Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Et voilà.
- Merci, Bilo. - Merci et au revoir.
"Au lieu de porter un voile,
les femmes musulmanes devraient plutôt porter
une écharpe des Diables Rouges"
Darya Safai, députée à la Chambre des représentants
"Quand je traverse Molenbeek, je ne me sens pas non plus en Belgique"
Conner Rousseau, président du parti Vooruit
"J'ai visité Bruxelles il y a 20 ans, tout était si beau.
Aujourd'hui, c'est devenu un enfer"
Donald Trump, président des États-Unis
"La racaille marocaine existe vraiment"
Karel De Gucht, ex-ministre des Affaires étrangères
"Des problèmes dans les salles de fêtes à cause des musulmans ?
Versez-y du sang de porc"
Yves Rega, ex-échevin de l'Égalité des chances
T'étais où, frérot ?
Si je rate l'entraînement de Tarek, je te tue.
C’est toi qui voulais un Bilo. C’est loin !
J'ai descendu la rue vers Place Liedts, puis rue de Brabant,
puis je suis allé dans la rue, tu sais, à côté...
Vas-y, je m’en fous.
La prochaine fois, y a un Tetik en bas.
L'ascenseur marche même pas.
Mon frère m’a dit qu'un vrai Tetik, c’est chez Bilo.
Tout le monde sait ça.
- Mayonnaise ? - T'as dit que je pouvais choisir.
Quand je te dis de choisir, choisis une vraie sauce.
Andalouse, samouraï, américaine. Mais pas de la mayonnaise.
Fais pas celui qui a jamais mangé de mayonnaise.
Si tu me vois manger cette sauce de Flamand, fous-moi une baffe. OK ?
- Tu le veux ou pas ? - Vas-y, tiens.
Dégueulasse.
Frère, il tue.
Et Sarah ?
Quoi, Sarah ?
Frère, c’est ça ton problème. Tu fais trop le dur.
À ta place, je serais directement allé vers elle en disant :
"Envoie ton snap vite fait." Puis c’est réglé, gros.
T’as une meuf pour me dire ça ?
- Non. - Alors garde tes conseils.
Dégueu. Dégueu.
Tu fais quoi ? Donne si t’en veux pas. Tu vas où ?
Oui, c'est ça. C'est bien.
Plus de vitesse. Vitesse, vitesse.
Voilà.
Voilà. C'est ça.
Reset.
Voilà !
Time. Bien, bien.
Beau travail.
À demain.
Déjà vu ?
Double page centrale.
Prends pas la grosse tête, les pieds sur terre.
OK, coach, mais...
C'est quand qu'on aura des douches ?
- Paie ta cotisation. - C'est toi qui dois me payer.
- Je t'ai mis dans un magazine, non ? - Ouais...
Coach.
Merci.
Éteins la lumière.
Viens.
- T’as prévenu mama ? - Oui, oui. Je l’ai appelée.
- En néerlandais. - Je l’ai appelée.
Tiens, j’ai quelque chose pour toi.
Check.
C'est trop la classe !
Je te casse la tête, mais tu dois bosser ton néerlandais.
Tu te rappelles ce qu'a dit la prof ? T'as failli redoubler l'année passée.
Cette prof m'aime pas. C’est une raciste.
Je t’ai déjà dit de pas utiliser ce mot.
Raciste ou pas, je m'en fous.
Ton néerlandais, il doit être nickel.
- J'en ai pas besoin. - En néerlandais.
J'en ai pas besoin, je serai champion d'UFC.
Tu veux venir à mes entrainements ?
Et continuer à m'aider ?
Alors tu te débrouilles pour le bosser.
Attention.
Viens, on passe par là.
Tarek. Entre, mon ami.
Jeroen, ça va ?
- Ça va ton nouveau job ? - Ça change de l'assemblage.
Tiens, regarde. Ce genre de trucs.
- Et un clavier. - Et un clavier, en effet. Sympa.
Dis-moi. Que puis-je faire pour toi ?
Je voulais savoir si tu avais des nouvelles de mon CDI.
Je veux déménager,
mais le propriétaire refuse mes contrats intérimaires.
C'est difficile à dire.
Je suis désolé, je ne peux pas te répondre, mais...
Dès que j'en sais plus, je te préviens.
Tu peux vraiment rien faire ? On parle d'un mois, deux mois ?
Oui, je sais...
Ce sont les RH. Je peux leur renvoyer un mail.
Mais bon...
Ouais.
T'es Sarah, non ?
On est dans la même classe. Oui, je sais.
Oui, je fais du MMA.
Oui, je sais. C'est cool, hein ?
Regarde mes biceps. T'as vu ça ?
Regarde. Tu peux toucher.
Regarde.
Ouais, je sais. Merci.
- Fouad, viens ! - J'arrive.
Je reviens. Bouge pas.
Salut, champion.
Lève la garde.
C'est quoi que je sens ?
Je sais pas.
T'as mis mon parfum ?
Non. Je te jure que j'y ai pas touché.
- Je te jure. - Touche pas à mes affaires.
- On va s'entraîner aujourd'hui ? - Non, pas aujourd'hui.
- Tiens, prends tes tartines. - Merci.
Je t'en prie.
Attends. Tu as brossé tes dents ? Ton T-shirt.
- Tu l'as changé ? T'as tout fait ? - Oui.
C'est bien.
Bon moi, j'y vais. Salut.
Attends, attends.
Viens ici.
Assieds-toi.
- Pour moi ? - Non, pour mama.
Elles sont trop belles !
Je lui ai dit de les acheter noires.
- Blanc, c'est la mode maintenant. - Oui, la mode...
En plus, c'est les mêmes que toi.
- On dit quoi à mama ? - Merci, maman.
- Merci, merci, merci. - Je t'en prie, mon chéri.
- Je peux les essayer ? S'il te plait. - Vas-y.
Je suis trop content.
Regarde comment elles sont terribles.
Je peux les mettre pour l'école ?
Oui, ça va. Mais garde-les quand même propres.
- Oui, oui. Merci. - Commence pas à frimer.
Ça attire le mauvais oeil.
Allez, salut. J'y vais.
- Bonne journée. - Bonne journée.
- Fais attention. - Oui, oui.
Tarek, mon fils. Tu as des nouvelles de la porte ?
Pas encore, mama.
C'est pas vrai...
Tu ne peux pas secouer un peu ces gens ?
Chaque fois que quelqu'un vient chez moi, je suis gênée.
- On dirait une porte de prison. - Je sais, mais t'en fais pas.
Je m'en occupe. Sois tranquille.
Que Dieu soit satisfait de toi.
T'as besoin de quelque chose ?
Non. L'ascenseur remarche enfin,
alors j'ai envie de sortir et d'aller faire un tour au marché.
- Ça va ? - OK.
Tarek, qu'est-ce que tu fais ?
Arrête. Va dormir dans ma chambre.
Tu vas te reposer dans mon lit.
- T'es sûre, mama ? - Je préfère.
D'accord.
- Merci. - Pour que tu te reposes bien.
- Repose-toi bien. - OK, à plus tard.
À tout à l'heure.
Il y avait deux tomates. La première tomate dit :
"Viens, on va traverser la grande route." Mais l'autre a peur.
Après...
Après, elle dit : "Viens, n'aie pas peur.
Traverse la grande route." Alors elles traversent.
Et après, l'autre dit : "Allez, viens, on y va."
Elles y vont et... Boum !
Elle se fait écraser. Et après l'autre, elle dit :
"Tu viens, ketchup ?"
Tu comprends pas ? Tomate, ketchup.
Tu parles trop. Pourquoi tu ne manges pas ?
On n'a plus de tartines à la maison.
- Tiens. - Jure ?
J'te jure.
- Viens, on joue un match. - C'est mort. Mes chaussures.
- On a besoin de toi. - Non, sans moi.
Fouad. En néerlandais.
On veut t'aider pour le néerlandais, mais tu dois aussi faire un effort.
Et je dis ça parce que je sais que tu en es capable.
Allez, viens.
Et sois poli.
On a fait un gros effort pour trouver une bonne remplaçante.
J'AI UN COEUR POUR LES VIKTIMS
STOP AUX ATTENTATS
Bonjour, Fouad. Je m'appelle Julie.
Je suis la nouvelle psychologue et je vais t'accompagner cette année,
si tu es d'accord.
J'en déduis que tu es d'accord ?
Comment s'est passé l'été ?
Vous êtes partis ?
Non.
D'accord.
Rester à la maison, c'est chouette aussi. Non ?
Tu serais d'accord
qu'on utilise les cartes d'association de Mme Baetens ?
Voilà.
La parc.
C'est le parc.
Mais j'ai dit le parc.
J'ai plutôt entendu "la parc".
J'ai dit "le parc".
C'est bon, Fouad.
Peu importe.
Ça t'évoque quelque chose ?
Non.
Et tu aimes aller au parc ?
Non.
Et celle-ci ?
- Un homme. - Oui, bien.
Et ça te fait penser à quoi ?
C'est juste un homme.
C'est difficile pour toi de parler de ton père ?
Salut.
- Salut. - Ça va ?
Ça va. Attends, je termine juste un truc. Deux secondes.
T'as des croûtes dans l'oeil. Attends, bouge pas...
Voilà.
T'es déjà venu ici ?
- Toast avocat-saumon. - Je connaissais pas.
Merci.
Tu vas voir, c'est un régal.
- Pour les boissons. - Merci.
- Ça tombe bien, j'ai faim. - Si t'as faim, je te conseille ça.
C'est une tuerie.
C'est ce que tu manges ?
- Fini de bosser ? - Non.
Je prépare le communiqué de presse. On a l'autorisation de manifester.
- Non ? - Si.
- Wallah ? - Oui.
- Bravo. - Merci.
On n'y est pas encore, mais ça avance bien.
J'ai besoin de toi pour la promo.
- Alors, dites-moi. - Je prendrai un expresso.
Et t'as des pains au chocolat ?
- Oui, il m'en reste. - Alors j'en prends un.
- Tu ne prends pas la tartine ? - Non.
- T'es sûr ? T'avais faim. - C'est bon. Je commence avec ça.
- Un expresso et un pain au chocolat ? - Oui.
T'es sûr ?
- Oui, je vais juste prendre ça. - OK.
Donc c'est juste quelques phrases face caméra pour la promo Insta.
Je t'expliquerai, c'est pas compliqué.
OK, ça marche.
Ta maman, ça va ?
- L'ascenseur est réparé ? - Oui, enfin.
La pauvre. Elle est tellement contente de pouvoir sortir à nouveau.
Quelle galère, cet appart. Faut qu'on bouge.
Tu m'étonnes qu'elle soit contente. Ils ont mis du temps.
Trois semaines, quand même.
Même si je l'ai encore jamais vue, je suis contente pour elle.
- Tu la rencontreras bientôt. - Quand ?
Comment ça, quand ?
Tarek, sérieux. Ça fait deux ans, enfin.
Sois patiente.
- Tiens, goûte. - Non, non.
- Vas-y, c'est trop pour moi. - J'aurais pris la tartine, sinon.
Là, je veux juste mon café.
Maintenant, avec ton menton, tu vas venir cacher ton poignet.
- OK. - Très bien.
Maintenant, avec ta main droite, va chercher ton épaule, ici.
Mais oublie pas de tenir ton biceps.
- T'as les deux ? - Oui.
Voilà. Et maintenant, colle bien ton oreille contre moi.
- Tu vois tes coudes ici ? - Oui.
C'est des ciseaux. Vas-y, ferme-les.
- Vas-y, ferme. Serre plus fort. - Sûr ?
Mais vas-y, je te dis.
Vas-y.
C'est bon, comme ça ?
Tarek ?
Tarek ?
Tarek, réveille-toi. Tarek !
Tarek, réveille-toi !
Ouvre les yeux.
Tu m'as fait peur.
Et alors ? C'est quoi tout ce raffut ?
Ça sent la chèvre, ici.
Ouvre la fenêtre.
Tarek, il y a quelqu'un qui t'attend.
- Oui ? Qui ? - Michael.
Allez, dépêche-toi.
- Ça va ? - Comment va ?
- Tu t'entraînes ? - J'entraîne Fouad, oui.
Le champion, ici.
T'es assis ?
- Oui. - OK.
Tu te souviens de l'agent américain dont je t'ai parlé ?
Oui.
La dernière vidéo que j'ai envoyée, c'était la bonne.
Il te veut.
Sérieux, coach ?
Il nous veut là-bas au plus vite.
D'abord un camp d'entraînement à Vegas,
puis le tournoi et le gagnant passe pro.
Tous les frais sont couverts.
L'Amérique a appelé. Ils veulent que j'y aille.
- Je suis contente pour toi. - Merci, maman.
Merci coach, wallah. Merci pour tout.
C'est mérité. Tellement.
Merci coach.
- On va bosser deux fois plus. OK ? - Je suis là.
- C'est ta chance. Saisis-la. - Je suis là, coach.
- T'as un passeport ? - Oui, je crois.
OK, va le chercher.
J'en ai besoin pour ton visa à l'ambassade américaine.
Coach, t'as besoin du mien aussi ?
Tu dois manger un peu plus de tartines.
Mais t'es le prochain champion.
- Félicitations, madame. - À vous aussi.
- Vous le méritez aussi, coach. - Non, c'est lui.
C'est lui.
- Parfait, il est valide. - Coach, on va aux États-Unis.
On dirait bien.
- Tarek, frère ! - Les gars.
Tu sais ce qu'il dit ? Qu'il te fracasse à la bagarre.
- Assume. - Je te respecte.
- Pas de souci. - C'est des couilles.
Prends soin de toi, Tarek.
Viens, toi. Fais gaffe avec le racisme aux States.
Tu crois que là-bas, c'est comme ici, gentil.
- C'est des vrais oufs. - Comment ça ?
T'as zappé la vidéo du négro avec une corde au cou ?
Deux shérifs à cheval, une dinguerie.
J'ai cru que c'était le trailer de Django 2.
Je t'ai déjà dit de pas dire "négro".
De toute façon, c'est les Ricains.
Ici,
on a un travail de déconstruction à faire avec la jeunesse.
Déconstruction ? Les gars, on a un maçon dans la team.
- Une vraie pelleteuse, fils de... - Vous y connaissez quoi, les gars ?
Tout ça pour dire qu'un truc comme ça, ici, c'est impossible.
Il y aurait déjà eu dix millions de révolutions minimum.
Oui. Et résultat ?
On brûle les voitures des darons du quartier. Bravo, la révolution !
Tarek, écoute pas. Fais ce que t'as à faire. Tu vas où ? Au Texas ?
- Non, Las Vegas. - Dans le Nevada ?
D'où tu fais le prof de géo ? Tu le crois en examen ?
Wallah, c'est le Nevada. Pas vrai, Tarek ?
- Oui, c'est dans le Nevada. - Salam aleykoum.
Dégage d'ici.
- Je viens juste... - Casse-toi !
Sabri, laisse-le faire sa lessive.
Tu sais qui c'est ? Il travaille avec le recruteur.
- Tu te trompes. - Ta gueule !
- Calme-toi, Sabri. Laisse-le. - Écoute, c'est simple.
Il va faire sa lessive ailleurs, mais il s'affiche pas avec nous.
- Viens, que je te parle. - Me parler de quoi ?
Parle à ce type, pas à moi.
- C'est vrai ? T'as recruté, toi ? - Recruté ?
Vous utilisez les mêmes mots que ceux qui nous humilient.
J'informe juste sur nos frères et soeurs qui ont besoin d'aide.
Qu'est-ce que j'avais dit ? T'as entendu ?
Je te dis que c'est un recruteur.
On doit garder le silence, c'est ça ?
La souffrance de nos frères et soeurs en Irak, Syrie, Palestine.
Et on doit rien dire ?
Je comprends pas.
Tu dois fermer ta gueule, c'est ça que tu dois comprendre.
Mon frère...
Ils ont leurs plans, mais Allah est le plus grand des planificateurs.
Pourquoi un mécréant reconverti comme moi
qui a vécu tout sa vie dans l'ignorance doit venir
et vous rappeler vos obligations ?
Et le message de vérité ?
Parce que vous avez abandonné vos frères et soeurs.
Qui t'a dit qu'on avait abandonné nos frères et soeurs. Qui ?
Arrêtez de me pousser, c'est lui qu'il faut jeter.
Écoute-moi. S'ils nous voient avec lui, on est fichés à vie.
Il ne reste pas ici.
Laisse-moi lui parler.
Je vois que monsieur est éloquent.
Premièrement, pour moi, ce que tu dis, c'est du blasphème.
Du blasphème ?
La vérité blesse, c'est juste ça et je m'en excuse.
Non, c'est du blasphème, ce que tu dis.
Qui es-tu pour prétendre être le sauveur des musulmans ?
L'islam se suffit à lui-même. Il n'a pas besoin de toi.
Tu dis que Dieu t'a élu comme messager. Ça veut dire quoi ?
T'es un prophète ?
J'ai jamais dit que j'étais un prophète.
Attends.
J'ai dit "premièrement". Maintenant, deuxièmement.
- Putain, Moussa. Abrège ! - Tu es allé en prison ?
Oui, mon frère.
Comme la plupart des innocents de notre entourage. Louange à Dieu.
Je ne m'en remets qu'à la justice d'Allah, pas du parquet.
Et comment t'expliques que tu tournes ici comme un gardien de la paix,
pendant qu'eux ils sont encore là-bas ?
Je te l'ai dit. J'ai rien fait, je suis innocent.
Ou bien t'es une balance et avec ta tête de blanc,
ils t'ont laissé tranquille.
Que Dieu vous guide, mes frères. Que Dieu vous guide.
Je vous jure, par amour...
Par amour, car vous êtes mes frères.
Moi, j'ai grandi avec eux.
Je sais ce qu'ils pensent de vous.
Je sais qu'ils vous détestent.
Qu'ils détestent vos valeurs, votre culture.
Et notre belle religion.
Pourquoi vous vivez dans l'ignorance et vous n'ouvrez pas les yeux ?
Enlevez ce voile devant vos yeux et revenez à Allah.
Ne vivez pas pour la vie terrestre.
C'est ma vérité.
Et notre vérité à nous ?
C'est que tu vas prendre ton sac et te casser d'ici.
T'as pas compris, je crois. Bouge ou je te démonte !
Sabri, c'est bon. S'il te plait, sors.
- Casse-toi ! - Je t'en supplie, frère. Sors d'ici.
Que Dieu vous guide.
Putain, les gars, il parle bien ce mec.
C'est bon, j'arrive.
20 ans pour descendre ? On a rendez-vous à l'intérim.
OK, 2 minutes.
Fais pas ta princesse. Descends, je t'attends.
Ton frère se fout de moi. 20 minutes que j'attends.
- T'as touché le scooter ? - Non.
- Et cette trace ? - Salam aleykoum.
- Aleykoum salam. - Aleykoum salam.
Tu sais c'est qui, ce type ?
T'as pas lu son livre à l'école, Jihad de l'amour ?
Pour moi, c'est un vrai Jedi, respect de ouf.
Un quoi ?
- T'as pas non plus vu Star Wars ? - Non.
- T'as déjà vu un film ? - Oui.
Moi, c'est mon film préféré.
Dans l'histoire, t'as un perso, Anakin Skywalker. C'est un Jedi.
Et il tombe amoureux d'une fille.
Mais on la lui a pris. Donc à cause de ça, lui...
Il commence les problèmes.
Il bascule du côté obscur, il devient méchant.
Lui, c'est l'inverse.
Lui aussi, on lui a pris sa femme. Dans les attentats.
- Salam. - Je lui explique Star Wars.
- Star quoi ? - Elle est morte dans les attentats.
Malgré ça, il est resté zen, positif, souriant.
Il parle même d'amour dans son livre, là.
Respect. Un vrai maître Jedi.
En fait, quand je le regarde, je me dis...
C'est Yoda.
Yo... qui ?
Tu parles de qui ?
Je vous aime beaucoup, mais parfois, j'ai envie de vous taper.
- Vous faites quoi ? - Je t'attends depuis 20 minutes.
Allez, hop. À l'école !
Monte. Comment ça se fait qu'il a jamais vu Star Wars ?
Je t’ai pas dit. Je pars en Amérique.
- Tu mens. - Wallah. On a reçu une invitation.
- Pour un championnat à Las Vegas. - Ton frère ?
Moi aussi. T'es bête ou quoi ? Je l'entraîne.
C'est ça, oui.
Pourquoi Michael m’a demandé mon passeport ?
Je sais pas.
- Car je pars en Amérique. - Tu parles anglais ?
- Ben oui. - Vas-y, parle.
I can speak English, man.
- Je pourrais y aller ? - I don't know.
Fouad !
Attends.
- On va être en retard. - Attends.
- Salam. - Salam.
- Où vas-tu ? - À l'école.
C'est bien.
C'est important, l'école.
Comment va ton frère ?
Bien.
Achète-toi des bonbons.
Vas-y, c'est pour toi.
Allez, va à l'école avant d'être en retard.
Allez, file, vas-y.
- Il voulait quoi, ton père ? - Il m'a filé 20 euros.
C'est bon, on va chez le Paki.
Non, désolé. Je vais les changer en dollars.
- Comment ça, en dollars ? - Ben oui.
Mais sinon... Je pourrais y aller ?
Tarek ! Viens.
Voilà, c'est lui.
Tarek, notre champion UFC. J'expliquais justement à la dame...
Le contrat que je t'avais trouvé avec cet agent en Amérique.
Ah, oui. Il fait ça très bien, oui.
Donc vous parlez quatre langues ?
Oui.
Je parle le français, l'anglais, l'arabe
et le néerlandais, bien sûr.
- Je peux tester ? - Bien sûr.
Quelle est votre plus grande qualité
en matière d’environnement de travail ?
Oui...
L'équipe est très importante. J'aime l'équipe.
C'est comme... Tu m'aides, je t'aide.
Et...
Toujours ensemble, vous savez.
Et on a commencé en bas, aujourd'hui, on est ici.
Toujours ensemble.
En néerlandais ?
Sur le lieu de travail, on a besoin de dynamisme.
En tant que chef d'équipe, comment créeriez-vous ce dynamisme ?
Oui.
Je m'appelle Sabri.
Je parle néerlandais.
Travail avec téléphone, e-mails...
Administration... Travail administratif.
- Oui. - OK, merci.
On peut le faire en arabe aussi.
Je rigole. Mais on sait jamais, avec les Qataris.
Dubaï, tout ça. C'est eux, le futur.
Dernière question. Les shifts du soir, ça va ?
Moi, je suis comme Batman. La journée, la nuit, pas de souci.
Je suis un bosseur, manager. Un peu comme vous, quoi.
Merci. On vous appellera.
Ça va, j'attends votre appel. Merci.
- On peut partir, là ? - Oui, bien sûr.
- Elle va me mettre bien. - Au pire, je te file mon job.
Non, marre de travailler comme un polak.
À partir de maintenant, c'est chemise, bureau, secrétaire.
- On se prend un café. - Je dois aider Sophia...
Juste un café.
- Non, je dois y aller. - Ça va.
- Je t'invite, viens. - J'ai pas le temps.
Allez, on va se mettre bien. Tranquille, t'inquiète.
On va se mettre bien. Mais ce sera pas au Métropole.
Si tu vas aux States, on va faire du business.
Les Nike. Y a du pognon à se faire.
- Ah oui ? - Oui, à fond. Regarde.
Déjà, j'ai été checker sur Internet.
Ils ont des paires qu'on a pas. La moitié du prix par rapport à ici.
Tu verras, on va cartonner.
Tout le monde viendra chez nous.
L'entreprenariat.
OK. Après les entrainements et tout, j'irai jeter un oeil.
Même deux. Je te parle d'un vrai plan, là.
- Non, merci. - Que Dieu te garde.
- C'est un vrai plan, réfléchis-y. - D'accord.
- Bon, je vais voir Sophia. - Attends, on boit le thé.
Et elle a dit quoi, Sophia, pour les States ?
- Je vais lui dire tout à l'heure. - Tu lui as pas dit.
Depuis quand vous êtes ensemble ?
- Deux ans. - Deux ans ?
Investis dans un mariage, arrête de serrer la vis.
Que dit la religion ? Le mariage, c'est la moitié de ta religion.
Mais c'est pour ceux qui se préparent.
Préparation ? Tu crois que j'ai lu ton horoscope ?
Je te parle d'un hadith authentique, tu vois ?
- Authentique. - Je sais, mais...
Bref, si c'était moi...
Avant de voyager, je prends ma meuf, je l'emmène à la mosquée.
On fait notre halal.
Et là, ce sera une VIP à la maison. Y a personne qui va plus rien dire.
Et t'auras quelqu'un pour s'occuper de ta mère.
Je sais pas, frère. Wallah, je sais pas.
Je peux pas me marier maintenant.
- Combat, dis-moi ? - Combat.
- Contrat ? - Contrat.
Tire ta corde, j'arrive.
Pardon, pardon !
Fouad ! Fouad ! Fouad !
J'ai déconné.
Ben, ça dit quoi pour la porte ?
- Pas encore. - Non ?
- Non ? - Non, pas encore.
- OK, tiens-moi au courant. - OK.
Franchement, c'est géant ici. Comment t'as trouvé ça ?
Des mails, des mails et des mails.
- Ça va, sinon ? - Ça va.
- Je dois te dire quelque chose. - Vas-y, raconte.
J'ai parlé à mon coach.
Il y a un agent des États-Unis qui veut que j'aille combattre là-bas.
Et qui veut même m'offrir un contrat.
T'es pas contente ?
Oui, si...
Tu partirais combien de temps ?
Honnêtement, je sais pas encore.
Si je perds, quelques semaines. Mais sinon, peut-être plus longtemps.
Je suis contente pour toi. C'est ce que t'as toujours voulu.
Non, vraiment. Je suis si fière.
Merci.
On va fêter ça. Là, il faut juste que j'organise tout ça et...
- On a le temps. - On le trouvera.
OK, super.
Pardon, je...
Tarek. On est prêts, tu vas pouvoir y aller.
OK.
- J'y vais, j'ai entraînement après. - Bien sûr. Moi, je dois répondre.
Je suis fière de toi.
Bon, à toute. Salut.
- Allô ? - Suis-moi, on est à l'étage.
Bon, frérot. Tu peux regarder droit dans l'objectif.
- Et tu dis tes phrases. OK pour toi ? - Oui, oui.
OK, on y va.
Ça tourne. Le son, OK ?
Et... action !
Ne me libère pas, je m'en charge.
Tu peux rajouter un sourire ? Et tu peux la refaire.
- Oui, ça va. - Merci.
Parle-lui, mon pote.
Mais de qui tu parles ?
Tu la kiffes ?
Dis la vérité.
Un peu.
Voilà. Là, je peux t'aider, je suis un pro.
- Tu fais quoi ? - Une petite note.
- Ça marche à tous les coups. - Qu'est-ce que tu fais ?
Vas-y. Je vais lui parler, à l'aise.
Attends, fais-moi confiance.
Donne ça à Sarah.
T'as vu ?
- Tout le monde va le savoir. - Gros, j'ai dit Sarah, pas Farah.
Donne, c'est pas pour toi.
Toi et tes plans foireux.
- Mais j'ai dit Sarah, pas Farah. - Je m'en fous.
- Le grand Sendo. - Mike !
- Mon Flamand préféré. - Ça va ?
- Et toi ? C'est quoi, ça ? - Arrête.
- Merci pour l'accueil. - C'est un plaisir.
- Tarek. Comment ça va ? - Ça va, grâce à Dieu.
Félicitations, j'ai appris la nouvelle.
Merci.
C'est un plaisir de voir un de nos jeunes nous représenter là-bas.
Le petit frère ? La relève.
- Tu vas bien ? - Oui, ça va.
Mon champion t'attend en haut. J'espère que t'es prêt.
Je rigole, détends-toi. Venez, je vous montre la cage.
Comme on a dit. Tu suis le plan.
Donne-toi à 100 %. Allez.
- Casque. - Pas besoin.
- L'enlève pas, garde-le. - C'est bon.
On est prêts ? Go !
Tarek.
- Coach. Qu'est-ce qu'il fait ? - Vas-y.
Allez !
Fair-play, les gars.
Pas grave. Allez, focus.
Qu'est-ce que tu fais, bordel de merde ?
Tu veux me blesser ? Il veut me casser le dos !
Sors !
Viens ici. Putain, mec...
Putain.
- Tu fais quoi, là ? - Il veut me casser le dos !
C'est pas lui, c'est toi !
C'est pas lui. C'est toi qui fais le con, ici.
OK ? Tiens-toi au plan.
Tu fais quoi ? Des coups de pied ? Des frappes ?
T'es un grappler, OK ? Tiens-toi au plan. D'accord ?
Tu feras quoi en Amérique face à un Daghestanais
prêt à mettre sa vie en jeu pour un contrat ?
Réfléchis. OK ?
OK ? Excuse-toi, allez.
Contrôle-toi un peu.
C'est bien, les gars.
- Dans ton coin. - Allez, concentre-toi.
Allez, on reprend, les gars.
Calme, détends-toi.
Attaque la jambe.
Voilà, bien.
Bien.
Attaque la jambe.
Reprends ton souffle.
Tu sais quoi faire. Vas-y, mon vieux. Vas-y.
À terre, mon gars. À terre.
Voilà, comme ça. C'est ça.
C'est ça.
Pas mal.
Voilà, c'est ça !
Tu le tiens, allez !
Voilà. C'est ça.
Alors, Star Wars ? Tu kiffes ?
- Oui, ils portent même des djellabas. - En néerlandais.
Des djellabas comme chez nous ou quoi ?
Oui.
En tout cas, attention à pas l'abîmer.
- Sinon, Sabri, il va te manger. - Oui, oui.
Trop drôle. Karim est amoureux d'une fille à l'école
et il me demande toujours ce qu'il doit faire.
Karim ?
Oui, Karim.
Écoute. Karim...
Il est marrant. S'il la fait rire, c'est dans la poche.
Mais je suis plus drôle que Karim, non ?
C'est pour Karim ou pour toi ?
Pour Karim.
Pourquoi t'as honte ? Tu peux me le dire.
Mais non, c'est pour Karim.
OK, alors.
Mais donc, il doit faire quoi ?
Pourquoi tu rigoles ?
Comme ça. Juste comme ça.
Écoute. Karim peut être aussi marrant qu'il veut,
s'il lui parle pas, c'est mort.
Allez. Dors.
Putain, j'aurais dû prendre ma veste. Il fait froid.
- Fais pas cette tête de désespéré. - Je suis pas désespéré.
Si, t'as l'air désespéré. Fais comme si t'étais un habitué. Prestance.
Il va foirer avec son costume.
Je lui dis de venir sapé propre, il arrive en président africain.
- Très bonne soirée. - Merci.
Bonsoir. J'ai rendez-vous avec des touristes espagnoles...
- Lunettes. - Pardon.
Je dois retrouver 2 touristes espagnoles à l'intérieur.
J'ai oublié ma carte, mais on va investir une table
comme d'hab, des bouteilles...
Vas-y, entre.
- Merci, bonne soirée. - Bonsoir.
Ils vont pas rentrer.
Même sapés en blédards, ils vont rentrer.
T'es stressé ? Ils vont rentrer, je te dis.
- Normal, les meufs entrent toujours. - Si lui est entré, ils vont entrer.
- C'est mort, regarde sa tête. - On bouge pas.
- Non, on y va. - 5 minutes.
- On attend dehors. - Ils vont rentrer.
On va pas faire la fête à deux.
Je t'avais dit quoi ?
- Pète tout, frérot. - Tout, je pète tout !
Frangin, casse tout.
- Inchallah. - Tu vas ramener la ceinture.
- Deux ceintures, même. - Trois.
Je vais le rejoindre. J'ai mon billet.
Regarde.
- Je vais fêter l'Aïd à Las Vegas. - Bienvenue.
- C'est bon ça. - T'es un président, lance le truc.
J'ai mis le costard.
- On le fait pour qui là, ce soir ? - Pour Tarek !
- Allez, on lève nos verres ! - Let's go !
Y a un mec qui a grandi dans une famille super religieuse.
Un jour, il réalise qu'il est gay. Et après avoir longtemps réfléchi,
il décide de le dire à son père.
Son père, il est furax.
Il attrape son fils, il vide sa chambre
et il l'enferme pendant un mois avec le Coran.
Et il l'oblige à le lire. Encore et encore.
Après un mois, le père est confiant. Il monte,
il ouvre la porte...
Et il voit son fils qui porte le hijab.
Quatre types dans une voiture et tu nous racontes ce genre de blague.
- Tu veux nous dire quelque chose ? - Vas-y, Sabri.
Ce qu'il essaie de nous dire, c'est qu'il veut foirer la soirée.
- Il l'a déjà foirée, mais on est bien. - Les gars, je vais rentrer.
Mais non, frère. C'est nos derniers moments ensemble.
- Il est 5h, j'ai entraînement demain. - 5 minutes. T'as piscine ?
J'ai entraînement demain, je t'ai dit.
Dis inchallah, déjà.
- Moussa, bloque les portes. - Ouvre.
- Bloque les portes. - Les gars, c'est bon.
- On t'entend plus, on dort. - Il est 5h. Ouvre, Moussa.
Putain les gars, merde.
C'est quoi, cette enroule ?
Police.
Papiers du véhicule.
Je parle pas néerlandais.
Papiers du véhicule.
C'est votre voiture ?
Comme vous voyez ici, c'est écrit "Fatima".
C'est pas moi, c'est ma soeur.
Je sens de la weed.
Allez, sortez de là. Tout le monde descend.
Mains sur le toit.
Mains sur la voiture, s'il vous plait.
Les mains sur la voiture.
Cartes d'identité.
Voilà. Même quand on est en ordre, ça suffit pas.
Voilà, monsieur.
Tiens, ils l'ont pas balancé assez loin.
OK, les gars. C'est à qui ?
C'est à qui, ça ?
- C'est pas à nous. - Personne ?
OK, je vais les fouiller. Vérifie leurs papiers.
Oui. Je vérifie l'immatriculation.
On va fouiller, maintenant.
Doucement, putain.
- Doucement avec tes mains ! - Calme-toi.
Il me touche comme si j'étais sa meuf.
- C'est quoi, ton problème ? - Et le tien ?
Pour commencer, t'as rien à faire là.
On est chez nous, ici.
Pas dans les bureaux ni la rue. On va où ?
Je m'en fous.
Tu sais pas lire ? C'est interdit.
Casse pas les couilles. Fais ton putain de contrôle.
T'as de la chance d'avoir ton uniforme.
Tout ça pour un joint ?
Va rue de la Loi, ça sniffe des montagnes de coke.
T'as une grande gueule. Pourquoi tu la fermes pas comme tes copains ?
Sans son badge et son flingue, il est rien.
Sinon, quoi ?
Hein ?
Y a longtemps qu'on t'aurait baisé, salope.
- Sabri. - Moi, une salope ?
Tu parles comme ça chez toi ?
Cache-toi derrière ton badge et ton flingue.
Tu sais que t'es rien sans ça.
Sans ça, hein ?
Toi, tu me baises ?
Tu comprends vite. Exactement.
OK, viens.
Viens. Maintenant.
Monsieur !
- Attends, voyons s'il a des couilles.
Enlève ton uniforme. Enlève-le si t'as des couilles.
Jacquouille.
Toujours la même chose avec eux.
"Sale flic", "sale pute"...
Tarek, tue-le.
- Tue sa mère. - Pas avec un flic. T'es ouf ?
Centrale, on a fouillé. Tout est sous contrôle, fin de l'intervention.
Depuis quand tu crois les flics ?
Je le sens pas, ça va finir au parquet.
- Mais non, quel parquet ? - Fermez-la !
Tarek. Je t'en supplie, écoute-moi.
Tu te rappelles de ton petit frère après la perquisition ?
Le lendemain, t'as dit que t'attendais une occase.
L'occase, elle est là. Tue sa grand-mère.
Tu le fais pour ta mère, pour ton petit frère.
Pour nous !
- Pour Moha. - Paix à son âme.
Alors ? T'es prêt ?
Classique.
T'as une grande gueule, toi.
On va voir ta gueule dans 5 minutes.
Viens.
OK. Peu importe qui. Quelqu'un, maintenant !
Ou je vous embarque tous, OK ?
Maintenant.
T'as une grande gueule, mais t'envoies ton chien.
Vas-y.
Voilà. Bien.
Vas-y, Tarek. Explose-le.
Vas-y.
Voilà !
- Qu'est-ce que t'attends, frère ? - Vas-y.
Voilà, voilà, voilà.
Vas-y, termine-le.
Baise sa mère, putain !
Tu te laisses faire ou je fais de ta vie un enfer.
Vas-y ! Baise sa mère, putain !
Ho, c'est fini, là !
C'est bon, Jerre. Ça suffit.
Les cartes d'identité.
C'est fini.
Casse-toi.
Regarde-nous bien.
- Viens, Tarek. C'est pas grave. - Lâche-moi !
C'est tout, les gars. Venez.
Hé, on y va !
Fils de pute.
C'était une semaine après les attentats.
La police est venue et ils ont cassé la porte...
Ils étaient trois.
Non, deux.
Oui, deux.
Dans ma chambre. Et...
Deux dans ma chambre et encore d'autres avec mon frère et ma mère.
Ils m'ont plaqué au sol.
Et quelqu'un a appuyé son genou très fort sur mon cou, ici.
Et puis j'ai juste dû attendre.
- Tu étais tout seul ? - Dans ma chambre, oui.
Mais ils ont emmené mon frère.
Et ils lui ont couvert la tête. Un truc noir.
Comme une taie d'oreiller.
Je n'ai pas vu ma mère, mais...
Je l'ai entendue pleurer dans l'autre chambre.
Et toi aussi, ils t'ont emmené ?
Non, je devais juste attendre.
Puis Tarek est revenu au bout de quelques jours.
Parce qu'ils s'étaient trompés de personne et de bâtiment.
Donc... La police s'était simplement trompée.
Fouad, tu vas devoir retourner en classe.
On en reparle la semaine prochaine ?
OK.
Alors, mon garçon ?
Ne doit-on pas frapper avant d'entrer, Fouad ?
C'est la moindre des politesses. Allez, on recommence.
Oui, entre.
Entre, va t'asseoir.
Va vite à ta place.
Désolée pour l'interruption, Sarah. Continue.
OK. Donc elle chante et elle danse très bien.
C'est pour ça que Taylor Swift est mon héroïne.
J'espère que ma présentation vous a plu. Merci de m'avoir écoutée.
Bravo.
Bien, à qui le tour ?
Fouad ?
Alors...
De qui vas-tu nous parler aujourd'hui ?
Tu es sérieux ?
Tu trouves ça correct vis-à-vis de tes camarades ?
C'est la même personne que l'an passé.
Mais je pouvais choisir, non ?
Oui, mais c'est un peu facile. Tu as déjà parlé de ton frère l'an passé.
Tu n’as pas d'autre héros ? Un footballeur ?
Vous vous êtes bien débrouillés à la Coupe du Monde, non ?
Bon, c'est pas grave. Parle-nous encore de ton frère.
Nous t'écoutons.
Mon héros est Tarek.
C'est mon grand frère.
Il est champion de MMA.
MMA, ça veut dire "arts martiaux mixtes".
Je ne me sens pas très bien.
- Je peux le faire une autre fois ? - Non, vraiment pas.
Tu savais depuis le début de l'année que tu passais aujourd'hui.
Tu n'avais qu'à mieux te préparer. Allez, continue.
Mon frère part aux États-Unis pour l'UFC.
UFC signifie...
Ultimate...
Fighting... Champion.
Je vais vous montrer quelques gestes.
OK.
Je peux demander à Karim de venir pour une démonstration ?
Oui.
- Karim. S'il te plait, viens. - Non.
- Viens, s'il te plait. - Non.
- S'il te plait. Dix secondes. - Non.
- Juste... - En néerlandais.
- S'il te plait. Juste une clé. - Vas-y, t'inquiète.
- S'il te plait. - En néerlandais, Fouad !
- T’as pas besoin de moi. - Dix secondes.
- J'ai besoin de toi. - Tu es sourd ? En néerlan...
Laisse-moi tranquille avec ton néerlandais !
- Tais-toi ! - Sois poli !
Casse pas les couilles !
- Tu vas chez la directrice. - C'est tout le temps moi !
Tu dis rien aux autres. Je veux bien faire et tu me casses les couilles.
Tu es stressé par ton manque de préparation.
Chez la directrice.
Je me fous de la directrice et de toi.
- Fouad... - Enlevez-moi les gants.
- Mais calme-toi... - Enlève !
- Chez la directrice. - Enlève-les.
Mais qu'est-ce qui t'arrive ?
Tarek, Tarek. Viens deux secondes.
- Oui ? - J'ai des nouvelles pour ta porte.
Elles ne sont pas bonnes.
Ils veulent pas la remplacer.
- Pourquoi pas ? - C'est une intervention policière.
Mais on a rien fait.
Les flics ont pété la mauvaise porte.
J’y peux rien s'ils savent pas lire un numéro.
Tarek. Il y a une solution.
Il suffit juste que ton père signe ce papier. Le bail est à son nom.
Allô ?
Ça va ?
Regarde-moi.
Ça va ?
Il va mieux.
Il peut rester à la maison le reste de la semaine.
Mais nous devrons quand même discuter du comportement de Fouad aujourd'hui.
- C'était assez violent. - Oui, vraiment.
Il s'est montré très agressif. Madame Elke ne s'en remet pas.
L'école doit prendre en compte la sécurité de ses enseignants.
Même si nous aimons beaucoup Fouad.
Mais bon...
Nous verrons ça plus tard. D'abord, du repos.
OK. Merci.
- Prenez soin de vous. - Je vous en prie.
Au revoir, Fouad.
Donc des fois, on se dit qu'on a pas le choix.
Alors on est là.
On attend.
On tient les murs.
Des fois qu'ils ne tiendraient pas sans nous.
On a peur de faire des choix.
On a peur de faire le mauvais choix, bien sûr.
On a peur de faire le bon choix, même.
Le gars, il se dit : "Imagine que je devienne un gars bien
Je dois rester comme ça tous les jours
avec la piété, la bonté et tout ?"
On a peur d'avoir envie d'être meilleur.
On a peur de décevoir.
On se laisse aller, on fait ami avec la frustration et la fatalité.
On se dit que tout est contre nous. Que c'est trop tard pour changer.
Parce qu'on a fait quelques petites bêtises et...
On croit qu'on va pas s'en sortir.
Alors que fait-on dans ces cas-là ?
Allah est capable de tout.
Pas nous.
Pas nous.
Certains disent : "Quand on veut, on peut."
Ce sont de grands mythes.
Pour les anciens, une référence.
Ne dis jamais "je vais faire ça" sans dire "inchallah".
Ce que tu veux ne sera pas,
si toi tu veux et Dieu ne veut pas. Vous avez compris ?
J'en vois qui se disent : "Il nous veut quoi cet imam ?
D'abord on est responsables de nos choix, puis Allah décide de tout.
Les jeunes, notre religion, c'est la religion du juste milieu.
Vous connaissez l'histoire de l'homme qui s'est rendu avec sa chamelle...
Je t'ai appelé. Pourquoi tu réponds pas ?
Tu sais, le travail.
Désolé, M. le ministre. Réponds, comme tout le monde.
Voilà les paires que tu vas ramener. Pour les pointures, c'est 38 à 43.
Si Fouad veut une paire, il y a du 37 En plus, elles donnent de ouf.
Et...
Regarde, je te montre un truc.
C'est classifié par couleur.
J'ai pris les classiques. Blanches, noires, bleues, rouges...
Après, donne-moi ton avis, on est deux dans ce business.
Ah ouais, d'accord.
Tu regardes pas ? Je t'expose un vrai business plan.
Qu'est-ce que t'as ?
Tu boudes parce que t'as ramassé par un flic ? Ça arrive.
T'es plus un gamin. Personne t'a obligé à te battre.
T'as raison. Wallah, c'est ma faute.
Voilà, j'avais raison.
T'es dégoûté parce que t'as ramassé par un flic.
Tu te fous de moi ?
Je voulais pas le toucher.
T'as cru que je le frapperais et que ce serait plié ?
Oui, tu l'aurais fracassé et on serait rentrés. Soirée parfaite.
Mais t'as rien compris.
Les flics savaient ce qu'ils faisaient.
Comme un con, t'es tombé dans le piège.
Parle bien.
Quoi, parle bien ? Je te parle comme je veux.
- Si tu voulais faire le fou... - Enlève ta main.
Enlève ta main ! Sur la vie de ma mère, Sabri.
Alors ? Ça va ?
Allez, viens. Faut qu'on parle.
J'ai parlé à la directrice. Tu peux retourner lundi.
Mais Fouad, ça doit plus jamais arriver.
J'ai juste paniqué.
Ça fait longtemps que t'as pas eu de crise.
- Tu dois me dire ces trucs. Parle-moi. - Je veux juste partir avec toi.
C'est pas possible.
- Pas maintenant. - Quand, alors ?
Combien de temps tu vas partir ? Vous parlez, mais vous me dites rien.
- Je vais rester tout seul. - T'es avec mama.
- C'est pas pareil ! - Mais si.
Non !
C'est mama qui s'occupe de toi, pas moi.
- Écoute, c'est rien. On parlera... - Me touche pas !
- Ne me manque pas de respect. - Tu sais rien.
Alors, parle-moi !
Les flics ! Je suis sûr qu'ils vont revenir.
Y aura ni toi ni papa pour nous protéger.
Ils vont nous casser la gueule. Tu comprends ?
C'était une seule fois et c'était une erreur.
Faut pas avoir peur, je te dis. Personne ne va venir.
Écoute, je comprends. C'est difficile.
Mais il faut que tu tiennes le coup.
Je vais aller là-bas, je vais les démonter et on se casse d'ici.
Moi, je gère là-bas et toi, tu gères ici.
Et en cas de problème, je vais te donner un numéro.
Qui ça ?
Une amie à moi. Elle est gentille, tu verras.
Je vais aller faire mon taf et à mon retour, tout va changer.
Et là, tu viendras avec moi. Toi et mama.
D'accord ?
D'accord.
Attends, attends...
Bonjour.
Bonjour.
Français ?
- Néerlandais ? - Néerlandais, ça me va.
Je suis la soeur de Sarah.
Désolée de venir à l'improviste.
J'ai demandé à Karim de nous amener jusqu'ici.
Sarah tenait à inviter Fouad personnellement à son anniversaire.
C'est gentil, Sarah.
Écoute, je vais l'appeler.
Fouad, il y a quelqu'un pour toi.
Désolée, j'espère qu'on ne dérange pas.
Non, non, ça va.
On est en plein travaux.
- Ça va, pas de souci. - OK.
Sarah veut te demander quelque chose.
- Salut Fouad. Tu vas mieux ? - Oui, oui.
Tiens.
- C'est une invitation pour ma fête. - Merci.
On va y aller. Je suis garée en double file.
L'heure et l'adresse sont sur la carte.
Merci.
- Tu viendras ? - Oui, sûr et certain.
OK. Au revoir.
Au revoir.
J'avais dit quoi ? Frère, laisse-moi faire.
- Va les accompagner. Va. - Je t'appelle après.
Je peux y aller ? S'il te plait.
C'est elle que Karim kiffe ?
T'en fais pas. Je gère avec mama.
Merci.
Mama ?
- Pourquoi t'as pas sonné ? - C'est rien, t'es là.
- L'ascenseur est en panne ? - Comme d'habitude, ça change pas.
- Ils exagèrent. - Oui.
- Prend ça, mon fils. - C'est pas normal.
Attends un petit peu.
Je vais me reposer un peu parce que
les escaliers et moi, on est pas amis.
Tu as des nouvelles de l’Amérique ?
On va prendre les billets après l'entraînement.
Qu'Allah te facilite.
Ça va pas ?
Quelque chose ne va pas ?
Ne réfléchis pas, dis-moi ce qu'il y a.
Tu sais que tu peux tout me dire.
Allez, parle.
Je sais pas, mama...
J’ai envie de partir, mais je vais pas
vous laisser tout seuls, quand même.
Je sais pas quoi faire, wallah.
Quand je pense à partir, je me sens coupable.
Comme si je vous abandonnais, mama.
Écoute ce que je vais te dire. Écoute bien, fils.
Ma vie n'a pas été facile.
J’étais au Maroc.
Comme tout le monde, je voulais avoir une famille.
J’ai rencontré ton papa là-bas. Lui, il venait de Belgique.
Et le jour où il a voulu se marier, j'ai dit : "Stop, stop.
Je ne te suis pas à l’étranger. Chez nous, ça ne se fait pas."
Il a dit : "T'inquiète pas. Moi, je veux rester ici."
On est restés deux ans là-bas. Tu vois ?
Et à un moment, j'étais seule à travailler
et les problèmes d’argent sont arrivés.
Il m'a dit : "Moi, je retourne."
Et j’ai dit : "Tu vas partir tout seul et me laisser avec ma famille.
Tu sais très bien que je dois préparer mon départ."
Il est parti, et moi, j'ai dû confronter ma famille.
Mes parents.
Ma grande soeur, que j'admire toujours.
Qui n'était vraiment pas d'accord, qui ne me parlait même plus.
Tu vois ce que je veux dire ?
Ça, c'était difficile.
Mais toi ? Il n’y a rien de difficile puisque je te soutiens.
Ton frère aussi. On veut te voir réussir, être fiers de toi.
Tu vois ?
Apprends à être un peu égoïste.
Et n'oublie pas, il y a toujours le destin avant tout.
Ce qui est écrit, est écrit.
On peut préparer ce qu'on veut, mais le destin, c'est le destin.
Je vais te dire une chose, n'oublie pas.
J'ai des mauvais genoux et tu vas en hériter, alors dépêche-toi.
- Ça va ? - D'accord, mama.
Alors tu vas prendre ton courage et partir.
Merci, mama.
Que Dieu soit satisfait et te facilite.
On y va, j'ai pas encore fait à manger.
- Tu connais ton frère quand il a faim. - Yallah.
Que Dieu t’aide.
Mohammed.
Ça va ? Fatigué ?
Mon épaule me dérange, mais ça va aller.
- On va grappler, quand même ? - Oui, oui.
- Tarek ! - Oui ?
- Je peux me changer ? - Non, maintenant.
Assieds-toi.
Ça va, coach ?
Je reviens de l'ambassade américaine.
Ta demande de visa a été refusée.
Donc voilà.
Pour l'instant, je ne sais pas...
On peut contester, mais...
Il va falloir me laisser un peu de temps pour régler ça.
Tu l'as eu, toi ?
Le visa. Tu l'as eu ?
Tarek ! N'oublie pas. T'as de la chance.
Tu vas aux États-Unis. Le rêve américain, frérot !
New York, Los Angeles.
À toi le grand rêve !
Et moi, la semaine prochaine, je vais à Barcelone avec ma meuf.
Profite. C'est toi qui as le rêve américain, frérot !
Quand tu vois Trump, dis-lui : "Nique ta mère."
Dis-lui qu'il change de mèche. De l'autre côté, à gauche.
Viens, on se marie.
Quoi ? T'as dit quoi, là ?
Viens, on se marie.
Comment ça, on se marie ? Et l'Amérique ?
Je m'en fous de l'Amérique.
Je comprends pas. Tu me demandes de t'épouser ou... ?
Oui, mais enfin... Moi, je veux...
J'ai envie de finir l'université. C'est un peu tôt, quand même.
Tu peux pas te marier et étudier en même temps ?
Je ne sais pas, Tarek. Enfin, je...
Je t'aime.
Je vois mon avenir avec toi et tout, mais...
Je veux pas me marier. Pas maintenant.
T'es fâché ?
Te fâche pas.
- Je suis pas fâché. - Si.
Je suis pas fâché, je te dis.
Écoute, Tarek.
Je t'aime.
Je veux un avenir avec toi, mais j'ai même pas fini mes études.
Et à qui la faute ?
Parce que c'est de ma faute ?
T'es tout le temps occupée avec tes histoires de militantisme, là.
Tu crois que ça va faire une différence ?
Concentre-toi sur les choses importantes.
- Les choses importantes ? - Finir tes études !
Te marier, c'est la moitié de ta religion.
Tu veux même pas me présenter ta mère.
Tu crois que tes manifs changeront quelque chose ?
Ils en ont rien à foutre de toi.
Tu veux finir l'école ? C'est simple, enlève ton foulard.
T'es sérieux, là ?
À quoi je devrais consacrer mon temps, selon toi ? À toi ?
- C'est ça ? - Oui, à moi ! À moi !
Tu sais pourquoi je fais tout ça ? Regarde-moi.
Hé ! Regarde-moi.
Je me bats pas pour aller à l'école, je peux y aller.
Je peux aller dans d'autres écoles,
étudier à la maison. Je peux faire ça.
On se bat pas pour un diplôme, mais parce que c'est notre droit.
Ces endroits sont autant à nous qu'à eux. Tu comprends ça ?
Si t'as tant envie d'une famille, imagine avoir des filles.
Quelles filles ? Tu veux pas te marier.
- Mais c'est pas la question ! - C'est justement la question.
Écoute-moi bien.
C'est moi qui décide de ce que je fais ou pas, OK ?
Pas toi ni un imam, un président ou je ne sais pas quoi.
Je décide de ce que je porte ou pas.
Et si ça te dérange que je me consacre à ça,
bougez-vous le cul.
Vous parlez et vous nous critiquez sans cesse,
mais c'est nous qui faisons le taf ! Tu comprends ça ?
Ils nous jettent à terre et toi, tu nous laisses à terre.
Tu veux te marier ou pas ?
Non, je veux pas me marier.
- Salam. - Salam, Fouad.
La même chose ?
Juste un peu, mais vraiment un peu. Foire pas ma coupe, j'ai un annif.
- C'est bon. - Merci.
Sophia ? C'est encore moi.
Je t'ai appelée quelques fois.
Voilà...
Je voulais te souhaiter bonne chance pour la manif.
Et...
Voilà. Rappelle-moi.
Je t'avais dit de m'attendre. Dis-lui que je viens.
- Salam. - Salam aleykoum.
- T'étais où, mon frère ? - On est là.
- Tu pars quand ? - Bientôt, inchallah.
J'ai entendu qu'il y a eu un manque de respect avec Sabri.
Oublie Sabri.
Poto, il va arriver maintenant.
On va régler ça comme des bonhommes.
- T'inquiète. - Je vais m'approcher, là.
Aujourd'hui, on défend le droit d'accès
à l'éducation et au marché du travail
qui sont des sphères essentielles à notre émancipation !
Merci à mes soeurs pour leur force.
Nous ne vous représentons pas
car vous le faites vous-mêmes à merveille et merci pour ça.
Ne me libère pas !
Je m'en charge !
- Ne me libère pas ! - Je m'en charge !
Monsieur ?
- Vous venez de la manifestation ? - Non.
- Carte d'identité, s'il vous plait. - Pourquoi tu veux ma carte ?
Votre carte d'identité, s'il vous plait.
Dites-moi pourquoi.
- Venez avec moi. - Pourquoi tu me touches ?
- Monsieur... - Lâche-moi !
- Un problème ? - Y a pas de problème !
- Il refuse de donner sa carte. - J'ai pas à te la donner.
- Donne ta carte. - Arrête de casser les couilles !
- Contrôles de merde. - Viens.
Mais non, j'ai rien fait ! Lâche-moi !
Arrête !
Arrête !
Police, stop !
Arrêtez-le !
Chope-le ! Chope-le !
Tarek !
Monte !
Pourquoi les flics te suivent ?
On peut pas marcher tranquillement.
Marre de ces contrôles. Tout le temps !
J'espère qu'ils ont pas la plaque.
C'est pas ma voiture, j'ai pas le permis.
- Roule, frère. Roule. - Jusqu'où ? Tu te crois au Texas ?
- Putain, les flics ! - Avance.
Merde !
- Vas-y. - C'est un cul-de-sac !
Stop ! Stop !
Arrêtez-vous !
Ferme, ferme !
Merde !
Ouvre.
On retourne direct au quartier.
- Attends, je vais mourir. - Dépêche !
J'en peux plus, frère.
Viens, mon pote. Vite.
Putain...
Cours !
Fonce-leur dessus !
Tarek !
Tarek !
Fouad ?
Fouad ! Fouad !
Fouad !
Fouad !
Réveille-toi !
Réveille-toi, Fouad ! Fouad !
C'est bon, c'est bon.
- C'est bon. - Réveille-toi !
C'est bon. C'est bon.
Fouad, réveille-toi !
Fouad, réveille-toi !
Salam aleykoum.
À Dieu nous appartenons et à Dieu nous retournons.
Que Dieu le comble de récompenses. Que Dieu lui accorde sa miséricorde.
Tu voulais faire le lavage mortuaire ?
Infinie est la bénédiction de Dieu. C'est très courageux.
C'est très bien.
Alors je t'explique. On va le laver simplement
avec une éponge et de l'eau.
On va le laver en commençant par le haut du corps,
puis on va descendre, côté gauche, puis côté droit.
On va bien frotter avec de l'eau une fois, deux fois, trois fois.
Jusqu'à ce que tout soit propre.
Les parties intimes, on passe l'éponge en dessous.
On ne découvre pas.
Tu es prêt ?
On va lever les draps. Tu peux aller de ce côté, et moi ici.
On va rabattre les draps sur sa taille.
Voilà.
OK. C'est très bien.
Au nom de Dieu, tu peux tenir le bras.
Voilà, je t'en prie. Et on va bien nettoyer.
Que la bénédiction de Dieu t'accompagne.
Tu as beaucoup de mérite de t'occuper du corps de ton frère comme ça.
Que Dieu lui donne sa miséricorde.
Que Dieu l'accepte dans son Paradis.
Que Dieu nous pardonne.
Que Dieu lui donne sa miséricorde.
À Dieu nous appartenons, à Dieu nous retournons.
Son frère est très atteint. Il est...
Il a l'habitude d'être toujours avec lui pour aller à l'entraînement.
Il donnait des conseils, tout ça. Maintenant, il est seul.
Que Dieu le bénisse.
Entrez.
Je suis tellement désolée.
Mes sincères condoléances.
- Merci. - Aussi pour la famille, courage.
Merci.
Karim, s'il y a quoi que ce soit, tu sais que tu peux venir me voir.
À la semaine prochaine.
Coach.
Venez ici. Je vais aller faire un café, ça va ?
J'ai...
J'ai longtemps hésité à venir, mais...
Finalement, c'est ta maman qui m'a convaincu.
Et je pense qu'elle a raison.
Cet agent américain...
Il s'est occupé de ton visa. On l'a.
Donc...
Si tu veux, tu peux partir.
Évidemment, je ne sais pas...
Je n'imagine même pas tout ce que tu...
traverses.
Et je ne veux pas prétendre savoir ce que tu ressens.
Mais je sais, et ta maman aussi, de quoi tu es capable.
Je sais à quel point t'es fort.
Et je ne parle pas du combattant, mais de ta personnalité.
Tout ce que tu fais, tes sacrifices.
Le timing est pourri, j'en ai conscience.
Mais c'est une opportunité unique.
Ça peut tout changer.
Pas seulement pour toi, aussi pour ta maman.
Le choix t'appartient. À toi seul.
Et tu n'as rien à me prouver, je...
Je connais ta force.
Je peux réfléchir, coach ?
Bien sûr.
Bien sûr.
Que la paix soit sur toi.
Gloire à Dieu, j'ai pensé à toi ce matin.
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.