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-Qui va te voler ça?
Personne. Tout le monde déteste les Petit Beurre. C'est sec.
Tu sais que c'est impossible d'en manger un en moins de 15 secondes.
-Rachid Benarfa travaillait Ă Alger comme gestionnaire financier.
Le groupe État islamique au Sahel a revendiqué, ce matin, son enlèvement sur les réseaux sociaux.
L'information vient d’être confirmée par le Quai d'Orsay, qui appelle les résidents français...
-Vous le savez depuis quand? -Bonjour.
-On nous apprend ça par la télé. -Vous avez ici la dernière veille du bureau Chine.
Je vous ai mis le rapport du poste turc aussi. -Merci.
On l'a appris hier soir. -Les Algériens nous ont pris notre "clandé" et l’ont livré aux terroristes?
-Je rectifie, si vous permettez. Notre "clandé" s'est livré aux Algériens.
Eh oui, maintenant, il est aux mains de l'État islamique au Sahel.
-Et on va laisser faire?
-On devrait pas tarder Ă le savoir.
-Merci. -Combien de temps?
-Deux minutes, monsieur le directeur. -Désirez-vous un café?-Non merci.
-Bon. On commence par la Libye?
-Ouais, on attaque direct. -Il paraît qu'ils ont quelque chose à nous proposer.
-J'espère bien.-Dix secondes. Attention.
-Bonjour, messieurs.-Comment allez-vous?
-Ça va. Ça va. Je vous remercie.-Bien remis de votre déculottée?
-On ne se remet jamais d'un cambriolage. La prochaine que je descends sur le terrain...
-Le ballon allait-il Ă la main? La main allait-elle au ballon?
Dieu seul le sait!-Malheureusement pour le peuple algérien,
Dieu n'est pas arbitre international.
Et vous-mĂŞme, Pierre, comment allez-vous?-Bien, je ne vous cacherai pas que nous sommes inquiets.
Mais peut-être êtes-vous en mesure de nous rassurer.-Je suis chargé par le gouvernement algérien et la DRS
de vous présenter nos plus sincères excuses.
Naturellement, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour favoriser la libération de votre agent.
-Je comprends pas, mon général. Comment une opération pareille a-t-elle pu être menée
sans que la direction de la DRS ait été mise au courant? -Il s'agit d'une initiative locale
qui a, par malheur, échappé à notre vigilance. -Vous plaisantez?
-Ceci, d'autant plus facilement, que nous ignorions tout à fait la présence de votre homme
sur notre territoire.Quoi qu'il en soit,
nous nous proposons, à titre de compensation, de partager la production de notre agent infiltré
au sein du groupe qui détient votre... Euh...
Votre Cyclone.
Je vous fais envoyer un échantillon des renseignements qu’il nous fournit.
Vous verrez, c'est très... De grande valeur.
Pour ĂŞtre certain de bien comprendre.
Vous me dites quel es Algériens nous proposent de nous aider à négocier la libération de l'otage
qu'un des leurs a contribué à faire kidnapper; c'est ça? -C'est ce qu'il propose, oui.
-Et c'est pour obtenir ce type de renseignements qu'on accepterait ça?
-Il semble. -J'ai compris.
Elle est toujours aussi bonne, votre cantine? Il y a une nouvelle monnaie
à la mode qui circule dans le monde en ce moment. Ça s'appelle le djida.
Vous savez ce que ça veut dire? -Djihad Data.-Exact, oui. Djihad Data.
Les raisons djihadistes pour la Syrie. C'est renseignements valent de l'or. Tout le monde en veut.
Les Américains, les Russes et les Iraniens. Les Syriens, bien sûr.
Avec du djida, vous pouvez acheter ce que vous voulez. -Vous me dites que le ministre va accepter le deal?
-Non, je dis juste que le ministre va très bien comprendre ce que les Algériens nous offrent.
Une montagne de djida pur.
-C'est Ă vous oĂą Ă l'autre?-Ă€ l'autre. En mĂŞme temps, un rasoir est un rasoir.
-Alors? Ils disent quoi?
-Le Quai d'Orsay accepte le deal.Mais pas nous.
On va jouer le jeu. Une cellule de crise va traiter la prise d'otage
avec l'aide des Algériens. Officiellement, on va être irréprochables.
Mais il est hors de question de laisser des étrangers se servir comme ça de l'un de nos agents.
-Il y a probablement un moyen de savoir où est Cyclone. -Lefkir le sait grâce à sa taupe?
-Alors, peut-ĂŞtre que tu peux le savoir aussi.
Ta mission reste toujours la mĂŞme. Nous ramener Cyclone.
-Malotru, tant que ça reste discret, vous êtes couvert.
Si vous échouez, on saute tous. -C'est pas pour te mettre la pression.
-Bon, on vous laisse finir le nettoyage. À plus tard.
-Et Nadia El Mansour, vous avez des nouvelles?
-Vous voulez qu'on en prenne? -Je me sens responsable.
-Chacun sa croix.
-AllĂ´?-M. Lefebvre?Il y a eu un appel pour vous.
La personne a voulu laisser un message plutĂ´t que vous parler directement.
-Quelle personne?-Elle n'a pas dit son nom.
-Une femme?-Oui, une femme.
-Quel est le message?-Elle a dit qu'elle essayait de vous joindre
sur votre portable, mais ça ne répondait pas.
-Et?-C'est tout.
-Merci.
AllĂ´?
Bonjour, Paul Lefevbre.
De la DGSE.
Tu tiens toujours Ă cette femme ?
J'échange sa vie contre quelque chose qui m'intéresse.
Elle peut vivre, elle peut mourir.
C'est toi qui décides.
Je te rappellerai.
-Ça s'écroule autour de vous. Tranquillement, tout s'écroule
jusqu'à ce que vous soyez entourés de ruines.
Et ça sera ça, votre punition ultime. Survivra votre faute
au milieu de vos victimes.
C'est très mignon, tout ça, mais il fallait prévenir votre boss.
-OK, euh...
Admettons qu'ils aient accepté d'aider Nadia.
Ils auraient fait quoi ?
Monter une opération ? Non, évidemment.
Ils en auraient peut-être parlé au ministre.
Qui aurait peut-être protesté auprès de Bachar el-Assad,
ou alerté l'opinion publique
de la disparition de Nadia El Mansour.
Vous croyez que ça l'aurait sauvée ?
A quel moment le pouvoir syrien a-t-il été sensible
à une pression médiatique ou diplomatique ?
Quand ?
A défaut de la sauver,
vous auriez fait ce qui était juste.
-Tu sais, j'ai l'impression que des trucs bizarres vont arriver. -Des trucs bizarres?-Ouais.
Genre des baobabs qui poussent Ă Paris, tu vois? -Hmm-hmm. Des baobabs?-Ouais.
Comme dans Le petit prince.
Ça y est, je crois que je suis pompette, Ginette. -Qu'est-ce que tu fais dans la vie?
-Mais ça fait 15 fois que tu me la poses, ta question! Je fais de la sismologie.
AllĂ´!
Tu comprends oĂą tu veux que je t'explique? La sismologie, c'est quand il y a des tremblements de terre.
Je sais ce que c'est. -T'as déjà vu une courbe sismique?
Si tu veux, je te montre. Allez, viens avec moi et je te montre une courbe.
-Tu travailles pour les Français, hein? Ils t'ont demandé d'approcher Mortazavi en France,
puis il t'a ramené dans ses bagages, c'est ça? Réponds!
Bois. Bois!!
Si tu me dis tout, on arrĂŞte maintenant. Tant qu'il te reste quelques neurones.
Tu continues Ă me raconter des conneries? -Ah...
-Elle tient mal l'alcool, mais elle tient bien sa légende.
Ils sont lĂ .
-Combien?-Un sur le toit. Il y a deux voitures, aussi, avec trois hommes.
OK.
A qui le tour ?
-C'est annulé.
-Ils sont là . -Oui, mais c'est annulé.
-Chacal ne vient pas? -Pas cette fois.
-Les communications? -Elles peuvent reprendre.
-Les Américains annulent définitivement FELIS. -Je sais.
-Ils disent que l’environnement n’est plus assez stable. -Un de nos agents a été kidnappé dans la même région.
-Comment savent-ils qu'il y a un rapport?
Est-ce qu'il serait possible que quelqu'un de chez nous leur ait parlé de Cyclone?
-Non.
-Voilà . Ça, c'est le groupe État islamique au Sahel. C'est eux qui détiennent Cyclone.
Dans ce groupe, il y a une taupe qui travaille pour Lefkir. Cette taupe communique avec le bureau du général.
Comment?Pas par moyens électroniques. Trop risqué pour la taupe d’utiliser téléphone satellite,
ordinateur ou quoi que ce soit. On est pratiquement certain
qu'elle laisse ses messages dans une boîte aux lettres morte. Où? Quand?On répond à ces deux questions,
et on sera capable de contacter la taupe. Voici tous les membres du bureau de Lefkir.
Parmi eux, il y en a qui ont les réponses à nos deux questions. Il faut trouver celui qui va nous les donner.
VoilĂ . Bon courage.
Merci de me prêter ton équipe. -Je t'en prie.
Quelle était votre mission, à Damas ?
Que lui avez-vous fait ?
La question importante, c'est : que va-t-on lui faire ?
Que voulez-vous ?
A Damas, vous avez recruté des gens.
Votre bar accueillait des intellectuels, des opposants au régime.
Vous avez dĂ» en recruter.
Je veux la liste.
Si je vous donne cette liste, que ferez-vous de Nadia ?
Elle sera dans votre lit dans une semaine.
Dans 48 heures. Ici.
Tu m'apportes la liste.
Vous voulez des nouvelles de Marina Loiseau?
-J'ai lu vos rapports.
-Vous comptez lui parler avant le départ? -J'ai beaucoup de choses à faire. J'essayerai.
-Guillaume. -Qu'est-ce qu'il y a? Vous voulez me montrer des photos?
-Non. Quand est-ce que vous allez dire la vérité à Henri Duflot?
-Quand j'aurai ramené Cyclone. -Vous êtes sérieux?-Mais oui.
-Et c'est comme ça que vous pensez vous en sortir? -Sortir de quoi?
De quoi vous voulez que je me sorte? -De la sanction!
J'étais piégé.
C'est ce que disent tous les traîtres.
Je sais.
Mon colonel.
Votre bureau ne vous ressemble pas, Henri. -Ah bon?-Je le trouve un peu triste.
On dirait un meuble Roche-Bobois des années 1970.
Roche-Bobois, ça, c'est un nom de code.
Vous avez perdu votre bonne humeur? -Probable.
-On ne vous entend plus blaguer. -Je peux vous mailer une histoire drĂ´le tous les jours.
Je me suis abonné à un site. -Non, quand même.
Dites-moi, comment va Émilie? -Très bien.
-Elle tient toujours sa boutique de trucs en plastique? -Plastic City, oui.
-Ça marche?-Du tonnerre. -Comment va son frère?
-Bien, aux dernières nouvelles. -C'était quand?
-Avant-hier. -Ils ont repris les communications, alors
-Vous savez pourquoi? -Non.
-Parce que FELIS a été annulé.
-Je ne savais pas.
-Les Américains l'ont annulé. Ils n'ont pas senti l'affaire.
Notre "clandé" pris en otage, ça rend tout le monde nerveux là -bas, dans le Sahel.
Ça ne leur a pas plu. Ils ont préféré reporter si ne die.
-Ils savent pas que c'est notre "clandé". -Je pense qu'ils le savent.
-Et vous pensez que j'y suis pour quelque chose?
Vous pensez que je parle aux Américains?
Il est possible que quelqu'un parle aux Américains.
-Mon colonel. La disparition de Cyclone m'a beaucoup affecté.
Je me sens responsable, évidemment, de ce qui lui est arrivé.
Je veux bien qu'on m'en fasse le reproche d'une manière ou d'un autre.
Je dirige un service qui a perdu un des siens.
J'ai perdu mon humour, oui. Oui, je dors moins bien.
Mais que vous pensiez que je puisse être déloyal, alors là , je ne sais pas quoi dire.
-Si je parlais de vous, je ne serais pas lĂ dans votre bureau. Il est possible qu'il y ait eu une fuite.
Ça n'est pas sûr. Aujourd'hui, je ne veux pas ajouter la crise à la crise.
Certaines personnes savent pour FELIS et pour Cyclone. Elles ne sont pas toutes dans votre service.
J'aimerais que vous soyez un petit peu aux aguets Si vous avez une idée sur qui que ce soit, dites-le-moi.
Je mettrai la DGS sur le coup.
On est tous sur les nerfs.
C’est vous qui vouliez travailler à la DGSE?
-Non, c'est eux qui sont venus me chercher. J'y avais pas pensé.
-Vous vouliez faire quoi?-Polytechnique. -Oui, mais après, vous vous destiniez à faire quoi?
-Je sais pas. -Vous savez pourquoi ils vous ont recrutée?
-Moi, je préfère pas répondre à cette question. -Pourquoi?
-Parce que c'est narcissique, et donc pas très utile. -Mais vous vous êtes jamais posé la question?
-Si, bien sûr. -Alors, je vous demande d'y répondre.
À cause de votre intelligence? Vos tests psychométriques montrent que vous êtes
très performante, vous le savez.
À cause de vos qualités? Votre rigueur?
Votre sang froid? Parce que vous ĂŞtes loyal?
Que vous savez vous adapter? Parce que vous êtes exige an te et discrète?
-Parce que je suis un soldat. -Vous avez pas l'air d'un soldat.
-Et c'est pour ça que je suis bonne. Je suis un soldat sans arme.
J'ai l'air innocente. Mon pays a l'air en paix.
-C'est important que vous me parliez. Vous savez qu'on se parlera toutes les deux.
Une fois par mois.-Marie-Jeanne m'a dit. -Vous savez pourquoi?
-Pour voir si je vais bien. Pour pas foirer ma mission, parce que j'ai le mal du pays.
-La DGSE a besoin qu'on se parle, parce que vous n'ĂŞtes pas toute seule.
Vous êtes un pilote de ligne. Derrière vous, dans l'avion, il y a 200, 300 vies.
C'est pour ça que moi, j'ai besoin d'être sûre que tout va bien, parce que si vous allez mal,
vous pouvez planter tout le monde. Et je suis là pour que ça n'arrive pas.
-Le docteur Balmes peut pas s'en occuper? -Bien, il est occupé ailleurs et vous êtes le mieux placer.
-Le moins bien placer, vous voulez dire. -Raymond, elle a besoin de quelqu'un qui la comprend.
Elle est encore sous le choc des images qu'elle a vues à la télévision. Vous la comprenez.
-Oui, bien entendu.-Alors...
-Raymond, voilà Mme Benarfa, la mère de Rachid. Mme Benarfa, Raymond Sisteron
est un proche de votre fils, et il est très impliqué. Il va essayer de vous rassurer sur nos chances
de le sortir de là . J'aurais aimé vous en parler moi-même,
mais malheureusement...
-Bon, je vais d'abord vous expliquer les grandes lignes de ce que l'on sait sur l'enlèvement de votre fils.
Et ensuite, le chargé de la communication viendra vous parler de tout ce qui...
-Vous êtes qui? -Bien, j'étais son référent jusqu’à sa disparition.
-Vous étiez son ami? -Bien, c'est-à -dire...
J'étais très proche de lui.Je lui parlais tous les jours. Je sais pas si j'étais son ami.
Euh... Non, pas exactement, parce que c'est le travail, mais je veillais sur lui.
-Mais alors, comment tout ça a pu arriver?
-T'as l'air contente. -Je suis amoureuse.-Ah bon?
-On est tous amoureux. Celui-lĂ , on l'adore.Il est magnifique.
Ce qu'il faut savoir, c'est que passer chez le général Lefkir, c'est comme faire l'ENA.
On a un poste haut placé, bien payé, n'importe où à la DRS. "Service de Lefkir", c'est un diplôme en or.
Vous restez, en général, quatre ans auprès de lui, et si vous avez fait preuve de loyauté,
vos rêves de carrières sont exaucés. C'est comme ça que Lefkir a des hommes qui lui sont dévoués
Jamel Ayish. Fils de paysan, il a rencontré Lefkir à l'armée,
qui l'aurait garé auprès de lui à la DRS, et il y est resté jusqu'à aujourd'hui.
Bien qu'il n'ait jamais rien demandé, il a toujours confusément attendu une reconnaissance
qui n'est jamais venue. Il est le seul à être encore auprès de Lefkir
après 13 ans de collaboration. Tous les autres ont trouvé un poste, lui seul est resté.
Et tenez-vous bien, il est jamais monté en grade. -Et alors?-C'est un aigri de première.
Toutes les secrétaires vous le diront. Tous les jours, il se plaint de ne pas déjeuner avec Lefkir.
Djamila Zadi souhaite vous ajouter Ă son groupe d'amis sur Facebook
Confirmer la demande
Tu es chez toi ?
Oui.
Seul ?
Oui, et toi ?
Il y a des fuites chez nous.
Qui me parle ?
D'après toi ?
Pas de nom.
Je ne sais pas.
J'ai une nouvelle secrétaire...
Tu vois qui je suis ?
Oui.
-Il a compris que c'est Lefkir?-Ouais, je pense, ouais.
"Quelqu'un nous trahit."
Qui ?
Je ne sais pas. Je n'ai plus confiance en personne.
Je constitue une nouvelle équipe dès cette nuit.
Il faut tout changer.
Que veux-tu que je fasse ?
Tu prendras la tête de la nouvelle équipe.
Qui est au courant ?
-"Personne."
"Et personne ne doit ĂŞtre au courant Ă part toi et moi." "Je n'ai confiance qu'en toi."
Merci de ta confiance.
-"Demain, tu vas rencontrer un membre de la nouvelle équipe."
Entendu.
Ă€ 10h dans des platanes du Jardin
"La personne viendra Ă toi."
Guise de reconnaissance,
Compris.
Vous échangerez les vers du poème que je vais
D'accord.
"Et tu lui remettras les modalités de communication
avec nos agents infiltrés,
sans oublier notre agent au Sahel."
D'accord.
Très bien.Bon, vous lui envoyez le poème.
Excusez-moi, j'attends quelqu'un.
Oui. C'est moi.
"Debout à la porte d'une école,
"elles se sont enflammées de roses et de thym."
"Elles ont inauguré le chant du sable, embrassé l'étreinte définitive."
C'est quoi ?
C'est pour quoi faire ?
Je crois que vous avez un message.
Le général Lefkir n'appréciera pas cette trahison.
Même si vous dites avoir été piégé, il ne vous croira plus.
Vous serez considéré comme le maillon faible,
et il n'aime pas les maillons faibles.
Vous feriez mieux de disparaître sans rien dire à personne.
-C'est moi. Tu veux courir?
Chez moi.
Tu prends un truc à manger, s'il te plaît? Non, j'ai rien, là ;
juste une bière pour toi.
-Tu pars demain matin, alors?
Longtemps? -Ça change quoi?
Si j'avais su, je t'aurais apporté un petit cadeau.
-Quoi, une bague? - Je ne sais pas, pas une pizza, quoi.
Je sais pas, des sushis, un truc un peu classe; un souvenir.
-On s'en fout des souvenirs.
-OK. Bon, on a jamais dormi ensemble.On va pas commencer ce soir.
-C'était bien.
-Court, mais bien.
-Bon. -T'as rien oublié?-Non, je crois pas.
-Enlève ton manteau. T'as petit-déjeuné?-Non.
-J'enlève tout? -Tu peux rester en culottes et soutien-gorge.
-Bien, super!
Vous avez eu la proprio au téléphone? -Ouais, c'est bon. On fait l’état des lieux samedi.
-Vous seriez bien là -bas. -Ç'a l'air calme.
Bien mieux que chez moi.
C'est bon. Ton sac Ă main.
Tu dis au revoir à ton téléphone. Et voilà le nouveau.
-Vous avez même mis le fixe de ma mère dedans. Je l'avais pas avant.
Je peux vous demander un truc? -Vas-y, c'est le moment.
-Simon, il vous faisait des rapports? -C'est important?
-Je pense qu'il vous en faisait, que c'était pas prévu au départ, mais quand vous vous êtes rendu compte qu'on se voyait,
vous lui avez demandé de faire des rapports sur moi. -Bien, si c'est le cas, c'était des bons rapports, puisque tu pars.
-C'est juste pour savoir si j'ai raison.
-Il t'aimait bien. Je pense que ça l'ennuyait, les rapports.
Enfin, ceux qu'il me faisait, je veux dire.
Bon, Pépé! La petite n'est plus à poil.
Va chercher Henri Duflot et dis-lui qu'on a fini. -Venez, lĂ !
C'est un peu compliqué en ce moment. On n'a pas eu le temps de préparer un discours.
Mais je voulais vous dire au revoir. Au revoir et bonne chance.
Vous avez toute notre confiance. -Merci monsieur le directeur.
-Vous ĂŞtes tellement jeune. -Merci.
-Les voyages forment la jeunesse, et c'est un grand et long voyage que vous commencez aujourd'hui.
Et quand vous aurez terminé la mission, dans deux ans, dans six ans ou dix ans,
je ne serai peut-ĂŞtre plus lĂ . -Vous ĂŞtes un peu pessimiste pour un jour de fĂŞte.
-Je ne serai plus lĂ Ă la DGSE. Je serai encore vivant, enfin, je touche du bois.
Mais je ne serai plus là pour vous accueillir. Ça n'est pas important.
Ce ne sont pas les hommes qui comptent. Ce sont les missions.
Au démantèlement de l'arsenal nucléaire iranien et à la jeunesse.
-Bonjour.-Bonjour. -Alors...
-Merci.
Téhéran via Tbilissi. Voilà . Bon voyage.
-Merci.
-Elle est surveillée? -Non, mais elle est jamais seule.
-Quels sont les risques? -si l'opération échoue, le risque est
que notre agent de contact soit repéré et enlevé, lui aussi, ou bien tué sur place.
-Et si l'opération réussit, le risque le plus important, c'est que la taupe soit prise de panique et abandonne sa mission.
-Ça changerait quoi pour Cyclone? -Pas grand-chose.
Sa position actuelle est tellement mauvaise qu'elle sera juste encore un peu moins bonne,
et nous ne toucherons plus un seul djida. -Et en face?
-En face, on ramène Cyclone à la maison, et on rassure tous les gens qui travaillent pour nous.
-Bon. Décrivez-moi l'opération.
-La taupe de Lefkir sera au volant d'un pick-up.Il assure le ravitaillement de la katiba une fois par semaine.
Il se rend dans une casse de voitures à la sortie de Bordji Moktar, près de la frontière du Mali.
Ils se fournissent en nourriture, kérosène et pièces détachées.
Cette casse fait office de boîte aux lettres morte.
Un vieux est toujours lĂ .
S'il s'appuie sur un bâton, ça signifie que l'endroit est sécurisé,
que le fournisseur est passé et que la marchandise les attend.
Si le vieux n'est pas là , ou si le vieux n'a pas de bâton, ils repartent immédiatement.
Si tout se passe normalement, c'est la taupe qui entre en premier dans le bâtiment afin de vérifier la marchandise.
Bonjour.
-C'est lĂ , quand il est seul, qu'on pourrait lui faire passer le message.
ArrĂŞte-toi !
Reste au volant.
Ils sont nerveux, aujourd'hui.
Ils changent leurs habitudes Ă cause de l'otage.
Je sais que tu travailles pour le général Lefkir.
Si je le dis Ă tes amis, ils te font quoi ?
Ils m'égorgent.
Ils te font parler avant.
L'otage est mort, si vous faites ça.
Non. L'otage vaudra toujours quelque chose.
Mais toi, tu ne vaux plus rien.
Qu'est-ce que vous voulez ?
Sur ce papier, tu trouveras les coordonnées GPS
du lieu oĂą il faut amener l'otage.
Je fais comment ?
Débrouille-toi.
Dans une semaine, l'otage doit ĂŞtre lĂ .
Sinon, on te dénonce.
Lefkir va me tuer.
Lefkir n'est pas lĂ aujourd'hui.
Tu n'as plus affaire Ă lui.
A présent, tu as affaire à moi.
Ou Ă eux.
-Je sais que ça ne se fait pas, mais j'aimerais vous poser une question.
-Allez-y. -Vous pensez que vous allez récupérer Cyclone?
-Vous le connaissez? -Oui, bien sûr.On le connaît tous, même moi.
-Vous savez quoi de la situation? -Je suis pas à un niveau élevé d’habilitation,
mais je vois et j'entends beaucoup. En général, je fais des efforts énormes pour ne rien comprendre.
-Asseyez-vous.
Cyclone est détenu par un groupe salafiste: l'État islamique au Sahel.
Il est détenu quelque part près de la frontière malienne. Ils vont probablement demander une rançon
en échange de sa libération. Nous, on pense que ce sont les services secrets algériens
qui ont donné Cyclone au groupe terroriste pour crédibiliser un agent déjà infiltré chez eux.
Eux, ils disent que c'est un franc-tireur qui est à l'origine de tout ça;
le général Lefkir. Ils s’excusent pour cette opération qui,
selon eux, n'était pas prévue, On en les croit pas.
Mais on joue le jeu afin de les endormir.
Venez voir.
-...dans les négociations pour la libération de Cyclone. D'un autre côté, les Algériens nous proposent de partager
la production de leur taupe infiltrée chez les ravisseurs.
Et pendant qu'officiellement, on essaye d'entrer en contact avec les ravisseurs,
nous, de notre côté, on essaye d'identifier la taupe.
-Rim?
-Nous avons contraint un homme de Lefkir à nous révéler comment il communiquait avec la taupe.
On a appris qu'ils échange aient les messages dans une casse de voitures en plein désert.
L'idée est donc de faire pression sur cette taupe pour qu'il se débrouille pour amener les ravisseurs et Cyclone
dans un endroit où on pourra éventuellement tenter une opération.
VoilĂ .
La punition ultime: survivre Ă sa propre faute
et rester debout au milieu de vos victimes.
Tu viens de tuer Nadia El Mansour.
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