All language subtitles for Where.The.Truth.Lies.1962

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Original subtitles

- Bonjour, Chauvin.

Beuglement

- Pour moi, c'est point votre affaire.

- Vous croyez ?

- C'est ma 3e bête qui est malade cette année.

Il y a quelqu'un qui m'en veut.

Et comme ils sont plusieurs dans le pays…

- On vous jette des sorts ?

- Vous n'y croyez pas ?

- Je ne sais pas.

Votre vache a une méningite.

- Si elle était malade de la tête, elle serait guérie.

J'ai mis de la peau entre les cornes.

- On va essayer autre chose.

- C'est vous qui avez soigné les bêtes du fils Morin ?

- Oui. J'ai fait ce que j'ai pu.

- Elles sont toutes mortes.

On lui en voulait aussi, au fils Morin.

- Bon…

Je reviendrai demain.

Allez, Ă  demain.

Aboiements

Bonjour, mon chien. Bonjour. C'est bien.

- Alors raconte-moi.

- C'était une journée…

Une journée comme d'habitude.

- Tu sais l'heure qu'il est ?

Si ça continue…

- Ben, si ça continue, dans 6 mois, on n'aura plus de dettes.

La maison, le reste…

J'ai horreur des dettes, tu sais ça. Mon père était déjà comme ça.

- Si ça continue, dans 6 mois, nous serons morts.

Toi de fatigue et moi…

Et ta tĂŞte ? Tu as eu mal, aujourd'hui ?

- Non, ça va.

Sirène de bateau au loin

C'est le Nord. Il fera beau demain.

Tiens, j'étais chez le père Chauvin, cet après-midi.

Il est persuadé que quelqu'un lui fait crever ses bêtes.

Ça me rappelle…

J'ai lu que dans la Sarthe, et c'est pas la Nouvelle-Guinée,

il y a autant de sorciers que de médecins.

Qu'on est bien ! - Oui.

- Je suis crevé, moi.

C'est joli, ça.

- C'est ma tante Anna qui me l'a donné.

Tu aimes ?

- Bonsoir. - Oui.

- Oh ! Je vais m'endormir à une de ces vitesses…

Tu ne veux pas que je t'achète la télévision ?

Cloche

Aboiements

Qu'est-ce que c'est, encore ? Oh lĂ  lĂ  !

- C'est un cheval ou une vache, comme d'habitude.

- Une voiture américaine. Il doit y avoir un pékinois dedans.

Souffle du vent

- Le docteur Rauchelle ?

- Docteur vétérinaire, oui. - Vous devez aller à Noirmoutier.

- Le Gois n'est pas dégagé.

- Prenez un bateau. - Avec la tempĂŞte ?

- Alors allez-y demain à la première heure,

chez Mme Heller, villa Le Tam-Tam.

Oui, c'est très important.

- Il s'agit de quoi ? D'un chien ? - Non. D'un guépard.

Vous savez ce que c'est, quand on tient Ă  une bĂŞte.

Je n'ai pas téléphoné pour que vous ne croyiez pas à une farce.

Vous irez, n'est-ce pas ? - Je n'ai jamais soigné de fauves.

- Ce sont des bĂŞtes comme les autres. - Bon. C'est entendu.

- Merci.

- Allez-vous Ă  Nantes ? - Tous les samedis.

- J'y suis pour quelque temps. Venez me donner des nouvelles.

HĂ´tel de la Duchesse Anne.

Demandez le Dr Vial.

Je vous réglerai. Tenez, voici ma carte.

VoilĂ .

- Très bien. - Merci.

Ă€ samedi.

- Tu as entendu ? - On aurait dit un oiseau de nuit.

Un guépard ? - Oui. Guépard…

Mammifère carnivore, famille des félidés.

Sa variété mouchetée

est connue du Cap au Sahara.

- Tu notes pas le nom de la cliente ? - Heller. Je m'en souviendrai.

J'ai téléphoné à Grignon, au zoo.

Il m'a dit : "Un guépard, c'est un chat,

"sauf que tu multiplies les doses par 4."

- Ça m'ennuie que tu ailles soigner cette bête.

- Un vieux prof nous disait : "Si un dompteur

"vous amène un tigre à soigner, méfiez-vous surtout du dompteur."

- Et ça s'apprivoise ?

- Il y en a sur les tapisseries au pied des dames.

- Ça fait bien 3 mois que je ne suis pas allée dans l'île.

J'irai au marché.

Il vaut mieux ne pas avoir d'accident ici.

- Tu sais que je sais très bien nager.

- C'est le seul endroit au monde oĂą une voiture puisse faire naufrage.

- Mademoiselle, s'il vous plaît.

Vous connaissez une Mme Heller ? - "Heller" ?

Non.

- Elle a un guépard. - Un quoi ?

- Il y a une boucherie chevaline ?

- Oui, là, dans le marché couvert.

- Tu feras un très bon détective, toi. Merci.

Connaissez-vous une Mme Heller ? - Celle qui a la panthère ?

Je pense bien.

Vous n'êtes pas le vétérinaire ? - Si.

- Je vous ai vu sur le continent.

Elle est malade, la bĂŞte. Pourtant, elle boulotte.

- OĂą est la villa de cette dame ? - Sur la route du phare.

- Bon. Je vous remercie. - De rien.

- Combien, celle-lĂ  ? - 3 000.

- Je te retrouve au café.

- Fais attention. - Ne la prends pas trop petite.

Musique inquiétante

Cloche

Il y a quelqu'un ?

Mme Heller ? Je suis le vétérinaire. Le Dr Vial…

- Ne parlez pas de lui.

Dites que c'est moi qui vous ai appelé. Venez.

Entrez. Attendez ici.

- N'appuyez pas.

Ça vaut mieux.

Qu'est-ce que vous voulez ?

- Dr Rauchelle, vétérinaire. - Qui vous a appelé ?

- Moi. Je veux qu'il soigne Nyété.

- Nyété n'est pas malade.

Si elle l'était, je la soignerais toute seule.

- Il s'agit bien d'un guépard.

- Ce n'est pas Ronga qui vous a appelé.

C'est le Dr Vial.

Il a dĂ» passer chez vous hier soir.

- En effet.

- C'est très difficile de me raconter des histoires.

Bon. Puisque vous ĂŞtes lĂ ,

courageusement…

venez.

Ça vous fera une anecdote à raconter au café en jouant aux cartes.

Venez.

Le Dr Vial aime beaucoup Nyété.

D'ailleurs, il aime beaucoup tout le monde dans la maison.

Vous devez rarement soigner des fauves.

- En effet, oui.

- Nyété n'est pas méchante.

Elle a ses tĂŞtes.

Elle est de mauvaise humeur, aujourd'hui.

Je passe la première, n'est-ce pas ?

La voilĂ .

N'ayez pas peur, je suis lĂ .

Si vous tenez toujours à l'examiner, je peux essayer de vous présenter.

Nyété, ma fille, voilà un monsieur qui a la prétention…

- Laissez.

Pardon.

Ronronnement

Nyété, c'est ça ?

Bonjour, Nyété.

Nyété…

Oui. Gentille.

Gentille, oui. Tu es belle.

Laissez-moi faire mon travail.

Alors on est malade ?

Où est-ce que tu as mal, Nyété ?

Gentille.

- Vous avez travaillé dans un cirque !

Grognement

Ronronnement

Putain !

- Gentille.

Gentille.

Grognement

Gentille…

T'as été bien sage.

- Qu'est-ce qu'elle a ? - Rien. Je te l'ai déjà dit.

- Si. Si, mais ce n'est pas grave.

Le cœur et les poumons sont en bon état,

c'est le foie qui ne va pas.

Vous lui donnez trop de viande. - Que mange un fauve ?

De la salade ?

- Si cette bĂŞte vivait dans la forĂŞt.

Comme elle doit passer toute la journée sur le lit,

donnez-lui juste assez de viande pour donner du goût aux légumes.

Je vais vous donner un produit. - Elle n'aimera pas.

Musique inquiétante

- Pardon.

- Descendons.

Voulez-vous boire quelque chose ?

- Non, merci.

- Ronga, fais-nous du café.

Qu'est-ce que tu attends ? Va-t'en.

Nyété est comme moi : on a le mal du pays.

- Vous êtes ici pour longtemps ? - J'espère que non.

Le temps de vendre cette baraque et de me changer les idées.

- Sur le pas de la porte, je savais déjà qu'elle était malade.

Les bĂŞtes bien portantes sentent le foin et la terre.

- Vous aimez les bĂŞtes ?

- Je n'aime pas qu'elles souffrent. Ça me paraît injuste.

Vous ne les aimez pas, vous ?

Comme le reste : parfois oui, parfois…

Du sucre ?

- Non, pas de sucre. Merci.

- Que fichez-vous dans ce pays ? Les gens sont minables par ici.

- Non. Je trouve que partout…

- Vous avez beaucoup voyagé ?

- Je ne connais que Venise.

- Vous êtes marié ?

Naturellement.

- Oui.

- Des enfants ?

- Non.

- Je vous fais perdre votre temps. Combien vous dois-je ?

- Je vous enverrai ma note. - C'est un très mauvais principe.

- C'est vous qui faites ça ? C'est beau.

- Vous vous y connaissez ?

- Non.

- Tout s'explique.

- Par contre, si vous permettez, j'aime moins ça.

- Moi aussi.

- Excusez-moi.

Pour les comprimés, je vais demain à Nantes…

- Vous y verrez le Dr Vial, sans doute ?

HĂ´tel de la Duchesse Anne, chambre 13 ?

Et c'est lui qui vous réglera ?

Ne faites pas cette tête-là. C'est très facile à deviner.

Si un jour, vous repassez par ici, entrez.

Pour soigner les bĂŞtes, je connais quelques trucs qu'on n'enseigne pas.

Si ça vous amuse, je vous les dirai.

J'ai plusieurs cordes Ă  mon arc.

Vous verrez.

- Merci d'abord d'ĂŞtre venu.

- Que prenez-vous ? - Je ne bois pas. Sauf de l'eau.

Et encore, pas d'eau minérale. Ce sont des eaux mortes.

Alors dites-moi, Nyété ?

- Rien de grave. Une nourriture trop riche.

- Je l'ai toujours dit Ă  Myriam. C'est Mme Heller.

Mais elle n'écoute pas. Pas encore.

Vous aurez peut-ĂŞtre plus de chance.

- C'est classique. On aime une bête, et puis…

- Peut-on savoir ce que Myriam aime ?

- Et vous êtes ici pour…?

- Pour un livre et une conférence sur l'Afrique.

Enfin, sur les questions…

- C'est en Afrique que vous avez connu Mme Heller ?

Son mari est…

- Son mari est mort à Yaoundé.

- Le climat lĂ -bas

doit être terrible. - Il n'y a été pour rien.

- Bon… Oui, je comprends.

Elle est revenue en France…

- Elle est née là-bas.

Elle y retournera quand elle aura vendu son horrible maison.

- Et Nyété, c'est un cadeau de vous ?

- Non, pas un cadeau. Vous ĂŞtes curieux, n'est-ce pas ?

Myriam vous intéresse ? Vous avez votre chance.

Pour elle, l'amour est aussi simple que boire ou manger.

Et elle a bon appétit.

Elle a bon appétit et déteste attendre.

J'ai sans doute été le seul à lui paraître impossible.

Comme c'est singulier.

Pourtant, moi…

Mais je la ferai céder.

Elle a beau se défendre et savoir beaucoup de choses,

j'en sais autant qu'elle.

- Mme Heller est très douée.

J'ai vu d'elle des portraits, des tableaux,

une sorte de carrière.

- C'est celle oĂą est mort son mari.

Je ne vous parle pas de sa peinture, qui est mauvaise…

Qu'est-ce que c'est ? - Vous n'attendiez personne ?

On m'affirme qu'une dame doit ĂŞtre lĂ .

Je n'ai pas très bien compris le nom. Hiller ou Neller…

- Vous voyez, il n'y a personne.

Du moins, semble-t-il.

- Excusez-moi.

- La coĂŻncidence est amusante.

- C'est un mot commode, n'est-ce pas ?

Vous y croyez, vous, aux coĂŻncidences ?

- C'est un vrai tombeau.

- C'est l'ancienne citerne. Le puits baisse,

alors j'ai pensé…

- C'est trop près de la fosse.

- Vous croyez ? - J'en suis sûr.

À votre place, je ferais boucher ça.

Voyez que la trappe s'effondre.

Croyez-moi, c'est dangereux.

- J'en parlerai Ă  mon mari.

- Si un jour, vous repassez par ici, entrez.

- Bonjour, Ronga. Je viens revoir Nyété.

C'est bien Ronga ? - Nyété va bien.

- Elle est dans la chambre ? - Il ne faut pas y aller, docteur.

- Il y a longtemps que vous ĂŞtes ici ?

Qui est le Dr Vial ? Un ami de Mme Heller ?

- Non, il ne faut pas y aller. - Ne dites pas de bĂŞtises.

- Marijuana.

- C'est stupide. Pourquoi ?

- J'ai mal.

- Où ça ?

Voulez-vous voir un médecin ?

- Vous ne pouvez pas me soigner, vous ?

- Nyété, viens. Viens avec moi, ma belle.

Tu es belle.

Ils chuchotent.

Une horloge sonne 8 coups.

Fracas

Aboiements

- Je commençais à m'inquiéter. - Que veux-tu qu'il m'arrive ?

- Il y a eu des coups de téléphone.

- Ouf ! Ça va mieux.

Je te demande pardon. - De quoi ?

- Eh bien, l'heure.

- J'ai l'habitude.

- T'es épatante, tu sais ?

Embrasse-moi.

Tu es jolie, tu sais ?

- François…

Mais qu'est-ce que tu as ?

- J'ai eu une journée…

151 km au compteur. Tu pourras vérifier.

Saint-Jean-de-Monts,

les Trois-Moulins, Fromentine…

- Et le jaguar, tu l'as revu ?

- Le guépard ? Puisqu'il n'avait rien…

- Le père Chauvin a téléphoné. Tu y es passé ?

- Oui, oui. Il m'a fait perdre un de ces temps.

- Il m'a parlé de sa vache. - Tu sais. Je t'ai raconté.

C'est lui qui croit qu'on lui jette des sorts.

- Il t'a sans doute offert un ou deux verres de marc.

- Pourquoi dis-tu ça ? - Tu m'as l'air euphorique.

- Oui, en effet, il me l'a offert.

- Tu ne bois jamais. - Justement.

Tu sais, Catherine,

tu mènes auprès de moi une vie sinistre.

- Hein ? - Si, si.

J'en ai pas l'air, comme ça, mais j'y pense.

- Je ne me plains pas.

- Le monde est grand, tu sais. Il est beau.

Il est plein de choses…

Enfin, d'autres choses.

- Celles-ci ne te plaisent pas ? - Si.

Si, mais c'est pour toi.

Toi, tu es jeune, intelligente, belle…

Tu pouvais prétendre…

- Chéri, qu'est-ce qui t'arrive ?

- Je veux simplement que tu sois heureuse.

Le téléphone sonne.

- Oui ?

- J'ai attendu votre mari toute la journée !

C'est pas la peine qu'il se dérange ! Ma vache, elle a crevé !

- Comment est-ce chez toi ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire ?

- Je voudrais te voir aussi lĂ -bas.

Comme si j'y étais.

- C'est une ferme transformée

avec une grille qui donne dans le jardin.

- Il est grand, le jardin ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire, puisque tu n'iras jamais ?

- Justement.

- Le jardin est petit, avec un puits au milieu.

- Un puits ?

Sûrement un vieux puits.

- Qu'est-ce que c'est que cet arbuste ?

- Un manguier.

Il refuse de faire des mangues.

Il s'embĂŞte, lui aussi.

- Et c'est parce que tu t'embĂŞtes que je suis ici ?

- Oui.

Mais l'amour ressemble à Nyété.

Il entre sans qu'on s'en aperçoive.

D'abord, j'ai eu envie de toi.

Ou d'un autre.

Mais maintenant…

Et toi, qu'est-ce que tu fais ici ?

Une croisière ?

L'Afrique ?

- Tu es bĂŞte.

- Ne regarde pas ta montre. - C'est à cause…

- À cause du Gois, oui, je sais. On ne pense qu'au Gois, ici.

Il est toujours lĂ , montre en main.

Encore 35 minutes Ă  vous aimer, encore 20, encore 5.

Bon…

Va-t'en.

Je te préviens, ça ne durera pas.

Je ne suis pas la petite amie du samedi.

Grondement du tonnerre

Un orage. Je les adore.

- Allez, rentre. Il va pleuvoir.

- LĂ -bas, quand il pleuvait, je restais dehors.

- Tu m'en veux de partir ?

- Si je le voulais, tu resterais.

La voiture ne démarre pas.

Tu vois ?

Tu reviendras demain ?

- Non. J'ai du travail.

- Tu reviendras ?

- Oui.

La voiture démarre.

- Bonjour, monsieur.

Le Dr Vial vous attend. Chambre 13, premier étage.

- Comment sait-il…?

- Vous ĂŞtes bien M. Rauchelle ? - Oui.

J'ai pensé que, peut-être, vous aimeriez…

- Avoir des nouvelles de Nyété.

Vous l'avez revue ? - Elle va bien.

- Je vous remercie. Je vous en prie.

- Vous ne voyez jamais Mme Heller. Pourquoi ?

- Qu'est-ce que ça peut vous faire ? Vous êtes son amant ?

Naturellement, oui.

J'ai su avant vous que vous le seriez.

Avec elle, tout le monde a sa chance, sauf moi.

Mais je laisse la jalousie aux imbéciles.

Je suis patient.

Ça aussi, je l'ai appris en Afrique.

- Si vous êtes son ami…

- Il y a tout entre Myriam et moi, sauf de l'amitié.

- Elle me parle beaucoup de son avenir,

mais peu de son passé.

- Ça vaut peut-être mieux.

Mais vous savez, beaucoup de femmes en font autant.

- Vous parliez de ce qu'elle savait. Que vouliez-vous dire ?

- En Afrique, la plupart des Noirs essaient de nous ressembler.

Myriam a fait le chemin inverse. - C'est-Ă -dire ?

- Elle est entrée dans leur peau.

Les circonstances l'y ont aidée.

Sa nourrice était noire.

Le frère de cette fille était griot.

Sorcier, si vous voulez. Il s'appelait Petit Joseph.

- Vous voudriez me faire croire que…?

- Pas du tout.

J'étais comme vous, quand je suis arrivé en Afrique.

Et puis, j'ai vu.

- Et vous avez vu quoi ?

- Ce Petit Joseph, par exemple. Il valait mieux ĂŞtre de ses amis.

Les autres n'avaient pas de chance.

- On le laissait faire ? - Il ne sortait jamais de chez lui.

Comme on ne peut pas être en 2 endroits à la fois…

- Et vous pensez qu'il a tué Heller ?

- Certainement pas.

Il adorait Myriam. Il lui a appris tout ce qu'il savait.

Mais, personnellement, il n'avait aucune raison.

- Heller est tombé dans cette carrière suite à un accident.

- Impossible.

- Il s'est suicidé ? - C'était pas son genre.

- Alors qui l'a tué ?

- Personne.

Et surtout pas Myriam.

Au moment où son mari tombait, elle était chez elle

et elle dessinait précisément cette carrière.

Si ça vous intéresse, je vais vous donner des livres,

en attendant le mien, qui va bientĂ´t sortir.

Ils n'ont pas été écrits par des plaisantins.

Le Fétichisme en Afrique noire,

Réhabilitation scientifique de la magie,

et surtout Culture et superstition en Afrique noire.

- C'est toi ?

Si tu n'étais pas venu,

je te perçais le cœur.

Comme ça.

Les sorciers font ça en Afrique.

C'est un pays extraordinaire, tu sais ?

- Pourquoi n'es-tu pas restée dans ce pays extraordinaire ?

- Pas assez d'argent.

Pas assez d'argent et…

trop de souvenirs.

Mais…

Tu m'aimes, c'est vrai ?

Puisque tu es revenu.

Tu m'aimes, puisque tu reviens toujours.

Nous allons partir tous les deux. - C'est ça, oui.

- Ici, on étouffe. Là-bas…

Là-bas, tu verras, tout éclate,

tout pousse, tout obéit.

On n'a qu'Ă  faire un signe.

Je suis ta maîtresse, non ?

- Justement.

- Je ne suis pas ta femme.

C'est ça ?

Le divorce n'est pas fait pour les chiens.

- Ne dis pas de bĂŞtises.

- Tu as mal Ă  la tĂŞte ?

- Ça m'arrive souvent.

- Attends.

Viens. Viens ici.

Donne ta tĂŞte. Donne.

Détends-toi.

Ferme les yeux.

- C'est encore un truc ?

Tu as appris ça, là-bas ?

- Oui.

Et d'autres choses, aussi.

Vial ne t'a pas dit ?

C'est passé ?

Maintenant, c'est moi qui ai mal.

- C'est quoi, ça ?

- C'est chez toi.

Ça m'a amusée d'imaginer là où tu vis avec ta femme.

C'est à peu près ça, non ?

- En moins grandiose. Et puis, tu as oublié le puits.

- Je pourrais aussi dessiner ta femme,

la petite bourgeoise de Colmar.

Assez grande, fraîche,

avec un petit nez.

- Tu l'as vue ?

- Crois-tu que j'aie besoin de voir pour savoir ?

Musique inquiétante

Tu as raison.

C'est ce qu'il faut faire : tout détruire

et partir tous les deux.

Partons, crois-moi. Sans ça, tu verras…

Aboiements

- Qu'est-ce qui se passe ? - Elle est tombée dans le puits.

- Elle est tombée dans le puits. Il s'en est fallu de peu.

Heureusement, votre chien hurlait.

La mère Capitaine l'a entendu.

Elle l'a vu les pattes sur la margelle.

Ah ! Allons.

Ça va mieux.

- François…

Ne t'en va pas.

- Maintenant, au lit. On va vous aider.

- Non, ça va. Merci.

- Déshabillez-la. Frictionnez-la à l'alcool.

- J'ai senti une grande fatigue.

J'ai vu le puits.

Je m'en suis approchée malgré moi,

je me suis penchée sur la margelle…

- Tu as eu un vertige ?

- Non, je ne crois pas.

- Et puis ?

- J'ai basculé.

- Tu aurais dĂ» appeler.

- Je ne pouvais pas.

- Est-ce que tu te sentais comme… comme paralysée ?

- Oui.

Je ne pouvais pas me défendre. - Te défendre ?

Contre qui ?

- J'espère que ça ne me reprendra pas. - Mais non.

Sois tranquille.

Dors, maintenant. - Oui.

- Je ne vais plus oser te quitter.

- C'est vrai ?

- Je vais fermer les portes et je reviens.

"On peut remarquer qu'il fut souvent associé

"à des phénomènes de transe sacrée.

"Sous l'influence de certaines plantes,

"l'action Ă  distance est possible."

- Tu ne dors pas ?

- Non.

- À quoi penses-tu ?

- On va s'en aller.

- Qu'est-ce que tu dis ?

- Oui, on va s'en aller.

- Où ça ?

- Chez toi, Ă  Colmar, ou ailleurs, si tu veux.

Un bon mois. Le temps de…

Le temps de te reposer. Et moi aussi.

Je passerai voir Verdier demain. Je m'arrangerai avec lui.

Si j'étais malade, il faudrait bien que je m'arrête.

On partira samedi prochain.

D'ici lĂ , je liquide.

T'es contente ?

- Très contente.

- Docteur Rauchelle !

Ça tombe bien, docteur. J'allais passer chez vous.

On m'a donné une lettre pour vous à remettre en main propre.

- Je vais lui dire que je pars,

que Catherine est malade.

C'est fini.

Fini, fini, fini.

Qu'est-ce que tu fais ici ? - Je t'attendais.

En regardant l'eau descendre, je disais :

"Il faut qu'il vienne. Je le veux."

Tu vois ? Tu es venu.

- Et pour plus de sûreté, tu m'as aussi écrit.

Nyété est à nouveau malade ? - Oui.

- Bon. Je vais la voir.

Mais avant, il faut que tu saches… - Non. Non, ne dis rien.

Il y a une petite crique. Allez, viens.

Viens.

Qu'est-ce que tu as ?

- Rien.

Si. J'ai envie de t'étrangler.

- Chiche !

Tu me fais mal.

- Depuis 2 jours, elle ne veut rien manger.

Grognements

- Va nous faire du thé.

Non. Tu le fais mal. Je le ferai moi-mĂŞme.

Nous le prendrons dans le salon.

Viens, François.

- Je vais vous faire une ordonnance.

- Un jour, tu la tueras, Nyété.

Il faut la tuer.

Musique inquiétante

- Maintenant, tiens-toi bien.

J'ai voulu que tu sois ici pour t'annoncer une nouvelle.

Bientôt, tu ne verras plus ce joyeux décor.

- Pourquoi ?

- J'ai trouvé l'imbécile qui achète ce tombeau. Oui.

Nous allons enfin partir, toi et moi. Dans 15 jours, tout sera liquidé.

De toute façon,

je ne veux rien emporter d'ici.

Sauf toi.

Attends.

Je crois que j'ai encore une bouteille de champagne.

François !

François ?

François ?

François !

François !

On frappe Ă  la porte.

- Oui, entrez.

Ah ! C'est vous ? Vous m'apportez des nouvelles ?

Très aimable.

- Écoutez, je veux savoir… - Belle devise.

- Je ne peux pas croire.

- Mon cher, pour comprendre, l'intelligence et le savoir

ne suffisent pas.

Il faut encore avoir la foi. Demandez à votre curé.

Je suis un peu bousculé, aujourd'hui.

J'achève le montage de mon film,

La Science noire.

"Noire" aux 2 sens du mot : Afrique noire et magie noire.

- Vous avez fait un film ? - C'est plus convaincant.

La pellicule n'a pas d'hallucinations.

Voulez-vous en voir quelques mètres ?

Un peu de couleur locale pour sacrifier aux usages.

Toutes les danses folkloriques se ressemblent.

Allez en Auvergne ou au Cameroun…

Passons aux choses sérieuses.

Ce type a bu une drogue.

Observez bien ce poulet

qui se promène tranquillement.

Attention.

- Que lui est-il arrivé ? - Il est mort.

Comment ?

That is the question.

Tout ça n'est pas très neuf. C'est déjà dans la Bible.

"Je dors, mais mon cœur veille."

Cantique des Cantiques.

Voici ce fameux Petit Joseph, celui qui a enseigné Myriam.

Regardez-le.

Il dessine dans la poussière la maison de son ennemi.

- C'est assez enfantin.

- Avez-vous lu mes livres ? - Oui.

Oui, mais…

- Maintenant, dites-moi. Dites-moi ce qui est arrivé.

Un accident ? Quand ça et à qui ? - Comment le savez-vous ?

- Catherine !

Catherine !

Sonnette

- Tu m'as fait peur.

- Moi aussi, j'ai eu peur.

- C'est vrai, je suis en retard. J'ai crevé.

- Pourquoi tu n'allumes pas ?

- Je ne sais pas. J'ai l'habitude.

Tu m'étouffes.

- Dis, Catherine, cette citerne, elle ne sert plus Ă  rien ?

- Non. Tu le sais bien.

- Et tu n'ouvres jamais la trappe ? - Pour quoi faire ?

- On va la faire boucher. - Il y a longtemps que je t'en parle.

Quelqu'un est venu cet après-midi. - Qui ça ?

- Une femme. C'est la mère Capitaine qui l'a vue.

Une cliente, sûrement. Elle reviendra.

- Bon. Je rentre la voiture et je reviens.

- Je parie que c'est Ă  propos de la dame qui est venue.

- Comment était-elle ?

- Elle avait mis le capuchon de l'imperméable.

- Un imperméable ? - Oui. Un imperméable blanc.

C'est tout ce que j'ai vu. - Elle n'a rien dit ?

- Ben non.

Je me disais qu'elle cherchait un médecin.

- Pourquoi un médecin ? - Elle avait un pansement à la jambe.

- Un pansement ?

- J'ai crié qu'il n'y avait personne chez vous, et elle est partie.

- C'est tout ? - Oui, c'est tout.

Musique inquiétante

- Je ne veux pas qu'on tue Nyété. - Pourquoi voulez-vous qu'on la tue ?

Qu'est-ce qui est arrivé ? - Ce n'est pas sa faute.

Madame était en colère. Elle l'a frappée.

Alors elle s'est vengée.

Nyété est fière.

Elle n'aime pas qu'on la traite de cette façon.

- C'est pour ça qu'elle est venue chez moi ?

- Elle n'a pas été chez vous. D'ailleurs, je ne l'ai pas quittée.

Elle avait pris une drogue. - Quelle drogue ?

- Une drogue de chez nous.

Les griots en boivent pour dormir très fort.

Et pour vivre ailleurs.

Mais ils sont fous.

- Vous n'avez pas quitté Mme Heller ? - Je le jure.

Elle ne peut pas poser le pied par terre.

- Qu'est-ce que tu voulais ? - Un peigne et une glace.

- Qu'est-il arrivé ?

- Ronga ne t'a pas dit ?

Il faut que tu piques Nyété. Il faut que tu l'empoisonnes.

Elle devient méchante.

Laisse-moi tranquille.

Je guérirai quand je voudrai.

- Tu ne l'as pas encore voulu ? - Il faut tuer Nyété.

Elle me fait peur.

- Tu peux avoir peur, toi ? - Elle est dangereuse.

- Elle n'est pas la seule.

- Qu'est-ce que tu as ?

Pourquoi es-tu parti, l'autre jour ? Tu ne m'aimes plus ?

Alors pourquoi es-tu revenu ?

Tu as raison de m'aimer.

Tu ne sais pas ce dont je suis capable.

Tu vas tuer Nyété.

Moi, je renvoie Ronga.

Nous serons seuls.

Nous allons pouvoir partir.

- Toi, tu seras seule.

- C'est Ă  ta femme que tu penses ?

Tu l'aimes car elle te fait de la pâtisserie le dimanche

et l'amour le samedi, en revenant du cinéma ?

T'appelles ça "l'amour" ?

Je la hais. Elle t'étouffe.

Elle te tue. Je voudrais qu'elle crève !

Je voulais une glace et un peigne.

Musique inquiétante

- Qu'est-ce que vous faites ici ? - J'espérais vous voir.

Il y a en toute chose deux explications, au moins.

Je pars demain pour Paris.

J'ai voulu, auparavant, revoir Noirmoutier de loin.

Je me suis arrangé pour arriver en même temps que la marée

pour ne pas être tenté.

Comment ça va, là-bas ?

- Vous partez ? - Vous semblez le regretter.

Vous aviez d'autres questions Ă  me poser ?

- Écoutez…

- "Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio,

"que n'en peut rĂŞver votre philosophie."

Tout est dans Shakespeare. C'est bien connu.

Maintenant, si vous voulez encore d'autres détails,

je vais vous offrir mon livre. Il est sorti d'hier.

Pas de dédicace, n'est-ce pas ?

Que pourrais-je écrire de sincère ?

Il marmonne.

- Tu ne viens pas te coucher ?

- Si. - Ça t'intéresse, ces histoires-là ?

- Oh…

Qu'est-ce que tu as ?

- Un cauchemar.

Je te demande pardon.

Le téléphone sonne.

AllĂ´, oui ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Comment ?

Elle l'a tuée ?

Bon. Je viens.

- Bonjour, François.

- Alors tu l'as tuée.

- Elle n'a pas souffert.

- Tu as eu besoin d'arsenic pour faire ça ?

- Ça m'a amusée de te voler ce flacon.

- Rends-le-moi. - Je l'ai jeté.

C'est pour ça que tu es revenu ? - Oui.

- Tu trouves toujours une bonne raison pour revenir.

Quand tu partiras avec moi, ce sera sans t'en apercevoir.

- Jamais. - Mais si. Dans 10 jours.

- Non.

- Je sais mieux que toi ce que tu veux.

J'ai décidé que nous prendrions le bateau

pour faire durer le plaisir.

J'ai quelque chose Ă  te montrer.

Regarde. J'ai déjà notre billet.

On va mettre au moins une semaine. Ce sera merveilleux.

Tu ne crois pas que ce sera merveilleux ?

- Ça va ? - Oui.

- Tu es heureuse ? - Oui.

- C'est pas le grand voyage, mais on respire.

- Oui.

- Qu'est-ce que tu as ? - Je voudrais m'asseoir.

- Tu as le mal de mer ? Il n'y a pas une seule vague.

- Vous n'ĂŞtes pas enceinte ? - Non.

- OĂą a-t-elle vomi ? - Dans le lavabo.

- Elle n'a pas mangé de coquillages ? - Non. On a mangé pareil.

- Cher ami, j'ai l'habitude d'ĂŞtre franc.

Elle a tous les symptĂ´mes d'un empoisonnement.

Cette soif et l'odeur des matières vomies

font mĂŞme penser Ă  l'arsenic.

- Vous en êtes sûr ?

- François, j'ai soif.

- Donnez-lui Ă  boire. C'est excellent.

- Tiens, bois.

- Je vais faire mon ordonnance en bas.

- Je reviens.

- Votre femme n'a pas de chance, en ce moment.

- Non.

- C'est la loi des séries.

L'affaire, heureusement, paraît bénigne.

Ne faites pas cette tĂŞte.

Il y a de l'arsenic partout, vous savez.

Je suis sûr que vous en avez plein vos poches.

Je reviendrai demain.

"La victime choisie dépérit

"ou subit des accidents inexplicables.

"Il est impossible de la sauver tant qu'on n'a pas réduit à l'impuissance

"l'auteur du maléfice."

Musique inquiétante

Aboiements

Tais-toi ! Allez, va te coucher !

Qu'est-ce que tu fais lĂ  ?

- Je pars ce soir.

J'ai loué cette voiture à Nantes. C'est plus commode pour déménager.

- Tu pars ? - Oui.

Je te dis adieu.

Oh ! La tête que tu fais à l'idée que je vais te quitter.

Tu vois bien que tu m'aimes.

C'est avec toi que je pars. Rassure-toi.

- Ah oui ? - Demain, nous serons Ă  Paris.

Les formalités, une petite fête…

Notre dernière fête de gens civilisés.

- Ma femme est malade. - Elle guérira.

- Elle guérira si je pars avec toi ?

- Non. Je disais ça comme ça.

Si tu n'es pas à temps, ce soir, à la villa, pour la marée basse,

je te jure,

François, que…

À ce soir, François.

Fracas

- Je me sens mal, François.

Très mal.

Gémissements

- Ça allait beaucoup mieux.

Si demain, ça ne va pas mieux, je la fais transporter à Nantes.

- Et si on trouve de l'arsenic ?

- Ça simplifiera ma vie et ça compliquera la vôtre.

Vous vous connaissez des ennemis ?

- Vous pensez que j'empoisonne ma femme, n'est-ce pas ?

- Vous savez, j'ai 25 ans de métier.

J'ai appris Ă  penser lentement.

- Vous m'en croyez capable ?

- Nous sommes tous capables de tout.

- Demain, elle ira mieux, j'en suis sûr.

- Ah ? - Oui.

- Ah bon.

Espérons-le.

- Comment te sens-tu ?

- Mieux.

- Tu vas prendre quelque chose pour dormir.

Et demain… - Demain, tu t'en iras.

Comme tous les jours.

- Il faut bien vivre.

Les femmes ne comprennent jamais qu'on puisse les quitter.

- Pour leur bien ?

- Parfaitement.

C'est mĂŞme une chose qu'il faudra te dire.

C'est pour toi.

- Tu crois ?

- Bois ça et dors.

- Je me sens mieux.

Tu ne te couches pas ?

- Pas tout de suite, non.

Dors.

Musique inquiétante

- Je savais que tu viendrais.

- Le vent est bas, ce soir. Attends demain.

- Non. Non.

Nous partons ce soir.

- Allez, dépêchons-nous.

- Non, laisse-moi conduire. Ça vaudra mieux.

Ça monte vite.

- Tu n'avais qu'Ă  venir plus tĂ´t.

- Mais j'ai dĂ» prendre le car.

Le vent souffle.

- Laisse-le souffler.

Accélère.

- Si je vais plus vite, je noie le moteur, tu sais pas ça ?

Tu sais pas tout.

Merde ! - Qu'est-ce qui se passe ?

- L'eau gicle sur les bougies.

Bon Dieu, ça y est ! - Qu'est-ce que tu peux faire ?

- On ne répare pas un moteur noyé.

- Alors…

Il essaie de démarrer la voiture.

- D'ailleurs, on n'aurait pas le temps.

L'eau monte à toute vitesse. Évacuons.

Qu'est-ce que tu attends ? Dépêche-toi.

Vite. Prends une valise. On ne pourra pas les monter toutes.

On laisse les autres.

Allez, viens et fais attention.

- C'est pas la bonne valise. - Monte.

- Je dois retourner Ă  la voiture. Laisse-moi passer !

J'ai encore le temps. François, laisse-moi !

- Myriam !

Myriam !

Mais tu es folle ! Myriam !

Allez, reviens !

- François !

- Reviens, Myriam !

- François !

François ! - Myriam !

- Le courant ! Je ne sais pas nager !

Au secours ! Au secours !

Je ne sais pas nager !

François ! François !

- "Il est impossible de sauver la victime

"tant qu'on n'a pas réduit à l'impuissance

"l'auteur du maléfice."

- François !

La porte grince.

Musique inquiétante

- Tu n'es pas parti ?

- Tu as bu ? Réponds ! Tu as bu ?

- Tu n'es pas…?

- Donne-moi cette lettre. - Non !

- C'est quoi, ça ?

- Je vais tout te dire.

Si tu étais parti,

on t'aurait fait parvenir cette lettre…

après.

- Je n'ose pas comprendre.

Alors c'est toi

qui aurais…?

- Je t'en veux, François.

Tu auras fait de moi une femme méchante et désespérée.

Il y a deux mois, je t'ai vu changé, heureux.

Tu étais très gentil avec moi.

Mais mon bonheur, je l'ai dĂ» Ă  une autre.

Tu venais de découvrir beaucoup de choses.

Tu voulais te faire pardonner.

- Va, va, je t'écoute.

- Un jour, j'ai surpris cette fille noire

qui prenait des photos de la maison.

On voulait connaître le cadre de ta vie.

Cette Ronga m'a tout raconté.

- Alors le puits, la trappe, l'arsenic…

Tout ça, c'était de la comédie ? - Pas le puits.

Au début, j'ai vraiment voulu mourir.

Mais quand, en reprenant connaissance,

j'ai vu ton angoisse…

J'ai pensé… que tu m'aimais encore.

Tu semblais croire qu'on m'avait poussée dans le puits

et que j'étais la victime de…

je ne sais quelle pratique.

Alors… avec Ronga…

- Avec Ronga ?

- C'est elle qui a eu l'idée de l'imperméable.

La mère Capitaine m'a vue partir à bicyclette.

J'ai fait le tour de la maison, j'ai endossé l'imperméable,

j'ai bandé ma cheville

et j'ai regagné la route.

Quand tu as découvert la trappe, j'ai eu à nouveau de l'espoir.

Tu étais si affolé.

Mais elle te reprenait toujours.

Je souhaitais sa mort.

- "Sa mort" ?

- J'ai su enfin qu'elle voulait partir avec toi

et deviné que tu n'aurais pas le courage de refuser.

J'ai pris de l'arsenic.

Pas pour mourir, mais pour t'obliger Ă  rester.

- Tu as même fait ça ?

- Quand les premières douleurs m'ont brûlé le ventre…

Comme j'ai eu mal.

Et comme je vous maudissais, tous les deux.

Mais je voulais que tu croies que c'était elle qui me faisait mourir.

Et c'était vrai.

N'est-ce pas ?

VoilĂ . C'est tout.

Maintenant, dis-moi qu'elle est partie seule.

- Tu vois bien.

Je l'ai laissée partir.

- François !

François ! François, je te demande pardon !

François ! Ne t'en va pas !

La porte claque.

Sous-titrage : Éclair Media

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