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Je vais vous prendre un Frappuccino au café
et un ChaĂŻ tea latte soja en venti.
Frappuccino café et Chaï tea latte.
Quel nom ?
Votre nom ? Pourquoi ?
C'est le concept.
On note votre nom et vous prenez votre boisson.
Vous pouvez pas vous tromper, avec votre nom.
LĂ , je suis toute seule.
Pas de nom, pas de boisson.
Ju ?
Ju, chérie ?
Je veux plus qu'elle squatte.
On va accueillir bientĂ´t un petit ĂŞtre. Plus de place.
C'est ma petite sœur.
Je peux pas la mettre Ă la rue.
Demi-sœur.
On met à la rue les demi-sœurs ?
Un peu plus, oui, je trouve.
On sonne Ă la porte.
Vite, il y a la psy ! La psy !
Bonjour, Ju. Ca va ? Quelle psy ? Pourquoi ?
- La psy pour l'adoption.
Elle est en avance. Pourquoi tu m'as rien dit ?
Je suis bien, lĂ ?
Ben. bof.
Je vais chercher un chouchou.
Bonjour. Entrez, entrez.
VoilĂ . Notre petit chez-nous.
Ici, c'est le salon.
Mieux, lĂ ?
Avec.
une petite âme esseulée.
Elle vient de quitter son petit ami, alors on l'héberge.
On est comme ça.
C'est la sœur de ma femme. Demi-sœur.
Voilà les pieds. Et le cœur.
Et le sexe ?
Laissez-moi voir.
C'est trop tĂ´t pour le dire.
La prochaine fois.
- Je lui ai promis que ce serait un garçon. Il a 2 filles.
- C'est votre 1er enfant ?
lya50%
de chances d'avoir une fille.
Et voici la tĂŞte. C'est fascinant.
Du gel, on passe une souris et on voit l'intérieur en 3D.
On ne touche pas.
C'est d'une très grande beauté.
C'est beau, d'avoir un enfant, M. Dhrey. Une chance incroyable.
Surtout à vos âges.
Pas d'avoir un enfant. La machine, cette technologie.
C'est dingue, non ?
- VoilĂ .
Une voiture klaxonne.
Paquet cadeau ?
Oui, s'il vous plaît.
Vite.
T'es vraiment le seul à être pressé d'y aller.
J'arrive, j'arrive !
LĂ , j'ai pas envie d'y aller. Ah.
C'est quoi, ton cadeau ? Des balles de golf avec son nom.
- Ah. Pourquoi ? Drôle d'idée, hein, pupuce ?
JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNIVERSAIRE
JOYEUX ANNI...
J'ai horreur de ça.
JOYEUX ANNIVERSAIRE, PAPA
JOYEUX ANNIVERSAIRE
Je t'avais dit non. Je déteste ça.
Je vais aller faire des cafés.
Il y a une Nespresso, ici. La grande classe.
OĂą est Atom ? Pourquoi il est pas venu ?
Parce que c'est fini.
Pourquoi c'est fini avec Atom ? Pourquoi, Ă chaque fois.
- Papa, arrĂŞte.
Tu vois, Suzanne. Ça fait 5 en un an.
Bon. On leur dit ?
Si tu veux. - On leur dit quoi ?
Vous divorcez, c'est ça ?
Mais non.
Vous faites une véranda ?
Non. Juste: Suzanne est enceinte.
On va avoir un bébé.
- Oh !
Ah oui, c'est... C'est.
C'est bien.
La vache ! II est bon, lui.
J'ai fait des Ristretto et des Livanto,
pour ceux qui aiment les forts.
Et pour ceux...
Vous vouliez des Vivalto ?
On a fait la FIV Ă Barcelone. Une FIV ?
Une fécondation in vitro. - Comment tu as pu faire ça ?
Justine, calme-toi.
Mettre un enfant au monde avec ce père, c'est inconscient !
- Justine, t'exagères. Moi, j'exagère ?
En CP, il a dit à ma maîtresse qu'elle ressemblait à Goebbels.
- C'était vrai.
C'était troublant.
- Il a défendu
une petite fille qui m'avait giflée.
Elle avait un œil de verre.
II m'avait fait croire qu'il avait racheté
la pelucherie des Champs. J'ai fait ça, moi ?
- Tu m'avais promis l'éléphant.
Je l'avais raconté !
En bon père juif, je te préparais à la désillusion.
"En bon père" ?
Mais t'étais jamais là !
Dom a raison,
tu pousses. Je fais quoi, dans la vie ?
J'ai envie de te le demander:
qu'est-ce que tu peux bien faire de ta vie ?
Tu vois. Ça s'est bien passé, non ?
Du coup, tu lui as mĂŞme pas offert son cadeau.
Qu'est-ce que ça peut te faire, à toi ?
Je serai plus jamais la petite dernière.
Ça va ?
Le bras comme ça. L'épaule.
Ça va faire mal.
Je sais. Merci.
VoilĂ .
On m'a trouvé une grosseur.
Ne vous inquiétez pas.
Ne bougez plus.
Alors, miss Diagnostic ?
Qu'est-ce qu'on a ici ?
- Qu'est-ce qui se passe ?
On va regarder ça dans mon bureau.
Tu les as achetés où, tes sabots ?
Monsieur Éli, ça va ?
Je vais être père.
C'est super. Mazel tov.
Vous qui avez failli ĂŞtre mes gendres,
vous avez vu les dégâts sur Justine.
Je devrais reproduire ça sur un autre être ?
Non. Non.
La manière dont ils te demandent ton prénom au Starbucks...
Oui.
Tu trouves pas ça suspect ? Non.
Ils veulent absolument savoir ton prénom.
Ce que t'es relou !
Dis-leur que tu t'appelles Sylvie.
Ah ouais.
Ce soir, on sort, on se chope des mecs.
Tu sais quoi ? On va en boîte.
Attends,
qu'est-ce qui t'arrive ?
Tu veux ma photo, c'est ça ?
Ime vénère, lui.
Mais tout te vénère !
On sort entre meufs, on boit des cosmo,
et on écoute du Fat Boy Slim ? Tu t'es crue en 2001 ?
Tu serais peut-ĂŞtre pas
pareil pour cet enfant.
Peut-être plus mûr.
Peut-être pas plus mûr. Comme les grands-parents
avec leurs petits-enfants, tu vois. Je vois pas.
- Par exemple, papy René avec moi.
Il a été cool, avec moi.
Avec ma mère, le contraire.
Tu me dis que je suis trop vieux pour être père,
mais que je ferais un bon papy ?
Tout à fait, Éli.
Bon !
OĂą tu vas ? On a rendez-vous.
Non. Tu as rendez-vous. J'ai Ă faire.
Salut. Salut, Éli.
J'ai pas envie d'ĂŞtre un bon papy, mais un bon golfeur !
Ça change tout, ça.
*-Je me suis fait larguer.
Elle est partie après 7 mois.
Elle est partie d'un coup, sans prévenir.
Et tu te rends compte que ta vie va changer.
C'est dur, les séparations. Certains en ont vécu récemment ?
Ou des séparations qu'ils n'ont jamais oubliées ?
Il y a celles-lĂ , aussi.
Tu as encore mal. T'étais en 3e. Tu as 47 ans.
Tu te dis: "Putain, la salope !”
Applaudissements.
*-Je n'ai jamais vu un reportage sur les peuples en Afrique
qui commençait comme ça: "En exode...”
Atom, ton père t'attend au bar.
Mon père ?
- J'aurais la chance de passer samedi prochain sur France 2.
Je serai sur France 2, dans "Faites entrer l'accusé".
Applaudissements.
Éli ? J'ai adoré.
Merci. Vraiment. Vachement bien.
Qu'est-ce que vous faites lĂ ?
S'il te plaît, dis-moi "tu".
Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
Je t'offre un verre ?
C'est gratuit pour les...
Enfin, pour nous.
*-J'ai tout fait. J'ai fait le speed-date, en 1998.
Ça n'a pas l'air d'aller.
Quand je lui chauffe la salle,
elle fait 3 vannes et on la prend pour Coluche.
Une femme,
ça peut pas être drôle.
Sauf si elle est grosse.
Ma fille et toi, c'est fini. Toi et moi, ça l'est pas forcément.
Allez, santé.
Qu'est-ce que tu fais ?
Je regarde si ton schmok est plus gros.
Ă€ 60 ans ? Ben oui.
Eh bien, bravo.
Et alors ? Il est plus gros.
Atom, tu veux pas continuer
Ă jouer au golf avec moi ? Tu es mon partenaire favori.
Mais Justine, ça la gêne pas
que tu voies ses ex ? Elle le sait ?
Je sais pas. Non.
Putain ! ArrĂŞte de me faire peur !
Si elle l'apprenait, elle nous tueratt.
J'ai mis pendant que vous étiez partie faire votre travail.
Si vous le dites.
Presque 1 €. Plein de pièces. Regardez.
J'ai mis de l'argent dans la coupelle.
Elle ne gagne de l'argent que comme ça. Avec les pourboires.
Je lui ai mis presque 1 € dans la coupelle !
Je vous assure !
Tiens, Éli. Regarde.
Ça, c'est toi et moi, bientôt.
Ça va ?
J'ai mis de l'argent dans la coupelle, sans bruit,
alors la dame pipi m'a pas cru.
C'est énervant, c'est tout.
Bonsoir, Cécilia. Bonsoir, docteur.
Bonsoir, monsieur. - Bonsoir.
Bonsoir. Bonsoir.
C'est pour une radio de l'épaule.
Dommage. On est fermé.
Vous savez,
c'est un cabinet de radiologie.
On rentre pas comme ça, il faut prendre rendez-vous,
remplir un formulaire,
s'installer dans la salle d'attente.
Attendez, on est fermé, là !
Donc normal, monsieur ne prend pas rendez-vous.
Il remplit pas le formulaire, il attend pas...
On est au top.
C'est fermé, je te signale !
VoilĂ . Ce bras-lĂ , le long du corps.
Celui-lĂ , au-dessus de la tĂŞte.
Vous avez fait ça comment ? Faux mouvement à la boxe.
Vous faites de la boxe ? Qui.
Je passe de l'autre côté.
*Gonflez vos poumons
et ne respirez plus.
J'ai besoin de revenir Ă l'origine de la douleur.
On travaille comme ça, ici.
Avec des techniques très modernes.
OK.
La tête collée contre la machine.
Serrez votre poing.
Pareil pour celui-là . Voilà . Comme ça.
- C'est pas dangereux, ce qu'on fait ?
- Non. Ne vous inquiétez pas.
Cheese !
- Tu pleures, bébé ? Non.
Si. Tu renifles. C'est un peu énervant.
Je vais pas m'apitoyer.
Tiens.
Mais j'arrive pas Ă m'y habituer.
Suzanne va être mère.
Mon père va être père.
Toi et moi, on va ĂŞtre quoi ? Rien.
- On sera pas rien. On sera Dom et Bertrand.
Les parents de personne.
Super.
Les parents de personne, pour l'instant.
Si on adopte, on sera les parents de quelqu'un.
Mais ce sera jamais pareil.
Elle, elle aura toujours son enfant du ventre.
Et moi, j'aurai rien.
Justine claque la porte.
J'aurai un enfant à problèmes. Bébé.
Ce sera un délinquant.
Ju ?
Il reste de la blanquette. II suffit de la réchauffer.
Non, merci. J'ai pas faim.
Ju, il faut que tu manges.
Ah, OK.
Et Steve Jobs, c'est un délinquant, peut-être ?
Non, c'est un génie. Et ses parents
regrettent de l'avoir abandonné.
Debbie Harry.
Elle a été adoptée.
Ah oui ? J'adore Blondie.
Je sais. Et Bill Clinton aussi, je crois.
Jésus. "Jésus" ?
Par Joseph.
Ah oui.
MoĂŻse. Ouais.
Aristote.
Marilyn. Hervé Vilard.
Elles rient.
Quoi ?
Regarde.
Atom m'a montré ça. Si tu tiens ton grip comme ça,
ta balle fait un. Je m'en fous.
Tu t'en fous ? Complètement.
Et ça, tu t'en fous ?
Et ça ? Arrête !
Je travaille. Bon, bon.
Tu sais, j'ai réfléchi.
Ce serait mieux que tu avortes.
Ce serait plus prudent pour tout le monde.
Quoi ?
Chérie...
Pardon. OK !
OK.
Chérie...
Chérie ?
Elle hurle et jette un objet contre la porte.
- Tu fais quoi ? - Je cherche
le secret de la sauce. - Chérie, tu me passes le plat ?
Si tu le trouves, tu deviens milliardaire.
La serveuse est lente. Dis-lui qu'il mange trop vite.
Chérie ? - Du persil.
Chérie ? De l'échalote.
Je sais plus.
Veuillez nous excuser. C'était un accident.
- Suzanne ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Votre père m'a demandé d'avorter.
- C'est possible ?
I ! est pas trop tard ?
Ă€ Barcelone, non. Jusqu'Ă 5 mois,
c'est possible.
À Barcelone, ils sont très ouverts d'esprit. On va y aller.
Comment tu peux faire ça ? On essaie depuis des années.
Vous essayez ?
Non. LĂ , on adopte.
Oui. Ton sperme est lent, j'avais oublié.
Pardon.
Vous faites quoi ?
Je nettoie votre blouse.
Mais ça va pas !
C'est du coton d'Égypte. Ça partira jamais.
Je suis dans le tissu.
- Viens te rasseoir, papa.
Ne touchez pas Ă la blouse de ma femme !
On perd un petit peu vite son sang-froid.
J'ai une idée.
Suzanne, offre ton bébé à Dom.
Tout le monde est content.
J'en peux plus, lĂ .
Je plaisante.
Je plaisantais.
Je sais qu'avoir le bébé de son père, c'est pas.
Ça va, pupuce ?
J'ai rêvé que mon père vendait le bébé sur eBay
et j'essayais de l'acheter pour le rendre Ă Suzanne,
mais on n'avait plus de compte PayPal.
On a un compte PayPal, nous ?
Bébé, ta famille, je veux plus jamais la revoir.
Si on arrive Ă adopter,
ils ne verront jamais l'enfant.
Ben t'es pas couchée, toi ?
C'est quoi ?
"L'Étrange Noël de M. Jack" ?
- Il s'ennuie, vous croyez ?
Ou il est juste fatigué ?
Elle ne s'ennuie pas, elle bâille.
Une petite fille.
Le bâillement est un signe de bien-être fœtal,
essentiel pour son développement pulmonaire.
C'est une petite fille.
Félicitations, madame Dhrey.
J'espère que votre mari réagira
avec autant d'enthousiasme.
On se fout de ce que pense mon mari.
C'est un imbécile.
J'en peux plus.
Le canapé du salon, j'en peux plus.
Merde.
J'ai pas à vivre comme un immigré.
Mes parents l'ont fait. Je dis pas ça pour toi.
Dis-moi, Mahboob.
Ta femme t'a déjà jeté hors du lit ?
Ma femme est Ă Islamabad.
Forcément, comme ça, c'est plus facile.
Je fais comment, moi ?
Je fais comment ?
Je suis au téléphone.
- À 18h. Alex !
Quoi ?
On me parle plus !
Même Dom. Pourtant, c'est une bonne pâte.
Le monde du silence commence Ă me taper sur les nerfs.
Je rattrape ça comment ?
Ça correspond pas.
Alex, je rattrape ça comment ? Je sais pas.
Dis-leur que tu les aimes.
Que je les aime !
Tu crois que ça va suffire ?
Mat ! Mat ! Oh !
Mais je peux pas !
Tu m'as donné. Excuse-moi.
Quand t'étais avec Justine, elle te parlait de moi ?
T'es son père, Éli.
Elle te parlait de moi ?
Non. Elle ne parlait que de toi.
Je peux travailler ?
Oui, vas-y.
Excuse-moi.
Elle te disait quoi ? Allez !
On ne peut parler Ă personne !
C'est qui, Sylvie ? Quoi ?
Sylvie.
C'est qui ?
Ah. C'est compliqué.
Je voudrais bien t'offrir un vrai café,
un jour, si c'est possible.
C'est pas un vrai café ?
Non. Un vrai café, c'est italien.
Les vrais cafés, c'est italien ?
Non, mais n'importe quoi !
Les vrais gens sont blancs
et croient en Jésus-Christ ?
Raciste. Antisémite, va.
J'insiste pas, alors. Une autre fois, peut-ĂŞtre.
Mais je rigolais.
Tu pars toujours au quart de tour ? Toujours.
Les radios, la dernière fois, c'était quoi ?
Je sais pas.
C'est un projet personnel. Artistique.
Je prends des radios des parties du corps
et j'essaie de recomposer l'ĂŞtre.
Mais ça a pas encore vraiment pris forme.
Je ne vais pas au bout de mes idées.
Mes parents me disaient
que je persévérais pas. Ils ont divorcé, j'avais 7 ans.
Ma mère a enfin refait sa vie, avec un Américain.
Ils vivent Ă Denver.
Mon père vit avec Suzanne, en banlieue.
Ils vont avoir un enfant alors qu'ils ont 758 ans Ă eux deux.
Et toi ?
Quoi, moi ?
On est en train de parler des parents au 1er rendez-vous.
Oh, la loose...
Moi...
Ma mère m'a élevé.
J'ai jamais connu mon père. La chance.
Je sais pas. Si, si. La chance.
Des fois, je regarde les hommes en âge d'être mon père
et j'essaie de m'imaginer, si c'étaient eux.
Ouais, je vois. Euh.
Lui.
Si c'était mon père,
j'aurais eu de l'acné.
Je serais partie en Bretagne.
J'aurais été habillée toute mon enfance en Jacadi. À toi.
Euh.
Là , derrière.
Quoi ? Lui ?
Je serais gros.
C'est tout ?
Tu serais abonné à vie à Weight Watchers
et tu aurais un sac banane.
Tu vivrais dans le 15e,
et t'aurais jamais, jamais, jamais de meuf.
Mais jamais. Ah.
Lui ? Je sais pas, je sais pas.
Je serais chinois.
Et je vivrais en Chine.
Non. Tu viendrais
de la province de Wutang,
tu ne ferais que des nems.
Non. Tu ferais des raviolis dans un appartement ravioli.
Tu vois, aucun homme n'est parfait.
Chacun vient avec des conséquences.
Je sais pas qui je suis. Peut-ĂŞtre pas grand-chose.
Mais moi, ça me va.
Tu sais pourquoi ?
Parce que le fils de lui, lĂ ...
il prend pas un café avec toi.
Si Justine avait vu ton swing elle t'aurait pas quitté.
Digne de Count Basie.
"Count" qui ?
C'est qui ? "C'est qui” ?
C'est le pianiste du plus grand big bang de tous les temps.
Ah ouais ? Et c'était un bon golfeur, ce gars ?
Pourquoi tu as jamais appris Ă Justine Ă jouer au golf ?
Les enfants, les filles, ça m'a toujours ennuyé.
J'ai senti que Justine pouvait devenir intéressante vers 14 ans.
Mais à cet âge-là , elle me méprisait déjà depuis des années.
Pourquoi tu dis ça ?
Elle a encore raconté
que je voyageais sans cesse ?
Non, Éli. Elle a jamais dit ça.
Mon père,
il est venu me voir combien de fois sur scène ?
50 fois ?
37 fois ?
18 ?
Bon. 6 ? 3 ?
Non. Zéro.
Pas une fois.
Et il voyage pas, mon père.
Tu l'as déjà invité à venir te voir ?
Quoi ? Il y a des affiches partout, non ?
J'en ai mĂŞme fait poser une devant sa laverie.
C'est Ă lui de venir.
Non, non. C'est aux enfants Ă faire l'effort avec les parents.
N'importe quoi.
On n'a rien demandé. Les parents, ça change pas.
Quand on est vieux, on en est incapable.
- Bon. On joue, lĂ ?
Non, on papote !
Mon père voulait
que je fasse des études.
Il dit que clown, c'est un métier d'immigré.
Mon père disait que le jazz, c'était bon pour les Schwartz.
Les nègres. On dit plus "nègre", Éli.
Il voulait que je reprenne la boutique.
J'ai résisté quelque temps,
j'ai rejoint un quartet de jazz, j'ai voyagé partout,
et j'ai repris sa boutique.
T'as des regrets ?
Non.
Parce que je suis loin des miens, et soudain, tout le monde me manque.
C'est moi, ça.
Chacun est différent.
Birdie !
Mais il y a certains analystes qui disent
que Balzac se serait inspiré du Roi Lear
pour écrire Le Père Goriot. Qui connaît Le Roi Lear ?
C'est de Shakespeare.
ArrĂŞtez. Chut.
Qu'est-ce qui se passe dans Le Roi Lear ?
Par peur de ne pas abîmer
l'amour qu'elle exprime pour son père,
elle va refuser de se soumettre au chantage affectif.
Et le père va la déshériter. Sonnerie.
Je vous raconterai la suite du Roi Lear. C'est important.
Il y a des similitudes.
Demain, avec la fiche de lecture.
Salut.
J'ai été réellement impressionné.
Ton sang-froid face Ă cette bande de petits sauvages.
Et ils t'écoutent, c'est incroyable.
C'est mĂŞme miraculeux. Qu'est-ce que tu veux, papa ?
Je suis venu pour m'excuser.
Donc ? Donc quoi ?
Tu devais me présenter tes excuses. Je viens de le faire.
Tu as dit que tu étais venu pour ça, mais tu l'as pas fait.
Je t'avais apporté ton quatre-heures.
C'est quoi ? Ben c'est des chouquettes.
Pas sûr qu'elles soient aussi bonnes que chez Lefebvre.
Bertrand ?
Non, mais j'ai rien dit.
C'est quoi, Ă la fenĂŞtre ?
Touche pas. C'est Ă Justine.
Justine ?
Oui. Justine...
Vachement bien.
C'est quoi, "le fils de lui" ?
C'est qui, ce truc ? Son nouvel amoureux.
Quoi ?
Justine a encore un nouvel amoureux ?
Mais il sort d'oĂą ? Je sais pas, papa.
Il vend des chaussures à côté de son cabinet.
Des chaussures ?
Mais des chaussures chaussures ?
Tu viens ?
Nina Simone: "Feeling Good”.
HĂ©, Mohammed //ly !
Ils rient.
- Ça va.
Vous vous foutez de moi ? Non.
Ça t'a plu ? Comme Pierre Cosso
dans "La Boum 2”.
Pierre Cosso, il faisait pas de la savate ?
Tu vois qui c'est ?
Mais si. Tu vois pas de film ?
Si. Mais "La Boum 2",
je sais pas. Je.
Sami, il veut faire mannequin pour la radio.
Ils rient.
Il nous parle que de vous.
On voulait voir
miss Starbouque...
C'est toi qui as fait ça ?
Oui.
Ça va, tu trouves pas ça tout pourri ?
J'y connais rien.
Non, mais...
C'est la plus belle chose que j'aie vue
faite par quelqu'un que je connais.
Il faut que j'y aille.
Je vais venir. J'ai pas le temps.
Ily a un souci ?
Non.
On se voit tout Ă l'heure.
J'ai du travail.
Je te tiens au courant. Attends.
Je vais faire quoi, moi ?
Hein ? Tu vas pas partir.
Ben non. Non, je reste lĂ .
Je vais chercher un truc.
Tu m'attends ? OK.
Attends !
- Dom, il y a
un homme nu dans notre salon.
Café ?
Si je peux vous aider. Je sais pas.
En 41, vous avez ?
Oui, je dois avoir ça. Je vais vous le chercher.
OK. Hop !
Ça ne vous ennuie pas, de toucher les pieds des gens ?
Non, ça va.
Ça doit être un peu dur, parfois.
Les odeurs, les formes, les oignons.
Ça ne me gêne pas.
Vous devez avoir un moyen de décompresser, un hobby ?
Un sport ? De la boxe.
J'en étais sûr.
Moi, je suis dans le chiffon.
J'ai un hobby moins difficile,
je fais du golf. Vous faites du golf, vous ?
Euh. non.
Elles sont confortables. Ce sont des Crocs.
Vertes avec la semelle blanche, on est les seuls Ă les avoir.
Je les prends.
Tenez. Merci.
Vous connaissez Justine, non ?
Au cabinet de radiologie, à côté.
Euh. oui.
Je vous ai vu.
Elle vous a reconstitué en radios.
Justine et vous.
Elle a tendance
Ă changer beaucoup de petit ami, alors.
Et puis félicitations.
Votre schmok.... Vous êtes très bien membré.
Ça va. Je suis son père.
Son père...
On pourrait prendre un café ?
ArrĂŞte ! HĂ©, Sami !
Qu'est-ce qui se passe ? Ça va !
C'est un pervers, lui.
C'est un client.
Monsieur, le mieux, ce serait de partir.
Bonjour. Bonjour.
Je viens voir Justine. Rendez-vous ?
Non. I ! faut prendre rendez-vous.
Dites-lui que je veux lui parler. Eli Dhrey.
Éli Dhrey.
C'est mon nom. Je suis son père.
Vous pouvez vous asseoir lĂ .
Je préfère rester debout. II faut s'asseoir.
C'est la procédure. Mais...
J'appelle la sécurité.
Justine, ton père
est Ă l'accueil.
Éli Dhrey, c'est pas ton reup ? Il est là .
Il est aussi relou que toi.
Bon. Qu'est-ce qu'il y a ?
Fais-moi. Pardon ?
Fais-moi. Je comprends pas.
J'ai vu ce que tu avais fait chez Dom. Une question:
tu fais aussi des radios en 3D ?
Oui. On a le matériel.
Je me suis dit:
j'aimerais que tu me recomposes.
En homme debout.
nor ? Non.
Pourquoi non ?
Depuis que tu m'as dit que mon dessin était affreux,
depuis ce jour-lĂ , non.
Mais j'ai dit ça pour ton bien !
Sans critique, on peut pas progresser.
Coltrane te le dirait, s'il était vivant.
J'avais 3 ans.
Ă€ 3 ans, quand on se voit offrir un truc avec 3 traits,
un gribouillis jaune et un cercle,
on doit dire que c'est bien ? Oui. Ça tombe sous le sens.
On doit mentir ? Oui, on doit mentir.
Et sinon ?
Sinon, on fait du mal.
Qu'est-ce que tu fais ? Je fais ta radio.
C'est pas ce que tu voulais ?
Ah oui. C'est bien ?
C'est une belle bĂŞte. Ouais.
I ! faut se dépêcher.
Tu te mets lĂ . Je regarde.
Touche Ă rien.
Incroyable. Viens.
C'est avec ça que tu vises ? Oui. Fais le tour.
Passe de l'autre côté.
Enfin, Cécilia. Oui, quoi ?
Laissez-moi passer. Vous passez, lĂ .
Non. Si, vous passez.
Mettez-vous lĂ . ArrĂŞtez.
Merde.
Son portable sonne.
Merde, merde, merde.
Le médecin arrive. Relève-toi.
Le médecin arrive.
Bonjour.
Tout va bien, Justine ?
Je suis son père.
Ne vous asseyez pas là . C'est pas hygiénique
pour les patients qui s'y mettent.
C'est pas un jouet, Justine.
Quelle famille joyeuse ! Famille de relou, ouais, surtout.
C'est vraiment mon cœur ?
Comme quoi.
Quoi ? Je sais pas.
Quoi ? Dis-moi.
Dis-moi. Je vais mourir ?
Je vais mourir ?
Je suis pas médecin, papa.
J'ai pas le droit de te donner un diagnostic.
Tu m'appelles, tu promets ?
Dès que j'aurai vu le cardiologue, je te dis.
J'ai pu me tromper. C'est arrivé. Oui, je sais. Merci.
Sami ! Sami, attends !
Attends ! Laisse-moi, putain !
Je veux rien avoir Ă faire avec tes histoires de merde.
Allez, laisse-moi.
Dégage !
Éli ?
Allez, dégage !
Dégage, putain !
- II semblerait
en effet que vous ayez une valvulopathie.
Pas gĂŞnant, pour l'instant.
Mais Ă l'occasion d'une partie de badminton
ou en soulevant une bûche lourde,
ça pourrait être l'infarctus du myocarde.
Enfin, j'ai une cheminée au gaz
et je ne joue jamais au badminton.
Du croquet ?
Non, non.
C'est sympa, le croquet. Ça détend.
C'est...
Nous allons procéder à la greffe de la valve.
Alors là , 2 possibilités: la prothèse mécanique, 20 ans,
sans défaillance, mais qui nécessite le traitement anticoagulant,
Ă prendre quotidiennement Ă vie,
et qui présente un risque d'endocardite,
ou la prothèse biologique,
qui dure environ une dizaine d'années,
bien assimilée par l'organisme
et ce, sans besoin d'anticoagulant.
Il s'agit de tissus cardiaques
prélevés sur les porcs.
Une valve de porc ?
Mais c'est casher, ça ?
Ça marche pas.
Pourquoi ça marche pas ? Putain.
Putain ! Ça marche pas !
Putain de merde !
Ça va pas, Ju ?
J'ai perdu ma muse.
Le marchand de chaussures ?
Le boxeur.
Alors il t'a dit quoi, Bouillon ? "Bouillon" ?
Bouillon, le cardiologue.
Bouillon. Quel nom de con !
Ben. Mais tu manges pas ?
J'ai pas très faim. À L'Entrecôte ?
Tu te fous de moi.
Donc il y a du persil, du citron...
Du basilic ?
Qu'est-ce qui va pas ?
Il y a pas de basilic dans la sauce.
J'ai un chagrin d'amour.
Le vendeur de chaussures ?
Comment tu sais ? C'est Dom qui me l'a dit.
Il t'a dit pourquoi ?
Je sais pourquoi.
Alors pourquoi ?
Il y avait un problème ? Non. Tout va bien.
Il t'a donné une explication ? Que t'a dit le cardiologue ?
Il n'y avait rien. Tu t'es trompée.
C'est une bonne nouvelle.
Il t'a dit pourquoi,
le vendeur de chaussures ? Je peux avoir un café ?
Je vais aux toilettes.
I ! faut que j'attende.
J'attends que la dame pipi revienne.
Qu'elle me voie mettre de l'argent.
Merci.
II rit.
Non. Je pensais Ă un truc.
Ă€ quoi, monsieur Dhrey ?
Laissez tomber, c'est un peu bĂŞte. Allez-y.
Si j'étais médecin comme vous,
je m'appellerais "Dr Dhrey".
Dr Dre.
Comme le rappeur. Non ?
Vous voyez pas, forcément.
I ! faut avoir un minimum de contact avec la jeunesse.
Pas seulement avec de la matière fœtale.
Un enfant, c'est un être vivant. Pas de la matière.
Un être vivant, c'est pas de la matière ?
- Excusez-moi.
Une envie pressante.
Ben... mon sac Ă main ?
Ça, c'était bien. Ouais.
Sauf que lĂ , tu remontes. Je remonte...
Pas du tout. Ça part droit comme un I.
Elle est là . Elle est arrivée.
Plus ça passe, plus ça va devenir difficile.
- Ju ?
Ju,
on voulait te parler d'un truc.
Il est oĂą, le frigo ?
- C'est rigolo, non ?
Chérie...
I ! faut que tu t'en ailles.
C'est Ă cause du frigo ? Je vais vous le ramener.
Hier, pour pas faire trop de bruit, je l'ai laissé au clochard.
"Au clochard" ?
Il y a un clochard qui est venu ici ?
Que veux-tu qu'un clochard
fasse d'un frigo ?
Il a nulle part oĂą le brancher.
Il peut pas le brancher, mais il peut le vendre.
Ah oui.
C'était un Daewoo. Il peut en tirer 300 €.
On va devoir réaménager l'appartement
pour l'arrivée de l'enfant.
I ! faut qu'on soit prĂŞts.
Ouais, je comprends.
Elle pourrait rester un peu.
Elle va rapporter le frigo.
Non, non, non. Bertrand.
Pas 3 enfants Ă la maison.
C'est pas possible.
Suzanne !
Suzanne ! Quoi ?
T'as pas vu ma kippa ? Ta quoi ?
La kippa de ma bar-mitzva.
J'étais pas née, à ta bar-mitzva !
Ça fera l'affaire.
OK.
Cécilia ? Hé, Cécilia ?
On va se faire virer Ă cause de tes conneries.
En plus, on sort plus. On fait que tes radios relou.
C'est toi qui es relou.
- Une valve de porc, vous dites ?
Oui, rabbi Youchnevski.
Youchnovski.
Roger Rabbit.
Pardon.
Et lui, c'est qui ? Atom, rabbi. I ! m'accompagne.
"Atom" ? Alors il est pas juif.
Si, rabbi. Non. Je suis d'origine arménienne.
Les Arméniens
sont pas des juifs ? La plupart, non.
Les Arméniens sont des juifs, mais catholiques.
Des juifs catholiques ?
Des juifs catholiques, rabbi.
Orthodoxes.
L'Arménien est en diaspora, il a son génocide,
la ressemblance est frappante.
Il est fort en commerce. Lui est comique.
Si c'est pas un juif,
je me coupe un bras.
Ne m'appelez pas "rabbi”. C'est irritant.
Excusez-moi. Comment je dois vous appeler ?
Ne m'appelez pas. C'est mieux.
Quant à notre problématique,
les juifs pensent que le plus important,
c'est de préserver la vie.
Alors vous pouvez aller vous faire opérer, Eli Dhrey.
C'est sans risque ?
Peut-ĂŞtre pas.
J'en étais sûr.
Aucune opération n'est sans risque.
Bon. Merci.
Tenez. Un pour chacun.
C'est pour les fĂŞtes.
Merci. Au revoir.
On y va ?
Rabibocher. Rabioter.
Arabie Saoudite.
Arabica. Tarabiscoté.
Parabiose.
C'est 2 embryons soudés par une greffe.
"Parabis” perdu.
Penne à l'arrabbiata. T'es très fort.
Rabirez. Ça veut dire quoi ?
Rabirez, comme les Portugais. Ça marche pas.
"15 juin 1987. Ma Ju, il est 15 h pour moi.
"Et 9 h pour toi. Tu fois dormir dans ton petit lit.
"Tu me manques.
"Je suis tout près de toi. Ton papa.”
"25 août 1986.
"Ici, les gens ont des costumes bien étranges. Un peu comme...”
Éli, pourquoi tu les as jamais envoyées ?
Bonjour. Bonjour.
Quel est votre métier, Kirsten ? Je suis galeriste.
Vous galérez ? Non, je ne galère pas.
J'ai une galerie.
Une galerie d'art ? Oui.
On ne bouge plus.
Alors ? Plus de grosseur. Vous êtes guérie.
- Vous pouvez dormir sur vos 2 oreilles.
Merci, docteur.
Je suis contente pour vous. Merci, Justine.
On va fêter ça ? Euh.
Une soirée entre filles.
"Entre filles” ?
Oui. Pourquoi pas ? On n'a qu'une vie, après tout.
Ă€ tout Ă l'heure.
- Tiens, banane.
Non.
Je vais voir une vedette ? C'est pas une vedette, Atom.
Je vais voir une vedette. Ça mérite quoi ?
Danse, danse. Non, pas la danse.
Pas la danse.
Danse, danse. Droite, gauche. Non, non !
Écoute-moi.
Tu me fous pas la honte,
on y va avec Kirsten. Avec qui ?
La meuf qui a un cancer ? Celle qui a la galerie.
*Je me suis demandé qui pouvait être
le père le plus cool pour un ado.
C'est Johnny.
Pour tes 7 ans, si tu lui annonces
que tu voudrais un tatouage, tu fais son bonheur.
Cécilia rit bruyamment.
J'ai bien fait de la dire, celle-lĂ .
En fait, tu kiffes Atom ?
N'importe quoi. Juste, il est drĂ´le.
Les motifs d'absence:
j'ai dû garder le loup de mon père.
Si. Je l'aime bien, en fait.
*Musique pop.
Elle s'est pas amusée depuis 1987. Attends...
Kirsten !
Elle radiographie
des gens de tailles différentes.
Qu'est-ce que tu racontes ?
- Tu fais des œuvres en radios ? Qui.
C'est digne de "la Joconde".
- VoilĂ , les filles.
Je t'ai pris un cosmo. Merci.
*Musique R'n'B.
Qu'est-ce que t'en penses ?
C'est très beau.
*Musique techno.
Je rĂŞve.
Justine ?
Justine ?
Justine ?
Je suis quand même un bon élément.
Je suis quand mĂŞme miss Diagnostic.
Désolée, Justine, mais je vais plus pouvoir vous garder.
On ne peut pas faire des trucs comme ça.
On radiographie pas des gens pour l'art.
C'est médical, ça.
Je vais faire comment, maintenant ?
Je vais céder le business à Alex et Mathias.
Ah ouais ? Ils voleront de leurs propres ailes.
Je profiterai un peu de la vie.
- Tu profites déjà pas mal. Raison de plus.
Et toi, ça va ?
J'ai trouvé une petite femme. Oh ?
Contre toute attente, c'est Cécilia. Tu vois qui c'est ?
Cécilia, du cabinet ?
Ça s'est passé comment ?
Justine est venue...
Elle est venue te voir ? Tu lui as rien dit ?
Sur l'opération. Non, Éli.
Je me mĂŞle pas de vos affaires.
Tu ne lui as pas parlé ?
Tu dois lui parler.
Je sais, je sais. Je vais lui parler.
Il y a mon nouvel amoureux.
C'est nous !
- C'est mon père, surtout.
Ah ouais.
Si je meurs, je veux que tu refasses ta vie.
ArrĂŞte. Personne ne va mourir.
Le cardiologue a dit qu'il n'y avait aucun risque.
Avec du porc en moi, Dieu va me punir.
T'as jamais cru en Dieu.
Proche de la fin, on renégocie ses croyances.
Sois pas ridicule.
Promets-moi de refaire ta vie.
Je veux que cet enfant ait un père.
D'accord.
Tu promets ?
Je te le promets.
Je meurs et tu refais ta vie comme ça ?
Éli, tu l'as dit: c'est pour le bien-être de l'enfant.
Tu jouerais pas la veuve éplorée ?
Si. Quand mĂŞme, un petit peu. "Si. Quand mĂŞme, un petit peu."
C'est bien ma veine.
Je serai mort et enterré, et en plus, cocu.
Atom !
Vous faites quoi, avec mon père ?
On parle.
On joue au golf. Vous parlez ?
Toi et lui, vous parlez ? Oui.
Ça va... Je suis pas le seul.
Il y a aussi Mathias, je crois.
Et Alex.
"Alex" ?
On a été ensemble, à 16 ans !
Ben il l'aime bien.
quai Il les a embauchés, alors.
Ils travaillent ensemble ?
Mathias et Alex, oui.
Il veut pas que je passe Ă son bureau. Je croyais
qu'il se tapait des putes.
C'est vous, les putes.
Au début, j'ai fait ça pour t'emmerder, c'est vrai.
Mais ça va.
Tu me bases comme une merde,
tu te tires sans dire un mot.
Si je veux voir ton reup, je le vois.
Je fais ce que je veux.
Il est cool. I ! est marrant.
II sait des choses, il a vécu des trucs.
Ouais.
Je serais toi, j'irais lui parler.
C'est aux enfants de faire le premier pas.
Et tu sais quoi ?
Nos pères, ils sont pas éternels.
Les gars, bonne chance.
Éli joue de la contrebasse.
Je t'ai pas entendu jouer depuis longtemps.
Je m'exerce.
Je veux accueillir l'enfant en étant le meilleur,
lui transmettre qui je suis.
Qui tu es ?
Un vieux juif dans le schmattes qui a été
un jeune cool dans le jazz.
la.
Cette fois-ci,
il a bougé.
C'est la musique.
Il ou elle a bougé.
"Elle."
C'est une fille ? Qui.
Je suis pas capable de fabriquer autre chose.
Elle frappe.
Oh, Justine.
C'est qui ? Rien. C'est Justine.
Vachement bon.
Bon. Je vais aller m'allonger un peu.
À tout à l'heure. À tout à l'heure.
I ! fait quoi, Alex ?
Qui ça ?
Mon Alex.
Je sais pas.
OK. Il travaille pour moi.
Il a une petite fille, mais elle vit avec sa mère.
I ! demande après moi ?
Des fois, oui. Forcément.
Tu comprends que ça me gêne.
Je dévoile jamais rien d'intime, je te jure.
Et tu devrais être flattée.
Ça signifie que je trouve que tu as toujours eu bon goût
en matière d'hommes. C'est dingue, ça !
Je me fous de ce que tu penses !
Ça me fait un peu de peine.
Qui fait ça ? Qui fait ami ami avec les ex de sa fille ?
Ă€ part les malades ! ArrĂŞte.
Les tordus, les vicieux.
Les gars cool, décontractés.
Les gars frais.
Les ordures. T'es qu'une ordure !
Tu détruis tout.
Et tu piétines le reste !
Justine, arrĂŞte !
Pas aujourd'hui.
Pourquoi pas ?
Je te le demande ! Je suis encore ton père.
Aujourd'hui, dans ma maison, on ne s'engueule pas !
C'est tout.
Qu'y a-t-il ?
Ju, c'est...
Je t'ai dit de fermer...
Désolé, on est fermé.
Starbucks ?
Justine ?
Que fais-tu lĂ ?
Il est venu te voir ?
Ouais, il est venu me voir.
Starbucks...
Désolé. J'ai été pris au dépourvu.
Le matin, tu me jettes.
Ton père vient me parler de "schmok"”,
me dit que je suis bien membré.
Putain, il t'a pas dit ça ?
Je te prends du sucre. Je te jure, j'ai cru
que vous étiez dans un trip...
pas classe.
Je vais le tuer. Ton père ?
Tue-le.
Mais lĂ .
Justine Starbucks...
HĂ© ho !
Attention.
Il va falloir que j'ouvre.
LĂ , maintenant, tu ouvres ? Oui.
Ça va ?
J'ai mal partout.
Salut, toi.
Salut.
On te présente quelqu'un.
C'est qui ? C'est Kim.
Papa.
Je plaisante.
La petite Vietcong, fais un bisou Ă papy.
Bonjour, papy.
- C'est l'heure.
Il faut y aller.
Elle lui parle en vietnamien.
Elle pourra reprendre la boutique. Elle se sentira chez elle.
Il y a plus que des Chinois dans le Sentier.
Ă€ tout de suite.
Ă€ tout de suite. Il faut que j'y aille.
Salut.
Bon. Travaille bien, Illy.
Son portable sonne.
Vas-y, réponds.
Suzanne, j'allais te rappeler pour m'excuser.
Quoi ?
Mais où ça ?
OĂą ?
J'arrive.
J'arrive !
Ça va ? Je t'expliquerai.
Attends. Attends !
Il rejette la greffe.
Ils l'opèrent. Ils sont pas optimistes.
Pourquoi personne ne m'a dit ?
Ça devait pas être une opération compliquée.
Ton père a préféré ne rien te dire.
Vous ĂŞtes malades.
I ! doit se faire opérer, et on me dit rien !
Ça paraît idiot, maintenant.
Non, laisse-moi !
Laissez-moi.
Justine ! Ne me parle plus.
Je veux le voir. Je veux le voir.
Mais laissez-moi !
Il faut que je le voie !
C'est un lieu stérile. Il faut que je le voie !
Mais non !
Ça va ?
Ju.
Prière en hébreu.
Ă€ tout Ă l'heure. Dans combien de temps ?
Maman.
Tu restes avec moi ?
Merci, Matthias, d'ĂŞtre venu.
Alex.
On voulait te dire que... Éli voulait te dire que.
Vas-y. Non. Excuse-moi, vas-y.
Éli pensait que. Il nous parlait si souvent de toi.
C'était tellement saoulant, en fait.
Merci.
Costia ?
Ça va ?
Mathieu ?
Oh. Paul.
Elvire...
Louis.
Que faites-vous tous lĂ ?
II nous avait demandé d'être là au cas où.
Merci.
Merci d'ĂŞtre venus.
Eh ben... bonjour. - Bonjour.
Tu avais essayé de me prévenir. Ju.
Je t'ai pas écouté. Maintenant, il est trop tard.
Ju.
Tu pouvais pas savoir.
Et puis je me suis trompé.
Parce qu'il est jamais trop tard.
Ben je sais pas.
Ă€ tout de suite.
C'étaient qui, tous ces gens ?
Mes ex.
Ils sont beaucoup, hein ?
Is avaient tous l'air super tristes.
En fait, tu étais le seul.
Tu étais le seul à refuser de jouer au golf avec lui.
Regardez.
Elle suce son pouce.
Elle est magnifique.
Ça va.
Je travaille.
On sonne Ă la porte.
Je fais la traduction des "Trois sœurs" de Tchekhov.
Ça m'occupe. Comme ça, je n'y pense pas.
Notre fille ne naîtra pas dans la tristesse.
Elle sera accueillie dans la gaieté.
Dom, je te rappelle.
J'ai essayé d'appeler, mais c'était occupé.
Je suis venue te soutenir.
Rester avec toi jusqu'Ă l'accouchement.
Je peux me débrouiller toute seule.
Je sais.
Entre.
Justine ? Oui.
J'aimerais te montrer un truc, mĂŞme si c'est pas le moment.
"23 septembre 1990.
"Ma Ju,
"il est 20 h pour moi, 14 h pour toi.
"Tu dois être à l'école ou à la cantine.
"Tu me manques. Je suis tout près de toi.
"Ton papa.”
"18 août 1989..."
Allez, c'est bon.
"Il est 6 h du matin pour moi, 15 h pour toi."
C'est trop tĂ´t, pour le champagne.
"Tu dois ĂŞtre Ă la plage,
"en train de te baigner dans ton maillot neuf.
"Tu me manques. Je t'aime.
"Je suis tout près de toi.
Elle klaxonne.
"Ton papa.”
Suzanne !
Suzanne, on y va !
"Le 5 novembre 1989.
"BientĂ´t Ă Tokyo.
"Ma Ju, ça y est, je suis dans l'avion.
"D'en haut, j'ai cru voir notre appartement.
"Tu me manques déjà . Je t'aime.
"Je suis tout près de toi, même dans les nuages.
"Ton papa.”
ArrĂŞte. Pardon.
C'est notre frigo.
Pupuce, c'est notre frigo. Il est super.
Elle lui parle vietnamien.
Arrête. I ! faut qu'elle apprenne à parler français.
Respirez. Je sais plus comment on fait.
"8 h 15 ici, 15 h 15 Ă Paris.
"Le 4 mars 1987."
Ju. Pardon. Qu'est-ce que tu fous ?
"Je suis au pays des cow-boys et du pétrole."
Alors ? J'ai pas de nouvelles.
Elle fout quoi, bordel ?
"Ma Calamity Ju, encore 5 jours et je serai là , à la maison.”
Poussez, poussez !
"Tu me manques.
"Je suis tout près de toi.”
"Ton papa.”
Ça va sortir.
Le bébé pleure.
VoilĂ .
- Un beau petit garçon.
C'est un garçon ? Oui.
Oh.
"Hong Kong, 22 h 23. Paris, 15 h 23.
"Et voilà , c'est ma dernière carte.
"Je rentre à la maison.”
Mon père.
MĂŞme ici, il est le centre de l'attention.
"Ă€ tout Ă l'heure, dans mes bras.
"Tu me manques.
"Je suis tout près de toi, toujours.
"Ton papa.”
- "3 décembre 1987.
"Ma Ju,
"il est 5 h pour moi, 13 h pour toi.
"Je ne trouve pas le sommeil.
"MĂŞme si tu es blonde, l'indienne m'a fait penser Ă toi.
"J'étais sûre qu'elle te plairait.
"Tu me le diras.
"Tu me manques.
"Je t'aime. Je suis tout près de toi, toujours.
"Ton papa.”
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