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Un jeune américain, Frank Perry, est appelé en France pour une question d
'héritage. Il est accueilli à sa descente d 'avion par le régisseur de la
Ribaudière, propriété de son oncle défunt, le colonel Jamin.
Un grand vide.
C 'est tout ce que je peux vous faire visiter, monsieur Frank.
C 'était son bureau ? Oui, sa table.
Et tous ses accessoires.
Tous ces objets sont encore plus morts que lui.
C 'est pas eux qui vous donneront une idée de votre oncle.
Ah, la mort connaît bien son métier.
Elle ne laisse rien derrière elle.
Aussi peu.
Mais vous, vous pouvez m 'en parler.
Oh, pas davantage.
Quand je vous aurais dit qu 'il était bon, généreux, tout d 'une pièce,
qu 'est -ce que vous en saurez plus ? Il montera toujours sa présence.
Vous pensez à un homme pareil.
Vous l 'aimiez beaucoup.
Je l 'ai servi pendant 30 ans.
Il s 'intéressait aux chevaux.
Beaucoup. Nous avons fait longtemps de l 'élevage.
Vous avez abandonné ? C 'est venu petit à petit, vers la fin de sa vie, quand il
s 'est tourné davantage vers les choses plus intérieures, religieuses pour tout
dire.
Ça a d 'ailleurs été un coup de théâtre, parce que jusque -là, il faut bien
reconnaître...
À 17 ans.
Vous la reconnaissez ? Oui, oui.
C 'est moi qui l 'ai vue, vous savez.
Tenez, je vais vous montrer quelque chose.
La voilà.
À la boule, montant son premier poney.
En quelques années, le colonel en avait fait une excellente cavalière.
Le frère et la soeur, vous entendez bien ? Oh, très bien.
Quand elle a suivi votre père en Amérique, il n 'a pas eu un mot pour la
Et pourtant, cette fugue avait fait un horrible scandale. Vous imaginez ça ?
demoiselle jamais qui s 'enfuit avec un gilet inconnu.
Elles se sont mariées.
Qu 'est -ce que ça change ? Sinon pour vous ? Pour moi ? Vous ne seriez pas là.
Vous savez, le colonel, il avait une fortune considérable.
Vous serez riche, M. Franck, très riche.
Vous êtes le nouveau maître.
Le nouveau maître, personne ne sait.
Oui, enfin, je m 'entends, le neveu du colonel. Oui.
Le neveu d 'Amérique.
On en parle beaucoup depuis quelque temps du neveu d 'Amérique.
Et surtout le régisseur.
Ça ne lui fait pas un plaisir. Faut votre arrivée, on ne peut pas dire.
Pourquoi?
Il faisait son petit chef.
Il y prenait goût. Avec vous, ça va peut -être changer.
Pas rien de l 'aimer beaucoup.
Oh, j 'ai pas l 'aimé ni à le détester. Il fait son boulot, je fais le mien.
Eh,
le colonel, vous le connaissiez bien ? Ça, c 'était un homme.
Sauf dans les derniers temps, il donnait un peu dans les bondieuses. Il y avait
peut -être des compensations.
On peut faire beaucoup de choses dans un bénitier.
C 'est -à -dire ?
Est -ce qu 'il me regarde pas ? Il me regarde pas.
Bien matin, M. Perry. Je vous fais faire le tour du propriétaire.
Allons -y.
Vous avez plu ? Je trouve tout merveilleux.
Je vais vous montrer les écuries.
Ah ! Je crois que nous avons de la visite.
Qui est -ce ? Les parents éloignés du colonel.
Ils viennent pour l 'ouverture du testament.
Par devant Maître Bordier, Philippe André, notaire à Rambouillet, et en
de Primo, M.
Gadra Jean -Marie, domicilier à Paris 25 rue Jasmin, secondo M.
Dutoit -Roger, domicilier à Espedaillac -Lotte, témoin testamentaire requis
conformément à la loi choisie et appelée par le testateur si apprenommé, a
comparu M.
Jamin Norbert.
domicilié à la boissière Les Yvelines, lequel, saint d 'esprit ainsi qu 'il est
apparu au notaire et au témoin, a dicté à maître Bordier, notaire sous -signé,
en présence des deux témoins surnommés, son testament ainsi qu 'il suit.
Je lègue à M.
Auger de Talleyrac, mon domaine de la meunerie à Saint -Céré, et les bois
de Perrac, à Élodie de Talleyrac, sa sœur.
ma propriété des échelles à Gramat, à M.
Couteillas -Yves, mes immeubles de la rue Lamartine à Figeac.
Je lègue également, pour leurs bons et loyaux services, à M.
Coudroy -René, mon régisseur, mon domaine de la ribaudière à la boissière.
et à Mme Louisique Leloirne, ma gouvernante, la somme de cinquante mille
qui devra lui être versée dans un délai de six mois après mon décès, sans
intérêt jusqu 'à cette date.
Quant à ma sœur Nicole, à qui m 'a longtemps lié une très tendre affection,
mort soudaine et précoce me dispense de tout l 'aigle à son égard.
Je tiens néanmoins à dire, Et ce pour éviter tout équivoque que si elle avait
été vivante, le résultat eût été le même et que je ne lui aurais rien
laissé.
En ce jour où j 'écris, je suis encore bouleversé par le ridicule mariage qu
'elle a cru bon de faire.
Elle a voulu rompre avec sa famille.
Il n 'est donc pas surprenant que sa famille, réciproquement, la considère
une étrangère.
Néanmoins, comme mon neveu Franck Péry n 'est pour rien dans ses querelles, je
tiens à lui laisser un souvenir appréciable de son oncle de France.
Je lui l 'ai donc, en toute propriété, mon cheval Cyrus.
C 'est un étalon de grande valeur, anglo -arabe de pure race.
J 'espère qu 'il lui donnera les mêmes satisfactions qu 'à moi et qu 'il lui
rendra les mêmes services.
Ce testament a été écrit en entier par Maître Bordier, notaire sous -signé, tel
qu 'il lui a été dicté par le testateur.
Puis Maître Bordier l 'a lu au testateur qui a déclaré le bien comprendre et
reconnaître qu 'il exprime exactement ses volontés.
mais il a quand même...
Venir du Texas pour hériter d 'un cheval.
Sous -titrage
ST' 501
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