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confier la responsabilité d 'une enquête un peu particulière.
Vous connaissez le biologiste Jean -Paul Masson.
Il s 'agit de son fils, Saül.
Saül Masson.
Il faut que vous découvriez tout ce qui touche à ses origines.
Pourquoi moi ? Parce que vous êtes le seul en qui j 'ai jamais eu confiance.
Vraiment ? Rien ni personne ne vous a jamais empêché d 'aller jusqu 'au bout
vos idées, Walter.
Si ça devait quand même arriver un jour, cette enquête concerne directement les
buts que nous nous sommes fixés. J 'ajoute que vous n 'avez que 114 jours
réussir.
Sinon ? Le monde ne sera qu 'une caricature de ce que nous voulions qu
Ce Saül Masson est encore vivant ? Oui.
Pourquoi ne pas l 'interroger ? C 'est impossible.
Mais si nous le retrouvons ?
C 'est impossible, je vous l 'ai dit.
Occupez -vous d 'abord de ceux qui l 'ont connu.
Vous trouverez la liste sur la table.
114 jours.
N 'oubliez pas, vous n 'avez que 114 jours pour éviter une catastrophe.
Nous avons déjà perdu beaucoup de temps.
Il ne nous reste que 90 jours.
Bonjour, mademoiselle Jeanne Laurent. Je suis désolé d 'avoir dû en arriver là.
Qui êtes -vous ? Je m 'appelle Walter.
Et voici mes amis, Pérez et Brian.
Ne craignez rien, nous ne vous voulons aucun mal.
Et ça ? Rien de bien méchant. Vous verrez tout à l 'heure.
Il y a quelque temps, vous avez refusé de répondre aux questions d 'un de nos
collaborateurs.
Et deux jours après, vous disparaissiez.
Simple coïncidence.
C 'est possible.
Nous avons tout de même eu beaucoup de mal à vous retrouver.
Et bien maintenant que c 'est fait, que me voulez -vous ? Vous posez les mêmes
questions au sujet de Saül Masson.
Je ne sais rien de plus que ce que j 'ai dit.
J 'ai très peu connu Saül Masson.
Mais vous étiez la collaboratrice de son père au Centre National de
Biogénétique.
Sa collaboratrice, uniquement.
J 'ignore toute sa vie privée.
En êtes -vous sûre ? C 'est lui qui vous envoie, n 'est -ce pas ? Qui
? Saül.
Bien sûr que non, puisque nous cherchons précisément des renseignements sur lui.
Mais dans quel but ? Vous connaissez notre mouvement ?
La Légion de la Paix.
Vous connaissez nos buts ? Faire comprendre aux responsables de ce monde
nouveau conflit mènerait l 'humanité à sa perte. Les résultats que nous avons
obtenus sont plutôt satisfaisants, non ? Avec des moyens plutôt curieux.
Curieux, pourquoi ? La conviction, mademoiselle Laurent, est la plus
des armes.
Acceptez -vous de coopérer avec nous ? Non.
Même en ce qui concerne seulement votre séjour au centre de biogénétique ?
Qu
'est -ce que c 'est ?
Un détecteur de souvenirs.
Cela doit intéresser la scientifique que vous êtes.
Mais si je refuse ?
Vous avez vu ? Vous ne ferez que gagner du temps.
Nous sortirons en vrac tout ce que vous avez dans votre mémoire et nous le
ferons traiter par ordinateur.
Très bien, j 'accepte.
Mais seulement ce qui se rapporte à mon séjour au centre de biogénétique.
C 'était il y a trois ans, n 'est -ce pas ? Oui.
Je venais d 'être nommée assistante du professeur Masson au Centre National de
Biogénétique.
Jean -Paul Masson, prix Nobel de Physiologie.
Pour avoir réussi le premier, la synthèse du gène de l 'insuline.
La crise du logement existe ici comme partout.
Et si vous ne craignez pas, la vieille campagne pourra vous apporter une
solution.
Mais c 'est mieux que modeste, professeur.
Professeur, laissons la hiérarchie aux militaires, voulez -vous.
Madame, j 'espère que nous serons bons voisins.
Oui, j 'habite à la sortie du village.
Quels étaient vos sentiments envers Jean -Paul Masson ? Amicaux.
Seulement amicaux ?
Que savez -vous des recherches personnelles de Masson ?
Le
professeur Masson ne m 'a jamais fait de confidence.
Il avait donc une vie aussi secrète ? Oui.
Pourquoi ? Pourquoi ? À cause de son fils ?
Qui cherchez -vous à protéger ?
Le père ou le fils ? Mademoiselle Laurent,
savez -vous où se trouve Saül Maçon ?
Peu
importe où se trouve Saül Maçon.
C 'est sur ses origines que vous devez enquêter.
Mais si nous le retrouvions ? Il n 'en est pas question.
Mademoiselle Laurent, en quoi consistaient les travaux auxquels vous
au centre de recherche ?
J 'assistais le professeur Masson dans ses travaux sur la généa génétique.
Il s 'agit donc de compléter une cellule humaine déficiente en certains gènes.
Lorsque vous obtenez par synthèse le gène manquant, il vous suffit d 'inclure
celui -ci dans un virus.
Lorsque le virus parasite la cellule, le gène s 'insère dans l 'ADN de la
cellule.
Et la protéine codée par le gène est alors fabriquée par la cellule.
Inutile d 'insister sur l 'importance de cette découverte dans le domaine
médical. Naturellement.
Mais cela représente tout de même quelques dangers, non ? Bien sûr.
Nous créons fatalement des monstres.
Des monstres microscopiques.
A nous de ne pas les laisser s 'échapper.
Je pensais à une autre sorte de danger, professeur.
Pas à une imprudence.
T 'es à dire ?
Je pensais à de véritables manipulations génétiques.
Si j 'ai bien compris, on devrait pouvoir, dès maintenant, créer la vie en
laboratoire.
Vous ne croyez pas qu 'il existe des manières plus agréables de créer la vie,
non ? Et si un jour, quelqu 'un décidait de fabriquer de véritables robots
humains, des sortes de zombies auxquels on pourrait faire faire n 'importe quoi
? Ce n 'est pas aussi simple, cher monsieur.
Voyez -moi, Frankenstein, c 'est de la littérature.
Vous ne croyez pas qu 'on pourrait vraiment créer un être de toutes pièces
laboratoire ? Vous savez bien que nos connaissances ne vont pas jusque -là
l 'instant.
Il n 'y a plus que la vie, la vie.
Qu 'est -ce que c 'est manger, dormir, marcher, faire l 'amour ? Non, il ne s
'agit pas seulement de créer la vie pour qu 'existe l 'intelligence, la
conscience.
Personnellement, je me refuse de prendre le risque d 'une telle tentative.
Alors, comment ça va avec notre biologiste de charme ? Mais fort bien.
Nos rapports sont excellents.
Et purement professionnels, si tu veux tout savoir.
Bizarre.
Vraiment bizarre.
Pourquoi ? C 'est contraire à ses habitudes ?
Il y a un mystère dans la vie de maçon.
Il est plutôt coureur, tout le monde le sait.
Mais cependant, jamais, tu n 'entends jamais, il emmène une fille chez lui.
Pourquoi ? Hein ? Pourquoi ? Je ne sais pas, moi.
Peut -être la vaisselle n 'était pas faite.
Pour moi, il doit séquestrer une pauvre créature qui est obligée de se soumettre
à tous ses désirs.
Tu as dit ça dans une revue porno ?
Et quel rapport avec moi ? Bien, s 'il était amoureux de toi, tu pourrais lui
suggérer qu 'il t 'emmène chez lui.
Et toi, tu es un de ses collaborateurs, toi aussi.
Il ne t 'a jamais invité ? Jamais.
En fait, il n 'a jamais invité personne.
Ça peut se comprendre s 'il ne veut pas mélanger la vie du labo et sa vie
privée.
N 'empêche qu 'il y a un mystère dans sa vie.
Et qu 'on aimerait bien le connaître.
Qui ? On ?
Tout le monde ? Oh, pas la peine de faire cette tête -là.
Tu verras dans six mois, on en parlera.
Dans tous les cas, je ne coucherai pas avec lui pour satisfaire votre curiosité
malsaine.
Je suis en panne.
On peut décortiquer les cellules et ne rien comprendre au moteur à quatre
Ah non.
J 'adore les grands murs.
J 'ai toujours l 'impression qu 'ils cachent un mystère.
Méfiez -vous.
Le rêve et la rigueur scientifique, ça n 'a jamais fait très bon ménage.
Vous ne vous ennuyez pas tout seul ? Qui vous dit que je suis seul ?
Ne sois pas jalouse, ma chérie.
Tu as ton tour, toi aussi.
Dans tous les cas, pas ici.
Ce sera chez lui ou nulle part.
Petite futile.
Petit à petit, c 'est devenu une habitude.
Je l 'emmenais le matin. Le soir, il rentrait souvent très tard. Il se
raccompagner par d 'autres.
Des femmes ?
Parfois, oui.
Et vous n 'avez jamais eu la curiosité de lui demander pourquoi il restait seul
? Jean -Paul Masson n 'est pas un homme à qui l 'on pose ce genre de questions.
Même quand on est sa maîtresse ? Je n 'étais pas sa maîtresse.
Pourtant, vous avez cherché à savoir.
Oui, mais c 'était déjà une curiosité différente.
Il n 'avait pas d 'autres relations dans la région ? Non.
Nous habitions un petit village.
Mon ami Legrand avait raison.
Au bout de quelques semaines, on s 'ennuyait à mourir.
Est -ce que les maçons, c 'était devenu une sorte de jeu ?
Tant de fruits et de légumes pour un homme seul, c 'était aberrant.
Alors, ma petite dame, qu 'est -ce que je vous donne ? Je veux des pommes de
terre, de la salade et des radis aussi.
Ah, et des radis ! Autant que pour le professeur Masson.
Vous le connaissez ? Je travaille avec lui.
Au centre de bio là -bas, quoi ? Oui.
Allez -moi ça si c 'est beau, hein.
Vous aussi, vous êtes végétarienne ? Végétarienne ? Comme le professeur.
Pas du tout.
Il vous en prend toujours autant ? Oui, et deux fois par semaine.
Salut. Madame.
Pour la soirée ou pour la nuit ?
Tu veux boire quelque chose ? Mais comment ? Laisse -moi au moins
plaisir -là.
Comment tu vis depuis trois ans ? Tu es seul ? Et toi ? Sage.
Très sage.
Mon travail me passionne.
On ne passe souvent avec ma soeur.
Je change purement professionnel.
Même le matin, lorsque vous arrivez ensemble.
Question purement écologique.
On a décidé de parler à un, plutôt qu 'à deux.
Qu 'est -ce que maçon et végétarien ? Maçon, végétarien ?
Sûrement pas. Nous ne fréquenterait pas le steak à os à la sortie de la ville.
Pourquoi ? Alors toi aussi, il t 'intrigue.
Ou alors il te plaît.
Pourquoi pas les deux ? Pourquoi pas les deux, en effet.
Pourquoi voulais -tu savoir si maçon et végétarien ?
Il achète deux fois par semaine assez de fruits et de légumes pour alimenter la
cantine du centre.
Tiens, tiens, tiens, alors comme ça tu l 'espionnes.
Non, mais je voudrais bien savoir ce qu 'un homme qui n 'est pas végétarien peut
faire d 'autant de fruits et de légumes.
Il séquestre peut -être une chêne.
Ou une jolie végétarienne.
Ce chien, c 'était nouveau.
Qu 'avait -il donc à protéger ? Il y avait bien un mystère maçon.
Et j 'étais prête à tout pour le découvrir.
Même à le séduire ?
Je
craignais que vous n 'aimiez pas la viande.
Moi ? Au contraire.
Pourquoi ? Vous me semblez vous l 'avoir entendu dire.
Et votre enquête, mademoiselle Maigret ? Ça piétine. Ça piétine, mon chat
Watson.
Vous remarquez, tout le monde l 'aime bien ici, le professeur.
C 'est ses parents qui avaient acheté la maison.
Alors c 'est comme s 'il était du pays.
Voilà.
4 ,40.
Et avec ça, 100 grammes de gruyère à paix.
Et ses parents sont morts ? Oui, tous les deux.
La maison est vide depuis.
Par ici, on pensait qu 'ils se marieraient, et puis... Vous savez ce
Les savants, c 'est toujours un peu original.
Je ne dis pas ça pour vous.
Il aurait pu prendre quelqu 'un pour faire son ménage, non ? Mais il y a eu
quelqu 'un autrefois, il y a cinq ou six ans.
Un jour, il lui a dit, Madame Lambert, je n 'ai plus besoin de vous.
Parlez d 'un choc, pas un mot, pas une explication.
Et il vit tout seul depuis tout ce temps -là ? Oui.
Deux ou trois mois après, il a même renvoyé le vieux Maurice.
Le jardinier, qui était déjà dans la maison du temps des parents.
Du temps des parents, il y avait même un potager, c 'est moitié moins occupé.
Et M. Jean -Paul s 'est mis à manger à son espèce de cantine, alors j 'ai dû
arrêter de faire les légumes.
Ça pourrissait sur pied.
Il s 'est occupé des fleurs, de la flouse, du gazon, comme ils disent.
C 'est quand même plus propre qu 'avec l 'ancien, là, tout de suite, quoi.
C 'est bon pour les gens de la ville, mais pas pour moi.
Vous prendrez bien une petite goutte?
Non, merci.
Et depuis, lui, tout seul?
Comme une bête.
Un savant comme lui.
Et pour le ménage, qu 'est -ce qu 'il fait, le ménage? Lui, forcément.
C 'est pas un travail d 'homme.
Si ma pauvre vieille ne m 'avait pas quitté, c 'est sûrement pas moi qui
appuierais les patates.
Pour moi, il a dû s 'acheter des tas d 'engins modernes pour remplacer la mère
Lambert. Des robots ménagers, comme ils disent à la télé.
Autrement, je ne vois pas ce que tous ces camions auraient pu apporter.
C 'est gentil de m 'avoir tenu compagnie.
Excusez -moi de ne pas vous laisser entrer.
Une maison d 'un célibataire, ce n 'est pas un spectacle pour une jolie femme.
Vous auriez dû vous marier.
Peut -être.
Un présent, c 'est trop tard.
J 'ai pris trop de mauvaises habitudes.
Bon, ben, à demain.
Jeanne, voulez -vous que nous dînions ensemble ce soir ? Où ? Je ne sais pas,
moi, au Steakhouse ou dans un autre restaurant, si vous préférez.
Non, merci.
Je suis fatiguée, je préfère rentrer.
Pour nos futures relations professionnelles, il vaut mieux en
Vous ne payez pas ?
Je ne pensais pas que tu prendrais au sérieux cette histoire dans la vie de
maçon.
Est -ce qu 'il a une tête d 'avoir six femmes pendues dans un placard ? Je suis
certaine qu 'il héberge quelqu 'un chez lui.
Jeanne ? Jeanne ? Je ne me sens pas bien ce matin.
Je peux rester ici ? Naturellement.
Ce n 'est pas grave.
Voulez -vous que je prévienne un médecin ? Non, non, merci.
Tenez, prenez ma voiture.
Merci.
Reposez -vous bien.
Oh, oh, oh, oh !
Tout était silencieux.
Et pourtant j 'avais l 'impression de ne pas être seule.
C 'était physique.
Il n 'y avait pas le moindre souffle d 'air, et pourtant la porte avait claqué.
J 'avais la sensation d 'être observée de toutes parts.
Alors, tu as retrouvé la forme ? Ça va.
Dis -moi, peux -tu me rendre un service ? Je voudrais que tu me fasses l
'analyse de ce qu 'il y a là -dedans.
Qu 'est -ce que c 'est ? Justement, j 'aimerais savoir.
D 'où sors -tu ça ? Ne me dis pas que ça vient de chez Masson.
Qu 'est -ce que tu crois que c 'est ? Je n 'en sais rien.
D 'accord, je vais te la faire, ton analyse.
Rien que pour te prouver à quel point tu es ridicule.
Et voilà pourquoi je tenais à vous remercier, car sans votre collaboration,
ouvrage n 'aurait pas pu voir le jour aussi vite.
Et il était parfaitement normal que vous en receviez les premiers exemplaires.
Merci, les grands.
J 'espère bien que tu vas en faire ton livre de cheveux.
À propos, j 'ai fait procéder à des analyses.
Et alors ? Tu sais ce qui trafique notre mystérieux retour ?
Du poireau pomme de terre.
Ou quelque chose du même genre.
Tout ce qu 'on pourrait faire avec ça, ma chérie, c 'est du potage.
Particulièrement nourrissant, c 'est vrai, mais rien d 'autre.
La création d 'un être nouveau, c 'est avant tout un problème philosophique.
Et d 'abord, quel être nouveau ? En fonction de quels critères moraux le
programme est mis ? Vous pensez que l 'homo occidentalis est à ce point
exemplaire ? Nos vertus, ce que nous appelons nos vertus, ne sont pas
considérées comme telles par d 'autres races.
Et quand on sait ce que ces vertus peuvent avoir de dominataires... C 'est
point de vue un peu sévère, non ?
C 'est vrai, mais quelqu 'un viendra peut -être un jour qui sera se faire
entendre, quelqu 'un au -dessus des races, des idéologies, quelqu 'un qui
réussira l 'unité de la race humaine.
Un nouveau Messie ensemble.
Oui, mais sans l 'Église.
Un nouveau Marx alors.
Oui, mais sans le parti.
Le point de vue philosophique de Masson ne présente aucun intérêt.
Il y a une chose qui m 'intrigue.
Au début, Jeanne Laurent avait très peur.
Elle a tout de suite opposé un barrage psychique comme si elle craignait qu 'on
lui arrache un secret quelconque.
Et maintenant, vous trouvez qu 'elle se laisse aller trop facilement, n 'est -ce
pas ? Oui.
Ou bien nous faisons fausse route, ou bien elle ne sait rien.
Si elle ne savait rien, son nom ne figurerait pas sur la liste.
Vous ne faites pas fausse route.
Continuez.
Nous allons continuer, mademoiselle Laurent.
Tout ça vous intéresse vraiment ? Je n 'arrive pas à comprendre.
Vous dites que vous appartenez aux légions de la paix, mais pour qui
-vous réellement ? La paix, c 'est l 'affaire de Touls.
Vous n 'avez jamais rencontré ça une maçon ? Nous ne chercherions pas de
renseignements sur lui autrement.
Mais alors qui cherche à connaître les origines de Saïd Masson ? Qui ? C 'est
nous qui posons les questions, mademoiselle Laurent.
Et nous allons continuer, que cela vous plaise ou non.
Qu 'avez -vous fait lorsque vous avez découvert qu 'un maçon fabriquait cette
sorte de potage ? J 'ai tout essayé pour retourner chez lui.
Votre chute n 'était donc pas très grave ? Je me suis sentie mieux.
J 'ai appelé le centre, on m 'a dit que vous étiez partie, alors je suis venue
ici.
Et Kidam vous a laissé entrer ? Kidam ? C 'est un excellent gardien.
Mais pourquoi ne fermez -vous pas plutôt vos portes à clé ? Pourquoi ? Vous
pensez que ça suffirait pour arrêter un cambrioleur ? Et un chien ?
Kidam ?
Quidam, viens ici.
Quidam, viens ici.
Vous vouliez me parler ? Oui, mais je crois que le moment est mal choisi.
En effet, il faut que je reparte tout de suite.
En ce cas, vous n 'auriez pas dû rentrer votre voiture ?
Vous avez lu le dernier roman de Jean -Emmanuel Conny?
Non.
Il faudra que je me l 'achète.
J 'ai
pensé
qu 'il s 'agissait de quelque chose qui s 'était passé entre vous.
Tu es retourné chez lui.
Il t 'a surprise.
Non. Il ne sait pas... Il ne sait pas quoi.
Serais -tu un peu moins sceptique ? Écoute, j 'ai lancé ça comme une blague
début. Tu crois que c 'est une blague ? Parce que tu as peur de ce que tu
pourrais y trouver.
D 'accord, Miss Freud.
J 'ai un inconscient complètement tordu.
Dimanche.
Viens me chercher dans la matinée.
On ira au marché.
Je te montrerai quelque chose.
acheter autant la semaine passée ? Oui.
Allez, marchez.
Dernier vestige de la France rurale, de notre passé villageois.
Vous ne vous savez pas aussi passéiste, le ventre ? C 'est mon estomac, surtout,
qui est passéiste.
Il s 'accommode fort mal des pesticides et autres diphéniles.
Bon, bien.
Je vous laisse continuer votre marché.
Bon dimanche.
Merci pour le livre.
Quel livre ? Celui de Jean -Emmanuel Conny.
La fleur préférée ? Les soucis.
Trop tard, ce sont les derniers. J 'aime toutes les fleurs. Tu veux celle -là ?
Oui.
6, 10, je vous remercie. Bonne journée, madame.
Je vous remercie et bonne journée, monsieur, dame.
Eh bien, moi, j 'en ai marre de tout ce cinéma.
Je prends les choses en main afin qu 'elles soient fixées.
Qu 'est -ce que tu vas faire ? Demain soir, ma sondine avec le conseil d
'administration du centre.
J 'en profiterai pour aller faire un tour chez lui.
Tu ne m 'as tout de même pas. Ah non, pas de leçon de morale.
Pas toi.
Voilà. Tous les résultats sont consignés ici.
Le maçon les attend. Il veut les refiler au conseil d 'administration pour les
impressionner.
Ma chérie, tu es fraîche comme une bombe déodorante.
Et c 'est un compliment.
Je le prends comme ça.
Au fait, merci pour les fleurs. Quelles fleurs ? Ah, celles du marché.
Eh bien, dis donc, ça t 'a marqué.
Non.
Je me parlais des soucis.
Tu te fous de moi ou quoi ? Non.
Il s 'agit des fleurs que j 'ai trouvées ce matin devant ma porte.
C 'est une touchante attention, mais je dois admettre qu 'elle ne vient pas de
moi.
Je vais aller avec toi ce soir.
Pas question.
À deux, on multiplie les risques.
Les risques.
Les risques.
Les risques.
Si j 'avais su, mon Dieu. Si j 'avais su.
Vous avez vu le commissaire ? Oui.
Vous aimiez beaucoup le grand, n 'est -ce pas ? On avait failli se marier il y
quelques années.
Rien vu ? Rien entendu non plus ? Mais que cherchez -vous ? Ou plutôt de quoi
avez -vous peur ? De quoi devrais -je avoir peur ?
Et puis
il y a eu des rumeurs dans le pays.
La mort de Legrand était trop mystérieuse. Tout le monde a fini par
tout le monde.
J 'avais l 'impression d 'être sans cesse épiée, de n 'être jamais seule.
Il est venu. De qui voulez -vous en parler ? Et d 'abord, comment êtes -vous
entré ? Je n 'ai pas entendu la porte.
Elle était grand ouvert, votre porte.
Mais qui cherchez -vous ? Hein ? Qui cherchez -vous ? Excusez -moi.
Excusez -moi.
Jeanne, je voudrais vous voir un instant, s 'il vous plaît.
Le conseil d 'administration a décidé de réduire les crédits en ce qui concerne
nos recherches.
Je dois entre autres procéder à des compressions de personnel.
Cela vaut malheureusement aussi pour les chercheurs.
Ce sont les derniers postes fournis que je dois supprimer.
Le mien, entre autres ? Et à partir de quand ? Cela prend effet immédiatement.
Je peux vous recommander à l 'un de mes collègues... Non, merci.
Je me débrouillerai toute seule.
Jeanne.
Mais que craignez -vous donc que je découvre ?
Et
ce jour -là, il ne vous a rien dit de plus ? Non.
Ni ce jour -là, ni un autre.
Stimulez sa zone mémoire.
Et vous l 'avez revu quand ?
Quelques temps après.
Après votre découverte ? Oui.
Et là non plus, il ne vous a rien dit ? Non, il était bien trop furieux pour ça.
Dans notre milieu, tout doit s 'expliquer rationnellement.
C 'est nous qui ne savons pas lire.
Maintenant, fichez -moi le camp.
Fichez -moi le camp ! Si vous ne saviez rien de plus, pourquoi êtes -vous
retourné chez lui ?
Je n 'en avais pas l 'intention.
Je me préparais même à regagner Paris.
Mais il y a eu l 'accident.
J 'étais allée récupérer mes affaires personnelles au centre.
Ah, tu es au courant pour Masson ? Non, qu 'est -ce qu 'il y a ? Il a eu un
accident ce matin.
Grave ? Non, mais il est à l 'hôpital.
Tiens, c 'est le grand départ.
N 'ayez pas peur.
Je vous attendais.
Je m 'appelle Saül.
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