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- Je t'appelle tantôt.
- Je t'aime. T'es la meilleure. - Ton matricule?
- 90-62.
- Manuel Lacroix, c'est notre chef des opérations.
- Mme Ortiz.
Ce que je veux que tu saches, c'est qu'on fonctionne toujours
avec des grosses mises en scène, puis voit ça
un peu comme une ligue d'impro policière.
- Puis je suis ici pour faire un caméo?
- Tu vas jouer une cliente qui cherche un nouvel aspirateur.
- Je saute sur le comptoir pour voler l'argent.
- Non, non, non, non, non!
(grognements)
- Va prendre une douche, tu sens le fond de ruelle.
- Combien de méchants t'as attrapé?
- Une grosse centaine.
- Tu dois être fatigué. - Non, non, je suis top shape.
- Plusieurs au bureau sont impressionnés
par le travail de ton équipe.
- Bonne nouvelle, la haute direction nous ouvre les portes
pour élargir nos opérations.
- Je viens de me faire évincer.
J'habite dans mon char.
- Comme vous avez remarqué,
on a un nouveau membre avec nous ce soir.
Bienvenue!
Bravo pour ton courage. T'as pris la bonne décision.
Peut-être est-ce que t'aimerais te présenter au reste du groupe?
- Oui.
(raclement de gorge)
Je... je m'appelle Louis.
Mais tout le monde m'appelle Ti-Louis.
Euh...
Je suis un joueur compulsif.
Puis la dernière fois que j'ai joué,
c'est il y a 22 h 47 min.
- Bonsoir, Ti-Louis.
- Bienvenue, Louis. - Bienvenue, Louis.
- Bravo!
- Ca fait des années que je joue, mais...
c'est la première fois que je viens ici.
J'ai souvent essayé de m'en sortir par moi-même.
Et...
chaque fois que je pense être capable de m'arrêter
et de m'en sortir, je...
je replonge encore plus bas.
Puis hier...
Hier, j'ai... j'ai pogné le fond.
Si... si j'étais pas tombé sur un ange gardien...
je serais pas là, à soir.
- Merci pour ton témoignage, Louis.
- Ah, wow!
- Ah, c'est bon! - Merci!
- Ah, plus de café?
- Ah, merde, j'ai oublié d'en acheter.
- Pas grave.
Euh... ça va me prendre mon t-shirt, par exemple.
- T'es sûr de ça?
- Faut que j'y aille.
- OK, mais je te l'échange contre un petit service.
- OK.
- Alexandre Cyr. Je veux savoir quand il va sortir.
- Tu t'ennuies déjà de ton ex?
Ca fait même pas 8 mois qu'il est en prison.
- Il y a des détenus qui sont libérés au tiers de leur peine.
- Rose, t'as déménagé.
T'as changé de job, t'as changé de téléphone.
- Je sais, là, mais j'ai peur qu'il cherche à me retrouver.
Peux-tu faire ça pour moi?
- Ah, je pourrais perdre ma job.
- Oui, mais tu pourrais gagner un t-shirt.
(petit rire)
(sonnerie)
- Allô? Ca va?
- Ah, je suis bien fatigué. J'ai pas encore dormi.
Vous autres, ça va?
- Bien. On cherche Lapinou partout.
Chloé ne veut pas partir sans lui.
- C'est lequel, donc, lui?
Ah, shit!
Ca va, ma cocotte?
Maman m'a dit que t'avais fait des mauvais rêves cette nuit.
- Je suis allée voir maman et t'étais pas là.
Tu peux me faire le canard?
(imitation de canard)
- Jeff? Ils t'attendent pour commencer la réunion.
En tout cas, c'est un peu tendu en haut.
Manu arrête pas de...
- Oui?
Je suis dans l'immeuble. J'arrive.
C'est vite tendu quand c'est à propos de moi.
Fais-toi-z-en pas. - OK.
Le téléphone rouge, c'est pour l'équipe.
Le vert, c'est pour...
- Les appels perso.
Noir, c'est les suspects.
- OK. Noté, pour le code de couleurs.
- Euh, c'est à droite.
- Ah!
- Bon, astheure que Jeff nous fait grâce de sa présence
et que tout le monde a son petit café, on peut commencer.
- Désolé, urgence familiale.
- Je pensais que t'étais mort
vu que tu répondais pas à tes téléphones,
mais bon, quoi de neuf à ça, mon Jeff, hein?
Bon, notre sous-commissaire Rachel bien-aimée
a reçu une demande du service de police
pour une nouvelle opération Mr. Big.
Demande qu'elle a acceptée.
La victime, Karine Lemay, 36 ans.
Son corps a été retrouvé dans son véhicule
proche de son domicile à Verdun à l'automne 2010.
L'autopsie a conclu à un décès par strangulation,
asphyxie mécanique
résultant d'une forte compression manuelle.
D'après les marques dans le cou donnant la position des mains,
la victime a été étranglée par-derrière.
- Hum. Combien d'enfants?
- Un fils.
Mère monoparentale.
C'est la gardienne qui a alerté les autorités.
- Il l'a prise par surprise.
C'est peut-être déjà dans le char,
caché sur le siège arrière.
- Ca, c'est le meurtrier qui va pouvoir nous le dire.
Parce qu'il y a aucun témoin,
aucun suspect identifié à l'époque
et aucun mobile apparent non plus,
Sauf 40$ qui manquaient dans le portefeuille de Mme Lemay.
- Hum.
- La seule preuve matérielle, des empreintes digitales
trouvées sur un emballage de plastique de gants de latex
proche du véhicule de victime.
- Les empreintes de qui?
- Aucun match dans la base de données...
jusqu'à la semaine passée.
(bip)
(bip)
(bips)
- Monsieur, excusez-moi.
Mettez votre sac ici, s'il vous plaît.
♪ ♪ ♪
- 15 ans plus tard, pour une livre de steak haché,
il se fait ramasser par ses empreintes.
Il est pas chanceux, le gars.
- Oui, la faim, ça peut rendre imprudent.
Notre cible...
Louis Bernier, 46 ans, 31 à l'époque du meurtre.
- Y a-t-il un lien connu avec la victime?
- Non, mais Mme Lemay travaillait
comme croupière au Casino de Montréal.
- Mon Loup?
- Et Louis Bernier est un joueur compulsif.
Sa famille a coupé les ponts avec lui,
il doit de l'argent à tout le monde,
puis il a perdu sa job de comptable.
L'employeur a jamais porté plainte,
mais on le soupçonne d'avoir détourné des fonds ici et là.
- Pas bien bon pour les affaires que ça se sache, ça.
- Bon, ce serait quoi, nos motivations?
- Euh... quand tu parles de motivation, tu parles de mobile?
- Euh, non, je veux dire, qu'est-ce qui anime notre cible?
De quoi il a besoin maintenant dont on pourrait se servir?
Euh... Karine Lemay a jamais été agressée sexuellement,
et il y a rien dans le dossier de notre cible
qui démontre qu'il est en recherche active
de relations sexuelles.
Fait que le sexe, c'est non.
Par contre, il est en situation financière précaire au point
de voler de la nourriture dans une épicerie,
et il s'est fait mettre dehors de son logement
la semaine passée pour non-paiement de son loyer.
- Ca, ça veut dire qu'il est vulnérable.
C'est le timing parfait pour une opération.
- Il sera pas facile à localiser.
- Dans le dossier du service de police,
Louis Bernier passe ses soirées sur les machines de vidéopoker
du bar Escale sur Bélanger
depuis qu'il a été banni du casino.
C'est dret là que tu vas l'approcher.
- On y va. Ciao!
- Ciao, man!
- OK, mon Jeff, on garde ça simple, hein?
Une petite partie amicale, tu perds, tu payes à boire.
(sons électroniques de la machine)
(soupir)
- Va chier, câlisse!
- Petite game de pool? Ma tournée.
Il est parti aux toilettes.
Il a pas l'air de filer.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Je sais pas, il a l'air... off.
- Suis-le donc, juste au cas.
(soupir)
(cognement)
- Hé, hé!
Hé, OK!
- OK, Jeff, as-tu moyen que tu nous dises ce qui se passe?
- Tombe pas, crisse!
- Jeff, Jeff, parle-moi, là!
(cris étouffés)
(cris indistincts)
- Ca, c'est...
- Hé, veux-tu bien?
Hé, Ana, dès que t'as fini de prendre son char en photo,
tu reviens, OK?
(halètement)
Jeff, come on, fais-moi signe, là!
Jeff! Jeff, je ne la trouve plus drôle, là!
(toux)
OK, Jeff, tu me parles ou on débarque, là. Go.
- Respire. Respire. Tu vas être correct.
OK. Pas de panique, là. Pas de panique.
Tout est sous contrôle, OK?
- OK, message reçu. Tiens-nous informés.
(halètement)
- Je sais pas ce qui m'a pris.
- C'est un moment de détresse.
Ca arrive à tout le monde.
Tu vas être correct. Tu vas être correct.
Tu vas être correct. Je te le promets. OK?
OK, Fait que tu dois être dans la marde en crisse, toi,
et souffrir en crisse, là, pour faire ça, là.
Te pendre ici. - Shit!
- Je peux pas te laisser de même, man, OK?
Faut que tu parles à quelqu'un.
(soupir)
Tu peux me parler si tu veux, là.
On se connaît pas, là, fait que tu peux tout me dire.
(gémissement)
Tu me croiras pas, là, mais...
Moi avec, j'ai touché le fond il y a 5 ans.
On a tous nos zones d'ombre.
Je sais pas c'est quoi, la tienne,
mais moi, c'est le jeu.
Une nuit, au poker, j'ai...
j'ai perdu la maison de mon enfance
que ma mère venait juste de me laisser.
J'avais assez honte.
Je me suis arrêté avec mon char dans un stationnement
et j'ai vomi.
Quand j'ai levé la tête,
j'ai spotté un beau grand mur de briques.
Je me suis enligné dessus bien comme il faut.
Une pédale au plancher.
Je roulais tellement vite, c'est comme si c'est le mur
qui me fonçait dessus.
Après ça, je ne me souviens plus de rien,
mais la police a dit qu'il y avait aucune trace de freinage.
- Il est vraiment bon.
- C'est le meilleur. - Le médecin m'a dit que...
- Il m'a à chaque fois.
- ... c'est un miracle
que je m'en sorte avec juste une coupe de cicatrices.
Tiens.
(soupir)
J'ai compris que la vie me donnait une 2 chance.
J'ai décidé de la prendre.
- Je pense que...
Je pense que j'ai besoin d'aide.
- Je suis là.
Je te lâche pas.
Tu peux compter sur moi.
OK?
- Regarde, il va être correct pour à soir.
Tu lui as redonné espoir.
- On s'occupe du reste, OK?
- Oui, mais il faut changer le set-up.
Jeff ne peut plus appartenir à un réseau de prêteurs.
- On pourrait faire la compagnie d'import-export.
Ca pogne, ça, d'habitude.
- Checkez ça, c'est des photos de son char.
- Oui, c'est une Mercedes 85 ou 87.
Elle est maganée, mais c'est la seule chose qui n'a pas vendu.
- Oui, il y a tellement de stock,
j'ai l'impression qu'il vit dedans.
- Il a besoin d'aide?
On va lui en donner.
- Si j'étais pas tombé sur un ange gardien...
je serais pas là, à soir.
- Merci pour ton témoignage, Louis.
Est-ce que... quelqu'un d'autre aimerait partager aujourd'hui?
- Bonsoir!
Moi, je m'appelle Ana.
Avec un "N".
Ca fait un mois que je viens ici
et que je vous écoute parler sans rien dire, mais là...
j'ai besoin de parler.
Moi, tout s'est arrêté... tout d'un coup.
Mon chum m'a laissée parce qu'il n'était plus capable.
J'ai perdu ma job parce que je leur devais de l'argent,
puis ma mère est décédée subitement.
Tout ça dans la même semaine.
J'ai pas connu mon père.
J'ai pas de frère ni soeur, fait que...
je me suis ramassée avec l'héritage.
Quand j'ai reçu l'argent...
j'ai passé une nuit au complet
à me demander ce que j'allais faire.
Puis le lendemain matin, je me suis acheté
un billet pour Vegas et un autre pour Macao.
Je suis pas capable d'arrêter.
Là, je n'ai plus de cash,
je n'ai plus d'amis, je n'ai plus de famille,
je n'ai plus de chum.
Je n'ai plus rien.
Le pire, c'est que je me sens même pas si mal.
Je...
Je suis faite de même.
Mais là, au moins, j'ai vous autres.
- On est tous là.
- Bravo pour ton partage, Ana.
Tu fais beaucoup de progrès.
On va finir la session avec la prière de la sérénité.
- (ensemble): Mon Dieu, donne-moi la sérénité
d'accepter les choses que je ne peux changer,
le courage de changer les choses que je peux,
et la sagesse d'en connaître la différence.
- Amen.
- Euh, la fille là-bas, Ana, la connais-tu?
- Oui, on s'est déjà croisés.
Une habituée des tournois clandestins pendant un bout.
Je sais qu'elle a passé les dernières années à Macao.
Pourquoi?
- Pour rien.
C'est juste que...
je sais pas si t'as remarqué, mais elle regardait à droite
tout le temps qu'elle parlait tantôt.
- OK. Puis?
- Bien, en synergologie, quand tu regardes en haut à droite,
ça veut dire que t'es en train
d'imaginer ou d'inventer ce que tu dis.
En fait, t'es littéralement en train
de construire une histoire de toutes pièces, tu comprends?
OK, t'as jamais entendu parler de ça, la synergologie?
- Euh, un peu.
- C'est la science qui décode le langage non verbal.
En gros, nos gestes disent tout ce qu'on ne dit pas.
Checke bien, je vais te donner un exemple.
La fille, tantôt, quand elle parlait,
elle n'a pas arrêté de cligner des yeux
et elle s'est gratté le nez de même.
- Elle a peut-être juste le bout du nez qui piquait.
- Pourquoi le nez, hein?
Tu sais, pense à Pinocchio, là.
C'est pas pour rien que c'est le nez qui allonge quand il ment.
Ca et le clignement des yeux,
c'est des signes qui trompent pas.
Moi, j'ai suivi plein de séminaires et des cours
avec les plus grands synergologues du monde
et je vais te dire rien qu'une affaire:
astheure, 90% du temps,
quand une personne me ment, je le sais.
- C'est pour ça que je suis bon de même au poker.
- Excusez.
Je vais te dire une affaire, mon chum.
Je suis sûr à 100% que cette fille-là, elle ment.
- Ah...
- Quand je me plantais en audition,
je me sentais exactement de même.
- Moi, j'y ai cru.
- T'en penses quoi, mon Loup?
- Il a visé juste, mais c'est pas
à cause de la performance d'Ana.
- Non, il veut m'impressionner.
C'est un power trip.
Vous auriez dû voir ses yeux
quand il me parlait de synergologie.
- C'est quoi, la synergologie?
- C'est une pseudoscience qui prétend qu'elle peut décrypter
le langage corporel, mais perso, j'y crois pas.
C'est pas basé sur aucune recherche scientifique sérieuse.
Mais Louis Bernier, lui, y croit.
- Il est encore plus weird que je pensais.
- Plus je l'observe, plus j'ai l'impression qu'on a affaire
à une personnalité paranolaque.
C'est assez fréquent chez les paranolaques
de développer une fixation sur une personne précise.
- Mais tu veux dire quoi?
Tu veux dire qu'il aurait un crush pour Ana?
- Oui, mais pas dans le sens positif du terme.
Je pense pas que le fait qu'Ana soit une femme
change de quoi pour lui.
Il est pas misogyne,
et je pense pas qu'il veut coucher avec elle non plus.
J'irais plus du côté de l'âge,
comme si Ana lui rappelait quelqu'un de cet âge-là.
- Je suis renseigné sur ton ex.
Il a fait sa demande de libération conditionnelle.
- Ca veut dire qu'il va sortir de prison?
- Non, non, non, ça veut dire
que la commission étudie sa demande.
- Mais est-il admissible?
- Bien, techniquement, oui.
C'est sa première condamnation pour trafic de stupéfiants.
(soupir)
Pourquoi t'as aussi peur de lui?
- C'est un gars jaloux, là. Tu comprends pas, là.
- Jaloux comment?
T'a-t-il déjà menacé? Frappé?
- Non, mais c'est...
un gars qui est habitué
d'obtenir toujours tout ce qu'il veut,
puis de contrôler son monde.
- Regarde, là, je suis pas supposé, mais...
je vais garder un oeil sur le dossier.
Puis s'il faut, là, je vais faire aller mes contacts.
Je le laisserai pas s'approcher de toi.
(vibrations de cellulaire)
- Excuse.
(vibrations de cellulaire)
- Oui?
Euh...
OK. Bouge pas, là. J'arrive.
- C'est qui? Ta femme?
- Non, c'est... un problème, là, qui peut pas attendre.
J'ai vraiment pas le goût de partir.
- Bien, reste. On revient après.
- Ouais, peut-être que mon problème peut attendre.
(petit rire)
- Excuse le retard. Gros trafic.
- Pas de trouble.
- Mais t'as eu le bon réflexe, hein.
M'appeler, là, au lieu d'aller gambler.
2$, s'il te plaît.
Prends ce que tu veux, hein. C'est moi qui invite.
- OK.
80$, le steak? Calvaire!
- Fais-toi-z-en pas avec ça. L'argent, c'est pas un problème.
- Je vois ça.
Qu'est-ce que tu fais comme job, exactement?
- Mon rapport d'impôt,
ça dit actionnaire d'une compagnie d'import-export.
- Dans quel domaine?
- Véhicules de luxe.
- OK, OK, je comprends.
T'es comme un... comme un genre de concessionnaire?
- Oui, disons un très gros concessionnaire
qui accepte juste de se faire payer en argent cash.
- Et ça va bien, la business?
- J'ai pas à me plaindre. Je manque de rien.
La maison de mes rêves, mon condo dans le Sud,
Je change de char à tous les mois.
- Tu sais que j'ai fait mon cours de comptable?
Si jamais t'as besoin.
- Ah, écoute.
Mes associés et moi, là, on n'a pas trop l'habitude
d'ouvrir nos livres à du monde qu'on connaît pas, là.
- Ouais. Ah...
- Mais serais-tu intéressé, mettons,
pour commencer à faire un petit 200$ facile?
- Ah, mais...
Peut-être.
- Tu vas aller chercher une enveloppe chez un fournisseur.
- C'est tout? - C'est tout.
- Dis que tu viens de la part de Big.
- C'est qui ça, Big? C'est toi?
- Big, c'est le grand boss.
C'est le grand boss de la compagnie.
C'est lui qui est au top.
- Mais... Pourquoi tu peux pas aller la chercher toi-même?
- Si j'y allais moi-même, tu pourrais pas faire 200$.
- Salut! - Salut!
- Il y a quelqu'un
qui est supposé passer chercher une enveloppe.
C'est moi.
- Je te connais pas, toi.
- Je travaille avec Jeff.
- Je connais pas de Jeff, moi.
- Je travaille pour Big.
- Je connais pas de Big non plus.
- Me niaises-tu, toi?
- J'ai l'air de niaiser, mon tabarnac?
- Même pas un vrai. - Ouais, hein?
As-tu le goût de prendre ta chance, osti?
- OK. OK. Regarde, je vais faire une affaire avec toi, OK?
Là, tu vas prendre ton téléphone, là,
et tu vas appeler Jeff ou Big ou ton boss,
et tu vas t'arranger
pour que je reparte d'ici avec l'enveloppe. OK?
- Ouais, tu penses que ça m'impressionne?
Tu penses que j'ai pas vu neiger, moi?
(coups de klaxon)
- Câlisse! Le gars voulait pas me donner l'enveloppe.
Il m'a même sorti un gun.
C'est pour ça que tu voulais pas y aller? Tu savais que...
- Qu'est-ce que t'as fait?
- Je l'ai prise pareil.
Tiens.
J'aurais pas dû?
(petit rire)
- Non, t'as fait exactement ce qu'il fallait faire.
Ouvre-la.
Envoye, ouvre-la.
- C'est quoi, la joke?
- Juste un petit test pour voir si t'étais motivé
et si je pouvais te faire confiance.
C'a l'air que t'es à la hauteur.
- OK, fait que... le gars, il travaille vraiment avec toi?
- Gariépy, c'est beau, il est avec nous depuis un bout.
Il fait dire de te donner ça aussi.
- Non, c'est à moi, ça. Quand est-ce que...
Osti!
Je me suis même pas rendu compte quand il me l'a pris.
Oh, shit!
Quand même!
- Garde le change.
As-tu faim?
- Oui.
- Toujours faim.
(vrombissement du moteur)
- Allô! T'es déjà là?
- Allô? Ouais.
Je fais juste passer chercher une couple d'affaires.
- Tu t'en vas quelque part? Tu t'en vas ou?
- Tu sais que je peux pas dire ce genre d'affaires là.
- OK. Mais est-ce que je peux savoir au moins
combien de temps tu vas être partie?
- Je sais pas. Une journée, peut-être deux.
- Deux jours?
Et notre rendez-vous?
T'as oublié? Je te rappelle que c'est ton idée à la base.
- Non, non, j'ai pas oublié, là.
C'est juste que j'y pensais pas là, là, OK?
- Est-ce que ça va? T'as l'air stressée.
- Non, je suis pas stressée.
Je suis juste pressée. On m'attend.
- Oui, mais qu'est-ce qu'on fait pour notre rendez-vous?
On annule? - Mais non, on annule rien.
Non, je vais te laisser en faute demain matin. OK?
- OK.
Bye!
- J'ai commencé en bas de l'échelle, là.
Maintenant, je suis un associé.
- Ouais.
Comment on fait pour devenir un associé?
- Ah, faut pas avoir peur de se salir les mains.
- Hum.
- Si t'en veux plus, il faut prendre des risques.
Comme au poker.
Notre spécialité, c'est les chars de luxe.
Ah, on fait d'autres affaires aussi, mais...
on tient à rester low profile, tu comprends?
- Hum, hum.
- C'est pas mal ça, la clé de notre succès.
C'est comme ça que la compagnie grandit, qu'on fait de l'argent.
On est invisibles.
- OK.
Mais tu faisais quoi au bar L'Escale le soir ou...
Bien, ou...
- Je t'ai croisé?
J'étais supposé rencontrer un gars
qui s'est jamais pointé pour une job.
Remarque, c'est peut-être une bonne affaire.
Sinon, je serais jamais tombé sur toi.
- Oui, c'est vrai. Hum, hum.
- Qu'est-ce que ça t'a fait, tantôt,
d'avoir un gun dans la face?
- Bien, je m'attendais pas à ça.
C'est la première fois que ça m'arrivait.
- On s'habitue jamais vraiment à ça.
- Hum.
- Envoye, embarque. J'ai des affaires à te montrer.
- OK. - Pas de moutarde dans le char.
OK? - Hum, hum.
(coups de feu)
Je pense que je suis un natural.
- Pas grave, pas grave.
OK.
Fais-toi-z-en pas avec ça.
Ca fait ça à tout le monde.
Au début, t'es pas pire.
Après ça, ton corps se met
à anticiper le bruit de la détonation, le choc du recul.
C'est une réaction physique très normale, hein.
Tu te crispes, tes yeux se ferment une fraction de seconde.
Ca s'appelle la réponse biomécanique.
- Ah. OK.
- Faut juste que ton corps s'habitue.
(coups de feu)
Essaie pas d'être précis. Pratique.
(coups de feu)
Yeah!
- Man, c'est malade!
C'est un osti de feeling.
- 20$ qu'il a joué sa paie.
- Non, t'as perdu.
Après le chantier, il était allé mettre du gaz dans son char
et il en a profité pour se laver à la station-service.
C'est là que je l'ai laissé.
- Il était comme sur un high quand il tirait.
Il m'a fait peur.
En tout cas, comme exercice d'empowerment, ça a marché.
- Qu'est-ce que tu fais, Boum-Boum?
- Euh...
- Ton capteur de signaux?
- Ouais.
- Comment ça marche?
- Magie.
(bruits d'une machine à sous sur le cellulaire)
- Allô? - Ti-Louis?
Es-tu prêt? - Oui.
- Mon lave-auto préféré à Montréal.
Ca, là... c'est un relais qui peut capter
le signal des clés électroniques dans un rayon de 5 mètres. OK?
- OK. Et là, on fait quoi?
- On attend. - On attend... on attend quoi?
- Ca.
Lui, là, il travaille avec nous autres.
On a bien des gars de gang de rue
qui achètent des voitures pour qu'on les vole après.
Eux autres, là, ils réclament de l'assurance
et nous, on les revend dans des pays arabes.
- OK. Vous faites du double dip?
- Tu comprends vite.
- Et moi, je fais quoi, là?
- Tu rentres dans le lave-auto avec moi, tu sors du char,
Tu marches le long du mur du garage.
Quand t'arrives proche de l'autre gars,
t'appuies là-dessus. OK?
- Sur le relais? - Oui.
Ca capte le signal de sa clé. OK?
Dès que la voie est libre,
tu rentres dans le char, tu pars avec.
On se retrouve au port, OK?
- Parfait.
- Excuse, j'ai oublié de te demander,
as-tu... as-tu un casier, toi?
- Non.
- OK, good.
- Lave juste l'extérieur, s'il te plaît.
(vrombissement du moteur)
(coups de klaxon)
- Fuck, fuck, fuck!
(coups de klaxon)
- OK, les gars. Allez-y.
- Tabarnac de câ...
Fuck!
(bruits d'une machine à sous sur le cellulaire)
Oui. Hé, j'ai rien fait de pas correct.
- Fais ce que je te dis.
Donne ton permis au policier, je m'occupe du reste.
- Hein? Quoi? - Fais ce que je te dis.
- OK.
Fuck, fuck, fuck!
- Big s'en occupe. OK?
- Tabarnac...
- Reste calme.
Reste calme.
Regarde, je t'avais dit que j'en avais pas,
mais j'en ai un casier.
Pas des grosses affaires,
un petit vol dans une épicerie, mais...
- Hé, attends.
On en a tout un, casier, c'est pas ça le problème.
Le problème, c'est que tu m'as menti.
- Je voulais pas, Jeff, je te jure!
C'est juste que j'ai eu peur
que tu veuilles pas que je fasse la job.
- C'est la dernière fois que tu me mens.
- Vous êtes en règle, monsieur, vous pouvez y aller.
- Merci, monsieur.
- Tiens.
- Non, c'est beau, j'en ai déjà un, merci.
- Ca va t'en faire deux.
Ta cut.
- Tu remercieras encore une fois ton boss
pour tout ce qu'il fait pour moi.
- Compte sur moi.
- Elle, Ana avec un "N",
elle a pas l'air de t'aimer bien, bien, hein?
On dirait même qu'elle a peur de toi.
- Ouais, elle sait je suis qui.
Moi, avec, astheure, je sais elle est qui.
T'avais raison, c'est une menteuse.
Une tricheuse.
Elle a organisé une soirée de poker truquée.
Il y a deux de mes associés qui sont faits avoir.
- Osti... Moi, je peux pas supporter les tricheurs.
Si tu triches, c'est parce que t'es pas assez bon.
Qu'est-ce que tu vas faire?
- Je vais lui donner une petite leçon.
On touche pas aux associés de la compagnie.
- Moi, je suis all in.
Mais...
si tu devais tuer quelqu'un, toi, tu ferais comment?
- Un gun.
- Moi...
Je planterais mon couteau dans le ventre.
Puis je remonterais vers le haut, jusqu'au plexus.
- Karine Lemay a pas été poignardée,
elle a été étranglée.
- Mais pourquoi il a dit ça, d'abord?
Pour se vanter devant Jeff? - C'est possible.
- Il a juste eu l'air d'un osti de psychopathe.
- Ou c'est les pensées obsessionnelles
d'une personnalité paranolaque,
mais on est probablement dans l'ordre du fantasme.
- Là, on fait-tu quand même le scénario ou Ana se fait battre?
- Oui, oui, oui. Oui, oui, on change rien à nos plans, là.
On a absolument besoin de ça à l'étape ou on est rendus.
Il faut qu'il sache que l'organisation de Jeff
a absolument rien contre la violence faite aux femmes.
- J'ai un visuel sur Bernier.
Il vient de sortir du bar L'Escale.
- Je le savais qu'il allait jouer sa paye, lui.
Jeff, veux-tu m'aider à descendre?
- On s'en fout qu'il joue sa paye ou non.
On n'est pas là pour l'empêcher de rechuter.
On est là pour lui faire avouer le meurtre d'une femme.
Bon, qu'est-ce qui se passe, là?
- Attends une minute. Attends, là. Je checke de quoi.
(sirène au loin)
- Camille! Mimi!
- Tu m'as fait peur.
- Excuse-moi, c'était pas mon intention.
Je t'ai appelée, mais t'entendais pas.
- Qu'est-ce que tu veux, papa?
Si tu veux me demander de l'argent,
je te le dis tout de suite, je n'ai plus une maudite cenne.
- Je le sais. T'habites dans un un et demi et t'as 2 jobs.
- Comment tu sais ça, là? Me suis-tu?
- Je me suis repris en main. Je suis même en thérapie.
Oui, oui, je touche plus au jeu pantoute.
Prends ça, là.
Je sais que c'est pas grand-chose,
mais j'ai des belles opportunités en ce moment.
Je suis en relation
avec des hommes d'affaires, des big shots.
- Crisse, t'as pas changé.
- Je sais ce que tu penses, mais c'est pas de la bullshit.
Ces gens-là pourraient vraiment
changer ma vie et la tienne aussi.
- Ca m'intéresse pas, je veux rien savoir de tes histoires
qui se tiennent pas debout, laisse-moi tranquille!
- Mimi!
- Checke ça, Manu.
- Toujours là?
- Oui, oui, on t'écoute.
Hé, Louis Bernier, là, il a une fille, lui, hein?
- Euh, oui, oui.
Oui, j'ai vu ça quelque part dans les dossiers, là,
mais il l'a pas vue depuis une couple d'années.
- Oui, bien, ça vient de changer, je pense,
parce qu'on dirait qu'il essaie
de reprendre contact avec elle.
- Oui, bien, il y a pas juste ça qui vient de changer, là.
Boum-boum a fait des vérifications
auprès du service de police,
puis il y a un prêteur sur gages
qui a été assassiné il y a 3 ans.
Mais ce qui est particulier, écoute bien ça,
c'est que le tueur a remonté le couteau
jusqu'à éventrer sa victime.
Aucune empreinte digitale.
Mais des cheveux ont été retrouvés
sur les vêtements du shylock.
Si on a un match d'ADN avec Louis,
c'est pas juste pour le meurtre de Karine Lemay
qu'on va pouvoir l'arrêter.
- OK, mais attends, ça change la donne.
Si c'est Louis, c'est pas un fantasme,
il y a des chances qu'il passe à l'acte.
Il y a peut-être un couteau sur lui, puis on le sait pas.
Je pense qu'il faudrait envisager
d'annuler le scénario avec Ana.
- Non, non, non, non, non, non.
Le risque zéro n'existe pas, surtout pas dans notre job.
Si le suspect reste à distance à l'extérieur,
Ana sera pas en danger.
OK. On continue comme prévu,
mais il nous faut l'ADN de Bernier le plus vite possible.
- Ca va être la partie facile, au nombre de bières qu'il boit.
- OK.
- Tu vas arrêter de chialer, là!
(gémissements)
C'est correct si je tiens comme ça?
- Ouais. - OK. Et ton dos?
- Ouais, ça va, j'ai un pad.
- Ca sera les rideaux entrouverts,
et la lumière allumée
pour que Bernier voie ce qui se passe stationnement.
Il va avoir comme consigne de rester dans le char
et de surveiller les alentours.
- OK. Ca, c'est pour toi.
Si tu croques là-dedans au bon moment, ça va colorer ta salive,
tu vas avoir l'air d'avoir la bouche en sang.
C'est bon? Ca, c'est pour toi. - OK. Oui.
- Ca, c'est l'argent que tu réussis à avoir d'elle,
fait que garde-le sur toi.
Tu le montreras à Bernier en sortant du motel.
- OK.
- Je vais aller me nettoyer.
- On reprend ça tout de suite. - OK.
- Let's go.
(ouverture d'une cannette)
- Elle reste ici depuis qu'elle est revenue de Macao.
Elle est là, là, en ce moment.
Eh, come on, Ti-Louis. Prends-la, ta gorgée.
- Check. T'as pas besoin d'être nerveux.
Là, tout ce que t'as à faire, c'est rester ici
et surveiller aux alentours. OK?
- OK, Ana, Jeff s'en vient.
Assure-toi que le rideau de ta chambre soit bien ouvert
pour que la cible puisse te voir comme du monde.
- OK. Bien reçu.
- Non, non, non! Toi, tu restes là-dedans
et tu klaxonnes s'il y a quelque chose.
- Je suis capable de te backer.
De toute façon, il y a pas un chat, hein?
- Hé! Répète ce que je viens de te dire.
- Comment tu veux que je me prouve si je reste en arrière?
T'arrêtes pas de me parler
de confiance et de loyauté, fait que...
- Hé, tu fais tes preuves en faisant ce qu'on te demande.
- Justement! J'ai fait tout ce que tu m'as demandé.
J'ai été bon joueur.
- Osti qu'il est tête de cochon! - Je sais.
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse
de plus pour avoir ta confiance, hein?
De toute façon, elle t'ouvrira pas, elle a peur de toi.
Mais moi, moi, je suis juste Ti-Louis,
des Joueurs anonymes.
- Hé, non, non, non, Jeff.
Il en est pas question. Tu m'entends?
- OK.
OK, viens-t'en.
- Jeff, qu'est-ce que tu fais, là? Tabarnac!
Stand-by, Ana. Le suspect se dirige vers ta chambre.
- Peux-tu répéter ça? - On l'annule.
On l'annule tout de suite, - Ca va être correct. OK?
Calme-toi. Checke ton ordi.
- Non, mais pourquoi tu fais ça?
- Je veux juste m'assurer que ça ne dérape pas
et que ça monte jusqu'au big boss.
- Ah ouais, non, OK, je pense comprendre ce qu'il fait, là.
OK, stand by, Ana.
Le suspect se dirige vers ta chambre, mais il est pas armé.
- Manu, je reste ici.
- OK, mais là, qu'est-ce que je fais, là?
- On fait exactement comme prévu. On suit le plan.
Fais confiance à Jeff.
- OK.
- Euh, c'est Louis, des Joueurs anonymes!
Hé! Hé! Salut! Tu me replaces?
(petit cris)
- Tu vas me rendre l'argent que t'as volé à mes chums,
avec les intérêts, en plus.
Tu sais pas avec qui tu deales, la petite.
- Je sais pas de quoi tu parles, je te le jure!
- Elle me mens en pleine face, esti!
Checke dans ses affaires, là, si tu trouves pas de l'argent!
- Ca va être correct.
- La prochaine fois que tu t'en prends à nous autres, là...
- Arrête de me chuchoter dans l'oreille.
OK, là, vous sortez de là au plus vite.
Boum-Boum est dans la salle de bain.
- Il y a rien ici.
Je vais aller voir les toilettes.
- Dans mon char! L'argent est dans le coffre de mon char!
- Trouve ses clés! Trouve ses clés!
- Ah! Ah, non!
- OK, là, tout le monde écoute, tabarnac.
Il est hors de question qu'on le perde.
Jeff, tu t'arranges pour avoir l'air de sortir
le cash de la valise, et tu la laisses partir!
- Attends.
(bip de la voiture)
- Aide-moi. Laisse-moi partir. - Toi, là!
- S'il te plaît.
- Toi, là, ta gueule!
(gémissements)
- Tabanac! Jeff! Jeff, câlisse!
(cris)
- Osti de câlisse!
- Viens-t'en, toi! Ostie de folle!
Va te coucher!
- Osti! C'est une police, man!
On peut pas partir en la laissant même!
- On a le cash, là! On a le cash!
- Je te dis que c'est une police!
- Viens-t'en, viens-t'en, viens-t'en!
(profonde inspiration)
(vrombissement du moteur)
(La voiture s'éloigne.)
- Joelle?
Je l'ai, son ADN.
- C'est une police. C'est une police, c'est évident.
- Voyons, calme-toi, là. Calme-toi.
- Non, t'as vu la façon qu'elle s'est défendue?
- Elle a peut-être pris des cours d'autodéfense.
Peut-être écoeurée de se faire agresser par du monde
qu'elle connaît à peine dans un motel?
- L'argent que t'as trouvé dans son char, c'est quoi, ça?
- C'est rien que de l'argent! OK, ça veut rien dire!
Tu paranoles!
- Jeff, ça se voit! Allume!
Sous-titrage: MELS
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