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Zulu
...
- Hé!
Oh!
(En anglais)
- Tous ceux qui sont passés ici
ont écrit leur nom.
Ou laissé des messages.
Pour plus tard.
Pour que les familles sachent.
Avec ça, c'est plus facile.
Pour écrire, comme ça.
Vas-y.
Voix d'homme en arabe
La porte s'ouvre.
Il gémit.
(En anglais)
* Il parle en anglais.
- Ca a été envoyé à la famille de l'otage
l'année dernière pour mettre la pression.
Séoul avait accepté de verser la rançon.
Le montant avait été négocié. L'échange devait avoir lieu.
Et ça a capoté.
Les services coréens ont vu
que l'otage était mort depuis des semaines.
- La vidéo était ancienne.
- Elle avait été récupérée par un groupé qui né détenait pas l'otage
et voulait se faire de l'argent.
- OK.
Quelle est votre idée ?
- Nadia El Mansour va donner ça aux gens à qui elle parle.
- Pourquoi ça précisément?
- Ca n'a aucune valeur.
C'est vieux et ça ne s'achète nulle part.
Si on le retrouve dans la vidéo, le canal est fonctionnel.
Et on a une preuve de vie récente.
- Shahanah
sait que Rex va bénéficier d'une protection.
Il n'y a aucune raison
pour qu'il nous laisse le suivre.
Vous êtes Daech, comment faire pour nous semer ?
- Je passe par un sas. Un parking, un souterrain
où m'attend un véhicule identique.
J'oblige Rex à changer de véhicule.
Vous serez
à distance pour ne pas être repérés. Vous ne le verrez pas.
- Rex aura un GPS dans le col de sa veste.
- On va la faire se changer
et la mettre en niqab.
- Il y aura un autre GPS dans sa culotte.
- On peut avoir de quoi détecter un GPS.
- D'où vous auriez ça ?
- On l'a acheté à Al Qaida, qui l'ont eu des Saoudiens.
- On a prévu deux équipes mobiles.
Gerland et La Beaujoire à moto.
Geoffroy Guichard en voiture.
- Le principe d'alerte ?
- Si on la perd plus de 3 minutes, on intervient.
- 2 minutes.
- OK.
- Marie-Jeanne, vous serez en voiture.
Est-ce que Rex peut envoyer un SOS ?
- Son téléphone fera micro.
- On va lui confisquer.
- Un dans ses bijoux.
- Confisqués.
- A un moment, elle ne pourra plus communiquer.
- Toujours rien sur l'émissaire de Daech ?
- On n'aura rien. Première prise de contact.
Ca peut être n'importe qui.
- Pas de profil type ?
- A priori quelqu'un qu'ils peuvent faire exploser.
- Rex connaît les risques.
- Je suis pas sûre, non.
C'est quoi, cette histoire de plan SNCF ?
Me sortez pas que c'est pour une preuve de vie.
- Un officier de Daech a peut-être essayé d'entrer en contact.
On ouvre un canal de communication avec lui.
Son nom de code, Cochise.
- On parasite la négociation ?
- Non, on s'offre un plan B.
- Très bien. Vous m'expliquez ?
- Très simple.
Votre direction
n'est pas chaude pour négocier.
- Ils veulent laisser Malotru crever ?
- Non, ils ne feront pas d'efforts démesurés.
A moins que...
A moins que cette négociation
ne serve aussi à autre chose.
- Comme recruter cet officier de Daech.
- Voilà.
Maintenant, si vous le voulez bien, j'entre en réunion.
- OK.
- Apportez-moi le dossier.
Asseyez-vous.
Vous aviez du temps pour me faire part de vos difficultés.
Du temps, des occasions. Vous ne l'avez pas fait.
- Je sais.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Je...
Je l'ai pas vue venir.
- Quoi donc ?
- La panique.
- Expliquez-moi.
- C'est... des situations, des gens.
Tout à coup, je doute.
J'ai l'impression qu'on sait qui je suis.
Qu'il va m'arriver quelque chose.
Qu'il faut que je m'éjecte vite, avant qu'il soit trop tard.
- Vous n'avez eu aucun signe ?
- Non.
Maintenant, peut-être que j'en vois, avec le recul.
Je pense qu'il faut que j'arrête de travailler ici.
- Il n'en est pas question.
Vous croyez être la première ?
Il s'agit d'un grand classique.
On ne s'arrête pas, il n'y aurait plus personne.
On frappe.
Entrez.
C'est tout le contraire. Vous allez remonter la pente.
Avant de trop ruminer.
Réservez le ruminage pour des séances de ruminage.
Vous allez l'isoler, le décortiquer,
le densifier et vous allez l'expulser.
Suivez-moi.
- Bonjour, Marina. - Bonjour.
- Le docteur est spécialisée dans le stress post-traumatique.
Vous la connaissez.
Vous êtes entre de bonnes mains.
- Alors ?
Qu'est-ce qui vous arrive ?
- C'est qui, ces gens ?
- Des baby-sitters.
- On vous protège ?
- On me garde.
- Désolée, je vais m'en aller.
- Rien ne vous oblige à rester. - Effectivement.
- Mais il faut consulter, sinon, vous n'y retournerez pas.
Henri Duflot a organisé cette entrevue.
Pourquoi ne pas lui faire confiance ?
On m'a sortie de ma retraite forcée pour vous parler.
- J'ai des accès de panique.
J'ai perdu confiance en moi.
Cette confiance, je l'avais depuis que j'étais petite.
Vous savez, ce sentiment que vous êtes invincible.
Que vos parents sont invincibles.
C'est étrange, parce que quand mon père est mort,
j'étais jeune et j'ai pas perdu cette confiance.
Là, elle s'est évaporée d'un coup.
- Quand vous avez vos accès de panique, c'est
dans quelles situations ?
- Je suis pas sûre que vous ayez le droit de savoir.
- Soyez vague.
- J'ai besoin de savoir pourquoi vous êtes surveillée.
- Ce qui vous est arrivé en Iran...
- Qu'est-ce qui m'est arrivé ?
- C'est pas de votre faute.
- C'est tout ce que vous avez pour me rassurer ?
- Vous avez été manipulée.
- Par qui ?
- Je ne peux vous le dire.
Mais vous avez été victime de gens retors.
Ces gens, vous ne pouviez pas les soupçonner.
- Je ne vous crois pas.
- Dommage.
- Je soupçonne tout le monde, tout le temps. Je suis formée pour ça.
- Pas ceux de votre camp.
- J'ai été victime d'une tentative d'assassinat.
- Je ne savais pas.
- J'ai été condamnée à 100 ans de prison.
Je me suis évadée lors d'un transfert.
Tout était arrangé pour qu'on me tue.
- Je ne savais pas.
- Je devais mourir là-bas. Et je connais les responsables ?
Vous allez oser me le dire ?
- Oui.
- Mais c'est pas possible ! Je ne vous crois pas !
- Je suis sincère. Je vais vous dire pourquoi j'ai des baby-sitters.
Pourquoi je vis depuis 4 mois dans une planque de la DGSE.
C'est parce que c'est moi.
Je suis responsable de ce qui vous est arrivé.
C'est de ma faute.
Je travaillais pour la CIA.
Les Iraniens vous ont accusée de travailler pour la CIA.
D'une manière complexe,
c'est de ma faute.
Magnifique.
Vous le saviez.
Il vous a dit que j'avais trahi.
Il vous a dit que je ne vous en parlerais jamais.
Il voulait vous montrer que vous étiez douée.
- C'est le nom de code d'un type qui nous offre ses services.
Vous allez le rencontrer à Casablanca.
Vous allez faire avec lui
ce que vous avez fait avec le docteur.
Faites-le parler.
Il se prétend sismologue et a accès à des données sur le Pakistan.
Discutez
avec lui et dites-nous s'il est fiable.
- D'accord.
- Vous êtes une guerrière, Marina.
Vous le savez ?
- Oui.
- Ca ne se perd pas.
- Merci.
- Saloperie !
Cris lointains
...
- OK.
Tu vas venir me chercher chaque jour ?
- Je suis responsable de ta sécurité.
Où tu vas, je vais aussi. C'est normal.
- C'est aussi pratique pour me surveiller.
Qu'est-ce qui s'est passé cette nuit ?
- Quoi ?
- J'ai entendu du bruit, on m'a interdit de sortir.
- Il ne faut pas sortir la nuit.
- On m'a interdit de voir.
T'étais là ?
Qu'est-ce que vous avez fait ? - Arrête de poser des questions.
- Qui c'est ?
- Attends ici.
Attends ici.
Elle parle dans une langue étrangère.
- Qu'est-ce qui lui arrive ? - Rien.
- Rien ?
Qu'est-ce que tu lui as dit?
Ils sont où, ses parents ? - Sa mère n'est plus là.
- Et son père ?
- C'est la guerre. Ca sert à rien.
Rien ne sert à rien.
- Esrin.
Le petit est kurde.
Arabe sunnite ?
Où est le père ?
On l'a fait monter dans un camion ?
Vous vous méfiez des sunnites qui sont restés.
Vous leur faites quoi?
*- Mesdames, messieurs, vous pouvez détacher vos ceintures.
Nous vous rappelons qu'il est interdit de fumer
dans les toilettes.
- Il faudra leur remettre ça.
On veut une vidéo de Paul où on voit ce truc.
- C'est quoi ?
- Ils savent ce qu'ils font.
Comment ça se passe ?
- Je retrouve Shahanah à l'adresse que je vous ai indiquée.
Et il m'emmène rencontrer l'émissaire de Daech.
- Non. - Il vous a dit où ?
- Il a dit combien de temps le trajet prendrait?
- Non.
Vous serez où ?
- Nulle part.
Partout.
Il se peut que je vous appelle pour savoir si tout va bien.
Que quelqu'un vous le demande à ma place.
Qu'un pigeon vous donne le message. Vous allez répondre :
"Tout va très bien."
S'il n'y a pas le "très",
si vous dites juste : "Tout va bien",
alors ça veut dire que ça ne va pas
et on intervient immédiatement.
- D'accord.
- On en est où ?
- Rex est maintenant en Turquie, près de la frontière.
Dans un atelier qui est à Shahanah.
Ils vont probablement bientôt partir.
Le point bleu, le téléphone de Rex.
Le rouge, la puce GPS dans sa veste.
Le vert, la puce GPS dans sa culotte.
Et là, c'est Marie-Jeanne Duthilleul.
On va faire le tour des baby-sitters.
* La Meinau, ici le Parc des Princes. Vous m'entendez ?
- Ici la Meinau, je vous entends.
*- Les autres sont en place ?
- Gerland ?
* La Beaujoire ? - Gerland, en place.
- La Beaujoire en place.
*- Geoffroy Guichard ?
- Geoffroy Guichard en place.
- Merci, la Meinau. On attend qu'ils sortent.
- Très bien.
- Ici la Meinau.
Ils sortent. Rex a changé de vêtements.
- La culotte bouge.
La veste et le téléphone sont statiques.
* Gerland, la Beaujoire, suivez la culotte.
Pas de visuel.
*- D'accord.
*- Geoffroy Guichard en backup.
- Geoffroy Guichard en mouvement.
- Ils s'éloignent du centre-ville.
- Geoffroy Guichard, prenez le relais.
- Ils rentrent dans un sas.
- Trouvez les autres sorties.
*- Gerland et la Beaujoire, ça va être à vous.
Ca peut sortir de n'importe où.
Gerland, reste devant. La Beaujoire, dans la rue parallèle.
Geoffroy Guichard, le côté nord. Je reste au sud.
Vrombissement
- Ils repartent.
- La culotte repart.
Je veux une confirmation visuelle que c'est Rex.
*- Ici Gerland, j'y vais.
Rex n'est plus dans la voiture.
- Alors, les autres sorties ?
- Ce bâtiment n'est pas documenté.
- On appelle les Turcs. Faut boucler la ville.
- S'ils interviennent, tout est compromis.
Soupir
- A toi de décider.
- La Meinau, opération compromise.
- C'est peut-être un coup de sécurité.
*- Je ne prends pas le risque.
- Accordez-nous deux minutes.
La Beaujoire, vous voyez rien ?
Non.
Ah si, un pick-up. Je vais voir.
*- Gerland, je te rejoins. *- On arrive.
*- Si Rex est dans la voiture, on la sort ?
- Affirmatif.
Ca va être la fête.
- Stop. Rex va bien.
* Je répète, Rex va bien. On n'intervient pas.
- Reste debout !
T'es un espion, alors ?
- Avoue ou je t'arrache les dents.
- Je suis un espion.
Il tousse et crache.
Il reprend son souffle.
- Il faut qu'on y aille.
- Il m'en reste qu'un.
- Tu copies tout?
- Oui, c'est plus simple.
- Et tu vas tout lire ?
- Non, je scanne.
Les gens qui lisent sont en France.
Dans des petits bureaux sans fenêtre.
Hop, fin de journée.
Daech est bureaucratique. Ils font des rapports.
- Et vous ? Vous faites un rapport sur le rapport.
- Oui, c'est ce qu'on appelle du renseignement.
- Ah!
- Qu'est-ce qu'il y a ? Ca va ?
Elle gémit.
- Sniperg
Cours !
Elle crie.
Gémissements
Respiration haletante
Coups de feu
Y a un deuxième tireur.
Bouge pas.
Ils rient.
- Attends.
- Allô ?
Allô !
Allô ? Allô !
Ils viendront pas. - Si.
- Je meurs ici pour rien. - Tais-toi.
- Je meurs sans le voir.
Notre pays.
Qu'on est en train de construire.
Et je vais mourir sans le voir.
- Non!
- Attends.
- Et mon fils...
Il est tout seul à Ceylanpinar.
Il est fier de moi.
Il est fier d'être kurde.
Il ne sait pas qu'on met des gens dans des camions.
- Comment il s'appelle ?
- Yekmal.
- Il a quel âge ?
- 7 ans.
- 7 ans. J'ai une fille de 7 ans, tu sais.
- Ah bon ? - Ouais.
- Comment elle s'appelle ?
- Léa.
- Léa.
- On va les marier ?
- Qu'est-ce qu'elle veut faire
quand elle sera grande ?
- Maîtresse d'école.
- Et Yekmal ?
- Je veux qu'il aille dans une bonne université.
Qu'il fasse de bonnes études. Voix au talkie-walkie
Ils arrivent.
- Tu vois ?
- Trop tard...
Respire.
Regarde-moi. Regarde-moi.
Tu vas avoir une belle jambe en silicone, comme moi.
Et tu seras belle.
- C'est moche. - Oui.
Mais ça saigne pas.
Elle gémit.
- Enfin.
- Oh!
(En anglais)
Merci.
Vibreur
- "M. le directeur, cher Henri,
"vous m'avez accordé votre confiance et je n'en ai pas été digne.
"C'est avec tristesse que je vous remets ma démission.
"Je viendrai demain pour qu'on m'explique la marche à suivre.
"J'espère que vous saurez réparer mes erreurs.
"Cordialement, Marina."
- Nous venons de perdre une sacrée guerrière.
- Marina Loiseau ?
- Fait chier.
Alors ?
Que rapportez-vous, mis à part des archives ?
Et du plomb dans votre guibole ?
- Une nouvelle guerrière.
On l'a rapatriée à Paris, on la soigne.
Elle ferait une clandé formidable.
Elle est idéaliste. Elle est mûre.
Et elle s'offre à nous.
- Comment?
- Par son fils.
Détonations de mitrailleuses
- Quand ça tire comme ça, ils nous utilisent comme boucliers.
Il prie.
La porte s'ouvre.
Sous-titrage TITRAFILM
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