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Zulu
Dans le système judiciaire,
les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux.
À New York, les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes
sont membres d'une unité d'élite appelée Unité spéciale pour les victimes.
Voici leurs histoires.
- Du calme. - Le bébé arrive !
- Reste calme. - Je le suis.
Va chercher mon sac. Ma carte de mutuelle est dedans.
Génial.
Lainie, ce n'est pas le moment.
Daniel. Aide-moi.
- Lainie. Qu'est-ce qu'il y a ? - Elle s'est juste coupée.
- Lainie, je vais accoucher. - J'ai été violée !
- Lainie McCallum, 24 ans. - Elle est blessée ?
Quinze points de suture à la main. Aucun tendon n'a été touché.
- Des voisins l'ont emmenée ici. - Ce sont des témoins.
- Ils sont toujours là ? - Pas loin. En maternité.
La femme a failli accoucher ici. Lainie ne voulait pas qu'ils partent.
- Elle était en crise. - Plus maintenant.
Grâce au lorazépam.
Elle ne doit pas se réveiller seule.
Elle m'a demandé cent fois d'appeler son petit ami, Jason.
J'ai laissé des messages.
Jason ?
Madame McCallum ?
On essaye de joindre Jason.
Peut-on contacter quelqu'un d'autre ?
C'est Jason.
Jason, ici l'inspectrice Benson. Lainie est à l'hôpital.
Jason. Elle a été agressée.
Pardon ?
OK. Je transmets le message.
- Il ne veut pas s'en mêler. - Sympa.
Il dit qu'ils sont sortis ensemble une fois et qu'elle le harcèle.
NEW YORK UNITÉ SPÉCIALE
Je voulais appeler le 911, mais elle a tenu à prendre notre taxi.
- Elle a été violée. - Et toi, tu veux toujours être son héros.
- Le bébé ne veut plus sortir. - Que s'est-il passé ?
Elle quittait la salle de sport de l'immeuble
quand un type l'a entraînée dans l'escalier et l'a violée.
- Elle l'a décrit ? - Il était cagoulé.
Comment est-il entré ? Ça aurait pu tomber sur toi.
Je ne me balade pas en sous-vêtements.
Elle aurait pu être nue.
- Ça n'excuse pas un viol. - Pardon.
Mais elle passe son temps à solliciter mon mari.
"Daniel, tue cette araignée." "Ma fenêtre est coincée."
- "Retourne mon matelas." - Je n'ai pas fait ça.
OK. Personne ne la harcelait ?
- Pas d'attention non désirée ? - L'attention, elle adore ça.
- Elle n'en a jamais assez. - Chérie !
Laisse-la, la pauvre. Elle n'a pas eu une année facile.
- Elle a vécu de sales ruptures. - Avec violence ?
Oui, si on compte les pauvres mecs qui ont trébuché en voulant s'enfuir.
Salaud !
- Madame McCallum, du calme. - Qui est l'inspectrice Benson ?
- Moi. Et voici l'inspecteur Stabler. - Vous avez dit quoi à Jason ?
Vous lui avez parlé. Et maintenant, il ne veut plus venir me voir.
Il se rend compte de ce que j'ai vécu ?
C'est pour ça qu'on est là. On veut vous aider.
Racontez-nous ce qui s'est passé.
- J'ai été violée. - On sait.
Votre agresseur était-il blanc, noir, hispanique... ?
Je ne sais pas. Je ne lui ai pas demandé.
OK.
Dites-nous juste ce dont vous vous souvenez.
Il a posé un couteau sur ma gorge et m'a fait me coucher sur ces marches.
- Quel genre de couteau ? - Un gros couteau.
Bien. C'est très bien. Et ensuite ?
Il m'a enlevé mon short.
Et il m'a pénétrée.
- Vous étiez face à face ? - C'était horrible.
- De quelle couleur étaient ses yeux ? - Je ne sais pas.
- Combien de temps ça a duré ? - Une éternité.
J'ai eu l'impression que ça durait au moins une heure.
Donc vous l'avez regardé longtemps dans les yeux.
Réfléchissez. C'est très important.
Ils étaient bleus. Et verts... Verts au milieu.
Donc il était caucasien ?
Oui. Ses paupières étaient blanches. Et ses mains.
Il ne portait pas de gants ? Il a touché quelque chose ?
Oui ! Il se tenait à la rampe.
Juste là !
Fouillez tous les placards. Et sous le lit.
- Pas de problème. - Il doit être parti depuis longtemps.
Lainie, il était grand comment ? Gros comment ?
Environ votre taille. Maigre, mais avec un gros bide dégoûtant.
40 PRÉSERVATIFS
Désolée pour le désordre.
Ma femme de ménage ne passe que demain.
- Personne dans le placard. - Elle peut entrer ?
Oui. Personne sous le lit.
Mon Dieu ! Il faut que j'enlève ça.
Elle a dévalisé un sex shop.
Elle a 24 ans et elle est célibataire.
- Quoi ? - Il n'y a pas de sang dans l'escalier.
Parce que j'ai serré le poing.
Ça a saigné quand j'ai ouvert la main chez Daniel.
Quand vous a-t-il coupé la main ?
- Quand cette femme noire est intervenue. - Il y a un témoin ?
Et vous n'avez rien dit ?
- Ne criez pas ! - Qui est-elle ?
Je ne lui ai pas demandé son nom.
Quand elle lui a donné un coup de poing, je me suis enfuie.
Une inconnue est intervenue au milieu de son viol,
lui a peut-être sauvé la vie, et Lainie n'a pas envoyé d'aide ?
- La bonté ne paye pas. - On doit trouver cette femme.
Quand Lainie est partie, elle se battait à mains nues
contre un taré avec un couteau.
Vérifiez les alentours et les hôpitaux.
- Et la morgue. - Si cette femme existe.
- Tu traites la victime de menteuse ? - Elle n'a parlé de cette femme
que six heures après les faits.
D'habitude, quand on invente une personne noire,
on en fait le méchant.
Vérifiez les caméras de sécurité.
On y voit peut-être le témoin ou le violeur.
LOGE DU CONCIERGE JEUDI 4 FÉVRIER
Il n'y a pas de portier
et la seule caméra est dans l'entrée, face à la porte.
Elle est reliée à cet ordinateur.
Le viol a eu lieu à 10h45. Il nous faut l'heure d'avant et l'heure d'après.
Avant, on n'avait jamais de problèmes.
- Puis Lainie a emménagé. - Elle vous fait des ennuis ?
Elle rentre ivre tous les soirs.
Elle me réveille parce qu'elle oublie ses clés.
Une nuit, je ne me suis pas levé assez vite.
- Elle a jeté un cendrier sur la vitre. - Une femme noire. Imprimez.
Tu crois qu'elle souffre de troubles affectifs ?
Tu te rappelles Marcie, de la 53e ?
- Elle criait sans cesse au viol. - Et Jésus la sauvait avec une fusée.
Lainie n'est pas folle à ce point. Elle est juste... difficile.
Regarde ce livreur, avec le jean et le bonnet noir.
Imprimez-le aussi.
- Vous le connaissez ? - Le livreur du supermarché.
Une fois, il a cassé mes œufs
et il a nié sa responsabilité...
- L'avez-vous vu dans un autre contexte ? - Vous pensez que c'est mon violeur ?
- Non. Sûrement pas. - OK. Et lui ?
C'est Fritz, du troisième. Il est chiropracteur.
Il m'a promis une manipulation gratuite.
- Ce n'est pas lui. - Bien.
Et ces femmes ?
- Reconnaissez-vous votre sauveuse ? - Elle est belle.
J'adore sa veste.
C'est Mme Williams. Une vraie saleté.
Je... Je crois que c'est elle.
Faites voir.
- Vous l'aviez déjà vue ici ? - Non.
- Mais c'est elle. - Le concierge ne la connaît pas.
Elle est entrée à 9h15
et on ne la voit pas sortir.
OK. On refait le tour.
On fouille le toit, l'escalier, les bennes à ordures.
- Tout ce qui peut contenir un corps. - Et on va frapper aux portes.
Excusez-moi, madame. Inspecteur Munch. Je cherche cette femme.
Oh, d'accord. Merci.
- Merci. - Qu'est-ce qu'elle a fait ?
- Une bonne action. Tu l'as vue ? - J'y gagne quoi ?
- Écoute-moi, sale morveux... - El.
La locataire du 7B pense qu'elle est aide à domicile au 12e étage.
Je n'entends rien.
Les circonstances nous autorisent à entrer ?
Il avait un couteau. Elle est peut-être blessée.
- Je peux vous aider ? - Vous allez bien !
Bien sûr. Pourquoi ?
- On peut entrer ? - Non. Ce n'est pas chez moi.
- Il y a un homme ici ? - Bien sûr.
M. Gleeson.
OK. On enquête sur l'incident
qui s'est produit ce matin dans l'escalier.
- Quel incident ? - Le viol que vous avez interrompu.
- Pouvez-vous identifier le coupable ? - Désolée. Vous vous trompez.
Y a-t-il eu un viol ou avons-nous perdu notre journée ?
Le témoin n'est pas au courant.
Elle s'appelle Nardelie Youla. J'ai parlé à la fille de son employeur.
- Elle dit qu'elle est très fiable. - Elle a un accent prononcé.
Elle a peut-être peur d'être expulsée.
Elle n'avait pas l'air de s'être battue.
D'après Lainie, Nardelie a attaqué le violeur.
Pas l'inverse.
Si elle l'a sauvée, pourquoi le nier ?
Sa photo aurait fait la une.
Tout le monde ne cherche pas la gloire.
Et Lainie est traumatisée. Elle a pu se tromper.
Ou peut-être que cette femme n'existe pas.
L'escalier a donné quelque chose ?
Des tas d'empreintes. Aucune fichée. Pas de sang ni de sperme.
Les examens médicaux ne montrent aucun signe d'éjaculation.
- Le viol a été interrompu. - Et si elle s'était coupée elle-même ?
Elle cherche à attirer l'attention.
Elle aurait inventé ce viol ? Pourquoi ?
Elle semble présenter tous les signes
d'un trouble de la personnalité histrionique.
- Benson. - Émotions exagérées,
attitude sexuelle provocante,
attacher trop d'importance aux relations
et à son apparence physique, vouloir être le centre de l'attention...
- C'est une drama queen. - À l'excès.
On arrive.
Lainie vient d'être arrêtée. Elle a essayé de s'introduire chez Jason.
Jason ! S'il te plaît !
Lainie, tourne la page !
Arrête de me harceler ou je mets ça sur YouTube.
Je ne sais pas ce que je t'ai fait, mais je suis désolée.
- Pardon ! - Qu'est-ce que vous faites ?
- Que faites-vous ? - Du tapage. Les voisins se plaignent.
Elle hurle mon nom depuis deux heures.
- Laisse-moi entrer... - Merci.
Détachez-la.
- Vous êtes sûre ? - Oui.
- Vous voulez porter plainte ? - Faites-la partir.
Et qu'elle reste loin de moi.
CHEZ LAINIE MCCALLUM 5 FÉVRIER
Pourquoi êtes-vous si bouleversée après un seul rendez-vous ?
Je connais Jason depuis toujours.
Je vais vous montrer.
Il essayait de m'embrasser au camp d'été.
Il m'a couru après pendant des années. Regardez.
Vous voyez ?
Je lui ai enfin donné sa chance, et... voilà ce qu'il a fait.
- Vous devez tourner la page. - Lainie.
Avez-vous parlé d'un viol pour attirer son attention ?
- Quoi ? - Ce n'est pas grave.
Il ne va rien vous arriver.
Mais vous devez nous le dire.
Vous pensez que je mens ?
Comment ça, "il ne va rien vous arriver" ?
Lainie. On essaye de faire notre travail.
OK ? Il nous faut plus d'informations.
La femme que vous avez identifiée...
- Elle dit qu'elle n'y était pas. - Elle ment !
OK ? Elle ment !
La femme que vous avez identifiée
ne lui ressemblait pas seulement ?
Non. C'est bien elle. Je ne mens pas.
Pourquoi vous ne me croyez pas ?
Personne ne vous traite de menteuse.
Mais si on veut arrêter ce type, on doit corroborer votre histoire.
Mais je vous ai tout dit.
- Tout. - Inspectrice. Par ici.
Regarde derrière mon épaule droite et dis-moi ce que tu vois.
- Un télescope ? - Pointé sur cette fenêtre.
Quelqu'un m'espionne ?
- Oui ? - Joli œil au beurre noir.
Ouais. Je peux vous aider ?
C'est au sujet d'un incident qui s'est produit dans ce bâtiment.
- J'en ai entendu parler. - Vous télétravaillez ?
Je suis entre deux emplois.
On peut entrer pour vous poser quelques questions ?
Bien sûr.
- Vous voulez boire quelque chose ? - Non, merci.
Qu'est-ce qui vous est arrivé ? Ça doit faire mal.
C'est idiot. Je me suis pris une porte.
Il faut faire attention.
Joli télescope. Je peux regarder ?
Allez-y.
C'est un cadeau de ma femme.
- Ça m'occupe. - Dites donc !
Sacrée vue !
Jolie vue.
Les voisins nous surprennent toujours.
Vous devez savoir tout ce qui se passe en face.
Vous voulez bien nous accompagner au poste ?
- C'est lui ? - Il correspond à la description.
Ma taille, maigre, du bide.
Et un gros bleu sur son œil bleu-vert.
Mais sans témoin, ça ne suffit pas.
Ce serait bien qu'il avoue.
Je me sacrifie encore pour l'équipe. Je dois accompagner Wendy à l'opéra.
- Mais elle a accéléré les analyses. - Et alors ?
- Il n'y avait pas de sperme. - En effet.
Mais elle a trouvé des traces de pré-éjaculat. Elle peut extraire l'ADN.
Il nous faut son accord pour prélever son ADN.
Olivia, allez lui parler gentiment. Elliot, vous risquez de lui faire peur.
J'espère que ce rencard n'était pas pour ce soir. Allez l'assister.
Désolée de vous avoir fait attendre.
Merci.
- C'est bon ? - Euh... Oui.
C'est bon, j'ai été gentille ?
Et moi, je n'ai pas le droit de jouer ?
- Je suis là pour faire joli ? - Emmène ça au labo.
Et salue Wendy pour moi.
C'était quoi, ça ?
Une femme de votre immeuble a été violée dans l'escalier.
- Par vous. - Je n'ai violé personne.
Votre ADN, sur ce gobelet, va prouver le contraire.
On va le comparer à ce qu'on a trouvé en elle.
- Ce ne sera pas moi. - Parce que vous n'avez pas fini ?
Peu importe.
- Vous avez laissé votre marque. - Je ne suis jamais allé là-bas.
Vous savez ce qu'il y a d'autre sur ce gobelet ?
Les empreintes que vous avez laissées sur la rampe.
En fait, je suis passé dans cet escalier il y a quelques semaines.
Cet œil au beurre noir dit que vous y étiez hier.
On a le témoin qui vous l'a fait.
Cette salope noire ?
- Elle n'a rien compris. - Comment ça ?
Lainie m'allumait depuis des mois derrière ses fenêtres.
Je lui ai donné ce qu'elle attendait.
- Vraiment ? - Oui.
Et cette salope nous a interrompus.
- Elle n'a même pas de papiers. - C'est comme ça que vous l'avez menacée ?
Vous avez menacé de la dénoncer.
Écoutez. Quand elle m'a agressé, elle a enlevé mon masque et vu mon visage.
Je ne voulais pas que ma femme l'apprenne.
- Qu'elle a épousé un violeur ? - Non.
Que je la trompais avec une fille de 24 ans.
Si elle était consentante, pourquoi étiez-vous cagoulé ?
Lainie me l'avait demandé. Elle avait un fantasme de viol.
Bryce Kelton.
Je vous arrête pour le viol et l'agression de Lainie McCallum.
Et pour avoir menacé un témoin.
Vous n'avez pas le témoin ?
- On y travaille. - Accélérez.
Je n'ai que cinq jours pour la faire témoigner.
Elle est terrifiée. Elle a été menacée.
Je fais passer Lainie aujourd'hui.
Et il me faut Nardelie d'ici vendredi.
Sinon, il s'en sortira.
Vous avez obtenu des procès pour moins que ça.
J'ai rencontré Lainie. Ça ne va pas être facile.
Munch et Fin s'en occupent.
251 OUEST, 17E RUE MARDI 9 FÉVRIER
Laisse-moi parler.
- Pas de démarchage. - Je te la laisse.
- Nardelie travaille aujourd'hui ? - Qui ?
La femme qui s'occupe de M. Gleeson d'habitude.
Elle ne travaille plus ici. Je la remplace.
Alex. Le témoin a disparu.
Il me faut une assignation.
Je m'en occupe tout à l'heure.
Ma femme n'a pas encore payé ma caution ?
- Elle ne me répond pas. - Je vais rester longtemps enfermé ?
- Quand sera-t-il libéré ? - Le tribunal vous en informera.
J'attends depuis plus d'une heure.
Ça pue, là-dedans. J'ai mal à la main.
- Retournez dans la salle des témoins. - Salut, Lainie.
- C'est pour moi, cette robe ? - La ferme !
- Remettez cet animal dans sa cage. - Oh, mon Dieu !
C'est lui qui m'a violée ?
Je savais bien qu'il avait du bide.
Et je vous ai dit de m'attendre.
C'est quoi, cette tenue ? On en a parlé.
Vous m'avez dit d'être élégante. Ça ne me va pas ?
Elle pensait à quelque chose d'un peu plus sobre.
Il faut que je rentre chez moi.
J'ai très mal. Je ne peux pas faire ça.
Ça prendra 15 minutes.
Le jury vous attend. Reprenez-vous.
J'attendrai dehors. Je te raccompagne après.
Monica. Il me faut ton manteau.
Lainie McCallum.
Jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ?
Lainie, est-ce que ça va ?
Je crois que je fais une crise cardiaque.
OK.
Mon Dieu ! Aidez-moi ! Appelez le 911 !
Une ambulance !
- Alex. Qu'est-ce qui s'est passé ? - Je ne sais pas.
Elle a parlé d'une crise cardiaque, mais elle se tenait le côté droit.
Elle a tendance à exagérer, mais...
Si elle voulait se faire plaindre elle en a trop fait.
- Vous êtes là pour Lainie ? - Oui. Qu'est-ce qu'elle a ?
Sa blessure s'est infectée.
- Elle va bien ? - C'est remonté le long du bras.
En l'ouvrant, on a découvert une faciite nécrosante.
Ça veut dire quoi ?
Le SARM est une forme de staphylocoque résistant aux médicaments.
On a tenté d'exciser les tissus morts,
mais l'infection avait envahi la cavité thoracique.
C'est très grave ?
Si elle a une famille, dites-leur de venir vite.
Comment ça ? J'étais avec elle. Elle allait bien !
- Vous pouvez faire quelque chose ? - Seulement soulager la douleur.
- Elle est au courant ? - Oui.
Il faut enregistrer son témoignage.
- On a le temps de chercher une caméra ? - Désolée.
Son foie et ses reins ne fonctionnent déjà plus.
Non. J'ai un teint affreux.
Lainie, je dois vous enregistrer.
Je suis désolée.
Voulez-vous que j'appelle quelqu'un ?
Mes parents sont en Inde.
Jason va venir ?
D'un instant à l'autre.
Lainie, c'est votre dernière chance de vous faire entendre.
Vous ne voulez pas que le jury connaisse votre version de l'histoire ?
À quoi bon ? Je vais mourir.
L'homme qui vous a fait ça doit être puni.
Il va prétendre que vous étiez consentante.
Lainie, si vous le faites...
votre voix sera entendue longtemps après.
Qu'est-ce que je dois faire ?
Vous devez faire une déclaration de fin de vie.
Lainie, pouvez-vous me parler de ce qui vous arrive ?
Je vais mourir...
parce qu'un pauvre loser...
m'a coupé la main pendant qu'il me violait.
Je modifie les charges pour y ajouter l'homicide.
Contre l'hôpital ?
C'est là qu'elle a contracté l'infection.
Un interne a dû oublier de se laver les mains.
Bryce est responsable.
Ce ne serait pas arrivé s'il ne l'avait pas coupée.
Très bien. Que doit-on faire ?
- Trouvez Nardelie. - On essaye.
La déclaration de fin de vie ne suffit pas ?
Pour utiliser cette déclaration, je dois l'accuser d'homicide.
Pour ça, je dois établir un lien entre sa mort et le viol.
Et même avec cette déclaration, ça reste sa parole contre la sienne.
Un vrai jeu de dominos.
Il me faut ce témoin.
- Toujours rien ? - Cette femme est un fantôme.
Pas de voiture ? De relevés bancaires ?
Pas même une adresse mail.
- Elle est invisible. - Elle a un portable !
Pas en son nom, j'ai vérifié.
La fille du vieux voulait qu'elle soit joignable.
- Elle lui a donné un portable. - Il est encore actif ?
Oui, je lui ai demandé.
Demandez un mandat pour localiser le GPS.
Inutile. C'est le portable de la fille. Elle a donné son accord.
- Ce sont des contrefaçons ? - Tout est authentique.
- C'est quoi, ce métal ? - Je ne sais pas.
C'est le stand de ma cousine. Je le surveille pour elle.
Elle arrive, justement.
En fait, c'était vous que je voulais voir, Nardelie.
Je ne vous veux pas de mal.
Attendez. Écoutez-moi.
Écoutez-moi.
On sait ce que vous avez vu. On sait pourquoi vous avez fui.
Bryce a avoué vous avoir menacée.
Qu'est-ce que vous voulez ?
Vous devez dire au Grand Jury ce qui est arrivé à Lainie.
Je ne peux pas.
Demain, un violeur sera libéré si vous vous taisez.
Je suis désolée pour cette fille.
J'ai fait ce que j'ai pu pour elle.
Un autre aurait passé son chemin.
- Vous avez risqué votre vie. - Et elle s'est enfuie. Elle a survécu.
Elle est morte à cause d'une blessure subie pendant son viol.
Vous êtes sa seule chance. Ne lui tournez pas le dos.
Si je parle, cet homme me fera expulser.
Vous êtes témoin dans une affaire de meurtre.
Je vous protégerai.
Si vous échouez et qu'on m'expulse, comment me protégerez-vous ?
De quoi avez-vous peur ?
Vous savez ce qui se passe au Congo ?
Là d'où je viens, des centaines de milliers de femmes ont été violées.
Dans les provinces de l'Est, c'est une arme de guerre.
C'est si fréquent que ça devient normal.
C'est ce qui vous est arrivé ?
Ils sont entrés chez moi.
Ils étaient cinq.
Ils nous ont violées, moi et ma fille, devant mon mari.
Pendant que ça arrivait, il s'est enfui.
Personne n'est venu nous sauver.
Mon petit ange, Sabine, n'avait que cinq ans.
Elle me regardait dans les yeux en m'appelant
pendant qu'ils la prenaient, chacun à son tour.
Où est-elle maintenant ?
Elle a mis six jours à mourir.
Et votre mari ? Ils l'ont retrouvé ?
Une fois la milice partie, il est revenu.
Il m'a jetée dehors.
Pourquoi ?
Il a dit que tout le monde allait être au courant.
Et qu'il ne supporterait pas la honte.
Je suis partie dans la forêt.
Je me suis rendue dans un camp de réfugiés du Nord-Kivu.
Un jour, les Interahamwe sont venus.
Ils nous ont accusés de soigner les rebelles qui avaient attaqué leur mine.
Ils...
Ils m'ont traînée jusqu'à leur camp.
Ils... Ils...
DROGAN´S PUB JEUDI 11 FÉVRIER
Et après ça, elle a accepté de témoigner ?
Et je n'étais pas en état d'aller au tribunal.
- Elle a dit qu'elle reviendrait demain. - Et tu penses qu'elle va venir ?
Oui. Je le pense vraiment.
Elle va faire condamner un violeur.
Ça pourrait lui faire du bien.
Mais ça ne change pas sa situation.
Elle n'a pas de papiers.
Elle vit dans la peur d'être renvoyée dans la capitale du viol.
Je dois l'aider.
Si quelqu'un peut prétendre à l'asile, c'est bien elle.
Le viol n'est pas reconnu comme une raison de demander l'asile.
Seules sont reconnues les persécutions basées sur la race,
la religion, la nationalité ou la politique.
- Pas les violences sexistes. - C'est un scandale.
Comment ne pas reconnaître le viol systématique des femmes
comme de la torture ?
Et le U-Visa ? Il couvre les immigrés sans papiers
qui aident à résoudre un crime, non ?
Seulement s'ils en sont les victimes.
C'est son cas. Elle a combattu un violeur armé d'un couteau.
Et il l'a menacée.
J'ajouterai ça aux charges après son témoignage.
N'importe quel flic ou procureur peut délivrer un U-Visa.
Nardelie, vous êtes encore là ? Vous pouviez partir après avoir témoigné.
- Je voulais savoir si j'avais aidé. - C'était très bien.
Grâce à vous, un procès va avoir lieu.
Je vais devoir encore témoigner ?
Oui. Mais cette fois, son avocat vous interrogera.
- Vous serez là ? - Toujours.
- Nardelie Youla ? - Oui ?
Immigration et douanes.
- Venez. - Attendez.
Elle est témoin dans un procès !
- Où m'emmenez-vous ? - Il y a une procédure.
- Mme Cabot... - Nardelie, je vais venir vous chercher.
Non !
Vous avez ignoré mes deux premières assignations. En voilà une autre.
L'ICE poursuit 170 000 clandestins par an. De qui s'agit-il ?
Nardelie Youla.
Une citoyenne honnête, on dirait.
Elle est témoin dans un procès criminel.
Elle a risqué sa vie pour sauver une Américaine.
Je n'ai pas le temps.
L'homme qu'elle a dénoncé est celui
contre qui elle témoigne pour viol et homicide.
C'est un concours ? Nous sommes en guerre.
Nardelie ne menace pas la sécurité intérieure.
- Où est-elle ? - Dur à dire. On a fait le ménage.
On a dû l'envoyer ailleurs.
C'est une blague ? Où est-elle ?
Jersey.
Libérez-la immédiatement.
Votre sainte a des liens avec des terroristes.
Quoi ?
Elle a fourni un soutien matériel aux Iterahamwe, alias les FDLR.
Avant qu'ils se dispersent au Congo, ils ont commis le génocide rwandais.
Vous êtes fou ? Ils ont kidnappé Nardelie.
Ils l'ont violée et torturée. Ça fait d'elle une terroriste ?
Et vous savez qu'elle en a épousé un ?
CENTRE DE DÉTENTION LUNDI 15 FÉVRIER
Vous croyez vraiment que j'ai eu le choix ?
J'ai subi l'humiliation d'un mariage forcé.
Mais vous étiez déjà à leur merci.
- Quel était leur but ? - Nous posséder.
Ils n'étaient pas coincés avec nous. Ils pouvaient nous tuer à tout moment.
Nous étions des femmes jetables.
Ils savaient qu'ainsi, les survivantes...
ne seraient plus jamais acceptées par notre peuple.
Ainsi, si vous leur échappiez, vous n'auriez nulle part où aller.
Je n'ai jamais arrêté d'essayer.
Et chaque fois, ils me torturaient.
Vous étiez victime d'un crime contre l'humanité.
En arrivant en Amérique, pourquoi n'avez-vous pas demandé l'asile ?
J'avais peur.
Les gens qui m'ont aidée à venir m'ont avertie des risques.
Vous voyez cette femme ?
Paulina a demandé l'asile politique le jour de son arrivée.
Elle est enfermée en attendant que son affaire
soit entendue par le tribunal de l'immigration depuis deux ans.
Vous avez des amis haut placés.
Jack McCoy a appelé le procureur fédéral.
- Tout est en ordre ? - Oui. Elle peut s'en aller.
Merci de m'avoir sauvée de cet endroit.
Le violeur de Lainie a exécuté sa menace.
Vous pouvez lui rendre la pareille.
COUR SUPRÊME LUNDI 15 MARS
Je vais mourir...
parce qu'un pauvre loser...
a coupé ma main pendant qu'il me violait.
Je ne savais même pas qui c'était
avant qu'il me dise ces choses dégoûtantes dans le couloir du tribunal.
Je n'aurais jamais couché avec lui.
Les gens...
pensent, à cause de mon apparence...
et de mon attitude, que je mène une vie dissolue.
Mais c'est faux.
De toute ma vie, je n'ai couché qu'avec trois hommes.
Et j'étais follement amoureuse des trois.
Je ne supporte pas l'idée...
que le dernier homme qui m'a touchée...
l'ait fait de force.
- C'est n'importe quoi ! - Maître, contrôlez votre client.
Elle se déshabillait pour moi devant sa fenêtre.
Asseyez-vous.
Ne tenez pas compte de ces débordements,
ils ne font pas partie des preuves.
Votre Honneur.
Nous aimerions préciser
que la défense s'oppose vigoureusement à l'introduction de cette preuve.
Elle est provocatrice et préjudiciable.
J'ai déjà accepté son introduction. Mme Cabot, appelez le témoin suivant.
L'accusation appelle Nardelie Youla.
J'allais prendre l'air sur le toit quand j'ai vu un homme violer une jeune fille.
Objection quant à la description de ce qu'elle a vu.
Comment sait-elle qu'il s'agissait d'un viol ?
Je sais reconnaître un viol.
Mme Youla, ne lui répondez pas
tant que l'objection est en cours.
- Je suis désolée. - Objection retenue.
Sans tirer de conclusions,
pouvez-vous décrire exactement ce que vous avez vu ?
J'ai vu un homme avec une cagoule noire. Il était sur la jeune femme.
Il avait mis sa main sur sa bouche et un couteau sur sa gorge.
Elle pleurait.
- Et qu'avez-vous fait ? - Je l'ai écarté d'elle.
C'est là que j'ai vu que son pénis était sorti.
Le short de la femme était baissé.
Elle s'est levée et s'est enfuie en hurlant.
Et ensuite ?
Il m'a attaquée avec le couteau. Je l'ai frappé au visage.
Puis j'ai arraché sa cagoule.
Je l'avais souvent croisé dans l'ascenseur.
Cet homme se trouve-t-il ici aujourd'hui ?
C'est lui.
Avec cet horrible costume bleu.
- Vous connaissiez bien Lainie ? - Non, pas du tout.
Vous n'étiez pas amies. Vous ne partagiez pas de secrets.
Non.
Donc vous n'auriez pas pu savoir
si mon client réalisait un fantasme de Lainie.
- C'était un viol. - Comment le savez-vous ?
Vous ne connaissiez ni mon client, ni Lainie.
- Je sais reconnaître un viol. - Vous lisez dans les esprits ?
- J'ai été violée. - Objection.
J'ai assisté à beaucoup de viols.
Je connais ce regard.
Vous êtes hors sujet.
Ce regard vide d'une personne qui a fui son corps.
Demandez-lui de me répondre.
M. Kressler vous a posé une question.
Lisez-vous dans les esprits ?
Non, Votre Honneur.
Êtes-vous entrée illégalement dans ce pays ?
- Objection ! Hors sujet. - Ça concerne son caractère.
Elle a menti pour entrer dans ce pays. Elle ment peut-être encore.
Accordé.
N'étiez-vous pas dans un centre de détention la semaine dernière ?
Si.
Et ne témoignez-vous pas en échange de votre libération ?
- Non. - N'est-ce pas vrai
que vous deviez être expulsée en raison de vos liens étroits avec des terroristes ?
C'est un mensonge.
- N'avez-vous pas épousé un terroriste ? - C'était un mariage forcé.
- Et vous prétendez qu'il vous a violée ? - Lui et tous ses amis.
Et maintenant, vous voyez des viols partout.
Rien à ajouter.
Mme Youla, pourquoi êtes-vous venue dans ce pays ?
Pour échapper aux violences sexuelles
qui font rage en République Démocratique du Congo.
Les hommes qui m'ont violée veulent contrôler les mines
qui produisent de l'étain, du tungstène et du tantale.
Les minéraux dont vous avez tant besoin
pour fabriquer vos ordinateurs.
Objection. Quel est le rapport ?
Il a douté de son intégrité et a insinué qu'elle était une terroriste.
Il a amené le sujet.
Objection refusée.
Mme Youla. Voyez-vous des viols partout ?
Les femmes de mon village ont été violées.
Les femmes du camp de la milice ont été violées.
J'ai été violée à plusieurs reprises
par tant d'hommes que j'ai perdu le compte.
Ils ont mis leurs armes dans mon sexe
et l'un d'eux a appuyé sur la détente.
J'ai été à l'hôpital pendant plus d'un an.
J'en suis restée incontinente.
Alors, oui.
J'ai vu des viols partout.
Voilà comment je sais reconnaître un viol.
Merci.
Rien à ajouter.
COUR SUPRÊME LUNDI 15 MARS
- Le jury a-t-il un verdict ? - Oui, Votre Honneur.
Pour le chef d'accusation de manipulation d'un témoin ?
Non coupable.
Pour le chef d'accusation d'homicide non prémédité ?
Non coupable.
Pour le chef d'accusation de viol prémédité ?
L'accusé est coupable.
Je vous remercie.
Vous pouvez disposer.
La séance est levée.
- Nardelie, merci ! - Je...
Je n'arrive pas à croire que j'ai aidé à mettre un violeur en prison.
Je n'aurais jamais cru ça possible.
Au Congo, les hommes n'ont même pas peur d'être punis.
Il y a peut-être de l'espoir.
L'an dernier, un procureur de l'ONU a obtenu des condamnations
pour la première fois de l'histoire
pour esclavage sexuel et mariage forcé
en tant que crime contre l'humanité au Sierra Leone.
Prochain arrêt : le Congo.
À ce sujet, vous n'aurez plus à craindre d'y être renvoyée.
On vous a obtenu un U-Visa.
- Qu'est-ce que c'est ? - C'est un visa
qui vous donne droit à la résidence permanente.
Un petit témoignage de notre gratitude.
Vous êtes si gentille !
Avant ce procès, je ne voulais rien d'autre que rester ici.
Mais maintenant, je me rends compte que je dois rentrer dans mon pays.
Pour y aider les autres femmes.
Elles ne doivent plus souffrir en silence si on veut faire bouger les choses.
Mais, Nardelie...
Vous risqueriez votre vie.
Alex est au courant ?
Je lui ai dit. Elle comprend.
J'ai été très touchée par son sacrifice.
Quel sacrifice ?
Elle ne vous l'a pas dit ?
Alex. C'est vrai ?
J'ai rempli mes papiers. Je m'en vais.
Tu nous abandonnes encore ?
Je vais accepter un poste à la Cour pénale internationale.
Je rejoins un nouveau groupe.
On va instruire des affaires de viol dans les zones de conflit.
Eh bien ! Nardelie t'a vraiment touchée.
Elle m'a inspirée.
CECI EST UNE FICTION
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