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La mère est sauvée. Il n 'a pas.
Non.
Mon Dieu, docteur, vous n 'avez pas fait ça. Je l 'ai fait.
Honnêtement.
Si vous tenez à avoir un petit -fils, dans six ou huit mois, pour pas avant,
hein, vous ne demanderez pas de gens d 'en faire un autre.
Il a déjà eu du mal cette fois. Il se prend des parents voisins.
Ne pleurez pas, grand -mère. Vous gardez votre fille, c 'est l 'essentiel.
Dépêche -toi, c 'est l 'heure des visites. J 'ai terminé.
Quand vous aurez fini de gémir ? Je ne peux pas me relever.
Eh bien, restez couché.
Allons, allons, ne vous énervez pas.
C 'est une méchante femme.
C 'est ma soeur.
Oh, pardon.
C 'est une méchante soeur.
Non, c 'est une malheureuse.
Elle a toujours été très malheureuse.
Tenez, vous les restez à ce soir.
Madame, vous êtes bien la femme du docteur Bordet ? Oui. Il a un service à
'hôpital. Où est -ce qu 'il dirige l 'asile d 'aliens ? Il pourrait bien me
faire changer de lit.
De lit ? C 'est ce numéro qui me porte malheur.
Je sens que tu le restes ici.
Il m 'arrive pas à guérir.
Ne dis pas de ceci.
Il y a une visite pour vous.
Bonjour François.
Bonjour Maman.
Bonjour François.
D 'accord, t 'es encore à toi.
Pourquoi es -tu si désagréable avec les malades ? Pourquoi es -tu si aimable
avec le docteur Germain ? Qu 'est -ce que tu dis ? Je dis que depuis quelque
temps, tu vas beaucoup trop à l 'hôpital.
Je préviendrai Michel quand il rentrera.
Michel est mon mari et il trouve ça très bien. Je suis ta soeur et je trouve ça
très mal.
Non, pas tout de même, je suis l 'assistante sociale. Tu es une petite
Bonjour, docteur.
Voilà.
J 'ai sauvé la mer.
C 'est la troisième fois en six semaines.
Si vous n 'avez pas confiance en moi, pourquoi m 'appelez -vous en
? Rassurez -vous, je ne vous imposerai plus de dérangements.
Alors, alors.
Toujours en train de vous chamailler. Je ne me chamaille pas, monsieur. Je vous
fais juste... Oh non, non, ne me mêlez pas vos bibis. J 'ai déjà assez d
'empêtements avec ma femme. Madame Delorme est toujours un jeu de
Elle ? C 'est un chameau.
Heureusement qu 'il me reste ma pipe.
Et la boisson, bien entendu.
Vous savez, au lieu de vous disputer, venez -donc avec moi. Je vais vous
un cas de gangrène tout à l 'heure. Le tibia est sorti de la jambe de plus de
dix centimètres.
Ça a l 'air d 'une blague. Je vous demande pardon, monsieur, mais je n 'ai
jamais été très blagueur.
Tant pis pour vous. Le docteur Bertrand profitera seul du spectacle, mais vous
le regretterez.
J 'en suis sûr.
Vous allez voir, mon cher, c 'est crevant.
Vous gênez pas ? Donnez -moi ça.
Vous laissez un tas de perpres dans vos poches.
Il faut bien que je change votre correspondance de blouse si vous ne
qu 'elle aille à l 'étude.
Je vous demanderai quand même de ne pas la lire.
Je ne vous demande pas pourquoi vous écrivez à ma sœur.
Vous n 'êtes pas chargé de la surveiller ? Que j 'en dise, c 'est pour vous.
Laura est une petite vifère. Pardon, service, voulez -vous ? Le 13 se plaint
ne pas dormir.
Le 13 ? Ah, le cancer du foie. Oh, si, on a pour 15 jours et encore.
Vous n 'y faites pas le morphine ? À quoi bon ? Je lui en ai donné le 1er
et il ne s 'en est même pas aperçu. Je vous avais ordonné de continuer la
Je mets de l 'eau distillée, ça lui fait le même effet.
Malheureusement pour vous, je viens de la pharmacie. Toutes les ampoules
prescrites sont portées comme sorties.
J 'ignore si vous les employez à votre usage personnel ou si vous les revendez,
mais il faudra les retrouver avant demain matin.
Écoutez, docteur... Non, demain matin.
Bonjour, Philippe.
Qui n 'a donc pas déjeuné?
Les messieurs.
Qu 'est -ce que tu fais?
Je commence à goûter.
Ah, docteur.
Excusez -moi, docteur. Je vous en prie. J 'ai quelqu 'un de malade chez moi.
Hollande? Non, ma sœur.
Ah, en montant chez vous, vous ne pourriez peut -être pas tromper un
Ça ne vous en dit pas?
Je suis médecin.
Dis donc, toi, tu veux que j 'aille te tirer les oreilles?
Eh bien, Fernand, tu ne peux pas faire attention.
Ils sont jeunes.
Oui.
Vous n 'aimez pas les enfants ? Pas trop.
Et vous êtes venu habiter chez un directeur d 'école ? Là, malchance.
Alors, Roland, vous jouez à la concierge ? Non, docteur.
Je me trouvais là par hasard et je vous ai vu venir.
Votre tante est malade ? C 'est nid.
Ouais. Ça va.
Adelphère, on a apporté une lettre pour vous ce matin. Je l 'ai laissée sur
votre bureau.
Merci.
C 'est pas pour vous, c 'est pour moi.
C 'est pirement mes aspects.
Vous vous parfumez ? J 'aurais dû laisser la fenêtre ouverte.
Alors, d 'où souffrez -vous ? D 'un peu partout.
J 'ai l 'empierre qui m 'espèce bassement.
Comme un poing dans le dos.
Un haut et un gauche.
Ici ? Oui.
Ou là ?
Peut -être entre les deux.
Peut -être.
Je vais vous discuter des habillés, vous.
Le lénage.
Respirez.
Poussez.
33.
33. 33. 33.
33. 33.
33. Bon, étendez -vous.
Vous avez un mouchoir ? Non.
Je prendrai le mien.
Respirez.
Encore.
Respirez normalement.
Je t 'ai seulement venue t 'apporter des journaux de mode. Tu peux rester.
Non.
Si vous le permettez, j 'aimerais demeurer un instant seul avec Mlle
Naturellement, c 'est moi qui m 'excuse.
30 secondes suffiront.
Vous voyez ce que j 'ai ? Parfaitement. Vous n 'avez rien.
Je ne suis pas malade, moi ? Vous avez voulu vous faire ausculter.
Pour ce genre d 'auscultation, ce n 'est pas un médecin qu 'il faut appeler.
Pas moi, en tout cas. Au revoir.
Joseph.
Je m 'appelle Rémi.
Maintenant, vous pouvez entrer.
Ce n 'est pas grave, au moins. Je ne vais pas la fatiguer.
Rassurez -vous, vous ne la fatiguerez pas.
Attendez.
Ça ne sert à rien que je la prenne.
C 'est vous que je veux vendre. Les ondonnements n 'étaient qu 'un prétexte.
Vous n 'aviez pas besoin de prétexte.
Vous croyez ? Eh bien, vous vous trompez.
Il est peut -être vrai, hier, ça ne l 'était plus aujourd 'hui.
Et par votre cours ? Je ne comprends pas.
Vous êtes un ami réservé, votre homme. Très réservé.
Mais il vous est sans doute arrivé de dire ou de laisser dire quelque chose
mon compte, n 'est -ce pas ? Moi ? Il paraît que nous profitons de nos
rencontres à l 'hôpital pour prendre des rendez -vous secrets.
On m 'accuse d 'être votre médecin.
Qui ? Je suis au courrier de midi, il n 'est pas venu. Il n 'est pas venu.
On voudrait m 'attendre sur le sujet de l 'identité.
Bonjour monsieur.
Bonjour Raymond.
Vous ne prenez toujours les sacs de voyage.
Je vais poser la main de monsieur dans la tour.
Bien madame.
Quel voyage.
Je ne connais rien de plus ridicule qu 'un congrès de médecins. Si ce n 'est un
congrès de psychiatres. Bien entendu.
Personne n 'écoute celui qui parle. Dieu merci.
Parce que si on l 'écoutait, ce serait une immense tempête de rigolade.
Pour prendre ces communications au sérieux, il faudrait un public de
encore.
Au fond, la seule utilité de ces manifestations, c 'est de permettre aux
médecins provinciaux d 'aller tromper leurs femmes avec des Parisiennes.
Comme ça n 'est plus de mon âge, je suis rentré.
Qui n 'est alors à Caissière ? Qui n 'est pas ? Écoute, Michel, je t 'ai
de la lettre d 'hier.
Oui, après.
Il y en a une pour toi aujourd 'hui.
Ah.
Trois feuilles de timbre à un franc.
Trois à un franc ? C 'est pas possible, vous les mangez ? Moi ? Je les envoie à
une oeuvre qui les stocke pour les collectionneurs.
Chaque feuille de timbre, c 'est un petit chinois sauvé du paganisme.
La foi, mademoiselle Roland.
C 'est la foi qui sauvera le monde.
Bonjour, Roland. Donnez -moi deux timbres.
Merci.
Envolez !
Pas ses muscades.
Ah, c 'est vous ? Vous ne savez pas de retour ? Mon cher, un vieux mari ne doit
pas laisser trop longtemps en salle sa jeune femme.
C 'est pour moi que vous dites ça ? Pourquoi pour vous ? Je dis ça pour elle
pour moi. Ne vous fâchez pas, je vous renvole.
Ah, vous permettez, je suis un peu graphologue.
Vous croyez seulement mystificateur.
Graphologue et mystificateur.
L 'un n 'exclut pas l 'autre.
Oh, curieux caractère.
De l 'intelligence.
Beaucoup d 'intelligence.
Plutôt trop.
De la sensualité.
Beaucoup trop de sensualité.
Et avec ça, un manque de souplesse, de liberté.
Vous n 'avez pas d 'indulgence pour la vie, mon cher.
Vous êtes un bloc. Un beau bloc, mais un bloc.
Ça ne doit pas vous faire énormément d 'amis.
Je n 'ai ni amis, ni ennemis.
Tiens.
Vous connaissez un ami ? En tout cas, je vous connais un ennemi. Qui ? Vous
permettez, docteur.
Je regrette de vous déranger, mais vous monopolisez la photo.
Bonjour, Michel. Bon voyage.
Excellent, Marie. Merci. Alors, à tout à l 'heure à l 'hôpital. À tout à l
'heure, Marie.
Vous parlez d 'un ennemi ? Oui.
Ma femme a reçu hier une lettre d 'un ami.
Elle vous l 'a dit ? Oui, on ne me cache rien.
Elle bénéficie de mon grand âge.
Et d 'ailleurs, j 'ai reçu moi -même ce matin une seconde lettre.
C 'est le même sujet ? Oui, avec des détails supplémentaires.
Il paraîtrait que vos relations avec Laura auraient laissé des traces
Ne vous énervez pas.
Que vous auriez profité de mon absence pour les faire disparaître
chirurgicalement.
Oh, oui.
Oui. Oh, oui.
C 'est un cachou ? Non.
Et j 'ajoute que Delors m 'a reçu en tant que médecin -chef un coulet du même
genre. On vous accuse de délivrer les faibles femmes d 'un fardeau en rond.
Voilà. Vous n 'êtes pas venu ? Si je connaissais le salaud. Tout de suite les
grands mots.
Mon cher, j 'ai la chance de connaître assez bien la question.
J 'ai été nommé plusieurs fois acteur dans l 'affaire de l 'imposable.
Croyez -moi, nous ne sommes pas en présence d 'un méchant et d 'un malade.
Mais je me charge de le soigner.
Quand vous l 'aurez découvert.
C 'est peut -être M.
le substitut qui est en train de retirer une enveloppe à la poste restante.
Ou M.
Fayol qui vient de toucher un mandat. N 'est -ce pas, M.
Fayol ? Alors ? Je dis, c 'est vous qui fait quoi ? C 'est un secret.
Toujours le mot pour rire.
Et si ce n 'est ni Fayol ni le substitut, c 'est peut -être le docteur
lui -même.
Vous me pouvez donner, moi, la victime de ce malade ? Un malade peut fort bien
'accuser lui -même.
C 'est fréquent chez les anonymographes. C 'est un monde.
Remarquez, je ne vous crois pas coupable pour le moment.
Vous êtes bien bon.
Seulement, il faut vous méfier, ouvrir l 'œil.
Quand ces saloperies déclarent, on ne sait pas où elles s 'arrêtent. Toute la
vie peut être accoustée.
Bien.
Non,
rien. Au revoir.
Au revoir.
Dis -donc, au fond, le corbeau, c 'est peut -être vous.
Pourquoi pas.
Ah, c 'est vous, M. le médecin -chef ? Pardon, M. le médecin -chef. Ne dérangez
pas. Restez assis.
Mon cher Bonnevie, je suis très embêté.
Allons donc, M. le médecin -chef. Rien de grave, j 'espère ? J 'ai encore reçu
ce matin de cet accueil d 'être anonyme.
Encore ? Et malheureusement, celle -ci ne m 'est pas seulement germée en cause.
Et d 'ailleurs, je vais vous la lire.
Je vous en prie, M. le médecin -chef, j 'en serai très honoreux.
Il y a dix brognes.
Il faut qu 'une faute.
Naturellement. L 'alcool te trouble l 'œil.
Tu ne vois pas le manège de Germain qui déshonore ton hôpital, ni les tripotages
de ton économe Bonnevie Lacratule.
Demande -lui donc comment il a obtenu pour son ami Grillo la soumission du 15
janvier.
Signé Le Corbeau.
Qu 'est -ce que vous pensez de ça ? Et vous, monsieur le médecin -chef ?
Pour vous dire la vérité, je suis embêté.
Ça va être embêtant.
Évidemment, entre nous,
il y a eu le 15 janvier, quelque chose d 'un peu... Enfin, ça pose
véritablement un cas de conscience.
Vous comprenez ? D 'autant plus, monsieur le médecin -chef, que je me
présence d 'un cas de conscience du même ordre. Non.
J 'ai reçu une lettre anonyme, moi aussi.
Et je vous demande la permission de vous en donner lecture.
Mais je pense bien.
Des canards.
C 'est une chose difficile.
Naturellement. Tu es au mieux avec Germain l 'avorteur. Je te conseille de
cultiver cette relation.
Tu en auras peut -être besoin si ta fille, Jeannette, continue à passer des
heures entières dans le bureau de ton médecin -chef, Miel Corbeau.
Qu 'est -ce que vous pensez de ça ? Décidément, ces lettres sont un tissu de
mensonges et de calomnie.
Mon opinion est faite.
La mienne aussi, monsieur le médecin -chef.
Denise, secoue -toi.
Oh, laisse -moi dormir.
Ah non, cette fois, ça suffit.
Mais tu es fou, je suis malade.
Malade, toi ? Tu crois que je ne te connais pas ? Tous nos locataires, tous,
te les a fallus.
Sauf le boy scout et le vieux frochard.
Et encore, je ne suis pas sûr du beau scout.
Maintenant, c 'est le tour du docteur Germain.
Germain ? Oh là là, on peut dire que tu as du goût. Il a l 'air d 'un parapluie.
Il doit faire l 'amour comme un pion.
Alors pourquoi joues -tu la malade ? Je ne joue pas la malade, je suis malade.
J 'ai une bronchite et une angine.
C 'est vrai, que la reine est malade.
C 'est la fièvre.
C 'est ma récon.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Mon prêt.
Donc là c 'est mes compliments. En effet, tu ne joues pas la malade, tu te
malade. Et dire que j 'ai failli me laisser prendre.
Heureusement que ce matin j 'ai reçu une lettre qui m 'a ouvert l 'œil.
Quelle lettre ? Celle -ci.
Un prêt.
Bonjour,
colonel. Bonjour. Bonjour, monsieur le maire. Bonjour.
Bonjour, monsieur le maire.
Bonjour, monsieur le maire. Bonjour, monsieur le maire. Bonjour, monsieur le
maire. Bonjour, monsieur le maire. Bonjour, monsieur le maire.
Bonjour, monsieur le maire. Bonjour, monsieur le maire. Bonjour, monsieur le
maire. Bonjour, monsieur le
maire.
Parce que je suis un homme public, M. Fayol.
Preuve que le coupable n 'a même pas le respect des fonctions officielles.
Triste nature.
Tenez, écoutez -moi ça.
Vieil embusqué.
J 'ai fait justice de cette ânerie pendant ma campagne électorale.
Tu administres une ville pourrie.
Et pourrie par Germain, le sombreur de Polychinelle.
Voici mon réquisitoire en trois points.
Premier point.
Germain a fait les 400 coups avec... Avec...
Ici, le nom d 'une dame honorablement connue de la société.
Inutile de vous dire le cas qu 'il faut faire d 'une semblable assertion.
Deuxième point.
Germain pratique de la morphine et cherche à faire accuser une victime
innocente, Marie Corbin, que je salue respectueusement.
Qu 'est -ce que vous en pensez ? Et le troisième point ? Le troisième point,
sans importance.
Troisième point, M. Cook.
Qu 'est -ce que vous en savez ? J 'ai moi aussi reçu une lettre anonyme.
Ce ne sont que des mensonges, mais c 'est bien désagréable. Je ne suis pas de
votre avis.
Vous trouvez ça agréable ? Je parle des mensonges. Il semble que ces lettres
contiennent un fond de vérité. Charmant ! Alors je vends des médicaments
truqués. Mais il ne s 'agit pas de vous, il s 'agit du principal accusé, de
celui dont le nom figure dans chaque missive.
Je ne me permettrai pas de dire du mal d 'un de mes confrères, mais j 'ai eu ce
matin une conversation avec lui qui m 'a fâcheusement impressionné.
Depuis trois ans que je suis substitut, c 'est la première fois qu 'une affaire
intéressante se présente. Je ne vais tout de même pas la rater. On ne peut
de même pas arrêter Germain sans preuve.
Il ne s 'agit pas de poursuivre.
Il menait une enquête à l 'hôpital. Ah non, non, jamais de l 'avis. Il oppose
formellement à cet éditoire, hein ? Un médecin -chef ne peut s 'opposer au
du parti.
Non, mais ton père peut te foutre une paire de claques si tu continues à l
'emmerder.
Tu le prends comme ça ? Parfaitement.
Viens, papa.
Mais je sais où est mon devoir.
Et vous n 'avez qu 'un devoir, jeune homme, la prudence.
Notre ville a la fièvre.
Regardez, je me suis amusé à établir sa feuille de température.
C 'est amusant, n 'est -ce pas ?
En deux jours, nous avons atteint 38 ,2.
Et ce n 'est qu 'un début.
On n 'en perd pas un malade à chaud, monsieur le substitut.
Le père.
Où êtes -vous ? Je vous attendais.
Je n 'ose même plus vous parler à l 'hôpital à cause des coméras.
Et je voulais absolument vous demander pardon.
Pardon ? J 'étais trop méchante de toujours avec vous.
Je m 'admets que vous aviez été imprudent.
Maintenant, je sais que vous êtes la victime.
Vous me pardonnez.
Soyez pas sauf.
Attention, tenez -vous.
Mais quel mal y a -t -il ? Rien, bien sûr, mais il dépend du temps.
Justement, je pensais que si nous ne pouvons plus nous rencontrer en public,
nous pourrions peut -être nous trouver dans un endroit plus... Vous avez toute
la vie contre vous.
Je pourrais vous aider à lutter à finir le coup.
Je tiendrai le coup tout seul.
Vous êtes gentille, mais la solitude, ça me connaît.
Qu 'est -ce que vous me disiez dans votre lettre ? Quelle lettre ? Celle que
vous avez déchirée.
Des choses pour moi.
Pour moi aussi. Qu 'est -ce qu 'elle nous fait adresser ? Il y a des lettres
'on a écrites sans avoir le destin de les envoyer.
Qu 'est -ce qu 'il y a ?
Vous avez dîné qu 'il fait les lettres du corbeau ? Non.
Mais c 'est vous d 'elle.
Je crois que le cathére, il va en bavé. Il a plutôt mauvaise presse.
Rien que cet après -midi, les oreilles ont dû lui teinter.
Bien fait, elle lui apprendra.
Dis, tu crois que c 'est vrai ? Quoi ?
Les choses qu 'on raconte.
D 'abord, ça ne te regarde pas. Ce ne sont pas les histoires pour les gamins.
ne te rappelles plus quand tu avais mon âge.
Je vais voir.
Oh, Michael, docteur. Bonjour, docteur.
Justement, nous parlions de vous.
Docteur.
Denise est malade ? Oui, cette fois, c 'est pour de bon.
Vous avez posé les ventoules ? Vraiment.
Alors, prenez ma place.
Elle adore ça.
Vous êtes tout de même arrivée.
C 'est un but de me rendre malade pour me faire soigner.
Drôle de fille.
Je pense qu 'elle est le plus drôle des deux. Non, moi sûrement. Je suis peut
-être drôlement anormal pour ne pas se précipiter sur la première femme qui me
sauve. Merci pour la première femme.
Vous comprenez très bien.
Pour faire ça, il vous faut l 'amour, mal ou plus.
Au contraire, si j 'étais sûr d 'aimer une femme, je m 'enfuirais d 'autant
vite.
Alors, qu 'est -ce qui vous empêche de prendre des plaisirs quand vous vous
posez ? Oh, plus de choses.
Un fantôme.
Ou deux fantômes.
C 'est mal ? Désolément.
Je ne demande plus qu 'une chose à la vie, l 'apaisement.
Docteur, on vous demande ! Moi ? Je reviens tout de suite.
Ah, c 'est bon.
Je vous demande pardon, mais quand vous saurez de quoi il s 'agit... Pas devant,
permettez.
Joli bureau.
Vous aimez les beaux meubles ? Je les admire de loin. Ce n 'est pas avec les
honoraires que nous offrent nos concitoyens qu 'on peut collectionner
de faite importance.
Vous devez avoir une grosse fortune personnelle.
Honnête. C 'est ce que je leur disais.
À qui ?
Aux gens qui m 'interrogeaient tout à l 'heure.
Sur ma fortune ? Bien sûr, sur votre fortune, sur votre pensée.
Vous comprenez, après cette malheureuse affaire, la curiosité s 'est éveillée.
La prochaine fois, vous m 'enverrez les curieux.
Je les renseignerai moi -même.
À propos, avant de venir ici, vous m 'avez dit que vous exerciez à Grenoble.
Oui, sans doute.
Un imbécile s 'est avisé de consulter l 'annuaire médical.
Et alors ? Et alors, il n 'a pas trouvé de docteur Germain à Grenoble.
Il y a de ma part à cet imbécile que la publication à l 'annuaire n 'est pas
obligatoire. C 'est une simple affaire de publicité.
Malheureusement, le seul Germain qui ait habité Grenoble a quitté cette ville il
y a 15 ans.
Et il est devenu Germain Monat, le chirurgien du cerveau.
J 'ai été présenté.
Évidemment, c 'est quelque chose.
Ça pourrait servir si on en arrivait à une enquête.
Vous avez raison, ces bibelots sont fragiles.
D 'ailleurs, aujourd 'hui, on m 'a seulement demandé de recueillir quelques
renseignements. Qui ont ? Eh bien, d 'autres imbéciles. Nous n 'en manquons
Maintenant, je vous quitte, il se fait tard.
J 'ai découvert quelque chose sur le corbeau.
On accuse surtout ma belle -sœur, Marie Corbin.
Naturellement, elle a des grièves contre vous.
Mais je ne la crois pas coupable.
J 'étais fiancé avec Marie avant d 'épouser Laura.
Vous la connaissez bien.
Il faudrait qu 'elle ait beaucoup changé.
Vous m 'en voulez ? Au contraire.
Je vous en remercie.
Vous n 'exagérez rien, tout de même.
Je vous souhaite de vivre vieux, Germain, mais de n 'être jamais le doyen
corps médical.
On nous impose des tâches bien désagréables.
Pardon, vous croyez au lit ? Je me prépare à aller vous voir.
Chez moi ? Bordé n 'a pas l 'habitude de se déranger pour rien.
C 'est grave, n 'est -ce pas ? Qu 'est -ce que ça peut vous faire ? Toujours
aimable. Mais voyez, vous recouchez, vous allez prendre froid.
Qu 'est -ce que ça peut vous faire ?
Eh
oui, je vois, c 'est après.
Nous avons eu un accident de gaffure, mon frère et moi, quand nous étions
gosses.
Lui a perdu le bras, moi j 'ai attrapé une coque salgée.
Est -ce que ça m 'empêche d 'être belle fille ? Est -ce que ça empêche les
hommes d 'avoir un vieillement ? Est -ce que ça vous empêche d 'avoir un
vieillement ? Bonsoir, Denis.
Vous ne dormirez pas, vous savez très bien.
Ce soir, vous êtes trop inquiet.
Ça se voit tant que ça ? Vous disiez tout à l 'heure que vous demandiez à la
l 'apaisement.
Ah oui, il oublie tout ça.
Je ne peux pas vous faire faire attention.
Cet épisode oublie ça quand vous m 'aimez.
Quelle est -vous ?
Notez Thérèse Marty.
Elle écrit à son émile.
Je ne sais jamais.
Il faut mieux être trop prudente que pas assez.
Notez Thérèse Marty.
Attention, le voilà qui arrive.
Bonjour, mesdames.
Comment va votre nièce aujourd 'hui ? Oh, docteur, ce n 'était pas la peine de
vous déranger. Elle est sortie.
Sortie ? Hier, elle avait 39 ,8.
La jeunesse.
Ce matin, elle n 'avait plus rien. Alors, elle est partie se promener.
Pardon.
Entrez, madame. On va vous servir tout de suite.
Mademoiselle Marie -Louise.
Et c 'est la serviette du docteur Bertrand ? Que vous la reconnaissez,
me le demandez -vous ? En somme, votre nièce est allée se promener avec un de
mes confrères.
Elle se promène avec qui elle veut ? Si je comprends bien, vous avez changé de
médecin.
Pour vous dire la vérité, docteur, ça n 'a pas été de gaieté d 'âme.
La petite vous était très attachée.
Seulement, avec les bruits qui courent, on a beau savoir que ce sont des
mensonges. Oui, cette fois j 'ai compris.
Ma nièce est une vraie jeune fille, n 'est -ce pas ? Eh oui.
Mesdames. Au revoir, docteur, et n 'oubliez pas de m 'envoyer votre note.
Vous verrez que ce brandy aura l 'audace de m 'envoyer sa note.
Qu 'est -ce que tu fais ? Je regarde déjouer les enfants.
Je croyais que tu n 'aimais pas les gosses.
C 'est plus ce que j 'aime.
Mais quand on sort de toute cette boue, ça repose un peu.
Il n 'est pas très tendre ce matin.
Non.
Je vais m 'y écouter.
Tu veux me voir ?
Je crains qu 'il y ait entre nous un malentendu.
Hier, vous me plaisiez, c 'est vrai.
Mais j 'étais surtout très déprimé, très nerveux. Je suis resté près de vous
autant par découragement que par désir.
Vous comprenez ? Je serais vraiment trop bête ? Non, vous ne comprenez pas.
Ça n 'a aucune importance, d 'ailleurs. Je suis décidé de quitter la ville.
En ce moment, c 'est vous avec ou pas ? Aussi, j 'attendrai que cette affaire
soit réglée. Et d 'ici là ? Ce seront des amis, si vous voulez bien. Des amis
Tu vois une femme comme moi être l 'amie d 'un homme comme toi.
Après cette nuit.
Vous vous désestimez, mon cher.
Réfléchissez. J 'ai tout réfléchi.
Tu es lâche.
Tu es faible.
De nous deux, c 'est toi la grue.
Mais ça m 'est égal, je ne cèderai pas.
Hier, tu m 'as vu boiter parce que j 'avais les pieds nus. Mais quand j 'ai
chaussures, personne ne sait pas près de rien.
J 'ai mis cinq ans pour arriver à ce résultat. J 'y suis arrivée.
Et tous les hommes que j 'ai voulu, je les ai eus.
Moi, la firme.
Et chaque fois, c 'est une revanche que je prends sur la vie.
Maintenant, tu peux faire ce que tu voudras. J 'ai prévenu, tu sais à qui tu
faire.
Qu 'est -ce que tu fais là ? Je suis au coin, monsieur.
Tu n 'as pas vu une feuille de papier tomber dans la cour ? Non, monsieur.
Comment en es -tu sûr que tu avais le nez contre l 'armoire ? C 'est parce que
je regardais, monsieur.
C 'est vous qui avez posé ça là ? Non.
Vous connaissez ce volatil ? Non.
Alors, qu 'est -ce que vous faites là ? Eh bien, voilà, docteur.
J 'ai un grand service à vous demander, un immense service. Voulez -vous me
prêter 100 francs ? 100 francs ? Pour sauver mon honneur.
Je ne puis pas.
Vous n 'avez pas besoin de rire. Allez, c 'est très grave.
Tout à l 'heure, en allant travailler, j 'ai vu l 'aventure de rebouter un col
en broderie. Et puis, la broderie anglaise, de la vraie.
Et alors ? Alors, j 'ai pris 100 francs dans ma caisse à la fin.
J 'ai tenté de me remettre sur mes économies.
Et puis... Et puis ? J 'ai dû m 'apercevoir que ma grand -mère est vide.
Votre grand -mère ? C 'est là que je me mets sous.
Elle est qu 'à rendre le col ? Je ne sais pas.
J 'ai fait une tâche.
Tenez.
Menteuse. Merci, docteur.
Gardez ça aussi.
Vous vous mettrez à genoux près de moi quand on ne vous remarque pas.
Impossible de venir plus tôt. Votre soeur montait la garde sur la place.
Vous voyez dans quelle situation vous me mettez.
Vous auriez mérité qu 'au lieu de venir, je montre votre lettre à mon mari.
Manette, je ne vous ai jamais écrit. Je suis venu en recevant votre mot.
Quel mot ?
Connaissez -vous la personnalité du corbeau ? Cette lettre est un faux.
Dix -sept jours suivants.
Oh ! Et vous êtes venue tout de même.
J 'ai été blessée sincèrement. Pourtant, je vous ai exclu.
Les femmes sont toujours prêtes à pardonner un amour de cette sorte.
Je vous déçois.
En qui vous imaginez si au -dessus de tout ça, si loin d 'elle ? Nous sommes
sans doute assez près l 'un de l 'autre.
Malheureusement, je ne suis pas libre.
Vous aimez une autre femme ? Non, le train, après moi. Je vous expliquerai
-être ça un jour.
Je ne vous demande rien.
Je suis encore jetée à la tête de personne.
Ce qui m 'inquiète, c 'est de savoir pourquoi on nous a ménagé cette
Je l 'ai eu, mais je n 'ai aucune intention de la prolonger.
Adieu, Germain.
Adieu, Laurent.
Faut surtout pas me revoir.
Si jamais vous avez besoin de moi, je serai là.
Denise. Vous ne m 'attendiez pas, hein ? Qu 'est -ce que vous faites là ? Vos
profils vous obligent à me quitter.
Il ne vous empêche pas de courir après une femme mariée.
Une petite sainte n 'est toujours vicieuse et saumoise. Un compliment.
Ce rendez -vous est une ruse.
Un piège dans lequel vous tombez avec nous.
Qui vous a donné l 'idée de venir ici ? Quelqu 'un qui vous connaît bien et qui
a bu juste du premier coup.
J 'en suis née tout à l 'heure. Une être du Corbeau, sans doute. Pourquoi pas ?
Et puis toi d 'abord, je t 'interdis de m 'agresser la parole. Tu m 'as volé mon
amant, mais sois tranquille. Michel le saura, tout le monde le saura. Le
a raison, j 'ai ratifié la ville. Allez -vous vous taire ? Non, je le dirai, je
le dirai si je veux.
Sale type, sale type ! Ne parlez pas si fort dans la maison du Seigneur.
C 'est vous le cherchez, docteur.
Vous saviez que j 'étais ici ? Je vous ai vu entrer.
Il y a un accident dans votre service. Le 13 vient de se suicider.
Il ignora qu 'il était perdu.
Le maître anonyme lui a révélé la gravité de son état. Il s 'est coupé la
avec son rasoir.
Votre opinion ? Pour moi, c 'est Marie Corbin qui a écrit cette saleté. Elle ne
pouvait pas souffrir le 13 depuis l 'histoire des ampoules. En tout cas, c
l 'avis de tout l 'hôpital.
C 'est l 'imbécile.
Comme si je n 'avais pas assez d 'ennuis.
Que faire ? Un bel enterrement. Il finira avec l 'hôpital.
Comme aujourd 'hui, vendredi, je n 'ai pas d 'aliments. Toute la ville pourra
assister aux objets.
Dimanche, c 'est la fête de Saint -Robin. J 'avais comme mon bras.
Et puis, le curé ne laissera pas entrer un suicidé à l 'église.
Docteur Verzet, vous signerez un certificat d 'aliénation mentale.
Le 13 était fou.
Bien entendu, il était fou comme tout le monde. Comme moi, comme vous. Vous en
priez, pas de plaisance.
Naturellement, tout l 'hôpital suivra le cortège. Pas moi.
Pourquoi pas vous ? Parce que je n 'aime pas les enterrements.
Vous ne comprenez donc pas ?
Vous avez pourtant dit que cette couronne devait être placée derrière le
cordillage. Une seconde, mademoiselle Thorin.
Tenez -moi ça, monsieur.
Vous devriez rentrer chez vous.
Soyez plus prudents.
Et si je ne veux pas être prudent ? Parce que tout le monde ici vous croit
coupable. On parlera de provocation.
Inutile d 'insister, docteur. On ira jusqu 'au bout.
... ... ... ...
... ...
... ... ...
...
Sous -titrage FR ?
Il fallait du sang.
Ces petits carrés de papier blanc pleuvaient sur la ville.
Ils ont fait rire quelques -uns d 'entre vous.
Auriez -vous ri si vous aviez su qu 'ils feraient pleurer une mère ?
Mais notre ville
entière partage sa douleur.
Et s 'il n 'était pas déplacé d 'invoquer la justice des hommes auprès
tombe, qui nous rapproche de la justice divine, je dirais que la ville entière
partage son désir de vengeance.
Comme autrefois la chouette était fixée sur la porte des granges, tu seras cloué
sur la porte du cimetière, oiseau de sang, oiseau noir,
corbeau.
Au nom de la foule émue qui m 'entoure,
Au nom des pouvoirs que je représente, je le proclame, malheureuse victime
innocente d 'un assassin sans nom, tu seras vengé ! C 'est elle le corbeau ! C
'est faux ! C 'est ignoble ! La lettre est tombée de la couronne que tu as
apportée ! Ce n 'est pas vrai ! Je ne l 'ai pas toujours tenue entre les mains !
Qu 'est -ce que vous dites ? Vous osez m 'accuser ? Vous avez tenu la couronne !
C 'est vous qui avez mis la lettre ! Moi ? C 'est vous !
Monsieur l 'économe. Et vous lisez le journal ? Le bruit ne me gêne pas.
Messieurs et les dames, mesdames, et nous, mes chers amis.
Mais laissez -moi parler au moins.
Elle n 'est plus ici, elle est venue prendre son service ce matin, nous l
renvoyée.
Calme plein.
Marie est arrêtée depuis deux jours. La température est normale et même au
-dessous de la normale.
Plus une lettre à Saint -Robin, c 'est rassurant. Ou inquiétant, comme aurait.
Vous savez que personne ne croit votre mort coupable. Au contraire, tout le
monde la croit coupable. C 'est si brassure.
Je sais qu 'elle est innocente. J 'en ai la preuve.
Là, vous commencez à m 'inquiéter.
Vous savez quelque chose ? Roland m 'a fait une révélation.
J 'aurais pu l 'amener, elle pleure depuis deux jours.
Cette accusation de vol à la poste est ignoble. Tout le monde est indigné.
Malheureusement, le corbeau a dit juste.
Roland a bien pris de l 'argent dans la caisse.
Mais ce qui est le plus grand, c 'est qu 'une seule personne l 'a su. Et ça n
'est pas Marie Corbin.
Alors qui ? Le docteur Germain.
Un instant.
Le docteur Germain a -t -il prêté de l 'argent à votre fille pour le remettre
dans la caisse ? Comment savez -vous ? Si c 'est votre seul motif de soupçonner
Germain, je peux aussi bien être le coupable.
Rolande m 'a emprunté 200 francs le mois dernier et 50 francs à Laura il y a 15
jours. Sous le même prétexte. C 'est un truc.
Oh, la petite garce.
Elle me le paiera.
Ah non, il faut être indulgent pour les jeunes filles nerveuses.
Quel âge a Rolande ? 14 ans et demi. Ah, c 'est un peu tôt pour la marier. Mais
il faudra faire vite.
Alors, vous partez ? Non, je fous le camp.
Pourquoi ? Après la crise qu 'on m 'a faillitée. Tout ça, c 'est le passé.
Depuis la restation de ma vie, toute la vie s 'est retournée.
Pour un peu, on voudra faire une statue.
Je ne sais pas être sincèrement bien, mais mon épilier, soyez gentil, passez
-moi la chemise qui est sur la petite dame.
La chemise ? Le dossier, là.
Vous devez me trouver simple, n 'est -ce pas ? Au contraire, je vous trouve très
gentil.
Mais... Vous partez quand même.
Oui.
C 'est tout à fait décidé.
Tout à fait.
Rien ne peut vous en tenir.
Rien.
Bon. Je vous aime. Non.
Vous ne me croyez pas ? Non. Vous prenez pour un menteur.
Oui. Mais... Quoi ? Écoute, Rémi.
Oh ! J 'ai appelé par ton prénom toute une nuit. Tu peux bien me le laisser
trois minutes.
Non, chérie, ne mets pas tes chaussures comme ça.
Brûler avec des chaussettes, ça tient moins de place et ça les empêche de se
déformer.
Mon chéri,
les autres te croient dur et inflexible.
Mais moi, je sais que tu peux être tendre et faible comme un enfant.
J 'ai tenu cet enfant un soir en prenant soin.
Ce moment -là, je t 'aime.
Parce que c 'est aussi bête que ça.
Je t 'aime.
Mais non.
Ce serait trop facile. Vous n 'avez jamais aimé, vous ne savez pas ce que c
'est, et vous profitez de mon départ pour me jouer la grande scène des
Je t 'aime, Rémi.
Et les autres, vous les aimez aussi ? Non.
Je ne les aimais pas.
Naturellement, vous avez changé d 'un seul coup.
Et oui, que je vous crois.
Mais ma pauvre fille, les gens sont ce qu 'ils sont. Un honnête homme reste un
honnête homme. Un coureur reste un coureur. Et une fille reste une traînée,
'est -ce pas ? Vous avez peut -être raison, docteur.
C 'est dans ce cas -là que je vous place.
Car vous êtes toujours ce qu 'il y a de plus triste et de plus étranger à la
vie.
Un crétin ? Oh non, un bourgeois.
Ne t 'inquiète pas, va.
Il ne faut pas faire partout.
Tenez, vous lirez ça quand je suis parti.
Qu 'est -ce que c 'est ? C 'est la lettre que j 'ai déchirée il y a quinze
et que j 'avais gardée.
Pourquoi me la donnez -vous aujourd 'hui ? D 'abord parce que je m 'en vais.
Et puis parce que je crois bien qu 'aujourd 'hui je ne l 'écrirai plus.
Je comprends bien.
C 'était Saint -Robin, la fleur légère. Il ne regretterait personne.
Voilà.
Personne.
J 'aime pas elle.
Elle ?
Vous avez noté son moment ? Peut -être un jour.
Si vous n 'aviez pas noté son moment, est -ce que vous pourriez encore mécher
cette tête ? Impossible.
Eh oui.
Laura, le second coup de la messe.
Oh, pardon, Germain, je savais que ma femme reçoit une visite. J 'ignorais que
'était vous. Je fais mes adieux à Mme Bonnet.
Ah, c 'est vrai, vous ne nous accompagnez pas, les... Non, je
suis pas croyant. J 'aurais dû m 'en douter. Vous avez la sécurité de la
Vous, vous êtes croyant ? Crudent.
Dans l 'incertitude, je prends une assurance.
Ça coûte petit peu.
Amen. Seigneur, préservez -moi de la main du pécheur et délivrez -moi des
injustes.
Au nom du Père et du Fils et du Saint -Esprit, ainsi soit -il.
Mes chers frères,
l 'esprit du mal s 'était abattu sur votre ville à cause de vos péchés.
Le fils menaçait le père, et le bruit des discordes submergeait la cité.
Mais le Seigneur, dans son ineffable miséricorde, a écarté de vous ce fléau.
Il faut que vos cœurs, délivrés de la crainte, s 'élèvent vers le cœur de
pour le remercier de cette grâce toute spéciale.
Voici le texte de la lettre aux paroissiens de Notre -Dame. Mes chers
les méchants se sont réjouis trop vite.
Marie Corbin et le corbeau ont deux.
C 'est donc en pleine liberté que je reprends ma campagne d 'assainissement.
Toutes les iniquités de cette ville pesteuse seront révélées.
Tant que vous n 'aurez pas expulsé de vos remparts Germain le pourriteur. Avis
aux intéressés, votre frère Angers Ducry, le corbeau.
C 'est un blasphème caractérisé.
Il n 'attaque même pas la religion.
J 'ajoute.
que l 'écriture de cette lettre, tristement identique à celle des lettres
précédentes, inocente complètement Marie Corbin, n 'est -ce pas, docteur ? Tout
à fait.
Alors, tout est à recommencer.
Cette fois -ci, nous partons en pleine certitude.
L 'enveloppe est tombée de la galerie. Pour accéder à la galerie, il faut
par la tribune. Or, dans la tribune, il y avait 18 personnes, et 18 personnes
que j 'ai priées de descendre ici.
Vous nous accusez ? C 'est monstrueux. Et pourquoi ne nous arrêtez -vous pas en
bloc ? Pourquoi maintenant, jamais ne peut plus partir les troupes en gueule ?
Monsieur le substitut, nous protestons, nous protestons hautement ! Ben voyons,
qu 'est -ce que c 'est que ça ? Silence, messieurs ! La piste n 'est pas
terminée.
Encore une.
Et celle -ci ? C 'est ma deuxième.
Une carte postale anonyme. Il y en a même pour la poste résidente.
Naturellement, tout le monde en est écrit.
Vous placez la concierge en charge de la voyer une à ma femme.
Qu 'est -ce que je lui ai filé comme tas ? A qui, à la concierge ? Ben non, à ma
femme. Est -ce qu 'on va continuer les dix traînées ou non ? Naturellement,
qu 'on aura pas d 'ordre. Quel que tu veux faire d 'autre. On devient
alors.
Terminé.
Vous ne semblez pas avoir conscience de notre mission.
Quelles que soient les circonstances, une lettre qui nous est confiée doit
remise à son destinataire.
Grandeur et servitude postale.
Cassez le pied pour moi, je l 'attends.
Il y avait une lettre pour le patron ? Pas pour lui, pour certains.
Je dois préférer qu 'il ne la lise pas.
Grandeur et décadence postale.
Messieurs, la situation était grave.
Elle devient tragique.
Fini de rire.
Fini de rire, vous me faites rigoler, vous. Super.
Mais n 'importe quoi. Mais donnons l 'impression d 'agir.
Sinon, je crains les pires conséquences.
Lesquelles ? La première séquestrée mis en minorité samedi au conseil municipal.
Évidemment, c 'est regrettable pour vous.
Mais votre point de vue me paraît bien étroit, permettez -moi de vous le dire.
Nous sommes en présence d 'une véritable épidémie. La contagion gagne de jour en
jour.
Docteur, vous êtes expert.
Votre avis ? Je n 'en ai pas, monsieur le sous -préfet.
N 'ayant ni le goût des places, ni celui des décorations.
Pourquoi aurais -je un avis officiel ? Eh bien, moi, j 'ai une idée.
C 'est de votre âge.
Germain est la cible principale du corbeau.
Puisque nous ne pouvons pas nous débarrasser du coupable, débarrassons
Germain. Nous serons peut -être par la même occasion débarrassés des lettres.
Allez,
envoie ce nom.
Au revoir, docteur.
La personne suivante.
Voilà, docteur.
Mon mari a du tuberculose.
Le moindre choc sentimental pourrait aggraver son état.
Je dois lui éviter que des mensonges.
C 'est ça.
Ça me paraît prudent, en effet, mais... Je n 'ai pas revu mon mari depuis un an
et... Je suis enceinte.
Non. Comment, docteur? Non, je dis non, madame.
Vous avez peut -être entendu dire que je pouvais effacer un souvenir, bon ou
mauvais, mais c 'est faux.
Au revoir, madame.
C 'est fou.
Quoi ? C 'est vous.
C 'est bien vous.
Vous ne vous souvenez pas de moi ? Vous m 'avez sauvé la vie il y a cinq ans.
Une fracture du crâne, un accident de toux.
Vous vous trompez. Non, non, je ne me trompe pas.
Mais qu 'est -ce qu 'un chirurgien comme vous fait dans une ville comme celle
-ci ? Soyez tranquille, je ne vous trahirai plus maintenant.
En somme, c 'était une petite provocation.
Je gagne ma vie comme je peux.
On m 'avait offert 10 000 francs.
Si vous aviez marché, on vous prenait à la gorge.
Mais qui a monté cette jolie combinaison ? Mon docteur, je ne suis pas une
casserole.
Les journaux de Paris, monsieur le sous -préfet. Donnez -moi ça, je vais vous
lire les manchettes, ça vous distraira.
Nous allons encore nous faire assassiner.
On doit interdire la presse.
Alors ? Rien de nouveau.
Permettez.
Nom de Dieu.
Déplacé. Ils m 'ont déplacé.
Et j 'apprends ça par le journal.
Tout ça pour donner satisfaction à l 'opinion publique.
Si cette nouvelle est de nature à ramener le calme dans les esprits, votre
sacrifice n 'aura pas été inutile. L 'intérêt général d 'abord, permettez
de vous le dire. Vous foutez -moi la paix. Croyez bien, mon cher, que nous
sommes tout à fait désolés pour vous. Vous avez tort, au fond, je suis ravi.
me voilà débarrassé de Saint -Robin et de ses habitants.
Après tout, j 'ai de quoi vivre.
Je ne sais pas pourquoi j 'étais venu m 'enterrer dans un trou.
Parce que c 'était un trou dans un fromage.
Ce qui signifie ? Que le corbeau m 'a fourni de singulières précisions sur
manière d 'administrer.
Répétez ce que vous venez de dire.
Répétez -le ! Je prends le sous -préfet à 15 contrats.
Ah non, vous, je vous en prie, hein ! Allons, mon cher, à cette scandale.
Reprenons plutôt la discule. Vous la reprendrez avec mon successeur. Il
que je suis trop inférieur à ma tâche pour prendre part à votre délibération.
'espère
que je ne vous dérange pas, messieurs.
Excusez -moi d 'avoir forcé votre porte, mais je n 'en ai que pour un instant.
Monsieur le substitut, mes compliments.
Au lieu d 'agir contre l 'auteur des lettres, vous surveillez sa victime. C
ingénieux.
Si vous arrêtez les volets, vous n 'avez pas de peine pour vol.
Vous me prenez sur un temps qui ne convient pas, en effet, car rien n 'est
pieds nus et la corde au cou.
Messieurs, voici ma confession.
Je ne suis pas gynécologue.
Il y a trois ans, je n 'avais jamais fait un accouchement. Êtes -vous content
Je ne suis pas non plus le docteur Germain. Êtes -vous satisfait ?
Vous vouliez nous chasser, je suis prêt à partir.
Et je suis pilote. Ah, mais non. Si vous croyez vous attirer... J 'ajoute.
J 'ajoute qu 'il y a trois ans, je dirigeais un service à l 'hôpital Turgot
Paris et que j 'étais spécialisé dans la chirurgie du cerveau.
Chirurgie du cerveau ? Vous êtes Germain Monat ? Oui.
La moitié de mon nom était vrai, je ne suis donc admis coupable.
Le docteur Germain Monat avait une femme, messieurs.
Pas une virago comme la vôtre de l 'an.
Ni une bigote desséchée comme Madame de Maquet, non.
Une femme.
Une vraie femme.
Elle attendait un bébé.
Je l 'ai mis entre les mains d 'un chirurgien célèbre, le plus célèbre des
chirurgiens.
L 'affaire se présentait mal.
Mais cet imbécile mit son point d 'honneur à me donner un fils quand même.
C 'était un homme de devoir.
Il a tué à la fois la mère et l 'enfant.
Il a tué par la même occasion le docteur Monastro.
Vu ce temps -là, le Dr Germain s 'est attiré dans une petite sous -préfecture.
Et il met ses dons professionnels au service des maires.
Et c 'est en pleine liberté de conscience qu 'il intervient dans les
douteux. Alors, ça change tout, mon cher frère. En effet.
Vous souteniez le Dr Germain et c 'est le Dr Monat qui vous accuse de sottise.
Et d 'incapacité.
Au revoir, messieurs.
Tu as gagné, petit imbécile.
Si c 'était à moi, je te bloquerais de bonnes paires de claques.
C 'est pas folle ? Laissez -moi mourir. Je veux mourir.
Qu 'est -ce qu 'il se passe ? Une gosse qui s 'est sautée dans la voie.
Un accident ? Malheureusement, non.
On n 'a pas idée de ça. Il faut faire quelque chose.
Comment ? C 'est toi, Annette ? Laissez -moi mourir. Je veux mourir.
Pourquoi mourir ? Parce que papa n 'est pas papa.
C 'est qui qui a dit ça ?
Oui, ben tu vas rentrer bien gentiment chez toi.
Tout ça, c 'est des mensonges.
Demain, j 'irai voir ton père et je l 'expliquerai.
Et celui qui a écrit ces lettres sera puni, je te le promets.
Tenez, ramenez -la chez elle, voulez -vous.
Eh bien, Germain, vous vous lancez sur le sentier de la guerre ? Je suis
complètement éclairé.
Si j 'avais la moindre chance, je n 'hésiterais pas.
Là où la police a échoué... Elle ne pouvait pas réussir.
Ces messieurs cherchent un coupable qui tue pour agir des motifs logiques. C
'est imbécile.
Un anonymographe obéit à des mobiles infiniment plus mystérieux,
incompréhensibles à la moyenne des hommes, à plus forte raison à la moyenne
policiers.
Et dans toutes les affaires que j 'ai étudiées, les coupables présentaient les
mêmes tards psychologiques.
C 'était toujours des refoulés, plus ou moins détraqués sexuellement.
Des vieilles filles ? Souvent. C 'est ce qui m 'a gêné pour défendre ma belle
-sœur. Et puis des veuves, des impuissants, des vieillards disgraciés,
infirmes.
Une infirmité même dissimulée laisse dans l 'âme des blessures secrètes et
peuvent s 'envenimer.
Bonjour, monsieur Bordet.
Bonjour, mademoiselle.
Eh bien, mon cher.
Pardon.
Si vous pensez que le corbeau... Oh, l 'affaire du corbeau est plus compliquée.
En deux mois, le coupable aurait écrit 850 lettres tracées en majuscules.
Je me demande si une seule personne, même disposant de loisirs importants,
aurait pu en venir à bout.
Eh, il y a de curieux cas de contagion familiale.
On voit un mari et une femme, un frère et une sœur, se pencher chaque soir
sous la lampe pour rédiger des missives au vitriol.
À quoi pensez -vous ? Moi ? Je sais. Moi aussi, j 'y ai pensé, mais il ne faut
pas conclure trop vite.
Écoutez, je connais peut -être un moyen d 'en avoir le cœur net.
Comme je vous l 'ai dit dans la sacristie de Notre -Dame, et comme j 'ai
'occasion de vous le répéter maintes fois pendant l 'instruction, il est
que le corbeau se trouve parmi vous.
C 'est une opinion. C 'est insensé. C 'est la raison.
C 'est pourquoi j 'ai décidé de vous soumettre à une épreuve.
Le docteur Borset, en qualité d 'expert, va vous donner connaissance.
Un instant.
Je tiens à souligner que j 'ai protesté contre vos conclusions il y a un mois,
que je proteste encore aujourd 'hui.
Et que je protesterai demain.
Si ça peut vous amuser.
Mais ça fait beaucoup de protestations pour pas grand -chose.
Il s 'agit seulement d 'une petite dictée collective.
Je m 'explique.
Un anonymographe ne peut pas tracer un millier de lettres en majuscule sans
acquérir une manière d 'écriture seconde qui lui devient naturelle.
Cette écriture, il peut la dissimuler une heure ou deux heures, peut -être
davantage. Mais la fatigue aidant, elle reviendra obligatoirement sous sa plume.
C 'est pourquoi j 'ai le regret de vous avertir que cette dictée sera longue,
très longue.
Il y a ici des honnêtes gens qui n 'ont pas à mériter ces procédés de basse
police. Docteur Bertrand, les honnêtes gens doivent se dévouer pour éviter que
le coupable ne se dérobe.
Monsieur... Alors, alors... Maintenant, prenez vos plumes, je commence.
Lettre numéro un.
Petit débauché.
Petit débauché.
Tu fais joujou.
Tu fais joujou.
Avec la femme...
À Vorzay.
Avec la femme à Vorzay.
Laura, la... Vous mettrez un P, plusieurs points de suspension.
Prends garde, j 'ai l 'œil américain.
Et je dirai tout.
Il n 'y a pas de place aujourd 'hui? Non, la salle d 'école est
Il y en a pour la matinée. Et pour l 'après -midi.
Je commence à finir. Pensez -vous, le corbeau est plus malin que... Le
Lettre numéro 53.
Un cadavre.
Tu as un cancer du poids.
Croquignolet. Tu as un cancer du foie croquignolet
qui te mène grand train aux
asticots.
Qui te mène grand train aux asticots?
Germain se paye ta pauvre bobine.
de crevard Germain se paye ta pauvre bobine de
crevard mes amitiés au père éternel
au père éternel
Le corbeau.
Pourquoi vous êtes -vous évanouie par
fatigue ? Non.
Vous savez pourquoi ? Oui.
Alors dites -le.
Vous ne saurez pas, vous êtes trop dure avec moi.
Vous me soutenez.
Je vous déteste.
Laissez -la, elle est fatiguée.
Alors, elle a repris connaissance ? Oui, mais on ne peut rien en tirer.
A votre avis, c 'est elle ?
Pendant que vous étiez là -haut, j 'ai encore examiné son écriture.
Il y a des coïncidences troublantes, mais rien de concluant.
Et cet évanouissement ? Il ne constitue pas une preuve.
Dites -moi franchement, vous aimez Denise ? Non, je ne pense pas.
Je désirais, ça oui.
Je désire encore certaines nuits.
Quand je me retourne dans mon vie.
Mais si je la savais coupable, je n 'hésiterais pas à dénoncer.
C 'est cornelien.
Vous avez tout du vieil en race.
Moins la barbe. Et encore, vous avez une barbe virtuelle. C 'est plus beau.
Enfin, mon cher, tout de même, quand vous rencontrez une mauvaise bête... J
rencontre une chaque matin, dans ma glace, en compagnie d 'un ange.
Vous êtes formidable.
Vous croyez que les gens sont tout bons ou tout mauvais.
Vous croyez que le bien, c 'est la lumière et que l 'ombre, c 'est le mal.
Mais où est l 'ombre ? Où est la lumière ? Où est la frontière du mal ? Savez
-vous si vous êtes du bon ou du mauvais côté ? Quelle littérature ! Il n 'y a qu
'à arrêter la lampe.
Arrêtez -la ! Vous êtes brûlés. Vous voyez, l 'expérience
est concluante.
Tenez, je vous aime bien.
Je vais vous faire une conférence.
Je me drogue.
Je me pique.
C 'est pour moi que Marie Corbin s 'utilisait à la pharmacie les ampoules
morphine. Parce qu 'elle a une vieille passion pour s 'en éclater.
Et je ne me prends pas pour un monstre, vous savez.
Méditez là -dessus, jeune homme, et faites votre examen de conscience.
Vous serez peut -être étonné des résultats.
Je me connais.
Orgueilleux.
Depuis qu 'il souffle sur la ville un tourbillon de haine et de délation,
les valeurs morales sont plus ou moins corrompues.
Vous êtes atteint comme les autres. Vous tomberez comme eux.
Oh, je ne dis pas que vous étranglerez votre maîtresse, non.
Mais vous fouillerez ma serviette si je l 'oublie sur ce bureau.
Et vous coucherez avec Hollande s 'il est amoureuse de vous.
On n 'a que le choix, vous savez.
On voit que vous avez l 'habitude de soigner les fous.
À votre service.
Eh, bonne nuit quand même !
Mais les poussières ? Depuis la mort de mon fils, je me suis remis femme de
ménage. C 'est moi qui balaie les cartes tous les matins.
Vous ne le saviez pas ? Oh, pardon, vous m 'avez fait peur.
J 'ai passé une nuit affreuse.
Je connais ça.
Il y a deux mois que je ne dors pas.
Mais quand François sera venu, je dormirai. Ça ne s 'arrêtera pas.
Vous savez qui est responsable de sa mort ? Je crois le savoir.
Il faut que tu sois sûr, absolument sûr.
Qu 'est -ce que t 'en es -vous ? T 'aurais toujours accepté.
Vous connaissez ça ? Il va faire avec une fois.
Contre les morts avec pas d 'armes.
Il va re -perdure.
On n 'a pas le droit de le faire.
Voyez. Sûrement pas.
Mais je le fais sans droit.
18 rue de la mairie.
Donnez -moi ça, vous économisez un timbre.
Vous êtes là ? Vous m 'espionnez, maintenant ? Donnez -moi ça. Jamais.
Vous m 'écrivez une lettre, il faut que je la lise.
Je ne le veux plus.
Chirurgien de mon cœur, belle occasion d 'opérer. Denise est enceinte de toi, le
savais -tu ? Vous avez vu ? Oui.
Ainsi, c 'est vous.
La détraquée qui nous empoisonne depuis des mois, c 'est vous.
Non, ce n 'est pas moi.
Je veux avoir un enfant de cette demi -folle.
Non.
Je ne veux pas d 'un fils taré.
Le corbeau a raison.
Je vous promets que celui -là n 'est pas prêt de voir le jour. Réveillez -vous.
Réveillez -vous.
Tout de même, ça fait un drôle d 'effet.
Vous soupçonnez depuis trois jours, mais de là, vous pincez en flagrant délit.
Je ne suis pas le corbeau.
J 'ai le viol sur l 'éptique, je ne veux pas.
Ah non, Denise, pas ça. Je vous en prie, un peu de pudeur.
Je vous ai vu écrire.
C 'est la première fois.
Je n 'osais pas avouer la vérité en face.
Alors j 'ai voulu vous envoyer une lettre.
Et c 'est devant le papier que l 'idée m 'est venue d 'imiter l 'écriture du
corbeau.
Voilà tout.
J 'étais bien sûr que vous trouveriez un truc pour ne pas avouer. Les auteurs de
lettres anonymes n 'avouent jamais.
Tu l 'as bien trouvé.
Seulement, votre obstination même à nier prouve que vous êtes coupable.
Alors, je n 'ai qu 'à avouer pour que tu me crois innocente.
Tu raisonnes trop, Rémi. Tu la savais le peine de raisonnement. Tu ne peux plus
rien sentir.
Si tu veux savoir la vérité, regarde -moi dans les yeux.
Qui est -il, je sais.
Tais -toi, regarde -moi.
Tu vois ? Je voudrais y aller.
Je suis pas intelligente comme ça, mais je saurais ce que je veux.
Maintenant, j 'ai peur de te passer vite.
Tu vas aller voir Laura tout de suite.
Laura ? Pourquoi ? Elle est plus gentille, elle n 'est plus comme tous
autres. Comme l 'être de moi.
Comme l 'être de moi.
Tu as vu Laura ce matin ?
Elle vient de me téléphoner.
Vas -t 'en.
Vraiment.
Embrasse -moi.
Bonsoir, M.
Patinard. Qu 'est -ce qui vous arrive ? Je vous ai dit un jour que si jamais
vous couriez un danger, je serais là, je suis... Mais de quel danger s 'agit -il
? Vous n 'avez pas reçu ce matin une lettre de menace ? Moi ? Vous n 'avez
téléphoné à personne ? Personne ? Enfin, qu 'est -ce que signifie cette histoire
? Que je me suis laissé manœuvrer comme un gamin ? On parlera.
C 'est ridicule. Oh non, non, vous n 'allez pas partir comme ça sans me
'explication. Plus tard, il faut que je rentre tout de suite.
Avouez tout de même que vous faites de drôles de visites.
Ah bon ? Attendez.
Ça, par exemple.
Vous, vous permettez ? Je vous en prie.
Dernier avertissement.
Si tu ne cesses pas toute relation adultère avec Germain, gare à toi.
Voici la soeur de la balle qui te trouvera la peau.
Maintenant, tout est clair. Pour m 'envoyer ici, il fallait connaître cette
tête.
Et pour la connaître, il fallait l 'avoir écrite.
Qui vous a envoyé ici ? Denis.
C 'est pas possible.
C 'est une erreur.
Un horrible malentendu. Il n 'y a ni erreur ni malentendu possible.
Denis n 'est pas capable de ça.
Vous avez une autre explication ? Oh, pauvre ami.
C 'était bien combiné.
Si la lettre n 'était pas arrivée à temps, le tour était joué.
Si je savais quoi vous dire.
Mike, c 'est assez effrayant.
Je sais.
Vous écrivez aux lignes ? Quoi ? Vous vous levez à l 'instant et vous avez
les doigts tachés d 'encre.
Le résultat de la dictée d 'hier.
Tant.
Vous allez me toucher aux yeux, mais l 'enquête est encore bien faite.
Et puis on ne se vernis pas les ongles avant de se laver les mains.
Oh Laura, si vous aviez fait ça.
Cher Mamouti, qu 'est -ce qui vous prend ? Si vous aviez écrit vous -même cette
lettre, si vous aviez glissé vous -même dans la boîte.
Si vous aviez vraiment donné ce coup de téléphone.
Alors vous perdiez, Denise.
Oui, oui, je me plains.
Et vous qui êtes à plaindre, Laura.
Très à plaindre.
Qu 'est -ce que c 'est ?
C 'est affreux, je ne comprends pas, c 'est un piège, c 'est une machination !
'ai la peine de jouer à la comédie, c 'est toi que vous êtes prise, et j 'en
emporte la preuve.
Non, ne portez pas ! Non, j 'ai trouvé ! Denise vient faire sa correspondance,
ici, ça prend ! Rémi ! Rémi ! Rémi ! Qu 'est -ce que vous faites là ? Venez.
Voilà le buvard de votre femme.
Je le savais, Laura est folle.
Je l 'ai surprise hier soir, et depuis je n 'ai pas encore trouvé le courage de
téléphoner au parquet.
Une très jeune femme, un très vieux mari, voilà tout le drame.
Au fond, je suis le grand responsable. Je n 'aurais pas dû m 'épouser Laurent.
Au début de notre mariage, sa jeunesse m 'a réchauffé. J 'ai jeté dans ses
dernières flambées tout ce qui me restait de désir et d 'amour.
Et puis, peu à peu, je suis devenu l 'ami de ma femme.
Ce ne lui suffisait plus.
Mais on lui avait appris la vertu.
Elle me restait fidèle.
Là -dessus, vous êtes arrivé.
Vous ne lui avez plus.
Et pour attirer votre attention, elle a écrit la première lettre.
Et comme ça ne répondait pas assez, la rage l 'a reprise.
Elle s 'est acharnée sur vous qui ne répondiez pas à ses avances, sur Denise,
dont vous étiez l 'amant. Elle a compromis sa sœur qui la surveillait.
La rage a tourné au délire.
Le délire à la folie.
Maintenant, soyez gentil.
Portez ce papier buvaire au parquet.
Je n 'en aurai pas la force.
Moi non plus.
Un procès n 'arrangerait rien. Si Laura est malade, soignez -la. C 'est vous qui
dites ça, vous, l 'homme au principe.
J 'ai beaucoup changé depuis ce matin. J 'ai compris pas mal de choses.
Voyez -vous, ce genre de crise n 'est pas inutile.
On en sort comme le convalescent émerge de la maladie plus fort et plus
conscient. C 'est terrible à dire, mais le mal est nécessaire.
Allez, soignez -leur. Mais non, il est trop tard.
Vous êtes psychiatre, vous dirigez l 'adulte Saint -Ange. Mais même si je le
voulais, je ne pourrais pas signer un certificat d 'internement pour ma propre
femme.
Donnez -moi une feuille de papier.
Comment ? Vous voulez ? Oui.
Allô ? Oui.
Oui, c 'est moi.
Hein ? Oh, oui.
Oui, oui, bien.
Oui. Mais je vous l 'envoie tout de suite.
Vous n 'avez qu 'à demander une ambulance.
Merci pour elle et pour moi.
Maintenant, il faut que vous partiez.
Denise s 'est évanouie encore une fois en descendant ses escaliers et elle a
fait une mauvaise chute.
Qu 'est -ce que ça a provoqué ? Allez -y, mon Dieu, tout de suite.
Non, ce serait trop facile.
Vous croyez que je vais me laisser faire comme ça ? C 'est lui le corbeau. Lui
le fou qu 'il faut interner. Vous m 'entendez, Rémi ? Pour la première
il a raison. C 'est moi qui l 'ai écrite.
Mais les autres, toutes les autres, il les a combinées.
Il me les a dictées une à une.
Tenez, regardez -le, une lubine. Non, voyons alors.
Allez, Germain, il faut que vous partiez.
Partez ! On vous attend ! C 'est moi qui vous en prie ! C 'est moi ! Rémi !
Tais -toi ! Tais -toi ! Tais -toi ! Tais -toi ! Tais -toi !
Allô ? Allô ? Donnez -moi le prêt ! Rémi ! Rémi ! Rémi !
Tais -toi ! Alors ?
Tu ne feras rien, mais j 'ai eu terriblement peur.
Pour moi ? Pour vous deux.
Tu as envie de cet enfant ? J 'en ai besoin.
Nous avons bien failli le perdre.
Je vais t 'expliquer ça dans les escaliers.
Je vais tenter encore.
Vous ne pensez qu 'à toi ? Et pourtant, je me disais que la couchère qui a tué
ma femme n 'était pas aussi coupable que je l 'avais jugée.
On ne peut pas sacrifier l 'avenir au présent.
Maintenant, pour avoir un fils, tu me tueras à ton tour.
Peut -être.
Et Laura ? J 'oubliais Laura.
Oublie -la.
Laura et le corbeau ne font qu 'un.
C 'est ce que tu as fait dans la tête.
Laura connaissait le corbeau, ça oui, j 'ai dit n 'est plus longtemps.
Mais ce n 'est pas elle.
Elle a peur de lui.
Elle t 'a joué la comédie.
Écoute, on y va, ne sais pas si ça te... Laura avait peur pour de bon.
Alors ce serait... Non ! Non, laissez -moi ! Laissez -moi, c 'est pas moi !
laissez -moi !
Sous -titres par Juanfrance
ainsi se défendait.
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