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Original subtitles

Papa ?

Papa ?

Papa ?

Il me fait venir à 8 h, il est même pas là.

- "Ma petite Prune chérie. J'ai dû repartir.

"Je suis triste de te l'annoncer comme ça,

"de te laisser, alors qu'on commençait à se retrouver,

"après notre longue séparation.

"Tu m'en voulais moins."

- Il se fout de moi !

*- Le numéro demandé n'est plus attribué.

- Putain...

- "J'ignore combien de temps je pars.

"Ca peut être longtemps.

"Personne ne pourra te dire où je me trouve.

"On va t'interroger sur moi.

"On va te dire des choses.

"Tu ne pourras pas mentir aux gens à qui tu auras affaire,

"si jamais tu en as envie, alors ne leur mens pas."

Tonalité

*- Allô ? - Bonjour. C'est Prune Debailly.

*- Bonjour.

- Vous m'avez dit que je pouvais vous appeler.

Je crois que mon père est parti,

mais je ne comprends pas ce qui se passe.

Vous voulez pas venir ?

*- Il t'a rien dit ?

- Il a laissé un mot

super long, super bizarre. *- T'es où ?

- Je suis chez lui.

*- Bouge pas, j'arrive.

- D'accord. Merci.

- "Lis ce cahier, Prune,

"pendant que tu es la seule à l'avoir en mains.

"Et puis, tu devras le donner.

"Ne le cache pas. Ne le jette pas.

"Je vais te raconter pourquoi je pars de nouveau."

- "Une ressortissante française, Marina Loiseau,

"venue travailler à l'IISR de Téhéran,

"a été arrêtée sous l'accusation

"d'intelligence avec l'ennemi au profit de la CIA."

Les deux hommes chuchotent.

Il se passe quoi ? - Pas maintenant.

- Vous plaisantez ? - Non.

- Je peux pas savoir ce qui se passe ?

- Non.

- Et Clément Migaud, il peut ? - Non.

- Je tourne en rond.

- Je comprends.

- J'ai une hypothèse.

C'est lié à Guillaume.

- Moi aussi, mais il n'est pas temps d'en parler.

- Pourquoi ? - On ne nous entendra pas.

Faites attention, Marie-Jeanne.

On va rentrer dans l'orage.

Il va y avoir beaucoup de turbulences.

Vous penserez tomber, mais on ne tombera pas.

Ne paniquez pas.

Il y en a qui ont paniqué. Gardez votre calme.

Et à la fin, on atterrira en douceur.

- Vous y croyez ? - Oui.

- Je dois m'attendre à quoi ? - A des coups bas.

Mais je vous le dis, à la fin, on sera au hangar.

- Arrêtez, avec votre métaphore aérienne.

- OK.

- Gentlemen.

How are you doing? - How are you?

- Bonjour.

Asseyons-nous.

Merci à monsieur Barry,

directeur adjoint de la division des activités spéciales,

qui nous fait l'honneur de venir spécialement de Langley.

C'est toujours un plaisir de venir à Paris

et de rendre visite à des amis.

Entrons dans le vif du sujet.

Mon colonel...

Je vous rappelle

que notre ressortissante Marina Loiseau est détenue par les Iraniens.

Les éléments à notre disposition sont quasiment nuls.

Seule information: elle est accusée d'espionnage pour la CIA.

Je suis là pour répondre à vos questions.

Pour l'instant,

les explications que nous avons reçues ne sont pas très satisfaisantes.

Je vous assure que cette jeune femme

n'a de lien avec aucune de nos agences de renseignement,

CIA ou autre.

Pour nous, ceci est un dégât collatéral

de la lutte entre la frange modérée et les durs du régime.

Elle s'est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment.

Les conservateurs ont besoin de boucs émissaires.

Pourquoi une chercheuse française?

S'ils avaient eu un chercheur américain ou israélien,

ils ne se seraient pas privés.

Ils ont pris ce qu'ils avaient sous la main.

Vous me dites que leurs accusations sont sans fondement?

C'est la méthode des Iraniens.

Concrètement, je suis aussi là pour vous dire

que nous mettons notre expérience et nos moyens à votre disposition.

Il y a un long historique entre les Iraniens et nous.

Sans arrangement officieux dans les premiers jours,

c'est une course d'endurance.

Il faut un maximum de publicité,

pour mettre les Iraniens sur la défensive et protéger l'otage.

Et il faut trouver le bon intermédiaire pour discuter avec eux.

On va jouer franc jeu.

Ici, on pense que votre rôle dans cette histoire n'est pas clair

et que quelque chose a mal tourné.

Si c'est ça, reconnaissez-le

et réglons ça entre professionnels avant que les choses dérapent.

Autrement dit,

ce dossier peut devenir très politique.

A ce moment-là, ce ne sera plus de notre ressort.

Rappelez-vous, avec les Allemands,

quand il a été rendu public que vous aviez une taupe chez eux...

Personne ici n'a envie qu'on se retrouve dans cette situation.

Merci pour votre franchise.

J'aimerais à mon tour vous poser une question directe.

Je vous écoute.

Est-ce que Marina Loiseau travaille ou a travaillé

pour le gouvernement français?

Je ne comprends pas.

Vous êtes venus de Washington juste pour nous dire ça?

Je ne comprends pas, vous dire quoi?

D'aller nous faire foutre.

- Tu sais pourquoi je leur ai demandé de rester ici ?

Parce que tu es une femme et moi, un homme.

Si j'étais tout seul avec toi,

ce serait comme jouer avec le feu.

Ne m'oblige pas à les faire partir.

- Je peux appeler mon ambassade ?

- Quelle ambassade ? - De France.

- T'es française ? - Oui.

- Pourquoi travailles-tu pour les Américains ?

- Je ne travaille pas pour eux !

Je travaille à l'institut de sismologie.

- Nous avons tes conversations, depuis ton arrivée en Iran.

Téléphone, mails, messages.

Nous savons tout sur toi. Tout.

Tiens.

Commence par écrire la liste

des cibles sur lesquelles tu as travaillé.

- Je suis chercheuse en sismologie.

- Ne joue pas avec moi.

Ecris les noms.

On va faire autrement.

Shapur Zamani,

tu le connais ? - Oui.

- C'était ta cible ? - Non. C'est un ami.

- Regarde où il en est, ton ami.

Amenez-le.

Musique mystérieuse

Elle ne s'attendait pas à ça.

Elle croyait qu'il s'en tirerait encore,

comme si on pouvait trahir son pays impunément.

Maintenant...

Ca peut se passer de deux façons.

On peut l'envoyer auprès du spécialiste

qui s'est déjà occupé de lui.

Tu peux aussi

lui épargner des souffrances inutiles.

C'est toi qui décides.

Ramasse le stylo pour ton amie.

Pas toi!

Lui!

Voilà.

Il a fait sa part du chemin.

Maintenant, fais la tienne.

Tu dois juste écrire

le nom de tes cibles, c'est tout.

- Je suis chercheuse.

Je ne sais pas de quoi vous parlez.

- Je te laisse faire tes adieux à ton ami.

- Vous avez 2 cercles. Le 1er, c'est pour les amis.

Le 2e, c'est pour les cibles.

Ces 2 cercles ne doivent pas se rencontrer.

Les amis restent des amis. Les cibles, ce ne sont pas des amis.

Ca veut dire quoi ?

Que vous pouvez détruire leur vie, sans état d'âme.

Vous ne les aimez pas.

Vous n'avez pas pitié d'eux.

Je vais prévenir l'ambassade de France.

Ils pourront sûrement faire quelque chose.

Alerter une ONG.

La presse...

Ou trouver un avocat.

Il doit bien y avoir un moyen.

Salope.

*- Ne parlez pas de procès.

Quand les bombes américaines tuent des enfants,

il n'y a pas de procès.

Il n'y en a jamais, pour les musulmans.

La justice des impurs est la pire des injustices.

Nous vous jugerons selon les valeurs de l'islam.

Allahu akbar.

Cet espion américain sera exécuté dans une semaine.

Si les Américains n'utilisent pas

les bases aériennes turques,

l'espion vivra une semaine de plus.

Allahu akbar.

Musique de tension

*- Toutes vos ressources sont mobilisées.

Je sais que vous redoublez d'efforts

pour neutraliser Chevalier.

C'est une guerre exigeante.

Une guerre de communication.

Il est crucial de frapper un grand coup

en termes de communication.

Où en êtes-vous de votre 2nde opération ?

- Elle devrait avoir lieu d'ici une semaine.

- M. le président, c'est une équipe très discrète qui s'en occupe,

dirigée par Guillaume Debailly,

qui a organisé la libération de notre otage au Sahel.

*- Un pourcentage ?

- 40 %, monsieur le président.

*- Je vous remercie pour ces informations.

Jacques vous parlera de notre position pour Marina Loiseau...

- Les papiers de Phénomène

sont nickel.

Je peux vérifier les sites Internet où Marina Loiseau est inscrite.

- Je l'ai déjà fait.

- De notre côté, on est bon. Rien ne peut la trahir.

- C'est quoi, l'ambiance, à Mortier ?

- Trop calme.

Une délégation américaine est venue.

Tout le monde faisait la gueule.

- Elle va tenir.

Il faut qu'elle garde confiance en vous.

Ils vont traquer les erreurs et les doutes.

- Je vous laisse.

- Comme vous m'avez demandé,

j'ai placé ici le téléphone de Schnabel.

Et là,

celui de Fatiq, le caméraman.

Ils sont localisés

à Rakka, par le GPS.

- Schnabel appelle quelqu'un.

Musique mystérieuse

C'est toi.

Sonnerie de téléphone

- Andreas ? *- Ca sent mauvais.

- Que se passe-t-il ?

*- On est bloqués à Rakka et je n'ai plus de cigarettes.

- Qu'est-ce que je peux faire ?

*- Vous ne pouvez rien faire.

Je vous informe juste que l'interview n'aura pas lieu.

- C'est normal que ça prenne du temps, non ?

*- Il n'y a pas de normalité, ici.

Il n'y a que l'instinct qui compte,

et là, je sens que ce n'est pas bon.

- Il y a une offensive contre les Peshmergas.

Ca a dû perturber

les communications et les routes. C'est sans doute pour ça.

*- Merci,

mais je ne vais pas rester éternellement à Rakka.

- Il m'a raccroché au nez.

Il est sérieux ?

- Peut-être.

Ou peut-être qu'il veut nous faire peur,

pour nous faire comprendre qu'il est indispensable.

- Y a du mouvement.

C'est Schnabel. Il sort de l'immeuble, seul.

- Je le rappelle.

- Vous êtes sûre ?

- Oui.

Tonalité

*- Oui ? - Je voulais m'excuser.

Vous seul pouvez juger des risques que vous prenez.

*- Encore heureux.

* Circulation de voitures

- Vous êtes dehors ?

Y a beaucoup de bruit. *- Oui, et alors ?

- Je dois aussi vous dire

que si vous voulez renoncer, on a une alternative.

*- Comment ça ?

- Un journaliste freelance palestinien s'est proposé.

*- Qui ça ? C'est Isham Eisheh, je parie ?

- Oui.

*- C'est un fixeur qui se vend comme journaliste.

C'est un mauvais,

un nul, une merde.

Moi seul peux faire cette interview.

- Je le sais bien.

C'est pour ça que j'ai voulu travailler avec vous.

Je voulais juste vous informer.

*- Je vais acheter des cigarettes...

Au revoir.

- Il se passe quoi, si on l'arrête avec des cigarettes ?

- Ca dépend.

Il peut s'en tirer avec une amende.

- Et sinon ?

- Des coups de fouet.

Je vais aux toilettes.

Bip

- Fatiq enregistre une vidéo.

Il parle en arabe.

Il raconte quoi ?

- C'est son testament.

Tous les candidats au martyre le font, chez Al-Qaïda.

C'est repris par la propagande.

Ca sert à encourager d'autres vocations.

Qu'est-ce qu'il fabrique ?

Il appelle sa mère.

Allô?

Maman n'est pas là?

Non.

Ah, bon.

Tu as un souci?

Non, non, tout va bien.

Dis-lui de ne pas s'inquiéter,

que je vais bien. Et que...

je l'aime.

Et que je serai bientôt de retour, inch Allah.

Musique mystérieuse

- Il nous lâche.

- Il efface la vidéo.

Il efface des vidéos effacées.

- Je dois parler à l'imam Ashmi.

Il peut récupérer la situation.

Il me faut une ligne sécurisée.

- Donc, cet article

a été écrit par ce Shariatmari. - Shariatmadari.

C'est le rédacteur en chef.

Son journal sert de relais aux services secrets iraniens.

Il avait révélé les trafics du beau-fils de Rohani.

- Allez à l'essentiel.

- Dans son article,

il revient sur l'affaire Zamani.

Le journaliste révèle des choses très précises

venant de quelqu'un proche de l'enquête.

Le journaliste n'a pas pu les inventer.

- OK. - L'essentiel, c'est ça.

Un récit détaillé du recrutement de Shapur Zamani.

J'ai fait une traduction rapide.

- Il a été recruté au Qatar ? - Pas seulement.

Il a été recruté pendant le congrès sur l'eau, à Doha,

au même moment où j'y étais.

Regardez ce qu'ils lui ont offert.

- Un poste chez Westinghouse Moyen-Orient.

Ce n'est pas ce que vous comptiez faire ?

- Nous, c'était Areva. Sinon, tout est identique.

- Les Américains ont recruté Zamani

sur les mêmes bases.

- Les mêmes bases, au même endroit, au même moment.

Comme s'ils avaient eu accès au dossier envoyé par Marina.

- Qui est au courant ?

- Vous êtes le seul.

Avec MAG, évidemment. - Merci.

Musique mystérieuse

- Le directeur du renseignement demande

à ce que vous l'attendiez en bas.

Il descend vous rejoindre.

- Ah bon.

- Henri...

- Vous avez lu la note de Clément ?

Je ne crois pas à l'hypothèse d'une fuite technique.

- C'est ce que dit la DT.

- Quelqu'un a transféré notre dossier de recrutement

aux Américains.

- Plausible.

- Ce qui confirme ce que je pense :

les Américains ont une taupe chez nous.

Depuis l'opération Félisse, au moins,

et peut-être depuis plus longtemps.

- C'est ce que je pense.

- Vous connaissez le lien avec Nadia El Mansour,

libérée par une association financée par la CIA.

Et après, les Américains recrutent une cible sous notre nez,

sur les mêmes bases de recrutement.

On peut appeler ça un deal.

Il a normalement poussé pour Shapur Zamani,

au point de le faire contre mes instructions,

et l'année dernière,

pendant 2 jours, son téléphone a été intraçable,

ce qui n'est possible qu'à bénéficier

d'une technologie spéciale,

que nous ne lui avons pas fournie.

- Un agent exceptionnel,

intelligent, précieux,

qui a sacrifié sa vie familiale pour sa mission,

sans background avec les Américains mais ayant une raison de négocier.

- Voilà.

Musique douce

- Vous aviez peur pour votre beau-frère,

lors de l'opération Félisse.

Vous aviez un intérêt à ce qu'elle soit annulée.

Vous aviez une raison de parler aux Américains.

- C'est moi qui ai insisté pour relancer l'enquête.

- Un écran de fumée.

Un leurre.

Peter Cassidy, de la CIA, qui est venu vous rendre visite.

Une vieille connaissance, non ?

- Oui.

- Vous avez un background avec les Américains.

Qu'on se comprenne bien.

Je ne vous soupçonne pas.

Mais votre dossier est moins bon.

Si j'arrête Malotru, je dois vous arrêter.

Je fais quoi ?

- Arrêtez-moi.

- Vous ne voulez pas ça.

- Non, mais...

- Debailly est intouchable.

On a beaucoup de pression, sur l'opération qu'il monte.

Nous allons pousser la CIA à révéler le nom de leur taupe.

Si c'est Debailly, il est foutu.

S'ils lâchent un autre nom, Debailly continuera sa mission.

Je veux donner cette chance, et vous aussi.

Vous ne voulez pas d'une taupe au bureau des légendes.

- Mon badge ne marche plus. - Si, il remarche.

La porte claque.

- Quand vous voulez.

- Allons-y.

Tonalité

Imam Ashmi ? *- Oui ?

- Il y a un problème avec le virement.

*- Quel problème ? - Il ne sera pas effectué.

*- Pour quelle raison ? - Vous le savez.

*- Je suis moi aussi déçu

par Fatiq, mais nous avions un deal.

- Vous deviez nous fournir un candidat fiable.

*- Le facteur humain comporte des incertitudes.

Je ne peux pas y remédier.

J'avais autant d'intérêt que vous à ce que l'affaire aboutisse.

- Trouvez une solution.

*- Je ne vois pas laquelle.

Ca ne se fait pas au téléphone.

Il faudrait le voir, lui parler.

- Faites-le.

*- Que j'aille à Rakka ? Vous plaisantez.

- Nous nous en chargerons.

J'ai besoin d'un message

qui identifie le porteur comme votre envoyé personnel.

D'autres instructions vous seront envoyées.

*- Et notre accord ?

- Quand nous serons en possession du message.

*- Alors, je vais faire ce qu'il faut.

- C'est moi qui vais y aller.

- Quoi ?

- Il faut que quelqu'un parle à Fatiq.

Quelle est la région sûre

la plus proche de Rakka ?

Musique de suspense

- Le Kurdistan turc, tenu par les Peshmergas.

- Très bien.

J'irai en tant que Paul Lefebvre, dans une trentaine d'heures.

L'imam informera Fatiq qu'il doit m'y rejoindre.

Tu me prépares les documents ?

Il faut mobiliser

le poste d'Istanbul. - C'est dangereux.

- C'est ce que je dirai à MAG,

quand l'opération aura échoué ?

Que cette opération rate ou réussisse,

la boîte doit pouvoir nier y être pour quelque chose.

Personne ne doit savoir qu'un agent a été en contact avec le kamikaze.

J'y vais, je le convaincs, je reviens,

et personne,

en dehors de cette pièce, ne doit le savoir.

C'est compris ?

Compris ? - OUI.

Clé dans une serrure

Musique mélancolique

"Si on te dit que je me suis suicidé, c'est faux."

"On te présentera des preuves,

"on te montrera peut-être une lettre de moi.

"N'y crois pas."

"Je ne me suiciderai pas."

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- C'est pas pour mes yeux. - Ca veut dire quoi ?

- Tu as lu ?

- Non. Je ne peux pas.

- Ce serait bien.

- Non. - Si.

- Je m'en tape.

- Tu le lis maintenant.

Dans une heure max, tu n'y auras plus accès.

OK ?

M. Duflot ?

- "Je pars car, contrairement à ce qu'on te dira,

"je crois à mon travail.

"Je crois à mes missions.

"Si j'ai fait des fautes que je ne peux nettoyer,

"il y a d'autres choses que je peux faire proprement."

- Je t'ai amené quelque chose.

Tu veux pas ta part ?

Bon, on va commencer.

Pourquoi t'es venue en Iran ?

- J'ai été invitée à travailler à l'institut géophysique,

pour M. Reza Mortazavi.

- T'as fait quelles études ? - Polytechnique.

- Je ne connais pas. Qu'est-ce que c'est ?

- C'est une école d'ingénieurs.

C'est très réputé, en France. On fait ce qu'on veut, après.

- Pourquoi la sismologie ?

- C'est les hasards d'un stage.

J'ai découvert la sismologie, ça m'a passionnée.

J'ai dévoré la biographie de Richter

et je me suis dit que je voulais faire ça.

- Ah, Richter...

Le grand sismologue mexicain ?

L'échelle de Richter. C'est lui ?

- Oui, mais il n'était pas mexicain. Il était américain.

- Ah oui, c'est vrai.

Comment es-tu entrée à l'institut du Globe ?

- J'ai déposé une demande auprès de la directrice.

- Mme Weiber ? - Non.

Mme Lebarbier.

Mme Weiber l'a remplacée il y a seulement 2 mois.

- Mmh.

Bon...

Parlons maintenant de ton enfance.

Tu es née le 14 mai 1987, à Bayonne.

- Oui.

- Ta famille est de là-bas ? - Oui.

- Vous viviez où ?

- A Saint-Esprit, près des arènes.

- De Lachepaillet.

- Oui. Vous connaissez Bayonne ?

- C'est connu, pour les corridas.

T'as déjà assisté à une corrida ?

- J'aime pas ça.

- Moi, ça me plairait de voir ça.

J'aime l'idée que le taureau soit un adversaire et un partenaire.

- Sauf qu'il finit par mourir.

- Bien sûr.

C'est inéluctable.

Mais c'est une belle mort.

Donc, Bayonne.

Tu es née rue... - Delphin Allard.

- Delphin Allard...

Delphin Allard...

Delphin Allard...

Parallèle à l'avenue...

des arènes ?

- Non. Perpendiculaire.

- Tu y retournes, parfois ?

- Non. Je n'ai aucune raison d'y aller.

- Tu pourrais avoir encore de la famille.

Ta mère, une grand-mère ?

- Non.

- Je suis bête. Ta grand-mère est morte ?

Donc, tu es rentrée.

- Oui.

- C'était ta grand-mère paternelle ou maternelle ?

Il tape sur la table.

Réponds-moi.

- Je n'ai pas connu ma grand-mère paternelle.

C'est la mère de ma mère.

- J'ai ici le certificat de décès

de tes deux grands-mères.

Aucune n'est morte en 2015.

Pourquoi t'as menti ?

Tes amis de la CIA n'ont pas bien fait les choses.

Tu vois, un interrogatoire...

C'est comme la tauromachie.

Il y a les passes, la danse,

et le bla-bla.

Puis, vient le moment de l'estocade.

Tu ne le sais pas,

mais je m'occupe des interrogatoires

des agents du Mossad.

Ceux-là, inutile de les torturer.

Ils ne diront rien.

Il faut juste être plus fort qu'eux.

Ils savent répondre à toutes les questions, comme toi.

Mais les réponses...

- Ma grand-mère vient de mourir.

Elle est morte d'un lymphome, comme mon père.

Les documents que vous avez, c'est une erreur.

L'hôpital Cochin, à Paris, vous le confirmera.

- Tu as une grande confiance envers tes amis de la CIA.

L'homme s'éloigne.

La porte claque.

Chuchotements

- Vous connaissez Peter Cassidy ?

- Officiellement, il est chargé des affaires spéciales.

- Officieusement ?

- Il s'occupe de ce que les Américains font chez nous.

S'il est là, c'est un signe. - De quoi ?

- Qu'ils sont inquiets.

Nous contestons les conclusions de ce rapport.

C'est une construction intellectuelle qui ne reflète pas la réalité.

Quelle est la réalité, alors?

On est comme vous,

on se pose des questions, on n'a pas toutes les réponses.

Pour nous la réalité est simple.

Premièrement, vous avez recruté Shapur Zamani d'après un de nos dossiers

et nous devons savoir comment vous avez eu ce dossier.

C'est faux.

Deuxièmement!

Deuxièmement, vous avez si mal géré cette source

qu'il ne vous a pas fallu deux mois pour la griller,

ce qui a entraîné l'arrestation de Marina Loiseau.

Voilà. Vous pouvez continuer à nier l'évidence.

Je serais curieux de connaître la réalité de la profession de Mlle Loiseau.

Elle est ingénieur en sismologie.

Mais si vous voulez échanger des noms d'agents en immersion,

on y réfléchira.

Il arrive un moment où chacun doit assumer ses actes,

dans l'intérêt de tous.

Bien. Merci de votre franchise.

Maintenant, nous devons déterminer comment nous pouvons agir.

Voici une proposition qui va nous permettre d'aller de l'avant.

Cet homme s'appelle Hossein Omidvar.

C'est le principal financier occulte de la Force Al Qods,

le bras armé du régime iranien

pour les opérations extérieures:

Syrie, Irak, Liban...

Il a été arrêté en Turquie. Nous le tenons depuis 2009.

Les Iraniens paieraient cher pour le récupérer.

Et nous pourrions faire un geste,

si les mollahs décidaient de se montrer cléments

avec Marina Loiseau,

une simple chercheuse française,

accusée à tort.

Non.

Ça ne suffit pas.

C'est une offre qui nous coûte beaucoup.

Je vais vous dire pourquoi votre offre n'est pas suffisante.

Parce qu'il ne s'agit que de traiter le symptôme.

Nous voulons éradiquer la maladie.

C'est-à-dire?

C'est-à-dire, identifier la source que vous avez chez nous.

Nous ne recrutons jamais chez nos alliés. C'est un principe.

Alors qui vous a transmis le dossier de Shapur Zamani?

- OK...

Je vais être franc.

Nous faisons du renseignement technique,

mais jamais de l'humain.

Ne vous mettez pas en situation d'être démenti par la réalité.

Vous avez une taupe, on veut son nom.

Personne ne sort d'ici tant que vous ne nous l'avez pas livrée.

Admettons qu'il ait pu y avoir des dérapages par le passé...

Ce n'est plus le cas. Ce serait contraire à nos intérêts.

Vous connaissez Mediapart?

Croyez-moi,

vous n'aimeriez pas qu'ils aient certaines infos.

Vous avez bombardé des rebelles islamistes le 10 février, près d'Alep.

Pas très utile. Daech n'est pas actif dans le coin.

Quelques jours après, le régime syrien

libérait Nadia El Mansour

en passant par une ONG que vous financez.

Ça intéresserait beaucoup de monde de savoir que le département d'Etat

discute avec Bachar el-Assad.

Nous aussi, on a des dossiers.

Nous aussi, on a des médias fouille-merde.

C'est ce que je suis en train de dire.

Voulez-vous déclencher ce genre de crise?

Votre président en a-t-il besoin en ce moment?

Croyez-moi,

chez nous, l'anti-américanisme, ça paie toujours politiquement.

Le MI5 et le MI6 savent que vous écoutez leur Premier ministre?

Je suggère qu'on fasse une pause,

que chacun reprenne ses esprits.

John, tu n'en as fait qu'à ta tête,

comme d'habitude.

Je t'avais demandé de lever le pied et tu ne m'as pas écouté.

Je commence à en avoir marre de nettoyer après ton passage.

À une époque, tu aimais ça.

Plus maintenant.

Ils ont quoi dans les autres dossiers?

J'en sais rien.

Mais sur ces sujets, je prends pas de risque.

Y a pas de savon?

C'est un coup de pression.

On fait le dos rond,

on ne fait rien.

On lâche quelques trucs, ça va passer. Si on avoue,

on va le payer beaucoup plus cher.

Ils ne lâcheront jamais.

Ils n'ont pas encore de preuves, mais ils en trouveront.

Et là, on va vraiment le payer cher.

L'agence,

et surtout nous trois.

Ça va être compliqué d'oublier ce que tu nous obliges à faire.

La porte claque.

Qu'est-ce que c'est?

Pourquoi je n'ai pas de jugement?

Où est mon avocat?

"En raison de la gravité des faits

"et de l'urgence requise pour mettre fin

"à l'injure portée au peuple iranien,

"ordre présidentiel est donné

"de prononcer la condamnation de l'accusée, sans procès."

100 ans d'incarcération

Musique sombre

Vous nous avez menacés d'une façon assez peu conforme

aux usages de bonnes relations entre nos agences.

Mais soit.

Nous allons vous livrer des informations.

On vous écoute.

Big name.

Musique mystérieuse

- Guillaume Debailly.

Il n'est pas là ?

- "Tu sais un peu mieux qui est ton père.

"Je ne sais pas ce que tu peux en faire,

"je ne sais pas si c'est bien ou mal,

"mais moi, je n'aurais pas aimé rester dans le noir,

"sentir que les autres en savent plus que moi sur mon père.

"C'est pour ça que je te dis ça.

"Sache que j'emporte avec moi

"l'image de ton visage tout renfrogné,

"tout boudeur, que j'adore.

"Quand je claquerai des doigts,

"il s'illuminera de ton sourire magnifique

"et je supporterai alors toutes les épreuves à venir."

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