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Passage d'un train
Musique intrigante
- Dans la nuit du 13 au 14 septembre 1964,
le monde vivait en paix.
Qui, cette nuit-là, appuya le premier sur la gâchette ?
Qui recassa le vase de Soisson ?
Bref, qui donna
le 1er coup de pied au cul ?
Aaah !
Aaah !
Pout, pout, pout - Aaah !
Bris de la fiole
Quinte de toux
Il est dingue, celui-là ?
Allô ?
Crissement des freins
Musique intrigante
Excellence, je vous rejoins tout de suite.
Sifflet du train
Le train repart.
Son Excellence a fait
un bon voyage ?
Son Excellence a dormi,
comme un bébé.
Son Excellence Bénard Shah ne s'est pas réveillé ?
T'es sûr de la voiture ?
Compartiments 14 et 15, voiture 8.
Y a pas d'erreur possible.
Oh ! J'aime pas ça du tout.
Mais alors, pas du tout !
Nom de Dieu !
Ecoutez, M. le Principal.
Son Excellence n'est pas dans le compartiment.
♪ C'est pas possible. Demandez à Fiduc.
Je me fous de Fiduc. Ah !
En plus, j'ai 3 macab' sur les bras.
- Alors ?
Dugoineau s'est fait descendre.
Et son Excellence a disparu, mon Colonel.
Félicitations !
Avouez que vous êtes doué !
On le suit depuis des années.
Il doit livrer des rockets à la rébellion sud-asiatique
et inonder les Caraïbes de mortiers.
Et c'est maintenant que vous le perdez ?
Ça va être très apprécié.
Musique militaire
- Alors ?
Mes respects, M. le Président.
Son Excellence Bénard Shah a disparu.
Félicitations !
Musique samba
- La disparition du magnat de l'armement
venait d'éclater comme une bombe.
Les services secrets des grandes nations
lancèrent, à sa recherche, leurs agents
les plus perspicaces et les plus dynamiques.
Parmi eux, nous citerons
Variation sur "La Marseillaise"
Ecoutez, c'est pas possible !
J'ai loué une villa. Je pars dans une heure.
Bien, mon Colonel.
Oui, mon Colonel.
Au revoir, mon Colonel.
- Voici Francis Lagneau,
dit "Petit Marquis", dit "Chérubin".
On oublie Plougastel. Dit "Talon Rouge",
dit "Falbala", dit "Belles Manières".
Il est connu dans certains milieux
sous le sobriquet de "Requiem",
dit "Bazooka",
dit "La Praline",
dit "Belle Châtaigne".
C'est curieux comme les gens sont méchants.
Citoyen de Genève, dépositaire de la pensée neutraliste,
voici Eusebio Cafarelli, dit "Le Chanoine",
entomologiste et esprit distingué.
Son mysticisme,
hostile au rationalisme de Saint Thomas
et à l'orthodoxie de la scolastique,
peut le pousser à des actions brutales
réprouvées par sa conscience.
Mais nul homme n'est parfait.
Coups de feu
Compatriote de Goethe et de Wagner,
voici Hans Müller, dit "Le Bon Docteur".
Philologue, musicien et humaniste,
chercheur de vérité,
auteur d'un ouvrage introuvable :
"Les Points sensibles
"ou la thérapeutique contre le mensonge".
- Hans Müller !
Schnell, Hans Müller.
Tovaritch, Boris Vassilieff.
Da !
- Apôtre de la coexistence,
Boris Vassilieff, sujet très doué,
surnommé dès l'enfance "Trinitrotoluène".
Da !
Pianiste virtuose. Da.
Pyrotechnicien confirmé. Da.
Boris est classé, par ses supérieurs,
dans la catégorie des esthètes turbulents.
Mais Bénard Shah demeurait introuvable.
Un évènement imprévu donna l'avantage aux Français.
Musique moyen-orientale
Comme les indicateurs n'existent pas,
la Sécurité sociale ne les reconnaît pas,
c'est grâce à son instinct légendaire
que le S.R. français apprit que son Excellence Bénard Shah
venait de réserver une suite dans un hôtel d'lstanbul.
Vous m'avez bien compris ?
Simple reprise de contact avec un ami très cher.
Mission de courtoisie. Pas de zèle, du tact.
Vous me connaissez, non ? Oui, justement.
I am very glad to see you here, sir.
S'il pleut encore, les fraisiers seront en retard.
Mais les grenouilles seront en avance.
Son Excellence ne devrait pas tarder.
Bien.
Musique intrigante
A quel nom ?
M. Beulemans.
Nous vous avons réservé
une chambre silencieuse au septième.
♪ Le septième ?
♪ -Nous la réservons à nos meilleurs clients.
♪ -Montrez-moi ma chambre.
♪ -Quand vous voudrez.
M. Bénard Shah est-il arrivé ?
Le Chinois vient de tomber de la terrasse.
Un client part, un autre arrive.
- Il arrive, parfois, que devant un péril commun,
l'Occident parvient à s'unir.
Non, monsieur. M. Bénard Shah n'est pas encore arrivé.
Non, non, non, non.
Musique flamenco
A la même heure, M. Bénard Shah mourait à Paris,
suivant la recette de feu le président Félix Faure.
Elle hurle.
Mme Pauline !
Il ne bouge plus. Il ne dit plus rien.
Mesdemoiselles.
Que se passe-t-il ? Accident de parcours.
Je peux à la rigueur prendre un message.
Le petit shah est mort.
Bah, c'est tout ?
Euh Comment vous écrivez ça ?
S, H, A, H.
Oh, nom de Dieu !
Mm Mon Colonel.
Le petit shah est mort.
♪ Oh, le salaud !
Bénard Shah, grand ami de la France,
est mort dans les bras de son admirable épouse,
dans le château des Hohenzollern, près de Munich.
Une mort aussi édifiante que le fut sa vie.
Et à part ça ? Quoi, à part ça ?
Ça, c'est la version pour France Dimanche.
Je peux avoir la vraie ?
La voici. Assez contrariante.
Mme Pauline n'est pas sa femme.
Et son bouic de la rue de Chazelles
n'a rien à voir avec un château fort.
Bon, et alors ?
Comment alors ?
Vous ramenez son Excellence sur ses terres.
Vous l'installez sur son lit.
Vous assurez la veuve de notre affliction et vous rentrez.
C'est ça !
Et si je me fais piquer à la frontière ?
Si vous vouliez être couvert,
il fallait intégrer la gendarmerie.
Ha, ha !
Vous avez pas connu les soirées de son Excellence.
Croyez bien que je le regrette.
C'était pas ce que vous pensez.
Mme Pauline, faut voir les choses en face.
Le boudoir chinois, les fillettes au salon,
on appelle ça
Si vous jouez sur les mots !
On leur fait dire ce qu'on veut aux mots.
Pour M. Bénard Shah,
ma maison, c'était plutôt un décor,
une façon de croire qu'on n'a pas vieilli.
Il pensait pas tellement "galipette",
mais plutôt "tradition".
Ah ?
Ma parole ! Mais c'est le beau Rudolph.
Le fidèle cornac.
La perle des gens de maison.
Vous me connaissez ?
Tu vois ! C'est ça, la gloire.
Mauvaise journée, hein ?
Le temps se brouille. Oui !
J'ai beaucoup de peine.
Je ne parle pas côté affectif, mais côté pénal.
Je pense à tes 10 ans de trav' par contumace.
Mais son Excellence Avait le bras long.
Il avait obtenu une amnésie courtoise des fichiers,
mais son Excellence est cané.
Et ça change quoi ?
Tout !
Ah bon ?
Alors
on boit au passé ou à l'avenir ?
Au présent.
Va falloir que tu sois très compréhensif, Rudolph.
Je dirais même, coopératif.
Je demande que ça, M. Lagneau.
Ouais.
Goûte d'abord.
Votre confiance me bouleverse.
Je pense à Marcel l'Oranais, ton vieux pote,
avec qui t'avais trinqué un jour.
La situation n'était pas la même.
Elle consisterait à quoi, ma coopération ?
Le retour des cendres.
Je m'en doutais un peu.
J'aurai l'impression de le servir une dernière fois.
C'est ça !
J'ai toujours travaillé dans le privé.
J'aurais rien contre une administration.
Une grande administration.
J'ai des références. Oui.
Elles encombrent les archives.
Bon.
On prévoit quoi pour l'emballage ?
Ballade enjouée
Dans 2 ans, au revoir, m'sieur dame.
J'serai à l'échelon 7.
Les mômes sont élevés. J'ai ma cabane en Dordogne.
Faut prendre sa retraite jeune.
Faut surtout la prendre vivant.
C'est pas à la portée de tous.
Arrête-toi, on va casser la croûte.
Faudrait mieux que j'trouve une place à l'ombre.
Bonjour. Mon Colonel.
Ça va ? Oui.
Après la frontière, vous devenez Ludovic Bénard.
Le cousin Ludo
envers qui son Excellence portait son affection.
La veuve ne refusera pas de vous accueillir.
De toute façon, je ripe après les condoléances.
Justement pas !
Il y a novation.
Ah bon ? Hum, hum.
Votre vraie mission
commencera après les obsèques.
A mon grand regret,
je vais devoir vous mettre dans le coup.
Vous êtes trop bon !
Tous savent que Bénard Shah vendait des armes,
mais moins savent qu'il en achetait.
Depuis 10 ans, il ne faisait que ça.
Ah bon ?
Ce malin avait compris que ces saletés thermonucléaires
pourraient raser la planète
et par la même occasion, sa fidèle clientèle.
Plus de vivants, plus de clients.
Alors, il employait son immense fortune
à l'achat des brevets dangereux.
Les A, les H. Enfin, toutes les bombes
de l'alphabet.
Si cet héritage tombe entre de mauvaises mains,
c'est l'Apocalypse en édition populaire.
Le siècle numéro 20 pourrait être le dernier
si madame votre cousine se met à déconner.
Ah bon ? Ma cousine ?
La veuve de son Excellence.
La légataire universelle.
Elle s'appelle Amaranthe,
née Antoinette Dubois. - Monsieur déjeune ?
Il en est question. Vous avez quoi ?
Plat de côtes, paupiettes ou civet de lapin.
Des paupiettes en ouverture
et un plat de côtes, hein ?
Non, attendez.
Un civet au lieu des paupiettes.
Et puis, mon plat de côtes après.
Et puis, glissez-moi une paupiette avec, hein ?
Et un petit dessert ?
Vous avez des tartelettes ?
Oui.
J'y goûterai après le fromage.
Après, une bricole. Ce que vous avez.
Une crème renversée ou une glace.
Dites donc Allez, mon petit.
Où en étions-nous ?
A Amaranthe, ma cousine. Antoinette.
Il s'agit de connaître ses intentions
concernant la collection de brevets.
Elle peut vendre à qui elle veut.
Nous pensons lui faire des offres.
On en discute chez qui vous savez.
Pendant le temps de discussion,
aucun concurrent ne doit l'aborder. Aucun !
Sinon ?
Sinon, vous sautez.
Pourquoi ce rire bête ?
Parce que, si je saute,
vous serez 600 millions à sauter avec moi.
Vous êtes vraiment une brute.
Excusez-moi, mon Colonel.
Une brute, ça rit d'un rien.
Un missile qui passe, un champignon dans le ciel,
le temple d'Angkor qui passe au-dessus de Billancourt.
Je me marre de tout. J'ai des goûts simples.
C'est fini, oui ?
Oui, oui, mon Colonel.
Qu'est-ce que t'as ?
T'es tout dispersé.
Un œil sur la bouffe, l'autre, on ne sait où.
Sur le motif !
T'es bath, toi. J'suis à 2 ans de la retraite.
Tu vois pas qu'on nous le fauche ?
Bon, allons-y.
- Dans ce monde violent, âpre et sanguinaire,
un rayon de lumière troue parfois les ténèbres.
Ainsi, tel celui de l'ange de Reims,
le doux visage d'Amaranthe Bénard Shah,
veuve inconsolable de son Excellence.
C'est drôle que tu aies gardé tout ça.
Tout peut resservir. Faut rien jeter.
La preuve.
Tu le portais pas à Istanbul,
dans "Les Mystères de Paris"?
Non, à Beyrouth,
dans "Crac, voilà le facteur."
On frappe.
Oui, entrez.
Si madame le permet,
je m'associe au chagrin de madame.
Fidèle Rudolph, merci.
Son Excellence repose dans la chapelle ardente.
Je n'ai pas trouvé de drapeau libanais.
J'ai fait tendre de noir.
Oui.
C'est sobre. Classique, de bon goût.
J'ai installé votre cousin dans la chambre Charles X.
Il attend madame dans la bibliothèque.
Je descends tout de suite.
- Bien, madame.
Je l'ai vu, tout à l'heure, en bas.
Drôle de genre, le cousin.
Quel genre ?
Il a pas vraiment celui d'un voyou, mais
Il n'a pas l'air d'un croque-mort ?
Constantin m'avait habituée aux gens bizarres.
Amaranthe !
Ne fais pas attention, Rosalinde, c'est le choc.
Cette nouvelle atroce.
Je suis le cousin Ludovic.
Le petit Ludo, comme il m'appelait.
Croyez bien, cousine, que je suis navré d'arriver
dans ces pénibles circonstances.
Pauvre Constantin.
Vous connaître me réconforte un peu.
Les familles désunies se rencontrent aux obsèques.
Merci des soins
que vous avez pris.
Si, si.
Rudolph m'a fait part de votre abnégation.
Un fils n'aurait pas fait plus.
Il est mort pour ainsi dire,
dans vos bras.
Pour ainsi dire oui.
Ses dernières pensées ont été pour vous.
En s'éteignant, il n'a prononcé qu'un nom.
Le vôtre.
M. l'abbé Cafarelli.
J'étais en oraison lorsque j'apprends le drame.
Je bondis. Je vole.
J'accours pour vous soutenir
dans l'épreuve que Dieu vous envoie.
J'étais le confesseur,
mieux encore, le confident
de votre admirable époux.
Comment ? Mais
Le cher cousin s'était converti ?
Depuis quand ?
J'ai eu l'immense joie
de ramener cette âme au Seigneur.
Mais d'où vient votre surprise ?
Vous étiez un ami ? Intime, peut-être ?
Non, monsieur. Un parent.
Ludovic est le cousin germain de Constantin.
- Tiens ?
Il ne m'avait jamais parlé de ce cousinage.
Un oubli, sans doute.
Madame, puis-je lui rendre mes derniers devoirs ?
Nous y allions justement.
Ce cher Constantin souhaitait finir ses jours ici,
parmi ses collections, ses vieux domestiques,
ses animaux familiers.
Auprès de ce cher cousin français
qu'il a tant aimé.
Musique intrigante
Je vous demande pardon.
Docteur Müller,
psychanalyste de l'université de Francfort.
Quel malheur !
Son Excellence était mon patient
et mon ami.
Je l'avais amené à la sérénité totale.
Presque à l'hindouisme.
Hélas, madame !
Merci, docteur.
Si vous voulez bien, mes frères,
prions !
Ça va pas être inutile.
Quelqu'un accourt.
Oh, pitite sœur !
Mon cœur saigne !
Boris est complètement détruit,
abîmé de sanglots.
Vassilieffgémit.
Musique slave
Oh, le con !
Laisse-moi te regarder.
Tu es splendidement occidentale.
Boris, lui, hurle de douleur.
Toi, tu souffres en dedans. Ah !
Monsieur, la douleur vous égare.
C'est madame qui souffre en dedans.
Ah Le désespoir, la folie.
Anouchka, pitite sœur, dans mes bras.
J'ai couru, épouvanté.
Transsibérien, Tupolev.
Je pousse dans l'avion des cris terribles.
Qui êtes-vous ?
Qui ? Mais
Boris, voyons !
Le presque frère !
Constantin a tété le lait de ma mère à Odessa.
Ah Odessa !
Je revois encore nos jeux, nos chants.
Laï laï laï laï, hou !
Laï laï laï laï, hou !
L'odeur du goudron sur les quais d'Odessa.
Le vent du large dans les cheveux de Constantin.
Il est né à Téhéran, non ?
Et alors ?
On chante aussi bien à Téhéran qu'à Odessa, non ?
Le vent du large souffle moins, à 200 bornes de la mer.
Notion bourgeoise des distances.
Anouchka, pitite épouse de mon frère.
Boris va te donner le baiser de paix.
C'est quoi, ça ? Leurs valises.
Ils ne restent pas.
Si, jusqu'aux obsèques.
Je te dis de me virer ça !
Primo, mon maître étant mort,
je reçois mes ordres de madame.
Ah ouais ?
Deuzio, je vous prie de ne plus me tutoyer.
Qu'est-ce qui te prend ?
L'Allemagne fédérale accorde rarement l'extradition.
M. Müller vous conseille de ne pas recommencer
le coup de l'enlèvement.
Vous me suivez ?
Absolument pas, non.
Ne soyez pas blessant.
M. Vassilieff est très courtois.
L'abbé Cafarelli est bien élevé.
Et si je me reprends de sympathie pour vos collègues,
monsieur connaîtra un séjour difficile.
Tu bouffes partout !
Tut tut tut. Je me prolonge.
Ah, souffrance ! Moments pénibles !
Qu'il est réconfortant de voir le courage de la veuve.
C'est ça !
Si le moujik continue, la môme va nous jeter.
Venez pas me casser la baraque.
On ne coexiste qu'entre gens du même monde.
On peut aussi ne pas coexister du tout.
Quelqu'un arrive.
Musique baroque
Vous ne reprenez pas de compote, mon Père ?
Mon cher Constantin adorait la compote.
Dire qu'il est là-haut et qu'il nous voit.
De nous voir précisément dans sa maison,
réunis autour de sa table, partageant le pain et le vin,
son cœur doit éclater de joie.
Vassilieff éclate en sanglots.
- Qu'avez-vous, cher ami ?
Dès qu'on parle du pitit frère
Non !
Vous devriez essayer de vous dominer.
Le Dr Müller peut vous donner un calmant.
Merci ! Inutile !
Messieurs, puis-je me retirer ?
Je me sens un peu lasse.
Je monte avec toi.
Je vous en prie, messieurs.
Amaranthe ?
Je
Ça m'a fait plaisir de vous connaître.
A moi aussi, Ludovic.
Merci, messieurs, de m'avoir tenu compagnie.
Sans vous, je me sentirais seule
dans cette grande maison,
si pleine de souvenirs et si vide en même temps.
Vous êtes admirable.
Un courage, une dignité.
Une allure, un chic.
Bonsoir, messieurs.
Votre amitié m'a soutenu,
mais je ressens une certaine fatigue.
Eh bien, messieurs, bonsoir.
Bonne nuit, chers amis et dormez bien.
Vassilieff chante en russe.
Musique intrigante
Cafarelli imite les pigeons.
♪ Boum Ouh !
Musique douce
Explosion
Je crois qu'il serait temps, messieurs,
de tenir le langage du bon sens.
Faut bien admettre en effet
que, cette nuit, quelques petits excès
ont été commis.
Etourderie, enfantillage, plaisanterie.
Une plaisanterie qui a failli tuer 4 personnes.
J'ai été victime d'une tentative d'assassinat.
Il conviendrait de l'oublier pour un temps.
Ce que j'attaque, c'est le procédé.
Quand les parents croquent le raisin vert,
les dents des enfants sont agacées.
"La violence engendre la violence."
C'est ça !
"Qui sème le vent récolte la tempête."
Mais tout ça pour en venir à quoi ?
A ceci !
La maison est confortable.
La table excellente. Notre hôtesse délicieuse.
Pourquoi ne pas tempérer provisoirement
certains réflexes ?
Pourquoi ne pas poursuivre cette idée de trêve
évoquée brièvement hier soir ?
Rendons ce séjour paisible.
Et le jour venu,
qui avertira Boris que la trêve est rompue ?
M. l'abbé lui-même, en t'explosant à la grenade.
En glissant un scorpion dans le lit.
Vous exagérez. On en réchappe.
Pas toujours !
Léonid Botchakoff et Willy Schmurtz y sont restés.
On m'accuse ?
Mais non. Qu'allez-vous chercher là ?
Dans nos écoles, le coup du scorpion
est désigné comme "le coup du chanoine".
Et le dynamitage du Boeing
avec 114 activistes à bord, il porte un nom ?
Jamais entendu parler de ça.
Et la liquidation du réseau
Koenigsmark ?
40 personnes dans du mazout en flammes !
Faut le faire. Vous me direz que ces gens
Je ne vous dirai rien !
Je ne vous parle plus !
- Bonjour, messieurs.
- Ah !
Quelle journée magnifique !
Le jeu du soleil sur la rosée du parc
était un ravissement.
Un vrai Sisley.
Le bruit ne vous a pas trop dérangés ?
Quel bruit ?
Cette nuit. Un volet mal fermé sans doute.
Merci. Je n'ai rien entendu.
Moi, j'ai été réveillé par le chant des oiseaux.
Le maçon est là, pour le mur de la salle de bain.
En effet, il est tombé.
Klaxon musical
Crissement de pneus
Musique folk
Commodore O'Brien.
Department sales and distribution for UPO Weapon.
L'Europe vous propose combien ?
Musique intrigante
J'achète tous les brevets en bloc.
Et je paye 20% de plus, OK ?
Quels brevets ?
Je vous expliquerai.
Un peu de tenue ! Nous pleurons un mort.
Oh, pardon.
Je paie cash et en dollars.
Quel goujat ! Il est odieux.
J'ai dit cash
et en dollars.
Ça ferait combien ?
Qu'est-ce que l'argent, Anouchka ?
Musique samba
N'avez-vous pas été un peu vifs ?
Toujours quand l'honneur d'une dame est en jeu.
Cette réponse vous honore, docteur.
Mais vous, M. l'abbé ?
Un homme d'église !
Oubliez-vous comment le Seigneur
a chassé les marchands du temple ?
Ah bon ?
Parfait.
Rudolph, dites au maçon de prévenir le vitrier.
C'est fait, madame.
La voiture démarre.
Pitite souris n'a pas terminé chocolat.
Boris non plus. Pourquoi ?
J'espère que cet intrus ne vous a pas coupé l'appétit.
Depuis hier, il se passe des choses bizarres, non ?
Ecoutez, je m'y connais en bizarre
et je peux dire
que tout est normal.
Hum ?
Jusqu'à présent.
Musique funèbre
Mes hommages, madame.
J'offre 25% de plus,
en dollars.
Hélicoptère
Ludovic ?
Ludovic ?
Ludovic !
Vous êtes discret !
Je dis : "Vous êtes discret !"
La prochaine fois,
mettez la sirène.
La veuve détient tous les brevets.
Nous le savons. Les pourparlers ont échoué.
Impossible de former un consortium d'achat.
Tout le monde veut tout.
Francis, il nous faut absolument ces brevets.
Absolument, vous entendez ?
O'Brien attaque en dollars. Je propose combien ?
Rien du tout.
C'est généreux, la France !
On n'a pas de crédit, mais on a le charme.
Voici les ordres.
On courtise. On séduit. On enlève.
Et en cas d'urgence, on épouse.
Vous vous rappelez la blanquette d'y a 15 jours ?
Oh, une merveille !
Et grâce à qui ? A votre charmante femme.
Et alors ? Sagouin !
Des pitits problèmes, commandant ?
Il ricane.
Ne vous donnez pas la peine. J'ai déjà décodé le mien.
Je peux transmettre les ordres.
"On séduit.
"On enlève.
"On épouse."
On séduit.
On enlève.
On épouse.
Mélodie au piano
Ma Anouchka
Douce colombe.
Ne bouge pas.
Reste ainsi.
Tes lèvres sourient
comme celles de la Vierge de Kazan.
Boris est un porc.
Ignoble porc !
Je voudrais mourir d'amour,
m'anéantir dans le cosmos,
disparaître !
T'impatiente pas, papa.
Musique samba
Vassilieff chante.
Mon cœur soupire
La nuit et le jour
Qui peut me dire
Si c'est d'amour
Qui
Qui peut me dire
Si c'est d'am
D'amour
Qui peut me dire
Il chantonne.
Si c'est d'amour
"Pour la plus belle des roses."
Docteur, ces roses sont une folie.
Le jardin en regorge.
Oh, pas les mêmes, petite fée.
Celles-ci sont en vinylite compressée,
inaltérables à l'eau de mer,
fluorescentes et ininflammables.
Coups violents
Qu'est-ce ?
Ce bruit est assommant.
Sans doute les ouvriers qui réparent les dégâts
du cousin Ludovic.
Que faites-vous là, cousin ?
Il souffle.
Je vous expliquerai.
Klaxon musical Tiens !
Mon petit acheteur.
Crissement de pneus
Quoi qu'ils disent, je paie 40% de plus,
payables en dollars et au noir.
Ah, bonjour.
40%
de plus !
Remember.
Et cash !
Klaxon musical
A présent,
Boris va chasser les miasmes.
Musique avant toute chose.
Boris va jouer pour la grâce,
pour la beauté.
Pour la pitite Vierge du Caucase.
Notes discordantes
Madame, puis-je solliciter un entretien privé ?
Qu'avez-vous ? Vous êtes tous d'un nerveux.
Musique inquiétante
Non.
Musique orientale
Message en code Morse
Allô ? Allô ?
Sonneries
Message en code Morse
Pong Ah !
Message en code Morse
Musique baroque
Amaranthe, mon cœur saigne.
Je vais mourir, comme Werther.
Allons, docteur, calmez-vous.
Allô ?
Allô ?
Al Ah !
Oh, merde !
Allô ?
Allô ?
Ah, merde !
Message en code Morse
Sortez de là-dedans.
Que fiches-tu là ? Chut
Je circule. Fais-le normalement.
Ce passage date de l'empereur et figure sur les plans.
Devinez ce que j'ai trouvé dans un placard à balais.
Une femme de ménage. C'est logique ?
Quand le valet est dans le piano, oui !
Où est madame ?
A cette heure-ci, madame rêve
parmi les roses et les œillets de poète.
Monsieur espère jouer les outsiders ?
Que veux-tu dire ?
Le cosaque et le teuton ont été rembarrés.
Sur la distance, je vois le cheval américain
comme une maison.
Mais monsieur peut créer la surprise.
Message en code Morse
"La Marseillaise" (Version baroque)
Vous rêvassez, cousin ?
Amaranthe, faut que je vous parle.
Soyez plus amusant que les autres.
Je veux pas être amusant.
La vérité n'est jamais amusante à dire.
Vous allez me la dire ?
Oui !
Grésillements
Voilà ! Je ne m'appelle pas Ludovic
et je ne suis pas votre cousin.
Ça n'a pas l'air de vous étonner.
Quand un inconnu vous ramène votre mari mort,
dynamite les toilettes et défenestre les visiteurs,
on ne s'étonne plus de rien.
Evidemment !
Je suis victime des apparences.
Là ! Bon.
Admettons. Vous n'êtes pas mon cousin.
Je ne pense pas non plus que vous soyez un gangster.
Amaranthe !
Alors, vous êtes quoi ?
Barbouze.
Pardon ?
Agent secret. Enfin, secret
jusqu'à maintenant.
Vous voulez dire, un espion.
Un contre-espion !
Et les autres aussi ?
Ah non ! Non.
Les autres, les voyous, sont des espions.
Ils veulent s'emparer des brevets de votre mari.
Et c'est quoi, ces brevets ?
Euh Je vous expliquerai.
Ils valent combien ?
Cher ?
Vous savez, tout est relatif.
Vous avez tous l'air intéressé.
Vassilieff me le dit en musique. Müller avec des fleurs.
"Je vais mourir, comme Werther."
Vous avez entendu ?
Non. Pas tout.
J'avais branché un micro dans une armure,
et un des 3 voyous me l'a débranché.
Pourquoi on parlait de tout ça ?
Ah oui !
Voilà.
Amaranthe, vous êtes française ?
Vous aimez votre pays ?
Bah oui, comme ça
J'en étais sûr.
Vous voyez où nous en sommes ?
Larsen
Vous détenez des secrets atomiques capitaux.
Oui.
Comment ? Mais enfin
Vous les vendriez à des étrangers ?
Le dollar n'est pas une monnaie forte ?
Je préfère ne pas comprendre.
Vous avez tort. Moi, je comprends tout.
♪ Message en code Morse
Comment, Amaranthe ? Vous, une femme d'argent ?
Vous me faites beaucoup de peine.
Dire que je vous ai ouvert mon cœur !
C'est plus facile à ouvrir que sa tirelire.
Alors là, vous devenez vulgaire.
Ah non ! Je vais vous dire.
Il n'y a pas toujours eu le château.
Avant, il y a eu les hôtels miteux et les punaises.
A 16 ans, je vendais des cigarettes,
et pas au tabac.
A l'Ange Rouge, en bas résille.
J'ai fait de tout dans ma vie,
et de bonne heure.
J'ai même fait du théâtre, enfin, si on veut.
On part pour jouer "Phèdre" et on danse sur le Bosphore.
Et encore, j'étais trop maigre.
Vous voulez d'autres détails ?
Je ne veux plus que ça recommence.
Au fait, comment vous appelez-vous ?
Francis.
Francis quoi ?
Francis Lagneau.
Vous voyez ? Je vous dis tout.
Remarquez, j'ai peut-être tort.
20 ans de service.
La mystique du devoir.
Plus de 50 missions.
La guerre, la Résistance.
Et un jour, l'officier rencontre une femme troublante.
Ah, Amaranthe !
Je suis en train de trahir.
Francis, si vous arrêtiez une seconde,
juste une seconde, d'être héroïque.
Nos rapports seraient plus simples.
Nous pourrions sympathiser sans le drapeau,
sans remettre en cause les accords de Yalta.
J'admire votre légèreté.
Ah si, si ! Je
Musique inquiétante
Tant pis ! C'est vous qui avez raison.
Qu'on envoie le champagne, les violons.
Qu'importe si je suis dégradé, au moins, j'aurai vécu.
Francis. Quoi ?
Vous poussez un peu, non ?
Si !
Je savais bien que je serais pas bon là-dedans.
Ils rient.
Je fais pas un métier facile.
Message en code Morse
Musique inquiétante
Message en code Morse
Conversations en allemand
Le valet crie.
Conversations en chinois
Quelqu'un approche.
- A peine 200 hectares, tout autour de la maison.
Amaranthe continue à parler.
Fracas métallique
- A partir de 400 hectares, on arrive à se sentir chez soi.
Il faut 2 heures de galop pour faire le tour du domaine.
On peut être de retour pour le déjeuner.
Si vous ne me perdez pas en route.
Mais non, je n'ai pas monté depuis un an, à St-Germain.
Moi, j'ai pas monté depuis 25 ans,
à Nancy, au 7e Dragon. Amaranthe rit.
Moi, je peux faire 300 km,
d'une traite.
Sans selle et sans étriers.
Un jour, j'ai enlevé la femme d'un boyard hongrois.
Tu vois pas qu'on dérange ?
Si Francis est d'accord,
on peut pique-niquer au bord de l'étang.
Que cherches-tu ? Mes cigarettes.
Je vais les chercher.
Merci, Francis.
Message en code Morse
Thô !
Thï !
Allez !
Musique baroque
- Les Chinois !
Je te disais qu'il était délicieux.
Tirs nourris
Tu restes là, toi.
Musique baroque
Puisque personne ne prend de dessert,
je monte.
Message en code Morse
Ah !
Musique baroque
Pong, ping, pong
Message en code Morse
Pong pong
Pfui
Pong pong
Pong, pfui, pong
Pong pong
Pong, ping, pong
Message en morse
Ils gémissent.
Excuse me. J'offre 1 million de dollars.
Madame !
J'ai dit ouste !
Plouf
Message en code Morse
Ping, pfui, pong
Clairon
Tirs nourris
Pout pout
Explosions
J'espère que cette chinoiserie
ne vous mettra pas dans une position délicate.
C'était des Japonais.
Pardon ! Les miens étaient des Chinois.
Chinois impérialistes de Formose !
- Au secours !
Là-dedans !
On a bougé.
J'offre 2 millions de dollars.
Non ?
Bon !
2 millions.
Remember.
Musique baroque
Plouf
♪ Francis, vous êtes merveilleux.
Je suis en danger et vous accourez.
Les autres n'ont pas bougé.
Oh ! Bah oui
♪ -Bah, je préfère.
♪ -Moi aussi, Francis.
♪ -Vous voyez ces goujats dans votre chambre ?
Hou ! C'est
♪ -Oui, c'est vrai.
Vous, c'est pas pareil.
Cafarelli soupire.
Pas pareil Pas pareil
Vous avez l'air soucieux.
Bah, y a de quoi.
Ça fait jamais plaisir.
Que vous ai-je fait ?
Vous rien, mais c'est tous ces autres :
le ricain, les Chinois
Vous allez me prendre pour un brutal.
Mais si, mais si !
Pourquoi dites-vous ça ?
Parce que je connais la vie.
On juge facilement sur les apparences.
Je me suis fait virer du lycée Janson de Sailly
pour une simple baffe.
Je défendais un petit.
Tut, tut ! Francis
J'aurais jamais pris de baffes ?
Si, sûrement même.
Mais pas à Janson de Sailly.
Francis,
qui êtes-vous au juste ?
Un fumier et une ordure.
Un cafard abject. Un sycophante glaireux.
Pfou !
Ça me gêne de te mentir tout le temps.
Bo bo bo.
Oui, j'ai jamais été à Janson de Sailly.
Tu m'as parlé de l'Ange Rouge. Hum, hum.
Tu sais où j'ai fait mes humanités ?
Au Coliseum.
J'ai connu. Ah oui ?
On y allait, le dimanche, avec Lucienne.
Je m'appelais Antoinette et Rosalinde, Lucienne.
Ah bon ?
C'était le début du cha-cha.
Le cha-cha !
Bah, je te plains.
Pourquoi ?
Parce que t'es née trop tard.
T'as connu quoi ?
Des contorsionnistes ? Des voltigeurs ?
Jamais de vrais câlins.
Nous, on donnait pas dans le tropical.
On faisait tout ça dans le suave.
Saint-Louis blues, tango chinois.
Emballage et hôtel tout confort.
Mais nous, c'était pas le genre.
On y allait
pour danser.
Et pour éviter de se faire raccompagner,
on rentrait à pinces
jusqu'à la Contrescarpe. Où ça ?
A la Contrescarpe.
Tu sais où j'suis né ?
Rue Mouffetard.
C'est pas vrai ?
Moi, je faisais des pâtés au Luxembourg !
Ils vont pas remonter au biberon ?
Dis. Hum ?
Maintenant qu'on ne se ment plus,
je peux te poser une question ?
Bah oui.
Est-ce que tu es marié ?
Bien sûr que non, voyons.
Dans mon métier, mon lapin, c'est pas possible.
Toujours en bateau, en avion. Toujours les valises.
Un jour à Bornéo, un jour à Shanghai,
un baiser de Russie, un banco à Bangkok.
Une mission par-ci. Une fille par-là.
Ne dis pas de bêtises, voyons.
"La Marseillaise" (Version baroque)
AH !
Il nous aura tout fait ! Tout !
Mein Gott, il a trouvé le micro.
Tu sais à quoi je pense ?
Oui.
A la Défense nationale
et à mon héritage thermonucléaire.
Bah oui.
Oublie un peu tout ça, chéri.
Laisse-toi aller. Je peux pas.
Si, tu vas voir.
Cher Hans, pourquoi transpirez-vous ?
Parce que je pense.
Je m'interroge.
Osera-t-il descendre ?
Qui ? Sardanapale ?
Je le vois hébété, vautré sur sa litière,
ensuqué par le stupre.
Il fera surface au couchant,
façon oiseau de nuit.
Je ne comprends pas la pitite colombe.
J'étais là ! Rudolph,
les croissants. Faut aller au village.
J'ai plus personne.
Les domestiques, crac ? Tous ?
Les pauvres gens.
Bonjour, messieurs.
Notre vénérable confrère !
Dans le simple appareil d'une beauté qu'on a réveillée.
Rassurez-nous, mon cher Francis.
J'espère que notre chère hôtesse
n'a pas été trop perturbée par la nuit.
Je me permets cette question
parce que vous l'avez vue après nous.
Que dit-elle de tout ça ?
Elle dit : "Caltez, volailles."
Mme Bénard Shah en a assez de vos singeries.
Elle vous trouve un peu trop bruyants
et très, très mal élevés.
Dorénavant, on veut du style et de la tenue.
- Traduction ?
Vous avez une demi-heure pour prendre congé.
Voilà.
Messieurs.
On fait quoi ?
On le tue ou on boit café d'abord ?
On réfléchit.
J'ai la tête vide.
Moi, la trahison,
ça me démolit.
Une question de formation.
Moi, ça m'inspire.
Amis.
Chers amis.
Merci de toutes vos attentions.
Vous m'avez consacré un temps précieux.
Vos nombreuses occupations
M. Vassilieff a une attaque.
Il bave, c'est horrible.
Où est-il ? - Là-haut.
J'y vais. Montez-moi ma trousse.
Vassilieffgémit.
Le malheureux.
Qu'est-ce qu'il a ?
La rage, le béribéri
Les analyses nous le diront.
Il est très bas.
Il file en clinique. J'appelle une ambulance.
Le malheureux est intransportable.
Et s'il est contagieux ?
Soyez sans crainte.
Je le veillerai seul. J'ai soigné les lépreux.
Redoutez-vous une issue fatale,
professeur ?
Possible.
Dans ce cas, ma mission est ici. Je reste.
- Quel dévouement, messieurs ! Quelle leçon !
C'est admirable.
Musique funèbre
Bravo, mon cher.
Vous avez été dostoïevskien.
Un vrai épileptique. Oui, mais
Le savon est infect.
Mais saisissant.
Et maintenant, le monstre,
comment on le supprime ?
Je suggère un truc de bonne femme,
genre tisane, "Dépérissez par les plantes."
Oh, c'est un peu triste, non ?
J'aimerais mieux quelque chose de plus enlevé,
dans le genre de ça.
C'est quoi ?
Un dérivé lent de la nitroglycérine.
Quelques gouttes dans le potage
et le patient explose de l'intérieur.
Cessez de jouer avec vos produits.
On va finir par tous sauter.
Si vous préférez le bricolage
Une voiture démarre.
Musique romantique
Une voiture démarre.
Tu as vu ? Il nous a trahis, lui aussi.
Oui. Je crois qu'on va entrer
dans une phase extrêmement active.
Explosion
Ha ha ha ! Tu lui avais mis une bombe ?
Non ! Il y a des imitateurs, des copieurs immondes.
Anouchka !
Sabotage ! Sabotage !
Il rouspète.
"La Marseillaise" (Version romantique)
T'inquiète pas, va. Et s'ils nous suivent ?
Oh, ça m'étonnerait.
Le plein, s'il vous plaît.
Comprends, Amaranthe, que c'est ton devoir.
La France est un peu ric-rac, tu peux pas demander
Je lui demande juste de m'oublier.
Je suis partie avec toi. On est en vacances.
Essayons de ne plus penser qu'à nous.
Faisons comme si je n'avais rien à vendre,
comme si on s'était connus rue Mouffetard.
On a le droit de rêver, non ?
Tu ne rêves jamais ?
Si. Ah !
De Jeanne d'Arc. Oh, pff !
Merci et bonne route.
Une portière claque.
- Tout est en ordre. J'ai les billets.
Ah, tiens !
Avoue que je suis la reine des pommes.
Mais non !
Voilà l'emploi du temps.
Dans 10 mn, aéroport. Dans 30 mn, décollage.
Dans 3 h, arrivée à Lisbonne.
Demain à 10 h,
tu fonces à ta banque et tu retires les papiers.
A 11 h 40, décollage.
14 h, Orly. 15 h, Matignon.
"Mes respects, M. le Ministre."
Et on se débarrasse des fafiots. Y a qu'à pousser.
A l'œil ?
Oui, là !
C'est curieux chez toi, cette mystique de la monnaie.
Admettons que je fasse un don, que je sois folle,
y a peut-être pas urgence.
Si ! Tant que tu possèdes ces brevets, ce sera le rif.
T'en as déjà eu un aperçu, non ?
Et ça pourrait recommencer.
Les micros sous le lit, la dynamite dans la soupe.
Mais si je suis avec toi
Mais c'est pareil.
Si je flinguais les 3 clowns, histoire d'aérer,
y en aurait vite 3 autres.
Allez, viens.
Attends, mes affaires.
T'as qu'à lire les journaux.
Dans notre boulot, la relève est assurée.
Ballade ibérique
Ne regarde pas tout le temps l'heure !
La banque ouvre dans une demi-heure.
Oh !
On la passerait où, cette lune de miel ?
Je t'ai dit. Je sais pas.
Si on allait taquiner la truite en Auvergne ?
Tu aimes la pêche ? J'ai jamais essayé.
Ah si ! Une fois.
Le requin aux Caraïbes.
Ah bon ?
Je peux te proposer l'Ecosse et le coq de bruyère.
A moins
que tu aies déjà chassé ?
Juste une fois.
Le lion, au Kenya ?
Oui.
Tu vas pas me faire une crise pour ça, non ?
Je te fais pas de crise !
L'autre nuit, ta vie, c'était la rue des Martyrs.
Je constate que tu t'ennuyais pas.
T'as connu Bénard Shah ?
Pas au mieux de sa forme.
65 ans, obèse, 2 sujets de conversation :
la bourse et le cholestérol.
J'ai supporté ça 4 ans, alors
On frappe.
Entrez.
Bonjour, madame. Bonjour, monsieur.
Vos bagages, madame.
Amaranthe rigole.
Entrez.
Mettez ça là. Très bien.
Obrigado.
Bonnes vacances, madame, monsieur.
C'est quoi, ça ?
Je n'avais emporté qu'un tailleur et une brosse.
Ça vient d'où ?
Dior !
Pas de chez qui, mais d'où ?
Du château.
Oh, nom de Dieu !
Musique samba
Allô ?
Vous parlez français ?
Passez-moi l'ambassade de France, vite.
Je voudrais parler à M. l'Attaché Pironneau.
Merci.
Je vais prendre 2 places dans le train du soir.
Je préfère les gares aux aérodromes.
Mais tu veux te dépêcher, hein !
Je dois me laver la tête. A Paris !
Je vais pas chez le ministre avec les cheveux gras.
Sa femme est toujours pomponnée.
Lagneau soupire.
De la part de Chérubin.
Ché-ru-bin.
Allô, Melchior ? Ici, c'est Balthazar.
On pêche la langouste en Mauritanie.
Ouais, ça va.
Il me faut 2 places dans le train de ce soir.
Je te dis le train, c'est le train.
Non, des places d'avion, j'en ai des tas.
Je veux des wagons-lits.
C'est les vacances, je sais, sinon j'appellerais pas
Je te rappelle dans 5 mn.
Commodore ! Hello, Francis.
Bravo, vous êtes le premier.
Je ne te dérange pas ? Pas du tout.
J'ai pensé à toi, depuis l'autre nuit.
Je suis arrivé, je crois, à une décision logique.
Tu offres 4 millions de dollars.
No, no, no.
Je vais te foutre par la fenêtre !
Désolé, mon Père.
A l'aide !
Tiens, M. O'Brien !
Vous allez bien ?
Explosion
O'Brien rit.
- Chéri !
T'énerve pas, j'ai bientôt fini.
Ah ?
Oh oh oh oh.
Oooh !
Voilà.
Dong
Amaranthe crie.
Non !
Non, M. Vassilieff !
Non, ah !
Ah !
Non ! FRANCIS !
Bagarre
♪ Il me faut 2 places dans le train du soir.
Je préfère les gares. Je n'aime pas la foule.
Mais tu veux te dépêcher !
♪ -Je dois me laver la tête. ♪ -A Paris !
"La Marseillaise" (Version standard)
♪ Annonces en portugais
Ballade ibérique
Alors, Venise, tu n'aimes pas.
Capri, je connais.
La Turquie, t'as de mauvais souvenirs.
Le Brésil, je suis tricard.
A ce train-là, on fera notre lune de miel à Barbizon.
Pourquoi pas aux Bahamas ?
J'ai pris ça, à tout hasard, à l'hôtel.
Site incomparable, séjour enchanteur,
vacances de milliardaires.
Oui.
Mais on n'est pas milliardaires.
Oui, mais on pourrait l'être.
T'avais juré de ne plus parler de ça.
A partir de maintenant, tu es une héroïne.
Tu as pris conscience.
L'argent, tu le méprises.
T'es parée pour toute ta vie.
Oh ! On frappe.
Entrez.
A quelle heure je vous réveille ?
1 h avant l'arrivée. Trop tôt !
Ah ?
1 h avant l'arrivée.
Bon.
Vous m'avez dit :
"1 h avant l'arrivée"?
C'est ça.
Bon, de quoi parlions-nous ?
De soleil et de milliardaires.
Des Bahamas.
On va s'y ennuyer. Tous les riches sont atones.
T'en sais rien. T'en as jamais vu.
15! Pas besoin d'en voir 15.
Je viens de voir passer un 15e barbu.
Musique samba
Une porte claque.
Müller crie.
È pericoloso sporgersi.
Klaxon musical
Crissement de pneus
- Ah ! C'est vous ?
Allez, montez.
Je lui dirai : "M. le Ministre,
"la France doit faire un geste."
T'auras au moins la Légion d'honneur.
Vous pourriez vous fendre de la rosette.
Sur un tailleur, le ruban, ça fait pauvre.
30! Quoi ?
Excuse-moi, un autre barbu.
Lagneau soupire.
Musique samba
Vassilieff crie.
Klaxon musical
Crissement de pneus
Allez, montez.
Oh, pardon !
Une femme crie. I am sorry, miss.
Ah, yes !
Pardon, je m'excuse.
40.
Hum ?
Un autre barbu. C'est peut-être un congrès.
Que t'arrive-t-il ?
Un barbu, c'est un barbu.
3 barbus, c'est des barbouzes.
Allez, montez.
Musique folk
Pleure pas, je suis vivant.
Et moi, je suis morte.
Morte de honte.
O'Brien m'a menacée. Il a pris la serviette, et pff !
Hep, chef !
Chef !
Il va au wagon-restaurant. Fiduc est en embuscade.
C'est fermé. Gardez ça.
Je reviens tout de suite.
Excusez-moi. Pardon.
Allô, ici Fiduc.
Il vient vers vous.
Vous inquiétez pas pour les documents.
- Hé, vous !
- Hep !
Hello !
O'Brien crie.
Remember ! Cash !
Belle victoire de l'esprit sur la matière.
Bravo, chef !
Klaxon musical
It's me !
Salaud !
Come back !
Bon, vous, vous restez là.
Si n'importe qui vous demande l'heure,
du feu ou le chemin de la mer
On le flingue. Voilà.
Chéri, j'y comprends rien.
J'ai trouvé ça dans mon sac.
"Washington City Bank, 4 millions de dollars !"
T'es pas fâché ?
Antoinette, tu es vraiment amorale.
Non mais
Je l'ai pas fait pour moi, mais pour nous.
Tu as refusé les Bahamas pour ne pas que je paye.
Tu es tellement vieille France.
Avec de l'argent étranger, c'est pas pareil.
On va pouvoir taper dedans.
Lagneau soupire.
Tu ne te vois pas allongé devant la mer des Antilles ?
Le fait est qu'un peu de soleil
On reviendra tout bronzés.
Tu diras à ta femme que t'étais au Congo.
Ma femme ?
Ça veut dire quoi, "ma femme"?
Ton épouse, ta conjointe.
Souviens-toi.
Un monsieur et son écharpe,
2 témoins, 2 alliances. Ça te rappelle rien ?
Tu dis n'importe quoi.
Non, non, non.
Regarde ce que O'Brien m'a donné avec le chèque.
C'est pas croyable.
Les calomnies, passe encore,
mais les montages
Ce métier est vraiment trop malsain.
Quoi ?
T'as rien entendu ?
Tu crains rien. T'es dans un vrai bunker.
J'ai 2 élèves à moi devant la porte.
Ils se feraient tuer, comme à la Marne.
(En chinois)
Et ta sœur !
Elle habite toujours Pékin ?
"La Marseillaise"
Sous-titrage TVS - TITRA FILM
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