
Plusieurs nuits froides sont arriv�es
Il a plu des semaines au mois d'ao�t
Son travail �tait vain
Les c�r�ales humides ont gel�
Je vais devenir fou.
Pourquoi ?
Je suis ici depuis un an. Je ne peux ni avancer, ni reculer.
Je veux travailler.
C'�tait quoi, ton travail, en Irak ?
J'�tais infirmier.
Mon dipl�me n'est pas reconnu ici.
J'ai nettoy� pendant deux mois une station de m�tro.
Deux mois et puis fini.
J'aurais besoin de trois emplois pour faire venir ma famille.
Je n'apporte aucune joie � personne.
Je ne peux aider personne.
Tu sembles joyeux et content.
Je fais semblant.
Parce qu'on renvoie de ce pays en priorit� les m�lancoliques.
Tous les m�lancoliques.
Je suis trop jeune pour mourir.
Je ne veux pas mourir.
Figure-toi que m�me l'imam me jugeait profane.
M�me l'imam !
�a m'a permis de m'en sortir.
Quand on est venu m'arr�ter chez moi,
j'�tais en ville.
Le lendemain matin, j'ai fait mon sac et je me suis enfui.
� ton avis,
je devrais commencer � faire semblant de sourire ?
Oui, bien s�r ! �a aide.
Mais souris pas dans la rue, t'aurais l'air fou
et t'aurais des probl�mes.
Tu me troubles. Je souris ou je pleure ?
Tu comprendras plus tard.
De quelle confession �tes-vous ?
�tes-vous sunnite, chiite, alaouite...
J'ai enterr� le proph�te et les dieux avec ma famille.
Je note donc "ath�e".
Comme vous voulez...
Je ne suis pas ath�e.
J'�cris "pas de religion".
Pourquoi venir en Finlande ?
Je ne l'ai pas voulu.
Quand j'�tais en Pologne, � Gdansk, devant le port,
des nazis au cr�ne ras� m'ont attaqu�.
J'ai d� m'enfuir.
Je me suis cach� dans un cargo.
�puis�, je me suis endormi.
� mon r�veil, on �tait d�j� en mer.
Un marin m'a d�couvert.
C'�tait quelqu'un de bien.
Il m'a donn� � manger et � boire.
Plus tard, il m'a dit que le cargo allait en Finlande.
Je l'ai interrog� sur la Finlande.
Il m'a dit qu'il y existait l'�galit�.
Que les Finlandais avaient connu la guerre autrefois.
Que vous avez eu vos r�fugi�s.
Et que vous ne l'oublierez jamais, jamais.
Avant tout, c'est un pays bien, o� vivent des gens bien.
Qu'en avez-vous pens� ?
Que j'avais beaucoup de chance.
Et maintenant ?
Ici, il n'y a pas de guerre.
Je veux rester ici,
apprendre la langue et travailler.
Trouver ma s�ur et la faire venir,
pour qu'elle ait un avenir.
Et toi ?
Moi, peu importe.
- Si j'ai des nouvelles, je te pr�viens. - Si Dieu le veut.
Merci.
Comment �a va, Khaled ?
Je vais toujours bien, merci.
La d�cision est prise pour ton permis de s�jour.
Alors ?
On ne sait pas. Tu dois aller au commissariat demain matin.
Police.
Compte tenu de l'�volution r�cente de la situation s�curitaire � Alep,
de la violence
et du faible nombre de victimes par rapport � la population d'Alep,
le minist�re des Affaires �trang�res consid�re
que ce conflit n'implique pas
que toute personne se trouvant dans cette ville
soit expos�e au danger grave et personnel
d�fini par l'article 88 de la loi relative au droit des �trangers
et son premier paragraphe d�finissant le danger s�rieux.
Vu la situation s�curitaire � Alep, votre lieu de domicile,
et votre cas, vous n'avez pas besoin
de la protection subsidiaire.
Vous �tes renvoy� aux frais de l'�tat finlandais � Ankara en Turquie,
d'o� les autorit�s vous conduiront � la fronti�re syrienne.
Vous serez raccompagn� au centre d'accueil,
que vous ne devez pas quitter
avant que les autorit�s ne vous am�nent demain � l'a�roport.
Cette d�cision est sans appel.
Suivant.
7 h demain matin. Soyez pr�t.
Renvoi du matin. Qu'il ne sorte pas.
Il reste dedans.
� l'�tranger. L'ONU consid�re la situation en Syrie alarmante.
Depuis hier, le conflit arm� fait de nombreuses victimes.
Une frappe sanglante a eu lieu hier
sur un h�pital p�diatrique d'Alep.
Voil� � quoi ressemble un cessez-le-feu fragile.
Lors de combats entre l'arm�e syrienne et les rebelles,
61 personnes ont d�j� trouv� la mort mercredi et jeudi.
Une attaque d�vastatrice a touch� l'h�pital p�diatrique d'Alep.
La frappe a�rienne des troupes gouvernementales a fait 27 morts.
Selon l'ONU, l'aide humanitaire
est menac�e si les combats se poursuivent.
La tr�ve n'a pas dur�.
La destruction d'Alep continue sans r�pit.
L'arm�e syrienne, soutenue par la Russie,
pilonne jour apr�s jour Alep-est, tenue par les rebelles.
� Alep, la p�nurie est g�n�rale :
nourriture, carburant, m�dicaments.
L'Histoire condamnera les massacres perp�tr�s en Syrie depuis 5 ans
et cette tuerie inf�me.
Larguer des bombes incendiaires sur les civils
et de tr�s puissantes bombes anti-bunkers
est aujourd'hui compar� � un crime de guerre...
C'est le num�ro de mon cousin, Hassaan.
Au cas o� tu passerais un jour par chez nous.
Je t'appellerai d�s que j'aurai un t�l�phone.
Si Dieu le veut, Khaled.
Khaled.
Tu joues quelque chose ? J'ai le cafard.
Excuse-moi.
- Tu me le pr�tes ? - Tu sais jouer ?
Vas-y.
Transfert � l'a�roport.
Il prend sa douche. Un caf� en attendant ?
Oui, merci.
J'agis
Sinon je meurs
Je joue
Je ne pense pas
Si la chance est l�
Les affaires roulent
Mais celui qui ne joue pas
A peur
Je peux quitter Helsinki
Partir en Gambie ou au Venezuela
Mais le quartier de S�rkk� restera toujours en moi
M�me � l'instant
De ma mort
J'agis
Sinon je meurs
Je joue
Je ne pense pas
Si la chance est l�
Tout ira bien
Mais celui qui ne joue pas
A peur
Tant que je tourne dans ce lieu
Comme l'horloge de la gare
Dans sa tour
Tant que tout va bien pour moi
Comme pour le tram num�ro 7 qui roule sur ses rails
J'agis
Sinon je meurs...
Une meilleure id�e.
Hot-dog.
Mauviettes, allez vous faire foutre !
La prochaine fois, t'es mort.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce que c'est ?
C'est Koistinen.
Emm�ne-le ailleurs. Et avant demain.
Qu'est-ce que tu fais l� ?
J'habite ici. C'est ma chambre.
Certainement pas. C'est mon local � poubelles.
- Qui le dit ? - Moi.
Tu veux te battre ?
Je suis plus grand.
Et alors ?
L'histoire de Kale est triste.
On en fait quoi ?
Avec sa carrure, il ne survivra pas dans la rue.
Il a r�ussi � me surprendre. Je l'ai fait tomber.
Tu veux travailler, Kale ?
Oui. Beaucoup.
On pourrait �teindre le frigo mais il n'y tient pas, m�me de biais.
Il ne peut pas habiter ici.
J'ai besoin de ma tranquillit�.
Suis-je un caprice de la nature sans besoin d'intimit� ?
Est-ce que je ne saigne pas quand on m'empoisonne et que je meurs ?
Suis-je le moindre des moindres ?
Et moi, que suis-je alors,
puisque vous �tes le patron ?
Au moins, tu connais ta place.
L�, il y a l'eau.
Tu auras de quoi manger au travail.
As-tu de l'argent ?
Pas vraiment.
C'est la taxe.
Le travail commence � 8 h.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Contr�le surprise.
Compris. Agissez.
La police.
Tu peux ouvrir.
Bienvenue, mais nous n'ouvrons qu'� 9 h.
On a du caf�, si vous voulez attendre.
Le d�jeuner est servi � 11 h.
Boulettes de poisson maison en plat du jour.
Centre de contr�le r�gional.
Et contr�le anti-incendie.
Pi�ces d'identit� et rapport de la chambre froide.
Le chef des pompiers veut voir les issues.
Nos clients veulent rarement sortir s'ils ont pu entrer.
Wikstr�m.
Enchant�. Nous n'avons pas d� nous rencontrer avant.
J'ai achet� il y a peu,
je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer les autorit�s.
Mais mon personnel est au courant. Je vous sers quelque chose ?
Merci. On s'occupe d'abord de ce qui est officiel.
Pi�ce d'identit�.
Un Finlandais n'en a pas besoin.
Vous avez l'air d'�tre �tranger.
Je peux la montrer plus tard ?
Pas si mal. On ne doit r�nover que la salle et la cuisine.
Il est bient�t 9 h. On devrait ouvrir.
Et Khaled ?
Qu'est-ce qu'il a ?
On peut le faire sortir ?
Certes. Je l'avais compl�tement oubli�.
La chienne est intelligente.
Elle a appris l'arabe, s'est convertie � l'islam.
Elle trouve �a plus int�ressant que le bouddhisme.
Elle va encercler Budapest et Belgrade demain.
Il faut que Kale ait des papiers. L�gaux ou ill�gaux.
Rester ferm�s, �a nuit aux affaires.
On jette Kale dehors et on continue comme avant.
On te jette, toi.
�a ne r�soudrait rien.
Mon neveu est un g�nie.
�a doit �tre h�r�ditaire.
C'est un crack en ordinateur.
Il lui fera une identit� en un quart d'heure.
Demande-lui de passer.
�a marche ?
Simple comme piquer la sucette d'un m�me.
Combien �a me rapporte ?
Un petit peu.
1 000.
Avec �a, son histoire d�butera au D�barquement.
Il n'est pas si vieux.
C'est le m�me prix, m�me n� demain.
�a me va. Comment tu t'appelles ?
Winston me convient.
Quand commences-tu ?
Tout de suite.
Choisis ton nom. Pas trop �loign� du tien.
Khaled Hussein.
- Date et lieu de naissance ? - Damas.
Le 6 juin
1991.
F�minin ou masculin ?
Je ne comprends pas l'humour.
Masculin.
La protection du registre d'�tat civil est pitoyable, m�me nulle.
�a devrait aller, mais je l'essaierais pas � l'a�roport.
J'ai fait de mon mieux.
Asile accord� � Khaled Hussein,
permis de s�jour et de travail depuis octobre.
Sors l'oseille.
On pourrait vous rajeunir. Au moins sur le papier.
File !
Pi�ce d'identit�, s'il vous pla�t.
Contr�le de routine. Bonne journ�e.
� vous aussi.
Mazdak...
Khaled !
Comment vas-tu ?
�a va. Je dois y aller. On m'a demand� ?
Non, que la police.
Hassaan n'a pas appel� ? Et ma s�ur ?
Rien. Mais j'en ai parl� � tout le monde.
Si on apprend quoi que ce soit, je le saurai.
O� habites-tu maintenant ?
Je travaille au restaurant La Chope dor�e.
Tr�s bien !
Je suis tomb� amoureux de la Finlande.
Mais si tu sais comment s'enfuir d'ici, je te serais reconnaissant.
Si Dieu le veut.
Comment te remercier ?
Prends soin de toi.
Les affaires ne vont pas comme elles devraient.
Je trouve qu'elles vont bien.
Monsieur le directeur, une question.
Comme strat�gie d'action, on pourrait passer de la musique dansante.
Excellente id�e. Tu penses ?
Absolument.
Dans ce cas, on doit y r�fl�chir.
Ce que Calamnius dit est sens�.
D'ailleurs, on ne peut pas tomber plus bas.
� part la bi�re,
les ventes restent modestes. La carte pourrait �tre d�velopp�e.
Pourquoi ?
Qu'est-ce qui est � la mode ?
Sushi.
Absolument.
Mon cousin a un restaurant de sushis.
C'est pour �a que tu travailles ici ?
C'est moi qui lui ai demand�, comme une faveur.
Alors �a n'allait pas si mal.
Pas � ce moment-l�.
Bienvenue.
S'il vous pla�t.
Que d�sirez-vous ?
4 assortiments de sushis.
Y a plus de soupe miso.
Tu mets du chou. Comme champignon.
20 assortiments de nigiri sushis.
- Patron. - Oui ?
Plus de saumon ni de lavaret.
D�j� ? T'as pris combien ?
Un demi-kilo de chaque. Je n'avais pas imagin�.
Faites-les boire du sak�, � tous. La maison r�gale.
Qu'est-ce qu'on a ?
Pas de boulettes de viande.
HARENGS EN SAUMURE
Je le gardais pour l'�t�.
Depuis quand ?
Le wasabi couvre le go�t du sel.
Allons-y.
Vous pouvez rentrer. Je nettoierai.
RESTAURANT
Plat du jour Boulettes de viande, 8 �
Dans l'ombre vague du soir
Il reste encore la nostalgie
Le jour qui s'ach�ve a beaucoup apport�
Mais d�j�, c'est comme si tout �tait perdu
La douce voix du souvenir
R�sonne dans mon �me avec nostalgie
En ramenant le pass� � l'esprit
Je me rappelle quand toi, ma tr�s ch�re, tu es partie
Partout o� se trouve, partout o� m�ne
Le sentier de ma bien-aim�e
J'entends le chuchotement du vent du soir
Qui est un r�confort
Tu dois sans doute errer sur un chemin froid
Toi, ma tr�s ch�re
La nostalgie de mon esprit se mue en espoir...
Je dois parler � Khaled. Il est l� ?
Attendez dehors.
Ton ami.
- Comment �a va, chef Khaled ? - Et toi, mon fr�re ?
Bien. Un boulot magnifique !
Devine quoi ?
Hassaan vient de m'appeler, on a retrouv� ta s�ur.
Je dois partir tout de suite.
Ma s�ur est dans un centre de r�fugi�s en Lituanie.
Je dois filer.
Trop de fronti�res. R�fl�chissons.
Je dois me d�p�cher.
M�me si tu es malin, je suis le plus �g�.
Laisse-moi t�l�phoner.
Oui, �a marche.
Je dois partir quand ?
Aussi vite que possible. Les situations changent.
J'ai besoin de marchandise pour la Lituanie, sinon �a fera bizarre.
Pourquoi elle me ferait confiance ?
Khaled, �cris une lettre � ta s�ur.
Elle devra lui faire confiance. Donne-lui sa photo.
L'adresse pourrait me servir.
Et l'adresse de l'endroit.
� l'arri�re, il n'y a rien. J'ai d� rentrer � vide.
Ouvrez quand m�me.
�a va, c'est bon.
Miriam.
Khaled.
Merci pour tout.
C'est combien ?
J'ai eu un bon fret � l'aller.
Je ne prends pas d'argent pour �a.
J'�tais inquiet pour toi.
Mais pourquoi mentir ?
J'�tais d�sesp�r�.
J'�tais d�vast� de ne pas savoir comment t'aider.
J'�tais perdue, des gens bien m'ont aid�e.
Une famille afghane m'a pratiquement adopt�e.
Je suis plus �g�e que leurs 7 enfants.
Miriam...
Nous ne sommes plus que deux.
J'esp�re que tu pourras le supporter.
Ne t'inqui�te pas pour moi. Je suis la fille de ma m�re.
La mort est facile, mais je veux vivre.
Tu sais qu'un homme m'a fait des papiers ?
C'est comme de la magie.
Il te fera une nouvelle vie.
Non, Khaled. Pas la peine.
Je ne change pas mon nom.
Je garde mon identit�.
Je vais me pr�senter demain.
Comme tu veux.
Je t'am�ne chez Mirja. Demain on ira � la police.
Tu es le meilleur fr�re du monde.
Tu te souviens, enfant, comment je t'emb�tais ?
Tu �tais vraiment maigre.
Je m'en souviens pas.
Tu peux l'amener au commissariat demain ?
Je m'approcherai pas trop, mais je serai l�.
� quelle heure ?
� dix heures.
Je t'ai averti, youpin.
C'est toi ?
Je te sers ? Je vais fermer.
Ce n'est que moi.
J'ai pas bu une goutte depuis que t'es parti.
J'ai mont� cette esp�ce de kiosque.
Que veux-tu ?
Je n'ai besoin de rien,
mais je peux te raccompagner.
Comment vas-tu ?
Bien.
Un peu seule.
Et toi ?
J'ai mont� un restaurant lucratif. Je cherche un ma�tre d'h�tel.
Je l'ai gard�e.
Si tu veux encore...
Attends, un instant.
Khaled ?
Khaled va arriver.
�a va aller ?
Je dois ouvrir Gourmet Mekka.
Miriam...
Pr�sente-toi � l'entr�e. On te dira ce que tu devras faire.
Dis-leur que tu demandes directement le droit de l'asile.
Tu m'attends ?
Je dois m'en aller.
On se voit ce soir.
Vas-y.
� la m�moire de Peter von Bagh
Sc�nario, r�alisation, production : Aki Kaurism�ki
Traduction : Irmeli Debarle
Sous-titrage : HIVENTY
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