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Notre Père,
fais que ce garçon soit fort.
Fais que son sang soit fort.
Fais que sa semence soit forte.
Seigneur,
aide mon fils.
LES MOISSONNEURS
Bonjour, Papa !
Bonjour.
- Il fait vraiment froid. - Ah ça, oui.
Seigneur, bénis cette nourriture
que nous prenons en Ton nom. Amen.
Janno, tu peux me passer les fruits ?
Tu en veux ?
Mon garçon,
termine ça et viens m'aider.
Oui, Papa.
Papa.
Notre Père,
nous te demandons humblement
de nous insuffler l'Esprit saint.
Et qu'Il nous aide à sauver cet enfant.
Janno.
Mon Janno.
Maman ?
Il y a un enfant dans le salon qui a besoin de toi.
Accueille-le.
Ouvre-lui ton cœur.
Il ne nous connaît pas.
Il ne comprend pas que nous voulons l'aider.
Janno,
ouvre-lui ton cœur.
Bon Dieu, Marie,
il fallait que tu choisisses le pire de tous ?
Jan,
bon ou mauvais, c'est la force qui compte.
Et ce garçon est plein de force.
Il n'est pas ce que nous avons espéré.
Janno saura l'aimer.
Janno l'aidera à se reconstruire.
Tu en demandes trop.
À qui, Jan ?
À qui ?
C'est ma mère, mon père et ma tante dans l'autre pièce.
C'est ma famille.
Moi, c'est Janno.
Tu es mon frère, maintenant.
Viens, on ne va pas te faire de mal.
C'est bien.
Enlève ton haut.
Allez, enlève ton haut.
Tatie ?
Pourquoi il mange comme ça ?
C'est aussi un Afrikaner ?
Oui, il est afrikaner.
Sœurette ?
Au revoir.
- Sois forte. - Merci.
Appelle-moi demain.
Au revoir, Pieter.
J'ai été heureuse de te rencontrer.
Quand tu iras mieux, tu pourras nous rendre visite à notre ferme.
D'accord.
C'est un début.
Je peux pas dormir.
Réveille-toi.
Qu'est-ce que tu fabriques ?
C'est qu'un couteau à beurre, il a peur.
Peur ?
C'est quoi son problème ? Il est malade ?
Il est en manque. On nous avait prévenus.
Jan, je m'en charge. Occupe-toi des enfants.
Retournez vous coucher.
Notre Père qui es aux cieux...
Janno.
Je sais, je devrais déjà être dehors.
À mon âge, Maman, vous étiez déjà prête
et au travail, à cette heure.
- Où t'étais ? - Pardon, Papa.
File travailler.
Prions.
Seigneur, nous Te demandons de nous défaire
du mal qui nous habite.
Nous sommes heureuses que Père nous rende visite,
mais il faudrait venir s'installer chez l'une de nous.
Non !
Il ne veut pas vivre avec vous.
Père ?
Père sait qu'il est dangereux de vivre seul.
Tous les jours, des fermiers sont tués et ça empire.
Alina, tu comprends, toi ?
Non !
Père, vous ne pourrez bientôt plus refuser.
Regardez qui est venu dire bonjour.
Grand-père va bien, aujourd'hui ?
Je te connais pas.
Viens.
Père, bien sûr que vous le connaissez.
Fais pas attention, il est sénile.
Quand va-t-il rencontrer le nouveau ?
Le nouveau...
S'il fait quelque chose de louche,
s'il prend des drogues ou autre,
tu me le dis, OK ?
Oui, Papa.
Je l'aurai à l'œil.
Toujours malade ?
J'aimerais bien avoir mon petit-déjeuner au lit.
T'as meilleure mine.
Tu dors mieux ?
Je parle afrikaans.
Je suis censé te montrer le coin.
T'aimes le rugby ?
OK.
Génial !
Laisse-les !
Janno, laisse tomber !
On peut jouer, maintenant ?
Ça va ?
Vos gueules !
Laisse tomber.
Allez, on va s'amuser.
Guide les hommes de notre communauté qui vont partir au camp,
et les femmes qui restent à la maison.
Seigneur, aide-nous à passer nos examens cette année
et à obtenir une moisson fructueuse.
Bonjour, mes sœurs.
Bonjour, mon frère.
C'est vraiment un Afrikaner ?
Le nouveau.
Je suis assez grand pour dire à Maman ce que je ressens.
Oui, c'est vrai.
Tout est différent,
depuis qu'il est là.
Je n'aime pas ça.
Nous avons fait un choix.
Mais ce n'est pas mon frère.
Il ne sera jamais mon frère.
Il reste si peu d'entre nous, Janno.
Des Afrikaners.
Un jour, tu comprendras.
Comprendre quoi ?
Tu sais ce que je crois ?
Pourquoi il est arrivé
chez nous ?
Ici, jusqu'à nous ?
Parce que Dieu l'a envoyé.
Oui, Janno.
Ouvre-lui ton cœur,
comme tu l'as fait avec tes sœurs.
Dieu l'a mené jusqu'à nous
et nous devons nous soumettre à Ses décisions.
Janno,
si on n'accueille pas les nôtres, qui le fera ?
Il va s'enfuir.
Fais en sorte qu'il reste.
C'est notre épreuve,
à nous tous.
Je ne peux pas laisser cet enfant se perdre dans la nuit noire.
Je n'affronterai pas le Jugement dernier avec ce poids
sur la conscience.
Aide-moi.
C'est ma femme, avec son père.
Elle est née dans cette maison.
C'est la bourgeoise de la famille.
Et là, c'est sa sœur. Celle qui est décédée.
Les petites étaient ses filles.
Ça, c'est le grand-père.
Et là, c'est...
Voici notre famille.
Là, c'est moi.
- Je croyais qu'il allait mieux. - C'est le cas.
Sarah, retourne te coucher.
Réveille-toi.
Pieter, réveille-toi.
Ce n'est qu'un cauchemar.
Ça va aller.
On commence la journée comme ça.
On le fait pour toi.
Assieds-toi.
Assis !
Notre Père,
merci pour ce réveil
unis et en famille.
Chaque membre de cette famille est essentiel.
Il en est de même pour Toi.
Sarah.
Et merci, Seigneur,
de maintenir
notre famille soudée.
Et de faire pousser le maïs,
pour que nous puissions le moissonner,
et de pourvoir un toit au-dessus de nos têtes.
Merci pour le bétail,
merci de nous protéger contre les tueurs de fermiers,
et pour toutes Tes bénédictions.
Et merci de nous avoir envoyé Pieter.
Amen.
Pose-le là, près de la fenêtre.
Il dit qu'il fait des cauchemars, seul dans sa chambre.
- Bonjour, Alina. - Bonjour.
Bonjour !
- Il nous a attendus ? - Pas vraiment.
Père.
Dites bonjour au nouveau.
Voici Pieter.
Bonjour, Pieter.
Bonjour.
Père.
Dites bonjour.
Touche pas à mes affaires !
T'as un truc à bouffer ?
C'est mon meilleur ami.
Hennie.
Il va être président des élèves, cette année.
T'as rien à bouffer ?
Une clope ?
On se croirait en taule.
C'est un chien errant. Tu pourras pas le garder.
Pas sur le lit.
C'est quoi, ton délire ?
Je sais pas ce que ton père va dire.
Tu veux l'appeler comment ?
- Chien. - Chien ?
On va où ?
- Il fait froid. - Prends ma veste.
Viens.
Tout va bien ?
Comment va Pieter ?
Grimpe dans une moissonneuse et mets-toi au travail.
Doucement.
Doucement.
Garde-la bien stable.
Assure-toi que les lames restent droites.
Tourne un peu.
Bravo, mec !
Qu'est-ce qu'on va faire de lui ?
Il était là,
à discuter avec ces gens. Il se prend pour un homme.
Jan, ça suffit !
Et en plus, tu fumes dans le champ ?
Laisse tomber.
Il peut pas rester à l'intérieur.
Vous parliez de quoi, Maman et toi, dans le salon ?
Pieter, réveille-toi.
Je croyais que c'était fini.
Lâche-moi, connard !
Debout.
On va prier.
À genoux.
Marie, je contrôle la situation !
Si tu priais le soir avant de te coucher,
tu ne ferais pas de cauchemars.
Allez, mains jointes.
Notre Père.
Notre Père.
Pose Ton regard sur nous,
Tes humbles serviteurs, et sur cet enfant
pour éclairer son âme de Ta lumière divine.
Nous Te confions ce garçon.
Merci, Seigneur.
Écoute-moi bien.
Les gens vont te regarder.
Sois poli.
S'ils te parlent, tu leur serres la main.
Tu les appelles "mon oncle" et "ma tante".
Compris ?
Vous êtes tous lobotomisés.
Jurez-vous de servir notre Seigneur
et d'honorer Son nom en cette église ?
Quelle est votre réponse ?
- Binkie ? - Oui.
- Willem ? - Oui.
- Martelize ? - Oui.
- Hennie ? - Oui.
- Herman ? - Oui.
- Hansie ? - Oui.
- Christo ? - Oui.
En vertu des lois de sa Grâce
délivrées lors de votre baptême
et lors de votre communion,
vous êtes à présent membres de l'église NG, Bethléem.
Félicitations.
Les voilà.
Ça te dit quelque chose ?
Tertia Brits,
arrêtée pour prostitution à 13 ans,
enceinte à 15.
Le père était un certain Braam de Wet,
27 ans, son petit copain et proxénète.
Ils ont laissé le bébé, appelé Pieter,
à leur propriétaire et ont disparu.
Cinq ans plus tard, T. Brits fait une overdose.
Elle est retrouvée seule et est morte seule...
Papa !
Tu es l'un des nôtres, maintenant.
Il faudra t'y faire.
Tu n'es pas obligé de finir comme ta mère et ton père.
Ce qui est en nous
peut être aussi nocif que le monde extérieur.
La solitude est
une maladie.
Ne pas avoir de famille est une maladie.
Ne pas faire partie d'une communauté qui t'aime
est une maladie.
Je ne suis pas seul.
Tu étais quasi mort quand on t'a retrouvé.
Cette ville t'a presque tué !
Garde ça en tête,
car demain, tu iras t'excuser auprès du pasteur.
C'est pas si difficile d'être normal.
Tu tends la main et tu dis : "Enchanté."
Tu les appelles "mon oncle" et "ma tante".
Je suis désolé pour ta mère.
J'ai pas de mère.
Si Dieu est amour, alors Il n'existe pas.
Parce qu'Il ne m'aime pas.
Applaudissez tous
Et réjouissez-vous dans la gloire de Dieu
Élevez votre voix et proclamez Son nom
Dans toutes les villes de la terre
Chantez, chantez et chantez en chœur
Et louez Son nom glorieux
Car c'est notre roi dans l'éternel, sur la terre comme au ciel
Tu la connais ?
Mate ça.
Allez, fais pas ta chochotte !
Mec, repasse plus tard, je suis occupé.
Tu devais pas aller t'excuser auprès du pasteur ?
Où tu crois que je l'ai rencontrée ? Fous-moi la paix.
T'as de l'argent ?
Elle veut un soda.
Allez, mon frère.
Salut, les gars.
Salut.
Vous êtes allés pêcher ?
- Vous avez eu de bonnes prises. - Ouais.
Pourquoi vous m'avez pas appelé ?
On t'a vu à l'église, hier.
À plus.
C'est ça, tes "amis" ?
C'est de ta faute.
- C'est à cause de toi. - Moi ?
J'ai fait quoi, moi ?
C'est toi qui as fait foirer mon coup.
Regarde.
Allez vous faire enculer, petits pédés de merde !
Vous voulez me foutre vos bites de bouseux au cul ?
Venez, petites pédales !
Je peux être gay pour un peu de fric. Je suis open.
T'es un putain de malade, toi !
T'en veux encore ?
J'ai baisé ta mère hier,
elle était naze.
Arrêtez !
Allez, on se casse.
Tu vas choper le sida en le touchant.
Vous croyez que c'est le monde réel, ça ?
Moi, je le connais, le monde réel.
Ici, c'est un putain de trou perdu !
C'est rien.
Ça va ?
Et toi, la chouineuse ? J'ai fait ça pour toi.
C'est pas tes frères, ni tes amis.
Ils savent pas qui t'es vraiment. Faut te réveiller.
C'est mon ami.
Ça va ?
Je déteste ces mecs.
Ils croient que cette ville leur appartient.
Tu t'es inquiétée ?
Et si on se trouvait un coin tranquille ?
Va-t'en.
Janno, attends.
Elle avait grave envie de moi.
Putain d'allumeuse !
Merde !
Presque !
Hein, mon frère ?
Frérot ?
Mec, c'est quoi ton problème ?
Où étais-tu quand je fondais la terre ?
Dis-le, si tu as de l'intelligence.
Noues-tu les liens des Pléiades,
ou détaches-tu les cordages de l'Orion ?
Connais-tu les lois du ciel ?
Règles-tu son pouvoir sur la terre ?
Lances-tu les éclairs ? Partent-ils ? Te disent-ils : "Nous voici" ?
Qui a mis la sagesse dans le cœur ?
Qui a donné l'intelligence
à l'esprit ?
Le monde est dévoré par les flammes
et nous brûlons tous, les enfants.
Ici même, des fermiers ont été traînés sur les routes et tués.
Le fermier est une espèce en danger.
Comment être sûr que Dieu existe
et qu'Il reviendra ?
Ce n'est pas grâce au pasteur ou aux autres fidèles.
Leur opinion ne compte pas.
L'opinion du monde extérieur ne compte pas.
Non,
c'est grâce à Son seul et unique présent,
Sa parole.
Et si nous obéissons à Sa parole,
nul ne peut nous juger,
nul ne peut nous dire ce que nous sommes.
Même s'ils nous tuent, nous serons toujours libres.
Allô, Tienus ?
Attends, Tienus.
J'arrive tout de suite.
Excusez-moi.
Vous deux, venez avec moi.
Viens.
Qu'est-ce qui se passe ?
Il y en a une là.
Et une autre ici.
Hé, petit,
j'ai entendu parler de toi.
T'as lâché ton clébard dans mon champ.
Ça suffit, Tienus.
Je vais te dédommager.
Viens voir.
J'ai vu.
Viens voir !
Je l'ai retrouvé ici, avec mes moutons.
Je vais trouver une solution.
Montez dans le pick-up.
Pieter, non !
Il est à moi.
Il est à moi.
Je peux le faire.
Laisse-le, il est à moi.
S'il te plaît, laisse.
Je peux le faire.
Il est à moi.
Pas facile d'être parent.
Je te dédommagerai.
- Moi aussi, je l'aimais. - On s'en fout du chien.
Tu vas où ?
Tu connais rien.
Tu ne vis pas.
Putain de bled de merde.
Pieter, on va où ? Il faut rentrer.
On va s'amuser un peu. Relax.
Merci, mon frère.
C'est cool, hein ?
Tu vois, ça c'est l'éclate.
Mate-moi ces petites Chinoises, elles sont bonnes.
On se les serre tout à l'heure ?
300 au-dessus de la ceinture. 600 en dessous.
T'as quel âge ?
Treize ans.
Viens.
Non !
Tu fais quoi ?
Me foire pas ce coup-là !
- Tu vas faire quoi avec ce vieux ? - Tu me fous la honte !
Tu vas où ?
Quand peut-on le ramener ?
Aujourd'hui.
Merci.
Jan, attends.
Laisse-moi faire, s'il te plaît.
Laisse-moi seul.
Va-t'en.
On doit penser à nos filles.
Bon Dieu, Marie.
Qu'est-ce qui te prend ?
On a tout ce qu'il faut.
S'il te plaît.
Tu es un lâche, Jan.
Ce n'est qu'un enfant.
Un enfant comme les autres.
Notre Père,
fais que ce garçon soit fort.
Fais que son cœur soit fort.
Fais que sa semence soit forte.
Fais que ce garçon soit fort.
Fais que son cœur soit fort.
Fais que son sang soit fort.
Fais que sa semence soit forte.
Je ne peux pas le sauver sans ton aide.
Nous devons le sauver.
Tu imagines comme sa vie était terrible en ville ?
Il a dit qu'il aimait ça.
C'était peut-être une bonne vie,
une meilleure vie.
Peut-être qu'on se trompe.
Peut-être qu'on est mauvais.
- Je te reconnais pas. - Je comprends pas ce qu'il fait là.
Comprendre ?
Tu penses qu'on doit comprendre ?
Tout ce qu'on peut faire, c'est croire, Janno.
Pardon.
Je suis désolé.
Je te pardonne.
Je t'aime tellement.
J'ai peur.
On t'envoie au camp pour garçons,
pour quelques jours.
Ce sera comme des vacances.
Tu pourras faire de la marche, t'entraîner, prier.
Tu en profiteras pour bien réfléchir,
parce qu'à ton retour, tout devra être différent.
Tu m'as bien compris ?
On envoie au camp les cas désespérés.
Tu devrais te barrer.
Ne dis à personne que t'es parti avec ce type,
sinon ils penseront que je fais pareil,
alors que je suis sage !
Au moins, je sais ce que je suis.
Et qu'est-ce que t'es ?
Juste de la viande blanche.
Tu vas t'y mettre quand ?
C'est important.
Je ne savais pas que Grand-père était là.
Quelle bonne surprise.
Je vous apporte quelque chose ? Ou j'appelle Alina ?
Je suis venu te voir.
Écoute-moi,
je sais qui tu es.
Merci, Grand-père.
Cette terre est à moi.
J'ai passé ma vie à la travailler et jamais tu ne l'auras.
Tu ne l'auras pas, alors va te faire foutre !
Retourne dans la rue.
Tu n'auras pas ce qui est à moi.
Sale petite merde !
Vous devez me confondre avec l'autre.
Il s'appelle Pieter.
Il vient de la ville.
Petite pédale de merde !
- Lâche-moi ! - Ordure !
Lâche-moi !
Je veux rentrer à la maison.
Ramène-moi à la maison.
D'abord, vous voulez venir ici
et maintenant, vous voulez rentrer !
Vous êtes d'une drôle d'humeur, aujourd'hui.
Un jour, cette ferme sera à moi, Grand-père.
Un jour.
Tu as l'air en forme.
Merci, ma tante.
L'air de la campagne te réussit.
Viens.
Quand j'avais ton âge,
et que j'étais à l'orphelinat,
je gardais les bébés, le soir.
Ils étaient comment ?
Je les adorais.
Comment ils s'appelaient ?
Alors,
il y avait Tebang,
Tebogo
et Mandla.
Chaque soir, au moment de se coucher,
je leur chantais une berceuse.
Vous voulez l'entendre ?
Tu chantes avec moi ?
Tu chantes avec moi ?
C'était sympa.
Avec mes sœurs.
J'ai plus besoin d'être dans ta chambre.
Ça s'est bien passé ?
- C'est quoi, sur ton dos ? - Ton ami m'a fait ça.
Quel ami ?
Le scout, Hennie.
Ce con de pasteur lui a fait baisser mon pantalon
et me fouetter avec sa ceinture.
Pourquoi ?
C'est ce genre d'endroit.
Je m'en fous.
J'ai connu pire.
Maintenant, on est potes, Hennie et moi.
C'est pas vrai.
Il veut me montrer des trucs.
Il m'a dit des choses.
Quel genre de choses ?
Un jour, tu m'as demandé de prier avec toi.
Notre Père,
merci de m'avoir guidé jusqu'à cette maison
et de m'avoir donné un frère comme Janno.
Il ne serait jamais ami avec quelqu'un comme toi.
Et Janno,
qui m'a guidé, ne m'a jamais menti,
qui m'a aimé,
sans me juger,
alors que je ne le méritais pas.
Amen.
Tu fais quoi ?
J'en ai appris de belles sur toi, au camp,
par ton pote scout.
Cet abruti, là !
Ton petit ami,
le bon samaritain,
et ses amis m'ont tout raconté sur toi et ta mère.
Ma mère ?
Elle est desséchée.
Stérile. Elle t'a pas mis au monde.
Ils t'ont trouvé en train de pourrir dans un orphelinat du Free State.
Dieu a fait d'elle ma mère.
Ouais,
t'as jamais eu de parents,
t'as jamais été le fils de qui que ce soit.
Sale monstre !
Notre Père,
nous T'implorons humblement de nous guider jusqu'à chez nous.
Seigneur, merci de nous avoir rassemblés pour cette leçon.
Aide-nous à mettre ces connaissances en pratique
et fais que tout aille bien.
Notre Père, merci de nous avoir réunis.
Délivre-nous Ta parole ce soir
et permets-nous de la comprendre.
Accompagne-nous sur le chemin du retour.
Bonne nuit, les filles.
Je suis ton seul fils.
Tu fais semblant de l'aimer.
Pourquoi fais-tu l'enfant ?
Si l'on s'égare du droit chemin,
ce ne sera que flammes et Jugement dernier.
Tu penses que je suis faible
et qu'il est fort.
C'est notre devoir.
Chaque nuit, je me demande :
Ma foi est-elle assez forte ?
Ou ne suis-je qu'un Judas ?
Suis-je faible ?
Non,
Dieu a voulu que j'aime mes deux fils.
Toi et moi, nous devons accepter Sa décision.
Il n'est pas mieux que moi.
Allez.
Vous êtes vraiment tarés tous les deux.
Tu veux toujours te débarrasser de moi ?
Oui.
Elle ne nous aimera jamais.
Non.
Toi, je croyais que tu m'aimerais, mon "frère".
T'es censé me dire que je suis bien comme je suis.
Toi, je te croirais.
Mais c'est pas grave.
Des hommes me tripotent pour de l'argent et j'en suis fier.
J'aurais pas survécu si j'avais espéré qu'ils m'aiment.
Je me suis vendu et ils m'ont filé du fric.
Je peux survivre à tout.
Même à un frère de merde comme toi.
Alors sois pas désolé pour moi.
En fait, je te plains.
Tu crois que je sais pas respecter mes aînés,
serrer leurs mains moites de pervers ?
La ville est pleine de garçons qui saluent des vieux en voiture.
Et là, je me suis encore vendu
pour de la nourriture et un bon lit.
J'adore ça.
Elle a beau me serrer contre elle,
elle est morte à l'intérieur.
Et je m'en fous.
Pas comme toi.
T'es tellement égoïste.
Tu veux tout pour toi.
Quand le monde réel viendra frapper à ta porte,
tu tiendras pas deux minutes, mon frère.
Ça, elle le sait aussi.
C'est pour ça qu'elle m'a choisi pour sa précieuse ferme.
Elle sait que moi aussi, je suis mort à l'intérieur.
Frappe !
Continue !
Mon frère !
Mon frère !
T'es où ?
Me laisse pas avec eux !
Va te faire foutre !
C'est toujours ton fils.
J'ai voulu fonder une famille et j'ai échoué.
Mais non.
Il va revenir.
Il va revenir.
Je perds mes enfants.
Je perds mes enfants.
Pieter.
Pieter,
mon frère,
tu crois être fait pour cette terre,
mais ton destin, c'est d'y passer
et de disparaître sans laisser de traces.
Elle ne fera jamais partie de toi comme elle fait partie de moi.
Mon frère,
tout ce que tu as
est à moi.
LES MOISSONNEURS
Sous-titrage : ECLAIR
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