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Original subtitles

Scène du crime - Accès interdit

Repose en paix, Sugar

Un jeu de guerre qui tourne à la tragédie

- Chuck D, c'est un nul, mec. - Quoi ?

Déconne pas. Chuck D est pas si mal.

Ce Black de Chuck D, il est foutu et le reste de Public Enemy.

Speech, connard. T'en dis quoi ?

Speech ? C'est une enflure.

Comment ce machin peut dire que Chuck D est un dur chez les rappeurs ?

- Il a jamais flingué personne. - Faut être un dur de nos jours !

Je connais des blacks qui cognent pas leur gonzesse et qui baisent pas.

Des Blacks qui se shootent pas, qui ont pas fait de taule.

Peuvent pas être des durs.

Fais ce que tu veux. Moi, j'achète pas si c'est pas hard.

Pas besoin de flinguer quelqu'un pour être hard.

Attends.

Les seuls Blacks que je représente, c'est Tupac, G-Rap et Wu-Tang.

- Enculé de Dr Dre, carrément. - Tu l'as dit. On déconne pas.

Ces blacks qui racontent tous ces trucs positifs.

Ce putain de monde est pas positif.

C'est pour ça que le sexe et la violence, ça fait vendre.

Moi, j'aime bien les rappeurs positifs, d'accord ?

- Fais pas chier ! - Ces Blacks, c'est pas des voyous.

Va poser ton cul de Black là-bas.

Allez. Oublie ces conneries, mec. On a du boulot.

T'es pas censé être ici.

Bouge ton cul. T'es censé faire le guet.

- Je déconne pas. - Il fait chaud dehors, mec.

- Faut qu'on le gagne ce fric. - Je sais mais il fait chaud.

- Quoi de neuf, mec ? - Quoi de neuf, mec ? Ça roule ?

- Il te faut quoi ? - T'as quoi aujourd'hui ?

Capsules rouges. Planantes. Deux pour le prix d'une.

- J'en prends deux. - Deux ? D'accord, accroche-toi bien.

- Tout va bien, mec ? - Ouais.

Merde, tu connais, mec.

Ça roule, mec ? T'as le fric ?

Surveille le coin, OK ?

Alerte !

- Enculé ! Viens par ici ! - Lâche-moi, mec ! Lâche-moi !

Où est la putain de dope ? Debout, putain.

Elles sont où les ampoules ? Je sais que t'en as ?

On cravate pour du fric. C'est quoi ? La brigade de paroisse ?

Oui. Je te tiens !

Qu'est-ce que vous foutez ? J'ai rien. C'est quoi cette fouille ?

Lâche-moi le cul ! Je suis pas de la pédale.

- J'adore l'odeur des surprises... - Renifle-toi la gueule.

C'est l'odeur de la victoire, mon frère !

Ouvre la gueule. Soulève la langue.

Fais-moi voir sous ta langue. Ouvre.

Enlève ton pantalon, ou ce qui y ressemble. Dicky, l'heure.

Écarte les fesses, mec. Écarte. On y va.

Fais-moi voir sous tes couilles. Tu sais que je déteste faire ça.

Fais-moi voir sous tes valseuses.

Strike en strip-tease.

Trois-deux. Le compte est bon. Bases occupées. Avec maillots déshabillés.

- Remonte ton pantalon, connard. - Alors, t'as pas d'hygiène ?

Tu mens. Je vide mes tiroirs tous les jours. Je reste clean.

Allez, on se casse. C'est fini.

- À plus, mon frère. - Je t'emmerde, mec.

Emmerde qui tu veux...

Y a des Blacks qui vous ont balancés.

Contents de pouvoir rendre service, les gars !

Tu vas te prendre un bloc-cylindres sur le cul !

Ramasse ton insigne et ton flingue...

Je supporte plus ces conneries.

T'as vu mon docteur ?

Tu vas le voir comme je t'ai dit ?

C'est cette merde qui te réussit pas. Jette-moi ça.

Tiens. Bois ça. Pas toute la bouteille.

Rodney. Je vais plus supporter ça longtemps, c'est moi qui te le dis.

T'auras peut-être plus à supporter ça longtemps.

- Tu sais qui c'est ? - C'est Darryl.

Darryl Adams, le voleur. Voilà qui c'est.

Il m'a volé.

Il se sert à la coupe, revend à son compte et ramasse le fric.

Joli boulot d'intérieur. Du propre, du sûr.

Ce clown revend pour toi ? Pourquoi lui ? Et moi ?

Parce que t'es comme mon fils. Strike, mon fils.

Si je suis comme ton fils, qu'est-ce que je fous dans ce parc ?

C'est là que j'ai besoin de toi.

J'ai fait ce rêve hier soir.

Je suis dans le désert avec tous mes gamins.

Mes vrais gamins, de la boutique.

Ils sont tous alignés devant moi, comme mon armée.

Dieu apparaît et te montre du doigt.

Il me dit : "Celui-ci sera ton épée et ton bâton."

C'est ce que Dieu m'a dit. En te montrant du doigt.

Darryl Adams était même pas dans mon putain de rêve,

parce que ce gosse est un voleur, et il faut le descendre.

- Le descendre ? - Le descendre.

Tu peux pas demander à Errol ?

Tu sais bien qu'Errol s'est piqué au sida.

Le virus.

Il a déconné et a pris le mauvais train.

Tu vois Errol en train de vendre des sandwiches de baleine et de la dope ?

Tu veux vraiment arrêter les bancs ?

Tu t'en occupes, pour moi.

- T'as du chocolat Moos ? - Non. C'est un bar ici.

- Hé, Ronnie ! - Merde.

- Ça roule, mec ? - Qu'est-ce que tu fous ici ?

Je fais que passer.

Grand frère. Je pensais justement à toi.

- Ouais ? - Ouais.

- Moi aussi, je t'aime, Ronnie. - D'accord. Bien.

Tiens. Essaie ça. C'est sucré.

- Tu connais Chez Ahab là-bas. - Quoi ?

- Tu connais Chez Ahab là-bas. - La concurrence.

Tu connais le clown qui travaille là. Le gérant de nuit, Darryl ?

- Darryl ? Non. - Darryl Adams.

Ce type, c'est un vicieux.

Pourquoi Darryl Adams serait un vicieux ?

Parce qu'il a tabassé cette nana, Charise.

Elle a que 16 ans. Elle était venue demander du travail.

Il la fait venir dans le bureau et lui demande de lui tailler une pipe.

Elle dit non alors il se met à la cogner et tout.

Ce type, c'est un dégueulasse.

Il cogne les femmes.

- Un dealer qui cogne les femmes. - Ça j'en sais rien.

- Et qui raconte tout ça ? - C'est vrai tout ça.

La mère de la fille est folle de rage.

Elle veut que sa fille soit vengée. Elle veut le voir mort.

Et si c'était ta fille à toi ? Elle n'a que Charise.

- Il faut l'allonger. - Eh bien ?

Je te tiens, j'arrive, Du plomb dans la caboche...

- C'est pas ta chanson préférée ? - Allez, mec.

Vic, pourquoi tu te fous de moi ?

Je te parle de trucs graves.

J'aurais dû savoir que c'était pas la peine de venir te voir.

- Je connais quelqu'un. - Qui ça ?

- Le Meilleur. - Qui ça ?

Le Meilleur. Un ami d'un ami.

Il le fera.

- Combien il veut ? - Rien.

Alors, on marche comment ?

Je t'écoute. Tu veux que je fasse quoi ?

Rien. Relax. D'accord ?

Mes petits hommes, mes neveux, comment ils vont ?

- Mes gosses me manquent. - Pourquoi tu rentres pas alors ?

Tiens, l'enfoiré. Ça roule, Strike ?

On est fermés.

Je croyais que tu bouffais pas ça parce que ça te bousillait le ventre.

C'est Chez Ahab ici.

On n'a pas de pilules digestives ici.

Boum ! Je t'ai eu !

Boum. Je t'ai eu.

T'es toujours là, enfoiré ? Ça roule ?

Il nous faut du Mylanta pour la fillette ici !

Sans doute triple homicide.

Dehors dans la boue, 60 cartouches par terre,

et un troupeau de Blacks qui piétinent toute la scène.

- Alla salute. - Mazel tov.

J'aime pas ces bouteilles qu'on sert en avion.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Ce type s'est fait descendre ! - Par qui ?

J'étais pas là donc je peux pas en parler intelligemment.

Je voudrais pas que t'arrêtes de parler intelligemment.

Le corps est déjà froid.

Pardon. Je passe. Merci.

Merde ! Excusez-moi !

Bienvenue au spectacle sans fin.

Bartucci, on a quoi ?

On a un Noir, mort. Darryl Adams, 22 ans.

C'est le gérant de nuit de ce bouge.

Le gamin est à la porte en train de discuter avec un autre homme.

Pan, pan. Darry tombe. Le tireur prend la fuite.

Dans le quartier, on a entendu quatre coups de feu.

Jusque-là, c'est tout ce qu'on a écrit.

- Un cambriolage ? - Non. Beaucoup trop rapide.

Drogue ? C'était une ordure ?

Pour tout te dire, j'avais encore jamais vu ce gamin.

Les gars, Darryl Adams. Darryl Adams, les gars.

- Salut, Darryl. - Salut.

À vécu par le flingue, est mort par le flingue.

- Le gamin avait de la cervelle. - Il avait son or, heureusement.

- Ça a fait ricochet. - Je crois que c'était la bouffe ici.

Hal, par ici. Dis-moi ce qu'on a.

Allons-y.

Voyons ça. Pas de résidus de poudre sur le visage.

- Ces yeux nous ont trompés. - Sans doute 30-35 ans.

- Portes un et deux. - Rien dans la manche.

Il ira peut-être mieux mais il ira jamais bien.

- Et presto ! - On lui a serré la main.

Un peu trop fort.

Regardez. On dirait une sorte de signe de paix égyptien.

- Tu as raison. - Ça dit au revoir.

Moe. Relève les empreintes sur cette porte.

Fais chier, Rocco. Ça va bien nous avancer.

On aura la moitié de Brooklyn sur cette porte.

Quoi, t'as bouffé un hamburger Ahab ?

- Tu m'en dois six de plus. - J'adore mon boulot, moi aussi.

Plus d'empreintes que sur mon ex.

- Il a gardé les dragées ? - Donne-moi une seconde.

Ça doit être son habit de golf. 18 trous.

Bon sang !

Sors de là, où que tu sois. Le singe est dans le tram.

On dirait que c'est ressorti. En voilà une. Deux sorties.

Le téléphone arabe, ça dit quoi ?

Comme d'habitude. "Rien vu, rien entendu."

- Un revendeur ? - Je sais pas.

- Hal, comment ça va ? - Salut, Lar.

Regarde dans les poches.

- Le salaud ! C'est Darryl Adams ! - Qui ça ?

Il travaillait pour Rodney. Je le voyais souvent.

S'il travaillait pour Rodney, alors c'est un revendeur.

- Regarde encore dans les poches. - Bien sûr. Attends.

- Rien. - Alors, Darryl ?

- Un enfoiré de revendeur. - Vous avez fini ?

Marvello, le magicien !

- L'a attrapé une balle de ses dents. - Quel coup !

T'as dépassé Willie Mays. Je te vote meilleur joueur de l'année.

Encore une tache sur le trottoir.

- Un seau et une serpillière. - Un, deux, trois.

Arrivederci !

Très bien. Le spectacle est terminé. Tout le monde rentre chez soi.

- À la prochaine, Hal. - À bientôt.

Moe, me fais pas revenir pour ces putain d'empreintes !

- De quoi tu te plains ? - Désolé.

Excuse-moi.

Très bien. Je le referai plus.

Je me tire, mec.

- T'as 50 dollars ? - Non, mec.

Ce que je trouve, je garde.

Me regarde pas comme ça. Ou t'auras le cul peint sur ce mur.

Je connais ce regard. Tu te demandes comment j'ai attrapé le sida, hein ?

- Non, mec. - Sale menteur !

Je me suis pas envoyé ces crétins.

- Je suis pas homosexuel. - J'ai pas dit ça, d'accord ?

C'est cette saloperie.

J'arrive pas à croire que j'ai attrapé cette saloperie.

Tout ce temps que j'ai passé dans la rue.

Et je suis un malin.

Je sais que j'aurais dû arrêter cette saloperie.

À une époque, je faisais des études de comptabilité.

Et maintenant, ce truc me bousille le corps. Je suis un condamné à mort.

C'est pour ça que j'en ai rien à foutre de personne.

Et je veux plus voir ta gueule !

T'as pas à toucher à cette saloperie.

Tu finiras comme moi. Ou pire.

Mon vieux était pasteur.

Quand j'ai commencé à y toucher,

il m'a dit : "Tu paieras un jour.

"Tu paieras pour cette merde, petit."

Il avait raison.

On la trompe plus, cette saloperie.

Maintenant, tire-toi !

Pourquoi faut toujours que tu me contredises ?

Écoute-moi bien. T'as combien de paires de baskets ?

- Six avec celle que j'ai aux pieds. - Rodney.

- Une seconde. Six, c'est ça ? - Oui.

- T'as combien de pieds ? - Deux comme tout le monde.

Il voit pas de quoi je parle.

- Tu vois pas, c'est ça ? - Quoi ?

Comment tu vas gagner 10 si tu dépenses 10 ? 10 moins 10, ça fait ?

- Zéro. - Tu veux être un zéro ?

- Je veux pas d'un zéro. - T'as pas de zéro.

Tu vois ce que j'essaie de te dire ?

Le Black qui dépense tout se réveille fauché tous les jours,

parce que le Black ne croit pas en lui.

Il voit pas plus loin que le bout de son nez.

Pensez à long terme. À votre avenir.

Si vous venez travailler pour moi, ce sera différent.

Vous ferez des économies.

Vous achèterez une maison à Strong Island à votre mère.

Tendez tous vos mains, paumes vers le bas.

- Vous voyez quoi ? - Noir.

Vous devez voir vert comme le dollar.

Très bien. C'est pigé ?

- Non. T'as pigé ? Très bien. - C'est pigé.

Excusez-moi.

- Vous avez du boulot à l'intérieur. - Ouais.

Allez. Vos ordures.

Qu'est-ce que t'as ?

- T'es pas au courant ? - On m'a rien dit.

Tu m'as dit que si je voulais quitter la rue...

Tout ce que je sais, c'est que Ahab recherche un nouveau gérant.

Tu gardes le profil bas pour une ou deux semaines.

Laisse tout ça retomber. Tu bosseras toujours sur ma zone.

Tu restes dans la rues mais Ahab, c'est la prison.

Je te le dis. C'est bon. Tout va bien.

Il a l'air méchant, ce black.

On va faire passer la came sur le réseau alimentaire.

En ce moment, on travaille trop sur ma zone.

On a nos clients, des voitures venant d'autres états...

Ils feront une enquête. Ils vont me balancer, appeler les flics.

Avec mon dossier, je peux pas retourner en taule.

Ahab fera une belle couverture. Bien joué, Strike.

Pourquoi tu me regardes comme ça ? Ça va pas ?

Tu sais que c'est toi et moi, hein ?

Je te l'ai dit. T'es comme mon fils.

Je serai là pour toi. D'accord ?

Je t'ai encore jamais laissé tomber, si ? OK, alors.

Viens ici. Je vais te trouver quelque chose à manger. Viens.

C'est quoi cette revue de trains que t'as ?

- C'est pas mal. - Putain de loco tchou-tchou.

Tu lis un livre sur les trains ?

On devrait tous avoir un passe-temps. Toi tu collectionnes les allocs ?

C'est pas drôle. Pourquoi tu me fais marcher, Strike ?

Chier, mec !

Je parle pas des joujoux que t'as dans ton berceau.

Je sais, parce que je vais te casser la gueule.

Shorty, pourquoi tu ris ?

- Pas un geste ! - Merde !

Petit. Tu ne bouges pas de là.

Debout, le génie.

C'est Rodney, ça ?

- Rodney a appelé ? - Tu dois bien savoir.

- Vous êtes au courant pour Darryl ? - Ouais, mec.

J'ai dû aller prévenir ses parents hier soir.

- C'est pas drôle. Je déteste ça. - Un coup dur.

J'espère que j'aurai jamais à rendre ce genre de visite à vos parents.

Touchez pas à cette saloperie !

Et les trains, ça marche ?

Petit, viens ici.

Je t'ai déjà dit de pas traîner autour de ces crétins.

Je te surveille. Monte.

Andre, va donc attraper des criminels, tiens !

Shorty. Qu'est-ce que tu regardes ? Viens ici. Oui, toi.

Allez, grouille-toi. Vite. Le temps, c'est de l'argent.

Viens ici.

Bon sang, t'as une sacré touffe.

- T'es allé quand chez le coiffeur ? - Je sais pas.

Les mains en l'air.

Attention. Saute. Tire.

Attention ! Allez. Lance autre chose.

- T'as perdu tes manières. - Merci.

- Comment tu t'appelles ? - Tyrone Jeeter.

Très bien. Shorty.

Voilà mon frère, Victor. Merde.

- Attends ici, d'accord ? - D'accord.

Je reviens.

Attention ! Saute !

Je t'ai eu !

Qui a fait ça ?

Qui a fait ça ?

Qui a joué au papa de mon fils et l'a emmené chez le coiffeur ?

Plus personne ne sait rien ?

Je te connais. Je te connais.

Cedric Stanley Gilmore.

- Toi aussi. Ronnie Dunham. - Merde.

On était voisins, tu te rappelles ?

Je connais ta mère. Gloria.

Vous n'êtes tous que des bons à rien, de sales dealers de mort.

Je trouverai qui a touché à Tyrone

et je lui collerai une balle dans le derrière moi-même.

Et priez que je trouve pas Andre non plus.

Bon dimanche.

Merde. C'est pas à moi que la salope parlait.

- Scientific, la ferme. - Toi, la ferme, mec.

OK, Victor ?

Tu es prêt ?

Je devrais te passer les menottes mais t'as l'air d'un type fiable.

Je l'ai dit. J'ai bu quelques verres à Kool Breeze. Du scotch.

- Quelques ? - Deux ou trois.

C'est là que je vais d'habitude après le travail.

T'y es resté combien de temps ?

Je sais pas. De 20 h 30 à environ 22 h.

Allez voir à Hambones... Je suis gérant là-bas.

Je finis pas avant 22 h. J'étais pas très bien, je suis parti plus tôt.

T'étais pas bien alors t'es allé à Kool Breeze ?

C'était pas du genre à vouloir rentrer à la maison.

Mal de tête ? Dispute ?

- Non, juste fatigué. - Continue.

J'ai quitté Kool Breeze et suis rentré à pied.

J'ai coupé par le parking de Chez Ahab.

Et ce type m'est rentré dedans. Il est sorti de nulle part.

- J'ai eu peur. Vous savez le reste. - Raconte-moi, Victor.

Je l'ai abattu.

Petit. J'aime bien ta nouvelle coupe.

- Qui t'a coupé les cheveux ? - Le coiffeur.

T'avais la tête sur les épaules avant que Rodney te mette le grappin dessus.

Ça n'a pas changé.

Tu sais, j'ai été là pour toi depuis que t'es haut comme ça.

Tu veux pas de mes conseils, très bien. C'est ta vie.

Mais je vais te dire une chose.

Un seul regard en direction du petit Tyrone,

et tu peux être sûr que tu regretteras que je t'aie pas tué.

On s'est bien compris ? On s'est bien compris ?

Ouais.

Pourquoi on recommence encore ? Je vous l'ai déjà dit.

Le type m'est tombé dessus, j'ai eu peur... Puis, je me suis enfui.

Tu veux dire pan, pan, pan, pan.

- Quoi ? - Quatre balles dans le corps.

- Où était cachée ton arme ? - Dans mon sac de gym.

Il y a quoi d'autre dans ce sac ?

Mon uniforme Hambones, un sandwich de chez moi.

Je mange pas du Hambones, je le dis à personne.

Le sac était fermé par fermeture éclair. Un cadenas ?

Ne secoue pas la tête, Victor.

- Où sont mes tapis ? - Quoi ?

Je t'avais parlé de ces tapis pour les gosses.

Si on veut avoir un club d'acrobatie, il nous faut des tapis.

J'ai dit : "Strike va les acheter. Il a promis."

Je t'ai pas encore cueilli,

mais jusque-là, tu vas être mon bienfaiteur.

Tu vas sponsoriser ce club, tu m'as bien compris ?

Et Ronald, je ne te le redirai pas.

Le magasin était fermé. Un de ces congés juifs.

- Quel congé juif ? - Je sais pas. Choisis-en un.

Demain, d'accord ? Je passerai demain, c'est promis.

- Ces menottes sont trop serrées. - On se serrait les coudes avant.

- Tu m'arrêtes ? - Pourquoi ?

Tu pourrais m'enlever ces menottes et me laisser partir ?

Tu n'as pas à vivre comme ça.

Il n'y pas que la cité dans la vie.

T'as pas envie d'aller voir ailleurs ?

Tu adores les trains mais t'as jamais pris que le métro.

Vas-y. Descends de là.

Et trouve-moi ces tapis pour mes gosses, d'accord ?

- Jamais. - Jamais ?

T'es jamais passé devant, un jour où il fait chaud, avec tes 2 gosses ?

- Vous arrêter boire une limonade ? - Avec mes deux gosses ?

Je les vois à peine. Je travaille tout le temps.

Quand je rentre, je suis épuisé. Vous avez des gamins ?

Oui. J'ai une fille de deux ans.

Ça vous est déjà arrivé de rentrer fatigué

au point de haïr les pleurs de vos propres enfants ?

La chair de votre chair.

Ma femme, Sharon, m'a dit de quitter un boulot. J'en ai deux.

Est-ce qu'elle croit que je fais ça pour le plaisir ?

J'essaie, mec.

J'essaie vraiment de nous sortir de la cité.

Vous comprenez ?

Je travaille, j'économise, je fais tout ce que je peux.

Pour ça, il faut que je travaille.

Je ne suis jamais en retard. Je dois travailler.

Victor, écoute-moi.

T'es un garçon bien, honnête, qui va à l'église et qui craint Dieu.

Et si c'est bien toi qui as tiré,

il doit y avoir une bien meilleure raison que celle que tu m'as donnée.

Pourquoi Darryl, le gérant de chez Ahab,

essaierait de te voler dans son propre parking ?

Ça devait être personnel à mon avis.

Non. Je ne l'avais jamais vu avant.

- Il a fléchi et t'as tiré. - J'arrête là.

Je vous ai dit ce qui s'était passé. Vous voulez quoi d'autre ?

- La vérité. - Elle est en face de vous !

S'il a fait quelque chose, qu'il a menacé ta famille, ça peut t'aider.

La fatigue, les insomnies. Ça peut t'aider au tribunal.

Qu'est-ce que ce con t'a fait ?

C'était de l'auto-défense.

De l'auto-défense ?

Je veux voir ce que tu vois.

Je ne suis pas d'accord.

J'ai quand même pas l'air aussi con.

Le massacre du fast food Un homme de Brooklyn tué

Dans les journaux.

Je croyais que Vic était réglo. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Le type avait déjà 5 boulots.

Merde ! Qu'est-ce que la criminelle vient faire ici ?

235 Hoyt, la cité Mandela, c'est ça.

- Tyrone. - Quoi ?

Tu vas surveiller la voiture pour moi, d'accord ?

- D'accord ? - Cool. Et tu nous donnes quoi ?

- Je te retrouve tout à l'heure. - On le fait pas gratuit.

Je m'occupe de toi tout à l'heure.

Pardon, c'est où le 235 Hoyt ?

- Juste là. - Merci.

C'est Nintendo ou Sega ?

- Sega. - C'est quoi ?

- "Gangsta". - Que sont devenus les jeux de puce ?

Rocco, tu sais pas que c'est la nouvelle coqueluche du pays.

- Où tu vas ? - Chez mon ami.

Tout le monde veut être gangsta, c'est ça ?

Ça te plaît, hein ? T'aimes bien regarder ça, hein ?

- Tu veux savoir combien ça coûte ? - Je sais déjà.

Ouais, j'en suis sûr. T'en veux sans doute un, hein ?

J'en ai peut-être déjà un.

- Pourquoi avait-il cette arme ? - Tout le monde en a.

- Il boit beaucoup ? - Le soir seulement.

On est deux.

- Et la drogue. - On peut pas être plus clean.

Il s'est fait de nouveaux amis récemment ?

- Il fréquentait d'autres gens ? - Pas que je sache.

Vous pensez peut-être à Ronald mais ça fait un temps qu'il vit plus ici.

- C'est un sacré athlète. - Oui.

Vous devez être fiers de votre papa.

Je parie. Quelque chose cloche.

Quand je travaille sur une affaire, je veux faire les choses bien.

Ce sont mes deux fils, Victor et Ronald.

Victor est un beau jeune homme, un travailleur.

Il ne ment pas. S'il vous l'a dit alors c'était de l'auto-défense.

- Pourquoi vous ne le croyez pas ? - Je peux vous emprunter ça ?

Je dois reconstituer son trajet de l'autre soir,

et je préférerais pas montrer une photo de police.

Soyez sages. Prenez soin de votre mère.

- Strike. - Tu le connais ?

Un petit merdeux arrogant.

Il travaillait pour Rodney dans sa boutique et avec Darryl.

Maintenant il dirige l'équipe de la cité.

Revendeur pour Rodney, comme Darryl. Allons le cueillir.

- Alors, mec ? - Ils sont allés au 9e étage.

Merde ! Je le savais.

- Ils ont dit quelque chose ? - M'ont parlé de "Gangsta".

- Autre chose ? - Non.

Très bien, Shorty. Bien joué.

Monte avant que ta mère fasse une crise.

D'accord.

Remonte.

- De qui tu te caches ? - Tu me files ou quoi ?

Je te redirai pas de le laisser tranquille.

- Va lui dire ça ! - Et ton frère ?

Il est foutu, mec.

- Il a avoué. T'es allé le voir ? - J'y vais. J'y vais.

Faut que tu te fasses examiner l'estomac.

Mes gamins te remercient de tout leur cœur pour les tapis.

C'est pas agréable de faire le bien ?

Vous le connaissez ?

- Oui. Il était ici. - Quand ?

Il était là vendredi. Il a bu un verre.

- Un verre ? Il n'était pas soûl ? - Non.

Il était pas poli.

Je ne fais que m'échauffer. Mais c'est la bombe.

Il était avec quelqu'un ?

Il est arrivé seul. Il se pourrait qu'on ait discuté. J'ai oublié.

- Et les coups de feu aussi ? - Qui vous a appelés, à votre avis ?

C'est ça que vous cherchez alors ?

Est-ce qu'il était là avant ou après les coups de feu ?

Avant. Vous savez comment je le sais ?

Je le surveillais. Je l'avais jamais vu avant. Il était nerveux.

J'ai cru que c'était peut-être un de ces jeunes braqueurs.

C'est Strike. Bon sang.

- Ils se ressemblent pas. - Et lui ?

Oui. Victor ? Un habitué. Qu'est-ce qu'il a ?

Pourquoi tu m'as pas dit que c'était ton frère ?

Rodney, mec. T'as oublié ?

Tu m'as dit que tu voulais pas savoir.

- Victor a flingué Darryl ? - Je sais même pas si c'est lui.

Victor est ton frère. Tu devrais savoir.

Errol, tu...

On n'a jamais eu cette conversation au sujet de Darryl, hein ?

- Quelle conversation ? - Tu vois ? Pas de problème.

Vas-y, à toi l'honneur.

Bravo !

Il n'est venu là qu'un soir, le soir de la fusillade.

Il est nerveux. Il ne s'assoit pas. Il n'est pas soûl quand il repart.

Il a été condamné pour détention illégale de drogue,

d'armes à feu

et pour agression et pour ça, il a encore trois ans à faire.

Écoute, Rocco. Il est défoncé. Il a un peu forcé sur la dose.

Il se fait engueuler, il sort de Kool Breezer avec le flingue dans son sac.

Adams lui saute dessus, le surprend.

Il flingue le premier type qui marche sur ses Nikes.

Un accro dans un mauvais jour.

C'est comme ça chez les Blacks. Un peu de religion et on abandonne.

Je ne vais pas perdre mon temps pour ça.

Tu vois pas qu'ils nous mènent en bateau ?

Il nous raconte que c'est lui le tueur.

Pas d'antécédents, deux adorables gamins, deux boulots.

Le citoyen modèle. Il plaide l'auto-défense.

- D'accord. - Qui ira le contredire ?

Maintenant, l'autre. Strike.

Il essaie un coup pareil, personne le croit. C'est une ordure de première.

Pas étonnant que son histoire tient pas debout. Il ment.

Victor n'a jamais décollé de ce bar.

- Il a pris la place de son frère. - Pourquoi ?

Par amour fraternel ? Par peur ? Pour de l'argent ?

Ils se sont joués de moi, parce que ce salaud est innocent.

Tout ça parce qu'un Black a une femme, un boulot, des gosses

et un compte bancaire, alors il peut pas être un tueur ?

Tu as tout essayé.

Rien ne l'a fait changer d'avis.

Même si ce Victor nous a raconté des conneries,

ils le font tous, de toute façon, même s'ils nous mènent en bateau,

ça reste une affaire qu'on peut classer.

Et si je me trompe et que Rodney ou Strike sont derrière tout ça,

ou le cartel de Medellin, j'en ai rien à foutre.

Parce qu'on a notre tueur.

- On a pas le bon frère. - À toi de t'en occuper, d'accord ?

J'aimerais savoir comment ces négros ont eu le culot

de croire qu'ils pouvaient me faire avaler ça.

J'en ai assez de votre vocabulaire. Ça suffit.

Pardon, lieutenant. Je ne voulais pas vous offenser.

N'importe qui peut flinguer un junkie. Vic est comme tout le monde.

Les journaux disent qu'il avait un .38.

- On s'en fout de ce qu'ils disent. - Attends, enfoiré.

La dernière fois que t'as flingué un junkie, c'était quand ?

J'ai jamais tué personne mais je vais commencer maintenant !

Du calme. Moins fort. La criminelle arrive.

Comment ça va, les gars ?

Regardez qui est là. Ronnie Dunham.

- Ronnie ? - Je peux te parler une minute ?

Vas-y, petit con.

Rocco Klein, de la brigade criminelle.

- T'as une minute ? - La criminelle.

Je m'occupe de l'affaire Adams. Ton frère, tu sais ?

- Comment il va ? - Je sais pas, je l'ai pas encore vu.

On rigole pas là-dedans. T'as déjà été en taule ?

Juste une nuit. C'était rien.

- Errol. Je te croyais mort. - Je l'étais. Je suis revenu.

- M. Barnes t'attend ? - Non, pas moi.

Je ne suis pas content.

Ton frère s'est mis à table mais son histoire, c'est n'importe quoi.

Tu sais ce qu'il nous a dit ?

Comment je le saurais ? J'étais pas là.

- T'étais pas là ? - Quand il vous a raconté tout ça.

- Il s'est passé quoi, à ton avis ? - J'en sais rien.

Tu crois que lui et Darryl avaient des comptes à régler ?

- Tu connaissais Darryl Adams ? - Non, non.

- Tu connaissais pas Darryl Adams ? - Non, mec.

On s'est jamais rencontrés. Non.

C'est quand la dernière fois que t'as vu ton frère ?

- Un bout de temps. - En semaine, mois, années ?

- Ouais. - Ouais quoi ?

- Deux mois. - Deux mois ?

- Tu veux répondre ? - Quoi ? C'est pas le mien.

Qu'est-ce que tu sais ?

Ronnie, je cherche un peu d'aide, des idées.

Ton frère a des gosses, tes neveux.

- Le type était peut-être accro. - Un accro qui craque ? D'après qui ?

Personne... C'est ce qu'on raconte.

Vous savez bien ce que je veux dire.

- T'es revendeur ? - Non.

- Revendeur depuis combien de temps ? - Vous êtes sourd ou quoi ?

Je te donne ma carte.

Si t'entends quelque chose... Décroche le téléphone.

- Boum ! - Bien.

On se reverra, Ronnie.

- Qu'est-ce qu'il voulait ? - Me parler de mon frère.

De la part de Rodney. Mets ça en sachet de 30 grammes.

- Il te verra tout à l'heure. - Ouais, d'accord.

- Tu connais Rodney Little. - Bien sûr.

- Il a ce revendeur, Strike. - Qui boit toujours du Moos.

Il faut qu'il parle. Tu peux le bousculer un peu.

- Ça dépend. - Qu'il panique un peu.

- Et tu feras quoi en échange ? - Rien de plus que toi.

Strike, mon vieux ! Une nouvelle ère, Strike.

Rudy arrive. Ordre public. Réduction de budget. La fête est finie.

Mesures énergiques contre la drogue, le crime, les Noirs,

les Ritals, les sans-abris, les Afro-américains.

- Assieds-toi. Alors quoi de neuf ? - Rien du tout, détective.

Appelle-moi Jo-Jo. T'aimes le basket ?

Non. J'aime pas le sport.

- T'aimes quoi ? - Les trains.

Les tchou-tchous ? Les paniers, tu sais pas faire.

- Non. - Non. Déconne pas, mec.

Tu savais taper du ballon avant de savoir marcher.

Bon, écoute-moi. Je suis là parce que je t'aime bien.

Demain soir, ça va être la fête ici.

On fait une descente sur la cité, ça va dégager.

À ta place, j'emmènerais mes gars, disons vers 21 h,

boire du Moolies au chocolat ou ce que tu veux, jusqu'à 23 h, ça marche ?

Ouais, ça marche.

Je t'aide et toi, tu m'aides.

- Ouais, d'accord. - Non, non. Pas "d'accord".

Je t'aide et toi, tu m'aides.

- Tu m'as l'air d'un 500. - 500. C'est un début.

Bien. Chaque semaine, je t'aide.

Je te préviens où la descente aura lieu. Et chaque semaine, tu m'aides.

- C'est cool ? - Cool.

C'est mon partenaire, Kirby.

Kirby va repasser dans 30 minutes. Tu lui expliques.

Dis à Rodney que j'ai de la bonne marchandise qu'il pourrait utiliser.

De qualité supérieure.

Paix.

T'as laissé tomber ça.

À ta place, je l'appellerais, ce type.

Strike !

Un visiteur pour Victor Dunham ?

Je t'aime, vieux.

- Cool. - T'as l'air en forme.

Après toi.

Un type en a eu marre de se raser.

Alors ils ont décidé de me couper au rasoir.

On m'a volé mes baskets aussi.

Grand frère.

Tu fais la une des journaux.

Ronnie, tu peux me sortir d'ici ?

- J'essaierai. Combien la caution ? - 50 000.

50 ? Merde !

- Et si on paie cash ? - L'avocat dit que dans une semaine,

j'aurai peut-être ces 10 %.

Peut-être que Rodney...

Dis à ces connards d'arrêter de te faire chier.

Ouais. Peut-être.

Je vais essayer de te sortir d'ici.

Certains Blacks ici, certains hommes, ils adorent la prison.

Mais tout ça, c'est pas pour moi.

Je vais te sortir d'ici.

Embrasse mes bébés pour moi.

- D'accord. - Merci.

On a ouvert il y a un an. Jusque-là, ça marche plutôt bien.

Quand je l'ai appris, ça m'a brisé le cœur. Victor est adorable.

- Ça lui arrivait d'être en retard ? - Nom. Réglé comme une montre suisse.

- De voler ? - Non, il était honnête.

- Il avait de la visite ? - Non.

- Vous l'avez vu ici ? - Non.

Victor était mon intermédiaire. Il savait les raisonner.

C'est arrivé qu'on le menace ?

Je peux vous aider ?

- Je peux vous aider ? - Laisse-moi entrer dans ta boutique.

C'est ta boutique, hein ? On achète des trucs dans ta boutique.

- Qu'est-ce que tu veux acheter ? - Ce que t'as.

On n'a peut-être pas ce que tu veux.

Attends. T'es qui toi ? Le vigile de la boutique ?

- On te paie à l'heure ? - J'essaie juste de vous aider...

Fais chier ! Je suis noir alors ça veut dire que je vais voler.

Je suis venu acheter un cadeau d'anniversaire à ma maman !

Mais t'es qu'un pauvre mec,

et la boutique de ta salope de Chinoise, c'est de la merde !

Je t'emmerde, connard !

Je vais chercher mon flingue et t'arroser le cul de plomb.

Je rigole, tu crois. Manquer de respect à l'anniversaire de ma mère.

Je fais 2000 dollars par jour. Tu fais combien au mois ?

Tu vois ça ? Un billet de cent dollars, hein ?

Pour l'anniversaire de tes gamins.

Je vais revenir. Je reviendrai te tuer.

- Merci. - Je viendrai te tuer.

- Que voulait-il ? - Rien.

- Ce jeune est revenu ? - Non.

- Bonjour, M. Brown. - M. Dunham.

C'est mon propriétaire, M. Brown. Alors, ça va ?

- Comment ça va, monsieur ? - Ravi de te connaître, jeune homme.

C'est Tyrone. C'est mon petit frère.

Si ces camés t'embêtent, fais-moi savoir.

Je leur fais pas non plus de cadeau à ces accrocs au crack.

Fais comme ton grand frère. Touche pas à la drogue.

J'ai quelque chose sur le feu. À tout à l'heure.

D'accord. Allez, monte les escaliers. Vite.

Qu'est-ce que tu fais ? Touche pas à ça.

Merde. Tu sais à quoi tu touchais ?

- Non ! - Petit mec.

Les trains Lionel. Construits au début du siècle.

Mais cette merde, ça marche qu'à piles sèches.

Mais après la guerre 39-45,

quand les gens ont commencé à avoir l'électricité chez eux,

boum, ils ont sorti les nouveaux.

- Génial, non ? - Ouais.

Le profit, c'est dans la façon de couper. N'oublie jamais ça.

Shorty, si je te vois ou que j'apprends

que t'as touché à cette merde, que t'as sniffé ou fumé...

Viens par ici. Je le jure devant ma mère.

Je t'en colle une au cul.

Et c'est pas comme ces conneries de violence à la télé.

La rue, c'est la réalité.

Les vraies balles, ça fait mal. Et les vrais flingues, ça tue.

Tu vois ça ? Un .25 automatique.

Je les garde contre tous les malades du quartier.

Comme ce mec, Errol. Celui-là, il est dingue.

Il t'explosera la gueule, il en a rien à foutre.

Et le pire, c'est qu'on retrouvera jamais le corps.

Il restera que des taches de sang par terre.

Si un jour, il essaie de m'avoir, il me trouvera.

Toi aussi, t'as intérêt à faire pareil.

Va pas croire que parce que t'as que 12 ans et tout, il te tuera pas.

L'année dernière, il s'est fait un gamin de 10 ans.

Tu dois penser à ce que M. Brown a dit tout à l'heure et tout.

C'est rien. Te laisse pas emmerder pas ces conneries.

Il est vieux et pauvre. Il sait pas l'heure qu'il est.

C'est comme ça que tu te fais du fric.

À ton avis, comment je me suis payé ce super train ?

En revendant cette saloperie.

Dans ce monde, n'importe quelle saloperie coûte de l'argent.

Et c'est comme ça qu'on le gagne. En dealant. N'oublie jamais ça.

Shorty, t'es malin, pas vrai ? Réponds un peu.

Le patron lui achète un kilo à 22 000 dollars, d'accord ?

Il coupe ça en 3500 sachets à 10 dollars chaque.

Le patron prend 60 %, ça lui fait 17 000 de bénéfices, il reste 7000,

et 50 % des 7000 sont à moi.

Ça fait combien ?

3500.

Bravo, Shorty. Continue à étudier, d'accord ?

Et si je te prends à sécher les cours, je t'en colle une.

Je m'appelle M-O N'oublie pas ça

J'ai descendu tes gars Tu sais pas comment j'ai fait

Toute ton équipe, un par un

Te mets pas dans non chemin Ça se trouve j'ai un flingue

L'est peut-être chargé, peut-être pas Je suis une menace pour la société

Je suis pas Thiggy-thiggy mais je reste cool

Alors dégage et... Relax

Tu me marches dessus T'as plus qu'à rédiger ton testament

Je suis la pile Energizer, Je suis immortel

Joli coup d'essai

Je t'ai vu rentrer dans l'immeuble et balancer tous mes flingues

C'est reparti les flics arrivent

Passe par-derrière, mec Je dévale les escaliers

Pas de temps à perdre Personne ne m'a vu

Je disparais sans laisser de trace...

À partir de maintenant, tu fais les livraisons sur Smith Street.

Ouais, d'accord. Jo-Jo, le ripoux.

Il dit qu'il a de la came pour toi.

Oublie cet enfoiré.

Sale pédé. Il m'a tapé de 500 dollars.

Errol m'a dit que t'avais parlé au flic de la criminelle.

- Comment ça s'est passé ? - OK.

"OK" ou bien ?

"OK", d'accord ?

Je t'ai raconté la première fois que j'ai tué quelqu'un ?

- Non. - Errol Barnes m'a forcé à le faire.

Trois types nous avaient arnaqués sur de la fausse came.

Errol avait déjà tué les deux autres. On tenait le troisième.

Cool, mec. Relax, enfoiré, relax.

- C'est ça quand on nous entube. - Je vous ai pas entubés.

T'as de la chance qu'on t'éclate pas la gueule comme les autres.

- J'ai rien fait, mec. - Comment je m'appelle ?

- Errol, mec. - T'as raison.

Le pauvre mec pleurait comme un bébé. Les larmes, le nez qui coulait.

Errol se tourne vers moi et me dit : "Descends-le ou je te descends."

Mec, c'est pas la peine de faire ça.

Je vais pas descendre ce gars. Il est mort de trouille.

Tu crois que je rigole ? Ouvre la bouche.

Tu vas prendre ce flingue,

et tu vas éclater la cervelle de ce connard.

- C'est compris ? - J'ai compris.

Vas-y.

Je t'avais dit que t'aurais pas dû faire ça, mec.

- Allez, s'il te plaît. - À trois, Rodney.

J'ai la main qui tremble.

- Te dégonfle pas maintenant. - J'ai la main qui tremble !

- Descends-le ! - D'accord !

Je vous en supplie...

Tu regrettes de nous avoir entubés ?

Faut jamais me chercher, mec.

Tu me connais ? Je suis méchant.

Errol pouvait pas me laisser partir après ce qu'il avait fait

sans m'impliquer moi aussi personnellement.

Personnellement, Strike.

Autrement, j'aurais pu le balancer un de ces jours, tu comprends ?

C'est pour ça qu'il fallait que tu te salisses les mains avec Darryl.

Tu m'entends ? Errol Barnes.

Le salaud m'avait mis le canon de son flingue dans la gueule.

C'est aussi mon meilleur ami.

- Qu'est-ce que t'as ? - Merde.

Faut prendre soin de toi. Tiens. Essuie-toi.

Ça va ? T'as pas été voir le docteur, hein ?

Pourquoi faut toujours que je te dise les choses trois, quatre fois ?

Pourquoi tu m'écoutes pas ?

Ça va ?

Merde.

En fait, j'en ai rien à foutre parce que tu m'as menti.

Tu as dit que Darryl était un drogué, un accro au crac.

- Je me suis renseigné. Clean. - C'était juste des suppositions.

Pas très sympa, tes suppositions.

Vous me posez des questions dingues.

J'essaie juste de répondre.

- T'as dit que tu le connaissais pas. - Peut-être de vue, d'accord.

"De vue". Des désaccords entre vous ?

C'est pas possible que Victor ait coupé par le parking

dans le noir et que Darryl l'ait pris pour toi ?

Non, mec.

Parce que toi et ton frère dans le noir, deux gouttes d'eau.

Vous insinuez quoi ? Tous les Noirs se ressemblent dans le noir ?

Même de jour, pour moi, vous êtes tous pareils.

Vous êtes marrant.

- T'es proche de ton frère ? - Pas vraiment.

C'est vrai. Vous vous êtes perdus de vue. C'était quand la dernière fois ?

Il y a un mois.

Strike, l'autre fois, tu m'as dit deux.

Pourquoi vous me demandez si vous en savez tant ?

- L'Alzheimer, tu connais ? - C'est une bière ?

- Malin. Tu lui as rendu visite ? - Oui.

Il plaide l'auto-défense.

S'il va en procès avec ça, ses deux gosses,

quand il sortira de taule, c'est eux qui y entreront.

Ça vous est jamais venu à l'idée qu'il avait peut-être rien fait ?

Tu sais qui c'est alors ?

- Qui ? - Faut que j'y aille. Je suis malade.

- Tiens, ma carte. - J'en ai déjà deux.

Tu devrais aller voir un docteur.

Qu'est-ce que vous regardez ?

- Merde ! - Ça va, mec ?

Strike ! Tu fumes du crack, connard ! Debout !

Une ambulance ! Il faut appeler une ambulance !

Emmenez-le !

Ça va aller. Attention, les gars.

Un, deux, trois. Allons-y.

Et voilà. Tout va bien.

- T'as fumé aujourd'hui ? - Oublie. Il touche pas à ça.

On t'a déjà dit de pas toucher à la drogue ? T'habites où ?

Il vous le dira. Emmenez-le à l'hôpital.

Bienvenue Chez Ahab. Que désirez-vous ?

- Une double baleine sur brioche. - Avec du fromage ?

Oui avec du fromage. Un crevettier frit.

Un crevettier frit.

- Deux. - Deux crevettiers...

Je peux avoir mon Capitaine Ahab avec des moules ?

- Capitaine Ahab... - Comment ça va, les gars ?

Belle voiture que vous avez là.

- C'est celle de mon père. - Comment ça va ?

Vitres électriques, airbags, téléphone.

Ça doit pas être donné tout ça.

Oui. On cherche le centre commercial de Short Hills.

Pas ici. On vient du Connecticut pour s'acheter du poisson ?

Des balles de golf.

Autre chose que je devrais savoir ?

- Du chewing-gum. - Non.

- T'aimes la bouffe soul ? - Pas vraiment.

- T'aimes mettre du rouge à lèvres ? - Todd, allez, on se tire.

McCauley, à l'arrière, il en met, de temps en temps.

- T'aimes les jupes ? - On a fait quelque chose ?

- T'as déjà sucé la bite d'un Noir ? - Tirons-nous d'ici !

Un gros joujou de 40 cm ?

Si je trouve de la drogue dans cette voiture, j'ai 12 babouins en cage

qui se feront un plaisir de s'occuper de vous.

- La ferme ! - Qui a la drogue ?

- On n'a pas de drogue. - Vous avez 5 secondes.

- C'est Todd qui a la drogue ! - La ferme !

- Merde, les gars ! - Les mains sur la voiture.

- Doucement ! - Sale fumier !

Essaie encore de le toucher et je te tranche la gorge. Les mains en l'air.

- Comment ça va ? - À toi de me le dire.

Alors quoi de neuf ?

C'est toi qui fais tout le spectacle dans le coin.

Comment tu fais pour toujours savoir d'où je sors ?

Je suis au courant de tout.

Je t'avais pas dit d'aller voir un docteur ?

Je t'avais pas dit d'arrêter de boire cette saloperie ?

Oui, c'est vrai. Y a pas de doute.

- Si malin et en même temps si bête. - Lâche-moi un peu.

Paraît que le flic de la criminelle est revenu te voir hier.

Il m'accuse pas. Il se renseigne, c'est tout.

Vous êtes copines maintenant ?

- T'es marrant. - Allez, monte.

- Comment tu te sens ? - Ça va.

Il y a intérêt parce qu'il y a une autre grosse commande qui arrive.

Si Dieu a créé quelque chose de mieux que le crack,

il l'a gardé pour lui.

Ce truc, c'est le sérum de vérité. Ça fait ressortir qui tu es vraiment.

Si t'es un pauvre minable, un sale enculé,

qui vendra son bébé pour un coup de cette bite de verre,

le crack te montrera comme t'es.

Noir, blanc, chinois, riche, pauvre, je m'en fous.

T'en prends une fois, et te voilà parti en mission.

Et cette mission ne s'arrête jamais.

Même quand t'as plus de maison, d'argent, de famille, d'amis,

qu'on t'envoie en taule, tu voudras encore ta dose.

C'est sûr.

C'est seulement quand t'es six pieds sous terre que ça s'arrête.

C'est pour ça que je veux pas que tu prennes de cette saloperie.

- Tu m'as compris ? - T'es fou ou quoi ?

D'accord.

Parce que c'est aussi pour ça que je ferai jamais faillite.

Je suis un excellent homme d'affaires.

Et je vends le meilleur produit du monde.

Réfléchis à ça.

- Qu'est-ce qu'elle a ? - Je te retrouve à la boutique.

- Vas-y. - D'accord.

Je sortais avec elle quand elle ressemblait encore à quelque chose.

- Tu savais pas ça, hein ? - Elle était bien à l'époque, non ?

Elle était mieux que maintenant.

- Ce qu'on a de mieux aujourd'hui. - Fais voir.

- Ouais. - 50 dollars.

Mais t'es pas enceinte ?

- Faut faire attention ? - Ça on le sait déjà.

C'est la dernière fois que je vous en vends.

Faut vraiment vous prendre en main.

- T'as des capsules rouges ? - J'en ai marre des petites doses.

- Les autres, c'est à combien ? - On les fait pas comme ça.

Allez, on y va.

C'est bon ?

J'ai des rouges et des jaunes. Il te faut quoi ?

- Deux jaunes. - Deux jaunes ?

Je veux deux rouges.

D'accord, Veronica. Doucement. Pourquoi t'es pressée comme ça ?

- Parce que je veux me tirer d'ici. - Tu veux te tirer ?

- Fais-moi voir le fric. - Non, j'ai dit deux.

- Fais-moi voir le fric. Relax. - Je veux des jaunes.

- Tu veux des jaunes ? - Je veux des rouges.

C'est pareil. Ça vous défoncera pareil.

- J'en veux trois. - Et moi deux.

Vous avez remarqué les nappes avec les dessins africains ?

La moquette et les plantes suspendues au plafond ?

Des idées de Victor.

Victor voulait qu'on se sente à la maison ici.

Il traitait tout le monde avec respect.

Les employés, les clients... Même les revendeurs.

Vous vouliez que je vous parle de vendredi soir.

Trois faces de chocho

ont voulu installer leur petite boutique chez moi.

Moi, je prends ma fidèle batte Clemente Louisville que voici,

prêt à caresser de ma batte une tête ou un bras. Mais Victor...

Non, Seigneur, non. Laisse-moi m'en occuper.

On a installé quelqu'un dans les toilettes.

On a mis quelqu'un à faire le guet près de la fenêtre.

Désolé, mais tes copains ne peuvent pas dealer ici.

C'est un restaurant familial et j'aimerais que vous respectiez ça.

Prenez ces boissons.

Un Pepsi. Un jus d'orange. Et un Sprite.

J'apprécierais beaucoup

que vous quittiez les lieux quand vous aurez fini vos boissons.

D'habitude, les boissons gratuites, ça leur suffit,

mais ce soir-là, Leroy sort une liasse de billets grosse comme ça...

Mon patron est prêt à payer 300 dollars si tu nous laisses faire.

Il a répondu quoi ?

Victor dit merci et s'il vous plaît à toutes les phrases. Soit...

Non. S'il vous plaît, merci.

- Soit... - S'il vous plaît. Non, merci.

Quoi ? T'essaies d'être l'employé modèle du mois ?

Ta copine, elle aime ça, que tu sentes la frite ?

- Non. Ma femme... - Ta femme. OK, je vois. Écoute.

- On essaie de faire quelque chose. - Je respecte ça.

Tu vas faire tes affaires dehors et moi je m'occupe des miennes ici.

Tu sais même pas sourire. T'aimes pas ce boulot. Touche un peu ce fric.

- C'est le pouvoir. - Vous devez respecter ça.

Tu vas me manquer.

Faut que je descende au resto. J'ai du travail.

- Donc,... Hé-sus... - Ça se prononce "Jésus".

Je préfère t'appeler "Hé-sus".

Ma mère, mon père m'appellent Jésus. Alors, vous aussi.

D'accord, Jésus. C'est pour ça qu'il est parti plus tôt vendredi ?

Il a dit qu'il se sentait pas bien.

- Je dois passer un coup de fil. - Il y a un téléphone dans le resto.

Il ne se sentait pas bien ?

Pas étonnant après 65 heures de boulot dans un endroit pareil.

Ça vous rend malade. Essayez. On peut échanger insigne et tablier.

T'as fait combien hier ?

J'ai fait 1000 dollars. Pas mal.

- Strike ! - Voilà Shorty.

- Prends ça. - Shorty, qu'est-ce que je t'ai dit ?

- C'est à toi. - Je t'ai prévenu.

Voilà ta mère.

- C'est à toi. - T'es dingue ?

- Qu'est-ce que je t'ai dit ? - Qu'est-ce que tu fous ?

Tu m'entends ? Je t'ai dit de laisser mon fils tranquille !

Mets pas tes putains de mains sur mon visage.

Je les mets où je veux !

- Lui achète plus de saloperie. - Je lui achète pas de saloperie.

- Merde ! - Rentre. Allez !

La paire de Nike, la console Sega, la coupe de cheveux !

Tu t'es cru malin, c'est ça ?

Je l'ai vu sur son vélo. Tu ne l'as pas laissé le ramener à la maison.

Te mets pas devant moi comme ça.

Tu me fais pas peur. André te fait peut-être peur.

Va le chercher. Je m'en fous.

Tu vends la mort à tes frères.

Je vais pas te laisser entraîner mon fils là-dedans.

Tu m'entends ? Je peux pas te laisser faire ça.

Je peux pas. T'as compris ? Je vais aller chercher André.

Elle lui est rentrée dans le mou.

Tiens, voilà ton copain, mec.

Tu bats des femmes sans défense maintenant ?

- Ça donne quoi ? - C'est elle qui m'a attaqué.

Je peux te parler une minute. Assieds-toi.

Prends pas cet air déprimé. Ça aurait pu être pire.

Est-ce que je t'ai traité comme un pauvre couillon ?

- Quoi ? - Je t'ai pas traité comme un homme ?

- Avec respect, poliment. - De quoi vous parlez ?

Alors pourquoi tu te fous de ma gueule comme ça ?

- De quoi vous parlez ? - De quoi je parle ?

Tu m'as dit que tu connaissais pas Darryl Adams.

Et comme un con, je base mon enquête sur ça.

Non seulement j'apprends que tu le connais

mais tu as travaillé un an avec lui à la boutique de Rodney.

Pourquoi tu me l'as pas dit ?

Je croyais que c'était un autre Darryl.

Quel autre Darryl ? Si tu connaissais un autre Darryl,

t'aurais dû dire : "Ouais, je le connais," non ?

- Je comprends pas. - J'en connais qu'un Darryl.

Tu m'as dit que t'avais pas vu ton frère depuis 2 mois.

- Bon Dieu. - Tu t'étais...

Quoi ? Pas de "bon Dieu" avec moi.

T'étais tout énervé contre moi comme maintenant,

parce que j'avais oublié que tu me l'avais déjà dit, pas vrai ?

Devine ! Je vais faire un tour à Kool Breeze,

le bar où est allé ton frère juste avant le meurtre,

le barman t'a identifié. Il t'a vu cette nuit-là.

Il se rappelle même le verre qu'il t'a servi.

Piña colada, direct de la boîte. Ça te dit quelque chose ?

Pourquoi tu m'as menti ?

- Parce que c'est mon frère. - Quoi ton frère ?

- Ton frère t'a demandé de mentir ? - J'essaie de l'aider.

Explique-moi comment ça peut l'aider de mentir. Il est en prison.

Vous essayez de me le mettre sur le dos ?

Je n'ai pas dit ça. C'est toi.

Je t'ai demandé pourquoi tu m'as raconté des conneries. Pourquoi ?

Vous déformez tout ce que je dis.

Vous mélangez tout. Vous essayez de m'embrouiller.

Moi ? Qui embrouille qui ici ?

Pourquoi tu t'es foutu de moi comme ça, c'est tout ce que je veux savoir.

- Arrête de me faire chier. - Qu'est-ce que t'y gagnes ?

Ces quoi ces conneries ? Un interrogatoire ou quoi ?

On parle toujours de ça.

Je veux juste savoir ce que tu sais ?

Vous m'arrêtez ou quoi ?

Non ! Si je t'arrête, je peux plus te parler.

- Alors la conversation est finie. - Bien. T'es pas forcé de parler.

Mais si tu veux continuer tes petites affaires ici,

sans Jo-Jo et son équipe pour vous foutre les mains dans les poches,

j'accepterais un petit tour en voiture, là maintenant.

Tu me prends pour qui ?

J'irai nulle part avec ta gueule de poulet.

- Regarde. - Merde.

Alors, tu viens ou quoi ?

Comment ça va ?

T'es dingue ou quoi ? Je rentre pas là-dedans.

Non ?

Rocco. Allez, mec. J'ai rien à dire.

J'espérais que tu pourrais m'aider ici.

Parce que pour te dire la vérité,

je suis tout à fait d'accord avec ta façon de penser.

- C'est quoi ma façon de penser ? - Ton frère est innocent.

Si Victor était mon frère et que je savais ce que tu sais,

ma vie serait un enfer.

Tu crois que tu peux faire quelque chose ?

- Pour quoi ? - On arrête un peu de déconner.

Toi, moi, Victor, on sait tous qui a tué Darryl Adams.

- Qui ? - À ton avis ?

- Je sais pas. Dites-moi. - Toi !

- Moi ? - Toi, petit con. C'est toi.

Je le sais ! Je le sais !

- Ton frère le sait. - Merde.

C'est ce que tu croyais ? S'il plaide l'auto-défense,

il s'en tirera parce qu'il a pas d'antécédents ? Sa vie est foutue !

Je sais que c'est dur la vie pour les jeunes Noirs,

avec le racisme, le chômage, les familles monoparentales...

- J'en ai rien à foutre. - Prends pas cette attitude.

Aie un peu de respect. Mais t'es qu'un sale serpent !

T'es qu'un sale nègre minable, un petit dealer sans pitié...

- Le pire que j'ai jamais vu. - Qu'est-ce que vous racontez ?

Quoi ? Tu lui as offert de l'argent ?

Tu te prends pour qui ? T'es pas de la mafia.

T'es même pas Rodney Little ! T'es qu'un pauvre connard sans couilles.

Tu te crois malin. T'es qu'un pauvre con insensible.

Vous me connaissez pas.

Vous n'êtes qu'un sale flic raciste.

Vous savez pas ce que c'est pour nous.

Et c'est sûr...

- Pointe pas du doigt ! - Vous savez que dalle.

Pointe pas ton putain de doigt vers moi.

Dis-moi alors ! Qu'est-ce que je vois pas ?

Je vous dirai rien avant de voir mon avocat.

J'ai parlé à... Regarde-moi. J'ai un truc sympa à dire.

J'ai parlé à toutes les relations de ton frère. C'est un type bien.

Et sans doute, dans son honnêteté, il croit faire une chose noble.

Mais toi et Victor, vous me prenez pour un pigeon ?

Arrêtez vos conneries.

Je sais exactement ce qu'il y a dans ta petite tête !

J'ai toujours su ce qu'il y avait dans ta pauvre cervelle d'oiseau.

Ça fait 20 ans ! C'est pas toi qui me fais marcher, c'est moi !

Merde !

Rocco, tu peux pas faire ça devant le commissariat.

T'as compris ? C'est pas bien.

T'as envie de te rendre dingue sur cette affaire ?

- Le voilà ton coupable, juste là. - Attends.

Allez, monte.

Je l'emmerde Rodney. Il croit s'en tirer peinard.

Il va tomber, Larry. Je vais lui coller le meurtre.

Du calme.

- Comment ça va ? - On t'emmerde aussi, Rodney.

- Allez. Du calme. - Je vais le démolir, ce connard.

Je le jure, sur la tombe de ma mère, que je vais le démolir.

T'étais censé être à ton poste, il y a une heure.

Je suis censé faire quoi ? Dire aux flics que je peux pas parler ?

Faut que j'aille couper de la dope pour mon patron, Rodney Little ?

- Il t'a arrêté ? - Non.

Pourquoi tu l'as pas envoyé balader ?

Qu'est-ce qu'il voulait ?

Rien. Toujours la même chose.

- Il a parlé de moi ? - Non.

Non. Merde.

Parce que je t'ai jamais demandé d'aller descendre quelqu'un.

J'ai juste dit que c'était à toi de te débrouiller pour avoir la place.

- Merde, j'ai même pas dit ça. - Je t'emmerde, Rodney.

Pardon. À qui tu parles comme ça ?

Ça va pas la tête ou quoi ?

Tu me prends pour un de tes sales nègres de la cité ?

Ouvre la gueule. Tu sens ça ?

Je te fourre ce flingue dans ta bouche puante et je tire.

Je fais éclater ta petite cervelle

sur le cuir de ma voiture.

C'est la voiture neuve de ma femme donc j'en ai rien à foutre.

- C'est compris ? - Ouais.

- C'est compris, connard ? - Ouais !

Je vais te dire une chose.

Si j'apprends encore une fois que t'as parlé à ce flic,

ce Rocco, même si c'est juste pour te demander l'heure,

si j'apprends que mon nom a été mentionné,

je saurai que c'est toi et je te tuerai.

T'es au 1-87 de la rue, compris ?

- C'est compris ? - Ouais.

Je tiens toujours parole. Maintenant, fous le camp.

Qui t'a acheté cette saloperie ? C'est Strike qui t'a acheté ça ?

Qu'est-ce que fait ta mère ? Elle sait que t'es là ?

Quand j'étais petit, mon père m'aurait botté le cul.

- J'ai pas de père, d'accord ? - T'en as un maintenant.

Quand Errol te parle, tu écoutes.

- T'es pas mon père. - Maintenant je le suis.

Tu vas te...

Allez, les petits morveux, dégagez !

Maintenant, faut que je m'occupe de ça. Regarde.

Merde. Qu'est-ce qu'il fout ?

- Je suis méchant. - Errol !

Lâche-moi.

- Qu'est-ce que tu fous ? - Casse-toi.

Errol, viens par ici.

Fous le camp.

Shorty. Maintenant, on joue plus.

Je t'avais prévenu pour Errol, pas vrai ?

- Pas vrai ? - Qu'est-ce qui se passe ?

Je veux plus te voir traîner autour de moi.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? - Rentre chez toi.

Je veux plus te voir !

T'es qu'un petit. C'est des affaires de grands.

Tu devrais être à l'école. Allez, monte...

- Je croyais que j'étais super ! - La ferme !

Rentre chez ta mère.

Monte ces putain d'escaliers. Grouille, mec !

- Allez, grouille ! - Fallait pas m'apprendre alors.

Pauvre con.

J'ai coincé quatre fils à papa chez Ahab.

Ils allaient se shooter dans la Mercedes de papa.

Et alors ?

Je vais me servir d'eux pour coincer ce sale crâne d'œuf de Rodney.

- Je lui ai tendu un piège. - T'as piégé Rodney ?

Fait comme un rat.

Laisse-moi te rendre un service.

Moi et Mazilli, on connaît l'oiseau. On le cueille pour toi.

Ça fera deux services que tu me devras.

T'oublieras pas. Je m'en fais pas pour ça.

Non.

M. Mazilli.

Klein. Qu'est-ce qu'il te faut ?

- Toi, mon frère. - Ouais ?

- Pour quoi ? - J'ai un mandat.

- Mandat pour quoi ? - Un mandat d'arrêt.

Tu veux m'arrêter ? Pour quoi, Mazilli ?

T'as dû te faire avoir par un flic en civil.

Je vous en prie !

T'es si désespéré que tu vends ta merde toi-même ?

- Excusez-moi. - D'accord.

- C'est qui ce coup monté ? - Est-ce que je sais, moi ?

- Allez, mec. - Je suis de la criminelle.

Ça fait combien de temps qu'on fait affaire, hein ?

Et tout d'un coup, ça compte plus ?

Tout ce que je sais, c'est qu'on a dit, Rodney, c'est ton pote.

Il bougera pas si tu vas en taule. Alors ?

Pas vrai, Rodney ?

Rocco Klein, Rocco Klein. J'ai toujours voulu vous demander.

Vous êtes italien ou juif ? Vous arrivez pas à vous décider ?

- Moi ? - Ouais, vous.

Je suis de la tribu noire perdue d'Israël.

Range ton chiffon, ferme ta boutique, prends ton barda, on y va.

Je suis dans les affaires, d'accord ? J'essaie de gagner ma vie.

- Je suis fier de vous. On y va. - Nous aussi, on a un boulot.

Skyler, va chercher Errol.

Il tiendra la boutique. Dis à ma femme d'amener le fric de la caution.

Dis bonjour à Errol de ma part.

On a intérêt à mettre ce psychopathe en laisse.

Le Santa Fe F-3.

Sans doute le train le plus séduisant qui existe.

"M. Brown,

"je dois partir soudainement mais tout ira bien.

"Si... mon...

"petit... frère...

"passe...

"il... peut... avoir...

"mes... maquettes... de train."

Pacifique, Texas Sud, Special Wabash,

Illinois Central, Baltimore et Ohio, Milwaukee Road...

Rio Grande, le Pacifique canadien et New Haven.

Nous nous concentrerons sur les caractéristiques

des châssis et peintures de 40 modèles différents.

Nous effectuerons une analyse point par point...

Merde ! Qui m'a volé mon flingue ?

Qui m'a piégé, Mazilli ?

Vaut mieux pas me dire. Ça m'évitera de me faire coincer pour meurtre.

Nous dis rien, mec. On préfère trouver tout seul.

Autrement, il y a plus de plaisir dans les enquêtes.

Sérieux, qui m'a balancé ?

De quoi j'ai l'air ? D'un de tes sbires ?

Toi, le génie. À ton avis ?

Il est dans la mélasse. Ça doit être le chocolat Moos.

- Hé, Sharon ! - Salut, oncle Ronnie.

- Ça va, Mark ? Cool ? - Ouais.

D'accord.

Comment va Victor. On en est où pour la caution ?

- On est passés à 5000. - Bien.

Bien. Il était temps. Tiens.

Strike, on va te voir.

Range ça. Vite.

Il y a 5000 dollars là-dedans.

Donne ça à maman. Dis-lui de sortir son fils de prison.

Lui dis pas que ça vient de moi, d'accord ?

Tu pars ?

Ça se pourrait, je sais pas.

Ronald, il faut que tu parles à ta mère.

- Tu écoutes ? - Oui, j'ai entendu.

Merci.

- Bon. - À plus.

C'est parti ! C'est au tour des frères Dunham et il l'attrape. Oui !

- Hé, Scientific ? - Quoi, B ! Quoi ?

Qu'est-ce que vous foutez là ?

Pas besoin de hurler comme ça ! Rodney s'est fait coffrer.

- Pour quoi ? - Tu sais pas ?

Non.

- Mais si, tu sais. - Attendez.

Shorty. Tire-toi !

Faut que je te parle. Faut que je te parle, je te dis !

Tire-toi !

- Arrête de m'ignorer ! - Merde !

Par ici, vieux. Je veux te parler une minute.

Tu me cherches ! Tu vas voir ce que c'est quand on me cherche.

Qu'est-ce que tu racontes ?

Ton patron est en taule. Je suis passé te remercier.

Je t'emmerde Rocco. Tu peux pas me mettre ça sur le dos !

Non ? Tout ce que je sais, c'est que Rodney sort demain.

Il sera dans la rue demain.

Ils vont lui dire quoi, tes revendeurs, à ton avis ?

À ta place, je foncerais au bureau du procureur pour me faire protéger.

J'ai arrêté les conneries. Je deale plus.

Ronald, pour ton bien. Dis-moi ce qui s'est vraiment passé.

Que ton patron Rodney t'a forcé à tuer Darryl.

C'est ce connard qui a balancé Rodney. Je le sais.

Personne t'en veut pour ça. T'avais pas le choix. Rodney t'a fait peur.

Tuer ou se faire tuer, c'est ça ?

Vous savez même pas de quoi vous parlez.

Vous avez signé mon arrêt de mort pour une connerie.

Un Noir dit qu'il a rien fait, on le croit pas.

Il dit qu'il a fait quelque chose, on le croit toujours pas.

- Je te souhaite une belle vie. - Merde !

Vous allez pas croire que j'irais balancer Rodney.

Le flic mijote quelque chose. Juré.

Devant Allah. T'es qu'un pauvre connard, un sale menteur !

Salaud ! Salaud ! T'es qu'une sale balance !

Ce sale nègre a balancé Rodney. Et tu cognes comme une salope !

- Ta mère est au lit ! - Je vais pas la réveiller.

Tu comprends rien.

- Je suis au trou. - Au trou ? Pour quoi ?

Je sais pas. J'ai pas encore compris.

Mais je sais à qui la faute.

Ce salaud de Strike.

Tu sais ce que t'as à faire, non ?

- C'est déjà fait. - À demain.

- T'es toujours dans le coin ? - À ton avis ?

D'accord. Errol t'a pas encore mis le grappin dessus.

Errol ? Qu'est-ce qu'il me veut ?

- Qu'est-ce qu'il veut, imbécile ? - Qu'est-ce que j'en sais ?

Il veut peut-être jouer avec tes trains.

- Va te faire foutre. - Sale nègre ! Ou plutôt, balance.

Merde. Shorty, faut que je te le dise combien de fois ?

Lâche-moi. T'es qu'un gamin.

C'est des trucs de grands. Il va t'arriver quelque chose.

Prends tes bonbons, ton petit vélo

et trouve-toi des copains, d'accord ?

Merde ! Putain de gosses.

Merde !

Qu'est-ce que tu veux, petit...

espèce de petit enfoiré !

Qu'est-ce qui t'a pris ? T'es dingue ?

Merde.

Je sais pas ce qui s'est passé.

Je connais ce gamin depuis toujours. Et sa mère. Des gens biens, honnêtes.

Je sais pas ce qui s'est passé, mais c'était une erreur.

Tyrone n'a jamais eu d'ennuis avant ça. C'est...

Il est dans les premiers dans les tests de l'éducation nationale.

Ce truc pourrait foutre sa vie en l'air.

Aide-les, lui et sa maman, à faire sa déclaration.

Tu vois de quoi je parle.

Est-ce que mon fils va devoir aller en prison ?

M'autorisez-vous à lui parler ?

Si vous lui parlez, doit-il toujours aller en prison ?

Tyrone, tu sais ce que tu as fait, n'est-ce pas ?

- Oui. - Tu sais que c'était mal ?

- Il le sait. - Voilà une chose de réglée.

Tu as fait quelque chose de mal.

Mais tu as eu peur, pas vrai ? Tu n'as pas pu t'en empêcher.

Mon fils était terrifié.

Tyrone, t'es un gosse bien mais grandir en cité, c'est dur.

Drogue, crime, les pressions des autres. Tu sais ce que c'est ?

- Oui. - T'es très intelligent, il paraît.

Tes copains se moquent de toi

quand t'as de bonnes notes, que tu parles bien,

que tu vas à l'école, que tu traînes pas dans la rue.

Ils te traitent pas de Blanc ?

Et de dégonflé parce que tu traînes pas avec les durs ?

Je sais que c'est vrai mais toi tu veux bien faire, c'est tout.

Mais ils te menacent sans cesse, ils menacent ta mère.

Alors tu te trouves un flingue. Toi aussi, tu peux être un vrai dur.

Te protéger et protéger ta mère.

- Tu connais l'homme que t'as tué ? - Oui.

C'était Errol Barnes, un tueur sans pitié.

Il a fait de la prison pour avoir tué un gamin de ton âge.

Et t'es là, à faire du vélo, à t'occuper de personne.

T'as une arme pour te protéger.

Et soudain, tu vois Errol, le tueur d'enfant, juste devant toi.

Il a cet horrible regard.

Tu le vois mettre la main... Tyrone, regarde-moi. Regarde-moi, Tyrone.

Tu le vois mettre la main à son .38 qu'il porte à la taille.

Tu sais qu'il va t'avoir. Et qui protégera ta mère alors ?

Tu ne t'étais jamais servi de l'arme mais Errol allait tirer.

Tu as eu peur.

Tu voulais juste faire du vélo. C'était lui ou toi.

Ce tueur est en face de toi. Pas le temps de réfléchir,

il a le doigt sur la gâchette.

- T'as l'arme dans les mains. - Voilà ce qui s'est passé.

Voilà exactement ce qui s'est passé.

Et quand je te demanderai ce qui s'est passé avec le magnétophone,

c'est exactement ce que tu me diras, d'accord ?

Parce que tu dis toujours la vérité.

Une dernière chose.

On a besoin de savoir. Dis la vérité. D'où tu tiens l'arme ?

- Je l'ai trouvée. - Tu l'as trouvée où ?

- Dans les buissons. - Dans les buissons ?

Je n'ai pas encore allumé. Où dans les buissons ? Quels buissons ?

- Près de mon immeuble. - Tyrone, il faut que tu m'aides là.

Et ta maman aussi.

La vérité.

Je l'ai empruntée par accident.

À qui ? Rappelle-toi, tu dis toujours la vérité.

Je l'ai empruntée à Strike par accident.

L'enfoiré !

C'est bon, petit. T'as fait ce qu'il fallait.

Je voulais le lui rendre mais il ne me parle plus.

J'ai essayé plusieurs fois mais il m'ignore toujours.

C'est bon, petit. Je vais allumer le magnétophone.

Tu donnes ton nom et tu me racontes ton histoire, relax,

exactement comme tu viens de me la raconter.

- Ton nom ? - Tyrone Jeeter.

Merde.

Dérouille-le ! Qu'est-ce que tu fous ?

T'as bousillé la vie de ce gosse, sale parasite !

- J'y suis pour rien ! - J'en ai assez de tes excuses !

- Maman ! - Tu sais rien !

"C'est pas ma faute." J'avale plus tes conneries !

C'est des salauds comme toi qui ont agressé Rosa Parks.

- C'est qui Rosa Parks ? - C'est qui Rosa Parks !

- Pas sympa avec tes frères. - Pauvre imbécile, espèce d'ignorant.

Tes frères ? C'est comme ça que tu t'occupes de tes frères ?

Un vrai frère, c'est responsable. Tu peux être sûr que tu vas l'être.

J'arrête mes conneries. Tout ça, c'est fini.

C'est fini ? Quoi ?

Tu peux en être sûr. Ce quartier, c'est fini pour toi.

Cette cité, New York, c'est fini pour toi.

Tu m'entends ?

Merde !

Allez, viens espèce de salaud !

Pourquoi pas t'en prendre à celui-là pendant que t'y es ?

- Allez. - Reculez ! Reculez !

- Tu vas descendre tout le monde ? - Reculez !

- Vous cherchez quelque chose ? - C'est bon, mec, c'est bon.

Debout. Debout !

Si je te revois, je te tue !

Je t'en tire une dans la caboche, je te mets une arme dans la main,

je dis que t'as voulu te venger pour le savon que tu viens de prendre.

T'as compris ?

Merde !

Regardez qui est là ! Je partais juste te chercher.

Rodney ou André ?

Rodney ! T'es second sur la liste !

Qu'est-ce que tu croyais ? Que t'allais devenir président ?

Pourquoi Tyrone est allé faire cette connerie ?

Il l'a fait pour toi. Il te protégeait.

Rodney n'est pas bête. Il a mis Errol à tes trousses,

et ce pauvre gosse s'est engouffré dans la brèche. David et Goliath.

Maintenant, c'est un assassin de 12 ans. Bien joué, Strike.

- Me mettez pas ça sur le dos. - Pas te mettre ça sur le dos ?

- J'y suis pour rien. - Tu n'y es pour rien ?

Tu peux te regarder dans une glace et me dire

que t'y es pour rien ?

Pourquoi venir me serrer la main, alors ?

Je t'avais prévenu qu'il fallait pas se foutre de moi, non ?

J'en ai rien à foutre. Vous pouvez pas me mettre ça sur le dos.

Pourquoi ce serait sur toi que tout retomberait ?

Tu dois être un type fantastique,

tout le monde essaie de te protéger. Tyrone, Victor.

Ils sont tous tombés à cause du même type,

et il court toujours.

Je suis le seul à pouvoir te protéger maintenant.

C'est ça. Moi. Moi.

Alors tu me racontes comment Rodney t'a forcé

à descendre Darry Adams et on se charge de lui.

Me dis pas que c'est lui qui a tiré si c'est pas lui.

Tu n'as qu'à dire la vérité.

As-tu descendu Darryl Adams ?

Non, mec. Merde.

- Qui alors ? - Scientific.

- C'est qui ça, Scientific ? - Un de mes gars.

- Tu l'as vu le faire ? - Non.

- Il te l'a dit ? - Non !

- Il l'a dit à quelqu'un ? - Je sais pas. Lâchez-moi.

C'était Errol Barnes !

- Debout, sale menteur ! - Vous êtes fou ?

Je vais te jeter en pâture à Rodney moi-même !

Je le jure ! C'était un type appelé Le Meilleur.

Mon frère m'a dit que Le Meilleur le ferait.

- Le Meilleur ? - J'ai pas pu le faire moi-même.

J'ai pas pu ! Victor m'a dit que Le Meilleur le ferait.

Il était à Kool Breeze et tout, et Victor,

il a dit "Le Meilleur".

Il était peut-être tellement soûl qu'il a dit à Meilleur de le faire.

Des conneries ! Allons voir Rodney.

Lâchez mon fils ou sinon...

- Victor m'a appelée du bar. - Ne lui dis rien.

Victor m'a appelée du bar.

Maman ? Je crois que je vais faire une bêtise.

Je le sens. Je suis fatigué, c'est tout.

J'en ai plus qu'assez.

Et quelqu'un va payer. Quelqu'un va payer.

Il est rentré une heure plus tard.

Victor, que se passe-t-il ?

Maman, j'ai tué quelqu'un ! J'ai tué quelqu'un.

Il a vomi toute la nuit.

Je savais même pas qu'il y avait ce mort dans le parking.

Le lendemain, il me dit qu'il ne peut pas se lever,

qu'il a des crampes, qu'il ne peut pas marcher.

Faut que je te dise, c'était comme dans un rêve,

comme si quelqu'un d'autre appuyait sur la détente.

- C'est comme ça que ça s'est passé. - Je le jure, je vais aider Victor.

Que va-t-il arriver à mon fils ?

Sharon t'a donné l'argent ?

- Pour la caution ? - Elle n'en a pas voulu.

Mon fils a dit que c'était de l'auto-défense. Croyez-le !

Merde !

"Salaud, t'es mort."

Le connard m'a volé mes sacs.

Ton pote Rodney s'est défoulé sur ta voiture.

- Tu veux aller vivre où, Ronnie ? - J'en sais rien. À vous de me dire.

On va à la gare routière.

Rocco, emmène-moi à la gare.

C'est la même chose.

L'auto-défense. Victor plaide l'auto-défense.

Et Tyrone ? Il sera mis en liberté provisoire ?

Pas pour les mineurs. Il reste avec sa mère jusqu'au procès.

Il va en prendre combien ?

Peut-être 6 mois dans une maison de correction, s'il a de la chance.

Rocco, avant que je parte, réponds juste à une question.

Pourquoi tu t'es acharné comme ça sur cette affaire ?

Les Noirs qui s'entretuent, les flics, ils s'en foutent.

Pourquoi tu t'es soucié de moi, mon frère, Darryl Adams et de Tyrone ?

Pourquoi tu t'es intéressé ?

Si je te revois, je te coffre

pour encouragement au crime et complicité de meurtre.

Je laisserai André te tabasser à nouveau,

j'irai cueillir Rodney sur les mêmes chefs d'inculpation

et je vous mettrai dans la même cellule.

Le même lit. C'est bien compris ?

Oui, c'est compris.

Je voulais juste vous remercier de m'aider à quitter la ville.

C'est pas le mien. J'ai arrêté ça.

Descends de voiture.

Le Final Call ! Le dernier numéro de Final Call !

Monsieur, comment ça va ? Le tout dernier numéro.

- La justice noir sur blanc. - Non, merci.

Merci beaucoup, monsieur. Bonne journée.

Le Final Call ! Le tout dernier numéro du journal Final Call !

Établissement pénitentiaire de Brooklyn

"Je te tuerai."

Quelqu'un a dû voir son t-shirt à l'envers.

- En pleine gueule. - Une autre tache sur le trottoir.

- Hal ! Déjeuner. - Un autre enfoiré de mort.

Très bien. Au boulot.

Emmenez-le, lieutenant. Comment ça va, les gars ?

On devrait envoyer ces cités à Tombouctou.

Pourquoi ? Ils s'entretuent. Comme un four auto-nettoyant.

Ça se fait tout seul.

C'est comme ça qu'ils font. Le cycle de la merde.

- Doucement, les gars. - Doucement.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Le jeune Scientific s'est fait descendre.

C'est quoi un Scientific ?

Ce sera peut-être toi le suivant. M. Scientific.

Rien de nouveau.

Tu as vu quelque chose là-bas ?

Au début du siècle, quand les trains roulaient à pile,

que les gens ne connaissaient pas encore l'électricité...

Après la guerre 39-45.

- Tu sais que je t'aime, pas vrai ? - Oui.

- Après la guerre 39-45. - Oui.

Quand les gens ont eu l'électricité chez eux,

ils ont sorti ceux-là, les nouveaux. Tu veux l'entendre siffler ?

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